Saluuut ! Voici le nouveau chapitre ! Décidément j'essaye de les raccourcir mais celui-là est le plus long de tous ! Je crois que je vais arrêter de me prendre la tête sur la longueur et juste vivre le récit... Dans tous les cas merci pour vos follow, favs, reviews de la semaine dernière j'ai été soufflé ! Le chapitre 4 a l'air de vous avoir beaucoup plu, un très grand plaisir de vous lire ! Le chapitre 5 est un faux calme je dirais héhé !
Guest : Merci pour ton retour ! Je n'avais pas du tout pensé à l'idée du bracelet de cette façon là mais c'est une très jolie façon de le voir ! :D Peut-être mon inconscient qui a fait le taff... qui sait... :P
Ewilan : Hey ! Bienvenue à toi ! Merci pour tes compliments ! Ton retour m'a fait bien plaisir ! Je suis toujours heureuse de découvrir de nouveaux lecteurs ! :D
Fiction M je le rappelle pour les plus jeunes ;) Relecture by doubi, JessDMN, et MagRd (oui il en aura fallu du monde ! :D) Bonne lecture !
Chapitre 5 : Offensive
Les étagères tremblaient dans un couinement désagréable sous les assauts répétés. La main gauche du jeune homme serra un peu plus sa prise pour ne pas tomber en avant. Dents serrées, il sentait arriver son orgasme alors que son amant avait augmenté sa vitesse de va et vient. Deux cris étouffés terminèrent finalement l'échange charnel. Bellamy se retira rapidement pour remonter son boxer et son pantalon, essuyant son front transpirant du dos de sa main.
- Putain t'étais long à venir aujourd'hui, grogna son partenaire.
- Ta gueule Murphy, répondit le Capitaine de l'équipe anti-mafia.
- T'es vraiment un pédé refoulé.
- Tu peux parler connard. En attendant, c'est toi qui viens me supplier de te prendre le cul dans les archives chaque semaine.
- Faut bien faire le ménage là dedans de temps en temps. Tu vas pas me dire que ça te déplaît.
- Va te faire enculer.
- Je viens de l'être.
Le grand brun secoua la tête avant de fixer son regard sur l'étagère vide où quelques gouttes de semence de son amant avaient atterries. Sourcils froncés, il sortit rapidement un paquet de mouchoir de sa poche et le balança à la tête de John Murphy.
- Nettoie-moi ta merde. Tu restes ici encore dix minutes avant de rejoindre l'équipe, pigé ?
- Ouais comme d'hab.
Bellamy recula pour se diriger vers la porte des archives qu'il déverrouilla avant de s'engager dans les escaliers, remontant ainsi vers le rez-de-chaussée du commissariat. Il fila d'un pas rapide vers la salle réservée à son unité pour y retrouver ses hommes.
La salle était la plus grande du bâtiment, elle avait été allouée il y a deux ans pour repartir à zéro sur les enquêtes concernant la mafia : entre agents corrompus, preuves détruites, affaires classées ou transférées, rien n'était exploitable. Aussi une nouvelle équipe avait été formée sous les ordres du commissaire Charles Pike. Ayant obtenu sa promotion de Capitaine à ce moment là, Bellamy Blake avait reçu la tâche d'organiser et gérer cette cellule anti-mafia : une mission à la hauteur de ses compétences de leader né.
Son regard marron se posa sur ses deux techniciens informatiques qui semblaient plus concentrés sur Youtube que sur les écoutes du moment : Jasper Jordan et Monty Green. Deux brindilles physiquement mais présentant un cerveau plutôt surdéveloppé. Les deux agents se chargeaient de toute l'instance informatique : analyse des données, écoute micros, comparaison d'empreintes ADN, maintenance…
- Finn n'est pas encore arrivé ? Demanda Bellamy.
- Je l'ai croisé tout à l'heure en train de discuter avec Bryan, répondit une jeune femme blonde. Ils revenaient de l'hôpital.
- Ok merci Gina.
Gina Martin faisait partie de l'équipe de terrain avec Finn Collins, Bryan Rossini, Atom Mancini, Harper McHintyre, Zoe Monroe et John Murphy. Dix agents en tout, choisis sur mesure pour tenter de percer et faire tomber la mafia sicilienne largement installée sur l'île depuis de nombreuses années. Le regard de Bellamy se porta sur sa montre : leur réunion n'allait pas tarder à commencer. Il se dirigea vers l'immense table en bois où un foutoir monstre régnait : dossiers, ordinateurs portables, tablettes, téléphones, papiers… Sa main se posa sur la chaise en bout de table dans laquelle il s'installa avant de fixer son regard sur l'immense mur blanc où un schéma bien précis avait été installé. Des photos de personnes soupçonnées d'être en lien avec la mafia étaient scotchées dans une hiérarchie bien précise, des croix barrant le visage pour les suspects décédés. Parmi elles, se trouvait la photo de Titus Donati au sommet de la pyramide mais cette dernière était barrée d'une croix noire avec un post-it « Décédé ». Au dessus du visage du vieil homme se trouvait une feuille blanche sur laquelle un grand point d'interrogation était scotché.
Le Blake amena son regard vers la descendance de l'homme ayant été connu comme le Parrain dans la précédente génération. Les photos de ces derniers étaient à l'écart de la pyramide. Cela aurait été si simple si son petit fils Aden Donati avait repris les rênes de la mafia… Mais ça n'avait pas été le cas. Au retour de sa sœur, Lexa Donati-Woods, celle-ci avait clairement écarté sa famille des anciennes affaires frauduleuses de son grand père. Elle en avait même fait les frais durant l'enquête menée sur elle : menaces de morts régulières venant de la mafia, tentatives d'assassinat à son encontre et celle de son frère, l'obligeant à faire appel à des gardes du corps au quotidien ainsi qu'à la police de nombreuses fois. Bellamy l'admirait sincèrement pour le courage dont elle avait fait preuve. Plus d'une femme se serait sauvée avec la fortune héritée pour mener une vie paisible, or, elle se battait chaque jour pour faire de la Sicile une île sécurisée et plaisante. Son dernier don pour la cellule anti-mafia avait permis d'acheter du matériel d'intervention pour ses hommes et il en avait été soulagé car la sécurité de ses collègues passait avant tout le reste.
- Y'a du café ? Demanda Murphy en entrant dans la pièce.
- Ouaip', répondit Jasper avant d'amener sa chaise roulante autour de la table pour écouter leur chef.
- J'en veux bien une tasse, signala Monty.
- Ben lève ton cul, je suis pas ton larbin, répondit John.
- Toujours aussi agréable, marmonna l'informaticien.
Rapidement, toute l'équipe se retrouva réunie et installée autour de la table de réunion. Bellamy tapotait des doigts un dossier, commençant à perdre patience devant l'attente de ses deux derniers collègues.
- On est là ! Signala Finn en fermant la porte après Bryan.
- Bien, on va pouvoir commencer par le débriefing de ce weekend et de l'affaire de Théo Fabrini, retrouvé inconscient et plus qu'amoché. C'est amusant comme ça se coordonne bien avec l'affaire de Nathan Miller, remarqua Bellamy.
- Justement, Bryan et moi sommes allés voir Nathan Miller. Il est sorti du coma mais pouvait à peine parler. Il a été tabassé à mort devant son lieu de travail mais il a été incapable de nous décrire son agresseur. Il aurait été frappé derrière la tête avant de subir le reste.
- Ça aurait été bien trop simple. Des témoins de l'agression ?
Gina et Zoe secouèrent négativement la tête.
- Non aucun malheureusement. Il n'y avait personne et les caméras extérieures de la boîte de nuit ne filmaient pas cet angle.
- Évidemment, soupira le Blake. Ensuite ?
- Théo Fabrini a été retrouvé dans sa voiture par des touristes qui passaient aux alentours d'un champ. Il présente dix doigts réduits en petits morceaux, trois côtes cassées et la mâchoire déboitée. Les médecins étaient hallucinés devant les radios des doigts, ils n'ont jamais vu ça. Il avait plus de 0,5 gramme d'alcool dans le sang aussi. Il a refusé de nous parler…
- Ça aurait été difficile avec sa gueule, se moqua gentiment Bryan.
- Rossini t'es pas payé pour faire de l'humour, le reprit Bellamy loin d'être d'humeur pour plaisanter.
- Désolé Capitaine.
- Sa voiture est partie à l'expertise pour les possibles empreintes mais ça risque de prendre la semaine, informa Finn.
- Ok. Monty, Jasper ? Du nouveau sur les micros placés sur les téléphones des suspects ?
- Chou blanc, grimacèrent les techniciens.
Bellamy pivota sur sa chaise pour fixer la pyramide de photos.
