Chapitre 3 : Confrontation et mise au point.

« Les moldus appellent cela les conflits de mémoire mon cher Malefoy »

Il n'avait vraiment pas envisagé le fait qu'Elle entende ce qu'il venait de dire. C'est parfois plus simple de cracher son venin sans avoir besoin de se confronter aux personnes à qui il était destiné. Mais en même temps il refusait de perdre face à elle :

« Merci pour la leçon professeur … Et je dois dire que je trouve cela au combien passionnant ! »

L'ironie se sentait jusqu'à l'autre bout de la terre et il la laissa, choisissant de partir là-dessus en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

Refusant de lui donner l'impression de fuir face à elle, il faisait mine de se promener en regardant tout le monde de haut. Mais de toute façon il semblait absolument pas possible de trouver dans cette salle de réception une personne avait laquelle il aurait ne serait-ce qu'un peu envie de converser sans que cela ne ressemble à une ridicule pièce de théâtre.

« Le problème des soirées à entrée libre c'est le manque criant de qualité des invités que l'on est amené à croiser lors de la dite soirée. »

Dans ce type de circonstance il avait la douloureuse impression de ressembler à son père et cela ne le faisait plus autant rêver que durant son adolescence.

Mais sa solitude fut rapidement rompue.

« Drago Malefoy c'est ça ? Mon père m'a beaucoup entendu parler de vous … et de vos parents ! »

Alors qu'il se retournait, il détailla la personne qui venait d'interrompre ses pensées : une jeune femme noire, grande, des traits délicats avec de beaux yeux noirs.

« Effectivement. Et vous êtes ?

- Sandra Goldstein, la journaliste qui a publié l'article sur cette soirée dans La Gazette du sorcier.

- C'est à vous que je dois ma présence ici dans ce cas !

- Je ne suis même pas sure de devoir y voir un compliment.

- Tout dépend du point de vue en effet. Mais cela a-t-il de l'importance ? »

Mais cette « conversation fut rapidement interrompue par un homme qui, souhaitant parler à la journaliste, bouscula Drago.

« Sandra, il faudrait que tu viennes, j'ai une personne à te présenter. Il faudrait que tu fasse sa connaissance, cela pourrait te servir. »

Là-dessus, elle le suivit et partit. Et Drago bougonna :

« Aucune leçon de savoir-vivre. Et en prime ce lourdaud a renversé une partie de son verre de champagne sur moi. Si seulement j'avais ma baguette… »

Et là-dessus, une personne s'approcha de lui :

« Puis-je vous proposer mon aide ? … Oh, c'est toi le chanceux Malefoy ?

- Granger ? Tu recherches autant ma présence ? Je suscite un intérêt si grand pour toi ?

- Non, tu me répugnes. Evite de me prendre pour la greluche qui vient de sortir !

- Jalouse ?

- Plutôt mourir ! Et puis j'ai bien mieux que tu ne pourras jamais l'être…

- Ton rouquin ? Laisse-moi rire … Ce gars arrive à être minable … Et pourtant sa famille ne met pas la barre très haut.

- C'est vrai que tu es expert en famille minable. »

Elle avait fait très fort en appuyant là où cela faisait mal. Avancer ainsi ses cartes sur sa famille lui donnait envie de cracher son ressenti, ce qui faisait qu'il était autant à cran au cours de cette soirée et de manière générale. Mais il refusait de lui faire ce plaisir.

« Tout le monde n'a pas ta chance Granger !

- Malefoy, tu sais que cette conversation est ridicule. Comme si on était revenu à cette glorieuse période de notre adolescence ! »

A vrai dire, lui-même n'était pas certain du sens qu'il avait voulu donner à cette phrase. Etait-ce véritablement de l'ironie ou était-ce sincère de sa part. Il n'en savait rien.

Alors que Hermione Granger quittait ce qu'elle considérait sans doute comme une gaminerie, une grande réflexion s'engageait dans la tête du jeune homme :

« Arrête de te tracasser mec, tu sais très bien que sa famille est absolument sans intérêt et que tu n'as strictement rien à leur envie. Tu as tout ce dont cette bande d'imbécile rêverait d'avoir sans jamais pouvoir le posséder même dans leurs rêves les plus fous. Rien qu'à les imaginer, j'en ai envie de vomir. »

Ces insultes et ce rejet n'avait cependant rien à voir avec ce qu'on appelait le « statut du sang ». La guerre avait fait évoluer de nombreuses personnes et il ne faisait pas exception. Et le fait de savoir que sa mère avait pris le risque de mentir au Seigneur des Ténèbres pour lui avait fait sauter des verrous chez lui. Mais cela ne signifiait absolument pas qu'il reconnaîtrait ce pouvoir de l'amour si cher au défunt Dumbledore.

