Heeeey ! Me voilà de retour avec le chapitre 14 ! Je suis vraiment désolée pour cette longue attente entre la partie 1 et 2 de Guerre de sang mais la partie 2 a été tellement intense à écrire, je vous laisse le constater par vous-mêmes :) Merci de votre patience, de vos follows, favoris et reviews du quotidien. Vous me transmettez une énergie positive de malade ! Normalement il ne devrait plus y avoir de longue pause comme celle-ci au mois de décembre car j'ai pas mal de récup de posées ^^ Dans tous les cas si vous voyez que le chapitre est en retard ou autre, j'actualise mon profil pour vous tenir au courant de la sortie ! N'hésitez pas à aller le consulter :D

Pour ceux qui aiment lire en musique, je conseille : Marco Prince - Mafiosa II lorsque les chœurs de l'église commencent à chanter (c'est précisé dans le texte). J'aurais préféré qu'elle soit en italien mais le corse marche bien aussi. Ce chant est profond, dur et correspondait totalement à l'ambiance que je voulais installer.

Merci à doubi, MagRd pour la relecture, ils font toujours un super boulot à deux. Bonne lecture :)

Guest : Merci pour ton commentaire ! :) Je suis très contente de savoir que l'histoire te plaît toujours autant et que j'ai réussi à te surprendre avec la mort de Becca :)

Ewilian : Merci pour ton retour ! :D Haha j'ai aimé lire le "oh mon dieu" :D C'est vraiment cool si le chapitre a été aussi intense dans sa lecture ! :P Oui tout est lié entre Becca et les Barzetti, Pike :P Très bonne lecture !

Komwada : Heey ! Bienvenue sur l'Héritage ! Merci pour tous tes compliments ! :D Ils me font chaud au coeur, j'espère que le chapitre 14 sera à la hauteur comme ses prédécesseurs ! :D

Fanny : Haha désolée pour l'attente, c'était vraiment pas possible pour moi d'assurer la qualité d'un chapitre aussi intense entre pokemon et les heures supp au boulot ! J'étais complètement explosée :P Mais bon le voilà enfin ! Alors bonne lecture :)

kylilou : Hey ! Merci pour ton retour ! Je te réponds ici car tu as visiblement désactivé les mp sur ton compte ^^ Bonne lecture :)

Coco1810 : A quand la suite ? Aujourd'hui ! :P Merci pour le compliment sur la qualité de l'écriture xD


Chapitre 14 : Guerre de sang - Partie 2


Aden ouvrit difficilement les yeux en entendant son portable vibrer sur sa table de nuit. Il avait dû oublier de mettre le mode silencieux. Les cours avaient commencé il y a quelques jours et le rythme de l'été avait du mal à sortir de son corps. La lumière de l'écran lui agressa les yeux ce qui l'obligea à regarder deux fois pour bien lire le nom de la personne lui ayant envoyé un message.

« Aden, j'ai besoin de toi, c'est urgent. » Ontari

Le blond se redressa immédiatement pour répondre au message, inquiet.

« Ontari ? Tout va bien ? Ça fait plusieurs semaines que l'on ne s'est pas parlé. Tu as ignoré mes messages non ? » Aden Donati

Si un sourire était né l'espace de quelques secondes grâce à la reprise de contact de Ontari, celui-ci disparut aussitôt au message suivant.

« Je suis tellement désolée pour mon comportement ces dernières semaines. Je me suis comportée comme une imbécile égoïste alors que tu as simplement été sincère avec moi vis-à-vis de tes sentiments. Je crois que je ne mérite pas de vivre par moments. » Ontari

Il tapa frénétiquement sa réponse avant de toucher l'icône du téléphone pour appeler son amie mais tomba directement sur le répondeur. Visiblement Ontari refusait ses appels manuellement.

« Réponds ! » Aden Donati

« Non, je ne peux pas parler pour le moment… » Ontari

Sourcils froncés d'inquiétude, Aden se leva du lit pour marcher dans la pièce tout en répondant.

« Pourquoi ? Dis-moi ! Tu me fais peur Ontari ! » Aden Donati

« C'est compliqué… Je… Est-ce qu'on peut se voir ? » Ontari

Le blond attrapa un jean et une t-shirt qu'il enfila rapidement avant de chercher une paire de chaussettes, répondant aussitôt :

« Dis-moi une heure et un lieu, je serais là. » Aden Donati

« Rejoins-moi demain au café universitaire de Catane à 9h sans tes gardes du corps. Je ne veux pas qu'ils me voient. » Ontari

Devant l'heure et le lieu du rendez-vous, le Donati tourna enfin la tête vers son réveil. Il était plus de 3h30 du matin. Il souffla devant son reflet habillé dans le miroir et répondit simplement :

« Je serais là, tu peux compter sur moi Ontari. » Aden Donati

« Merci Aden. » Ontari

Le Donati alla se recoucher tout habillé par flemme mais ne fit que tourner en rond dans son lit. Des bruits de pas agités et la voix d'Anya se fit entendre. Elle donnait visiblement des ordres à des subordonnés :

- Je ne veux que personne n'entre ni sorte de cette maison, c'est bien clair ? Quadrillez-le terrain H24. Il faut protéger Aden Donati coûte que coûte, ordre de la Dona.

- Bien Madame Zanetti.

Intrigué, Aden se leva et ouvrit la porte de sa chambre : toute la maison était allumée malgré l'heure plus que matinale. Il prit l'initiative de sortir de sa chambre mais un garde du corps qu'il ne connaissait pas l'arrêta.

- Monsieur Donati, vous devez rester dans votre chambre, l'informa l'homme en costard.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Je ne suis pas autorisé à vous informer de la situation Monsieur.

Le Donati ouvrit la bouche de surprise devant cette réponse plus qu'infantilisante. Il ne sut si son sang de mafieux se réveilla à cet instant mais sa réponse fut sèche et autoritaire :

- Dites-moi ce qu'il se passe c'est un ordre !

Le garde du corps recula d'un air surpris devant ce jeune homme à la carrure imposante qui venait de perdre tous traits angéliques sur son visage.

- Je…

Des pleurs se firent soudainement entendre depuis la cuisine ce qui incita Aden à repousser le garde du corps lorsque celui-ci l'attrapa par l'épaule.

- Enlevez votre main immédiatement ou je vous envoie à terre. Je suis chez moi ici.

- La Dona a ord…

- La Dona est ma sœur ! Lâchez-moi maintenant !

- Mais…

Aden sentit de nouveau cette rage bouillir au fond de lui. Sans plus de cérémonie, ses mains se positionnèrent sur le poignet de son « agresseur » et d'un mouvement habile et maîtrisé, il le retira, le tordit avant de soulever sans plus d'effort le corps du garde du corps pour le faire voler au dessus de lui et l'étaler au sol. Le Donati jeta un regard froid à son employé :

- Si j'avais été le Don vous auriez été viré pour un tel affront.

Le jeune homme descendit rapidement les escaliers pour rejoindre la cuisine d'où les pleurs venaient. Il y trouva Cécilia recroquevillée sur une chaise avec Tristan à ses côtés tentant de la consoler. Aden s'approcha doucement près de la vieille femme qu'il considérait comme sa nounou.

- Cécilia… Pourquoi est-ce que tu pleures ?

- Aden ! Articula t-elle difficilement. Mon beau ga… garçon… Mon dieu… Quelle horreur… Je ne peux pas y croire… Je…

Aden récupéra la petite femme dans ses bras forts pour la serrer et lui frotter le dos, tournant un regard vers Tristan. Celui-ci lâcha froidement :

- Les Barzetti ont assassiné Becca Giordano cette nuit.

À l'information, le blond sentit toutes ses forces l'espace de quelques secondes le quitter. Becca, sa tante par alliance, celle qui avait été là à chacun de ses anniversaires, qui l'avait aidé pour certains exposés de cours, qui lui avait fait faire un stage à la mairie, venait d'être assassinée par la famille ennemie. Un sentiment d'impuissance le saisit et sans qu'il ne puisse les retenir, des larmes se mirent à couler d'elles-mêmes sur ses joues bronzées.