- On doit louper quelque chose… Des héritiers mâles correspondants pour devenir Don il n'y en a pas tant que ça bordel !
- Peut-être qu'on se fixe trop sur leurs vieilles règles. Qui nous dit que ce n'est pas une femme qui dirige ? Suggéra Gina.
- Ne dis pas n'importe quoi. Les mafieux siciliens ne supportent pas que les femmes s'immiscent dans les affaires et la seule qui aurait pu correspondre c'est Lexa Donati. Elle en a assez fait pour nous. L'enquête sur elle est classée depuis six mois maintenant. Je veux du résultat putain ! Vous m'entendez ?! Alors vous allez bouger votre cul et sortir dehors pour patrouiller et interroger les commerçants et filer les suspects !
- Bellamy… Tu sais très bien comment sont les gens avec la mafia, ils en ont peur. Ils ne parleront jamais sous peine de mourir dans les prochains jours.
- J'en ai rien à foutre ! Trouvez-moi des informations solides ! Je veux vos rapports et un suspect intéressant avant la fin de la semaine !
Les agents se jetèrent un regard perdu avant de hocher la tête pour ensuite se lever et quitter la pièce.
Clarke était épuisée et stressée depuis sa rencontre avec Becca la semaine passée. En plus de son planning personnel de chirurgienne aux urgences, elle avait dû trouver le temps pour se présenter au conseil d'administration afin de discuter de son futur poste de directrice et trouver le temps de recevoir Aden Donati une heure par jour. L'héritier l'avait fait appeler en pleine nuit la semaine passée alors qu'elle était de service à l'hôpital pour une crise d'angoisse. Elle avait dû demander aux gardes du corps du blond à ce qu'on vienne la chercher sur place car elle n'avait pas la voiture de Finn et dans la panique, elle avait dû biper son collègue Nyko qui aurait dû être de repos cette nuit là.
Elle qui était d'habitude si joyeuse et organisée, commençait à perdre pied et cela s'en ressentait sur son humeur qui était massacrante. Elle dormait peu et ne supportait aucune remarque ou s'énervait pour un rien. Elle se sentait en position d'insécurité et cela affectait grandement la qualité de son travail. Elle se laissa tomber dans sa chaise de bureau avant de s'écrouler sur celui-ci pour quelques minutes de repos.
Ses pensées n'eurent pas le temps de vagabonder longtemps que deux yeux verts se dessinèrent dans son esprit. Aden avait presque les mêmes yeux verts que sa sœur Lexa… Les siens étaient plus clairs tandis que ceux de la brune tiraient plus sur le vert émeraude. Cela lui faisait étrange de le penser mais au fond d'elle, bien qu'elle soit surchargée et exténuée à l'heure actuelle, elle aurait aimé que la brune l'appelle. Sa relation avec la belle Donati développait chez elle une tension intérieure excitante et dangereuse. Cela faisait bien six ans qu'elle n'avait pas été attirée physiquement par une femme car il fallait bien qu'elle se l'avoue : elle était hypnotisée par le physique et le caractère de cette femme autoritaire et secrète.
Sa respiration devint plus régulière après quelques minutes, signe qu'elle avait finalement cédé à la fatigue. Aden n'arriverait pas avant un bon quart d'heure de toute façon. Elle avait le temps de contempler à nouveau ces magnifiques émeraudes…
L'étalon piaffait d'impatience et d'anxiété dans la cour du centre équestre privé de la famille Donati. Bien que les affaires ne marchaient pas très bien pour ce dernier, Lexa n'avait jamais pu se résoudre à s'en débarrasser car il avait appartenu à sa mère qui avait toujours été passionnée d'équitation. C'est Luciana qui lui avait appris à monter à cheval petite et elle gardait des souvenirs merveilleux de son enfance en compagnie des équidés et de sa mère. Elle se rappelait de ces longues journées d'été où elle la hissait sur son cheval préféré pour ensuite marcher longe en main sur les hauteurs de l'île durant de longues heures. Après son tragique accident de voiture, Lexa avait demandé à son grand père d'accepter de lui faire prendre des cours d'équitation. Aussi, était-elle devenue au fil des années une cavalière expérimentée et lorsque le temps le lui permettait, elle s'offrait une petite séance.
La brune arriva doucement sur la gauche du cheval à la robe noire. Ses poils brillaient au soleil et ses muscles frissonnaient d'énergie. Le garçon d'écurie le lui avait sellé et tenait l'animal difficilement.
- C'est le pur-sang ? Demanda t-elle.
- Oui Madame Donati, il est arrivé il y a deux jours. Il est très nerveux et craintif. Il s'appelle Bucéphale.
- Merci pour l'information, mais ça ira.
Habillée d'un pantalon d'équitation blanc et d'un t-shirt noir serré sur le buste, elle glissa son pied dans l'étrier gauche avant de monter souplement sur l'animal. Elle se saisit des rênes rapidement, les raccourcissant pour signifier au cheval qu'elle le contrôlait à présent. Ses étriers réglés, elle serra les mollets pour faire avancer Bucéphale qui entama une marche des plus dynamiques, trottant presque. Elle le fit entrer dans la carrière où différents obstacles étaient montés pour les cours dispensés. Il était midi et la Donati savait qu'elle serait tranquille, seulement observée peut-être par les curieux venus baver devant sa toute nouvelle acquisition personnelle.
- Bucéphale hm, souffla t-elle, pensive tout en accordant son bassin avec les mouvements du cheval qui redressa les oreilles à son nom.
- Lexa, fais attention, la supplia Gustus appuyé contre une barrière.
- Ne t'en fais pas, il va se détendre, le rassura t-elle.
- Je l'espère…
Après quelques tours de piste et figures au pas, Lexa demanda à l'animal de partir au trot. L'allure était gracieuse et énergique. L'étalon se tenait droit, respirait fort et avait les oreilles tendues en avant, signe qu'il était attentif. La Donati ajusta de nouveau ses rênes quand elle sentit l'étalon tirer dessus. Le vent chaud sur son visage la fit sourire, elle se sentait soudainement bien sur le dos de ce solide pur-sang. Elle ne voulait plus penser à rien et simplement profiter de ce moment de liberté. Elle lança finalement le cheval au galop qui souleva sur son passage quelques morceaux de sable, le laissant filer comme une flèche sur la ligne droite. Elle fut étonnée de l'énergie qu'il avait à revendre, aussi le poussa t-elle à fond, s'accordant avec lui dans les tournants de la piste. Elle passa plusieurs fois devant Gustus qui était plus pâle que d'habitude : il n'avait jamais aimé la voir monter à cheval. Elle flatta l'encolure pour finalement stopper le cheval devant une barre au sol qu'elle lui laissa renifler avant de l'encourager à passer au dessus.
Satisfaite, elle recommença la manœuvre plusieurs fois avant de passer à des barres un peu plus hautes. Le pur-sang les sauta sans difficulté et semblait même plus calme. Les deux se mirent à enchaîner quelques barres montées sur différentes hauteurs. Bucéphale se révéla être un excellent sauteur pour le plus grand plaisir de la Donati qui adorait le saut d'obstacles. Ses mains, ses bras, son bassin s'accordaient avec les mouvements élégants et puissants de son partenaire, les faisant décoller de plusieurs mètres ce qui leur offrit un sentiment de liberté et de puissance évidente. Alors que le cheval était lancé au grand galop et se dirigeait vers un obstacle plus haut que les précédents, un grand bruit métallique se fit entendre : Bucéphale, oreilles plaquées en arrière se cabra brusquement et désarçonna Lexa qui sous la surprise, n'eut pas le temps d'anticiper sa chute.
Son corps se heurta durement contre le sol alors que le pur-sang partait à fond de train pour courir comme un fou furieux le long de la piste en donnant des coups de cul effrayés. Inquiet, Gustus sauta rapidement au dessus de la barrière pour courir aux côtés de Lexa qui tentait tant bien que mal de retrouver sa respiration. Après quelques minutes, elle réussit à se redresser mais grimaça sous la douleur. Son corps vibrait encore de sa chute et elle était endolorie.
- Lexa ! Bon sang, tu m'as fait peur !
- … Ça va Gustus, grogna t-elle.
- Je vais appeler le Docteur Griffin.
- Non !
- Lexa ! Tu viens de tomber de cheval ! Ça pourrait être dangereux !
- Je suis tombée des dizaines de fois, c'est bon je te dis, lui assura t-elle.
- Mais…
- Arrête de t'en faire, je vais bien. Ça va passer… Par contre je veux savoir le nom de l'abruti ayant provoqué ce bruit qui lui a fait peur !
- Je m'en charge. Va t'installer dans la voiture, je te ramène.
