Heey ! Me revoilà avec le chapitre 11 ! J'espère que vous allez bien ? :D Désolée pour le retard, weekend chargé, j'espère que la plupart a pu voir sur mon profil le message avec l'info pour le retard haha... Merci pour vos reviews, follows, favs, vous me donnez le sourire chaque jour ! J'ai vu que vous aviez aimé le caprice de MagRd... Malheur elle a pris ses aises maintenant ! Je bataille dur pour pas lui céder :P

Guest : Merci pour ton retour ! Haha le réchauffement climatique carrément ! xD Et oui Clarke a échangé les rôles mais bon, elles sauront partager héhé :D Haha pour Anya... Je te laisse découvrir ce qui lui arrive dans ce chapitre ! Aden/Clarke/Lexa hm ouais ça va péter ! :P Un feeling avec Ontari ? Mais c'est super ça, ne t'inquiète pas, je n'en ai pas fini avec elle !

MaraCapucin : Merci pour ton retour ! Je t'ai reconnu grâce à ta signature en allemand :) Contente que la scène de fin t'ait plu et non c'est plus qu'un coup de coeur pour notre Aden :D

Ewilian : Merci pour ton retour ! Haha il ne faut pas être déçue pour Raven, rien n'est perdu ! Vraiment top si le resto clexa t'a plu :D Une conversation sur le futur de leur relation ? Oui ça arrive tout doucement, elles tâtonnent pour le moment, je te laisse le découvrir :) Et oui Aden va y avoir des étincelles avec sa soeur le jour où ça va être révélé...

Guest : Merci pour ton retour et tes compliments ! Ça me fait très plaisir ! Ravie que la longueur te plaise, je fais vraiment au feeling mais c'est vrai que depuis trois-quatre chapitres on tourne sur du 20-21 pages sur Word :)

Micro : Merci pour ton retour ! :D Ah quel beau compliment que tu m'as fait là ! Lire la fiction le matin au petit déj c'est super ! :D Je suis bien contente que le chapitre t'ait plu dans son ensemble ! La relation entre Lexa et Raven est sympa à exploiter, j'espère continuer sur la lancée ! Haha le Octaven hein... Ne vous inquiétez pas Raven ne lâcha pas l'affaire si facilement :P Sinon oui Lexa a le cul entre deux chaises au sujet de dire ou non la vérité à Clarke qui est à 10 000 km de l'idée que son amante est liée à la Mafia ;P Aden haha... Vous verrez... :D Pour Anya je vous laisse découvrir dans ce chapitre ce qu'il en est de son état de santé pas terrible du moment :) Aaah oui piscine et frigo deux en un en effet... Merci MagRd pour m'avoir harcelé pour ce maudit frigo haha mais ça va je me suis bien amusée à écrire la scène ;P Merci en tout cas pour ta fidélité et tes compliments, ils me réchauffent le coeur !

Allez je vous souhaite une très bonne lecture. Merci à doubi et MagRd qui ont tracé de nouveau pour la relecture !


Chapitre 11 : Entre guerre et paix


Allongée sur le côté, Lexa avait les yeux ouverts depuis environ deux heures et elle ne se lassait pas de détailler le visage de la belle blonde endormie avec qui elle avait passé la nuit à faire l'amour de manière passionnée. Clarke dormait profondément, sa tête contre l'un des coussins du canapé gris, seulement recouverte d'un plaid léger qu'elle partageait avec l'héritière. Ses iris verts ne cessaient de partir des cheveux blonds, descendre le long du visage pour arriver jusqu'à son épaule dénudée qui tout comme sa poitrine, se soulevait au rythme de sa respiration.

Clarke commença à remuer après un certain temps, ouvrant difficilement un œil encore collé de sommeil et la première vision qu'elle eut, fut magnifique : Lexa l'observait avec ses émeraudes de ce vert si pur et avec le sourire rayonnant et doux qu'elle avait eu lors de leur première nuit. Les battements de son cœur s'accélérèrent aussitôt aux souvenirs encore frais de la soirée et nuit passées ensemble.

- Bonjour… Souffla t-elle la voix embrumée de sommeil.

- Bonjour Clarke, sourit la brune en caressant d'un doigt léger la joue de son amante.

- Tu es réveillée depuis longtemps…?

- Une heure, peut-être deux ou trois… Je n'ai pas vraiment regardé…

- Tu aurais dû me réveiller, grommela légèrement la blonde ce qui amusa aussitôt la brune.

- J'étais trop occupée à te regarder… Lui confia la Donati.

Les joues de la médecin devinrent rapidement roses à la confidence et elle ne put s'empêcher de faire une moue ensommeillée et gênée.

- J'espère que la vision valait le coup pour résister à l'idée de dormir quelques heures de plus.

- Tu n'imagines pas, sourit Lexa.

Leurs deux regards s'accrochèrent l'espace d'un instant avant que la brune ne pose ses lèvres sur l'épaule dénudée de la blonde. Avec une douceur sans nom, elle remonta lentement dans le cou de son amante, lui arrachant quelques frissons agréables tandis que sa main venait à s'inviter sous le plaid pour aller caresser chastement le ventre plat de la médecin. Clarke commença à remuer sous la couverture aux caresses initiées et son regard azur s'alluma d'une étincelle uniquement réservée à l'héritière.

- Si j'allais te préparer ton petit-déjeuner ? La taquina t-elle.

La question fit sourire de plus belle Lexa qui bascula la blonde sous elle, approchant ses lèvres pour chuchoter :

- C'est déjà fait…

Un gloussement échappa à la blonde qui remua légèrement sous elle quand la brune vint attraper délicatement ses lèvres pour entamer un baiser amoureux. La Donati descendit ensuite lentement le long du corps de Clarke pour se perdre entre ses magnifiques jambes et faire soupirer de plaisir la belle américaine en ce début de matinée.


Une partie de l'équipe de la cellule anti-mafia avait quitté la ville de Syracuse depuis quarante huit heures déjà. Grâce à l'aide d'autres brigades policières ainsi que plusieurs témoignages, ils avaient réussi à repérer le possible lieu où se cacherait le principal suspect pour l'affaire du casino Di Barzetti : Sébastian Battaia. Le plus gros de la route avait été fait en voiture mais à présent, Bellamy, Zoe, John, Gina, et Atom grimpaient en compagnie d'autres collègues de la province d'Agrigente le long de plusieurs sentiers pour rejoindre les hauteurs du Monte Delle Rose. Le suspect avait été aperçu par des touristes en randonnée trois jours auparavant et le Capitaine Blake avait pris toutes les précautions nécessaires afin de ne pas l'alerter de leur arrivée, aussi avait-il décidé de faire l'ascension de nuit.

Le jour commençait à peine à pointer le bout de son nez quand Bellamy s'arrêta pour boire dans sa gourde hermétique. John en profita pour l'approcher et le provoquer légèrement :

- J'ai une petite soif aussi, tu permets ?

- T'as ta gourde Murphy, répondit froidement le brun.

Le visage de John s'assombrit légèrement au ton sec de son supérieur.

- Tu comptes m'expliquer un jour pourquoi tu veux plus qu'on se voit ou quoi ? Ça fait presque deux semaines !

- La ferme, tu es en mission pas en promenade de santé, le rabroua le Blake alors que des collègues d'Agrigente les dépassaient.

- T'es vraiment qu'un connard. Tu le sais ça ?

- Je t'ai jamais rien promis, arrête de me prendre la tête.

- Tu m'as rien promis oui mais ça n'empêche pas le fait que tu sois qu'un sale pédé refoulé qui aimait me prendre le cul dans les archives ou se faire sucer la queue aux chiottes !

Le Blake perdit soudainement son sang-froid à cette vérité cinglante et attrapa brusquement le col de la tenue d'intervention de son amant.

- Ferme ta gueule et reste à ta place ou je te fous une mise à pied pour insubordination c'est clair ?

- C'est ça… Grogna Murphy en se détachant du grand brun, tremblant de rage et de douleur. Je demande que des explications putain… C'est si compliqué que ça ? J'ai fait quelque chose de mal bordel ? Bellamy !

- J'ai rencontré quelqu'un, répondit le brun, exaspéré.

- Quelqu'un ? S'étonna son collègue.

- Oui, une femme et elle me plaît.

- Elle est au courant que tu aimes te faire enculer et sucer par des mecs ?

- Oui, grogna Bellamy.

Murphy ouvrit la bouche de surprise :

- Et c'est vraiment sérieux ?...

- C'est parti pour.

- C'est elle qui…

- Non, c'est moi.

- Je vois.

Le policier serra les dents, contracta les épaules et se remit en marche pour échapper à l'envie de frapper son supérieur. Malgré lui, la relation sauvage qu'il entretenait avec Bellamy lui plaisait plus qu'elle ne l'aurait dû. Il savait évidemment que le Blake n'acceptait pas son homosexualité et qu'il serait compliqué de le faire changer à ce niveau-là et que leur relation entre collègues dans la même brigade d'intervention n'avait pas d'avenir mais au-delà de ça, Bellamy lui avait fait découvrir un autre volet de sa personnalité : derrière ses airs de grand dur, d'accro au travail, de super coup au lit, il était bon cuisinier, plein d'humour et passionné par le 7ème art. Il avait cru l'espace de quelques mois que le brun finirait par franchir le pas pour se stabiliser avec lui mais visiblement, cette « femme » venait de tout foutre en l'air et de remettre à zéro le Blake concernant l'acceptation de sa sexualité. Il pensa un instant par haine à l'idée que la nouvelle petite amie de son ex-amant devait être un transsexuel : comment une simple femme pouvait-elle réussir à satisfaire la faim et la rage souvent trop débordante du brun ?

