Bonsoir ! Voilà le chapitre 10 avec un peu de retard sur l'heure mais on est encore lundi :D ... Loooongue journée ! :) Merci pour vos retours, follows et favs ! Un immense merci à doubi et MagRd qui ont abattu un travail de titan pour la relecture dans la soirée d'hier (oui oui à minuit on y était toujours xD). Ça a été très compliqué pour moi d'écrire avec les horaires que j'ai eu ces deux dernières semaines, j'ai presque cru devoir repousser d'une semaine encore :X

Merci aux guests pour vos retours : Ewilian, Micro, Loïs 13, Coco1810. Vous gérez ! Désolée de ne pas m'étendre dans les réponses à vos reviews je suis rincée... Je promets de faire mieux au prochain ! Je ne vous fait pas plus attendre et vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 10 : Au cœur de la vague


Lexa leva le nez de son écran d'ordinateur lorsque les chiens se mirent à aboyer avec force. Comme le portail s'ouvrait automatiquement et que ses hommes de main ne l'avaient pas alertée d'une présence non désirée, elle se replongea sur le mail qu'elle écrivait à l'un de ses clients les plus fidèles en Italie pour l'inciter à investir et développer son action à travers ses entreprises. Elle entendit distinctement qu'on toquait à sa porte d'entrée, aussi se leva t-elle pour ouvrir et se retrouver face à une jeune femme de taille moyenne, une queue de cheval brune, des yeux noisette et une moue gênée collée sur le visage.

- Raven Reyes, dit-elle sur un ton dur.

Depuis leur altercation la semaine passée après le vol et l'escapade en voiture de son demi-frère, la mécanicienne n'avait pas donné signe de vie. De plus, l'indiscrétion de Clarke dans son bureau avait poussé la belle héritière à se renfermer sur elle-même ces derniers jours. Lexa se contentait de courts et brefs contacts avec la médecin et ses connaissances, même Gustus n'y avait pas échappé. La Donati n'était pas dans une bonne période à l'heure actuelle et avait profité du travail pour occuper ses pensées les plus sombres.

- Hey Bella… Répondit penaude la latina.

- Si vous êtes venue pour l'entretien des véhicules, je pense que vous connaissez le chemin.

Les sourcils de Raven se froncèrent au vouvoiement et elle ne retint pas son soupir agacé :

- Ola, je t'arrête tout de suite héritière de mes deux ! T'es peut-être la Dona devant tout le monde mais en privé, t'es Lexa point barre ! Ne commence pas à jouer à ce jeu-là avec moi sinon je peux t'assurer que tu seras responsable de la troisième guerre mondiale.

- Parce que c'est à moi de me montrer engageante après la façon dont tu m'as parlé ? Siffla la belle brune, mauvaise.

- J'ai pas dit ça, reprit Raven en levant son index devant les yeux verts de sa supérieure et amie. C'est vrai, je t'ai mal parlé l'autre fois et j'ai laissé traîner ça une semaine. Ok mea culpa. Tu me connais j'suis une putain de tête de mule maladroite et j'assume pas quand je fais des conneries encore moins avec toi, hm ? Il m'a fallu une semaine ouais et alors ? Me voilà, là maintenant pour m'excuser.

- J'attends, répondit simplement la brune, la mine toujours fermée.

- Bien… Mais avant, que dirais-tu de fumer en ma compagnie cet excellent cigare qui est oh… Comme par hasard ton préféré… Hm ? Allez... Insista Raven, l'air taquine, en faisant danser ledit cigare sous le nez de la brune.

Un fin sourire s'esquissa sur les lèvres de l'héritière qui tendit finalement la main, arrachant ainsi un sourire à la mécanicienne.

- Ça c'est ma Bella ! S'exclama t-elle, tout sourire en déposant un des cigares au creux de la main de la brune.

Les deux jeunes femmes partirent s'installer sur la terrasse pour fumer tranquillement le cadeau de paix de la mécanicienne. Lexa ne put s'empêcher de passer le cigare sous ses narines pour humer son odeur. Nul doute que ce dernier était d'une grande qualité. Après quelques bouffées, Raven reprit doucement :

- Tu sais… Ce que j'ai dit l'autre soir sur la façon dont tu élevais Aden… Je ne le pensais pas, les mots ont dépassé ma pensée. J'étais en colère et au final c'était légitime de ta part car si je n'avais pas laissé les clés sur le contact, jamais ton frère n'aurait pu faire ça. Je suis vraiment désolée Bella… Tu comptes beaucoup pour moi et je ne veux pas rester fâchée avec toi… Tes mails m'ont manqué cette semaine.

Lexa hocha légèrement la tête aux excuses.

- Je suis désolée aussi Raven. La faute ne t'incombe pas entièrement non plus. Si je m'occupais plus d'Aden, il n'aurait pas ressenti le besoin de faire son intéressant avec cette voiture. Laissons cette histoire derrière nous.

- Je suis d'accord, acquiesça la mécanicienne. Bon… Dis-moi, ça n'a pas l'air d'être une bonne période en ce moment je me trompe ?

- J'ai des périodes plus sombres que d'autres, tu le sais… Ça finira par passer.

- Qu'est-ce qui l'a déclenchée ? Tu as une idée ? D'habitude c'est quand tu as dû faire le ménage par la force… Tu as…?

- Non. Depuis l'explosion du casino, les affaires sont calmes. C'est personnel…

- Personnel, du genre intime ? Sourit Raven, goguenarde.

- On peut dire ça.

- Raconte !

- Non.

- Allez, je suis ton unique confidente… Et puis je veux savoir ce qui arrive à mettre dans tous ses états ma Bella que je n'ai moi-même pas réussi à séduire !

La Donati lâcha un petit rire et secoua la tête, amusée soudainement. Il était vrai qu'avant qu'elle et Raven ne deviennent amies, la mécanicienne n'avait pas lésiné en termes d'efforts pour tenter de la séduire mais sans résultats.

- Ton indiscrétion me fatigue Raven… Mais je crois qu'en vérité, c'est ça que j'aime le plus chez toi. Tu ne me crains pas comme les autres.

- Hm hm ! Allez ne change pas de sujet, balance !

- J'ai eu une aventure… Avoua la brune.

Comme Raven ne disait rien et avait le regard brillant et fixé sur elle, Lexa se sentit obligée de préciser :

- Il y a quelques semaines avec une femme…

- Et ?!

- Et elle n'est pas liée à la mafia…

- Hm, elle ne sait pas pour toi ?

- Non aucunement et je me refuse l'idée de lui dire…

- Donc c'est que c'est plus qu'une aventure ! Je la connais ?! Dis-moi que oui !

Lexa se refusa à répondre ce qui mit la puce à l'oreille de la mécanicienne qui tapa dans ses mains en pensant tout haut :

- Je la connais c'est ça ?! J'ai couché avec ? Non, non tu passerais pas derrière moi… Qui ça peut bien être si je la connais et que… Non ! La médecin ! Tu as couché avec Chaperon Rouge ?!

- Une seule fois, se défendit Lexa.

- C'est tout ? Olala mais une beauté pareille, je te la tringle dans tous les sens moi ! Mais elle ne vit pas chez toi à l'heure actuelle ?

- Exact, je l'héberge le temps qu'elle trouve un appartement.

- Et vous avez pas remis le couvert…? S'étonna la mécanicienne.

- C'est compliqué.

- Pourquoi ?

- Elle sort d'une rupture et m'a fait comprendre qu'elle ne souhaitait pas s'engager de nouveau avec quelqu'un.

- Oh allez… Tu ne vas pas me dire que tes beaux yeux verts la laissent indifférente si elle est allée jusqu'à rompre avec son mec…

- Je ne veux pas la brusquer.

- T'es trop romantique et respectueuse Bella… Suffit de leur sauter dessus et de…

- Stop.

- Oui bon tu connais la méthode à suivre.

- Je ne veux pas que du sexe Raven, ne me confonds pas avec toi.

- C'est pas faux haha, j'ai tendance à oublier. Ça faisait combien de temps dis-moi ?... Hm ? Deux ans que tu avais pas touché une femme ? Ça a dû te faire drôle…

- Ne dépasse pas les limites… Grogna la Donati.

- Désolée mais faut avouer que c'est hyper prenant… Donc dis-moi la vérité Bella. Car quand Dona veut, Dona prend, sourit Raven l'air sauvage.

- Je ne veux pas être la Dona avec Clarke, je veux être Lexa uniquement… Et mon rôle me freine… J'ai envie de tenter plus, de lui faire confiance, de me laisser aller mais d'un autre côté…

- Tu sais que ce qui s'est passé avec Costia pourrait se reproduire n'est-ce pas ?