Lorsque Lexa descendit de la berline de location, une aura de froideur s'était installée autour d'elle. Elle n'avait ni pleuré ni parlé durant le trajet d'avion tout comme Gustus qui avait réussi à la rejoindre à temps après avoir déposé Ryder aux urgences aux soins d'infirmiers travaillant pour la famille Donati.

Le visage de la brune était fermé, ses sourcils froncés et ses yeux verts plus sombres que les ténèbres. Elle passa la porte du commissariat principal de Rome sans crainte et ne prit aucunement la peine de se présenter. Un agent vint l'accueillir malgré l'ébullition dans laquelle baignait le bâtiment depuis l'attentat au Sénat de Rome.

- Madame vous devez vous présentez à l'accueil, nous sommes en situation de crise.

Elle tourna un regard froid vers son interlocuteur qui commença à s'enfoncer dans ses chaussures.

- Enfin… Vous… Hm…

- Lexa Donati-Woods, collaboratrice de Madame Becca Giordano et Gustus Giordano cousin de Madame Becca Giordano. Nous avons pris le premier avion pour Rome après avoir appris la nouvelle.

- Oh euh… Mes excuses… Madame Donati, Monsieur Giordano ! Je vous emmène tout de suite vers mes supérieurs.

Les mafieux avancèrent derrière l'agent pour traverser plusieurs couloirs et arriver finalement dans un nouveau couloir où des chaises étaient installées sur le côté. De nombreuses personnes étaient assises, visiblement sous le choc et se faisaient appeler chacune leur tour pour obtenir leur témoignage. Lexa se mit à chercher rapidement le visage de sa compagne et elle ne tarda pas à la trouver : Clarke était contre le torse du Capitaine Blake. Le grand brun affichait un visage fatigué mais malgré tout il tentait visiblement de rassurer son amie en lui frottant le dos.

- Clarke, appela la brune.

La blonde se tourna immédiatement au son de la voix de son amante et sans pouvoir s'empêcher, elle éclata de nouveaux en sanglots dans ses bras. Lexa la réceptionna bien que peu à l'aise devant une telle effusion en public. Si sa froideur l'avait aidée à tenir tout le long du trajet, les larmes et les tremblements de Clarke craquelèrent ce mur blindé qu'elle dressait à chaque moment difficile. Elle sentit rapidement ses yeux la piquer et ses mains trembler devant la réalité : Becca Giordano, l'une de ses plus grandes amies, avait été assassinée par les Barzetti. Clarke était avec elle et aurait pu mourir à ses côtés, tout comme elle qui avait été victime d'une embuscade.

- Gustus, fais-nous sortir d'ici, demanda t-elle difficilement.

- Oui Madame, répondit le brun en serrant les poings.


Leurs lèvres se joignirent avec force et de façon désespérée sous l'eau chaude qui parcourait à présent leur corps. Gustus avait emmené les deux jeunes femmes dans un hôtel luxueux autre que celui où Becca et Clarke avaient logé le temps de leur séjour à Rome. La Donati sans pouvoir se retenir, avait tiré Clarke sous la douche malgré ses pleurs et tremblements.

Toutes habillées, elles s'embrassaient à ne plus pouvoir respirer. Elles s'embrassaient en vérité pour oublier et se prouver l'une à l'autre qu'elles vivaient. Le tailleur de Lexa était trempé tout comme le jean et le haut de Clarke. Leurs deux corps se serraient de peur d'être séparés de nouveau. La Donati amena finalement ses mains sur le visage de son amante pour caresser ses joues de ses doigts tremblants.

- J'ai eu tellement peur pour toi Clarke… Avoua t-elle, fébrile, en posant un baiser sur ses joues.

- Lex…

- Malgré avoir entendu ta voix avant de partir, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que je venais pour non pas un mais deux…

Clarke rouvrit les yeux à l'aveu de la brune. La Donati semblait réellement effrayée à l'idée de pouvoir la perdre.

- Je n'aurais jamais dû te laisser partir avec Becca. C'était de la folie… Je…

- Schhtt, souffla la blonde en embrassant la brune pour la faire taire.

- Je mourrai si on t'enlevait à moi Clarke… J'ai déjà vécu ça, pas deux fois… Non, plus jamais…

Bien que la médecin était sous le choc des précédents évènements, les paroles de la sicilienne attisèrent sa curiosité. Elle n'avait jamais vu Lexa dans un tel état, elle qui était toujours dans le contrôle de ses émotions et d'une discrétion légendaire sur son passé, la voilà qui se confiait enfin.

- Raconte-moi… Souffla doucement la blonde en allant embrasser son cou avec douceur.

La Donati tressaillit devant la demande et le baiser. Ses mains défirent le bouton de jean de son amante pour tirer dessus et le lui retirer. Non sans difficultés, les deux jeunes femmes se retrouvèrent nues sous l'eau chaude. Les lèvres de la Donati se firent affamées et entamèrent des baisers appuyés dans le cou de son amante tandis que sa main avait glissé jusqu'à l'entrejambe de la médecin pour caresser avec envie ses lèvres secrètes.

- Raconte-moi Lex'… La supplia Clarke cette fois-ci devant les caresses proposées.

- Non, je ne peux pas… Soupira la brune en suçant le cou de son amante pour y laisser une première marque rouge. Je t'aime Clarke… Oh bon sang que je t'aime…

Clarke gémit en sentant les doigts de Lexa en elle. Elle avait tant rêvé de ce moment… Leurs retrouvailles sulfureuses après leurs échanges coquins par portable. Bien qu'elles fussent en phase de faire l'amour, elles étaient dans un état second, loin d'être fusionnelles comme elles l'étaient d'habitude. Pourquoi faisaient-elles l'amour dans un moment pareil ? Becca venait de mourir. Oui, Becca était morte, de la plus horrible des façons… Et Lexa lui cachait encore quelque chose…

- Stop Lexa ! Gémit la blonde en sentant de nouvelles larmes arriver devant une soudaine angoisse due aux flashbacks de la scène.

- Clarke… Répondit Lexa d'un air désespéré.

La médecin attrapa le poignet de la brune pour lui faire arrêter ses mouvements. Elle la regarda un court instant avant de sortir de la cabine de douche :

- Désolée…

Lexa la regarda et la laissa partir, impuissante face à son propre comportement. Elle s'enferma dans la cabine pour rester sous l'eau chaude et disparaître grâce à la buée ayant envahi la pièce sous la chaleur. C'est à ce moment qu'elle céda : de grosses larmes s'échappèrent de ses yeux verts pour venir rouler sur ses joues et se mélanger aux gouttelettes déjà présentes sur son visage et son corps.


Quand la brune sortit de la salle de bain entourée d'un peignoir de qualité, elle trouva Clarke assise sur le lit, elle aussi habillée d'un simple peignoir. Elle la regarda en silence, ne sachant par où commencer. Elle savait très bien pourquoi la médecin s'était détachée d'elle dans la douche. Elle savait que garder ses secrets finirait par lui coûter leur relation mais elle ne pouvait pas lui dire, pas après ce qu'il venait d'arriver à Becca. Elle resta à distance du lit où se trouvait la blonde.

- Clarke excuse-moi… Je ne sais pas ce qui m'a pris de te dire ça sous la douche…

- Visiblement tu as été prise d'une soudaine envie d'honnêteté, répondit son amante, tremblante de colère face aux excuses plutôt piteuses.

- Non ce n'est pas…

- Tu as dit avoir déjà vécu ça. Je veux la vérité Lexa ! Tu l'exiges de ma part, tu me la dois aussi ! Le temps des secrets est terminé ! Si tu n'étais pas enthousiaste que je parte avec Becca, c'est que tu te doutais de quelque chose n'est-ce pas ?!

Le regard de la brune se teinta de tristesse.

- Becca était continuellement en danger par son poste de maire de Syracuse.

- Elle avait des gardes du corps H24 !

- Ça n'a visiblement pas suffit…

- C'est la mafia n'est-ce pas ?

