Heey ! Nous revoilà avec le chapitre 15 ! C'est fou ce que ça passe vite deux semaines pour moi xD À chaque fois je me dis "Tranquille Kouan y'a le temps..." Et le samedi je me réveille "Oh mother fuck plus que deux jours yaaaarrrghhh" XD Enfin voilà mes petites mauvaises aventures d'auteur amateur :P Je vous remercie une nouvelle fois tout le monde pour vos follows, favs et reviews, vous êtes tous top ! Ça me fait ultra plaisir de voir que L'Héritage plaît à autant de monde :D

Angelye : Hey ! Haha j'avoue c'était pas très sympa comme fin de chapitre mais j'avais envie d'écrire une fin pleine de tension pour la 2ème partie de Guerre de Sang ! La suite est là, profite bien et merci pour ton ptit com :D

Ewilian : Hey ! Thank you pour ton retour ! :D Ah je suis bien contente de l'effet montagne russe pour les émotions et sentiments du chapitre ! Le Gustus/Anya va faire un pas en avant dans ce chapitre :) Tu commences à apprécier Finn ? CHAMPAGNE ! XD Becca va me manquer aussi, cte folle avec Bellamy... :') Et Ontari oui... Elle relève la barre chez les Barzetti :)

Merci à doubi pour la relecture ! Sur ce je vous souhaite une très bonne lecture :)


Chapitre 15 : Espoir et vérité


Lexa avait couru à en perdre haleine dès lors qu'elle était sortie de la voiture de police l'ayant conduite à l'hôpital. Gustus et Anya eux, étaient sur ses talons. Un infirmier travaillant pour la Famille les conduisit à travers le dédale de couloirs afin de les mener à bon port, aussi la Donati se retrouva derrière deux grandes portes battantes qui étaient closes. Elle regarda, anxieuse à travers les hublots mais seuls des infirmiers passaient à travers celui-ci. Elle se mit à tourner en rond et ce fut seulement au bout de cinq minutes qu'elle se mit à frapper violemment contre les portes pour tenter de les ouvrir.

- LAISSEZ-MOI ENTRER ! JE VEUX VOIR MON FRÈRE !

- Lexa ! Cria Gustus en tentant de l'arrêter mais la brune était une véritable furie.

- OÙ EST CLARKE ?! JE VEUX VOIR LE DOCTEUR GRIFFIN ! Aboyait-elle à tue-tête.

Un vigile arriva devant le raffut provoqué par la sicilienne et s'approcha lentement d'elle :

- Madame je vais vous demander de sortir si vous ne vous con…

- LA FERME !

Le poing de Lexa trouva rapidement le visage du vigile qui recula de surprise et de douleur sous le bruit d'un nez qui casse.

- JE VEUX VOIR MON FRÈRE !

- Lexa ! S'exclamèrent d'une même voix Anya et Gustus.

Anya s'approcha souplement de la Donati pour lui immobiliser un bras tandis que Gustus attrapait le second pour bloquer le tout dans le dos de la brune qui s'écroula sur le sol après un temps. Son fidèle homme de main l'obligea à se relever pour la mettre sur une chaise de la minuscule salle d'attente.

- Lexa reprends-toi bon sang, dit-il durement.

- Aden… Sanglota t-elle.

- Il est entre de bonnes mains. Le Docteur Griffin fera tout en son pouvoir pour le sauver, tu entends ?

- Il saignait tellement…

- Aden est un battant, lui indiqua Anya, le visage fermé. C'est moi qui l'ai entraîné, il survivra.

- Mais s'il ne survit pas…

- Il survivra, insista la mafieuse.

Gustus tourna le regard vers sa compagne. Elle avait ce masque de froideur et de dureté qu'elle enfilait à chaque moment difficile. Il devina qu'en ce moment-même, elle prenait énormément sur elle pour tenter de rassurer sa Dona : Aden était comme un petit frère, il avait dépassé le statut de simple élève pour la Zanetti. Elle vouait un amour sincère à ce garçon que Lexa lui avait confié en guise de mission pour la Famille. Aden Donati, ce garçon si chétif au premier abord, si innocent et gentil… Dont tout le monde pensait qu'il n'aurait jamais les épaules pour endosser le titre de Don que son grand-père Titus Donati aurait dû lui laisser à sa mort.

Lexa ferma les yeux pour s'extraire de la pièce neutre et désagréable dans laquelle elle se trouvait. Elle ne voulait plus penser à rien si ce n'est aux merveilleux souvenirs qu'il lui restait de son frère. De nouveau, de grosses larmes se mirent à rouler sur ses joues et elle sentit deux mains différentes serrer chacune ses épaules.

- Il va s'en sortir, affirma Anya de nouveau, presque pour se rassurer elle aussi.

- Oui, il va y arriver, confirma Gustus en attrapant fermement la main de sa compagne en guise de réconfort.


- Merci Octavia de m'avoir aidé à venir jusqu'ici, la remercia la mécanicienne.

- C'est normal Raven.

Le regard des deux jeunes femmes s'accrocha l'espace de quelques secondes tant la situation était difficile. Raven se contenta finalement d'un hochement de tête poli en guise de remerciement avant de s'avancer vers sa meilleure amie qui était toujours assise sur une chaise, en proie à une réflexion intense : Lexa avait des cernes sous les yeux, les cheveux décoiffés et son tailleur était encore recouvert du sang de son frère cadet.

À côté d'elle, Gustus et Anya étaient assis. Gustus avait les yeux fermés de fatigue tandis qu'Anya semblait tenir bon. La main de la mafieuse serrait la main de son compagnon comme pour être sûre que plus jamais il ne la lâcherait.

Raven s'avança avec douceur vers sa meilleure amie pour s'accroupir devant elle. Elle amena ses mains sur celles de la Donati pour effectuer une pression amicale lui signifiant sa présence. Le geste fit relever le visage de Lexa qui semblait revenir de très loin.

- Hey Bella… C'est moi.

- Raven…

- Oui je suis là. Tu as des nouvelles ?

- Il est toujours au bloc.

- Ça fait combien de temps maintenant ?

