FENÊTRE SUR SQUARE GRIMMAULD


Quatrième partie

Publiée le 11 août 2019


12 Square Grimmauld, Londres

8 août 2007, 16h

Les habitants du n°5 déménageaient et Harry, fidèle à son poste d'observation, regardait avec fascination leurs va-et-vient pour faire tenir toute leur vie dans un camion de 30 m3.

Le temps était radieux aujourd'hui : ciel uniformément bleu, grand soleil, pas un soupçon d'humidité.

La vielle dame d'en face était partie et revenue du marché comme d'habitude mais malheureusement, il semblait que le cycliste ne travaillait pas aujourd'hui.

Et surtout, Harry commençait à perdre toute sensation dans les genoux. Il avait écrit à son médicomage ce matin pour lui décrire l'aggravation de son état et attendait sa réponse de couvercle de poubelle ferme (à défaut de pied).

Et puis comme un malheur n'arrivait jamais seul, il avait des problèmes d'argent.

Encore.

Non pas qu'il en manquait ! Son coffre à Gringotts n'avait jamais vraiment désempli – sauf lorsqu'il avait rénové la maison à grand renfort de services de briseurs de sorts. Le souci, c'était l'accès à son propre argent. Hermione et lui (et Ron aussi, maintenant qu'il y pensait) étaient bannis à vie de la banque des sorciers. Il paraissait que leurs trois portraits géants, toujours placardés dans le hall de la banque, étaient devenus une attraction à touristes avides d'entendre le récit de leur légendaire braquage à dos de dragon.

Gringotts avait un monopole absolu sur l'argent sorcier. Il était strictement impossible pour un agent du ministère de se faire verser son salaire ailleurs que sur un compte à son nom. Harry et Hermione avaient pourtant longuement essayé. D'habitude, c'était Dennis Crivey, l'assistant personnel d'Hermione, qui allait retirer de l'argent pour sa cheffe et pour Harry au passage. Mais Dennis était en vacances pour tout le mois d'août. L'autre joker d'Harry était Andromeda mais elle aussi était évidemment indisponible.

Il regarda sa montre avec angoisse. Généralement, la chouette de la Gazette du sorcier venait lui livrer son exemplaire tous les jours à 16h30. Nous étions le 8 du mois, c'était le jour de payer l'abonnement.

En temps normal, il n'aurait strictement rien eu à faire d'être privé de Gazette pendant un mois – surtout qu'il y avait toujours moyen d'en trouver en exemplaire quelque part au Ministère. Mais actuellement, être privé d'une distraction qui occupait une bonne heure dans sa journée et constituait un de ses rares liens avec le monde, c'était désespérant.

Le matin même, avec Teddy, ils avaient fouillé tous les recoins, retourné tous les tiroirs du rez-de-chaussée et n'étaient parvenus qu'à amasser la fabuleuse fortune de 2 mornilles, 5 noises, 11 billes et une poignée de coquillages. Certainement pas suffisamment pour convaincre l'oiseau-livreur de lui laisser son exemplaire.

Harry se laissa retomber dans son canapé avec lassitude.

Peut-être que 2 mornilles et 5 noises suffiraient à s'abonner à Sorcière hebdo ?

Mais à sa grande surprise, lorsque la grande chouette effraie de la Gazette fit son apparition, elle lui jeta le canard du jour sur la tête et repartit sans demander son reste. Elle fut suivie à quelques secondes près par le grand duc à l'air revêche du Département de la justice magique porteur de ces quelques lignes de la main d'Hermione :

Harry,

Ne t'inquiète pas pour la Gazette, je leur ai écrit pour leur dire qu'ils peuvent se servir directement dans nos coffres respectifs. On aurait dû y penser depuis longtemps, en vérité.

Les débats sur la réforme du Magenmagot touchent – enfin ! – à leur terme, devrais être là pour le thé !

HG

Harry haussa les sourcils en regardant sa montre. Une Hermione hors des locaux du Ministère avant 17h, c'était quelque chose qu'on n'avait pas vu depuis bien, bien longtemps.

Et en effet, il venait à peine de se plonger dans un article sur la grogne autour de la hausse de la livre de poudre de cheminette qu'un « crack ! » caractéristique annonça l'arrivée de sa meilleure amie.