- Oui et non… Costia avait été isolée et sans protection. Ryder est avec Clarke au quotidien, il la suit comme son ombre, je ne pense pas qu'elle risque quelque chose… Comment bâtir une relation saine en la commençant sur un mensonge ?...

- C'est sûr que tu gagneras pas le prix de l'honnêteté mais Bella… Ne rien lui dire c'est aussi la préserver tu ne crois pas ? Elle ne sait même pas pour quoi elle a réellement signé en s'engageant auprès des Giordano et des Donati…

- Donc tu serais d'avis que je ne lui dise rien ?

Raven leva les bras comme pour se protéger :

- Je suis mal placée pour te conseiller Bella en relation amoureuse… Je fuis l'engagement au grand galop moi tu sais bien… D'un côté comme tu dis, bâtir quelque chose sur un mensonge c'est pas conseillé mais d'un autre côté, si tu veux pas souffrir et la préparer au fil du temps à entendre la vérité, personnellement ça me paraît logique de rien lui dire tout de suite… Mais d'un autre côté il faudra lui dire la vérité un jour… Putain je m'embrouille…

- Compliqué, hm ? Sourit Lexa.

- Encore plus que ce que je vis avec son amie Octavia putain.

- Son amie ?

- Oui elle a une amie plutôt loquace et belle comme une déesse ! J'ai attaqué mais elle se laisse pas faire la pouliche… Et puis maintenant elle s'est rabattue sur Lincoln Salomon… Je crois que c'est mort.

- Lincoln Salomon… Le pilote d'hélicoptère de l'hôpital ?

- Oui… D'ailleurs si tu pouvais mettre un contrat sur sa tête… Suggéra la mécanicienne.

- Raven.

- Je déconne ça va ! Je crois que je vais laisser tomber, cette fille mérite mieux qu'un coup d'un soir.

- C'est tout ce que tu as à lui offrir ?

- Ben oui, quoi d'autre ?

Les émeraudes de la Donati se mirent à sonder silencieusement les yeux de son amie qui se mit à gigoter sur sa chaise de malaise. Après une minute, Raven s'exclama en se levant brusquement :

- Arrête de faire ça ! J'ai horreur de ça et tu le sais ! Tu me mets mal à l'aise, j'ai l'impression que tu m'ouvres la tête, grogna t-elle.

- Je ne fais qu'attendre la vérité.

- Maudite sois-tu avec tes iris verts…

- Tu me donnes cette vérité oui ou non ? Répondit Lexa, malicieuse.

- Uniquement si tu décides de passer à l'action avec Chaperon Rouge !

- Ça me va.

- Ok… Bon… Ne le dis pas à Wick surtout mais c'est vrai qu'il se pourrait… Je dis bien qu'il se pourrait hein, c'est hypothétique! Que j'ai plus qu'une envie d'un coup d'un soir avec cette Octavia…

- Alors fonce. À ma connaissance, il te faut plus qu'un homme sur ton passage pour t'arrêter hm ?

- Pas faux, sourit la mécanicienne, amusée. Bon, une petite virée en motos, ça te dit ?

- Avec plaisir. Laisse-moi juste le temps de me changer et prévenir Gustus.

Raven acquiesça et profita que son amie soit de dos pour reluquer ses fesses discrètement, murmurant :

- Chaperon Rouge tu sais pas quelle chance tu as…


Clarke se lavait les mains avec application dans le sas de protection situé entre la salle d'opération et le couloir : elle sortait d'une opération assez lourde et longue. Malgré la fatigue, elle était satisfaite car le petit garçon de dix ans qu'elle avait opéré était normalement sauvé. Elle s'occuperait avec son collègue Nyko Dominici de son suivi dans les prochains jours pour les soins post-opératoires.

Elle rejoignit le vestiaire du personnel, jeta ses affaires sales dans le conteneur approprié, se saisit de ses vêtements et d'une serviette pour s'engouffrer dans une des douches après avoir jeté un coup d'œil à la pendule : son service se terminait avec quelques heures de retard du fait de cette dernière opération mais elle était satisfaite d'elle et soulagée. Elle était soucieuse ces derniers temps de la distance que lui avait imposée Lexa depuis qu'elle l'avait surprise dans son bureau : elle n'aurait jamais imaginé que la brune soit si en colère contre elle bien qu'elle devait avouer que la faute lui incombait totalement. Se cacher derrière l'intrusion de Racoon n'était pas la solution car elle avait bel et bien pénétré et s'était attardée à l'intérieur de cette pièce privée sous aucune menace, simplement poussée par la curiosité.

Pour fuir sa honte et la distance imposée, elle avait donc permuté ses gardes avec d'autres collègues afin de travailler de nuit et dormir en journée : Lexa était très souvent absente lorsqu'elle revenait de l'hôpital. Elle savait bien sûr, que ce n'était pas une solution sur le long terme, mais pour le moment, elle n'avait rien trouvé de mieux, le temps de chercher une solution pour se faire pardonner et avoir la force de faire face à l'héritière. Elle ferma les yeux sous le jet d'eau chaude de maigre qualité et sans surprise, le visage de la belle brune lui apparut tandis que son dos s'appuyait sur la partie carrelage de l'étroite cabine. Sa main gauche glissa sur sa poitrine, la faisant frissonner. Elle s'imagina sans mal celle de la Donati à la place. Elle soupira en se mordillant la lèvre supérieure : ces derniers jours, son désir pour la belle brune s'était accru violemment et elle se réveillait très souvent de son sommeil en sueur et excitée à l'idée de partager une nouvelle étreinte passionnée avec son amante d'une nuit… Elle rêvait sans honte des lèvres douces de Lexa contre ses lèvres, sa peau, entre ses cuisses… La morsure sur sa lèvre se fit plus intense quand ses doigts glissèrent à son entrejambe. Elle soupira de plaisir sous quelques mouvements avant de sursauter en entendant la porte du vestiaire claquer, signe qu'elle n'était plus seule.

Frustrée, elle lâcha un grognement avant de se savonner en vitesse et de s'habiller d'un jean blanc et de son t-shirt noir. Elle alluma son portable pour vérifier ses possibles appels manqués, messages et mails. La différence de température entre l'hôpital climatisé et l'extérieur était impressionnante mais Clarke profita avec plaisir de la caresse du soleil sur sa peau découverte. Ses sourcils se froncèrent à la lecture d'un SMS reçu il y a deux heures.

« J'aimerai te parler, je t'attends à la cafétéria de l'hôpital près de l'accueil. Finn Collins »

Elle se rendit à l'avant du bâtiment pour rejoindre ledit restaurant rapide bien qu'elle n'était pas persuadée d'y trouver son ex-compagnon au vu du retard qu'elle avait. Pourtant, malgré ses doutes, Finn était assis à une table, tout seul devant une assiette vide et un café fumant. Elle s'approcha avec douceur, son cœur se serrant par réflexe à la vue du brun qui avait une mine plutôt mauvaise : des cernes évidentes sous les yeux trahissaient son manque de sommeil.

- Bonjour Finn… Souffla t-elle.

Le policier sursauta et sourit doucement en reconnaissant son ex-petite amie. Il se leva pour la saluer, glissant ses mains sur les épaules de la belle blonde pour lui poser avec maladresse deux bises sur les joues, manquant de l'embrasser sur les lèvres de peu.

- Salut Clarke… Je suis content de te voir. Assieds-toi, tu as faim ?

- Un peu.

- Quelle heure il est… Waouh, déjà treize heures ! S'étonna t-il en regardant la montre que la blonde lui avait offerte. Ne bouge pas, je vais te chercher un sandwich.

- D'accord, répondit la blonde, légèrement gênée.

Elle se demandait bien pourquoi le brun voulait absolument la voir et semblait charmant avec elle. Elle le vit revenir rapidement avec un sandwich au poulet et aux crudités ainsi qu'une bouteille d'eau. Clarke attrapa l'emballage, frôlant du bout des doigts la peau de son ex mais étonnamment, aucun frisson ne lui échappa.

- Désolée pour l'attente, j'étais en opération et mon portable est resté dans mon casier évidemment.

- Oui je me suis renseigné à l'accueil. Ne t'en fais pas, j'avais posé ma matinée.

- Donc pourquoi voulais-tu me voir ?

- Au sujet de l'appartement… J'allais rendre les clés car le loyer était trop cher pour moi, plein centre-ville de Syracuse tu parles… Ce n'est pas avec mon salaire que j'allais pouvoir payer ça mais le proprio m'a dit que tu avais payé pour six mois la location ? J'ai un peu de mal à comprendre… Tu comptes y habiter de nouveau ?

