Yoo ! Me revoilà pour le chapitre 3 que je trouve assez calme ! Merci pour vos reviews/mp's, follows et favs, ils me font énormément plaisir :) Un grand merci au passage aux guests qui continuent de me suivre et commenter : Lois 13, ClexHeda, Aher69 et shameleliza !

Relecture by doubi, merci à lui. Bonne lecture !


Chapitre 3 : Nouvelles règles


Le garage Del Corvo tenue par Raven Reyes restait le meilleur pour venir faire réparer ou trafiquer ses véhicules au moindre coût. Celui-ci était situé dans la campagne lointaine de Syracuse non loin du hameau de Cassibile. L'endroit était parfait aux yeux de la mécanicienne : complètement perdu dans la campagne et en plus du garage, elle avait un terrain qu'elle avait transformé en une casse-auto de taille moyenne où elle pouvait récupérer des pièces sur les épaves que les dépanneurs de la région lui apportaient contre une bouchée de pain. Son garage avait rapidement intéressé la mafia.

Aussi, à peine un mois après son installation, avait-elle reçu la visite d'hommes de main de différentes familles mafieuses installées pour négocier au sujet de quelques affaires malhonnêtes. Bien que Raven était loin d'être la personne la plus intègre et honnête de l'île, elle restait une personne brillante et sachant renifler les bons plans. Si l'argent aurait pu l'intéresser, aucune des sommes proposées ne valaient le coup d'y risquer sa peau ou son affaire. Les menaces et la violence n'avaient rien changé puisque l'intelligente brune cachait derrière son comptoir un bon gros fusil de chasse qu'elle se plaisait à sortir lorsque son compteur de patience était atteint, sans compter les petits pièges ingénieux qu'elle avait conçu pour empêcher les téméraires de venir lui saboter son entreprise de nuit. Nombre de branleurs s'étaient pris un plomb dans le cul, lui assurant alors une réputation de corbeau maudit.

Néanmoins, celle qui l'avait fait changer d'avis n'était autre que celle que tous dans le milieu aimait à appeler Dona. Elle se rappelait encore de leur première rencontre. Pas d'homme de main pour faire l'intermédiaire, Lexa Donati avait fait le déplacement pour jauger de ses propres yeux la qualité de la marchandise… Oh oui, elle se rappelait la façon dont elles s'étaient fixées du regard avec cet air sauvage et affamé toutes les deux. Alors que son fusil se baissait, ses yeux marrons étaient venus apprécier les courbes superbes du corps de la riche héritière qui n'avait pas paru gênée une seule seconde de se présenter comme la Dona de la Sicile en personne. La mécanicienne avait alors su immédiatement qu'elles étaient faites l'une pour l'autre. D'un geste parfaitement maîtrisé, elle avait attrapé la brune par la taille pour coller leurs deux corps et lui susurrer un « Bellisima » à l'oreille afin de mieux la charmer pour ensuite amener ses lèvres…

- REYES BORDEL ! Beugla la voix de Wick en frappant contre la porte du bureau de la mécanicienne.

- Hein ?! Que… Quoi ? On nous attaque ?!

Raven sursauta de son vieux canapé défoncé en retirant le chiffon sale qu'elle avait sur les yeux. Elle essuya aussi d'un mouvement rapide le léger filet de bave qui s'était échappé de sa bouche. Sans doute dû à son feu rêve fantasmagorique sur sa patronne secrète. Elle se frotta les yeux d'un air bougon avant de hurler :

- Putain Wick je faisais un rêve hyper agréable ! TU FAIS CHIER ! Si tu m'as réveillé pour rien je te jure que je te ferais rentrer dans la broyeuse avant ce soir pour avoir le plaisir de te voir ressortir en format cube !

- Il y a une commande spéciale pour toi alors magne-toi le fion !

La mécano grommela encore un peu avant d'enfiler en vitesse son treillis noir et son débardeur blanc tâché de partout pour ne pas se montrer en sous-vêtements devant son client. Elle haussa un sourcil en récupérant sur son bureau un string rose.

- Hm… Qu'est-ce que tu fais là toi ? Ta proprio a dû t'oublier la nuit dernière…

Le sous-vêtement termina dans la corbeille à papiers. La brune déverrouilla la porte de son bureau pour se diriger machinalement vers le comptoir des commandes. Ses doigts se saisirent d'un gobelet propre pour se servir un café plus que tiède. Elle grimaça tout en renversant celui-ci par terre d'un air dégoûté :

- Putain Wick, tu l'as fait avec tes chaussettes ce café ? Il est infecte !

- Au moins je fais du café ! Répondit le blond penché sur le moteur d'une voiture.

- Je me demande bien à quoi je te paye bon à rien !

- Reyes, j'ai pas toute la journée, l'appela la voix d'une belle femme avec des mèches blondes.

- Ooooh Anya ! Que me vaut le privilège de ta visite ?! S'exclama Raven en sautillant jusque derrière le comptoir de commandes.

Anya fixa d'un air blasé la jeune femme devant elle. Elle savait que la mécanicienne la tenait en admiration depuis qu'elle était venue pour une commande : celle-ci l'avait longuement harcelé pour partager un verre en sa compagnie, ce qu'avait bien entendu refusé la mafieuse. Malheureusement Raven était très capricieuse et refusait de traiter avec les subordonnées, aussi faisait-elle partie du trio gagnant ayant le privilège de passer les commandes avec Ryder et Gustus.

- Que puis-je pour toi beauté fatale ?

- J'ai besoin d'un nouveau SUV Porsche.

- Hm hm… Pour quand ?

- Tu as trois semaines.

- Tu l'auras dans deux si tu acceptes de prendre un café avec moi, lui proposa la mécanicienne avec un sourire goguenard et des yeux en cœur.

- À dans deux semaines Reyes, répondit Anya en posant une enveloppe épaisse avant de se diriger vers la sortie.

- Hey ! Ça veut dire oui pour le café alors ?

Seul un majeur levé lui répondit ce qui la fit ricaner. Elle récupéra l'enveloppe pour la planquer dans une de ses nombreuses poches de pantalon.

- T'as pas encore compris que cette nana était hétéro ou quoi ?

- J'm'en fous, qui ne tente rien n'a rien héhé. Tu devrais le savoir Wick.

