Hello ! Le chapitre 13 est là ! Difficile de tenir le rythme avec le boulot en parallèle ces derniers temps ! Merci pour vos reviews, follows et favs :)

Micro : Merci pour ton retour sur le chapitre 12 :) Merci pour tes jolis compliments, ils me font plaisir :D C'est top si le Octaven t'a plu, j'aime beaucoup travailler et développer le personnage de Rav' ! Je suis bien contente que le Clexa t'ait plu ainsi que le Romeoon :P À bientôt :)

Ewilian : Merci pour ton retour ! :) Haha il va falloir encore patienter pour le Octaven, courage car je suis sadique :P Oui Luciana fera une apparition dans un flashback à un moment donné :D C'est bien cool si tu as apprécié la Lexa mafieuse ^^ Finalement je n'ai pas pu mettre Aden dans ce chapitre mais il sera dans le suivant promis ! Sa relation avec Clarke évoluera aussi par la suite ainsi que celle avec Ontari ! À bientôt :)

Guest : Haha que d'impatience ! La suite est là ! Bonne lecture :)

Merci à doubi et MagRd pour la relecture ! Guerre de sang sera en 2 parties normalement ! Bonne lecture à vous ;)


Chapitre 13 : Guerre de sang – Partie 1


Le léger vent de ce début de mois de septembre soulevait par moment ses cheveux bruns teintés de mèches dorées. Anya était assise sur l'un des murets jouxtant l'entrée de l'hôpital et regardait les différents patients et leurs familles entrer et sortir du bâtiment.

À la voir assise comme ça, habillée d'un jean moulant bleu foncé, d'un débardeur noir et de sa veste en cuir, elle ressemblait à une habitante lambda de Sicile mais ce n'était pas le cas. Elle était Anya Zanetti, fille d'une famille mafieuse depuis plus de six générations et elle se battait au quotidien pour qu'on l'accepte dans ce cercle très restreint et qu'on la respecte. Il fallait avouer que le retour de Lexa avait grandement facilité son insertion au sein de la famille : la Donati avait imposé aux différentes familles mafieuses son point de vue en leur exposant la vérité. À force de garder un cercle fermé, ce dernier s'éteindrait de lui-même et leur histoire qu'ils chérissaient tant avec. Aussi, petit à petit au fil des deux ans d'un travail acharné qui n'en finirait évidemment jamais, les femmes, les homosexuels, les étrangers et les athées étaient à présent acceptés bien qu'ils occupaient une place encore fragile.

Parfois elle se surprenait à maudire ce « Dieu » en qui ses parents croyaient et respectaient plus que n'importe qui. Elle se rappelait, petite, de cette foutue communion qu'on l'avait forcée à faire où elle avait déchiré sa robe blanche pour faire enrager sa mère. On l'avait baptisée à la naissance et traînée dans les églises durant toute son enfance. À partir de sa majorité, elle n'avait jamais remis les pieds dans une église : elle les exécrait. Elle ne croyait en rien à part elle-même et pourtant elle vivait en région italienne où la religion était profondément ancrée. Elle aimait sa patrie et ne pouvait pas lutter contre ça.

- Madame ! S'exclama un petit garçon d'environ cinq ans devant elle.

- Hm ? Marmonna t-elle, sortie de ses pensées soudainement.

Le gamin lui afficha un grand sourire et des yeux bleus brillants.

- B'jour ! Il est quelle heure ?

- Bastian ! On dit s'il vous plaît et n'embête pas la dame voyons, le reprit son père qui arriva au pas de course derrière le gamin, légèrement essoufflé.

- S'vous plaît ! Il est quelle heure ?

Anya le fixa un court instant avant d'ouvrir sa veste en cuir pour plonger sa main dans sa poche intérieure. Elle sentit rapidement la crosse de son pistolet ce qui la ramena vite à la réalité : elle était une putain de mafieuse, pas une femme à qui on pouvait demander l'heure… Ses doigts, cependant, agrippèrent finalement une petite montre à gousset qu'elle sortit malgré la petite chaîne l'attachant à l'intérieur de la veste.

- Il est bientôt 12h gamin.

- Bientôt ? Dans combien de temps ?

La brune se trouva légèrement surprise, agacée évidemment mais aussi amusée étrangement. Ce sale gosse savait ce qu'il voulait.

- Dans dix minutes il sera midi.

- Merci Madame !

- Merci Madame, désolé pour le dérangement, s'excusa le père avant de se mettre à courir derrière le gamin de nouveau.

De ses yeux noisette, la mafieuse observa ces deux énergumènes entrer à toute vitesse dans le bâtiment. Elle sortit de sa poche droite un paquet pour en tirer une cigarette et la caler dans sa bouche, l'allumant ensuite.

- Tu ne devrais pas fumer Alma ! C'est mauvais pour le bébé, tu le sais !

- Je sais ! Je sais ! Désolée, c'est nerveux… Je suis stressée… Se plaignit une jolie blonde en écrasant violemment la cigarette presque neuve dans le cendrier.

Anya tira une bouffée sur sa cigarette en observant la petite scène de ménage.

- Ça va aller ma chérie, t'inquiète pas.

- Oui mais tout le monde veut que ce soit un garçon ! Si c'est une fille je vais m'en prendre plein la tête !

- Tu ne peux pas décider du sexe du bébé seule, c'est le hasard. Il faudra bien que ta famille et la mienne s'y fasse. Si c'est une fille je serais très heureux aussi, lui répondit son fiancé.

- C'est vrai ?

- Oui évidemment. On y va ?

La jeune femme hocha doucement la tête avant de s'engouffrer elle aussi suivie de son compagnon à l'intérieur du bâtiment. La main d'Anya était inconsciemment descendue sur son ventre : elle était enceinte de Gustus… Il y avait quelque chose en elle et elle refusait de mettre des mots dessus car elle n'en voulait pas. Cette grossesse lui faisait peur, elle ne voulait pas être exclue du cercle à cause de cet accident car dans la mafia, les congés maladies et parentaux n'existaient pas. Elle s'était assez battue pour se faire une place et ne voulait pas tout reprendre de zéro mais d'un autre côté elle aimait sincèrement Gustus. Elle entendait et comprenait très bien ses arguments, sa souffrance mais elle avait l'impression que contrairement à elle, lui ne l'écoutait pas. Cette excuse de « Le Seigneur ne te le pardonnera pas » l'avait mise en rage au premier abord mais ce qui l'avait le plus blessée c'était son comportement ensuite : la traîner comme une vulgaire poupée de chiffon avant de se barrer en plein entretien médical alors qu'il l'avait-lui même demandé… Elle s'était sentie honteuse malgré la délicatesse de cette Clarke Griffin. Il avait bien essayé de la rappeler mais elle avait ignoré tous ses appels. Elle ne voulait pas le voir, pas avant de s'être débarrassé de cette chose en elle.

Elle écrasa finalement sa cigarette qui s'était éteinte d'elle-même et entra dans le bâtiment pour suivre les panneaux et se rendre au service IVG.