- Non.

- Alors pourquoi le louer pour six mois supplémentaires ?

- Je voulais juste t'aider.

- Clarke c'est gentil mais je peux me débrouiller seul, tu sais.

- Je n'en doute pas mais c'est ma façon à moi de… T'aider une dernière fois. J'imagine qu'avec le travail et notre rupture, tu avais d'autres chats à fouetter que de chercher un appartement, sans compter ton addiction aux… Enfin j'aimerais rester en bons termes avec toi.

À cet aveu, le brun sourit doucement et posa sa main sur celle de la médecin un court instant :

- Je serais ravi de rester en bons termes avec toi, moi aussi Clarke…

La blonde, au contact pour ne pas laisser d'ouverture ou vexer son ex-compagnon, fit mine de vouloir prendre sa bouteille d'eau après avoir croqué une nouvelle fois dans son sandwich. Finn ne sembla pas se rendre compte que le geste initié était à la base fait pour se débarrasser de sa main trop téméraire. Clarke jeta un coup d'œil à son téléphone avant de se lever :

- Je vais devoir y aller. Ryder avait besoin de son après-midi et je crois que je l'ai suffisamment mis en retard. Merci pour le sandwich et… Ça m'a fait plaisir de te voir Finn. Prends soin de toi.

- Je te raccompagne jusqu'à l'entrée, attends !

Le policier se leva, déposa rapidement le plateau sur une poubelle de la cafétéria avant de suivre d'un pas pressé la belle blonde qui soupira en devinant que se dépêtrer des griffes du brun allait se révéler plus compliqué que prévu. L'ancien couple marcha donc ensemble jusqu'à l'entrée principale du bâtiment. Finn se fit très amical et non intrusif pour le plus grand soulagement de Clarke, demandant même des nouvelles de Racoon. La jeune médecin s'arrêta près du dépose-minute : Ryder n'allait sans doute pas tarder. Généralement, il la surveillait de loin mais, plus les minutes passaient, plus son garde du corps ne semblait pas donner signe de vie ce qui commença à inquiéter la blonde car elle n'avait pas de véhicule pour rentrer chez Lexa et elle n'avait pas envie que Finn lui propose de la déposer.

Alors qu'elle regardait son portable dans l'espoir d'un message de l'employé de la Donati, un bruit de moteur lui fit tourner la tête. Deux motos bien connues, l'une rouge et sportive, l'autre plus nerveuse et kaki, arrivaient dans sa direction suivies d'un SUV Porsche gris. Les deux véhicules se stationnèrent à sa hauteur et le cœur de la blonde fit un bond dans sa poitrine en reconnaissant la silhouette de Lexa sur la Ducati rouge.

- Salut Chaperon Rouge, Octavia est là ?

- Bonjour Raven, oui elle est dans son bureau.

- Cool ! Bon à plus tard Bella !

Lexa se contenta de hocher doucement la tête derrière son casque. Elle remarqua la présence de l'ex-petit ami de sa très convoitée Clarke, aussi décida t-elle de s'imposer et marquer son territoire. Elle releva sa visière, offrant ses yeux verts à la médecin qui s'approcha doucement et timidement. La brune lui tendit une main après avoir retiré son gant en cuir, souriant doucement :

- Bonjour Clarke…

- Hey…

- As-tu déjà fait de la moto ? Demanda l'héritière.

- Non, jamais, avoua Clarke, intimidée.

- Alors je serais ta première fois… Intéressant.

- Quoi ? Vraiment ? S'étonna Clarke.

En guise de réponse, la brune coupa le contact et descendit de son véhicule pour ouvrir le coffre du siège et en sortir une veste en cuir qu'elle tendit à la blonde. Clarke l'enfila et s'étonna de la lourdeur de cette dernière. Ce n'est qu'après qu'elle remarqua le deuxième casque noir qui était glissé le long du bras gauche de l'héritière, à la hauteur de son coude. Lexa l'aida à le mettre avant de remonter sur la moto et de montrer les repose-pieds du second passager.

Oublieuse soudainement de son ex compagnon, la médecin se hissa le cœur battant sur le véhicule avant d'enserrer la taille de son amante d'une nuit et laisser l'odeur de cette dernière envahir ses narines.

- Accroche-toi bien et épouse mes mouvements… Lui indiqua l'héritière.

- D'accord…! J'ai le cœur qui bat à cent à l'heure ! Rit la blonde dans son casque.

Un sourire s'étira sur le visage de Lexa et cette dernière démarra la moto de sport dans un ronronnement sonore qui en fit rêver plus d'un. Elle fit un signe de tête poli au policier qui avait la bouche légèrement pendante tant il était abasourdi, puis elle déboîta du dépose minute pour s'insérer sur la route.


Si Raven avait paru plutôt confiante à l'idée de trouver facilement Octavia dans les nombreux étages de l'hôpital, elle déchanta rapidement quand le personnel de sécurité la refoula à plusieurs reprises. Elle commença à pester intérieurement : elle aurait dû demander à Clarke de l'accompagner avant que Lexa ne l'embarque sur sa moto. Il était beaucoup moins facile d'accéder au bureau de la direction qu'à un simple guichet d'enregistrement… Elle se mit à faire les cent pas le long du couloir des urgences jusqu'à ce que son regard soit attirée par un groupe de jeunes femmes, sans doute des internes qui discutaient assez bruyamment et parlaient de se changer au vestiaire. Elle les suivit discrètement, se fondant dans la masse pour accéder aux vestiaires et récupérer dans un casier ouvert une blouse de médecin qu'elle enfila rapidement.

Elle ne put s'empêcher un petit sourire amusé en remarquant que la blouse lui donnait un air sévère et sexy. Elle commençait à comprendre pourquoi Clarke avait réussi à dompter le cœur de l'indomptable Lexa. Elle retourna son badge de veste de manière négligée avant de se faufiler vers l'ascenseur pour arriver à l'étage de la direction. Le vigile de tout à l'heure la regarda d'un air suspect, aussi se contenta t-elle de dire :

- Obligée de devoir être en tenue de travail pour accéder à un étage que je fréquente tous les jours… J'en parlerais à la directrice Clarke Griffin vous avez ma parole, minauda t-elle.

Elle jeta d'un air hautain sa queue de cheval brune en arrière, fouettant au passage le visage du vigile qui ne pipa mot. Elle se mit à taper nerveusement du pied tandis que l'ascenseur montait tranquillement jusqu'à l'avant dernier étage. Elle commença à grogner intérieurement : elle n'avait pas à se mettre dans cet état pour une femme mais d'un autre côté, Octavia n'était pas comme les autres conquêtes qu'elle avait eues. La Blake avait une certaine joie de vivre, une richesse d'esprit, une force intérieure qui lui laissait croire qu'il fallait qu'elle aille au bout des choses et honnêtement, personne ne s'était jamais plaint de ses talents exceptionnels au lit.

Le regard de la mécanicienne se figea devant les vitres où des stores étaient relevés : Octavia était aussi belle qu'à son habitude. Elle portait un chemisier blanc avec une jupe noire lui arrivant au-dessus des genoux et était juchée sur des talons qui semblaient affiner et allonger ses magnifiques jambes bronzées. Ses cheveux de jais étaient relevés et attachés en un chignon tandis que ses yeux bleus étaient mis en valeur par un trait d'eye-liner noir. Visiblement elle ne l'avait pas vue car elle la vit se lever pour aller chercher un dossier dans le bureau de Clarke. Raven en profita pour se faufiler à l'intérieur du bureau et attendre debout, bras croisés la Blake.

Octavia, plongée dans son travail malgré l'heure du déjeuner se réinstalla machinalement à son bureau et se replongea sur l'écran de son ordinateur avant de sursauter violemment en lâchant un petit cri surpris, une main sur le cœur :

- Raven ! Oh mon dieu ! Tu m'as fait peur ! J'ai manqué de faire une attaque !

- Salut belle déesse ! Désolée pour la frayeur mais t'étais carrément sexy avec cet air concentré… Sourit la brune, charmeuse.

Les joues de la Blake s'enflammèrent légèrement au compliment. Elle sembla nerveuse soudainement et commença à essayer d'aligner quelques dossiers ensemble pour créer une pile parfaitement droite.

- Ça va ? Reprit Raven.

- Plutôt bien et toi ?

- Bien.

Comme un nouveau silence s'installait, la mécanicienne attaqua le vif du sujet : elle n'appréciait pas tourner autour du pot trop longtemps.

- Alors, hm, il y a une raison particulière au fait que tu ne répondes plus à mes SMS ?

- J'ai beaucoup de travail en fait…

- Ah, le travail alors.