- Murphy, en place ! Le rappela Bellamy en se stoppant derrière des buissons épais.

John obéit, se replongeant aussitôt dans la mission. Le Capitaine de la cellule anti-mafia contacta un à un ses collègues pour vérifier que la petite maison en pierre installée près d'une bergerie abandonnée était bel et bien encerclée. À l'intérieur, depuis une fenêtre, une petite lumière vacillait, signe que quelqu'un habitait ici.

Index et majeur joints, Bellamy donna le signal à ses hommes d'avancer stratégiquement en parallèle des unités de la province. Tout se passa très vite. Au feu vert du Blake, Atom donna un grand coup de pied dans la porte et cria :

- Police ! Ne bougez plus, les mains sur la tête !

Sa collègue Zoe le couvrit tandis qu'il entrait arme à la main pour fouiller la petite bâtisse qui semblait vide sous l'absence de réaction d'un possible habitant.

- RAS ! Hurla le jeune homme.

Zoe avança prudemment pour observer l'intérieur et remarquer un désordre qui ne signifiait qu'une chose : leur suspect était encore là il y a peu et avait dû les repérer depuis les hauteurs malgré leurs efforts pour rester discrets.

- Il est dans la zone Capitaine !

- Vite, lâchez les chiens ! Ordonna le Blake dans son talkie-walkie.

Un agent apporta un vieux chiffon trouvé sur la table portant possiblement l'odeur du dernier occupant pour le faire renifler aux bergers allemands de la police locale. Rapidement, les bêtes se mirent à tirer durement sur leurs laisses pour se diriger au pas de course vers le chemin qu'avait emprunté Sébastian pour fuir. C'est dans une descente que Bellamy le repéra, traîné à moitié par le chien que l'on lui avait confié.

- BATTAIA ! Hurla t-il. POLICE ! ARRÊTEZ-VOUS C'EST UN ORDRE !

Mais l'homme continua à courir, ne se retournant même pas. N'y réfléchissant pas plus, le brun détacha la laisse et ordonna en désignant la cible au berger allemand :

- Attaque !

L'animal, obéissant à l'ordre, se mit à courir à toute vitesse dans la descente plutôt raide, suivi de Bellamy et d'autres agents. Sébastian se retourna en entendant les grognements et souffles du chien se rapprocher de lui ce qui le perdit : le berger après avoir pris son élan sauta avec violence sur l'homme. Sa mâchoire se referma sur son avant-bras quand un coup de poing partit pour le repousser ce qui arracha un cri à sa victime. Bellamy arriva le premier et fit reculer le chien, son arme pointée sur cet homme blond plutôt trapu qu'il fit relever.

- Sébastian Battaia, au nom de la loi je vous arrête !

Après avoir repris sa respiration, Bellamy récita chaque chef d'accusation retenu à l'encontre du sicilien qui garda le silence et n'opposa aucune résistance supplémentaire quand il lui passa les menottes. Après un regard commun empli de fierté et de soulagement, les agents se remirent en route vers un point de rendez-vous où des véhicules venaient les récupérer et les ramener vers le commissariat de la ville la plus proche.


Anya descendit les grands escaliers en marbre de la maison d'Aden Donati avec souplesse, rejoignant rapidement la cuisine où sa mère était déjà installée devant les fourneaux. Elle lui déposa une bise rapide sur la joue tout en la saluant :

- Bonjour Maman !

- Bonjour ma poupette, bien dormi ?

La mafieuse grimaça au surnom affectueux mais se contenta d'acquiescer à la question plutôt que de bondir de bon matin sur une remarque agressive.

- Comment va ton ventre ?

- Mieux. Ces aigreurs d'estomac étaient vraiment monstrueuses…

- Hm hm ! En tout cas ça ne vient pas de ma cuisine c'est sûr ! Tu devrais dire à Gustus d'arrêter de t'emmener dans son bouiboui qui ne sait faire que des calamars frits !

La Zanetti ne put s'empêcher de sourire à la remarque.

- Ce n'est pas faux. Je n'avais pas pensé que ça pourrait être ça…

- Évidemment que c'est ça ! Moi tous mes produits sont frais du jour ! Je vais les acheter au marché ou au…

- Je sais Maman, ne t'en fais pas. On mangera un peu plus souvent ici si c'est ça que tu veux me faire comprendre.

- À la bonne heure ! Sourit Cécilia, enthousiaste. Ce soir ?!

- C'est un peu tard pour prévoir un dîner ce soir mais…

- Gustus se débrouillera, c'est un brave garçon ! Tiens, sens moi ça ma belle ! Ordonna la vielle femme en soulevant un couvercle d'une cocotte où semblait mijoter un plat à la sauce tomate.

Anya se pencha doucement pour humer l'odeur qui fut agréable au premier abord mais rapidement elle sentit son ventre se tordre et un haut le cœur la prendre. Elle tenta bien de le retenir mais celui-ci fut trop violent et elle eut tout juste le temps de vomir de la bile dans l'évier sous le regard étonné de sa mère.

- Ça ne sent pas bon ?! J'ai raté ?! S'inquiéta t-elle en humant à son tour son plat.

- Hm non, excuse-moi, ça sent très bon… Je ne sais pas ce que j'ai en ce moment. Je suis plus courbaturée que d'habitude, les aigreurs d'estomac viennent et repartent, j'ai des hauts le cœur…

Le regard noisette de Cécilia s'illumina soudainement devant la liste de symptômes que lui faisait sa fille. Elle l'observa quelques instants : Anya était une grande jeune femme, plutôt fine aussi n'était-il pas si évident de voir un changement physique flagrant chez elle. La mafieuse après s'être rincée la bouche, était allée se servir un verre de jus d'orange puisque l'odeur du café l'avait aussi fait reculer.

- Tu ne me porterais pas un petit-fils par hasard ?! Suggéra d'un air très excité sa mère.

La fausse blonde manqua de s'étouffer à cette idée et posa son verre si fort dans l'évier qu'il se brisa.

- Merde ! Qu'est-ce que tu racontes Maman ! S'indigna t-elle.

- Pas de secrets pour ta Maman ma poupette ! Gustus et toi êtes en train d'essayer ? Dis-moi tout !

Le peu de sourire qui s'était installé sur le visage de la Zanetti en pensant à une taquinerie de la part de sa mère avait disparu : non elle et Gustus n'essayaient pas d'avoir un enfant et pour cause, le Giordano dans sa jeunesse avait fait le choix de subir une vasectomie afin de ne pas être ennuyé par le problème des enfants. C'était totalement irréaliste !

- Je dois aller faire quelques courses avant d'entraîner Aden. Préviens Tristan pour moi, d'accord ?

- Tu ne manges rien ?

- Non, je n'ai pas faim.

La mafieuse fila à toute vitesse à travers le salon pour rejoindre la porte d'entrée et partir avec son SUV noir à la pharmacie la plus proche.


Les mains tremblantes, Anya attendait le résultat du test de grossesse qu'elle venait de faire mais pour elle, il n'y avait pas de raison de paniquer : Gustus lui avait assuré qu'il ne pouvait pas avoir d'enfants il y a longtemps au moment où la question de la protection avait été abordée entre eux ce qui l'avait bien arrangée car de une, elle n'en voulait pas et de deux, exit la pilule ou tout autre moyen de contraception désagréable et contraignant.

Elle patientait donc, le test posé sur le plan de travail de la salle de bain tout en faisant les cent pas dans la pièce, la gorge serrée. Lorsqu'elle tourna de nouveau le regard sur le test, elle sentit son monde s'écrouler brutalement : le résultat était positif, elle était enceinte de Gustus.


Une bonne odeur de pain grillé avait envahi la cuisine. Clarke et Lexa étaient toutes deux douchées et habillées en ce début de matinée et avaient bien du mal à se lâcher du regard.

- J'aurais pu commander des croissants, souffla l'héritière à l'oreille de la blonde qui alignait soigneusement sur un plateau ses morceaux de pain dorés.

- Les croissants sont très bons, mais ils sont aussi gras et sucrés. Une prochaine fois peut-être, sourit la médecin.

La remarque fit rire doucement la belle brune. Elle ne savait mettre beaucoup de mots actuellement sur sa relation avec la belle américaine mais une chose était sûre : si plus jeune elle s'était promise de rester loin du corps médical, elle faisait aujourd'hui tout l'inverse en ayant une relation amoureuse avec sa médecin de famille. Elles s'installèrent sur la terrasse, profitant déjà de la douce caresse du soleil. Si Clarke avait passé un vieux short en jean et un débardeur des plus simples, Lexa elle, avait opté pour un de ses éternels tailleurs.

