Disclaimer : Game of Thrones n'est pas ma propriété, sinon Lancel ne serait pas mort dans la saison 6. Il ne serait même jamais mort d'ailleurs. Cersei, rend-moi mon Lancel !

Résumé : Il aurait dû mourir dans cette explosion... Ils n'auraient jamais dû se rencontrer. Ils n'étaient pas du même monde... Pourquoi lui et pas un autre ?

Lancel à Dunkerque - Renaissance

Epilogue

La vie reprit sa routine habituelle après l'arrivée de Dorna et de Janei. Lancel et Marina partageaient la même chambre depuis que leur relation avait été officialisée, même s'ils n'y faisaient que dormir. Dorna et Janei récupérèrent donc l'ancienne chambre du jeune homme. Comme pour lui jadis, des papiers administratifs apparurent pour les deux nouvelles habitantes. Apparemment, pour ce monde, c'était Dorna l'américaine, pour justifier ainsi le fait que l'on considérait Lancel comme franco-américain. Marina crut s'évanouir en voyant son compte en banque. Un compte commun entre Lancel et elle était désormais de la partie, du jour au lendemain, et quand elle vit le nombre sur le livret, elle se demanda si elle n'avait pas un problème de vue.

La fortune de Kevan, léguée à son fils, avait fait le voyage.

On déménagea dans une grande maison et on inscrivit Janei à l'école, comme cela était obligatoire, mais elle ne s'y plaisait pas. Elle trouvait les jeux des autres enfants vulgaires, puérils. Les autres enfants la trouvaient prétentieuse et hautaine, étrange, car elle préférait lire et adorait la musique classique. Par chance, les professeurs voyaient bien qu'elle n'était pas ainsi par méchanceté. Au contraire, elle était plus que ravie d'avoir pu aider un enfant de maternelle avec ses lacets de chaussures. Elle n'hésitait pas à expliquer des points des leçons à d'autres élèves. Elle partageait ses cahiers, elle avait des mots gentils. Il était simplement clair qu'elle venait d'un autre milieu et ayant trois frères bien plus âgés qu'elle, elle avait été stimulée plus vite ou autrement. D'ailleurs, dans son dossier, on faisait bien mention qu'elle avait eu une instruction à domicile avant d'entrer dans le système classique. Marina comprenait la situation aisément. Elle avait eu des précepteurs à Westeros. Elle avait un niveau plus élevé que ceux qui partageaient les leçons qu'elle recevait. Quand Lancel s'inquiéta du malheur de sa petite sœur, qui allait là-bas la mort dans l'âme, Marina résuma en une phrase tout ce que Janei ressentait à propos de l'école et de ce qui s'y rattachait :

Elle s'y faisait royalement chier.

Et comme malheureusement, on était dans la culture du nivellement par le bas, la pauvre ne pouvait que subir en silence, attendant que les autres puissent la rattraper, alors qu'hélas, c'était presque impossible. Il y avait toujours la solution de sauter des classes. On fit alors passer des évaluations à Janei. Et quand on se rendit compte que la jeune fille de dix ans pouvait prétendre entrer au lycée avec ses connaissances, on se demanda ce qui valait mieux pour elle. Janei déclara qu'elle attendrait, qu'elle monterait les marches des classes comme tout le monde. Les enseignants la voyaient en petit génie. Elle savait bien que c'était uniquement dû à une instruction différente. Son mode de vie n'avait pas été le même. Elle voulait s'adapter à son nouveau monde, par détonner encore plus. Tant pis, elle se ferait donc chier à l'école, elle pouvait se le permettre, elle s'occuperait autrement et discrètement sans empêcher l'instruction des autres. Et puis, il y avait des enfants sympathiques dans l'école, alors les récréations ne lui semblaient pas trop longues. Les autres enfants comprirent vite qu'elle n'était pas ce qu'ils pensaient qu'elle était et Marina fut rassurée, elle allait être une bonne élève, mais une bonne élève appréciée par ses pairs.