- Non, en fait, c'est pas le travail, avoua la brune. Je suis avec quelqu'un Raven depuis quelques jours et je ne voulais pas te blesser.

- Tu l'as fait à ne pas répondre ou m'expliquer.

- Je te présente mes excuses… Ce n'était pas mon intention, c'est juste que je t'apprécie énormément mais tu me fais perdre la tête… Tu es tellement fougueuse.

- Fougueuse ?

- Je suis quelqu'un d'assez énergique de nature mais toi tu me dépasses largement et je n'ai jamais connu ça. Ça m'effraie un peu je dois l'avouer. J'aime bien contrôler mes relations.

- Je vois. C'est sûr qu'avec Salomon tu vas pouvoir contrôler… Les mecs sont plutôt des bons toutous quand ils ne pensent pas qu'avec leur bite.

Octavia eut un sourire gêné à la remarque ce qui incita Raven à rajouter :

- Désolée c'était déplacé.

- Comment tu sais pour Lincoln et moi ?

- Je m'en suis doutée vu qu'on était tous les deux intéressés par toi. Il fallait bien que l'un de nous deux prenne l'avantage et comme le silence radio a suivi…

- Je me sens mal… Qu'est-ce que je peux faire pour être pardonnée ?

- Continuer à supporter mon énergie débordante et sortir avec moi… Entre amies ? Ça me change de Wick et j'aimais bien nos sorties.

- Tu voudrais vraiment ?

- Je te dirais bien que j'ai pour idée de profiter de la moindre ouverture pour te séduire mais ça risquerait de te faire peur je pense, s'amusa la latina.

- T'es bête, gloussa la Blake.

- On fait comme ça ?

- Ça me va, sourit Octavia.

- Cool.

- Que dis-tu de commencer tout de suite ? Je t'invite à déjeuner !

- Avec plaisir. Après tout, maintenant que tu es secrétaire de direction tu dois palper un max !

- Tout de suite !

La Blake se dépêcha d'attraper son sac à main avant de marcher sur les pas de Raven.

- Au fait où as-tu trouvé une blouse de médecin ?

- J'ai suivi un groupe d'internes qui partait se changer. Ça me va plutôt bien non ? Sexy Raven olééé… Crana la brune.

Le sourire d'Octavia s'étira devant la taquinerie de la mécanicienne avant d'appeler l'ascenseur et de s'engouffrer à l'intérieur avec son amie.


Clarke malgré la fatigue, se sentait revivre sur la moto de sport. Lexa conduisait avec maîtrise et prudence le véhicule. La médecin n'était jamais montée sur un deux roues aussi puissant. Le moteur de la Ducati rugissait à chaque accélération lorsque l'héritière doublait les véhicules ce qui déclenchait une série de frissons d'excitation chez elle. La Donati semblait prendre un malin plaisir à semer le SUV Porsche qui les suivait assidument. Après un trajet d'environ trente minutes les éloignant de Syracuse, elle avait pu lire le nom de la ville de Canicattini Bagni sur un panneau. Toujours accrochée à la taille de la brune, les yeux azur de Clarke avaient découvert avec plaisir les rues pavées de la petite ville voisine. Elle raffermit sa prise lorsqu'elle sentit Lexa tourner dans une ruelle et se stopper sur un minuscule parking privé où une brasserie plutôt coquette et petite semblait ouverte. Elle coupa le moteur et fit signe à Clarke de descendre avant de faire de même une fois sa moto positionnée sur sa cale. Elles retirèrent leur casque avant de se sourire naturellement.

- Alors cette première promenade en moto ? Demanda Lexa.

- Très sympathique, sourit la blonde. Tu conduis vraiment bien.

- Merci. Je t'ai à peine sentie derrière moi, tu semblais très concentrée.

- J'étais un peu stressée à l'idée de te mettre en difficulté je dois l'avouer.

- Je vois, sourit la brune.

- Où sommes-nous ?

- C'est une brasserie que j'apprécie beaucoup. Je voulais t'y emmener la semaine dernière…

- Mais je suis rentrée dans ton bureau, avoua d'un air désolé la médecin.

L'héritière hocha doucement la tête avant de reprendre :

- Je n'avais pas non plus à réagir aussi froidement à ton égard. J'ai des périodes plus sombres que d'autres parfois… Mon travail m'épuise. Généralement, je m'isole dans ces cas-là et on a tendance à me comparer à un mur.

- Ça arrive souvent ? Demanda soudainement la blonde, prête à renfiler sa blouse de médecin.

- Clarke…

- D'accord. Plus tard, c'est ça ?

- Oui.

- Dans ce cas permets-moi de te taquiner un peu… Mais tu m'invites à déjeuner non ?

- En effet.

- Pourtant tu n'as pas arrêté de fumer. Ce n'est pas du jeu.

- C'est un déjeuner amical, se défendit Lexa, bien qu'amusée.

Clarke lâcha un petit rire amusé à la mauvaise excuse. Elle détacha ses cheveux, les laissant flotter sur ses épaules légèrement bronzées.

- Dans ce cas c'est moi qui invite.

- Il n'en est pas question, s'offusqua la Donati.

- Dans ce cas je refuse de déjeuner avec toi.

Une moue contrariée s'esquissa sur les lèvres de la brune qui ne répondit pas. Clarke sembla très amusée et ajouta :

- Alors Madame Donati ?

- Tu es une redoutable négociatrice… Avoua Lexa, piteuse.

- Haha ! Merci. Tu pourras m'inviter à déjeuner ou dîner lorsque tu auras arrêté de fumer.

- Ce n'est pas demain la veille…

- Serait-ce une plainte ?

- Non, un constat. Je ne me plains jamais.

- Tu devrais, ça fait du bien parfois.

- Hm.

Les deux jeunes femmes échangèrent un regard complice et amusé avant de se diriger ensemble vers l'entrée de la brasserie sous le regard protecteur de Gustus et d'Artigas. L'intérieur de la petite bâtisse offrait une décoration traditionnelle et était parsemé de nombreuses bougies aux senteurs enivrantes.

- Je crois deviner pourquoi l'endroit te plaît, s'amusa la blonde.

- Ah oui ?

- Les bougies.

- C'est une des raisons en effet, sourit Lexa. Leurs plats sont vraiment exceptionnels, rien à voir avec ces petits restaurants de plage.

Clarke rougit légèrement à la remarque. Elle avait tendance à oublier que Lexa vivait dans le monde des grandes richesses et se contenter du plus simple semblait lui être compliqué. C'est le patron de la brasserie qui vint les installer en personne lorsqu'il reconnut la Donati tandis que les deux gardes du corps allaient s'accouder au bar pour garder un œil sur leurs protégées. On leur apporta rapidement un apéritif de la maison ainsi qu'un petit panier rempli de mets pour se mettre en bouche.

- J'ai vu que ton ex-compagnon était là. Tout va bien ? Demanda Lexa après avoir avalé un premier amuse-gueule.

- Oui, il voulait prendre de mes nouvelles. Je ne m'y attendais pas.

- Je vois.

- Ce n'est pas important. Toi, dis-moi plutôt comment tu vas. Tu t'es réconciliée avec Raven, c'est une bonne chose.

- Mieux que la semaine dernière. Oui, Raven est venue s'excuser. Elle sait comment s'y prendre.

- Il faudra que je lui demande ses techniques alors, la taquina Clarke.

- Ta naïveté me fait sourire… Tu n'as que quelques mots à dire pour que je m'exécute Clarke… Souffla Lexa en fixant ses yeux verts dans ceux de son amante d'une nuit.

Le cœur de la blonde manqua un battement à cette confidence. Elle s'était tant inquiétée à ce sujet ces derniers jours… Elle pensait avoir perdu l'amitié et l'intérêt de la brune à cause de sa désobéissance. Sans vraiment s'en rendre compte, en parallèle d'un sourire, sa main gauche vint se glisser sur celle de l'héritière pour y poser une douce caresse. Un délicieux frisson remonta de ses doigts à sa colonne vertébrale au toucher.

- Tu m'as manqué, avoua la blonde, timidement.

Les prunelles de Lexa s'étaient teintées d'une lueur bien particulière au geste de Clarke. A la vue de ce Finn, elle avait senti au creux de son ventre naître une certaine jalousie. Alors qu'elle se perdait dans l'océan azur que lui offrait la blonde, elle sentit soudainement toutes ses barrières s'effondrer : elle voulait tout lui avouer, se décharger de tous ces mensonges et cette peine qu'elle portait depuis de son enfance.

- Clarke…

- Oui Lexa ?

- Il faut que je te dise quelque chose à propos de moi et ma famille… Des Giordano et de ton contrat.

