Hello ! Voilà le chapitre 23 avec du retard mais le voilà :DVraiment désolée pour ce gros retard mais on va dire que le timing a été compliqué pour avoir l'équipe entière au complet ! x) Enfin je vous épargne les détails et vous laisse découvrir le chapitre ! Merci pour vos reviews, follows et favs qui me font toujours très plaisir ! Merci à Mag et doubi pour la relecture ^^ Allez bonne lecture !
Angelye: Merci pour ta review et ta fidélité ! ^^ Haha je crois que le mot bêtise colle mal avec le caractère que j'ai fait à Luna dans cette fiction :P Gustus va être moins mignon dans ce chapitre... ;P La conversation se rapproche... (Je sais ça fait deux mois que je dis ça XD)
Chapitre 23 : Murmures
Les poings de Gustus se serrèrent à en faire blanchir ses jointures. Son regard était fixé sur le mur de l'église de Syracuse malgré la pénombre de la nuit. Des graffitis de couleur rouge y avaient été faits. Ils représentaient une insulte envers la famille Donati car non seulement ces dernier étaient placés sur le territoire sous leur contrôle mais ils scandaient aussi des messages bien précis : « Vive les Barzetti », « À mort les homosexuels ! », « Les monstres sont ceux qui se cachent le mieux ! ».
- Trouvez-moi qui a fait ça ! Aboya t-il à ses hommes qui se séparèrent pour aller à la collecte aux informations auprès des citoyens et commerçants.
Le mafieux fut arrêté par le pasteur de la paroisse qui lui souffla quelques mots en posant une main sur son épaule :
- Mon fils, la violence ne résoudra en rien la colère qui gronde.
- Je sais mon père mais je ne peux pas laisser cette insulte impunie. En écrivant, ça ils ont non seulement sali le nom des Donati mais aussi un lieu sacré de notre Seigneur !
- Le Seigneur sait pardonner fils.
Gustus grogna en se détachant de l'étreinte pour partir dans les rues sombres de Syracuse. Il se contenta de souffler durement :
- Pas moi…
Les lèvres de la brune se posèrent sur la nuque de la médecin qui démêlait délicatement ses cheveux, seulement vêtue d'une serviette humide. Clarke sourit au contact et regarda son amante dans le miroir embué, la laissant caresser son bassin de ses doigts fins.
- Je ne savais pas que tu serais là si tôt ce soir… Tu pars tôt et rentres tard ces derniers temps… Souffla Clarke avec une moue.
- Je sais… Excuse-moi ce projet de casino et mes affaires parallèles me demandent beaucoup de temps…
- Hm… Tu me répètes ça à longueur de journée tu le sais ? Bouda la blonde.
Lexa sourit et se mit à masser amoureusement le ventre plat de sa compagne tout en lui soufflant :
- Tu sens très bon…
- N'essaie pas de détourner le sujet principal de notre conversation…
- Qui est ?...
- Que me vaut cette agréable étreinte en ce début de soirée ?
- J'avais envie de te serrer dans mes bras et prendre soin de toi… J'ai acheté traiteur… Tu as mangé ?
- Non pas encore… Hm… Je mets le traiteur dans la même case que le restaurant tu le sais ?
- Ce qui veut dire que tu ne veux pas déguster mes excellents spaghettis au pesto ?
- Tes ? Tu les as cuisinés peut-être ? Rit la blonde.
- Achetés avec amour ? Tenta la sicilienne. J'ai du bon vin aussi… Rajouta t-elle en embrassant son oreille.
Clarke se retourna, aguicheuse et alla embrasser amoureusement les lèvres de sa compagne en soufflant :
- S'il y a du vin alors…
La médecin posa un dernier baiser avant de se détacher de la brune pour marcher vers leur chambre tout en faisant subtilement glisser la serviette au sol. Lexa ne manqua pas de la ramasser avec un sourire tout en suivant la blonde qui était à présent debout devant leur dressing dans sa totale nudité.
- Tu as perdu ça en chemin… Glissa la brune en dévorant son amante du regard tout en posant la serviette sur le lit.
- Hm… Ah oui.
Le cœur de Lexa battait fort dans sa poitrine : cette femme la rendait ivre de folie. Était-ce réellement possible d'aimer quelqu'un à ce point ? Elle se figea un instant lorsqu'elle vit Clarke fouiller dans un tiroir renfermant des sous-vêtements : elle y avait caché la bague achetée à New York.
- Que cherches-tu ?
- Mon ensemble noir…
- Je ne crois pas qu'il soit dans ce tiroir… Chuchota la brune en s'approchant pour se coller à la blonde et respirer à nouveau son odeur avec gourmandise.
Clarke retint sa respiration lorsqu'elle sentit la poitrine de Lexa caresser son dos. Elle tourna légèrement le visage :
- Que fais-tu ?
- Et toi que fais-tu ?… Sourit l'héritière en glissant une main baladeuse sur les courbes de sa compagne.
- Je te chauffe effrontément, la provoqua la médecin en fermant le fameux tiroir et en se tournant pour faire face à son amante.
Les yeux verts de Lexa se teintèrent d'excitation : elle avait bien du mal à se contrôler face au corps de déesse de la blonde. Elle resta néanmoins figée devant les prunelles océan et autoritaires de sa compagne qui sourit largement en comprenant l'envie soudaine de la brune.
- On a envie que je contrôle Madame Donati ?...
Lexa avala difficilement sa salive : elle se sentait terriblement excitée mais aussi honteuse à l'idée d'être commandée si facilement mais cela lui faisait un bien fou : commander des brutes épaisses toute la journée et négocier avec des crapules n'était pas de tout repos.
- Je n'ai rien entendu…?
- Oui…
- Pardon ?
- Oui Clarke… Je veux que tu contrôles…
La blonde se mordit la lèvre doucement :
- Enlève ta chemise…
Les doigts de la brune glissèrent rapidement sur les boutons sans lâcher du regard le sexe de son amante : elle mourrait d'envie de la goûter et Clarke ne manqua pas de le remarquer.
- Lentement…
Un petit soupir frustré échappa à Lexa qui se mit à défaire les boutons de son chemisier plus doucement jusqu'à le laisser ouvert et laisser sa poitrine découverte à la vue de la médecin.
- Ai-je entendu une plainte ?
- Oui…
- J'aime ton honnêteté… Approche, répondit Clarke en se laissant aller sur le lit.
L'héritière s'avança tout en prenant garde de maîtriser sa vitesse pour ne pas gagner le droit d'être frustrée d'avantage. Elle monta sur le lit, restant en équilibre au-dessus du corps de la médecin qu'elle ne toucha pas malgré la maigre distance entre elles, se retenant. Elle amena ses yeux dans ceux de Clarke pour l'interroger silencieusement.
- Maintenant sers-toi de ta langue et fais moi crier, susurra érotiquement la blonde avec un baiser langoureux qui ne manqua pas de faire perdre le contrôle à la sicilienne…
Les deux jeunes femmes partageaient les délicieux spaghettis au pesto que Lexa avait ramenés lorsqu'on toqua à la porte. La sicilienne fronça les sourcils en retenant un soupir agacé : elle ne savait pas si cela venait de sa courte liberté acquise en Amérique mais elle avait de plus en plus l'impression d'être dérangée et interrompue dans sa vie de couple au quotidien. Elle commençait sérieusement à mal le vivre.
- Excuse-moi, dit-elle à Clarke qui acquiesça tout en attrapant un pain chaud dans une petite panière.
La médecin ne put s'empêcher de tendre l'oreille pour écouter une partie de la conversation tardive : visiblement c'était Gustus qui était devant la porte d'entrée et il semblait plutôt froid. Lexa ne semblait pas ravie des propos qu'il lui tenait.
- Je ne te permets pas, asséna t-elle sèchement.
- Si elle n'était pas là, personne ne saurait ! Tu te mets en danger. Tu nous mets tous en danger à agir comme une femme capricieuse et aveuglée par l'amour !
- Tu n'as qu'à prendre le poste si ma façon de faire ne te convient pas Gustus Giordano, j'en ai assez de me cacher. Clarke et moi méritons mieux que ça. Je vais exploser si je continue à me voiler la face et refuser ce que je suis.
- Clarke et toi… Cette médecin te fait perdre la tête, siffla t-il mauvais. Tout allait bien mieux avant ! Regarde ce qu'il y a sur les murs de l'église et dans les rues de Syracuse bordel ! S'énerva t-il en collant son portable devant les yeux de la brune qui les écarquilla avant de serrer les dents. Explique-moi comment c'est possible !
- Je suis allée chercher Clarke le soir de Noël et je l'ai embrassée à l'entrée de l'hôpital, plusieurs fois. Quelqu'un a dû nous voir.
- Quoi ? S'étrangla le sicilien. Tu m'as ordonné de partir ce soir-là car tu voulais que je sois avec Anya et tu en as profité pour…
- Oui ! Oui j'en ai profité pour être avec la femme que j'aime ! Alors au lieu de me sermonner sur ma vie de couple, tu ferais mieux de t'occuper de la tienne et de trouver les responsables de ces horreurs ! Les homosexuels ne sont pas des monstres, je me suis battue dès mon retour en Sicile avec Becca pour supprimer l'homophobie, obtenir le droit à l'avortement, l'entrée des étrangers et j'en passe mais je vois que les vieilles coutumes s'accrochent même chez toi mon « vieil ami ». Tu as honte de moi ? Dis-le !
Des pas légers se firent entendre près d'eux et la voix de Clarke perça, elle n'avait pas saisi la quasi totalité de la conversation mais elle avait deviné que celle-ci était loin d'être agréable.
- Lex ? Tout va bien ?
- Oui… Gustus allait partir, répondit froidement la brune.