La Dona secoua la tête devant l'inquiétude presque paternelle de son homme de main. Elle alla se poster au milieu de la piste pour attirer l'attention de l'étalon qui fouettait toujours l'air de ses coups de cul. Après quelques minutes, le cheval remarqua la présence de sa cavalière et ralentit la cadence pour aller lui tourner autour avant de finalement venir se poster près d'elle, frissonnant encore de sa précédente peur. Malgré la douleur, Lexa remit pied à l'étrier pour se remettre sur la selle ce qui arracha un grognement frustré à Gustus.
- Quand on tombe de cheval, le meilleur remède est de se remettre tout de suite en selle, lui lança t-elle avant qu'il ne s'agace.
Sur ces mots, elle se contenta de guider l'animal vers la sortie pour en descendre et le rendre au garçon d'écurie qui baissa les yeux devant le charisme de sa patronne.
- Douchez-le et donnez-lui une récompense.
- Bien Madame Donati.
La fin de journée était bientôt là et Clarke ne rêvait que d'une chose : s'enfuir de la réalité au bras d'Octavia et aller boire quelques cocktails. Elle avait clairement hâte de sortir de son bureau. Après la visite d'Aden pour discuter de ses angoisses, elle s'était occupée de la paperasse et autant dire que ce n'était pas ce qu'elle préférait dans son métier. Elle redoutait le jour où on l'installerait dans son nouveau bureau de directrice. Alors qu'elle classait un dossier dans son étagère, elle entendit sa porte s'ouvrir et sursauta en voyant deux hommes en costard entrer. L'un avait le crâne rasé et portait des lunettes de soleil tandis que l'autre était blond avec une cicatrice bien voyante sur la joue droite. Elle ouvrit la bouche de surprise et s'apprêtait à les mettre dehors quand le rasé glissa son doigt devant ses lèvres.
- Assis-toi beauté, ordonna t-il.
- Quoi ?! Mais pour qui vous vous prenez ?! Sortez de mon bureau !
- J'ai dit assis ! Aboya t-il ce qui fit frissonner la médecin qui se laissa tomber rapidement dans son fauteuil.
Les yeux azurs de Clarke grondaient de colère. Ils s'étaient assombris tandis que les deux molosses s'asseyaient calmement.
- Voilà comment ça va se passer ma toute belle… Reprit l'homme. Tu vas te montrer très coopérative sinon il va t'arriver des bricoles.
- Qu'est-ce que vous voulez ? Maugréa Clarke, dents serrées et tremblante.
- On a appris que Becca Giordano te laissait la direction de l'hôpital. Mes patrons aimeraient investir dans le service des urgences.
- Ce n'est pas une clinique privée ! C'est l'État qui se charge d'investir dans cet hôpital.
- Ne me prends pas pour plus que con que je le suis ! Je sais que vous avez des investisseurs extérieurs pour les services comme l'héliportage et autres. Donc tu vas rajouter les noms qu'on te donnera sur la liste pour qu'on puisse aussi faire profiter généreusement de notre argent aux nécessiteux.
- Je sais qui vous êtes et je ne tremperai jamais avec la mafia ! Cracha t-elle. Vous ne me faites pas peur !
Elle ne s'attendit pas à ce que l'homme lui attrape son bras gauche avec force pour le lui retourner sur le bureau, la faisant gémir de douleur. Il approcha sa bouche de son visage alors qu'elle se retenait de crier.
- Écoute-moi poupée… T'as intérêt à faire ce qu'on te dit si tu veux pas le payer cher…
- Vous me faites mal ! Lâchez-moi ! Je vais appeler la police !
Sous cette menace, le mafieux resserra sa prise, marquant pour de bon le poignet de la belle blonde dont les yeux commencèrent à s'humidifier tant la douleur était insupportable.
- Tu vois ces belles mains qui te servent à opérer ? Je me ferais un plaisir de te briser chaque doigt comme ça tu seras bonne à recycler.
- Non !... Balbutia Clarke.
- Alors tu vas être bien obéissante, n'est-ce pas ?
- …
- J'ai mal entendu ?
- … Oui… Lâchez-moi maintenant…
Le rasé la lâcha finalement pour reculer, satisfait. Il lui fit un sourire mauvais avec un clin d'œil.
- Quint te surveille jolie cœur, souviens t'en. Et n'oublie pas, si t'appelles les flics, il t'arrivera des bricoles peu ragoûtantes…
Les deux hommes quittèrent la pièce, laissant Clarke tremblante avec son bras gauche endolori serré contre elle. Ses yeux s'embuèrent de larmes et elle finit par craquer, se recroquevillant dans son siège, incapable de prévenir quelqu'un de ce qui lui était arrivé. Comment allait-elle pouvoir faire ? Rajouter quelqu'un secrètement dans les investisseurs actuels ? Ça reviendrait à tromper le conseil d'administration et céder à la mafia qui verserait de l'argent sale pour on ne sait quelle raison obscure bien qu'elle avait bien une petite idée de pourquoi la pègre s'intéressait au service des urgences en particulier.
La marque rouge sur le poignet de la médecin s'était rapidement assombrie pour laisser un bleu. Elle avait changé la place du bracelet en argent de Finn pour attirer le regard ailleurs que sur sa blessure. Elle avait décidé de ne pas parler à Octavia de la visite des deux mafieux et hésitait sincèrement à avertir Finn. Elle cherchait un moyen plus simple pour réussir à esquiver les menaces des deux molosses de tout à l'heure : avec son intelligence, elle trouverait sûrement avant la fin de la semaine.
- Deux mojitos pour ces demoiselles, lança le serveur en déposant le verre devant chaque fille.
- Merci ! Sourit Octavia en allant rapidement goûter son cocktail. Hmm trop bon et rafraichissant ! Il fait vraiment trop chaud ces temps-ci !
- Tu l'as dit, marmonna la blonde en attrapant doucement sa paille de son bras valide, gardant l'autre contre son ventre.
- Alors quoi de croustillant dans la vie du grand et célèbre Docteur Griffin ? La taquina sa meilleure amie.
- Ne m'en parle pas… Je pensais avoir le choix pour le poste de directrice de l'hôpital mais c'est limite si il n'y a pas déjà mon nom sur l'écriteau du bureau. Becca m'a bien trompée sur ce coup ! J'en peux plus, je suis exténuée.
- Ma pauvre… J'avoue que tu enchaînes pas mal ces derniers jours… Si je peux t'aider…
- Justement j'aurais peut-être une idée…
- Ah oui ?
- Que dirais-tu de devenir mon assistante de direction personnelle ?
- De quoi ?! Balbutia la brune, manquant de recracher sa gorgée.
- Je ne me vois pas assumer toute la paperasse et toi c'est ton truc, on s'entend bien… Alors j'ai pensé à toi. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Ce que j'en pense ?! Clarke tu me demandes de passer secrétaire de direction au lieu de secrétaire médicale ! J'aurais plus à supporter la mauvaise haleine et humeur des patients ! Oui et double oui !
- Super, souffla la médecin un peu plus souriante en tendant sa main à son amie.
- Ah qu'est-ce que je t'aime toi !
- Tu m'aimeras un peu moins dans quelques mois quand tu verras que je te filerai tout le sale boulot en me contentant de signer !
- Haha ça me va ! Je vais les mater au conseil d'administration !
- J'y compte bien, il n'y a qu'Octavia Blake pour dompter la direction de l'hôpital.
Les deux femmes échangèrent un regard complice avant que Clarke ne demande :
- Au fait, tu as revu Lincoln ou Raven depuis leur altercation ?
- Lincoln fait le mort mais Raven ne perd pas le nord… Elle n'arrête pas de m'envoyer des sextos.
- Des quoi ? Rit Clarke.
- Des SMS coquins roh ! Tu as jamais fait ça ?
- Euh non… Pas dans mes souvenirs. Tu sais moi je sortais directement dehors tu vois…
- Petite vieille va !
- Ah bah merci ! J'ai que 28 ans ! Rit la blonde. Alors ça donne quoi ces fameux sextos ?
- Hahahaha je peux pas te montrer sérieux, elle est terrible…
- Je vois, s'amusa Clarke. Tu gardes le suspens pour plus tard !
- C'est ça, ce sera plus croustillant.
La blonde fronça les sourcils en entendant son téléphone portable vibrer dans son sac à main. Elle jeta un coup d'œil au cas où ce serait l'hôpital mais comme son bipeur n'avait pas bronché, elle se doutait que non. Peut-être Finn ou encore Aden Donati ? Quelle fut sa surprise de voir le nom du garde du corps de Lexa s'afficher. Elle se leva pour décrocher et s'éloigner rapidement de la table.
