Hellooo ! J'espère que vous allez tous bien ! :D Voilà le chapitre 20 à l'heure ! Merci à mon duo de choc doubi et MagRd qui font du super taff ! Merci à vous pour vos follows, favs et reviews ! C'est vraiment toujours top pour moi de voir que vous aimez autant cette histoire au fil des chapitres malgré les vilaines fins que je vous fais parfois haha :')
N'empêche 20 chapitres... On en est à 340 pages sur Word ! Je me demande si je vais finir par en voir le bout :P Y'a encore tellement de trucs à écrire pfiou x)
Allez je n'en dis pas plus et je vous laisse découvrir la réaction d'Aden face à nos deux belles...
Chapitre 20 : L'héritier maudit
Le vacarme qu'avait provoqué la bouteille de vin rouge en se brisant sur le sol résonnait encore dans ses oreilles. Aden était debout, faiblement appuyé sur son unique béquille et fixait les deux jeunes femmes face à lui qu'il avait surprises enlacées quelques secondes avant. Il avait vu sa sœur, la Dona de la Sicile embrasser et murmurer des mots doux à leur médecin de famille mais surtout à la femme dont il était tombé amoureux ce fameux jour à l'hippodrome où il l'avait rencontrée la première fois. Le pire dans tout ça, avait été de voir que la jolie blonde semblait à l'aise à l'idée d'être caressée et embrassée par sa sœur. Son visage avait rapidement viré à la déception et était ravagé par la douleur.
- Aden… Répéta la brune.
Tout bourdonnait autour de lui. Il était en plein rêve ou plutôt en plein cauchemar. Tout ça n'était pas réel : sa sœur était en Italie depuis une semaine et ne répondait pas à ses appels. Il avait souffert de cette absence et se sentait de plus en plus abandonné depuis son accident comme s'il était devenu un poids mort pour la famille. Il était juste bon à être soulevé par un garde du corps, à être lavé par Cécilia, encouragé par son kinésithérapeute comme un gamin de deux ans à qui on apprend à marcher, courir… Ne pas voir Clarke avait été difficile et il avait redoublé d'efforts durant son absence pour ne se servir plus que d'une béquille ainsi que de mieux parler et articuler. Il n'avait pas pensé qu'elle rentrerait si tard dans la nuit. Il s'était dit que lui préparer un dîner aux chandelles pour son retour lui ferait plaisir et comprendre à quel point elle était importante à ses yeux.
Il n'avait cessé de repenser au baiser qu'ils avaient échangé lors de sa fête d'anniversaire. Il en rêvait chaque nuit. Il voulait que Clarke lui murmure des mots doux et l'embrasse au quotidien. Il aimait cette magnifique jeune femme bien qu'elle soit le médecin personnel de leur famille depuis cet été. Finalement, ce dîner avait été une catastrophe : Clarke était rentrée bien trop tard pour avoir faim et envie de partager un moment intime autour d'un dîner aux chandelles et sa timidité légendaire l'avait fait balbutier alors qu'il avait retrouvé une élocution à peu près potable. Il s'était alors dirigé vers la cave à vins de sa sœur pour en ramener une bouteille afin de la déguster avec la jolie blonde. C'est là que tout avait viré au cauchemar : Lexa était visiblement rentrée entre temps et s'était mise à embrasser la médecin qui n'avait pas refusé, loin de là. Ce sourire apaisé qui s'était dessiné sur leurs lèvres voulait tout dire : ce qu'elles entretenaient n'était pas nouveau, loin de là, mais il avait dû mal à comprendre comment il avait pu se faire duper.
Plus il réfléchissait et plus il sentait cette douleur sourde au cœur se répandre dans tout son corps, son être et se muer en une froide colère : Lexa n'avait pas confiance en lui après tout ce qu'il avait fait, tous ces efforts depuis la mort de leur grand-père… Comment sa sœur, son modèle, pouvait-elle le haïr au point de lui arracher la seule chose qu'il voulait, lui qui ne demandait jamais rien ? Sans compter l'idée étrange de la voir partager une relation avec une femme… Il se rappelait bien des colères de son grand-père lorsqu'elle sortait trop longtemps avec Costia Adamo… À cette époque, il ne comprenait pas, il était trop petit. Il pensait que Titus n'était pas content parce que Lexa n'en faisait qu'à sa tête mais se pouvait-il que sa sœur soit bel et bien lesbienne ? Il s'était peut-être une fois posé la question à cause des ragots de bas étages et parce qu'il ne l'avait jamais vu avec un homme mais elle était si solitaire que cela lui était vite sorti de l'esprit et elle avait su faire taire ces accusations.
Sa gorge s'était serrée et ses yeux verts s'étaient remplis de larmes qui commencèrent à couler le long de ses joues. Il inspira difficilement devant la triste réalité : il ne rêvait pas. Sa sœur et Clarke le fixaient avec ce regard coupable et sincèrement désolé.
- Tu… Tu n'étais pas en Italie, affirma t-il en serrant son poing droit.
- Aden laisse-moi t'expliquer, répondit sa sœur en s'approchant de lui.
- NE T'APPROCHE PAS ! Explosa t-il ce qui stoppa immédiatement la brune.
La main de Clarke vint rapidement saisir discrètement la main de sa compagne, effrayée à l'idée que la scène puisse tourner au drame familial. Lexa lui pressa doucement la main pour la rassurer sans pour autant quitter des yeux son jeune frère.
- Tu as raison Aden : je n'étais pas en Italie, indiqua la brune.
