Disclaimer : Game of Thrones n'est pas ma propriété, sinon Lancel ne serait pas mort dans la saison 6. Il ne serait même jamais mort d'ailleurs. Cersei, rend-moi mon Lancel !
Résumé : Il aurait dû mourir dans cette explosion... Ils n'auraient jamais dû se rencontrer. Ils n'étaient pas du même monde... Pourquoi lui et pas un autre ?
Lancel à Dunkerque - Renaissance
Chapitre 9 : Joies et peines
La voix enjouée de Marina résonnait dans l'accueil général du bâtiment où elle travaillait. Malgré la fatigue ou son humeur, quand le téléphone sonnait, elle mettait un point d'honneur à être agréable, à sourire, à être enjouée. Parfois, elle se disputait mentalement pour avoir bafouillé ou pour avoir fait, selon elle, une piètre performance. Alors qu'il avait passé le tourniquet central, Lancel l'observa du coin de l'oeil. Elle était concentrée sur sa tâche, radieuse, dans son élément. Elle semblait faite pour cela. Elle semblait s'amuser, aimer cela. La connaissant, elle mettait sans doute tout son cœur dans l'appel et tentait d'aider au mieux. Le fait que l'imprimante fonctionne à côté d'elle, la discussion de personnes sortant d'une formation pour les micro-entrepreneurs, rien ne semblait la perturber. Seule la personne au bout du fil comptait. C'était tellement elle. Toujours prête à essayer d'aider, y trouvant un plaisir immense. Le jour, elle était là pour tous. Le soir, elle était là pour lui. Lancel en vint à se demander quand elle était là pour elle-même. Alors qu'elle raccrocha, il s'approcha alors du bureau. Avec l'habitude, elle ne faisait plus attention, dès qu'elle voyait une forme approcher, elle saluait, même si parfois elle avait déjà dit bonjour à ses collègues. Elle préférait le dire trop qu'être impolie.
- Monsieur, bon... Sa voix se coupant net quand elle le reconnut
Il lui sourit. Elle était complètement abasourdie, la bouche ouverte, comme si elle venait de recevoir le plus merveilleux des cadeaux. Lancel se tenait là, debout, ses ses deux jambes, sans fauteuil, canne ou béquilles pour le soutenir. Elle n'ignorait pas qu'il marchait de mieux en mieux, qu'il pouvait faire de courtes distances, accompagné, et si elle n'habitait pas loin de son lieu de travail, il n'en restait pas moins à une dizaine de minutes à pied. Le plus longtemps que Lancel avait tenu, c'était le temps de l'aller-retour à la boulangerie, qui était à trois minutes. Elle eut un petit cri de joie et fit le tour du meuble pour aller à sa rencontre, se fichant royalement de certains regards sur elle, l'enlaçant. Une embrassade qu'il lui rendit.
- Eh beh, Marina, tu nous avais caché ça ! Sa supérieure plaisanta, alors qu'elle sortait de son bureau faire des photocopies
Elle eut un petit rire.
- Que fais-tu ici ? Demanda-t-elle au visiteur
- Je voulais juste te surprendre.
- C'est réussi !
- Te faire sourire aussi.
Elle acquiesça.
- Je ferme d'ici une dizaine de minutes.
Il opina du chef et alla s'asseoir sur l'un des bancs noirs pour patienter. Il était heureux de sa surprise, et la réaction de Marina avait été au-delà de toutes ses espérances. La douleur dans ses jambes en valait bien la peine. Marina... Il admettait se sentir de plus en plus troublé par rapport à elle, n'arrivant pas à définir leur lien, mais il n'était sûr que d'une seule chose :
Il avait besoin d'elle.
Son sourire, sa joie, son optimisme, ses petits gestes de tendresse... Il ignorait ce qui causait sa dépendance, il ignorait pourquoi cela le torturait autant, il ignorait pourquoi elle semblait être le remède pour tous ses maux. Il savait juste qu'il avait besoin d'elle.
