Disclaimer : Game of Thrones n'est pas ma propriété, sinon Lancel ne serait pas mort dans la saison 6. Il ne serait même jamais mort d'ailleurs. Cersei, rend-moi mon Lancel !

Résumé : Il aurait dû mourir dans cette explosion... Ils n'auraient jamais dû se rencontrer. Ils n'étaient pas du même monde... Pourquoi lui et pas un autre ?

Lancel à Dunkerque - Renaissance

Chapitre 2 : Vivre ou mourir

Assise dans un couloir, adossée à un mur blanc, Marina attendait. Elle attendait depuis des heures. Le soleil commençait à poindre dans le ciel noir et perçait à travers les barreaux horizontaux des stores sur les fenêtres. Etrangement, elle n'avait aucune notion du temps. Tout lui semblait soit trop long soit rapide. Un voyage de cinq minutes lui avait semblé interminable et attendre la venue d'un médecin après une bonne heure lui avait semblé être aussi rapide que de commander sur Priceminister. Le voyage jusqu'au CHD... Tout se jouait dans sa tête comme une scène de film. Elle était restée aux côtés de Lancel jusqu'à l'arrivée des urgences, ne l'ayant quitté que pour ouvrir les portes afin de faciliter leur entrée. Elle avait placé une main sur sa plaie pour tenter de la comprimer. Elle avait insisté pour monter dans l'ambulance à ses côtés et durant la traversée au son des sirènes déchirant le silence de la nuit, elle n'avait jamais lâché sa main, la serrant pour qu'il puisse sentir qu'il n'était pas tout seul. Sa peau salie lui paraissait trop froide. Son regard n'avait jamais quitté son visage. Elle entendait à peine les urgentistes s'affairer autour pour essayer de le garder en vie. Les mots entraient et quittaient ses oreilles sans que son cerveau n'en saisisse le sens, alors qu'il les connaissait. Ses doigts ne le lâchèrent que quand il fut conduit au plus vite en salle d'opération. Là, elle était restée debout, à fixer la double porte et ce ne fut que quand une infirmière la guida pour s'asseoir qu'elle changea de posture.

- Etes-vous blessée ? Avait-elle demandé

D'une voix étrangement calme, trop calme pour celle qui parlait, elle avait répondu que le sang sur ses mains, sur ses vêtements, n'était pas le sien mais celui de son ami. Ce sang avait eu le temps d'être imbibé par les divers tissus. Une bonne heure après, un médecin venait la voir, pour la tenir informée de ce qu'il se passait.

- Nous ferons de notre mieux mais son état est grave.

Encore une fois d'un calme olympien, dont elle ignorait l'origine, elle écouta la liste des souffrances de Lancel. Un traumatisme crânien lié à une chute. Une plaie très profonde faite avec un objet contondant qui avait abîmé la moelle épinière, ils craignaient d'ailleurs qu'elle ne fusse sectionnée et qu'il fusse condamné au fauteuil roulant. Ils avaient également des suspicions pour un poumon perforé, car sa cage thoracique semblait pleine de sang. D'ailleurs, du sang, il en avait perdu énormément, son corps était très faible. Durant leur examen, son cœur avait lâché et selon lui, c'était un miracle qu'ils avaient réussi à le faire repartir. Une opération avait débuté, une première d'une bonne série sans doute, mais une pour essayer de le sauver, de réparer ce qui était vital. Ils feraient de leur mieux, mais elle devait se préparer au pire. Elle n'avait qu'acquiescer en silence. Depuis, elle attendait. Elle attendait à ce qu'on lui annonce sa mort. C'était pour elle la seule issue possible. D'habitude si optimiste, elle se voulait réaliste, pour se protéger, pour ne pas souffrir. Il y avait eu tellement de sang par terre, sur lui, sur ses doigts... Observant son téléphone, son amie Irène lui communiquait son incrédulité, Lancel n'avait pas été dans l'épisode final, dieu merci, il aurait péri dans l'explosion du Septuaire.