Harry ouvrit de grand yeux en la voyant vêtue en grande tenue d'apparat : ample tunique de velours pourpre au col montant jusqu'au menton et toque en tricorne de la même couleur.

-Je sais, je sais, lâcha Hermione en attrapant sa baguette sous un pli pour métamorphoser rapidement sa tenue en un pantalon en tissu fleuri et débardeur noir. Je n'ai pas pris le temps de repasser par mon bureau pour me changer. Ah bon sang, ce qu'il faisait chaud là-dessous ! lâcha-t-elle en soupirant d'aise. Ça te dit d'aller prendre le thé chez mes parents ?

Harry ne rechignait jamais à aller chez Mr et Mrs Granger. C'était un charmant couple de soixantenaires, qui ne comprenait pas exactement tout ce que faisait leur fille unique mais ne désirait rien d'autre que la soutenir et la voir heureuse. Hermione leur avait très souvent parlé d'Harry lorsqu'elle était à Poudlard et ils l'avaient donc accueilli chez eux comme un ami de longue date. Un repas en leur compagnie, c'était passer un moment agréable où on parlait de vacances, des dernières frasques des patients du cabinet dentaire ou du dernier petit malfrat qu'Harry avait réussi à coincer.

-Avec plaisir, oui ! Par contre, je ne sais pas si Teddy va déborder d'enthousiasme…

-Laisse, je m'en occupe.

En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, la jeune femme était revenue avec le jeune garçon qui affichait un enthousiasme inespéré. Qui eut cru qu'il se laisserait convaincre aussi facilement de délaisser ses camarades de jeux pour aller prendre le thé avec quatre adultes ennuyeux quelques part dans la banlieue de Gloucester ?

-Harry, accroche-toi à ta plateforme, je vais vous emmener tous les deux en transplanage d'escorte.

Lorsqu'Harry rouvrit les yeux après la désagréable sensation d'être enfoncé de force dans un tube, il sut instantanément qu'ils n'avaient pas atterri dans la chambre d'enfant d'Hermione.

Mais alors, pas du tout.

Ils étaient dehors, sous un immense ciel bleu. Il n'eut le temps que d'apercevoir un chemin en terre battue qui s'étirait devant eux avant que Teddy et Hermione ne s'égosillent :

-Suuuuurpriiise !

Arrêtant tout net son geste de se saisir de sa baguette, Harry tourna une tête incrédule pour les dévisager. Se faisant, il s'aperçut qu'ils étaient devant une immense grille en fer forgé de plusieurs dizaine de mètres de haut, bordée de part et d'autre de gigantesques hypogriphes de pierre. Derrière la grille, aussi majestueux que dans son souvenir, il y avait le château de Poudlard.

Harry dévisagea Hermione sans comprendre. Pour toute réponse, elle lui sourit avec malice.

-Ce n'était pas mon idée mais la sienne, dit-elle en désignant une haute silhouette qui venait à leur rencontre.

C'était Hagrid, qui leur ouvrir et les escorta tout sourire jusqu'au parc de Poudlard.

Cet endroit était un enchantement en été. L'herbe écossaise était encore verte et grasse, à l'opposé des gazons londoniens carbonisés par le soleil. Elle semblait à un océan de pelouse qui conduisait vers le château, splendidement dressé dans un ciel bleu où quelques nuages translucides passaient paresseusement.

Ils remontèrent l'allée menant au château, Teddy caracolant en tête, le nez en l'air, suivit par Hagrid marchant d'un bon pas, tandis qu'Hermione, sa baguette à la main, faisait avancer Harry et son couvercle de poubelle avec une constance remarquable.

Une centaines de mètres avant l'entrée principale du château, ils bifurquèrent en direction du lac qui s'étalait désormais devant eux, paisible et opalin.

Harry avait du mal à retenir son émotion. Il n'était pas revenu ici depuis huit ans.

-C'est incroyable, rien n'a changé, souffla-t-il à Hermione.

Cette dernière avait passé ses ASPICs en candidate libre, juste après la bataille de Poudlard. La dernière fois qu'elle était venue ici, c'était comme Harry, pour la commémoration du premier anniversaire de la bataille.