- Ah… Tu es sûre ? Si c'est le travail je comprends ne t'en fais pas…
- Non. Ce soir je reste avec toi. Je suis entièrement à toi.
- Tss, renifla le mafieux, mécontent et vexé par la question que sa Dona lui avait posé.
Lexa claqua la porte au nez de son fidèle homme de main pour se tourner vers Clarke et lui sourire :
- On en était où déjà ?
- Tu m'apprenais comment dire : « Bonjour comment allez-vous ? » en français.
- Ah oui, ton accent était charmant d'ailleurs.
- C'est parce que tu n'entends pas le tien, sourit la blonde en embrassant la joue de sa compagne.
Les deux femmes débarrassèrent leurs assiettes avant de s'installer dans un canapé du salon, se calant l'une contre l'autre pour lire et discuter en même temps.
- Tu ne fumes pas ce soir ?
- Me le rappeler fait-il vraiment partie de la thérapie ? Est-ce que c'est un test ? Plaisanta la brune.
- Non mais ça m'intrigue car ces derniers temps tu enchaînes et tu es passée à plus d'un paquet par jour.
- Hm il pleut, confia la brune en regardant par la vitre de la véranda.
- Hey c'est juste pour ça ? Râla la blonde.
- Non, je suis tout simplement trop bien contre toi pour avoir le courage de me lever et aller fumer dehors… Confia la brune en amenant une main de la médecin contre ses lèvres.
- J'aime quand tu es comme ça… Confia la blonde en se calant un peu plus contre elle. Bientôt j'arriverai à te faire faire un footing avec moi et Roméo ! Plaisanta t-elle.
- Arrête de me vendre du rêve belle américaine… Sourit Lexa, rêveuse.
Bon sang qu'elle aimerait avoir une vie normale…
Le coup de poing partit rapidement dans le ventre d'un homme d'une trentaine d'années. Gustus enchaina les coups jusqu'à ce que sa victime ait le visage couvert de sang et se tienne les côtes :
- Tu vas me donner les noms de ceux qui ont fait ça ?! Hurla t-il dans une ruelle malgré que le jour soit là.
- Va te… faire… Articula l'autre. Viva i Barz…
Un nouveau coup l'empêcha de terminer sa phrase et il cracha du sang tout en reprenant sa respiration. Le mafieux se tourna vers Artigas qui avait pris en muscles et expérience depuis son entrée dans la Mafia.
- Tue-le.
- Bien Monsieur, répondit-il en sortant un couteau de sa poche pour planter l'homme dans le foie d'un coup sec et sans l'once d'une hésitation.
Artigas était devenu un très bon élément en l'espace de quelques mois. Le Giordano regarda sa montre :
- On va aller chez le barbier.
Gustus, Artigas, Ilian et Ryder se dirigèrent à travers les ruelles pour rejoindre la boutique en question. Ils entrèrent à l'intérieur et le sicilien se mit à regarder les clients avant de repérer l'homme qui l'intéressait. Tandis qu'il s'approchait sans discrétion près du barbier, les trois autres s'occupèrent de tenir la clientèle tranquille, bloquer la sortie et empêcher les employés de donner l'alarme. Ryder s'occupa de planter le garde du corps présent dans la pièce.
Le Giordano fit reculer vers Artigas le patron de la boutique et attrapa le rasoir qu'il avait en main avant de saisir par les cheveux in extremis le client qui avait tenté de se lever pour fuir à la vue de la mort de son garde du corps.
- Oscar Giliberto…
- Bon sang ! Gustus qu'est-ce qui te prends ?! Arg !
La lame de rasoir se déplaça sous la gorge du fameux Oscar qui devait avoir la cinquantaine passée.
- Il me prend que la mairie ne fait pas grand chose pour nettoyer ces horribles graffitis insultants…
- On a porté plainte auprès de la police et tous nos agents étaient déjà affectés sur le terrain je…
- Mauvaise réponse, répondit le sicilien en faisant glisser légèrement la lame sur la peau.
- Hnn… S'il te plaît Gustus ! Sois raisonnable, nous avons toujours réussi à nous entendre ! J'étais un bon ami de Becca !
- Un bon ami qui a su récupérer la place de maire intérimaire aussi vite que le cercueil de ma cousine a rejoint le caveau familial, siffla Gustus.
- Quoi ! Mais non enfin ! Becca m'avait demandé expressément de la remplacer si jamais il argghh !
La fine ligne venait de s'agrandit d'un bon centimètre.
- Dois-je comprendre que ton inefficacité est une preuve de trahison envers les Donati ? La Dona sera ravie de mettre quelqu'un d'autre à ta place derrière le bureau de ma cousine.
- Mais non Gustus ! Enfin je suis fidèle aux Donati… Je, euh…
- ALORS POURQUOI TU N'AS PAS FAIT EFFACER CES GRAFFITIS ?!
Le cinquantenaire sursauta dans son fauteuil sous le cri ce qui lui valu d'élargir la coupure d'où sortait à présent un filet de sang rouge sombre.
- Je… je vais le faire ! J'appelle immédiatement le service technique, ce sera fait avant 20h je le jure !
- Je veux savoir qui a fait ça et pourquoi !
- Je n'en sais strictement rien allons ! Sans doute des jeunes qui se sont amusés ha ha ! Tenta Oscar, essayant d'être drôle.
Les yeux de Gustus s'assombrirent et il fit tourner le siège dans lequel le maire de Syracuse était assis pour que tous le voient.
- Monsieur le Maire trouve les insultes taguées sur les murs amusantes…
- Non !... Je ne voulais pas dire ça ! Je…
- Ilian, Ryder, Artigas ? Vous avez entendu la même chose que moi ?
Les mafieux hochèrent silencieusement la tête et le Giordano approcha doucement ses lèvres de l'oreille du maire qui tremblait comme une feuille :
- Ne me prends pas pour un imbécile Oscar… Tu sais très bien qui a participé à cette provocation et je te jure que si tu ne me donnes pas des noms dans les dix secondes qui viennent, tu ne repartiras pas vivant d'ici.
- Je jure que je ne sais rien !
- Dis-moi la vérité ! Hurla le mafieux en appuyant la lame.
- Je ne sais rien je le jure ! Ahh !
- Neuf… Huit… Sept… Six…
- Arrête Gustus au nom de Becca !
- Cinq… Quatre… Trois… Deux..
- C'est le petit Alberto Marconi ! Il… Je… Il a vu la Dona en train d'embrasser une femme blonde devant un hôpital ! Il est sûr de lui, il les a prises en photo ! Je jure que c'est tout ce que je sais ! Il a dû en parler aux sympathisants des Barzetti ! Je n'ai rien contre l'homosexualité je le jure !
- LA DONA N'EST PAS HOMOSEXUELLE ! Hurla Gustus, furieux.
- Ahh… Je ne voulais pas dire ça je ! Bien sûr que la Dona n'est pas lesbienne je… C'est ce petit con d'Alberto je le jure ! Ces rumeurs de village allons Gustus hm… Je me suis laissé prendre je l'avoue ! Mais j'ai toujours pleine confiance en la Dona !... Je voulais justement l'inviter à dîner prochainement pour parler des projets de la Mairie… J'ai possiblement un projet qui pourrait l'intéresser…
Le mafieux soupira d'agacement et serra sa prise sur les cheveux gris du maire qui couina de douleur. Il amena la lame près de l'œil droit d'Oscar.
- Tu as jusqu'à 16h pour faire enlever ces insultes… Souviens-toi aussi… que si jamais tu me contraries de nouveau, je repasse te voir et tu iras nourrir les poissons. Compris ?
Le cinquantenaire hocha vigoureusement la tête tout en posant sa main droite sur sa coupure à la gorge. Il souffla lorsque les mafieux sortirent de la boutique.
- Bon sang je dois appeler la police ! Paniqua le barbier.
- Surtout pas, répondit le maire.
- Mais il y a un corps ! C'est un meurtre ! J'en ai assez de cette mafia ! Je paie mon pizzo comme tout le monde et ils m'apportent quand même des ennuis !
- Je vais arranger ça… Souffla Oscar, encore tremblant.
Il attrapa son portable pour chercher un contact bien précis. Après quelques tonalités, une voix lui répondit :
- Commissaire Pike j'écoute ?
- Charles je vais avoir besoin de vos services…
Nia était assise confortablement sur son canapé blanc et ne cessait de sourire tout en jetant de discrets coups d'œil vers les grandes fenêtres à l'avant de sa maison, un livre dans ses mains : Aden et Ontari discutaient dehors depuis une dizaine de minutes. Un sourire fin lui échappa lorsqu'elle vit le grand blond attraper la main de la brune et lui poser un doux baiser sur la joue.
- Je ne comprends rien à ton plan Nia… Grommela Quint en venant masser délicatement les épaules de sa supérieure. Tu n'as qu'un mot à dire et je tranche la gorge de ce petit porcelet doré…
- Non Quint… Tu ne toucheras pas à un cheveu d'Aden Donati.
- N'était-ce pas toi qui te ravissais d'avoir manqué de l'assassiner à la place de Lexa Donati ?
- Si… Mais voulons-nous vraiment empêcher ces jeunes de se voir comme la dramatique pièce de Shakespeare ?
- Hein ? Qui ?
- Tu es plus efficace qu'intelligent… Soupira Nia.
La Barzetti releva le nez de sa pièce de théâtre « Roméo et Juliette » lorsqu'elle vit passer sa fille rapidement :
- Alors ma chérie, a-t-il apprécié mon petit cadeau ? Tu l'as invité pour dîner ?