- Trois heures.

- T'en fais pas, ce petit blond est un battant et il est entre de bonnes mains. Si Becca avait choisi personnellement Clarke c'est parce qu'elle croyait en ses capacités.

- Mais…

- Écoute Bella, Clarke a su dompter la seule Donati allergique aux médecins, alors qu'est-ce que c'est pour elle d'extraire quelques balles hm ?

Les yeux verts de Lexa s'éclaircirent légèrement à la mauvaise plaisanterie de sa meilleure amie. Elle serra ses mains en retour.

- Merci d'être là pour moi.

- C'est normal Bella. Allez, accroche-toi.


- Je suis allée chercher de quoi manger, indiqua Raven avec douceur en posant un sac en papier recyclé près de Lexa.

- Merci mais je n'ai pas faim.

- Lexa, insista la mécanicienne.

La Donati serra les lèvres en tournant la tête sur le côté ce qui fit lever les yeux au plafond de son amie. Raven se dirigea vers le couple de mafieux près d'elles. Cette fois-ci c'était Gustus qui était réveillé et Anya qui semblait somnoler contre l'épaule du sicilien, leurs mains toujours entrelacées.

- Tiens Gustus, de quoi manger un peu. Je sais que tu dois pas avoir très faim avec tout ce qu'il se passe mais si Lexa te voit manger ça lui montrera l'exemple. Ça a beau être la Dona, tu es comme un père pour elle, lui souffla la mécanicienne.

Le sicilien attrapa de sa main gauche le sachet marron tout en remerciant d'un signe de tête la latina qui retourna près de son amie. Bien que l'appétit n'était pas au rendez-vous du fait de l'inquiétude du moment et de l'enterrement de Becca, le brun ouvrit le paquet pour en sortir une boîte en plastique dans laquelle se trouvaient des pâtes à la carbonara. Ses mouvements réveillèrent Anya qui fronça les sourcils avant d'ouvrir les yeux. Elle eut bien du mal à quitter l'épaule chaude de son compagnon.

- Qu'est-ce qui se passe ? Grommela t-elle.

- Raven a apporté de quoi manger, lui indiqua t-il.

- Hm non merci.

- Tu devrais manger Anya.

Sentant une possible dispute arriver pour une histoire de nourriture, Anya acquiesça finalement et attrapa la boîte tendue ainsi qu'une fourchette en plastique. Elle remua mollement les pâtes dont le fumet monta jusqu'à ses narines. Sentant un haut le cœur arriver, elle bloqua sa respiration par réflexe mais c'était trop tard. Elle eut tout juste le temps de poser la boîte sur la chaise à côté d'elle avant de se jeter sur la porte des toilettes à un mètre d'elle et de s'engouffrer dedans sous le regard surpris de Gustus. Le brun se demanda ce qui lui arrivait et le devina lorsqu'il entendit la mafieuse vomir. Sans pouvoir s'en empêcher, son coeur cogna fort dans sa poitrine et il alla rejoindre sa compagne qui était agenouillée près des toilettes. Il s'approcha d'elle avec douceur pour s'accroupir à ses côtés et passer une main dans les cheveux détachés de la Zanetti.

- Tu ne l'as pas fait… Dit-il prudemment.

Anya secoua la tête en guise de réponse.

- Tu veux toujours le faire ? Demanda difficilement le brun.

- Est-ce que je veux être comme ça pendant neuf mois Gustus ? Bien sûr que non. Comment je pourrais être opérationnelle si chaque odeur me file la nausée bordel… Grogna t-elle.

- Je suis désolé Anya.

- Tu peux l'être, maugréa t-elle, légèrement pâle.

- Désolé pour t'avoir traité de la sorte et pour ce que je t'ai dit au téléphone l'autre jour… Tu ne méritais pas…

- C'est bon Gustus, je sais que tu ne le pensais pas. Tu souffrais.

- Ça n'empêche que je n'ai pas respecté le commandement numéro six avec ma propre compagne, j'ai honte. Je t'aime Anya, souffla t-il en baissant les yeux.

- Gus… Souffla la mafieuse en se redressant légèrement des toilettes pour glisser une main sur la joue rasée de son compagnon.

Au geste d'Anya, les yeux du sicilien vinrent se fixer dans les siens et rapidement son front vint se coller contre celui de sa compagne. Sans pouvoir s'en empêcher, des larmes roulèrent contre ses joues. Ses bras vinrent entourer les fines épaules de la Zanetti et le couple se serra à s'en étouffer.

- Je suis tellement désolé, sanglota t-il.

- C'est bon Gus… Ça va aller, souffla la mafieuse bien que sa voix tremblait légèrement.

- Je ferais ce que tu me dis Anya… Peu importe ce que tu veux faire… Reprit-il, tremblant.

À ce moment là, Anya sentit cette flamme qu'elle ressentait uniquement avec Gustus refaire surface. Enfin, il entendait ce qu'elle voulait lui faire entendre : son choix.


Lorsque les portes battantes s'ouvrirent sur Clarke qui était en tenue de chirurgienne propre, Lexa sauta sur ses deux jambes pour avancer d'un air préoccupé. Entre temps, Tristan et Cécilia s'étaient joints à leur petit groupe. La médecin semblait épuisée par l'opération qu'elle venait de mener mais le regard émeraude empli d'inquiétude de son amante lui donna la force de terminer sa mission.

- Aden Donati a été blessé par balles. Quatre d'entre-elles l'ont transpercées mais ne sont pas ressorties….

Elle fixa son regard sur le tailleur de Lexa qui était couvert de sang séché à présent. Si les balles étaient ressorties, c'est la Donati qu'elle aurait dû opérer à la place du blond car nul doute qu'il serait mort sur le coup. Lexa y compris tous ceux l'accompagnant retenaient leur souffle.

- Son poumon droit a été perforé par une balle, les trois autres se sont logées dans ses intestins. Lorsque j'ai commencé à prendre en charge Aden, les hémorragies internes étaient déjà très importantes ce qui a conduit à un premier arrêt cardiaque. Je l'ai réanimé une première fois. Avant de l'héliporter, il a fait un second arrêt cardiaque. Nous avons réussi à le réanimer une seconde fois dans l'hélicoptère.