Cinq heures sonnèrent. Marina éteignit les lumières, rangea le PC portable, mit en mode nuit le standard, fit sa petite ronde et une fois le tourniquet fermé, la veste enfilée et le sac à l'épaule, elle se dirigea vers son colocataire... Qui semblait contrit.
- Lancel ?
Il la regarda, l'air désolé et triste.
- Ca ne va pas ?
- Je n'arrive plus à me lever... Avoua-t-il gauchement
Il la vit pâlir et s'en voulut que d'avoir gâché la joie qu'il lui avait offert peu avant.
- Dans le sens où tu ne sens plus tes jambes ou dans le sens où elles te font mal et que tu n'arrive pas à te mettre debout ?
Il suggéra la deuxième option. Elle tendit ses mains, il les prit et elle tenta de le lever doucement. Par chance, il parvint à se mettre debout. Mais elle pouvait voir que cela lui était pénible. Il avait voulu lui faire plaisir mais avait surestimé ses forces. Cela restait un beau cadeau. L'avoir vu sur son lieu de travail, debout, comme un homme lambda. Elle lui offrit son bras, il prit un peu d'appui et ils quittèrent le bâtiment tranquillement. Elle l'emmena dans les jardins du LAAC qui étaient voisins. Là, ils prirent place sur un banc. Cela prendrait le temps nécessaire mais elle ne rentrerait pas en forçant Lancel à souffrir. S'il le fallait, elle payerait le taxi. Sa nouvelle mobilité restait fragile et elle ne voulait pas la gâcher par un acte malheureux. Elle en profita pour observer le paysage de ce lieu qu'elle affectionnait particulièrement. Elle ne s'y était pas posée depuis longtemps, trop longtemps. Sous ses yeux, le lac gelé, un canard glissant sur le verglas, surpris que l'eau ne fusse pas liquide. Le duo fut le témoin de la nuit naissante, son manteau noir recouvrant peu à peu le ciel.
- Comment te sens-tu ? Demanda-t-elle à Lancel lorsque les réverbèrent s'allumèrent
- Ca passe... Désolé...
- Ca reste une belle victoire, Lancel.
Il observa le ciel un instant. Malheureusement, avec les éclairages, on ne voyait pas les étoiles, ou très peu. Un simple merci traversa ses lèvres après quelques instants, ce qui surprit son interlocutrice.
- Merci de ?
- Pour tout...
Comment pouvait-il la remercier considérant tout ce qu'elle avait fait pour lui ? Elle lui avait sauvé la vie, elle lui avait offert son amitié, sa patience, un toit, le fait de se sentir aimé et apprécié. Il pensa aussi à toutes ses petites attentions. Le fait qu'elle s'était souvenue qu'il n'aimait pas les betteraves. Le stock de confiture d'orange. Lui avoir crée un petit coin où ranger ses affaires pour le dessin. Qu'elle avait rapporté, de l'appartement de ses parents, ses propres affaires de dessin pour qu'il puisse en faire plus encore. Le fait qu'un jour, elle était rentrée un peu plus tard, étant passée dans une imprimerie pour lui sortir, sur du papier glacé de meilleure qualité, des portraits de son père, des moineaux, elle avait même trouvé Martyn et Willem... Ses images, il les avait encadrées et disposées dans sa chambre. Sa dette était immense. Et la connaissant, elle ne voulait même pas être remboursée, ou alors elle trouvait son remboursement en une chose dérisoire en comparaison.
- Dis, et si on mangeait dehors ce soir ? C'est vendredi, on peut bien se permettre de rentrer plus tard ! Lui proposa-t-elle
Cela était un stratagème pour qu'il soit assis plus longtemps et pour que ses jambes puissent récupérer. Pour le ménager, elle l'emmena à l'arrêt de bus de plus proche et prit la ligne 2, non loin de chez ses parents, pour être emmenés vers le centre-ville. Ce soir-là, en face du beffroi qui joua une dernière fois son air de carillon, dans une brasserie voisine à sa boutique de BD favorite, elle trinqua à sa santé.
La connaissant, elle y avait mis tant de cœur qu'il vivrait centenaire si son vœu était exaucé.