- Docteur Griffin à l'appareil.
- Bonjour Docteur, c'est Gustus Giordano. Il faudrait que vous veniez à la propriété de Madame Donati rapidement.
- Un problème ?
- Pas d'urgence je dirais. Elle n'est pas au courant que je vous appelle en ce moment. Elle a fait une chute de cheval ce midi et son dos la fait souffrir mais elle ne veut rien entendre. Évidemment…
- Je vois. Je n'ai pas de voiture, ce serait possible d'envoyer l'un de vos collègues me chercher chez moi ? Ça me laisserait le temps de récupérer un peu de matériel.
- Pas de problème, dans vingt minutes cela vous va ?
- Parfait Monsieur Giordano.
Octavia jeta un regard intrigué à son amie qui se réinstalla rapidement pour finir en quatrième vitesse son cocktail.
- Une urgence ?
- Je dois aller chez Lexa Donati, visiblement elle souffre du dos.
- Oh mince. Ma pauvre, décidément tu n'arrêtes pas…
- Je me suis engagée, trop tard, soupira faussement Clarke.
En réalité, elle avait le cœur qui battait à cent à l'heure de revoir enfin la belle héritière. Elle avait attendu ce coup fil presque désespérément ces derniers jours. Elle posa un billet pour payer la note, fit une bise à sa meilleure amie avant de se lever et filer presque en courant jusqu'à son appartement.
Ryder était venu la chercher pile à l'heure. Elle avait juste eu le temps de faire un bisou à Racoon qui dormait sur le lit, se passer un coup d'eau sur le visage, de donner un coup de brosse dans ses cheveux pour refaire sa queue de cheval haute et attraper dans son placard à pharmacie, une crème pour apaiser les muscles endoloris qu'elle utilisait sur Finn quand il était souffrant après une nuit de planque dans un fourgon miteux.
Elle monta souplement dans le SUV Porsche, saluant avec un sourire le garde du corps qui lui rendit un salut poli. En moins de vingt minutes, ils étaient arrivés à la propriété Donati. Les chiens aboyèrent comme à leur habitude et Roméo accueillit avec beaucoup de joie la médecin qui se permit de le caresser derrière les oreilles. Elle était soudain d'excellente humeur.
Gustus se tenait debout devant l'entrée de la maison et salua la médecin d'une poignée de mains polie avant de lui ouvrir la porte. Lexa était calée dans un de ses canapés avec des coussins dans le dos, concentrée sur son MacBook. Elle leva le regard en entendant la porte s'ouvrir et soupira en voyant Clarke suivant son homme de main.
- Gustus, qu'est-ce que tu n'as pas compris dans « ça va aller » ?
- Le Docteur Griffin est payé pour s'occuper de votre santé.
- Tout à fait, confirma Clarke. Vous pouvez nous laisser Gustus, je prends le relais.
- Il n'y a pas de relais à prendre… Grogna Lexa.
Les deux jeunes femmes se jaugèrent du regard et quand la porte eut claquée, un sourire sincère se dessina sur leurs visages à toutes les deux. Lexa semblait heureuse malgré ce qu'elle avait montré de l'initiative de son homme de main. Clarke s'avança doucement pour s'asseoir sur le canapé libre après avoir posé sa sacoche de médecin.
- Alors, racontez-moi. Votre dos ?
- Je suis tombée de cheval à midi et mon dos est un peu endolori, rien de bien méchant Docteur Griffin vraiment.
- Avez-vous pris quelque chose contre la douleur ?
- Non.
- Étonnant, s'amusa la blonde.
- Je suis contre toutes les prises de médicament.
- D'accord. Où sont les verres ?
- Dans le placard en haut à droite mais je ne vois pas…
Clarke se leva pour aller chercher un verre dans le meuble désigné, le remplissant avec le distributeur d'eau fraîche du frigo américain. Elle posa ce dernier sur la table basse du salon avant de poser deux cachets à côté. Elle fixa ensuite son regard dans celui de Lexa, ordonnant :
- Allez, avalez-moi ça.
- Je commençais à être presque contente de votre visite, finalement je crois que je vais aller fumer une cigarette dans moins de cinq minutes.
- Lexa, s'il vous plaît, insista Clarke. Il n'y a aucun risque d'addiction ou autre, c'est pour la douleur.
Les yeux azurs de la médecin eurent finalement raison de la réticence de la belle brune. Elle ferma son ordinateur pour le poser sur le côté et se pencha pour attraper le verre et les cachets, tirant une grimace discrète. Clarke l'observa faire : elle avait fait exprès de poser le verre assez loin de l'héritière pour évaluer approximativement l'état de douleur dans lequel elle se trouvait. Elle sortit alors la crème à l'arnica de sa sacoche.
- Enlevez votre chemisier et allongez-vous, demanda la médecin.
- Pardon ? S'étonna Lexa.
- Je vais vous masser.
- Quoi ?! Non ! Pourquoi feriez-vous ça ? Vous êtes médecin pas masseuse !
- Je suis chirurgienne aussi. La polyvalence ça me connaît. Ma mère a suivi des cours de kinésithérapie, j'en ai quelques restes. Ne vous en faites pas, je ne vais pas vous attacher pour vous faire passer une batterie de tests, juste vous soulager le dos, s'amusa Clarke
- Quoique je dise, vous aurez toujours une réponse n'est-ce pas ? Soupira Lexa.
- Quand il s'agira de votre santé, oui, acquiesça t-elle.
La brune sembla se renfrogner mais elle avait du mal à contenir le sourire amusé qu'elle mourrait d'envie d'afficher. Clarke attendit patiemment que Lexa défasse les boutons de son chemisier, se tournant par pudeur et respect de l'intimité de la Donati bien qu'elle mourrait d'envie de voir les vêtements se défaire de la peau mâte et parfaite. Elle attendit que l'héritière lui donne son feu vert pour aller s'asseoir à ses côtés et poser son regard sur le dos fin de la jeune femme qui avait la tête posée sur ses bras croisés. Elle ne semblait pas à l'aise mais assez intelligente pour comprendre que la blonde ne la lâcherait pas : elle en avait déjà fait les frais.
Les yeux de la médecin admirèrent en écho avec ses battements de cœur le dos magnifique de l'héritière. Sa peau bronzée offrait un aspect velouté et son épine dorsale était digne des déesses grecques. Elle admira en silence la colonne vertébrale parfaitement dessinée et droite, la bouche à demi ouverte d'envie. Sans détourner ses saphirs, elle étala de la crème sur les paumes de ses mains, les amenant ensuite très lentement sur les épaules de Lexa dont elle sentit la respiration se couper l'espace d'un instant. Elle attendit que son corps s'affaisse de nouveau pour commencer à masser la peau sous laquelle elle sentait les muscles tendus de la belle brune. Elle repéra rapidement sous quelques pressions connaisseuses ceux la faisant souffrir et entama de les dénouer avec patience. Rapidement, elle entendit un soupir de soulagement s'échapper des lèvres de la Donati qui bascula sa tête un peu plus en avant, offrant à la vue de Clarke un tatouage très discret représentant une croix chrétienne sur sa nuque. La médecin se mordit la lèvre, elle avait soudainement très envie de poser un baiser sur l'encre noire pour ensuite lécher et mordiller cette peau si douce qu'elle avait la chance d'avoir sous les doigts. Avoir la femme d'affaire à sa merci l'excitait comme aucun amant ne l'avait fait jusqu'à ce jour. Elle se faisait violence pour continuer ses mouvements experts et appuyés sur le dos tandis qu'elle sentait une douce humidité envahir son bas ventre. Elle se cala sur la respiration calme de Lexa pour garder sa concentration, la brune avait les yeux ouverts et fixait semblait-il le carrelage.
Bien qu'elle semblait calme au premier abord, Lexa n'en menait pas large. Elle se contenait difficilement sous les mains douces et expertes de son médecin de famille. Cela faisait deux ans qu'elle n'avait pas eu le plaisir de sentir des mains de femme sur son corps et elle camouflait tant bien que mal au fond d'elle, chaque frisson naissant sous les mouvements de la blonde qui pour son esprit, se transformaient en caresses douces et envoûtantes. Elle se mordait les lèvres pour ne pas laisser échapper de soupirs ou gémissements de plaisir. Son rythme cardiaque avait sensiblement dépassé la limite du raisonnable et elle luttait pour rester lucide face à cette femme au charme dévastateur. Ses sourcils se fronçaient au rythme de ses pensées vagabondes qui lui offrait la vision d'une Clarke aux joues rougies et soupirant de plaisir sous ses possibles baisers. Un frisson lui échappa lorsqu'elle sentit les doigts de Clarke venir épouser les formes de son tatouage sur les côtes. Ce dernier illustrait quatre roses noires entremêlées dans des tiges aux formes hypnotiques et gracieuses et elle sentit sous la caresse que le dessin attisait plus sa curiosité que sa concentration à la masser. Elle rêva un instant de sentir les lèvres de la blonde sur sa côte et cela lui arracha malgré elle, un soupir de plaisir qui lui fit reprendre ses esprits, la faisant presque se relever.