Ils parvinrent finalement près des serres, où des tables avaient été dressées en arc de cercle. Devant elles, une vingtaine de personnes les accueillirent à grand fort de cris de bienvenus et de gestes de la main.

Cette fois-ci, c'est vraiment à grand peine qu'Harry retînt ses larmes.

Bill, Fleur, George et Angelina Weasley, entourés par le reste de son ancienne équipe de Quidditch de Gryffondor : Olivier Dubois, Alicia Spinet et Katie Bell, semblaient tous en admiration devant le petit Freddy que George tenait endormi dans le creux de son bras. Seamus Finnigan et Dean Thomas étaient en grande conversation avec le professeur McGonnagall, tandis que Hestia, la cheffe d'Harry, et son épouse le professeur Sinistra riaient avec Luna et Rolf Scamander, tous deux vêtus de longues tuniques de couleur sable. Plusieurs autres collègues d'Harry, réunis en cercle au-dessous d'un cyprès, firent s'entrechoquer les bouteilles de bieraubeurre qu'ils avaient tous à la main et les levèrent vers lui avec des exclamations de joie.

Une ravissante petite fille aux cheveux d'un blond presque blanc bondit sur Teddy pour l'entraîner par la main vers la cabane d'Hagrid. Teddy, lança un regard à Harry, guettant sa permission.

-Ne fais rien que je ne ferais pas ! lui lança Harry avec un demi-sourire.

-Voilà qui ne lui pose pas beaucoup de limites, ironisa Hermione.

Ils échangèrent un regard de connivence.

-Hagrid, c'est … c'est magnifique, souffla Harry en contemplant les guirlandes aux arbres et les sourires de tous les invités. Je ne sais vraiment pas quoi dire … Comment est-ce que vous avez réussi à faire tout cela en à peine une journée ?

-Le professeur McGonnagall m'a beaucoup aidé, expliqua le demi-géant. Ainsi qu'Hermione évidemment, ajouta-t-il en souriant à la jeune femme. C'est elle qui a dressé la liste de personne à réunir.

-Cachotière ! lui glissa Harry et elle rit pour toute réponse.

On installa Harry dans un confortable fauteuil à oreilles drapé d'un épais velours rouge, faisant de lui l'attraction de la soirée.

Vers 20h30, quand la pénombre commença à s'installer, le professeur McGonnagall fit un mouvement nonchalant de sa baguette et la façade du château qui leur faisait face s'illumina grâce aux centaines de lampions qui avaient été installés à toutes les fenêtres. Les trois enfants de Bill et Teddy poussèrent des cris de joies qui résonnèrent dans le parc en chœur avec les exclamations émerveillées et les sifflements admiratifs des adultes.

-Quel accueil ! lança une voix rieuse dans leurs dos.

-Ah ! Vous voilà enfin, professeur Londubat ! répondit du tac au tac la directrice de Poudlard d'un ton faussement sévère qui laissait deviner un sourire amusé.

Sans cela, dans la pénombre, Harry ne l'aurait pas reconnu. Lorsque leur ami s'avança pour passer le couvert des arbres et se retrouver sous la lumière des guirlandes qui y étaient suspendues, Harry sentit Hermione tressaillir à ses côtés.

Neville n'avait absolument plus rien de l'enfant complexé et enfermé en lui-même qui avait été son camarade de dortoir. Il avait gardé la minceur athlétique acquise durant sa sinistre dernière année à Poudlard et ne s'était probablement pas coupé les cheveux depuis. Il portait une veste kaki à multiples poches traversée par la lanière en cuir d'une besace qui se balançait contre sa jambe gauche. Son visage était marqué par une multitude de griffures, à divers stades de cicatrisation. Son pantalon de toile, qui avait jadis dû être de couleur beige était rentré dans des bottes en peau de de dragon.

-Je suis désolé ! lança-t-il. Lorsque le hibou avec la lettre Hagrid est parvenu jusqu'à moi, j'étais au fin fond du marais de Queervitch et il m'a fallu un moment avant de trouver un endroit sécurisé pour transplaner.

-Tu as trouvé des choses intéressantes ? voulut savoir Luna.

Il lui désigna sa besace avec un clin d'œil puis se dirigea d'un pas résolu avec Harry qu'il enveloppa dans une étreinte fraternelle.