La mâchoire du blond se serra et il porta son regard sur la jolie blonde pour demander difficilement :
- Docteur Griffin… Dites-moi que ce n'est pas vrai… Vous… Ma sœur ? Non…
Clarke se mordit la lèvre : elle était extrêmement gênée. Tout ce qui arrivait maintenant était sa faute. Elle avait été tellement surprise et à la fois contente de voir Aden à cette heure qu'elle avait eu du mal à réaliser qu'il était bien là. Lorsque Lexa était arrivée et avait commencé à l'embrasser dans le cou, c'était comme si elle avait déjà oublié la présence de l'héritier. Elle aimait tellement quand la Donati était ainsi : douce, amoureuse, attentionnée…
- Je suis désolée Aden… Balbutia t-elle en baissant la tête.
- Mais à mon anniversaire je… Nous…
- Vous m'avez embrassée Aden… Répondit la blonde en essayant d'être la plus douce possible dans sa réponse.
- Vous n'avez pas refusé…
- C'était votre anniversaire Aden… Je pensais que… Vous aviez besoin de ça pour reprendre confiance en vous…
Le blond baissa le visage à son tour, mortifié.
- Mais… Je vous aime vraiment Docteur Griffin…
- Aden… Répondit Clarke, pleine d'empathie.
Lexa fronça légèrement les sourcils. Ce mélodrame commençait franchement à l'agacer : non seulement elle devait rendre des comptes à son jeune frère mais en plus, supporter l'idée qu'elle n'était pas la seule à aimer profondément Clarke. Que ce serait-il passé si elle avait décidé de rentrer avec une journée de décalage par rapport à la blonde ? Même si elle avait confiance en la médecin, l'idée qu'on lui tourne autour lui était franchement désagréable : malgré son fort caractère, Clarke restait légèrement naïve lorsqu'on lui tournait autour. Même si c'était Aden, cela ne lui plaisait pas et de toute façon, ce n'était sans aucun doute qu'un caprice d'adolescent.
- Aden stop, ordonna t-elle. Tu laisses Clarke tranquille. Je pense qu'elle a été claire dans ses réponses.
Si le visage du blond était ravagé de tristesse, la colère ne tarda pas à s'installer sur ses traits à la réponse sèche de sa sœur.
- Je ne te parle pas à toi… Siffla t-il, mauvais. Clarke s'il vous plaît… Reprit-il en approchant doucement de la blonde.
L'américaine ne bougea pas et sembla prête à se laisser approcher mais la Donati n'en avait pas décidé ainsi. Elle se posta entre elle et son frère qui lança :
- Quoi ? Tu as peur que je te la prenne ?... Si Clarke veut venir… avec moi c'est à elle de… faire son choix.
- Clarke a déjà fait son choix.
- Tu en… es sûre ? Car toi tout ce que… tu sais faire Lexa c'est… prendre aux autres !
- Retire immédiatement ce que tu viens de dire Aden, gronda la brune.
- NON ! C'EST LA VÉRITÉ ! LA PUTAIN DE VÉRITÉ ! Hurla t-il en saisissant sa sœur par le bras.
Lexa serra les lèvres pour se retentir de grogner de douleur : son frère avait une sacrée poigne à présent.
- Je t'ai sauvé la vie… et voilà ce que tu fais… pour me remercier ?!
- Ça n'a rien à voir Aden ! Reprends-toi ! Ordonna Lexa.
- Va te faire foutre ! Tu m'as… toujours tout pris ! Tu n'es qu'une… égoïste !
- Moi égoïste ?! Fulmina soudainement Lexa en confrontant son frère, réduisant la distance entre eux.
- Grand-père t'a toujours préférée à moi ! Tout comme Maman ! Gustus, Anya, Tristan… La liste est longue…
- J'ai arrêté de vivre pour toi !
- C'est ce que tu te dis pour… te donner bonne conscience de m'avoir laissé à grand-père hein ?
La mâchoire de Lexa s'était serrée à cette question rhétorique : oui elle avait fait le choix de fuir et laisser toute sa famille derrière elle après le meurtre de Costia, son petit frère y compris et elle en avait longuement souffert si ce n'était encore le cas aujourd'hui.
Clarke avait fermé les yeux : elle ne pouvait clairement pas continuer à regarder les deux héritiers se déchirer pour elle.
- Tu as toujours dit… Que notre héritage était maudit… mais le seul à être maudit ici, c'est moi.
- Ne dis pas ça, tu sais ce que j'ai sacrifié pour toi.
- Peu importe ce que je dirais… tu auras toujours le beau rôle hein ? Il n'y a qu'à regarder autour de nous… La fortune, la notoriété…
Son visage se tourna vers la blonde qui avait de nouveau ouvert les yeux.
- L'amour…
- Tu parles d'égoïsme Aden mais regarde-toi : le seul à piquer une crise maintenant comme un gamin égoïste c'est toi. Tu veux t'occuper de l'héritage familial, gagner en charisme, avoir la femme que tu veux ? Libre à toi d'entrer dans le monde des affaires mais avant tout ça il va falloir que tu grandisses et sortes de ta coquille de petit poussin surprotégé ! Pourquoi t'ai-je mis Anya et Tristan sur le dos à ton avis ?! Bouge-toi le cul et deviens un homme bon sang ! Maintenant lâche-moi avant que je ne t'en colle une !
Les mots durs de sa sœur eurent pour effet de lui faire resserrer sa prise sur son bras ainsi que de le rendre encore plus furieux. Cette-fois ci Lexa ne put s'empêcher de grogner de douleur ce qui alerta la blonde mais elle lui fit signe de ne pas approcher. L'héritière saisit finalement le col de la chemise de son petit frère pour se rapprocher brutalement de l'oreille de celui-ci et chuchoter d'une voix pleine de rancœur :
- C'est si simple d'utiliser la force brute hein Aden ? Voilà pourquoi tu ne seras jamais capable d'assumer ce que j'assume à l'heure actuelle. Tu es comme lui et tu le sais, là est ta malédiction en tant qu'héritier Donati. La mienne est d'avoir fait le choix de te sauver et protéger après la mort de Titus alors que je m'en étais sortie... Tous ces sacrifices pour qu'aujourd'hui tu me reproches tout ce que tu es incapable de faire car tu as toujours été pourri-gâté…
Les muscles du blond se contractèrent à la remarque de sa sœur. Il la lâcha brusquement ce qui la fit reculer et tomber dans les bras de Clarke qui la réceptionna de justesse.
