Titre : Avec toi
Résumé : UA Sans magie. Blaise, étudiant en BTS, rencontre Harry, nouvel élève de première de son lycée. Romance, fluffy.
Disclaimer : L'univers d'Harry Potter appartient à JKR.
Rating : M
Pairing : HP / BZ
Statut : 6 chapitres - Terminée
Bêta : AudeSnape et Epsilon Snape
Nda : Bonjour à tous et à toutes !
Merci beaucoup pour vos retours sur le premier chapitre qui font très plaisir !
J'espère que la suite sera à la hauteur de vos attentes,
Bonne lecture !
.oOo.
Il était presque vingt heures trente quand Blaise arriva chez Marcus. Il aperçut Pansy, Draco et Théo qui l'attendaient près de la grille d'entrée. Les parents de Marcus étaient des éminents homme et femme d'affaires. Sa mère avait monté sa propre boîte vingt-cinq ans plus tôt, avait engagé celui qui serait son futur mari en tant que comptable, et au-delà de leur histoire qui s'était transformée de « partenaires financiers » à « couple » à « famille », l'entreprise de Madame Flint avait prospéré et ses bénéfices sur cinq ans avaient largement dépassé ses attentes.
Aujourd'hui, les parents de Marcus disposaient d'une maison à étage, avec de bien trop nombreuses chambres selon Blaise, quatre salles de bain, deux salons et d'autres pièces que l'étudiant et ses amis n'avaient pas encore visitées, mais surtout d'une piscine. Bien que ce ne fut pas la saison, cette dernière était particulièrement appréciée quand arrivaient le printemps puis l'été. Monsieur et Madame Flint étaient souvent en déplacement et Marcus quelqu'un qui aimait les soirées, ainsi les départs de ses parents étaient souvent suivis d'une fête.
- Ca a beau faire trois ans que je viens ici, je ne me ferai jamais à la grandeur de cette baraque, souffla Blaise après avoir salué ses amis.
A ses côtés, Pansy haussa les épaules. Elle-même fille de richissimes parents, c'était son quotidien. En réalité, seul Théo comprenait ce que Blaise ressentait. Draco avait vécu dans un manoir jusqu'à ses dix-huit ans et l'appartement qu'il partageait maintenant avec ses parents dépassait les cent-cinquante mètres carrés. Théo, s'il était aussi fils d'une médecin de grande renommée et d'un père florissant en affaire, avait lui gardé les pieds sur terre.
Madame Nott était d'origine modeste et n'avait jamais voulu tomber dans les torts de sa nouvelle richesse. Alors, certes, la famille Nott vivait bien, allait au restaurant quand elle le souhaitait, partait en vacances sans se priver, mais ils vivaient dans une maison que Blaise avait l'habitude d'appeler « de taille respectable ».
- Arrête de faire ton prolétaire, ricana Draco.
- Mais je suis un prolétaire Dray.
- On y va ? s'enquit alors Pansy.
- Yep, au fait Draco, tu as ma bouteille ?
Le blond afficha un air supérieur et se retourna. Il attrapa deux bouteilles qui étaient posées sur le petit muret derrière lui et en tendit une à son meilleur ami. Blaise le remercia et ils entrèrent dans la demeure où la fête avait déjà commencé. Il ne fallut que peu de temps pour que le petit groupe qu'ils formaient se sépare, saluant ceux qu'ils n'avaient pas vus depuis longtemps, discutant avec ceux qu'ils ne connaissaient pas encore.
Blaise et Draco furent ceux qui remarquèrent en premier Marcus, dans la cuisine. Ils se dirigèrent vers le jeune homme et les trois se saluèrent d'une tape dans le dos. Les deux meilleurs amis posèrent ensuite leur bouteille sur la table.
- Salut les gars ! Comment vous allez ?
- Bien. Super fête Marcus.
Le footballeur leva son verre en lui faisant un clin d'œil.
- J'ai invité deux trois personnes, ils sont au lycée ça pose un problème ? interrogea Blaise, qui douta subitement.
- Tu connais la règle Blaise, tu fais ce que tu veux, mais si ils foutent la merde, tu taxes.