« Déjà deux jours loin de toi et j'ai l'impression que l'on m'a arraché et sorti le cœur de la poitrine… Tu me manques Clarke. Je t'aime. Appelle-moi dès que tu le peux. » Lexa Donati-Woods

Un sourire et des rougeurs apparurent sur les joues de la belle médecin. Elle était assise aux côtés de Becca qui se portait comme un charme. La politicienne ne manqua pas de relever le changement d'état de sa chirurgienne personnelle.

- Un message plaisant ?

- Très, avoua la blonde.

- Lexa est charmante n'est-ce pas ?

- Que… Comment savez-vous que c'est Lexa ? Bafouilla la blonde.

- Oh j'ai peut-être passé les 45 ans mais mon intuition ne me trompe jamais Clarke ! Rit la brune.

- Oh hm… Je…

- Ne soyez pas gênée ma toute belle, l'amour mérite d'être croqué à pleines dents ! Vous avez raison de profiter, vous êtes jeunes, belles, profitez, c'est le principal ! Et je suis très heureuse pour Lexa ! Si à la base mon idée était de la faire décrocher du travail grâce à votre fort caractère, je ne m'attendais pas à ce que cela soit aussi réussi !

Les joues de Clarke s'empourprèrent un peu plus violemment à la remarque ce qui ne manqua pas de faire éclater de rire la politicienne.

- Vous êtes tellement amusante à rougir Clarke ! J'adore ! Je sais quelle boutique je vais vous faire voir !

- Ah… Ah oui ?

- Adriano, voulez-vous nous emmener à la boutique Ambra s'il vous plaît ?

- Bien Madame, répondit poliment le chauffeur.

- Mais vous n'aviez pas un rendez-vous ?

- Dans une heure, nous avons largement le temps de faire les boutiques !

La berline noire roula une dizaine de minutes dans les rues du centre-ville de Rome. La ville était vraiment magnifique, Clarke ne se lassait pas de dévorer des yeux chaque bâtiment. Elle aurait aimé prendre plus de temps pour visiter mais elle était là avant tout pour son travail et Becca était déjà bien aimable de lui accorder un peu de temps malgré son emploi du temps chargé.

Lorsque les deux femmes descendirent, elles furent rapidement encadrées par les deux gardes du corps de Becca. Clarke manqua de faire un arrêt cardiaque en voyant la devanture de la boutique de luxe dans laquelle la politicienne voulait la faire entrer. Elle n'eut pas le temps de protester qu'elle était déjà à l'intérieur, tirée par sa supérieure et patiente.

La blonde se retrouva rapidement entre de magnifiques rayons de sous-vêtements raffinés. La vendeuse vint les accueillir avec une grande politesse avant de les inciter à regarder ou lui demander conseil si besoin. La médecin commença malgré sa gêne à regarder les sous-vêtements, il y en avait de magnifiques : les siens faisaient pâle figure à côté, très classiques. Elle s'arrêta devant un ensemble noir parcouru d'arabesques dorées, la finesse de la lingerie la laissait sans voix. Elle regarda l'étiquette et le prix la fit reculer et se cogner dans Becca qui l'observait discrètement.

- Cet ensemble vous plaît ?

- Oui mais…

- Mettez-nous celui là s'il vous plaît ! S'exclama Becca pour la vendeuse qui arriva très vite.

- Becca non !

- Allons, allons ! Pas de protestation ou je vous rends la vie impossible le reste du séjour.

- C'est du chantage Becca ! Se plaignit Clarke.

- C'est un cadeau, corrigea la brune avec un beau sourire. Soyez mignonne, donnez-lui vos mensurations et continuez votre shopping. Voulez-vous en essayer quelques-uns et faire des photos pour envoyer à Lexa ?

- Jamais je n'oserai ! Rougit la blonde.

- Je suis sûre qu'elle apprécierait, rit Becca en filant vers d'autres rayons.

Clarke rendit finalement les armes : Becca Giordano était un peu trop têtue pour elle et contrairement à Lexa, elle n'avait rien pour se défendre. Elle continua donc à regarder les ensembles, et en repéra un bleu océan aux dentelles blanches. Elle glissa le tissu raffiné entre ses doigts avant de le prendre. Elle fila finalement dans la cabine pour essayer quelques modèles et se regarder dans le miroir. Il était sûr qu'elle avait une autre allure dans ces sous-vêtements… Elle, qui avait une image d'elle plutôt normale, se trouvait sexy. Elle sortit son téléphone portable de sa poche pour se prendre en photo. D'abord elle se prit dans une pose droite avant de jeter un coup d'œil derrière le rideau et regarder les mannequins des affiches et leur façon de poser. Elle se repositionna avant de reprendre quelques clichés qu'elle tria avant d'envoyer à Lexa avec comme seul message :

« Quelques pensées affectueuses pour toi belle sicilienne… » Clarke Griffin.

La réponse ne tarda pas, à peine était-elle en train de remettre son jean que son portable se mit à vibrer pour faire apparaître le nom de son amante. Cela lui arracha un grand sourire et elle décrocha en chuchotant.

- Clarke Griffin à l'appareil ?

- Clarke…

- Oui ?...

- Est-ce que tu ne ferais pas tout depuis deux jours pour m'inciter fortement à te rejoindre en Italie ? Demanda la brune de sa voix exotique et étrangement rauque.

La blonde se mordilla la lèvre au son de voix de son amante : Lexa devait en ce moment-même être au bord de l'explosion niveau excitation.

- Moi ? Non, jamais. Je sais que tu es très occupée par tes affaires…

- Tu ne veux pas que je vienne alors ?...

- Si…

- …

- Rejoins-moi Lexa… Je n'en peux plus d'être loin de toi… Je veux sentir ton parfum, voir tes yeux verts me déshabiller et serrer ton corps contre le mien. Je veux t'embrasser, te mordiller, te lécher… Souffla à son tour d'une voix rauque de plaisir la médecin.

Seul un soupir étouffé lui répondit ce qui étira un peu plus son sourire. Elle n'avait pas pensé que ce serait si difficile d'être si loin de sa nouvelle moitié et ce petit jeu coquin et d'excitation mutuelle qu'elles avaient entamé dès le premier soir l'amusait et l'excitait beaucoup.

- Lexa…?

- Je suis là…

- Tu ne peux vraiment pas venir ?

- Si je viens c'est pour te faire l'amour toute la journée le temps de ton séjour car je serais incapable de te partager avec Rome et Becca…

- Hm c'est un programme qui ne me déplairait pas… Tu me manques mon amour…

- Toi aussi, tu me manques. La maison à l'air si vide sans toi…

- Clarke ? Tout se passe bien ?

- Euh oui Becca ! J'arrive !

- Tu es avec Becca ? Demanda la brune, surprise.

- Oui…

- Dans une boutique de lingerie féminine ?...

- Tu n'aurais pas eu ces photos autrement, rit la blonde.

- Hm, grogna la Donati.

- Quoi ?

- Rien…

- Lexa ne commence pas à ne pas me dire ce que tu penses, la gronda Clarke en renfilant son t-shirt difficilement.

- Tu es juste avec une autre femme dans une boutique de lingerie féminine…

- Non… Tu es jalouse ? S'amusa la blonde.

