Disclaimer : Game of Thrones n'est pas ma propriété, sinon Lancel ne serait pas mort dans la saison 6. Il ne serait même jamais mort d'ailleurs. Cersei, rend-moi mon Lancel !
Résumé : Il aurait dû mourir dans cette explosion... Ils n'auraient jamais dû se rencontrer. Ils n'étaient pas du même monde... Pourquoi lui et pas un autre ?
Lancel à Dunkerque - Renaissance
Chapitre 3 : Liens invisibles
Un médecin était venu informer Marina qu'on avait à nouveau emmené Lancel en salle d'opération. Ils avaient réussi à le ramener. Cependant il n'était pas normal que son cœur ait lâché encore une fois en si peu de temps, il devait y avoir un problème qu'il fallait résoudre. Elle n'avait qu'acquiescé en silence. Que pouvait-elle faire d'autre ? Prier ? Elle n'était même pas baptisée alors le dieu de son monde ne l'écouterait certainement pas. Quant aux Sept, elle ignorait comment les prier. Ses vêtements collaient un peu à sa peau et son esprit pensa vaguement à la flaque de sang dans son appartement. Les escaliers, les voisins avaient dû les nettoyer, ils l'avaient vu partir dans l'ambulance avec lui. Elle se sentait vide, sans personne à qui exprimer sa peine. On la prendrait pour une folle, elle-aussi, si elle expliquait que Lancel était arrivé de Westeros et qu'il était sur une table d'opération à l'heure actuelle. Elle pouvait partir, s'occuper de son lieu de vie, essayer d'effacer toutes les traces qui lui rappelleraient cette nuit d'horreur, de montagne russe des sentiments. Ce qui l'avait tuée, c'était la minuscule goutte d'espoir qui avait coulé dans ses veines quand on lui avait annoncé qu'il était sorti de la première intervention en vie. L'espoir était une chose aussi merveilleuse que dévastatrice. Elle aurait mieux fait de rester sur son idée que Lancel allait mourir. Cela lui aurait évité cette sensation de déchirure quand on l'avait emmenée loin de lui alors qu'il avait besoin d'aide. Une aide qu'elle n'aurait pas pu fournir de toute façon. Mais le voir allongé sans vie sur un lit, entouré de professionnels de santé en train de le déshabiller pour tenter littéralement de le ressusciter était une vision qu'elle n'arrivait pas à s'ôter de la tête. Lancel était mort sous ses yeux, presque dans ses bras, alors qu'elle avait littéralement eu son sang sur les mains des heures plus tôt. L'infirmière l'avait fait sortir, et elle avait gardé la tête tournée pour l'observer le plus longtemps possible. Les larmes n'avaient coulé qu'après, une fois assise, en silence.
Pourquoi ?
Juste pourquoi ?
Pourquoi avait-il été envoyé ici ?
Pourquoi chez elle si elle ne pouvait rien faire d'autre que de le regarder dépérir, impuissante ?
Etait-ce les dieux de Lancel qui voulaient qu'il meure avec au moins quelqu'un qui tenait à lui à ses côtés ?
Ce qui la tuait encore plus, c'était que dans son état de souffrance et de peur, Lancel avait tendu les doigts de sa main gauche sous l'effet de la douleur pour ensuite essayer d'agripper sa main. Un réflexe, sans doute, mais elle avait pu sentir sa peur et il avait voulu se raccrocher à la seule personne à ses côtés, la seule qui lui avait montré un peu de gentillesse. La simple évocation mentale de ce bref moment où Frère Lancel avait laissé place au véritable Lancel, un jeune homme ordinaire qui ne voulait pas mourir et qui avait peur, l'avait marquée. Elle sentait encore ses doigts sur les siens. Se remémorer cette scène la faisait pleurer, toujours en silence, ou en tout cas, elle essayait que cela le soit, pour ne pas déranger autour. Lancel allait mourir et les dernières choses qu'il aurait ressenti auraient été la douleur et l'angoisse. Elle avait déjà préparé tous les papiers qu'on lui avait donné, elle les avait lus, les avait remplis sans sourciller, elle ne pouvait qu'attendre. Attendre qu'on lui annonce une heure de décès, pour savoir quand l'âme de Lancel les avait quittés sans qu'elle ne le sache. Elle regarda l'horloge. Trois heures vingt. Les divers facteurs qui passaient à l'association avaient dû être surpris de ne pas la voir, le président des Anciens des Chantiers de France aussi. Ils avaient sans doute eu vent de ce qu'il se passait. Tout le monde là-bas devait très certainement savoir. Lancel allait mourir et demain, elle retournerait au travail, elle vivrait sa vie comme si rien ne s'était passé, ou en tout cas, elle essayerait. Elle porterait un peu de noir, sans doute un de ses colliers avec son portrait, elle resterait la gentille collègue souriante qui faisait au mieux pour remplacer celle qui était partie. Elle assisterait à l'enterrement, puis la vie reprendrait pareille à elle-même pour tous, ou presque. Pour elle, il y aurait toujours un manque.