- NE M'APPROCHE PLUS JAMAIS ! Hurla t-il avant de partir d'une démarche lourde et courroucée malgré sa béquille.
Les deux jeunes femmes le regardèrent partir et claquer brutalement la porte.
- On va enfin pouvoir dormir cette nuit, souffla agréablement Anya en s'installant confortablement au volant du SUV de fonction qui avait servi à ramener leur Dona.
Gustus se contenta de grogner légèrement :
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ça veut dire que je vais enfin pouvoir dormir avec toi sans avoir à entendre un de tes sermons ennuyants « Non Anya, je suis le garde du corps personnel de la Dona donc je ne peux pas dormir avec toi dans la chambre d'hôtel », « Non Anya, il faut être sérieux dans le travail, la Dona nous fait confiance », « Non Anya… »
- C'est bon, la coupa t-il en pinçant les lèvres.
- Tu vois, même toi tu te trouves ennuyeux quand je t'imite. Imagine ce que j'ai dû supporter pendant une semaine en Italie, le taquina t-elle.
Cela fit sourire le mafieux qui se pencha vers sa compagne pour murmurer :
- Donc nous allons dormir à poings fermés cette nuit, n'est-ce pas ? Pour être en forme demain…
- N'y compte même pas, répondit-elle en allant caresser d'une main enjôleuse la cuisse gauche de son compagnon.
Leurs lèvres vinrent se trouver rapidement pour échanger un baiser amoureux, plein d'envie. Anya soupira de plaisir en sentant les mains habiles de son compagnon venir caresser ses seins par-dessus sa chemise de tailleur. Ses cuisses s'écartèrent par réflexe et son bassin se souleva légèrement : une semaine qu'ils ne s'étaient pas touchés sans compter les hormones dues à la grossesse qui lui donnait limite envie de violer son compagnon trop sérieux par moment…
Ce fut un cri de rage qui les fit sursauter dans la voiture avant qu'ils ne voient littéralement le pare-brise du SUV se fendre sur différents endroits. Anya reconnut rapidement la silhouette de son jeune protégé et tenta de sortir mais Gustus l'en empêcha.
- Je l'écarte, tu sors après, indiqua t-il.
Le mafieux sortit du côté passager, rapidement rejoint par Ilian et Ryder qui faisaient sans doute leur patrouille de l'autre côté de la maison. Aden à l'aide de sa béquille frappait sans relâche les véhicules stationnés dans la cour de sa sœur tout en hurlant de rage et en insultant cette dernière.
- JE TE HAIS ! JE TE HAIS ! Hurlait-il en frappant sans relâche bien qu'il transpirait déjà à grosses gouttes.
Cela ne manqua pas de faire sortir Lexa sur le palier de la maison qui regarda la scène sans bouger. Un simple regard s'échangea entre elle et Gustus. Le garde du corps esquiva souplement un coup de béquille avant de passer derrière le blond. Aden se défendit correctement avant de se faire mettre à terre par le mafieux après un court instant, permettant à Anya de sortir du véhicule.
Le jeune homme pleurait à chaudes larmes mais son visage rougit montrait à quel point il était en colère. Il continuait malgré qu'il soit à genoux sur le gravier d'insulter sa sœur et les gardes du corps.
- Relève-le Gustus, ordonna sèchement Lexa.
D'un mouvement sec, Aden fut debout bien que difficilement en équilibre sans sa béquille. La Dona, le regard dur et encore empli de rancune, lança à Anya :
- Je te le laisse. Qu'il réfléchisse à tout ce qu'il a dit et fait avant de revenir me voir, indiqua t-elle avec ce ton froid qui la caractérisait si bien lorsqu'elle voulait montrer que le pardon serait dur à obtenir.
- Bien Dona, acquiesça la mafieuse. Gustus ? Appela t-elle.
- Je viens avec toi, répondit son compagnon en forçant le blond à avancer vers la voiture dont il avait fortement abimé le pare-brise.
Sans ménagement, le Giordano enfonça le jeune homme à l'arrière du véhicule en le prévenant durement :
- Héritier Donati ou non, bouge encore une fois et je t'assomme pour la semaine à venir.
La mâchoire d'Aden se serra de colère mais il se retint de répondre.
Lorsque la voiture démarra pour sortir de la propriété de la Dona, Clarke avait rejoint sa compagne sur le palier de la porte. Les yeux humides par tout ce qu'il venait de se passer, le contrecoup semblait être arrivé plus vite que prévu malgré toute l'empathie dont elle avait fait preuve juste avant.
- Mon dieu Lexa, je suis tellement désolée… Murmura t-elle.
La Donati se retourna vers la jeune femme, perdant immédiatement ce masque de froideur pour amener une main douce vers le visage de sa compagne, geste qui fit disparaître rapidement Ryder et Ilian vers le fond de la propriété pour laisser les deux jeunes femmes tranquilles.
- Ce n'est en aucun cas de ta faute Clarke. Aden et moi entretenons une relation compliquée depuis mon départ pour l'Amérique… Confia t-elle.
- C'est de ma faute s'il…
- Non Clarke, la coupa la brune en posant son index sur ses lèvres.
La blonde acquiesça difficilement avant de murmurer :
- Je suis fatiguée…
- Allons dormir alors, souffla la brune.
