Yoooo ! Le chapitre 2 est en ligne ! Waouh merci pour votre super accueil pour cette nouvelle fiction ! Plein de reviews, de follows et de favs ! Je ne m'y attendais pas du tout ! Vous me faites ultra plaisir ! ^^ Je suis sur un petit nuage !

Je remercie au passage les guests pour leur reviews : Shane, Guest, shameleliza ! Je suis bien contente que ce prologue et premier chapitre vous ont plu !

shameleliza : ta review m'a bien faire rire en tout cas, c'est super si tu accroches autant dès le début ! Je connais le jeu Mafia II mais seulement de nom je n'ai jamais pris le temps d'y jouer ! Pour ce qui est de ce que fera Lexa haha qui sait... ;)

Aloooors pour les parings au vue de vos reviews... Et bien Raven a du boulot ! Haha ça tombe bien ça correspond avec le caractère que je lui ai fait ! Autrement j'ai noté pour du Murphy/Bellamy, Bellamy/Raven, Bryan/Miller, Octavia/Raven, Lincoln/Octavia, Raven/Niylah, Becca/Bellamy (XD) ! Je crois n'avoir rien oublié ! En tout cas je relève le défi en plus du Gustus/Anya et du Clexa mouhahaha !

Relecture by doubi, merci à lui ! Allez je vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 2 : En toute innocence


Le rideau de fer de la boucherie était en train de se baisser quand Emilio sentit une résistance inhabituelle. Il força un peu sur ses bras plus graisseux que musclés avant de sentir la protection métallique de son magasin lui échapper des mains. Gustus, le fidèle homme de main de la Dona venait de soulever d'un mouvement sec sa maigre barrière, suivi d'une femme très grande et fine, habillée d'un jean et d'une veste en cuir noir moulante. De ses yeux noisettes en amande, elle toisa froidement le boucher qui avait reculé de quelques mètres à cette irruption. Dans un bruit sourd, le rideau s'abattit sur le sol, les laissant tous les trois seuls à l'intérieur.

- Monsieur Gustus… Y a t-il un problème ? J'ai payé ma protection la semaine dernière…

- Bonsoir Emilio, répondit la femme.

- Madame Anya je jure que…

La femme avança lentement vers l'homme terrifié :

- Une petite souris m'a dit que tu travaillais en étroite collaboration avec les Barzetti, Emilio.

- Quoi ? Non ! Bien sûr que non ! Je suis fidèle aux Donati depuis plus de dix ans ! Depuis que j'ai ouvert cette boucherie !

- Cela ne t'as pas empêché de refuser de payer le « pizzo » il y a deux ans lorsque Don Titus a passé la main.

- C'est une erreur humaine Madame Anya… Je croyais que l'arrivée au pouvoir de Dona n'était qu'une méchante plaisanterie… Qui voudrait payer la protection d'une femme… Sans vouloir critiquer les femmes loin de là… Grimaça t-il tandis qu'Anya se délectait de sa peur en haussant un sourcil.

- Tu as l'air d'avoir chaud, Emilio, remarqua t-elle.

- Un peu… Murmura le boucher en surpoids, se permettant d'essuyer son front en sueur avec son tablier sale.

D'un geste lent et parfaitement maîtrisé, la brune aux mèches blondes sortit son pistolet de sa veste pour le coller sur la tempe du boucher après en avoir retiré la sécurité ce qui fit tressauter l'homme.

- Pitié vous vous trompez ! Je ne travaille pas pour les Barzetti ! C'est une erreur !

- Avance, ordonna t-elle sèchement en lui désignant l'entrée de l'arrière boutique.

Le trio avança en silence malgré les tremblements du boucher jusqu'à arriver devant la porte d'une chambre froide où différents morceaux de viande étaient suspendus. Gustus l'ouvrit en vrai gentleman pour laisser passer sa collègue et le traitre. Anya poussa d'un coup de pied souple le boucher qui s'étala sur le sol glacé tandis que le mafieux descendait dangereusement la température de la salle via le thermostat extérieur.

- Madame Anya pitié ! J'ai un fils, il apprend tout juste le métier !

- Alors prie pour lui afin qu'il ne fasse pas les mêmes erreurs que son stupide père. Dona a été très blessée en apprenant pour ta participation dans la tentative de meurtre contre madame la maire. Elle m'a demandé de te faire comprendre à quel point ça fait mal de se faire trahir de la sorte.

D'un signe de tête, elle fit signe à Gustus de fermer la porte et de la verrouiller. Le boucher se mit à les supplier à travers le hublot :

- Pitié ! J'ai été obligé ! Je le jure !

- Bonne nuit Emilio. Pense à te couvrir, il va faire très… Très froid cette nuit, se contenta de répondre la femme en rangeant son arme à l'intérieur de sa veste.

Les pleurs et supplications d'Emilio s'amplifièrent alors que les deux mafieux sortaient en éteignant les lumières derrière eux. Lorsqu'ils furent à l'air libre dans la nuit sicilienne, Gustus sourit :

- Ça m'a manqué de ne plus travailler avec toi Anya.

- Entraîner le jeune Don n'est pas de tout repos. Lexa a insisté pour que je le forme. Elle ne veut pas qu'il soit entouré uniquement d'hommes.

- C'est compréhensible. Déjà deux ans qu'elle est au pouvoir et il y a encore des actes de rébellion. La mafia ne s'est jamais aussi bien portée depuis qu'elle est revenue pourtant.

- Sa stratégie est bonne, acquiesça la fausse blonde. Sois proche de tes amis et encore plus proches de tes ennemis. Elle contrôle l'île en agissant sur l'économie, la politique et les médias.

- Tu aurais dû la voir lors de son discours à l'hippodrome. Elle me rend fier.

- Fier comme un père ? Sourit son acolyte.

- Oui.

- Tu te fais vieux mon pauvre Gustus.

- Tu peux parler, se contenta de répondre laconiquement le presque cinquantenaire.

- Ce ne sont pas des choses qui se disent à une femme, fit-elle en lui claquant la joue.

La claque avait été plus amicale que violente ce qui fit sourire le mafieux.

- Je t'invite à boire un verre ?

- Pour te rattraper ou pour autre chose ?

- Peut-être les deux, lui confia t-il amusé.

- Vieil ours, se moqua t-elle.

Gustus se contenta de passer un bras autour de la taille de la mafieuse pour l'enlacer affectueusement. Le couple sortit discrètement de la ruelle pour remonter la rue à pied à la recherche d'un bar encore ouvert malgré l'heure tardive.


Lexa sortit de la douche seulement couverte d'un peignoir en satin noir. Elle descendit les escaliers de sa maison tout en passant une main dans ses cheveux mouillés et ondulés. Un sourire se dessina sur ses lèvres quand elle reconnut de dos son demi-frère qui profitait du paysage qu'offrait sa propriété privée. Elle avait fait le choix de ne pas habiter dans l'ancienne maison de Titus qu'elle avait laissé tout naturellement à Aden.