Ontari ralentit : sa mère n'avait jamais été aussi affectueuse que depuis le soir où Aden et elle avaient été surpris par ses hommes de main. Elle restait méfiante mais au fond d'elle, elle ne pouvait s'empêcher d'être heureuse à l'idée que peut-être existait-il encore un infime espoir de sauver sa mère de sa froideur naturelle. Son frère s'était peut-être trompé… Nia souhaitait visiblement une paix entre les Donati et les Barzetti à travers Aden.
- Il était touché oui… Il a dit qu'il allait voir car il veut parler avec sa sœur de…
- De ?
- Nos nouvelles relations…
- Je vois. Il sera toujours le bienvenu chez nous. As-tu des cours à réviser ?
La brune parut décontenancée par la question : jamais sa mère ne s'était occupée de ses études. Elle fit non de la tête :
- Non les partiels de fin d'année sont terminés depuis plus de trois semaines maintenant.
- Parfait, je suis certaine que tu obtiendras les meilleurs résultats ma fille.
La jeune femme fit une moue avant de se retirer discrètement, encore trop choquée par l'intérêt que lui portait sa mère.
Quint avait profité du moment d'échange entre les deux femmes pour récupérer des mains de sa supérieure le livre fin. Il détestait lire mais les quelques lignes qu'il lit à voix haute le firent sourire :
- « A Vérone, Montaigu et Capulet n'ont de cesse de se battre en duel, quitte à couvrir la ville de sang. Mais quand Roméo, fils des Montaigu, et Juliette, une Capulet, tombent amoureux, c'est l'équilibre de la cité qui menace de céder… »
Un frisson parcourut la Barzetti qui caressa la main encore posée sur son épaule :
- Relis-le…
- « A Vérone… »
- Non : « À Syracuse, Donati et Barzetti n'ont de cesse de se battre en duel, quitte à couvrir la ville de sang. Mais quand Aden, fils des Donati, et Ontari, une Barzetti, tombent amoureux, c'est l'équilibre de la ville qui menace de céder… »
Quint ricana à la reprise :
- J'aime cette version...
- Hn… Relis-la moi… Hn…
- Si on allait dans ta chambre pour que je te lise tes passages préférés en toute intimité…? Susurra t-il en glissant sa main de l'épaule à la poitrine de Nia qui sourit.
- Quel homme… Promets-moi d'abord quelque chose Quint… Dit-elle en attirant le visage de son homme de main près de ses lèvres.
- Tout ce que tu veux…
- Quand Aden sera rejeté par sa famille… Je veux que tu le formes personnellement…
- Tes désirs sont des ordres ma Reine, sourit le mafieux avant d'embrasser la matriarche des Barzetti.
Lexa avait repensé à ses discussions avec Clarke au sujet de son frère. Elle avait décidé de ne pas paraître aussi froide que la dernière fois car le blond avait décidé de lui-même de faire un pas vers elle après ces longues semaines de silence, les amenant à présent à la mi-janvier. Elle voulait apparaître à son futur gala en force aux côtés de son jeune frère afin que les grandes familles la soutiennent dans ce projet plus qu'ambitieux maintenant qu'ils avaient trouvé les terrains pour le construire grâce à l'héritage de Gustus. Elle prit une inspiration avant d'ouvrir la porte de sa maison : ils resteraient dans le salon au lieu d'aller s'enfermer dans son bureau de manière formelle. Clarke ne rentrerait pas tout de suite.
La brune frissonna en entendant les pneus de la voiture crisser dans les graviers de sa cour : son frère arrivait et elle ne savait pas par quoi commencer. Bien sûr elle lui en voulait mais elle se sentait fautive vis-à-vis de son mal être au sujet de la relation qu'elle entretenait avec la belle médecin. Elle se devait d'être honnête, patiente et compréhensive.
- Bonjour Aden, dit-elle en essayant de sourire mais ce dernier ressembla plus à une grimace qu'autre chose.
- Bonjour, répondit le grand blond qui était habillé d'une chemise noire et d'un pantalon en toile gris. - Anya tu peux nous laisser, indiqua t-il à sa garde du corps qui acquiesça avant d'aller se poster à l'avant de la maison près d'Ilian qui montait la garde lui aussi.
Les deux héritiers se fixèrent en silence pendant ce qui sembla être une éternité. Le jeune homme décida de briser le malaise :
- Je suis venu t'annoncer des choses qui me tiennent à cœur. Sache que malgré nos différents je ne souhaite pas rompre le contact avec toi… Tu es ma sœur et je t'aime malgré… tout ça.
Les yeux verts de Lexa se plissèrent à cette introduction mais elle décida d'écouter le conseil que Clarke lui avait donné avant de partir au travail « Laisse-le s'exprimer ».
- Très bien… Je t'écoute.
Aden avança dans cette maison qu'il connaissait bien : il ne s'appuyait plus sur une béquille mais une canne noire très chic ne faisant pas tâche avec sa jeunesse. Lexa se dit qu'en effet il avait bien pensé en s'achetant cet objet.
- J'arrête mes études.
Les sourcils de la brune se froncèrent immédiatement et elle s'apprêtait à lui refuser cette idée mais le blond la coupa autoritairement :
- Je ne te demande pas ton autorisation Lexa. J'ai décidé de reprendre une partie des affaires de la famille. C'est mon droit et un Baccalauréat Économique et Social ne risque pas de m'aider pour gérer les trafics au sein de nos entreprises, grand-père s'en est très bien tiré sans faire d'études.
- Ce n'est pas la même époque Aden… Les choses ont changé… Répondit Lexa, se retenant pour ne pas lui faire la morale. Sans mes connaissances je n'aurais sans doute pas réussi à sauver les trois quarts des affaires de grand-père quand la police nous est tombée dessus.
- Alors j'apprendrai sur le terrain, trancha t-il.
- Bien… Ce ne sera pas simple…
- Crois-tu que ma vie est simple Lexa ? L'attaqua t-il en la foudroyant du regard.
L'héritière frissonna à ce regard : elle avait l'impression de revoir les yeux furieux de son grand-père. Aden lui ressemblait beaucoup plus depuis cette tentative d'assassinat à son encontre.
- Je n'ai pas dit ça Aden, calme-toi…
- Arrête de me traiter comme un enfant ! Je me calme si je le veux ! Je suis l'héritier d'une famille mafieuse et handicapé à vie ! Ma vie n'a jamais été simple et elle le sera encore moins ! Tu sais très bien ce qu'on fait aux éclopés dans la Mafia ! Le même sort qu'on réserve aux homos !
Lexa se mordit la lèvre : son frère avait raison. Les membres de la Mafia étaient intransigeants avec les handicapés, les homosexuels, les étrangers… Tous ces êtres étaient « contre-nature » à leurs yeux… Elle sentit une certaine colère dans la dernière phrase qu'avait prononcé son petit-frère.
- Aucun mal ne te sera fait Aden… Tu n'es pas né avec ce handicap… Je veillerai à…
- Je n'ai pas besoin que tu veilles sur moi Lexa ! Cette époque comme tu dis, est terminée ! Je suis un homme à présent et je veux qu'on me considère comme tel ! Je ne suis pas venu ici pour chercher ta protection.
- D'accord, excuse-moi mais Aden tu restes mon petit frère et si je suis restée en Sicile c'est uniquement pour te protéger de ce monde obscur…
- J'ai passé l'âge de me cacher de la vraie vie. Je reprends ma vie en mains, tu ne me donneras plus d'ordres. Je suis un Donati.
- Oui, je vais demander à Gustus de te former. Tu n'auras pas meilleur formateur que lui, il m'a tout appris en ce qui concerne le terrain.
- Hm.
- Maintenant j'aimerai te présenter mes excuses au sujet de la façon dont tu as appris pour moi et Clarke… Reprit doucement Lexa.
Le corps du grand blond se raidit et il fit signe qu'il écoutait. Sa sœur prit le temps de réfléchir à la meilleure manière pour expliquer ses sentiments.
- Comme tu l'as dit tout à l'heure… La Mafia sélectionne minutieusement ses agents et les homosexuels, les étrangers, les handicapés ne sont pas les bienvenus… Hm… Dès que j'ai eu l'âge de plaire aux hommes, grand-père s'est empressé de me faire participer à de nombreuses fêtes familiales afin de me trouver un bel homme à combler et ainsi trouver un héritier pour son titre de Don rapidement car tu étais bien trop jeune pour qu'il pense à le te transmettre… Malgré les nombreuses rencontres, je n'étais pas le moins du monde intéressée ou attirée par les jeunes hommes. Beaux ou laids, ils ne cessaient de créer en moi une profonde indifférence…
Lexa s'humecta les lèvres, prête à s'engager sur un souvenir douloureux :
- Lors d'une fête, nous avons fait la rencontre d'une nouvelle famille influente : Les Adamo. J'étais prête à refuser le futur garçon de cette famille mais pour ma plus grande surprise, leur fils était déjà marié depuis peu et il ne restait plus qu'une jeune fille s'appelant Costia. Ça a été un véritable coup de foudre pour moi. J'ai eu honte de ressentir ça, c'était contre-nature d'être attirée par une fille… Mais je ne pouvais pas m'empêcher de la regarder dès qu'elle avait le dos tourné, elle était vraiment magnifique.
Aden semblait s'être détendu au fil de l'histoire : il avait l'impression d'enfin voir le vrai visage de sa sœur et non celui de la Dona.