Cette fois, ce fut à Blaise de lever son verre, en guise d'acquiescement. Il se détourna de la conversation qu'entamèrent Draco et Marcus pour sortir son portable. Les deux appels manqués d'Harry le firent jurer et il se dirigea vers la sortie, évitant d'un geste rendu habile par les années de soirées la foule.
- Harry ? fit-il alors qu'il venait de composer le numéro du brun.
- Ha Blaise ? On est arrivés, on est devant le portail.
- J'arrive.
En sortant, il aperçut Théo et fit un petit détour pour aller le prévenir. Quand le brun sut qui Blaise allait chercher un immense sourire fleurit sur son visage et Théo jeta un bras sur ses épaules.
- Je t'accompagne !
Blaise se crispa et pria pour que son ami ne dît rien de stupide. Ils se dirigèrent donc tous les deux vers la grille d'entrée. Quelques minutes plus tard, ils apercevaient un petit groupe de trois personnes qui attendaient à l'abri du vent. Harry était accompagné d'une jeune femme, sans aucun doute Hermione, assez petite, aux longs cheveux bruns et admirablement coiffés pour l'occasion et d'un jeune homme roux aux cheveux bouclés, Ron, que Blaise soupçonnait être de la grande famille des Weasleys. Intérieurement, l'étudiant en fut soulagé. Les frères Weasley étaient tous connus pour leur attitude joviale, drôle et respectueuse, à l'exception de Percy, le troisième fils.
- Salut, fit Théo quand ils furent suffisamment près, levant la bière qu'il tenait à la main. Alors, lequel d'entre vous est Harry ?
Blaise jeta un œil à son ami et grimaça en avisant son sourire bien trop grand et ses yeux bien trop brillants. En face d'eux, les trois premières échangèrent un regard perplexe et finalement Harry avança d'un pas et en levant une main. Théo le jaugea du regard, l'observant de haut en bas, puis fit un hochement de tête qu'il accompagna d'une moue que Blaise jugea appréciative. Théo but une gorgée de sa bière.
- Enchanté ! Vraiment. Allez, entrer.
Sans attendre de réponse ni faire plus de salutations, il fit demi-tour et passa à nouveau le portail, laissant derrière lui trois adolescents ébahis et un Blaise désespéré.
- Salut, déclara finalement l'étudiant. Ne faites pas attention à lui, il est…
Blaise ne finit pas sa phrase, se demandant comment qualifier son ami.
- Chelou, termina Ron pour lui.
- Ron ! s'exclama Hermione, horrifiée.
- Nan, laisse, il a raison. Chelou est le terme adéquat. Mais il est gentil, ne faites juste pas trop attention à ces excentricités.
Les trois amis hochèrent la tête et Harry se tourna légèrement vers ses amis.
- Ron, Hermione, vous l'aurez compris, voici Blaise.
- Ravie de te rencontrer, fit la jeune femme en s'avançant, les joues légèrement rouges.
- Ouais, ravi, reprit le roux, un grand sourire sur les lèvres.
Ce dernier tendit une main à Blaise. Alors que leurs doigts se serraient, le plus âgé eut une sensation étrange. Le regard marron de Ron était planté dans le sien et il avait l'impression de passer un test. Quoi qu'il en fut, il dut le réussir car Ron avait un sourire encore plus grand quand ils se lachèrent.
- C'est vraiment sympa de nous avoir invités, continua Hermione. Tu es sûr que ça ne va pas poser de problème ?
- Aucun, la rassura Blaise. Marcus est au courant que vous êtes là. Mais on va se mettre d'accord maintenant, Harry vous l'a peut-être déjà dit, mais je suis responsable de vous. La moindre connerie, c'est moi qui paie alors, juste évitez de faire trop les cons. Je sais que vous êtes mineurs, et je ne vous interdis pas de boire, mais si il y a le moindre problème, vous venez me voir. Okay ?
Les trois amis hochèrent la tête et Blaise leur offrit un grand sourire pour adoucir ses paroles.
- Allez, suivez-moi.
Il se retourna et Harry, Hermione et Ron le suivirent à travers la grande allée qui séparait le portail et le pas de porte.
- La vache ! s'exclama le roux, impressionné. C'est plus une maison ça, c'est un château.
- Ron ! le réprimanda à nouveau Hermione, bien qu'elle semblât tout aussi impressionnée.
Une nouvelle fois, Blaise les rassura.