- Non, se rembrunit aussitôt l'héritière.

- Si tu l'es…

- Peut-être un peu… Avoua la brune finalement.

- Ça m'excite que tu veuilles me posséder entièrement Lexa Donati-Woods, la taquina la médecin.

- Je vais vraiment finir dans ta chambre d'hôtel ce soir si tu continues Clarke.

- Quelle charmante idée… Qu'est-ce que je pourrais rajouter… Hm… Becca vous voulez bien me dire ce que vous pensez de cet ensemble sur moi ?

- Non ! Je ne suis pas d'accord ! S'exclama Lexa.

Un rire nerveux s'échappa de la bouche de Clarke, arrachant un nouveau grognement à son amante qui marmonna :

- Elle ne va pas le faire n'est-ce pas ? Tu plaisantais ?

- Bien sûr, elle est partie répondre à un coup de fil haha !

- La prochaine qui prendra une fessée, c'est toi Clarke Griffin.

- Je t'attends, la défia t-elle.

- Tss, quelle insolence. Je dois y aller, je t'aime.

- Je t'aime aussi et je t'attends !

Elle put facilement deviner le sourire qu'avait esquissé la brune malgré les kilomètres les séparant à l'heure actuelle.


Lexa posa son téléphone portable personnel sur son bureau avec un soupir amusé. Décidément, Clarke avait le don pour lui faire oublier qui elle était en réalité. Cette femme était vraiment merveilleuse et elle avait encore du mal à croire ce qu'elle vivait actuellement. Elle ne s'était pas sentie si vivante depuis des années. Même lorsqu'elle était partie étudier et se cacher aux Etats-Unis après l'assassinat de Costia, elle n'avait pas pris le temps de profiter de la vie comme elle le faisait là.

Ce ne fut que lorsqu'on toqua à sa porte, qu'elle se rendit compte qu'elle était dans cette grande pièce sombre et froide, installée derrière son bureau en chêne.

Elle était de nouveau la Dona.

Elle prit quelques secondes pour faire partir ce sourire amoureux sur ses lèvres et remettre son masque froid et impénétrable afin d'accueillir Gustus qui entra après l'invitation orale de sa supérieure. Lexa leva ses yeux verts sur lui et l'incita à parler d'un clignement de cil.

- Dona, je viens de recevoir un message de Athol. Quint nous sera livré demain soir dans le lieu et l'heure qui nous conviendra.

- Bien. Je te laisse organiser la rencontre.

- Bien Dona.

Un geste de la main permit au sicilien de sortir de la pièce. Un son de portable qui vibre se fit ensuite entendre, faisant tourner la tête à la Donati vers le tiroir de droite du bureau. Elle sortit une clé cachée de sa poche pour le déverrouiller et chercher parmi la dizaine de portables prépayés celui ayant émis un son. Une fois en main, elle lut le message avec attention, celui-ci venait du numéro d'Anya.

« Dona, j'ai besoin de vous parler au plus vite. »

La brune ne leva pas un sourcil à la demande. Elle était habituée à ce que ses lieutenants demandent régulièrement à la rencontrer, aussi se contenta t-elle de lui adresser une heure avant de fermer le clapet du portable et le remettre dans le tiroir. Elle vérifia ses autres messages afin de s'informer sur un éventuel imprévu mais visiblement ses affaires étaient calmes.


- Vous allez le faire Charles ou je vous assure que votre carrière est terminée ! Asséna la femme aux cheveux blonds platine.

- Vous n'y pensez pas Nia… C'est insensé comme plan ! De la pure folie !

- Qui vous verse votre argent tous les mois ?!

- Vous mais…

- Alors vous ferez ce que je dis !

- Roan commence à prendre les affaires de la famille en main… Je croyais que vous vouliez qu'il s'y mette ? Pourquoi vouloir lui faire ça ?

- Qu'il accepte son héritage et le respecte oui c'est ce que je voulais ! Pas qu'il crache sur le nom des Barzetti en s'agenouillant devant cette maudite bâtarde de Donati !

- Nia si vous faites ça c'est une véritable guerre que vous allez déclencher.

- Assez des guerres froides et invisibles ! La guerre a été déclarée lorsque l'un de mes casinos a explosé avec mes plus fidèles collaborateurs en politique !

Charles Pike glissa une main sur son crâne rasé en fermant un court instant les yeux. Il se pinça ensuite l'arrête du nez sous la réflexion. Ce que lui demandait Nia était un immense service : il risquait sa carrière si cela finissait par être découvert mais il était fidèle à la famille Barzetti depuis plus de vingt ans à présent. C'est grâce à eux qu'il avait réussi à devenir commissaire. Ils se renvoyaient l'ascenseur régulièrement et même si Nia était parfois extravagante dans ses demandes, il fallait bien avouer qu'elle était une tacticienne plutôt douée.

- Très bien, je vais le faire mais je veux carte blanche sur votre portefeuille pour agir.

- Vous l'avez.

- Concernant Roan…

- Ne vous occupez plus de Roan, j'en fais mon affaire, le coupa la matriarche. Pour ce qui est des demandes prenez ce téléphone et appelez le numéro préenregistré. On vous fournira tout ce dont vous avez besoin.

Le commissaire hocha la tête et récupéra le petit mobile prépayé pour le glisser rapidement dans sa poche de jean. Il jeta un dernier regard à Nia mais celle-ci était déjà en train de partir vers une autre pièce.


Les pas de l'aînée des Barzetti l'amenèrent vers sa chambre personnelle. Elle y entra et sourit en voyant un homme allongé sur son matelas.

- Toujours à l'heure mon cher amour, souffla t-elle en refermant la porte derrière elle.

- Pour ma reine, toujours.

Nia glissa agilement jusqu'à son lit où l'homme d'une quarantaine d'années était allongé, un pistolet entre les mains.

- As-tu réussi à entrer sans difficulté ?

- Diego m'a aidé en divertissant les gardes… Jamais je n'aurais cru être recherché aussi dans ma propre famille…

- Ce n'est que temporaire mon tout beau… Tu as toujours été mon plus fidèle homme de main… Jamais je ne laisserai quiconque te faire du mal…

- Vraiment ma reine ?

- Il n'y a que moi qui puisse te faire du mal, tu m'entends Quint ?

- Oui…

- Fais-moi confiance et je ferais de toi mon roi.

Un sourire fin s'étira sur le visage du sicilien qui posa son arme sur la table de nuit la plus proche. Rapidement, ses lèvres vinrent se coller durement aux lèvres de la matriarche des Barzetti. Les deux amants s'embrassèrent passionnément tandis que les doigts grands et fins de Nia arrachaient plus les boutons de la chemise noire de Quint qu'ils ne les défaisaient. Ses ongles vinrent griffer la peau bronzée et les pectoraux bien dessinés du sicilien qui grogna légèrement de douleur avant de plaquer avec force son amante sous lui.

- Je ferais tout pour toi ma reine… Murmura son homme de main en allant caler une main forte sur la cuisse de la soixantenaire.


- Bonsoir Anya, la salua Lexa après s'être assise dans son fauteuil.