XXXXX
Le lendemain matin, Marina se réveilla un peu plus tard que la normale.
- J'espère que Lancel ne m'a pas attendue pour manger... Pensa-t-elle
Quand elle se leva et pénétra dans la salle à manger, elle le surprit en train d'essayer de ranger des cartons qu'elle avait sorti.
- Lancel ?
Il savait où elle voulait les ranger, mais ce qui l'inquiétait, c'était le fait qu'ils étaient lourds, qu'il fallait descendre à la cave et vu le nombre déjà bas, il avait dû faire plusieurs allers et retours. Avec l'épisode de la veille, elle craignait une rechute. Elle alla vers lui pour lui prendre le carton et le poser.
- Je voulais t'aider. S'excusa-t-il
Elle eut un sourire, se sentant fondre.
- Bon sang, mais c'est pas permis d'être aussi adorable ! Bordel, Kevan, comment t'as fait pour avoir un fils aussi mignon mais aussi sexy à la fois ?! Pensa-t-elle
Il se sentit idiot. Cela partait d'un bon sentiment mais quelque part, cela n'était pas ses affaires.
- C'est très gentil. Et c'est apprécié Mais tu en fais déjà assez, Lancel. Vraiment.
Elle le pensait. Rien ne l'y obligeait, mais il s'occupait de la maison alors qu'elle travaillait. Il essayait de la maintenir propre, et ne connaissant pas tous les instruments d'hygiène modernes, il avait encore plus de mérite à ses yeux. Il lui avait déjà ôté une belle épine du pied. Ils allèrent déjeuner puis, sentant que cela le travaillait vraiment, elle se proposa pour l'aider à finir le déménagement des cartons. Quand ils remontèrent, la pluie tombait à grosse gouttes sur les carreaux et cela semblait parti pour toute la journée. Alors que Marina s'approcha de la table de la salle à manger, elle remarqua le cahier de croquis de Lancel. Elle ne put résister à l'envie d'y jeter un œil. Son regard se porta sur un dessin en particulier. Il était dans des teintes de noir, de blanc, de gris et la couleur verte était la seule touche de vif. C'était la galerie souterraine sous le septuaire de Baelor. Les barils de bois étaient alignés tout le long des murs et avec la perspective, on avait une impression de milliers. Certains fuyaient. Au loin, trois barils avaient été ouverts, le feu grégeois en sortait et formait une flaque. En son centre, une unique bougie qui brûlait. Et en premier plan, Lancel. Même s'il était de dos, elle le reconnut. Il était là, dans sa tenue de moineau, à quatre pattes, tentant d'approcher, le bras tendu dans un geste désespéré pour arrêter l'attentat sous-jacent. Il était toujours hanté par le souvenir du jour où il avait tout perdu. Elle se sentit triste au-delà des mots. C'était sans doute une blessure qui ne s'effacerait jamais et cela lui brisait le cœur. Elle souhaitait tellement qu'il guérisse, qu'il redevienne le Lancel qu'il avait été jadis, un Lancel qu'elle ne connaissait pas mais qu'elle soupçonnait d'avoir été le plus heureux : Lancel avant que tout cette merde n'arrive, Lancel avant le voyage fatal à Port-Réal pour devenir écuyer auprès de Robert. Elle tenta de s'imaginer la scène si tout s'était passé selon les plans de Cersei. Elle vit un Lancel face à la flaque, tentant de souffler, malgré la douleur, sur la bougie, en vain... Le feu prit, la réflexion des flammes rendant ses yeux d'un vert hypnotisant, et il était là, fixant le feu naître, comprenant que c'était fini et tout s'embrasa en l'espace d'une seconde, l'explosion résonnant et emportant son corps en une déflagration rapide. Elle sentit de l'eau couler sur ses joues et se surprit à se trouver en train de pleurer. Elle frotta ses yeux et remit le calepin à sa place. Cette scène n'était jamais arrivée et c'était ce qui comptait.
- Marina ?
Elle se retourna et lança un joyeux « J'arrive ! ».
Oui, le principal, c'était que Lancel était en vie.
En vie, avec elle.
A Suivre
