Hey ! Bonne rentrée à tous et toutes ! Voilà le chapitre 8 pour vous distraire encore un peu et faire penser aux vacances :P Merci pour vos retours, follows et favs!

Ewilian : Merci pour ton retour ! Heureuse que la rupture Finn/Clarke t'ait plu ! Raven plus présente ? Oh god tu veux ma mort ! Elle m'épuise cette furie :P Les Barzetti reviennent dans ce chapitre ! :)

Micro : Merci de ton retour :) Haha oui ça risque d'être folklo quand Finn apprendra l'identité de l'amante de Clarke :P Le Clexa te manque ? Ce chapitre devrait te redonner le sourire à ce sujet :)

Relecture by doubi et MagRd ! Un énorme merci à eux ! Un chapitre très... Histoires de cœur je dirais ! ;P Bonne lecture !


Chapitre 8 : Assauts croisés


Le port de Syracuse commençait à s'animer. Les artisans et marchands venus des provinces voisines hélaient déjà les touristes pour les attirer vers leur stand. Anya soupira, remuant entre les draps blancs. Ses sourcils se froncèrent devant le petit rayon de soleil ayant percé à travers les vieux volets en bois et qui lui caressait le visage de sa douce chaleur. Elle glissa une jambe sur le côté pour vérifier que son amant était toujours là mais le lit était vide de sa présence, aussi l'appela t-elle d'une voix encore embrumée par le sommeil :

- Gus…?

Elle soupira devant l'absence de réponse. Peut-être son amant avait-il été appelé par la Dona bien que ce soit son jour de repos. Elle tendit le bras pour récupérer son portable, vérifiant ses messages et appels. À part un SMS très vulgaire de la part de son frère au sujet de la nuit qu'elle avait partagé la veille avec le Giordano, il n'y avait rien à signaler. Elle entendit des clés dans la serrure de la porte de l'appartement et attrapa par réflexe son pistolet qu'elle pointa dans la direction du visiteur.

Gustus la fixa avec un sourire amusé. Il portait pour seul vêtement un jean, laissant son torse bien taillé pour son âge, à l'air et avait des sachets marron dans la main droite.

- Charmant accueil…

- Quelle idée de partir sans rien me dire… Répondit-elle lascive mais avec un sourire, ravie que le brun n'ait pas été appelé en urgence.

- Tu t'es inquiétée ?

- Ne rêve pas vieil ours.

La réponse étira le sourire du sicilien qui avança dans sa minuscule cuisine, faisant tourner la tête à la mafieuse qui avait reposé son arme sur la table de nuit.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- T'occupe, va te remettre sous les draps.

- C'est un ordre ? Demanda t-elle, loin d'être décidée à obéir à un homme dès le matin.

- Ne joue pas à ce petit jeu dès le matin Anya, lui répondit Gustus, amusé. À moins que tu veuilles que je te rappelle ce que je t'ai fait cette nuit… Moi aussi, je sais jouer.

Les joues d'Anya s'empourprèrent légèrement et elle se mordit les lèvres au souvenir encore frais de leur nuit. Gustus avait été très… Sauvage et cela ne lui avait pas déplu, au contraire. Ils avaient pris un pied monstrueux à baiser ainsi. Elle laissa son regard traîner sur le dos musclé et nu du mafieux avec envie. Elle re-goûterait bien un peu de Giordano avant de reprendre son rôle auprès d'Aden.

- D'accord, je me recouche mais ne prends pas ça pour une victoire Giordano.

- Ça me va Zanetti.

Quelques minutes plus tard, le mafieux déposa un plateau sur lequel se trouvait un petit-déjeuner complet : croissants chauds, jus d'orange, confiture de fraise et café. L'odeur des croissants arriva rapidement aux narines d'Anya qui sourit devant l'attention : jamais Gustus n'avait fait ça.

- On est de bonne humeur Monsieur Giordano ? S'enquit-elle, taquine.

- De bonne humeur et affamé, sourit-il en glissant une main sur la cuisse nue de la mafieuse.

- Hm… Je vois… Mais qui te dis que moi j'ai encore faim ?

- Laisse-moi te donner faim alors… Souffla t-il en passant par-dessus elle pour aller poser des baisers dans son cou.

Anya sourit, le cœur battant. Elle se cambra en arrière en sentant les baisers du brun contre sa peau. Des soupirs lui échappèrent mais elle les masqua en allant croquer un croissant, faisant mine de ne pas être touchée.

- Hm, je ne suis toujours pas convaincue… Fit-elle, se faisant désireuse de plus.

La bouche du Giordano descendit plus bas, arrachant un sourire à la blonde qui écarta doucement les jambes avant de couper sa respiration lorsque la langue du brun vint chatouiller un point très sensible. Elle se mordit la lèvre, se contractant un instant comme pour lutter contre les frissons l'envahissant mais Gustus s'appliqua en jouant de différents mouvements de langue sur ce point si sensible, faisant rapidement soupirer et trembler de plaisir la mafieuse.

- Hn… Gus…

Une dizaine de minutes plus tard, Anya tentait de retrouver son souffle tandis que son amant continuait à poser des baisers à l'intérieur de ses cuisses. Les mains de la mafieuse vinrent lui caresser les joues pour lui faire comprendre de remonter vers elle. Il s'approcha d'elle pour l'embrasser mais elle l'arrêta d'une main sur la bouche, essuyant cette dernière avant de poser ses lèvres sur celles de son amant, grimaçant ensuite :

- Il n'y a vraiment rien à faire, je ne suis pas du tout moule…

La remarque fit rire le brun qui alla s'essuyer la bouche sur un oreiller pour venir à nouveau embrasser la blonde qui cette fois-ci ne grimaça pas. Alors que le baiser s'accentuait et s'accompagnait de caresses osées, Gustus lâcha :

- Je t'aime Anya.

Ces trois mots eurent l'effet d'une véritable douche froide pour la mafieuse qui arrêta immédiatement ses caresses et ses baisers pour regarder le brun qui continuait à l'embrasser. Il lui fallut quelques secondes avant de comprendre qu'Anya n'était plus très ouverte à l'idée de continuer.

- Quoi ? Demanda t-il.

- Dis-moi que ça t'a échappé Gustus, dit-elle, soudain très froide.

- De quoi tu parles ?

- Ce que tu viens de me lâcher il y a trente secondes.

Le brun fixa son regard dans celui de la blonde, répétant :

- Je t'aime Anya. Pas toi ?

- Ne me demande pas ça… Pas toi Gustus, répondit la blonde en secouant la tête.

- Je te le demande. Est-ce que tu m'aimes ?

Devant le silence et le regard fuyant de la mafieuse, le Giordano émit un grognement et se leva du lit pour enfiler un t-shirt. Anya souffla, exaspérée avant de lancer :

- Tu te barres comme ça ?

- Ouais.

- Tu vas faire la gueule ? Putain Gustus, tu sais que c'est compliqué.

- Ça fait deux ans que c'est compliqué Anya. J'ai cinquante ans et j'en ai assez d'attendre. Qu'est-ce que ça te coûte de me faire confiance bordel ? Ça ne va pas te tuer !

- Ne me parle pas comme ça, je suis pas ton chien !

- Tu sais quoi ? J'arrête les frais, Tristan avait raison. Va baiser avec qui tu veux, j'en ai plus rien à foutre.

Le sicilien ne lui laissa pas le temps de répondre et se contenta de sortir et claquer brutalement la porte de l'appartement.

- Connard… Articula difficilement la blonde en serrant les draps entre ses doigts.


Bellamy Blake se stoppa derrière Jasper et Monty pour regarder de nouveau les vidéos des caméras de surveillance du casino ayant explosé il y a deux jours. Les agents cherchaient le moindre indice exploitable pour coincer les enfoirés ayant causé la mort de plus de trente personnes cette nuit-là, dont quatre politiciens agissant à l'Assemblée Régionale de Sicile : une grosse perte pour la région mais une victoire pour la mafia qui glisserait sans doute quatre nouveaux pions prochainement.

Gina entra soudainement dans la salle de réunion, lançant :

- Capitaine, j'ai établi une liste de tous les employés du casino. Vingt d'entre eux ont été identifiés grâce à leurs empreintes dentaires. Il en manque un : Sébastian Battaia.