-Dans quels ennuis tu es encore allé te fourrer ? lui souffla-t-il à l'oreille.

-Et toi, depuis quand es-tu devenu un tel beau gosse? répondit Harry sur le même mode.

Neville éclata d'un rire franc et plein d'aisance.

Hermione et Harry échangèrent un regard. Il leur arrivait souvent d'être attiré par les mêmes hommes. Souvent cela se réglait par un « preum's » chuchoté ou même mimé mais qui pouvait prétendre être le premier à avoir jamais vu Neville ?

En y réfléchissant … Harry se revit lors de son premier voyage à bord du Poudlard Express, écouter une fillette aux cheveux ébouriffés demander à Ron et lui-même s'ils n'avaient pas vu un crapaud car « un garçon qui s'appelle Neville a perdu le sien ». D'un imperceptible mouvement de tête, il signifia à sa meilleure amie sa reddition et un air prédateur s'étala sur le visage d'Hermione, tel Trevor le crapaud devant une mouche bien juteuse.

Complètement ignorant de la brève mais intense négociation qui venait de se dérouler à sa barbe, Neville mit les pieds dans le plat :

-Qu'est-ce qui s'est passé mon vieux? Je veux tous les détails.

Apparemment, c'était le sujet que tout le monde avait en tête mais que personne n'avait osé aborder jusque-là. Toutes les autres conversations semblèrent mourir en même temps et tous ceux qui n'étaient pas occupés à jouer avec les enfants ou à disputer une partie de Quidditch tardive se rapprochèrent subrepticement pour entendre.

Heureusement, cela faisait longtemps qu'Harry n'avait plus d'appréhension à parler devant un large auditoire. Ses briefs auprès de ses collègues aurors étaient, paraissait-il, célèbres dans tout le ministère pour leur pouvoir motivant, leur brièveté et le trait d'humour qu'il s'arrangeait toujours pour y glisser.

Il narra donc à son auditoire improvisé ce récit qu'il avait l'impression d'avoir déjà répété cent fois. Il leur parla de la froideur de cette nuit de juillet, juste avant son anniversaire, où un tuyau anonyme l'avait conduit jusqu'à une maison abandonnée en pleine campagne galloise. La présence de sa cheffe ainsi que de ses collègues les plus proches le dissuada de parler de son extrême fatigue et de l'impression qu'il gardait de cette nuit après coup : celle d'avoir fonctionné au radar, à peine encore conscient de ce qu'il faisait.

Cela, il ne l'avait dit qu'à Hermione qui l'avait écouté avec attention, ses grands yeux marron intensément fixés sur lui. Il s'était attendu à ce qu'elle lui assène une sentence bien sentie dont elle avait le secret, le mettant devant une évidence qu'ils connaissaient tous les deux. Comme le soir de la bataille de Poudlard, quand elle avait enfin dit tout haut ce qu'ils savaient tous les deux depuis longtemps sur les horcruxes et la place que tenait Harry parmi eux. Mais son amie n'en avait rien fait. Au contraire, elle lui avait avoué qu'elle aussi était sous une pression atroce, qu'elle n'avait pas dormi plus de deux heures d'affilée depuis des mois et qu'elle attendait venir l'erreur qui mettrait fatalement en péril non pas sa vie mais sa crédibilité et son poste. La nuit qui avait suivi le retour de Ste Mangouste, ils l'avaient passée à discuter. Il en était ressorti que tous deux aimaient profondément leur métier et avaient à cœur d'œuvrer pour leur monde d'adoption, l'un en tentant d'en préserver la sérénité et l'autre en œuvrant à réformer en profondeur un système judiciaire profondément rétrograde. Ils vouaient tous les deux une fidélité sans borne à Kingsley qui les avait nommés à leurs postes respectifs mais ressentaient aussi une lassitude voire un certain désespoir devant la lenteur des évolutions qu'ils essayaient d'impulser.

Là, à Poudlard, devant les amis qu'on avait réunis spécialement autour de lui, Harry se contenta de raconter l'odeur pestilentielle d'humidité qui régnait dans cette bâtisse en ruine. Les murs nus couverts de tags moldus, le premier étage dont il ne restait que le sol et une partie des murs. Sur l'un d'eux, on distinguait encore la faïence d'une salle de bain. Il leur décrit comment il était descendu à la cave et au sein de l'assistance, la tension monta d'un cran.

