Helloooo ! Voilà le chapitre 22 normalement à l'heure ! :O D'ailleurs c'est ouf mais 3 semaines ça passe aussi vite que 2 en fait xD C'est Mag qui m'a rappelé la date de publication erf ! Enfin pour le coup je m'y tiens :P On est à l'heure non?

Un grand merci pour vos retours chaleureux et votre compréhension au sujet du temps supplémentaire dont j'ai besoin pour écrire les chapitres ! Vous êtes franchement top ! Merci beaucoup ! Merci aussi pour les follows, favs et petits mps qui continuent d'égayer mes journées et ma boîte mail :P Merci à mon super duo de relecteurs ! Pour une fois on a pas trop travaillé dans le stress c'était top ! :) Allez je vous souhaite une bonne lecture !

Elooo : Hey ! Merci pour ton retour ! Je te laisse découvrir ce que les Barzetti réservent à Aden héhé...

Loann2017 : Heey ! Bienvenue sur cette fic et merci de ton retour ! Haha il va falloir être patient pour la suite du Octaven ! Enfin tu devrais avoir un petit aperçu de ce qui se trame dans la tête d'Octavia dans ce chapitre ^^


Chapitre 22 : Amis ou ennemis ?


Le corps du blond était raide comme la corde d'un arc. Aden sentait ses muscles le faire souffrir et la tension parcourir tout son être alors qu'il tentait de résister au mafieux. Quint l'avait attrapé par le col de sa chemise et le tirait avec force tant et si bien qu'il se demandait s'il n'allait pas mourir d'étranglement avant d'avoir passé les portes de la demeure des Barzetti. Ontari, elle, était retenue par Diego qui la maintenait avec force grâce à un appui sur son bras droit qui semblait faire souffrir la jeune femme qui tentait par moment de se débattre et criait qu'elle allait les faire punir.

Un claquement de doigt ramena Aden à la réalité. Ils étaient enfin arrivés dans ce qui semblait être le hall d'accueil de la maison.

- Va chercher Madame Barzetti ! Ordonna Quint à un de ses collègues en claquant des doigts de sa main libre. Dis-lui qu'on a une livraison très spéciale pour elle.

Aden avait envie de fulminer et menacer cet enfoiré des pires tortures possibles. Sa sœur allait le venger s'il lui faisait du mal, elle le tuerait au moins et elle… Un sentiment de tristesse l'envahit soudainement alors qu'il revoyait sa sœur lui dire froidement qu'il devait réfléchir avant de revenir la voir. Il n'était pas retourné la voir depuis leur dispute au sujet de Clarke et du reste. Son cœur se serra à l'idée qu'il ne sortirait sans doute pas vivant de cette maison et ses yeux s'embuèrent de larmes : il voulait que sa sœur soit là. Il était terrifié à l'idée qu'on puisse se servir de lui pour faire souffrir sa sœur. Il savait qu'elle souffrait au quotidien à cause du rôle qu'elle jouait au sein de la Sicile et à cause de lui ce serait pire. Tout ce que son grand-père Titus craignait allait arriver finalement : les Barzetti finiraient par avoir l'arme nécessaire pour faire disparaître les Donati de l'équation mafieuse et cette arme c'était lui. Clarke allait-elle souffrir ? Son esprit se mit à vagabonder et dessiner ce qu'il s'imaginait déjà être son futur enterrement…

- Quint, voyons ! Est-ce une façon de traiter un si beau et adorable jeune homme ? Cria d'un air confus une voix qu'Aden avait déjà entendue. Diego ! Lâche ma fille.

Nia, la matriarche des Barzetti, se mit à descendre presque en courant les grands escaliers de marbre de sa maison afin de rejoindre son homme de main qui parut confus. Elle frappa celui-ci avec une claque sur l'épaule qui fit lâcher la prise de ce dernier sur l'héritier Donati.

Aden sentit sa jambe handicapée se doter d'un poids supplémentaire maintenant qu'il n'était plus maintenu et se força à rester droit grâce à l'autre pour faire bonne figure malgré la surprise qui se lisait sur son visage. Nia Barzetti semblait le dévorer du regard et affichait un immense sourire. Elle glissa une main sur la joue bien rasée du blond pour souffler :

- Oh Aden, cela fait si longtemps que nous ne nous sommes pas vus ! J'imagine que tu ne te souviens pas de moi…

Le Donati avala sa salive et prit le temps de réfléchir avant de formuler sa réponse :

- Je ne voudrais surtout pas vous vexer Madame Barz…

- Appelle-moi Nia, Aden voyons !

- Hm… Nia donc… Je…

Il regarda autour de lui, cherchant ses mots et luttant pour rester debout sans ses béquilles.

- Excusez-moi mais on se connaît ? Je veux dire… Je sais qui vous êtes mais je ne crois pas vous avoir déjà rencontrée… Je vous ai vu quelques fois de loin lors de galas ou de courses hippiques mais nous ne nous sommes jamais parlés…

- Malheureusement oui… Disons que lorsque tu es né, Titus ton grand-père, voulait que je sois ta marraine à l'origine.

- Pardon ? Ma marraine s'appelle Indra Salomon et je n'ai jamais entendu parler de vous à ce sujet…

Nia lui fit un petit sourire avant de l'inviter à venir s'asseoir d'un geste mais Ontari se rapprocha rapidement pour faire barrage entre lui et sa mère.

- Aden, il vaudrait mieux que tu partes… Indiqua t-elle.

- Je le pense aussi… Répondit-il mal à l'aise.

- Aucun mal ne te sera fait dans cette maison Aden, je te le promets, le rassura Nia. C'est une réelle chance qui nous est offerte de pouvoir discuter comme deux adultes.

- De quoi voulez-vous parler exactement ?

- Oh… Tant de sujets peuvent être abordés… Comme celui du fait de venir courtiser ma fille sur une propriété privée…

Les joues du blond s'enflammèrent sous cette accusation et il se mit à bégayer pour s'expliquer :

- Ce n'est pas que… Je… Euh non mais…

- Haha ! Rit Nia, amusée. Ne t'en fais pas, je sais ce que c'est d'être jeune Aden. Disons que votre histoire m'intrigue et je n'ai pas pu m'empêcher de penser que vous pourriez peut-être enfin à vous deux apaiser les tensions entre nos deux familles…

- Vous allez un peu vite… Hésita le blond sans pouvoir s'empêcher de jeter un œil à Ontari qui semblait aussi gênée que lui.

- Veux-tu t'asseoir et accepter mon hospitalité pour quelques heures alors ? Tu pourras me poser toutes les questions que tu veux. Je suis sûre que je connais des réponses que tu souhaites avoir depuis toujours…

- Des réponses ? Répéta t-il en fronçant les sourcils.

Il fixa son regard vert sur cette femme grande et mince aux cheveux platine et parfaitement coiffés. Il savait qu'elle était dangereuse, sa réputation la précédait et sa famille ne cessait de dire qu'il fallait s'en débarrasser mais en toute honnêteté, il ne se sentait pas menacé à l'heure actuelle.

« Sois proche de tes amis et encore plus proches de tes ennemis » se dit-il intérieurement. Peut-être apprendrait-il quelque chose d'intéressant ou aurait-il l'occasion de mettre Nia devant le fait accompli sur certaines actions des Barzetti : Lexa avait la fâcheuse habitude de ne pas tout lui dire afin de le préserver mais il était assez grand aujourd'hui pour avoir des réponses.

- Très bien, parlons un peu.

Il entendit Ontari couper sa respiration le temps d'une seconde et lui jeta un regard. La brune semblait mal à l'aise et peut-être effrayée par la tournure des évènements. Nia et les deux jeunes s'installèrent sur les canapés en cuir blanc de l'immense demeure et une domestique apporta de quoi grignoter et se réchauffer. Aden souffla un bon coup lorsqu'il posa ses fesses sur le cuir du fauteuil blanc : il massa sa jambe douloureuse d'une main tout en ne lâchant pas du regard la matriarche.

- Alors, sur quoi puis-je t'éclairer Aden ?

- Vous avez sous-entendu que mon grand-père voulait faire de vous ma marraine mais je n'ai jamais entendu parler de ça… Qui me dit que vous ne mentez pas pour m'amadouer ?

- Tu connais les règles entre les familles Aden j'imagine ? Qui irait se vanter d'avoir proposé un rôle si symbolique à un membre d'une famille « ennemie »…

- Pourquoi ne vous a t-il pas choisie alors, s'il tenait tant à ce que vous soyez ma marraine ?

- Cela allait se faire mais malheureusement ta mère a eu cet accident de voiture… Que Dieu ait son âme, chuchota-t-elle en faisant le geste religieux approprié.