- Bonsoir Dona, répondit poliment la mafieuse.

Cette fois-ci, Racoon avait réussi à s'immiscer dans le bureau de la Donati et celle-ci par nostalgie de Clarke, avait décidé de le laisser rester. Le félin était donc allongé de tout son long sur le bureau et fixait de ses yeux verrons l'intruse tout en se faisant caresser par l'amante de sa maîtresse, lui faisant échapper quelques ronronnements.

- Je voulais vous voir au sujet d'une affaire personnelle.

- Je t'écoute.

- Je ne sais pas si le Docteur Griffin vous a parlé de…

- Le Docteur Griffin est tenue au secret professionnel pour tous ses patients Anya. Je ne sais rien de l'affaire qui t'amène à moi ce soir.

Anya expira à cette information. Elle ne savait pas si elle devait être heureuse ou malheureuse. Peut-être aurait-elle préféré que Clarke en parle à Lexa mais au final pourquoi lui en aurait-elle parlé ? Comme le disait la Donati, le Docteur Griffin était médecin avant tout. Le rôle d'amante si c'était bien le cas au vu de ce qu'elle avait vu au sujet des deux filles, venait bien après tout cela… Qui plus est, Clarke n'était pas au courant au sujet de la Mafia puisque sa Dona leur interdisait de l'appeler ainsi en présence de la blonde ou de parler des affaires.

- Je… Je suis enceinte.

Lexa haussa un sourcil à cette information.

- Au vu de ton visage, je ne saurais dire si tu attends des félicitations ou plutôt des reproches Anya.

- Ni l'un ni l'autre bien que les reproches me semblent plus adaptés…

- Que comptes-tu faire ?

- J'ai pris rendez-vous pour avorter. Je voulais simplement vous le dire.

Le regard de Lexa se teinta d'une lueur empathique à cette information.

- D'accord.

- Ça ne vous dérange pas Dona ? S'inquiéta la Zanetti, surprise de la réaction de sa supérieure : elle se serait attendue à être traînée dans la boue voir renvoyée du cercle mafieux pour un tel affront à la religion de la famille.

- Que veux-tu dire ?

- La religion chrétienne condamne l'avortement…

- Es-tu chrétienne ?

- Je suis baptisée mais…

- Mais ?

- Je n'y crois pas mais la famille si et…

- Anya, j'ai fait changer beaucoup de choses durant ces deux ans. Crois-tu que la religion chrétienne tolère les homosexuels ? Demanda durement la brune.

- Non mais vous Dona… Je…

- Ce n'est pas parce que je suis la Dona que Dieu fera une exception.

La brune tendit le bras pour attraper une chaîne en or enroulée sur le bras d'une petite statue de marbre où brillait une petite croix chrétienne. Celle-ci la caressa avec douceur pour la désigner à Anya.

- Les portes du paradis me sont fermées à présent que ce soit pour mon orientation sexuelle que pour les crimes que j'ai commis. Si Dieu peut pardonner mes crimes, jamais je ne pourrais moi, me les pardonner Anya. Cela ne m'empêche pas de croire à cette puissance divine qui veille sur nous mais il faut savoir évoluer et vivre avec son temps.

Les paroles de la Donati avaient le don de l'apaiser. Bien que Lexa était sa cadette de dix ans, Anya était en totale confiance à ses côtés et elle comprenait pourquoi Gustus lui était si fidèle ainsi qu'elle-même. Lexa était une femme exceptionnelle et pleine de qualités.

- Des générations de mafieux se sont succédées avant nous et s'en sont remis au jugement divin mais le monde a changé Anya, tu es libre. La femme s'est autant battue que l'homme pour avoir des droits. L'avortement en Italie et ses régions est autorisé depuis 1978 bien qu'il soit très difficile de l'obtenir j'en suis consciente… C'est bien pour ça que moi et Becca nous nous sommes battues pour ouvrir un service IVG au sein du nouvel hôpital de Syracuse. Un enfant est une immense responsabilité, mieux vaut être prêt avant d'en faire un. Si tu ne souhaites pas le garder, arrête d'écouter les autres et suis ta propre voie. Toi seule sais quoi faire.

Pour la première fois depuis des années, Anya sentit ses yeux devenir humides. C'est comme si toute cette douleur présente en elle depuis sa plus tendre enfance décidait de s'évacuer tout doucement. Cette douleur d'être femme, peu considérée et écoutée, jugée trop souvent rapidement... Les larmes commencèrent à descendre malgré elle le long de ses joues.

- Je ne sais pas Dona… Je ne sais pas…

- Cet enfant, est-il de Gustus ?

- Oui… Je ne veux pas lui faire de mal mais…

- Lui en as-tu parlé ?

- Il refuse que j'avorte… C'est pour ça qu'il a demandé au Docteur Griffin de nous recevoir. Il pensait qu'elle l'appuierait dans sa démarche mais…

- Mais le Docteur Griffin a fait son travail correctement, n'est-ce pas ?

- Oui, elle ne m'a pas jugée devant ma décision d'avorter.

- Cela t'a t-il aidée ?

- Oui. Elle m'a aussi expliqué les autres possibilités.

- D'accord.

- J'ai peur de perdre tout ce pour quoi je me suis battue depuis des années Dona si je garde l'enfant…

- Tu as ta place dans cette famille peu importe ce qui peut t'arriver. Que ce soit une grossesse, un avortement ou une jambe coupée, tu seras toujours l'une de mes Lieutenants Anya Zanetti. J'ai toute confiance en toi et je te considère plus comme une amie qui m'est chère que comme une femme de main.

Anya releva les yeux à cette information, surprise et émue. Lexa se pencha légèrement pour tendre une main douce que la mafieuse en face d'elle attrapa délicatement bien que tremblante.

- Tu me respectes depuis toujours, tu ne me juges pas alors j'en ferais de même pour toi Anya. Que tu sois dans le besoin ou dans la richesse, je serais toujours là à tes côtés pour t'épauler comme tu le seras pour moi.

- Merci Dona…Souffla son aînée en allant poser un baiser sur la main de sa supérieure qui sourit tendrement devant l'action.

- Ne reste pas si loin de Gustus, vous êtes faits l'un pour l'autre, ça ne fait pas de doute. Prends le temps de lui expliquer ce que tu ressens. C'est un bon sicilien avec des principes et qui plus est amoureux de toi. Il finira par comprendre et accepter Anya, qu'importe la décision que tu prendras.

La Zanetti hocha doucement la tête avant de relâcher la main tendue pour se lever et sortir de la pièce après un dernier remerciement.


Clarke retira ses talons avec un soupir de soulagement. Il était deux heures et demi du matin passées et elle n'hésita pas à s'étaler de tout son long sur le lit luxueux de sa chambre d'hôtel. Jamais elle n'aurait imaginé ce qu'était un « Becca'day » comme elle aimait les surnommer. Becca était une vraie tornade ambulante : impossible de l'arrêter. Pas étonnant que par moment elle tombait d'épuisement, elle avait toujours quelque chose à faire. Néanmoins, Clarke avait profité de la compagnie de la politicienne pour élargir son cercle social et se faire des contacts intéressants.