De son côté, Marina profitait de l'état de béatitude dans lequel elle était plongée depuis qu'elle vivait le rêve de toutes les fangirls : être la petite-amie officielle de son idole. Mais Lancel semblait hésitant en amour. Elle comprenait. Il y avait eu Cersei. Et si dans les livres, elle riait à ses blagues, elle le laissait la courtiser en privé, elle écoutait quand il lui chantait des chansons d'amour, dans la série, il était très clair que son esprit le déshumanisait et toutes les marques d'affection qu'il aurait pu avoir, il avait du les ravaler, de peur d'être rejeté, ou pire. Un jour, alors qu'elle s'affairait en cuisine, il osa l'enlacer doucement par l'arrière, sa tête se posant dans le creux de son cou. Elle sourit et serra ses mains qui s'étaient jointes devant son ventre. Depuis ce simple geste, tout doucement, il s'autorisait de plus en plus de témoignages de son affection, pour la plus grande joie de la jeune femme, jusqu'au jour où ils ne firent qu'un. Marina avait un peu peur. Elle désirait Lancel, elle voulait ce moment, mais elle avait peur. Peur qu'il ne soit déçu par son apparence. Elle s'aimait, et pourtant, à l'idée de se retrouver nue face à lui, qu'elle aimait de tout son être, elle se souvint avec objectivité de son corps et de ses défauts. Elle avait peur qu'il ne la trouve repoussante. Il avait eu pour amante la plus belle femmes des Sept Royaumes. Elle devait être si fade comparée à Cersei ! Elle était plus petite, plus grosse, moins bien taillée, plus paysanne, alors que Cersei... Cersei, c'était une déesse. Elle savait comment était le corps de Cersei, elle l'avait vu dans l'épisode final de la saison 5. Elle ne faisait clairement pas le poids. De son côté, lui aussi avait peur. Peur que les cicatrices qu'il pouvait avoir ne rappellent à la femme qu'il aimait des souvenirs douloureux. Et même s'il avait été l'amant d'une reine, il ne savait pas vraiment comment s'y prendre. Il avait déjà couché. Mais il n'avait jamais fait l'amour. Il avait été vu en sex toy, et non en homme épris. L'envie était là, pour sa plus grande honte. Il se rappelait quand il avait désiré Marina pour la première fois. Ce jour-là, il n'avait rien mangé et s'il ne s'était pas flagellé, c'était parce qu'il n'y avait pas de martinet de disponible et parce que Marina aurait été en colère après lui. Le sexe lui faisait peur car c'était sa luxure passée qui l'avait envoyé dans une vie infernale. Et le pire, c'était que Marina le savait. Elle l'avait compris. Comment pouvait-il lui imposer cela ? De quel droit ? Alors que normalement, un tel acte, c'était l'union charnelle de deux âmes éprises pour ne faire qu'un sur tous les plans ? Pourtant, quand il la vit aussi tendue que lui, il fut surpris. Elle avait peur aussi. Et quand elle lui avoua pourquoi, il comprit qu'ils avaient tous les deux leurs démons. Et qu'ils réfléchissaient beaucoup trop. Ils se laissèrent aller et leurs angoisses furent vaincues alors que les murs de leur chambre étaient les témoins silencieux de leur première relation intime.

Ce fut la première où Lancel ne se sentait ni sale ni honteux après l'acte.

XXXXX

- Et si quelqu'un s'oppose à cette union, qu'il parle maintenant ou qu'il se taise à jamais !

Dorna observait avec fierté son petit garçon qui se tenait devant le maire de Dunkerque. Son petit garçon... Un homme désormais. Un homme qui faisait un mariage d'amour. Elle eut une pensée pour son propre mari, se souvenant de leur union. Si elle fut attristée qu'il ne fusse pas présent pour assister à cela, elle savait que depuis les Sept Paradis, il veillait sur leur enfant et il devait être aussi heureux qu'elle ne l'était. Lancel avait trouvé l'amour, une alliée sincère, pour avancer. Non loin d'elle, la grand-mère paternelle de sa nouvelle bru pleurait, bénissant le bon Dieu d'avoir envoyé Lancel. Sa seule petite-fille se mariait enfin, après des années de célibat et de paroles pour prêcher son bonheur de célibataire. Elle savait qu'elle ne pensait pas à mal. Mais Dorna savait une chose, si Lancel et Marina se mariaient, c'était avant tout pour eux. La question de leur mariage leur était venue naturellement. Ils s'aimaient. Marina se considérait comme l'épouse de Lancel et Lancel se considérait comme son époux. Ils vivaient déjà ensemble comme mari et femme. Se marier, ce n'était qu'officialiser une évidence. C'était s'octroyer le droit de s'appeler époux devant tous. Et c'était remercier les Dieux. Marina le voyait ainsi. Ils avaient envoyé Lancel chez elle, ils lui avaient sauvé la vie, il avait eu droit à une seconde chance. Et s'ils n'étaient pas fâchés de voir deux êtres qui s'aimaient se le prouver sur tous les plans, c'était leur rendre les honneurs que de se marier. Ainsi, leurs ébats étaient ceux de deux personnes liées par un lien autre que l'amour, qui s'ajoutait à celui-ci, un lien sacré. Et elle savait que cela comptait pour Lancel. Il le lui avait confié un jour. S'il n'y avait pas eu toute cette merde avec le roi, avec la reine, en dehors du fait de devenir chevalier, son rêve, c'était de fonder une famille comme celle de son père. Il s'en était rendu indigne avec sa conduite. Pourtant, sa vie avait été épargnée lors de l'attentat du septuaire de Baelor. Cela devait vouloir dire quelque chose. Marina avait envisagé de se marier à l'église, connaissant l'importance de la religion pour son fiancé, mais elle n'était pas baptisée. Pour sa plus grande surprise, il la dissuada de se convertir à la hâte pour être autorisée à s'unir dans un lieu saint. Elle avait déjà tant fait, renoncé à beaucoup ! La mairie, c'était suffisant. Et quand ils s'échangèrent les anneaux, quand ils annoncèrent à la face du monde leur désir de se chérir, de s'aimer, de se soutenir, ils surent une chose :