- J'ai eu presque la même réaction la première fois que je suis venu ici.
- Presque ? s'enquit Harry en le fixant de ses yeux émeraudes.
Blaise se perdit un instant dans leur reflet avant de répondre.
- Je crois que j'avais agrémenté ma phrase d'un « Putain de merde ! », rit-il en se remémorant le souvenir.
Sa phrase eut pour effet de dérider les premières alors qu'ils arrivaient à l'entrée. Un groupe hétéroclite était en train de fumer devant et certains poussèrent des exclamations en les apercevant. Une jeune femme s'approcha d'eux et claqua la bise aux trois lycéens.
- C'est cool que vous soyez là ! Qui vous a invités ? Je ne savais pas que vous connaissiez Elias.
- Elias ? interrogea Hermione.
- Le frère de Marcus, qui organise la fête. Il est en première S3.
- Oh, fit Harry. Non, on ne le connaît pas. C'est Blaise qui nous a proposé de venir.
Le brun ponctua sa phrase d'un mouvement de main vers Blaise qui attendait légèrement en retrait. Il vit la lycéenne, sûrement une première aussi, se tourner vers lui et écarquiller les yeux. Cette dernière se pencha vers les trois amis.
- Vous connaissez un BTS ? s'exclama-t-elle dans une tentative échouée d'être discrète. Mais c'est trop cool ! Vous avez été invités par un BTS ! La classe.
- Euh… si tu le dis, consentit Hermione pour ne pas vexer la jeune femme.
Blaise retint un sourire et s'approcha finalement du petit groupe. Il posa une main sur l'épaule d'Harry, alors qu'une partie de son cerveau pensait que c'était la première fois qu'il touchait le lycéen.
- C'est cool si vous connaissez déjà quelqu'un, fit-il avec un clin d'œil pour la jeune femme dont il ne connaissait pas le prénom. Je vais vous laisser du coup, si vous me cherchez, essayez du côté de la cuisine, c'est souvent par là que je traîne. Amusez-vous bien !
Il termina sa phrase avec un sourire et d'un geste de la main, s'écarta pour entrer dans la maison. Blaise retrouva rapidement Draco, en pleine discussion avec Théo et Pansy, dans le salon proche de la cuisine. Le noir attrapa une bouteille de bière qu'il décapsula sur son passage et rejoignit ses amis.
- Alors ? fit le blond. Tu as retrouvé tes petits copains ? Ils ne sont pas avec toi ?
Blaise tiqua à la blague vaguement subtile de son meilleur ami et décida de répondre uniquement à la dernière des questions.
- Ils connaissaient des gens à l'entrée, je les ai laissés entre eux.
- Hé bien… ne cache surtout pas ta déception ! intervint Théo, hilare. Quand tu es arrivé, on avait l'impression qu'on venait de t'annoncer la fin du monde.
- Tss, arrête de raconter des conneries, balança Blaise, amer.
Il détestait ce que sous-entendait Théo, mais il détestait encore plus le fait que ce qu'il disait fut vrai. Quand Blaise avait vu la jeune lycéenne approcher le groupe des trois amis et qu'ils s'étaient mis à discuter, l'étudiant avait ressenti une déception bien trop intense et irraisonnable à l'idée qu'Harry n'eut pas besoin de lui et pût passer la soirée autre part qu'à ses côtés. Il ne s'était pas rendu compte à quel point il avait eu hâte de voir le brun à cette fête jusqu'à ce qu'il l'avait aperçu au portail.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? s'enquit Pansy, curieuse.
- Blaise a invité un groupe de première ce soir, parce qu'il a quelqu'un en vue.
- Ohhhh ? Sérieux ? Raconte ? C'est qui ? Comment elle s'appelle ?
Blaise jeta un regard noir à Draco et retarda sa réponse en buvant sa bière.
- Tu fais chier Dray.
- Quoi ? Je suis la seule à ne pas être au courant ! Raconte.
Alors que le regard du noir s'assombrissait de plus en plus, Draco attrapa Pansy par le coude et lui murmura quelques mots que Blaise n'entendit pas. Il fixait le couple avec animosité et vit les yeux de la jeune femme s'écarquiller d'effarement tandis qu'une main monta lentement jusqu'à sa bouche. Blaise vit les lèvres de Draco bouger une dernière fois près de l'oreille de la brune puis celle-ci rougit vivement, se tourna vers le blond et disparut dehors.