La blonde jeta un coup d'œil aux nombreux sacs de boutiques de luxe dans lesquelles Becca l'avait emmenée. Son regard se porta ensuite sur son MacBook doré qu'elle alluma rapidement pour aller consulter ses mails en attendant que son portable recharge : elle était tombée en panne de batterie en début de soirée ce qui l'avait plutôt agacée. Elle rêvait de lire quelques mots de Lexa mais sa messagerie ne contenait que quelques mails de collègues à elle ainsi que des newsletters auxquelles elle s'était abonnée. Elle se surprit à rêver de leur appel de ce matin et à penser à la possibilité de voir Lexa débarquer en Italie pour la retrouver.

Elle sursauta quand on toqua à sa porte et ouvrit des yeux étonnés en regardant l'heure. Impossible que ce soit le room-service et Becca aurait appelé pour qu'elle vienne directement dans sa chambre. Était-ce possible que Lexa se soit réellement déplacée ? Mon dieu, elle en rêvait ! Après tout, la brune l'avait bien rejointe secrètement dans la boîte de nuit… Elle se leva rapidement tout en se regardant quelques secondes dans le miroir pour vérifier qu'elle était présentable : elle portait encore sa robe de cocktail noire qui la mettait en valeur.

Sa main glissa sur la poignée dorée de la porte et elle ouvrit, prête à se jeter dans les bras de la Donati. Quelle fut sa surprise de se retrouver face à Bellamy Blake qui la regarda de son côté de manière interloquée.

- Bell ? Demanda t-elle, surprise.

- Oh Clarke !... Excuse-moi, j'ai dû me tromper de chambre je…

- Mais qu'est-ce que tu fais en Italie ?

- Le Commissaire Pike m'a invité à assister à une remise de médailles d'un de ses collègues… Je ne pouvais pas refuser alors me voilà…

- Dans le même hôtel que moi ? Demanda la médecin, suspicieuse : Bellamy n'avait vraiment pas les moyens pour se payer une chambre ici.

- Hm…

Le grand brun grimaçait et se frottait l'arrière du crâne, faisant virevolter ses boucles noires légèrement.

- Je cherchais la chambre de Becca en fait… Pour lui faire une surprise…

- Han ! Becca et toi êtes…!

- Chut ! Répondit Bellamy en plaquant sa main sur la bouche de la blonde qui lui mordit la main par réflexe. Aïe !

- Désolée mais ne mets pas ta main devant ma bouche bon sang…!

- Excuse-moi. Donc, hm, la chambre de Becca ?

Clarke lui désigna du doigt la porte à sa droite.

- Merci Clarke. Oh, euh si tu pouvais éviter d'en parler notamment à O' ?

- Pas de soucis, je serais muette comme une tombe.

- Tu es géniale, merci. Dis, est-ce que Finn t'a appelée ?

- Non pourquoi ?

- Je l'ai mis à pied il y a quelques jours.

- Ah.

- Tu ne veux pas savoir pourquoi ?

- Finn et moi ne sommes plus ensemble Bellamy. Sa vie privée et professionnelle ne me regarde plus sauf s'il souhaite m'en parler. Respectons au moins ça.

- Tu as raison. Bonne nuit Clarke.

- Bonne nuit Capitaine Blake, le taquina t-elle.

Le policier lui fit un clin d'œil avant d'aller toquer à la porte de Becca Giordano. Clarke fila rapidement retirer sa robe. Bien qu'elle était déçue de l'identité de ce visiteur surprise, il fallait avouer que voir un visage familier était rassurant. Elle se faufila sous la douche puis sous ses draps une fois en nuisette. Un grand sourire naquit sur ses lèvres à la vue d'un nom aux consonances italiennes apparaître sur sa boîte de réception.

« Bien que tu dois avoir rejoint les bras de Morphée à l'heure où je t'écris ces quelques lignes, sache que mes bras attendent impatiemment de te retrouver afin de te serrer et ne plus jamais te quitter. Je t'aime Clarke, passe une nuit calme et reposante. Lexa Donati-Woods »


Roan Barzetti ajusta ses boutons de manchette soigneusement. Il se fixa dans l'immense glace devant lui : il avait toujours pris grand soin de son image personnelle. Il était après tout bel homme, grand et musclé avec des yeux bleus presque aussi clairs que ceux de sa mère. Il n'avait aucun mal à séduire les femmes bien qu'il n'était pas encore marié malgré ses presque trente ans. Maintenant qu'il avait repris les rênes des affaires de la famille Barzetti, il se doutait bien qu'il devrait marcher dans les traces de ses prédécesseurs masculins : trouver une belle et gentille femme qui porterait ses enfants et lui donnerait des héritiers mâles. Pourtant cette pensée le faisait se sentir étrange, il ne s'était jamais vu dans ce contexte mais pour protéger sa petite sœur Ontari, il le ferait.

- Monsieur Barzetti, Quint est arrivé.

- Se doute t-il de quelque chose ?

- Non Monsieur, il attend vos instructions pour l'assassinat factice que vous vouliez lui transmettre de vive voix.

- Très bien.

Le brun se coiffa de son éternel catogan soigné avant de marcher devant son homme de main. Les deux hommes arrivèrent dans le grand salon de la demeure où plusieurs hommes de main étaient postés mains croisées dans le dos, droits et fixes comme des statues. Sa mère, était assise à la grande table et mangeait imperturbable, une assiette remplie de denrées appétissantes en cette fin de soirée aux côtés de Ontari qui paraissait silencieuse et préoccupée.

- Quint, notre plus fidèle ami, sourit Roan en s'approchant du grand homme au crâne rasé derrière lequel était posté son collègue blond du nom de Diego.

Quint sourit en allant répondre à la poignée de mains de son nouveau supérieur.

- Monsieur Barzetti, c'est un honneur de vous voir en personne.

- Le plaisir est partagé. J'ai cru entendre que vous étiez recherché par la police et la famille Donati. Il a été difficile de vous contacter sans vous mettre en danger.

- Toutes mes excuses, ces histoires ne sont que passagères. D'ici un mois, tout sera redevenu à la normale.

- Donc vous pensez tout de même pouvoir répondre à ma demande malgré les recherches ?

- Évidemment, Quint Iabarazzi sera toujours disponible pour la famille Barzetti.

- Excellent. Vous acceptez donc selon ma mère et les informations que j'ai à votre sujet, tout type de mission ?

- Oui Monsieur Barzetti et vous ne vous occupez de rien. Quint s'occupe de tout.

- Vous êtes l'homme qu'il me faut alors.

- Je vous écoute.

Roan leva un bref regard sur les différents hommes de main présents avant de dire froidement :

- Saisissez-le.

Quint parut surpris mais n'eut pas le temps d'attraper son arme à feu alors que des bras puissants venaient l'immobiliser et le désarmer.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?!

- La mission que je vais vous confier va être une mission de paix Monsieur Iabarazzi.

- Quoi ?!

- Les Donati sont prêts à installer une paix durable en échange de vous. Bien que sacrifier un homme ne me plaise pas, je me suis dit qu'il valait mieux leur céder un seul homme plutôt que des centaines de vies dans cette guerre de famille interminable.