- Tiens donc, que me vaut la visite d'un si bel homme ? Lança t-elle le sourire aux lèvres.

- Bonsoir grande sœur, sourit le jeune homme de dix sept ans en allant enlacer son ainée.

- Bon sang que tu es grand, tu comptes t'arrêter un jour ? Le taquina t-elle. Tu as pris du muscle aussi !

Le grand blond faisait en effet plus que son âge avec ses un mètre quatre vingt largement dépassés et son corps d'adolescent maigrichon s'était transformé ces deux dernières années pour laisser place à de beaux muscles bien dessinés. Aden était un magnifique jeune homme avec ses cheveux blonds dorés et ses yeux verts. Il faisait la fierté de sa sœur qui se surprenait souvent à rêver de ce petit garçon frêle qu'il était avant qu'elle ne le confit à Anya et Tristan pour l'endurcir physiquement et mentalement.

- Tristan est occupé par une affaire et Anya m'a autorisé une pause donc je me suis dit que j'allais venir te voir.

- Tu as mangé ?

Aden secoua négativement la tête ce qui arracha une moue à sa grande sœur.

- Bon, je vais te faire une salade mais ce sera notre petit secret. Il ne faudrait pas qu'on apprenne que la Dona à un faible pour un beau jeune homme au point de lui cuisiner quelque chose, lui confia t-elle avec un clin d'œil.

- Je serais muet, la rassura t-il en l'enlaçant de nouveau pour l'embrasser affectueusement.

Cela fit sourire la grande brune. Son petit frère avait beau être grand et costaud, il était de loin l'homme le plus affectueux et gentil qu'elle ait connu. Un simple regard pour Aden suffisait à lui rappeler qu'elle avait pris la bonne décision en acceptant de reprendre la suite de Titus. Elle aurait été cruelle de le laisser seul aux mains de cette vieille mafia sicilienne. Elle s'avança tranquillement dans l'immense cuisine toute équipée de sa maison pour aller chercher dans le frigidaire américain les ingrédients dont elle avait besoin. Elle se mit ensuite à nettoyer, couper et glisser les légumes dans un grand saladier.

- On m'a dit que Matteo avait trahi… Souffla prudemment Aden qui s'était assis sur un des tabourets du prolongement du plan de travail servant de table.

- En effet.

- Tu l'as tué ?

- Oui.

- C'était mon ami. On se connaissait depuis le collège… Dit-il d'un air désolé.

- Un ami qui t'aurait poignardé dans le dos un jour.

- Il a fait une erreur en conduisant cette moto.

- Une erreur que l'on ne peut pardonner. C'est Becca Gordiano qui nous permet de maintenir notre main mise sur tous les projets actuels et à venir en Sicile. Si nous la perdons, alors les Barzetti auront de nouveau une occasion pour voler nos privilèges.

- Je sais. Je ne sais juste pas comment tu fais Lex'.

Les yeux verts de la brune se tournèrent vers le blond qui affichait une moue fautive.

- Aden ?

- Tu t'es sacrifiée pour moi.

- Tu ne vas pas revenir là dessus, grogna t-elle.

- C'est moi qui devrais être à ta place.

- Tu le seras un jour.

- Je n'en ai pas envie.

- Ne dis pas ça.

- Des fois je me prends à rêver d'une vie normale où notre famille n'aurait eu aucun lien avec la mafia. Pas toi ?

- J'ai eu la chance d'une vie pareille pendant cinq ans quand je suis partie en Amérique.

- Comment c'était ?

- Différent mais tout aussi difficile.

- J'ai l'impression de n'être qu'un bon à rien. Je ne suis même pas capable d'avoir de bonnes notes en cours. Je suis un faible aux yeux des hommes de la famille. Artigas est allé tabasser un de mes professeurs pour que j'ai la moyenne et puisse passer en classe supérieure, se désola t-il. Il a seize ans et il fait plus mafieux que je ne le serais jamais.

- Artigas a fait quoi ? S'amusa la brune.

- Il a frappé mon professeur de maths. Il lui a dit qu'il lui mettrait un coup pour chaque point qu'il m'avait enlevé sur ma moyenne.

- Et ?

- C'était pas beau à voir mais j'ai fini avec un seize.

Lexa ne put s'empêcher de rire gentiment devant ces bêtises adolescentes. Elle fit glisser une assiette carrée pleine de sa salade fraîche.

- Si Artigas a fait ça c'est parce que tu as gagné sa loyauté.

- Tu crois ?

- Sa famille nous est proche mais rien n'oblige les descendants à se soumettre, or, il a choisi de te défendre en agissant ainsi. Bien que je ne concède pas l'idée que tu ais triché pour passer en études supérieures, dit-elle avec une petite claque sur le haut de son crâne.

- Aïe ! Rit-il.

- Tu auras droit à des cours supplémentaire cet été, ne crois pas que tu vas te reposer.

- Me reposer avec Anya et Tristan sur le dos toute la journée ?

- Ajoute-moi à la liste.

- Mes vacances scolaires vont être d'enfer. Moi qui croyais pouvoir aller dilapider la fortune des Donati en boîte de nuit et draguer les jolies filles… Se plaignit-il.

- Tu n'as pas besoin d'argent pour séduire de belles filles, ton physique suffit amplement.

- Tu crois ? Sourit-il flatté.

- Bien sûr petit imbécile.

- Ça doit être de famille. Si tu n'étais pas ma sœur, je serais sans doute tombé sous ton charme, lui confia t-il en amenant sa fourchette à sa bouche.

Sa sœur lui fit un clin d'œil amusé. Son regard se perdit quelques secondes derrière le dos d'Aden à travers la véranda ouverte pour admirer le paysage de son île natale. Il était vrai qu'elle aussi depuis qu'elle était revenue, n'avait pas pris le loisir de fréquenter quelqu'un. Son rôle au sein de la famille était bien trop compliqué et important. Elle avait réussi au fil de ces deux ans à faire taire les plus enragés des mafieux au sujet de son sexe qui était considérée comme une aberration dans le cercle. Elle ne pouvait certainement pas en rajouter en amenant la carte de l'homosexualité. Elle n'y pouvait rien, elle avait bien essayé avec un homme, poussée dans sa jeunesse par son grand-père mais rien n'y avait fait. Elle, elle aimait les femmes. Les belles blondes au caractère bien prononcé comme cette Docteur Griffin… Elle secoua la tête à cette pensée, que lui prenait-il ? Cette jeune femme était sous la protection de Becca Giordano qui souhaitait faire d'elle son nouveau médecin de famille voir son nouveau jouet sexuel personnel. Becca était très… Particulière comme femme.

- Lexa ?

- Hm ?

- À quoi tu penses ?

- Rien de bien intéressant.

Elle accorda un sourire à son petit frère qui le lui rendit tout en continuant à manger.


- Frssssshhhh ! Souffla brutalement Racoon en griffant durement la main de Finn.