- Je suis allée vers elle pour faire connaissance et nous nous sommes très vite entendues : elle était loin d'être farouche et semblait bien plus à l'aise que moi au contact d'une autre fille. Je suis tombée encore plus amoureuse d'elle et je me suis finalement laissée aller au péché de la chair avec une autre femme…
La Donati ferma les yeux de douleur :
- Je n'y peux rien Aden. Je suis comme ça, j'aime les femmes. Ce n'est pas un caprice ou un choix comme me l'a si souvent répété grand-père lorsqu'il me punissait à coup de ceinture à mon retour d'escapade avec Costia… J'ai longtemps occulté cette identité qui m'est propre et je le faisais encore jusqu'à cet été où j'ai rencontré Clarke... Car on attend d'une Dona ou d'un Don qu'il soit hétéro et montre l'exemple avec un foyer parfait. Pourtant nous sommes au 21ème siècle. Nous devrions vivre en paix avec les différences de chacun car ce sont ces différences qui rendent l'être humain plus beau et pur. L'homosexualité n'est pas une tare, beaucoup de pays l'acceptent à présent. Pourquoi pas la Sicile ? J'ai réussi au fil de ces deux années, seule au poste de Dona à faire changer les visions sur les homosexuels et les étrangers mais cette haine revient encore aujourd'hui, plus vite encore que je n'ai mis de temps à l'apaiser… Je ne suis pas un monstre Aden. J'aime juste les femmes et je suis tellement désolée de t'avoir fait souffrir avec Clarke mais c'est arrivé sans que je ne puisse rien y faire… Je suis tombée amoureuse tout comme toi et ça a été la même chose pour elle.
Aden fixa sa sœur avec empathie. Il avait encore des sentiments pour la belle médecin mais il entendait ce que lui disait sa sœur.
- Je ne suis pas en colère parce que tu as Clarke, Lexa. Je le suis parce que tu me dis tout ça aujourd'hui alors que tu aurais dû me le dire bien plus tôt. Tu as toujours souhaité cette distance entre nous alors que nous sommes tous les deux des héritiers maudits. Tu aurais dû accepter mon aide plutôt que de m'enfermer dans une cage dorée à me faire dorloter car à présent j'ai beaucoup de choses à rattraper.
- Je suis désolée. J'ai toujours voulu penser au mieux pour toi. J'ai cru que… Je pourrais nous sortir de là en quelques années de travail mais je réalise aujourd'hui que c'est impossible… La tête d'une hydre repousse sans cesse : la Mafia ne cessera jamais d'exister et je suis à présent bloquée dans cette sphère infernale. Trouver quelqu'un de confiance qui pourra reprendre les affaires sans prendre le risque d'aller moi-même en prison est impossible.
- Je le ferai.
Les yeux verts d'Aden se fixèrent dans ceux de sa sœur qui parut surprise.
- Et je vais changer les choses en commençant par faire la paix avec les Barzetti.
Le sang de la brune ne fit qu'un tour et elle se leva de colère :
- Quoi ?!
- Assied-toi.
- Je t'interdis de…
- Tu n'as rien à m'interdire Lexa. Assied-toi.
La brune s'assit mais elle avait bien du mal à se maîtriser.
- La nuit où j'ai disparu comme tu le sais j'étais chez les Barzetti. Je me suis fait surprendre par Quint et Diego. J'ai cru l'espace de quelques secondes que j'étais mort, je ne te le cache pas mais Nia m'a accueilli à bras ouverts pour ma plus grande surprise.
- Bien sûr, elle essaye de te manipuler !
- Et elle n'y arrivera pas, dit-il durement.
- Elle te le fera croire. Les Barzetti sont de la pire espèce !
Aden ne manqua pas de lâcher un petit rire :
- Difficile d'entendre ça de ta bouche alors que tu demandes toi-même à ce que la haine envers les gays s'arrête. Commence à appliquer tes propres propos à l'ensemble de la communauté avant de parler, les Barzetti ont le droit à une seconde chance.
Les lèvres de Lexa se serrèrent de frustration : son frère n'avait pas tort.
- Aden… Ce que je veux dire c'est qu'on ne peut pas leur faire confiance.
- Je changerai ça, Nia est mauvaise mais elle fait des efforts. Elle a fait des erreurs. Grand-père a toujours voulu éviter la guerre.
- Des erreurs ? Elle a fait assassiner Costia, Maman, les parents de Gustus, Becca ! Et j'en passe !
- Tu n'as aucune preuve de ce que tu avances !
- Tout le monde sait que c'est elle.
- Dans ce cas pourquoi n'est-elle pas en prison ?
- Parce qu'elle…
- Peu importe. La guerre entre les Donati et les Barzetti a assez fait souffrir la Sicile. Je me charge des négociations entre les deux familles.
- Hors de question ! Bondit Lexa.
Aden soupira d'agacement et se leva pour faire face à sa sœur :
- Que vas-tu faire pour m'en interdire ? M'enfermer à double tour dans ma chambre d'adolescent ? Je suis majeur, je fais ce que je veux. J'ai la politesse de t'informer alors au lieu de t'énerver et me donner des ordres, tu ferais mieux de me remercier.
- Fais attention à ne pas dépasser les limites, gronda la brune.
- Quoiqu'il en soit, je vais me rapprocher des Barzetti et de la gestion des affaires familiales. Je compte réussir où toi tu as échoué.
- C'est à dire ?!
- Obtenir la paix entre nos deux familles.
- J'ai essayé Aden ! J'ai commencé à m'entretenir avec Roan Barzetti et résultat, ils m'ont tendu une embuscade qui a manqué de me coûter la vie tout en assassinant en parallèle Becca qui était ta tante ! Tu préfères faire confiance à ces vipères plutôt qu'à ta propre famille ?!
- Je préfère choisir mon propre chemin, oui. Tu ne me contrôleras plus. Ni toi, ni Nia. Personne. Je suis Aden Donati pas un pantin.
- Tu dis n'importe quoi ! Tu ne connais rien de la vie de mafieux ! Tu te feras tuer en moins d'une semaine !
- Qu'il en soit ainsi.
- Aden, si tu pars je te renierai, prévint durement Lexa.
- Je sais.
- Ne m'oblige pas à faire ça.
- Libre à toi de changer les commandements de la Mafia grande sœur, s'amusa t-il, mauvais. Après tout si tu as réussi à apaiser les tensions envers les gays et les étrangers, pourquoi pas envers les familles ennemies ? La provoqua t-il.
- Même si j'en avais le pouvoir, il en est hors de question ! Tu connais nos commandements même si tu n'as pas été initié ! Dis-le !
- « Tu renieras tes proches si ceux-ci sont proches de la police ou d'une famille ennemie. » récita le blond sans ciller.
- Tu ne pourras jamais revenir Aden !
Le jeune homme soupira à nouveau et secoua la tête :
- Je sais que j'ai hérité de la colère de grand-père mais toi, Lexa… Tu as hérité de son égoïsme et de sa fierté. Tu appliques les règles en fonction de tes caprices et je ne sais même pas si tu t'en rends compte ou non.
- Que veux-tu dire ? Demanda la brune, décontenancée.
- Clarke sortait avec un flic avant de se mettre avec toi et si tu t'occupais un temps soit peu plus d'elle, tu saurais qu'elle le voit de temps en temps en tant qu'ami ! Si ton commandement est juste, tu dois la renier car elle le fréquente ! Ces commandements ne sont là que pour impressionner les nouvelles recrues et faire plaisir aux anciennes. Ce code est mort depuis des années, seule le profit et la puissance comptent aujourd'hui.
- Peu importe si les commandements ne veulent plus rien dire pour toi, ils sont importants pour les familles et je les appliquerai. Clarke ne fait pas partie de la Mafia donc ce commandement ne s'applique en aucun cas à elle, dit durement la brune.
Lexa expira longuement avant de rajouter :
- Aden, si tu choisis de faire confiance aux Barzetti… Je ne te pardonnerai jamais. J'ai tout donné pour t'offrir la vie que tu mérites et tu décides de tout envoyer valser pour un caprice amoureux ?
- Ah ! Venons-en au sujet principal ! S'agaça le blond. Ma Dona de sœur a le droit d'avoir son amour lesbien parce qu'elle décide de sortir du placard malgré les interdits et moi non car je décide de fréquenter la fille d'une famille ennemie ?! Mais Lexa voyons, c'est toi qui as provoqué tout ça ! Tu savais qui elle était avant même que je ne le sache ! Tu as joué avec nous comme Nia essaye de jouer aujourd'hui ! Malheureusement ton coup d'avance s'est transformé en échec car j'ai bien vu la haine dans ton regard quand Ontari est venue à la cérémonie religieuse de Becca. Tu l'aurais tuée si tu en avais eu l'occasion !
- Oui ! Je l'aurais fait pour punir cette salope de Nia Barzetti ! Je lui aurais arraché un de ses enfants comme elle nous a arraché tous ces êtres chers !
Le regard d'Aden se teinta d'orage et il attrapa le col de sa sœur pour la soulever et la menacer de son poing fermé :
- Si tu la touches et que tu lui fais du mal, je viendrais te tuer en personne. Tu entends ? Siffla t-il.
La tension ambiante entre les deux héritiers éclata quand la porte d'entrée s'ouvrit pour laisser entrer Clarke et Racoon qui lui passait entre les jambes comme un forcené. Aden lâcha immédiatement Lexa qui réajusta sa chemise discrètement bien que bouillonnante de colère.
- Aden ! Qu'est-ce que tu fais ? Tu menaces ta sœur ?! S'exclama la blonde, surprise.
- Désolé que vous ayez vu ça Docteur Griffin. Je vais y aller, dit-il, honteux.
La poigne forte de sa sœur le stoppa et elle le regarda à nouveau dans les yeux pour chuchoter :
- Si tu sors de cette maison sans m'annoncer immédiatement que tu ne feras pas cette folie, considère-toi comme un ennemi de la famille.
Elle le lâcha ensuite et Aden lui jeta un regard courroucé et attristé malgré tout.