La gorge d'Aden se noua à l'évocation de cet accident de voiture : il n'avait jamais vraiment connu sa mère à cause de ce dernier. Il était trop petit pour avoir des souvenirs précis avec elle contrairement à sa sœur Lexa… Il serra les poings, gagné par l'impulsivité :

- C'est vous qui l'avez tuée.

Nia secoua doucement la tête à cette accusation, ne s'offusquant pas.

- C'est ce que disent les Donati et les familles qui les soutiennent.

- Est-ce la vérité ?

- Non.

- Qui a tué ma mère dans ce cas ?

- Des freins défaillants et un ravin Aden malheureusement… S'excusa t-elle.

- Elle… Elle est morte peu après ma naissance… On m'a toujours dit que votre frère voulait l'épouser mais qu'elle n'avait jamais voulu… Je pensais que c'était vous… Les familles…

- Aden, les affaires des grandes familles vont bien au-delà de meurtres gratuits pour des histoires d'amour sans queue ni tête… Je te promets au nom de tous les Barzetti que nous n'aurions jamais touché à Luciana… C'était une femme extraordinaire.

- Vraiment ? Demanda Aden, ému.

- Bien sûr… Personne ne t'a parlé de ta mère Aden ?

- Mon grand-père n'aimait pas parler d'elle… Cela lui faisait trop de mal et Lexa… Elle est comme lui, elle ne partage pas ses souvenirs car ils sont trop douloureux. J'ai juste quelques photos et ce que ma gouvernante Cécilia a bien voulu me dire...

- Mon pauvre garçon… Souffla Nia en se retenant de sourire sadiquement.

La matriarche jubilait au fond d'elle : elle venait d'engager un sacré coup de maître en réussissant à endormir le Donati. Le garçon était si fragile qu'elle le manipulait comme elle l'entendait : son estime de soi devait être bien basse. Il suffirait de quelques heures et paroles doucereuses pour lui faire avaler que les Barzetti ne voulaient qu'une seule chose : la paix. Paix déguisée pour occuper la Dona actuelle évidemment mais nécessaire pour la faire souffrir psychologiquement sur le long terme avant de la supprimer… Elle glissa un regard vers Ontari. La brune semblait bien moins endormie que le blond et elle poserait sans doute un problème dans l'équation tôt ou tard mais elle savait comment réussir à la convaincre : l'amour qu'elle portait au Donati était bien réel. Un sourire intérieur se dessina alors qu'Aden posait une nouvelle question :

- Vous pouvez me parler de ma mère ?


- VOUS VOUS FOUTEZ DE MOI TRISTAN ?! Hurla la Donati dans son bureau malgré l'heure tardive.

La nuit s'était installée depuis plusieurs heures et Lexa venait d'être réveillée par des appels insistants de Gustus. Elle avait d'abord cru à une mauvaise farce d'Aden pour la faire culpabiliser sur les récents évènements ayant eu lieu mais le jeune homme était bien introuvable dans tout Syracuse.

Tristan Zanetti baissa le regard devant les yeux brûlants de colère de sa supérieure. Il avait beau être le plus grand des machos, il devait bien avouer que l'héritière de Titus Donati avait de quoi effrayer lorsqu'elle était en colère.

- Je ne comprends pas comment il a pu sortir de la propriété sans que moi ou un autre garde ne le voie Dona… Avec sa jambe…

- COMBIEN DE FOIS VOUS-AI JE RÉPÉTÉ QU'IL FALLAIT ARRÊTER DE PRENDRE ADEN POUR UN PETIT GARÇON ?!

La question était bien sûr rhétorique aussi le mafieux se garda bien de répondre afin d'éviter une salve d'insultes. Il releva la tête quand il entendit qu'on toquait à la porte du bureau dans lequel il se trouvait.

- Entrez ! Aboya sèchement Lexa.

- Gustus et moi avons déployé des hommes dans tout Syracuse Dona, nous allons le retrouver, dit fermement Anya. Tristan quand l'as-tu vu pour la dernière fois ? Interrogea sa sœur cadette.

Le mafieux ne prit même pas le temps de réfléchir tant il s'était passé les dernières heures un nombre incalculable de fois en tête :

- Lorsqu'il est sorti de sa séance de rééducation kiné. Il est monté pour se doucher comme d'habitude et après…

- Après quoi ?

- Cécilia lui a apporté un plateau repas car il ne descendait pas malgré nos appels… Elle a dit qu'il fallait lui laisser un peu d'intimité donc je n'ai pas insisté mais j'étais sur la terrasse tout ce temps ! J'aurais dû le voir sortir ! Il n'a pas pu passer par l'entrée principale c'est certain ! Dante et Alessandro l'auraient vu !

Les mafieux regardèrent silencieusement la Donati s'asseoir dans son fauteuil derrière son bureau et se pincer l'arête du nez.

- Les Barzetti commencent à s'interroger sur le pourquoi nous ne ripostons pas suite à l'assassinat de Becca… Ils se doutent que je prépare quelque chose. Si jamais ils arrivent à mettre la main sur Aden je n'aurai pas d'autres choix que de laisser ma place de Dona. Je refuse qu'ils lui fassent du mal vous entendez ? La famille avant tout.

Un silence répondit à la jeune femme. Les mafieux se fixaient avec un air affligé sur le visage : ils ne voulaient en aucun cas perdre leur Dona pour être sous la gouvernance d'une famille aussi sale que les Barzetti.

- Impossible que les Barzetti l'aient kidnappé Dona, indiqua Gustus. Nous aurions déjà eu de leurs nouvelles si ça avait été le cas…

Lexa releva le regard pour fixer son plus fidèle homme de main et ami avant de soupirer :

- Je l'espère Gustus… Maintenant, sortez.

Tous hochèrent la tête sous l'ordre donné et entamèrent un mouvement pour sortir de la pièce mais la voix de la sicilienne perça de nouveau :

- Tristan.

- Oui Dona ?

- Vous serez puni pour votre incompétence peu importe si Aden est retrouvé.

Le mafieux serra la mâchoire non pas par colère envers sa supérieure mais envers lui-même. Il avait merdé. À force de côtoyer ce jeune, il avait fini par baisser sa garde et cela allait peut-être mener à une catastrophe sans nom au sein des grandes familles mafieuses. Son père l'aurait tabassé à mort pour une erreur comme celle-ci. Il venait de prendre conscience qu'il n'était pas qu'un simple baby-sitter pour le jeune Donati. Au contraire, il était et aurait dû être son ombre comme l'était Gustus avec Lexa. Il venait de laisser passer sa chance et si la Dona arrivait à lui pardonner, il ne savait pas si lui-même arriverait à se pardonner son erreur.


Lorsque Clarke passa le portail de la propriété Donati, elle s'étonna des nombreux hommes et femmes présents dans la cour. Son cœur se serra à l'idée qu'il soit arrivé malheur à sa compagne entre le temps où elles s'étaient rapidement vues à l'hôpital et sa fin de service. Elle avait pris le bus car elle n'avait pas vu de garde du corps à la sortie du travail ce qui l'avait étonnée mais au vu de l'heure elle n'avait pas voulu appeler l'un d'entre eux ni déranger Lexa.

Elle se fit arrêter par de nouvelles têtes mais Ryder leur indiqua qu'elle pouvait passer ce qui ne manqua pas d'étonner les gardes l'ayant stoppée.

- C'est le Docteur Griffin, le médecin de la famille, indiqua le brun avec un regard pour la blonde qui signifiait qu'il valait mieux ne pas faire de vagues. Docteur Griffin… Comment êtes-vous rentrée ? Je suis sincèrement désolé j'ai oublié de venir vous chercher…

- Ryder, qu'est-ce qu'il se passe ? Lexa ? Où est Lexa ? S'inquiéta la blonde.

- La… Madame Donati va bien, elle est dans son bureau. Nous sommes à la recherche d'Aden, il a fugué.

- Oh c'est pas vrai ! Vous avez appelé la police ?! S'exclama la médecin.

Ryder secoua négativement la tête et chercha rapidement une excuse car la mafia n'appelait pas la police même pour le possible kidnapping d'un membre de la famille…

- Non car cela fait moins de vingt-quatre heures qu'il a disparu… Il est majeur qui plus est.

- Majeur mais sous la tutelle de Lexa ! Il est fragile psychologiquement et physiquement ! Vous devez appeler la police ! Je vais le faire moi-même sinon !

La voix de Lexa perça finalement les ordres vindicatifs de la blonde :

- Personne n'appellera la Police sous mon toit.