En entendant le presque gémissement, les pupilles de Clarke s'étaient dilatées d'excitation et elle eut bien du mal à rester sérieuse. C'est lorsqu'elle sentit Lexa se redresser qu'elle appuya sur son dos, la forçant à rester allongée.
- Je n'ai pas terminé… Souffla t-elle.
- Ça ira…
- Je vous demande juste encore quelques minutes, je vous libère ensuite.
- Docteur Griffin, s'il vous plaît, supplia presque Lexa le cœur battant.
La médecin ferma un instant les yeux comme pour faire résonner dans sa tête la presque supplication de la brune. Elle sentit à l'intonation, à quel point être sous le contrôle de quelqu'un d'autre était difficile pour elle mais Clarke aimait tellement ce sentiment de la dominer… Des pensées plus que malsaines lui traversaient à présent l'esprit alors que ses mains venaient s'échouer sur le bassin, massant les reins avec dextérité. Elle voulait cette femme plus que tout autre chose et cela l'effrayait horriblement. Ses hanches appelaient ses mains, sa peau ses lèvres, son odeur ses narines… La tension dans la pièce semblait à son comble : elle s'approchait d'une limite à ne pas franchir tandis qu'elle sentait Lexa se crisper et se décrisper simultanément sous ses mains. La jeune femme semblait si douce et vulnérable ainsi allongée sur le canapé, s'autorisant à prendre soin d'elle pour une fois.
À contre cœur, Clarke glissa finalement un doigt appuyé le long de la colonne vertébrale pour terminer le massage. Elle se retira du canapé pour aller ranger la crème dans sa sacoche en cuir, laissant la brune se redresser.
Lexa était totalement sonnée par ce massage. Elle enfila avec difficulté son chemisier qu'elle reboutonna tant bien que mal. Quand elle tourna la tête pour regarder la médecin, ses émeraudes se plongèrent directement dans les saphirs de la magnifique blonde. Pas de rougeurs sur les joues, juste ce feu crépitant et passionné au fond de leur pupille propre. Elles restèrent ainsi à se fixer en silence sans penser au temps s'écoulant autour d'elle, incapables de briser le magnétisme qui les habitait toutes deux à ce moment précis.
- Bien. Vous voyez, ce n'était pas si difficile de se laisser masser, sourit difficilement Clarke.
- Oui… Merci Docteur Griffin.
- Vous méritez qu'on prenne soin de vous Lexa, lui indiqua la blonde.
- Je pourrais en dire autant de vous, répondit la brune.
Un sourire timide s'étira sur leurs lèvres à toutes les deux alors que la médecin se levait pour se diriger vers la porte d'entrée. Avant de l'ouvrir, elle pencha la tête sur le côté avant de souffler doucement :
- N'hésitez pas à m'appeler Lexa. Pour n'importe quoi.
- Je tâcherai d'y penser, acquiesça la brune.
Finn se mordillait la lèvre devant le dernier mouvement de son voisin de jeu. Il avait parié gros sur cette partie de poker et ne pouvait pas se permettre de perdre. Il jeta un coup d'œil à ses cartes tandis qu'autour de lui, les bruits des différentes machines à sous et autres tables de jeu résonnaient. Il regarda à nouveau son jeu tout en jetant un regard à ses compagnons avant de pousser ses derniers jetons sur le tapis.
- Tapis, annonça t-il.
Les cinq autres joueurs le fixèrent d'un air surpris. Trois secouèrent la tête pour dire qu'ils se couchaient alors que les deux derniers vérifiaient leur jeu une dernière fois. Ils finirent par étaler leurs derniers jetons à leur tour sur le tapis pour suivre Finn qui fit une moue. Le policier ferma les yeux sous la tension naissante dans tout son corps.
- Montrez vos jeux Messieurs, exigea le croupier.
- Brelan, annonça le premier joueur fier de sa main.
- Fais chier ! Paire, grogna le deuxième en claquant son jeu sur la table avec mauvaise humeur.
Finn le cœur battant serrait ses cartes sur la table.
- Monsieur, votre jeu s'il vous plaît, lui rappela le croupier.
Lentement le brun retourna ses cartes pour laisser entrevoir une main parfaite :
- Quinte Flush Royale.
Un hurlement frustré s'échappa de la gorge du joueur qui aurait pu rafler toutes les mises avec sa main si le jeune homme n'avait pas eu un jeu pareil.
- Félicitations Monsieur Collins, sourit le croupier poliment.
- Merci ! S'exclama le policier en récupérant ses jetons pour aller rapidement les échanger contre de l'argent.
C'est avec la somme rondelette de seize mille euros en liquide que Finn sortit du casino sous le regard des deux mafieux l'ayant amené ici la première fois. Ces derniers lui firent un clin d'œil. Il s'engouffra dans sa voiture, jetant un coup d'œil à l'heure : il était à peine vingt trois heures. Clarke devait avoir terminé son service depuis plusieurs heures déjà mais il savait qu'elle aimait s'aérer avec Octavia lorsqu'elle ne terminait pas trop tard.
Lorsqu'il arriva à l'appartement, il trouva la blonde endormie dans leur lit avec son chat serré dans ses bras. Il quitta ses chaussures et ses vêtements, allant s'engouffrer sous le drap rapidement pour aller enlacer Clarke qui remua dans son sommeil en le sentant contre elle.
- Hm…
- C'est moi mon cœur, tu dors ?
- Hmm…
- D'accord, sourit-il en lui embrassant gentiment l'épaule puis le cou, sa main glissant sur les hanches dénudées de sa petite amie.
Un sourire se dessina sur les lèvres de la médecin mais elle ne bougea pas d'un iota de sa position et Racoon encore moins. Finn trouvant ça amusant, décida de poser de nouveaux baisers le long du bras de sa petite amie, amenant ensuite sa main vers sa poitrine. Un œil vert s'ouvrit soudainement derrière un masque noir et Racoon se mit à gronder subitement de mécontentement devant l'arrivée des doigts du jeune homme vers lui et sa maîtresse. D'un mouvement sec et parfait il fit claquer sa mâchoire sur la main de Finn qui s'écarta en sursautant, retenant un cri pour ne pas réveiller Clarke. Il secoua son membre endolori où la marque des crocs du chat était imprimée. Il grogna avant de fixer son regard dans celui de l'animal qui s'était redressé et qui le regardait assis avec ce regard rancunier et peu amène, sa queue fouettant l'air.
- T'es vraiment une saloperie… Marmonna le brun en allant se rallonger de son côté, bien au bord pour être sûr que le chat ne l'attaquerait pas de nouveau.
Des verres tintèrent entre eux, faisant gicler quelques gouttes de l'alcool doré sur la nappe rouge sous les rires des quatre jeunes adultes. Bellamy et Finn avaient invité Octavia et Clarke dans un restaurant très sympathique en bord de mer pour fêter leur promotion à l'hôpital. La chose avait été officialisée en fin de semaine et en ce vendredi soir, le cœur était à la fête. Finn regardait amoureusement sa petite amie qui était tout sourire à cette idée très sympathique et cassant la routine. Leurs mains enlacées sur la table, ils discutaient avec entrain de leur quotidien.
Un vent frais balaya les cheveux de la médecin alors qu'elle hésitait quoi prendre pour son dîner. Elle se décida finalement pour des tagliatelles au saumon fumé. Elle était vraiment bien avec son compagnon et ses amis à profiter de ce début de soirée. Habillée d'une jupe noire et d'un top bleu turquoise, ses yeux clairs étaient mis en valeur, lui valant un compliment de la part du serveur ce qui ne manqua pas de faire rouspéter Finn qui ne se garda pas d'aller embrasser jalousement la joue de la blonde.
- Alors O', toujours le cul entre deux chaises ? La taquina Clarke.
- Ne m'en parle pas… Soupira la brune.
- Oh si parlons en, elle t'a dit que sa folle de copine était venue lui chanter la sérénade à deux heures du matin ? Demanda Bellamy.
- Bel' ! Cria sa sœur outragée en le frappant, ce qui fit rire les trois adultes.
- Quoi ? Allez, c'était drôle ! Te amooooo !
- Tais-toi !
