Heeey ! Le chapitre est làà ! Désolé pour le retard mais j'ai une bonne excuse ! Le bébé fait 27 pages ! XD J'avais du mal à en voir le bout de celui-là et pour votre plus grand plaisir je l'espère je ne pouvais pas le couper en deux xD

Un immense merci à mes relecteurs adorés doubi et MagRd qui ont tout fait pour me permettre de poster aujourd'hui afin de de pas avoir trop de retard :') C'est que je commençais à recevoir des menaces par mp et tout alors... :')

Merci à vous tous pour vos follows, favs et reviews ! Vous me faites surkiffer avec tous vos retours ! Sur ce je ne m'étale pas plus ! Bonne lecture !

Angelye : Je viens de voir que tu t'es inscrite sur le site donc la prochaine réponse review se fera en private trop cool ! :D Une dispute pour la fameuse conversation...? Hm je ne dis rien ! Ah c'est sûr que pour Aden ça va pas être drôle pour lui lorsqu'il apprendra la vérité ! Autrement je suis bien contente que tu accroches au personnage de Raven dans cette fiction ! Bonne lecture ! :)

RK : Heey ! Bienvenue sur l'Héritage alors ! Contente que tu aies pris plaisir à la lire ! :D Pour répondre à ta question, je n'en ai franchement aucune idée... Je pensais couper la fiction en deux parties mais je ne sais plus... En tout cas elle est partie pour être longue ! C'est tout ce que je peux dire :) Je te remercie pour tes adorables compliments qui me réchauffent le coeur ! Ça me fait très plaisir de savoir mon travail et petit passe temps apprécié ! :) Au fait merci pour ton retour en guest sur Salle 186L ! Allez sur ce je te souhaite une bonne lecture !


Chapitre 18 : Retour aux sources


Clarke s'affairait dans la chambre que Lexa lui avait attribuée avant qu'elles ne se mettent ensemble. Elle regardait avec interrogation le contenu du dressing où ses divers vêtements avaient été soigneusement rangés par Cécilia à son arrivée. Elle savait qu'à New York la température était bien plus basse qu'en Sicile et qu'il valait mieux privilégier des vêtements chauds. La blonde soupira de nouveau après avoir attrapé un pull blanc en laine qu'elle fourra sans conviction dans la valise : en réalité elle n'arrivait pas à se réjouir de ce retour en famille. Bien sûr, ses parents lui manquaient énormément et elle était contente de les revoir pour fêter Thanksgiving avec eux mais Lexa ne pouvait pas venir avec elle. Elle ne savait pas pourquoi mais ce qu'elle ressentait pour la belle sicilienne était plus fort que n'importe quel amour ressenti dans ses précédentes relations. Au fond d'elle, elle se sentait même capable d'annuler ce voyage pour rester près de la Donati. Elle ne voulait pas être séparée d'elle car leur séparation de plus de deux jours n'avait jamais rien donné de bon jusqu'ici. Elle s'inquiétait déjà de ce qui pourrait arriver à la brune sachant qu'elle et sa famille étaient les cibles de la Mafia.

Son regard se tourna vers le dossier rouge que lui avait confié Finn. Bien que le mois de novembre ait surpassé le mois d'octobre à une vitesse impressionnante, la médecin n'avait pas eu une minute pour se poser et lire. Lorsqu'elle ne travaillait pas à l'hôpital, Lexa avait tout fait pour être présente auprès d'elle afin de passer un maximum de temps ensemble avant son départ, ce que la blonde avait beaucoup apprécié. Cela l'avait incitée à ne plus poser de questions au sujet du passé car elle était tout simplement trop heureuse de pouvoir avoir la brune pour elle seule. Étonnamment, dans ces moments, le regard de Gustus s'était radouci à son sujet : depuis que le mafieux avait appris qu'il allait être père, il semblait légèrement plus tolérant devant sa présence quotidienne dans la maison de l'héritière. Il se chargeait tout de même de rappeler à Lexa qu'il ne fallait pas révéler leur couple au grand jour ce qui avait tendance à agacer la Donati.

Avec une moue et un haussement d'épaules, la blonde glissa le dossier dans l'une des grandes poches de la valise. Racoon reniflait et fouillait le dressing non loin d'elle comme s'il sentait un prochain départ. Elle ne savait toujours pas si elle l'emmenait ou non. Clarke tourna la tête lorsqu'elle entendit un craquement léger venant du parquet du couloir : Lexa la regardait, appuyée dans l'encadrement de la porte de chambre. Elle pouvait lire dans son regard à quel point elle regrettait de ne pouvoir partir avec elle.

- Hey, tu es rentrée depuis combien de temps ? Sourit la blonde.

- Une dizaine de minutes, répondit la brune en baissant les yeux vers le sol.

Clarke savait que Lexa avait une journée chargée ce jour-là mais la brune s'était arrangée pour pouvoir être là et l'accompagner à l'aéroport pour son vol de nuit.

- Tu n'es pas obligée de m'accompagner, tu sais ? Ce ne sera que plus dur de me voir partir, tu ne crois pas ?

- Sans doute oui… Mais je veux être là.

- D'accord, sourit la blonde pour inciter la brune à en faire de même.

Lexa n'esquissa pas l'ombre d'un sourire ce qui poussa la médecin à s'avancer vers elle pour l'enlacer et glisser son index sous son menton.

- Ce n'est qu'une petite semaine d'accord ?

- Oui…

- Tu m'as attendue presqu'un été entier… Qu'est-ce que représentent sept petits jours hm ?

- Ce n'est pas faux, sourit finalement la brune, amusée à ce souvenir.

- Voilà, je te préfère comme ça Madame la sicilienne charmeuse.

- Sicilienne charmeuse ?

- Oui oui ne fais pas comme si ce n'était pas le cas. Toi et tes irrésistibles yeux verts…

- Je pourrais en dire autant de tes beaux yeux bleus…

- Et moi je pourrais relire tes mails charmeurs à voix haute qu'on rigole un peu…

- Tu ne ferais pas ça !... S'amusa la brune.

- Devant Gustus ça pourrait être amusant ! Rit la blonde, fière de l'idée.

- Je te ferais taire avant que tu ne puisses lui lire une seule ligne…

- Ah oui ? Comment ? La taquina la médecin.

Pour seule réponse, les lèvres de la sicilienne se posèrent avec douceur sur celles de sa compagne qui souffla de plaisir tout en répondant au baiser amoureux. Lorsque Lexa ouvrit légèrement la bouche pour inviter la blonde à entamer un baiser langoureux, les sourcils de cette dernière se froncèrent légèrement avant qu'elle ne s'écarte et rompe le baiser.

- Toi tu as fumé plus d'une cigarette avant de rentrer hm ?

La Donati se mordit légèrement la lèvre avec une moue.

- Désolée…

- On avait dit pas plus de cinq par jour Lex', la gronda Clarke.

- Je sais mais je suis stressée en ce moment avec ton départ et…

- Tu sais que ce n'est pas une excuse valable hm ? Sourit la blonde.

- Même pas un peu ? Tenta la brune en plongeant son regard dans celui de la médecin.

- N'essaye pas de m'amadouer avec tes beaux yeux verts là… Non Lex'… Non j'ai dit ! Rit la blonde soudainement devant les mimiques adorables de sa compagne.

Un sourire s'étira sur le visage de la sicilienne avant que ses lèvres ne s'aventurent dans le cou de la belle blonde qui continua à rire doucement en serrant la brune contre elle. La Donati inspira contre la peau de Clarke pour sentir l'odeur enivrante de son parfum dans ses narines tout en lui murmurant :

- Est-ce que je pourrais te faire l'amour avant de te voir partir au moins ou bien…?

La fin de la question faisait allusion à la mauvaise période que vivait la médecin comme chaque mois et ce fut malheureusement une petite grimace qui lui répondit ce qui ne manqua pas de faire souffler de déception la sicilienne.

- Désolée mon amour, elles se terminent dans deux jours… Mauvais timing ce coup-ci, lui sourit la blonde.

- Oui…

Clarke posa un baiser sur la joue de la brune avant de s'écarter pour finir de préparer sa valise, faisant descendre Racoon de cette dernière. Le chat miaula avant de sauter au sol et d'aller se frotter aux jambes de Lexa qui sourit en récupérant le félin entre ses bras.

- Je me posais la question de l'emmener ou non…

- Pour une semaine je ne suis pas sûre que ce soit très bien pour lui. Le voyage pourrait être stressant et le climat n'est pas le même là-bas.

- Oui c'est ce que je me disais… Je sais que ça ferait plaisir à mon père de le revoir mais je pense davantage à sa santé. Tu t'en occuperas ?

- Bien sûr, sourit la brune en caressant le grand chat qui frottait à présent sa tête contre son menton de manière affectueuse.

- C'est fou comme il t'a vite adoptée… Je ne l'ai jamais vu faire ça autre qu'avec moi, sourit la médecin.

- On peut dire que je suis officiellement choisie par ton chat alors.

- On peut dire ça oui !

- Je cuisine ce soir, tu me rejoins quand tu as fini ?

- D'accord, j'en ai pour une petite heure tout au plus.

La Donati lui accorda un sourire avant de poser Racoon qui se mit à marcher sur ses pas. Clarke les regarda s'éloigner non sans un sourire bête sur les lèvres. Partager ce petit moment avec la brune lui avait remis du baume au cœur.


Les deux jeunes femmes étaient dans le canapé face au grand écran fixé au mur. Elles étaient enlacées, l'une contre l'autre : Lexa était assise dans l'angle du canapé et massait avec douceur la tête de la blonde qui regardait sans grand intérêt un film d'action diffusé sur une chaîne du câble. De temps en temps, la médecin se redressait pour s'indigner des mauvais effets spéciaux ou bien de l'impossibilité de l'acte médical en lui-même ce qui ne manquait pas de faire rire la brune qui finissait toujours par la récupérer contre elle pour reprendre son massage crânien.

Lexa tourna la tête lorsqu'on toqua à la baie vitrée avant que celle-ci ne s'ouvre sur Gustus et Anya. Les mafieux saluèrent poliment les deux jeunes femmes qui se redressèrent et s'écartèrent par réflexe plus que par envie.

- Il va falloir y aller Docteur Griffin si vous voulez être à l'heure pour l'enregistrement de vos bagages et le reste, indiqua Gustus sans animosité.

- Oui, je vais chercher mes valises tout de suite, indiqua la blonde.

- Laissez, j'y vais, répondit le garde du corps ce qui ne manqua pas d'étonner la médecin.

Elle pensa un instant qu'il était peut-être ravi qu'elle s'en aille mais le geste avait l'air sincère. Anya sous l'interrogation silencieuse se contenta de hausser les épaules.

- Il faut bien qu'il serve à quelque chose, dit-elle pour détendre l'atmosphère.

La mauvaise blague ne manqua pas de faire rire l'américaine qui alla chercher un trois-quarts léger pour se couvrir. En moins d'une dizaine de minutes et après de rapides au revoir à Racoon et Roméo de la part de la blonde, ils étaient tous les quatre dans la voiture et se mettaient en direction de l'aéroport de Catane, à moins d'une heure de route.


La voiture se stationna dans la nuit sur le dépose-minute de l'aéroport. Si Gustus ne fit pas mine de bouger, Anya, elle, sortit de la voiture et tapa à la vitre du brun pour l'inciter à en faire de même. La mafieuse se contenta d'un regard blasé pour son compagnon qui haussa les épaules après être sorti de la voiture. Elles se séparaient une semaine, il n'y avait pas de quoi en faire toute une histoire à ses yeux.