- Aïe ! Saloperie va ! L'insulta le jeune homme en lui jetant le premier objet qu'il eut sous la main : une chaussure à Clarke.

Un grondement lui répondit tandis que l'animal filait sur le balcon pour s'échapper dehors.

- Qu'est-ce qu'il se passe encore tous les deux ? S'agaça la belle blonde en sortant de la douche.

- Il se passe que cette charogne m'a encore griffé.

- En même temps si tu me traitais de charogne, moi aussi je te grifferais, soupira t-elle.

- J'ai souvenir de quelques griffures plus agréables que celles de ce truc que tu te plais à appeler un chat, la taquina t-il en allant l'enlacer amoureusement pour embrasser son épaule dénudée et mouillée.

- Très drôle, s'amusa Clarke en lui embrassant la joue. Tu es prêt ?

- Rappelle-moi pourquoi on doit aller à cette course hippique alors qu'on peut passer un weekend tranquille en amoureux pour une fois ?

- Parce que Becca n'a pas arrêté de me harceler pour que j'y aille et parce que j'ai promis à cette Madame Donati que j'irais avec toi.

- Ok ok, je m'avoue vaincu. Mais avant je vais t'empêcher de t'habiller ! S'exclama t-il en la faisant tomber avec lui sur leur lit.

- Finn ! Cria la blonde amusée tout de même.

Elle glissa ses doigts dans les cheveux châtains foncés et mi-longs de son petit ami allant embrasser doucement son nez. Cela sembla plaire au jeune homme puisque celui-ci emmena ses lèvres sur celles de la blonde pour l'embrasser amoureusement, baiser auquel répondit Clarke en passant ses mains dans la nuque de son amant. Elle sentit rapidement l'envie monter, aussi rabattit-elle la couette au dessus d'eux pour un peu plus d'intimité…


L'hippodrome débordait de monde, impossible de faire trois pas sans se faire bousculer par quelqu'un ou être stoppé par un groupe de personnes en pleine discussion. Finn était étonnamment très détendu après la séance câline en compagnie de la belle médecin qui avait passé une jupe blanche et tunique noire presque transparente. Le couple se tenait par la main et cherchait à retrouver Becca qui leur avait donné rendez-vous près de l'entrée privée des propriétaires de chevaux de course. Un vigile leur refusa l'entrée sous l'absence de leur carte de propriétaire ce qui agaça profondément la blonde.

- Mais enfin ! On est attendu je vous dis !

- Désolée Madame mais sans votre carte de propriétaire je ne peux vous autoriser l'accès aux loges privées de l'hippodrome.

- C'est stupide, Madame Donati m'a elle-même invitée lors du gala !

- Avez-vous une preuve de cela ?

Clarke gonfla ses joues pour expirer et tenter de ne pas sauter à la gorge du vigile. Finn glissa un baiser sur sa main liée à la sienne.

- C'est pas grave ma puce, on va aller s'asseoir dans les tribunes publiques.

- Mais c'est complètement stupide on a été invité ! Tu verras mieux les chevaux des loges privées !

- Ça fait rien, je t'assure, sourit-il.

- Un problème ? Demanda un beau et grand jeune homme blond escorté d'une femme brune avec des mèches blondes la quarantaine bien entamée et d'un homme au crâne rasé.

- Ce couple demande à rentrer dans les loges privées sans leur carte de propriétaire. Ils se disent attendus par Mme Donati mais je n'ai eu aucun ordre à ce sujet Mr Donati.

Aden fixa son regard vert sur le jeune homme puis sur la jeune femme pour se perdre dans ses yeux azurs qui semblaient teintés d'une colère sourde qui lui donnait encore plus de charme. C'est un coup de coude dans les côtes de la part de la femme derrière lui qui le fit se reprendre avec un raclement de gorge :

- C'est bon, ils peuvent entrer. Je vais les amener à ma sœur, assura t-il.

- Bien Monsieur Donati.

- Oh merci ! S'exclama Clarke. Vous nous sauvez Mr Donati !

- Appelez-moi Aden, je vous en prie, sourit-il.

Le petit groupe entra dans le couloir réservé aux propriétaires. À l'intérieur de celui-ci, des guichets de paris privés ainsi qu'un buffet étaient installés. Des photos en noir et blanc décoraient les murs pour immortaliser les champions des années passées. Finn figea son regard sur l'écran présentant les chevaux pour la course du Grand Prix, songeur.

- Je te laisse réfléchir sur qui tu veux parier ? Je vais voir si je trouve cette Lexa Donati, le prévint Clarke.

- Oui vas-y ma puce, je te rejoins.

Clarke suivit le beau jeune homme blond de tout à l'heure jusqu'à des escaliers d'une propreté et d'une brillance exceptionnelle. Le carrelage qui avait été installé dans cette partie de l'hippodrome était bien plus raffiné que dans les pièces communes pour le public.

- Vous vous y connaissez en chevaux ? Hm… Quel est votre prénom déjà ? Demanda poliment Aden.

- Clarke, Clarke Griffin, répéta t-elle. Quelle malpolie, je ne me suis même pas présentée. Mon petit ami s'appelle Finn Collins. Et non je n'y connais absolument rien, c'est plutôt Finn qui s'y connaît.

- Ravi de faire votre connaissance Clarke. C'est amusant de vous voir ici alors que vous ne connaissez rien au monde des courses hippiques.

-Il faut bien une première à tout et votre sœur a insisté pour que je vienne. Une promesse est une promesse.

- Vous honorez toujours vos rendez-vous, c'est un bon point pour vous.

La femme l'accompagnant étira un sourire satisfait à cette remarque. Bientôt ils furent tous les quatre dans la loge privée des Donati qui comportait un mobilier luxueux : des canapés en cuir blanc raffiné, un bar privé et d'immenses baies vitrées offrant une magnifique vue sur l'arrivée des chevaux, le tout étant climatisé. D'immenses écrans plats étaient accrochés dans les deux coins de la salle pour retransmettre la course en direct. Un barman personnel arriva et leur proposa un apéritif. Clarke accepta et commanda un Aperol Spritz, ce qui fit sourire Aden. Elle alla ensuite s'installer dans un des canapés, croisant ses belles jambes bronzées. Étrangement, elle se sentait très à l'aise en compagnie du blond mais ce fut de courte durée. La porte de la loge privée s'ouvrit sur la belle et ténébreuse Lexa Donati qui ne la vit pas tout de suite. Elle enlaça affectueusement le beau blond qui s'était rapidement rapproché d'elle pour la saluer et lui chuchoter quelque chose à l'oreille. Après avoir retiré ses lunettes de soleil, les yeux émeraudes se tournèrent rapidement vers Clarke qui se sentit presque sondée entièrement, la faisant se trémousser sur le cuir blanc. Lexa lui accorda un sourire charmant en s'approchant d'elle pour lui tendre la main. Sans trop savoir pourquoi, la main de la blonde se saisit rapidement de cette dernière autrement que pour une poignée de mains. Un frisson parcourut l'échine de Clarke qui sentit son cœur battre fort à ce contact. Elle amena ses yeux bleus dans ceux de la propriétaire qui lui sourit finement avant d'aller poser deux bises polies sur les joues de son invitée.

