Titre : Avec toi
Résumé : UA Sans magie. Blaise, étudiant en BTS, rencontre Harry, nouvel élève de première de son lycée. Romance, fluffy.
Disclaimer : L'univers d'Harry Potter appartient à JKR.
Rating : M
Pairing : HP / BZ
Statut : 6 chapitres - Terminée
Bêta : AudeSnape et Epsilon Snape
Nda : Bonjour à tous et à toutes !
Le chapitre quatre de cette histoire se trouve juste en dessous ! Merci à tous et toutes pour vos reviews ! Pour ceux et celles qui suivent aussi Par Merlin ! vous savez déjà que c'est assez compliqué pour moi en ce moment de répondre aux reviews, mais je les lis toutes et elles me font très plaisir. Merci à vous (encore !). J'essaierai d'y répondre plus tard, mais j'ai une grosse semaine de travail (en déplacement en plus) qui arrive, du coup j'ai peur de me faire prendre par le temps et la fatigue !
Bonne lecture à vous tous et toutes !
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« Harry »
Harry : Yo. – 02h25
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Dire que Blaise ne s'attendait pas au message d'Harry aurait été un euphémisme. Il surfait tranquillement sur youtube, à la recherche de vidéos toutes plus stupides les unes que les autres, quand la sonnerie de son téléphone retentit, affichant le nom du garçon dans WhatsApp.
L'étudiant était rentré depuis plusieurs heures chez lui mais avait été incapable de trouver le sommeil. Après s'être retourné encore et encore dans son lit, alors qu'il ne pouvait s'empêcher de penser à un certain brun aux yeux émeraudes bien trop brillants, il avait finalement décidé de se mettre devant l'ordinateur, mais son cerveau le ramenait inlassablement à la scène de son baiser avec le plus jeune.
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« Harry »
Harry : Je sais même pas pourquoi je passe par WhatsApp et pas par message, si ça se trouve tu ne l'utilises pas. – 02h25
J'aurais pas dû t'envoyer ces messages, mais si je les supprime tu le verras. – 02h25
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Un sourire stupide fleurissait sur les lèvres de Blaise alors qu'il recevait un à un les messages d'Harry. Il se demanda un instant s'il n'allait pas le laisser mariner quelques minutes, voir s'il allait dire autre chose, puis il se rappela que l'application signalait aux interlocuteurs si les messages avaient bien été lus. Délaissant son ordinateur, il prit son téléphone et s'assit sur son lit, adossé au mur.
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« Harry »
Blaise : Les enfants de ton âge devraient dormir à cette heure. – 02h26
Et comme tu vois, j'utilise WhatsApp – 02h26
Harry : Bravo, tu es dans l'air du temps. – 02h26
Et je ne suis pas un enfant. – 02h27
Blaise : D'après Pansy, WhatsApp est pourtant déjà hasbeen. – 02h27
Harry : C'est qui Pansy ? – 02h30
Blaise : Une amie, et la future épouse de mon meilleur pote, Draco. – 02h31
Je suis en train de voir "Harry est en train d'écrire" en haut de la conversation depuis dix minutes, soit tu m'écris un pavé, soit tu as laissé ton appli ouverte, dans tous les cas c'est très frustrant. – 02h41
Harry : Désolé. J'arrive pas à formuler mon idée… - 02h47
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Blaise fixait son téléphone, le coeur battant de manière saccadée. Harry essayait-il de lui parler de leur baiser ? Regrettait-il ce qu'il s'était passé ? Allait-il reprocher à Blaise d'avoir profité d'un moment de faiblesse ? Pourtant, c'était bien lui qui avait été à l'initiative de leur échange. Blaise était en proie au doute. Peut-être Harry avait deviné l'attirance de l'étudiant et avait simplement voulu profiter de cela pour essayer une nouvelle chose, fait qu'il souhaitait oublier ?
C'était surement ça d'ailleurs. Harry cherchait à lui dire qu'il voulait tout oublier et sûrement de plus avoir de lien avec lui, pour éviter toute gêne future. Cette pensée n'aurait pas dû lui faire l'effet d'un coup de poing aussi violent, ce fut pourtant le cas. Le noir se détesta d'avoir laissé l'espoir s'ancrer en lui, c'était pourtant si évident. Harry était trop jeune, ils avaient trois ans d'écart, se connaissaient à peine et le brun avait simplement agi comme il l'avait fait à cause des évènements de la soirée. Qui sait, peut-être Hermione et Ron lui avaient menti, peut-être Harry avait bu plus que raison et il l'avait embrassé sous les effets de l'alcool.