- Il ne travaillait pas ce soir-là ?

- La machine de pointage a enregistré sa présence entre 1h et 2h du matin.

- Quel poste occupait-il ?

- Un poste de livreur. Il s'occupait de ravitailler l'alcool et la nourriture du casino.

- Connu de nos services ?

- Il a déjà été arrêté pour des infractions mineures.

- C'est à dire ?

- Défaut de port du permis de chasse l'an dernier et contraventions pour non-respect des règles de stationnement.

- Oui donc un mec plutôt clean dans l'ensemble.

- On peut dire ça.

- Quel âge a t-il ?

- 33 ans Capitaine.

- Faites-moi un avis de recherche sur ce Battaia. Je le veux et vivant c'est bien clair ?

La blonde hocha la tête pour signifier qu'elle avait compris. Tous relevèrent la tête quand Bryan s'exclama en arrivant :

- Hey ! Regardez qui je viens de sortir de l'hôpital !

- Finn ! Putain vieux frère ! C'est cool de te revoir ! Sourit Jasper en faisant rouler sa chaise de bureau jusqu'au brun pour lui serrer la main.

S'ensuivit un accueil chaleureux pour leur collègue excepté de la part de Bellamy qui resta à fixer la scène dans son coin.

- Merci les gars, souffla le brun.

Son visage affichait plusieurs coupures légères et bleus mais le policier semblait aller bien.

- Collins dans mon bureau, ordonna le Capitaine.

- J'arrive.

Les deux hommes se dirigèrent dans la pièce pour discuter en privé. Finn commençait à stresser à l'idée que Bellamy ait découvert le pot aux roses concernant son addiction aux jeux. Il se voyait déjà rendre son badge et son arme de service. Les deux hommes restèrent debout à se fixer en silence jusqu'à ce que le Blake pose une main sur l'épaule droite de son agent qui en trembla presque.

- Bellamy je…

- Clarke m'a raconté pour votre rupture. Je suis désolé pour toi vieux frère.

Finn cligna des yeux quelques secondes à cette phrase. Il baissa les yeux, repensant à cette partie de l'histoire et hocha faiblement de la tête.

- Merci…

- Sache que tu peux prendre quelques jours pour te reposer et te remettre d'aplomb. C'est pas vraiment le moment mais je comprendrai.

- Non ça va aller, si je reste chez no… Moi, je vais devenir fou. Autant que je fasse profiter de mon énergie et mes insomnies à la cellule anti-mafia.

- Bien. Tu as vraiment eu de la chance de ne pas être plus blessé que ça. Quelques civils ont été tués à cause de l'explosion.

- J'ai eu de la chance on peut dire, oui…

- Dis-moi, ça ne me regarde pas mais je croyais que tout allait bien entre toi et Clarke avec la demande en mariage et…

- Je croyais aussi mais visiblement ce n'était plus le cas.

- Tu sais ce qui lui a fait prendre sa décision ?

Le policier serra la mâchoire, le regard sombre. Il secoua la tête négativement :

- Elle a dit ne plus m'aimer comme à nos débuts.

- Je vois… Vraiment désolé pour toi, vous formiez un joli couple. Mais comme le proverbe le dit : une de perdue dix de retrouvées.

- Exactement.

Des grognements sonores se firent entendre, aussi Bellamy s'excusa auprès de Finn pour aller voir de quoi il en retournait. Murphy tirait une gueule de dix pieds de long et ne cessait de râler bruyamment. Le Blake ne put s'empêcher de sourire intérieurement devant le côté râleur du brun : un vrai chat de gouttière enragé.

- Murphy ça a donné quoi avec Becca Giordano ?

- Elle a pas voulu me voir. Sa secrétaire m'a refoulé car j'avais pas rendez-vous.

- Tu lui as montré ton badge au moins ?

- Non je lui ai montré mon cul ! Bien sûr que j'ai sorti mon badge. Elle l'a appelée pour finalement me dire qu'elle se foutait d'être en danger, qu'elle avait ses gardes du corps et qu'elle n'avait pas besoin d'une protection policière supplémentaire et aussi que les lettres de menaces, elle les accrochait sur son frigo tellement elle en recevait.

Bellamy soupira : Becca Giordano était une femme politique très influente en Sicile mais elle était totalement insouciante par moment. À prendre trop les choses à la légère, elle finirait par le payer. L'attaque du casino ne présageait rien de bon pour la maire de Syracuse. Si quatre hommes politiques influents avaient été rayés de l'équation en une soirée, alors la prochaine sur la liste ne devait être qu'elle.

- Murphy, tu viens avec moi. On y retourne.

- Quoi ?! Bordel…

- Ton langage.

- Oui mon Capitaine, désolé mon Capitaine, chanta t-il à moitié, faisant rire ses collègues.

Le brun secoua la tête d'un air faussement exaspéré avant de sortir de la salle.


La blonde inspira une bouffée d'air avant de sonner à la porte. Elle n'avait plus donné de nouvelles à la Donati depuis son dernier mail lui disant qu'elle avait besoin de plus de temps et celle-ci non plus d'ailleurs. Sa rupture avec Finn avait été plus douloureuse qu'elle ne l'aurait cru : si le comportement du brun ne lui manquait pas, ce qui était le plus dur était de ne pas avoir sa simple présence à ses côtés ou tout simplement son odeur, ses sourires au quotidien, revoir les photos où ils étaient ensemble... La porte s'ouvrit sur une dame âgée, la soixantaine passée.

- Bonjour, puis-je vous aider ? Demanda t-elle.

- Bonjour, je suis le Docteur Griffin. Je suis venue voir Madame Donati.

- Entrez, je vais la prévenir, répondit la vieille femme en souriant doucement.

Clarke jeta un coup d'œil derrière elle, Ryder l'attendait près de sa voiture de fonction. Finalement, elle avait fini par s'habituer à la présence du grand brun. Il était peu bavard et ça lui allait très bien. L'odeur des bougies exotiques vint chatouiller rapidement les narines de la blonde qui avança prudemment à l'intérieur de la maison qui respirait le savon de Marseille. Elle se stoppa près de l'escalier menant à l'étage, jetant malgré elle un regard sur le canapé gris sur lequel elle avait fait l'amour avec la belle héritière. Elle distingua vaguement une conversation venant de la terrasse et sursauta en sentant une douce caresse contre son mollet. Un sourire s'étira sur ses lèvres et elle attrapa le responsable : Racoon ronronnait avec force et il frotta sa tête presque violement contre le menton de sa maîtresse, commençant à faire ses pattes sur le haut de sa robe d'été turquoise.

- Tu m'as manqué aussi mon grand, sourit la blonde en allant poser un baiser et quelques caresses sur le crâne du félin qu'elle reposa au sol.

Un bruit d'eau fit relever les yeux de la médecin vers la véranda pour apercevoir l'héritière Donati en bikini noir, dégoulinante d'eau. Cette vision dilata la pupille de la blonde qui eut du mal à avaler sa salive. Elle vit la vieille femme de tout à l'heure entourer la belle brune d'une immense serviette pour lui frotter gentiment le dos avant de lui tendre un paréo. Lexa sourit et remercia cette dernière avant de lui assurer que tout était bon. Elle noua le tissu autour de ses hanches, laissant son buste fin et digne des plus belles déesses grecques seulement recouvert de son haut fin. La Donati s'avança pour se retrouver face à la médecin, souriant doucement :

- Clarke… Tu… Vous êtes revenue.

- Bonjour Lexa… Oui, me revoilà… Souffla la blonde en baissant les yeux pour éviter d'être tentée.

- Comment allez-vous…?

- Je fais aller. Les ruptures ne sont jamais très joyeuses.

La brune hocha la tête doucement.

- Cecilia a fait de la limonade et quelques tapas. Voulez-vous les partager avec moi ?

- Oh c'est que je suis pressée…

Devant le regard déçu de l'héritière, Clarke sentit son cœur se serrer à l'idée de l'avoir blessée, aussi reprit-elle rapidement :

- Mais j'imagine que j'ai une petite demi-heure devant moi.

- Je ne veux pas vous forcer à rester Clarke, insista la brune.