Elle vit Clarke pencher la tête légèrement sur le côté sous l'interrogation suscitée par sa précédente phrase.

- Il n'y a rien qui t'ait interrogé en particulier dans mon bureau ?

- Pas particulièrement… J'ai simplement regardé les photos de famille… Celle avec ta mère était très belle… Peut-être cette coupure de journal sur la mort du Don de la mafia sicilienne mais d'un autre côté, tu te bats activement contre chaque jour donc j'imagine que ça a été une belle victoire pour toi en plus de la Sicile toute entière.

Lexa fronça les sourcils d'incompréhension : beaucoup de personnes connaissaient l'histoire de sa famille et l'implication de son grand père Titus Donati dans les affaires de la mafia. Se pouvait-il que Clarke n'ait pas suivi les actualités d'il y a deux ans lors de la mort de ce dernier ? Bien qu'elle ait réussi à redorer le blason de sa famille aux yeux de la police, elle doutait sérieusement de la possibilité que Titus Donati soit oublié si vite dans les esprits siciliens.

- As-tu suivi l'actualité concernant la mort du parrain de la Sicile ?

- Non du tout. Je crois que je n'étais pas encore arrivée en Sicile à ce moment-là. Tu sais ça ne fait que deux ans que je suis vraiment installée ici. J'ai fait pas mal d'allers-retours entre l'Amérique et la Sicile. Je dois avouer ne pas m'être énormément intéressée à ce sujet après mon arrivée. Tout s'est très vite enchaîné : ma fin de formation de chirurgienne à l'hôpital, les rencontres de nouvelles connaissances, mon histoire avec Finn…

À ces révélations, la Donati resta abasourdie : soit la chance était avec elle soit tout l'inverse. Clarke ne se doutait visiblement de rien et ne semblait pas spécialement intéressée par tout cela. Le choix de tout lui révéler ou de ne rien lui dire lui était donc offert sur un plateau d'argent peu importe le choix qu'elle ferait.

- Pourquoi tu me demandes ça ?

- Hm pour rien, mentit la brune.

Elle sentit bien l'interrogation naissante de la blonde mais le serveur vint la sauver. Il déposa deux énormes assiettes remplies d'une salade bien garnie qui fit écarquiller les yeux de Clarke. Il fit goûter le vin commandé par l'héritière qui acquiesça de satisfaction après l'avoir goûté, s'en suivit un « bon appétit » poli du serveur qui s'esquiva.

- Mon dieu ! Chuchota la médecin, estomaquée devant la quantité de nourriture.

- Bon appétit Clarke, sourit la brune après une dernière caresse sur la main de la jeune femme.

- Merci, toi aussi, lui répondit la blonde tout sourire elle aussi.


Aden trépignait à l'intérieur de la maison de sa sœur : ce soir il avait l'autorisation de sortie pour passer une soirée au bowling avec des amis de lycée ainsi qu'Ontari. Il attendait le sermon de prévention habituel de sa sœur qui tardait à revenir d'un rendez-vous important ce soir-là. Il sursauta du canapé en entendant la porte d'entrée s'ouvrir mais ce n'était pas sa sœur.

Clarke releva la tête de son téléphone portable en sentant une présence non loin d'elle et sourit chaleureusement au grand blond à qui elle vint serrer la main.

- Bonjour Aden, le salua t-elle.

- Bonjour Docteur Griffin ! Comment allez-vous ?

- Un peu fatiguée. Je vais pouvoir profiter d'un bon weekend à partir de ce soir, j'en suis plutôt satisfaite. Et vous ? Lexa ne m'a pas dit que vous seriez là ce soir.

- C'est super ça ! Je suis juste de passage en fait, j'ai la permission de sortie ce soir mais ma sœur souhaite me mettre en garde comme d'habitude, sourit-il, amusé.

La médecin lâcha un rire léger qui fit bondir le cœur du Donati dans son torse. Malgré la fatigue évidente de la jeune femme, Clarke restait rayonnante et magnifique. Il enviait sa sœur de pouvoir passer du temps avec elle aussi souvent. Il se figea quand les mains de la belle blonde s'attardèrent sur son col de chemise pour le remettre proprement.

- Voilà, c'est mieux.

- Merci Doc, rit doucement le blond.

- Je vous laisse, je vais prendre une douche pour me détendre de ma journée. Je vous souhaite une bonne soirée Aden.

- Merci, à vous aussi Docteur Griffin…

De ses yeux verts clairs, le Donati se permit d'admirer discrètement la silhouette de la belle médecin disparaissant vers l'étage. Il se tourna ensuite en entendant le bruit d'une voiture roulant sur les graviers de la cour de la maison : sa sœur était là.


Le bowling était encore peu fréquenté à cette heure de la soirée. Aden était assis avec deux amis du lycée autour d'une bière dans l'attente d'autres invités. Tristan le surveillait de loin comme d'habitude, Anya étant de sortie pour collecter la taxe mensuelle chez les commerçants sous la protection de la famille Donati. Habillé d'un jean noir et d'une chemise blanche, comme à son habitude, il faisait tourner la tête de nombreuses jolies filles et de beaux garçons. Il sentit une main se poser sur son épaule et tourna la tête pour sourire doucement : Ontari venait d'arriver et était ravissante. Elle portait une jupe courte en jean et un top jaune légèrement décolleté. Ses longs cheveux bruns étaient attachés en une queue de cheval haute et ses beaux yeux noisette étaient mis en valeur par un maquillage léger. La brune s'autorisa à poser deux bises sur les joues du Donati avant de saluer son groupe d'amis qui commencèrent à la dévorer des yeux elle aussi.

- Bon et si on allait jouer ? S'exclama un jeune homme du nom de Ivano.

- Oh oui ! Équipe de deux ? Ce sera plus drôle, enchérit la petite amie de ce dernier.

Ivano et sa petite amie se mirent ensemble, Vito et Oscar formèrent une deuxième paire tandis qu'Aden et Ontari se retrouvaient ensemble. Le blond se leva lorsque ce fut à son tour de jouer et hésita devant les boules de différentes tailles. Il en saisit une au hasard avant de marcher maladroitement vers la piste et de la lancer avec force. La boule tomba avec fracas sur le parquet pour glisser sur quelques mètres avant de tomber mollement dans la gouttière ce qui suscita des rires de la part de ses compagnons. Le Donati esquissa une moue gênée tout en se grattant nerveusement l'arrière de la nuque :

- Olala j'espère que tu ne comptais pas gagner avec moi dans ton équipe Ontari… S'excusa t-il.

- Tu ne sais pas jouer ? S'amusa la brune.

- Je pensais que ce serait plus simple en fait… Avoua t-il.

La Barzetti ne put s'empêcher d'esquisser un sourire amusé. Elle appréciait sincèrement la naïveté de l'héritier Donati et depuis que son frère ainé avait écarté des affaires familiales leur mère, elle commençait à croire à l'idée de vivre simplement cette amourette de jeunesse comme n'importe quelle adolescente de son âge. Aussi, c'est sans manipulation préméditée qu'elle s'approcha du blond pour choisir avec lui une boule qui lui conviendrait en fonction de sa force et de ses doigts. Cela fait, elle se plaça derrière lui, joignit son bras à celui du jeune homme et lui expliqua patiemment comment se positionner et tirer pour réussir à atteindre les quilles.

Aden fut surpris mais très à l'écoute de sa partenaire et se laissa prendre au jeu. Après deux lancers en compagnie d'Ontari, le blond attrapa vite le coup de main et put se permettre de lancer seul. Il n'était pas aussi bon que la jolie brune mais il défendit vaillamment son honneur. Les deux héritiers terminèrent deuxièmes à la première partie et se mirent à discuter gentiment en attendant que Vito et Oscar reviennent avec les pizzas et les nouvelles bières. Ivano et sa petite amie ne cessaient de se glisser des regards et caresses langoureuses non loin d'eux ce qui ne manqua pas de mettre mal à l'aise le Donati qui restait à distance raisonnable de son amie. Un silence plutôt prolongé s'installa entre les quatre jeunes. Ontari semblait s'ennuyer de la conversation de l'autre jeune femme, aussi cette dernière chuchota quelque chose à l'oreille de son compagnon qui hocha la tête avec un sourire. Le couple se leva des fauteuils en cuir ce qui surprit Aden.

- Ben vous allez où ?

- On va fumer, on revient, lui indiqua son ami.

- Ah d'accord.

- Profite mon gars, lui sourit-il avec une tape sur l'épaule, voyant qu'Ontari était absorbée par d'autres joueurs.