Clarke commença à tartiner quelques morceaux de pain avec du beurre allégé et un peu de confiture de groseille, tendant la tartine à son amante qui l'attrapa après avoir posé son paquet de cigarettes sur le côté de la table :

- Merci.

- Tu fumes le matin ? Demanda la blonde.

- En général oui, acquiesça Lexa.

- Je crois qu'on va commencer la désintoxication alors ! Sourit la médecin en se levant pour entrer de nouveau à l'intérieur.

Lexa se redressa sur sa chaise, curieuse de ce qu'allait faire la jeune femme. Elle entendit distinctement le bruit du mixeur de Cécilia pendant plusieurs minutes avant de voir revenir Clarke avec deux grands verres remplis d'un liquide verdâtre qui lui fit froncer les sourcils.

- Voilà un jus détox qui te fera du bien !

- Un jus « détox » ? Interrogea la brune, sceptique en attrapant son verre.

- Celui-là est fait pour éliminer les toxines, parfait pour ton problème de cigarette.

- La cigarette n'est pas vraiment un problème de mon point de vue.

- Il va le devenir sur le long terme, lui assura la blonde.

Une moue sur les lèvres, la Donati amena le verre sous ses narines pour tenter de deviner à travers l'odeur, les ingrédients de cette mixture peu ragoutante et ce qu'elle sentit ne lui donna pas du tout envie de boire son contenu. Elle ne put s'empêcher une grimace.

- Qu'as-tu mis là-dedans ?

- Je te le dirais une fois que tu auras bu.

- J'imagine que ça ne doit pas être très plaisant si tu ne veux pas le dire tout de suite, s'amusa l'héritière.

- Allez Lexa, essaye, sourit la blonde.

Le sourire de Clarke sembla décider la belle brune qui amena prudemment le verre à ses lèvres. Le liquide était plutôt amer bien qu'accompagnée d'une saveur de pomme en arrière-goût. Après une gorgée, Lexa se retint de grimacer pour ne pas vexer son amante qui la fixait d'un œil brillant. Elle avala malgré elle ce qu'elle avait dans la bouche avant de poser le verre sur la table.

- C'est particulier comme mélange… On aurait dit de la pomme et du concombre…?

- Rajoute des épinards, un peu de laitue et du céleri !

- Je vois.

- Il faut tout boire pour que ça fasse effet.

- Effet sur quoi ?

- Ce jus élimine les toxines de l'organisme, parfait pour la cigarette n'est-ce pas ?

- J'imagine…

Un miaulement les sortit de leur conversation : Racoon revenait visiblement d'une promenade matinale dans les alentours. Dans ses poils blancs et noirs, quelques petites feuilles ou autres saletés s'étaient installées. Clarke se leva aussitôt de sa chaise pour attraper le chat et le gronder :

- Dis donc toi, tu te transformes en vagabond ! Tu étais où hier soir ?

Le félin ne lui répondit que par un petit miaulement aigu en frottant sa tête contre le cou de sa maîtresse qui sourit. Clarke se tourna vers Lexa :

- Je vais le brosser pour qu'il ne salisse pas la maison, ça ne te dérange pas ?

- Non, je t'en prie, ça me laissera le temps pour boire ton jus « détox ».

Elle vit la blonde disparaître avec son chat dans les bras. Elle vérifia prudemment que Clarke avait bel et bien disparu vers le premier étage et entra dans sa cuisine avec son verre de jus pour le vider dans l'évier. Décidément, cette mixture était vraiment imbuvable mais elle ne voulait pas vexer son amante après ce début de relation plutôt parfait. Elle vérifia bien que l'évier n'était pas bouché à cause de l'épaisseur et rinça le verre qu'elle laissa à tremper.

En retournant s'asseoir, elle aperçut Gustus qui lui fit un signe poli de tête avant de le voir disparaître vers l'avant de la maison. Le brun semblait contrarié et elle n'eut aucun mal à comprendre pourquoi. Il lui fit signe qu'ils devaient parler lorsqu'elle serait disponible. Hier, elle n'avait aucunement ralenti ou contrôlé leurs ébats… Nul doute que son fidèle homme de main avait dû entendre une bonne partie. Elle ferma les yeux pour tenter de réfléchir calmement à la situation mais le visage de la belle américaine ne cessait de lui revenir en tête et elle n'avait qu'une envie : foncer vers l'étage pour lui prouver qu'elle ne voulait plus jamais qu'elle parte loin d'elle.

Elle fut sortie de ses pensées lorsque les chiens aboyèrent mais se tranquillisa rapidement quand le silence fut revenu : sans doute était-ce un autre homme de main.


Anya gara négligemment le SUV dans la cour de la propriété de sa Dona. Elle sortit de la voiture, ordonna hargneusement aux chiens de s'écarter d'elle avant de chercher son amant qu'elle trouva en pleine discussion avec Artigas qui semblait fatigué.

- Artigas. Gustus, salua t-elle froidement.

- Anya ? S'étonna le Giordano.

- Il faut qu'on parle.

Le sicilien fronça les sourcils à cette phrase et indiqua à sa jeune recrue qu'il pouvait partir se reposer. La nuit avait été longue avec la poursuite de Quint. Il suivit sa compagne pour s'isoler avec elle sous un palmier épais.

- Il y a un problème ?

- Oui et pas des moindres ! Cria la mafieuse, furieuse, en collant brutalement le test de grossesse sur le torse de son amant.

Gustus attrapa de justesse l'objet avant qu'il ne tombe au sol pour le regarder d'un air surpris.

- Un test de grossesse ? Qu'est-ce que ça signifie ?

- Je suis enceinte de toi sombre crétin !

Le Giordano recula légèrement sous la réponse colérique et reporta son regard sur le test pour vérifier les dires de son amante qui se révélèrent exacts.

- Je ne comprends pas… Dit-il en secouant la tête d'incompréhension.

- Tu t'es bien foutu de moi ! Espèce de menteur ! Tu attendais que ça une fois ensemble officiellement de me foutre en cloque ! T'es vraiment qu'un bel enfoiré ! Je sais pas comment tu as calculé ton coup pour que je le vois pas mais franchement chapeau bas !

- Anya non…! Je t'assure que je ne comprends pas ! C'est impossible, j'ai fait une vasectomie lorsque j'avais 21 ans ! Je ne peux pas avoir d'enfants, je ne t'aurais jamais menti à ce sujet ! J'ai le papier dans mon dossier médical ! S'indigna t-il en tentant d'attraper les mains de la mafieuse mais celle-ci recula.

- Alors pourquoi je suis enceinte putain de bordel de merde ?!

Gustus secoua la tête sous le choc de la nouvelle et la colère de son amante. Il se recula à son tour pour s'appuyer contre le tronc du palmier. Il sentit l'air lui manquer l'espace de quelques instants et ferma les yeux pour retrouver son calme et une respiration normale : Anya était en totale panique, il ne fallait pas qu'il lui renvoie une image paniquée en guise de miroir. Après un temps, il rouvrit les yeux et lui tendit la main bien que la mafieuse refusait toujours de la prendre :

- Anya je ne t'ai jamais menti sur quoi que ce soit sur mon passé, d'accord ? Je vais te montrer le papier qui atteste de l'intervention si tu le souhaites mais fais-moi confiance, ne pars pas, je t'en prie…

- Je vais m'en débarrasser, l'informa t-elle durement.

La nouvelle fut aussi choquante que l'annonce du bébé. Le Giordano secoua la tête comme pour se remettre de cette gifle mentale.

- Tu ne peux pas faire ça… Dit-il tout bas, l'air attristé.

- C'est mon corps, je fais ce que je veux !

- C'est mon enfant autant que le tien Anya ! Aboya t-il.

- Ce n'est rien du tout ! Juste un amas de cellules tout au plus !

- Le Seigneur ne te pardonnera jamais !

- J'emmerde ton Seigneur, cet enfoiré s'est bien foutu de ta gueule et de la mienne au passage en permettant une telle chose alors que tu avais fait le choix de ne pas avoir d'enfant !

- C'est un miracle, un cadeau Anya… Comment peux-tu le voir ainsi ? On pourrait avoir notre famille…

- Ah voilà, je le savais, rit nerveusement la fausse blonde. C'est bien ce que je dis, tu avais tout prévu et maintenant tu viens me faire culpabiliser par rapport à ce que dit l'église sur l'avortement !

- Demande autour de nous ! Tout le monde serait contre ! Tu vas arracher une vie !

- Je le fais tous les jours. Une de plus ou de moins qu'est-ce que ça change ?!

À cette réplique, Gustus perdit son sang-froid et attrapa brusquement le poignet de la mafieuse pour la traîner vers l'arrière de la maison.


- Dis-moi la vérité, s'amusa Clarke en s'approchant du visage de Lexa qui ne put s'empêcher de rire.

- De quoi tu parles ?

- Tu l'as vraiment bu ce jus détox ou tu l'as jeté ?

- Je l'ai bu je t'assure… Tenta la brune bien qu'elle ne faisait aucun effort pour cacher son mensonge.

- Je croyais que tu n'aimais pas mentir, la taquina la médecin en approchant ses lèvres de celles de son amante.