- Dans ce cas nous sommes ennemis à présent, répondit-il. Je choisis Ontari. Tâche de protéger Clarke car les Barzetti savent pour vous… Confia t-il en guise de dernier au revoir.
La respiration de la Donati se bloqua à cette information et ses yeux s'embuèrent de larmes colériques mêlées de tristesse tout comme son frère. Elle eut juste le courage de crier en guise d'avertissement :
- Ne reviens plus jamais ici ni dans la maison de grand-père !
- Aden ! Lexa ! Qu'est-ce que…?! S'étonna la médecin qui chercha un contact visuel avec le grand blond et la brune qui partit se réfugier dans son bureau.
Le jeune homme accorda à la médecin un regard embué de larmes avant de partir en boitant de la maison.
- Anya ! Emmène-moi chez les Barzetti ! Lorsque ce sera fait tu pourras faire le choix de rester à mes côtés ou bien de rester fidèle à ma sœur.
La mafieuse sembla étonnée mais le masqua bien vite. Elle monta dans le véhicule avant de regarder le blond grâce au rétroviseur intérieur d'un air affectueux mais désolé.
- Ne dis rien. J'ai compris, répondit difficilement le blond.
- Hé Raven ! Appela Wick en voyant la brune débouler comme une furie dans le garage.
La latina ne lui répondit pas et alla directement s'enfermer dans son bureau. Elle n'était pas d'humeur à supporter son crétin de meilleur ami qui ne comprenait vraiment rien à sa situation avec Octavia. Bon sang que cette fille lui avait fait du mal mais elle n'arrivait pas à se la sortir de la tête. Elle soupira lorsqu'elle entendit tambouriner à la porte du bureau :
- Sympa le vent ! J'ai un message pour toi !
- Wick fous-moi la paix, je suis pas d'humeur !
- Tu dis ça depuis plus de deux mois, depuis que la brunette t'a…
- La ferme !
- Roh allez ! Depuis quand t'as pas niqué ? Ça te ferait du bien sérieux !
- Occupe-toi de ta bite !
- Bon comme tu veux ! Je dois prendre ça comme un « je ne viens pas au gala avec toi, je préfère déprimer toute la soirée ! » ?
La mécanicienne soupira en se cognant volontairement la tête sur son bureau : elle avait complètement oublié le gala que Lexa avait organisé afin de chercher des investisseurs pour son projet de casino. Elle n'avait même pas travaillé sur la partie la concernant tant son esprit était ailleurs.
- Exactement, j'y vais pas ! Je me sens pas très bien, dit-elle en rajoutant quelques toussotements.
- Bon tant pis… Je vais devoir te remplacer alors.
- Me remplacer à quel sujet ?
- Une certaine Luna Kane a laissé un mot pour toi qui demande à ce que tu l'accompagnes à ce fameux gala… Je me chargerai de la consoler…
Raven se leva immédiatement de sa chaise pour ouvrir à son ami qui la fixa avec un sourire goguenard :
- Tu te fous de moi ?
Le blond se contenta de lui montrer le bout de papier sur lequel était griffé d'une écriture très jolie l'invitation.
- D'où tu lis mon courrier ? Grogna la brune en attrapant le bout de papier.
- Ben depuis qu'on tient cette affaire ensemble.
- Pas faux.
- Alors ?
- C'est bon ! Je vais l'accompagner ! Après tout Lexa m'a bien demandé d'aller la chercher à l'aéroport… Je peux pas me permettre de pas aller à ce gala…
- Ah ça fait plaisir à entendre ! Tu te remets en selle ou bien j'ai ma chance ?
- Je sais pas…
- Hey Rav', arrête les frais ok ? Cette fille t'a bousillée le cœur sans remords, il faut que tu passes à autre chose.
La mécanicienne baissa le regard sur le sol.
- J'imagine que ça ne peut pas me faire de mal…
- Yes ! Je vais retrouver ma vraie Raven !
- Ta ? Je t'appartiens pas tu sais ducon ?
- Ah ! Le naturel revient vite ! Rit le jeune homme.
- J'ai rien à me foutre sur le cul… C'est quand déjà ?
- Dans trois jours.
- Ça devrait le faire…
Clarke se laissa glisser dans la baignoire ovale remplie d'eau chaude. Elle avait activé les jets hydro-massant et soupira de bonheur en sentant leurs effets sur ses muscles fatigués. Elle venait exceptionnellement d'enchaîner 72h de garde à l'hôpital et était exténuée bien que fière d'avoir eu d'excellents résultats en salle d'opération avec son équipe. Elle s'était permise autant d'heures car Lexa lui avait dit qu'elle partait pour Rome durant ces trois jours. Elles avaient peu échangé sur la dispute que la brune avait eue avec son frère : Lexa évitait clairement le sujet ou bien se braquait lorsqu'elle insistait un peu trop. Clarke avait tenté d'appeler le Donati mais celui-ci n'avait pas répondu. Gustus était parti avec Lexa et Ryder n'avait pas d'informations à donner.
Elle activa via son téléphone portable de la musique relaxante avant de le poser sur le coin de la baignoire et fermer les yeux : elle ne rêvait que de dormir jusqu'au matin. Il faisait un peu plus frisquet bien qu'il ne pleuvait plus : le vent était sec et plus glacial que d'habitude. Elle mit son portable en mode avion afin de se couper du monde et posa un gant chaud sur ses yeux fatigués avant de se laisser aller au sommeil.
L'héritière descendit de son SUV avec empressement. Elle ne pensait pas rentrer si tard de Rome et n'était pas en avance pour se préparer à aller au gala. Elle se dépêcha d'aller à l'étage, inquiète au sujet de Clarke qui n'avait pas répondu à ses messages ainsi qu'à ses appels. Elle traversa le couloir en appelant sa compagne :
- Clarke ? Clarke tu es là ?
Elle en avait eu la confirmation de la part de Ryder : la médecin était rentrée deux heures avant son arrivée et n'avait pas donné signe de vie depuis.
- Clarke !
Le regard vert de la brune se fixa sur la masse de poils blancs et gris qui se trouvait assise devant la porte de la salle de bain et qui fouettait l'air de sa queue.
- Racoon ?
Le félin tourna la tête vers la sicilienne et émit un petit miaulement heureux avant de venir se frotter contre ses jambes. Lexa lui caressa rapidement le dos avant de toquer et ouvrir la porte de la salle de bain qui était bien embuée et où une chaleur agréable voir étouffante s'était installée. Ses yeux repérèrent rapidement son amante qui semblait dormir paisiblement dans la grande baignoire ovale : elle lui avait pourtant déjà dit de ne pas s'endormir car cela pouvait être dangereux.
Lexa soupira de soulagement : depuis qu'Aden lui avait dit que les Barzetti savaient pour Clarke et elle, elle ne pouvait s'empêcher de s'imaginer le pire quand sa compagne ne lui répondait pas. Il fallait qu'elle fasse face à ses peurs une bonne fois pour toute ou elle ne serait jamais en paix.
Elle s'approcha doucement afin ne pas réveiller par surprise la médecin et s'installa sur le bord du bassin pour doucement caresser le haut des épaules de son amante. Ses doigts allèrent masser gentiment le crâne de Clarke qui soupira de plaisir tout en commençant à se réveiller.
Quelques secondes plus tard, la blonde retirait le gant à présent froid de ses yeux :
- Oh mon amour tu es rentrée ? Sourit-elle encore à moitié endormie.
- Oui… Je t'ai envoyé des messages mais tu n'as pas répondu et après j'étais dans l'avion…
- Hm… Désolée… On m'a demandé de prolonger ma garde à l'hôpital, je suis crevée… J'ai coupé le portable.
- Je comprends… Sourit Lexa en embrassant la main mouillée de la blonde.
- Je crois que je vais me mettre en nuisette et au lit, soupira Clarke en s'étirant.
- Ah…
Clarke leva ses yeux bleus pour regarder sa compagne qui semblait déçue.
- Tu avais prévue quelque chose mon amour ?
- Il y a le gala ce soir…
- Oh le gala… Soupira la blonde en grimaçant.
- Tu m'avais dit que tu viendrais si tu n'étais pas de garde…
- Je sais Lex' mais je suis vraiment fatiguée… Je n'ai franchement pas le courage de supporter tous tes amis riches…
- Même si je suis là ?
- Tu seras là mais loin de moi à la fois…
La brune fit une moue : oui elle et Clarke devraient faire comme si elles n'étaient que de simples amies.
- Tu préfères rester à la maison ?
- Hm oui… Tu sais les galas… Tout ce beau monde… Je trouve ça ennuyant… J'étais venue pour Becca la dernière fois parce que je m'inquiétais pour sa santé…
- Je pourrais faire une terrible intolérance au champagne ou aux petits fours… Tenta la brune, taquine.
Clarke ne put s'empêcher de rire et de lancer une petite gerbe d'eau sur sa compagne qui s'écarta pour l'éviter en riant doucement.
- Bon je vais me préparer alors… Je ne sais pas à quelle heure je vais rentrer par contre.
- Je commence à être habituée à tes horaires du diable, tu sais.
- Ne parle pas du malin pour mes horaires… Fit la brune peu ouverte à ce genre de blague.
- Pardon, j'oublie toujours que tu es chrétienne.
- Hm…
- Viens dans le bain, je remets de l'eau chaude !
- Non je vais prendre une douche dans la salle de bain de la chambre…
- Pourquoi ? Gémit la blonde, presque capricieuse.
- Le temps me manque… Répondit évasivement la brune en se doutant bien de ce qu'attendait la médecin d'elle.
- C'est ton corps qui me manque à moi… Sourit Clarke.
- Viens au gala, tu auras tout loisir de le voir alors.
- Bien tenté mais non !