- Mademoiselle ? L'appela-t-on
C'était le docteur. Il l'observait, l'air neutre.
- Lancel est mort. Pensa-t-elle
- Nous avons réussi à trouver la source de la défaillance cardiaque. L'opération a été un succès. Bien sûr, votre ami reste dans un état grave et il doit être surveillé, et une nouvelle attaque reste possible dans son état. Mais il a survécu. Et les chances pour qu'une attaque se reproduise ont été considérablement réduites.
Survécu... Survécu ? Lancel avait survécu ? Il était revenu d'entre les morts une seconde fois ? Lancel... Lancel allait vivre, il allait vivre ! Elle n'osait pas y croire, dans quelques minutes à peine, il repartirait pour de bon.
- Il est réveillé, si vous voulez le voir.
On la conduisit auprès de lui. Il n'avait pas changé, si ce n'était son air encore plus fatigué. Quand il la vit, il tenta de lui sourire alors qu'elle était à nouveau à ses côtés. Elle n'y tint plus, elle lui prit la main et fondit en larmes, le front près de ses phalanges. Elle sentait sa main se serrer un peu plus autour de la sienne, comme pour la rassurer. Il s'en voulait de lui avoir fait vivre une telle journée d'horreur.
- Tu es vivant... Vivant... Murmura-t-elle. Les Sept soient loués, tu es vivant...
Les larmes de Marina le touchèrent au plus profond de son cœur. C'était une inconnue pour lui, pourtant elle avait fait bien plus que certaines personnes de son entourage. Elle l'avait sauvé, elle se souciait de lui mais surtout sa sincérité était lisible sur tout son être. Elle pleurait pour lui, parce qu'elle avait eu peur pour lui. Elle pleurait parce qu'elle était si heureuse qu'il vive. C'était la seule chose qu'elle avait osé vouloir que quelqu'un qu'elle ne connaissait que par des mots ou des lignes, qui s'était vidé de son sang sur son sol, vive. Elle se calma peu après et se redressa, s'excusant et s'inquiétant de lui avoir fait mal. Il aurait aimé pouvoir lui parler, mais il se sentait trop faible pour ça. Il se contenta de lui sourire. Un sourire qu'elle lui rendit.
XXXXX
La police arriva environ une heure plus tard. Il y avait deux officiers, un homme et une femme. On demanda à Marina de sortir, ce qu'elle comprit, il y avait sans doute une partie du secret professionnel et l'état de Lancel était grave. Elle pouvait être perçue comme quelqu'un qui pouvait influencer le blessé dans son état de fatigue. La policière remarqua cependant les yeux de Lancel alors que Marina se levait pour les laisser, le mouvement de ses doigts comme pour la retenir.
- Didier, laissons la jeune fille avec lui. Dit-elle
- T'es sûre ?
- Vous êtes celle qui l'a amené ici ? Demanda la femme à Marina
Marina acquiesça.
- Regarde-le, ce pauvre gamin. Un homme sous influence ne chercherait pas le contact de la personne qui serait menaçante.
On autorisa Marina à rester. Elle s'assit, restant silencieuse. Lancel chercha le contact de sa main. Elle la serra.
- Nous nous doutons que vous pouvez peu parler, nous essayerons de faire vite. Votre civilité ? Commença l'homme
- Lancel... Lancel Lannister... Répondit Lancel comme il le put à travers le masque respiratoire
Il pensa à son père, qui aurait été heureux qu'il reprenne son nom. Or, là, il le faisait pour se protéger. Il avait honte de lui.
- D'où venez-vous ?
- Je...