Clarke avala sa salive devant la cruelle vérité qu'elle s'apprêtait à énoncer.

- Nous avons réussi à extraire les balles mais l'hémorragie intestinale ne se résorbe pas malgré toutes nos tentatives. Aden a fait un troisième arrêt cardiaque au bloc d'une durée de douze minutes et quarante trois secondes. J'ai pris la décision de continuer la réanimation bien que cela pouvait entraîner des lésions cérébrales. Il est actuellement dans le coma, en soins intensifs. Les prochaines heures seront déterminantes pour lui…

Le visage de Lexa se décomposa à la dernière phrase et Clarke se détesta d'avoir déclenché cela chez la brune. Lexa alla pour s'écrouler au sol mais Gustus la retint et chaque personne présente autour d'elle posa une main sur son corps pour l'encourager dans cette terrible épreuve que le Seigneur leur imposait.

- Aden va se battre pour vivre, indiqua Anya une nouvelle fois.

Clarke hocha la tête par réflexe avant de s'excuser et entrer de nouveau vers le couloir menant aux salles d'opération.


Aden était allongé sur un lit d'hôpital et était sous oxygène. Son torse musclé était bandé par des pansements propres et épais, son visage était pâle malgré son bronzage naturel. Lexa était assise dans un fauteuil en cuir près de lui, sa tête posée sur ses bras croisées sur le matelas, elle somnolait à moitié près de son jeune frère. Le son des machines la maintenait éveillée. Elle avait dû attendre deux heures supplémentaires avant que Clarke ne l'autorise à le voir et ça avait été une véritable torture. Cela faisait maintenant cinq heures qu'elle veillait sur lui. Son amante avait fait une exception et l'avait laissé rester malgré le règlement car elle avait senti qu'elle en avait besoin. La nuit était tombée depuis longtemps et le bruit des voitures circulant rappelaient à tout le monde que la vie continuait.

La brune sursauta légèrement quand elle sentit une couverture sur ses épaules. Lorsqu'elle se tourna ce fut pour voir Clarke en tenue de chirurgienne, lui souriant avec douceur.

- Merci…

La blonde hocha faiblement la tête en guise de réponse et voyant que la brune ne souhaitait pas parler, elle entama un mouvement pour sortir.

- Clarke ?

- Oui ?

- Est-ce qu'il va se réveiller ?

Les lèvres de Clarke esquissèrent une moue à la question mais elle fut rapidement effacée pour laisser apparaître un sourire d'espoir.

- Ton frère est un battant Lexa. Il s'est accroché à la vie comme jamais.

- Est-ce qu'il risque de sérieuses lésions cérébrales à cause de ses arrêts cardiaques ?

- Oui. Je suis désolée…

- Ne t'excuse pas, ce n'est pas de ta faute. Merci Clarke.

- Si tu as besoin de quoi que ce soit, fais-moi appeler.

- D'accord.

La brune s'était déjà reconcentrée sur son frère quand elle entendit de nouveau la voix de Clarke :

- Je serais toujours là pour toi Lexa quoi qu'il arrive. Je te le promets.

Lexa avait fermé les yeux à cet aveu et s'était retournée après quelques secondes mais la blonde était déjà partie.


- Très beau travail Quint, le félicita Nia en amenant un verre de whisky à ses lèvres.

La matriarche était assise dans l'un de ses canapés en cuir blanc. Elle affichait un sourire éclatant devant les actualités diffusées en boucle sur la télévision du grand salon. Elle se mit à ricaner de plaisir devant les caméras embarquées des voitures de police montrant Aden Donati se faire transpercer de balles pour protéger sa sœur. Les images étaient en partie floutées mais la violence de la scène était sans nom. La police avait tout fait pour retenir les foules qui avaient commencé à manifester leur colère d'une telle violence sur l'île.

Quint avait beau boitiller à cause de sa blessure à la jambe, il affichait un sourire satisfait.

- Dommage qu'on ait pas réussi à avoir la Dona.

- Ce n'est pas plus mal. Si à la base je voulais la tuer pour accélérer l'ascension des Barzetti au sein de la mafia, la voir souffrir est encore plus jouissif. Je ne me lasserai jamais de voir et revoir son visage ravagé par les larmes et l'impuissance !

- Avec Becca Giordano et Aden Donati au fond du trou, les Donati se jetteront à coup sûr dans une vengeance violente qui les mènera à leur perte. Les autres familles ne les suivront jamais…

- Tu as tout compris mon cher ami, sourit Nia en amenant sa main vers son homme de main.

- Oh ma Reine vous êtes si intelligente… Susurra t-il en s'agenouillant devant elle pour baiser sa main avec respect.

- Madame Barzetti, interpella un homme de main, mal à l'aise.

- Quoi ?! S'agaça t-elle.

- Le Commissaire Pike est là, il souhaiterait vous parler.

- Hm, toujours là quand il ne faut pas celui-là, grommela t-elle. Faites-le entrer.

Charles se présenta devant la matriarche qui le regarda de ses yeux de glace. Quint était assis à ses côtés et buvait avec délectation un verre de whisky lui aussi. Une main de Nia caressait son crâne rasé ce qui lui arrachait un sourire satisfait.

- Nia ne me dites pas que la tentative d'assassinat d'Aden Donati est…

- Une fierté pour ma famille ? Oh bien sûr que si Charles. Ce petit rat des champs méritait amplement son sort pour avoir eu l'outrance de naître et pour avoir blessé ma fille adorée… En plus, il aura agacé tout le monde puisque c'est sa sœur que je visais à la base. En la sauvant il a changé mes plans.

- Nia ! Lors d'un enterrement ! Vous plaisantez ou quoi ?! Où sont les principes des vieilles familles ?!

- Dans une guerre il n'y a plus de principes Charles. Celui qui frappe le plus fort gagne et Lexa Donati était affaiblie par la mort de sa très chère Becca Giordano. Cet enterrement privé était le moment idéal pour frapper et l'achever.