Lexa remercia silencieusement par la pensée Anya avant d'attraper la main de Clarke qui s'apprêtait déjà à sortir :

- Attends…

La blonde se tourna vers son amante intriguée avant de comprendre : Lexa ne pouvait pas sortir dehors, l'accompagner jusqu'au guichet d'enregistrement et la salle d'attente puis celle d'embarquement… Non elle ne pouvait tout simplement pas faire comme n'importe quel couple pour une raison encore trop obscure aux yeux de Clarke. Cela ne manqua pas de serrer le cœur de la médecin qui fit une moue déçue.

- Ne sois pas fâchée, chuchota la brune, comprenant rapidement les pensées de son amante.

- Je ne le suis pas...

- Vraiment ?

- Oui, je suis juste un peu déçue. Je crois qu'un jour il faudra vraiment que je me réveille et me dise que je ne suis pas dans le conte de fée dans lequel je crois être quand je suis avec toi, sourit à moitié la médecin.

- Est-ce que c'est mauvais signe ?

- Non pourquoi ?

- On dirait, dit comme ça…

- Mon amour, les contes de fées ça n'existe pas tu le sais ça ? La taquina Clarke.

- Avec l'argent que j'ai, je suis sûre que je pourrais t'en offrir un grandeur nature si je n'avais pas toutes ces contraintes professionnelles…

- Peu importe, tant que je t'ai toi, ça me va.

Les deux jeunes femmes se sourirent avant de s'embrasser avec douceur. Le baiser ne manqua pas de s'amplifier à mesure que Lexa sentait en elle une douleur aigue, comme si on lui poignardait le cœur avant de l'extirper de sa poitrine. Quelques larmes s'échappèrent de ses yeux ce qui alerta Clarke. La blonde glissa ses mains contre le visage de la sicilienne pour l'encadrer et effacer de ses pouces les larmes de son amante tout en lui souriant :

- Je sais ce que ça te coûte de ne pas m'accompagner Lexa.

- Je voudrais tellement venir avec toi, tout laisser derrière-moi Clarke… Souffla la brune, désemparée.

- Shht… C'est bon… Ce n'est qu'une semaine, je t'enverrais des photos régulièrement… Tu m'appelles quand tu veux même avec le décalage horaire, je te répondrai mon amour, d'accord ?

Lexa hocha doucement la tête en guise de réponse. Clarke sursauta lorsqu'elle entendit qu'on toquait contre la vitre de la voiture : Gustus semblait s'impatienter. Elle embrassa une dernière fois son amante avant de sortir rapidement pour récupérer avec les deux gardes du corps ses bagages. À sa grande surprise, Ryder s'était rajouté à l'équipe de protection. La médecin le toisa avec suspicion ce qui fit sourire le grand brun :

- Je ne pars pas en Amérique promis. Je m'assure juste que vous montiez en un seul morceau dans votre avion.

- Il y a plutôt intérêt, s'amusa la médecin bien qu'elle sentait encore en elle la détresse et la tristesse de sa compagne.

- On y va Docteur Griffin ?

Clarke se retourna vers le SUV aux vitres teintées avant d'acquiescer :

- Allons-y Ryder.


Lexa était rapidement sortie du SUV pour entrer chez elle, laissant Gustus et Anya derrière elle. La brune semblait s'être éteinte en l'espace de quelques minutes après le départ de son amante. Assise sur le siège passager avant, la Zanetti souffla :

- Peut-être qu'elle devrait aller avec elle.

- Tu n'y penses pas ?! Gronda Gustus.

- Tu l'as déjà vue comme ça ?

- Parfois… Lorsqu'elle était adolescente et que sa mère avait disparue.

- Depuis son retour je ne l'avais jamais vue ainsi… On dirait qu'on lui a arraché toute l'énergie qui l'anime au quotidien.

- Ça ira mieux demain, indiqua le mafieux.

- Personnellement, je ne pense pas.

- Depuis quand tu fais dans le sentiment Anya ?

- Il faut croire qu'être enceinte développe tout un tas de bordel, répondit-elle avec son majeur levé.

Le geste eut le mérite de faire sourire le sicilien quelques secondes avant qu'il ne soupire.

- Qui pourrait s'occuper des affaires si la Dona n'est pas là ?

- Ses Lieutenants. C'est pas pour ça qu'on a été choisi ? On gère déjà tout. Elle est simplement là pour nous appuyer lorsque nous en avons besoin et pour nous montrer la bonne direction.

- Elle est comme un phare pour les familles siciliennes. Anya, si elle part et que ça se sait… Les Barzetti risquent de nous attaquer directement et cette fois-ci ils vérifieront que nous sommes bien morts.

- Alors à nous de faire croire qu'elle est là sans l'être.

- De quoi tu parles ? Lexa ne peut pas se dédoubler…

- On minimise au maximum les demandes de rencontre de la Dona durant une semaine et on veille à ce que la machine tourne sans panne.

- Lexa s'est toujours rendue disponible pour ceux qui la demandent de jour comme de nuit. Comment on va expliquer que ce n'est plus le cas ?

- Lexa ne peut pas se rendre disponible auprès des familles lorsqu'elle est en déplacement.

- Tu veux dire…

- Oui on pourrait facilement falsifier un billet d'avion.

- Explique-toi.

- Elle prend un avion pour l'Italie. Beaucoup savent qu'elle y va régulièrement pour rencontrer d'autres familles, des clients ou bien vérifier ses affaires. Au lieu d'y descendre et d'y rester pour la semaine, on la fait monter dès son arrivée dans l'avion en partance vers New York tout en faisant disparaître le billet des registres.

- Ça n'explique pas comment on va faire croire qu'elle est là-bas.

- Je prendrais sa place.

- De quoi ?!

- Excepté le visage, je lui ressemble en taille et en poids non ?

- Tu es plus grande qu'elle…

- De nuit personne ne s'en rendra compte si je protège mon visage.

- Je n'aime vraiment pas cette idée Anya, on pourrait te prendre pour cible en croyant que tu es Lexa…

- Tu seras là pour me protéger hm ?

Gustus soupira en fronçant les sourcils de réflexion.

- Ça n'empêche qu'on laisse Lexa seule en avion et aux Etats-Unis.

- C'est une grande fille. Elle y a vécu cinq ans seule malgré qu'elle soit une Donati. Si quelqu'un avait voulu lui faire du mal là-bas, tu ne crois pas que ce serait déjà fait ?

- Ça vient aussi de la grossesse d'avoir réponse à tout ? Grogna le brun.

- Non ça c'est mon talent naturel pour t'emmerder.

- Tss... Sourit Gustus malgré tout.

- Gustus il ne faut pas trop tarder si on veut qu'elle puisse prendre l'avion du Docteur Griffin en Italie.

- Je n'aime vraiment pas ça…

Anya attrapa brusquement le visage du brun pour le forcer à la fixer droit dans les yeux :

- Tu n'as donc rien appris avec moi ?

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Tu ne peux pas forcer les gens que tu aimes à faire ce que toi tu veux qu'ils fassent. C'est leur choix.

- Je…

- Ni moi ni Lexa ne sommes faites d'argile que tu peux modeler à ta guise… Avant que Don Titus ne meure de son cancer, Lexa avait fait le choix de vivre libre, loin de toutes ces histoires sombres des familles siciliennes. Si elle est revenue c'est pour toi car tu l'as presque élevée après la mort de son père et encore plus après celle de sa mère Gustus.

Les yeux de Gustus s'humidifièrent légèrement devant les mots justes de sa compagne.

- Je sais que tu veux la protéger et que tu veux la rendre forte mais l'empêcher d'aimer ne la rendra que plus faible car tu lui enlèves une partie de son âme. Cette âme qui fait d'elle une leader née et courageuse, étant juste dans ses choix.

- Titus a toujours dit que l'amour était une faiblesse…

- Sincèrement Gustus, crois-tu qu'aujourd'hui le fait de m'aimer te rende faible ?

- Non…

- Il disait ça car il était en colère contre Luciana qui voulait partir avec Adrian aux Etats-Unis… Rappelle-toi, tu étais prêt à l'aider à cette époque.

- En refusant il lui a quand même sauvé la vie… Adrian est mort à cause des affaires à New York, il aurait sans doute causé la mort de Luciana.

- Comment était Luciana après la mort d'Adrian ?

Gustus baissa les yeux à ce douloureux souvenir : Luciana n'avait plus jamais été la même après la disparition de son compagnon américain. Elle s'était renfermée sur elle-même et avait laissé Lexa de côté malgré sa jeunesse pour sombrer dans la dépression. Les médicaments l'avaient rendue méconnaissable et Gustus avait dû s'occuper de la petite Donati-Woods seul en attendant que l'héritière de Titus ne reprenne du poil de la bête. La petite flamme de Luciana ne s'était vraiment rallumée que lorsqu'elle avait rencontré le père d'Aden quelques années plus tard. En y repensant à présent, ce qu'il avait vu avec Anya dans les yeux de Lexa ressemblait exactement au regard de Luciana, sa mère. Cette observation lui fit brusquement lever la tête.

- Renseigne-toi pour savoir si l'avion du Docteur Griffin fait une escale dans l'un des aéroports de Rome et réserve immédiatement les billets.

Anya sourit d'un air satisfait tout en saisissant son portable alors que le brun sortait de la voiture en vitesse pour entrer sans frapper et partir à la recherche de Lexa.


Lexa était allongée tristement dans la baignoire ovale de sa salle de bain principale, emmitouflée par une eau chaude et mousseuse sentant l'odeur de vanille mélangée à celle de fleurs exotiques. Elle sursauta dans son bain lorsque Gustus entra sans frapper, ayant tout juste le temps de saisir son arme à feu qu'elle avait laissé sur un rebord de la baignoire.

- Gustus ! Cria t-elle par réflexe plus que par colère.

- Sors de là, répondit le Giordano en détournant le regard par pudeur.

- Je te demande pardon ?

- Tu pars pour Rome dans moins d'une heure.

- Comment ça ? Je ne suis pas au courant de…

- Va faire ta valise et mets des vêtements chauds, il fait froid à New York en novembre.

La Donati papillonna des yeux un instant tant la surprise avait du mal à disparaître de son visage.

- Allez ! Dépêche-toi ! Aboya le brun ce qui fit sursauter de nouveau la brune.

Étonnamment Lexa se sentit subitement comme l'adolescente qu'elle avait été quelques années plus tôt : Gustus l'avait secouée régulièrement ainsi pour l'obliger à aller en cours ou bien à ses séances de piano. Profitant que le brun soit de dos, elle sortit de la baignoire et attrapa de justesse le peignoir qu'il lui tendait.

- Mais Gustus qui va s'occuper des affaires…? Murmura t-elle tout en sentant son cœur battre la chamade.

- Je m'occuperai avec Anya de faire fonctionner la machine. Toi, tu as intérêt à revenir avec un plan pour écraser les Barzetti à ton retour, compris ?

Le regard du Giordano et de la Donati se croisa l'espace d'un instant et ce qui s'y lut fut tout simplement l'amour d'un père pour sa fille et inversement. Lexa se mit à rire nerveusement avant d'enlacer son presque père pour l'embrasser plusieurs fois sur les joues puis le front.

- Merci Gustus…

- C'est ça. Allez file préparer tes affaires. On part dans quinze minutes maximum.