- J'aurais essayé au moins, sourit la brune en sortant de la pièce.
- Leeex !
- Non mon amour je dois me dépêcher ! Répondit la Donati depuis le couloir.
La blonde avait finalement réussi à quitter la baignoire et avait passé une nuisette bleu marine qui mettait en valeur ses formes voluptueuses. Elle s'arrêta en voyant Lexa se mettre minutieusement du eye-liner autour des yeux, renforçant ainsi le vert de ces derniers. La brune portait le même tailleur quant elles s'étaient revues lors du gala de charité au début de l'été. Le cœur de Clarke s'emballa à cette vision et elle ne put s'empêcher de se mordiller la lèvre tout en détaillant le corps fin de son amante. Son regard s'attarda sur les fesses musclées et mises en valeur par le pantalon tailleur noir.
- Je vais peut-être changer d'avis tout compte fait… Murmura t-elle sur un ton qui se voulait jaloux.
- Hm ? Répondit la brune, concentrée sur son geste.
La médecin s'avança et glissa ses mains sur les fesses de la Donati pour les caresser de manière possessive et chuchoter :
- Je disais que j'allais peut-être changer d'avis au sujet du gala.
- Pourquoi ?
- Tu es un peu trop sexy pour y aller seule…
Lexa laissa échapper un petit rire :
- Tu n'as pas à t'inquiéter de ça, Clarke. Je n'aime que toi.
- J'aimais Finn et ça ne m'a pas empêché de le tromper avec toi…
- Je suis quelqu'un de très fidèle ? Tenta la brune pour rassurer la blonde.
- Moi aussi mais j'ai fini par craquer…
- Je dois avouer que cette nuit là… Tu m'as surprise, sourit la brune en s'aspergeant de parfum.
L'odeur de cuir épicé envahit les narines de la blonde qui enlaça fermement la brune :
- Clarke ? Demanda t-elle, surprise.
- Donc tu résisterais à une belle femme aguicheuse…? Imagine qu'elle soit moins chiante que moi, moins curieuse, moins désobéissante…
- Aucun intérêt.
- Pas médecin…
- Ah en effet sur ce point, ce serait intéressant… Sourit Lexa.
- Hé ! S'indigna la blonde en claquant la fesse de la brune qui ne put s'empêcher de rire doucement.
- Tu viens alors ?
- Je ne sais pas… Hm…
- Ça me ferait très plaisir que tu viennes… Confia la brune.
- Vraiment ?
- Oui.
- Mais je n'ai pas de robe… Je suis crevée en plus… Je ne tiendrais pas longtemps…
- Je suis sûre que tu en as une qui fera l'affaire… et je te ferais raccompagner dès que tu en auras marre…
- Bon… D'accord.
Avant que la blonde ne sorte de la chambre, Lexa l'attrapa par les hanches pour l'embrasser amoureusement :
- Merci.
La brune arrêta sa moto kaki devant l'hôtel où logeait Luna Kane. Elle retira son casque et se dirigea vers la réception pour demander à ce qu'on appelle l'américaine. Cette dernière se montra après quelques minutes, accompagnée comme lors de son arrivée de ses gardes du corps parfaitement habillés. Le sourire qui s'étira sur le bas de son visage découvrit une rangée de dents blanches et parfaitement alignées. La mécanicienne ne put s'empêcher de dévorer le corps long et fin de sa « cavalière du soir » : Luna Kane était vraiment digne des déesses grecques mais ce qui plaisait le plus à Raven n'étaient autres que ses magnifiques cheveux châtain foncés et frisés naturellement.
- Je pensais que tu mettrais une robe, fit remarquer Luna en s'arrêtant sur la tenue de Raven.
La mécanicienne baissa les yeux sur son ensemble : elle portait un jean moulant noir et une chemise blanche qui mettait en valeur son buste. Elle avait voulu jouer la carte de la moto aussi la robe était proscrite pour conduire.
- Et moi je pensais que tu mettrais un tailleur… Répondit Raven avec une moue.
Le rire de Luna perça dans le hall de l'hôtel et elle s'approcha de la latina pour aller lui chuchoter :
- Ce n'est pas ta moto qui m'impressionnera ce soir guapita…
Raven haussa un sourcil au surnom avant de demander :
- Tu parles espagnol ?
- Je m'occupe des transactions entre le Mexique et l'Amérique en plus de la Sicile et de l'Italie… L'espagnol, l'italien… Je les croque à pleines dents.
- Je vois…
- Que vois tu d'autre ? Chuchota la belle américaine à l'oreille de la mécanicienne qui se figea.
- Que tu as une alliance à ton annulaire…
- Et vois-tu mon mari ?...
- Qui me dis que ce n'est pas un des gorilles qui t'accompagne ? Je ne suis pas là pour créer des problèmes dans les affaires de la Dona pour une histoire de cul.
- Qui a parlé d'histoire de cul ?
- Que… Ce n'est pas ce que tu veux ? Tu me chauffes depuis que tu es arrivée ! S'indigna Raven en fronçant les sourcils.
- Haha ! C'est que tu es encore plus mignonne quand tu te fâches ! Rit Luna.
La mécanicienne renifla de mauvaiseté avant de bloquer sa respiration devant les lèvres de Luna qui s'étaient grandement approchées des siennes :
- Si tu rends mon séjour plus intéressant je te récompenserai guapita…
Raven s'humecta les lèvres avant de dire :
- Je suis pas escort girl…
- Et que fais-tu quand une femme te veut ?... Sourit la Kane.
- Euh…
- La laisses-tu se languir de toi…? Assoiffée de désir ?...
La mécanicienne sentit son estomac se tordre : cette femme était une tentatrice dangereuse mais elle avait vraiment besoin de passer à autre chose et son instinct lui disait qu'elle risquait de ne pas s'ennuyer à ses côtés le temps de son séjour en Sicile…
- Je t'emmène ?
Raven secoua la tête :
- Je ne sais pas si en Amérique c'est différent mais chez nous deux femmes qui arrivent ensemble à ce genre de réception ce n'est pas bien vues. Je te rejoins là-bas.
- Comme tu voudras guapita… Sourit la brune.
Le SUV noir s'arrêta à hauteur du tapis rouge installé à l'occasion pour accueillir les invités du gala. Lexa profita des vitres teintées pour embrasser le dos de la main de sa compagne qui lui sourit.
- Tu es magnifique Clarke.
La blonde sourit au compliment : elle avait trouvé une robe noire très jolie qu'elle avait mariée avec un petit gilet afin de protéger son dos nu. Ses cheveux blonds avaient retrouvé leur mouvement naturel et étaient ondulés et détachés. Elle portait un maquillage qui mettait en valeur ses beaux yeux bleus.
- Tu penses qu'Aden sera là ?
- Ça m'étonnerait.
Pour signifier son désintérêt sur la question, la Donati fit signe à Gustus qui descendit rapidement du véhicule pour aller ouvrir sa portière. La blonde allait pour suivre sa compagne quand le garde du corps l'arrêta d'un regard.
- Vous ne descendez pas ici Docteur Griffin, indiqua t-il.
- Pardon ? Balbutia la blonde, tombant des nues.
- C'est pour votre bien à toutes les deux, dit-il en claquant la portière.
Lexa s'était stoppée dans son avancée, elle aussi surprise de ne pas voir Clarke la suivre. Elle dirigea un regard courroucé vers son garde du corps qui ne se laissa pas démonter.
- Où est Clarke ?
- Elle est partie garer la voiture avec Ryder.
- Quoi ?!
- Tu ne peux pas te permettre ce caprice Lexa. Pas en ce moment.
- Rappelle Ryder immédiatement !
- Non.
- Je te jure que je te ferais payer ton insolence et ta désobéissance.
- Tu me remercieras quand tu auras la chance d'atteindre tes trente ans.
- J'ai dit à Clarke qu'elle passerait une bonne soirée et tu es en train de la faire tourner au cauchemar !
- Arrête de penser à Clarke et pense au futur. Tu n'es pas Lexa ce soir, tu es la Dona et tu es là pour prouver à toutes les grandes familles que tu ne te laisseras marcher dessus par personne. Ce n'est pas en affichant ta petite copine secrète que tu les convaincras de ta force, dit-il durement.
La Donati resta figée sur place tant le coup verbal que lui avait asséné Gustus avait été dur. Elle serra les poings et les lèvres pour se retenir d'exploser de colère. Un regard par dessus son épaule lui permit de voir que le SUV avait laissé place à une autre voiture.
Clarke secoua la tête : que lui avait-il pris d'accepter d'accompagner Lexa à ce gala ? Elle se sentait trahie et honteuse. Elle était prête encore une fois à faire l'effort de jouer la comédie du médecin personnel de la famille Donati alors qu'elle était plus qu'intime avec l'héritière depuis bientôt plus de huit mois. Ryder semblait avoir remarqué sa tristesse, aussi proposa t-il :
- Voulez-vous que je vous ramène Docteur Griffin ? J'ai bien peur que cette soirée soit plus pénible qu'agréable pour vous.
La blonde tourna le regard vers le grand brun qui semblait l'avoir en affection contrairement à Gustus qui n'avait pas changé depuis qu'elle sortait avec Lexa. Parfois elle ne le comprenait pas : un coup il permettait à Lexa de s'enfuir avec elle aux États Unis et un autre les empêchaient de profiter d'une soirée tranquille.
- Je vais rester un peu pour Lexa mais pas longtemps… Merci Ryder.
- C'est normal Docteur, répondit le sicilien.
Ils rejoignirent la salle de réception à l'intérieur de l'hippodrome où une bonne centaine de personnes discutaient bruyamment entre elles. Clarke soupira : elle n'allait pas rester plus d'une heure parmi ces snobs.