« Granger se la joue encore et toujours Miss Je-sais-tout. Elle croit tout comprendre et tout savoir mieux que quiconque. Pourtant elle perdrait tous ses superbes cheveux d'épouvantail si je me contentais de lui raconter le dixième de ma vie et de ce qu'implique le fait d'être un Malefoy. Et elle a peut-être besoin d'une petite explication de texte. »

Lorsqu'il trouva la jeune femme, elle était en pleine conversation avec plusieurs personnes et semblait passer un bon moment. Mais il n'en avait strictement rien à faire, il n'avait pas l'intention d'attendre son bon vouloir. Il l'attrapa brutalement par le bras :

« Granger, il faut qu'on parle. Et tout de suite ! »

Elle avait beau protester, il l'amena un peu plus loin.

« Granger, on va mettre les choses au clair. Premièrement tu ne me connais pas. Et deuxièmement tu ne me connais pas. »

Il n'en revenait pas mais il assista, surpris, à la scène : Hermione Granger était pliée en deux, riant à gorge déployée et il n'avait aucune idée de la raison de tout cela. Son entrée en scène n'était pas du tout sensé produire cet effet. Puis il la vit reprendre son souffle.

« Pey… euh... Malefoy... Tu sais que tu es totalement ridicule ! Allez crache le morceau, tu meurs d'envie de prouver que tu es plus intelligent que moi.

- Vouloir prouver qu'on est la personne la plus intelligente, c'est plutôt TON domaine. Je n'ai rien à prouver à qui que ce soit !

- Et pourquoi es-tu là dans ce cas ? Pour me compter fleurette ?

- Granger, respire. Je ne voudrais pas que tu perdes le fil de la discussion en cours de route.

- Au rythme siiiii lent des révélations, cela ne risque pas d'arriver !

- Arrête de faire comme si tu savais tout sur toi !

- Prouve-moi le contraire ! »

La discussion traînait vraiment en longueur. Mais se disputer avec elle était presque naturel pour lui, tout autant que respirer.

« On ne reçoit pas tous le même héritage de nos parents Ils peuvent avoir plusieurs … natures. Et on le recueille avec plus ou moins de facilité. Crois-tu sincèrement qu'être l'unique héritier de la famille Malefoy ait les mêmes implications qu'être la fille d'un obscure famille moldue pour qui tu étais la huitième merveille du monde ? Serais-tu aussi naïve ? Quoique je sais que c'est le cas… »

Et il prit la poudre d'escampette, sachant qu'elle voudrait le rattraper. Mais cela semblait être ce soir-là leur seule manière de communiquer. Peut-être aurait-elle l'occasion de venir réagir à ses propos ? Car il savait qu'elle en aurait envie. Il venait sans doute de bousculer ses idées préconçues.

Partir ainsi avait toujours son petit effet et il aimait ménager sa sortie.

Mais visiblement, Hermione Granger en avait décidé autrement étant donné qu'elle ne le laissa pas s'éloigner et le rattrapa rapidement. Elle venait de ruiner son effet et il n'aimait pas ça.

« Granger, n'as-tu pas compris que la conversation était terminée ? N'as-tu donc, toi non plus, aucun savoir vivre ?

- Tu en as soit trop dit soit pas assez Malefoy. Il est donc hors de question que je te laisse partir avant que tu n'ais terminé ce que tu avais entrepris ! »

Sans réfléchir, Drago entreprit de vider son sac devant elle :

« Crois-tu que les enfants soient les seuls responsables de leur comportements ? Les adultes n'auraient donc aucune influence sur eux ? Et ces adultes ne sont parfois pas ce qu'on appelle un excellent modèle pour les enfants qui s'inspirent d'eux… »

Il la vit alors s'éloigner, gênée. Il sentit à ce moment qu'il avait véritablement remuée quelque chose en elle. Et il devait sans doute se réjouir d'avoir ainsi fait vaciller ses idées.

« Pourquoi lui en ai-je autant dit ? Mais je crois néanmoins que cela a eu son petit effet, cela ne peut lui faire de mal. Une bonne chose de faite. »

La soirée se prolongea encore un moment. Mais rien de notable ne se produisit jusqu'à ce qu'il croise Harry Potter qui fut l'auteur d'une réplique qui interrogea Drago Malefoy :

« Pas trop difficile la vie d'héritier ? dure vie que celle des Malefoy ? »

C'est en arrivant chez lui que cette phrase commençait à le préoccuper.

« Pourquoi précisément me dire cela à cet instant ? D'autant plus qu'il ne m'a pas adressé une seule fois la parole à un autre moment de la soirée. A quoi cela peut-il faire écho ? »

Une seule possibilité lui semblait crédible. Il avait entendue une partie ou la totalité de sa conversation avec Hermione Granger.

« Je risque donc d'avoir fait réfléchir deux membres du trio pour le prix d'un ce soir. »