Clarke grogna lorsqu'elle entendit la voix du personnel dans les hauts parleurs de l'avion annoncer un nouveau retard. Son billet devait être maudit car à peine arrivée à Rome pour changer d'avion et prendre celui en partance de New York, de nombreux avions avaient été annoncés comme retardés. Le sien était évidemment dans le lot ce qui l'avait faite attendre une heure et demie de plus dans la salle d'embarquement à moitié vide. Ce genre d'événements indésirables lui donnaient juste envie de faire demi-tour et repartir en Sicile mais maintenant qu'elle était dans son siège bien au chaud et confortablement installée en première classe, elle n'avait plus le courage de piquer une crise et descendre de l'appareil de force. Elle espérait que le retard ne serait pas trop long car environ dix heures de vol l'attendaient avant d'arriver dans le pays du rêve américain. Elle se mit à regarder à travers le hublot près d'elle les lumières clignotantes et les autres appareils encore au sol après avoir glissé une paire d'écouteurs pour écouter de la musique grâce à son téléphone portable qui était déjà en mode avion.

Des passagers s'installaient encore quand une nouvelle annonce informa ces derniers que la compagnie présentait ses sincères excuses pour les retards et qu'ils étaient à présent autorisés à décoller. La blonde se blottit un peu plus dans son siège avec un sourire satisfait tout en fermant les yeux. Elle espérait réussir à dormir un peu pour ne pas être trop déboussolée par le décalage horaire.

- Par ici Madame, indiqua une hôtesse de vol à Lexa qui avait troqué son éternel tailleur contre un jean et un sweat à capuche.

Elle n'avait plus l'habitude de s'habiller ainsi mais cela lui faisait du bien d'être à l'aise dans des vêtements. Gustus lui avait indiqué que porter un tailleur pourrait lui porter préjudice si on la reconnaissait à l'aéroport, aussi l'avait-elle joué complètement incognito en essayant de s'habiller comme n'importe quel citoyen d'Italie. Lorsqu'elle repéra la blondeur des cheveux de Clarke, elle accéléra le pas pour aller s'asseoir dans le siège à côté de la jeune femme qui semblait déjà prête à rejoindre Morphée mais celui-ci était déjà occupé par un jeune homme ce qui lui arracha une moue de déception. Il ne fallait pas qu'elle se fasse remarquer mais elle n'avait pas non plus envie de passer dix heures loin de sa compagne aussi décida-t-elle de tenter sa chance :

- Bonsoir excusez-moi, serait-ce possible d'échanger nos sièges ?

Le jeune homme leva un regard interrogatif vers la brune. Lexa se retint de se la jouer en mode Dona et prit sur elle pour chuchoter :

- C'est ma petite amie à côté de vous et j'aimerai lui faire une surprise…

L'inconnu sourit cette fois-ci amicalement avant de se lever et de regarder le numéro de la place normalement attribuée à la brune pour y aller. Lexa ne se fit pas prier pour s'installer rapidement près de Clarke qui n'avait pas ouvert ne serait-ce qu'un œil. L'héritière glissa une main légère sur la main de sa compagne qui cette fois-ci ouvrit rapidement les yeux d'agacement. La blonde ouvrit la bouche, prête à dégainer une insulte devant cette main intrusive mais se stoppa immédiatement en reconnaissant le visage de la Donati. Elle papillonna des yeux de surprise avant de regarder autour d'elle pour bien vérifier qu'elle n'était pas revenue dans le salon de sa compagne mais elle semblait bien être dans un avion qui annonçait d'ailleurs son décollage imminent.

Sans plus de retenue, faisant voler ses écouteurs de ses oreilles, la blonde laissa échapper un cri de joie tout en sautant au cou de la brune qui la serra avec force et plaisir contre elle, autant émue qu'elle d'être ici.

- Tu es venue ! Tu es venue ! Répétait la médecin comme si elle n'y croyait pas.

- Oui je suis là… Chuchota la brune, tout sourire.

Les deux jeunes femmes ne résistèrent pas longtemps avant de s'embrasser amoureusement. Jusqu'à ce que Clarke ne pointe son doigt vers sa compagne de manière accusatrice :

- Ne me dis pas que c'est à cause de toi que mon vol a eu du retard ? Je sais que tu as de l'argent mais quand même !

- Non, c'est un pur hasard… Je pensais louper ton vol et prendre le suivant. Je t'aurais contactée à New York. Il faut croire que le destin a joué en notre faveur.

La blonde sourit avant d'embrasser à nouveau sa compagne.

- Bon sang je suis trop contente que tu sois là ! Ça fait déjà deux fois que tu me fais ce coup-là, je vais finir par ne plus te croire quand tu me diras non tu sais ?

- Tu peux remercier Gustus et Anya ce coup-ci… Ils vont s'occuper de mes affaires durant cette semaine. Sans eux je n'aurais pas pu.

- Je n'aurais jamais cru dire ça un jour mais… Merci Gustus et merci Anya ! Sourit de nouveau la blonde en se serrant contre la brune qui en profita pour poser un baiser sur le haut de son crâne.

- Je t'aime tellement Clarke… Lui glissa la Donati à l'oreille.

Clarke frissonna de plaisir et tout en ne se lassant pas d'embrasser la joue de l'héritière, elle murmura :

- Je t'aime aussi Lex'…


Les deux jeunes femmes avaient profité des dix heures de vol pour se reposer et s'embrasser chastement, jouant du fait que personne ne les connaisse pour faire ce qu'elles avaient envie. Lorsqu'elles sortirent de l'avion, elles frissonnèrent toutes les deux devant la différence de température entre Rome et New York. La Big Apple était à leur grande surprise recouverte d'un épais manteau blanc et elles se hâtèrent pour se mettre au chaud. Entendre les gens parler en anglais fit immédiatement sourire la blonde qui se tourna d'un air amusé vers sa compagne qui lui tenait la main :

- Voyons voir ce que vaut ton anglais Madame la sicilienne…

Lexa sourit à la boutade et se contenta de ramener la médecin vers elle pour l'enlacer avant de lui murmurer dans un anglais assuré accompagné de son accent sicilien :

- Tu es à moi toute seule pour une semaine…

- Trop mignon, rit la médecin en adorant déjà l'accent de la brune mélangé à son anglais.

- C'est exactement pareil pour toi lorsque tu parles l'italien, s'amusa l'héritière.

- Oui mais là les rôles sont inversés !

- Si tu le dis, sourit Lexa avec un baiser sur la joue de la blonde.

- Bon, maintenant il faut trouver mes parents… Oh ! Je ne leur ai rien dit pour nous, pour toi… Réalisa la médecin en se mordillant la lèvre.

- Tu veux faire semblant que je sois ta patronne et toi mon employée ? Voyage d'affaires pour moi ? Demanda innocemment Lexa, prête à le faire.

Clarke éclata de rire avant de se serrer de nouveau contre la brune et lui murmurer à l'oreille :

- Tu aimerais jouer à ce petit jeu hm ?...

- Clarke !... Rougit la Donati, ne pensant pas du tout à ce scénario coquin.

- Si on le fait, c'est moi la patronne… On échange les rôles… Ajouta la blonde, fortement amusée par la gêne de sa compagne qui semblait pétrifiée sur place à présent.

- Clarke… Murmura la brune.

- Madame Griffin serait un meilleur début…

- Clarke hm…

- Quoi ?

- Derrière-toi…

La blonde se retourna pour sursauter de surprise devant ses parents qui les regardaient d'un air interrogatif et interloqué à la fois.

- Papa ! Maman ! S'exclama t-elle rouge de honte mais tout aussi heureuse de les revoir.

- Ma Princesse ! Répondit son père en sautant sur sa fille pour la serrer avec force.

- Tu as fait bon voyage ma chérie ? Questionna sa mère bien qu'elle se doutait de la réponse au vue de ce qu'elle venait de voir.

- Oui ! Comment vous allez ? Il fait super froid ici ! La prochaine fois vous venez en Sicile !

- Tu ne nous présentes pas ton… amie ? Suggéra Abby.

- Oh pardon !

Clarke se tourna vers Lexa qui les regardait tous les trois. Elle semblait encore gênée d'avoir été surprise avec Clarke.

- Papa, Maman, voici Lexa Donati… Ma compa…

- … Ravie de vous voir en chair et en os Lexa ! Interrompit Jake en allant faire la bise à la brune.

- New York doit vous changer ! Sourit la mère de Clarke non sans lever les yeux au plafond devant le comportement de son mari.

- Ravie de vous rencontrer aussi Monsieur Griffin, Madame Griffin, sourit poliment Lexa.

- Jake s'il vous plaît !

- Et Abby pour moi, la rassura la mère de Clarke.

- Je suis vraiment content de rencontrer la supérieure de ma fille, c'est rare de s'entendre si bien entre patron et employé… De là à habiter sous le même toit…

- J'ai juste proposé à Clarke un lit où dormir lorsqu'elle en avait besoin. Elle fait beaucoup pour ma famille… Et ma maison est grande.

- Un lit où dormir oui, sourit Jake d'un air amusé mais accusateur à la fois ce qui ne manqua pas de faire rougir de nouveau la Donati qui se racla la gorge de gêne.

- Jake et si tu prenais les bagages ? Le poussa sa femme.

- Oui bonne idée !

Le grand homme se dirigea vers les bagages des deux jeunes femmes.

- Désolée pour ça, glissa Abby pour Lexa. Jake a toujours été compliqué avec les compagnons ou compagnes de Clarke.

- C'est à dire que… Clarke et moi… Hésita la brune.

- On est ensemble ! Sourit Clarke bien décidée à faire sa loi dans son pays d'origine en glissant une main sur les fesses de la Donati qui se figea.

- Je crois qu'on avait deviné quand on t'a presque vue lui mordre l'oreille en public, se moqua sa mère.

La blonde se mit à rire doucement, légèrement gênée mais plus amusée qu'autre chose.

- Oh mon Dieu… Murmura Lexa, gênée.

- Tu sais comment est ton père Clarke de toute façon, il n'a pas changé de ce côté-là.

- Il va t'adorer, sourit la médecin en embrassant la joue de sa compagne qui était toujours aussi crispée.

- À ce propos Madame Griffin, je ne veux surtout pas perturber vos retrouvailles familiales… Je pensais prendre un hôtel…

- Quoi ?! S'exclama Clarke, surprise.

Abby se tourna vers la brune qui avait ignoré le cri indigné de sa compagne. Elle lui sourit gentiment tout en lui répondant :

- Vous faites ce que vous voulez Lexa mais sachez que notre maison est bien assez grande pour vous accueillir. Vous ne perturbez aucun plan. Thanksgiving est une fête réputée pour rassembler plus que la famille. Ça nous ferait très plaisir que vous restiez avec nous, vraiment.

- Oui ! Lexa tu n'es pas sérieuse quand tu dis que tu veux aller à l'hôtel ? L'interrogea la blonde, peu ravie de l'idée de sa compagne.

- Je ne veux vraiment pas déranger Abby… Vous n'avez pas vu Clarke depuis quelques années… Ce sont vos retrouvailles…

- Je crois que Clarke s'arrangera pour transformer ces retrouvailles en enfer si vous n'êtes pas là Lexa… Venez s'il vous plaît. Ça nous fera autant plaisir qu'à elle.

- Je ne peux pas refuser une aussi gentille invitation, sourit finalement Lexa ce qui fit souffler Clarke de soulagement. - Je reviens, indiqua la brune.

Clarke serra sa mère dans ses bras tout en l'embrassant sur la joue :

- Merci Maman.

- C'est normal ma chérie et puis elle a l'air d'être une femme exceptionnelle pour que tu l'emmènes jusqu'à nous.

- Oh oui, elle l'est, sourit la blonde.

- Qu'est-ce qu'on attend ? Demanda Jake en portant les valises respectives des jeunes femmes.

- Lexa est partie faire quelque chose.


