Note de l'auteur :

Et en voilà un de plus !

Si j'ai mis tant de temps pour le finir c'est que je ne savais pas trop quoi raconté dedans... J'espère que ça vous plaira quand même. Et comme je le trouve un peu creux, j'ai décidé de faire avancer l'intrigue avec quelques lignes à la fin.

Bonne lecture !

Chapitre 12.

Kensei ne s'était pas posé beaucoup de questions avant d'entrer dans l'appartement d'Asagi. Mais maintenant qu'il était à l'intérieur il ne pouvait s'empêcher de se sentir gêné. Il savait que la collègue d'Asagi devait passer mais elle ne lui avait pas dit quand.

Il s'inquiétait de savoir si sa présence gênait Asagi alors qu'elle était dans sa cuisine en train de préparer un plateau de thé. De la voir faire comme si de rien n'était le fit relativiser.

En attendant, il se mit à l'observer. Il savait que son statut de capitaine mettait parfois les gens mal à l'aise mais ce n'était le cas avec Asagi. Il repensa aux conversations qu'il avait eu avec elle et il n'y avait pas eu un seul moment où elle s'était mise en retrait devant lui. Sans pour autant lui manquer de respect, elle lui avait parlé comme à un collègue, à un égal. Et il n'en était pas du tout vexé. Au contraire, en tant que capitaine il s'était habitué à toujours parler aux mêmes personnes. Son cercle de connaissances, comme la plupart des officiers du Gotei 13, se limitait justement aux autres officiers ou aujourd'hui aux visards et à Ichigo et ses amis. Mais ce n'était pas à ces derniers que Kensei pourrait faire appel pour passer son temps libre. Rencontrer de nouvelles personnes n'était donc pas quelque chose de courant chez les shinigamis. Et il avait beau ne pas connaître Asagi depuis longtemps, il sentait qu'elle faisait partie de ces gens qu'on ne rencontre qu'une fois dans sa vie, des gens uniques.

Il devait bien l'avouer, elle avait piqué sa curiosité et suscité son intérêt. Il était seulement triste que les circonstances soient aussi dures pour elle. C'était le genre de situation qu'il ne souhaitait à personne et qu'il détestait. Il comprenait sa peine et la partageait. Il savait trop bien que quoiqu'il dise elle culpabiliserait alors il décida de ne rien dire de plus. Mais s'il pouvait l'aider à aller mieux rien qu'en restant à ses cotés, alors il resterait avec elle.

Il connaissait son visage quand elle souriait, il avait hâte de le retrouver. Pour le moment il avait devant lui une femme blessée, fragile. Une facette de sa personnalité qu'il n'aurait pas pu voir en dehors des circonstances actuelles. Mais elle ne perdait pas de crédibilité à ses yeux. Au contraire il la trouvait plus « humaine » maintenant. Elle n'était pas insensible comme certains shinigamis avaient pu le devenir, surtout après des épreuves de ce genre, et elle n'était pas non plus anéantie ce qui lui montrait encore une fois à quel point elle pouvait être forte d'esprit. Ce qu'il respectait, ce qui lui plaisait.

Pourtant il la connaissait très peu. Ils ne s'étaient vu que quelques fois après tout. Mais chaque fois il en apprenait plus sur elle et elle était loin de le décevoir...

Le tintement des tasses de thé le sortit de ses pensées. Asagi passa devant lui et alla poser le plateau sur une table basse. Elle s'installa et il fit de même.

Elle servit du thé dans chacun des bols sans parler. Kensei ne bougea pas. Il se contenta de suivre ses mouvements du regard. Il se retint plus d'une fois de dire quelque chose, mais chacune de ses idées lui semblait ridicule.

Finalement, c'est elle qui, après une inspiration profonde, brisa le silence :

- Je fais une hôte misérable...

Sa voix n'avait pas tremblé. Kensei en était même surpris.

- Asagi ?

Il attendit qu'elle lève les yeux sur lui pour continuer et il opta pour une approche directe. Il savait que ce n'était pas une étape facile mais chaque deuil devait commencer par une phase d'acceptation.

- Je sais que c'est dur, et que ce n'est pas le genre de chose qu'on a envie d'entendre dans ces cas-là mais... Ce n'est pas ta faute.

Pas ma faute ? Comment peut-il dire ça ? Bien sûr que c'est ma faute ! C'était mon rôle de les protéger ! J'aurais dû faire quelque chose ! N'importe quoi !

