Disclaimer : Game of Thrones n'est pas ma propriété, sinon Lancel ne serait pas mort dans la saison 6. Il ne serait même jamais mort d'ailleurs. Cersei, rend-moi mon Lancel !

Résumé : Il aurait dû mourir dans cette explosion... Ils n'auraient jamais dû se rencontrer. Ils n'étaient pas du même monde... Pourquoi lui et pas un autre ?

Lancel à Dunkerque - Renaissance

Chapitre 8 : Découvertes

Marina était revenue ravie. Elle avait eu un jour de congé le vendredi en raison d'une fermeture exceptionnelle de l'association où elle oeuvrait en tant qu'agent d'accueil. Le temps s'annonçait clément.

- Je vais enfin pouvoir te faire visiter un peu plus en détail la ville ! Avait-elle dit à Lancel gaiement

Son manque de réaction la surprit. Il avait l'air perdu dans ses pensées, ce qui n'était pas anodin mais il répondait toujours. Là, il semblait… Déconnecté.

- Lancel ? Demanda-t-elle inquiète

Il sursauta légèrement, comme tiré d'une torpeur et l'observa, comme étonné de la voir. Elle prit place à côté de lui et attendit, pour qu'il puisse s'ouvrir de lui-même à elle. S'il faisait moins de cauchemar, ils n'en restaient pas moins habituels. Elle avait mal au cœur pour lui, Cersei l'avait détruit à un point qu'elle n'osait pas imaginer mais qu'elle était forcée de constater, et la reconstruction était longue.

- Désolé… J'étais ailleurs…

- J'ai remarqué.

- Tu disais…

Soupirant un peu, elle lui rappela son idée de lui faire visiter Dunkerque plus en détail. Il n'en avait vu que des petits morceaux et si un jour il souhaitait se promener sans elle, il fallait bien qu'il connaisse, au minimum, le centre-ville.

- C'est rare ce genre de permission… Tu es sûre que tu veux le gâcher en faisant la garde-malade ?

Il s'en voulait énormément. Même si elle aimait son travail, c'était un travail qui, même s'il se finissait tôt, prenait une bonne partie de la journée, ne laissant à Marina que le soir pour se détendre et pour se consacrer à ses passions. Certes, il était une de ses passions, il le savait, même s'il ne comprenait toujours pas pourquoi, mais il se sentait coupable. Elle le faisait passer en premier, encore et toujours, elle mentait pour le protéger, elle mentait à tous, personne ne savait les circonstances de son arrivée. Pour sa famille, pour ses amis, il était juste un colocataire. Tous ignoraient qu'elle l'avait recueilli suite à une agression. Que lui apportait-il en retour, à part des tracas ? Elle avait beau dire qu'il lui apportait de la joie, il avait du mal à y croire, il n'arrivait pas à le voir ou à comprendre.

- Je le fais aussi pour moi, je veux faire certaines boutiques. Dit-elle avec un sourire

Il acquiesça, Marina ne chercha pas à creuser plus. Elle en avait envie mais elle avait peur d'être insistante et envahissante. Pour autant, quand Lancel chercha son contact, malgré sa surprise, elle ne le rejeta pas. Elle passa son bras autour de son épaule pour l'attirer à elle, où il demeura en silence pendant quelques minutes. Si cela lui faisait du bien, si cela le soulageait un minimum, si cela l'apaisait, elle était contente. Alors elle resta ainsi, sans bouger, profitant de sa chaleur. Lancel finit par s'endormir, la tête contre son épaule. Il ne sommeilla pas longtemps, mais assez pour que son amie puisse le détailler. L'étoile des Sept sur son front était effacée, on n'en voyait plus une seule trace, pas même un reliquat. Ses joues s'étaient remplies et avaient repris quelques couleurs, il avait perdu pas mal de kilos à l'hôpital. Il avait presque l'air d'un homme moderne classique.

D'ailleurs, elle était contente d'une chose :

Lancel commençait à se sentir chez lui malgré tout.