- Tu es partie faire quoi ? Demanda la blonde à sa compagne qui souriait à présent.

- Tu verras bien.

- Lexa ! Tu ne vas pas commencer tes cachoteries ! S'indigna la médecin.

- La voiture est là ! Sourit Jake en désignant un 4x4 gris sur l'immense parking de l'aéroport John F Kennedy.

L'ingénieur chargea les bagages dans le coffre du véhicule avant d'ouvrir une portière arrière pour Lexa qui monta en le remerciant poliment. Clarke alla pour monter près de la brune mais son père l'incita à monter à l'avant car il avait hâte de l'avoir pour lui. Abby se retrouva donc à côté de Lexa non sans un sourire amusé que lui rendit la Donati. Gustus se serait sans doute bien entendu avec le père de la blonde…


Au fil de la route, Lexa apprit par Abby que les Griffin étaient installés dans la ville de New Hartford dans l'état de New York, à un peu plus d'une heure et demie de route de la ville qui ne dort jamais. Ils avaient acheté un appartement sur Manhattan pour Clarke afin qu'elle soit au plus proche de son université lors de ses études de médecine, appartement qu'ils louaient parfois ou allaient habiter lors de grosses semaines de travail sur New York.

New Hartford était couvert d'un épais manteau de neige bien que les routes y menant avaient été salées afin de faciliter la circulation. La ville semblait calme et festive à l'approche de Thanksgiving. Lexa l'aimait déjà : lorsqu'elle était aux États Unis, elle s'était contentée de visiter les plus grandes villes en parallèle de ses études de droit et économie. Elle était ravie de découvrir d'autres paysages. Les américains n'étaient pas en retard : des décorations de noël étaient en train d'être installées par des ouvriers municipaux ce qui fit sourire la Donati. Elle se demandait bien où elle serait pour noël et ce qu'elle pourrait bien offrir à la blonde qui était la femme la plus compliquée du monde à ses yeux en terme d'achats.

Le 4x4 tourna à l'angle d'un centre commercial et roula sur encore un kilomètre avant d'arriver dans ce qui semblait être un quartier résidentiel privé. Des maisons luxueuses de différentes tailles s'alignaient sur plusieurs kilomètres. Jake enclencha son clignotant pour se stationner devant un portail en fer forgé automatisé qui s'ouvrit lentement. Clarke se tourna immédiatement et fit un sourire à sa compagne qui le lui rendit.

- Bienvenue chez moi !

Lexa s'avança dans l'allée pour s'imprégner des lieux. La maison des Griffin était moins grande que sa maison d'architecte mais toute aussi charmante. Typique des maisons américaines, il fallait monter quelques marches pour accéder à un porche très traditionnel. La partie gauche de la maison était légèrement plus avancée que le reste du bâtiment et formait un demi octogone où de grandes vitres rectangulaires et à multiples carreaux donnaient sur la rue de la résidence. Le reste de la maison restait dans le classique avec ses formes carrées et ses toits triangulaires aux tuiles grises. Sur le côté droit, un immense garage à double porte était collé au reste de la maison. De petits arbres et arbustes blanchis par la neige épaisse étaient éparpillés tout le long de la propriété.

Les yeux de Lexa avaient encore du mal à croire où elle se trouvait. L'endroit était si calme et magnifique… La Sicile ne lui manquait pas du tout. L'émotion du moment lui arracha quelques larmes qui coulèrent sur ses joues alors qu'elle regardait une statue d'ange à moitié recouverte par la neige. Elle ne se rendit même pas compte qu'elle grelottait à cause de la température.

Abby la regarda d'un air intrigué et se décida à appeler Clarke qui aidait son père à décharger la voiture.

- Je crois que tu devrais aller voir ton amie ma chérie…

La médecin chercha rapidement du regard la brune et marcha avec ses baskets dans la neige qui lui glaça rapidement les pieds et les chevilles. Elle colla sa poitrine contre le dos de la Donati pour l'enlacer affectueusement.

- Ça va ?

- …

- Lex' ?

- Oui… Excuse-moi… J'ai juste du mal à croire que je suis ici… Répondit d'une voix éraillée la brune.

- Tu pleures ?

Clarke s'écarta pour se mettre face à son amante qui baissa le regard pour tenter de cacher ses larmes. La blonde sentit son cœur se serrer à cette vision : elle sentait que quelque chose venait de céder chez la brune. Les mains froides de la blonde vinrent se poser sur les joues de la sicilienne, lui faisant relever le visage pour voir le vert émeraude de ses yeux. Sans se retenir, la médecin embrassa sa compagne qui resta interdite quelques secondes avant de répondre à son baiser tout en la serrant dans ses bras avec force.

- Elles sont mignonnes quand même, sourit Abby près de son mari.

- Oui mais ne crois pas que je vais lui laisser ma Princesse si facilement, répondit l'ingénieur d'un air bourru.

- Tu n'as pas un peu fini espèce de papa poule ? Ta fille a 28 ans !

- Elle pourrait en avoir 80 que je la protégerai toujours !

- Je crois que tu es un peu optimiste sur ta santé mon cher ami, rit sa femme.

- Tu verras, répondit-il avec un clin d'œil et un baiser sur la joue de la médecin.

- Les filles ! Appela Abby finalement.

Les jeunes femmes se tournèrent vers la mère de la Griffin qui enchaîna :

- Vous devriez rentrer ! Vous n'êtes pas beaucoup couvertes et il fait froid dehors ! Venez-vous réchauffer à l'intérieur. Jake va allumer un feu de cheminée !

- On arrive ! Répondit Clarke tout en gardant sa main dans celle de Lexa.


Clarke avait fait visiter la maison à Lexa avant de la faire monter dans la chambre d'amis puisque son ancienne chambre était devenue l'atelier à dessin de son père. Celui-ci avait prétexté que sa fille était sa muse et donc qu'il avait de l'inspiration uniquement dans cette pièce. Il avait bien évidemment demandé l'autorisation à la jeune médecin avant de déplacer certaines de ses affaires au grenier.

La chambre était spacieuse, meublée d'un lit deux places jouxté par une petite table de nuit de chaque côté, d'une commode et d'une belle bibliothèque débordante de livres en tout genre allant du livre scientifique au polar. Un petit poêle dans lequel brûlait déjà un peu de bois était installé dans un petit coin de la pièce et la salle de bain n'était pas très loin.

- Tu aimes ? Demanda Clarke en regardant la brune se déshabiller avec gourmandise.

- Beaucoup, sourit la brune en retirant son jean mouillé jusqu'aux mollets puis son sweat à capuche.

Elle frissonna quand elle sentit les mains de la blonde se poser sur son corps. Clarke se mit à caresser avec envie le corps de sa compagne tout en embrassant chastement son épaule.

- Ça me fait bizarre de te voir ici… Avec moi.

- Bizarre comment ? Sourit Lexa.

- Ça m'excite beaucoup, avoua faiblement la médecin en glissant une main vers la culotte en dentelle de sa compagne.

Lexa se mordit la lèvre pour résister et se tourna doucement vers la blonde pour attraper ses mains baladeuses.

- Je croyais que tu étais indisposée…

- Je le suis mais je ne sais pas pourquoi ça me brûle de l'intérieur de te voir dans cette maison… Susurra la blonde.

- Qu'est-ce que représentent deux petits jours Madame Griffin ? La taquina la sicilienne.

Clarke avala sa salive à la petite taquinerie et souffla de frustration près de l'oreille de son amante.

- Cette règle que tu m'as donnée au sujet de nos moments d'indisposition me frustre au plus haut point, tu le sais ça ?

- Je sais, sourit d'un air fière l'héritière. Mais je ne peux pas m'imaginer prendre du plaisir et toi non.

- Je prends du plaisir à t'en donner… Tenta Clarke, presque désespérée.

- Pas comme je voudrais que tu en prennes.

- Je t'assure que je finirais par abroger cette règle au fil des années, promit la blonde.

- C'est une menace Madame Griffin ? S'amusa Lexa.

- Oh oui…

Les deux jeunes femmes tournèrent la tête en entendant quelqu'un monter les escaliers : au vu de la lourdeur des pas, ce devait être Jake.

- Ma Princesse ? Tu viens ? J'ai préparé un brunch ! J'espère que Lexa a faim aussi !

- Je ne sais pas si Lexa a faim mais moi je suis affamée, répondit la blonde avec un sourire complice pour sa compagne qui secoua la tête d'amusement.


Le brunch s'était agréablement bien passé. Les Griffin étaient des gens charmants et très accueillants ce qui avait rapidement mis à l'aise Lexa. Jake était un bon vivant et malgré ses petites taquineries au sujet de la relation de travail un brin spécial qu'entretenaient les deux jeunes femmes, il ne cachait pas son bonheur de voir sa fille heureuse. Abby était plus discrète dans les conversations mais se montrait très intéressée et plus bavarde au fil des discussions. Lexa appréciait déjà ce vieux couple américain et se réjouissait d'être là : vivre comme une personne normale lui faisait énormément de bien.

Les deux jeunes femmes avaient profité du début d'après-midi pour s'allonger afin de se reposer un peu et s'habituer au décalage horaire. Enlacées l'une contre l'autre, elles avaient dormi dans le lit double, couvertes d'un plaid en laine doux et chaud.

Ce n'est qu'en fin d'après-midi que Clarke se décida à faire visiter les alentours à Lexa. Habillées plus chaudement, chaussées de bottes et couvertes d'une doudoune pour être à l'abri de la neige, les deux jeunes femmes étaient parties se promener avec Jake en guise de compagnie sous le regard amusée d'Abby depuis la fenêtre du salon.

Clarke ne se cacha pas devant son père et c'est main dans la main qu'elle marchait avec sa compagne qui découvrait la ville de New Hartford avec plaisir.

- Alors raconte-moi un peu les dernières nouvelles de la Sicile ma Princesse, dit son père.

Arrivés dans le centre-ville, Lexa sentit qu'elle devait laisser le père et la fille se retrouver, aussi lâcha-t-elle la main de sa petite amie pour faire du lèche vitrine. Clarke comprit rapidement l'initiative de la brune et alla prendre le bras de son père pour se serrer contre lui.

- Hm je ne sais pas trop par où commencer…

- Et si tu commençais par la fin de ton histoire avec Finn et le début avec Lexa ? Suggéra son père, taquin.

- Papa roh !

- Allez je veux savoir ! Il ne t'a pas fait de mal j'espère ?

- Non ne t'en fais pas… Pas physiquement en tout cas.

- Explique à ton vieux père… Quand vous êtes venus la première année après ton emménagement en Sicile vous aviez l'air content non ?

- Oui on était heureux ensemble mais… Hm… Il avait de gros problèmes et avec le travail je me suis voilée la face…

- Quoi comme problèmes ? Interrogea Jake en fronçant les sourcils.

- Il avait une addiction aux jeux d'argent et était couvert régulièrement de dettes… Il me demandait souvent de l'argent mais des petites sommes donc bon ça allait… J'étais amoureuse en même temps donc je ne me posais pas de questions… Je me disais qu'il était juste malchanceux avec ses amis au poker.

- Jeux d'argent du style casino ?

- Oui.

- Mais il n'est pas policier ?

- Si… Je te raconte pas le merdier pour pas qu'il se fasse prendre par son chef. Enfin jusque-là ça allait, sauf qu'un soir je l'ai trouvé en train de retourner l'appartement à la recherche d'argent. Il m'a avoué avec difficulté qu'il devait un peu plus de 50 000€ à la mafia…

- Quoi ?!

- Chut… Marmonna Clarke en voyant Lexa se tourner vers eux.