Lexa se mordit la lèvre d'amusement avant d'avouer :

- Non, c'était vraiment imbuvable… Je l'ai jeté dans l'évier…

- La prochaine fois je resterai avec toi jusqu'à ce que tu le finisses alors, rit la blonde.

- Oh non !

- Ah si ! Ça te fera du bien tu verras, insista t-elle.

- Je connais autre chose qui me fera du bien, moi… S'amusa la Donati.

- Ah oui ? Quoi donc ? Répondit Clarke, malicieuse.

- Ta bouche contre la mienne… Tes mains sur mon corps… Ton esprit avec le mien… Commença l'héritière, charmeuse.

Rapidement, Clarke se retrouva parcourue de frissons d'excitation et elle se pencha sur la brune pour aller l'embrasser chastement tout en soupirant :

- Comment ai-je fait pour te résister aussi longtemps…

Les lèvres de Lexa vinrent capturer avec délice celles de la médecin pour l'embrasser amoureusement puis commencer à poser des baisers papillons dans son cou ce qui fit gémir doucement la blonde tout en lui laissant échapper quelques mots en anglais. La sicilienne ramena rapidement ses lèvres contre celles de son amante, chuchotant :

- J'adore quand tu parles en anglais sans t'en rendre compte Clarke…

- Hn… C'est réciproque belle sicilienne… Ton accent me fait fondre…

Un raclement de gorge sortit les deux jeunes femmes de leur bulle. Gustus les regardait d'un air gêné tout en tenant par le poignet Anya. Lexa sursauta et repoussa assez brusquement Clarke qui se leva de surprise à ce geste plutôt brusque ce qui lui fit froncer les sourcils. Est-ce que la Donati était gênée de leur relation ?

- Pardonnez ma témérité Madame Donati, Docteur Griffin, s'excusa t-il.

- Lâche-moi bon sang ! S'énerva sa compagne en se débattant mais le Giordano tenait bon.

- Docteur Griffin, est-ce possible d'avoir une rapide entrevue avec vous ?

Clarke haussa les sourcils d'étonnement à la question et se tourna vers Lexa mais celle-ci lui fit signe qu'elle pouvait refuser ou accepter.

- Bien sûr. C'est au sujet de vous ou Madame…?

- Anya Zanetti, répondit la mafieuse, hargneuse.

- De nous deux, enchérit Gustus.

- Je n'y vois pas d'inconvénient mais vous ne pouvez pas forcer Madame à venir si elle ne le souhaite pas, fit remarquer Clarke face à la poigne du garde du corps sur le poignet de sa compagne.

Gustus à la remarque, lâcha la mafieuse qui lui jeta un regard assassin pour cet affront.

- Je vais venir, grogna la fausse blonde.

- Dans ce cas, venez, nous allons nous installer sur le can… Hm non, Lexa y aurait-il une pièce neutre dans la maison ?

- Il y a mon bureau, répondit Gustus.

- Parfait, allons-y.

Le Giordano guida Clarke vers l'étage, là où se trouvait son bureau personnel. Ils s'installèrent tous les trois dans la pièce : la blonde prit la chaise derrière le bureau tandis que le couple s'installait face à elle.

- Alors en quoi puis-je vous aider Monsieur Giordano et Madame Zanetti ?...

Le sicilien ne passa pas par quatre chemins et piqua dans le vif du sujet :

- Quel est le pourcentage de chance d'avoir des enfants après une vasectomie Docteur Griffin ?

Clarke sembla surprise par la question mais se contenta d'aller chercher dans sa mémoire ce qu'elle savait sur le sujet, répondant après quelques secondes :

- À ma connaissance, le risque de grossesse après une vasectomie est d'environ 0,05%.

Le couple se regarda l'espace d'un instant comme pour se confirmer que la vérité avait été donnée depuis le début.

- Quand avez-vous eu cette opération ?

- À mes 21 ans.

- D'accord. Vous n'utilisiez donc aucune méthode de contraception ou protection ?

- Non. Nos tests sont faits et avec une vasectomie… Grogna le brun, mal à l'aise.

- Madame Zanetti, bien que je me doute de la réponse, j'aimerai avoir confirmation de votre part : êtes-vous enceinte ?

- Oui…

- Avez-vous fait un test ?

- Oui, il est positif.

- D'accord. La question qui va suivre n'est pas à prendre comme une insulte mais avez-vous eu des relations sexuelles avec un autre partenaire que Monsieur Giordano au cours des deux derniers mois ?

- Non ! Affirma Anya, coléreuse.

La médecin avait remarqué la tension naissante chez le garde du corps à la question mais celle-ci sembla disparaître à la réponse franche et rapide de sa compagne. Clarke après un temps, se permit un sourire :

- Et bien visiblement, un miracle vient de se produire bien que je n'aime pas ce terme. Monsieur Giordano, Madame Zanetti, félicitations. Vous allez être parents. Voulez-vous que je vous donne le numéro d'un de mes confrères à l'hôpital pour le suivi de la grossesse ?

- Pas la peine, je vais me faire avorter, répondit sèchement la fausse blonde.

Clarke garda un visage neutre à l'information.

- Vous ne souhaitez pas poursuivre cette grossesse Madame Zanetti ?

- Non.

- Et vous Monsieur Giordano ?

Gustus garda le silence à la question et se contenta de se lever pour sortir brusquement du bureau en claquant la porte. Le regard azur de Clarke se reporta sur la compagne du garde du corps qui malgré qu'elle soit son aînée et semblait très froide de caractère, affichait un air fragile et désorienté face à la réaction de son compagnon.

- Madame Zanetti, nous ne nous connaissons pas encore mais sachez que je peux tout entendre de par le contrat qui me lie à la famille Giordano et Donati.

Anya hocha la tête tout en gardant le silence.

- Souhaitez-vous discuter des différentes possibilités concernant votre grossesse ?... Proposa avec douceur la médecin.

Après une hésitation, la Zanetti hocha de nouveau la tête, laissant la blonde repartir dans un monologue apaisant.


Finn passa la porte de la salle de l'équipe anti-mafia, la tête ailleurs en ce début d'après-midi. Il ne cessait de penser à cette mystérieuse femme aux yeux verts ayant embarqué sous ses yeux son ex- petite amie. Peut-être était-ce elle qui les avait conduits vers la rupture… Clarke lui avait bien affirmé qu'elle l'avait trompé avec une femme après tout mais cette tromperie, il était prêt à lui pardonner car il aimait encore sincèrement la jeune médecin. Il l'aimait de tout son être et ne plus la sentir près de lui la nuit, avoir l'odeur de son parfum partout dans l'appartement lui manquait horriblement. Il n'allait pas abandonner si vite : Clarke finirait par se rendre compte qu'il lui était indispensable. Il posa une main sur l'épaule de Monty pour demander des nouvelles :

- Tu as eu des nouvelles de Bellamy et du reste de l'équipe ?

- Oui ils vont rentrer en fin d'après-midi. Le transfert de Battaia a été compliqué à organiser administrativement parlant.

- J'imagine oui.

- Ça va toi ? Demanda l'asiatique.

- Je fais aller. Dis-moi, tu pourrais me rechercher des infos sur une plaque d'immatriculation ?

- Ouais aucun problème. Tu as le numéro ?

Le brun acquiesça et lui présenta son petit carnet sur lequel il avait noté à la va vite le numéro de la plaque d'immatriculation de la moto de sport rouge sur laquelle Clarke avait filé.

Monty ouvrit la base de données propre à la police et tapa ensuite les chiffres et lettres du véhicule. Après quelques minutes, les deux hommes eurent toutes les informations sur le modèle de la moto, son année et le nom de sa propriétaire ainsi que son adresse : Madame Lexa Donati-Woods.

- Donati ? Comment ça se fait que tu ais noté le numéro de plaque de sa moto ?

- C'est un hasard. Je pensais avoir déjà vu cette moto pour une vieille affaire non résolue, mentit le brun. Je me suis trompé visiblement.

- Oui parce Lexa Donati est vraiment notre porte monnaie depuis deux ans, vaut mieux pas la contrarier si tu vois ce que je veux dire, le taquina son collègue.

- Ouais et contrarier Bellamy au passage, rajouta Jasper qui arrivait avec un gros carton entre les bras.

- Oh on a reçu les SSD ! Génial !

Finn observa ses collègues s'agiter autour de leurs nouveaux jouets avant de disparaître vers son bureau pour s'asseoir devant son ordinateur, pensif. Était-ce réellement possible que l'héritière la plus fortunée de l'île ait séduit Clarke ? Il fallait qu'il en ait le cœur net.

- J'espère pour vous que c'est juste de l'amitié, marmonna le brun pour lui-même en se levant finalement après avoir récupéré des jumelles dans son tiroir.


- Madame Giordano ? Demanda un domestique.

- Oui César ?

- Monsieur Gustus Giordano est là.

- Quel petit insolent de passer par vous, il connaît la maison ! S'offusqua la maire de Syracuse.