Le Donati piqua un fard monumental à la suggestion et n'eut pas le temps de répondre que son ami de lycée était déjà parti avec sa copine. Il se mordilla la lèvre avant de se tourner vers la belle brune :

- Tu joues vraiment bien dis-donc, tu en fais régulièrement ?

- Je venais de temps en temps avec des amies.

- C'est cool ça, moi je ne sors pas vraiment.

- J'ai cru comprendre, s'amusa t-elle en se rapprochant de lui avec douceur.

- Hm Vito et Oscar ne vont pas tarder à revenir j'imagine, dit-il l'air anxieux.

- Tu es nerveux, ça va ?

- Oui et toi ?

Ontari lâcha un petit rire à la question : le Donati était vraiment stressé au contact des filles. Son inexpérience le rendait mignon contrairement aux garçons puceaux en général. Il était très respectueux, peut-être un peu trop.

- Et si on terminait la conversation qu'on avait entamée par SMS l'autre soir ?

- Laquelle ?

- Les relations amoureuses. Tu as déjà eu une copine ?

- Hm… Oui… Enfin… J'imagine qu'en maternelle et primaire ça compte pas ? Plaisanta t-il plus pour se rassurer qu'autre chose.

- Une vraie petite amie j'entends.

- Ah…

Les joues rouges, le blond secoua la tête.

- Comment est-ce que tu me trouves ? Demanda t-elle doucement en posant une main sur celle du blond.

- Très jolie mais…

- Chut… Il ne faut pas dire mais avec une fille, lui indiqua t-elle en approchant son visage du sien.

Aden manqua un battement quand les lèvres douces de la sicilienne vinrent se poser sur les siennes. Il resta figé sur le moment et les yeux ouverts. Ontari l'encouragea à entamer un nouveau baiser ce qu'il fit doucement avant de se reculer et de secouer la tête.

- Je suis désolé Ontari… Je… Tu es vraiment magnifique et intelligente… J'aime beaucoup parler avec toi et sortir… Mais je… Je crois que je suis amoureux de quelqu'un d'autre.

La brune écarquilla les yeux de surprise à cette révélation et se recula brusquement, vexée sur le coup. Aden le sentit et lui attrapa la main pour l'empêcher de partir :

- Je t'en prie ne m'en veux pas Ontari… J'ai rencontré cette femme avant toi et j'avoue que ça m'est tombé dessus sans prévenir… Une sorte de coup de foudre.

- Cette femme ? Demanda la brune d'une petite voix.

- Elle est plus âgée que moi… Grimaça t-il.

- De combien ?

- Environ 10 ans je dirais.

- Tu ne fais pas les choses à moitié toi dis donc…

- Tu ne m'en veux pas ?

- Si bien sûr… Je pensais que tu ressentais la même attirance que j'ai pour toi.

- Désolé…

- J'imagine que tu étais trop parfait pour moi, dit-elle en haussant les épaules bien que déçue. Bon je vais y aller.

- Ontari… Souffla d'un air déçu et désolé le Donati.

Il regarda malgré lui la brune se lever et partir vers la sortie du bowling. Il grimaça en voyant revenir ses amis qui devaient sans doute les observer depuis un coin de la salle.

- Ben alors ? Demanda Ivano.

- Je préfère pas en parler, répondit le blond en se levant pour rejoindre Tristan.

Finalement il allait écourter sa soirée…


Un grand bruit d'eau qui gicle se fit entendre quand Clarke plongea gracieusement dans la piscine de la propriété Donati. Après sa douche, elle avait opté pour une baignade dans l'eau fraîche et elle n'en fut pas déçue : la température de l'eau était idéale. Elle nagea sur quelques longueurs avant de commencer à s'ennuyer ferme toute seule et sourit lorsqu'elle vit Lexa arriver, son ordinateur portable sous le bras pour s'installer sur la table en fer. La brune lui accorda un sourire avant de se concentrer sur son écran.

- Tu devrais venir, elle est vraiment bonne ! L'interpella la blonde.

- J'ai une affaire avec un gros client à régler avant demain matin Clarke, peut-être une autre fois.

- Tu travailles depuis combien de temps ?

- Comment ça ?

- À quelle heure as-tu commencé ce matin ?

- Cette nuit plutôt, je me suis levée sur les coups de quatre heures et demi.

- Il est vingt heures Lexa…

- Les affaires n'attendent pas.

- La santé non plus. Allez, viens !

Lexa secoua la tête pour signifier son refus même si elle ne put s'empêcher de sourire devant l'insistance de la belle médecin.

- Ordre de ton médecin ? Tenta Clarke.

- Toujours non, s'amusa la brune.

- Je vais vraiment songer à mouiller ton ordinateur si tu ne me rejoins pas pour une petite pause, pensa à voix haute la jeune femme.

- Tu n'oserais pas.

- C'est mal me connaître.

Clarke entama une nouvelle longueur qui ne manqua pas d'attirer l'œil intéressé de la Donati. La médecin portait un bikini bleu turquoise qui lui allait à ravir et ses cheveux lâchés et mouillés s'échappaient dans tous les sens. Après quelques minutes à l'observer discrètement pour prévoir une attaque d'eau, la brune retourna sa concentration sur son ordinateur et ses dossiers papiers. Elle était en train d'écrire quand elle reçut une gerbe d'eau sur le bras qui lui fit mordre sa lèvre inférieure sous la température de celle-ci. Elle leva un regard faussement courroucé sur la blonde qui était accoudée sur le côté le plus proche d'elle et qui attendait l'œil pétillant sa réaction.

- Toujours non ?

- Oui.

- La prochaine fois je jure de toucher ton ordinateur Lexa, la prévint t-elle.

- Un ordinateur si cher tu n'oserais pas, ce serait du gaspillage.

- Je te prêterai généreusement le mien, lui assura la blonde.

- Toujours réponse à tout Docteur Griffin, s'amusa la brune.

- Hm hm. Tu viens ?

- Clarke…

- D'accord tu l'auras voulu.

À cette réponse, Lexa eut juste le temps d'écarter son ordinateur de la table et de tourner le dos à la blonde avant de se prendre une nouvelle gerbe d'eau qui trempa son chemisier blanc, le rendant transparent. Elle retint un cri surpris face à la température plutôt fraîche malgré ce qu'affirmait la médecin. Elle secoua la tête avec une moue amusée avant de se tourner vers Clarke :

- J'espère pour toi que tu nages vite…

L'héritière rentra son matériel à l'abri pour éviter les attaques de la blonde qui continua à l'arroser autant qu'elle le put, faisant même rentrer quelques gouttes dans la maison. La brune se remontra avec son bikini noir dans lequel Clarke l'avait déjà vue et la sensation fut aussi grisante que la première fois : son cœur s'emballa et elle sentit son bas ventre se tordre devant l'envie évidente qu'elle avait face à ce corps de déesse.

Lexa s'approcha doucement du bassin et se mouilla les avants bras ainsi que la nuque avant d'entrer progressivement dans l'eau. Elle frissonna devant la fraîcheur et resta avec de l'eau jusqu'au bassin tandis que Clarke restait à distance non sans un sourire de défi.

- Attends voir que je rentre entièrement, la prévint-elle.

- Haha je vais t'aider !

- Clarke non ! S'exclama la brune en reculant mais une nouvelle gerbe d'eau vint la tremper entièrement.

Elle lâcha un cri surpris à nouveau avant d'éclater de rire.

- Clarke Griffin, tu vas passer un sale quart d'heure !

La brune plongea sous l'eau pour en ressortir à quelques mètres de la blonde qui s'était reculée par précaution. Lexa commença sincèrement à tenter d'attraper Clarke mais la blonde était plus rapide qu'elle ne l'aurait pensé. Elle finit par l'attraper et en profita pour la couler amicalement avant de finir sous l'eau à son tour quand Clarke posa avec force ses mains sur ses épaules. Leurs rires, dus à leur petite bataille amicale ne manquèrent pas d'arriver aux oreilles de Gustus qui se permit de jeter un coup d'œil peu appréciateur avant de s'éclipser vers l'avant de la maison.

Lexa réussit finalement à coincer pour de bon la blonde dans un coin de la piscine, tendant ses bras de manière à faire une diagonale et bloquer le passage à la médecin qui leva brièvement les mains en riant :

- Je me rends !

- Sage décision, sourit la brune en plongeant son regard dans celui de son amante d'une nuit.