Jake jeta un coup d'œil vers la sicilienne puis sa fille qui s'expliqua :

- J'avais rencontré Lexa par hasard quelques semaines avant et elle semblait avoir vu clair dans son jeu. Je n'avais pas autant d'argent de côté du coup j'ai fait quelque chose que je ne pensais jamais faire : travailler pour une famille en tant que médecin privé.

- C'est donc ça que tu me disais l'autre fois…

- Oui. J'ai travaillé pour la famille Giordano et Donati. Le salaire m'a permis de rembourser la dette de Finn, il m'a promis qu'il ne jouerait plus. Je ne l'ai cru qu'à moitié mais il a semblé faire des efforts ensuite… Le seul bémol…

- C'était que Lexa te plaisait, devina son père.

Clarke sourit timidement : son paternel la connaissait bien.

- Disons que dès que nous étions proches l'une de l'autre… Je n'étais plus moi-même. Elle me transmet une énergie unique. Je n'étais juste pas sûre de lui plaire et… nous étions dans une relation assez particulière.

- C'est à dire ?

- Elle était ma patronne par le biais de Becca Giordano mais j'étais aussi son médecin et je peux te dire que plus compliquée que Lexa au niveau de la santé ça n'existe pas. On passait d'une relation de dualité d'une minute à l'autre en inversant les rôles de celle qui mène la danse…

- Hm hm…

- Bref, un soir Finn m'a demandée en mariage. J'étais surprise, j'ai dit oui sans vraiment réfléchir mais j'étais complètement sonnée… Je…

- Laisse-moi deviner : tu es allée voir Lexa.

- Oui… Grimaça la blonde.

- Et tu as appris que tu lui plaisais ce jour-là.

- Exactement. Bon après… La rupture a été une évidence pour moi, je n'aimais plus Finn… Ça a été douloureux je ne te le cache pas…

- Ma princesse… Souffla son père en serrant sa fille contre lui, se voulant réconfortant.

- Lexa et moi on a fini par se retrouver et se mettre ensemble officieusement…

- Officieusement ?

- J'ai toujours un peu de mal à comprendre mais Lexa dit que c'est pour ma protection… Après c'est peut-être pour son image, elle est très connue en Sicile.

- Ta protection ? Pourquoi serais-tu en danger ? S'inquiéta Jake.

- Papa je ne vais pas te mentir… La situation en Sicile n'est pas jolie jolie… La mafia est en train de bouger et la police parle de guerre de clans pour le titre de Don. Je me suis faite menacer par la mafia…

- Quoi ?!

Cette fois-ci Lexa s'arrêta pour rejoindre sa compagne et son père, inquiète à l'idée de l'origine de l'exclamation de l'ingénieur.

- Papa, je vais bien. Qui que ce soit, ils ne m'ont plus approchée… Grâce à Lexa, sourit la blonde en tendant sa main libre à sa compagne qui l'attrapa doucement.

Jake regarda d'un air interloqué la sicilienne puis sa fille.

- Ça a été très chiant pour moi mais Lexa a affecté un de ses meilleurs gardes du corps pour me protéger. En réalité Becca Giordano était régulièrement une cible de la mafia pour son poste à la mairie de Syracuse donc moi aussi par son intermédiaire… Ma promotion à l'hôpital de Syracuse n'a pas plu à tout le monde…

- Vous avez protégé ma fille ?

- Oui Mr Griffin mais c'est tout à fait nor…

La brune n'eut pas le temps de finir sa phrase que l'ingénieur l'avait brusquement saisie pour l'enlacer avec force. Il s'écarta après un temps pour serrer sa fille à son tour.

- Bon sang Clarke tu n'imagines pas les soucis que tu me fais avoir !

- Désolé Papa… Grimaça gentiment sa fille.

- Je vais vous acheter un chocolat chaud !

Les deux jeunes femmes le regardèrent partir avec surprise mais Clarke expliqua rapidement :

- Mon père est très émotif…

- J'ai cru deviner, s'amusa la brune. Tu lui as dit pour…?

- Non… Si je lui dis que Becca a été assassinée et que le commanditaire de l'assassinat court toujours, tu peux être sûre qu'il ne me laissera jamais repartir à la fin de la semaine.

- Je vois…

- Tu as vu quelque chose qui te plairait ?

- Non pas vraiment… On pourrait aller à New York demain ou après-demain ?

- Pourquoi pas, sourit la blonde en posant un baiser sur la joue de la Donati.


Tandis que Clarke était sous la douche en cette fin de deuxième jour dans le comté de New York, Lexa s'était permise d'entrer dans l'atelier à dessin de Jake. Elle avait été attirée par les croquis éparpillés sur différentes tables à dessin ou dépassant des immenses pochettes en désordre dans la pièce. Ses doigts survolaient avec curiosité les traits gris que l'ingénieur avait dessinés : Jake dessinait de tout visiblement, du portrait à la construction architecturale. La brune sursauta lorsqu'elle reconnut la voix du père de Clarke :

- Vous avez trouvé mon petit paradis, on dirait, sourit-il.

- Je n'aurais peut-être pas dû rentrer sans votre autorisation ? Demanda t-elle, prête à s'excuser.

L'homme d'une cinquantaine d'années passées fit un signe de la main pour indiquer que ça ne le gênait pas.

- Pourquoi ingénieur et pas architecte ? Il y a des croquis de bâtiments magnifiques… Souffla la brune en s'arrêtant devant un en particulier.

- Disons que mon esprit scientifique a pris le dessus… Je dessine pour le plaisir de m'évader et ma famille n'aurait pas apprécié que je termine comme simple architecte.

- Vous venez d'une famille aisée ?

- Oui. La famille Griffin possède de nombreuses entreprises dans le monde entier.

- Pourtant vous avez fait le choix de vivre simplement…

- J'ai rompu avec eux lorsque j'ai rencontré Abby qui n'était qu'une simple étudiante en médecine à l'époque et venait d'une famille modeste.

- Oh…

- Mais vous devez savoir ce que c'est…

Lexa fronça les sourcils à la suggestion. Jake parlait-il du fait de savoir ce qu'est une famille riche ou bien de rompre avec sa famille pour l'amour de quelqu'un ? La brune préféra esquiver la question en s'arrêtant de nouveau devant un immense dessin encadré et mis sous verre.

- Celui-ci est magnifique…

- Merci ! Il m'a permis de gagner un prix au concours régional des constructions futuristes.

La sicilienne se mit à détailler la construction avec attention. Elle aimait beaucoup l'idée en elle-même. La construction s'étalait sur différentes hauteurs et offrait un éclat de nouveauté avec l'originalité des bâtiments dont les trois principaux qui s'apparentaient à d'immenses buildings à travers lesquels passait un grand cercle abritant un espace privé accessible par n'importe laquelle des tours. Au bas des bâtiments se trouvaient d'immenses piscines ouvertes menant à une route qui se séparait en plusieurs autres dont les formes formaient vu du dessus un lotus géant. La mer venait lécher les bords d'un port tout aussi moderne, décoré par une multitude d'arbres tropicaux.

- Vraiment superbe… Souffla Lexa, pensive.

- Je vous le donne s'il vous plaît tant que ça.

- Non je ne peux pas accepter…

- J'ai d'autres modèles vous voulez voir ?

- Avec plaisir, sourit la brune.

L'ingénieur se dépêcha de montrer d'autres croquis à la sicilienne qui prit le temps de les observer et les commenter ce qui sembla ravir Jake. Lexa se mit à rire doucement en remarquant un détail sur chaque croquis : un homme couvert d'un chapeau avec un cigare à la bouche.

- C'est vous ?

- Oui, c'est ma petite touche personnelle, rit Jake.

- Vous fumez ?

- Officiellement non, officieusement… J'ai d'excellents cigares cubains cachés.

- Lorsque vous viendrez en Sicile je vous ferais goûter aux miens, sourit Lexa.

- Je sens que je vais vous apprécier encore plus vous, sourit le père de Clarke qui vérifia si sa fille ou sa femme n'étaient pas dans les parages.

Lexa le regarda faire et se retint de rire en le voyant sortir une belle boîte en bois laquée dans laquelle se trouvaient de beaux cigares. Jake en tendit un à la sicilienne avant de se servir lui-même d'un cigare déjà entamé.

- Il faut sortir par contre, Abby n'a pas un nez pour l'odeur de fumée de cigarette mais un radar ! Parfois elle sait alors que je ne fais qu'y penser, confia l'homme en faisant descendre la brune avec lui.

Ils sortirent, prétextant aller chercher du bois pour la cheminée pour se mettre à fumer dans un coin du porche tandis que la nuit commençait à tomber. Lexa accepta l'allumette de Jake et tira sur son cigare pour inhaler avant de souffler la fumée :

- Excellent Jake, vraiment. Où les avez-vous eus ?

- Un ami cubain me les a ramenés.

- Je crois que les latinos ont un don pour en ramener des bons. J'ai une amie espagnole qui m'en déniche d'excellents aussi.

- Hm je ne peux que confirmer…

Depuis l'intérieur de la maison, la voix de Clarke se fit entendre et alerta les deux fumeurs :

- Maman ? Tu as vu Lexa ?

- Elle est sortie dehors avec ton père pour aller chercher du bois. Tu peux les appeler d'ailleurs, les croque-madame sont prêts !

- D'accord !

La blonde ouvrit à la volée la porte d'entrée, laissant tout juste le temps aux cachotiers de dissimuler leur cigare respectif derrière leur dos.

- Ah vous êtes là ! On va passer à table. Euh… Tout va bien ? Interrogea la médecin en devinant un certain malaise sur le visage de sa compagne.

- Oui… On arrive, sourit l'héritière.

Clarke fronça les sourcils en remarquant un filet de fumée s'échapper du dos de son père. Rapidement, son visage montra son mécontentement :

- Oh c'est pas vrai ! Papa !

- Oui ma Princesse ?

- Tu as fait fumer Lexa ?!

- Hm…

- Elle n'y pensait pas depuis que nous étions arrivées tu es chiant ! Ça fait des mois que j'essaye de la faire arrêter ! Tu vas voir quand je vais dire à Maman que tu fumes encore en cachette !

- Désolé…

- Il ne m'a pas forcée Clarke… Tenta la brune.

- Toi je veux pas t'entendre ! Tu ne peux pas me dire que tu es stressée en ce moment !

- Tu as raison… Répondit la sicilienne en sortant le cigare de son dos pour l'éteindre et le rendre à Jake.

- Dépêchez-vous de rentrer, reprit la blonde en tournant les talons.

L'ingénieur fit une moue amusée avant de rendre le cigare à la compagne de sa fille :

- Gardez-le. Vous le terminerez quand elle ne sera pas en train de vous surveiller, plaisanta t-il.

- Merci Jake.

- Je vous aime bien Lexa Donati.

- C'est réciproque Monsieur Griffin.

- Ah Jake ! Ça me vieillit Monsieur !

Les deux adultes se mirent à rire, amusés.


Le verrou de la porte de la chambre tourna ce qui interrogea Lexa qui était en train de déboutonner et enlever son jean. Elle ne s'attendit pas à ce que Clarke lui saute dessus et la fasse tomber lourdement sur le matelas du lit.

- Clarke !... Dit-elle, surprise.

- Dame nature a terminé son sale boulot et toi… Tu as été une très vilaine fille… Sourit la blonde en se mettant à califourchon sur sa compagne.

Lexa avala difficilement sa salive devant le regard déterminé de la blonde.

- Pour ma défense je ne me suis pas encore lavée les dents… Tu vas devoir me laisser partir si tu ne veux pas sentir l'odeur de tabac… Suggéra la brune.