- Vous ne l'avez pas achevé malheureusement, grinça le policier.

- Ça ne saurait tarder, sourit Nia.

- Vous partez en vrille Nia Barzetti, aboya t-il en pointant son doigt sur elle.

La réaction de Quint ne se fit pas attendre. Le canon de son pistolet se retrouva en moins d'une seconde pointé vers le crâne rasé de Pike qui écarquilla les yeux.

- Ne parle pas comme ça à ma Reine connard de poulet.

- Tout doux Quint… Charles est légèrement à cran…

- Les hommes qui ont tenté d'assassiner Lexa Donati sont morts sous les balles de la police Nia. Lorsque leur identité sera révélée votre famille…

- Ne sera en rien mêlée à cette tentative d'assassinat puisque ces hommes viennent d'Italie et non de Sicile. Je les ai grassement payés pour le déplacement et le travail à faire. Quelle tristesse qu'ils n'aient pas pu profiter de leur argent, rit-elle amusée en avalant une nouvelle gorgée.

- Personne ne pourra remonter jusqu'à vous alors, vous en êtes sûre ?

- Certaine Commissaire Charles Pike, sourit-elle.

- Je ne pourrais plus vous couvrir Nia si vous continuez à n'en faire qu'à votre tête, mon bras est long mais il a ses limites.

- En parlant de bras long, est-ce que vous avez éliminé le frère du kamikaze pour Becca Giordano ?

- Comment ça ?

- Aucun témoin Pike, vous le savez.

- Mais ce n'est qu'un gamin… Son frère avait accepté la mission pour pouvoir lui payer des études à l'étranger… Vous ne pouvez pas…

- Charles.

Le regard de Pike se baissa un court instant à l'ordre silencieux. Il serra les dents avant d'acquiescer avec violence.

- Je m'occupe du gamin.

- Très bien, vous pourrez récupérer l'argent en récompense.

- Oui.

- Autre chose ?

- Non Madame.

- Alors retournez à vos obligations mon cher ami.

Le policier s'écarta non sans un regard pour Quint qui jouait avec son arme de manière provocatrice. Il se dirigea vers la porte d'entrée pour rejoindre sa voiture. Lorsqu'il entra à l'intérieur, il sentit un bout de métal froid sur sa nuque.

- Bordel de… !

- La ferme. Roulez.

- Ontari ?

- Roulez j'ai dit.

Pike démarra la voiture et quitta la propriété des Barzetti, les amenant à plusieurs kilomètres. Lorsqu'elle fut satisfaite, Ontari ordonna à Pike de se ranger dans un coin tranquille sur les hauteurs de l'île.

- Je veux savoir ce que ma mère vous a ordonné de faire.

- Je ne vois pas en quoi ça vous regarde Ontari.

- Mademoiselle Ontari, répondit-elle en enlevant la sécurité du pistolet.

- Wow ! Ça va du calme Mademoiselle… Votre mère… Elle veut que je m'occupe du nettoyage pour conclure l'affaire Giordano. Rien de plus !

- Maintenant vous travaillez pour moi, c'est clair ?

- Quoi ?! Mais…

La brune lui tendit une enveloppe épaisse que Pike attrapa avec précaution.

- Votre frère ne voudrait pas que vous soyez mêlée à ça Mademoiselle, il faisait tout pour vous sortir de ce cercle et vous rendre heureuse.

- Mon frère est mort et m'a demandé de continuer son travail, dit-elle durement.

- De… De quoi ?!

- Ma mère a assassiné mon frère la nuit où Becca Giordano est morte.

- Elle m'a dit qu'il était parti à l'étranger pour affaires… Comment est-ce possible de…

- Arrêtez de parler. À l'intérieur de l'enveloppe se trouve les dernières volontés de mon frère. Visiblement il se doutait du danger qu'il courait au quotidien avec ma mère… Je crois savoir que vous aviez espoir pour les projets de paix de Roan.

- En effet, confirma le Commissaire.

- Alors travaillez pour moi, en sa mémoire.

- Vous vous engagez dans…

- Une guerre de sang, je sais. Votre réponse ?

Pike regarda dans le rétroviseur intérieur de la voiture avant de dire :

- Je vais ouvrir la boîte à gant pour vous donner l'un de mes portables prépayés. Vous pourrez m'appeler quand vous le souhaiterez et je vous donnerai les informations dont vous avez besoin Mademoiselle Barzetti.

- Allez-y, indiqua t-elle.

En quelques secondes, la belle brune avait attrapé le portable prépayé.

- J'ai un service personnel à vous demander Commissaire, à charge de revanche évidemment, indiqua t-elle.

Le policier lui sourit amicalement :

- Les Barzetti ne demandent jamais Mademoiselle, ils prennent.

- Vous trouvez cette méthode efficace ?

- Non.

- Alors laissez-moi utiliser ma propre méthode.

- Bien, je vous écoute.

- J'imagine que des hommes à vous protègent Aden Donati à l'hôpital.

- Oui.

- J'aimerai… Le voir s'il vous plaît.

- Vous n'y pensez pas !

- S'il vous plaît, insista la brune.

- Vous pourriez vous faire descendre si un homme de main de la famille Donati se présente !

- Ça n'arrivera pas si vous faites votre travail correctement Commissaire Pike.

- Très bien Mademoiselle. Je vous préviendrai du jour et de l'heure sur le portable.

- Merci Charles…

- C'est normal.

La portière arrière gauche s'ouvrit puis claqua rapidement quand la brune sortit pour filer et s'enfoncer rapidement dans la pénombre des hauteurs de l'île.


Clarke n'avait jamais vu Lexa si sombre. Au fil des jours, elle s'était écartée d'elle prétextant être prise par ses affaires et l'enquête concernant la tentative d'assassinat dont elle avait manqué être la victime. Deux semaines s'étaient écoulées. Aden ne s'était toujours pas réveillé et avait été amené au bloc trois fois pour ses saignements intestinaux qui ne se résorbaient pas correctement. Sa vie n'était plus en danger mais le fait qu'il ne se réveillait toujours pas faisait disparaître peu à peu l'espoir de son retour.