Sa discussion avec Raven il y a quelques jours lui revint soudainement en tête, tout comme le sentiment de jalousie qui l'avait saisi en voyant Clarke près de son ex-compagnon, la sensation de sentir le corps de la blonde contre le sien sur la moto ou encore sa main sur la sienne au restaurant… Elle s'approcha un peu plus de la jeune femme qui ne recula pas contrairement à la dernière fois, au contraire Clarke la regardait droit dans les yeux en se mordillant la lèvre inférieure. La Donati amena ses lèvres à son oreille pour chuchoter avec douceur :

- J'ai une furieuse envie de t'embrasser…

D'agréables frissons naquirent le long du cou de la médecin face au chuchotement et à la proximité du corps de l'héritière. Sa conscience lui criait que ce n'était pas bien mais son moi intérieur lui au contraire, lui ordonnait de foncer, d'accepter cette emprise qu'avait la belle brune sur elle.

- Embrasse-moi, souffla simplement la blonde en approchant son visage.

Lexa ne se le fit pas répéter deux fois et céda à son envie grandissante. Ses lèvres vinrent se poser avec douceur sur celles de Cl rke pour rapidement entamer un baiser amoureux et passionné. Un gémissement d'excitation lui échappa quand elle sentit la langue de son amante glisser dans sa bouche. Les battements de son cœur s'accélérèrent et elle plaqua la blonde contre la paroi carrelée de la piscine pour coller son corps au sien et continuer à l'embrasser de manière langoureuse. Sa bouche finit par glisser le long de la mâchoire mouillée qu'elle prit plaisir à mordiller avec douceur avant de poser des chapelets de baisers le long de son cou pour atteindre son épaule. Elle sentit les jambes de la blonde caresser les siennes avant de se nouer autour de son bassin, ce qui l'excita d'avantage. L'excitation de Clarke vibrait en écho avec la sienne et la blonde ne cessait de soupirer et gémir doucement sous ses assauts.

- Je te veux, soupira la brune, la voix enrouée par le plaisir et les baisers.

- Prends-moi, gémit la médecin en frottant leurs deux bustes ensemble.

Tout en entamant un nouveau baiser affamé, la main droite de Lexa plongea sous l'eau pour aller se glisser sous la ficelle du bikini turquoise tenant le maigre tissu sur les hanches de la blonde. Ses doigts n'eurent aucun mal à trouver le bourgeon de plaisir caché et commencèrent à entamer des mouvements amoureux dessus qui firent trembler rapidement son amante entre ses bras qui s'accrocha avec force à sa nuque pour soupirer à son oreille à quel point elle aimait qu'elle la caresse ainsi à travers des gémissements et des paroles entrecoupés. L'héritière termina par glisser à l'intérieur du jardin secret de la blonde et bien qu'elles étaient en train de faire l'amour dans sa piscine, l'humidité de Clarke n'avait vraiment aucun rapport avec l'eau parsemée de petites vagues dues à leurs mouvements langoureux. La blonde était mouillée d'excitation et Lexa glissa trois doigts avec une facilité sans nom pour commencer des va et vient lents afin de faire monter la frustration de son amante qui se cambra contre elle en gémissant bruyamment.

- Plus vite… Souffla t-elle entre deux baisers.

- Je n'ai pas envie d'aller plus vite, il va falloir patienter Clarke, l'informa Lexa, joueuse.

Elle vit la blonde se mordre la lèvre de frustration, aussi s'appliqua t-elle dans les minutes suivantes à faire monter crescendo son excitation à travers ses caresses lentes et profondes. Rapidement, les gémissements de la médecin devinrent plus audibles et sonores à l'approche de son orgasme. Lorsque celui-ci arriva, le corps de Clarke fut pris de tremblements qui l'obligèrent à s'accrocher avec encore plus de force à son amante pour ne pas couler sous l'eau. Lexa alla chercher la bouche de la blonde pour avoir le plaisir d'accueillir les gémissements sonores dans la sienne.

Alors que la médecin semblait avoir du mal à reprendre ses esprits malgré les doux baisers de l'héritière contre son visage, toutes deux étaient loin de l'idée d'être actuellement observées par Artigas qui, en faisant sa patrouille autour de la propriété, avait détecté des bruits plutôt étranges et suspects venant de la terrasse. Caché derrière un palmier plutôt épais, il était absorbé par les deux jeunes femmes en train de faire l'amour de manière délicieuse depuis une dizaine de minutes. Il sursauta en sentant une ombre se dessiner à ses côtés et n'eut pas le temps d'esquiver la claque monumentale que lui infligea Gustus à l'arrière du crâne.

- Monsieur Gustus ! Chuchota t-il mal à l'aise, en se tenant la tête à cause de la douleur.

L'homme de main semblait furieux et commença à lever le poing pour lui infliger une correction bien méritée pour un tel affront mais Artigas se redressa et se tint prêt à encaisser le coup.

- Je le mérite, vas-y. Jamais je n'aurais dû profiter de l'inattention de Dona pour l'observer en cachette. J'assumerai jusqu'au bout ma faiblesse d'homme.

Les yeux de Gustus se plissèrent à l'aveu solennel et son poing se baissa. Un frisson agacé s'empara de lui quand il entendit de nouveaux gémissements venant des deux jeunes femmes, aussi désigna t-il le chemin menant à l'avant de la propriété.

- Avance on va aller aider Anya dans la collecte de taxes.

- Bien Monsieur.

Artigas resta fixé sur place, soufflant :

- Elles sont sacrément belles quand elles font l'amour n'empêche…

Une nouvelle claque termina la phrase un peu trop téméraire du jeune adolescent qui grogna de douleur.

- Si tu dis quoique ce soit de ce que tu as vu, je te coupe la queue. C'est clair ?

- Oui Monsieur.

- On y va.

- Hm… Marmonna Artigas.

- Quoi ?

- J'ai un petit…

- Je te jure que si je vois un seul angle bizarre dans ton froc je te la coupe tout de suite et je la donne à manger aux chiens.

- Ça n'arrivera pas Monsieur Gustus… Répondit d'un air effrayé le jeune homme en se forçant à marcher normalement malgré son érection qu'il cacha en marchant mains liées devant son bassin.


Clarke avait finalement repris ses esprits après l'orgasme que lui avait donné la Donati. Elle avait bien commencé à jouer de ses doigts sur le sexe de son amante mais elle voulait la goûter et elle n'arrivait pas à retenir sa respiration puis ouvrir la bouche pour jouer de sa langue assez longtemps. Après une énième tentative, la frustration prit le dessus et elle tira brusquement Lexa vers l'escalier permettant de sortir de la piscine pour l'enlacer à l'extérieur de l'eau et lui voler un baiser langoureux auquel répondit l'héritière sans hésitation. Elle la fit reculer à travers le salon malgré qu'elles soient trempées pour finalement aviser le frigo américain et pousser brusquement la brune contre la porte.

Tandis que ses doigts tiraient sur la ficelle tenant le haut du bikini, ses lèvres, elles, commencèrent à s'attarder sur ses seins mouillés et enfin nus. Elle engloba avec appétit le sein gauche pour le sucer et mordiller la pointe érigée, arrachant à la brune un gémissement de plaisir qui fut rapidement suivi par d'autres. Clarke vint lui murmurer à l'oreille :

- L'autre fois… Quand tu t'es penchée pour attraper quelque chose à l'intérieur du frigo… Je n'avais qu'une envie, c'était de te faire l'amour brutalement contre, lui avoua t-elle.

Sa main droite vint claquer avec ardeur la fesse de la Donati qui sursauta de surprise mais ne protesta pas devant le geste.

- Tourne-toi, ordonna la blonde.

Lexa, la gorge serrée, s'exécuta en silence.

- Tu vas te pencher en avant et écarter les jambes. Si tu as besoin de te tenir, utilise les poignées. Je t'interdis de bouger de ce frigo, c'est compris ?

La Donati hésita à cet ordre malgré l'excitation la rongeant. Elle avait confiance en Clarke mais ce qu'elle lui demandait là était quelque chose qu'elle n'avait jamais fait. Elle s'était contentée dans ses précédentes relations d'utiliser des positions simples dans un lit en général. Un court instant, elle pensa à ce que dirait Gustus s'il la voyait dans une position de soumise mais la claque mordante sur la fesse que lui infligea la blonde la ramena vite à la réalité. Elle attrapa les poignées du frigo et se pencha en avant tout en écartant les jambes, offrant par cette position son sexe rosé bien à la vue de la blonde qui s'approcha d'elle. Clarke frotta son bassin contre les fesses de la brune qui frissonna d'excitation, profitant de la position pour aller parcourir le dos fin de ses mains et lèvres.

- Tu es magnifique… La complimenta la médecin en détaillant dans son esprit chaque détail du corps de la brune offerte à elle.

Sans attendre plus, elle glissa un doigt à l'intérieur du sexe de la Donati qui se tendit un court instant. Clarke retira son doigt pour le glisser dans sa bouche et souffler de plaisir.