- Non non, tu ne sors plus Lexa Donati, susurra la médecin en glissant une main à l'intérieur du jean à moitié déboutonné pour caresser ses jambes.

- Hn mon Dieu… Soupira la sicilienne en ouvrant légèrement les cuisses devant la main inquisitrice.

- Je vais te faire crier cette nuit mon amour…

La bouche de Clarke s'attarda sur le cou de la brune qu'elle se mit à lécher puis sucer, y laissant une marque rouge pour la première fois ce qui fit contracter Lexa d'excitation.

- Clarke… Tes parents…

- On s'en fiche. Ils se doutent bien qu'on joue pas aux cartes la nuit…

- Oui mais ça me gêne…

- Ça ne te gêne pas en Sicile pourtant…

- Si… Rappelle-toi la première fois…

- On a largement dépassé le stade de la première fois, non ? Souffla la blonde en se redressant.

- Sur le principe c'est la première fois qu'on le ferait chez toi…

- Tu joues sur les mots là Lexa, s'amusa la blonde.

Lexa fit une moue timide qui ne manqua pas de faire craquer la médecin qui retira sa main du jean pour caresser la joue de son amante.

- Ça te gêne vraiment ?

- Je jure que j'ai envie de toi mais pas ici Clarke…

- Pourquoi ?

- Je ne veux pas qu'on nous entende… Je suis déjà assez mal à l'aise quand c'est Gustus alors tes parents…! Ils viennent à peine de me rencontrer… et tu m'as déjà dit que j'étais plus qu'expressive quand je…

- Oui mais j'ai envie de toi à en mourir ! Couina la blonde en se laissant tomber sur le dos.

- Désolée mon amour… Soupira la brune en allant enlacer sa compagne.

- Je ne vais pas pouvoir tenir encore cinq jours sans pouvoir te toucher et faire l'amour avec toi Lex…

- On pourrait aller à New York une ou deux nuits, dans ton ancien appartement ? J'aimerai faire les boutiques avec toi…

- Je dis oui !

- Seulement pour pouvoir faire l'amour ? La taquina la brune.

- Haha très drôle… Cherche-moi encore et je te jure que je t'attache aux barreaux de ce lit pour te faire crier toute la nuit.

- Ne dites pas des choses que vous ne pouvez pas faire Docteur Griffin, la taquina la brune en caressant sa poitrine amoureusement.

- Lexa je suis sérieuse…! Répondit Clarke en essayant de se tourner.

- Et moi je suis plus forte que toi, sourit la Donati en bloquant la blonde qui se mit à se tortiller sous les baisers de son amante.

Des rires échappèrent à la médecin ce qui ne manqua pas de faire hausser les sourcils aux parents de cette dernière qui lisaient tranquillement devant un feu de cheminée dans le salon.


- Deux nuits et après vous revenez chez nous d'accord ? Répéta Jake en tendant les clés de l'appartement à sa fille.

- Oui Papa, ne t'inquiète pas. Nous serons de retour pour fêter Thanksgiving avec vous. On est venu pour ça à la base ! Le rassura la médecin en l'embrassant affectueusement.

- Tu m'envoies un message quand vous êtes arrivées d'accord ?

- Promis !

- Et vous faites attention sur la route !

- Papa tu me les donnes ces clés oui ou non ? Se moqua la blonde.

- Oui pardon !

Clarke attrapa les clés de l'appartement avant d'appeler Lexa pour lui signifier qu'elles pouvaient y aller. La brune descendit avec une veste de moto ce qui fit hausser un sourcil à sa compagne.

- Lex ?

- J'ai loué une moto. Tiens mets ça, indiqua t-elle en donnant la veste qu'elle tenait dans les mains.

- Oh ! Vous avez le permis moto ? S'exclama Jake.

- En moto par ce temps ? Reprit Abby, visiblement peu ravie.

- Oui j'ai le permis moto Jake, sourit Lexa. Ne vous inquiétez pas Abby, je roulerai prudemment. Clarke est déjà montée avec moi, elle ne risque rien.

- Hm…

- Je t'ai déjà dit que j'aimais beaucoup ta copine ? Chuchota l'ingénieur à l'oreille de sa fille.

- Attends de voir la collection de motos qu'elle a dans son garage en Sicile…

- Vraiment ?

Après une discussion de plusieurs minutes avec la mère de Clarke, les deux jeunes femmes furent autorisées à partir. Une moto avait été amenée directement chez les Griffin tôt ce matin-ci. Clarke se couvrit avec la veste et attendit sagement que la brune lui fasse signe de monter. Le moteur de la Ducati noire vrombit et après un signe amical pour les parents de l'américaine, le véhicule sortit de la propriété pour rejoindre la route menant vers le centre-ville.


Lexa avait déjà conduit par temps de neige durant ses cinq années passées à New York mais le refaire lui mettait du baume au cœur. Elle avait l'impression de revivre ses années de liberté totale sauf qu'elle était accompagnée de la femme dont elle était amoureuse. Elles avaient mis un peu moins de deux heures pour rejoindre la ville qui ne dort jamais et s'étaient directement arrêtées à l'appartement pour y déposer les quelques affaires qu'elles avaient prises pour se changer. Elles s'étaient ensuite mises à se promener dans la ville depuis le véhicule de sport pour s'imprégner de nouveau des lieux. Clarke en avait profité pour montrer l'université de Columbia où elle avait tout appris au sujet de la médecine et Lexa en avait profité pour lui confier qu'elle aussi avait étudié ici pour obtenir ses diplômes en droit et en économie ce qui avait beaucoup fait rêver la blonde. Elles s'étaient sans doute croisées sans le savoir dans cette immense université.

Après avoir garé la moto dans le parking privé de l'immeuble où se trouvait l'appartement des Griffin, elles parcoururent les différentes boutiques de Manhattan. Main dans la main, s'embrassant tendrement lorsqu'elles en avaient envie, les deux jeunes femmes passèrent l'une des plus belles après-midi de leur vie depuis leur première rencontre. Clarke avait des étoiles dans les yeux et Lexa ne se lassait pas de profiter de sa nouvelle liberté. Elles avaient terminé dans une boutique de lingerie féminine de luxe et la médecin était actuellement dans une cabine d'essayage tandis que Lexa semblait réfléchir. En réalité, beaucoup d'idées la traversaient à l'heure actuelle : pourquoi ne resterait-elle pas à New York avec Clarke ou n'importe où ailleurs tant que ce n'était pas la Sicile ? Elles étaient heureuses ensemble et ce sentiment de liberté était si grisant… Pourquoi ne serait-elle pas à son tour égoïste ? Elle ne voulait pas repartir dans quelques jours pour se retrouver dans ce bain de violence quotidienne qu'était la gestion de la Mafia.

- Qu'est-ce que tu en penses ? Interrogea la blonde en écartant le rideau de la cabine privatisée dans laquelle les deux jeunes femmes se trouvaient. – Lex ?

- Hm… Oh pardon ! J'étais dans mes pensées…

Le regard de la brune se teinta rapidement d'une lueur bien connue pour la blonde à la vue de ses sous-vêtements : celle du désir. La belle blonde portait un porte-jarretelles en dentelle raffinée bleu nuit qui la rendait incroyablement sexy.

- Clarke… Si tu gardes ça, je… Je fais ce que tu veux, lâcha soudainement la Donati, soufflée.

- Ah vraiment ? S'amusa la blonde.

- Oui…

- Alors je veux que tu enlèves ta culotte avant d'aller au restaurant ce soir.

- Quoi ? Demanda la sicilienne, interloquée.

- Tu as très bien entendue…

- Je ne peux pas faire ça Clarke… De toute façon quel serait l'intérêt puisque je porterai un pantalon tailleur…

- Pff même pas drôle, sourit la blonde en se mettant à califourchon sur les jambes de son amante. Que prévois-tu ce soir Madame Donati pour me faire plaisir et faire ce que je veux ?

- Je pensais t'inviter dans un très bon restaurant… Sourit la brune.

- Mauvaise réponse !

- Pourquoi ?

- Tu n'as toujours pas arrêtée de fumer à ce que je sache…

- Oh non, Clarke tu n'as pas le droit… Se plaignit la Donati.

- Bien sûr que si… S'amusa la médecin.

- S'il te plaît… Je meurs d'envie de t'inviter… Une petite exception, une toute petite…

- Attention je vais y prendre goût si tu continues à me supplier comme ça, la chauffa Clarke.

Les émeraudes de Lexa s'étaient déjà perdues dans le décolleté du soutien-gorge de sa compagne et ses lèvres ne tardèrent pas à venir embrasser son cou.

- Je ferais ce que tu veux ce soir, je le promets…

- Vraiment ?

- Oui.

- Qui aurait cru que la terrible Lexa Donati serait si faible face à un porte-jarretelles ?

- C'est la femme qui le porte qui me rend faible… Souffla Lexa en survolant de ses doigts les courbes de sa compagne, gourmande.

- Dans ce cas d'accord, s'amusa Clarke, les yeux pétillants en se détachant de son amante qui gémit de frustration mais qui sourit bien vite devant le clin d'œil de sa compagne.

Cette femme allait la rendre folle…


Le restaurant était l'un des plus luxueux du quartier et Clarke se demanda bien comment la brune avait pu avoir une table ce soir-là alors qu'il fallait réserver plus d'un mois à l'avance. Sans doute une histoire d'argent mais l'invitation semblait vraiment ravir sa compagne, aussi décida t-elle de se taire. On les installa à une petite table ronde soigneusement décorée et à l'abri des regards, non loin de la scène où un orchestre jouait de la musique classique de manière délicieuse.

Lexa attrapa la main de sa compagne pour l'embrasser tout sourire :

- Tu ne peux pas imaginer comme ça me fait plaisir que tu aies accepté…

- Je crois deviner, sourit Clarke.

- Tu es tellement belle, j'aimerai t'offrir tellement…

- Tu sais bien que ce n'est pas ton argent qui m'a fait tomber amoureuse mais toi Lexa, uniquement toi…

- Je sais.

- Est-ce que j'aurais pu te plaire si on s'était croisé à l'université ? Demanda Clarke, curieuse.

- Peut-être…

- Seulement peut-être ? S'indigna légèrement la blonde en se mordant la lèvre inférieure ce qui fit fondre la brune.

- J'imagine que oui au vu de la façon dont mon cœur bat dans ma poitrine quand je te regarde Clarke...

L'aveu fit rougir légèrement la médecin qui rit doucement en levant son verre de vin qu'un serveur avait rempli au préalable.

- À part ça tu n'es pas une sicilienne charmeuse hm ?

- Juste avec toi… Sourit sa compagne.


Les deux jeunes femmes avaient commandé le dessert quand elles entendirent un petit cri de surprise venir de la table à quelques mètres d'elles : un homme d'une cinquantaine d'années était en train de demander la main de sa compagne visiblement ce qui ne manqua pas de faire grimacer Clarke.

- Mauvais souvenir ? L'interrogea la brune.

- Tu ne peux pas imaginer à quel point tu peux te retrouver bête quand des dizaines de paires d'yeux te fixent pour voir si tu vas coller un râteau monumental à ton compagnon ou bien lui sauter dans les bras…

- Si je comprends bien, je n'ai pas intérêt à te demander en mariage dans un restaurant ? La taquina la brune.

La réaction de Clarke ne se fit pas attendre : la blonde cracha un peu de son verre de champagne sur le côté ce qui ne manqua pas de faire éclater de rire Lexa. L'américaine en s'essuyant la bouche tout en toussant légèrement leva un regard amusé vers sa compagne :

- Haha très drôle…

- De quoi ?