La médecin avait longuement hésité à réaménager chez sa compagne. Si au départ elle avait voulu le faire pour la soutenir moralement, Lexa s'était montrée plus que dure à son égard ce qui l'avait encouragée à lui laisser l'espace dont la Donati avait actuellement besoin. Elle se contentait donc de venir lui rendre visite régulièrement mais celles-ci se concluaient souvent par un simple salut avant que l'héritière n'aille s'enfermer dans son bureau, laissant à Clarke ce sentiment d'abandon et d'injustice au creux de la poitrine.

C'est Ryder qui l'accueillit ce soir-là. Ce dernier la laissa entrer avec une nouvelle moue désolée. Une moue qui voulait dire que Lexa était encore enfermée dans son bureau. Au final, la blonde parlait plus avec le garde du corps que sa compagne elle-même. Clarke alla s'installer sur l'un des canapés et rapidement tout en restant discret, Roméo vint la rejoindre pour quémander des caresses tout en faisant la fête à cette jeune femme qu'il avait très vite prise en affection.

Une demi-heure plus tard, des pas dans l'escalier se firent entendre, des pas que la médecin n'eut aucun mal à reconnaître tant son esprit s'était focalisé sur le moindre geste qu'entamait la brune lorsqu'elles étaient dans la même pièce. Sa chevelure blonde se tourna pour offrir un visage doux à sa compagne qui s'était avancée dans la cuisine pour sortir une bouteille de vin.

- Bonsoir Lexa… Souffla Clarke.

- Bonsoir, répondit simplement la brune en remplissant son verre allègrement.

- Comment vas-tu aujourd'hui ?

Elle n'eut aucune réponse et vit rapidement que l'héritière remontait les escaliers avec la bouteille et son verre. Son cœur se serra et ne pouvant supporter plus, elle repoussa le chien avant de se mettre à courir pour rattraper son amante pour lui crier :

- C'est injuste de me traiter de la sorte Lexa !

La Donati se tourna lentement vers sa compagne sans changer d'expression. Son regard émeraude la transperça de part en part avant qu'elle ne lui réponde :

- Je n'ai pas le temps de me disputer avec toi Clarke…

Cette réponse eut le mérite de blesser au plus profond d'elle-même la médecin qui se mit à trembler de colère. Des larmes se mirent à couler sur ses joues et elle eut tout juste la force de s'avancer pour saisir le chemisier de la brune pour la plaquer faiblement contre un des murs du couloir.

- Qu'est-ce que je t'ai fait bon sang Lexa ? Demanda t-elle. Qu'est-ce que j'ai bien pu te faire pour que tu sois si froide avec moi ? Je t'en prie dis-le moi… Si c'est Aden…

À la supplication, le cœur de Lexa se serra. Ses yeux s'humidifièrent aussi : voir Clarke dans cet état était un véritable supplice mais elle ne pouvait clairement pas gérer les affaires de la Famille et sa relation secrète avec la belle blonde. Elle finirait par avoir une cible sur le dos lorsque les Barzetti l'apprendraient et s'il lui arrivait quelque chose, jamais elle ne pourrait se le pardonner.

- Clarke… Un jour tu m'as dit que le travail restait prioritaire par rapport à notre relation… Si à cet instant j'ai pensé le contraire, la cruelle vérité m'est apparue lorsque je me suis retrouvée près d'Aden dans cet hôpital.

- Lexa…

- Tu m'as demandé de te dire la vérité Clarke afin de consolider notre histoire car je suis quelqu'un de très secret… J'en suis consciente mais s'ils s'en sont pris à Aden, ils s'en prendront à toi aussi Clarke. C'est la Mafia et elle gangrène l'île ! Je fais tout mon possible chaque jour pour l'étouffer à travers mes projets professionnels… Mais ce n'est pas suffisant, l'argent ne suffit pas…

- Lexa non… Ne fais pas ça. Tu n'as pas le droit de ne pas me laisser le choix… Lui dit la blonde, tremblante.

- Tu ne fais pas partie de ce monde Clarke… Dit difficilement Lexa.

- Mais je fais partie du tien et je t'aime Lexa ! Tu n'as pas le droit… Pas après ce qu'on a vécu toutes les deux ! Tu m'as promis au cimetière… Tu n'as pas le droit de reculer alors que tu avais décidé d'avancer et me faire confiance… Sanglota la blonde.

- Je suis désolée… Je préfère te savoir en sécurité loin de ma famille et de cette île de malheur…

- Qu'est-ce que tu veux dire...? Balbutia Clarke, ravagée par les larmes tout en s'accrochant aux vêtements de sa compagne dont le chemisier se déboutonna légèrement sous la poigne désespérée de la médecin.

- Je te libère de tes obligations professionnelles concernant la famille Donati et l'hôpital de Syracuse.

Clarke resta sans voix avant de secouer la tête négativement. Elle redressa difficilement son visage, regardant droit dans les yeux son amante pour dire :

- Et tu me libères de toi aussi ? C'est ça Lexa ? Tu crois que c'est aussi facile quand on aime quelqu'un ?...

- Clarke… Souffla Lexa, penaude.

- Tout ce que tu m'as dit, tu ne le pensais pas alors ? Tu m'as dit que tu m'aimais… Que tu voulais que je sois ta compagne… Tu l'as dit Lexa, tu m'aimes et tu mourrais si jamais il m'arrivait quelque chose ! Je t'aime aussi Lexa, tu le sais hein ? Dis-moi que tu le sais…

- Je le sais Clarke, répondit douloureusement la brune dont quelques larmes s'étaient échappées de ses beaux yeux verts.

À la réponse, sans pouvoir s'en empêcher, Clarke vint plaquer ses lèvres contre celles de la Donati qui frémit à ce contact. Elles ne s'étaient pas embrassées ainsi depuis un peu plus de deux semaines et ô bon sang que la sensation était grisante. Rapidement, son bas ventre s'enflamma lorsque la blonde glissa une main inquisitrice sous le chemisier qu'elle craqua sans retenue sous un geste affamé et maladroit. Un gémissement envieux s'échappa de la gorge de Lexa qui se sentit acculée et terriblement faible face à cette force de la nature qu'était cette jeune et terrible médecin qui lui échappait totalement.