- Bonjour Madame Donati, balbutia finalement la médecin.

- Bonjour Madame Griffin.

Clarke grimaça, elle aurait aimé que la brune l'appelle par son prénom. Comme si son interlocutrice avait entendu ses pensées, elle reprit :

- Si je vous appelle Clarke, vous devrez m'appeler Lexa, sourit-elle.

- Avec plaisir, répondit la blonde tout sourire.

- C'est bon, j'ai parié mon cœur ! Lança la voix de Finn qui se figea devant l'étrange scène devant laquelle il était.

Sa petite amie était debout, une main dans celle d'une bombe sexuelle brune millionnaire et avait les joues roses de gêne ou d'autre chose… Comme si elles avaient été surprises, Clarke retira sa main rapidement pour s'avancer vers son petit ami.

- Lexa, je vous présente Finn, mon petit ami. Finn, voici Lexa Donati, c'est elle qui m'a gentiment invité à partager sa loge privée pour regarder la course.

- Je connais déjà Madame Donati pour sa générosité envers la cellule anti-mafia, sourit Finn.

Lexa sembla l'analyser avant de demander poliment :

- Vous devez être le Sous Lieutenant Finn Collins dont m'a parlé le Capitaine Blake ?

- Le capitaine vous a parlé de moi ? S'étonna le brun flatté.

- Il m'a assuré que vous étiez l'un de ses meilleurs éléments dans la lutte contre la mafia.

- Waouh je ne pensais pas que Bell… Le Capitaine Blake pensait ça de moi. Ravi de vous rencontrer en chair et en os Madame Donati. Je vous admire sincèrement, votre subvention va beaucoup nous aider.

- Le plaisir est réciproque Monsieur Collins.

Étonnamment, Clarke remarqua que la brune ne s'était pas montrée aussi familière qu'avec elle. Pas de proposition pour s'appeler par leur prénom respectif. De plus, leur présentation se termina par une poignée de mains polie. Une certaine distance semblait s'être installée entre Lexa et Finn.

- Vous avez une sacrée poigne Madame Donati, grimaça t-il ce qui fit rire intérieurement Clarke qui se souvenait de sa première poignée avec la brune : douloureuse.

- Je dirige beaucoup d'hommes dans mon travail Monsieur Collins. Pour se faire respecter, il faut être plus craint qu'aimée. Ce n'est pas une douce caresse que les hommes cherchent dans une poignée de main virile mais bien une forme d'autorité.

- J'imagine qu'être à la tête d'une aussi grosse fortune que celle des Donati donne mais retire aussi certains privilèges.

- Vous pensez juste Monsieur Collins.

Une annonce dans les enceintes de la loge termina la conversation aux allures étranges. Finn s'excusa pour une envie pressante auprès de sa petite amie bien que la course allait commencer. Clarke en profita pour détailler la grande brune qui portait une robe noire et non un de ses tailleurs serrés et parfaitement ajustés qu'elle semblait avoir l'habitude de porter. Ses yeux se posèrent sur les doigts fins tenant le verre de cocktail que buvait doucement Lexa. La peau de son visage était basanée, soulignant les origines siciliennes de la femme. Son front était haut et dégagé et bien qu'elle semblait s'approcher de la trentaine comme elle, elle trouva que ses joues avaient encore un aspect juvénile. Elles semblaient très douces, tout comme ses lèvres charnues recouvertes d'un rouge à lèvre très discret. Ses yeux verts quand à eux, étaient mis en valeur par un mascara noir sur les cils dont un trait fin d'eye-liner épousait et terminait la forme avec grâce. Cette jeune femme respirait le calme et la maîtrise et Clarke se demanda un instant si elle était vraiment réelle, car elle ressemblait à ces magnifiques personnes à jamais prisonnières de leur plâtre de sculptures dans les musées et galeries qu'elle se plaisait à visiter dans ses temps libres.

- Comment votre compagnon a t-il parié Clarke ?

La question désarçonna la blonde de sa contemplation secrète. Sa main se mit à tapoter nerveusement le cuir blanc tandis que le regard inquisiteur de Lexa la fixait avec curiosité.

- Je n'en ai aucune idée, souffla t-elle.

- Faites-moi voir votre ticket.

Clarke s'exécuta et tendit le ticket que la brune attrapa doucement pour y lire les numéros. Son regard se tourna vers l'écran présentant les différents champions de la course.

- Hm, il y a de l'idée… S'autorisa à dire la brune.

- Ce qui veut dire ?

- Il est parti sur un pari trio.

- J'imagine qu'il s'agit de deviner qui arrivera aux trois premières places ?

- Exactement, sourit Lexa en lui rendant son ticket, amusée.

- Je vous sens moqueuse. Dois-je comprendre que Finn a fait un mauvais choix ?

- Oh, son choix est très bon... Si ça avait été une course banale et non un Grand Prix. Je pense simplement qu'il n'aurait pas dû faire confiance aux prestiges des chevaux qui courent aujourd'hui. Le passé n'est pas le présent.

- Avez-vous parié vous ?

- Évidemment.

- Et quoi si ce n'est pas indiscret ?

- J'ai parié sur ma jument. Gagnante.

- Vous avez une jument ?

- Infinity Star, la numéro 8.

- Ça ne ressemble pas vraiment à un nom de cheval de course extraordinaire, sourit la blonde.

- Et pourtant elle a remporté plus de 250 000 € de gains, lui confia Lexa amusée.

- Pardon ?! S'exclama Clarke.

- Ce Grand Prix rassemble des chevaux de 7 à 10 ans ayant gagné au minimum 250 000€ au cours d'une année. Ma jument a couru dans nombre de courses et Grand Prix au cours de celle-ci.

- La vache… Marmonna la doctoresse.

Elle se demandait bien comment un vulgaire canasson pouvait brasser autant d'argent mais elle se garda bien de le dire. Elle regarda le ticket de Finn qui ne tarda pas à les rejoindre. Il l'enlaça par derrière tandis qu'elle se tenait maintenant près de Lexa qui fixait debout du regard la piste à travers les grandes vitres. Celle-ci tourna un regard peu intéressé vers le couple quand la blonde se cala contre le jeune homme pour profiter de l'étreinte.

Les tribunes débordaient de monde et elle se sentit bien heureuse d'être tranquillement installée dans une loge privée pour admirer la course. Aden de son côté se posta aux côtés de sa sœur pour mieux admirer l'entrée de leur jument familiale. Elle était grande et fine, très calme comparé à ses concurrents qui étaient pour la majorité en muscles et très tendus.

- Elle est magnifique, sourit Aden en embrassant la joue de sa sœur qui sourit.

- Un peu maigrichonne pour une gagnante, remarqua Finn.

- C'est ce qu'on va voir, s'amusa le blond.