- Lexa ! S'indigna la blonde en s'approchant de la brune pour aller la réconforter mais celle-ci recula immédiatement ce qui tira une grimace de la part de la médecin.

- Pas ici Clarke… Chuchota t-elle en guise d'excuse.

Clarke inspira pour se donner du courage : elle détestait quand Lexa jouait la femme célibataire et vide d'émotions. Cela faisait longtemps que cela n'était pas arrivé.

- Au lieu de nous fixer à rien faire, allez plutôt chercher dans les rues de Syracuse ! Ordonna de manière coléreuse la sicilienne.

L'ordre ne manqua pas de faire bouger les différents employés en dehors de la propriété. Clarke regarda impuissante la brune se refermer sur elle-même et se réfugier chez elle. Elle la suivit et déposa ses affaires rapidement avant d'aller s'installer près d'elle sur le canapé, glissant une main sur sa cuisse protégée par un pantalon tailleur.

- Lexa…

- Arrête Clarke, indiqua la brune, loin d'être d'humeur aux caresses.

La médecin comprit le message et retira sa main de la cuisse de sa compagne, s'excusant du regard. Elle s'humecta les lèvres avant de souffler :

- Depuis combien de temps a t-il disparu ?

- Approximativement six heures.

- Tu as essayé de l'appeler ?

- Evidemment que oui ! S'agaça l'héritière. Je ne suis pas butée au point de ne pas appeler mon frère alors qu'il peut être en danger !

- Peut-être a t-il juste fait le mur pour s'amuser ? Il n'a que dix-huit ans après tout… Et je t'ai déjà dit que tu l'enfermais trop…

La Donati se contenta de soupirer de contrariété : ce que disait Clarke n'avait aucun sens et elle n'avait pas envie de se disputer avec elle à cause de la bêtise de son frère. La médecin ne pourrait jamais comprendre même avec ce qu'elle avait bien voulu lui raconter car elle n'était pas de ce monde…. La mafia était sans pitié, elle-même l'ayant été avant de rencontrer la médecin… Elle se revoyait trancher la gorge de ce jeune qui avait tenté de tuer Becca au début de l'été… Peut-être était-ce plus simple à cette période-là, avant que les yeux azurs de Clarke ne la séduisent.

Lexa sentit la main de la blonde presser la sienne, la sortant de ses pensées sombres :

- Je connais ce regard. Viens, demanda la médecin.

- Non je dois rester là au cas où…

- J'ai dit : viens. Lexa, appuya Clarke, insistante.

L'héritière ne rechigna pas malgré l'ordre donné. Cela lui fit même un bien fou qu'on lui en donne un. Elle laissa Clarke la tirer à l'étage et elles se retrouvèrent dans la salle de bain où la blonde commença à défaire le chemisier de la brune qui recula.

- Laisse-toi faire, dit doucement la blonde. Laisse-moi prendre soin de toi, d'accord ?

Les yeux verts de la brune acquiescèrent en silence et en moins de cinq minutes, les deux femmes étaient allongées l'une contre l'autre dans la baignoire ovale de la salle de bain. Clarke se contenta de garder le silence tout au long de ce petit moment, se contentant de passer d'une manière très douce une éponge de bain sur le corps tendu de sa compagne. Petit à petit, Lexa commença à se détendre et sortir de cette armure qu'elle se plaisait tant à enfiler en période de crise.

Quand ce fut le moment, Clarke fit sortir la brune de la baignoire et l'entoura de son peignoir en satin. Elle fit de même avec le sien avant d'amener l'héritière vers leur chambre pour la faire s'allonger et attraper une crème dans la table de nuit de son côté. Lexa fronça les sourcils quand elle sentit Clarke défaire la ceinture de son peignoir pour laisser choir ce dernier sur ses hanches.

- Détends-toi mon amour… Souffla la blonde en posant un baiser sur la pointe de son épaule.

- Je n'y arrive pas… Il faut que j'aille voir s'ils ont…

- Lexa… Tu es dans un état de stress qui ne fera que te mettre en difficulté face à tes employés. Tu t'énerves et tu ne réfléchis plus. C'est tout à fait normal : Aden est ton unique petit frère et tu ferais n'importe quoi pour lui tout comme il ferait tout pour toi, je le sais.

- Je n'en suis plus si sûre…

- Tu penses que parce que tu as séduit son premier amour il ne va jamais te pardonner ? Lexa voyons on parle d'un amour de jeunesse.

- Tu ne connais pas la famille Donati Clarke.

- Aïe ? Souffla la blonde en y mettant du sien pour ne pas se vexer alors qu'elle étalait de la crème sur ses mains.

- Excuse-moi… Soupira Lexa, sa tête posée contre un oreiller. Tu as raison je ne réfléchis plus…

- En parlant de ne plus réfléchir, j'espère que tu n'as pas pensé une seule seconde à m'écarter de toi tout à l'heure hm ? Demanda t-elle en commençant à masser le dos de sa compagne.

- Ce serait mentir.

- Lexa ! S'indigna la blonde en infligeant une tape sur la peau mate de la brune qui ne rechigna pas.

- Pardonne-moi… Toutes ces affaires… Cette mafia… Ces imprévus me rendent folle… J'ai juste l'impression de perdre le contrôle.

- Il faut perdre le contrôle parfois Lexa…

- Je ne peux pas me le permettre, dit durement la brune. Je suis devenue trop souple depuis qu'on s'est rencontrée Clarke.

- Souple est un bien grand mot, la taquina Clarke en faisant allusion à leurs petits moments intimes.

Les joues de la brune s'enflammèrent et elle fit une moue :

- Ce n'est pas drôle… Je ne parlais pas de ça en ce sens.

- Bien sûr que si ça l'est. Tu n'es pas honnête si tu dis le contraire, rit doucement la médecin.

- Hm… Sourit la brune.

Clarke glissa un baiser dans le cou de la sicilienne qui ferma les yeux, exténuée : elle enchaînait les heures sans repos et la disparition d'Aden l'avait vidée de ses forces. Elle se laissa aller aux caresses de la médecin sur son dos puis ses bras.

- On dirait que tu es plus calme… mais j'aimerai quand même t'ausculter pour vérifier que tout est bon mon amour d'accord ?

La médecin soupira devant le silence et s'apprêtait à redemander quand elle remarqua que le rythme du souffle de la brune avait changé : Lexa s'était endormie.

« Miracle » pensa t-elle intérieurement mais elle n'en fut que satisfaite. Elle récupéra un plaid posé sur le bout du lit pour se couvrir avec la brune tout en se serrant contre elle. Elle profita largement de l'étreinte et après un dernier baiser, se laissa aller à un sommeil qui serait sans doute trop court pour être réparateur mais sans aucun doute nécessaire…


La blonde fut réveillée par des hurlements le lendemain matin et ces derniers la firent sursauter. Elle avait la tête lourde de fatigue. Le réveil lui indiqua qu'elle n'avait dormi qu'à peine quatre heures. Lexa n'était plus là et malheureusement c'était bien la voix de sa compagne qui déversait sa colère un peu plus bas. Clarke enfila rapidement le premier vêtement qui lui passa sous la main : une chemise de Lexa qui la fit frissonner de délice en sentant l'odeur de cuir épicé s'installer sur sa peau. Elle se donna une claque mentalement, ce n'était franchement pas le moment de penser à ça. Elle tenta de ne pas faire de bruit et se pencha par-dessus le demi mur de l'étage pour voir sur qui Lexa déversait sa colère et son cœur bondit de joie : Aden.

Le grand blond se tenait droit, le visage fermé et la mâchoire contractée. Il était entouré d'Anya et Gustus qui semblaient dépités. Lexa avait repassé un tailleur à la va vite ce qui ne lui ressemblait pas et elle faisait les cents pas, répétant à haute voix :

- Comment oses-tu… COMMENT OSES-TU ?!

Aden gardait néanmoins le silence bien que ses traits montraient toute autre chose. Clarke sentit que cela allait bientôt exploser, aussi décida t-elle de descendre pour apaiser les tensions.

- Aden ! Appela t-elle ce qui fit tourner la tête du grand blond vers elle.

Les joues de ce dernier s'enflammèrent à la vision que la médecin lui offrit : elle était simplement habillée d'une chemise blanche couvrant à peine ses cuisses.

- Docteur Griffin… Souffla t-il.

Lexa tourna un regard enflammé vers sa compagne et s'apprêtait à la sermonner à son tour quand Clarke serra avec force le jeune homme dans ses bras ce qui ne manqua pas de le déséquilibrer.

- Bon sang qu'est-ce qui t'as pris de nous faire peur comme ça ?! Tu n'es qu'un crétin d'adolescent tu le sais ça ?! Lui cria t-elle dessus.