Les mains du blond vinrent se poser délicatement sur la taille de la brune qui se détacha d'un air offusqué avant de lui claquer la joue :

- Aïe ! Mais tu as dit que…

- Plus jamais Wick. Une fois ça m'a suffit. C'était vraiment trop bizarre après au réveil.

- Hm… Ouais c'est vrai, c'était chelou, sourit-il.

- Va bosser sale pervers maintenant. Et bas les pattes.

- C'est l'hôpital qui se fout de la charité, se moqua le blond en repartant vers son véhicule.


- INCAPABLES ! Vous n'êtes que des incapables ! Hurla une femme la cinquantaine passée sur deux hommes devant elle qui avaient le regard fixé par terre.

- Pardonnez-nous Madame Barzetti, mais il est impossible de s'approcher de Becca Giordano. Elle est tout le temps protégée par des gardes du corps depuis l'échec du mois dernier…

- Peu importe ! Je ne compte même plus le nombre de fois que cette petite garce de Lexa Donati nous a craché au visage ! Je veux cette politicienne morte !

Les hommes de main décidèrent de rester muet pour ne pas envenimer la situation. Un jeune homme d'une trentaine d'année descendit les escaliers de la demeure, jouant avec une pomme tandis que la femme attrapait tout ce qu'elle avait sous la main pour le briser au sol ou le jeter sur ses subordonnés qui n'osaient même pas se protéger.

Grand et doté d'une musculature épaisse, ses cheveux châtain étaient mi-longs et attachés en un catogan soigné. Une barbe courte et soigneusement taillée habillait son grand et fin visage. Il portait un jean noir surmonté d'une chemise blanche au col largement déboutonné. Ses yeux d'un bleu azur parfait se fixèrent sur la scène alors qu'il croquait nonchalamment dans le fruit juteux.

- Roan ! Cette Donati nous rend la vie impossible !

- Tu lui as rendue la sienne impossible bien avant mère. Tu ne fais que récolter les coups de bâton promis après chaque transgression.

- Comment oses-tu dire ça ?! Cette garce nous a volé notre héritage ! Ce petit morveux d'Aden n'aurait jamais eu les épaules assez solides pour reprendre la suite de ce vieux débris de Titus ! Tout était parfait avant qu'elle ne revienne et ne se fasse appeler Dona ! Tu devrais être le Don ! Nous sommes la deuxième plus grande famille après les Donati ! C'est inadmissible !

Roan essuya un coin de sa bouche d'un air peu intéressé tandis qu'il se stoppait pour s'accouder à la balustrade du grand escalier de marbre. Ses dents croquèrent de nouveau dans le fruit, ce qui eut raison da la patience de sa mère Nia qui jeta au sol un vase hors de prix. Celui-ci se brisa avec fracas avant que la vieille femme blonde n'énonce :

- Vol de notre titre de Don ! Vol de nos territoires et entreprises ! Coopération avec la police ! Elle leur a alloué 100 000 euros non mais tu le crois ?! Traîtresse ! Mise en échec pour éliminer cette folle de Becca Giordano ! Je ne sais pas comment elle a fait mais elle a trouvé les deux assassins et m'a fait envoyer la tête de l'un d'entre eux en plein milieu de la nuit ! COMMENT OSE T-ELLE M'INSULTER DE LA SORTE ?! Maintenant Emilio qui est retrouvé mort par son fils dans sa propre chambre froide de boucherie ! C'est elle c'est sûr ! C'est un message ! Elle veut la guerre et elle l'aura cette petite garce ! Tout comme à sa mère je ne lui ferais aucun cadeau !

Son fils retint un bâillement agacé. Les Barzetti avaient toujours été la seconde famille la plus importante dans le cercle de la mafia sicilienne, surveillant méticuleusement le bon moment pour récupérer le pouvoir du Don. Roan avait appris comme n'importe quel héritier comment les différentes unions arrangées des générations passées avaient permis une telle ascension sociale.

Sa mère Nia, avait pris les commandes de la famille après la mort de son frère et son mari. Elle l'avait maintes fois encouragé à aller séduire la petite fille de Don Titus alors qu'ils étaient adolescents lors des repas rassemblant toutes les familles. Cela n'avait pas fonctionné. Les deux jeunes s'étaient montrés tout sauf compatibles au grand damne de Titus qui aurait apprécié acquérir une paix durable au vue des antécédents opposants les deux familles contrairement à Nia qui elle, n'y avait vu qu'une magnifique occasion pour basculer le pouvoir des Donati aux Barzetti.

Nia avait perçu le rejet de Lexa comme une énième insulte au nom des Barzetti puisque la propre fille du Don, Luciana Donati avait rejeté la proposition de mariage d'Alfonso Barzetti, le frère de Nia. Ceci afin d'aller flirter et se marier secrètement avec un gangster américain qui lui avait rapidement donné une fille : Lexa Donati-Woods. Quand la mort frappa Adrian Woods suite à une affaire ayant mal tournée en Amérique, Alfonso Barzetti avait cru bon de réitérer sa demande en mariage une fois le deuil de l'américain fait, mais Luciana s'était une nouvelle fois montrée indomptable et avait de nouveau rejeté la proposition pour tomber amoureuse bien des années plus tard de Leone Moretti, un homme d'une famille mafieuse bien plus basse que la leur jusqu'à ce que celui-ci soit tué par la police lors d'une descente. L'héritière Donati donna naissance peu de temps après la mort de son second compagnon à Aden Donati, arrachant tout espoir aux Barzetti de réclamer le pouvoir grâce à leur héritier masculin incarné par Roan.

Outrés par tant d'insolence et de dépravation de la part de l'unique héritière de Don Titus Donati, les Barzetti avaient orchestré dans l'ombre le meurtre de Luciana qu'ils avaient maquillé en un accident de voiture banal. Malheureusement, contrairement aux indications données par leur informateur, ni Lexa ni Aden ne se trouvaient à l'intérieur de la voiture. Ce secret de famille était évidemment bien gardé et la famille avait été longuement surveillée par Don Titus qui avait soupçonné plus d'une fois une attaque interne dans sa propre mafia. Sans preuves, il lui avait été impossible de faire tomber les Barzetti. S'était alors engagé une entente très froide entre les deux grandes familles qui se transforma en véritable guerre ouverte quand Lexa vint asseoir sa personne et voler le pouvoir du précédent Don au nez de toutes les autres familles.