- Personne ne me force à rien, la rassura la blonde.

- J'ai cru comprendre, sourit Lexa, amusée.

Les deux femmes sortirent le plat de tapas et la limonade, allant s'installer sur la terrasse pour déjeuner à l'ombre d'un parasol. Clarke ne put s'empêcher de laisser son regard s'échouer sur le magnifique tatouage de la brune : elle sentit au fond d'elle cette irrésistible envie d'y poser ses mains et ses lèvres ce qui l'obligea à fermer les yeux pour se reprendre. Son corps et son esprit avaient tendance à un peu trop s'affoler au contact de la Donati mais au fond d'elle, les paroles de Finn lui revenaient sans cesse en tête. Devant le silence pesant, Lexa entama la discussion :

- Racoon se plaît beaucoup ici. Il a pris ses marques très rapidement.

- Oh, c'est amusant. Lorsque je suis arrivée en Sicile il était insupportable à l'appartement. À la base je ne voulais pas le laisser sortir mais il a fallu que je m'y résolve car il prenait un malin plaisir à abîmer les murs avec ses griffes. J'espère qu'il n'a fait aucun dégât ? Demanda Clarke soudainement inquiète.

- Aucun, la rassura la brune. Il s'est comporté comme un chat bien élevé.

- Je crois que votre maison doit lui rappeler celle de mes parents. Il a toujours aimé les grands espaces.

- Où habitent vos parents si ce n'est pas indiscret ?

- À New York.

- La ville qui ne dort jamais, sourit la brune.

- Vous y êtes déjà allée ?

- J'ai vécu cinq ans en Amérique.

- Je comprends mieux votre léger accent américain alors.

Les deux femmes échangèrent un sourire amusé avant de tourner la tête devant des couinements timides : Roméo était assis à quelques mètres d'elles et fixait avec envie Clarke et Racoon qui était couché à ses pieds.

- Hey salut Roméo, sourit la blonde en tendant la main pour inviter le chien de garde à s'approcher.

Ce dernier se leva, avança de quelques centimètres avant de baisser la tête et de reculer. Le comportement interrogea la médecin qui tourna la tête vers l'héritière. Celle-ci regardait fixement le chien.

- Pourquoi ne vient-il pas ?

- Ce n'est pas son travail, répondit tout simplement la brune.

- Une petite pause syndicale ne peut pas lui être refusée si ? Sourit la blonde, charmeuse.

Les émeraudes de la brune fixèrent un instant les saphirs de la jeune femme. Elle avait une irrésistible envie de l'embrasser là maintenant. Son petit grain de beauté au-dessus de la lèvre lui donnait un charme fou. Elle s'humecta les lèvres avant de dire en sicilien :

- Roméo, au pied.

La queue du chien se mit à battre fort, l'air soudain très heureux de l'ordre donné. Il avança tout de même prudemment jusqu'à sa maîtresse sans lâcher du regard Racoon qui le regardait d'un air méfiant sans pour autant avoir bougé de sous la chaise de Clarke. Lorsque le gros chien couleur fauve fut assis à côté de Lexa, Clarke se pencha pour aller caresser le haut de son crâne, le grattant délicatement entre les oreilles. Bien que le chien sembla apprécier, son regard ne cessait de fixer le chat qui se redressa, l'air méfiant.

- Le dressage de vos chiens est impressionnant. Je n'avais jamais vu ça auparavant. Ils arrivent même à résister à la tentation de poursuivre un chat…

- Ils sont là pour défendre la maison pas pour jouer. Lorsque c'est la saison de la chasse, ils m'accompagnent.

- Vous chassez ? Demanda d'un air étonné la blonde.

- Oui, à cheval.

- Tradition familiale ?

- On peut dire ça.

- Vous ne leur parlez pas en italien, je me trompe ?

- Non vous avez juste. Ils obéissent au vieux sicilien.

- Une raison particulière ?

- Le vieux sicilien a toujours été utilisé pour ces chiens de garde. Ils étaient réputés pour garder et protéger les fermes il y a quelques générations. Mon éleveur personnel les élève comme ça. Je n'y vois pas d'inconvénient puisque je parle couramment le vieux sicilien.

- Pouvez-vous m'apprendre quelques mots ?

La brune haussa un sourcil, amusée. Elle lui expliqua rapidement que l'accent jouait beaucoup sur certains mots italiens, conférant ainsi aux locuteurs du sicilien courant un certain exotisme dans la voix ce qui ne manqua pas de faire sourire Clarke qui devina à présent pourquoi l'accent de la brune était si charmant. Elles répétèrent ensemble quelques mots avant que Lexa ne désigne le chien de garde dont la queue frétillait sur place sans lâcher du regard Racoon qui était aussi fixe qu'une statue.

- Dites-lui de se coucher.

- Roméo, couché, ordonna la blonde.

Le chien tourna la tête vers la jeune femme en la penchant sur le côté ce qui fit rire doucement Lexa. La brune reprit faisant répéter le mot correctement à Clarke qui se mordilla la lèvre. Après un temps, elle reprit en s'appliquant sur l'accent :

- Roméo, couché.

Cette fois-ci le chien se coucha en regardant la blonde dans les yeux.

- J'ai réussi ! S'amusa la médecin.

- Oui, c'est un bon début, assura la brune.

- Au pied Roméo.

Le chien se leva avec hésitation, jetant un regard à sa maîtresse qui lui fit signe que ce n'était pas elle qui avait donné l'ordre mais bien la blonde.

- Insistez bien sur l'accent Clarke. Par exemple, les italiens prononcent le « s » avec un « z » tandis que les siciliens prononcent le « s » comme un « ss ». Vous voyez ?

- Hm oui je vois. Roméo… Au pied, répéta t-elle en forçant sur l'accent ce qui fit éclater de rire la brune.

Roméo avait tout de même avancé pour se poser près du chat. Une moue vexée se dessina sur les lèvres de la blonde tandis que Lexa semblait avoir du mal à s'arrêter de rire.

- Attendez de voir quand je vous ferais parler en américain couramment, grommela t-elle à moitié ce qui accentua encore plus le rire cristallin de la belle brune.

- Mes excuses Clarke, je ne me moquais pas de vous parce que vous étiez ridicule loin de là. Vous étiez au contraire très mignonne à vous appliquer ainsi, avoua la Donati en s'essuyant une larme de rire.

La médecin sentit ses joues s'échauffer à ce compliment. Elle n'avait jamais entendu Lexa rire, aussi malgré la petite honte, elle était ravie d'avoir su déclencher un tel rire dans la bouche de la terrible et mystérieuse Donati.

Un grondement se fit entendre de la part de Racoon quand Roméo aventura sa truffe un peu trop près du pelage blanc et noir du félin.

- Racoon, sois gentil, tu veux ? Le rappela à l'ordre sa maîtresse.

Le chat se déplaça souplement pour monter sur la table où le plat de tapas avait bien diminué.

- Hey ! Racoon ! S'indigna la blonde.

Lexa comme à son habitude avec le chat depuis ces dernières semaines, bloqua la tête du félin avec deux doigts sur ses joues pour le regarder droit dans les yeux :

- Ce n'est pas parce que ta maîtresse est ici que les règles ont changées Monsieur Racoon.

Le félin remua des moustaches avant de descendre souplement pour se sauver à l'intérieur de la maison d'un air vexé. Clarke le regarda partir avant de sourire d'étonnement :

- Si j'avais cru voir ça un jour…

- De quoi ?

- Racoon obéir à quelqu'un d'autre que moi…

- On a pu faire plus ample connaissance durant ces presque trois semaines… Bien que j'aurai préféré en découvrir plus sur sa maîtresse… Sourit la brune, charmeuse.

Clarke sourit maladroitement avant de se lever ce qui surprit l'héritière. Elle la vit ramener le plat de tapas pour le ranger dans son frigo, aussi décida t-elle de la suivre, se glissant derrière elle.

- Clarke… Souffla la brune dans le cou de la blonde.

La médecin sursauta en se retournant, reculant pour se cogner contre le plan de travail. La scène lui parut soudain très familière mais avec les rôles inversés. Sa respiration se coupa quand les yeux verts de la brune vinrent l'interroger avec douceur.