Si Aden avait montré jusqu'ici de la résistance face à la colère de sa sœur, il se sentit soudainement tout faible face à cette tornade blonde qui faisait palpiter son cœur et qui le tutoyait pour la première fois. Il ouvrit la bouche difficilement avant de souffler :

- Je suis désolé… La situation m'a échappée…

- Échappée ? Échappée ! Répéta Lexa furieuse en s'éloignant. - Clarke va t'habiller bon sang !

- Oh ! Bon sang Lexa ! Va prendre l'air et fumer ta cigarette bon dieu ! Ton frère est là en pleine forme au lieu de l'engueuler tu ferais mieux de le serrer entre tes bras ! S'énerva la médecin.

Gustus et Anya se raidirent tout en s'échangeant un regard discret : Clarke s'engageait sur un terrain miné. Bien sûr elle ne pouvait pas comprendre…

Les pupilles de Lexa se chargèrent de colère à la réaction de la blonde et elle serra le poing pour ne pas exploser violemment. Elle fusilla son frère du regard :

- Cette conversation n'est pas terminée. Tu entends ?!

- J'y compte bien, provoqua le blond bien décidé à faire craquer sa sœur.

- Sortez-le de là avant que je ne l'étripe ! Ordonna t-elle.

- Aden, appela Anya en se dirigeant vers le blond qui se défit immédiatement de la prise.

- Je suis peut-être handicapé d'une jambe mais je sais encore faire des choses seul. Je pense vous l'avoir tous prouvé cette nuit.

La mafieuse se contenta de lever les yeux au plafond avant de coller une claque à l'arrière du crâne du jeune homme.

- Alors ferme-là et avance petit génie.

Clarke alla serrer une dernière fois son « beau-frère » entre ses bras avec une bise sur chaque joue avant de se tourner vers Lexa qui était partie vers la terrasse malgré la pluie fine qui s'était mise à tomber. Le temps en Sicile était visiblement à l'orage aujourd'hui.

Alors qu'elle se dirigeait pour la rejoindre, une main sur son épaule l'arrêta : Gustus secoua la tête.

- Laissez-la seule pour le moment Clarke.

- Mais…

- Croyez en mon expérience, mieux vaut la laisser seule.

- Bon…

D'un pas résigné, la médecin retourna vers l'étage pour se préparer : elle n'avait vraiment plus la tête à dormir.


- Tu n'imagines pas comme ça me fait un bien fou de te revoir Octavia… Souffla la blonde en allant serrer son amie entre ses bras.

De repos, la blonde avait décidé d'appeler sa meilleure amie pour se changer les idées. Elle avait d'abord eu l'idée de l'inviter chez Lexa pour être plus à l'aise mais la brune s'était encore renfermée dans sa carapace et menaçait vraiment d'exploser. Elle n'aurait vraiment pas été de bonne compagnie donc elle s'était dit qu'aller chez Bellamy et Octavia ne pourrait lui faire que du bien et pour continuer dans les surprises, elle avait appris que la brune avait déménagé chez Lincoln. Elles se retrouvaient donc toutes les deux assises dans le salon de la belle villa du jeune Salomon.

- Pfou j'ai loupé pas mal d'épisodes dis-moi… S'excusa piteusement Clarke en serrant la main de son amie amicalement.

- Pas tant que ça va, sourit doucement la Blake.

Elle n'en voulait pas à Clarke. Elle savait que sa situation avec Lexa était compliquée et elle comprenait très bien pourquoi elle avait fait le choix de s'échapper avec elle quelques temps, loin des problèmes du quotidien. Elle aurait fait pareil si elle avait pu avoir le choix…

- Et si tu me racontais ? Visiblement c'est pas la joie avec Madame Donati ? La taquina la brune.

- Ah non ! Toi d'abord ma vieille !

- Il n'y a pas grand-chose à raconter…

- Je suis sûre que si ! J'ai plus rien suivi depuis la fête d'anniversaire où tu es partie un peu précipitamment… et je te retrouve dans la maison de Linc' !

Octavia sourit d'un air amusé bien qu'une moue se dessina vite sur son visage. Cela n'échappa pas à Clarke qui réconforta son amie avec une caresse sur le bras.

- Hey allez O'… Depuis combien de temps tu ne t'es pas confiée ? Elle est passée où ma meilleure amie qui pète la forme et qui a les yeux pétillants de malice ? Si c'est Lincoln…

- Non Lincoln est adorable Clarke ne t'en fais pas… C'est juste que la situation m'a totalement échappée entre lui et Raven et maintenant je… je le vis mal.

- Raven ? Je croyais que tu étais passée à autre chose quand tu avais accepté de sortir avec Linc'…

- En quelque sorte oui… Je le pensais aussi mais mon cœur ne dit pas la même chose quand je la vois. J'ai l'impression que j'ai tout fait merder.

- Hé attends on parle bien de Raven Reyes ? La latina qui court après hommes et femmes sans remord ? Elle ne s'attache pas O'…

- Ben on dirait que si finalement.

- Comment ça ?

- Elle est venue me trouver jusqu'ici… et elle m'a fait comprendre qu'elle m'aimait.

La médecin ouvrit la bouche de surprise.

- Quoi ? Tu as réussi à la faire flancher ? Mon dieu j'aurais jamais cru ça possible…

- Peu importe… De toute façon je lui ai dit que ce n'était pas possible… Lincoln et moi on va se marier Clarke, confia la Blake.

- Arrête-moi si je me trompe mais j'entends tout sauf de la joie dans ta voix O'… Répondit avec douceur la blonde.

- Je suis terrifiée Clarke, avoua Octavia.

- Pourquoi ?

- Parce que… Je suis enceinte de lui…

- Quoi ?! Je vais être tata ?! S'exclama Clarke en sautant sur le canapé.

Cela eut le mérite de faire sourire la Blake : au moins l'une d'entre elle était contente de la nouvelle. Clarke remarqua bien vite que la joie n'était pas forcément partagée aussi se racla t-elle la gorge pour reprendre un air sérieux et plus empathique.

- O'… Tu sais que un enfant ne devrait jamais être une charge… C'est un choix de devenir parent. Je peux t'orienter vers de très bons collègues…

- Non. Trancha la brune.

- Mais…

La médecin se tut lorsqu'elle vit la Blake se saisir de la petite croix chrétienne en or accrochée à sa chaîne autour de son cou.

- La religion… Je vois…

- Oui. Je ne prends pas la pilule c'est un choix que j'ai fait et Lincoln ne veut pas se protéger… Avec les autres parfois je prenais le risque quand ils ne voulaient pas mettre de préservatifs.

- Mon dieu mais tu es folle ! O' ! Tu pourrais…!

- J'ai fait des tests régulièrement Clarke… Je suis clean.

- Je ne sais pas ce qui m'empêche de te frapper là honnêtement ! La sermonna la blonde. Tu es presque pire que Lexa !

- Presque pire ?

- Ne m'en parle pas… Tout ce qui est d'ordre médical lui donne des boutons… Je me demande comment elle fait pour coucher avec moi alors que je suis chirurgienne et que je baigne là-dedans avec plaisir…

Un sourire s'étira sur le visage d'Octavia.

- J'imagine que sortir avec un médecin a ses avantages et ses inconvénients… Mais au lit ça doit surtout être des avantages…

- Il n'y a pas besoin d'être médecin pour être douée au lit Octavia… Rit d'un air gêné la blonde.

- Bien sûr ! Tu sais que si on avait pas été meilleures amies j'aurais sans doute voulu tester avec toi ? Finn n'arrêtait pas de vanter tes mérites à Bell' du temps où vous étiez ensemble…

Clarke tira une grimace en cachant son visage entre ses mains :

- Mon dieu… Je ne veux pas y repenser…

Les deux jeunes femmes se mirent à rire de manière complice.

- Ça fait du bien de se retrouver hein ?

- Oh oui… Quand est-ce que tu reviens à l'hôpital ?

- Lundi prochain.

- Hm peut-être vais-je me réinvestir un peu plus sérieusement dans la direction de l'hôpital si ma secrétaire est de retour…

- Tu parles ! Comme si tu étais dans ton bureau quand j'étais là ! Toujours barrée en salle d'opération, la taquina t-elle.

- J'adore… C'est pas ma faute, se plaignit la blonde. Dis… O' ?

- Oui ?

- Pourquoi tu as peur de t'engager avec Raven ?