Becca se redressa de son transat près de la piscine. Elle avait passé deux semaines de folie avec sa campagne pour les élections au Sénat d'Italie aussi s'était-elle autorisée une journée de repos. La coïncidence avait voulu que son cousin Gustus souhaite lui rendre visite ce jour-là. Elle en était plutôt heureuse : elle ne voyait le garde du corps que lorsque Lexa et elle trouvaient le temps pour déjeuner ensemble en général. Elle réajusta ses lunettes de marque sur ses yeux avant d'attraper un chapeau immense pour le poser sur ses cheveux et se protéger d'une insolation. Il faisait chaud en cet après-midi de fin de mois d'août.

- Bonjour Becca, la salua poliment son cousin en se penchant pour aller lui déposer deux bises polies sur les joues.

- Gustus ! Bonjour ! C'est un plaisir pour moi de te recevoir en dehors de ton travail de garde du corps. Tu devrais passer plus souvent, la maison t'appartient autant qu'à moi tu sais !

- Ne dis pas n'importe quoi Becca… Cette maison te revient.

- Mes parents te considéraient comme leur fils et tu le sais, le gronda t-elle gentiment.

Le sicilien sourit à cette pensée. Il n'avait pas eu une enfance des plus joyeuses : fils unique, il avait perdu ses deux parents dans un règlement de compte entre la famille Barzetti et Donati alors qu'il avait tout juste six ans. Il avait été recueilli par la sœur de sa mère et son mari, grandissant finalement aux côtés de sa cousine Becca, elle aussi fille unique.

Son oncle et sa tante travaillaient avec la famille Donati en tant qu'avocats et conseillers juridiques. Bien qu'ils l'avaient aimé comme leur propre fils, Gustus ne s'était jamais senti comme tel du fait de son désintérêt total pour les études. Rapidement il lui était apparu que suivre une formation auprès du père d'Anya et Tristan l'intéresserait bien plus que des hautes études en politique ou en droit vers lesquelles son oncle et sa tante tentaient de l'orienter. Il était conscient d'avoir déçu ses « seconds » parents à ce tournant crucial dans sa vie car ils avaient toujours vu en lui un homme d'une grande intelligence et capable de tout avec un minimum d'investissement.

Toutefois, Titus Donati avait su remarquer son intérêt pour les affaires de la famille, de la mafia et pour sa fille Luciana de quatre ans sa cadette avec qui Gustus avait passé la majeure partie de son enfance. Il s'était donné ce rôle de grand frère et l'héritière des Donati en avait été ravie, voyant en Gustus un confident et un jeune homme capable de la respecter et la protéger. À 16 ans, il avait pris la décision d'abandonner ses études pour se concentrer uniquement sur les affaires familiales comme les appelaient le Don de l'époque. Il s'était révélé être un véritable pilier pour les Donati, s'investissant corps et âme au point de mettre de côté ses propres besoins personnels.

Il avait toujours été là quand on avait eu besoin de lui.

- Gustus, tu rêves ? L'interrogea sa cousine en claquant des doigts.

Le grand brun secoua la tête pour se sortir de ses pensées.

- Je pensais à notre enfance.

Cet aveu tira un sourire à Becca qui enchérit rapidement :

- C'était la bonne époque… Luciana et toi étiez très proches.

- Oui, c'était une femme intelligente, pleine de vie et de ressources… Elle m'en a fait voir des vertes et des pas mûres, avoua t-il sur le ton de la plaisanterie.

- Tout comme sa fille t'en fait voir aujourd'hui, j'imagine.

- J'ai l'impression d'avoir son clone, acquiesça le brun, amusé soudainement.

- Oh, ai-je loupé un épisode ? Rit sa cousine.

- Je pense que tu as loupé une saison même…

Becca partit dans un rire franc avant de dire malicieuse :

- Tout comme Anya… Je me rappelle encore quand vous vous tourniez autour maladroitement. C'était tellement amusant ! Luciana et moi n'arrêtions pas de te dire qu'elle était intéressée par toi et tu ne voulais rien entendre !

- Elle avait à peine seize ans, j'en avais vingt neuf Becca… Jamais je n'aurais pu envisager de m'investir avec une fille aussi jeune à cette époque là…

- Pourtant vous êtes ensemble depuis deux ans malgré vos treize ans de différence. La vie finit toujours par relier le chemin de ceux qui sont faits pour être ensemble…

- Hm…

- Contrairement à cette folle qui te harcelait tout jeune, tu te souviens ?

Le sicilien fronça les sourcils avant de hocher la tête.

- Tu parles de Diana ?

- Oui ! Mon dieu quelle idée de tomber enceinte, tu étais tout jeune. Je me rappelle à quel point cette histoire t'avait perturbé. Finalement la fausse couche s'est chargée du reste mais tu aurais pu partir vers un tout autre chemin à cause d'elle. Elle s'accrochait comme une sangsue.

- Elle était fragile psychiquement et très amoureuse, répondit Gustus sur un ton plus dur.

- Oui, enfin c'est du passé tout ça !

Le visage de Gustus s'était assombri à l'évocation de son passé et la raison pour laquelle il avait fait le choix de faire une vasectomie : il ne voulait plus prendre le risque de se faire piéger par une femme qu'il n'aimait pas profondément et ne souhaitait pas être enchainé alors qu'il voulait s'investir auprès de la famille Donati jusqu'à sa mort. Mais à l'heure actuelle, la nouvelle que lui avait transmise Anya ne cessait de le travailler et il sentait en lui cette douleur au cœur sans pouvoir la calmer. Sa cousine sembla remarquer son mal-être car elle glissa une main amicale sur son épaule.

- Il y a quelque chose qui ne va pas Gus' ?

Le surnom fit sourire légèrement le sicilien. C'est Luciana qui le lui avait donné car toute petite, elle n'arrivait pas à prononcer son prénom entièrement. Celui-ci était finalement passé de bouche en bouche jusqu'à rester. Becca était plutôt douée pour savoir quand il allait mal.

- C'est à propos d'Anya et moi…

- Que se passe t-il ?

- Nous avons réussi à nous accorder sur l'idée que nous étions officiellement ensemble il y a quelques semaines… Tu connais Anya. L'engagement est compliqué pour elle…

- Oui enfin, depuis deux ans que vous sortez ensemble, on pouvait deviner malgré ses réticences que c'était officiel, le taquina la brune.

- Hm j'aime bien avoir confirmation, tu me connais.

- Oui, il faut qu'on te dise clairement les choses. Je sais.

Gustus avait toujours été maladroit dans ses relations amicales et amoureuses. Il avait besoin de connaître la réelle pensée de l'autre. Le médecin de famille de l'époque leur avait dit que c'était dû au traumatisme de son enfance.

- Elle attend un enfant… De moi.

- Mais c'est génial ! Félicitations ! S'exclama la politicienne. Mon dieu je vais être tata !

Un sourire timide se dessina sur les lèvres de son cousin à la réaction vive et joyeuse avant que celui-ci ne disparaisse aussi vite qu'il était apparu. Il se racla la gorge avant d'avouer d'un air malheureux :

- Elle ne souhaite pas le garder Becca…

- Quoi ?! Mais c'est impossible ! L'église interdit l'avorte…

- Ce n'est pas le réel problème. Oui je te l'accorde, notre religion nous l'interdit mais Becca… Je ne peux plus avoir d'enfants normalement.

- Ah mais oui, tu as fait une vasectomie plus jeune ! Mais… Comment c'est possible alors ?!

- Il y a 0,05% de chance après une vasectomie d'avoir un enfant…

- Mais c'est un foutu miracle mon dieu ! Il faut que tu la fasses changer d'avis Gustus !

- Comment ?

- Je ne sais pas mais il faut que tu le fasses ! Tu ne peux pas la laisser faire ça. Anya a 37 ans aujourd'hui, je ne veux pas être pessimiste mais c'est son unique chance d'avoir un enfant, après il sera trop tard… S'il y a bien une chose que je regrette c'est de ne pas avoir trouvé le temps dans ma carrière d'avoir un enfant. Un petit héritier Giordano… Gustus, c'est magnifique, tu perpétuerais la lignée de notre famille, tu te rends compte ?

Becca avait attrapé les mains de son cousin qui semblait tout aussi ému qu'elle à ce constat : oui la lignée de Giordano s'éteindrait si cet enfant disparaissait.

- Tu aurais ta famille Gustus, reprit Becca, plus douce.

- Tu es ma famille Becca.

- Ta vraie famille à toi, une que vous auriez construite, Anya et toi.

- Je ne sais pas…

- Il faut que tu te battes pour cet enfant Gustus d'accord ? Tu as cinquante ans, c'est ta dernière chance, ne la laisse pas partir. Saisis-la !

Bien qu'il essayait de les cacher, ses yeux sombres s'étaient soudainement humidifiés et remplis de larmes. Gustus se prenait à l'heure actuelle un énorme contrecoup vis à vis de son passé et de cet abandon qu'il avait porté en lui toute sa vie malgré les bons soins de son oncle et tante à son égard. Becca avait raison, il ne pouvait décidément pas laisser Anya détruire la vie de leur bébé bien qu'elle était actuellement effrayée comme jamais.