La sonnerie de son téléphone le sortit de ses pensées et il sursauta. D'un mouvement réflexe, il décrocha sans faire attention à qui l'appelait.
- Allo ?
Seul le silence lui répondit et il fronça les sourcils.
- Allo ? répéta-t-il.
Alors qu'il commençait à reculer le téléphone de son oreille pour voir qui était son interlocuteur, songeant un instant à un Draco bourré ou peut-être une erreur de la part de Théo, la voix de Harry retentit, faible et hésitante.
- Blaise ?
L'étudiant resta figé un instant, le téléphone à quelques centimètres de son oreille. Il déglutit tandis qu'il entendait son nom une deuxième fois. Lentement, il rapprocha l'écran.
- Hey, fit-il, la gorge serrée.
- Salut, répondit Harry.
- Quelque chose ne va pas ? s'enquit Blaise, priant pour que le brun achevât ses souffrances au plus vite.
- Non. Je… J'arrive pas à dormir et, comme tu ne dormais pas…
Le coeur de Blaise battait tellement fort qu'il avait le sentiment de n'entendre que lui.
- J'avais envie d'entendre ta voix.
La phrase avait été prononcée tellement faiblement que le plus âgé douta un instant d'avoir entendu correctement. Un léger rire ponctua la remarque d'Harry et pourtant, quand il parla de nouveau, la voix du lycéen tremblait.
- Que c'est niais… Ecoute Blaise, j'arrête pas de penser à ce qu'il s'est passé depuis tout à l'heure. Et je me doute que pour toi ça voulait rien dire. Je veux dire, tu es en BTS et j'ai seize ans, je dois être tellement insignifiant pour toi, mais j'arrête pas d'y penser, encore et encore et l'idée que ça ne veuille réellement rien dire pour toi me vrille le cerveau.
Un sourire avait fleuri sur les lèvres de Blaise et devenait de plus en plus grand au fur et à mesure que le brun parlait. Le rythme de son coeur, si erratique précédemment semblait se calmer et adopter des battements sereins, pour la première fois au contact d'Harry. Il ferma les yeux, posa sa tête contre le mur et écouta le lycéen.
- La vérité c'est que si ça représente rien pour toi, je préfère que tu me le dises et je promets que je ne viendrai pas te gêner au lycée, je ferai comme si il ne s'était rien passé. Mais je préfère être fixé pour… pour tourner la page.
- Harry, l'interrompit doucement Blaise.
- Je sais même pas pourquoi je t'appelle pour ça, c'est tellement stupide et ça doit être horriblement gênant pour toi.
- Harry, répéta l'étudiant.
- Je suis désolé, j'aurais pas dû t'embrasser comme je l'ai fait.
- Harry ! finit par prononcer Blaise, un peu plus fort. Arrête.
Au contraire de la voix d'Harry qui s'était faite toujours plus faible, celle de Blaise était assurée et il était persuadé que le brun pouvait l'entendre sourire sans le voir.
- Je suis content que tu m'aies appelé.
Le silence se fit du côté du plus jeune.
- Merde, fit Blaise après un long moment, dans un léger rire. On a quatre ans d'écart.
- Quoi ? fit Harry.
- Je pensais que tu avais dix-sept ans, ça nous faisait que trois ans d'écart.
- Je… ça te gène ?
- Je pensais, mais je me rends compte que finalement, peu m'importe.
- Blaise ? reprit Harry, la voix toujours aussi peu assurée. Est-ce que… enfin, est-ce que…
- Est-ce que tu t'es monté un film tout seul ? termina le noir pour lui. Oui, mais rassure-toi, il n'y a pas que toi.
Blaise rigola et un nouveau silence s'installa entre eux. Ce dernier appréciait tout simplement de savoir qu'Harry était à l'autre bout de la ligne et qu'il pouvait entendre sa voix quand il le souhaitait.