- Je ne sais pas Clarke… Comment pourrais-je le savoir ? Mentit Lexa.

Clarke expira bruyamment pour signifier son agacement.

- Ce que tu as dit sous la douche, tu le pensais ?

- Évidemment ! S'indigna la Donati.

- Alors dis-moi la vérité. Qui as-tu perdu et comment ?

La sicilienne ferma un instant les yeux pour résister aux flashbacks sur son amour secret avec Costia Adamo lorsqu'elle était bien plus jeune. Costia était morte à cause d'elle et des haines entre familles mafieuses. Elle garda le silence, refusant de répondre à la question posée.

- C'est bien ce que je pensais, reprit Clarke sur un ton tremblant.

- Clarke s'il te plaît… La supplia la brune en s'approchant du lit pour tenter d'enlacer sa compagne.

- Non ! Ne m'approche pas ! Je croyais que tu avais compris Lexa. J'ai vécu pendant presque trois ans avec un homme qui me mentait régulièrement à cause de son addiction aux jeux… J'ai souffert comme jamais quand ce mirage a disparu. J'ai cru voir en toi une personne honnête, intègre et qui exécrait le mensonge… Je pensais pouvoir te faire confiance, que tu me dirais tout. J'ai cru au départ que tu avais simplement besoin de temps car tu n'avais fréquenté personne depuis plusieurs années mais au final, tu n'es pas mieux que lui... Dit durement la blonde en se recroquevillant sur le matelas, laissant couler les larmes sur ses joues.

Les épaules de Lexa s'affaissèrent devant la dureté des paroles pourtant vraies. Elle allait pour répondre quand elle entendit que quelqu'un toquait à la porte de leur chambre. Elle alla ouvrir et se retrouva face à Gustus qui était plus pâle que jamais.

- Gustus ?

- La morgue vient de m'appeler, ils m'ont demandé de passer pour identifier les corps…

- À cette heure ?

- Oui. Je peux y aller seul mais…

- Non, je viens avec toi. Laisse-moi juste le temps de me changer.

- Merci…

La Donati referma la porte pour aller mollement vers sa maigre valise dans laquelle elle avait juste eu le temps de jeter quelques tailleurs de secours. Elle en enfila un sans conviction tout en regardant le cœur serré Clarke qui était recroquevillée sur le lit et sanglotait doucement. Elle s'approcha de la porte de la chambre et murmura :

- Je suis tellement désolée Clarke…


Le médecin légiste qui les accueillit semblait avoir une quarantaine d'années. Il les fixa un instant avant de demander les éventuels liens de parenté.

- Je suis Gustus Giordano, le cousin et l'unique parent en vie de Becca Giordano, répondit difficilement Gustus.

- Lexa Donati-Woods, collaboratrice et grande amie de Becca Giordano.

- D'accord… Je préfère vous prévenir Mr Giordano, votre cousine si c'est bien elle, ne sera pas la femme de vos souvenirs… L'explosion a été très violente et le feu l'a…

- Ça ira, répondit Gustus, livide.

- Suivez-moi.

Les deux mafieux marchèrent jusqu'à la salle d'autopsie pour se retrouver devant une table sur laquelle un drap recouvrait un corps. Le médecin les regarda un court instant avant de découvrir le corps sous leur accord.

Les yeux de Gustus se remplirent soudainement de larmes tandis que ses poings se serraient d'impuissance. Le corps de Becca était gravement brûlé, quasiment méconnaissable mais la taille et la corpulence ne laissait aucun doute. Le grand brun ramena ses mains pour cacher son visage tandis que Lexa restait impassible malgré la dureté de la vision. Seuls ses yeux s'étaient assombris et humidifiés mais son visage ne laissait paraître aucune émotion.

- Est-ce qu'elle a… Articula difficilement Gustus.

- Souffert ? Non Monsieur Giordano. Le choc a été trop violent. Le corps humain a tendance à se protéger en se plongeant dans le coma immédiatement après un choc très violent. Madame Giordano n'a rien senti je peux vous l'assurer.

- Mon Dieu… Pleura son cousin en tombant soudainement à genoux sur le sol.

- Pouvez-vous la recouvrir s'il vous plaît, demanda froidement Lexa.

- Bien sûr Madame Donati.

Le médecin tira le drap pour recouvrir le corps carbonisé de Becca, regardant ensuite maladroitement le sicilien agenouillé sur le sol.

- Si je peux faire la moindre chose pour vous… Hésita t-il.

- Je m'en occupe, merci Docteur, l'informa la brune en posant ses mains sur les épaules de son fidèle homme de main.

- C'est normal. Je vous attends dans le couloir. J'ai d'autres corps à vous faire identifier… Ceux des gardes du corps et du chauffeur de Madame Becca Giordano.

Lexa fronça les sourcils.

- Le chauffeur ? Quel chauffeur ?

- Il y avait un chauffeur dans le véhicule de Madame Giordano.

- Je n'engage aucun chauffeur personnel. Tous les gardes du corps qui travaillent pour mon entreprise de protection rapprochée savent qu'ils peuvent être amenés à conduire.

- Ce que vous dites est étrange Madame Donati car nous avons identifié tous les gardes du corps mais pas le chauffeur. Je pensais qu'il faisait aussi parti de votre entreprise.

- Montrez-moi. Gustus, veux-tu que je te laisse ici quelques instants ?

Le sicilien se contenta de hocher la tête sans bouger de sa position. La Donati le regarda tristement avant de suivre le médecin légiste vers une autre salle plus grande où des corps gravement brûlés étaient aussi installés sur des tables d'autopsie. Lexa observa attentivement chaque corps, essayant de trouver un détail pouvant lui rappeler l'identité de ses employés. Le médecin lui donna les noms que la police avait pu trouver grâce au registre du Sénat et de l'hôtel. La Donati hocha la tête à la mention des noms mais s'arrêta devant le dernier corps. Celui-ci était plutôt petit et maigre, loin de la carrure de ses gardes du corps habituel.

- Je ne connais pas cet homme. Où se trouve le corps d'Adriano Cassaro ?

- Je n'ai aucun Adriano Cassaro dans mes registres, l'informa le médecin en consultant ses différentes fiches.

- Dans ce cas, vous pouvez dès à présent appeler la police pour signaler qu'il manque un de mes employés. L'homme que j'ai devant moi n'a jamais travaillé ni pour moi ni pour Becca, c'est une certitude.


Le campus universitaire était grouillant d'étudiants. Aden avec sa carrure n'avait aucun mal pour se faire passer pour l'un d'entre eux. Il alla s'installer à une table du café où Ontari lui avait donné rendez-vous. Il avait dû attendre qu'Anya et Tristan s'en aillent pour filer vers l'arrêt de bus le plus proche de son lycée et en attraper un pour se rendre dans la métropole de Catane. Si Syracuse était une ville très touristique, elle était l'une de ces villes siciliennes ne possédant pas d'université ce qui obligeait les bacheliers à s'éloigner dans les régions voisines ou bien aller en Italie pour poursuivre leurs études.

Le Donati était, comme à son habitude très élégant. Habillé d'un jean bleu très clair et d'un t-shirt en col V noir, ses cheveux dorés et ébouriffés lui donnaient un air charmeur qui ne cessait de faire tourner les têtes des jolies étudiantes vers lui. Il buvait un verre de multifruits en attendant son amie.

La cloche de la porte du café universitaire teinta de nouveau pour laisser apparaître une Ontari aux traits fatigués bien que son bronzage et son maquillage masquaient partiellement son épuisement. Aden se leva rapidement de sa chaise pour accueillir la jeune fille. La brune lui fit un léger sourire mais garda ses distances. Elle se contenta de s'asseoir en face de lui avant de regarder autour d'elle.

- Mes gardes du corps ne sont pas venus comme tu me l'as demandé Ontari, lui assura t-il.

- D'accord.

- Hm… Comment vas-tu ? Tu as l'air fatiguée…

- J'ai des gros problèmes familiaux en ce moment…

- Oh tu m'en vois désolé… Tu veux quelque chose de chaud ou frais ?

- Je veux bien un thé à la menthe.