- Quoi ?! Vous allez faire la paix avec cette maudite bâtarde lesbienne ?! Honte à vous ! Vous trahissez nos commandements !

- Silence ! Ordonna Roan, furieux. Je vous interdis de parler de la Dona ainsi ! Emmenez et préparez-le pour la livraison.

- Enfoirés ! Lâchez-moi !

Roan se déplaça à la suite de ses hommes pour fixer durement le plus fidèle homme de main de sa famille se faire embarquer et malmener. Il se dirigea ensuite vers la table pour rejoindre la place qui lui revenait près de sa mère. Une domestique lui apporta une assiette pleine qu'il commença à déguster en silence. Il s'était attendu à plus de résistances vis à vis de ses hommes voir de sa mère car Quint travaillait pour eux depuis l'âge de seize ans mais visiblement, tout le monde ici avait enfin reconnu sa place et il commençait enfin à apprécier cette saveur de victoire. L'histoire des Barzetti allait changer grâce à lui, les futurs héritiers sauraient que leur père ou grand-père aurait enfin eu le courage de mettre de côté une guerre de sang en acceptant de prêter allégeance à la première parraine de la Sicile. Sa bouche mâchait sans réel appétit sa viande mais pourtant, au fond de lui, il sentait que quelque chose n'allait pas. Il repoussa son assiette pour attraper une pomme rouge, croquant dedans afin de faire couler le jus sucré sur sa bouche comme il aimait tant le faire depuis sa plus tendre enfance.

- Roan ? Demanda avec douceur sa mère.

- Oui ? Répondit-il en se tournant vers elle.

Un frisson le parcourut de la tête au pied lorsqu'il sentit une douleur aigue au niveau de l'abdomen. Ses yeux descendirent vers sa chemise blanche qui se teintait à présent d'un rouge sombre. Il avala difficilement sa salive devant la dague plantée dans son corps, en plein dans son foie pour être exact. Sa main droite malgré les tremblements se saisit du manche de la dague pour la retirer durement tout en se levant.

Roan trébucha et s'étala sur le sol alors qu'Ontari criait d'effroi devant son frère se vidant de son sang.

- Roan ! Cria t-elle en pleurs.

- Onta… ri… Murmura t-il difficilement.

Il appuyait tant bien que mal sur sa blessure pour empêcher le sang de sortir mais cela semblait perdu d'avance. Il commençait déjà à avoir des sueurs froides et tremblait sur le sol carrelé qui lui semblait encore plus froid que d'habitude.

- Appelez les secours bande d'imbéciles ! Cria la jolie brune en se tournant vers les hommes de main qui semblaient tétanisés sur place devant ce retournement de situation.

- Personne ne sera appelé ma petite fille adorée, siffla d'un air mauvais Nia.

- Mère…! Je vous en supplie ! C'est mon frère ! Votre fils !

- Mon fils est mort dès le moment où il a choisi de croire en cette maudite Donati.

- Roan, reste avec moi ! Accroche-toi ! Le supplia sa sœur cadette.

Nia glissa tel un serpent vers le corps ensanglanté de son fils pour s'agenouiller près de lui, teintant ainsi sa jupe blanche du sang de sa propre chair. Elle vint saisir le visage de Roan pour le caresser alors que les yeux de ce dernier s'ouvraient et se fermaient alternativement comme pour s'accrocher à la vie.

- Au revoir mon petit ange… Salut ton père et ton oncle adoré de ma part veux-tu ?

- M… Mère… Pour…

- Shhht… Ne parle pas. Laisse-toi aller…

- Sal…

- Quoi ? Que dis-tu ?...

- Sale pute… Si tu touches à… Ontari… Je…

Un léger rire sarcastique échappa à sa mère qui passa une main sur l'épaule de sa fille.

- Je ferais de ta sœur une reine, ne t'en fais pas. Je lui offrirai tout ce dont elle désire contrairement à toi, maudite larve ingrate.

Sur ces derniers mots et avec un dernier regard froid pour son fils, elle se leva pour se diriger vers ses hommes de main à présent.

- Débarrassez-moi du corps et nettoyez moi ce foutoir. Libérez Quint aussi, nous avons une petite affaire à préparer ensemble.

- Bien Madame Barzetti, répondit un des hommes de main.

Les autres se contentèrent de hocher la tête après un regard désolé vers le corps de l'héritier mâle au bord de la mort.

- Roan… Je t'en prie… Accroche-toi… Je…

- Chut… Onta… Calme…toi…

- Je veux pas que tu meurs ! Pleura la brune.

- Approche…

La jeune femme se pencha sur son grand frère pour approcher son oreille de sa bouche et entendre ce qu'il avait à lui murmurer. Elle fronça les sourcils avant de secouer la tête.

- Je le ferais avec toi Roan ! Putain ! Roan ! S'il te plaît !

Mais aucune réponse ne sortit des lèvres du grand jeune homme.

- Mademoiselle Barzetti… Laissez-nous faire… Indiqua un homme de main.

- Ne le touchez pas ! Je vous l'interdis ! Hurla t-elle en attrapant la dague qui avait servi à tuer son frère.

Elle menaça quelques minutes ses employés avant de lâcher l'arme et de se remettre à pleurer sur le corps encore chaud de son frère aîné.

- Roan…! Réussi t-elle à articuler malgré ses sanglots dans un dernier cri de désespoir.


Le voyage professionnel en Italie touchait à sa fin et bien que Clarke avait adoré découvrir les différentes villes de l'Italie grâce aux déplacements et interventions de Becca pour inciter les italiens à voter pour elle durant les futures élections, elle avait hâte de rentrer. Elle voulait retrouver Lexa, Racoon, Roméo, la maison et son hôpital. Être la médecin-chirurgienne de Becca presque H24 était en fait plus fatigant et difficile qu'elle ne l'aurait cru. Elle avait évidemment suivi le rythme mais il fallait avouer que l'adrénaline lui manquait : elle aimait beaucoup trop sauver des vies et donner espoir aux familles après chaque opération.

Habillée d'un ensemble tailleur noir très chic, elle attendait devant le Sénat de Rome que Becca veuille bien sortir afin de se rendre ensemble à l'aéroport grâce à la berline qu'avait louée la politicienne pour son séjour ici. Elle sursauta lorsque Bellamy la héla d'assez loin.

- Hey Bellamy ! Tu n'es toujours pas parti ? C'était bien ta remise de médaille ? Demanda t-elle une fois que le brun se fut approché d'elle.

- Intéressant, j'ai rencontré du monde et récupéré quelques cartes professionnelles. Ça nous sera utile d'avoir des contacts à la cellule anti-mafia.

- J'imagine, sourit la blonde.

- Alors ta visite de l'Italie ?

- Rapide et effrénée, je dirais, rit la médecin.

- Je veux bien te croire, Becca est inépuisable n'est-ce pas ?

- Totalement ! Je ne sais pas d'où elle tire cette force !

- Je n'en ai aucune idée non plus… Hm personne ne garde la voiture depuis tout à l'heure ?