Finn et Clarke rirent de bon cœur aux taquineries entre les deux Blake. Ils entamèrent leur plat dans la joie et la bonne humeur, profitant du petit groupe de musique fort sympathique jouant sur scène.
Tandis que le serveur débarrassait leurs assiettes vides et leur demandait si tout s'était déroulé pour le mieux, Clarke vit Finn s'agiter. Elle le regarda un instant faire avant de se concentrer de nouveau sur le groupe de musique qui faisait légèrement remuer ses épaules au rythme des instruments et de la voix grave du chanteur. Elle adorait vraiment la musique italienne. Alors que les musiciens prenaient une courte pause, elle vit son petit ami se lever pour aller chuchoter quelque chose à l'oreille du chanteur. Celui-ci accepta le petit billet glissé dans sa poche et se mit à entonner une chanson bien connue en Italie « L'Italiano ». Finn se dirigea de nouveau vers sa petite amie qui lui jeta un regard étonné. Il lui tendit la main avec un sourire charmeur.
- Finn qu'est-ce que tu fais… ? Murmura la blonde.
- Accorde moi cette danse princesse.
Elle hésita un instant, gênée de l'initiative et à l'idée de danser sur la petite piste vide du restaurant mais visiblement, le geste du brun avait attisé la curiosité de beaucoup de monde. Sa main vint finalement se saisir de celle de son amant pour la faire lever et le suivre. Finn posa ses mains sur la taille de la jeune femme et commença à entamer une danse douce et langoureuse avec elle sous les clins d'œil des musiciens. Clarke était un peu impressionnée et gênée mais elle se laissa finalement prendre au jeu.
La chanson se termina sur une dernière note grave du chanteur et elle sentit Finn se détacher d'elle. Le brun posa un genou à terre.
Ses yeux papillonnèrent de surprise et son cœur s'emballa brutalement à cette vision. Elle rêvait, c'était impossible ! Pourtant elle était incapable de prononcer le moindre mot, effrayée et sous le choc de ce qui allait se passer. Les yeux du brun vinrent trouver les siens alors qu'il sortait une petite boîte noire de sa poche de jean.
- Clarke Griffin, tu es la femme de ma vie. Je n'ai rencontré personne comme toi. Je te veux pour toujours à mes côtés. Acceptes-tu de m'épouser et de devenir ma femme et la mère de nos enfants ?
- … Finn… Je… Si je m'attendais…
Totalement sous le choc, Clarke était paralysée sur place et avait du mal à trouver ses mots alors que son petit ami attendait patiemment sa réponse. La première réponse à l'esprit qui lui vint était « non ce n'est pas raisonnable », pas après tout ce qu'ils avaient traversé ces dernières semaines sans compter le rythme de folie que sa vie avait pris depuis sa rencontre avec Lexa Donati. Elle chercha de l'aide auprès d'Octavia mais sa meilleure amie était aux anges et sautillait sur sa chaise. Bellamy lui fit un clin d'œil et une bonne vingtaine de paires d'yeux la fixaient avec envie. Elle ne pouvait décidément pas lui mettre la honte devant autant de monde.
- Je… Euh… Oui Finn, acquiesça t-elle finalement.
Les cris habituels de la future mariée étaient loin d'être au rendez-vous mais son cœur battait à toute allure. Elle avait l'impression de revenir au tout début de leur relation quand son petit ami se faisait charmeur et attentionné à son égard.
- Oh mon amour ! Cria le brun, heureux en lui mettant la bague au doigt pour ensuite la soulever et la faire tourner dans les airs sous les applaudissements du restaurant entier.
Clarke marchait sans but réel, des centaines de pensées s'entrechoquaient dans son esprit. Elle se prenait le contre coup de la demande en mariage de Finn. Son pouce n'arrêtait pas de caresser machinalement la bague à son annulaire comme pour vérifier qu'elle ne rêvait pas. En réalité, elle aurait préféré que toute cette soirée ne soit qu'un songe. Elle était terrifiée par l'avenir soudainement et elle se faisait tirer par Octavia qui ne cessait de babiller joyeusement au sujet de cette soirée mémorable. La blonde avait saisi quelques bribes mais avait vite décroché, elle se contentait de répondre par un sourire ou d'acquiescer.
Les deux filles se stoppèrent devant l'appartement de la médecin. Finn et Bellamy avaient dû partir en intervention d'urgence après que des coups feu aient été échangés dans une rue commerçante de Syracuse. Pour la toute première fois, elle n'avait pas été effrayée pour la vie de Finn, elle avait plutôt été soulagée de son départ. Elle allait pouvoir repenser à tout ça la tête reposée sans avoir à supporter ses yeux enamourés et ses chuchotements amoureux à l'oreille. Elle aimait Finn sincèrement mais elle n'était pas prête pour le mariage. Elle se demandait si le brun comprendrait si elle lui expliquait qu'elle était revenue sur sa décision… Sûrement que non. Quel genre de femme revenait en arrière sur une réponse à une demande en mariage ?
- On est arrivé la future mariée ! La secoua Octavia.
- …
- Clarke ! Tu rêves encore ? C'est bon ton joli cailloux est toujours à ton doigt haha !
- Hein ? Ah on est arrivé… Merci O'. Je suis sur un petit nuage, ça m'a épuisée… Je m'y attendais tellement pas… Je vais me coucher directement.
- Ça marche, repose-toi bien ! Et pas trop de folies cette nuit s'il rentre plus tôt ! Demain soir on va en boîte pour fêter ça !
- D'accord, dit la blonde plus pour se débarrasser de sa meilleure amie qu'autre chose.
Après une accolade chaleureuse, elles se séparèrent et Clarke monta sans grande motivation les marches de son petit immeuble pour arriver à son appartement. Racoon l'accueillit en ronronnant, heureux de revoir si tôt sa maîtresse. La blonde l'ignora et alla directement se coucher sur le lit. Elle resta à fixer le plafond un temps indéfini, vide de pensées. Elle n'osait même pas fermer les yeux plus de quelques secondes car tout ce qu'elle voyait, était ces magnifiques émeraudes vertes qui la fixaient. Elle sentit bientôt Racoon sur son ventre, le chat tira quelque peu sur son haut turquoise en faisant ses pattes sur le ventre de sa maîtresse tout en ronronnant fort.
- Oh Racoon… Je suis totalement perdue…
Un miaulement affectueux lui répondit avant que la tête de l'animal vienne se frotter dans le cou puis sur les joues de la blonde qui se retint de rire doucement sous les caresses chatouilleuses du félin. Elle amena ses mains sur le crâne du chat, lui grattant gentiment les joues puis l'arrière des oreilles. Comme à son habitude, Racoon releva la tête pour profiter encore plus des caresses et signifier l'adoration qu'il avait pour ces dernières. Son œil vert s'ouvrit légèrement tandis que le bleu restait clos. Clarke en voyant l'émeraude la fixer se releva soudainement le cœur battant : il fallait qu'elle sache.
Le corps de Lexa épousait avec élégance les mouvements de sa moto de sport. La nuit était tombée et suivie de Gustus et Ryder dans le SUV Porsche, elle profitait d'une balade nocturne sur les hauteurs de l'île. Elle avait besoin d'oublier, de s'aérer la tête de toutes ces pensées vagabondes qui la distrayaient de son rôle de Dona et ses affaires, surtout celles concernant la belle blonde qui lui servait de médecin de famille depuis quelques semaines… Cette Clarke Griffin avec ses beaux saphir et son autorité naturelle ne cessait de troubler sa concentration. Le moteur de la moto lâcha un ronronnement rauque alors qu'elle accélérait bien plus qu'elle ne l'aurait dû sur une ligne droite au bout de laquelle se trouvait un tournant raide. Comme pour désapprouver sa manœuvre, elle aperçut les appels de phare de Gustus qui devait sans doute frôler la crise cardiaque au volant de la voiture alors qu'elle voyait sur son compteur trois chiffres apparaître.
Le tournant se rapprochant, elle entama un freinage contrôlé pour pouvoir épouser ce dernier sans risque de chute. La moto grogna sous le décéléré mais exécuta le mouvement avec légèreté ce qui arracha un sourire à la brune : Raven ne lui avait pas menti sur cette bécane. Son oreillette Bluetooth s'activa lorsqu'un appel de la voiture derrière elle lui fut signalé.
- Quoi ? Demanda t-elle.
- Madame Donati, hm, Gustus me dit de vous dire qu'il a manqué de faire une crise cardiaque.
- Je demanderai au Docteur Griffin de lui faire faire une batterie de tests alors, répondit-elle laconiquement.