La sicilienne attrapa la main de sa compagne pour l'inciter à détacher son regard des voitures dégradées par la précédente colère du jeune héritier Donati. Après un temps, la médecin non sans un soupir se laissa guider par sa compagne jusqu'à leur chambre où elles s'allongèrent toutes les deux le temps de quelques heures avant que le quotidien ne les rattrape de nouveau.
- Où est Raven ? Demanda la Donati à son collègue blond qui semblait avoir du mal à respirer.
Wick portait un t-shirt gris chine trempé de sueur et était plié en deux, tentant de retrouver vainement son souffle. Il pointa du doigt une partie reculée du garage Del Corvo : une petite extension était présente mais normalement inoccupée.
Lexa fronça les sourcils et fit signe à Ryder et Ilian de rester près des voitures endommagées qu'ils avaient ramenées. Aden avait abimé pas moins de trois SUV. La Donati s'avança jusqu'à arriver près de l'encadrement d'une porte ouverte où de la musique du groupe ACDC faisait presque trembler les murs tant elle était forte. Elle ne mit pas longtemps à repérer sa meilleure amie.
Raven était en tenue de sport et courait comme une forcenée sur un tapis de course visiblement réglé au maximum.
- Raven, appela Lexa en y mettant un peu de voix.
La mécanicienne sembla ne rien entendre ce qui incita la Donati à entrer dans la petite pièce qui abritait tout de même un bel attirail pour entretenir son physique. Elle ne savait pas que la latina aimait autant le sport.
- Raven ! Appela de nouveau l'héritière.
Comme aucune réponse ne lui vint de nouveau, Lexa opta pour aller directement sur le côté du tapis de course ce qui étonnamment arracha quelques mots à l'espagnole.
- Allez Wick espèce de branleur ! Refais-moi une série de 100 ! C'est pas avec ton bide actuel que tu vas draguer tout seul !
- Raven, c'est Lexa.
Cette fois-ci la mécanicienne sembla réagir mais n'arrêta pas son activité pour autant. Elle se contenta de dire :
- Ah, une revenante.
La Donati se contenta de soupirer : elle se doutait bien que Raven allait lui en vouloir de ne lui avoir donné aucune nouvelles depuis la fête d'anniversaire d'Aden où elles s'étaient rapidement aperçues entre quelques salutations.
- Raven, j'ai besoin de toi.
- C'est bien.
La réponse fit hausser un sourcil à la brune : la latina devait sacrément être en colère pour lui répondre de la sorte. Elle n'avait jamais refusé une affaire ou encore moins d'entendre une confidence. Lexa se força à garder son calme. Peut-être qu'en effet, elle était en tort dans l'affaire qui semblait contrarier son amie.
- Ai-je fait quelque chose qui t'a blessée Raven pour que tu ne fasses même pas une phrase complète ?
À la question, la mécanicienne éteignit la musique grâce à son portable puis pianota sur l'appareil qu'elle utilisait afin de faire ralentir son rythme de course. Elle finit après quelques secondes par en descendre et faire signe à la brune de lui donner la serviette qui se trouvait près d'elle. Cela ne plut pas beaucoup à l'héritière mais celle-ci s'exécuta pour ne pas envenimer la situation.
- On dirait que Madame Donati a vraiment besoin de mon aide encore une fois pour être aussi gentille au point de me tendre une serviette de ses propres mains.
- Ne sois pas désobligeante Raven, soupira la brune.
- J'ai mes raisons.
- Dans ce cas-là autant me les donner pour que je puisse m'excuser. Tu sais que je ne te blesserai jamais consciemment.
Raven tourna son regard brun vers celui émeraude de son amie pour répondre, courroucée :
- Tu étais où durant tout ce temps après l'anniversaire d'Aden ?!
- Eh bien…
- Peu importe ! Les affaires j'imagine ! S'énerva la mécanicienne tout en essayant de reprendre une respiration normale.
Lexa tourna le regard vers l'encadrement de la petite extension : Ryder s'était approché devant les exclamations de la latina. Visiblement il les avait entendues. L'héritière se contenta de le rassurer d'un regard avant de lui signifier qu'elle ne risquait rien.
- Il est vrai que je n'ai pas été très disponible avec toi depuis la fête d'anniversaire. J'en suis sincèrement désolée Raven…
- Hmf, grogna l'autre brune.
- Que puis-je te proposer pour apaiser ta colère Raven ? Insista la Donati.
- C'est pas à moi de trouver ! C'est toi qui dois te faire pardonner je te signale !
- D'accord… Je trouverai alors. Dis-moi qu'est-ce qui t'énerve vraiment ? Est-ce le fait de ne pas avoir pu me parler ou bien autre chose ? Depuis quand fais-tu autant de sport ?
- Depuis cette putain de soirée maudite, grommela la mécanicienne.
- Si on allait s'asseoir pour en discuter ? Sourit-elle en réponse.
- Ouais… Mais ne souris pas comme ça. J'ai pas baisé depuis un moment et je fais du sport pour pas exploser.
- D'accord… Répondit d'un air intrigué la sicilienne.
Une petite serviette autour de la nuque, Raven amena la brune à l'intérieur du garage, dans l'espace cuisine. Elle se pencha pour attraper une bouteille d'eau fraiche ainsi qu'une bouteille remplie d'un liquide verdâtre qui ne manqua pas de rappeler à la brune le jus détox qu'avait voulu lui faire boire sa compagne au tout début de leur relation.
- Tu en veux ? Demanda la mécanicienne.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Jus détox avocat, pêche et banane, répondit la brune.
- Sans façon, grimaça la Donati.
- Tu sais pas ce que tu rates.