- J'ai été surpris que tu connaisses mon nom, murmura finalement Harry. A l'arrêt de bus. Même si le lycée n'est pas très grand, je n'aurais pas pensé que toi, un BTS, m'aurait repéré.
- Je t'ai vu à la réunion du foyer.
- Oh… Celle d'il y a deux semaines ?
- Ouais, je n'ai plus réussi à te sortir de ma tête depuis. J'avais l'impression d'être un adolescent prépubère.
Un léger rire lui répondit. Ce même rire qui faisait naître des papillons dans le ventre de Blaise et qui le faisait sourire un peu plus.
- En vrai, on s'était déjà rencontré une fois, avant, déclara le plus jeune.
- Vraiment ?
- Hum. Le jour de ma rentrée. Je cherchais le bâtiment de physique-chimie et je me suis arrêté devant un groupe de BTS dont tu faisais partie. Vous portiez tous le pull de votre section, c'est comme ça que j'ai su qui vous étiez. Je vous ai demandé où c'était et tu m'as répondu "bâtiment bleu, à gauche".
Blaise écarquilla les yeux, cherchant à se remémorer cet événement, en vain.
- Je ne m'en souviens absolument pas, tu es sûr que c'était moi ?
- Oui. Mais c'est normal que tu ne te rappelles pas ma tête, tu avais un bandeau sur les yeux.
Le cerveau de Blaise fit les connexions entre les différentes informations données par Harry et son souvenir remonta dans sa mémoire. C'était un mois plus tôt, sa classe de BTS, comme tous les ans, avait organisé une journée de cohésion pour Noël et il avait été décidé qu'ils formeraient des binômes, dont l'un était aveugle. Celui qui ne voyait pas avait pour objectif de créer un circuit électrique avec les seules indications de son coéquipier. Alors que Blaise venait tout juste de poser son bandeau, il se souvenait effectivement avoir donné cette réponse et s'être fait charrier par ses camarades pour ne pas avoir enlevé le morceau de tissu avant de répondre.
- C'était toi, souffla Blaise, sidéré.
- C'était moi, confirma Harry. Je me suis senti si bête.
- Pourquoi ?
- Parce que j'avais eu le coup de foudre pour un mec, bien plus âgé que moi, avec qui il ne se passerait jamais rien et qui ne m'avait même pas vu.
Le coeur de Blaise fit une nouvelle embardée et ses entrailles se serrèrent. Lui qui n'avait jamais cru au coup de foudre, qui avait toujours été très terre à terre, à se moquer de ses amis quand ils déclaraient avoir rencontré la femme ou l'homme de leur vie au premier regard avait à son tour envie de clamer ces choses si niaises à ses oreilles.
- Blaise ?
- Oui ?
- Tu fais un truc demain ?
- On a un match à l'extérieur avec mon équipe de volley, on ne revient que dimanche soir.
- Oh… On se voit au lycée lundi alors ?
- Ouais, confirma Blaise.
- Je vais te laisser alors, désolé de t'avoir empêché de dormir alors que tu joues demain.
- T'inquiète, je suis habitué à dormir peu.
- Bonne nuit Blaise.
- Bonne nuit Harry.
.oOo.
Blaise entra dans l'appartement et laissa tomber son sac juste à côté de la porte. D'un pas las, il se dirigea vers le canapé et s'y affala, épuisé. Ils avaient fait plus de six heures de route dans le week-end. Leur entraîneur leur avait donné rendez-vous samedi à treize heures et ils étaient arrivés au gymnase à dix-sept heures, pour jouer leur premier match le soir même. Excités par le match qu'ils avaient mené royalement, écrasant leurs adverses trois sets à zéro, l'équipe s'était couchée seulement vers une heure du matin, puis avaient joué leur deuxième match en fin de matinée.
La fatigue de la veille, la nuit courte et agitée avait rendu cette rencontre plus difficile, et ils s'étaient imposés seulement au cinquième set, après deux heures trente de jeu. Le trajet du retour s'était fait dans un calme relatif tandis que la plupart des joueurs dormaient. Ils étaient finalement arrivés vers dix-huit heures, et leur entraîneur avait insisté pour faire un debriefing. Il était donc presque vingt heures quand Blaise avait poussé la porte de son appartement.