- Little Bastard est bien plus côté qu'Infinity tout comme Mon Amour À La Française. C'est quoi ce nom sérieux, grogna t-il.

- Lexa dit que tu vas perdre. J'espère que tu n'as pas parié trop d'argent ? Demanda sa petite amie.

- Hm, 5000 euros pourquoi ?

- Quoi ?! Mais tu es malade ! Finn enfin ! Tu n'as pas cet argent !

- Mes gains peuvent se multiplier par dix si j'ai le trio gagnant ma puce !

- Non mais je rêve, grommela la blonde en se détachant du brun pour aller bouder à son opposé.

Le brun grimaça tandis que Lexa se délectait de la petite scène de couple. Nul doute que le brun allait passer un mauvais quart d'heure dans moins d'une demi heure car les chevaux sur lesquels il avait parié ne faisaient pas partie des plans de la mafia. Gustus s'était personnellement assuré de visiter les jockeys pour leur proposer un petit arrangement en bonne et dû forme.


« Little Bastard remonte en flèche ! Ouiii il se donne à fond dans le dernier tournant de cette course ! Oh mon DIEU ! Mais que se passe t-il ?! La numéro 8 Infinity Star remonte telle une étoile filante de sa cinquième position ! Elle se détache du groupe pour mieux se lâcher sur les derniers cinq cent mètres ! Elle arrive sur le trio gagnant ! Non ! Mon Amour ne se laisse pas faire ! Il refuse de céder sa seconde place ! Mais Infinity Star ne lâche rien ! Elle pique un sprint hallucinant ! »

- NON ! Hurla Finn en cognant contre les vitres en voyant la jument alezane dépasser de justesse le trio gagnant sur lequel il avait joué.

Clarke regarda les chevaux passer la ligne d'arrivée d'un air dépité : ils venaient de perdre un salaire en l'espace de cinq minutes. Bien qu'elle était en formation de chirurgienne, elle n'était pas encore payée comme une reine et Finn était loin de toucher beaucoup d'argent avec son poste dans la police. Elle poussa un soupir tandis qu'Aden lui, hurlait de joie en secouant le ticket de sa sœur.

- On a gagné ! On a gagné ! Scandait-il.

- Aden du calme, lui rappela la femme qui l'accompagnait.

- Désolée Anya, on a gagné putain ! Elle a gagné ! Tu avais raison grande sœur !

Lexa lui sourit finement pour se tourner vers Clarke qui semblait au bord de la crise de nerfs et prête à étrangler son petit-ami.

- Les aléas des paris, sourit-elle.

- Putain j'étais sûr de gagner avec ce trio ma puce je te jure ! J'avais fait des recherches et tout !

- Finn, tais-toi avant que je te fasse manger ton ticket. Tu n'as pas cet argent ! C'est mon argent que tu as parié, pas le tien. Comment vais-je payer l'appartement ce mois-ci ?!

Cela fit hausser un sourcil à la brune qui se tourna vers le petit ami de la blonde :

- Vous pariez de l'argent qui ne vous appartient pas ?

- Je lui ai emprunté… Je vais lui rendre, se justifia t-il.

- Je l'espère pour vous.

Elle se retint de rajouter quelque chose et donna son ticket à son homme de main s'appelant Ryder pour qu'il aille réclamer ses gains afin de les transformer en un chèque pour l'association dont elle était la marraine. Alors que Clarke descendait d'un air colérique les escaliers, Gustus tendit une carte professionnelle :

- Docteur Griffin, Becca m'a demandé de vous transmettre que notre famille recherche actuellement un médecin/chirurgien personnel.

Clarke se rappela soudainement que le médecin de sa patronne était mort dans la tentative d'assassinat de cette dernière. Elle ne se voyait pas du tout en médecin de famille, elle qui était si engagée pour l'hôpital dans lequel elle travaillait, mais au vu des tendances de jeux de Finn, il allait peut-être falloir envisager une seconde rentrée d'argent. Ce n'était pas la première fois qu'il lui faisait le coup : ses soirées poker entre amis le laissaient souvent sans le sou et elle se retrouvait souvent seule à payer les frais de la vie quotidienne. C'était aussi une des raisons pour lesquelles leur couple mourait à petit feu bien qu'elle aimait à oublier cette addiction aux jeux qu'avait Finn. Malgré son salaire agréable de médecin, elle avait dû mal à mettre de l'argent de côté avec les dépenses et dettes régulières de son petit ami.

- Je vais y réfléchir, merci Monsieur Giordano.

Gustus sembla apprécier qu'elle utilise son nom de famille. Cette femme était loin d'être stupide. Il surprit le regard intéressé de Lexa après le départ de la blonde et se contenta d'un simple signe de tête pour signifier que la première approche était faite… En toute innocence.


Finn sortit du commissariat après avoir salué ses collègues d'un signe. Ce soir là, il rentrait à pied : Clarke lui avait gentiment demandé sa voiture pour pouvoir sortir avec Octavia et autant dire qu'il avait nombre d'efforts à fournir pour réussir à se faire pardonner de la grosse perte d'argent que sa petite amie avait dû payer suite à la course du Grand Prix de Sicile il y a deux semaines. Mains dans les poches et changé en tenue de civil, il avançait d'un pas tranquille dans les rues de Syracuse. Leur appartement n'était qu'à vingt-cinq minutes de marche. Les rues étaient vides à cette heure tardive, il devait être autour des trois heures du matin. Alors qu'il tournait à l'angle d'une rue, il repéra deux hommes se mettre en marche dans sa direction. Il décida d'accélérer le pas, soudain pris d'un mauvais pressentiment. Un nouveau coup d'œil lui permit de confirmer ses soupçons : on le suivait. Il continua à marcher imperturbable, tout en surveillant discrètement et alors qu'il n'était qu'à moins de cinq minutes de l'appartement, il se mit à courir.

Les pas s'accélèrent derrière lui et alors qu'il pensait être hors de danger, un marchand de superette de nuit qui rentrait ses derniers produits tendit sa jambe pour le faire tomber. Finn s'étala sur le sol avant de se faire soulever par le col par l'un des deux hommes qui le suivaient. Ils s'enfoncèrent tous les trois dans une ruelle sombre. Un grand bruit s'ensuivit quand le corps du brun se heurta dans les conteneurs à ordures.

- Alors Collins, on essaye de nous éviter ? Lui susurra un homme en chemise noire.

- Pas du tout, se défendit-il. Vous m'avez fait peur c'est tout. Les flics ne sont pas très bien vus ces derniers temps.

- Les voleurs non plus, si tu veux savoir.

- Je ne suis pas un voleur !

- Où est l'argent que tu nous dois ? La date de paiement est dépassée.

- J'ai un peu de retard… Je suis désolé, s'excusa t-il.

- Désolé ? Ricana le deuxième. Qu'est-ce qu'on en a foutre de ton pardon ? Un homme qui ne paye pas ses dettes est un homme mort.