L'héritière regarda la latina se remplir un grand verre de sa mixture verte avant de sortir un paquet de cigarettes neuf. Elle retira l'emballage avant d'hésiter à l'ouvrir : Clarke était si contente qu'elle n'ait pas fumé durant leur voyage en Amérique excepté le petit cigare en compagnie de son père…
- On hésite ? Sourit Raven.
- Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour sa moitié hm… Grommela Lexa en rangeant le paquet dans la poche de sa veste de tailleur.
- Ne m'en parle pas…
- Ah, voilà la source du problème alors, répondit la Donati, observatrice.
- Ouais… Tu sais ce qu'on dit quand on se prend un vent d'une personne que tu dragues ?
- Un râteau ?
- Non moi je me suis pris une benne sur la gueule.
- Ah. Ce ne serait pas la meilleure amie de Clarke par hasard ?
- Si. Octavia Blake…
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- On a organisé la fête ensemble avec Clarke, Niylah, Octavia et moi. Tout s'était bien passé mais je la sentais légèrement à cran par moment. Bon d'un côté j'arrêtais pas de la taquiner et la chauffer un peu je l'avoue mais elle m'a toujours repoussée gentiment… Sauf que le soir de la fête, j'étais un peu éméchée et du coup j'ai pas mis de filtre si tu vois ce que je veux dire. Je lui ai parlé de Lincoln en mal bien qu'avec humour et elle n'a pas apprécié. Elle était limite agressive, jalouse aussi… Enfin je l'ai vécu comme ça alors je me suis lancée.
- Raven…
- Ouais je sais c'était totalement stupide mais Lexa ! Je te jure que quand je l'ai embrassée elle m'a répondu et c'était putain de bouillant ! Bon sang j'avais jamais ressenti ça en embrassant quelqu'un ! Juste embrasser tu te rends compte ?!
- Hm… Répondit évasivement la sicilienne en essayant de ne pas penser aux baisers de Clarke sur sa peau.
- Je l'ai appelée « cariña » par affection et c'est là qu'elle a complètement explosé. Elle m'a repoussée et m'a dit de sortir de sa vie…
Ce fut bien la première fois que l'héritière Donati descella un tel chagrin dans les yeux de sa plus fidèle confidente et amie. Raven semblait réellement éprise de cette Octavia Blake.
- Tu l'as fait ?
- Oui… Je ne suis pas une briseuse de couple… Hein Lexa ? Demanda soudain moins confiante la mécanicienne.
- Je ne t'ai jamais vu briser un couple Raven, la réconforta la brune.
- Merci…
- Tu penses à elle tout le temps n'est-ce pas ?
- Hm…
- D'où le sport intensif.
- C'est le seul moyen que j'ai pour ne pas penser à elle…
- Tu n'aimerais pas aller la voir pour t'expliquer ou au moins avoir une autre chance de faire les choses correctement ?
- Non, elle a été claire dans ce qu'elle voulait…
- C'est ton choix Raven mais une vielle amie m'a dit à l'époque où je ne savais pas quoi faire avec Clarke qu'il fallait foncer pour réussir.
La mécanicienne sourit légèrement à cette remarque avant d'avaler une gorgée du jus détox et de répondre :
- T'as raison d'avoir refusé, c'est vraiment dégueulasse ce truc ! WICK !
- Quoi ?
- Va acheter des bières et jette-moi ces jus dégueulasses que tu as fait !
- Quoi ?! Mais j'ai passé ma matinée à les faire !
- Wick…
- Ça va, j'y vais ! Répondit le blond non sans grommeler avant de partir à bord d'un pickup.
- T'as une clope Bella ?
Lexa sourit à la question et sortit le paquet pour le tendre à son amie. Rapidement, les deux jeunes femmes avaient une cigarette allumée aux lèvres.
- Hm… Ce que ça fait du bien… Souffla la brune. Tu n'imagines pas à quel point j'avais envie de fumer cette nuit…
- Cigarette post-baise ou bien un gros problème dans les affaires ? Questionna Raven.
La Donati secoua la tête par réflexe à la première option : si jamais Clarke la voyait fumer après l'amour, cela casserait sans doute tout le charme de leur précédente étreinte… Elle détestait vraiment le tabac.
- Aden, répondit simplement la brune.
- Qu'est-ce qu'il a fait ?
La douleur se peignit sur le visage de la jeune femme à la question. Elle avait encore du mal à croire ce qu'il s'était passé cette nuit à leur retour d'Amérique.
- Il sait tout pour moi et Clarke…
- Dios mios ! Raconte-moi !
Lexa s'exécuta bien que difficilement à raconter l'horrible nuit qu'elle et Clarke avaient passée, terminant par montrer les dégâts sur les véhicules de service de ses hommes de main. Raven avait du mal à croire ce qu'il s'était passé et passa ses doigts sur la carrosserie cabossée et les pare-brises des SUV Porsche.
- Bon dieu de merde, c'est franchement pas le moment pour que les Donati se disputent Bella…
- Je sais…
- Les Barzetti risquent d'en profiter.
- Il faut que j'en parle à Clarke. Je n'ai jamais vu Aden ainsi… Elle m'avait parlé d'une possible irritabilité en conséquence de son dernier arrêt cardiaque au bloc mais ça dépasse tout ce que j'aurais pu penser un jour…
- Oui… Que vas-tu faire ?
- Pour les Barzetti ?
La mécanicienne se contenta de hocher la tête.
- Je vais les ruiner. Que dirais-tu de t'occuper d'une entreprise de location de voitures au sein d'un nouvel espace luxueux Raven ?
- Compte sur moi, sourit la latina en tendant sa main à la brune qui la saisit pour la serrer amicalement.