- Moi, je suis d'accord pour leur faire la guerre, sourit finement une belle jeune fille brune tout en passant et frôlant d'une main les hanches de son grand frère.

Le visage de Nia, travaillé par le temps et la vengeance se leva sur sa fille qui était bien plus entreprenante que son fils aîné. Ontari était une magnifique jeune femme : grande et voluptueuse. Elle avait tout pour attirer les regards sur elle du haut de ses dix neuf ans. Ses cheveux longs étaient d'un châtain foncé brillant et ses yeux noisette savaient exactement quoi faire pour attirer l'attention sur elle. Roan suivit sa sœur qui descendait telle une assassine professionnelle les escaliers pour rejoindre leur mère.

- Ne t'inquiète pas mère, je ne vais faire qu'une bouchée du petit héritier des Donati cet été.

- Tu ferais ça ?

- Les vacances sont arrivées, je sais où l'appâter. Une fois qu'il sera à ma merci, tu n'auras plus qu'à te débarrasser de sa sœur.

- De vraies parraines du crime, soupira Roan en secouant la tête tout en partant vers l'extérieur de la maison.

Les deux femmes se fixèrent du regard, échangeant simplement un sourire mauvais.


Finn regardait l'heure sur son ordinateur de travail : 21h27. Il n'était pas du tout concentré aujourd'hui, incapable d'être productif pour les enquêtes ouvertes sur les agissements de la mafia. Toutes les deux minutes, il vérifiait en amenant son pied sous son bureau, que la valise pleine des cinquante cinq mille euros que Clarke lui avait donné était toujours là. Il n'avait pas osé la laisser à l'appartement de peur de se faire cambrioler. Le seul endroit où elle serait à l'abri était au travail au poste de police avec lui. Une tape sur l'épaule le fit sursauter de sa chaise : Bellamy, un grand jeune homme aux boucles noires fixa son regard sur la page vide ouverte de son ordinateur.

- Dis donc Collins, tu crois que tu es payé à glander ? Il est où le rapport pour le boucher congelé d'il y a deux jours ?

- Hm, désolé Bellamy. Je ne suis pas au mieux de ma forme aujourd'hui. Demain matin au plus tard, tu l'auras sur ton bureau. Promis.

- Ne promets pas des choses que tu ne peux pas faire Finn, je te l'ai déjà dit.

- Hm.

- On va boire un verre avec les collègues après le boulot pour fêter l'anniversaire de Bryan. Tu te joins à nous ?

- Oh hm ça aurait été avec plaisir mais je ne peux pas trop traîner. Clarke me flique en ce moment et j'ai pas envie de l'énerver encore plus.

- Elle te flique ? Pourquoi ?

Le jeune homme fit une moue à la recherche d'une excuse rapide :

- Elle croit que je vois quelqu'un d'autre alors qu'on fait juste tous des heures supp', mentit-il.

- Oh je vois. Si tu veux je peux te signer ta feuille d'heure supp' mais ne crois pas qu'elles te seront payées mon vieux.

- Ouais ce serait cool, ça lui permettrait de faire descendre la pression…

- Je te fais ça pour demain Collins. Bon et bien bonne soirée avec ta copine et n'hésite pas à proposer pour boire un coup, Octavia sera ravie.

- Yep, j'y penserais.

Il vit son supérieur quitter la pièce et regarda les minutes défiler jusqu'à ce qu'il soit dix heures du soir afin de terminer son service. Il enfila sa veste, se saisit de la valise et de sa sacoche en cuir personnelle, quittant le poste de police. À nouveau il avait prêté sa voiture à Clarke car elle avait décidé d'aller directement chez ses nouveaux patrons pour leur faire passer un check-up médical complet. Autant dire que grimper à pied sur les hauteurs de l'île n'avait pas enthousiasmé la belle blonde aussi s'était-elle appropriée la voiture de son petit ami. Finn se mit en marche vers son appartement, il savait que les deux receleurs le trouveraient seuls de toute manière et cela ne loupa pas : les deux hommes l'attendaient patiemment dans la ruelle où il avait été tabassé puis jeté dans une poubelle. Il ralentit le pas prudemment avant de s'approcher d'eux et de souffler à l'homme au crâne rasé :

- J'ai l'argent comme promis.

Le mafieux haussa un sourcil devant la mallette tendue par le jeune homme. Il l'attrapa pour le pousser brusquement à l'abri des regards. D'un geste rapide il lui arracha la valisette des mains pour l'ouvrir sur le couvercle d'un des conteneurs. Ses yeux se plissèrent d'incompréhension devant la somme exacte de la dette. Les liasses de billets étaient soigneusement rangées et empilées. Un claquement sec referma la mallette avant que son agresseur ne prenne la parole :

- Et bien Collins, tu es plein de surprises dis-moi…

- On est quitte maintenant… Vous allez me foutre la paix et ne jamais approcher Clarke n'est-ce pas ?

- Évidemment garçon… On ne maltraite jamais de bons payeurs. Où as-tu eu cet argent ?

- C'est important ?

- Non. Disons qu'il y a cinq mille de trop… Ce serait dommage de nous en faire cadeau. J'ai un plan pour toi si tu veux.

Finn secoua rapidement la tête de manière négative en reculant mais le deuxième homme de main se posta derrière lui pour l'empêcher de fuir.

- Non ! Gardez tout vraiment… Je ne veux juste plus vous revoir ni vous ni personne d'autre !

- Allons, allons, regarde…

Quint attrapa deux liasses de billets pour aller chatouiller le nez du policier avec.

- Je te jure que c'est un plan en or…

- Non vraiment je ne veux pas…

- Tu en es sûr ? Tu pourrais repartir avec plus de ces cinq mille euros tu sais… Pense à ce que tu pourrais acheter à ta petite chérie… Une jolie bague… Une belle voiture…

Le brun se mordilla les lèvres d'hésitation. Il mourrait d'envie de couvrir Clarke de cadeaux mais sans argent c'était plutôt difficile et sa virilité avait été bien anéantie avec sa dernière demande auprès de la jeune médecin qui s'était montrée plus que froide à son égard.

- Juste avec les cinq mille en trop d'accord ? Souffla t-il.