Une lame se déplia pour aller se coller sous la gorge du jeune homme qui retint sa respiration.

- Attends ! Je vais tout vous rembourser et avec les intérêts !

- Mensonges !

- Je le jure ! Laisse-moi juste deux jours ! Je paierai en liquide !

La peau commença à saigner sous l'appui du mafieux mais son collègue le stoppa d'un geste.

- Dernière chance Collins, la prochaine fois c'est ta petite amie qui paiera pour toi. En nature.

- Clarke ?! Non ! Elle y est pour rien !

- Balance-moi ce déchet là où il doit être !

Un coup de poing partit en plein dans le visage du jeune homme avant qu'il ne se sente soulevé pour atterrir directement dans un des conteneurs plein d'ordures. Le brun se retint de vomir sous l'odeur pestilentielle. Il grimaça de douleur avant de se relever pour sortir tant bien que mal et se remettre en marche vers l'appartement non sans vérifier plusieurs fois ses arrières.

Les deux mafieux n'avaient pas traîné après être sortis de la ruelle, celui à la chemise noire s'alluma une cigarette et tout en expirant la fumée il sourit :

- J'espère qu'il ne paiera pas.

- Pour avoir le plaisir de tuer un poulet ?

- On ne le tuera pas. Un poulet qui chante est bien plus utile, mais j'irais m'occuper de sa mignonne petite blonde en guise de paiement.

- Tss… Les femmes te perdront un jour Quint, elles te rendent faible.

- Ta gueule, si j'étais faible, les Barzetti ne m'auraient pas octroyé le privilège de m'occuper de cette petite salope de Costia Adamo. Je me rappelle encore… ses supplications lorsque je la violais et qu'elle appelait cette bâtarde que ces traîtres aiment appeler Dona aujourd'hui.

- Ne t'en vante pas dans la rue, il y a des oreilles partout. Si la Dona l'apprend, je ne donne pas cher de ta peau. Elle donnerait n'importe quoi pour trouver qui a tué sa petite amourette de jeunesse.

Un rictus sadique se dessina sur le bas de son visage tandis que Quint glissait une main sur son crâne rasé.


Quand Clarke rentra à l'appartement, elle le trouva sans dessus dessous avec un Finn au bord de la crise de nerfs qui fouillait dans leur cachette d'argent.

- Finn ? Mais qu'est-ce que tu fais ?!

- Je cherche l'argent qu'il y avait ici !

- Pourquoi faire ? L'interrogea t-elle durement.

- J'en ai besoin !

- Qu'est-ce que tu as à l'œil ?

La médecin s'approcha pour saisir le visage de son petit ami et y voir son œil gonflé. Nul doute qu'il avait été frappé.

- Qui t'as fait ça ?

- C'est pas important…

- Si ça l'est ! Tu es policier ! Depuis quand on frappe la police ?!

- J'étais en civil… Ça n'a rien à voir avec mon job.

- C'est encore un jeu d'argent, c'est ça ?

Finn baissa les yeux avant de laisser des larmes couler le long de ses joues et d'enfouir son visage entre ses mains.

- Je suis tellement désolée mon cœur… Je ne te mérite vraiment pas…

- Qu'est-ce que tu as fait encore ?

- C'est… C'est de l'argent que je devais avant qu'on ne se rencontre je le jure… J'étais encore en études pour passer Sous-Lieutenant et tout seul, je galérais à m'en sortir… Les banques me refusaient les prêts alors j'ai emprunté de l'argent à des types lors d'une soirée poker. Ça avait l'air honnête mais les intérêts sont devenus très vite impossible à rembourser. Ils m'ont proposé de me laisser deux ans pour me refaire. Je pensais qu'ils avaient oublié…

- Tu as emprunté de l'argent à des hommes que tu ne connais pas ? Fit Clarke soudain blanche.

La blonde expira lentement alors qu'elle était accroupie près de Finn qui pleurait. Bon sang qu'elle avait envie de l'étriper à ce moment précis mais le voir dans cette détresse la rendait tout autant malheureuse. Quand grandirait-il un jour ? Elle soupira avant de passer ses bras autour de sa nuque pour l'inciter à venir se serrer contre elle et lui frotter doucement le dos pour le calmer.

- Combien est-ce que tu dois ?

- Cinquante mille euros.

Clarke manqua tomber à la renverse sous la mention d'une telle somme. Elle se détacha de lui pour se relever et marcher d'un air paniqué dans la pièce.

- Cinquante mille… Bordel mais qui peut fournir une telle somme ?! Quand dois-tu les payer ?

- Dans deux jours. En liquide…

- Tu dois en parler à Bellamy !

- Hors de question ! Je perdrais mon boulot, je ne peux pas ! Clarke… Ils m'ont menacé de te faire du mal si jamais je ne payais pas… Je vais me présenter à eux même sans l'argent…

- Pour qu'ils te tuent ? Est-ce que tu réfléchis un peu bon sang ?! Mieux vaut perdre ton travail que ta vie.

- Tu pourrais m'avancer une telle somme…? Hésita t-il.

- Comment je le pourrais Finn ? J'ai déjà dû m'arranger avec le propriétaire pour le payer le mois prochain ! Je te signale que tu as fumé mon précédent salaire dans cette course hippique merdique ! Mes comptes sont quasiment à secs avec tes putains de conneries !

Finn sembla réfléchir un instant à la mention des courses hippiques.

- Tu t'entends bien avec cette Lexa Donati non ?

- Quel est le rapport ?! S'offusqua Clarke.

- Peut-être qu'elle accepterait de prêter…

- STOP ! Je t'arrête tout de suite ! Il n'est pas question que je demande de l'argent à Lexa Donati ou Becca Giordano ! Ce sont tes conneries pas les miennes ! J'ai une réputation à tenir !

- Oui tu as raison… Je suis désolé… Soupira t-il.

Clarke glissa sa main dans ses cheveux blonds ondulés en soupirant : elle qui venait de passer une bonne soirée, voilà que Finn la ruinait de nouveau, mais elle ne pouvait cacher qu'elle avait très peur pour le brun. Payer le prix fort pour une erreur de jeunesse…

- Tu dors sur le canapé cette nuit, le prévint-elle en allant s'enfermer dans la chambre.


Le soleil tapait fort alors que Clarke sortait du SUV Porsche gris métallisé que conduisait l'homme s'appelant Gustus. Elle avait eu beau réfléchir toute la nuit, la seule solution pour sortir Finn de ses ennuis d'argent était qu'elle travaille personnellement pour les Giordano et qu'elle demande une grosse avance. Elle avait appelé le numéro sur la carte que le garde du corps de la Donati lui avait donné et était tombé sur ce dernier. Elle n'avait pas dit la raison de ce changement d'avis précipité évidemment mais avait proposé d'organiser une rencontre au plus vite afin de discuter des attentes de Becca.