- Me fuyez-vous ? Demanda doucement l'héritière.

- Non… Je… C'est compliqué.

- Expliquez-moi Clarke… Je vous ai dit que je serais patiente mais il faut être honnête avec moi.

- C'est juste que… J'ai rompu avec Finn y'a à peine deux jours et je m'emballe totalement à vos côtés.

- Est-ce mal… ? Chuchota la brune en amenant ses lèvres contre la joue de la blonde.

Les lèvres de la Donati se contentèrent de frôler la peau douce de la médecin, remontant doucement jusqu'à son oreille pour poser un baiser simple sur son lobe qui arracha un frisson agréable à la blonde.

- Oui… C'est très mal.

- Comme le fait d'avoir trompé votre fiancé le jour de sa demande en mariage ? Répondit lascivement l'héritière, tentatrice.

Lors de leur nuit passionnée, entre deux étreintes, Clarke lui avait confié qu'elle venait d'être demandée en mariage par son compagnon. Étrangement, cela n'avait pas fait fuir la brune, au contraire. Cette confidence avait ravivé sa faim intérieure pour la belle médecin.

- Oui… Gémit Clarke le cœur battant. C'est très mal… Je… Ce n'est pas moi… Jamais je n'aurai fait ça avant de vous rencontrer…

- Tout comme jamais je n'aurai cédé à une femme aussi belle soit-elle si ça n'avait pas été vous… Chuchota la Donati à son oreille.

- Hn… Lexa… Il faut que j'y aille…

- Vous méritez d'être heureuse Clarke… Laissez-moi vous offrir ce bonheur.

- J'en ai très envie mais je…

Les lèvres de la brune étaient redescendues pour aller attraper avec douceur celles de la médecin qui en frissonna de délice. Le baiser était doux, agréable et respectueux. Le cœur de Clarke ressemblait plus à un yoyo à présent alors que sa conscience lui criait de ne surtout pas arrêter l'héritière. Leurs lèvres s'interrogeaient et se répondaient naturellement et mutuellement, sans jamais se lasser. Alors que la brune allait pour relancer le baiser, Clarke s'écarta doucement pour ne pas brusquer et vexer son amante. Elle avala difficilement sa salive, se retenant de sauter de nouveau sur les lèvres de Lexa qui étaient légèrement rosées à cause de leur précédent baiser.

- Lexa je suis désolée… C'est trop rapide… Je n'ai pas quitté Finn pour me mettre avec toi… Souffla d'un air honteux la blonde.

La brune la fixa en silence, toujours avec ce regard doux posé sur elle. Elle sourit, jouant un instant avec la tresse très fine qu'avait Clarke dans les cheveux.

- Je sais Clarke.

- Est-ce que tu m'en veux ?

- Non, bien sûr que non.

- Merci…

- Mais rien ne m'empêche d'essayer de te séduire j'imagine, maintenant que tu es libre comme l'air…

Un sourire timide se dessina sur les lèvres de la médecin qui fut contagieux. Lexa se recula pour libérer la blonde, demandant :

- Au fait, j'imagine que tu n'étais pas venue pour déjeuner avec moi à la base ?

- En fait je suis venue récupérer Racoon. J'ai rendez-vous pour signer les papiers pour un nouvel appartement dans moins d'une heure.

- Oh, bonne nouvelle. Je t'aurai bien proposé de dormir ici pour quelques nuits mais j'imagine que tu refuserais ?

- Tu imagines bien. Je dors chez Octavia depuis quelques semaines, ce n'est pas pour recommencer chez toi. Je peux louer un appartement même s'il sera plus petit que celui que j'avais avec Finn.

- Je comprends. Eh bien, je te souhaite un bon après-midi Clarke.

- Merci Lexa.

- À bientôt ? S'enquit la brune.

Le regard amusé de la blonde les fit sourire toutes les deux. Clarke s'avança pour tendre sa main à la brune qui la regarda, étonnée.

- Je ne voudrais pas qu'une bise sur la joue dérape, expliqua t-elle.

- Oh, ai-je l'air si sauvage que ça Docteur Griffin ? J'aurai plutôt dit l'inverse…

- À bientôt, Lexa, coupa la blonde les joues rouges.

- À bientôt Clarke, termina la brune en attrapant la main de la jeune femme pour y poser un baiser dessus.

- Lexa… Soupira Clarke, très amusée et touchée.

- Tu ne l'as pas interdit.

- Je l'interdis dorénavant.

- C'est noté, répondit la brune en frissonnant de plaisir devant l'ordre.

La blonde appela Racoon qui se présenta à elle mais en voyant son panier de transport, celui-ci pris la poudre d'escampette en quelques secondes, faisant grogner sa propriétaire.

- Je te le ferai emmener dès qu'on l'aura attrapé, lui assura la brune. Tu n'auras qu'à me transmettre ta nouvelle adresse par mail.

- Merci.

Les deux femmes échangèrent un dernier regard avant de se séparer. Lexa appela Ryder avant qu'il ne monte dans la voiture, lui soufflant :

- Faites en sorte que le bail de l'appartement ne se fasse pas. Le Docteur Griffin sera bien plus en sécurité dans ma propriété que dans un appartement insécurisé.

- Bien Dona, souffla le mafieux en hochant la tête.


Roan, sourcils froncés, attendait mains croisées sous son menton. Il était assis dans un confortable siège de bureau en cuir semblant très ancien. Devant lui et derrière son bureau, se trouvait un homme noir à la carrure carrée et au crâne rasé : Charles Pike, commissaire du commissariat de la ville de Syracuse.

- Êtes-vous sûr que votre brigade anti-mafia ne trouvera rien de compromettant à notre sujet ?

- Vous pouvez en être assuré Monsieur Barzetti. J'ai fait retoucher les vidéos par un spécialiste et disparaître le livre de comptes encore intact dans le coffre-fort ayant résisté à l'incendie.

- Il vaut mieux pour vous Monsieur Pike car vos enveloppes font parties de ce fameux livre de compte. Que dirait la Sicile en apprenant que l'un de ses commissaires travaille avec la mafia ?

- Faites-moi confiance. Vous ne serez pas déçu. J'ai orienté les pistes vers le responsable : Sébastian Battaia, mes hommes sont à sa recherche.

- Ce petit fils de pute… Grogna l'héritier Barzetti.

- La Dona semble vouloir la guerre à présent Monsieur Barzetti, informa Pike. Réfléchissez-bien à vos futures actions. Je peux vous protéger pour la plupart mais n'allez pas plus vite qu'il ne le faut au risque de dépasser mes capacités.

L'héritier releva son regard azur sur le commissaire, songeur. Il aurait été facile de recruter des hommes pour tendre une embuscade aux héritiers Donati afin de les faire assassiner mais à quoi bon ? La cellule anti-mafia finirait par remonter à leur famille ce qui les obligerait à fuir la région. Or, les Barzetti voulaient le pouvoir sur le long terme. La porte du bureau s'ouvrit brusquement sur Nia qui semblait encore folle de rage malgré sa pâleur et ses vêtements de nuit. Deux domestiques se postèrent derrière elle tandis qu'elle criait :

- Charles ! Faites quelque chose ! Je l'exige ! Cette maudite Donati a détruit le dernier vestige de mon frère Alfonso Barzetti ! Il avait posé la première pierre de ce casino !

- Faites-la sortir ! Ordonna Roan.

- Je veux sa mort ! Je ferais commander des hommes pour l'assassiner ! Je ne laisserai pas un tel crime impuni ! Fulmina Nia en se débattant des bras de ses domestiques.

- Assez ! Hurla Roan en se levant pour traverser la pièce et se retrouver face à sa mère. Voilà ce que c'est de laisser les femmes aux commandes dans des affaires d'hommes ! DEHORS ! Je reprends les affaires de la famille Barzetti mère et je ne veux plus voir votre nez dedans ! Vous allez tous nous faire arrêter ou tuer avec vos stupides guerres d'ego ! Je ne laisserai personne toucher à Ontari ou moi-même est-ce bien clair ?!

- Roan ! Qu'as-tu l'intention de faire ?!

- Demander la paix à la Dona.