Kensei pouvait voir sur le visage d'Asagi la succession d'émotions qui opérait dans son esprit. Le dégoût, la colère, le remord... Puis les traits de son visage se fixèrent et elle leva ses yeux si expressifs vers lui.

Il a dit « on » ? Au moment où Asagi réalisa qu'en tant que capitaine il avait certainement lui aussi vécu ce genre de chose, plus d'une fois, elle sentit tout son corps trembler. Bien sûr qu'il connaît ce genre de situation. Mais comment... Elle détourna la tête et s'entoura de ses bras. Mais comment fait-on pour traverser ça ? Et surtout...

- Il y a des gens qui pensent le contraire... souffla-t-elle.

Elle entendit clairement Kensei soupirer.

- Je crois que trouver des coupables est une manière à eux d'expliquer la mort de leur enfant. Le hollow est mort, il n'y a que toi pour recueillir leur colère. C'est une réaction normale malheureusement, finit-il doucement.

Combien de situations de ce genre il a traversé pour dire ça ? Moi je me sens tellement vidée...

- Est-ce qu'on s'en remet ? demanda-t-elle.

Mais elle savait qu'il n'y avait pas de bonne réponse à cette question et Kensei confirma.

- On apprend à vivre avec.

Elle prit à nouveau une profonde inspiration et comme elle n'avait plus grand chose à dire, elle tourna son attention vers son bol de thé qu'elle n'avait pas touché depuis tout à l'heure.

Je dois vraiment lui faire pitié pour qu'il reste avec moi...

En face d'elle, elle pouvait voir Kensei qui regardait autour de lui.

Heureusement j'ai fait le ménage... se mit-elle à penser. Comme si ça avait une quelconque importance maintenant. Elle se sentit ridicule de penser à ce genre de chose. Mais son esprit avait bien conscience qu'un capitaine se trouvait chez elle, et pas n'importe lequel. Elle mourrait d'envie de lui demander pourquoi il avait accepté de la ramener chez elle. Il ne lui devait rien après tout. Mais elle avait aussi peur de ce que pouvait être la réponse. Asagi avait sa fierté après tout. Faire pitié était loin de l'intéresser, ce n'était pas cette image d'elle-même qu'elle voulait donner.

- Merci d'être resté, finit-elle par dire.

Il allait répondre à sa remarque quand on frappa à la porte.

- Asagi tu es là ? demanda une voix de femme.

Megumi ? Asagi se leva pour aller lui ouvrir. Elle entendit Kensei qui se levait derrière elle.

Asagi ne s'était pas trompée car c'était bien Megumi derrière la porte.

- Merci de l'avoir ramenée, dit Megumi.

Asagi leva un sourcil et se retourna vers Kensei qui hocha la tête en direction de Megumi.

C'est elle qui lui a demandé de me ramener ? Ça explique pourquoi il est là alors... Pas de doute il a eu pitié de moi...

Asagi fût sortie de ses pensées par une main qui lui attrapa doucement le bras.

- Ça va aller ?

Kensei s'était rapproché d'elle et la fixait à présent avec ses yeux gris.

- Oui, merci, répondit-elle doucement.

Il ne la lâcha pas des yeux. Résultat, tout se bousculait dans la tête d'Asagi... Entre le stress de ces derniers jours, le craquage de tout à l'heure et maintenant le regard attendri qu'il lui lançait et aussi la main chaude sur son bras, elle fût prise de tournis. Asagi bloqua sous le trop plein d'émotions, coincée entre une grande tristesse et une joie démesurée que quelqu'un comme lui s'intéresse à elle.

Heureusement elle pouvait compter sur Megumi qui depuis tout à l'heure regardait leur échange et ne pouvait s'empêcher de jubiler intérieurement. Nul doute qu'elle aurait beaucoup de questions pour Asagi prochainement.

Mais pour l'instant elle vola au secours de son amie.

- Désolée de ne pas t'avoir raccompagné Asagi mais je devais rester à l'Académie pour régler quelques trucs.

Elle se tourna ensuite vers Kensei.

- Encore une fois, merci beaucoup capitaine Muguruma. Je vais prendre le relais, lui dit-elle à voix basse en entraînant Asagi dans l'appartement.

Kensei, qui savait reconnaître quand il était congédié, n'insista pas.

- Si jamais vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas, leur dit-il.

- Entendu, répondit Megumi.

Et sur ces dernières paroles, il ferma la porte.