La secrétaire regarda autour d'elle, les yeux humides :

- Tu sais Clarke, ma mère nous a élevé toute seule moi et mon frère… Elle s'est tuée à la tâche en nous élevant à enchaîner plein de petits boulots. Et ça a fini par la tuer… et même si je sais qu'elle était fière de nous, je ne pourrais jamais être aussi forte qu'elle… Lincoln je sais que c'est la solution de facilité mais d'un côté j'ai un toit pour élever cet enfant, un père qui l'aimera et des sentiments pour ce dernier.

- Tu l'aimes aussi fort que tu aimes Raven ?

- Je ne peux pas comparer… Avoua la brune.

- Octavia… Ta mère n'avait aucun diplôme, aucune sécurité d'emploi, tu n'es pas comme elle et ça c'est grâce à elle. Tu es secrétaire de direction d'un hôpital tout neuf, tu pourrais très bien te payer ton propre appartement et ce qu'il te faudra pour le bébé…

- Je ne veux pas qu'il grandisse dans un appartement, je veux qu'il puisse courir dans un jardin et qu'il ait un père.

- Je ne pense pas que Lincoln soit du genre à te lâcher même si tu décides de le quitter O'.

- Clarke, j'ai vu dans quoi Raven vit : c'est un dépotoir qu'elle se plaît à appeler garage. Elle n'est pas citadine, elle dort dans un canapé dont les ressorts sont aiguisés comme des rasoirs. Ce n'est pas un lieu saint pour un enfant.

- Tout le monde change…

- Je ne pense pas que Raven puisse changer à ce point. Elle a déjà fait un grand pas en admettant qu'elle avait des sentiments pour moi je l'avoue mais là je vais la faire fuir au triple galop Clarke ! C'est comme si tu disais à Lexa que tu voulais acheter une immense maison et avoir plein d'enfants avec elle ! Tu commences à peine à bien la connaître…

- Ne joue pas à ça avec Lexa, elle était prête à m'acheter un avion la dernière fois… Autant dire qu'une maison ne lui ferait pas peur. Les enfants je ne dis pas, c'est plutôt à moi que ça ferait peur… Grimaça la blonde.

Octavia soupira tristement.

- Je comprends Octavia… Juste veille à rester heureuse d'accord ? C'est tout ce que je demande. Si un jour toi et Lincoln n'êtes plus heureux, tu viens tout de suite me voir ok ? Tu seras la bienvenue chez nous avec ton bébé.

- Merci de comprendre ma chérie, sourit finalement la brune en serrant la blonde entre ses bras.

- C'est normal.

- Bon et si tu me racontais tes dernières aventures avec Lexa ? Alors comme ça vous êtes parties en Amérique ?

- Mon dieu oui… C'était vraiment génial…


Clarke sourit en voyant Racoon descendre des genoux de Lexa pour venir se frotter contre ses jambes. Elle attrapa le félin, le calant entre ses bras pour le caresser et l'embrasser.

- Hey mon petit vagabond… Où est-ce que tu étais passé ces derniers jours ? Tu disparais de plus en plus longtemps hm ?

- Tout comme sa maîtresse, asséna l'héritière visiblement toujours d'humeur exécrable.

La médecin soupira en silence : la soirée s'annonçait peu agréable.

- Je t'ai déjà dit que tu ne m'enfermerais pas dans une cage dorée Lexa.

Lexa se leva à la réponse brute de décoffrage de sa compagne et s'avança pour la confronter, fixant son regard dans le sien.

- Je ne demande qu'une chose Clarke : que tu sois accompagnée et conduite par un garde du corps !

- Tu m'emmerdes avec tes protocoles de sécurité à la noix Lexa ! S'énerva soudainement la médecin ce qui ne manqua pas de surprendre la brune.

- Je t'interdis de me parler sur ce ton !

- Et moi je t'interdis de prendre la liberté de me donner des ordres ! Je ne suis pas ton employée !

- Tu l'es par le contrat que tu as signé chez Becca !

- Ce contrat est mort dès l'instant où Becca est décédée ! Je ne perçois plus de salaire mensuel pour le poste pour lequel elle m'a engagée !

- Je ferais en sorte de te reverser l'intégralité des mois impayés dans ce cas ! Aboya la brune.

Clarke ferma les yeux un court instant alors que Racoon s'échappait de ses bras, peu amène d'entendre des cris. Elle prit sur elle pour ne pas se mettre à pleurer : Lexa était franchement invivable depuis hier alors qu'elle avait tout fait pour tenter de la contenir et la satisfaire.

- Tu sais quoi Lexa ? Va te faire foutre toi et ton argent maudit ! S'exclama Clarke en tournant les talons pour récupérer son sac à main.

Aussitôt la phrase lancée, la Donati sentit son cœur se serrer et elle demanda :

- Où est-ce que tu vas ?!

- Là où tu me foutras la paix et ne me ruineras pas ma journée avec ton humeur exécrable !

- Pas toute seule !

- Va te faire foutre j'ai dit !

La porte claqua avec force ce qui ne manqua pas de faire jurer la brune qui alla rapidement ouvrir une des portes-fenêtres de la maison pour ordonner à Gustus :

- Accompagne-la et surveille-la !

Le mafieux acquiesça silencieusement avant de se diriger vers un des SUV pour le sortir de la cour de la Donati afin de rattraper la blonde qui était partie comme une furie à pied. Il n'eut aucun mal à la rattraper et baissa sa vitre conducteur tout en roulant au pas afin de suivre en rythme la blonde.

- Docteur Griffin montez.

- Non.

- Si vous m'obligez à être désagréable vous risquez de ne pas apprécier. Je ne suis pas Ryder.

- J'ai dit non ! Barrez-vous ! Cria t-elle en se tournant vers le brun qui stoppa la voiture et se retrouva face à deux saphirs remplis de larmes.

Même si Gustus était loin d'apprécier la médecin, il se sentit soudainement mal à l'aise. Il n'aimait pas voir les femmes pleurer et c'était bien pour ça qu'il était avec Anya au quotidien : elle n'était pas du genre à ouvrir les vannes facilement.

- J'imagine que je ne suis pas la personne avec qui vous aimeriez discuter de tout ça et croyez-moi je partage votre sentiment mais je pense qu'une promenade dans les rues de Syracuse nous ferait le plus grand bien à tous les deux après cette nuit et journée plus que difficile.

Clarke hoqueta quelques instants de surprise avant de hocher faiblement la tête et se diriger vers la portière passager qui se déverrouilla aussitôt. Elle s'installa aux côtés de Gustus mais garda le silence, se laissant finalement conduire là où le sicilien souhaitait l'amener.


Cela faisait bien une heure que la médecin et le mafieux marchaient en silence dans les rues commerçantes de Syracuse. Les stands de souvenirs avaient laissé leur place à des boutiques plus chics et sans présentoirs extérieurs. Il fallait entrer dans celles-ci pour admirer, essayer et acheter. Clarke se languissait déjà de l'été. Une petite bruine continuait de tomber sur la belle Sicile et Gustus avait pris la précaution d'apporter un parapluie qu'il tenait pour abriter la blonde. Il la suivait sans vraiment réfléchir mais ne cessait de jeter des coups d'œil vers les bijouteries sans vraiment s'en rendre compte.

La médecin avait remarqué les regards peu discrets du mafieux sur les vitrines de luxe.

- Je ne voudrais pas être trop téméraire Gustus mais voulez-vous que l'on rentre dans cette boutique ?

- Si vous souhaitez acheter un bijou uniquement, répondit-il de manière très neutre.

- Malgré notre dispute de tout à l'heure… c'est noël dans moins de deux semaines. Il serait peut-être temps que je trouve quelque chose pour Lexa… Soupira t-elle.

Gustus se contenta d'acquiescer et suivre la blonde à l'intérieur de la bijouterie. Clarke se mit à errer dans la petite boutique et à regarder les différents bijoux à travers les vitrines. Le mafieux se contenta de rester devant la porte de la boutique après avoir replié le parapluie, il croisa les mains devant lui et se mit à attendre dans cette position. Il ne put s'empêcher de froncer les sourcils en voyant un homme l'accoster tandis qu'un vendeur venait de sauter sur Clarke qu'il gardait à l'œil.

- Puis-je vous aider Monsieur Giordano ? Questionna le patron de la boutique. Je ne pensais pas que vous passeriez si tôt pour le pizzo… L'argent n'est pas prêt…

- C'est ton jour de chance, je ne suis pas là pour ça, répondit-il froidement.

- Oh… Vous souhaitez acheter un bijou pour votre demoiselle ?

- Encore une déduction de ce style et je te colle la tête dans une de tes vitrines, avertit le sicilien, mauvais.