Avant, quand elle rentrait du travail, tout était encore comme elle l'avait laissé, à l'exception de la vaisselle, mais rien n'avait bougé d'un millimètre. Depuis quelques temps, désormais, quand elle rentrait, si tout resté correctement rangé, l'appartement avait vraiment l'air de vivre, il avait vraiment l'air d'avoir un habitant en plus. Elle arrivait et le trouvait en train de lire mais confortablement installé, elle le trouvait regardant la télévision ou occupé à quelque chose. Sur la table de la cuisine, il y avait un verre sorti ou une tasse dans l'évier. Parfois même, elle le surprenait en train de jouer à ses jeux vidéo. Elle l'avait même trouvé en train de pester sur Steam, ne comprenant pas pourquoi la manette ne répondait pas, ce qui l'avait fait rire avant de lui expliquer qu'il n'y avait pas besoin d'une manette pour jouer à un point and click. Il avait rougi, un peu honteux, comme un enfant pris la main dans le sac. Il ne fut soulagé que quand elle lui dit qu'elle partageait volontiers ses jeux avec lui. D'ailleurs, il semblait aimer les sims. Peut-être parce qu'il pouvait donner une destinée plus joyeuse à ceux qu'il avait perdus. Il semblait se sentir à son aise avec elle, car elle le voyait de plus en plus détendu, elle l'entendait rire, un rire dont elle tomba amoureuse. Cela n'empêchait pas ses démons de jouer avec son cerveau mais au moins, elle trouva du réconfort dans l'idée qu'il avait des moments de joie à ses côtés.

Il se réveilla et s'excusa, l'un de ses médicaments était toujours aussi puissant et il s'était senti comme bercé. Elle sourit.

Elle était le doudou non-officiel de son personnage préféré de Game of Thrones.

XXXXX

Marina avait opté pour une sortie à la journée, profitant de la fraîcheur de la matinée pour faire découvrir les coins nature qu'elle aimait à Dunkerque, car moins de monde. Bien couvert, car malgré le soleil, le froid hivernal était présent, Lancel découvrit, poussé par Marina, la digue des Alliés et le parc du LAAC, dont il tomba amoureux. Même le superbe parc de Malo-les-Bains, avec ses statues et son aquarium, n'arrivait que second sur le podium. Puis, ils avaient remonté pour longer le quai des Hollandais et le port de plaisance. Il écouta Marina lui expliquer que, quand elle allait à l'université, de l'autre côté de la berge, parfois, elle voyait un labrador sable sur l'un des bateaux et un soir pluvieux, il l'avait suivie le long des quais, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus la voir. D'ailleurs, près de la fac, il y avait l'Atelier Culture, surnommée la Piscine car c'était un ancien amphithéâtre aux murs bleus, désormais noirs pour les besoins du théâtre. Pour un prix dérisoire, Marina pouvait voir tous les spectacles de l'année.

- Je pourrais t'emmener, un jour. Lui proposa-t-elle

Il trouva l'idée bonne. Ils arrivèrent devant le Pôle Marine, un ensemble de commerce près du bassin où était ancré le célèbre Princess Elizabeth. Dans cet ensemble, il y avait deux restaurants, un fast food, deux cinémas, un équivalent aux anciens Virgin Megastore, une salle et un magasin de sport. Marina passa par la libraire, regardant les nouveautés et arrivage en livres et en dvd, jetant un coup d'œil aux bonnes affaires dans le rayon des loisirs créatifs. Lancel remarqua un coffret DVD où il reconnut le visage de Cersei. Il avait vu les mêmes chez Marina. Le simple fait de voir son visage lui faisait mal et sa compagne sembla l'avoir remarqué, car elle changea vite de rayon. Les fils à broder lui évoqueraient peut-être des souvenirs d'enfance, sa mère brodant beaucoup, c'était préférable. Face à la large gamme pour le dessin du magasin, Marina vit sur le visage de son ami l'émerveillement d'un enfant le jour de Noël.

- J'ignorais que tu aimais le dessin.

- J'ai toujours aimé ça, mais je n'ai plus eu l'occasion de m'y consacrer.

Elle sourit.

- J'ai quelques outils à la maison, mais si tu vois quelque chose, dis-le-moi. J'adorerais voir tes œuvres !

