Disclaimer : Game of Thrones n'est pas ma propriété, sinon Lancel ne serait pas mort dans la saison 6. Il ne serait même jamais mort d'ailleurs. Cersei, rend-moi mon Lancel !

Résumé : Il aurait dû mourir dans cette explosion... Ils n'auraient jamais dû se rencontrer. Ils n'étaient pas du même monde... Pourquoi lui et pas un autre ?

Lancel à Dunkerque - Renaissance

Chapitre 12 : Retrouvailles

L'orage faisait gronder le ciel dunkerquois. Tout en se concentrant sur sa broderie, Marina ne put s'empêcher de le comparer à celui qui avait secoué le ciel dans la nuit du 29 au 30 août 2015. Elle s'en souvenait bien, cette nuit-là, elle effectuait son dernier jour de son travail saisonnier pour la mairie de sa ville, en tant qu'agent de voirie. Elle avait attendu sagement une accalmie pour quitter son abri et se diriger vers le local. Elle gardait un œil sur Lancel, craignant que le tonnerre puissant ne lui déclenche une autre attaque de panique. Pourtant, il semblait bien calme, comme habitué à la chose, installé confortablement sur le canapé, plongé dans son roman. Après tout, il était de la région de Port-Lannis, et même si leurs orages n'étaient rien face à ceux d'Accalmie, peut-être étaient-ils tout aussi violents ? Elle l'étudia brièvement. Ses cheveux avaient encore poussé et il était désormais la copie carbone, tout du moins sur le plan physique, du jeune homme qu'il avait été dans la saison 2. Avec un peu plus de muscles aussi. Il était rasé de près. Elle eut un sourire. Quand il avait été à l'hôpital, encore trop faible pour agir à sa guise, une légère pilosité faciale avait fait son apparition et il avait détesté cela. Plus jeune, il avait bien tenté d'avoir une barbe, mais n'ayant pas aimé le rendu, il s'en était débarrassé et se contentait d'un visage lisse. Et Marina devait admettre une chose : elle qui n'était pas fan des moustaches, des barbes, sauf sur des personnages de jeux vidéos, elle l'avait trouvé beau avec ce nouvel ornement. Une autre preuve que ses avis pouvaient changer. Et puis, c'était Lancel. Pour elle, un rien le rendait encore plus superbe que d'habitude, et cela, c'était son côté fangirl qui le lui intimait. Mais le côté femme avait également aimé ce début de barbe.

- Peut-être étais-je déjà amoureuse à l'époque. Songea-t-elle. J'ai toujours aimé Lancel. J'ai aimé celui des livres, celui de la série, peut-être suis-je tombée amoureuse dès que je l'ai vu en chair et en os chez moi... Mais je ne l'ai pas su, car ma peur avait pris le pas sur ma tête.

Elle pensa à son évolution. Dire qu'il marchait désormais aussi bien qu'avant ! Sans aucune aide, même si parfois, quand il fatiguait, on voyait une très légère claudication. Les visites médicales étaient très espacées et il était bientôt question de leur arrêt, du moment qu'il faisait attention. Le médecin généraliste faisait désormais très bien l'affaire. Un coup de tonnerre claqua, résonnant dans la pièce. Marina se rappela sa fanfiction, son délire où Lancel était venu à Dunkerque suite à un orage qui l'avait transporté chez elle alors qu'elle regardait la saison 2 de Game of Thrones. Dire que cela s'était réalisé, même si cela n'avait pas été de la même manière ! Un autre coup de tonnerre et une étrange lumière bleue. Là, elle commença à s'inquiéter, c'était comme dans sa vieille fanfiction ! Lancel semblait l'avoir remarqué, car il avait fermé son livre et la tranquillité avait fait place à la surprise sur ses traits.

- Marina... C'est la même lumière... C'est la même que celle que j'ai vu avant que...

Sa voix se brisa, n'osant pas finir sa phrase. La jeune femme réfléchit. Lancel avait vu cette lumière avant de se sentir tomber et d'atterrir chez elle. Etait-ce le temps pour lui de rentrer chez lui ? Elle sentit son cœur se pincer à cette idée. Lancel devant repartir chez lui et elle, seule, avec ses souvenirs... Elle se détesta pour être aussi égoïste. Mais c'était pus fort qu'elle, elle voulait qu'il reste avec elle. La vie sans lui lui paraissait bien vide et morne, aussi cliché que cela pouvait paraître. Un autre coup de tonnerre, le plus puissant et la lumière envahit la pièce. Un bruit sourd retentit, comme la chute de quelque chose sur le sol, ainsi qu'un cri de surprise et de peine. Marina et Lancel se levèrent en même temps et alors que la lumière disparut progressivement, ils découvrirent alors sur le sol une femme qui devait avoir une quarantaine d'années, serrant contre elle une enfant qui approchait certainement des dix ans. Elles se levèrent, un peu secouées. L'aînée s'assura que la plus jeune ne fusse pas blessée. Marina les identifia comme étant de Westeros, de part leurs tenues et leurs coiffures. D'ailleurs, la femme lui était familière et lui rappelait l'un des portraits peints par son ami Yue.