Pour Asagi ce fût le signal pour qu'elle puisse s'écrouler sur son canapé. Sa source de tension à présent partie, ses jambes n'avaient plus la force de la porter.

- Wahou... Je sais pas ce que vous vous êtes dit mais t'as l'air complètement perdue... lança Megumi.

- J'en ai pas seulement l'air.

- Tu veux en parler ?

- Y'aurait pas grand chose à dire.

Vu le regard que vous vous êtes lancé tout à l'heure, je crois bien que si. Mais Megumi garda le silence. J'aurai le temps de la taquiner plus tard avec ça, quand elle ira mieux. Faudra que j'en parle à Isamu aussi, j'suis sûre qu'il aura des trucs embarrassants à rajouter...

- Tu crois que je lui fais pitié ?

Megumi fût coupée dans son film.

- À qui ? demanda-t-elle naturellement.

- À ton avis, lui rétorqua Asagi.

Megumi resta scotchée face au ton d'Asagi. Elle ne l'avait pas mal pris mais cela confirmait bien que son amie n'était pas dans son état normal et Megumi avait une idée du pourquoi.

Asagi se rendit compte qu'elle y était allée peut-être un peu fort :

- Excuse-moi... Je... C'est juste que je sais plus quoi faire dans toute cette histoire. Je sais plus quoi penser non plus...

Megumi comprit qu'elle devrait choisir ses mots à partir de maintenant. Elle alla s'asseoir à côté d'elle sur le canapé.

- Tu sais Asagi, il y a une différence entre pitié et compassion. La pitié c'est ce qu'on éprouve face à quelqu'un de plus faible que soit et qui serait incapable de sortir de ses problèmes. Mais la compassion c'est quand on partage la peine de quelqu'un sans perdre confiance en lui ou le rabaisser.

Megumi fit une pause pour qu'Asagi comprenne où elle venait en venir.

- Asagi, personne n'a pitié de toi en ce moment, seulement de la compassion et de la tristesse par rapport à ce qu'il s'est passé.

Fac à ces paroles, Asagi ne put retenir de nouvelles larmes et Megumi la prit dans ses bras pour la consoler.

- Ne t'en fais pas Asagi, tout va s'arranger. Tu verras.


Quelque part dans le Rukongai...

- Maître. Vous avez demandé à me voir, dit une figure agenouillée.

- Tetsuya, cela faisait longtemps. Comment vont les affaires ?

Malgré le ton cordial de la conversation, Tetsuya Nishio ne releva pas la tête ni ne bougea.

- Vos affaires sont fructueuses, maître, comme tpujours.

- Oui en effet. Ton travail est apprécié Tetsuya. Seulement...

L'homme assis sur son trône laissa sa phrase en suspens.

- Il demeure toujours un problème Tetsuya. Un problème dont tu es à la source et que tu devais régler. Mais tu as échoué, dit-il d'un ton de colère.

Tetsuya, toujours le genou à terre, attendit un peu avant de répondre pour être sûr qu'il ne couperait pas la parole à son maître.

- Il y a eu des complications, maître. Et l'adjuchas qui devait se charger du problème s'est avéré plus faible que ce que je pensais... Mais ne vous inquiétez pas,le problème en question n'en sera bientôt plus un.

- Je l'espère Tetsuya, je l'espère. J'espère aussi que tu n'échouera pas une seconde fois. À moins que...

L'homme marqua une nouvelle pause dans sa phrase, une manie qui faisait monter la tension chez ses interlocuteurs.

- À moins que tu ne cherches à l'épargner... Après tout, vous étiez amants à ce que j'ai compris. Cette femme t'aurait elle éloigné de notre cause ?

- Bien sûr que non maître ! s'écria Tetsuya en relevant la tête.

Conscient de son geste, il baissa vite à nouveau la tête et reprit :

- Elle n'a été qu'un jouet dans vos projets.

- Un jouet qui en sait trop ! s'emporta le maître en se levant de son trône. Et tout ceci par ta faute ! Elle n'a peut-être rien dit jusqu'à présent mais cela ne serait tarder. C'est pourquoi tu dois l'éliminer. Je n'accepterait pas un nouvel échec !

- Oui maître, dit Tetsuya.

Note de l'auteur:

Pas de promesse pour la sortie du prochain chapitre, mais dès qu'il est prêt je l'ajoute. J'espère que le rythme de publication ne vous gâche pas trop la lecture de ma fic... Je sais que je mets vraiment trop de temps entre chaque publication...

PS : Bonne Fête nationale aux lecteurs français !