Harry leur parla de l'obscurité absolue qui régnait en ces lieux. Les tas de décombres et de détritus au sol, les murs dégoulinant d'humidité qu'avait éclairés sa baguette. Surtout, cette étrange fumée grisâtre qu'il n'avait toujours pas pu expliquer et qui tourbillonnait en volute dans chacune des quatre pièces qu'il avait explorées l'une après l'autre. Enfin, la sensation aiguë de danger imminent en pénétrant dans la cinquième et dernière pièce. Cette silhouette noire assise aperçue du coin de l'œil sur sa droite mais disparue lorsqu'il avait pointé sa baguette vers elle. Et aussitôt : l'apocalypse qui se déchaînait autour de lui. Comme un torrent de goudron qui lui aurait déferlé dessus, la douleur aiguë dans les jambes et puis dans tout le corps. La sensation d'étouffer, les sorts de contrage et de protection restant sans effet. Finalement, la procédure d'extrême urgence - qu'il avait lui-même créée d'ailleurs - déclenchée in extremis alors qu'il se sentait mourir. Il était arrivé inconscient à Saint Mangouste où des medicomages l'avaient retapé tant bien que mal.

Son récit laissa place à un lourd silence.

-Vous pensez bien qu'on est retourné sur place, intervient Hestia. Les lieux étaient exactement comme Harry les a décrits, sauf qu'il n'y avait pas de fumée à la cave et pas de trace de magie dans la pièce qu'Harry avait décrite. En fait, tous nos sorts n'ont pas permis de détecter la moindre trace de magie. Dans toute la maison.

-Pas la moindre? s'étonna Minerva McGonagall.

Hestia confirma d'un signe de tête.

-Mais si Potter a utilisé sa baguette pour s'éclairer et pour essayer de se défendre ...

-Vous avez mis exactement le doigt sur le problème, madame la Directrice.

.

Il était quatre heures du matin lorsqu'Harry et Hermione transplanèrent de retour au Square Grimmauld. Neville les suivait avec Teddy endormi dans les bras.

Comment ne s'était-il pas réveillé durant le transplanage ? C'était un mystère pour Harry jusqu'à ce qu'il surprenne un œil brillant à demi entrouvert.

Hilare, Harry lui fit un clin d'œil dans le dos de Neville. Ça devait être une sacrée aventure pour le gamin de se retrouver dans les bras de cet Indiana Jones version sorcier.

Hermione s'empressa d'escorter le jeune professeur de botanique jusqu'à la chambre de Teddy tandis qu'Harry entreprenait l'habituelle métamorphose de son canapé.

Hermione redescendit seule à pas de loup au bout d'une seconde.

-Je vais dégainer le dernier verre, souffla-t-elle. Souhaite-moi bonne chance !

-Bon amusement surtout, lui répondit Harry sur le même ton.

Elle pouffa de rire dernière sa main et remonta l'escalier au triple galop.

Une minute plus tard, un « crack ! » caractéristique raisonnait depuis le pallier du premier étage et la maison plongea dans le silence.

La force de l'habitude fit qu'Harry jeta un coup d'œil distrait sur le Square Grimmauld éclairé de ses habituels lampadaires et d'un beau clair de lune.

Quelle ne fut pas sa stupéfaction lorsqu'il vit distinctement la chevelure d'un blond presque blanc et le visage en pointe qu'il aurait reconnu entre tous : Draco Malfoy était sur le trottoir d'en face, à mi-chemin entre deux lampadaires. Là où s'installait habituellement le marchand de glaces que Teddy affectionnait tant.

D'un geste tremblant de sa baguette, Harry eut le temps de faire venir à lui ses jumelles pour zoomer sur le visage de l'ancien Serpentard.

Malfoy avait le regard rivé sur le numéro 12. Si Harry n'avait pas su avec certitude que la maison était toujours protégée avec le fidelitas que partageaient tous les anciens membres de l'Ordre du phénix, il aurait pu jurer que les yeux durs et froids de son ancien meilleur ennemi étaient rivés sur sa fenêtre et par extension, sur lui-même.


A suivre ...