- C'est parce que Lancel est en train de mourir ici... Le Septuaire, cela aurait été rapide, il souffrirait moins... Pensa-t-elle. Mais il serait mort seul... Ici, il mourra en sachant qu'il y avait quelqu'un pour se soucier de lui... L'a-t-il compris ? Ou est-ce que j'essaye juste de me rassurer ? Pour lui, il est peut-être juste seul dans un endroit inconnu pour mourir, et le pire, loin de la terre de ses dieux...

Ses amis sur Facebook lui communiquaient la joyeuse nouvelle, Lancel vivait ! Ces mots, comme elle les aurait chéris en temps normal ! Mais là, ils ne faisaient qu'ajouter à son état de choc profond. Lancel était en train de mourir. Elle observa l'heure. Cinq heures trente. Dans trois heures, elle devait être au travail, prête à enchaîner une nouvelle semaine de remplacement, ouvrant les portes de l'association.

- Mets un masque, souris, en toute circonstance. Ce n'est pas comme si quelqu'un allait comprendre de toute façon.

- Marina ?

Une voix la sortit de sa rêverie. Face à elle, un de ses collègues, du pôle informatique.

- Tu es couverte de sang, qu'est-ce que ? Que s'est-il passé ?

La réalité sembla reprendre le dessus sur son être, elle se sentit se réveiller de sa torpeur solitaire.

- Je... Un ami... Agressé... S'est réfugié chez moi... Opéré à l'heure qu'il est... Mais toi ?

- Ma fille n'était pas bien, mais rien de méchant. Mon dieu...

- Je serai là tout à l'heure.

- Non mais ça ne va pas ?! Je préviens les chefs, elles comprendront sans problème ! Dans ton état, tu ne peux décemment pas prendre l'accueil ! Elles te donneront un congé exceptionnel, on trouvera quelqu'un à l'interne, concentre-toi sur ton ami.

Vers sept heures, elle recevait deux sms différents, venant de ses chefs respectives. La première lui disait de ne pas s'en faire, de rester avec son ami et de la tenir au courant. La deuxième était horrifiée pour elle, elle lui disait de prendre soin d'elle et de son ami, que les congés pouvaient être prolongés au besoin, qu'ils l'attendaient avec impatience. Elle les remercia. Puis elle repartit dans sa rêverie à la fois réaliste et morbide. Sur son écran de téléphone, une photo de l'épisode 8 où Lancel souriait. Soudain, une telle image lui sembla trop pénible à regarder, le simple fait de la voir lui enfonçait un poignard dans le cœur. Elle changea son fond d'écran pour le lineart du fanart qu'elle avait commandé pour sa page. C'était Lancel, mais ce n'était plus le visage de celui qu'elle avait accompagné vers son futur lieu de décès. C'était juste un ensemble de traits formant une esquisse recouvert d'un trait noir prononcé. Les cloches de l'église non loin de chez son amie sonnèrent huit heures, elle pouvait l'entendre au loin. Ce fut à ce moment que le docteur revint.

- Mademoiselle ? Demanda-t-il en ajoutant son nom de famille

Elle leva les yeux. Elle devait avoir l'air pitoyable avec son air de personne déphasée, les vêtements pleins de sang incrusté d'un westerosi, sans doute blanche avec des cernes.

- Nous avons fait notre possible. Il reste encore en phase d'observation, car nous craignons d'autres rechutes cardiaques. Nous vous l'avons dit avant, il a perdu énormément de sang. Nous avons réussi à drainer le sang de ses poumons mais il est pour l'instant sous assistance respiratoire et sous perfusion sanguine. Une chance qu'il soit du type O. Nous craignons aussi une possible infection de sa blessure, qui sera limitée par nos injections diverses. Il dort pour l'instant. Vous pourrez le voir quelques minutes quand il sera réveillé. Mais n'espérez pas trop de mots ou de réactions, son corps est dans un état de faiblesse avancé.