Les policiers prirent son hésitation pour de la confusion liée aux médicaments et à la possible douleur.
- De Houston, au Texas. Répondit alors Marina, pensant à un couple d'amis vivant là-bas. Lancel est venu prendre quelques vacances en France.
Par chance, Lancel avait un léger accent qui rappelait l'anglais.
- Votre lien ?
- Nous sommes des amis, deux anciens étudiants qui se sont rencontrés grâce à un échange.
- Votre ami a-t-il une appartenance religieuse ?
- Oui.
Ils observèrent l'étoile gravée sur le front du patient.
- Une attaque pour l'humilier due à sa religion... Cela fait sens... Cette étoile, la robe... Qui vous a agressé, Monsieur Lannister ?
Lancel se sentit bloqué. Comment leur dire que c'était un enfant espion, formé par un allié d'une reine, qui l'avait attiré dans des catacombes pour qu'il soit aux premières loges pour un cataclysme, paralysé pour qu'il ne puisse pas s'échapper et être la première victime ?
- Je ne sais pas... Je ne sais plus... Tout est flou et confus dans ma tête...
Marina les vit se regarder et acquiescer.
- Amnésie post-traumatique. Classique. Nous demanderons un rapport aux docteurs. Merci de votre coopération, Monsieur Lannister. Concentrez-vous sur votre rétablissement. Au moindre souvenir, contactez-nous.
Marina vit Lancel soupirer de soulagement quand ils eurent quitté la pièce. Il tourna la tête pour la regarder.
- Merci...
Elle eut un petit sourire, lui serra la main gentiment et l'observa alors qu'il s'endormait, épuisé.
XXXXX
Vers dix huit heures trente, des bruits de pas et des grosses voix réveillèrent Lancel en sursaut, ce qui causa à l'électrocardiogramme de s'emballer. Marina parvint à le calmer.
- Je vais voir ce qu'il se passe. Repose-toi.
Des journalistes de France 3, au niveau de la région et de la nation, était là. Évidemment. La nouvelle d'un jeune homme gravement blessé lors d'une attaque anti-religieuse, ça allait forcément alerter les médias.
- Lancel a besoin de repos et ils n'arrêteront pas. Pensa-t-elle
Elle alla le voir et l'informa de ce qu'il se passait.
- Je dois encore répondre ? Demanda-t-il d'une petite voix ensommeillée
- Dans ton état, ils ne seront même pas autorisés à entrer dans ta chambre. Mais ils essayeront de tirer les vers du nez d'un maximum de personnes.
Le voyant soucieux, elle lui dit :
- Je m'occupe de tout.
Elle enfila juste un manteau pour cacher le sang de sa tenue puis se rendit sur les lieux.
- La voilà, c'est la jeune sauveuse !
Marina se retrouva entourée de micros et de caméras. Elle priait pour que sa famille ne la voit pas.
- Qu'est-ce que cela fait d'avoir sauvé une vie ?
- Que s'est-il passé ?
- Peut-on voir votre ami ?
Encore une fois, malgré une colère qui montait en elle, elle resta étrangement calme.
- Mon ami a survécu à ses blessures mais il n'est pas en état de recevoir qui que ce soit hormis quelqu'un de proche.
- Ne serait-ce que quelques minutes !
Elle tentait de rester sereine.
- Mon ami est sous soins intensifs et n'est pas en état pour une interview. Tout comme l'envie n'y est pas. Le jour où vous manquerez de mourir deux fois en une journée, vous le comprendrez.
Les policiers prirent sa défense alors que les journalistes s'énervaient. Ils confirmèrent l'état de Lancel, son impossibilité d'être interviewé, apportant leur propre expérience, ils donnèrent quelques détails, quelques pistes et ce fut fini.
Quand Marina retourna voir Lancel, il s'était endormi, épuisé, et semblait respirer paisiblement. Les bruits des camions de la télévision ne semblèrent pas le déranger. Les anti-douleurs avaient du l'assommer. Elle eut un petit sourire tendre.
- Je vais chez moi chercher des habits et autres. Je reviens vite. Dit-elle à une infirmière qui opina du chef
Avant de partir, elle s'autorisa un geste, elle embrassa Lancel sur le front, lui murmurant qu'elle allait vite être de retour. Et peut-être était-ce la lumière, mais elle pouvait jurer qu'il avait souri.
A Suivre