- Oui mon grand, il y a plusieurs tables ne t'en fais pas. Il me semble que tu n'es pas mauvais au poker… Sourit le rasé en glissant les liasses dans sa poche de chemise.

- Je ne me défends pas trop mal, confia Finn plutôt flatté.

- Hahaha ! J'aime les joueurs comme toi ! Allez viens, on t'emmène ! Tu verras, tu ne seras pas déçu. Demain ta petite copine aura un beau diamant à son annulaire !

Le cœur battant et chauffé par l'idée de faire plaisir à Clarke et non pas la décevoir pour une fois, Finn se mit à suivre les deux hommes jusqu'à une berline blanche.


Des cheveux blonds et bruns volaient au vent tandis que les mains de Clarke serraient doucement la taille d'Octavia qui conduisait un vespa bleu ciel sur les hauteurs de l'île.

- Tu me sauves Octavia, vraiment ! Je n'aurais jamais pensé que cette foutue voiture me lâche dans une côte !

- T'inquiète pas ma belle, Blake est toujours là pour assurer ! S'amusa son amie.

- Quand même, c'est la soirée… Tu es fatiguée de ta journée et j'arrive à trouver le moyen de te déranger…

- C'est rien, je t'assure Clarkie. Je ne faisais rien de spécial de toute façon ! Quand est-ce que vous comptez changer cette poubelle qui sert de voiture à Finn dis-moi ?

- Dès que j'aurais l'argent pour m'en acheter une à moi. Je commence à en avoir marre d'être dépendante de sa voiture.

- Ohoho y'a du gaz dans l'air ou je me trompe ?

- Un peu, confia la blonde avec une moue.

- En même temps si vous vous engueuliez pas vous ne seriez pas un vrai couple, tenta de la rassurer la pilote.

- Si seulement… J'en ai marre, il ne grandit pas. C'est vraiment un gamin. Il me fout dans la merde financièrement, un vrai panier percé.

- Hahaha j'ai l'impression que tu es en train de me décrire ! Bellamy paye souvent tout seul le loyer de l'appartement qu'on partage. Mais bon c'est de bonne guerre, je suis sa petite sœur, il peut faire un effort !

L'insouciance d'Octavia fit sourire la médecin. Elle appréciait vraiment la sœur de Bellamy : elle était ouverte d'esprit, curieuse, intelligente et drôle. Lorsque la déprime pointait le bout de son nez, Octavia était toujours là pour partager avec elle une sortie entre filles afin de lui remonter le moral. La brune ralentit en arrivant à la hauteur d'une propriété privée clôturée par des murs en crépi blanc d'une hauteur impressionnante.

- Je crois qu'on est arrivées ! Sourit la brune en se stoppant devant l'immense portail gris en pvc.

- Waouh, je sais pas ce que cachent ces murs, mais ça à l'air super classe !

Clarke descendit du vespa pour s'approcher et regarder à travers les petites fentes du portail. Elle recula rapidement en voyant de grosses masses noires sauter sur la protection pour aboyer et grogner férocement. Elle manqua en tomber sur Octavia qui était derrière elle.

- Oula ! Chiens méchants ! Souffla d'un air effrayé la Blake. Tu sonnes ?

- Euh oui…

- Elle sait que tu viens au moins ?

- Non, elle n'a répondu à aucun de mes appels et Gustus ne savait pas quoi me dire. Si elle ne veut pas venir me voir à l'hôpital pour son check-up médical, je viendrais à elle.

- Bien dit, mais j'espère que tu pourras faire trois pas sans perdre un os à cause de ces molosses enragés…

Les aboiements continuèrent de plus belle avant qu'une voix agacée ne les chasse avec quelques mots siciliens. Deux yeux marron les fixèrent à travers une rainure du portail :

- C'est pour quoi ?

- Je suis le Docteur Clarke Griffin, je viens voir Madame Donati pour…

- Oh ! Chaperon Rouge ! C'est bien toi ?! S'exclama la voix de la mécanicienne.

- Raven ? Vous êtes bien Raven Reyes ?

- La seule et l'unique ma poulette !

Octavia ne put retenir un petit rire amusé à ce surnom ce qui attira le regard noisette sur elle.

- Oh mais qui est cette belle plante que tu amènes avec toi Chaperon Rouge ?

- C'est une amie qui m'a gentiment monté jusqu'ici… Ma voiture est tombée en panne à quelques kilomètres d'ici… Les côtes ont eu raison d'elle… Soupira la blonde.

Le portail s'ouvrit dans un bruit automatisé d'un petit mètre pour laisser passer la brune coiffée d'une queue de cheval haute, habillée d'un treillis noir et d'un débardeur blanc tâché de cambouis et autres produits de mécanique. Comme le regard de Raven ne cessait de fixer la sœur de Bellamy, Clarke décida de faire les présentations :

- Octavia, voici Raven Reyes, je l'ai rencontré au gala… Raven voici Octavia Blake, ma meilleure amie et collègue de travail.

- Enchantée ! Sourit la mécano en allant poser deux bises spontanées sur les joues de la brune qui sembla étonnée.

- Euh salut, Raven donc… Sourit timidement la Blake.

- C'est ça ma belle. Alors j'ai entendu qu'il y avait une voiture en panne ?

- Oui la mienne, reprit Clarke.

- Peut-être que le temps que tu t'occupes de la grande chef, je pourrais aller jeter un coup d'œil si ta jolie copine pouvait me déposer là où elle est.

- Ce serait vraiment sympa de ta part Raven ! Tu me sauverais ! Sourit Clarke, adoptant naturellement le tutoiement.

- J'aime sauver les jolies filles en détresse, confia la brune.

- Dis-moi Raven, tu travailles pour Madame Donati toi aussi ?

- Pour sûr ! Je suis sa mécanicienne personnelle depuis un an et demi. Je bosse sur sa Ducati actuellement. C'est le petit plaisir de cette dame les motos. Elle en a toute une collection je l'envie à mort ! Mais bon rien que de pouvoir m'occuper d'aussi belles bécanes c'est déjà un privilège. Je viens assez régulièrement pour vérifier ses voitures aussi.