- Tu sais très bien quoi ! Répondit la blonde en se rapprochant d'elle d'un air de défi.

- Non je ne sais pas… Joua la brune en glissant une main sur la cuisse de sa compagne.

- Je ne veux plus jamais qu'on me parle de mariage ou je commets un meurtre… Compris Madame Donati ?

- J'aimerai bien voir ça Docteur Griffin et le serment d'Hippocrate alors ?

- Tss.

Les deux femmes échangèrent un regard complice et amoureux avant que la brune ne s'excuse et s'absente un court instant, le temps d'aller aux toilettes. Le temps de parcourir la grande salle, elle ne put s'empêcher de regarder derrière elle pour vérifier que Clarke ne risquait rien toute seule. Il fallait qu'elle se fasse à l'idée qu'aucun Barzetti n'allait surgir pour se jeter sur sa compagne mais elle n'y arrivait pas. Plus le temps filait sur New York, plus elle se disait qu'elle n'aurait pas d'autre occasion pour dire la vérité à Clarke sur sa famille… Mais cette vérité l'effrayait tellement. Elle ne voulait pas perdre la belle médecin ou pire la blesser, lui faire peur. Elle soupira en sortant des toilettes et décida de se rafraichir le visage avant de sortir une petite boîte bleu marine qu'elle regarda un long moment. Clarke et elle avaient visité de nombreuses boutiques dont une bijouterie bien que la blonde ait longuement râlé pour inciter la sicilienne à sortir au plus vite, elle avait bien remarqué l'intérêt même s'il fut court sans doute pour ne pas attirer son attention que la jeune femme avait eu pour cette bague. Un bijou en or blanc sur lequel étaient incrustés de beaux et fins diamants d'un bleu magnifique, presque aussi beau que celui des yeux de l'américaine. Elle ne comptait pas demander en mariage la blonde mais maintenant qu'elle avait vu cet homme le faire avec sa compagne, l'idée avait fait son chemin. En fait, elle adorerait savoir que Clarke devienne sa femme. Elle inspira une dernière fois avant de sortir après avoir rangé la petite boîte dans la poche de son tailleur : si elle n'était pas capable de dire la vérité sur sa famille alors elle ne méritait pas cette femme… Elle ne voulait pas lui mentir encore plus longtemps.

- C'est bon ?

- Oui, sourit la brune en se rasseyant.

Leurs doigts s'entrelacèrent amoureusement et Lexa sentit son cœur battre un peu plus fort à cause de ce qu'elle s'apprêtait à dire.

- Tu m'as fait remarquer à plusieurs reprises que j'étais très discrète sur mon passé…

La médecin releva les yeux rapidement pour fixer son regard dans celui de sa compagne.

- C'est le moins qu'on puisse dire… Sourit doucement la blonde.

- Pourquoi veux-tu à tout prix connaître mon passé Clarke ?

- Parce que je t'aime.

- Le passé est-il si important ?

- Non mais lorsque nous nous sommes rencontrées chez Becca tu m'as clairement demandé de ne jamais te mentir.

- C'est vrai, acquiesça la brune.

- Je pense que cette demande peut être réciproque.

- Je vois… Répondit Lexa, pensive.

La brune sembla prendre son temps pour choisir ses mots :

- Est-ce que tu te rappelles de la fois où tu m'as posée toutes ces questions sur les roses que je porte ?

Clarke fixa rapidement son regard dans celui de sa compagne.

- Oui je me souviens. Tu m'as dit qu'elles représentaient un dernier hommage pour des personnes que tu as aimées afin de ne jamais les oublier.

- La quatrième rose est pour la première jeune femme que j'ai aimée. Elle s'appelait Costia Adamo. Nous étions de bonnes amies depuis l'enfance…

- Que lui est-il arrivé ? Tu as parlé de quelque chose d'horrible… Que voulais-tu dire par là ?

- Elle est morte à cause de ma famille… De moi. Je…

- Lexa… S'inquiéta la blonde en remarquant le trouble chez son amante.

Clarke avait saisi la main de la brune pour lui montrer qu'elle était là, prête à entendre la suite de son histoire.

- La Sicile et l'Italie sont des pays encore très chrétiens à l'heure actuelle, tu le sais et les homosexuels sont peu appréciés.

- Tu veux dire que toi et Costia…

- Oui. À l'époque où on se fréquentait, nous le faisions en cachette mais tout finit par se savoir en Sicile et autant dire que je n'étais pas dans la bonne famille si je voulais vivre un amour discret et paisible avec une fille…

- Que veux-tu dire ?

- Clarke, souffla la Donati, légèrement effrayée. Est-ce que tu es consciente qu'on ne choisit pas sa famille ? Penses-tu que le destin peut tout simplement être cruel dès notre naissance ?

- J'ai du mal à comprendre…

- Quand tu es entrée dans mon bureau tu as remarqué la coupure de journal attestant que le Don de la Mafia était mort n'est-ce pas ?

- Oui.

- C'était mon grand-père.

La médecin papillonna des yeux, sous le choc. Elle eut bien du mal à reprendre son sérieux, partagée à l'idée d'éclater de rire ou pleurer devant cette mauvaise blague que lui faisait Lexa.

- Clarke. Mon grand-père s'appelait Titus Donati et a été le Don durant de nombreuses années. Il a succédé à son père qui avant lui était déjà Don.

- Mais un Don contrôle la Mafia… Non ? Murmura la blonde.

- Malheureusement pour moi, oui.

- Tu veux dire que tu es liée à la Mafia depuis ta naissance ?

- Oui. Je suis née dans l'une des familles mafieuses installées en Sicile. Le rôle des femmes dans la mafia se cantonnait à épouser un bon mafieux, faire des enfants, les élever et garder le silence… Tu peux prendre Cécilia comme exemple typique de ce qu'est une femme de mafieux… Ma mère Luciana Donati a voulu s'écarter de ces affaires familiales sordides que contrôlait mon grand-père à l'époque…

La brune hésita à continuer mais sentir la main de la blonde contre la sienne la conforta dans l'idée que Clarke n'allait pas s'enfuir.

- Elle a rencontré mon père vers dix-sept ans : Adrian Woods qui était un américain né d'immigrés italiens installés en Amérique. Mon grand-père était un ami du père de mon père et entretenait de bonnes relations avec des familles immigrées là-bas qui contrôlaient à l'époque une organisation appelée la Main Noire puis plus tard la Cosa Nostra. Cela lui permettait de faire passer de la drogue de bonne qualité et des armes jusqu'en Sicile.

- Mon Dieu…

- Mes parents se sont mariés en cachette en Sicile et Adrian était prêt à tout lâcher pour vivre l'idylle promise à ma mère mais les deux familles s'y sont opposées. Ils ont forcé mon père à endosser le rôle de mafieux, à commettre des crimes et bien d'autres atrocités… Ma mère m'a eue entre temps et impuissante, elle regardait mon père agir pour le compte de mon grand-père qui le menaçait de lui reprendre sa fille s'il n'honorait pas la famille…

Une nouvelle fois Lexa interrogea du regard sa compagne pour savoir si elle devait continuer ou non son histoire. Clarke se contenta d'un petit mouvement de tête pour lui signifier qu'elle était toujours là.

- Mon père a fini par réussir à rassembler assez d'argent pour payer deux billets afin de prendre un ferry partant vers New York. Je n'ai aucun souvenir mais Gustus m'a raconté que ma mère et moi avions été séparées de force d'Adrian par des hommes de mon grand-père. Nous n'avons plus jamais revu mon père ensuite, la nouvelle de sa mort est arrivée deux semaines après son départ…

- Il aurait été assassiné ?... Demanda la blonde, effrayée à l'idée de savoir mais suspendue aux lèvres de la brune.

- Certains parlent d'une affaire ayant mal tournée à New York, d'autres parlent d'un assassinat commandité par mon grand-père en guise de représailles pour l'avoir insulté en essayant de voler sa fille…

- Continue…

- Ma mère a sombré dans la dépression après la séparation avec mon père. Elle ne s'occupait plus de moi. C'est Gustus et mon grand-père qui ont pris soin de moi et m'ont élevée comme si j'étais leur propre fille. J'ai un peu plus de souvenirs qu'Aden de ma mère mais ils sont flous et tristes pour la pluparts. À l'époque, je ne me doutais pas du tout dans quelle famille j'avais grandi. Je trouvais bien sûr mon grand-père très rigide mais cela correspondait aux vieilles familles siciliennes. Je profitais de la fortune de la famille sans poser de questions et mon grand-père était fier de moi à travers tout ce que j'accomplissais : études, sports, musique… J'étais traitée comme une reine par toutes les familles fidèles aux Donati.

La brune but une gorgée de son champagne pour se réhydrater légèrement après ces explications. Clarke était toujours en face d'elle, suspendue à ses lèvres.

- Comme je te l'ai dit, j'ai grandi avec Costia Adamo et à l'adolescence malgré tous les beaux garçons que me présentait mon grand-père, il n'y avait aucune accroche. En fait j'étais beaucoup plus à l'aise avec mon amie d'enfance et c'est en se cachant que l'on s'est découvert toutes les deux une attirance pour les filles.

Un soupir échappa à Lexa.

- Un jour, Gustus m'a surprise avec Costia et est allé le rapporter à mon grand-père. Ce jour-là, j'ai bien cru qu'il allait me tuer tellement il m'a frappée et frappée avec sa ceinture.

- Sa ceinture ?! Cria la blonde ce qui fit tourner la tête de quelques clients du restaurant.

- C'est du passé… La rassura la brune. J'ai pardonné depuis Clarke.

- Mais…

- Tu n'y pourras rien, les vieilles familles reposent sur des principes et autant dire que le péché de chair coûtait très cher à l'époque.

- Gustus est un imbécile !

- Il ne pensait pas que mon grand-père me punirait ainsi car il n'avait jamais levé la main sur moi. Il l'a même supplié de le frapper à ma place mais Titus était fou de rage et lui a infligé le même traitement que moi car pour lui c'était de sa faute si j'étais comme ça. Il m'avait mal éduquée et surveillée.

- Mon Dieu mais ton grand-père était un monstre…

- C'était le Don, répondit simplement Lexa.

- Qu'a t-il fait à Costia ? La chose horrible…

- Non ce n'est pas mon grand-père qui lui a fait du mal… Bien sûr il nous a empêchées de nous voir mais on y arrivait quand même. Gustus m'aidait même s'il n'était pas content mais il ne pouvait rien me refuser… En fait le titre de Don est comme une pierre précieuse que tout le monde s'arrache et différentes familles mafieuses voulaient récupérer le pouvoir de régner sur la mafia… Notamment la famille Barzetti qui est notre plus grande ennemie. L'enquête policière a été abandonnée mais Gustus est persuadé que ce sont eux qui ont…

- Qui ont quoi ?

Lexa détourna le regard pour essayer d'empêcher les larmes de couler. Elle sentit les mains de Clarke entourer ses joues pour qu'elle la regarde droit dans les yeux :

- Dis-moi Lexa.

- Ils l'ont assassinée… Tout le monde sait que c'est eux qui l'ont enlevée pour lui faire du mal… Pour me blesser et briser mon grand-père par ce biais car un scandale à mon sujet aurait fait changer les regards sur la famille Donati. Costia a… Costia s'est faite tabasser et violer pendant des heures avant que son corps ne soit abandonné comme un vulgaire bout de chiffon dans un champs. Elle a été mutilée… Je… C'est ma faute si…

- Tu n'es pas le monstre qui lui a fait du mal Lexa, tu es celle qui la rendue heureuse et l'a faite aimer.