- Je vais te chercher ça, j'arrive.

Le blond se leva pour aller faire la queue et commander un thé qu'il ramena à la belle brune. Celle-ci le gratifia d'un faible sourire. Aden glissa une main réconfortante sur celle d'Ontari, l'encourageant ainsi à parler.

- Dis-moi ce qui ne va pas Ontari.

L'étudiante baissa les yeux pour cacher la nouvelle humidité qui venait de s'installer sur ses pupilles noisette.

- Je t'ai menti Aden.

- De quoi ?

- Si je suis devenue amie avec toi c'est parce que ma mère m'a demandé de le faire.

- Ta mère ? C'est une fan de la famille Donati ? Plaisanta t-il.

- Non, c'est la matriarche de la famille Barzetti.

Aden manqua de s'étrangler avec sa gorgée de multifruits et eut besoin de quelques secondes pour reprendre contenance.

- Tu peux répéter le nom que tu viens de dire ?

- Je m'appelle Ontari Barzetti. Je suis l'héritière de Nia Barzetti.

- Bon sang de merde…

- Je comprendrai que tu veuilles t'en aller et ne plus me parler…

- Non ! Je serais vraiment stupide de faire ça Ontari ! Voyons !

- Tu ne vas pas partir alors ?

- Non… Sauf si ma vie est en danger mais si tu avais voulu me faire du mal tu aurais eu plus d'une occasion pour le faire…

La brune hocha faiblement la tête.

- Au final c'est toi qui m'a fait du mal, souffla t-elle, penaude.

Les yeux verts d'Aden se teintèrent d'une douceur certaine et son cœur se serra à la révélation. Il grimaça avant de serrer la main de son amie dans la sienne :

- Je suis tellement désolé pour ça… J'ai été maladroit. C'est que je n'ai jamais été très à l'aise avec les filles et tu débordes tellement de confiance… Ça m'a soufflé sur le coup.

- Ne t'inquiète pas, je m'en remets tout doucement. Je sais que tu seras un ami formidable Aden.

- Oui, c'est certain. Tu n'as qu'à m'appeler et je serais là pour toi.

- Merci… Tu as réussi à avouer tes sentiments à la femme dont tu es amoureux ?

- Non pas encore… Elle est très occupée et je ne sais pas trop comment m'y prendre.

- Sois juste sincère, ton beau visage fera le reste, le rassura Ontari.

- D'accord, sourit-il doucement.

Le Donati regarda autour d'eux avant de murmurer tout bas :

- Les hommes de main dans ma famille disent que ta famille a assassiné Becca Giordano… Est-ce que tu sais quelque chose ? Les médias n'ont rien confirmé concernant la piste criminelle.

Le visage d'Ontari ne pouvait être aussi livide qu'à ce moment-là. Elle n'eut que la force d'hocher la tête très lentement.

- C'est vous alors ?!

Aden remarqua comme son ton était agressif envers son amie et il se corrigea immédiatement :

- Excuse-moi. C'est ta mère qui est à l'origine de ça ?

- Je crains que oui.

- Mais j'ai entendu dire que ton frère avait repris les affaires de la famille Barzetti depuis l'explosion du casino…

- Mon frère… Mon frère est mort… Murmura d'une voix brisée Ontari. Ma mère l'a assassiné sous mes yeux hier soir.

- Pardon ?!

Aden passa ses mains sur son visage comme pour être sûr de ne pas avoir rêvé ces paroles.

- Aden, si je suis là c'est pour te prévenir d'un danger imminent sur ta famille. Je ne sais pas qui elle vise exactement, mais ma mère ne s'arrêtera pas sur Becca. Elle veut que les Barzetti aient le pouvoir sur la Sicile. Tu es en danger Aden, ta sœur aussi et tous tes proches. Elle et Quint manigancent ensemble quelque chose de vicieux et violent.

- Mais et toi Ontari…?

- Ne t'inquiète pas pour moi, je vais me débrouiller. Je respecte les vœux de mon frère en venant te donner cette information. Ne me contacte pas, si j'ai besoin de te voir ou te parler, je me débrouillerai.

- Je ne peux pas te laisser toute seule avec cette femme… Dit-il durement.

- Tu n'as pas le choix Aden. Je suis une Barzetti peu importe ce que je fais ou ferais, je porterai toujours les erreurs et péchés de mes ancêtres.

- Ontari, s'il te plaît…

- Je dois y aller. Au revoir Aden. Fais attention à toi.

La brune se leva prestement après avoir regardé sa montre et une nouvelle fois autour d'eux. Elle déposa un baiser léger sur la joue du blond avant de filer hors du café sans avoir touché à son thé encore fumant, laissant l'héritier Donati dans une perplexité sans nom.


Clarke avait à peine fermé l'œil de la nuit après le départ de Lexa. L'explosion de la voiture vibrait en elle. Le souvenir de Becca tout sourire et pressée pour ne pas rater leur vol ne cessait de lui revenir en mémoire. Son cœur était lourd et douloureux dans sa poitrine : Lexa l'avait abandonnée seule dans cette chambre d'hôtel après leur dispute sans lui donner la moindre information sur le lieu où elle allait et elle n'était pas rentrée…

De nouvelles larmes se frayèrent un chemin sur ses joues sans qu'elle ne puisse les retenir. Tout partait en vrille depuis qu'elle avait signé ce contrat avec Becca Giordano… Elle avait fait la rencontre de Lexa, foutu en l'air son couple avec Finn, compromis sa carrière de chirurgienne en acceptant un poste qui ne lui correspondait pas et avait agi stupidement en acceptant de s'installer chez la brune pour finalement lui tomber dans les bras si facilement. Au final, que connaissait-elle de cette belle et sulfureuse sicilienne excepté qu'elle était la personne la plus riche de l'île et qu'elle était l'héritière d'une des plus vieilles familles siciliennes ? Elle ne connaissait quasiment rien d'elle et Lexa refusait de lui dire quoi que ce soit sur son passé. Elle se doutait que malgré la lumière que tentait de lui montrer Lexa sur sa vie, celle-ci était parcourue d'ombre sinon pourquoi mentirait-elle ou refuserait-elle de se confier ?

Ses mains se saisirent de son téléphone portable pour afficher un numéro et une photo affichant ses deux parents tout sourire. Elle avait besoin d'une pause. Elle composa le numéro pour tomber sur la messagerie. Vu l'heure qu'il était en Italie, le décalage entre les États Unis devait être assez conséquent. Elle laissa un simple message vocal :

« Salut Maman, Papa, je voulais juste vous dire que je vais prendre des vacances et je serai là pour Thanksgiving, je vous tiens au courant pour la date de mon retour. Je vous aime. Faites attention à vous, bisous. »

Elle sursauta quand elle entendit toquer. Son cœur se mit à battre la chamade à l'idée que ça pouvait être Lexa mais aussi le danger… Après tout si Becca était la cible principale, elle pouvait très bien être la seconde au vue des menaces proférées à son encontre il y a quelques mois… Elle se leva et attrapa par réflexe un presse papier assez lourd pour avancer jusqu'à la porte.

- Qui est-ce ? Demanda t-elle, méfiante.

- Clarke ? C'est Bellamy Blake.

La blonde souffla de soulagement et ouvrit rapidement la porte pour sauter dans les bras du grand brun qui la réceptionna d'un air surpris malgré sa fatigue. Lui non plus ne semblait pas avoir réussi à dormir cette nuit.

- Hey… Comment tu te sens ?

- Mal, avoua t-elle en tentant de maîtriser les tremblements qui se manifestaient de nouveau.

- Calme-toi, je suis là. Tu ne risques rien. Lexa Donati n'est pas avec toi ? Demanda t-il tout en lui frottant le dos.

- Non, elle est partie dans la nuit sans me dire où elle allait, répondit la blonde en se détachant du corps du frère de sa meilleure amie.

- Je peux entrer ?

La médecin l'invita d'un signe de tête. Le Capitaine de la cellule anti-mafia s'avança dans la chambre avant de dire :

- La voiture était piégée… Il y avait une bombe à l'intérieur…

- Mon dieu… Mais comment… Avec les gardes du corps… Réussit à articuler Clarke.