Clarke sembla rassurée d'apprendre qu'elle croiserait Raven assez souvent à l'avenir. Son regard se tourna vers un museau couleur fauve qui reniflait et couinait derrière le portail. Bientôt l'animal trouva l'entrée bloquée par le corps de Raven mais poussa brusquement cette dernière pour directement sauter sur la médecin qui sursauta d'un air apeuré et surpris devant la masse de muscles que présentait le chien de garde. Raven l'attrapa rapidement par son collier pour le faire reculer.

- Roméo ! Stop crétin ! Va coucher !

Elle fit rentrer l'animal facilement mais celui-ci continua à gratter et couiner derrière le portail.

- Désolée, il n'est pas méchant. C'est bien l'un des seuls qui ne fait pas son travail ici… Il est plus affectueux que les autres… Tu n'aurais pas un chat par hasard ?

- Euh si pourquoi ?

- Ah bah ne cherche pas, il ne va pas te lâcher. Il adore l'odeur des chats.

- En bien ou en mal ?

- En bien ! Quand je dis qu'il adore les chats, c'est qu'il les aime. Il est jeune encore et vient d'un élevage où il a grandi entouré de chats. Je crois que ça lui manque, surtout que les autres chiens le rejettent.

- C'est triste, souffla Octavia.

- Tellement, sourit Raven en voyant là une ouverture pour brancher la brune. Bon Chaperon Rouge, on échange notre place ! D'ici que tu ais fini avec la Bella, j'aurais fini avec ta voiture je pense !

- Tu ne m'accompagnes pas ? Les chiens…

- T'inquiète pas, Ryder est là.

La blonde jeta un dernier coup d'œil à son amie qui lui sourit d'un air encourageant. Cela la décida à passer le portail et se retrouver seule avec le gros chien marron foncé qui haletait joyeusement en la regardant d'un air curieux. Nul doute que celui-ci n'avait pas l'air d'un monstre assoiffé de sang. Clarke se mit à marcher prudemment dans la grande cour de gravier blanc, escortée par le molosse qui se montra plutôt fier de ramener l'invitée devant Ryder qui parlait au téléphone de dos, près d'une voiture. Un aboiement fit tourner le regard de l'homme qui parut surpris de voir la docteur ici. Il coupa rapidement sa conversation pour fixer la blonde :

- Docteur Griffin ? Madame Donati vous a appelé ? Je n'étais pas au courant !

- Non, c'est moi qui suis venue de mon propre chef, lui assura t-elle.

- Mais vous ne pouvez pas venir sans rendez-vous ici… Do… Madame Donati n'aime pas être dérangée le soir… Paniqua t-il presque.

- Madame Donati ne répond pas à mes appels et je prends mon nouveau poste très au sérieux. Madame Giordano et Monsieur Donati se sont montrés très ouverts et ponctuels lorsque je les ai appelé, donc tant pis si Madame Donati ne veut pas être dérangée. Moi, je vais la déranger. La santé c'est important. Vous comptez me refuser l'entrée ou bien ?

Ryder resta sans voix devant les arguments de la blonde. Il se gratta la joue d'hésitation avant de finalement lui faire signe de la suivre. Clarke leva alors les yeux sur la maison de Lexa Donati.

Une maison jeune et d'architecture moderne. Elle semblait très grande et se présentait sous la forme de grands blocs carrés de différentes tailles, nullement ressemblante aux villas traditionnelles de Sicile. Elle devait être très lumineuse au vu des grandes baies vitrées présentes un peu partout. Une terrasse avant semblait présente au premier étage et était fermée par des barrières en métal très jolies et design. Le garde du corps ouvrit la porte grise de la maison pour laisser passer la belle blonde. Celle-ci passa le pas de la porte pour se laisser rapidement envahir les narines par un mélange de différentes odeurs exotiques. Elle repéra les nombreuses bougies éparpillées dans l'intérieur de la bâtisse qui était tout comme l'extérieur : moderne.

Un parquet clair de qualité habillait le sol tandis que des murs blancs offraient un sentiment de calme et de pureté. Les yeux azurs de la docteur remarquèrent rapidement les différentes œuvres d'art dans les tons blancs, gris et noirs installés sur la surface du bas. Ses pas la menèrent sur le salon qui se composait de plusieurs canapés et fauteuils couleur gris clair, ainsi que d'une bibliothèque parfaitement rangée et organisée. Un peu plus loin, se trouvait une cheminée moderne trônant en plein milieu de la pièce tandis qu'un escalier en spirale métallique noir donnait sur un étage à demi ouvert. La cuisine était ouverte et toute équipée, dans les tons gris comme le reste des meubles habillant la maison. Ce qui fit sincèrement rêver la blonde, ce fut l'immense baie vitrée ouverte donnant sur le paysage de l'île où une terrasse était installée ainsi qu'une piscine descendant sur deux niveaux et dont l'eau semblait s'échapper en cascade le long de la falaise où était installée la maison. Le ciel de ce début de soirée était à couper le souffle. Ryder s'avança prudemment en devinant la présence de sa supérieure à la vue d'un nuage de fumée.

Lexa était assise, jambes croisées à une table de jardin en fer gris et fumait une cigarette l'air pensive devant un Mac Book Air dernière génération et différents dossiers éparpillés autour.

- Hm Madame Donati ?

La brune ne quitta pas du regard sa contemplation, expirant un nouveau nuage de fumée. Elle portait une robe d'été noire et fine, sans doute s'était-elle changée pour être plus à l'aise après sa journée de travail.

- Oui Ryder ?

- Il y a une personne qui souhaiterait vous voir…

Lexa fronça les sourcils et lâcha un petit soupir :

- Cette personne attendra demain.

- Le problème c'est qu'elle est déjà là…

- Renvoyez-là.

Clarke haussa les yeux au plafond, cachée derrière la masse de muscles qu'était Ryder. Elle finit par passer à côté du brun pour s'avancer et se poster sur la gauche de Lexa qui ne s'était toujours pas tournée vers son homme de main.

- Cette personne peut parler pour elle. Merci Ryder.

La voix fit sursauter la brune qui ouvrit ses grands yeux verts, surprise. À nouveau, ses sourcils se froncèrent d'incompréhension alors qu'elle se tournait vers la jeune femme.

- Docteur Griffin ? Vous faites erreur, je ne vous ai pas appelé.

- Moi si et je peux vous dire que c'est très impoli de ne pas répondre à son médecin de famille, la rabroua la blonde mécontente.