- Tiens-toi bien, lui rappela t-elle d'un ton autoritaire.

Lexa n'eut pas le temps de demander pourquoi que le bas de son bikini était déjà au sol tandis que les mains de Clarke avaient saisi fermement son bassin pour lui bloquer toute possible fuite. La langue inquisitrice de la médecin commença à la fouiller avec appétit ce qui la fit se redresser légèrement mais une claque sur la fesse lui rappela de rester tranquille. Les sensations étaient différentes et effrayantes, son corps lui échappait totalement sous les fouilles insistantes. Ses jambes se mirent à trembler violemmentaprès plusieurs minutes alors qu'elle ne retenait plus ses gémissements sonores. Ses bras commençaient à fatiguer à se tenir comme elle le pouvait au frigo pour satisfaire l'appétit de son amante.

- Clarke, je glisse… Supplia t-elle en se retenant une nouvelle fois malgré son épuisement.

Ses pieds mouillés et le carrelage trempé ne l'aidaient en effet pas vraiment à tenir la position plutôt sportive dans laquelle la blonde l'avait entraînée. Il était si difficile de se concentrer physiquement et psychiquement mais la sensation était si grisante… Elle tressauta en sentant Clarke la pénétrer une nouvelle fois de sa langue avant de sentir ses doigts en elle. Sa respiration déjà saccadée s'accéléra en sentant la vague de plaisir l'envahir brutalement. Ses jambes cédèrent sous le tsunami intérieur la consumant et elle sentit une jambe de Clarke se caler entre les siennes pour l'aider à tenir debout et profiter de son orgasme.

- Viens là… Souffla la blonde en la faisant se retourner pour l'embrasser une fois les tremblements calmés chez la brune.

Malgré la fatigue, Lexa entama un baiser amoureux avec son amante et se laissa guider vers le canapé sur lequel elle bascula lourdement accompagnée de Clarke qui continua à la caresser et se frotter contre elle avec envie. La Donati laissa échapper un petit rire :

- Tu en veux encore ?...

- Je suis affamée… Avoua la blonde avec un sourire en allant frotter son nez contre son vis-à- vis.

- Laisse-moi reprendre ma respiration et le contrôle de mon corps… Je comblerai ta faim.

- Ça me va, souffla la médecin en continuant à poser de doux baisers sur la peau bronzée de l'héritière.


Les rues de Syracuse étaient d'un calme plutôt étrange pour un vendredi soir. Anya attendait patiemment près de son SUV noir que Gustus et Artigas la rejoignent. Elle avait reçu un appel de son amant pour l'informer qu'il souhaitait former leur nouvelle recrue pour la récolte de la taxe mafieuse. Comme elle était seule du fait que Tristan devait chaperonner Aden, elle n'avait pas refusé et au final cela l'arrangeait car depuis quelques jours elle ne se sentait pas très bien : maux de ventre plutôt tenaces.

Elle vit arriver le SUV gris avant de reconnaître le Giordano qui affichait une mine plutôt sombre. Artigas semblait comme à son habitude, plutôt jovial bien qu'il marchait bizarrement. Elle sourit affectueusement quand son compagnon passa une main autour de sa taille pour ensuite lui déposer un chaste baiser sur la joue.

- Ça va ?

- Hm, toujours ces maux de ventre. Ça passera j'imagine.

- Une intoxication sans doute. Si tu veux te reposer, Artigas et moi pouvons prendre le relais.

- Ça ira, indiqua t-elle en se mettant en marche vers le premier commerce.

Patiemment, les deux mafieux transmirent leurs connaissances à Artigas et l'incitèrent à aller réclamer la taxe auprès des commerçants. La plupart ne rechignèrent pas à payer contrairement à l'un d'entre eux à qui le jeune dû casser le bras pour l'obliger à céder sous le regard observateur de Gustus.

Alors qu'Artigas récupérait finalement le double de la taxe auprès du récalcitrant, l'œil d'Anya fut attiré par une silhouette connue : grand et musclé, le crâne rasé, elle aurait reconnu entre mille Quint, l'homme de main fétiche des Barzetti. Ce dernier marchait cigarette en bouche en compagnie de son collègue Diego sans doute pour préparer un sale coup sur le territoire des Donati. La mafieuse sans le perdre des yeux, appela son amant :

- Gustus… Tourne-toi et regarde côté marchand de glaces.

Le grand brun s'exécuta et ne manqua pas leur cible. Il échangea un regard silencieux avec son amante avant de se séparer d'elle et de couvrir une des possibles rues que pouvait emprunter Quint en fuyant. Anya indiqua à Artigas d'aller se poster dans une autre tandis qu'elle faisait front vers le mafieux, une main sur son arme.

- Hep ! Appela t-elle

Quint se tourna à l'appel et blêmit immédiatement en reconnaissant la Zanetti. Sans hésiter plus, il se mit à courir avec son collègue pour lui échapper, se retrouvant rapidement face à Gustus qui se craqua les poings.

- Bordel ! Grogna t-il avant de repérer une porte de service d'un restaurant dans la ruelle.

Il se jeta dessus pour entrer brutalement dans la bâtisse poursuivi par les deux mafieux. À eux trois, ils créèrent une panique générale à l'intérieur des cuisines du petit restaurant : sautant par-dessus les plans de travail ou renversant les chariots et autres outils de cuisine. Diego termina sa course dans une étagère de victuailles après un lancer de casserole plutôt maîtrisé de la part d'Anya. Quint attrapa un couteau de cuisine et le lança en arrière avant de filer par la porte menant à la salle de restaurant. Gustus l'évita de justesse avant de se jeter à sa poursuite, suivi d'Anya qui semblait avoir du mal à suivre étonnamment.

L'homme de main des Barzetti réussit à s'enfuir par l'entrée principale et s'engouffra rapidement dans une ruelle adjacente pour tenter de semer ses deux ennemis mais Gustus et Anya étaient bien décidés à le coincer ce soir. Ils terminèrent leur course derrière des voitures stationnées et commencèrent à échanger des coups de feu qui ne manquèrent pas d'effrayer les touristes et autres habitants de sortie dans les parages.

Anya profita que le mafieux recharge son arme pour changer d'angle d'attaque mais elle n'avait pas vu que Quint profitait de la vue d'un miroir de signalisation qui afficha clairement le mouvement de la fausse blonde. Il se dépêcha de remettre son chargeur pour viser et tirer au moment où son ennemie grimaça de douleur sous une nouvelle crampe au ventre.

Le coup de feu partit et Anya eut juste le temps d'écarquiller les yeux et de sentir qu'on la plaquait au sol. Le choc fut rude et la sonna mais elle réussit à se redresser assez vite. Gustus était à côté d'elle et se redressa rapidement lui aussi, la mine inquiète.

- Est-ce que ça va ?! Demanda t-il.

- Oui je… Je sais pas ce que j'ai eu putain !...

Comme aucun nouveau coup de feu ne partait, les deux mafieux se permirent de lever les yeux pour vérifier la position de Quint mais ce dernier avait disparu. Il s'était de nouveau volatilisé.

- Fait chier bordel ! Ragea la mafieuse.

- C'est pas grave, le principal c'est qu'on ait rien. Tu m'as fait peur bon sang. Il aurait pu te tuer avec ce miroir !

- J'y ai pas pensé… Ce foutu mal de ventre accapare toutes mes pensées.

- Hm.

Les yeux de la mafieuse s'écarquillèrent soudainement en voyant le tissu blanc de la chemise de son amant se teinter de rouge au niveau de son bras gauche.

- Gustus ! Tu saignes ! S'exclama t-elle.

Le Giordano baissa le regard sur son bras. Il avait senti un picotement mais la peur qu'il avait éprouvé pour Anya l'avait occulté. Il déchira la chemise pour regarder sa blessure : ça n'avait pas l'air trop profond et la balle n'était pas logée dans sa chair à vue d'œil.

- C'est rien. Allez on rentre.


Alors ce chapitre 10 ? J'espère qu'il vous a plu ! N'oubliez pas de me laisser votre avis habitués comme nouveaux, ce sera avec plaisir que je vous lirai et répondrai !

Pour ceux qui ne l'ont pas vu, mon nouvel OS Salle 186L est en ligne depuis une petite semaine et demi maintenant !

Je pense rester sur le rythme d'un chapitre toutes les deux semaines pour le moment. Encore un immense merci à doubi et MagRd, ils le méritent ces tous fous ! À la prochaine :)

PS : La scène du frigo est un caprice de MagRd, il ne devait y avoir que la piscine à la base xD