Blaise scrollait son écran de téléphone, sans vraiment faire attention aux diverses publications qui passaient sous ses yeux. La sonnerie de son téléphone ainsi que la notification d'un message reçu le tira de sa léthargie.
Harry : Alors, vous avez gagné ?
Un sourire immense courba les lèvres du plus âgé et Blaise resta un moment à fixer son écran. Finalement, il finit par appuyer sur le symbole représentant un téléphone et porta l'appareil à son oreille. Il n'eut pas attendre plus d'une sonnerie avant d'entendre la voix d'Harry.
- Allo ? fit le brun.
- Hey, salut.
- Salut, répéta Harry. Tu as l'air d'être crevé.
Blaise ricana.
- Si peu. Mais on a gagné nos deux matches.
- Cool, félicitations.
- Merci, répondit Blaise, avant de rajouter, pris d'une inspiration soudaine, on joue à domicile le week-end prochain, tu viendras me voir ?
- Carrément, à quelle heure ?
- Dix-huit heures trente, au Gymnase Courbet, l'informa le plus âgé, se sentant ridiculement heureux de savoir qu'Harry viendrait.
Un silence suivit sa déclaration.
- Ron et Hermione peuvent venir aussi ? On était censés passer la soirée ensemble.
- Oui, bien sûr. Mais ne te sens pas obligé de venir, si vous aviez déjà-
- Non, l'interrompit Harry vivement. Enfin… j'ai envie de venir. Vraiment.
Blaise sourit encore plus, et se laissa glisser dans le canapé, la tête calée sur l'accoudoir, un bras ballant et l'autre tenant le téléphone près de son visage.
- Ton week-end s'est bien passé ? s'enquit-il.
- Ouais, je suis resté avec mon parrain, c'était cool. On est allés voir un ami, Remus. C'est un enfant de la lune alors c'est assez compliqué pour lui.
- Xeroderma Pigmentosum, ponctua Blaise dans un murmure.
A sa surprise, un léger rire retentit de l'autre côté du téléphone.
- Quoi ? Je me suis trompé ? s'inquiéta le plus âgé.
- Non, non, pas du tout. Je suis juste étonné que tu connaisses le terme exact. C'est assez rare.
- J'avais fait un exposé dessus en seconde, ça m'avait marqué. Il a quel âge ?
- Trente-huit.
- Ca aussi c'est assez rare, commenta Blaise.
- Hum.
Pendant plusieurs minutes, ni l'un ni l'autre ne parlèrent et Blaise se demanda si Harry appréciait aussi le fait de juste entendre l'autre respirer, de juste le savoir là. Le noir changea son portable de main et se releva du canapé pour se diriger vers sa cuisine. Quand il fut dans la petite pièce, il sortit une casserole d'un tiroir et la remplit d'eau. Tout en faisant cela, il se demanda de quand datait la dernière fois où il s'était senti bien, tout simplement bien, dans une relation.
S'il devait être honnête avec lui-même, il pouvait répondre que ça n'était jamais arrivé, et probablement parce que l'étudiant s'était borné dans des relations hétérosexuelles qui ne lui convenaient jamais. Il avait toujours trouvé des excuses quand son couple finissait par se briser : "elle parlait trop", "je n'étais pas assez investi", "on était trop différent". La vérité, c'était que Blaise ne s'était jamais retrouvé dans ce modèle que la société lui imposait.
- Tu fais quoi ? demanda Harry, interrompant ses pensées.
- Des pâtes au jambon, répondit Blaise.
- Waouh ! Quel repas de luxe.
- Moque-toi ! On en reparlera quand tu auras ton appart à gérer.
- Impossible, déclara le plus jeune en riant, Sirius ne me laissera jamais quitter la maison.
Blaise laissa échapper un rire à son tour.
- Tu veux venir manger avec nous ?
La question surprit tellement l'étudiant qu'il ne répondit pas immédiatement. Il regarda sa casserole dans laquelle l'eau commençait à bouillir, son téléphone, à nouveau la casserole, considérant la proposition. Il dut mettre un peu trop de temps à donner sa réponse car Harry s'excusa.
- Oublie ! C'était une mauvaise idée.