Ryder sentant la tension monter entre les deux femmes, décida de s'éclipser discrètement tandis que Lexa haussait les sourcils devant la façon dont lui avait parlé la belle blonde. Ses émeraudes se foncèrent légèrement d'un agacement non feint.

- Vous êtes bien agréable de prendre au sérieux les demandes de Becca, mais je vais bien. Je n'ai besoin de rien. Vous pouvez partir, fit sèchement la brune.

- Je partirais quand j'aurais rempli votre dossier médical Madame Donati et avec des informations actualisées. Faisons ça maintenant.

- Je ne suis pas disponible.

Clarke tourna le regard de droite à gauche. Lexa semblait être une sacrée tête de mule mais Becca l'avait prévenue. Pour le plus grand malheur de la jeune femme, la docteur l'était aussi quand elle avait une idée en tête, pas question de se laisser impressionner de nouveau. Elle amena finalement sa main vers l'ordinateur pour fermer l'écran sur le clavier arrachant un sourire crispé à la grande brune qui dût se retenir pour ne pas être désagréable.

- Docteur Griffin je ne pense pas que vous ayez connaissance des limites à avoir avec m…

- J'ai dit maintenant, Lexa, ordonna Clarke en retirant la cigarette des lèvres de la brune pour rapidement l'écraser dans le cendrier le plus proche.

Comme pour empêcher toute nouvelle dérobade et malgré la mine offusquée de sa patronne, la blonde posa sa sacoche en cuir de médecin pour en sortir son stéthoscope qu'elle installa autour de son cou. Elle s'installa près de la brune qui se redressa légèrement, prise au dépourvue par cette autorité nouvelle venant de la blonde si fragile qu'elle avait tant impressionné auparavant. Clarke glissa les embouts dans ses oreilles, attrapant le pavillon de sa main gauche.

- À quoi rime tout…

- Chut. Intima la blonde en posant le bout de son stéthoscope sur le haut de la poitrine de la brune qui se crispa immédiatement.

Clarke entendit le cœur de l'héritière s'accélérer brusquement mais n'en tint pas compte. Elle continua à déplacer l'outil sur les différents endroits du corps pour mesurer la pression artérielle de la brune. Elle la fit respirer fort, se pencher en avant et tousser plusieurs fois, exercices auxquels Lexa ne fit aucun effort mais cela ne dérangea pas la médecin qui continua à l'ausculter, imperturbable. Elle mesura ensuite sa tension avec un petit appareil sortit de sa sacoche, fronçant les sourcils devant le résultat.

- Vous avez une tension un peu trop élevée à mon goût.

- On se demande pourquoi, grogna la brune.

- Ne soyez pas mauvaise Lexa. Vous ne pouvez pas gagner à tous les coups. Chacun son métier. Vous êtes une femme d'affaires très impressionnante, je suis médecin et tout comme vous, je prends mon métier très au sérieux.

- Hm.

- Faites-moi voir votre bouche.

Clarke sortit un abaisse langue qu'elle déballa d'un plastique neuf pour saisir ensuite la mâchoire de la brune et l'obliger à ouvrir la bouche en lui faisant tirer la langue. Elle observa attentivement la bouche et la gorge de la Donati, la complimentant finalement en frôlant ses dents blanches et alignées :

- Vous avez de très belles dents.

- Merci… Souffla la brune toujours sous le choc devant tant d'assurance.

- Je vais vous faire une prise de sang, indiqua Clarke en cherchant son matériel.

- Pourquoi faire ?! S'exclama Lexa en entamant un mouvement pour se lever de sa chaise et échapper à la médecin.

La blonde haussa un sourcil intrigué devant la presque fuite de la grande et terrifiante Lexa. Elle se demanda un instant si celle-ci avait peur des piqûres. Elle se garda bien de poser la question et tenta de tranquilliser sa patiente, posant une main douce sur le bras droit de la brune qui était debout à présent.

- Lexa, votre dossier médical est vide. Les dernières données que j'ai pu trouver datent de plus de quinze ans. Il faut faire un check-up complet. Je suis sincèrement désolée que cela vous contrarie mais je ne vais pas vous lâcher. Je suis payée 55 000€ par mois pour m'assurer que Becca, Aden et vous-même pétiez la forme. Vous savez que ce salaire me fait sentir coupable donc le seul moyen de me faire déculpabiliser est de me laisser faire correctement mon travail. Maintenant, asseyez-vous s'il vous plaît.

La Donati, sentant la petite pression sur son bras, se détendit bien qu'elle ne fût pas tout à fait ouverte à poursuivre cet entretien forcé. Elle fixa son regard dans celui de la médecin.

- Je ne veux pas faire cette prise de sang, indiqua t-elle.

- Pourquoi ? Avez-vous peur des aiguilles ?

- Je n'en ai pas besoin et non, je ne crains pas les piqûres.

- Êtes-vous médecin ?

- Non.

- Alors vous ferez ce que je demande, la força de nouveau Clarke en la poussant en arrière pour la faire tomber dans son fauteuil. Votre bras gauche maintenant.

Lexa était totalement abasourdie par l'autorité de la blonde. Elle savait qu'elle n'avait pas connaissance de sa véritable identité mais cette insouciance avait quelque chose d'attachant et d'excitant à la fois, et ce depuis leur première rencontre à l'hôpital où Clarke lui avait demandé si elle se croyait dans la mafia. Les rôles ce soir, étaient inversés. C'est elle aujourd'hui qui craignait Clarke contrairement à l'autre jour où elle l'avait interrogée et forcée à lui dire la vérité concernant cette fameuse avance en liquide. Elle remercia le ciel de l'absence de ses hommes de main : pour qui serait-elle passée ? Elle, la Dona de la mafia sicilienne qui tranchait des gorges ou tuait de sang froid, ne sachant pas remettre à sa place une jeune médecin un peu trop téméraire… Cette femme commençait à la mettre en danger et cela lui déplaisait fortement, mais d'un autre côté, au fond d'elle, elle avait cette envie de lui faire confiance et de s'ouvrir à elle. Ses yeux se fixèrent sur la paire de lunettes noires épaisses que la blonde glissa sur son nez pour y voir plus clair et piquer sa peau proprement. Elle lui donnait un air très sérieux et sexy.

- Tendez le bras. Voilà, fermez le poing.