La police italienne est en train de collecter tous les éléments et témoignages nécessaires pour comprendre mais c'est très compliqué. Je ne peux pas te dire grand chose de plus à part que j'ai demandé à être rattaché à l'affaire.

- Mais Bellamy tu ne peux pas…

- Personne ne savait pour moi et Becca à part toi. Je te promets que je ne chercherai pas à me venger… Je veux lui rendre justice, je t'en prie Clarke… Lui demanda t-il très sérieux.

- Je ne mentirai pas à la police Bellamy !

- Tu n'as pas à mentir Clarke s'ils ne te posent pas la question.

- Je vois…

- Je peux compter sur ton silence ?

- S'ils me posent la question je serais obligée de leur dire Bellamy.

- On est d'accord. S'ils te posent la question tu leur diras la vérité et j'assumerai.

- Dis-moi que tu vas trouver les monstres qui ont fait ça…

- Je te le promets.

- As-tu déjà des pistes ?

- Malheureusement oui.

- La mafia ?

Le Capitane hocha lentement de la tête ce qui fit serrer la mâchoire à Clarke.

- J'ai fait venir mes hommes de Sicile pour qu'ils m'épaulent. Je vais détacher deux d'entre eux pour ta protection. Après tout tu étais avec Becca lors de ce séjour, on ne sait jamais.

- D'accord.

- Quand penses-tu retourner en Sicile ?

- Dès que la police locale n'aura plus besoin de moi.

- Je pense qu'ils vont te reconvoquer dans l'après-midi pour vérifier la déposition que tu as faite dans la nuit. Tu pourras retourner en Sicile ensuite.

- Est-ce qu'il y a moyen que tu accélères la procédure ? Je veux repartir Bellamy. Je ne me sens pas en sécurité en Italie… C'est égoïste je sais mais… Éclata t-elle en sanglots.

- Hey Clarke. Ça va aller… Je vais passer quelques coups de fil et je vais t'accompagner d'accord ?

- Merci Bellamy.

- Tu ne repars pas avec Lexa Donati alors ?

- Non je ne préfère pas.

- Ça ne me regarde pas n'est-ce pas ?

- Non. Merci…

- Va prendre une douche pour te réveiller. Je m'occupe de tout.

La blonde hocha la tête avant de se diriger vers la salle de bain.


- Clarke ? Appela la voix de la Donati en entrant dans la chambre d'hôtel.

Lexa avança dans l'immense pièce pour regarder autour d'elle. Les draps du lit avaient été changés en ce début d'après-midi. Elle avait bien essayé de l'appeler mais la blonde ne lui avait pas répondu. Après avoir identifié les corps à la morgue, elle avait dû se rendre avec Gustus au commissariat pour certifier que l'un de ses employés manquait à l'appel. Ensuite, elle avait été à la rencontre d'une vieille famille italienne avec qui elle était en affaires. Elle avait déjà lancé les recherches en interne pour retrouver le responsable du meurtre de Becca Giordano.

Elle serra le poing devant la cruelle vérité qui lui apparaissait : Clarke était partie sans elle et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle avait fait passer ses affaires avant elle malgré la dispute qu'elles avaient eue cette nuit. Elle intercepta un groom qui passait dans le couloir :

- Pouvez-vous me dire si la jeune femme qui occupait la chambre est sortie ou si elle est partie ?

- Bonjour Madame. Oh, la jeune femme blonde, oui elle est partie en fin de matinée avec un grand brun. Elle m'a demandé de lui réserver un billet d'avion pour Syracuse à l'heure du midi Madame. Une voiture de police est venue la chercher en bas de l'hôtel.

- Merci, grinça la brune avant de s'enfermer dans la chambre pour serrer les poings.

Elle resta stoïque quelques secondes avant d'attraper brutalement tout ce qui lui passait sous la main pour le briser de colère tout en hurlant de frustration. Les muscles crispés, elle n'arrivait plus à se contrôler et elle entendit après quelques minutes la porte s'ouvrir pour laisser passer Gustus qui l'attrapa pour la bloquer dans ses mouvements. Il l'immobilisa par derrière non sans difficultés avant de bloquer le haut de son corps en l'enlaçant de ses bras musclés bien que tremblants de son émotion du moment.

- LÂCHE-MOI C'EST UN ORDRE ! JE VAIS LES TUER ! TOUS UN PAR UN ! JE VAIS LES TUER ! Hurla la brune, furieuse.

- Dona arrêtez ! Tenta t-il.

- ILS ONT VOULU JOUER AU PLUS FORT JE VAIS LES NOYER DANS LEUR PROPRE SANG ! ILS VEULENT TOUT ME PRENDRE À NOUVEAU JE VAIS LES BRISER JUSQU'AU DERNIER !

- Lexa ! Reprends-toi ! Hurla Gustus.

- ILS VEULENT… Ils veulent me briser… Sanglota t-elle finalement en laissant son corps s'affaisser contre celui de son fidèle homme de main.

- C'est ça… Calme-toi…

- Ils ont eu ma mère… Costia… Becca… Ils veulent Aden et Clarke… Je ne le supporterai pas… Je ne les laisserai pas faire… Je vais les tuer jusqu'au dernier… Même si je dois aller en prison pour ça tu m'entends Gustus… Je rendrai justice à Becca… Je…

- Chut… Respire… Personne n'ira en prison et surtout pas toi Lexa… Tu as toujours fait un excellent travail depuis que tu es revenue et repris les rênes de la famille… Ton grand père serait fier de toi pour ça…

- C'est moi qui ai déclaré la guerre Gustus… En faisant sauter le casino… Tu m'avais prévenue pourtant… Je ne t'ai pas écouté je…

- Tu as fait ce que tu croyais être bon, ne te blâme pas… Ils avaient essayé de faire du mal à une personne que tu aimais profondément…

- Je ne sais pas si je suis de taille Gustus… Tout ce que j'ai fait pendant deux ans n'est peut-être qu'un mirage…

- Je suis certain qu'Anya saurait te prouver le contraire, murmura t-il avec douceur en serrant la belle brune contre lui.

Les deux mafieux étaient sur le sol, simplement agenouillés. Lexa sanglotait contre le corps de son presque père tandis que ce dernier la berçait affectueusement en lui caressant le dos.

- Il faut que tu te reprennes Lexa.

- Elle est partie sans moi Gustus…

- Clarke est une femme difficile Lexa… Je t'ai dit que tu ne pourrais pas la mettre en cage. Elle est imprévisible et têtue. Laisse-lui un peu de temps pour digérer, elle a vu Becca mourir sous ses yeux… Dit-il non sans émotion.

- Elle se doute de quelque chose pour moi Gustus… J'ai l'impression d'être écartelée… D'un côté j'ai envie de tout lui avouer et d'un autre j'ai envie de la préserver car c'est une femme magnifique et fragile, pleine de bonté et elle ne mérite pas de souffrir en apprenant la vérité sur moi…

- Toi seule sauras dire quand sera le bon moment Lexa… Ne gâche pas tout en menant une vendetta irréfléchie contre les Barzetti.

Il prit une grande respiration avant de continuer :

- Nous ne pouvons pas être égoïste Lexa. Nous ne sommes pas les seuls à être en deuil, toute la Sicile l'est aujourd'hui. Faisons en sorte de rendre un dernier hommage à la merveilleuse personne qu'était Becca dans les prochains jours.

Lexa se redressa légèrement tout en se détachant de l'étreinte du mafieux pour le regarder. Le vert de ses yeux si sombres ces dernières heures venait de récupérer la lueur combative qui les avait toujours habités.


L'avion avait atterri en milieu d'après-midi à l'aéroport de Syracuse. Clarke avait appelé un taxi pour qu'on la dépose à une adresse bien précise et qui déclenchait actuellement en elle des souvenirs nostalgiques. Une voiture de police la suivait en guise de protection rapprochée. Bellamy avait vraiment insisté à ce sujet mais ce qui lui revenait actuellement en mémoire était la demande bien spécifique que le Capitaine de la cellule anti-mafia lui avait formulée : « Va chercher Finn pour moi ».