- Veuillez accepter mes plus plates excuses Monsieur Giordano je ne voulais pas vous offenser… S'excusa le gérant de la boutique. Accepteriez-vous que je vous montre nos nouveaux modèles de montres ? Je serais ravi de vous faire un prix pour votre aimable compagnie…

Le mafieux tourna le regard vers la vitrine désignée avant de suivre le gérant tout en ne lâchant pas du regard Clarke qui riait aux blagues d'un jeune vendeur qui semblait lui faire du rentre dedans.

- Avant de me montrer tes babioles, va dire à ton vendeur que s'il ne veut pas perdre ses couilles ce soir, qu'il arrête de draguer sa cliente.

- Tout de suite Monsieur Giordano !

Rapidement, le gérant alla sermonner son employé qui se reconcentra très vite sur sa tâche initiale : vendre. Gustus en profita pour jeter un coup d'œil négligeant vers quelques vitrines et s'arrêter sur les bagues de fiançailles.

- Oh mais dites-donc Gustus, vous êtes un cachotier… Lui souffla Clarke, amusée.

Le brun se rembrunit aussitôt et s'éloigna de la vitrine de bagues.

- Vous comptez lui demander quand ?

- Je ne sais pas ce que vous trouve Lexa sincèrement, vous êtes vraiment trop curieuse Docteur Griffin, souffla t-il, agacé.

- Quelque chose me dit que vous avez besoin d'aide non ?

- Non.

- Vous connaissez son tour de doigt ?

Les sourcils de Gustus se froncèrent : il n'en avait franchement aucune idée.

- Ah. Vous voyez que vous avez besoin d'aide.

- Vous me fatiguez.

- Allez, arrêtez de faire votre bourru une minute. Est-ce qu'il y a un modèle qui vous plaît ?

Cette fois-ci le sicilien prit le temps d'observer l'intérieur de la vitrine. Il aurait aimé offrir à Anya la bague de fiançailles que son père avait offerte à sa mère mais elle avait été perdue au cours des années. Il avait juste pu récupérer leurs alliances à leur enterrement. Il se demandait de toute façon si Anya accepterait de l'épouser… Peut-être allait-il trop vite mais il ne voulait pas que son enfant naisse hors mariage. Son regard s'arrêta sur une des bagues qui lui faisait penser à celle de sa mère : très classique et peu voyante. Clarke sourit :

- Je pense qu'elle lui plairait.

- Anya n'aime pas les bijoux, indiqua Gustus. Ce serait gaspiller de l'argent, c'est ce qu'elle dirait.

- Je n'aime pas les bijoux mais au fond de moi je suis quand même touchée quand on m'en offre un.

- Vous êtes loin de ressembler à Anya Docteur Griffin, se moqua le mafieux.

- Bon je vous l'accorde mais il faut bien une bague dans les mariages traditionnels et il me semble que la tradition est très importante pour vous Gustus non ?

- Oui.

- Alors écoutez juste votre cœur.

- Rassurez-moi Docteur, vous ne servez pas ce genre de paroles mielleuses à Lexa ?

- Parfois si et elle aussi, vous pourriez être surpris.

- Que Dieu me pardonne d'avoir laissé Becca vous faire entrer dans la famille… S'indigna t-il.

- Allez, arrêtez de faire le pitre et demandez à voir cette bague de plus près.

En moins d'une minute, la bague fut sortie de la vitrine par le gérant lui-même qui laissa Gustus observer le fin bijou : la bague était en or blanc et un petit diamant était maintenu grâce à deux torsades qui s'épousaient gracieusement.

- Ils font chier à tout faire en or blanc, grogna t-il.

- J'en ai des plus classiques Monsieur Giordano si vous le souhaitez.

- L'or blanc est beaucoup plus beau que l'or et puis vous allez l'offrir à une jeune femme pas à une mamie de 80 ans Gustus, le sermonna Clarke. Vous êtes vraiment vieux jeu.

- Sans doute mais j'aime les traditions et changer me demande beaucoup d'efforts, grogna t-il.

- Pourtant Anya a su faire des efforts et changer pour vous hm ?

Le sicilien fit une moue tout en frottant son bouc parfaitement taillé. Il finit par hocher la tête :

- Bah peu importe, elle finira sans doute au fond du lavabo. Mettez-moi celle-là, indiqua t-il.

Une fois que la taille approximative du doigt d'Anya fut trouvée, le mafieux attendit patiemment que la blonde s'écarte de lui pour se rapprocher dangereusement du gérant et lui murmurer :

- J'imagine que la ristourne des montres s'applique aussi sur la bague n'est-ce pas ?

- Eh bien…

Le vendeur hésita l'espace d'une seconde mais le regard noir de Gustus lui tira un sourire gêné :

- Évidemment Monsieur Giordano, je vais-même vous rajouter 5% de réduction en plus des 5 autres %...

- 50%, dit le brun.

- Quoi ? Mais cette bague vaut plus de 1500€ Monsieur Giordano soyons sérieux entre hommes siciliens bien élevés ! Chuchota le gérant.

- C'est bien ce que je dis. 750€ c'est largement suffisant pour une bague qui finira sur une table de nuit ou dans un tuyau de lavabo.

- Hmf… Je peux descendre à – 20% mais pas plus Monsieur Giordano vraiment… Les affaires sont dures… Et le pizzo…

- Tu veux vraiment que j'envoie mes hommes refaire la devanture de ta boutique dès demain alors que les fêtes de noël approchent ? Ça te ferait perdre beaucoup plus d'argent que la ristourne que tu vas me faire, menaça le mafieux.

- La Dona ne m'a pas habitué à ça…

- Laisse la Dona en dehors de ça. Je te parle de sicilien à sicilien bien élevés.

De grosses gouttes de sueur s'échappaient à présent du front du gérant tandis que le regard sombre du mafieux ne le lâchait pas.

- Alors ? C'est bon ? Sourit Clarke en s'avançant vers la caisse ce qui eut le mérite de surprendre Gustus.

- Hm oui, allez donc vous occuper de vos affaires le temps que je règle les miennes, grinça t-il.

- Moi j'ai fini, je vous attends.

Les doigts du gérant pianotaient très lentement sur sa caisse enregistreuse.

- Monsieur va accélérer le mouvement, indiqua Gustus tandis que la blonde repartait.

- Un paquet cadeau ? Hésita le vendeur.

- Non. Donnez-moi juste cette maudite boîte avec la bague, grogna le mafieux en se saisissant de l'objet pour l'enfoncer dans sa poche de costard.

- Ça vous fera…

- Je viendrais te déposer du liquide demain.

- Mais…

- Un problème ?

- Non bien sûr que non… Soupira le gérant, effrayé.

Gustus sourit amplement et tapota la joue du vendeur en chuchotant :

- Sache que ce geste sera récompensé à un moment où à un autre mon ami…

- Vr… Vraiment ?

- Si tu as le moindre problème un jour, fais-moi appeler. N'importe quoi : un concurrent, un membre de ta famille, un huissier…

- B… Bien. Merci…

Un dernier regard et le mafieux était sorti de la bijouterie et levait la tête vers le ciel : la pluie avait cessé. Clarke lui jeta un regard dépité.

- Quoi ? S'indigna t-il, se demandant si elle avait surpris une partie de la conversation.

- Je n'ai toujours rien trouvé pour Lexa…

- Ah.

- Vous n'avez pas une idée ?

- Et bien…

- Non ne me dites-rien ! Je veux me débrouiller seule ! Dit la blonde en repartant vers d'autres boutiques.

« Quelle femme compliquée » pensa t-il tout en ne pouvant s'empêcher de sourire. Sa main droite se glissa dans la poche contenant la petite boîte en velours. Bon sang, il était dans la merde.


Lexa était assise derrière une table de fortune installée à la va vite dans l'entrepôt de la casse de Raven. Devant elle, était posé un Beretta 92 et son visage durci n'annonçait rien de bon. Gustus et Ryder se tenaient aux côtés de la supérieure des familles mafieuses, immobiles comme deux statues. Ces derniers tournèrent un regard discret vers un SUV qui venait de se garer non loin d'eux. Il faisait nuit noire mais aucun des nombreux mafieux présents n'eut de mal à reconnaître le frère et la sœur Zanetti. Tristan marcha jusqu'à se retrouver face à la Dona qui plongea son regard vert sombre dans le sien.

- Savez-vous pourquoi vous êtes ici Tristan ? Questionna la brune froidement.

- Oui Dona.

- Avez-vous quelque chose à dire en guise de défense ?

- Non Dona. J'ai failli à ma tâche, je mérite mon sort, répondit solennellement le mafieux.

Anya frémit non loin de son frère. Elle avait beau le détester par moment, elle ne pouvait pas accepter de le voir mourir. Elle savait que dans la mafia l'échec n'était pas toléré et les bras ne manquant pas, un mort était très vite remplaçable. Elle serra la mâchoire pour s'empêcher d'intervenir : si elle le faisait elle insulterait son frère et mettrait en danger sa vie et celle de l'enfant qu'elle portait.