Clarke n'avait pas bien dormi après la dispute entre Lexa et Aden. Elle savait que sa compagne non plus car elle l'avait sentie se lever à plusieurs reprises du lit pour finalement disparaître à l'aube de la maison. Bien que ses congés lui permettaient de reprendre le surlendemain, la blonde avait préféré se rendre à l'hôpital pour y retrouver ses collègues ainsi que ses patients mais surtout la vie qu'elle aimait : son métier de chirurgienne urgentiste la passionnait. Elle s'était battue pour réussir ses concours afin de devenir la meilleure et exceller dans ce qu'elle faisait. Étonnamment, elle avait appris qu'Octavia était en arrêt depuis plusieurs semaines. Apparemment la brune s'était arrêtée peu de temps après la fête d'anniversaire d'Aden. La fin du mois de novembre approchait à grand pas et le début du mois de décembre aussi par la même occasion.
Sa vie s'était accélérée d'un seul coup après avoir rencontré Lexa et si cela l'avait terrifiée au premier abord, elle en était heureuse car la vie qu'elle menait avec Finn était certes calme mais aussi dénuée de surprises et d'aventures… Bien évidemment, tout n'était pas rose avec sa belle sicilienne mais l'amour qu'elle ressentait au fond de ses tripes pour elle la confortait dans l'idée qu'elles pourraient aller loin ensemble malgré le passé tumultueux de sa compagne. Pourtant à l'heure actuelle, elle était totalement perdue à l'idée qu'elle ait pu créer une scission au sein de la famille Donati : jamais elle n'avait souhaité être l'instigatrice d'une telle dispute entre Lexa et Aden et cela la rendait profondément triste car elle aimait sincèrement les deux héritiers. Bien sûr elle voyait Aden comme un ami, peut-être comme un petit frère contrairement à Lexa qu'elle considérait comme son âme sœur. Elle venait de terminer ses quelques heures de bénévolat à l'hôpital : elle avait encadré un groupe d'interne pour soulager son collègue Nyko avec qui elle avait évoqué de lui transférer totalement le dossier d'Aden Donati pour le suivi des soins. Voir des visages innocents, arrogants ou bien effrayés lui avait fait du bien mais maintenant qu'elle avait passé les portes d'entrée de l'hôpital pour en sortir, elle ne cessait de se repasser en boucle la dispute entre le frère et la sœur et l'aveu de ce dernier à son égard : « Je vous aime Docteur Griffin ».
Elle avait réussi à larguer Artigas qui était censé la protéger aujourd'hui. Le jeune homme avait été officiellement embauché en tant que garde du corps mais manquait encore un peu d'expérience pour se permettre d'être avec elle. Clarke avait envie de respirer et marcher un peu dans les rues de Syracuse bien que la nuit se soit installée. Il commençait à faire frais mais on était encore loin d'une température négative. Elle passa inconsciemment devant le commissariat et ne put s'empêcher de se demander si l'enquête sur l'assassinat de Becca avait avancé. Les journaux n'en parlaient déjà plus, comme si la mort de cette femme n'avait servi qu'à remplir les premières pages durant une semaine tout au plus… Bon sang qu'elle avait parfois envie de s'envoler loin, sauter dans le premier avion avec Lexa, Racoon et Roméo pour voyager loin, aller peut-être dans des pays en difficultés pour offrir ses services de chirurgienne… Mais tout ça était impossible tant que Lexa n'avait pas terminé ce qu'elle voulait faire. Elle repensa au dossier que lui avait donné Finn… Il était peut-être temps de le jeter car si Lexa tombait dessus, cela risquerait de briser le peu de confiance qu'elle avait su lui accorder au sujet de son passé.
Ses pas l'avaient menée dans l'une des nombreuses rues commerciales de Syracuse et elle eut du mal à sortir de sa bulle lorsqu'on la héla :
- Clarke ! Clarke ! Hé oh !
- Hm ? Se tourna la blonde avant de reconnaître la personne qui l'appelait.
Niylah, l'amie de Raven lui faisait de grands signes, seulement tenue grâce à une porte en verre d'un salon de coiffure visiblement.
- Oh bonsoir Niylah… Excuse-moi je ne t'ai pas entendue tout de suite, sourit doucement Clarke en allant faire la bise à la coiffeuse.
- Ce n'est pas grave ! Moi je t'ai reconnue tout de suite quand tu es passée et puis tu avais l'air plongée dans tes pensées !
- On peut dire ça, sourit la médecin.
La coiffeuse se permit de passer sa main dans les cheveux courts de Clarke avant de remarquer son teint légèrement pâle.
- Hm tu n'as pas l'air en grande forme dis-moi ! Que dirais-tu de te faire chouchouter un peu ?
- Oh c'est vraiment gentil Niylah mais il est tard et…
- Allez ça me fait plaisir ! Et comme ça tu pourras me raconter si ta nouvelle coupe de cheveux a plu à ta petite copine mystérieuse !
- Bon d'accord mais pas plus de trente minutes d'accord ? Ma petite copine mystérieuse risque de s'inquiéter sinon, sourit la blonde.
- Ça marche !
Les deux jeunes femmes entrèrent dans le salon et se mirent à discuter tranquillement. Clarke se laissa facilement aller aux doigts de fée de l'amie de Raven, se gardant bien pour autant de parler de la scène entre Aden et Lexa bien qu'elle en avait envie pour avoir des conseils.
- Il paraît que la Dona est revenue d'Italie, lança Diego en ramenant ses cheveux sur le dessus de son crâne.
- Putain arrête de toucher tes cheveux comme ça, on dirait une vraie pédale, grogna Quint.
- C'est pas ma faute si j'ai pas le temps de passer chez le coiffeur.
- Tu devrais trouver le temps sur ton temps personnel.
- Faudrait déjà que j'en ai du temps personnel Quint.
- Hm. Tiens y'en a un là. Vas-y, je t'attends dehors.