Il semblait bien s'y connaître, car il lui demanda des objets bien précis. Ils sortirent et partirent manger mais sur le chemin, un petit groupe de jeunes hommes sifflèrent Marina, l'observant comme des chiens en chaleur, comme si elle était un morceau de viande. Ce qui ne fit pas plaisir à Lancel. Mais pas du tout ! Comment osait-il aborder une femme ainsi ?! N'avaient-ils pas appris le respect ?! Aimeraient-ils qu'on s'adressât ainsi aux femmes qu'ils aimaient ?!

- Hé, Mademoiselle, t'as un 06 ?

- Ouais, vas-y, comment t'es trop bonne !

Elle les ignora royalement, ce qui changea leur admiration en haine et la charmante demoiselle était devenue la pire des catins sales.

- Tu pourrais répondre !

Lancel n'y tint plus et se retourna sur son fauteuil.

- Les chiens vont au pied quand on siffle. Change de lunette, tu verras que tu as sifflé une jeune femme ! Cria-t-il, énervé

- Qu'est-ce qu'il me veut l'infirme ?! S'emporta l'autre

- Que tu laisses sa femme enceinte tranquille !

Les mécréants pâlirent et marmonnèrent des excuses avant de filer. Marina éclata de rire ! Elle, la femme de Lancel, et enceinte en plus ? Cela était un joli rêve digne de la plus délirante des fanfictions !

- Désolé d'avoir menti, je ne l'aurais pas fait mais ils ont insisté… S'excusa Lancel

- C'est rien. Merci… D'avoir pris ma défense. J'ai horreur de ces gens-là, ils me mettent mal à l'aise et je ne sais jamais quoi répondre… J'ai juste envie de me cacher…

Une telle révélation le surprit. Elle, qui semblait si forte ! Si indépendante ! Si extravertie ! Elle aussi, elle avait sa part d'ombres, ses démons, ses peurs… Pourtant, une part de lui était heureuse, il pouvait désormais la protéger comme elle le protégeait. Il pouvait commencer à payer sa dette, même si elle lui répétait qu'il ne lui devait rien. Il eut un léger sourire, cette idée lui mettant du baume au cœur.

La journée se poursuivit sans heurts, entre boutiques et visite du centre-ville. Lancel en avait déjà vu la place centrale, était passé devant l'église, mais Marina les firent entrer pour en voir les recoins, il avait vu la place de la mairie, la bibliothèque, tous les endroits de la ville que Marina aimait. Le long du chemin, il avait entendu certaines personnes murmurer à leur propos, notamment un :

- Quel charmant petit couple !

A cette idée, il pouvait sentir ses joues le chauffer et il remercia les Sept pour le froid, ce qui lui donnait une excuse pour une possible rougeur. Eux, un couple… Marina était charmante, elle était gentille, elle était drôle, elle était attirante mais elle méritait mieux qu'un homme brisé comme lui. Le portable de Marina sonna, c'était la police. La discussion dura quelques minutes puis elle raccrocha.

- Je m'en doutais mais c'est officiel. Comme ils n'ont pas trouvé de coupable, après autant de temps, l'affaire de ton agression est classée sans suite.

Lancel ne répondit pas.

- Ca va relancer les médias…

- Ta famille m'a déjà rencontré quand elle est venue à la maison. Tu as menti en disant que j'avais eu un accident.

- C'est à moitié vrai.C'est que... Je ne veux pas qu'on me sépare de toi...

Il lui prit gentiment la main. Il ne laisserait pas cela arriver. Le duo rentra, leur ambiance devenue lourde. Le soir même, France 3 évoquait l'affaire d'un crime haineux envers une communauté religieuse. Par chance, on ne nomma ni Lancel ni Marina, tout comme aucune image d'elle ne passa sur le petit écran.

Soupirant de soulagement, Marina se cala un peu plus sur son canapé.

Le secret de Lancel, ou en tout cas, la vérité autour de son état de santé lors de son arrivée, était préservé et ne risquait pas d'être découvert, la thèse d'un accident grave tenant la route.

Une page était tournée.

Il était définitivement en sécurité et personne ne pouvait désormais la séparer de lui, sous prétexte qu'on pourrait l'attaquer, elle aussi.

A Suivre