- Hors de question ! Tu m'entends ?! Moi vivante jamais je n'accepterai une telle condition ! Jamais les Barzetti ne se plieront devant les Donati ! JAMAIS !

- Dans ce cas, allez vous pendre qu'on en finisse avec ces stupidités infantiles ! Termina t-il en claquant la porte du bureau.

Le brun au catogan soigné partit se réinstaller dans son siège, soupirant de fatigue. Les affaires de la famille ne l'avaient jamais réellement intéressé. Il s'était contenté de vivre sa petite vie capricieuse d'héritier fortuné. Il n'avait pas reçu les enseignements de la mafia car son père et son oncle étaient décédés bien avant son rituel d'entrée dans la mafia, ce qui l'avait pour être honnête bien arrangé. Cependant, voir Ontari s'enfoncer dans la vengeance de leur mère pour obtenir un tant soit peu d'attention de la part de cette vieille carne commençait sérieusement à l'inquiéter.

- Avez-vous un conseil à me donner ? Demanda t-il finalement.

- Monsieur Barzetti, je pense que votre décision est sage mais attention à ne pas faire trop confiance.

- Qu'entendez-vous par là ?

- Les Barzetti ont beaucoup de sang sur les mains. Du sang de Donati. Bien que la demande de paix soit raisonnable, je ne pense pas que la Dona l'accepte totalement.

- Que feriez-vous ?

- Tenez-vous loin des Donati pour quelques temps, faites profil bas et attaquez dans le même sens que la Dona.

Les sourcils du brun se froncèrent à nouveau, intrigués.

- Que voulez-vous dire ?

- Elle a le bras long grâce à cette Becca Giordano. Vous devriez en faire de même.

- La politique ?

- Oui. J'ai un neveu italien très engagé qui rêve de faire ses preuves en politique. Il serait le candidat idéal pour reprendre la mairie de Syracuse ou tout simplement affronter Becca Giordano pour la place de sénateur au Sénat d'Italie. Vous avez les moyens de le faire monter jusqu'à son niveau, il fera le reste. Il est très doué.

- Comment se nomme votre neveu ?

- Wells Jaha Monsieur Barzetti.

- Dites-lui qu'il sera sur la liste des futurs élus et que la famille Barzetti financera sa campagne.

- Je lui dirais Monsieur Barzetti. Vous ne le regretterez pas.


John était assis près de Bellamy. Les deux agents attendaient patiemment que Becca Giordano revienne d'un rendez-vous important selon sa secrétaire. Le Blake avait hésité à partir mais le meilleur moyen de coincer la politicienne était encore de l'intercepter entre la salle d'attente et son bureau que son badge de Capitaine lui avait permis d'atteindre. Le brun sursauta en sentant la main de son collègue sur son entrejambe qui commença à le masser à travers son pantalon.

- Murphy, qu'est-ce que tu branles ? Grogna son supérieur.

- Ta queue ducon, ça se voit pas ?

- Pas ici, bordel. Giordano va arriver d'une minute à l'autre.

- Ça fait deux heures que tu dis ça. Autant prendre du bon temps…

- Arrête ça tout de suite ou je te colle un pain dans la gueule c'est clair ?

- Tss t'es vraiment refoulé mon pauvre. Assume-toi merde.

- Ta gueule. Putain tu fais chier, je bande comme un âne maintenant ! Grommela le Blake en posant un magazine sur son sexe éveillé formant une bosse dans son pantalon.

- Je te suce si tu veux.

- Va te faire foutre Murphy !

- J'attends que ça, répondit l'autre avec un sourire en coin.

- Madame la Maire ! Il me faut une petite signature ici s'il vous plaît ! S'exclama une employée en courant derrière une femme brune juchée sur des talons hauts.

- Oh putain ! Fallait qu'elle arrive maintenant ! Reste là ! Grogna Bellamy en se levant.

Il se glissa en dehors de la salle d'attente pour arriver dans le dos de Becca Giordano qui était encadrée de trois hommes en costards et une femme en tailleur. La maire se tourna et sursauta brusquement en se trouvant nez à nez avec le Capitaine de la cellule anti-mafia.

- Capitaine Blake ! Sourit-elle. Que me vaut le plaisir de votre visite en personne ?

- Vous avez refoulé l'un de mes agents ce matin.

- Hm possible, je ne me souviens pas.

- John Murphy, ça vous dit quelque chose ?

- Ah oui ! L'agent à la tête de fouine !

Le brun fronça les sourcils à cette comparaison.

- Quoiqu'il en soit Madame Giordano, nous devons parler de votre protection…

- Arrêtez votre char Capitaine ! J'étouffe déjà avec ces quatre là ! Je n'ai pas besoin d'une protection policière supplémentaire ! Dit-elle en se dirigeant vers son bureau, refoulant ses gardes à l'entrée de ce dernier.

Surpris par tant de vivacité, Bellamy mit quelques secondes avant de marcher sur les pas de la politicienne, montrant son badge aux gardes du corps qui lui barrèrent l'entrée. Il finit par se retrouver dans le bureau dont il ferma la porte. Lorsque ce fut fait, il s'approcha pour poser ses mains à plat sur le bureau de la Maire de Syracuse qui s'était assise et qui se massait à présent les pieds en soufflant de soulagement.

- Madame Giordano je ne plaisante pas…

- Ouh bon sang que ces talons m'ont fait souffrir… Au prix que je les paye ils pourraient au moins être confortables.

- Madame…

- Oh ! Arrêtez de m'appeler Madame ! J'entends ça toute la journée !

- Comment dois-je vous appeler pour que vous acceptiez de m'écouter ? Soupira le brun.

- Becca serait un bon début.

- Bien… Becca, vous prenez les menaces que vous recevez trop à la légère. Vous avez été victime d'une tentative d'assassinat je vous rappelle.

- Oui ! Oui ! Parce que j'ai fait sortir un arrêté pour durcir la réglementation et les inspections des casinos. Ça m'apprendra à vouloir tout contrôler !

- Becca vous êtes une force pour la Sicile, souffla le Blake. Ce que vous faites au quotidien nous aide énormément nous, la cellule anti-mafia. La collaboration de la mairie est une bénédiction.

- Allons, allons ! C'est normal !

- Tous ne le feraient pas, surtout au péril de leur vie. Vous pourriez accepter comme beaucoup de politiciens les pots de vins, or vous ne le faites pas.

- Vous êtes doué Capitaine Blake pour les sérénades, vous l'a t-on déjà dit ?

Le Blake soupira avant de reprendre plus autoritaire :

- Je ferais placer des voitures pour votre protection devant chez vous quoique vous disiez.

- Faites si cela vous fait plaisir mais honnêtement, venez chez moi voir par vous-même. Je ne risque absolument rien. J'ai une armée de gardes du corps et de chiens de garde.

Les yeux de la politicienne avaient glissé du visage contrarié du brun à sa chemise puis son pantalon où elle remarqua une bosse plutôt explicite. Elle haussa un sourcil avec un sourire, reprenant :

- Que dites-vous de venir dîner dans deux jours chez moi ? Vous pourrez vérifier par vous-même s'il y a un risque pour ma vie.

- Un dîner ? S'étonna le brun.

- Oui.

- Mais…

- Pas de mais ! Dites-vous que c'est pour le travail !

- Si c'est le seul moyen pour vous convaincre au sujet de la protection policière alors d'accord.

- Nous nous revoyons donc dans deux jours Capitaine Blake.

Le brun acquiesça et tendit sa main à la maire afin d'échanger une poignée de main polie, terminant ainsi l'échange. Il rejoignit Murphy qui attendait patiemment à l'extérieur. Celui-ci baissa le regard sur l'entrejambe de son supérieur :

- Tu bandes encore ?

- Ta gueule.

- Je croyais que les femmes te refroidissaient en général ?

- J'ai pas vraiment eu le temps de penser à ma trique si tu vois ce que je veux dire.

- Hm hm… On se trouve un coin tranquille avant de rentrer au poste ? Que je m'occupe de toi…

- T'as intérêt, grogna le brun.