- Tu ne pouvais pas fermer ta bouche hein ? ragea Blaise, franchement remonté contre son meilleur ami. Et si elle l'ouvre devant tout le monde ?
Le blond haussa les épaules.
- Faut que tu te calmes Blaise. Les gens en ont rien à foutre. C'est fini le temps où les homo se faisaient tabasser au coin de la rue.
- Tu vis dans quel siècle ?
La question était cinglante et, pendant un instant, Blaise crut qu'il avait pensé tout haut. Cependant, ce n'était pas lui qui avait ouvert la bouche, mais Ron qui était venu les rejoindre, sûrement pour poser une question à l'étudiant. Le rouquin fixait Draco d'un regard peu amène et ses joues étaient rouges de ce que Blaise supposa être de la colère.
- Pardon ? demanda Draco, qui appréciait peu de se faire interrompre par un première qu'il ne connaissait pas.
- Je t'ai demandé dans quel siècle tu vivais, répéta Ron, tout aussi véhément. Parce que visiblement, on ne vit pas dans le monde. Je ne sais pas qui dans ton entourage ne doit pas s'inquiéter parce « les homos ne se font plus tabasser au coin de la rue » mais je le plains de t'avoir comme ami. Ouvre les réseaux sociaux, allume la télé, lis des articles j'en sais rien… des actes homophobes, il y en a tous les jours. Renseigne-toi avant de parler.
- Ron… tenta d'apaiser Blaise, bien qu'il apprécia la défense inconsciente du rouquin.
- Une dernière chose et après je me casse si tu veux, déclara cependant Ron. Un de mes frères a fait son coming-out, il y a trois ans. Quand il s'est affiché avec son premier mec, il s'est retrouvé à l'hosto. Juste parce qu'il lui tenait la main. Alors désolé de briser ton monde de bisounours, mais on n'a pas encore atteint le siècle où on laissera tranquille les gens, quelque soit leur orientation sexuelle.
Sur ces dernières paroles, il se détourna de Draco et fixa Blaise.
- J'étais juste venu te dire qu'Harry ne se sentait pas bien, et qu'il était dans le jardin, près de la piscine.
Sans un regard pour le blond, il fit demi-tour et prit la direction de la sortie. Draco, plus rouge que Blaise ne l'avait vu ces dernières années, semblait fulminer intérieurement et il ne devait sûrement qu'à son self-control, travaillé depuis son enfance, de ne pas sauter sur le rouquin.
- Il a pas tort, acheva Théo, avant d'avaler une gorgée de son verre. Va t'occuper d'Harry, fit-il ensuite à l'attention de Blaise, je m'occupe du blondinet à deux doigts de l'AVC.
Blaise, trop énervé lui aussi contre Draco, ne chercha pas à discuter et s'éloigna de ses deux amis. Il prit d'abord le même chemin que Ron et retrouva le rouquin en train de s'éloigner, sous le regard interrogateur d'Hermione et d'Harry.
- Hey ! Ron ! l'appela Blaise, allongeant les pas pour le rattraper.
Le première se figea, les épaules légèrement rentrées.
- Désolé, commença-t-il, alors que l'étudiant arrivait à sa hauteur. Tu nous invites à cette soirée et j'ouvre ma bouche. Je réfléchis jamais avant de parler.
Blaise balaya les excuses du roux d'un mouvement de la main.
- T'inquiète pas pour ça ! Ce que tu as dit était tout à fait justifié et mérité. A vrai dire, je ne comprends pas trop pourquoi il a dit ça alors que son propre père serait prêt à le renier s'il était gay. En tout cas, ne pars pas pour ça et ne t'en veux absolument pas ! Okay ?
Ron marmonna une réponse inaudible avant d'hocher la tête.
- Viens allons rejoindre Hermione et Harry.
- J'ai besoin de décompresser, je vous retrouve tout à l'heure.
- Comme tu veux.
Blaise tapota l'épaule du roux avant de se diriger vers les deux autres premières, assis sur un banc près de la piscine. En s'approchant, il vit qu'Harry se tenait assis, les yeux fermés et le visage particulièrement pâle. Blaise fronça les sourcils, inquiet.