Une lumière brilla alors dans ses yeux, un éclat d'espoir. Dieu bénissait la médecine moderne ! Lancel avait une chance de survivre ! Elle acquiesça, remercia le docteur et tenta de se lever. Elle manqua de tomber, une infirmière alla l'aider. Elle était engourdie d'être restée trop assise. Elle se dirigea vers les toilettes, s'assura qu'elle était seule pour s'enfermer dans une cabine. Là, assise entre quatre murs, isolée, elle s'autorisa à lâcher prise. Son menton trembla, les larmes piquèrent ses yeux, des sanglots montèrent dans sa gorge. L'adrénaline retomba. Elle s'autorisa à laisser partir tout ce qu'elle avait retenu et elle fondit alors en larmes. Des larmes de peur, des larmes de joie, des larmes de peine, des larmes d'un cœur amoureux qui avait été secoué au plus profond de lui-même. Amoureux, elle osait le dire. Elle aimait Lancel Lannister. Elle aimait le personnage avec une passion que beaucoup lui enviaient. Elle laissa tout couler. En cet instant, rien ne comptait vraiment, sauf cette lueur d'espoir :

Lancel allait vivre.

Vers midi, on alla la chercher. Voir Lancel allongé là, dans une chambre médicalisée, entouré de tous ces appareils qu'on ne voyait généralement que dans des séries ou des reportages, causa à son cœur de se serrer. Ses yeux étaient ouverts, il respirait doucement à travers un masque. Son bras gauche était piqué avec une transfusion au liquide clair. Plus loin, la fameuse transfusion de sang. Sur le majeur de sa main droite, une petite sonde liée au tableau pour les battements de son cœur, afin de garder un œil sur lui. Il avait été lavé de la poussière et de la boue, mais son visage lui paraissait si pâle ! Elle entra et se dirigea vers lui doucement. Son regard, bien qu'incertain, se fixa sur elle, essayant de reconnaître ses traits. Comme tout devait être étrange pour lui ! Elle s'assit près de lui, lui prit gentiment la main, comme dans l'ambulance, et souriant doucement, elle lui dit :

- Bonjour Lancel. Je suis Marina.

XXXXX

Quand Lancel se réveilla, il ne sentit étrangement aucune douleur. Il était allongé sur un lit au drap vert, entouré d'objets étranges. Une poche pleine d'un liquide cristallin relié à son bras par une aiguille. Une autre machine qui faisait un bruit constant. Il sentait une légère gène sur le visage. Tentant de fixer son nez, il vit comme un demi-masque qui allait de son arrête nasale à son menton, tenant à ta tête avec des cordons. Il avait du mal à respirer mais il sentait que cet appareil l'aidait. L'endroit lui était inconnu. Qu'était-ce ? Il n'était clairement plus à Westeros. D'ailleurs, ses vêtements avaient changé. Il se sentait fatigué, il avait tant de mal à se concentrer sur un point ! Il n'avait qu'une envie, se rendormir ! Il entendit la porte s'ouvrir. Entra alors une jeune femme qui devait avoir son âge ou à peine plus âgée. Il tenta de la fixer, il voyait un peu plus nettement désormais. Elle était de taille moyenne, elle devait lui arriver à l'épaule. Elle semblait un peu ronde, les bras avec quelques grains de beauté. Elle avait un visage poupin, les joues naturellement roses. Ses yeux en amande étaient d'un vert grisé. Elle avait les cheveux courts, encore plus courts que Cersei, avec une mèche tombant sur un front court pour aller vers sa tempe droite. D'ailleurs, ils semblaient colorés. Un châtain clair avec un reflet un peu roux dedans. Elle semblait n'avoir pas dormi, ses habits étaient ensanglantés. Etait-ce elle, la jeune femme qui lui avait parlé ? La Mère ? Celle qui avait tenté de le rassurer ? Elle tenta de lui sourire, il ne sentit à travers elle que de la tendresse à son égard, quelque chose qui le soulagea.