La blonde se paralysa devant les chiens de garde noirs qui s'approchèrent d'elle pour la renifler et la jauger en grognant légèrement. Gustus les chassa avec un ordre en sicilien ce qui fit hausser les sourcils à la jeune médecin. Étaient-ils dressés avec ce langage ? Le grand brun lui fit signe de la suivre, aussi s'appliqua t-elle à marcher dans ses pas. La propriété de Becca était immense et perdue dans les hauteurs de l'île tout comme les plus belles propriétés de celle-ci. Elle arriva finalement à une terrasse après avoir longé ce qui semblait être un court de tennis privé où des enfants jouaient avec énergie, surveillés par un homme du même style que Gustus. Becca était assise à une immense table en pierre en compagnie de Lexa, elles buvaient visiblement un café et des assiettes empilées ainsi que d'autres victuailles entamées indiquaient qu'elles avaient déjeuné ensemble.

Quand le regard de la belle brune se leva sur elle, Clarke se sentit horriblement gênée. Elle n'aimait pas se sentir inférieure, or bien qu'elle cachait son jeu, ce qu'elle allait faire là n'était autre qu'une vente de ses capacités professionnelles.

- Clarke ! Quel plaisir de vous recevoir dans ma propriété ! Depuis le temps que je vous invite à venir profiter de la piscine et du court de tennis !

- Bonjour Becca… Merci de me recevoir aussi vite, répondit poliment la blonde. Lexa, rajouta t-elle avec un signe de tête poli pour la brune.

- Installez-vous ma belle ! Voulez-vous un café ? J'espère que la présence de Lexa ne vous dérange pas, nous avions prévu de nous voir aujourd'hui et je dois dire que votre appel m'a pour le moins surprise !

- Aucun problème. Je veux bien un verre d'eau si vous avez, souffla Clarke en s'installant en face des deux femmes.

Tandis qu'on apportait un grand verre d'eau fraîche à la blonde, Lexa s'amusa à observer de derrière ses lunettes de soleil les mimiques du corps de la jeune femme qui démontrait tous les signes du malaise et de l'inconfort. La jeune médecin semblait avoir honte d'être ici. Ses belles mains se saisirent du grand verre pour boire lentement et profiter d'un peu de fraîcheur. Son visage était un vrai plaisir pour les yeux et sa gorge semblait délicieuse. La brune se surprit à penser qu'elle aimerait sans doute y poser quelques baisers. Pour oublier cette pensée, elle se contenta d'amener sa tasse de café à ses lèvres. Becca semblait ne plus en pouvoir d'attendre après Clarke qui n'osait pas prendre la parole, aussi décida t-elle d'entamer la conversation :

- Alors dites-moi Clarke, avez-vous réfléchie à la proposition que Gustus vous a faite par mon intermédiaire ?

La blonde se lécha les lèvres avant de se les mordiller d'hésitation, ce qui ne fit qu'accroitre les pupilles de Lexa qui se délecta de sa position de force derrière ses verres teintés. Cette femme avait un charme naturel qui avait tendance à un peu trop la distraire.

- Votre offre est tentante Becca, mais j'aimerais savoir si je pourrais continuer à travailler à l'hôpital ?

- Bien entendu Clarke, je ne vais pas vous monopoliser 24h sur 24h ! Si je vous ai proposé ce poste c'est uniquement parce que j'ai assez confiance en vous et vos capacités pour devenir mon médecin de famille ainsi que celui des Donati.

Les yeux azurs de Clarke se tournèrent vers Lexa qui semblait tout aussi surprise de l'annonce de Becca.

- Vous avez aussi besoin d'un médecin de famille Lexa ? S'étonna Clarke.

- Apparemment, répondit la brune qui s'était rapidement reprise.

- Lexa a tendance à trop se surmener. Mon précédent médecin ne cessait de le dire mais elle refuse d'entendre. J'imagine qu'une jeune docteur aussi acharnée que vous réussira à la convaincre de déléguer certaines de ses tâches.

Lexa secoua doucement la tête, amusée par la tentative de sa fidèle amie pour l'obliger à se reposer un peu.

- Si elle est aussi caractérielle que vous l'êtes Becca, je crains de ne rien pouvoir faire, sourit la blonde légèrement amusée.

- Je suis sûre que vous réussirez à la convaincre. Bien, nous allons pouvoir signer votre contrat alors.

Gustus amena une pochette en cuir noir dans laquelle se trouvait un contrat d'une dizaine de pages ainsi qu'un stylo Mont Blanc aux tons bleus océan magnifique. Clarke expira lentement en se saisissant de ce dernier pour l'observer. Elle entrait dans le monde du luxe et cela la terrifiait. Bien sûr elle avait été élevée dans un monde aisé grâce à sa mère médecin et son père ingénieur mais celui de Becca Giordano et Lexa Donati était un cran au dessus. Ce stylo devait valoir une petite fortune. Ses yeux glissèrent sur le contrat qui lui paraissait bien trop épais pour un contrat normal. Timidement, elle se mit à le lire sous le regard des deux femmes.

- Il y a beaucoup de clauses à respecter… Souffla t-elle impressionnée.

- C'est l'inconvénient d'être notre médecin de famille.

- Accepter si nécessaire l'escorte d'un garde du corps ? S'étonna t-elle en tournant une page.

- Dois-je vous rappeler comment mon dernier médecin a terminé ?

- Non non… Être toujours disponible et à n'importe quel moment… Pouvez-vous être plus précise ?

- Bien sûr, je peux tout comme Lexa ou Aden son jeune frère, vous appeler afin de vous faire venir n'importe quel jour et à n'importe quelle heure.

- Excusez-moi d'être aussi pointilleuse… Mais imaginons que je sois en intervention chirurgicale… Comment dois-je procéder ?

- Vous appelez un relais pour vous remplacer.

Clarke ouvrit la bouche de stupéfaction. Abandonner un de ses patients ? Comment le pourrait-elle ? Ce que lui demandait Becca était impossible.

- Je ne crois pas pouvoir accepter cette clause Becca… Soyons sérieuses…

- Donc vous estimez la vie de Madame Donati ou la mienne moins importante que celle d'un inconnu ?

- Ce n'est pas ce que j'ai dit… S'offusqua presque Clarke. Déontologiquement, c'est à l'encontre de mes convictions. Je ne peux pas me résoudre à abandonner une personne blessée que j'opère pour me déplacer afin de diagnostiquer et soigner un rhume par exemple.

- Il le faudra pourtant Clarke si vous voulez travailler pour nous.

- Je vois…

Les doigts de la blonde continuèrent à tourner les pages en silence avant de se figer devant son salaire :

- Cinquante-cinq mille euros par mois ? Balbutia t-elle.

- À combien estimez-vous vos capacités Clarke ? Je peux monter jusqu'à soixante dix mille euros si vous le souhaitez. Vous êtes une jeune femme très talentueuse.

Lexa se garda bien d'intervenir face à la faiblesse de Becca. En affaires on ne propose pas plus du prix convenu avant que l'autre partie n'ait fait une contre-offre…

- Becca ce n'était pas un reproche… Je touche actuellement entre cinq et six mille euros par mois avec l'hôpital. Vous multipliez par dix mes revenus avec ce contrat de travail. Votre ancien médecin touchait une pareille somme ?