Leur amour serait éternel.

Quelques jours plus tard, dans le cimetière de Saint Pol sur Mer, un caveau apparut.

Kevan, Martyn et Willem aussi étaient désormais des lions dunkerquois.

XXXXX

- J'ai un cadeau pour toi. Dit Marina

- Encore ? Mais tu me gâtes. Répondit Lancel en l'embrassant

C'était le soir et ils se préparaient à aller dormir après une journée merveilleuse mais éreintante :

Les vingt-cinq printemps de Lancel.

Son épouse avait tenu à lui organiser un anniversaire plus joyeux que celui qu'il avait eu l'année précédente. Et entre la famille et les amis, il n'avait plus su où donner de la tête mais il avait été sincèrement heureux. Sa joie était la plus belle récompense pour elle.

Elle s'approcha de lui, lui prit la main et la posa sur son ventre.

Son visage se changea, faisant place à la stupeur.

- Tu ? Murmura-t-il, incrédule

- Joyeux anniversaire, mon amour.

Il eut le plus beau des sourires avant de l'embrasser tendrement.

XXXXX

Dorna était excitée comme une puce à l'idée d'être grand-mère et de mémoire d'homme, on avait rarement vu un jeune homme aussi impliqué dans la grossesse de sa femme. Lancel s'informait, était pleins de petites attentions, tout en prenant garde à ne pas infantiliser Marina ou à l'étouffer. Et elle, à qui la maternité faisait peur, le fait que c'était un bout de Lancel qui grandissait en elle apaisait toutes les angoisses qu'elle pouvait ressentir. Bien sûr, elle gardait en tête que cet enfant était sa propre personne avant d'être l'enfant de son mari, mais elle adorait Lancel. Elle ne pouvait qu'aimer attendre sa descendance. Très souvent, le matin, quand Marina se réveillait, son mari l'enlaçait, sa main reposant sur son ventre grandissant. Elle avait vu son émerveillement face aux photos, aux échographies, quand il avait senti l'enfant bouger pour la première fois. Il aimait déjà ce petit être de toutes ses forces. C'était son lionceau et le premier qui lui ferait du mal, ou qui tenterait, l'entendrait rugir. On promit à Dorna que si l'enfant était un garçon, on le prénommerait Kevan. Elle fut touchée mais gênée. Elle avait l'impression de voler le choix aux futurs parents. Marina déclara qu'elle aimait le prénom et qu'elle serait honorée que son fils fusse prénommé en hommage à l'homme qu'était Kevan Lannister. Lancel répliqua qu'il avait toujours été question pour lui de nommer l'un de ses fils d'après son père.

Le 14 août, comme un autre signe de la bienveillance des Dieux ou du Destin, le jour de l'anniversaire de Kevan, Marina accoucha. Ce fut une fille, que l'on prénomma Kenna. Le prénom existait, il était américain, il y avait l'hommage à Kevan. L'enfant avait déjà les cheveux de son père.

Et alors que Lancel berçait doucement sa fille, sous les yeux aimants et attendris Marina, allongée dans leur lit, il se vit confirmer de nombreuses vérités :

Oui, les voies des Sept Dieux étaient impénétrables.

Mais ils veillaient sur eux, sur chacun d'entre eux, prêts à accorder la miséricorde ou la justice.

Il lui avait accordé une renaissance.

FIN