- Clarke non... Souffla t-elle.

- Redis-le et je m'en vais… Lui répondit la médecin en glissant sa langue dans la bouche de la Donati.

Seul un baiser lui répondit.


La jeune femme marchait couverte d'un voile qui cachait en partie son visage. Ses yeux noisette étaient masqués par d'épaisses lunettes de soleil malgré la nuit tombée. Ontari s'avança dans le service des soins intensifs pour retrouver le Commissaire Pike. Elle avait longuement attendu, ce qui l'avait fait trépigner plus d'une fois ou fait croire que l'allié de son frère avait décidé de la laisser tomber mais elle avait finalement reçu une date et une heure pour pouvoir rendre visite à Aden. Elle sentit qu'on l'attrapait par le bras lorsqu'elle passa devant une porte ouverte d'un local ménage. Pike plaqua sa main sur sa bouche pour l'empêcher de crier ce qui lui valut une coupure sur la joue provoquée par la pointe effilée d'une dague qu'avait sortit la Barzetti par réflexe.

- C'est moi Mademoiselle Ontari, grogna t-il.

- Ne me refaites plus jamais ça, le gronda t-elle en rangeant la dague.

- Désolé, je ne pouvais pas vous laisser foncer vers la chambre comme ça.

- Comment procède t-on alors ?

- Enfilez-ça, indiqua t-il en lui désignant une tenue d'aide-soignante.

- Vous plaisantez ?!

- Je me suis arrangé avec l'aide soignante qui fait la toilette d'Aden Donati pour qu'elle vous cède sa place d'accord ? C'est ça ou vous ne rentrez pas.

La bouche d'Ontari s'ouvrit quelques secondes, prête à protester mais devant le regard sérieux de son interlocuteur elle finit par souffler.

- Bon d'accord.

- Bien.

Le policier se tourna par pudeur mais la brune fronça les sourcils en soupirant.

- Quoi ?

- Quoi, quoi ? Dehors Commissaire voyons ! S'agaça t-elle.

- Désolé ! S'excusa t-il, mal à l'aise.

Il sortit, laissant la porte se fermer derrière lui. Quelques minutes plus tard, Ontari était habillée d'un habit rose clair. Elle avait attaché ses cheveux sombres avec une pince ce qui éclaircissait son visage.

- Suivez-moi, indiqua Pike après lui avoir désigné le chariot utilisé pour transporter les produits d'hygiène.

Ontari se contenta de le suivre, le cœur battant à tout rompre en poussant son outil de travail. Pike s'arrêta brusquement à plusieurs mètres de la chambre d'Aden Donati : si deux de ses hommes étaient postés pour protéger le jeune homme, la femme brune aux mèches blondes ne les laisserait jamais passer. Anya Zanetti était assise discrètement sur un banc non loin de la porte de la chambre et faisait mine de lire un journal dont les gros titres parlaient de l'élection du plus jeune sénateur de Rome : Wells Jaha.

- Merde… Elle était pas censée être là… Grogna t-il.

- On fait quoi alors ? Demanda Ontari, légèrement déçue.

Pike se passa une main sur son crâne rasé : il commençait sérieusement à stresser et douter de la réussite de cette infiltration. Il allait pour dire à Ontari de rebrousser chemin quand une véritable aide-soignante passa soudainement près de la garde du corps avec un grand chariot à étagères permettant de transporter des plateaux repas. L'odeur arriva rapidement vers Anya qui fronça les narines mais qui ne put s'empêcher d'avoir un haut le cœur. Le bruit alerta la professionnelle qui s'arrêta pour parler à la brune avec un grand sourire :

- Oh ! Cela fait combien de semaines ?

- Je vous demande pardon ? Grimaça Anya.

- Je sais que les nausées peuvent être fortes au début. La moindre odeur peut en déclencher une, j'en suis à quatre mois personnellement, enchérit la jeune femme à la peau chocolat.

- Ouais, super. Dégagez-moi ces horreurs du couloir putain ou je vous refais la peinture des murs, répondit la mafieuse, mal aimable.

Le Commissaire avait beau être à une bonne distance, il entendit des bribes de la conversation ce qui lui arracha un soupir de soulagement.

- Bon quitte ou double, si ça marche vous foncez, si ça foire vous filez, c'est clair ?

- D'accord, répondit la brune.

Sans plus attendre, Pike avança tel un boulet de canon vers le couloir avec son portable dans les mains pour surjouer l'accident qu'il allait provoquer. Son corps se heurta au chariot repas qui se renversa avec fracas dans le couloir, imprégnant ce dernier d'odeurs peu agréables pour la Zanetti qui sentit son estomac se tordre encore plus qu'il ne le faisait déjà. Elle tenta bien de se retenir mais un second haut le cœur la saisit, plus violent que le précédent.

- Oh merde, je suis désolé ! Quel maladroit ! S'excusa le Commissaire. Je vais vous aider.

- Non ce n'est rien ! Laissez-moi faire Commissaire Pike, le rassura l'aide soignante. Madame tout va bien ?

- Hm... Putain ! S'exclama la mafieuse en filant vers les toilettes les plus proches.

Lorsque la garde du corps fut hors de portée, Ontari arriva vers la chambre de manière tout à fait normale. Les hommes de Pike allaient vérifier l'identité de la professionnelle quand leur chef se redressa d'un air agacé :

- Ne venez surtout pas nous aider bande de crétins !

- Pardon chef ! S'exclamèrent les deux agents en se précipitant vers leur supérieur.

Ontari en profita pour ouvrir la porte et entrer à l'intérieur de la spacieuse chambre dans laquelle se trouvait l'héritier Donati. Elle lâcha le chariot pour s'avancer tout doucement vers le corps allongé et recouvert d'une couverture. La vision lui serra le cœur et il lui fallut quelques secondes avant de réussir à s'approcher du garçon qui était sous oxygène.