La blonde en était à sa troisième flûte de champagne lorsqu'elle capta enfin le regard de Lexa qui ne cessait de se faire aborder par différentes personnes. La brune semblait jouer son rôle de femme d'affaires sévère. Elle avait fait un premier discours pour présenter la maquette du casino devant laquelle les futurs investisseurs se pavanaient tout en faisant des remarques à voix haute.
L'espace d'une seconde et ce malgré l'alcool ingurgité, Clarke sut que cette vaste comédie n'amusait pas du tout sa compagne. La médecin sentit son estomac se tordre violemment et les larmes lui monter aux yeux devant l'injustice de ce moment : elle n'était qu'à quelques mètres de la femme qu'elle aimait et était interdite de l'approcher sous peine de se faire sans aucun doute tabasser par Gustus qui ne cessait de la menacer du regard.
Une larme s'échappa de son œil droit et elle l'essuya rapidement avant de quitter du regard Lexa qui semblait s'être alertée de son nouvel état.
La médecin se dirigea rapidement vers les toilettes où des dizaines de femmes se remaquillaient ou bien riaient de ce que leur faisaient subir leurs ennuyeux maris. Elle en bouscula une ou deux avec de faibles « pardon » avant de s'enfermer brutalement dans des toilettes et de rendre le peu de petits fours et le bon demi litre de champagne qu'elle avait pu avaler tout en se mettant à genoux in extremis.
Elle resta assommée contre sa toilette un bon moment, ne remarquant même pas le silence qui s'était soudainement installé dans la pièce, comme si celle-ci s'était soudainement vidée. Elle sursauta quand elle reconnut la voix de Lexa et Gustus en train de se disputer à l'intérieur :
- Lexa ne fais pas ça ! Tout le monde se demande ce que tu fais !
- Je vais la chercher !
- Non je te l'interdis ! Tu te mets en danger !
- LA FERME GUSTUS ! HORS DE MA VUE ! FAIS CE POUR QUOI JE TE PAIE ! Explosa t-elle en lui claquant la porte des toilettes au nez. Clarke ? Clarke ?
De nouvelles larmes montèrent aux yeux de la blonde qui ne parvint pas à les retenir et explosa en sanglots. Elle entendit Lexa toquer contre la porte de sa cabine.
- Clarke… Clarke mon amour, ouvre… S'il te plaît…
- Non… Articula difficilement la blonde.
- Clarke je t'aime… Je t'en prie, ne reste pas toute seule… Ouvre… On s'en va si tu veux…
- J'en peux plus Lexa… J'en peux plus…
- Je suis désolée… C'était une mauvaise idée de te faire venir. Je ne savais pas que Gustus ferait ça, je te le jure… Ouvre mon amour…
La porte se déverrouilla et la blonde se présenta piteuse devant l'héritière qui l'attira pour la serrer avec force contre elle. Cela provoqua une nouvelle crise de sanglots de la part de la médecin qui balbutia :
- Je suis désolée… Je suis tellement désolée Lexa… Je pensais pouvoir tenir…
- Ce n'est pas ta faute… C'est la mienne… Je t'aime Clarke, je t'aime tellement mais je suis terrifiée à l'idée que la Mafia puisse te faire du mal à travers moi et mes projets… Je ne m'en remettrai jamais s'il t'arrivait quelque chose.
- Je sais… Sanglota t-elle.
- Pardonne-moi… Pardonne-moi… Souffla Lexa en embrassant les joues trempées de larmes puis la commissure des lèvres de la blonde qui recula
Les sourcils de la brune s'arquèrent légèrement au recul de la jeune femme qui souffla :
- J'ai vomi tout le champagne… Je veux pas que tu m'embrasses dans cet état…
Lexa sourit légèrement tout en laissant Clarke se rapprocher du lavabo luxueux. Elle laissa la blonde se débarbouiller avant de la saisir et la plaquer contre l'un des murs carrelés de la pièce. Elle plongea ses yeux verts dans ceux bleus de sa compagne pour souffler :
- Peu importe l'état dans lequel tu te trouves je t'aime et je t'embrasse quand j'en ai envie… Tu es à moi et je suis à toi Clarke.
Elle n'attendit pas le consentement de la blonde pour plaquer ses lèvres contre celles de la médecin qui sursauta légèrement avant de se détendre et de répondre au baiser avec une frustration sans nom. La Donati accentua leur baiser tout en glissant ses mains sous la robe pour caresser les cuisses douces de la belle américaine qui gémit de plaisir devant cette démonstration d'amour malgré le lieu insolite et le danger environnant.
- Hn Lexa…! Articula difficilement Clarke quand elle sentit sa petite culotte descendre brusquement le long de ses jambes avant d'avoir la bouche de la brune contre son sexe.
La Donati offrit un baiser sensuel à la blonde qui retrouva son goût sur la langue de la brune. Clarke souffla, les joues rouges de plaisir et murmura tout en amenant le bassin de sa compagne contre le sien pour caresser ses fesses avec gourmandise :
- On est loin de la classe italienne à laquelle tu m'as habituée…
- Ça te déplaît ? Demanda l'héritière, joueuse.
- Pas du tout… Soupira la blonde en embrassant amoureusement sa compagne. Je te veux comme ça tout le temps… Au naturel…
- Je vais voir ce que je peux faire à ce sujet… Sourit Lexa.
- C'est quand même bizarre que personne ne soit entré le temps qu'on…
- Ne t'occupe pas de ça. Viens, on rentre.
- Ça me va, sourit la blonde.
Le couple se dirigea vers la sortie et se stoppa devant la porte. Lexa baissa le regard au sol et la blonde comprit aussitôt : elle lâcha la main de sa compagne et recula légèrement pour laisser une distance raisonnable entre elles.
- Je suis désolée de te demander ça… mais…
- J'attends une minute après que tu sois sortie ?
- Oui… Désolée mon amour.
- Je peux faire ça si on rentre tout de suite après.
- Je te le promets, sourit la brune en embrassant la joue de la blonde qui sourit doucement.
Lexa ouvrit prudemment la porte pour trouver devant une sorte de cône jaune indiquant que les toilettes étaient pour le moment hors service dû à un sol glissant. Elle repéra rapidement Gustus qui guettait sa sortie et s'attendit à un regard incendiaire mais ce dernier se contenta de tourner son regard vers une masse de gens qui s'agglutinait devant quelques personnes. L'héritière fronça les sourcils : au moins elle n'avait pas à se préoccuper de qui soupçonnerait sa relation avec Clarke. Elle resta figée, attendant que la foule se disperse pour finalement frôler l'infarctus : Nia Barzetti riait aux éclats avec des membres des grandes familles mafieuses qui normalement ne pouvaient pas la voir.
Elle savait qu'elle devait partir pour Clarke et sauver leur couple mais elle ne put s'empêcher de vouloir sauter à la gorge de cette menteuse, manipulatrice et meurtrière. Elle réfléchissait déjà aux mots tranchants qu'elle assénerait à cette peste noire : c'était une insulte que de venir à son gala alors que leur famille respective était toujours ennemie. Comme si elle pouvait espérer lui vendre à travers des sbires des parts de son casino… Elle rêvait tout debout.
Son cœur se stoppa le temps d'une seconde lorsqu'elle vit la main d'un jeune homme blond se poser sur l'épaule de la matriarche des Barzetti et lui faire une bise amicale.
- Aden… Souffla t-elle, horrifiée par ce spectacle.
Le Donati était chiquement vêtu et avait à son bras Ontari qui portait une robe magnifique. Jamais elle n'aurait pensé que son frère aurait l'audace de venir accompagné des Barzetti à son gala. Lexa sentit son cœur se serrer de souffrance : comment son propre frère pouvait-il lui faire ça après tout ce qu'elle avait sacrifié pour lui ? En être réduit à se pavaner avec la fille de leurs pires ennemis et discuter maladroitement de leur « alliance » tout en se présentant comme la nouvelle coqueluche de la Sicile. Elle n'entendit même pas la porte des toilettes s'ouvrir et se fermer et ne réagit que lorsque Clarke lui rentra dedans maladroitement.
- Lex ? Il y a un problème ? J'ai attendu plus de deux minutes… Je pensais que tu serais déjà devant…
- Excuse-moi… J'ai une dernière chose à faire avant…
- Quoi ?
- Ça, répondit la brune en attrapant la main de la médecin pour l'enlacer avec la sienne.
Clarke sentit son rythme cardiaque accélérer avec force alors que la brune l'emmenait avec elle par la main vers la scène où chantait un homme reprenant Caruso de Lucio Dallas. Elle le fit taire d'un geste autoritaire avant de lui faire quitter la scène. Le mouvement attira les regards sur elles ce qui fit rougir la blonde de gêne : elle se sentait observée comme une bête étrange tout en se sentant étrangement puissante. Elle se tourna vers Lexa qui avait adopté son visage de femme d'affaires autoritaire.
- Mes chers amis je vous remercie de votre présence. Sachez que vous voir me transcende de plaisir car vous avez toujours été fidèles envers la famille Donati et ce depuis plus de quatre générations. Si je monte pour vous parler de nouveau aujourd'hui ce n'est pas pour appeler vos portefeuilles… Plaisanta la brune.
La blague eut le mérite de faire rire légèrement certains.
- Si je suis devant vous aujourd'hui c'est pour faire appel à votre ouverture d'esprit et votre amitié qui m'est importante. Vous avez toujours su me faire confiance depuis mon retour et rien ne vous y obligeait. J'ai toujours séparé vie privée et vie professionnelle pour réussir à vous satisfaire mais je sais qu'aujourd'hui le trouble a été semé dans votre esprit ainsi que dans notre très chère Syracuse…
Des murmures s'élevèrent soudainement mais cessèrent dès que la brune reprit la parole :
- Aujourd'hui je dois avouer auprès de notre Seigneur que j'ai péché. Oui, à ses yeux j'ai péché et ce malgré moi car je ne suis au final qu'une simple femme.