- Si, il y a le… Ah bah, il a dû partir aux toilettes, j'imagine ? Répondit Clarke. En fait je viens de sortir du Sénat i peine deux minutes.

- D'accord.

Bellamy ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Il était étonnant de la part de l'équipe de gardes du corps de Becca qu'aucun d'eux ne soit resté près de la berline bien que d'autres véhicules et chauffeurs étaient présents pour d'autres politiciens. Il se détendit finalement lorsqu'il vit un homme en costard soigné, s'installer au volant après avoir réajusté sa cravate. Comme l'avait dit Clarke, ce dernier avait peut-être dû profiter d'une pause vessie en attendant sa supérieure.

- Capitaine Blake, appela une voix grave.

- Ah Commissaire Pike, je vous attendais justement, répondit Bellamy. Clarke, je te présente mon chef, le Commissaire Charles Pike. Commissaire, voici Clarke Griffin, elle est médecin à l'hôpital de Syracuse.

- Enchanté Mademoiselle Griffin.

- De même, sourit la blonde.

- Alors vous travaillez à l'hôpital qui a ouvert il y a tout juste deux ans ?

- C'est ça, je suis chirurgienne dans le service des urgences.

- Nous sauvons tous les trois des vies ici alors, sourit l'homme noir.

- On dirait bien, s'amusa la jeune femme.

- L'Italie vous a donné envie de prendre des vacances ?

- Oh j'aurais aimé que ce déplacement soit pour des vacances mais je suis aussi la chirurgienne et médecin de Madame Becca Giordano.

- Ah bon ? S'étonna ce dernier.

- Longue histoire mais Becca a su me convaincre. D'ailleurs je crois que je vais me mettre au chaud dans la voiture, il commence à faire frisquet.

- Très bien… Bonne soirée alors Docteur Griffin. Capitaine Blake, nous allons pouvoir partir de notre côté alors. Je… Aïeeee ! S'exclama le supérieur du brun en se tenant le bas du dos.

Clarke qui s'était éloignée de quelques mètres pour rejoindre la berline, sous le cri du supérieur de Bellamy s'était retournée brusquement, alertée.

- Commissaire Pike ?! Tout va bien ?

- Aahh mon dos bon sang ! Saloperie d'arthrose ! Je crois que je suis bloqué… Grimaça t-il en mimant une douleur à la perfection.

- Venez par ici, je vais vous ausculter sur ce banc et je ferais appeler une ambulance si la douleur est trop forte, indiqua la blonde.

La médecin fit retirer avec douceur la veste kaki du supérieur de Bellamy qui semblait inquiet pour son collègue. Elle releva le pull et le t-shirt avant de placer ses mains dans le dos pour vérifier où avait mal l'homme. Pike sursauta à certains appuis ce qui arracha à Clarke des petits hochements de tête.

- Vous avez parlé d'arthrose tout à l'heure, avez-vous fait des radios de la colonne vertébrale ?

- Non, mon médecin me tanne pour que je les fasse mais je n'ai pas le temps.

- Décidément il n'y a qu'en Sicile où l'on a jamais le temps de se faire soigner, plaisanta t-elle. Vous allez prendre ça pour la douleur, indiqua t-elle en sortant de sa sacoche de médecin une boîte qu'elle ouvrit pour donner deux cachets au policier.

- Merci.

- Cela devrait vous soulager quelques heures.

- Oulala Clarke ! Il faut y aller ! Nous allons rater notre avion ! S'exclama la voix de Becca en courant sur ses talons vers la berline suivie de ses gardes du corps.

- J'arrive Becca, deux petites minutes !

Pike fit mine de se relever mais grogna de nouveau ce qui incita Clarke à sortir sa petite bouteille d'eau personnelle afin de la lui tendre et lui faire avaler les antidouleurs. Bellamy, ne put s'empêcher de regarder son amante courir et monter dans la voiture à toute vitesse : Becca était vraiment terrible et cela le faisait rire intérieurement.

- Clarke ! Vite ! La pressa la politicienne en refermant sa portière.

Clarke s'excusa auprès des deux policiers et se leva du banc pour se mettre à trottiner vers la berline accompagnée de Bellamy qui souhaitait dire un mot à Becca. Le commissaire de Syracuse tourna la tête vers la voiture de la Giordano, le cœur battant. Il glissa ses mains dans ses poches de manteau, observant simplement.

Le moteur de la voiture vrombit lorsque le chauffeur tourna la clé dans le contact. Bellamy eut tout juste le réflexe de plonger à terre en tenant Clarke contre lui lorsque la voiture explosa brusquement, les soufflant sur quelques mètres tout en faisant voler des morceaux de taule sur un large périmètre.

La tête de Clarke lui tourna quelques instants, ses tympans étaient douloureux et ses côtes droites aussi. Lorsqu'elle se releva ce fut pour contempler, interdite la voiture en flammes de Becca Giordano dont le corps était encore assis bien que carbonisé à l'arrière avec ceux de ses gardes du corps. La blonde se leva aussitôt pour courir vers la voiture en hurlant :

- BECCA ! NON ! BECCAAAA !

- Clarke ! S'exclama Bellamy malgré ses larmes.

Le Capitaine de la cellule anti-mafia la rattrapa et l'empêcha de se diriger vers les décombres fondus et brûlants de la carcasse métallique. Une autre explosion due à la chaleur et l'essence présente dans le réservoir les re-souffla en arrière.

- Je dois l'aider ! Cria Clarke. Je dois l'aider !

- Clarke arrête ! C'est fini… C'est fini Clarke… Souffla Bellamy en la serrant avec force contre lui malgré ses propres larmes.

Le brun tourna la tête pour voir les dégâts aux alentours : une dizaine de personnes étaient au sol et gémissaient. Certains semblaient juste sonnés tandis que d'autres avaient des morceaux de taule de voiture dans le corps. Pike était au sol aussi et semblait avoir du mal à se relever.

- Becca… Souffla le brun en berçant Clarke dans ses bras.

Ils auraient pu tous mourir si Pike n'avait pas eu mal au dos quelques minutes auparavant. Le destin avait visiblement été clément avec eux ce soir-là contrairement à Becca…


La nuit était installée depuis quelques heures. Lexa regarda sa montre : l'avion de Clarke et Becca devait être sur le point de décoller. Elle était habillée d'un tailleur noir et d'une veste en cuir longue dans laquelle elle avait cachée un Beretta car malgré la bonne volonté et la rapidité des Barzetti à lui livrer Quint, elle n'avait toujours pas confiance en eux. Lorsque la voiture s'arrêta après avoir roulé sur un chemin terreux pendant une bonne dizaine de minutes, elle descendit quand Gustus lui donna son feu vert.

Cette fois-ci, Athol n'était pas seul. Il était accompagné de deux autres hommes qui attendaient près du coffre de leur voiture.

- Que signifie la présence de ces deux hommes Athol ? Demanda froidement la Donati qui était pourtant bien mieux entourée que le messager.

- Quint est plutôt difficile à transporter Madame Donati. Vous pouvez fouiller mes hommes une deuxième fois, ils ne sont pas armés.