Malgré sa fatigue et son état de nerfs alarmant, la blonde s'était rendue à son ancien appartement dont les volets étaient fermés. Elle grimpa jusqu'à l'étage voulu avant de toquer. Sous l'absence de réponse, elle prit l'initiative de chercher un endroit où Finn aurait pu cacher le double de la clé de la porte. Elle n'eut aucun mal à la trouver : cachée dans le pommeau de la rampe de l'escalier. Elle revissa la cachette rapidement avant de se tourner vers les agents de Bellamy se nommant Atom et Gina à qui elle demanda de rester sur le palier : si Finn n'avait pas répondu à son supérieur, il n'apprécierait sûrement pas que ses collègues viennent le secouer dans son propre appartement.

L'appartement était plongé dans la pénombre à cause des volets fermés ce qui obligea la blonde à chercher l'interrupteur mais celui-ci ne répondit pas. Clarke grogna d'agacement : elle avait payé les loyers de cet appartement pendant six mois après son départ afin de ne pas laisser Finn dans une merde sans nom et le brun avait tout de même réussi à oublier de payer la facture d'électricité visiblement…

- Finn ? Finn ? Tu es là ? C'est Clarke !

Aucune réponse ne lui parvint ce qui commença à inquiéter sincèrement la blonde. Elle se servit de son portable comme lampe torche pour s'éclairer dans l'appartement. La faible lumière ne lui permit pas d'éviter les cadavres de canettes de bières et de bouteilles jonchant le sol. L'odeur de nourriture gâtée lui fit froncer les narines au passage.

- Bon sang Finn tu es impossible… Grogna t-elle en trouvant finalement le brun couché par terre près de leur ancien lit.

Le policier respirait normalement mais semblait décuver d'une bouteille de whisky qui traînait près de sa main droite. Clarke secoua la tête avant de se diriger vers la salle de bain, espérant qu'il y avait toujours l'eau courante. Elle souffla de soulagement en sentant l'eau couler sous ses doigts bien que celle-ci refusait de chauffer. Elle alla récupérer un seau de ménage pour le remplir d'eau froide avant de le transporter jusqu'à son ex-compagnon qui ronflait légèrement. Sans prendre de gants, elle vida l'intégralité du seau sur la tête du brun qui sursauta sous la température de l'eau, se cognant au passage contre la table de nuit.

- Ahhh ! Putain vous êtes qui putain ?! Qu'est… Qu'est-ce que vous foutez chez moi ?!

Clarke lui mit la lumière du téléphone dans les yeux pour l'obliger à se reprendre. Finn ferma les yeux sous l'agression non sans grogner. Il lui fallut quelques secondes pour marmonner :

- Clarke ?

- Oui c'est moi. Je peux savoir pourquoi tu ne réponds pas à Bellamy ?

- De quoi tu parles hm… Ma tête putain…

- Lève-toi et va te doucher, ordonna t-elle froidement.

- Pour qui tu te prends…? T'es pas ma mère ni…

- Ni ta femme non mais ton ex-compagne oui ! Et je refuse qu'on dise de mon ex que c'est une larve inutile ! Tu pues l'alcool et le vomi.

- Hm…

- Dépêche-toi !

- Ça va j'y vais… Grogna t-il.

La médecin laissa le brun passer devant elle et en profita pour aller ouvrir les volets ainsi que les fenêtres. Lorsque la lumière perça, l'état de l'appartement passa de possiblement sale à l'état de dépotoir ce qui fit soupirer la blonde.

Finn sortit rapidement de la salle de bain. Il avait passé le jean et le t-shirt que Clarke avait déposé pour lui sur le lavabo. Malgré la douche froide, il semblait légèrement plus présentable si ce n'était les cernes sous ses yeux et la barbe décousue sur ses joues et son menton.

- Pourquoi tu es ici Clarke ? Demanda t-il piteux.

- Parce que Bellamy m'a dit qu'il n'arrivait pas à te joindre depuis plusieurs jours, il a besoin de toi et aussi parce que malgré que nous nous soyons séparés je me suis inquiétée pour toi sombre crétin !

- Mais…

- Tu peux me dire ce que tu fais là ? Après les jeux tu sombres dans l'alcool ? Très bonne initiative vraiment !

- Je suis pas alcoolique, grogna le brun.

- T'es bien parti pour le devenir en tout cas.

- Désolé… J'ai eu une mauvaise période… Je me suis fait mettre à pied au boulot… Je venais de te perdre et ça n'a pas arrangé les choses.

- Ta mise à pied a été levée il y a plus d'une semaine Finn.

- Ah bon ?

- Malgré les coups et blessures que tu as infligés à votre suspect, bien qu'il ait eu un allègement de peine, il a été condamné pour son crime. Bellamy a demandé ta réaffectation immédiate avec pour condition que tu sois toujours en binôme où que tu ailles.

- Je savais pas… Murmura Finn, sous le choc.

- J'imagine que tu ne sais pas non plus que Becca Giordano a été assassinée la nuit dernière devant le Sénat de Rome.

- De quoi ?!

- La maire de Syracuse est morte, sa voiture était piégée.

- Bordel de merde…

- J'étais avec elle.

Finn releva un visage grave vers son ex-compagne à cette information.

- Je discutais avec le Commissaire Pike et le Capitaine Blake lorsque la voiture a explosé. Il y avait une bombe à l'intérieur apparemment… Expliqua difficilement Clarke.

- Mon dieu tu aurais pu…

- Oui j'aurais dû être dans cette voiture avec Becca si ce n'est que j'ai été retenue par tes deux collègues…

- Clarke bon sang !

Le policier ne put s'empêcher de serrer dans ses bras la jeune femme qui au premier abord crispée, se détendit doucement face à l'étreinte chaude et réconfortante qu'elle attendait d'avoir avec Lexa depuis qu'elle l'avait rejointe.

- Je suis tellement désolée pour Becca Giordano… Je sais que tu l'appréciais beaucoup.

- Oui. C'est une des raisons pour laquelle je suis ici Finn.

- C'est à dire ?

- Je veux que tu retrouves les enfoirés de mafieux qui ont fait ça.

- La mafia ? Comment sais-tu que c'est la mafia ?

- Bellamy le pense.

- Je vois… D'accord Clarke, je vais appeler Bellamy pour savoir ce qu'il en est.

- Bien.

- Merci Clarke… Si tu as besoin de quoique ce soit… Je te suis redevable alors n'hésite pas.

- Non c'est normal.

- Vraiment Clarke, n'hésite pas.

La médecin secoua la tête pour refuser de nouveau mais devant l'insistance de son ex-compagnon, une idée la traversa. Pas la meilleure des idées mais une qui pourrait réussir à l'apaiser en partie…

- Il y aurait bien quelque chose en réalité…

- Dis-moi.

- Est-ce que tu pourrais me trouver des informations sur le passé de Lexa Donati-Woods ?

La mâchoire du brun se crispa à l'entente du nom.

- Lexa Donati…

- Oui. Tu crois que tu pourrais trouver quelque chose ? Elle est très secrète et ça commence à m'interroger.

- Creuser le passé des gens n'est pas la meilleure idée pour rester amis avec eux Clarke, la prévint Finn.

- J'ai besoin de savoir Finn. Tu m'as dit que je pouvais te demander ce que je voulais.

- Très bien Clarke. Je te recontacte quand j'aurais quelque chose pour toi.

- Merci Finn.

- De rien.

- Bon je vais y aller.

- D'accord…

- Oh et Finn ?

- Oui ?

- Range-moi et nettoie-moi ce bordel pour la prochaine fois.

- Ça marche, sourit-il.

La blonde lui accorda un faible sourire : voir son ex-compagnon reprendre du poil de la bête lui faisait plaisir. Il ressemblait un peu plus au Finn qu'elle avait connu à leurs débuts. Après un dernier regard et un signe de la main, la médecin sortit de l'appartement.