Lexa s'exécuta, serrant le poing avec force ce qui fit sourire la blonde qui posa une nouvelle fois sa main sur le poing fermé.

- Fermez le seulement. Tranquillisez-vous, ça ira vite.

Les mains de la jeune femme se hâtèrent pour faire la manipulation et pendant quelques minutes, Lexa vit son sang rouge sombre sortir de sa veine pour atterrir dans de petits flacons que la médecin se plaisait à enchaîner avec calme et maîtrise.

- Vous comptez le revendre ou quoi ? Grogna la brune n'en voyant pas la fin.

- Évidemment, le sang de l'héritière Donati vaut une petite fortune sur le marché noir.

Devant la mine à nouveau choquée de la brune, Clarke se mit à rire doucement en secouant la tête :

- Je plaisante. Vous n'imaginez même pas tous les tests que je dois faire faire au laboratoire d'analyses pour avoir l'esprit tranquille sur votre santé : VGM, NFS, plaquettes, glycémie, cholestérol, VS, VIH, thyroïde… D'ailleurs en plus de votre prise de sang, j'aimerais vous faire passer un scanner complet. Avez-vous un créneau de disponible dans la semaine ?

Lexa soupira simplement devant la question ce qui fit sourire à nouveau la blonde.

- À moins que vous ne souhaitiez que je fasse déplacer les machines jusque chez vous à vos frais ?

- Non ça ira. Je dirais à Gustus de vous contacter afin de trouver un créneau.

- Parfait, répondit Clarke, satisfaite. Bien, maintenant j'ai quelques questions pour vous.

Elle attrapa un dossier vierge où elle inscrivit dans une écriture rapide et illisible, typique des médecins, le nom de « Lexa Donati-Woods » avant de lui poser quelques questions basiques. C'est ainsi qu'elle apprit que la Donati avait 27 ans, un an de moins qu'elle. Aden n'était pas son frère mais son demi-frère. Née d'une mère sicilienne et d'un père américain morts dans sa jeunesse, elle avait été élevée par son grand père Titus Donati, décédé d'un cancer du poumon il y a deux ans et avait donc hérité de la fortune et du patrimoine de sa famille, faisant d'elle une millionnaire et jeune chef d'entreprise.

- Combien d'heures dormez-vous par nuit ?

- Deux à trois heures. Quatre quand je dors profondément.

Les yeux azurs de Clarke se relevèrent de son dossier, choquée.

- Deux à trois heures ? C'est totalement insuffisant Lexa ! Vous devriez dormir de 7 à 9h au minimum par nuit.

- J'ai un sommeil léger et souvent agité.

- Je vais vous prescrire des somnifères.

- Non merci.

- Lexa le sommeil est…

- J'ai dit : non merci, fit d'un air plus autoritaire la brune.

Elle dormait déjà par obligation pour que son corps ne lui fasse pas défaut et au vu du contenu de ses rêves ou plutôt de ses cauchemars, elle n'avait pas envie de dormir encore plus. Elle vit la moue renfrognée de Clarke devant ce refus.

- Bien… Êtes-vous sous pilule ? Sexuellement active ? Pensez-vous à vous protéger ?

- Non. Oui. Oui, se contenta de répondre Lexa dans un grommèlement en détournant son regard des jambes croisées de la blonde qui commençaient à un peu trop l'exciter.

- Entretenez-vous actuellement une relation sérieuse ?

- Docteur Griffin ! Ne me faites-pas croire que cette question fait partie de votre dossier médical ! C'est ma vie privée ! S'agaça la brune.

Pour toute réponse Clarke se contenta de tourner le dossier pour désigner la case correspondante à la question ce qui fit soupirer la Donati.

- Non je n'ai pas de relation sérieuse depuis deux ans. Satisfaite ?

- Le dossier l'est, indiqua la blonde.

Au fond d'elle, bien que c'était mal de le penser, Clarke appréciait plus qu'elle ne l'aurait dû cet entretien intime entre elle et Lexa. Elle se revoyait encore adolescente en train de s'entraîner gentiment avec ses amants pour une sorte de jeu coquin médecin-patient. Pour la première fois, elle dominait la brune et cela lui plaisait beaucoup.

- Vous fumez à quelle fréquence ?

- Un paquet par semaine mais je crois que je vais passer à deux si cet entretien ne se termine pas bientôt.

- C'est un peu un euphémisme sachant que vous parrainez une association qui lutte contre le cancer et avez un membre de votre famille décédé suite à un cancer du poumon.

- Chacun a son exutoire propre.

- En effet. Vous buvez ?

- Occasionnellement.

- Vous droguez-vous ?

- Non.

- Jamais ?

- Je n'ai jamais touché à la drogue.

- Bien. Des allergies connues ?

- À par celle pour les médecins vous voulez dire ? Répondit Lexa d'un air fin.

- Oui, sourit Clarke sincèrement amusée.

- Aucune à ma connaissance.

- Pas de problèmes de vue ?

- Non. Ma vue est parfaite.

- Très bien.

D'autres questions suivirent, permettant aux deux jeunes femmes de se découvrir gentiment dans la fraîcheur de la nuit qui s'était finalement installée.


Raven était penchée sur la voiture depuis une petite demi heure du Chaperon Rouge comme elle aimait à l'appeler. Octavia la regardait d'un air curieux, assise sur son vespa à l'arrêt soutenu par la béquille. Étonnamment, elle aurait cru s'ennuyer à mort en attendant la réparation du véhicule mais la mécanicienne s'était montrée très agréable et intéressante dans ses conversations. Elle ne lui avait pas parlé de moteurs de voiture et s'était plutôt intéressée à elle : ce qu'elle faisait dans la vie, ses passions…

- Dis-moi belle déesse, est-ce que tu pourrais essayer de démarrer la voiture ?

- Oui ! S'amusa la brune devant le compliment.

La Blake s'installa souplement au volant de la vieille voiture pour tourner la clé dans le contact et appuyer sur l'accélérateur. Le véhicule grogna et brouta un peu avant de se mettre en marche ce qui fit sourire fièrement la mécanicienne.

- Waouh ! Tu es vraiment douée ! S'exclama Octavia toujours à l'intérieur du véhicule.