Il sursauta en sentant les bras de Becca l'entourer affectueusement mais se tranquillisa rapidement au geste réconfortant. C'est ça qu'il aimait chez sa cousine : elle était toujours de bon conseil et représentait son dernier vrai pilier familial. Ils restèrent enlacés un long moment avant de s'installer à l'ombre pour déguster quelques boissons fraîches jusqu'à ce qu'un domestique ne les dérange pour annoncer la venue d'un visiteur.

- Le Capitaine Bellamy Blake est devant votre portail Madame Giordano.

- Oh ? S'enjoua la politicienne. Faites-le entrer !

Gustus fronça les sourcils à cette annonce et jeta un regard à sa cousine qui avait revêtu un sourire qu'il connaissait un peu trop bien.

- Becca… Ne me dis pas que…

- Je plaide non coupable, le taquina t-elle alors que le jeune Capitaine de la brigade anti-mafia se présentait à eux en civil.

- Bonjour Madame Giordano… Monsieur Giordano, rajouta t-il à l'encontre de Gustus, mal à l'aise soudainement.

- Gustus allait s'en aller, informa Becca ce qui fit soupirer discrètement son cousin.

Les deux hommes se fixèrent longuement du regard avant que le mafieux ne tende sa main au, visiblement, nouvel amant de sa cousine.

- Je vous laisse, le travail m'appelle. Capitaine Blake, Becca, salua t-il.


Bellamy se redressa lorsque Becca détacha ses mains attachées dans son dos. Il était nu et se releva sans honte devant son amante. Grand, fin et musclé, des boucles noires lui tombant devant les yeux, il fallait l'avouer le Capitaine Blake avait un corps d'Apollon. Il n'avait rien à envier à personne. Il se prit un petit coup de cravache sur l'épaule ce qui lui refit plier les genoux :

- T'ai-je autorisé à te lever ? Demanda autoritairement la maire de Syracuse, habillée de la même robe rouge moulante que lors de leur première fois.

Le brun baissa les yeux et secoua la tête. Novice dans ce genre de pratiques et jeux sexuels, il avait de nombreuses fois foncé tête baissée dans les pièges de la politicienne.

- Bien… Tu commences à comprendre comment je fonctionne Bellamy Blake, sourit malicieusement Becca. Tu peux te lever.

À cette indication, le Capitaine de la cellule anti-mafia se releva lentement pour se présenter en tenue d'Adam devant les yeux gourmands de Becca qui laissa tomber sa cravache au sol avant d'indiquer devant l'envie évidente qu'elle lisait dans le regard du jeune homme :

- À ton tour de jouer…

Bellamy ne se le fit pas répéter deux fois et attrapa souplement la brune pour la soulever avec force et la plaquer sur le matelas, venant poser ses lèvres durement contre celles de Becca qui lui répondit tout aussi fougueusement.

Leurs ébats comme à leur habitude furent sauvages, les laissant pantelants et en sueur dans le lit à baldaquins de l'héritière des Giordano.

Becca était allongée en travers du lit, nue, seulement recouverte d'un bout de drap au niveau des fesses. Elle lisait sur son téléphone portable ses mails et messages. Elle sourit en sentant son amant bouger légèrement dans le lit : il s'était endormi une petite heure. La bouche du Blake vint se poser sur la cuisse découverte de son amante avant de remonter jusqu'à son épaule en parallèle de quelques caresses du plat de la main sur ses jambes.

- Je ne sais pas comment tu fais Becca mais tu arrives à m'épuiser et me retirer cette mauvaise image que j'ai de moi…

La brune tourna son regard sombre vers lui.

- Tu n'as pas à avoir honte de ce que tu aimes faire sexuellement Bellamy.

- Je sais… Mais…

- La société nous enferme dans des boîtes soigneusement étiquetées. Il ne tient qu'à toi d'en sortir et faire avancer les choses.

- C'est plus facile à dire qu'à faire… Grogna t-il.

- Je te l'accorde. Comment ça se passe avec ton collègue ?... Murphy c'est ça ?

Becca avait deviné que les deux agents entretenaient une relation assez fougueuse, bien que cachée, Bellamy avait fini par lui confirmer assez rapidement.

- J'ai mis les choses au clair avec lui hier lors de l'arrestation d'un suspect important concernant l'affaire du casino Barzetti.

Bien que l'affaire intéressait la maire par rapport à sa relation avec la mafia sicilienne, elle ne pouvait pas simplement creuser aussi directement… Elle décida de poursuivre la conversation naturellement sur le sujet initial.

- Les choses au clair c'est à dire ?

- Je lui ai dit que lui et moi c'était terminé.

- Pourquoi ? S'étonna t-elle.

- Parce que je t'ai toi maintenant, confia t-il.

- Bellamy… Souffla t-elle, la mine soucieuse.

- Ne panique pas je t'en prie. Je sais que ta carrière te prend énormément de temps mais je ne te ferais jamais de reproche là dessus car c'est le cas pour moi aussi. Je trouve en toi ce que j'ai toujours recherché chez une femme…

Becca tourna le regard vers le beau brun, attendant la suite. Elle voyait en Bellamy, comme à son habitude, un amant, agréable certes, mais qui devait rester temporaire… Elle ne pouvait vraiment pas au vu de son emploi du temps, s'investir dans une relation stable. Même si au fond d'elle, sa conversation avec Gustus au sujet de l'avenir des Giordano la traversait à l'heure actuelle. Il était sans doute encore trop tôt, Bellamy et elle ne couchaient ensemble que depuis quelques semaines et n'avaient rien fait comme un couple… Et surtout le Blake était très lié à la police, au vu de sa place certes secrète dans la mafia des Donati, elle franchissait un interdit passible de mort.

- Tu es intelligente, belle, investie professionnellement… Et je dois dire que tu m'as fait découvrir des choses que je n'aurais jamais cru apprécier… Tu ne te moques pas, n'as pas honte de ce que j'aime faire sexuellement… Tu es tout ce que j'ai toujours voulu. Becca… Je crois que je suis vraiment en train de tomber amoureux de toi.

La Giordano haussa un sourcil de surprise à cette information et se redressa, abandonnant son portable pour aller poser une caresse sur la joue du Blake qui la fixait à présent de ses yeux noisette.

- Bellamy… C'est compliqué de mon côté…

- Chut, sourit-il en posant son index sur les lèvres de la politicienne. Laisse-moi juste une chance. Si ça ne fonctionne pas, on arrête d'un commun accord. D'accord ?

La brune ne put s'empêcher de sourire, ce jeune homme était peut-être un peu trop parfait pour elle. Elle aimait évidemment tout en lui mais ce qui l'attirait principalement était son côté écorché vif et torturé du fait du refus de son désir sexuel propre.

- D'accord, acquiesça t-elle.

- Merci, sourit le brun en allant lui voler un baiser chaste. Hm… Et si je t'attachais pour te faire hurler de plaisir… ? Tenta t-il bien qu'il connaissait la réponse.

- Tu as beau être très séduisant et charmant Bellamy Blake, n'inverse pas les rôles, claqua t-elle de la langue de manière autoritaire.

Un frisson parcourut le dos du jeune homme à cette autorité naturelle tant aimée et il la laissa basculer au dessus de lui avec le sourire, murmurant juste :

- Encore quelques heures en ta charmante compagnie avant de replonger dans le stress du travail…

- Ne m'en parle pas, je fais face à un petit jeune plutôt doué dans ma campagne… Je n'ai qu'une envie c'est de l'écraser…

- Et moi de coincer l'enfoiré qui a tué plus de trente personnes dans l'explosion de ce casino…

- Il est temps d'évacuer toute cette frustration et ce stress Capitaine Blake.

- Je suis d'accord Madame la Maire de Syracuse.

D'un rire commun, les deux amants se faufilèrent de nouveau sous les draps en compagnie de quelques jouets pour pimenter leurs ébats.


Ontari était allongée sur son lit quand sa mère entra sans frapper dans sa chambre, la faisant sursauter :

- Mère ? S'étonna t-elle.

- Ma très chère fille, mon petit soleil… Chuchota Nia en approchant avec précaution du lit de la belle brune.

Nia était une femme d'un certain âge, les cheveux d'un blond platine tirés en arrière en un chignon parfait qui avait tendance à rendre son visage plus froid qu'il ne l'était. Ses yeux bleus étaient plus clairs que la glace elle-même. Elle s'approcha de la jeune fille pour lui ouvrir ses bras : Ontari en fut surprise et n'osa pas bouger en premier lieu.

Viens ma chérie, je viens à peine d'apprendre que ce petit démon d'Aden Donati t'a repoussée… Toi ma petite princesse, ma plus grande fierté…

- Roan n'est plus ta grande fierté ?... Demanda t-elle, méfiante, bien qu'elle n'avait qu'une envie, sauter dans les bras de cette mère trop souvent absente et peu aimante.

- Ton frère a trahi le nom des Barzetti… Je ne veux plus lui parler tant qu'il ne se sera pas ressaisi. Il ne me laisse même plus aller dans le bureau de ton père, tu te rends compte ? J'ai à peine le droit de sortir de ma chambre ! Qu'ai-je fait pour mériter un traitement si dur ? Se plaignit-elle.