Un « clic » se fit entendre faisant crier l'homme barbu recroquevillé au sol : Tristan le surplombait de toute sa hauteur, un revolver à la main dans lequel il avait glissé une balle avant de faire tourner le barillet. Il était à l'intérieur d'un hangar-atelier de construction et réparation de bateaux dans lequel lui et Anya avaient réussi à coincer un homme de main ayant détourné de l'argent à la famille Donati. Si le mafieux s'amusait énormément, ce n'était pas le cas de sa sœur qui avait la mine contrariée depuis deux jours : Gustus ne lui avait donné aucune nouvelles depuis leur dispute et rupture. Elle le maudissait intérieurement car ce grand imbécile lui manquait plus qu'elle ne l'aurait cru.

Le revolver émit un nouveau « clic » qui arracha un cri aigu et terrorisé à leur victime qui se mit à supplier :

- Je rendrais tout, je le jure !

- Tut tut… Ça ne se passe pas comme ça mon grand. Quand tu as signé pour la grande aventure familiale, tu as accepté le commandement numéro huit « Tu ne voleras point l'argent de la famille. » Répondit Tristan en appuyant une nouvelle fois sur la gâchette.

- Ah ! Cria l'homme en se tenant la tête devant un nouveau « clic ».

- Où est l'argent ?

- Vous allez me tuer quand même si je vous le dis de toute manière ! Pleura t-il.

- Tu n'avais qu'à pas trahir un commandement garçon, soupira le Zanetti en appuyant de nouveau.

Ce énième « clic » exaspéra Anya qui sauta du tonneau sur lequel elle était perchée pour enlever la sécurité de son Beretta. Elle se retrouva en moins de quelques secondes au-dessus du marin pour lui coller une balle entre les deux yeux, faisant rager Tristan qui attrapa brusquement sa sœur par son débardeur pour la coller brutalement contre la coque d'un bateau en réparation.

- Putain ! Mais qu'est-ce que tu branles Anya ?!

- Je fais le boulot puisque tu en es incapable, siffla t-elle, mauvaise. T'es payé pour tuer pas pour jouer !

- Il nous a pas dit où il a planqué l'argent ! T'es complètement conne ou quoi ?!

- Il est mort c'est ce que la Dona voulait.

- Elle voulait récupérer son argent aussi !

- Alors t'as plus qu'à le fouiller et espérer trouver un indice Sherlock. Maintenant lâche-moi ou je t'en colle une dans les burnes, le prévint-elle.

- Tu commences à me casser les couilles avec ton humeur de chiotte depuis que Gustus t'a larguée ! Tu vas apprendre à rester à ta place femme !

- Laisse Gustus en dehors de ça ! Hurla t-elle en se débattant, collant un coup dans le sternum de son frère qui recula, la respiration coupée.

La blonde frappa de rage dans des outils et autres bricoles traînant par là. Rien que le nom de son amant la faisait fulminer alors les remarques à deux balles de son frère sur sa relation avortée avec le sicilien la faisaient juste exploser.

- Ça y est, t'es contente, t'as piqué ta crise ? La chercha Tristan.

- La ferme !

- Il te manque dis-le putain !

- Va te faire foutre ! Et lui aussi par la même occasion !

- Je te pensais pas si trouillarde, siffla t-il de défi.

À cette provocation supplémentaire, la mafieuse se jeta sur son frère ainé pour rouler avec lui en le frappant sur le ponton, glissant dangereusement vers l'eau. Tristan ne se laissa pas faire et donna des coups aussi douloureux à sa sœur que ceux qu'elle lui infligea, les laissant tous les deux à bout de souffle à quelques centimètres du bord de l'eau.

- Ça va mieux maintenant ? Demanda son frère, la bouche en sang.

- Non, avoua t-elle, le cœur serré.

- Va le voir bon sang.

- Pourquoi faire ? Me mettre à genoux ? Hors de question.

- Putain mais t'es plus têtue qu'un âne ! Tu crois franchement que Gustus est le genre de mec à te faire mettre à genoux ? Depuis deux ans que vous vous fréquentez je pense que tu serais au courant, non ?

- Ok.

- Ok quoi ?

- On va aller le voir.

- On ?

- Oui tu viens avec moi.

- Putain…

Anya se releva et aida son frère par la même occasion, qui une fois debout sourit :

- Alors ça y est c'est le grand jour ! Tu vas lui sortir le grand jeu et le demander en mariage !

La blonde tourna juste un regard exaspéré avant de balancer avec force son pied droit contre le torse de son aîné qui bascula à l'eau. La tête du Zanetti ressortit rapidement en crachant :

- Putain espèce de salope ! Anya viens ici ! Je vais sentir le poisson pendant une semaine !

- Dépêche-toi de sortir de là, on a un corps à faire disparaître, se contenta t-elle de répondre bien qu'un sourire amusé avait fini par se dessiner sur ses lèvres.


- Bonsoir miss ! S'exclama Lincoln en toquant à la porte ouverte du bureau.

Octavia releva la tête de sa pile de papiers pour sourire rapidement à la vue du pilote d'hélicoptère. Elle lui fit signe d'avancer pour se lever légèrement de sa chaise et poser deux bises amicales sur ses joues.

- Salut Linc' ! Comment tu vas ?

- Ça va. Je viens de terminer ma journée. Et toi ? Clarke n'est pas là ?

- Elle a pris sa journée pour chercher un appartement.

- Elle cherche un appart ? Pourquoi ?

- Elle a rompu avec son copain, tu sais Finn ?

- Ah oui le policier ! Merde… Ça doit pas être la joie.

- Elle fait aller comme on dit mais elle est soulagée. Ça faisait quelques mois que ça n'allait plus.

- Je vois… Et toi, avec Reyes, comment ça se passe ?

- Linc' j'ai pas à te parler de ça… Grimaça la belle brune.

- Ça me dérange pas, vraiment. Je suis juste inquiet pour toi. Raven est quelqu'un de plutôt dur lorsqu'elle a eu ce qu'elle veut…

- J'ai pas encore couché avec elle si c'est ce que tu veux savoir.

- Ah bon ? S'étonna t-il.

- Ça veut dire quoi ce « ah bon » surpris ? Bouda la Blake.

- C'est pas dans le sens que tu crois, c'est juste que je suis étonné qu'elle ait pas lâché le morceau depuis le temps que tu la balades.

- C'est pour ça que je me dis qu'il y a peut-être plus… Tu vois ?

- Hm.

Devant la mine fermée du pilote, Octavia s'exclama :

- Ah bah voilà ! J'en étais sûre qu'il fallait pas en discuter ensemble !

- Désolé… S'excusa le jeune homme. C'est juste que je… Enfin…

La Blake fixa ses prunelles bleu clair sur le visage du pilote qui avait plus envie de s'enfuir que de continuer sa phrase. Elle le trouvait très mignon à cet instant précis : il était l'exact opposé de Raven. Si la mécanicienne fonçait tête baissée quitte à la caresser en public, Lincoln, lui, était du genre à prendre son temps à cause de sa timidité. Beaucoup d'infirmières ici le trouvaient à leur goût mais le pilote était très fermé.

- Linc ?

- Oui ?

- Est-ce que tu as un béguin pour moi ? Demanda la brune, taquine.

Le brun passa une main sur sa crête très courte, mal à l'aise. Il finit par avouer après quelques secondes :

- Si je te disais oui, tu partirais pas en courant ?

- Non… Sourit Octavia en se levant de sa chaise.

- Alors oui… Avoua t-il, mal à l'aise. Je te trouve super jolie et drôle, pleine d'énergie… Tu me plais O' depuis le premier jour où tu t'es mise à me poursuivre avec les autres folles.

La secrétaire se mit à rire soudainement à ce souvenir : elle et d'autres filles intéressées par le pilote avaient commencé à le prendre en chasse à peine était-il arrivé dans le service d'héliportage. La première qui réussirait à le coincer aurait champ libre pour le draguer. La Blake avait vu le brun se faufiler par la sortie de secours du réfectoire, aussi s'était-elle dépêchée d'emprunter un raccourci entre les étages pour le dépasser. Lorsque Lincoln était sorti sur le toit de l'hôpital, il avait été plus que surpris de trouver la secrétaire médicale appuyée contre l'hélicoptère, l'attendant avec deux petites bouteilles de Coca Cola et un sourire charmeur.