Les deux hommes se dirigèrent vers la devanture du salon de coiffure. Diego entra rapidement dans ce dernier malgré l'heure tardive.
- Je m'occupe de vous tout de suite Monsieur ! S'exclama Niylah en se tournant alors qu'elle était en train de lisser les cheveux de la médecin qui avait les yeux fermés tant le fait de se faire choyer était plaisant.
Diego fronça les sourcils en reconnaissant entre milles la blonde qui leur avait valu d'être poursuivis et pris en chasse pendant plusieurs semaines par les hommes de main de la famille Donati.
- J'ai le temps de fumer une cigarette ? Demanda t-il en tentant de ne pas alerter la médecin.
Elle n'avait jamais entendu sa voix mais il ne voulait pas risquer une scène alors qu'il pouvait faire plaisir à son coéquipier en lui montrant la belle prise qu'ils avaient l'occasion de faire dans quelques minutes.
- Oui bien sûr ! Sourit la coiffeuse.
Le mafieux sortit doucement de la boutique pour s'approcher discrètement de Quint et le pousser vers la droite afin qu'il ne soit pas visible depuis la vitrine en verre du salon de coiffure.
- Putain qu'est-ce que tu branles ? Grogna celui-ci.
- Regarde discrètement l'intérieur du salon, je crois que tu vas être content…
Quint s'exécuta discrètement, s'attendant à voir un des hommes de main de la Donati isolé mais ce qu'il vit lui tira un sourire mauvais : la petite copine du flic dont il n'avait plus de nouvelles depuis l'explosion du casino. Sans compter que cette petite salope lui avait filé entre les doigts et avait réussi à se faire protéger par les Donati… Il l'avait presque oubliée avec toutes ces mésaventures. Pourtant elle était toujours la médecin personnelle de la famille Donati et c'était à cause d'elle qu'Aden Donati était encore vivant à l'heure actuelle. L'occasion était trop belle pour la refuser.
- Fais comme si de rien n'était, je m'occupe de l'isoler dans la ruelle la plus proche. Tu me rejoins après pigé ?
- Oui, répondit Diego avec un sourire.
Le mafieux entra dans le salon de coiffure et s'installa devant les magazines à disposition le temps que la médecin règle ce qu'elle devait à la coiffeuse. Il jeta un coup d'œil lorsqu'elle sortit, visiblement elle ne l'avait pas reconnu de dos ce qui ne fit qu'élargir son sourire.
Quint frémissait d'envie de sauter sur la blonde pour la battre et s'amuser un peu avec elle mais il attendait le bon moment pour l'isoler. Visiblement, elle n'avait pas remarqué encore qu'elle était suivie. Quelle aubaine qu'elle ne soit pas accompagnée par l'un des chiens de garde de la Donati : la jeune femme semblait vraiment dans un autre monde, faisant à peine attention lorsqu'elle traversait ou bien évitait de justesse un passant ou encore une bouche d'incendie. Il repéra une ruelle qu'il utilisait souvent pour isoler des cibles et s'apprêta à la pousser brusquement quand la blonde s'arrêta pour répondre au téléphone. Il se stoppa de justesse et se planqua contre la vitrine d'un magasin, faisant mine d'être intéressé par le contenu de la devanture.
- Oui je rentre ne t'en fais pas… Non pas besoin de m'envoyer quelqu'un… Non, sérieusement mon amour, j'ai vraiment besoin de marcher. Je vais prendre le bus… Non… Oui je sais. Je me souviens de ce que tu m'as dit oui… Bon d'accord… Je t'attends, je ne bouge pas tu es contente ?... À l'intérieur d'une boutique ? Non mais tu n'exagères pas un peu ?... Ne t'énerve pas d'accord je vais retourner à la boutique de Niylah ça te va ? Oui… Je sais que c'est pour ma sécurité oui… Je t'aime aussi Lex'… Ok à tout de suite…
Quint haussa les sourcils et retint de justesse Diego qui arrivait comme un boulet de canon, prêt à fondre sur la blonde.
- Non…! Ordonna le mafieux en faisant demi-tour et en le forçant à changer de trottoir.
- Mais qu'est-ce que tu fais ?... Tu n'auras pas une autre chance de la chopper… Chuchota son coéquipier
- J'ai entendu quelque chose de très intéressant… Va chercher la voiture. Grouille !...
- Quoi mais elle est à un kilomètre…
- Alors cours, répondit froidement le mafieux.
Quint et Diego étaient à présent placés sur les hauteurs d'une falaise surplombant la maison de la Dona. Ils avaient suivi un temps la berline discrètement avant de deviner qu'elle se dirigeait vers la propriété de la Donati, aussi Quint avait emprunté un autre chemin pour arriver plus vite et plus haut afin d'observer la fin de la petite promenade de la médecin.
- Je comprends toujours pas pourquoi tu l'as pas choppée… Grommela Diego en montant le fusil de précision de son coéquipier.
- Ta gueule et donne-moi ça, dépêche !
Les deux hommes étaient légèrement essoufflés et griffés à cause des ronces présentes sur le point d'observation mais ils avaient réussi à être tout juste à l'heure pour observer ce que Quint voulait voir. Le sicilien plaça la lunette du fusil de précision devant son œil, ferma le second pour mieux voir et ne put s'empêcher de sourire en voyant la médecin descendre du véhicule pour marcher jusqu'au porche et discuter avec Lexa Donati quelques secondes. La brune semblait mécontente et ne cessait de froncer les sourcils mais sembla se radoucir à une phrase de la blonde. Les mains des deux jeunes femmes s'enlacèrent avant que leurs lèvres ne se posent l'une sur l'autre ce qui tira un sourire carnassier à Quint.
- Alors comme ça tu oses recommencer ma petite chérie hein…
- Qu'est-ce que t'as vu ?