- Un problème ? s'enquit-il auprès d'Hermione, qui caressait doucement le dos de son ami.
- Rien de très grave. Hannah nous a servi à boire, sauf qu'elle avait forcé un peu sur le rhum. Et-
- Et je déteste le rhum, termina Harry, la voix blanche. Mauvais souvenirs.
- Oh… Okay. Tu sais quoi Hermione ? Je vais rester avec lui, tu ferais peut-être mieux d'aller voir Ron. Vaut mieux pas le laisser seul.
- On l'a vu sortir en trombe, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Un de mes potes a sorti quelque chose qui ne lui a pas plu. Il l'a remis à sa place.
A son étonnement, Harry et Hermione laissèrent échapper un rire à l'unisson.
- On connaît Ron depuis longtemps, on était au collège ensemble avant, et il a toujours été comme ça, à dire les choses, expliqua Harry d'une voix blanche. Blaise a raison 'Mione, va le voir.
- Ca va aller toi ?
Le brun haussa une paupière.
- Tu peux rester ? Juste le temps qu'elle aille lui parler, s'enquit-il auprès de Blaise.
Le noir hocha la tête et s'installa de l'autre côté d'Harry tandis qu'Hermione se levait et s'éloignait, un sourire d'excuses sur les lèvres. Blaise l'observa se rapprocher doucement de Ron avant de le prendre dans ses bras.
- Depuis combien de temps ils sortent ensemble ces deux-là ?
- Ron et Hermione ? rigola doucement Harry. Ils ne sortent pas ensemble. Enfin, ils ont bien essayé l'année dernière, mais ça a été la cata, ils ont décidé, d'un commun accord de garder leur relation et son échec secrets. Je suis le seul au courant. Et toi maintenant. Alors chuut.
- Je garderai ce secret jusqu'à ma mort, promis, rit Blaise à son tour.
Un silence confortable, de ceux qui s'étaient posés entre eux plus tôt dans la journée, s'installa. Ce fut finalement Blaise qui le brisa alors qu'il observait le visage d'Harry qui reprenait un peu de couleur.
- Tu n'es pas obligé de répondre à ma question, mais tu as parlé de mauvais souvenirs tout à l'heure.
- C'était à la première soirée que j'ai faite, répondit Harry après quelques instant. J'avais quinze ans, on fêtait le brevet. Un pote à nous avait la maison pour le week-end et on avait tous fait croire à nos parents qu'on allait chez lui en tout bien tout honneur. Pas d'alcool, pas de drogue, rien. Juste une soirée entre potes à jouer à Mario Kart.
Harry laissa échapper un ricanement désabusé.
- Évidemment, aucun d'entre eux n'était dupe mais ils n'imaginaient pas non plus la quantité d'alcool qu'on avait réussi à se procurer. J'ai pris ma première cuite, malheureusement, j'ai aussi fait mon premier coma éthylique. J'avais bu que du rhum et mon cerveau fait depuis un blocage complet sur cet alcool, sur tous en général en fait, mais particulièrement celui-là.
- Merde, souffla Blaise. Comment ça s'est terminé ?
- Hermione, notre chère et tendre Hermione, la voix de la raison et de la sagesse. C'était l'une des seules à être encore en capacité de penser correctement. Elle a appelé les pompiers, mon parrain et les parents de notre pote. Je suis arrivé à l'hôpital à temps, ils m'ont fait un merveilleux lavage d'estomac dont je n'ai aucun souvenir et je me suis réveillé deux jours plus tard.
- Tu aurais pu faire moins radicale pour une première cuite…
- Ouais. Les autres se sont bien fait assassinés il paraît.
- Et tes parents ?
- Quand je me suis réveillé, mon parrain était à mon chevet, avec un ami à lui. Ils ont tenté de me faire la morale, mais ils étaient tellement soulagés de me voir réveillé que j'ai évité le pire je pense. J'ai la tête qui tourne, ça te dérange si je m'allonge quelques secondes ?
- Nan, vas-y.