Lentement, la Barzetti approcha sa main pour caresser la joue droite d'Aden avec une douceur sans nom. Elle observa ce visage qu'elle trouvait magnifique. Le front dégagé, Aden avait toujours des joues légèrement juvéniles qui lui donnaient un charme tout à fait unique. Une barbe de quelques jours était installée sur ses joues, signe qu'elle était rasée régulièrement par les aides-soignantes de l'hôpital. Ontari regretta de ne pas pouvoir apercevoir les yeux verts clairs de son ami. Elle attrapa finalement sans trop savoir ce qu'elle faisait un gant de toilette propre qu'elle trempa dans l'eau chaude et un peu de savon pour le passer sur le visage du Donati.

- J'étais persuadée que les Donati étaient la famille la plus intelligente de l'île mais je peux t'assurer Aden Donati que tu es le plus crétin d'entre eux… Souffla t-elle en commençant par lui laver le front avec douceur.

Elle soupira devant le manque de réaction du jeune homme. Le voir dans cet état végétatif lui faisait vraiment beaucoup de mal.

- Je t'avais prévenu, pourquoi est-ce que tu n'as rien dit ? Questionna t-elle. Sûrement parce que tu ne faisais pas confiance à une Barzetti… Répondit-elle pour elle-même. Ou encore parce que ta sœur t'aurait fusillé sur place pour avoir osé me rencontrer après l'assassinat de Becca, soupira t-elle.

Le gant glissa sur les joues, le haut de son cou, puis sur les bras nus qu'Ontari prit patience à laver plus pour s'occuper et combler le silence pesant de la chambre que pour faire le travail de soins. Elle ne savait même pas si elle s'y prenait correctement.

- Maintenant je suis toute seule. Tout ça à cause de toi, crétin de Donati, grommela t-elle en lui infligeant une légère claque sur l'avant bras.

Elle avala sa salive tout en s'asseyant dans le fauteuil en cuir près du lit. Le gant termina dans le panier à linge sale et la main de la brune vint se loger dans celle chaude de son ami.

- Ta sœur me ferait sans doute tuer si elle savait que j'étais là, près de toi à te parler comme une pauvre fille désespérée. Pour quoi est-ce que tu me fais passer Aden Donati hein ? Une pauvre conne, j'espère que tu le sais ?

La brune lâcha un petit rire.

- Au moins le point positif c'est que tu ne te souviendras pas de cette conversation pitoyable.

Ontari releva soudainement la tête pour regarder la main puis le visage du Donati. Celui-ci n'avait pas bougé d'un poil mais elle était persuadée d'avoir senti une légère pression au creux de sa main. Elle se redressa légèrement sans lâcher la main du blond.

- Putain Aden Donati si tu es en train de te réveiller uniquement pour me foutre la honte c'est vraiment pas intelligent ! Souffla t-elle pour se donner espoir.

Une nouvelle pression se fit sur les doigts de la brune ce qui la fit sursauter et presque sauter sur le blond pour le secouer.

- Aden ! Aden ! Chuchota t-elle en attrapant son visage.

- Hn… Répondit le blond.

Très lentement, les yeux du garçon s'ouvrirent pour se refermer, faisant ouvrir la bouche de la Barzetti.

- Oh bon sang !

Sans plus réfléchir, la brune ouvrit la porte pour alerter un professionnel de la santé mais Pike l'en empêcha en lui plaquant de nouveau une main sur la bouche malgré l'avertissement que la brune lui avait donné un peu plus tôt. Le couloir était vide, les agents avaient dû aller se chercher un café sous une directive de leur supérieur.

- Il faut que hmm…!

- Vous partiez oui ! Répondit-il précipitamment en entendant la porte des toilettes du couloir se déverrouiller non loin.

- Il se réveille !

- Qu'est-ce que vous racontez Mademoiselle ?...

- Il a bougé les doigts et ouvert les yeux je le jure !

- Quoi ?! Bon euh. Hm il faut partir Mademoiselle.

- Mais…

- Mademoiselle, s'il vous plaît. Il y aura d'autres occasions, la bouscula t-il.

Ontari hocha la tête difficilement avant de se faire raccompagner par le policier qui couvrit sa silhouette par son corps épais, la cachant du regard de la Zanetti qui sortait des toilettes, la mine pâlotte.


Les lèvres de la blonde se posèrent sur la pointe de l'épaule de la Donati qui était couchée sur le côté. Un soupir s'échappa des lèvres de Lexa lorsque la bouche de Clarke entama un chemin de baisers de son épaule à son cou. L'un d'eux la fit frissonner et lui fit ouvrir les yeux. La brune se tourna avec douceur vers son amante pour lui offrir ses émeraudes. La sicilienne semblait prise par la réflexion ce qui poussa la médecin à glisser une main sur son ventre pour entamer de nouvelles caresses. Lexa amena un bras derrière ses cheveux détachés et ébouriffés par leur précédente étreinte charnelle.

- Je ne sais pas comment tu fais Clarke Griffin, sourit-elle légèrement.

- À quel sujet ? Répondit la blonde en continuant ses baisers dans le cou de la brune.

- Pour me supporter et me faire changer d'avis aussi facilement…

- Moi je sais…

- Dis-moi… Souffla Lexa avec douceur en caressant la joue de la blonde pour lui faire relever le visage vers elle.

Les saphirs de Clarke vinrent se loger dans les émeraudes de la sicilienne. Elle glissa un coude à côté du visage de son amante, reposant sa tête contre celui-ci, rapprochant ses lèvres des siennes et souffler :

- C'est parce que je suis à toi et tu es à moi Lexa Donati-Woods…

Ces paroles eurent pour effet de soulever la poitrine de bonheur de la brune. Lexa se redressa légèrement pour attraper avec douceur les lèvres de la médecin pour l'embrasser amoureusement et murmurer :

- Tu me rends dingue Clarke…

- C'est réciproque belle sicilienne.