- Tu as bientôt fini ?

- Non pas vraiment… Clarke n'est pas du tout paperasse et je te raconte même pas Becca Giordano ! Il y a un de ces bordels !

- Hm, ça te dit que j'aille chercher de la bouffe à emporter et que je te donne un coup de main ?

- C'est pas de refus ! Merci !

- Ça me fait plaisir, sourit le pilote.

- T'es adorable Linc', insista la brune en allant lui poser un baiser sur la joue.

Les lèvres de la brune restèrent appuyées un long moment pour finalement dériver avec précaution vers les lèvres du jeune homme qui hésita un instant avant de répondre. Finalement, il embrassa timidement la Blake qui accentua avec légèreté leur baiser. Après quelques baisers timides, leurs lèvres accompagnées de quelques soupirs se cherchèrent plus durement à travers un baiser plus violent où la frustration de tout ce temps perdu les faisait trembler d'envie. Lincoln aventura ses mains sur la taille de la secrétaire, la soulevant pour la poser sur son bureau et relancer un baiser. Sa bouche glissa dans le cou de la Blake qui pencha la tête sur le côté pour lui laisser champ libre. Il sentit soudain les mains fines de son amante s'aventurer sur la fermeture de sa tenue de pilote, aussi s'écarta t-il, laissant Octavia avec des joues rouges de plaisir. Il se rapprocha, posant son front contre le sien pour souffler :

- C'est pas une course… On a tout notre temps d'accord ?

- Oui… Tu as raison. Excuse-moi.

- C'est rien. C'était très excitant… Confia t-il, amusé.

La brune glissa un regard sur le pantalon du pilote, soufflant avec une moue :

- Tu…

- T'occupe pas de ça. Je vais me calmer en allant acheter de quoi manger.

- T'es sûr ?

- Oui. Allez à tout à l'heure, dit-il en posant un rapide baiser sur les lèvres de la secrétaire.

Octavia le regarda partir avec un sourire rêveur aux lèvres : elle allait devenir folle entre Lincoln et Raven…


Tristan arrêta le SUV près de la boîte de strip-tease où Gustus faisait sa petite visite pour assurer au propriétaire que son entreprise était sous bonne garde avec la famille Donati. Anya avait le regard sombre et une moue agacée collée au visage.

- Bon t'y vas ou je dois t'y traîner ?

- C'est bon la ferme.

La mafieuse descendit de la voiture pour marcher souplement vers l'entrée où un videur triait les clients. Elle entra sans avoir à montrer quoique ce soit ce qui arracha des grognements aux clients attendant leur droit d'entrée. Les lumières roses et violettes ne cessaient de s'allumer et s'éteindre en rythme avec la musique aguicheuse de la boîte. Elle détailla les clients assis dans des canapés privés avec des filles dansant en se frottant à eux dans l'espoir de les exciter et récupérer quelques billets en guise de pourboire.

- Salut ma jolie, tu veux une danse ? Lui proposa une danseuse habillée d'un string rose à paillettes, les seins à l'air.

- Va te frotter ailleurs, grogna la mafieuse, mauvaise.

Anya continua à avancer pour trouver Gustus assis sur un tabouret au bar avec une barmaid blonde à l'air sauvage en train de remuer ses seins à peine recouverts devant ses yeux. Elle sentit une pointe de colère et de jalousie naître au creux de son ventre quand un sourire se dessina sur les lèvres du brun. Elle s'installa sur le tabouret près du Giordano pour dire sèchement :

- Dégage pouffiasse.

- Je vous demande pardon ? Demanda d'un air surpris la barmaid.

- Anya… ? Laissa échapper le mafieux d'un air tout aussi surpris.

- Je t'ai dit de te barrer Echo la pouffiasse, répéta la fausse blonde en lisant sur le bout de ficelle qui tenait le haut de la blonde, le badge sur lequel était inscrit son prénom.

- C'est toi qui va dégager de ma boîte oui !

- Viens me le dire en face !

- Quand tu veux salope !

La barmaid sans se dégonfler, passa derrière le bar pour confronter la Zanetti qui lui décrocha un magnifique crochet du droit explosant ainsi la pommette de la blonde qui hurla de rage en se jetant sur la mafieuse. Les deux femmes se mirent à se battre violemment jusqu'à ce que Gustus n'attrape son ex compagne pour la sortir de force à l'extérieur de la boîte après un signe d'excuse auprès du patron.

- Anya stop ! Ordonna t-il pour calmer la fausse blonde qui se débattait entre ses bras, prête à retourner frapper la barmaid.

- Lâche-moi putain ! Lâche-moi ! Hurla t-elle.

Le brun s'exécuta, la toisant avec un regard sévère.

- Je peux savoir ce que c'était que ça ?

- Rien putain sale connard !

- Ah je suis un connard, c'est nouveau.

- Tu te laissais chauffer par cette poufiasse tu es sérieux Gustus ?!

- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ?

- On a rompu y'a à peine deux jours et tu vas déjà voir ailleurs ! T'es qu'une sale ordure ! L'insulta t-elle en lui envoyant une claque en plein visage.

Gustus haussa les sourcils sous le coup : sa joue était à présent brûlante.

- Anya… Souffla t-il, l'air désolé.

- C'est ça m'aimer pour toi… ?

- Bien sûr que non. Je n'aurais rien fait avec cette gamine Anya.

- Tu ne m'as même pas attendu…

- T'attendre ? Ça fait deux ans que je t'attends, dit-il légèrement vexé.

- Tu pouvais pas attendre deux putains de jour en plus…

Le regard du mafieux se radoucit à cette réponse et il passa sa veste sur les épaules de la Zanetti qui grogna légèrement.

- Allez, viens, tu vas prendre une douche et je vais soigner ta lèvre.

- Hm…


Anya sortit de la douche de l'appartement du mafieux, entourée d'une serviette et les cheveux mouillés et détachés. Elle soupira en regardant son visage dans le miroir embué de la petite salle de bain. Gustus avait recousu son arcade sourcilière et avait désinfecté les petites plaies. Lorsqu'elle déverrouilla la porte, elle le trouva endormi sur le matelas, une unique lampe de chevet allumée pour éclairer la pièce. Elle enfila un t-shirt du brun avant de s'allonger à côté de lui et de regarder son dos nu en silence.

Sa main vint survoler les épaules bien faites du brun avant que ses lèvres ne s'y aventurent alors que son cœur battait à tout rompre. La sensation était étrange mais loin d'être désagréable. Au fond d'elle, elle savait que Gustus était à elle mais elle avait du mal à se dire qu'elle était de même pour le mafieux. Ses lèvres se posèrent délicatement dans la nuque du Giordano qui soupira dans son sommeil. Il ne se retourna vers elle qu'après une dizaine de baisers, la regardant dans les yeux, une main sur sa joue. Anya soutint son regard avant de souffler :

- Je t'aime aussi Gus…

- C'est vrai ? Demanda t-il, n'en croyant pas ses oreilles.

La blonde se contenta d'hocher la tête lentement avec un demi-sourire. Elle frissonna en sentant la main gauche du brun descendre le long de ses côtes pour aller caresser sa cuisse nue.

- Tu peux le redire ? Souffla t-il.

- N'en abuse pas Giordano, tu veux ? Répondit-elle en riant doucement.

- Allez…

- Je t'aime Gus, répéta t-elle finalement.

- Moi aussi je t'aime Anya.

Le sicilien passa au dessus d'elle pour entamer un baiser amoureux, promettant à travers quelques caresses une nuit pleine de passion et de douceur…


Lexa avait trouvé étrange de ne pas revoir plus vite la médecin puisqu'elle avait demandé explicitement à Ryder de saboter tous ses plans d'emménagement. La blonde ne lui avait envoyé aucun mail, aussi en avait-elle fait de même malgré l'envie de prendre des nouvelles durant ces deux derniers jours. Elle s'amusa à regarder Racoon qui était assis à la limite de la véranda en fixant Romeo. Le chien faisait sa patrouille sur la terrasse plus pour voir le chat que pour véritablement faire son travail de chien de garde mais la Dona le laissa faire.