- Bonjour Lancel.

C'était bien elle, c'était sa voix... Mais comment se faisait-il qu'elle le connaissait?

- Je suis Marina.

XXXXX

Malgré le choc de le voir ainsi, Marina essayait de rester la plus claire possible, de ne pas lui transmettre sa propre peur. Elle, au moins, elle était dans un environnement connu.

- Je sais que vous... Je dis vous ou je peux tutoyer ?

Il parvint péniblement à prononcer un « tu ».

- Je sais que tu ne peux pas beaucoup parler, et c'est okay. Je comprends. Je ne reste pas longtemps, tu dois te reposer. Je veux juste te donner des infos essentielles pour la suite.

Il l'observa, elle avait son attention.

- Je te connais car tu es ici pour tous un personnage de livre qui a été adapté à la télévision, joué par un acteur. Un peu comme du théâtre comme tu peux en avoir chez toi dans des spectacles de rue. Pour les docteurs ici, tu es un ami, qui s'appelle Lancel. Comme tu as l'air typé étranger, cela est passé comme une lettre à la poste... Ou un corbeau apportant une missive. Je leur ai dit que tu avais été agressé, et avec tes blessures, je n'ai pas menti. Des amis m'ont un peu expliqué ce qui aurait pu t'arriver si tu étais resté à Westeros. J'ignore pourquoi tu es ici mais tu as évité une catastrophe.

Pour Lancel, elle ne lui apprenait rien de nouveau mais il sentait qu'elle pesait ses mots, qu'elle ne voulait pas le blesser, il appréciait ce geste.

- Avec tout cela, la police, l'équivalent des gardes chez toi, vont venir te poser des questions pour te demander qui t'a attaqué. Les docteurs sont d'ailleurs persuadé que l'étoile des sept sur ton front est une mutilation d'humiliation religieuse. Ils te demanderont d'où tu viens. Lancel... Ne leur dis pas que tu es Frère Lancel, de Port-Réal, qui a échappé à la reine Cersei... Au mieux, ils penseront que ce sont les médicaments, au pire ils t'enverront à l'asile. La réalité de ton monde est une chimère chez nous...

Il acquiesça doucement, il comprenait. Il devait se protéger.

- Et sache aussi... Que tu n'es pas seul. Je suis là. Je serai toujours là.

Elle était d'une sincérité troublante. Il se contenta de cligner des yeux pour lui signaler qu'il avait compris. Soudain, il se sentit affreusement mal, il sentait son cœur s'emballer, la douleur revint et elle était pire que ce qu'il avait pu vivre jusqu'à présent, il avait l'impression d'avoir la poitrine en feu, il avait le souffle court et respirer était une torture. La machine à ses côtés, avec son son répétitif, s'emballa. Il tenta de porter sa main à son cœur mais n'y parvint pas, il se sentait à nouveau partir, entendant la voix apeurée de sa seule alliée en ce monde inconnu l'appeler. Marina vit la lumière de ses yeux s'éteindre et sa tête basculer sur le côté alors que l'électrocardiogramme entama alors l'émission d'un cri strident, les oscillations laissant place à une ligne plate continue. Médecins et infirmières entrèrent en trombe pour se précipiter à ses côtés et alors qu'une infirmière entraîna Marina dehors, qui était restée figée sur place, debout parce qu'elle s'était levée pour essayer d'aider, elle regarda au-dessus de son épaule. On ouvrait la robe de nuit de Lancel, on plaçait les plaques du défibrillateur sur sa poitrine. Et alors que l'image se gravait dans sa tête alors qu'on referma la porte, une seule phrase revint dans son esprit alors que les larmes envahirent à nouveau ses yeux :

Lancel allait mourir.

A Suivre