« Si tu me cherches je suis partie à l'hôtel avec Racoon. Ce n'est pas la peine de m'appeler ou de venir me chercher. Je reviendrai quand tu seras prête à me dire la vérité. » Clarke

La main de Lexa se serra sur le bout de papier où était inscrit le mot de sa compagne. Elle ferma les yeux un court instant pour maîtriser les différentes émotions qui la traversaient à l'heure actuelle. Après une nouvelle respiration, elle se reprit : elle devait organiser la cérémonie et l'enterrement de Becca. Son histoire de cœur pouvait attendre quelques jours de plus. Elle le devait, pour Gustus.

Son regard se tourna vers l'une des grandes fenêtres de sa maison derrière laquelle le sicilien était posté. Malgré la situation qu'il traversait, il avait refusé de prendre du repos. Elle avait pourtant insisté mais son fidèle homme de main l'avait presque supplié de le laisser rester près d'elle. Elle haussa un sourcil en le voyant répondre à un appel.


Gustus avait laissé son portable sonner jusqu'à la dernière sonnerie possible avant de répondre. Lire le prénom de sa compagne lui avait glacé le sang. Il était paralysé à l'idée de lui parler mais il savait que ce silence entre eux ne pouvait pas durer éternellement.

- Allô ?

- Gustus, c'est Anya… Salut.

- Bonjour.

- Je ne vais pas te demander si ça va mais tu tiens le coup ?

- Je fais tout pour.

- D'accord…

La voix de la mafieuse était chargée d'une inquiétude sincère. Il y eut un blanc de quelques secondes avant qu'elle ne reprenne :

- Je serai à l'église demain… Pour Becca et toi.

- Parce que tu comptais encore offenser la Famille en restant dehors comme tu l'as fait pour Titus ? Demanda t-il froidement.

- C'est mon droit de choisir d'entrer ou non dans une église, soupira t-elle, agacée.

- C'est aussi ton droit de tuer mon bébé sans prendre en compte mon avis ?!

- Gustus ne ramène pas ça sur le tapis, ça n'a rien à voir avec…

- Si ça à voir ! Je viens de perdre l'unique membre de ma famille en vie et tu m'appelles pour me dire d'un ton condescendant que tu vas faire l'effort d'assister à la cérémonie religieuse alors que tu comptes avorter si ce n'est pas déjà fait ?! Tu sais quoi Anya ? Va te faire foutre avec ton athéisme de merde ! Hurla t-il. Tu fais honte à la Famille avec un tel comportement ! J'ai honte que tu sois ma compagne !

- …

Gustus serra les dents pour tenter de retenir ses larmes de colère et de douleur mêlées devant le silence de la mafieuse.

- Je vais mettre ces paroles sur le compte de la période difficile que tu traverses actuellement car ce n'est pas le Gustus que je connais, l'informa t-elle la voix tremblante de douleur à son tour.

- Va te faire foutre Anya… Murmura t-il avant de jeter avec force son portable contre le mur d'enceinte de la propriété.

Le portable se fracassa contre le béton et éclata en plusieurs morceaux qui s'éparpillèrent sur le sol, laissant le sicilien bouillonnant de rage et ravagé par les larmes.


Le corps de Becca avait été rapatrié en Sicile par avion. Le cercueil fermé avait été exposé à la mairie de Syracuse toute la matinée pour permettre aux habitants de venir rendre un dernier hommage à la maire bien aimée de cette ville gangrenée par la mafia. La foule s'était pressée en plus des médias pour respecter plusieurs minutes de silence en l'honneur de Becca Giordano, cette femme à l'énergie inépuisable et pleine de bonté pour ses concitoyens. Le parvis de la mairie s'était rempli au fil des heures ayant suivi l'annonce de la mort de la maire de bouquets de fleurs ainsi que d'enveloppes, de peluches et autres présents.

Lorsque le corbillard s'arrêta devant la mairie pour faire descendre les hommes de Lexa, ceux-ci se dirigèrent d'un pas solennel vers l'intérieur du bâtiment pour aller récupérer le cercueil en bois de cerisier, un arbre que Becca affectionnait énormément. Le cortège traversa l'allée lentement sous les pleurs et les prières des habitants pour charger la dépouille de Becca dans la voiture afin de se rendre à l'église où la cérémonie religieuse aurait lieu. Celle-ci serait publique afin de permettre aux croyants les plus fervents de prier pour l'âme de la défunte.


De nouveau, les hommes vêtus de costumes noirs soulevèrent le cercueil pour traverser l'allée de l'église. Le bâtiment était noir de monde, occupé par les plus grandes familles siciliennes mais aussi par les habitants de Syracuse et des régions voisines assez rapides pour s'être réservés une place. Les moins chanceux attendaient dehors et priaient en silence.

Lexa descendit de son SUV Porsche avec son frère Aden. Elle était habillée d'un tailleur noir et portait des lunettes de soleil d'un noir impénétrable. Ses cheveux étaient tressés habilement et lui offrait une aura sans nom. Les habitants s'écartèrent doucement pour lui frayer un chemin sans que la police déployée pour l'occasion n'ait à intervenir. Elle avait cette prestance qui la caractérisait tant. Son frère quant à lui était habillé d'un costume italien sombre et portait lui aussi des lunettes de soleil pour masquer sa tristesse. Les deux Donati marchaient côte à côte dans un silence religieux tandis que les premiers chants siciliens du chœur de l'église résonnaient pour pleurer la maire de Syracuse.

Gustus les suivait à distance avec d'autres hommes de main. Lorsque les portes de l'église se refermèrent les chants se turent, faisant retomber l'ambiance pesante de ce pénible moment. Le prêtre prit la parole et la cérémonie commença enfin.

Les familles proches de la défunte étaient installées au premier rang, aussi le regard du Giordano se porta sur Anya qui était assise près de Tristan et de sa mère à quelques mètres de lui et Lexa. Il serra les poings et baissa le visage de douleur. Ils ne s'étaient pas reparlés depuis leur altercation au téléphone et il ne voyait pas comment il pourrait réussir à retourner vers elle après ce qu'il lui avait dit. Il releva le visage lorsqu'il sentit Aden se tortiller légèrement : le blond avait relevé le visage et semblait regarder sur le côté gauche de l'église. Cachée près d'un pilier, au fond, une brune était assise entre des habitants de Syracuse. Une brune que le sicilien ne connaissait que trop bien : Ontari Barzetti. Par réflexe il se leva ce qui fit stopper le prêtre dans son discours et tourner les regards vers lui.

Lexa suivit son regard pour comprendre le comportement de son homme. Elle reconnut rapidement l'héritière des Barzetti et serra les lèvres de colère pour un tel affront. Elle posa une simple main sur le bras de Gustus et fit une pression dessus. Le sicilien se rassit lentement à l'ordre silencieux de sa Dona ce qui ne manqua pas de faire souffler de soulagement Aden qui cessa de regarder la belle brune au fond de l'église.


Si la cérémonie religieuse avait été rendue publique par respect pour les citoyens de Syracuse, l'enterrement resterait privé. Seules les personnes ayant reçu un carton d'invitation pouvaient s'y rendre et la mise en terre était protégée par les forces de l'ordre. Clarke était aux côtés de Bellamy qui était en tenue de policier. Il n'avait reçu aucune invitation mais grâce à son statut de Capitaine, il avait le droit d'être ici pour rendre secrètement un dernier hommage à son amante. Finn et le reste de l'équipe étaient postés aux alentours du cimetière des plus anciennes familles de la Sicile.

Les différentes familles siciliennes et amis étaient déjà autour du cercueil qui était posé près du caveau familial des Giordano. Celui-ci avait été ouvert afin que Becca puisse reposer auprès de toute sa famille. Lexa descendit de nouveau de sa voiture en compagnie de son jeune frère. Le SUV fila se garer plus loin, laissant les autres véhicules déposer les passagers derrière eux. Aden glissa sa main dans celle de sa sœur pour la presser affectueusement.