Elle sortit une cigarette de son paquet pour ensuite l'allumer une fois dehors, s'asseyant sur une des chaises en fer gris. Elle inhala une bouffée qui lui fit un bien fou. Étrangement, elle s'était attendue à une riposte des Barzetti mais toutes les affaires étaient calmes depuis l'explosion du casino. Peut-être avait-elle réussi à leur faire plier l'échine finalement. Elle tourna la tête lorsqu'Artigas l'appela poliment :

- Dona, Ryder vient de m'informer que lui et le Docteur Griffin étaient en route pour venir ici.

- Hm. D'accord, merci Artigas.

- De rien Dona.

- Ne m'appelle pas ainsi quand le Docteur Griffin sera là, d'accord ?

- Oui Dona.

- La formation te plaît toujours ? S'enquit-elle voyant que le jeune homme avait envie de parler.

- Énormément ! Je donnerai ma vie pour la famille Dona ! Le lycée ne me plaisait pas de toute façon.

- Donne de ton énergie ce sera plus utile, le taquina t-elle soudain d'excellente humeur. Tu peux retourner à ton poste.

L'adolescent acquiesça d'un air solennel avant de repartir à l'avant de la maison. Une vingtaine de minutes plus tard, l'héritière eut le plaisir de voir arriver Clarke que Ryder accompagna par le petit chemin menant à la terrasse pour lui éviter de traverser la maison.

- Bonsoir Clarke, sourit la brune.

- Bonsoir Lexa, répondit la médecin avec un sourire plus timide.

- Tu viens chercher Racoon ?

- Pas tout à fait…

- Un problème ? Demanda la Donati en feignant une mine inquiète.

- Quelques mésaventures on peut dire ça… Tous les appartements que j'ai visités depuis deux jours ont été loués à des touristes pressés, souffla la blonde, agacée.

- C'est la période estivale en même temps Clarke. Tu auras peut-être plus de chance à la rentrée, non ? Suggéra la brune.

- Sans doute mais ça fait loin. J'ai quand même une situation financière intéressante pour les propriétaires…

- Où as-tu dormi ces deux derniers jours si tu n'as rien trouvé ? S'enquit l'héritière, curieuse.

- Dans mon bureau… Avoua la médecin, gênée. Je voulais laisser respirer Octavia et je ne souhaitais pas t'importuner…

- Mais ?

- La banquette du bureau de directrice n'est pas si confortable qu'elle en a l'air, plaisanta la blonde.

Les deux femmes échangèrent un sourire commun à la plaisanterie avant que Clarke ne reprenne :

- Donc je me demandais si ta proposition de m'héberger le temps de trouver un nouvel appartement tenait toujours ?

- Bien entendu, tu es la bienvenue ici. La maison est assez grande, tu verras.

- C'est gentil. Tu penses pouvoir supporter le côté médecin de famille au quotidien ? Parce que je ne compte pas te laisser fumer plus que tu ne le fais déjà.

- Je prendrais sur moi, lui confia la brune avec un clin d'œil.


Bellamy devait bien se l'avouer : la propriété de Becca Giordano était une vraie forteresse. Autant dire qu'elle ne lésinait pas en ce qui concernait sa sécurité : une vingtaine de gardes du corps patrouillaient dans la propriété et des chiens de garde dressés s'occupaient de détecter le moindre mouvement suspect. Un domestique était venu lui ouvrir la porte ce qui le fit se sentir légèrement mal à l'aise. Il n'aimait vraiment pas ce monde où l'argent coulait à flot.

- Monsieur Blake, Madame Giordano vous attend à l'étage. Je vais vous accompagner.

- À l'étage ? S'étonna le brun. Vous avez une salle à manger à l'étage ?

- Non mais Madame Giordano souhaitait vous voir en privé.

- Euh… C'est à dire ?

- Suivez-moi s'il vous plait.

Le grand brun desserra sa cravate pour tenter de trouver un peu plus d'air. Ce dîner semblait plutôt très étrange à ses yeux. Murphy lui avait pourtant dit de ne pas y aller. Il suivit le majordome, montant les marches en marbre de l'immense bâtisse pour finalement traverser un long et large couloir où différentes portes étaient fermées. Son guide se stoppa devant une double porte à laquelle il toqua :

- Madame Giordano, votre invité Monsieur Blake est là.

- Très bien, dites-lui d'entrer et laissez-nous.

- Bien Madame. Je vous souhaite une excellente soirée, dit-il à l'attention du brun.

Le policier tenta bien de l'interpeller mais le domestique avait déjà disparu. Il avala sa salive avant de toquer et d'entrer pour se retrouver dans une immense pièce tapissée de rouge et de noir, lui faisant perdre son sourire. Un immense lit à baldaquin était installé au milieu de la pièce tandis que divers instruments de torture charnelle dont les noms échappaient totalement au brun, étaient montés et fixés sur les murs ainsi que le plafond.

- Bordel de merde… Articula difficilement le Blake.

- Bonsoir Capitaine… Sourit la politicienne.

La bouche de Bellamy s'ouvrit de surprise devant la tenue de Becca Giordano. La brune, les cheveux relevés en un chignon parfait avait troqué sa robe de travail pour une robe en cuir rouge très moulante et était juchée sur des talons dont la hauteur faisait tourner l'œil du brun. Elle s'approcha félinement du jeune homme qui recula contre la porte à présent fermée.

- Euh… J'avais pas compris que ce serait ce genre de dîner dont vous parliez… Avoua t-il en stress.

- Allons, ne faites pas votre timide. J'ai bien vu votre petite faim d'il y a deux jours dans mon bureau…

- De quoi ?...

- Vous bandiez.

- Oh putain c'est pas ce que vous croyez Becca je…

- Chut, ordonna t-elle en posant le bout de sa cravache sur la bouche du brun qui se tut.

Sans trop comprendre ce qu'il lui arrivait Bellamy se retrouva bientôt contre le lit sur lequel la politicienne le poussa. Il commençait réellement à paniquer à l'idée de devoir coucher avec une femme. Cela faisait des années qu'il ne l'avait pas fait et il n'avait qu'une peur : qu'on découvre son secret.

- Attendez Becca, ne vous vexez pas mais vraiment je…

- Quoi ?

- C'est pas vraiment mon truc tout ça… La chambre rouge, la torture…

- Et c'est quoi votre truc ? Sourit-elle en lui attachant les mains avec ses propres menottes.

- Aïe, c'est trop serré, l'informa t-il.

- Oups, s'amusa t-elle.

La brune le chevaucha, se frottant à lui mais le sexe du brun jouait les capricieux ce qui interrogea la politicienne et fit rougir Bellamy de honte. Un éclair de lucidité traversa les yeux de Becca qui sourit :

- Oh Capitaine Blake vous êtes un sacré cachotier…

- Quoi ? Que voulez-vous dire… ?

Il l'entendit fouiller dans la table de nuit près du lit avant de voir un jouet plutôt épais et long dans sa main qui le fit presque pâlir mais c'est à ce moment que son érection se réveilla, faisant rire Becca d'excitation.

- J'ai toujours rêvé de faire ça à un flic… Vous êtes un très vilain garçon Capitaine Blake…

- Becca non ! Non !... Cria Bellamy, mort de peur en tirant sur les menottes attachées au lit.

- Restez tranquille… Lui murmura t-elle.

- Oh bordel !... Articula finalement le brun en se mordant la lèvre de plaisir.


Hahahaha ! Bellamy en a pris pour son grade avec Becca ! Vous avez aimé ? :D Alors un chapitre très orienté vers les histoires de cœur et plutôt calme hm ? Le retour du Clexa vous a plu ? Lexa est prête à tout pour garder Clarke près d'elle haha ! J'ai adoré développer le Gustus/Anya, je les trouve trop cools ! C'est mon ship préféré après le Clexa c'est sûr à présent ! :D Roan complote mais semble vouloir la paix... Que feriez-vous à sa place ? Le Linctavia a fait son retour avec le Murphamy ! Lâchez-vous dans les reviews qu'on discute de votre avis et envies pour la suite ! :D

Edit : Je m'excuse pour les "y'a à peine" ça fait très familier mais pour je ne sais quelle raison le site me fait sauter mes "i peine"... C'est toujours mieux qu'un simple "i" à mes yeux :/

À lundi! :)