Un claquement de doigt retentit et des hommes de Lexa fouillèrent devant les émeraudes de l'héritière sicilienne les hommes de main du messager Barzetti qui quant à lui présenta de lui-même son arme. On allait la lui retirer mais la brune fit signe que l'on pouvait la lui rendre.

- Échange de bons procédés, indiqua t-elle.

- Merci de votre confiance Madame Donati.

- Où est Quint ?

- Sortez-le du coffre, ordonna Athol.

Rapidement, des grognements et des insultes se firent entendre malgré le sac en toile placé sur le visage du sicilien qui avait semble t-il, les mains liées dans le dos. Une fois le sac retiré, il se débattit quelques minutes en reconnaissant Lexa avant de se mettre à cracher des insultes :

- Sale pute ! Tu crois que tu peux m'avoir comme ça hein ?! T'as la haine hein que j'ai blessé ton nouveau petit jouet hein ?! Tu crois que j'ai pas vu que tu la protégeais ?! T'inquiète pas, je vais lui montrer ce qu'est un véritable homme sale petite salope ! Honte sicilienne !

- Bonsoir Quint. Ravie de te revoir aussi, répondit Lexa, imperturbable.

- Connasse !

- Mettez-le dans le coffre.

Gustus désigna un de ses collègues. Ce dernier bougea de sa position pour récupérer le paquet d'échange et le faire avancer non sans difficultés vers le coffre du SUV. Alors qu'il ouvrait le coffre, Quint esquissa un sourire mauvais et d'un geste brusque détacha ses mains faussement liées dans son dos. Il attrapa souplement son Beretta caché contre sa cheville et tira dans la tête de son nouveau ravisseur.

Le coup de feu alerta immédiatement Gustus et Ryder qui se tournèrent vers Quint avant que celui-ci ne tire de nouveau mais tout aussi rapidement que l'homme des Barzetti, Athol retira la sécurité de son arme pour tirer sur la jambe de Ryder qui grogna de douleur sous l'impact de la balle dans sa chair.

Lexa recula de surprise alors que les hommes accompagnant le messager se jetaient vers les sièges passagers pour attraper des AK-49 cachés sous les tapis de la voiture. Elle eut le réflexe de sortir son arme pour tirer sur les deux hommes et les abattre d'une balle entre les deux yeux pour l'un et une dans la gorge pour le second. Gustus la protégea d'une balle tirée par Athol tandis que Ryder tirait tant bien que mal sur Quint qui tirait comme un forcené.

- Lexa contre la voiture vite ! S'exclama Gustus.

La Donati s'exécuta et se mit à couvert derrière le SUV qui encaissa quelques balles sur la carrosserie. Quint s'était décalé et caché derrière un rocher tandis qu'Athol était remonté dans sa voiture pour mettre le moteur en route et faire marche arrière. Un pneu éclata sous un coup de Ryder.

De nouveaux coups de feu retentirent jusqu'à entendre le déclic des armes vides de balles. C'est à ce moment que Quint choisit de sortir de sa cachette pour sauter dans la Mercedes de Athol. Lexa en profita pour viser et tirer, elle eut rapidement le résultat de son tir : touché. Quint lâcha un hurlement en se tenant la cuisse avant de refermer la portière derrière-lui.

- ROULE ! ROULE PUTAIN !

- Ta gueule ! Hurla Athol en démarrant pour faire un demi-tour violent qui projeta du sable et de la poussière sur la Donati et ses hommes de main.

- Ah la pute ! Elle m'a touché ! SALOPE ! AH BORDEL ÇA FAIT MAL ! SALE PUTAIN !

- Ferme ta gueule !

Lexa sortit de sa couverture en grimaçant.

- Dona, est-ce que ça va ? Demanda Gustus, inquiet.

- Ça va, je n'ai rien. Il faut emmener Ryder à l'hôpital, indiqua t-elle. Mets-le dans la voiture. Je vais appeler les nettoyeurs.

- Oui Dona.

Le Giordano s'exécuta malgré son mal de crâne naissant et les giclures de sang sur son visage. Il aida son collègue à monter dans le véhicule avant de démarrer une fois que Lexa les eut rejoints. La brune avait le visage fermé et sombre, le cœur battant de cette embuscade qui aurait pu lui coûter la vie.

- Maudits Barzetti… Grogna t-elle.

La radio s'alluma un court instant quand le contact fut mis dans la Porsche et commença à énoncer un flash info de dernière minute.

« Attentat au Sénat de Rome, une voiture a explosée… Les enquêteurs sont sur place pour tenter de comprendre les… »

Gustus coupa la radio par réflexe mais Lexa se redressa immédiatement : elle avait comme un mauvais pressentiment. Elle sortit rapidement son téléphone portable personnel pour l'allumer et consulter ses messages et appels manqués : Clarke l'avait inondée d'appels durant le piège avec Quint. Elle la rappela aussitôt, puisqu'il n'y avait pas de message vocal.

- Clarke ! S'exclama t-elle quand elle entendit la blonde décrocher.

- Lexa… Sanglota la blonde.

- Qu'est-ce qu'il y a ?! Dis-moi !

- Je… C'est horrible ! Lexa dis-moi que je rêve bon sang !

- Dis-moi !

- Becca est morte ! Sa voiture a explosée devant le Sénat de Rome ! Cria la médecin malgré ses sanglots.

Le visage de Lexa pâlit subitement à l'information tout comme celui de Gustus dont les jointures des doigts devinrent plus blanches que la neige lorsqu'il serra le volant de douleur.

- Est-ce que tu vas bien ? Où est-ce que tu es Clarke ? Demanda finalement la Donati.

- Je… Au commissariat de Rome pour donner ma déposition je… Bellamy est avec moi… Bon sang ce n'est pas possible… C'est un cauchemar…

- J'arrive Clarke. Reste avec le Capitaine Blake jusqu'à mon arrivée.

- Lexa !

La brune raccrocha malgré la supplication de la blonde avant de se tourner vers Gustus :

- Dépose-moi à la maison puis Ryder à l'hôpital. Je prends le premier avion pour Rome.


Nous voici à la fin de la première partie de "Guerre de sang" ! Est-ce que le chapitre vous a plu ? Les trahisons, assassinats et co' arrivent enfin ! Nia a frappé et fort ! Oui elle est inhumaine et assoiffée de pouvoir ;P

J'espère que la conversation entre Lexa et Anya (ainsi que sa vision et ses émotions propres) vous a plu, certains l'attendaient :) Pareil pour le petit jeu coquin clexa qui détendait l'atmosphère avant le début de la guerre ! Finalement Becca n'était vraiment pas une mauvaise personne... J'espère que la dernière vision que vous avez pu avoir d'elle dans le magasin et la voiture vous a fait changer d'opinion à son sujet ^^

Avez-vous réussi à identifier les morts de ce chapitre avant que la faucheuse n'arrive ou bien avez vous été surpris ? :D Quels personnages regrettez vous ou haïssez vous ? N'oubliez pas de me laisser un petit mot pour me dire si vous avez appréciez et ce que vous imaginez pour la seconde partie ! À bientôt :)