- Il dit qu'il est l'heure de rentrer…
Elle ne répondit pas et se contenta de terminer l'appel. Elle jeta un coup d'œil à l'heure puis dans son rétroviseur avant de souffler et de prendre la direction de sa propriété. Une dizaine de minutes plus tard, elle arriva non loin des grands murs protecteurs. Ses sourcils se froncèrent en repérant un véhicule blanc sale stationné le long. Prudente, elle ralentit pour jauger le danger : les chiens n'aboyaient pas, la zone était calme et cette voiture lui était familière. Rapidement, elle l'identifia : c'était le véhicule de son médecin de famille. Malgré elle, son cœur s'accéléra à l'idée que la blonde soit venue une nouvelle fois seule jusqu'à chez elle et puisse être en danger car elle ne semblait pas être dans son véhicule. Elle se laissa glisser jusque devant son portail et eut le loisir de souffler de soulagement en voyant à travers son casque la belle blonde habillée d'une jupe noire mettant ses longues et belles jambes fines en valeur et d'un top turquoise. Celle-ci était appuyée contre le portail et avait une main passée à travers une rainure avec Roméo assis derrière se laissant caresser allégrement.
Clarke avait tourné la tête en entendant les bruits de moteur et en distinguant les phares arriver dans sa direction. Elle attendait depuis une demi-heure devant la propriété Donati et avait été surprise de ne trouver personne pour lui ouvrir. Si elle avait regretté son geste irréfléchi de débarquer en plein milieu de la nuit chez Lexa Donati, la vision que cette dernière lui offrit en stoppant cette moto de sport rouge vif à sa gauche lui fit vite oublier ses regrets. Sa gorge se noua lorsque la belle brune déplia ses longues jambes pour tenir le véhicule à l'arrêt en équilibre. Lorsqu'elle releva sa visière de casque, Clarke pensa un instant à ne plus jamais lâcher des yeux ces pupilles vertes qui la rendaient folle.
- Docteur Griffin, un problème ? Demanda doucement Lexa, inquiète.
La blonde secoua doucement la tête en s'écartant du chien de garde qui se mit à couiner d'excitation à l'arrivée de ses maîtres. Clarke esquissa un petit sourire maladroit et timide, glissant une mèche blonde derrière son oreille.
- Non… Je… J'avais besoin de vous voir, souffla t-elle.
La Donati haussa un sourcil surpris à cette réponse alors que le portail s'ouvrait pour laisser passer les véhicules.
- Entrez, j'arrive, indiqua t-elle.
La médecin ne se le fit pas dire deux fois et se glissa à l'intérieur de la propriété sans craindre les chiens de garde qui furent repoussés par un ordre en sicilien de la part de la motarde. Elle vit la brune s'enfoncer dans le fond de la cour puis dans ce qui semblait être un garage. Clarke s'avança doucement pour attendre patiemment près de la porte d'entrée. Elle n'eut pas à attendre longtemps que la porte s'ouvrit sur Lexa qui lui fit signe d'entrer.
L'odeur d'exotisme de sa première visite vint rapidement aux narines de la blonde tandis que la brune s'éloignait pour aller dans la cuisine. Cela permit à Clarke d'admirer les magnifiques fesses de la Donati qui étaient couvertes d'un jean slim bleu foncé presque noir, la laissant pieds nus. Elle portait son habituel chemisier féminin blanc en guise de haut et une veste en cuir noir qui lui donnait un charme indéniable mais ce qui laissa sans voix la médecin, ce fut le visage si calme et doux de la brune encadré par de longs cheveux châtains foncés ondulés et détachés. Elle semblait si différente de la femme d'affaire sévère du quotidien.
- Voulez-vous boire quelque chose Clarke ?
La médecin fondit sur place en entendant la brune prononcer son prénom. Depuis quand ne l'avait-elle pas fait ? Depuis leur matinée à l'hippodrome sans doute.
- Je veux bien.
- Une préférence ?
- Tout m'ira.
- D'accord.
Lexa déboucha une bouteille de rouge de sa réserve personnelle avant de verser l'alcool dans les verres à vin. Elle s'approcha délicatement de la blonde pour lui tendre son verre. Clarke avança sa main pour attraper ce dernier et en profita pour effleurer la peau de l'héritière qui se figea un instant à ce contact. Lorsqu'elle eut le vin en main, elle huma ce dernier avant de sourire.
- Il a l'air très fruité.
- C'est le cas, sourit la brune. J'espère qu'il vous plaira, je l'apprécie beaucoup.
- Je vais vous dire ça rapidement…
Clarke trempa ses lèvres dans le verre qu'elle bascula doucement, laissant l'alcool rouge foncé venir lui chatouiller les papilles. Elle avait toujours apprécié les bons vins : elle tenait ça de son père qui avait lui aussi son petit caveau personnel.
- Délicieux, acquiesça t-elle alors que les pupilles vertes de Lexa la fixait avec intensité et curiosité.
- Vous m'en voyez ravie.
Les deux jeunes femmes restèrent debout à se fixer les yeux dans les yeux, seulement accompagnées par les chuchotements des cigales au dehors. Le cœur battant, Clarke décida de franchir la distance les séparant et se retrouva à quelques centimètres de la Donati qui recula de surprise, seulement, son bassin se heurta au plan de travail de sa cuisine, lui coupant toute retraite.
- Clarke… Murmura l'héritière la voix presque tremblante.
- Lexa… Répondit la médecin, hypnotisée par les lèvres de la brune.
Clarke posa doucement son verre sur le côté gauche de la brune qui en avait presque coupé sa respiration tant la situation la mettait mal à l'aise et l'excitait à la fois. Elle semblait lutter en son fort intérieur. Les yeux bleus de la médecin vinrent chercher ceux verts pour demander doucement, hésitante :
- Est-ce que je suis… La seule à ressentir… Ce que je ressens quand je suis près de vous ?...
- Clarke… Vous jouez à un jeu dangereux…
- Vous me hantez Lexa… Je vois vos magnifiques yeux verts dès que je ferme les miens… Je ne pense que trop à vous et nos rares rendez-vous où vous acceptez de me laisser prendre soin de vous… Vous me terrifiez… Et vous me passionnez à la fois…
- …
- Dites-moi que vous ne ressentez pas tout ce que je ressens, s'il vous plaît… La supplia Clarke.
- Je… Mentirais si j'affirmais le contraire… Hésita la brune.
- Vous n'aimez vraiment pas le mensonge, sourit la médecin.
Lexa secoua la tête négativement très lentement sans lâcher du regard la femme face à elle tout en posant son verre elle aussi. Elle tressaillit lorsqu'elle sentit la main de Clarke sur sa joue et ferma les yeux sous la douceur du geste. Lorsque leurs pupilles furent de nouveau en contact, seul le désir s'y lisait et n'y tenant plus, la Donati franchit la maigre barrière encore présente entre leurs lèvres pour aller s'emparer de celles de la magnifique blonde qui en gémit de contentement. Leur premier baiser fut doux, hésitant et sucré mais se transforma rapidement en un baiser fiévreux et passionné qui les laissa gémissantes d'excitation contre la bouche l'une de l'autre. Clarke avait passé ses bras dans la nuque de Lexa tandis que les mains fines de la brune encadraient les joues de la médecin, s'accrochant à elle comme à une bouteille d'oxygène. La langue de la blonde vint rapidement quémander le droit d'entrée à la bouche de l'héritière qui se laissa faire, gémissant de plaisir et d'excitation en sentant la langue douce de son amante venir caresser la sienne pour ensuite entamer un ballet langoureux.
Alors que le baiser se terminait, Lexa sentit les mains de Clarke caresser son cou pour s'arrêter sur son col de veste en cuir qu'elle fit tomber sur le sol rapidement tout en entamant un nouveau baiser. Elle sentit son bas ventre s'enflammer à ce geste et quémanda encore plus de baisers, serrant leurs deux bassins ensemble alors qu'elle se laissait pousser par la blonde jusqu'au canapé d'angle. Sous un geste de Clarke, elle termina assise, haletante des précédents baisers, ses yeux fixés dans ceux de la jeune femme qui se tenait droite devant elle. Sans plus de cérémonie, elle vit Clarke croiser ses bras sur le bas de son haut turquoise pour le retirer et offrir à sa vue un soutien-gorge noir. Elle frissonna à cette vision et encore plus lorsque la blonde passa au dessus d'elle pour s'installer sur ses hanches et la pousser en arrière.