- Mais si elle ne m'avait jamais connue elle serait encore vivante…

- C'est à cause de ce qui est arrivé à Costia que tu me surprotège ? Tu as peur qu'on me fasse du mal ?

- Oui…

- Je comprends mieux… Mais où en es-tu par rapport à tout ça ? La Mafia ? Tu as dit que ton grand-père tenait son titre de Don de son père.

- Je me suis détachée de tout ça après la mort de Costia. J'ai fui en secret pour vivre à New York… Mon père m'avait laissé de quoi vivre si jamais je décidais de m'installer là-bas.

- Je vois… Ce sont les fameuses cinq années que tu as passées ici. Mais dans ce cas, si tu étais heureuse ici, pourquoi être revenue en Sicile dans ce cas ?

- Pour empêcher mon petit frère Aden de devenir Don à son tour. Mon grand-père avait un cancer en phase terminale. Les temps ont changé : la police, la politique et la presse sont beaucoup moins faciles à acheter qu'à l'époque de mon grand père… Mon petit frère aurait tout fait pour faire plaisir à Titus ou pour l'impressionner tout comme il le fait avec moi aujourd'hui. Je ne pouvais pas le laisser faire ça à mon petit frère de quinze ans.

- Mais dans ce cas qui est devenu Don ?

Le cœur de Lexa cessa de battre un instant : devait-elle poursuivre ? Dire toute la vérité ? Elle se détestait pour ce qu'elle était et elle savait que Clarke la détesterait aussitôt cette vérité dite, elle qui exécrait la Mafia et l'argent sale. De toute façon, dans son cœur, Lexa n'était pas la Dona. Ce n'était qu'un masque qu'elle mettait pour effrayer et asseoir son autorité sur les familles mafieuses pour éviter un bain de sang dans les rues de la Sicile. Elle savait qui elle était réellement : Lexa Woods, une jeune avocate et économiste, aimant les femmes et voyager.

- Je ne sais pas Clarke et je m'en contrefiche. J'ai sorti la famille Donati de ce sombre monde. Ça m'a pris un peu plus de deux ans et demi mais j'ai fini par réussir à nettoyer le blason de ma famille aux yeux de la police locale et du peuple. Après la mort de Titus, la cellule anti-mafia a enquêté sur moi pendant plus d'un an. J'étais sur écoute, tous mes faits et gestes étaient enregistrés, surveillés… J'ai fait tomber des têtes en jouant les infiltrés pour le Capitaine Blake et son équipe en échange d'une immunité complète pour moi et mon frère si jamais nos noms arrivaient dans leurs dossiers à cause de mon grand-père. J'ai été de nombreuse fois la cible d'assassinats orchestrés par la Mafia car l'une des règles fondamentales est de ne jamais collaborer avec la police et de garder le silence quoiqu'il arrive. La famille Donati a perdu énormément d'argent lorsque la justice a saisi les entreprises illégales de mon grand-père mais j'ai réussi à en sauver quelques-unes qui aujourd'hui me permettent de conserver un patrimoine confortable, loin d'être aussi prestigieux que celui d'antan mais un patrimoine propre et légal.

- Tu n'as plus rien à voir avec la Mafia alors ? Insista la blonde.

- Si ce n'est l'encre indélébile qui constitue l'histoire de ma famille, moi et mon frère avons refusé l'héritage qui nous revenait de droit Clarke.

- Mais tant que tu vivras en Sicile, tu seras sans cesse ramenée à ton passé, n'est-ce pas ?

- Oui.

- Pourquoi ne pars-tu pas avec Aden ?

- Car je veux aider la police à éliminer toute trace de la mafia sur l'île. Depuis l'enquête sur moi, ils ne m'ont plus demandé d'aide mais je sais que ça finira par arriver de nouveau.

- Lexa tu ne peux pas faire ça indéfiniment ! Avant de te rencontrer tu t'épuisais à la tâche entre tes affaires et autres !

La brune lui sourit doucement :

- Un jour Machiavel a dit « Là où la volonté est grande, les difficultés diminuent ». Nous finirons par y arriver Clarke. En attendant, je te demande de m'écouter quand je dis qu'il faut rester prudent à Syracuse. Ce qui est malheureusement arrivé à Becca n'en est que le parfait exemple. La Mafia est comme une hydre : couper une tête et deux autres repousseront. Il faut détruire le corps et la racine pour que ça ne repousse pas.

La médecin ne dit mot, encore trop sonnée par ce que venait de lui confier son amante. Son dessert n'avait plus aussi belle mine qu'à l'arrivée dans son assiette. La blonde expira avant de souffler la voix tremblante :

- Est-ce qu'on peut partir ? J'ai envie de rentrer.

- D'accord, acquiesça la brune non sans une moue triste.


Clarke n'avait rien dit de tout le trajet à pied que les deux jeunes femmes avaient parcouru pour retourner à l'appartement ce qui avait attristé la sicilienne. Elle n'aurait peut-être jamais dû dire de telles choses à sa compagne… Elle savait que Clarke était une personne forte et pleine de volonté mais le lourd passé qu'elle portait sur ses épaules ne pouvait pas être entendu par tout le monde. Peut-être aurait-elle dû attendre d'être de retour en Sicile… La blonde s'était enfermée dans la salle de bain de l'appartement dès leur arrivée. Lexa n'avait pas voulu insister : peut-être qu'elle avait tout simplement besoin de temps pour se remettre de toutes ces confidences.

Lentement, la Donati retira son manteau et ses chaussures avant d'aller s'installer sur le lit double de la chambre. Assise sur le bord du matelas, elle réfléchissait à comment convaincre Clarke ne de pas la quitter. Lorsqu'elle entendit la porte de la salle de bain se déverrouiller, elle se leva aussitôt pour faire face à son amante : Clarke était couverte de son peignoir en satin bleu foncé et s'avança vers la brune sans pour autant la regarder.

- Clarke je suis désolée… Je n'aurais jamais dû te raconter ces horr…

- Chut, répondit la médecin en avançant assez pour pouvoir n'être qu'à quelques centimètres de la brune.

- Mais…

- Merci d'avoir été sincère avec moi Lexa. Je comprends pourquoi tu as voulu me cacher tout ça aussi longtemps… Mais tout ça est derrière toi aujourd'hui, n'est-ce pas ?

L'héritière inspira doucement à la question avant de hocher doucement de la tête. Un sourire se dessina sur les lèvres de la blonde avant que celle-ci ne vienne encadrer le visage de son amante de ses mains fines.

- Je t'aime Lexa. Je t'aime toi, pas ton argent, ni ton nom de famille, ni ton passé mais si pour être avec toi je dois aimer cet ensemble alors je le ferais.

- Clarke… Murmura la brune à la fois choquée et soulagée.

- Maintenant…

- Oui ?

- Je ne veux entendre que tes baisers sur ma peau et ton souffle contre le mien…

Sans pouvoir se contrôler, Lexa laissa échapper un demi sanglot qui fut bien vite calmé par les lèvres de la blonde.

- Je suis avec toi et tu es avec moi…

Les mains de Lexa glissèrent des hanches de la blonde à ses fesses puis ses cuisses qu'elle caressa avec douceur avant d'appuyer légèrement dessus, incitant son amante à décoller du sol et enlacer son bassin de ses jambes fines. Leurs bouches se trouvèrent pour échanger un baiser enflammé et langoureux. Le corps de la blonde se retrouva rapidement contre le matelas et c'est soupirante d'envie qu'elle accueillit le corps de la brune au-dessus d'elle. Elle pouvait deviner grâce à la lumière venant des immeubles de Manhattan les courbes délicieuses de son amante ce qui lui donna rapidement envie de mener la danse sulfureuse qu'elles avaient entamée. Avec un baiser, la blonde échangea sa place avec l'héritière qui se laissa aller contre le matelas. Son corps se cambra en sentant la bouche de Clarke la parcourir tout en détachant son chemisier et son pantalon. La sicilienne soupira lorsqu'elle sentit au fil de leurs baisers et caresses, le sexe humide de son amante contre le sien et se laissa emporter par la tentation fiévreuse de cette étreinte amoureuse.


Lexa s'était comme à son habitude réveillée en première. Elle s'était plu à observer dormir la médecin dans sa nudité, simplement recouverte d'un drap blanc. Après un moment, elle s'était prise à rêver qu'apporter un café bien chaud et quelques pâtisseries ferait sans aucun doute plaisir à sa compagne, aussi passa t-elle un jean slim bleu foncé ainsi qu'un sweat à capuche rouge de l'équipe locale de baseball et une veste en cuir courte afin de passer inaperçu.

Elle avait descendu rapidement les escaliers de l'immeuble pour se mettre en forme avant de se retrouver dans les rues fréquentées de Manhattan. Elle adorait ce quartier car il était animé et sans cesse parcouru par la vie. Elle s'arrêta dans un Starbucks Coffee non loin de l'appartement : elle se l'était répété plusieurs fois avant d'arrêter son choix, la blonde voulait du simple.

Alors qu'elle était en train de faire la queue comme nombre de personnes, elle sentit qu'on la frôlait un peu trop longtemps au niveau des poches de sa veste en cuir. Elle saisit d'un mouvement sec et contrôlé le poignet d'un adolescent noir d'une quinzaine d'années qui s'apprêtait à partir. Celui-ci la regarda d'un air surpris et leva sa main libre pour signifier qu'il ne lui voulait pas de mal. La brune le fusilla du regard tout en sentant son cœur battre avec force dans sa poitrine.

- M'dame je suis désolé je voulais pas vous faire peur, R'gardez dans votre poche gauche. ! Maintenant laissez-moi partir…! Chuchota t-il.

Lexa le fixa intensément avant de fouiller sa poche pour en sortir un téléphone portable prépayé. À peine eut-elle l'appareil en main que celui-ci se mit à vibrer pour signifier un appel d'un numéro inconnu. La Donati regarda une nouvelle fois le gamin qui avait l'air effrayé :

- Qui t'a donné ce téléphone ? Dit-elle tout en comptant dans sa tête le nombre de fois que le portable pouvait vibrer avant de tomber sur la messagerie.

- Un mec dans la rue m'a donné 100 dollars pour que je vous le glisse dans votre poche je le jure ! Je vous veux pas de mal !

- Comment était cet homme ?

- J'sais pas, j'ai pas vu son visage… Il a à peine ouvert la vitre de sa voiture M'dame ! Laissez-moi partir ! J'veux pas d'ennuis ! Je sors tout juste de la prison pour mineurs pitié !

- Dégage, répondit la brune en ouvrant le clapet du téléphone à la dernière seconde.

Un long silence passa avant qu'une respiration ne se fasse entendre puis une voix grave qui pétrifia sur place la jeune femme :

- Alors Lexa… On ne vient même pas saluer son vieux parrain alors qu'on est à New York…?


Chaud chaud le chapitre ! Alors qu'en avez-vous pensé ? Racontez-moi touuuuut ! Le Gustus/Anya qui se défoncent pour rendre heureuse leur Dona ! Le départ de Lexa aux US ! Le Clexa US ! La rencontre avec les parents ! La relation Jake/Lexa/ Clarke ! Le moment de véritééééé ! Pas toute entière d'ailleurs mouhahaha ! Lexa a encore des cartes dans sa poche :') À la place de Clarke comment auriez vous pris la nouvelle en apprenant un si lourd passé au sujet de la femme dont vous êtes follement amoureuse ? :D Lexa a bien tourné le truc nan? :P Oh et d'ailleurs... Ça sent bon ou pas bon pour le parrain de Lexa ? Héhé... Vous remercierez doubi pour cette fin cliffhanger !

À très bientôt je file au boulot ! :D