- Ce n'est pas ça, annonça le noir. En vrai, la proposition est très tentante, mais je suis claqué, et je me vois mal faire l'aller-retour ce soir.
- Oh ! D'accord, répondit Harry.
Blaise fut presque sûr de déceler une note de déception dans le ton du plus jeune. Cependant, il se demanda si ce n'était pas juste sa propre déception qu'il cherchait à entendre chez l'autre.
- Une autre fois ? proposa-t-il.
- Ouais.
Alors que le silence s'installait de nouveau et que Blaise sortait son paquet de coquillettes, il entendit quelqu'un appeler Harry à travers le téléphone.
- Quoi ? entendit-il le brun crier à son tour. Okay ! Nan… nan Sirius, ce n'est pa-
- Allo ? C'est qui ? C'est Blaise ?
L'étudiant rit en reconnaissant la voix de Sirius.
- Bonjour Sirius, tu vas bien ?
- Haha ! J'ai gagné ! Bonjour Blaise, je vais très bien merci. Alors vous avez gagné ce match ? Harry n'a pas ar-
- SIRIUS !
Dans sa petite cuisine, alors que Blaise mettait les pâtes à cuire, ce dernier entendit une pseudo bataille du côté d'Harry. Il écouta, le sourire aux lèvres, le brun hurler à son parrain de lui rendre son téléphone et d'arrêter de dire n'importe quoi, ledit parrain aboyer de rire puis finalement le bruit d'un choc l'obligea à reculer l'appareil de son oreille.
- Blaise ? Toujours là ? demanda Harry, légèrement essoufflé.
- Ouaip.
- Désolé, je… je vais te laisser, Sirius était venu me chercher pour manger. On se voit demain ?
- Ouais, à demain Harry.
- A demain Blaise.
Le brun raccrocha et Blaise fixa ses pâtes en train de cuire, son sourire toujours sur les lèvres. Alors qu'il mangeait, une dizaine de minutes plus tard, il songea que les choses étaient bien trop parfaites pour être vraies. Il n'avait plus quinze ans, les relations ne mettaient-elles pas plus de temps à se mettre en place à son âge ? Le fait qu'Harry n'ait que seize ans jouait sûrement dans la donne, mais l'étudiant eut soudain peur que tout aille trop vite. Lui qui ne s'était que rarement attaché aux filles avec qui il était sorti, et pour cause, il leur manquait quelque chose de non négligeable, se retrouvait à penser à Harry à toute heure depuis un mois, et encore plus depuis vendredi après-midi.
Il ne connaissait pourtant pas le garçon, ne savait presque rien de sa vie, de sa manière d'être, de ses loisirs ou des activités qu'il avait l'habitude de fréquenter. La réciproque était vraie, elle aussi. Finalement que savait Harry de lui ? Qu'il avait vingt-ans, était en BTS et faisait du volley, c'était assez peu. Cela ne suffisait pas à bâtir une relation. D'ailleurs, Harry n'avait jamais parlé de relation. Ils s'étaient embrassés certes, s'étaient appelés tous les jours depuis, mais ça faisait moins de quarante-huit heures, le lycéen n'avait peut-être pas pour projet de bâtir quoi que ce soit avec Blaise.
Alors que toutes ces questions, et bien d'autres encore, tournaient dans sa tête, le noir se décida à appeler l'unique personne qui pourrait l'aider dans cette situation. Il composa le numéro, qu'il connaissait par coeur, posa son portable en haut parleur sur la table et attendit.
- Allo ? fit une voix féminine qu'il aurait reconnue entre mille. Comment vas-tu mon garçon ?
- Salut m'man, ça va et toi ? Passé un bon week-end ?
- Ca va très bien merci ! Je suis contente que tu m'appelles. Mon week-end a été tranquille, je suis allée à l'association. Et toi ? Avez-vous gagné vos matches ?
- Oui, les deux, on rejoue le week-end prochain à domicile, tu viendras ?
- Avec plaisir.