- Non, ça ne peut pas être... Pensa-t-elle

Pourtant, voyant l'expression de stupeur sur le visage de son colocataire, elle devait admettre que son raisonnement tenait la route.

- Maman ? Tenta timidement Lancel, incertain

La femme se tourna vers lui et alors que ses yeux rencontrèrent le corps du jeune homme, elle eut alors l'expression et le sourire d'une mère découvrant son enfant pour la première fois.

- Oh, Lancel...

Elle l'enlaça pendant un long moment, une embrassade que Lancel lui rendit, fermant les yeux, profitant de la chaleur maternelle. Marina sourit. Cela faisait des années que la mère et le fils ne s'étaient pas vus. La dernière fois, c'était sans doute lors du départ de Lancel pour la capitale, pour être l'écuyer de Robert Baratheon. Cela semblait si loin ! Dorna lui caressa gentiment la joue, étudiant son visage. Comme elle devait se sentir soulagée de le voir en vie et en bonne santé !

- Lancel ? Essaya la fillette

- Janei ?

Le frère et la sœur s'enlacèrent à leur tour.

- Comme elle a grandi... Pensa-t-il

Marina les étudia. Dorna était de taille moyenne, les cheveux du même blond que ceux de son fils, les yeux d'un vert néanmoins différents. Elle avait un visage ovale et délicat. Elle comprit pourquoi Kevan l'aimait autant, son être respirait la douceur. Elle était loin de la description qu'elle en avait lu, description faite par Cersei d'ailleurs : une petite femme sans menton, menue, et aux jambes de poulet. Janei semblait un peu plus petite que les enfants de son âge. Elle avait des cheveux d'un blond très clair et des yeux du même vert que ceux de Lancel. Elle était déjà d'une beauté saisissante. Elle en briserait des cœurs en grandissant.

- Que... Que faites-vous ici ? Demanda Lancel

- On se le demande aussi... Tout ce que je sais, c'est que cela fait un an et demi que je te cherche.

Marina s'éclipsa et apporta de l'eau, laissant les Lannister entre eux, pour s'expliquer. C'étaient des affaires de famille et elle ne voulait pas s'immiscer.

- Tu ne restes pas ? S'enquit Lancel

- Business de famille.

- Tu parles d'un business... Tu es chez toi, je te rappelle.

Elle s'assit alors, mais resta silencieuse, pour ne pas interférer. Lancel expliqua alors à sa mère toute son épopée, depuis le moment où on l'avait envoyé chercher Cersei pour le procès jusqu'à l'explosion, en passant par l'enfant qui l'avait blessé. Il entreprit ensuite d'expliquer sa présence dans cette ville, les zones d'ombre, mais surtout comment Marina lui avait sauvé la vie et comment elle veillait sur lui, cela sans rien demander en échange, si ce n'était un sourire de temps en temps, si le cœur lui en disait. Il expliqua sa découverte, l'hôpital, sa convalescence, comment son amie l'aidait à s'adapter. Il expliqua aussi le fait que dans ce monde, ils étaient des êtres de littérature, incarnés à l'écran par des comédiens, d'où la connaissance de Marina de leur monde et de leurs personnes, ainsi que le fait qu'elle l'aimait déjà avant leur rencontre. A la fin de son histoire, Dorna fixa Marina du regard.

- Ma dette envers vous est immense. Dit-elle

- Vous ne me devez rien, c'est normal, je veux dire... Parvient-elle à bafouiller

Si les compliments lui faisaient plaisir, elle avait toujours du mal à les accepter.

- D'autres auraient laissé mon fils mourir ou l'auraient abandonné une fois pris en charge ailleurs. Vous l'avez sauvé. Vous lui avez tenu compagnie. Vous l'avez soutenu, nourri, blanchi, logé...

- Mais ça m'a fait plaisir de l'aider...