- Haha merci, c'est une passion aussi…

La mécano s'avança pour s'appuyer à moitié sur la portière ouverte côté conducteur pour admirer le corps magnifique de l'amie de Clarke : tout à fait à son goût. Un sourire s'étira sur ses lèvres quand Octavia sortit de la voiture et se retrouva à quelques centimètres d'elle. Visiblement, elle n'avait pas vu qu'elle s'était rapprochée. Les yeux noisette repérèrent rapidement les joues roses de la jeune femme et elle y vit là une invitation.

- Tu es vraiment très jolie Octavia…

- Ah euh… Hm, tu n'es pas mal non plus… Raven.

- Je te plais ?

Les joues d'Octavia devinrent cramoisies à cette attaque directe. Elle glissa une main dans ses cheveux comme pour reprendre contenance. Elle finit par sourire finement pour répondre :

- Possible. Et toi ?

- Je crois que tu connais déjà la réponse, sourit la mécano en approchant ses lèvres de la brune.

La Blake s'esquiva pour passer sous le bras de la jeune femme qui se retrouva les lèvres tendues dans le vide. Surprise, Raven se tourna vers sa proie du soir pour la fixer avec curiosité :

- Je ne suis pas une fille facile, se contenta d'indiquer Octavia, amusée.

- J'aime les défis, lui assura la mécanicienne.

- Ah oui ? Je suis un défi alors ?

- Ça te déplairait de l'être ?

- Peut-être, peut-être pas…

Un sourire se dessina sur les lèvres de Raven qui se sentit encore plus excitée devant le petit jeu aguicheur de la jeune femme. Elle avait l'habitude que les femmes et les hommes lui tombent dans les bras après quelques minutes mais cette Octavia semblait vouloir plus qu'un simple plan drague de base.

- Laisse-moi deviner, je sens que je vais en chier un peu…

- Tu vois juste.

- Hmmm ok je relève le défi Octavia Blake.

- Tu m'en vois ravie Raven Reyes, répondit la brunette en allant poser un baiser léger sur la joue de la mécanicienne qui frissonna de délice.

Oh elle en voulait bien plus mais ses espoirs s'envolèrent quand elle vit l'amie de Clarke remonter sur sa vespa pour redescendre vers le centre ville.

- Tu t'en vas ?

- Oui je vais rentrer chez moi, il se fait tard.

- Je n'ai même pas ton numéro !

- Je suis sûre que si tu aimes tant les défis que ça, tu réussiras à te le procurer par tes propres moyens. Allez à une prochaine j'espère, lui fit Octavia avec un clin d'œil tout en filant avec son véhicule.

- Dios mío ! S'exclama Raven en se claquant les joues pour se réveiller après le départ de la belle brune. Je veux cette fille ! Chaperon Rouge !

Elle monta rapidement dans la voiture pour remonter cette dernière jusqu'à la propriété des Donati où elle trouva Lexa et Clarke en train de discuter calmement devant le portail de la propriété. Son cœur bondit une seconde en voyant la magnifique héritière inaccessible mais celui-ci était tout occupé à battre pour la nouvelle personne qu'elle venait de rencontrer. Elle se stationna sur le côté, faisant tourner la tête des deux femmes vers elle. Un grand sourire s'étira sur les lèvres de la médecin lorsqu'elle vit sa voiture en état de marche.

- Oh tu as réussi à la réparer ! C'est génial Raven ! Merci vraiment ! Je te dois combien ?

- Pfff quedal ! Enfin si tu veux vraiment me donner quelque chose en guise de remerciement, le numéro de ta jolie copine me suffira, sourit la mécanicienne avec des yeux brillants.

- Si elle est d'accord, je n'y vois pas d'inconvénient.

- Elle l'est crois-moi !

Clarke sortit son portable pour chercher le numéro de sa meilleure amie afin de le noter sur le bras de la mécanicienne qui semblait ravie de son idée.

- Bon et bien, je suis plus sereine à présent. Merci Lexa de m'avoir reçu et d'avoir accepté cet entretien médical. J'attends de vos nouvelles dans la semaine pour ce dont je vous ai parlé.

- Oui.

- Je vous souhaite à toutes les deux une bonne soirée.

- Merci vous de même Clarke.

Lexa admira en silence la silhouette fine se glisser à l'intérieur de la voiture qui fit un demi tour avec une manœuvre avant de disparaître dans les descentes menant au centre-ville. Raven repéra rapidement le changement d'attitude de la brune qui était plutôt de mauvaise humeur lorsqu'elle était arrivée pour bichonner ses motos.

- Dis-donc Bella, je veux pas dépasser les limites, mais le Chaperon Rouge te ferait pas un peu d'effet ?

- Comme tu l'as toi-même dit, ne dépasse pas les limites Raven Reyes, répondit d'un air tranquille la belle brune.

- Hm hm… En attendant tu es plus calme que tout à l'heure. Elle t'a fait quoi dans ton bilan médical ? Un petit massage de…

- Reyes.

- Haha désolée Bella ! C'est juste que ça fait bien longtemps que je ne t'ai pas vu si souriante. C'est bien en tout cas. Si je n'ai pas réussi à m'emparer de ton cœur, peut-être qu'elle y arrivera ! L'amour impossible comme dans Roméo et Juliette, je vois déjà tout dans ma tête ! On pourrait en faire un super roman !

La Dona secoua la tête et se contenta de rentrer à l'intérieur de sa propriété pour échapper aux questions curieuses et malsaines de sa mécanicienne personnelle et amie. Si au départ leurs relations avaient été purement professionnelles, Raven s'était rapidement montrée comme une personne fidèle sur qui la mafieuse avait pu s'appuyer et se confier par moment. Alors qu'elle passait devant Ryder, celui-ci tira une tête étonnée devant le sourire collé aux lèvres de la brune.

Un sourire heureux et plein de promesses pour l'avenir.


Nous revoilà ! Alors content(e)s de l'apparition des Barzetti et de ce début Raven/Octavia ? Il y en a qui ont cru au rêve de notre mécano ou pas? :P Que pensez-vous de la ténacité de Clarke face à Lexa sur sa santé ? Haha! J'ai hâte de développer encore plus Roan et Ontari ! Je sens qu'il va y avoir encore plus de haine envers Finn je sais pas pourquoi héhé... Le prochain chapitre sera moins calme en tout cas ! La mafia sera de sortie !

N'oubliez pas de me donner votre avis sur ce chapitre ! À lundi prochain ! :D