- Votre mère a demandé de témoigner en votre faveur. Acceptez-vous sa présence ?

Tristan parut surpris par la question et prit le temps de réfléchir avant d'acquiescer pour donner son autorisation : Cécilia fut amenée par Ilian. La vieille femme pleurait à chaudes larmes et se jeta sur son fils pour le serrer dans ses bras. Le Zanetti mal à l'aise se contenta de chuchoter en sicilien :

- Mama, calme-toi. Ça va aller… Ça va aller…

Cécilia eut bien du mal à se détacher du grand homme qui resta droit malgré son cœur serré. Il ne devait pas se montrer faible ou effrayé. La matriarche des Zanetti s'approcha de Lexa et se mit à demander pardon pour son fils. L'héritière la regarda et l'écouta sans montrer une once d'émotion : ce qu'avait fait Tristan était impardonnable. Anya s'était rapprochée de Gustus durant les supplications de sa mère. Bien qu'elle soit forte, elle avait toujours détesté le rôle des femmes de mafieux : celui de supplier le Don lorsque le mari faillait à sa tâche et demander le pardon. Peu de femmes arrivaient à être convaincantes…

Lexa se leva lentement de sa chaise après réflexion et attrapa le pistolet de sa main droite ce qui fit pousser un gémissement terrifié à la mère de Tristan. La brune contourna d'un pas contrôlé la table pour faire face à Tristan et pointer le canon de l'arme sur son crâne :

- Tristan Zanetti. Pour avoir échoué et mis en danger un héritier de la famille Donati ainsi que l'alliance entre les familles mafieuses je vous refuse le pardon.

- Nooon ! C'est un bon garçon ! Pitié Dona ! Supplia Cécilia en se débattant des bras d'Ilian.

Trois coups de feu partirent alors qu'Anya fermait les yeux pour ne pas voir le corps de son frère s'écrouler sur le sol. Chacun avait retenu son souffle dans ce moment pénible mais un grognement étouffé perça à travers : Tristan était allongé sur le sol et se retenait de hurler en faisant pression en dessous de son genou droit. Sa jambe présentait à présent une fracture ouverte en plus de deux plaies commençant déjà à expulser du sang en masse.

- Je vous condamne à penser, réfléchir et marcher comme celui envers qui vous avez failli, termina froidement Lexa en tournant le dos au mafieux.

La jeune femme se dirigea vers son SUV et croisa le regard de Raven. La mécanicienne lui accorda un mouvement de tête respectueux : peu de Dons dans l'histoire auraient été si cléments. Alors que la petite fille de Titus Donati montait dans son véhicule, elle s'approcha pour chuchoter :

- Bien joué Bella… Le véhicule pour Clarke est prêt… Je le ferais livrer dans la semaine par Wick. Ah et j'ai bien reçu l'horaire pour… Hm, bref je m'en occupe, termina la latina.

Lexa acquiesça simplement avant de refermer la porte du SUV. Elle resta paralysée sur son siège quelques secondes avant de sentir un haut le cœur la prendre et des larmes l'envahir : pourquoi la seule envie qu'elle avait eue au moment de tirer était d'utiliser le Beretta contre elle et non contre Tristan ?


Elle avait toujours détesté Noël. La brune s'avança dans son immense maison vide : Racoon dormait près de la cheminée qui avait été allumée sans doute par Gustus pour la tradition. Le sicilien avait préféré rester près d'elle alors qu'Anya était auprès de Tristan à l'hôpital avec leur mère. Elle avait détesté ces deux dernières semaines : elle n'avait pas su prendre sur elle pour s'excuser auprès de Clarke. La blonde était toujours en colère, elle le savait car elle n'avait pas dormi dans leur chambre mais dans celle qu'elle avait occupée en tant qu'invitée. Pour éviter de culpabiliser et se sentir utile, Lexa avait continué à s'investir dans le projet du casino : un gala aurait bientôt lieu pour chercher des investisseurs et présenter le projet. L'organisation de ce dernier et les correspondances entre Marcus, Indra et elle lui avaient permis de fuir le temps.

Aden avait lui aussi refusé de lui parler depuis qu'il avait été retrouvé par des hommes de main en train de descendre d'une berline appartenant aux Barzetti en plein centre-ville. Lexa fulminait à l'idée que le blond ose l'insulter de la sorte et elle n'avait qu'une hâte : le mettre plus bas que terre et lui prouver sa stupidité.

Mais maintenant… Elle se retrouvait seule, entourée de ces maudits mafieux qui se complaisaient dans ce monde de violence gratuite. Elle avait vu leurs regards quand elle avait épargné Tristan et ce qu'elle avait lu n'était pas de la loyauté. Le vent tournait et cela commençait à l'effrayer. Dans cette terreur elle arrivait à écarter et blesser les dernières personnes qui comptaient pour elle. Ses mains vinrent se saisir d'une bouteille de rouge déjà entamée dont elle versa allégrement le contenu dans un verre à vin propre. Elle s'installa machinalement dans l'un des canapés de son salon et ses yeux s'arrêtèrent sur un élément qu'elle n'avait pas remarqué ce matin lorsqu'elle était partie visiter les terrains possiblement constructibles : un sapin miniature était posé sur la table basse en dessous duquel se trouvait une boîte plutôt large fermée par un ruban très chic.

Elle approcha sa main libre pour se saisir de la petite enveloppe qui était posée contre le sapin et en sortir une photo la représentant Clarke et elle chez les parents de cette dernière. Elles s'enlaçaient couvertes de neige et tout sourire. Son cœur se serra à cette vision et elle retourna la photo pour lire le mot qui l'accompagnait :

« Même si ces dernières semaines n'ont pas été clémentes pour notre relation… Sache que je t'aime. Joyeux Noël Lex'. Clarke

Ps : Si le modèle ou la couleur ne te plaît pas, dis-le moi et j'irais changer.»

Le verre de vin fut rapidement délaissé pour la belle boîte. La brune défit lentement le ruban pour pouvoir l'ouvrir et trouver une magnifique veste en cuir noir de marque Marchless. Ses yeux s'attardèrent sur la qualité du vêtement : Clarke avait dû payer ce dernier une petite fortune. Sans pouvoir résister, elle enfila la veste de moto par-dessus son chemisier. Cette dernière lui allait parfaitement et la mettait encore plus en valeur que sa veste actuelle qui commençait à dater. Elle respira l'odeur du cuir qu'elle adorait déjà et elle décela même les traces du parfum de Clarke dessus. Son cœur bondit dans sa poitrine et sans plus tarder, elle se précipita vers la porte menant à son garage.


Clarke sortait tout juste de son service. La nuit de noël n'avait pas été calme ni clémente : elle avait malheureusement perdu deux patients sur la table d'opération cette nuit et elle se dirigeait lentement vers l'entrée principale de l'hôpital en compagnie de quelques collègues. Elle salua le vigile à moitié endormi qui lui souhaita un joyeux noël avant de sortir à l'extérieur et frissonner.

- Bon sang ! Grogna t-elle en frictionnant ses bras.

La pluie du début de soirée avait bien rafraichi et son trois-quarts en tissu ne la réchauffait pas du tout. Elle salua rapidement un collègue chirurgien d'un mouvement de main avant de voir se stationner une moto noire qu'elle connaissait bien. La motarde qui en descendit et se mit à marcher jusqu'à elle la pétrifia sur place : Lexa portait sa veste et cela lui tira un petit sourire heureux tandis que son cœur s'emballait.

Lexa retira son casque noir et plongea son regard émeraude dans celui de sa compagne qui hésita sur la bonne démarche :

- Bonsoir… Dit-elle, certaine que Lexa lui en voulait encore pour la façon dont elle lui avait parlé et désobéi.

Les lèvres de la brune répondirent mais étonnamment pas en parole : la Donati se contenta d'attraper la blonde par les hanches pour la rapprocher brusquement et poser ses lèvres sur les siennes, glissant un baiser doux qui se transforma rapidement en un baiser sulfureux qui laissa Clarke pantelante sur ses jambes.

- Si j'avais su que cette veste te ferait cet effet… Plaisanta la médecin, ayant du mal à se remettre de ses émotions.

- C'est toi qui me fais ça Clarke… Chuchota Lexa en posant son front contre celui de la blonde, frottant doucement son nez contre le sien.

- Pourtant qu'est-ce que je suis chiante au quotidien hein ?

- Tu n'imagines même pas… mais tu me fais devenir meilleure.