- Une ouverture, souffla le mafieux d'un air pervers.
- Ça valait le coup d'avoir couru jusqu'ici alors j'imagine.
- Oh oui… Au fait Diego ?
- Hm ?
- Sympa ta coupe de cheveux…
Les mafieux se regardèrent d'un air complice avant de ranger leur matériel et commencer à descendre pour rejoindre leur véhicule garé à la va vite quelques mètres plus loin. Ils en avaient bousillé le bas de caisse sur un rocher mais visiblement n'en avaient plus rien à faire, trop heureux de la découverte qu'ils venaient de faire.
Sa chambre ne ressemblait plus à rien. Il avait renversé tous ses meubles, brisé tous les cadres représentant sa famille, vidé son armoire de rage et retourné son lit. L'intervention de Tristan et Anya n'avait rien pu y faire : le Donati était fou de rage et de chagrin. Ils avaient fini par le laisser tranquille, pensant qu'il finirait bien par se calmer et s'épuiser. Du haut de ses dix-huit ans il était enfermé dans sa propre maison comme un enfant de huit ans ayant fait une bêtise. Il frappa le mur en plâtre une nouvelle fois de rage ce qui lui esquinta la main. Des pas devant sa porte l'interpellèrent puis une voix douce :
- Aden, mon chéri… Je sais que tu n'as sans doute pas faim et que Anya m'a dit de ne pas t'apporter à manger mais je ne peux pas te laisser mourir de faim mon petit cœur… Je t'ai fait ton plat préféré…
Le blond ne répondit rien. Après quelques secondes, il se dirigea vers sa porte de chambre pour ouvrir mais se rappela de ce que lui avait dit sa sœur : arrêter d'être un enfant pourri-gâté pour grandir et devenir un homme… C'est à contre cœur qu'il recula et ne répondit pas à sa nourrice. Il entendit Cécilia piétiner quelques minutes devant la porte et cela ne l'étonna pas car la vieille dame avait sans doute connu plus dur que lui avec Tristan et Anya mais lorsque la voix de sa fille se fit entendre, il l'entendit poser le plateau au sol avec un soupir.
Il alla s'installer sur son lit retourné, s'asseyant juste tout en essayant de ne pas boiter mais cette maudite jambe n'en faisait qu'à sa tête ce qui lui arracha un cri de rage mêlé au désespoir : qu'était-il devenu ? Déjà qu'il n'était pas considéré en étant au mieux de sa forme, maintenant qu'il était estropié que deviendrait-il ? Personne ne le respecterait dans cet état.
Il tourna la tête en entendant son portable vibrer et se dépêcha de saisir ce dernier :
« Tu as essayé de m'appeler ? » Ontari
Sa main se crispa : oui il avait essayé d'appeler celle qu'il considérait depuis cet été comme une confidente sincère malgré qu'elle soit une Barzetti.
« Oui… Ce n'est pas la grande forme. » Aden Donati
« Que t'arrive t-il ? » Ontari
« Je ne peux pas te le dire. » Aden Donati
« Ça va être compliqué de te rendre la pêche si tu ne me dis rien crétin de Donati. » Ontari
Le blond sourit à l'insulte amicale et se décida le cœur battant à écrire :
« La femme que j'aime… Elle aime quelqu'un d'autre… » Aden Donati
« J'en suis désolée… Que dirais-tu que l'on se voit pour discuter et te changer les idées ? » Ontari
« Je ne peux pas sortir. » Aden Donati
« Alors je viendrais à toi. » Ontari
La réponse ne manqua pas de faire froncer les sourcils du blond : Ontari était folle de penser qu'elle pourrait le rejoindre aussi facilement.
« Non tu risques de te faire tuer si les gardes te repèrent dans la propriété, sans compter les chiens ! » Aden Donati
« Ne me sous-estime pas crétin d'Aden Donati. » Ontari
« Non attends… » Aden Donati
« Quoi ? » Ontari
Il se mordit la lèvre, hésitant à répondre mais finalement se décida à dire la vérité :
« Je ne veux pas que tu me vois comme ça… Tu es ma seule amie, je ne veux pas te décevoir… » Aden Donati
« Aden je t'ai vu alors que tu étais dans le coma et j'ai même commencé à faire ta toilette ce soir-là… Ce ne sont pas des béquilles qui vont me choquer. » Ontari
L'héritier rougit aussitôt à la lecture du message : il n'en croyait pas ses yeux ! Ontari Barzetti avait fait sa toilette ? Il se demandait bien jusqu'où elle avait pu aller. Bon sang qu'il avait honte soudainement.
« Tu as fait quoi ?! » Aden Donati
« Ce sera notre petit secret… Je te préviendrai du soir où je viendrais d'accord ? » Ontari
Le blond sourit, légèrement plus apaisé. Cette fille avait vraiment un don pour le calmer et le cadrer.
« D'accord… Bonne nuit Ontari, merci d'être là… » Aden Donati
« De rien. À charge de revanche crétin de Donati. » Ontari
Et nous revoilà ! Alors alors ? Satisfaits de la dispute entre Lexa et Aden ? Beaucoup de rancoeur remonte à la surface, il fallait bien que ça finisse par péter entre eux ! Clarke est complètement dépassée par la situation, elle culpabilise à mort ! Petit retour de Raven qui n'est pas contente envers Lexa, un juste retour de bâton je trouve pour ces deux là ^^ J'avais envie d'écrire une réaction post rateau :P À votre avis Raven doit-elle foncer ou laisser tomber ?
Ohh et le hasard fait bien les choses, Diego qui a besoin d'une petite coupe de cheveux... Vous avez flippé un peu pour notre blonde ? :D Plus de Ontaden dans le prochain chapitre !
À bientôt !