Une douce chaleur se répandit dans le coeur de Blaise. Il aimait énormément sa mère, malgré les diverses relations qu'elle avait eues, tous les hommes qu'elle avait côtoyés, les déceptions qui auraient pu la rendre amère, elle était restée avec lui la mère aimante qu'il avait toujours connue. Qu'elle vint voir ses matches de volley le rendait particulièrement fier, lui qui n'avait jamais pu partager ça avec son père, adorait le faire avec sa mère. Une petite voix lui rappela qu'il avait aussi proposé à Harry de venir le voir et que les deux allaient sûrement se rencontrer. Ses entrailles se nouèrent et il se souvint pourquoi il avait appelé.
- M'man ?
- Oui mon chéri ?
- J'ai rencontré quelqu'un.
- Oh ! Vraiment ? Ca doit être du sérieux pour que tu m'en parles. Je crois bien que c'est la première fois que tu le fais avant que je te surprenne avec ta petite-amie.
Blaise pouvait presqu'imaginer le visage souriant et moqueur de sa mère à l'autre bout du téléphone.
- Justement maman, c'est à ce propos, annonça-t-il, la voix nouée.
- A quel propos ? s'enquit sa mère. Il y a un problème Blaise ?
- Je… maman. Si je t'en parle c'est pas que c'est sérieux… en fait c'est tout récent. Je l'ai rencontré vendredi, ou plutôt on s'est parlé pour la première fois vendredi.
- Oh… et donc ?
- J'ai peur m'man. Je crois que c'est la première fois que je me demande ce qu'il se passera si on ne veut pas la même chose. Ca fait même pas deux jours, on ne se connait quasiment pas et j'ai l'impression d'être complètement obsédé. Ca ne m'était jamais arrivé. Normalement, j'attends que les choses se fassent et puis ça fonctionne ou ça ne fonctionne pas. Mais là…
Un petit rire l'interrompit et Blaise se sentit rougir.
- Tu sais Blaise, ton père a été le seul que j'ai réellement aimé. Je ne te l'ai jamais caché. Si le monde ne me l'avait pas arraché, je suis sûre que je l'aimerais encore comme au premier jour. Ta naissance a été la plus belle chose qui me soit arrivé, et si sa mort a été affreusement douloureuse pour moi, j'ai eu cette chance formidable de t'avoir avec moi. Par la suite, j'ai désespérément cherché à te trouver une figure paternelle, je suis désolée pour ça. Je ne t'ai pas montré une belle vision du couple.
- M'man, tenta de la rassure Blaise.
- Mais la vérité Blaise, c'est qu'il existe autant de version de couples qu'il existe de couple. Peu importe que tu aies rencontré cette personne il y a un an ou deux jours, si tu es bien avec elle, si elle te fait rire et qu'elle t'apporte de la joie, c'est ce qui compte. La suite viendra plus tard. Vous apprendrez à vous connaître et si ce que vous découvrez ne vous plait pas, et bien ça s'arrêtera là. C'est le lot de toute relation au début, et même plus tard : on se pose des questions, on hésite, on a peur. Mais rien que le fait que tu éprouves cette peur mon fils, c'est une preuve qu'il y a autre chose avec cette personne. Quelque chose qui vaut le coup d'essayer non ?
- Hum, acquiesça Blaise pensif.
- Je me suis longtemps demandé si c'était ma faute, déclara sa mère après un silence.
- Ta faute ? répéta Blaise, les sourcils froncés.
- Si tu n'arrivais pas à t'engager, si tu ne trouvais pas la stabilité dans tes relations. Je n'ai pas été un très bon exemple. Je suis désolée mon chéri.
- Maman ?
- Oui ?
- Tu n'as pas à culpabiliser ou à t'excuser. Ca n'a rien à voir avec toi.
- Je ne sais pas fils, peut-être que tous ces hommes qui ont défilé dans nos vies…
- Maman, l'interrompit Blaise, un léger sourire sur les lèvres malgré l'angoisse qui montait et dévorait maintenant ses entrailles. Tu n'y es pas du tout. Si je n'ai jamais eu de relation longue ou stable, c'est lié à toute autre chose.
Blaise prit une grande inspiration, et ferma les yeux, lâchant la bombe comme il l'avait fait avec Draco, quarante huit heures plus tôt.
- Maman, la personne que j'ai rencontrée c'est un garçon.
- Oh, fit simplement la femme.
Le noir garda les yeux fermés, le coeur battant, dans l'attente.