- Il me coûtait cent mille euros par mois, son ancienneté et sa popularité jouaient en sa faveur. Je vous laisse imaginer combien il m'extorquait par an, sourit-elle.

La médecin se laissa glisser au fond de son fauteuil de jardin, complètement abasourdie.

- Clarke, allons, vous savez très bien que malgré vos débuts vous méritez cet argent.

- Je n'en suis pas si sûre… Je sauve des vies parce que c'est mon devoir, je ne le fais pas pour l'argent… J'ai l'impression d'être une voleuse.

- Voleur est celui qui utilise de l'argent ne lui appartenant pas, lança Lexa en retirant ses lunettes de soleil pour fixer ses yeux verts dans ceux bleus de la médecin.

Clarke baissa les yeux sous cette estocade douloureuse. Elle savait très bien de qui parlait la brune : Finn.

- Très bien, j'accepte.

- Magnifique ! S'exclama Becca ravie. Augusta ! Allez chercher l'un de mes meilleurs champagnes ! Nous accueillons un nouveau membre dans notre grande famille !

- Becca… Juste une chose… Pourrais-je vous demander un immense service ?

- Demandez ! Demandez !

- Est-il possible de me faire une avance sur mon premier salaire…? En liquide si possible…

- Je n'y vois pas d'inconvénient ! Je vais appeler mon banquier immédiatement ! Sourit la politicienne en se levant pour entrer à l'intérieur.

Lexa s'était redressée dans son fauteuil à cette demande plutôt inattendue de la part de la blonde qui cinq minutes plus tôt se refusait à toucher une si grosse somme d'argent. Sa veste de tailleur était soigneusement pliée sur une chaise près d'elle, aussi lorsqu'elle se pencha pour mieux fixer Clarke, sa chemise blanche offrit de par sa position une vue magnifique sur un léger décolleté loin d'être désagréable pour les yeux. Clarke s'enfonça un peu plus dans son fauteuil en voyant la brune si intrusive rien que par un regard. Elle détourna rapidement les yeux de sa poitrine en sentant ses joues s'échauffer et se saisit de son verre d'eau pour faire passer son trouble comme un facteur provoqué par la chaleur extérieure.

- Cinquante-cinq mille euros en liquide… Vous comptez vous offrir un weekend en amoureux sur une île privée Clarke ?

- Pas vraiment non…

- Dites-moi la vérité. Je sais d'avance que vous avez accepté par pure obligation.

- Quoi ? Non… Je vous assure.

- Ne mentez pas ! Je vous l'interdis. Lança durement Lexa en claquant sa main sur la table, ce qui fit sursauter la blonde.

Devant la mine effrayée de Clarke, la brune humidifia ses lèvres en claquant légèrement de la langue. Elle prit une inspiration avant de se reprendre :

- Pardonnez ma colère. Je ne supporte pas quand quelqu'un me ment. Je n'avais pas à vous parler de la sorte. Vous n'avez rien signé encore.

- Parce que vous comptez me parler ainsi quand je travaillerai pour vous ? S'enquit la blonde loin d'être prête à se laisser rosser gratuitement.

- Non, fit Lexa en fixant son regard dans celui de Clarke.

Comme celle-ci détournait à nouveau les yeux, la brune se leva et fit le tour de la table pour se retrouver près de Clarke. Elle amena ses doigts fins sur le visage de la docteur pour l'obliger à la regarder droit dans les yeux.

- Regardez-moi quand je vous parle Clarke.

- Désolée… Souffla la blonde effrayée.

- Dites-moi la vérité : est-ce que je vous fais peur ?

Clarke se mordit les lèvres à cette question. Est-ce que cette Lexa lui faisait peur ? Bien sûr qu'elle l'effrayait. Son aura était écrasante d'autorité et au plus profond d'elle-même elle était morte de trouille face aux réactions que son corps développait devant la magnifique brune.

- … Oui, avoua t-elle finalement.

- Bien. C'est un bon début, acquiesça la brune. Maintenant, dites-moi ce que vous allez faire de cet argent.

- … Je vais le donner à Finn.

- Votre compagnon ?

- Oui.

- Pourquoi en a t-il besoin ?

- Il en a besoin, c'est tout, fit la blonde en secouant la tête.

Les doigts de Lexa se firent un peu plus appuyés sur la peau de la jeune femme tandis qu'elle semblait la fouiller au plus profond d'elle-même avec ces maudites pupilles vertes inquisitrices.

- Il doit une grosse somme d'argent à des hommes que je ne connais pas, avoua t-elle.

- Vous vous vendez pour lui ?

- Il a toujours été là pour moi… Je l'aime…

- Et lui vous aime t-il vraiment pour vous traiter aussi durement ? Vous prostitueriez-vous pour lui s'il vous le demandait ?

- Non bien sûr que non… Répondit Clarke en secouant la tête.

- Pourtant c'est ce que vous venez de faire Docteur Griffin. Cet argent est le vôtre pas le sien. Il a déjà abusé de votre générosité lors de la course il y a deux semaines. Quand allez-vous poser des limites ?

- Ce sera la dernière fois que je l'aide. S'il recommence ce sera terminé. Il m'a promis qu'il arrêterait…

- Je l'espère sincèrement pour vous Clarke.

Clarke sentit le contact se rompre entre elle et Lexa lorsque celle-ci retira ses doigts, ce qui lui provoqua un léger pincement au cœur. Bien qu'elle avait été sincèrement effrayée par le comportement de la grande et charismatique femme, elle avait été plus qu'émoustillée par l'intérêt qu'elle lui avait porté en plus de ce contact physique. Quel patron irait interroger aussi intimement son futur employé sur sa vie privée ?

Becca revint avec le sourire et annonça à la blonde qu'un de ses hommes viendrait lui livrer son premier salaire en fin de journée. Clarke la remercia humblement avant de prétexter un rendez-vous urgent après avoir regardé son portable. Elle signa le contrat rapidement en parafant toutes les pages de ses initiales avant de disparaître de la propriété.

Lexa s'approcha de Gustus avant qu'il ne se mette à suivre Clarke jusqu'à la voiture pour la raccompagner chez elle :

- Trouve-moi des informations sur ce Finn Collins et fais le suivre.


Alors est-ce que ce nouveau chapitre vous a plu ? Avez-vous envie de défoncer Finn et vous agenouiller devant Lexa (moi oui perso xD) ? :D Je vous dis à lundi prochain ! D'autres personnages feront leur apparition dans le chapitre 3 !

N'hésitez pas laisser une review pour me donner votre avis ! Pour patienter, je vous conseille d'aller lire Passenger Side sans oublier de laisser une review ! MagRd le mérite à donnnnf !C'est ultra dur la traduction ! Je suis complètement fan ! Faites lui péter son compteur ! :D