Les deux femmes continuèrent à s'embrasser, amenant leurs langues rapidement dans cet échange de baisers gourmands. La jambe de Lexa remonta rapidement entre les cuisses de Clarke pour se frotter délicatement à la douce humidité présente ce qui arracha un soupir de plaisir à la blonde.

- Tut tut amour… Souffla Clarke en retenant la bouche de Lexa qui était descendue sur sa poitrine pour aller embrasser les monts rosés.

La brune releva les yeux pour interroger du regard son amante.

- Promets-moi de ne plus essayer de m'écarter sans mon consentement.

- Clarke… Souffla la Donati.

- Promets-le.

- … Je te le promets, concéda Lexa.

- Merci… Maintenant dis-moi pourquoi tu as voulu m'obliger à être loin de toi.

L'héritière fronça les sourcils et se laissa retomber sur le côté du lit en soupirant mais la blonde était visiblement décidée à ne pas lâcher l'affaire.

- Lexa… La prévint-elle.

- Quoi ?

- J'ai des moyens pour te faire parler, tu le sais, la menaça faussement la blonde.

Lexa ne put s'empêcher de sourire et soupirer d'un air légèrement hautain, signe qu'elle n'avait pas peur de la torture quelque soit le type mais devant le regard océan de son amante, elle finit de nouveau par flancher.

- J'ai peur pour toi Clarke, avoua t-elle.

- Pourquoi ?

- Parce que…

La Donati chercha ses mots quelques secondes avant de reprendre :

- Ils s'en sont déjà pris à toi pour cette histoire de poste à l'hôpital… Et tu étais avec Becca durant une semaine dans cette voiture qui a finalement explosée… Tu aurais pu…

- Je n'étais pas dedans Lexa.

- Je sais mais ça aurait pu arriver et je ne peux m'empêcher d'y penser. J'ai peur de ne pas pouvoir te protéger Clarke.

- Ce n'est pas à toi de me protéger mais à la police.

Lexa serra la mâchoire, se retenant de tout avouer. Si, c'était à elle de protéger les gens qu'elle aimait et appréciait sur cette île. C'était son rôle de Dona.

- La police est inefficace face à la Mafia, Clarke. L'attaque au cimetière en est le parfait exemple.

- On ne sait pas exactement comment cette berline a pu passer malgré les vérifications des hommes du Commissaire Pike.

- Peu importe, elle est passée et aujourd'hui Aden est dans le coma… Répondit avec émotion la brune tout en retenant ses larmes.

- Oh Lex… Souffla la blonde en allant embrasser les paupières de son amante pour la consoler.

Voir la Donati si émotive la déstabilisait. Lexa était si discrète et peu encline à partager ses émotions…

- Dis-moi ce que tu caches Lexa, souffla Clarke. Ça te fera du bien, j'en suis sûre…

- Oui sans doute mais je ne suis pas sûre que ce soit réciproque pour toi, répondit-elle, incertaine.

- Et si tu arrêtais de penser un peu à moi et plutôt à toi, à ce que tu ressens ?

- Je suis comme ça Clarke… C'est plus fort que moi…

La blonde lui sourit avec douceur et caressa la joue droite de la sicilienne, soufflant :

- Pas ce soir c'est ça ?

Lexa secoua la tête timidement.

- Tu as de la chance d'avoir de si beaux yeux… Embrasse-moi, dit-elle.

La Donati ne se fit pas prier pour se redresser et aller attraper les lèvres tendues pour entamer un nouveau baiser, ses mains glissant sur les hanches appétissantes de la belle blonde qui s'installa sur elle. Clarke commença à onduler au-dessus d'elle ce qui leur arracha des soupirs de plaisir partagé.

Le son d'un portable qui vibre sur la table de nuit les fit sursauter. Lexa se pencha pour récupérer l'appareil ce qui fit grogner son amante mais celle-ci s'abstint de tout commentaire lorsqu'elle lut le nom d'Anya Zanetti sur l'écran.

- Lexa Donati, j'écoute ? Décrocha la brune, soucieuse.

- Madame Donati… Aden vient de se réveiller.

Lexa en laissa tomber son téléphone portable sur le matelas.

- Madame Donati ? Madame Donati ? Lexa ? Appela la voix d'Anya sous l'absence de réponse.

Quand Lexa récupéra le portable pour signifier qu'elle arrivait au plus vite, elle put voir les capacités de Clarke pour passer d'une tenue d'Ève à une tenue propre et parfaitement cintrée. La blonde se tourna vers elle avec le sourire tout en regardant son bipeur professionnel qui affichait une alerte :

- Qu'est-ce qu'on attend ? Dépêche-toi !


Nous voilà la fin de ce chapitre 15, plus court que d'habitude je vous le concède mais je préfère que les idées s'emboîtent sans précipitation :) Vous a t-il plu ? Avez vous eu la trouille pour Aden ? Haha j'ai essayé de rendre le tout tendu et j'espère que c'est assez réaliste (j'y connais rien en jargon médical donc désolée pour les étudiants en médecine s'il y en a, j'espère ne pas avoir tout foiré xD). Pas mal d'entre vous avez deviné que Lexa risquerait d'essayer d'écarter Clarke suite à cette tentative d'assassinat afin de la protéger mais bon notre blonde s'accroche et Lexa est bien dépassée par son caractère et ses sentiments... A t-elle fait le bon choix selon vous ?

J'ai adoré écrire les passages Pike/Ontari notamment celui à l'hôpital XD Pike a beau être pourri, on sent qu'il commence à saturer avec Nia... À votre avis, y a t-il de l'espoir pour lui ? ;P Gustus/Anya le retour, enfin ils parlent ces grands couillons :') J'avoue que je suis très vilaine avec Anya et ses nausées... mais j'ai l'autorisation de doubi qui est l'agent personnel de Madame Anya Zanetti alors bon je continue :D

Allez à dans deux semaines ! Profitez bien de vos vacances et bonnes fêtes à tous et toutes ! Les timides n'oubliez pas je ne mords toujours pas, vous pouvez me laisser un ptit commentaire, je vous répondrai avec plaisir par mp et papoter , faire connaissance avec vous si vous le souhaitez ;P