Gustus monta rapidement sur la scène, prêt à distraire l'attention sur lui mais Lexa l'en empêcha d'un geste autoritaire qui coupa le souffle à toute la salle.
- J'aime les femmes et plus précisément une en particulier, dit-elle en se tournant vers Clarke qui était devenue rouge de honte devant tous ces yeux la dévorant.
Le Giordano émit un grognement désapprobateur.
- Je pense qu'il est temps que notre île grandisse et accepte les nouvelles mœurs que partage le monde entier. Aujourd'hui l'Italie refuse encore le droit à l'avortement aux femmes et je me bats depuis mon retour pour faire changer les choses et vous ici m'avez soutenue dans ma démarche tout comme le fait d'accepter les étrangers… Becca Giordano a laissé sa vie dans ce combat et je ne l'abandonnerai pas. Ce soir, j'espère faire changer les regards sur les homosexuels car je le suis moi-même et j'en suis très heureuse. Le fait d'aimer quelqu'un du même sexe ne change pas mes capacités à réfléchir et travailler avec fermeté dans mes affaires contrairement à ce que certains pensent. Sachez que si je joue la transparence avec vous aujourd'hui, c'est pour travailler d'un front commun avec vous sur les futurs projets de la famille Donati. Je vous remercie de votre attention et vous souhaite une agréable soirée.
L'héritière glissa une main sur les hanches de sa compagne avant de descendre de la scène avec elle. Clarke se tourna vers elle avec des yeux brillants de bonheur et elle chuchota simplement :
- Merci.
Lexa lui sourit avant de resserrer sa prise, ne souhaitant pas jouer avec le feu non plus. Elle avait vu que son annonce en avait choqué plus d'un dans les grandes familles notamment son frère qui avait pour le coup perdu toute l'attention des invités.
Les deux jeunes femmes allaient partir quand elles se firent arrêter par un couple d'amis de la famille Donati qui les félicitèrent pour leur courage et de leur détermination. Elles croisèrent aussi Indra Salomon qui était toujours seule à ce genre de réception. L'avocate sourit amplement à sa supérieure et lui présenta son respect le plus profond.
- Ce que vous avez fait Madame Donati est très courageux… Depuis votre retour, vous n'avez cessé d'être un exemple pour tous les siciliens. Merci.
Gustus ne put s'empêcher d'émettre un nouveau grognement désapprobateur. Ce qu'avait fait Lexa était de la pure folie à ses yeux. Il se paralysa lorsque Nia arriva devant Lexa :
- Lexa… Qui aurait cru ça… C'est un très beau discours que vous avez fait… Très émouvant.
- Gardez votre salive envenimée pour les personnes assez stupides pour vous suivre dans votre folie destructrice, répondit Lexa, cinglante.
- Lex… Souffla Clarke, surprise et mal à l'aise.
- Vous avez peut-être réussi à prendre mon frère mais sachez que je vous prendrai tout ce que vous avez, dit Lexa en s'approchant de la Barzetti pour chuchoter à son oreille.
Nia ne put s'empêcher de sourire froidement avant de murmurer à son tour au creux de l'oreille de la Donati :
- Que Dieu vous protège mon enfant car lorsque je frapperai il sera déjà trop tard pour votre corps pourri par le péché… Sale lesbienne… Vous n'êtes qu'une insulte pour la Sicile et la famille Donati qui autrefois brillait de puissance… Soyez sans crainte… Je prendrai soin d'Aden lorsque vous serez morte.
Lexa s'écarta vivement avant de se diriger vers la sortie principale. Gustus encadra le couple pour l'escorter jusqu'au SUV que Ryder était allé chercher. D'autres personnes marchèrent sur leurs traces pour rentrer aussi chez eux car il se faisait déjà tard.
- De la pure folie… Grogna le Giordano pour lui-même en avançant.
Clarke se stoppa avec la brune et se tourna vers elle pour encadrer son visage de ses mains. Elle posa un chaste baiser sur les lèvres de sa compagne qui sourit.
- Tu n'imagines pas à quel point ce que tu as fait ce soir me touche.
- C'est une libération… J'aurais dû le faire il y a bien longtemps.
- Merci quand même mon amour.
- De rien…
Au loin un bruit de moteur de moto se fit soudainement entendre puis des freins qui crissent avant un cri de la part de Gustus :
- LEXA ! COUCHE-TOI ! ARGGH !
Deux coups de feu touchèrent le Giordano qui tomba au sol et qui firent accroupir les deux jeunes femmes. La moto s'avança à leur niveau et Lexa poussa Clarke derrière elle pour la protéger. Deux individus protégés par des casques à visière noire étaient installés sur le deux roues, l'un pilotant et le second tirant. À travers son casque les deux femmes purent entendre :
- Les Familles n'obéiront jamais à un monstre !
Le canon de l'arme se dirigea droit sur la tête de Lexa. Le tireur pressa deux fois la détente quand il fut soudainement déséquilibré avec son équipier par Gustus qui avait trouvé la force de se relever pour protéger la Donati. La moto tomba au sol ainsi que l'arme. Le poids de l'engin écrasa les jambes des assassins qui hurlèrent de douleur. Un coup de coude au visage termina le garde du corps qui se retrouva inconscient au sol cette fois-ci. Le pilote, débarrassé de ce poids supplémentaire, réussit à relever leur moto éraflée tandis que son coéquipier se penchait pour récupérer son pistolet et terminer le travail mais Clarke donna un coup de pied par réflexe dans celle-ci et l'envoya assez loin pour décourager l'agresseur. Un coup d'accélérateur les fit partir vers la route où Ryder les intercepta en leur fonçant dessus, les faisant voler et s'écraser au sol à plusieurs mètres du SUV. Le second garde du corps appela immédiatement des renforts alors qu'une foule de curieux s'agglutinaient autour de Lexa et Clarke qui en larmes, pressait le côté droit de sa compagne inconsciente.
- Lex ! Lex réveille-toi ! Reste avec moi ! Réveille-toi !
La blonde sortit son téléphone de sa main libre pour appeler une ambulance. Le sang frais sur ses doigts la fit pâlir et tout en expliquant aussi calmement que possible l'urgence de la situation, elle baissa les yeux lorsqu'elle entendit tousser Lexa. La brune cracha un peu de sang et ses iris verts offraient des pupilles dilatées.
- Mon amour… Reste éveillée… Tu m'entends ? Reste éveillée… Lui parla Clarke.
- Clarke… G… Gustus…
Clarke releva le visage vers le sicilien qui baignait à présent dans une marre de sang et avait le bras gauche dans un sale état.
- Je ne peux pas te laisser…
- Ça va… Vas… Vas-y… S'il te plaît… Sauve… Aïe… Grogna la brune en essayant de se redresser.
- Ne bouge pas… Tu fais sans doute une hémorragie interne mais la zone n'est pas à risque…
- Je vais maintenir… Aide Gustus…
- Lexa ! Hurla une voix masculine en sortant de la salle de réception de l'hippodrome.
- Aden ! Il faut que tu maintiennes un point de compression là et là ! Tu entends ? Quoiqu'elle dise tu ne la lâches pas ! Il faut que je m'occupe de Gustus !
- Oui… Oui Docteur !
- Aden ! Oh mon Dieu ! S'exclama Ontari en arrivant au niveau du blond, n'hésitant pas à s'agenouiller pour l'aider ainsi que sa sœur.
- Ne… me touchez pas… Grogna Lexa non sans douleur pour son jeune frère et la Barzetti.
- Je le fais parce que le Docteur Griffin m'a dit de le faire ! Répondit froidement Aden devant le ton qu'avait employé sa sœur.
Un SUV arriva à pleine vitesse. Anya descendit du véhicule pour se précipiter aux côtés de son compagnon. Ryder avait sans doute eu le temps de la prévenir avec le code d'alerte.
- Gustus !
- Ne le touchez pas ! Je le prends en charge ! Avertit Clarke en auscultant le sicilien.
Anya ignora l'ordre médical et commença à poser ses mains sur les joues du Giordano qui ne bougeait plus.
- Gustus ! Lève-toi putain ! Lève-toi !
- Anya, faites-moi confiance : je vais le sauver, dit Clarke en fixant ses pupilles bleus dans ceux noisette de la Zanetti tout en posant une main sur son bras.
Son pouls était faible mais existant malgré les deux blessures par balles qu'il avait au niveau de l'abdomen et des pectoraux. La grande brune acquiesça durement avant de se lever pour concentrer sa colère sur les vraies cibles. Elle siffla Ryder qui était un peu plus loin, déjà en train de chercher les assassins. Elle sortit un pistolet de sa veste en cuir.
- Je veux les tuer moi-même, dit sombrement la Zanetti.
Et nous voilà à la fin de ce chapitre 23 ! J'espère qu'il vous a plu ! N'hésitez pas à me dire dans vos reviews ce qui vous a le plus plu ou fait frissonner ! J'ai adoré écrire la conversation entre Aden et Lexa, ainsi que le clin d'œil à Roméo & Juliette avec cette folle de Nia :P Le témoignage que fait Lexa afin de se dévoiler aux grandes familles était aussi très cool à écrire ! Elle va enfin pouvoir avancer avec Clarke ;P Comment avez vous trouvé Gustus ? Lui donnez-vous raison ou non?
Désolée pour cette fin en suspens... Mais bon 23 pages déjà, il faut bien que je coupe à un moment donné ! A la prochaine en espérant que je ne sois pas en retard ce coup-ci !