Harry lui sourit alors faiblement avant de se décaler légèrement et de s'allonger sur le banc, un pied posé sur les lattes de bois, le genou remonté, et l'autre qui pendait sur le côté. Sa tête reposait à quelques millimètres des jambes de Blaise et ses yeux étaient fermés. Ce dernier l'observa un instant, admirant ses traits, la courbe de son nez, redessinant de ses yeux ses lèvres. Une subite envie de l'embrasser le prit et il se força à détourner le visage.
- Tu vis avec ton parrain alors ? préféra-t-il demander.
- Ouais. Mes parents sont morts quand j'étais bébé, dans un bête accident de voiture. J'ai été placé chez mon oncle et ma tante et à onze ans, ils m'ont envoyé dans une pension, à l'autre bout du pays. C'est à ce moment que mon parrain est réapparu dans ma vie. Quand il a appris que je faisais mes études dans le collège de sa ville, il a contacté ma tante et lui a proposé de m'héberger. C'était tout bénéf pour eux : ils arrêtaient de payer l'internat, n'étaient même pas obligés de me récupérer pour les vacances et mon parrain ne demandait aucune compensation financière. Légalement, je suis toujours sous leur responsabilité, en vrai, mon parrain est celui qui m'élève depuis cinq ans.
Blaise ne répondit rien, ne sachant quoi dire. La vie d'Harry semblait bien compliquée et pourtant il racontait cela avec un flegme qui l'étonnait.
- Et toi ?
- Moi ?
- Ton histoire, souffla Harry, comme s'il allait s'endormir.
Blaise fronça les sourcils et le secoua légèrement.
- Hey ! Ca va ?
- Ca va, je suis juste fatigué. Les médecins m'avaient dit que ça risquait d'arriver. Mon cerveau fait une fixation sur une sensation et tente d'y contrer, ce qui m'épuise.
- Tu peux te lever tu penses ? Je vais te ramener.
Blaise n'attendit pas sa réponse et profita du fait qu'Hermione jetait un regard vers eux pour lui faire signe de les rejoindre. La jeune femme et Ron approchèrent, soucieux.
- Emmenez-le au portail, il y a une Jaguar noire immatriculée 69 à la fin. C'est la voiture d'un de mes potes, je vais chercher les clefs. Je le ramène chez lui.
Les deux autres lycéens acquiescèrent silencieusement, tandis que Blaise partait retrouver Draco, non sans jeter un dernier regard inquiet à Harry. Il lui fallut plus de temps qu'il ne l'avait pensé de prime abord pour retrouver son meilleur ami mais il finit par l'apercevoir dans l'un des salons.
- Draco ! l'appela-t-il. Passe-moi tes clefs s'il te plait !
Le blond lui jeta un regard en biais, clairement imbibé d'alcool.
- Pour quoi faire ?
- Pour me planter contre un arbre, fut la réponse du noir.
Face aux regards d'effrois que lui jetèrent les gens autour de lui, il leva les yeux au ciel.
- Mais non bande d'idiots, je ramène Harry, il est malade. Et ça t'évitera, toi, de prendre le volant et de te planter. En plus, vu ce que tu m'as fait plus tôt dans la soirée, tu me dois bien ça.
Draco eut la décence de paraître gêné avant de fouiller dans ses poches de jeans. Il sortit un trousseau de clefs qu'il lança, bien trop à droite de Blaise.
- Ouais… c'est mieux que tu ne conduises pas ce soir, se moqua le noir en se baissant pour le rattraper.
- Hey Blaise ? le héla Draco alors que le premier s'apprêtait à sortir de la pièce. Je suis désolé tu sais ?
- Je sais mec, il y aucun soucis.
Blaise fit alors demi-tour, s'approcha du blond et l'enveloppa dans une franche accolade.
- Eclate-toi pour moi ! On se voit demain.
.oOo.
Voilà qui conclut ce chapitre deux !
Peut-être avez-vous trouvé la fin un peu abrupte ? Si c'est le cas, c'est mon sentiment aussi.
La raison ? Je n'ai pas écrit cette histoire par chapitres mais comme un OS de 60 pages, j'ai essayé de séparer l'histoire en chapitres équilibrés par la suite, mais du coup, si la coupure de tous les autres chapitres s'est bien passé, celui-ci m'a donné du fil à retordre.
Bref, tout ça pour dire que les fins redeviendront "normales" à partir du prochain chapitre !
A la semaine prochaine,
Pauu-Aya