La brune tourna la tête vers lui et même si ses lunettes de soleil cachaient ses yeux émeraude, le blond sut que son geste avait été apprécié. Ils marchèrent lentement jusqu'à se stopper quand Lexa aperçut Clarke habillée d'une robe noir et de collants noirs. Ses yeux bleus étaient soulignés d'un mascara noir qui renforçait la clarté de ses pupilles. La vision la pétrifia sur place car si cette belle jeune femme était bien devant elle en chair et en os, la tombe de Costia Adamo n'était qu'à quelques centaines de mètres plus loin.

- Lexa est-ce que ça va ? Souffla le blond en voyant que sa sœur avait marqué l'arrêt.

- Oui… Excuse-moi.

Le frère et la sœur se remirent à marcher pour se placer à la place qui leur était due. De nouveau, plusieurs personnes parlèrent au nom de Becca Giordano, offrant à la belle brune un hommage sincère et empli d'amour. Les larmes se mirent à couler de nouveau lorsque le cercueil fut placé dans le caveau. Tout doucement, les différents invités s'éparpillèrent pour rejoindre leurs voitures ou retourner au dépose-minute mis en place exceptionnellement pour faciliter la circulation.

Aden prit de l'avance, voyant que sa sœur souhaitait parler à Clarke. Il sortit du cimetière pour attendre sa sœur et leur SUV qui ne tarderait pas à arriver.

Lexa se rapprocha de la médecin doucement pour lui murmurer :

- Bonjour Clarke…

- Bonjour Lexa, répondit la blonde en terminant d'essuyer ses larmes avec un mouchoir.

Son mascara avait légèrement coulé mais cela ne faisait que renforcer son charme.

- Je tenais à te présenter de nouveau mes excuses pour mon comportement depuis nos retrouvailles en Italie. Je voulais que tu saches que tu me manques…

Clarke fixa son regard bleu dans celui vert de sa compagne.

- Tu me manques aussi Lexa…

- Je t'en prie, reviens à la maison.

- Pas tant que tu ne m'auras pas dit la vérité Lexa. Je ne supporterai pas un mensonge de plus venant de ta part et je ne veux pas briser notre relation. Je t'aime sincèrement. Si c'est le cas de ton côté alors tu me diras la vérité.

- Clarke…

- Non Lexa.

- Je te dirais la vérité, je le promets.

- Quand ?

- Dès que tu auras passé le seuil de ma maison avec Racoon et ta valise, assura la brune.

- Toute la vérité ?

- Toute.

- Dans ce cas d'accord. Laisse-moi juste le temps de souffler et digérer ce que nous venons de traverser aujourd'hui.

- Évidemment… Tu m'écriras ce soir ?

- Oui, sourit doucement la blonde.

Le corps des deux femmes se rapprochèrent l'espace de quelques secondes mais un appel de Gustus fit reculer Lexa, ne manquant pas de décevoir Clarke qui était réchauffée par l'idée d'une étreinte en public avec sa compagne.

- Madame Donati, il faut y aller, la rappela Gustus.

- J'arrive. Écris-moi Clarke et ne tarde pas, je t'en prie. Je t'aime, souffla t-elle pour elle seule.

La brune se tourna ensuite vers l'entrée du cimetière qui se vidait lentement de ses visiteurs. Elle se mit en marche pour rejoindre Aden qui de sa hauteur n'eut aucun mal à la voir arriver. Il resta immobile jusqu'à ce que sa sœur n'arrive à sa hauteur, celle-ci se plaça près de son frère et l'enlaça affectueusement avec force. Le blond en fut surpris mais accepta de bon cœur l'étreinte, les yeux fermés de douleur et de bonheur mêlés. Lorsqu'il les rouvrit ce fut pour voir arriver une berline noire sur le dépose-minute. Les vitres droites se baissèrent simultanément et deux canons de MP5 apparurent pour finalement lâcher une rafale de balles en direction de la Dona et des personnes l'entourant.

Aden eut tout juste le temps de crier un « Non ! » avant d'inverser sa position avec sa sœur qu'il poussa vers le sol. Des cris et hurlements se mêlèrent au bruit des balles sifflant contre la voiture de la part des gardes du corps des différentes familles ainsi que des agents de police. La berline tenta de s'échapper mais termina sa course dans une autre voiture à quelques mètres lorsqu'une balle traversa le pare-brise arrière.

Lexa n'avait rien vu venir, elle avait juste entendu son frère crier avant de sentir qu'il l'attrapait encore plus fermement pour échanger de place avec elle et la pousser en arrière sur le gravier de l'allée de l'entrée du cimetière. Elle eut le souffle coupé quelques secondes et lorsqu'elle rouvrit les yeux ce fut pour se rendre compte qu'Aden était couché sur elle. Elle le poussa comme elle le put avec l'aide de Gustus pour vérifier son état mais des larmes la gagnèrent rapidement quand elle se rendit compte que la veste et la chemise de son frère étaient en train de se teinter de sang.

- ADEN ! NOOON ! ADEN RÉPONDS-MOI ! ADEN ! Hurla t-elle en pleurs en caressant les joues de son frère.

Aden ouvrit difficilement les yeux et cracha un peu de sang devant les appels désespérés de sa sœur.

- La… Fa… mille.

- ADEN ! ADEN ! Reste éveillé ! APPELEZ LES SECOURS BORDEL ! Hurla t-elle.

- Lexa ! Pousse-toi ! Ordonna Clarke qui avait juste entendu les coups de feu échangés depuis l'intérieur du cimetière.

La brune refusa de céder sa place à son amante et ce fut Gustus qui l'obligea à se dégager du corps du Donati. La médecin vérifia le pouls du jeune homme, celui-ci était faible mais existant.

- Aden il va falloir te battre ! Tu m'entends ?! Allez ! L'encouragea t-elle en commençant à appuyer sur ses blessures apparentes pour faire pression sur l'hémorragie.

- Sauve-le ! Sauve-le ! Je t'en prie Clarke ! La supplia Lexa sous le choc et retenue par Gustus.

Les radios des policiers ne cessaient de grésiller pour signaler l'échange de coups de feu. Bien que le temps parut interminable, un bruit de moteur d'hélicoptère se fit entendre. Rapidement, des ambulanciers descendirent de l'appareil pour rejoindre le corps de l'héritier Donati à qui Clarke faisait à présent un massage cardiaque.

- Le cœur est reparti une première fois, c'est le second arrêt qu'il fait, annonça gravement la médecin.

- On l'embarque !

- Il y a d'autres blessés, informa la blonde.

- Nous sommes là pour Aden Donati, vous venez Docteur Griffin ?!

Clarke jeta un regard autour d'elle. Il y avait une dizaine de blessés. Comment se faisait-il que l'hélicoptère soit arrivé aussi vite pour Aden ?

- Docteur Griffin ! L'appela l'ambulancier.

- Je viens, dit-elle difficilement.

- Je viens aussi ! Cria la brune.

- Non, toi tu restes là ! Laisse-nous faire notre travail Lexa.

La blonde se mit à courir derrière les urgentistes et le brancard où Aden avait été sanglé. Ils montèrent dans l'hélicoptère qui décolla rapidement. Les machines servant à prendre les constantes du blond montraient une ligne plate, dénuée de vie.

- Il est toujours en arrêt cardiaque ! Annonça l'ambulancier à Clarke.

- Préparez moi une dose d'épinéphrine ! Ordonna la médecin tout en continuant à masser le blond.

- On le perd Docteur Griffin !

- Allez Aden ne nous lâche pas ! Accroche-toi ! Gronda la jeune femme en y mettant toute sa force.


Heey nous revoilà :D J'espère que le chapitre vous a plu autant que le précédent ! J'ai vraiment travaillé sur les émotions dans celui-ci ! Clarke commence à saturer niveau mensonges avec Lexa... Et Finn a un nouveau départ :P

Gustus est ravagé par la mort de sa cousine il me fait de la peine :') Ontari a enfin dit la vérité à Aden en le prévenant d'un danger imminent sur sa famille et ça n'a pas loupé... Il a fait le choix de sauver sa soeur... Avez-vous des envies particulières pour le prochain chapitre au niveau des personnages ?

À dans deux semaines ! :)