- Il fait ça pour nous protéger…

- Mensonges ! S'exclama Nia. Il veut juste lécher les pieds de Lexa Donati comme tous ces traîtres. Cette femme n'a rien à faire à la tête de la mafia sicilienne… Ce n'est qu'une bâtarde, une erreur de la nature qui ne sait même pas élever son frère pour qu'il se comporte en gentleman !...

- Aden est…

- Un Donati ! Voilà ce qu'il est ! Il est comme cette vipère de Luciana qui a fait souffrir plus d'une fois ton feu oncle ! Plus jamais je n'accepterai de lire de la souffrance dans le regard d'un membre de ma famille. Ma chérie, dis-moi ce qu'il s'est passé exactement…

- Au départ je l'ai approché pour hm… Le séduire comme convenu entre nous mère… Mais au fil du temps et de nos rendez-vous je… Je suis désolée mère, je mérite une punition je n'en doute pas… Mais je… J'ai commencé à avoir des sentiments pour lui. J'ai honte rien que d'y penser… Et je me suis dit que peut-être pour la première fois un garçon me plairait plus que pour son physique et me traiterait pour ce que je suis… Pas comme une riche héritière capricieuse… Il m'a repoussée mère… Je n'ai jamais senti une telle souffrance…

Des larmes coulaient à présent sur les belles joues bronzées de la Barzetti alors que Nia la fixait d'un regard sévère à ces aveux : la doyenne des Barzetti ne pouvait être plus offensée que ça, entre son fils qui travaillait secrètement pour pactiser avec Lexa Donati et maintenant sa fille qui était tombée amoureuse d'Aden Donati… Mais elle voyait aussi là une piste pour blesser ses pires ennemis. Avec une douceur qu'Ontari ne lui connaissait pas, Nia se rapprocha d'elle pour la serrer dans ses bras et lui souffler quelques mots réconfortants.

- Oh ma chérie je suis tellement désolée pour toi… C'est pour cela que tu restes enfermée dans ta chambre ?...

- J'ai du mal à l'oublier…

- Il ne t'a pas recontacté ?

- Si mais je ne veux pas lui parler…

- Que t'as t-il dit exactement quand il t'a repoussée ?

- Qu'il était désolé, qu'il aimait quelqu'un d'autre.

- Il n'y a qu'à éliminer ce quelqu'un, suggéra t-elle dans un sifflement perfide.

- Je ne sais pas qui elle est…

- T'a t-il donné des indices ?

- Il m'a juste dit qu'elle était de dix ans son ainée… Elle doit avoir l'âge de sa sœur…

- Ne t'en fais pas ma chérie, fais-moi confiance je trouverai et je t'aiderai à séduire ce garçon si c'est celui là que tu veux…

- Même si c'est un Donati ?

- Même si c'est un Donati, répéta la femme.

« Surtout si c'est l'unique héritier mâle des Donati » se retint-elle de rajouter. En faire une marionnette pour calmer la colère des familles siciliennes après l'élimination de Lexa Donati serait bien plus simple que d'écraser son pouvoir par la force au vu du changement de position de son unique fils Roan. Elle voyait à travers l'amourette de sa fille tout un plan se dessiner dans sa tête. Il n'y avait plus qu'à rendre vulnérables les Donati pour montrer à tous qui étaient les maîtres…

Elle sécha les larmes de sa fille de quelques caresses puis s'éclipsa rapidement de la chambre pour filer vers la sienne, surprenant Roan qui comme à son habitude était bien habillé. Ce dernier discutait à voix basse avec un de leurs hommes de main ce qui l'obligea à tendre l'oreille. Elle le vit glisser dans la main de son subordonné un petit papier roulé typique de ceux utilisés pour communiquer entre les familles au niveau des affaires.

- Glisse-le dans les demandes pour la famille Donati mais ne prends pas de risques.

- Bien Monsieur Barzetti.

Roan remercia d'un signe de tête son homme de main avant de se retourner. Il avait l'étrange impression d'avoir été observé pendant son échange mais il avait beau regarder autour de lui : personne.


« Coucou ! Raven et moi sortons faire la fête en boîte ce soir, tu veux venir ?! Octavia Blake »

Clarke sourit à la lecture du SMS de son amie. Lexa était partie à l'hippodrome il y a une heure pour une réunion entre propriétaires de chevaux de course et elle commençait à s'ennuyer dans l'attente du retour de la belle héritière, aussi se décida t-elle à filer sur la douche après avoir confirmé sa présence pour la soirée. Lorsqu'elle sortit de la salle de bain, elle resta fixée sur place devant sa penderie à la recherche d'une robe la mettant en valeur. Elle opta après quelques minutes pour une robe noire plutôt fine avec des parties transparentes sur les côtés où des motifs se mêlaient à sa peau découverte. Le décolleté était plus qu'agréable et elle se surprit à penser qu'elle aimerait que sa robe plaise à son amante. Elle arrangea rapidement son maquillage et sa coiffure, passant un peu de produit pour donner du volume à ses cheveux blonds qu'elle frisa très légèrement avec un appareil puis attrapa ses talons noirs dans une main, descendant au salon.

Elle avisa Ryder qui montait la garde et remplaçait Gustus pour la soirée. Elle ne put s'empêcher de repenser au Giordano et sa compagne qui avaient été assommés par la nouvelle d'un enfant à venir… Sans compter la réaction de Lexa lorsqu'elle l'avait repoussée à la vue de ses deux gardes du corps. Elle secoua la tête, se sortant cette mauvaise pensée : la Donati semblait assez pudique au niveau de ses relations, peut-être n'aimait-elle tout simplement pas l'idée que ses employés la voient avec quelqu'un de manière si intime… Elle espérait que ce ne soit que ça.

Lorsque les chiens de garde aboyèrent, elle ne put s'empêcher de presque sautiller sur place tant la joie de revoir Lexa l'enchantait. C'était fou à quel point la brune lui manquait à chaque minute. Elle décida de ne pas cacher son excitation, aussi lorsque la brune passa la porte d'entrée, Clarke s'approcha d'elle avec douceur, un sourire plaqué sur les lèvres.

- Te revoilà, sourit-elle.

- Oui, je t'avais promis de ne pas m'attarder plus que nécessaire, répondit la Donati en franchissant la maigre distance entre elles pour aller poser ses lèvres sur les siennes.

Les deux jeunes femmes échangèrent quelques chastes baisers avant que Lexa ne remarque :

- Cette robe est très jolie… C'est pour moi ? Demanda t-elle, malicieuse.

- Oui et non, rit la médecin. Octavia et Raven m'ont invitée à venir en boîte ce soir. J'ai décidé d'y aller, tu m'accompagnes ?

À la question, le visage de Lexa se ferma et elle perdit tout sourire, se contentant de répondre :

- Non.

Clarke se retrouva désarçonnée par la réponse plutôt froide et ferme de l'héritière. Elle se sentit blessée.

- Pourquoi ?

- Je ne m'affiche pas dans des boîtes de nuit Clarke.

- Tu ne t'affi… Tu as honte d'être avec moi ? Demanda d'une petite voix la blonde.

Les sourcils de la brune se froncèrent à la question mais elle ne sut pas quoi répondre : elle aimait être avec Clarke mais elle savait que si elle commençait à sortir à l'extérieur dans des lieux publics, son image en serait abîmée au sein de la mafia. Gustus l'avait prévenue à ce sujet. Elle voulait garder Clarke pour elle seule, cachée dans sa maison pour ne profiter de leur secret que toutes les deux. La médecin sous l'absence de réponse lui tourna le dos pour cacher sa douleur. Ses lèvres tremblaient et ses yeux commençaient à lui piquer : voilà, ce qu'elle redoutait était en train de se réaliser. Lexa avait honte d'être avec elle par contre, elle, devait se plier à ses exigences.

- Clarke… Tenta la Donati d'un air désolé.

- Laisse-moi. C'est pas grave. Je peux comprendre que la grande Lexa Donati ne veuille pas entacher son image si parfaite en s'affichant avec une femme au bras et qui plus est dans une simple boîte de nuit.

- Il n'y a pas que ça Clarke, ne te fâche pas, je t'en prie…

Lexa soupira lorsqu'elle vit la blonde se diriger vers la porte d'entrée après avoir enfilé ses talons. Elle l'ouvrit pour appeler :

- Ryder !

- Oui Madame Griffin ?

- Pouvez-vous m'emmener au « Trabachetto Club » s'il vous plaît ?

- Bien évidemment.

L'héritière regarda malgré elle son amante partir sans elle. Elle fixa avec tristesse le SUV gris sortir de sa propriété.

- Clarke… Souffla t-elle.


- Allez Chaperon Rouge, arrête de faire la tête ! Cria Raven à la belle blonde qui ruminait plus qu'elle ne dansait ou prenait du bon temps.

Le night-club était pourtant animé et bien rempli, promettant aux aventuriers et aventurières de repartir avec une possible conquête avant la fin de la nuit. La musique était aux mains d'un DJ très réputé en Italie, les jeux de lumières excellents et les clients triés sur le volet. Clarke après quelques verres, avait fini par se confier au sujet de sa nouvelle relation avec la Donati.