- Oh ! répéta sa mère, plus fort. Oh oh oh ! Mais ça explique beaucoup de choses. Effectivement, il manquait quelque chose à tes précédentes conquêtes, à moins qu'elles avaient quelque chose en trop, ça dépend du point de vue. Finalement, on peut dire que ce sont les deux.
Blaise avait écarquillé les yeux, surpris par la réaction de l'unique femme de sa vie.
- Je ne me suis jamais posée la question, continua-t-elle. J'ai souvent entendu dire que les filles n'avaient pas ce qu'il fallait pour les gays, mais finalement, elles ont aussi en trop. C'est une question intéressante… est-ce qu'un homme avec des seins... non… je m'égare.
Toujours ébahi, Blaise écoutait sa mère déblatérer toutes sortes d'inepties et de questionnements existentiels. Finalement, alors que cette dernière se posait à nouveau la question d'un homme à seins, son fils explosa de rire, laissant sortir toute la tension qu'il avait accumulée à propos de son homosexualité et d'Harry.
- Maman, déclara-t-il quand sa mère se fut tue, je t'aime.
- Je t'aime aussi mon chéri, reprit-elle, sérieuse. La vie ne va pas être facile tous les jours, tu... vous, allez subir de nombreuses critiques et remarques, mais n'oublie pas une chose mon fils : c'est ta vie, vie-la comme tu le souhaites tant que c'est dans le respect de l'autre. Je te soutiendrai toujours.
- Merci maman.
- Comment il s'appelle ?
- Harry. Il est au lycée, en première. En première ES, spécialité maths, option musique et européenne, récita Blaise, riant d'une blague que sa mère ne pouvait comprendre. Il a des yeux magnifiques tu verrais… et un sourire. J'adore quand il me sourit ou qu'il rit, ses pommettes se creusent et son regard brille un peu plus. Il est arrivé au lycée il y a un mois, et ses meilleurs amis s'appellent Ron et Hermione, aussi en première. Il n'aime pas spécialement l'alcool, encore moins le rhum, et adore la chanson "I love You" de Riopy. Ses parents sont morts dans un accident de voiture quand il était enfant, il a vécu d'abord chez une tante puis chez son parrain à partir du collège. Il s'appelle Sirius, il m'a donné l'impression d'un enfant dans le corps d'un adulte. Ils ont l'air très proches tous les deux. Et-
Blaise s'interrompit alors qu'un nouveau rire arrivait à ses oreilles. Il rougit en prenant conscience du monologue qu'il tenait sur le brun.
- Tu vois fils, finalement tu en connais déjà beaucoup sur lui.
- Mais je ne sais rien de ce qu'il aime, ou de ce qu'il fait de son temps-libre.
- Blaise, rit à nouveau sa mère. C'est normal tout ça, tu ne peux pas connaître une personne par coeur du jour au lendemain, laisse le temps faire les choses. Crois-en toi, et en vous si tu en as envie. Parle-lui, pose-lui des questions.
Un silence suivit sa déclaration tandis que Blaise repensait à tout ce que lui avait dit sa mère. Après un petit moment, il bailla, la fatigue du week-end se rappelant à lui.
- Tu m'as l'air fatigué mon fils ! Va donc te coucher, et arrête de ressasser. Essaie, si ça doit marcher, ça marchera.
- Hum. Merci m'man.
- Je t'aime. Bonne nuit.
- Moi aussi, bonne nuit.
Blaise raccrocha, le coeur moins lourd, l'esprit plus tranquille. Certes il n'en savait pas plus que vingt minutes auparavant sur les intentions d'Harry, mais sa mère avait raison sur un point : si il prenait les choses autant à coeur, c'était peut-être que, au moins de son côté, il y avait une chance pour que cette relation allât quelque part. Une vingtaine de minute plus tard, l'étudiant rangea sa table, déposant sa vaisselle dans l'évier, puis pris la direction de sa chambre. Il se dévêtit, se glissa sous ses couettes et envoya un dernier message à Harry.
Blaise : Hâte d'être à demain matin.
N'assumant pas son geste et se donnant le sentiment d'être un adolescent en manque d'attention, il éteignit son portable sans attendre la réponse.
.oOo.
A la semaine prochaine pour le chapitre 5, avant-dernier de Avec toi,
Pauu-Aya