Dorna entreprit alors de raconter sa propre histoire. Comment on lui avait annoncé la mort de son mari, et la preuve de celle-ci : on avait retrouvé quelques restes et son badge de main du roi. Marina vit dans les yeux de Lancel une étincelle de douleur. Il avait sans doute espéré, l'espace d'un instant, qu'il avait joui de la même chance que lui. Dorna avait fait mener son enquête et avait su que son fils avait été envoyé hors du septuaire pour aller chercher la reine, elle avait donc nourri l'espoir qu'il vivait encore quelque part, caché pour échapper à l'ire de sa royale cousine, refusant de croire que l'aîné de ses enfants avait péri aussi. Elle ne trouva rien, mais elle resta convaincue qu'il vivait encore, elle refusait de penser qu'il avait trouvé la mort. Cependant, ses recherches furent stériles et alors qu'elle commençait à perdre espoir, lors d'un soir d'orage, une lumière bleue avait envahi sa chambre et elle s'était sentie tomber, avec Janei, comme attirée vers le bas. Puis elle s'était retrouvée dans l'appartement de Marina, découvrant avec bonheur qu'elle avait eu raison de croire en la survie de son premier bébé. Marina se mordit la langue. Elle imaginait sans peine la douleur horrible de cette pauvre femme, dont deux fils avaient été tués parce qu'ils étaient des Lannister, dont l'aîné, né après seize ans de mariage, avait été piégé pour se voir mourir dans le désespoir, suivi par la pulvérisation littérale de son grand amour. Elle l'imaginait sans peine effondrée au sol, en larmes, hurlant sa douleur du plus profond de ses poumons. Cela était cruel et injuste.

- Vous souhaitez que je rentre à Port-Lannis... Pour être l'héritier de Père...

- Non, Lancel. Je voulais juste savoir où tu étais, si tu allais bien. Et je vois que c'est le cas. En aucun cas je ne veux que tu rentres à Westeros. Cersei est une folle. Elle a fait tuer son propre oncle. Elle n'a aucun égard pour son sang. J'ai fait profil bas pour préserver Janei. Kevan serait si heureux et rassuré de te savoir si loin de la portée de cette malade ! Tu es en sécurité ici, et en plus, tu as la chance d'avoir une amie sincère. Ta cousine te croit mort. Je ne peux rien souhaiter de mieux.

- Allez-vous rester ?

- J'aimerais. Il n'y a plus rien à Westeros pour moi. Mes fils cadets et mon mari sont morts assassinés. Mais je n'ai aucun endroit où aller, mon seul toit, c'est là-bas.

- C'est un problème vite réglé. Vous êtes les bienvenues chez moi. Lança Marina

Dorna l'observa, comme éberluée.

- Vous accepteriez ? Demanda-t-elle

- Avec joie.

- Oui, et tu dors où ? S'enquit Lancel. Il n'y a que deux chambres ici.

- Bah, j'ai le canapé. Répondit-elle

- Non, mais ça va pas ?! Tu ne vas pas dormir sur le canapé alors que tu es chez toi ?! Je dormirai sur le canapé.

- Tu es chez toi aussi, je te rappelle !

- Je peux dormir sur un matelas dans le septuaire. Ca devrait te faire plaisir, c'est comme ma version de papier.

- Ah bah si tu me prends par les sentiments !

La mère de Lancel étudia le duo. Cela la faisait sourire intérieurement. Ils étaient si complices, se taquinant mais dans le respect de l'autre. Cela lui rappelait le doux temps où Kevan lui faisait la cour, leurs premières années de mariage, et même des années après la naissance des jumeaux. Elle comprit mieux la légère angoisse dans la voix de son aîné quand il évoqua le devoir de repartir. Il aimait très certainement cette fille. Oh, elle n'était peut-être pas ce que Kevan avait pu espérer pour lui. Mais il avait trouvé une fille sincère, amicale. C'était bien assez.

- Après, on peut très bien partager une chambre. Ce n'est pas comme si on avait jamais dormi ensemble, en tout bien tout honneur. Finit par lâcher la maîtresse de maison

Lancel put deviner sa gène, il la ressentait aussi.

- Ou bien, je peux prendre le canapé. Suggéra l'aînée des femmes

- Non, surtout pas ! Lancèrent Marina et Lancel en choeur, ce qui la fit rire

On trouva vite un arrangement. La pluie cessa enfin. Marina s'éclipsa pour s'occuper de certaines choses, suivie par une Janei avide de découvrir son nouveau lieu de vie, laissant la mère et le fils ensemble dans le salon. Dorna observa le regard de Lancel suivre son amie. Avant de fixer un point invisible devant lui.

- Je suis désolé, Mère... Je n'ai pas réussi à sauver Père...