- Toi qui la connaît bien Raven… Pourquoi elle n'a pas voulu venir ?

- Te prends pas la tête pour ça Clarke sérieux… Bella est comme elle est, c'est une solitaire et elle est très à cheval sur l'image qu'elle peut donner aux autres. Le monde des affaires est terrible !

- Donc elle a honte de moi selon toi ?

- Mais non ! Elle n'a pas le temps de s'amuser comme n'importe qui !

- Oui mais…

- Écoute, ce que j'ai vu dans son regard quand elle m'a parlé de toi veut tout dire ! Hé, tu parles à une spécialiste de la drague qui a pas réussi à la séduire ! Je pense que Lexa veut quelque chose de solide avec toi mais il faut lui laisser du temps… Je suis pas spécialiste dans le domaine des couples mais je pense que quand tu débutes une relation, tu tâtonnes pas mal au début non...?

- Tu as sans doute raison, soupira la blonde.

- Allez, maintenant viens t'amuser ! Vous vous réconcilierez sur l'oreiller !

- J'arrive, je termine mon verre…

La mécanicienne avait troqué son habituel treillis et débardeur pour une belle robe rouge dos nu. Elle traversa la piste de danse pour rejoindre la Blake qui se déhanchait comme une folle entre les danseurs. Les deux jeunes femmes se sourirent de manière complice et Raven ne tarda pas à venir se coller au corps de son amie de manière peu innocente mais Octavia ne la repoussa pas et continua à danser, faisant monter la température entre elles.

Clarke s'amusa à les observer danser. Elle ne savait pas ce qu'avait Octavia en tête, mais il était clair que Raven savait ce qu'elle voulait, elle. Elle se demanda comment ces deux-là allaient terminer la soirée mais son esprit avait du mal à se concentrer sur autre chose que sa dispute avec l'héritière Donati. Elle avait malgré elle, envie de rentrer et de foncer dans les bras de la brune pour lui demander pardon et se poser pour s'expliquer et lui confier ce qu'elle avait sur le cœur, ses peurs et ses envies les concernant… Après dix minutes supplémentaires, elle se décida à partir, aussi demanda t-elle sa note mais elle eut pour toute facture, une carte d'accès VIP pour les salons de l'étage donnant une vue magnifique sur la boîte. Elle essaya bien d'interpeller le barman mais celui-ci était déjà à l'autre bout du bar pour préparer d'autres consommations.

Curieuse comme à son habitude, elle se dirigea vers les escaliers menant au carré VIP, se confrontant rapidement à un videur qui lui ouvrit la porte devant la carte. Elle s'avança à travers le petit couloir à la moquette mauve pour arriver devant le salon VIP Premium, le meilleur des dix salons réservables contre une petite fortune. Elle passa la carte pour entrer à l'intérieur et distinguer des banquettes en demi-cercle en cuir noir de qualité, une table basse sur laquelle étaient déjà posées diverses bouteilles d'alcool. La vue devant elle était superbe, Clarke surplombait à présent la boîte de nuit et pouvait voir tout ce qu'il se passait à l'intérieur. Elle fit un signe à Octavia et Raven mais celles-ci ne semblèrent pas la voir, peut-être les vitres étaient-elles sans tain ? Elle se demandait bien quelle était l'identité de la personne l'ayant invitée ici, de toute façon elle n'allait pas rester. Elle n'était franchement pas d'humeur à supporter un de ces vieux touristes millionnaires pensant pouvoir s'acheter tout et n'importe quoi en passant au dessus de la loi.

Elle entendit la porte s'ouvrir dans son dos et se retourna aussitôt, mal à l'aise à l'idée de s'expliquer à un inconnu :

- Je suis désolée, je ne comprends pas qui vous êtes et pourquoi vous m'avez invitée là. Je vais vous rembourser mes consommations et…

Au fil de ses paroles, ses yeux azur s'étaient relevés pour faire face à son interlocuteur ou plutôt son interlocutrice : Lexa la fixait avec un sourire timide, habillée d'un de ces éternels tailleurs mettant son corps en valeur. Ses cheveux étaient ondulés et détachés et elle portait un peu de maquillage ce qui renforçait ses yeux verts. Le cœur de Clarke fit un bond dans sa poitrine à la vision.

- Tu es venue, souffla t-elle.

- Je ne pouvais quand même pas refuser la première invitation de sortie de ma nouvelle compagne… Si ? Souffla t-elle, prudente face aux mots employés.

Le visage de Clarke passa par différentes émotions, de la peur à l'incompréhension, de la surprise à la joie. Il ne lui fallut que quelques secondes pourtant pour traverser la pièce et se jeter au cou de la brune pour l'embrasser passionnément.

- Lexa je suis tellement désolée… Je… J'ai tellement peur de ce que je vis avec toi. Je sais que je vais trop vite peut-être… Je suis désolée… C'est juste que c'est tellement fort… Je…

L'héritière sentit le goût salé de quelques larmes sur ses lèvres alors qu'elle répondait au baiser à moitié entrecoupé par les excuses de la médecin. Elle l'enlaça avec force entre ses bras : bon sang qu'elle voulait protéger et garder cette femme auprès d'elle. Elle glissa quelques chastes et doux baisers dans son cou, la guidant pour la faire s'asseoir sur l'une des banquettes noires. Elle lui sourit avec douceur :

- C'est bon Clarke… J'ai été maladroite aussi avec toi… Mais je suis sûre d'une chose, je me battrai pour te garder, tu peux en être sûre… Tu mérites qu'on prenne soin et qu'on se batte pour toi car tu es une femme exceptionnelle.

Rapidement, les lèvres de la blonde étaient de nouveau contre les siennes et leur baiser se transforma en un baiser affamé et puissant, vibrant de cette passion qui les unissait toutes les deux depuis leur première nuit ensemble. La respiration chaotique et les doigts tremblant d'excitation, les deux femmes se stoppèrent pour se plonger dans le regard l'une de l'autre d'un commun accord.

- Je t'aime Clarke, finit par souffler la Donati.

- Je t'aime aussi Lexa, répondit la médecin, la voix tremblante.

C'était si étrange comme sensation : prononcer ces quelques mots si forts, si symboliques et aussi vite, mais c'était la vérité. Si elle avait mis du temps à dire « je t'aime » à Finn, elle venait de sauter le pas avec Lexa après quelques jours à peine. Oui, elle aimait cette mystérieuse héritière, il n'y avait pas de doute possible car tout son corps et son esprit la réclamait à chaque seconde.

La blonde attira la brune au dessus d'elle à travers un baiser tout en déboutonnant son chemisier, s'enivrant de son parfum qu'elle affectionnait tant. Cette odeur de cuir mélangée aux épices, elle avait envie de la dévorer, de lui faire l'amour jusqu'à ne plus pouvoir, de se consumer entièrement avec elle. Lorsqu'elle était avec elle, ce n'était que passion et douceur, elle se sentait revivre et en harmonie avec la Donati.

Lexa alla chuchoter à son oreille :

- Ta robe est magnifique Clarke mais j'ai très envie de te l'enlever…

- Ne demande pas, enlève-la moi, répondit difficilement la blonde en s'agrippant aux épaules de l'héritière lorsque celle-ci glissa une main câline entre ses cuisses.

La brune ne se le fit par répéter et se redressa sur la banquette, faisant se redresser la médecin pour réussir à ouvrir la fermeture de la robe et la retirer afin d'avoir le corps de son amante dans sa quasi nudité.

- Hn Lexa j'ai envie de toi, souffla la blonde en allant récupérer les lèvres de la brune un court instant avant de se cambrer en arrière sous les baisers appuyés sur sa poitrine et les caresses sous sa culotte en dentelle noire.

- Patience ma princesse… Lui répondit l'héritière en mordillant sa peau avec délicatesse, arrachant un gémissement à son amante.

Tandis que les deux jeunes femmes profitaient l'une de l'autre accompagnées de la musique de la discothèque comme fond sonore, le portable de Lexa, posé sur la table basse, afficha un message venant d'un numéro inconnu.

« La paix naît de la prudence ; Et de la paix, l'abondance. » Inconnu


Nous revoilà ! Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Ça fait du bien de voir un clexa qui se construit tranquillement non ? Bcp de petites choses qui se présentent : la grossesse d'Anya, le passé de Gustus qui ressurgit, l'arrestation de Sebastian qui a fait sauter le casino, le Beccamy qui se développe tout doucement (vous l'attendiez j'ai été surprise :D), Finn qui est bien décidé à enquêter pour récupérer Clarke, les calculs machiavéliques de Nia vis à vis de Ontari et Aden... Bref, pleiiiin de choses ! J'ai du mal à m'arrêter haha.

N'oubliez pas de me laisser votre avis, ce serait top ! Ce qui vous a plu, pas plu, les personnages que vous aimeriez voir,etc... Le prochain chapitre sera calme mais ce n'est que le calme avant la tempête comme on dit... Clexa et Octaven en prévision ;P

Pour toute demande de caprice, veuillez vous renseigner auprès de MagRd c'est elle qui gère le service "Caprices L'Héritage" xD

À bientôt :)