Lexa se redressa pour aller réclamer un nouveau baiser à la médecin qui les joues rougies par le plaisir, se laissa entraîner dans une nouvelle danse langoureuse tout en sentant les mains de la brune glisser dans son dos pour détacher son sous vêtement. Lorsque celui-ci fut par terre, la Donati détacha ses lèvres de celles de la blonde pour aller poser des baisers mouillés et amoureux le long de la gorge de Clarke, descendant finalement jusqu'à sa poitrine découverte dont les arrondis la firent vibrer intérieurement. Elle amena une main pour se saisir avec douceur du sein droit, amenant ses lèvres dessus pour y poser un baiser qui fit soupirer d'aise son amante. Sans pouvoir se retenir plus, elle se saisit de la petite pointe érigée pour la sucer et la lécher, sentant Clarke se cambrer et gémir plus fort alors qu'elle appuyait sa bouche autour de cette partie si sensible. Elle sentit le bassin de la jeune femme se mouvoir au dessus du sien comme pour la supplier de satisfaire sa faim intérieure mais la brune se fit gourmande et alla se saisir du second mont pour appliquer les mêmes caresses langoureuses dessus.
- Lexa… Supplia la médecin, tremblante d'excitation en tentant de pousser la brune à se rallonger.
- Tu es tellement belle… Souffla t-elle dans un gémissement envieux alors que ses lèvres venaient à nouveau s'aventurer sur la gorge de la blonde pour quémander un nouveau baiser.
Un gémissement s'échappa de la gorge de Clarke quand elle sentit contre sa bouche celle de la brune qui vint glisser sa langue pour caresser sa vis-vis puis longer les dents blanches et alignées. Elle se laissa finalement retomber en arrière sous un nouvel appui de son amante, la laissant déboutonner son chemisier. Les doigts de Clarke tremblaient d'excitation et avaient bien du mal à défaire les minuscules boutons, aussi après deux minutes à lutter contre un, elle attrapa les bords de la chemise pour tirer d'un coup sec dessus, faisant sauter les fermetures de cette dernière. Elle fut agréablement surprise de découvrir que la brune ne portait pas de soutien gorge sous sa chemise et put alors aller à son tour torturer agréablement de baisers sa poitrine.
Des soupirs et gémissements s'échappèrent rapidement des lèvres de l'héritière qui se cambra sous les assauts affamés de la médecin qui semblait quant à elle, déterminée à la garder sous son contrôle car elle l'empêchait de se redresser ou d'inverser leur position. La Donati glissa ses mains sur le visage de la blonde pour avoir le plaisir de plonger ses émeraudes dans ses saphirs, l'incitant par ce geste à venir l'embrasser de nouveau, ce que fit la blonde. Tout en gardant leurs lèvres scellées, la main droite de la médecin glissa le long des côtes qu'elle effleura avec quelques arabesques gracieuses du bout des doigts pour finalement s'arrêter sur le bouton de jean et le défaire avec dextérité. Elle détacha ses lèvres pour se redresser et reculer alors qu'elle attrapait les rebords du jean pour le soustraire aux jambes de Lexa.
Ses pupilles se dilatèrent sous la vision des belles et longues jambes fines et bronzées, aussi ne résista t-elle pas à l'envie d'aller embrasser le pied droit pour remonter avec des chapelets de baisers le long de sa jambe, arrachant ainsi des frissons à la brune qui se tortilla légèrement. Sa bouche s'arrêta finalement sur le dessus de la cuisse qu'elle embrassa avec légèreté et envie avant de poser ses lèvres sur la culotte en dentelle noire et raffinée de la brune. Ses dents vinrent mordiller le sous vêtement faisant se cambrer Lexa qui semblait inquiète et excitée à la fois.
- Hhhm… Clarke… Soupira t-elle en serrant ses jambes.
- Chut… Murmura la médecin en retour tout en faisant glisser la dentelle le long des jambes pour la jeter dans la pièce.
Elle posa un baiser sur la toison brune de son amante avant de glisser une main entre les cuisses pour les écarter doucement. Elle sentit Lexa résister aussi décida t-elle de la détendre en allant poser de nouveaux baisers à l'intérieur de ses cuisses, soufflant en revenant finalement contre ses lèvres :
- J'en ai envie… Pas toi ?...
- Tu me fais perdre le contrôle, c'est dangereux…
- Laisse-toi faire… Je contrôle d'accord ?...
Bien qu'avec hésitation, l'héritière hocha doucement la tête, se contractant rapidement en sentant la blonde descendre en vitesse le long de son ventre avec quelques baisers rapides. Elle écarta les jambes, tremblante et inquiète avant de se contracter brusquement en sentant la bouche de son amante contre son intimité et ses mains agrippant ses fesses. Elle ferma les yeux pour garder le contrôle de son corps mais bientôt elle sentit la langue de la médecin venir la torturer agréablement sur ce petit bourgeon de plaisir sensible, aussi se cambra t-elle sous les presque décharges électriques qui la traversaient.
Ses tremblements gagnèrent en intensité alors que des gémissements sonores s'échappaient de sa gorge malgré elle. Les paupières closes, elle sentait gronder en elle cette tempête intérieure qui lui avait tant manquée depuis ces deux dernières années. Son bassin ondulait sous les assauts langoureux et elle sentit bientôt qu'elle atteignait sa limite. La médecin sembla le comprendre car elle ralentit son jeu de langue pour aller reposer des baisers sur les lèvres secrètes de la brune qui gémit en sentant un doigt câlin la pénétrer et venir la caresser. Clarke remonta aux lèvres de son amante sans pour autant arrêter ses va et vient lents et profonds, se frottant à elle et lui souriant en lui volant un baiser complice :
- J'aime t'entendre gémir… Je veux plus…
- J… Je… Je ne peux pas … Murmura la brune en luttant difficilement contre son orgasme qui grondait en elle tout en jetant des regards furtifs vers les grandes fenêtres de la maison de peur d'être surprise ou entendue par ses hommes de main.
- Il n'y a que toi et moi… Viens… Viens…
- Hhh… Clarke… ! Gémit la Donati alors que son corps commençait à échapper à son contrôle.
- Je suis là…
Le regard océan de la médecin se fixa sur le visage de la brune qui était crispé de plaisir. Elle scella sa bouche avec celle de son amante en accentuant ses va et vient pour la pousser à bout. Lexa résista encore quelques secondes avant de craquer et se laisser submerger par l'intensité de son plaisir intérieur alors qu'elle jouissait en gémissant fort dans la bouche de son amante qui continua ses caresses rapides pour faire durer l'orgasme de la brune. Elle était si mouillée que la médecin eut du mal à garder toute sa lucidité. Une fois les tressautements calmés, le corps de Lexa bascula en arrière d'épuisement. Elle sentit la blonde sourire contre elle après un baiser contre son épaule avant qu'elle ne se blottisse contre elle.
Lorsque la brune eut repris totalement sa respiration, elle tourna le visage pour chercher ces magnifiques yeux qu'elle aimait tant, et ce depuis le premier jour où elle les avait vu dans cet hôpital. Clarke plongea son regard dans le sien, un sourire plaqué aux lèvres alors que la forêt se mêlait à l'océan dans cet échange silencieux.
Le cœur de la médecin cogna fort dans sa poitrine quand elle vit s'esquisser ce sourire rayonnant et apaisé sur les lèvres de son amante : c'était le plus beau sourire qu'elle avait vu depuis des années. Cette femme était la perfection incarnée. Alors qu'elle se plaisait à la dévorer du regard, elle sentit la Donati se redresser légèrement pour récupérer un plaid doux qu'elle déplia au dessus de leurs corps à demi nus. Elle bascula la blonde sous elle, toujours avec ce sourire craquant collé aux lèvres, enfin oublieuse de l'environnement extérieur. Elle vint glisser quelques baisers doux sur sa joue en chuchotant :
- Vous ai-je déjà dit que je suis quelqu'un qui n'aime pas être endetté Clarke ?...
- Non… Mais je sens que ça ne va pas me déplaire… Répondit la blonde souriante en sentant à présent les lèvres de la brune dans son cou et sa main descendre délicatement le long de son corps.
Leurs lèvres se trouvèrent à nouveau pour un baiser passionné. Leurs derniers vêtements glissèrent le long de leurs corps et du canapé, les laissant savourer à travers cette bulle protectrice et presque irréelle, une nuit pleine de passion.
*Sifflote* Je sens qu'il y a eu des envies de lynchage à mon encontre à une certaine scène avec Finn/Clarke mais que la dernière scène risque de jouer en ma faveur non ? Je plaide non coupable !
Clexa quand tu nous tiens... (on a explosé le baromètre du clexa je crois... :P) Il s'en passe des choses dans ce chapitre 5 ! C'est la folie ! Vous avez réussi à tenir le coup ?
À lundi prochain pour le chapitre 6 ! J'espère que le 5 fera couler autant d'encre que le précédent ! Je compte sur vous, je veux tout savoir alors à vos claviers ! Qu'avez vous préféré ? Comment va se passer le réveil à votre avis ? :D