Elle lui prit gentiment la main.

- Tu n'y es pour rien Lancel. Cersei a tué ton père, pas toi. Il aurait été très touché de savoir que tu as voulu le sauver.

- Il doit avoir honte, j'ai échoué...

- Il doit être fier, son fils a l'âme d'un héros.

Il se contenta d'acquiescer.

- Cette fille, tu l'aimes, n'est-ce pas ?

Il opina de nouveau du chef.

- T'aime-t-elle en retour ?

- Je ne pense pas.

- Tu ne penses pas ?

- Je ne me suis pas confessé.

- Par la barbe du Père, Lancel ! Qu'attends-tu pour le lui dire ?!

Saisi par la hausse du ton de la voix de sa mère, il avait sursauté. Pourtant, il la regarda avec un sérieux et une gravité rares.

- Parce que je ne la mérite pas.

- Qu'en sais-tu ? Cette fille te connaît mieux que certains chez nous. Elle semble t'apprécier et t'accepter. Lancel, mon ange, l'amour est une chose merveilleuse. Il serait dommage que tu t'en prives par culpabilité ou par peur. Cette enfant-là, si tu lui confies ton cœur mais qu'elle ne partage pas tes sentiments, elle te le rendra en faisant attention à ne pas l'abîmer.

- Je ne sais même pas pourquoi je l'aime. Comment j'en suis venu à l'aimer.

- L'amour ne s'explique pas. Il se vit. Va la voir. Dis-le lui. Ne serait-ce que pour toi. Pour ne pas avoir de regrets. Les Sept t'ont envoyé dans la maison d'une femme qui t'aimait déjà en tant que chimère. Ce n'est pas pour rien. C'est ta deuxième chance. Alors file lui confesser tes sentiments, ou je serai fâchée !

Il ne put retenir un petit rictus et se leva. Marina était dans la cuisine, à vérifier ce qu'elle pouvait utiliser pour le repas du soir.

- Je peux te parler ? Tenta-t-il

- Bien sûr. Répondit-elle le dos tourné

- C'est important... Et difficile à avouer...

Elle lui fit alors face.

- Tu te rappelles, le jour où je t'ai rattrapée ?

- Le canapé s'en souvient.

- Ce jour-là, j'ai compris quelque chose. Quelque chose qui est magnifique en soi mais qui m'effraye... Je... Bon sang, c'était tellement plus facile dans ma tête...

Une intuition envahit la jeune femme, qui se figea. Elle loua le ciel, Lancel ne semblait pas l'avoir remarqué. Une peur panique s'emparait d'elle. Si c'était ce qu'elle croyait, elle espérait qu'elle était en train de rêver, car elle ne savait que trop bien que cela ne pouvait pas se réaliser. Ce n'était pas la première fois, mais cela lui laissait toujours la même réaction : l'angoisse.

- Je...

Il était clairement mal à l'aise et elle prit en compte qu'il était dans le même état qu'elle. Ils formaient une bien belle paire. Elle devinait que le simple fait de formuler sa pensée était pénible car il craignait qu'elle ne brise quelque chose entre eux.

- Je t'aime... Finit-il par lâcher après un moment, d'une voix faible car étreinte par l'inquiétude de l'attente, de la réaction de l'interlocutée

Elle le regarda un instant avant que la force de la révélation ne la frappe. L'homme qu'elle aimait l'aimait en retour. Lancel Lannister l'aimait. Pourquoi ? Il méritait tellement mieux qu'elle ! Bien sûr qu'elle était heureuse qu'il l'aime, c'était juste si... Si inattendu.

- Si ça n'est pas réciproque, ce n'est rien... Ajouta-t-il vite, voyant son silence

- Lancel.

Il la fixa, elle lui sourit. D'une voix claire et dans un état d'esprit tellement lucide qu'elle se surprit elle-même, elle déclara :

- Je t'aime aussi. Je t'ai toujours aimé. Et si je t'aimais dans les livres, si je t'aimais dans la série, je suis amoureuse de l'homme que tu es.

- Tu mérites mieux.

- Toi aussi.

- C'est toi que je choisis.

- C'est toi que je choisis. Et même vieille et mourante, c'est encore toi que je choisirai.

Il sourit et s'approcha d'elle. Il plongea son regard dans le sien, elle souriait toujours. Et alors que leurs lèvres se rencontrèrent dans leur toute première étreinte, Lancel comprit une chose :

Les Sept l'avaient envoyé ici pour y être heureux. Marina était sa deuxième chance. Marina était ce bonheur promis.

Il était le plus béni des hommes.

A Suivre