- Tu n'as pas besoin de devenir meilleure, tu l'es déjà…

Lexa secoua la tête négativement tout en souriant avant d'embrasser de nouveau la blonde malgré les quelques curieux nocturnes non loin d'elles.

- Bon sang si tu continues à m'embrasser comme ça, je jure que tu vas devoir me faire l'amour ici même, se plaignit Clarke en soupirant après un nouveau baiser langoureux.

Elle adorait les baisers de la sicilienne et elle sentait toute la frustration de ces derniers jours se transformer en véritable fontaine de joie dans sa petite culotte. Qui plus est, Lexa l'embrassait en public sans retenue et ça, elle adorait encore plus.

- Je te ramène ?

- Je croyais que je devais me faire ramener par un garde du corps ? C'est pas comme si j'avais ma voiture personnelle maintenant hm ?

La Donati sourit à la boutade : Clarke n'aimait toujours pas l'idée d'avoir un SUV pour elle toute seule.

- C'est moi ton garde du corps ce soir… Souffla Lexa.

- Oh… Madame Donati en personne… Quelle classe, sourit la blonde, taquine.

Les deux femmes enfourchèrent la moto noire et tandis que Clarke enserrait la taille de son amante, elle chuchota :

- Je suis désolée pour la façon dont je t'ai parlé l'autre fois…

Lexa tourna la tête sur le côté sans fermer sa visière pour répondre sincèrement :

- Je le suis tout autant Clarke… Je sais que je ne suis pas facile à vivre au quotidien… Je te demande pardon et je comprendrai que tu ne veuilles pas me pardonner… J'ai été égoïste.

- C'est vrai, je ne sais pas si j'y arriverai… Répondit Clarke.

La brune inclina légèrement la tête pour montrer sa déception et sa culpabilité.

- Tout dépendra de la qualité du cunni qui m'attend une fois qu'on sera à la maison… La taquina t-elle, pas sérieuse pour un rond sur ses précédentes paroles.

La Donati lâcha un petit rire à travers son casque et vint caresser amoureusement la cuisse de la médecin un court instant.

- Je suis à tes ordres… Souffla l'héritière en démarrant finalement.


Clarke frémit de plaisir en sentant les lèvres de Lexa parcourir son épaule dénudée : les deux femmes venaient de faire l'amour pour la troisième fois et elles se sentaient libres et fusionnelles comme jamais. L'océan se mêla une nouvelle fois à la forêt lorsque l'héritière vint embrasser le bout du nez de la blonde qui soupira :

- Hn… J'adore tes baisers… Merci pour ce cadeau de noël merveilleux…

Lexa sourit tout en haussant les sourcils d'amusement.

- Tu crois que le sexe est ton cadeau de noël ?

- Ce n'est pas le cas ? Sourit Clarke, encore alanguie par son précédent orgasme.

- Pas tout à fait…

- Et c'est quoi alors ? Un avion ?

- Tu chauffes… Répondit la brune en glissant un nouveau baiser dans le cou de son amante.

- Sans rire Lex'… Rit la médecin en faisant basculer la sicilienne sous elle pour la regarder droit dans les yeux, soupçonneuse.

Les mains de la brune se contentèrent d'épouser les courbes de sa compagne.

- Approche, chuchota t-elle.

Clarke se pencha pour approcher son oreille des lèvres de la jeune femme qui posa un baiser simple dessus qui lui arracha un frisson la faisant rire.

- Hé ça chatouille ça !

- Pardon… Approche tes lèvres… Sourit la brune.

La médecin s'exécuta et sentit la bouche de Lexa se poser sur la sienne. Celle-ci posa plusieurs courts baisers avant de demander :

- Qu'est-ce que c'est ?

Les sourcils blonds de la jeune femme se froncèrent d'incompréhension mais elle se mit à sourire :

- Une de tes nombreuses techniques de séduction pour changer de sujet…

Lexa secoua la tête, amusée et rebascula son amante sous elle pour la surplomber et reposer un puis deux, trois baisers doux qui firent soupirer Clarke d'envie.

- Qu'est-ce que je fais ?

- Tu m'embrasses… Divinement bien même… Se languit Clarke en attente des suivants malgré ses lèvres déjà rougies et brûlantes de désir.

- Et si je fais ça ? Questionna la sicilienne en allant donner un petit coup de langue sur la lèvre supérieure de son amante qui frissonna.

- Tu me tortures… Rit Clarke.

- Et maintenant ?... Souffla Lexa en amenant sa langue à l'intérieur de la bouche de la médecin pour entamer un ballet langoureux avec celle de Clarke.

Un gémissement échappa à la médecin qui frissonna de plaisir. Elle laissa échapper un sourire désolé :

- Bon sang tu me déconcentres beaucoup trop pour que j'arrive à deviner…

- On appelle ça un « french kiss » en France, souffla Lexa, complice.

- Oui et ?...

- Tu ne devines toujours pas ? S'amusa l'héritière.

Clarke se mit à réfléchir et ouvrit soudainement la bouche de surprise :

- On part en France ?!

- Quand tu voudras… Sourit Lexa en dirigeant son regard vers le petit sapin contre lequel étaient posés à présent deux billets ayant pour destination Paris.

- Je ne les ai même pas vus bon sang ! S'exclama Clarke en se redressant légèrement.

- Disons que je t'ai bien distraite…

- Oh ça tu peux le dire… D'ailleurs je dirais que tu es à 75% de ton pardon… Glissa t-elle, malicieuse.

Lexa laissa échapper un rire sincère qui fit sourire la blonde.


Raven piétinait sur place à la sortie de l'aéroport. Quelle idée d'arriver à cette heure-là sérieusement et le jour de Noël. Non pas qu'elle avait un endroit pour le fêter mais elle aurait vraiment préféré être en compagnie d'un ou d'une belle apôtre plutôt que d'être en train de se cailler dehors à attendre le contact de Lexa.

Elle se mit à jurer en espagnol en voyant la pluie reprendre et sursauta quand elle sentit qu'on posait une main sur son épaule : elle s'apprêtait à envoyer paître le vil aventurier quand elle se retrouva devant une magnifique jeune femme à la chevelure châtain foncé épaisse et bouclée. La peau mate et des yeux magnifiques en amande aux iris noisette, son visage était fin et aussi parfait que ceux des déesses grecques.

- Dios Mios… Articula la mécanicienne.

- Tu dois être Raven Reyes ?

- En personne ! Se reprit Raven tout en se raclant bruyamment la gorge pour reprendre contenance.

Cela eut le mérite de faire sourire la nouvelle qui lui tendit la main alors que trois hommes et une autre femme venaient la rejoindre, habillés en costard cravate.

- Luna Kane, ravie de faire ta connaissance.


Nous revoilà ! Alooors ? Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? J'imagine que vous avez du fulminer contre Nia au début haha ! Quelle garce ! Ça chauffe entre Aden et Lexa aussi même si je n'ai fait qu'effleurer la vraie grosse conversation qui arrivera dans le prochain chapitre ^^ Clarke essaye de bien faire mais quand on est pas au courant de toute l'histoire, difficile de saisir les tenants et les aboutissants ! J'ai apprécié faire ressortir son côté plus rebelle dans ce chapitre car elle l'est à la base :P J'aime écrire des disputes haha mais ça je crois que vous l'aviez deviné ! On m'a demandé une conversation Clarle/Octavia et ça a été un plaisir de l'écrire ! Ça permet d'éclaircir ce qui se passe chez O en ce moment avec l'arrivée non prévue de cet enfant... Avez vous eu peur pour Tristan ? Même s'il est con il est attachant non ? xD Le monde de la mafia est impitoyable... Heureusement que Lexa est plus intelligente. Je vous laisse sur une fin tranquille avec l'arrivée d'un nouveau personnage... Allez à dans trois semaines ! J'attends vos retours avec impatience ! Mon moment préféré je dirais que c'est le Gustus/Clarke dans la bijouterie, je pense que je vais développer leur relation à l'avenir :D

Petit moment pub :

- Résilience d'Esys : une petite fic qui commence tranquillement et qui promet d'être bourrée d'action et de torture psychologique bien cool ! Je vous invite à aller la lire et encourager son auteure ! Clarke dans le FBI je dis oui ! :D

- In too Deep (traduction) de MagRd: Bon la réputation de cette sale belge n'est plus à faire mais bon pour ceux qui l'auraient loupé, Mag a entamé la traduction d'une nouvelle fiction espagnole qui est vraiment cool ! Lexa en mode casanova et nageuse professionnelle avec une Clarke coincée du derch c'est juste trop drôle ! Foncez ! Moi je dévore les chapitres à la relecture ;P