Hellooo ! Me voici me voilà ! Avec du retard comme toujours mais comme je l'ai dit sur mon profil : on est fin juillet ! :P Merci pour vos retours, follows, favs qui me font toujours autant plaisir ! Merci à doubi qui m'a bien aidé sur ce chapitre à retravailler certaines scènes (paix à son âme car il a fait une overdose de relecture haha xD) et à MagRd qui comme toujours relit à une vitesse folle pour votre plus grand plaisir ! :P Je vous laisse découvrir ce chapitre 24 et sa petite surprise de fin... 29 Pages au compteur alors savourez-le car tout s'accélère ! Le résultat du jeu lancé par Mag sur Into the Deep sera à la fin ! ;P
Elooo : Merci pour ton retour ! :D Contente que le chapitre 23 t'ait autant plu héhé ! Encore désolée pour ce nouveau retard je me sauve ! :D
Chapitre 24 : Souvenirs
Sa tête vibrait sans pouvoir s'arrêter : Anya avançait mécaniquement dans les rues adjacentes de l'hippodrome à la recherche des hommes chargés de l'assassinat de la Dona. Elle serrait ses doigts autour de la crosse de son arme et essayait de repousser la vision de Gustus allongé sur le sol et baignant dans son sang. Son cœur battait à tout rompre et l'intégralité de son corps lui faisait mal. Elle sentait au fond d'elle que l'homme de sa vie malgré ce qu'avait dit Clarke, risquait de ne pas s'en sortir. Elle devrait en ce moment être à ses côtés mais la vision était beaucoup trop difficile et effrayante. Elle ne voulait pas le voir et pourtant il lui manquait déjà. La seule idée l'aidant à être debout était celle de tuer ceux qui avaient fait ça. Elle se stoppa contre un conteneur pour s'appuyer dessus afin de souffler car une crampe au ventre la prit. Une grimace lui échappa alors qu'elle se rappelait soudainement qu'un microbe, comme elle se plaisait à l'appeler se développait actuellement dans son ventre depuis un peu plus de six mois à présent. Août paraissait si loin…
- Putain… C'est pas le moment…
- Anya ! Appela Ryder en arrivant avec Artigas. Tu devrais…
- Ne me dis pas ce que je dois faire ! S'exclama t-elle en se redressant.
- Pardon. J'ai retrouvé le chauffeur, il est déjà mort. Il est à quelques mètres. Nuque brisée.
- Et l'autre ?
- Pas encore retrouvé, il a dû ramper. Impossible s'il est vivant qu'il puisse marcher. La moto a volé à plusieurs mètres lorsque je les ai percutés.
- Trouvez-le putain ! Pour Gustus et la Dona ! C'est un ordre !
Les deux hommes de main hochèrent la tête et se séparèrent de nouveau tout en prêtant attention aux sirènes de police commençant à se faire entendre. Anya continua à avancer et malgré son mal de tête se figea lorsqu'elle sembla entendre un gémissement suivit d'un vacarme. Elle retira la sécurité de son arme et tourna à l'angle pour se retrouver dans un cul de sac où d'autres conteneurs étaient entreposés ainsi que diverses ordures mais où du sang frais décorait le bitume. Malgré la pénombre elle distingua sans mal un corps dans un coin qui tentait vainement de se faire silencieux.
La mafieuse s'avança jusqu'au motard qui leva difficilement la tête vers elle. Il avait retiré son casque sans doute pour mieux respirer aussi reconnut-elle sans mal le fils d'une famille alliée aux Donati depuis toujours : Leone Manzano. Cette révélation la surprit : qu'avait bien pu dire Lexa au gala pour susciter une telle haine et colère de la part d'aussi vieux alliés ? Le jeune homme âgé d'environ la trentaine releva ses yeux vitreux vers la Zanetti tout en se tenant le ventre duquel dépassait une barre de métal. Il toussa un peu de sang alors qu'Anya s'accroupissait pour le regarder droit dans les yeux et poser son arme contre son front.
- Dis-moi pourquoi Leone.
L'homme se contenta de fermer les yeux et tenta de cracher mais il ne parvint qu'à former une bile de sang qui coula piteusement le long de sa commissure inférieure. Sa douleur au ventre lui coupait le souffle. Il sentit le canon du pistolet s'enfoncer un peu plus sur son front.
- La Dona… Elle… nous emmènera dans la tombe… Elle se fiche des valeurs… C'est un monstre. Elle vante… les plaisirs de la chair… avec une femme… et son frère a rejoint les… Barzetti… Nous avons honte… d'avoir cru en elle aussi longtemps et sa famille… Les Donati sont finis…
Les yeux noisette d'Anya semblaient dépourvus de compassion à cet instant et Leone sut immédiatement que malgré ses explications, la Zanetti ne le laisserait pas vivre. Il garda son regard fixé dans celui de la blonde qui pressa la détente sans trembler. Le coup de feu partit et amplifia le mal de crâne de la mafieuse qui avait maintenant des éclaboussures de sang sur le visage. Elle entendit des pas de course venir de derrière elle. Ryder l'appela mais comme elle restait figée, il la tira brusquement pour l'obliger à quitter les lieux afin d'échapper aux autorités.
Raven sourit en sentant une main descendre le long de son buste pour s'aventurer entre ses cuisses. Elle ouvrit doucement les yeux pour se retrouver face à Luna Kane qui tout comme elle, était nue. Les deux femmes s'étaient finalement peu attardées au gala. Elles avaient regardé rapidement la maquette et écouté le premier discours de Lexa avant de s'éclipser pour profiter d'aventures beaucoup plus croustillantes que de basses discussions d'investissement.
- Tu n'en as pas eu assez cette nuit americana ? Demanda Raven, amusée en s'allongeant sur le ventre tout en posant sa tête contre ses bras croisés.
Elle détailla une nouvelle fois le corps plus qu'agréable de son amante d'une nuit. Luna était une grande femme fine aux courbes délicieuses. Elle avait apprécié cette nuit en sa compagnie. Elle commençait enfin à reprendre du poil de la bête depuis son histoire désastreuse avec Octavia.
- Je dois avouer que tu es comme l'héroïne, guapita… Répondit Luna en se redressant pour aller poser des baisers le long du dos de la mécanicienne.
Des baisers qui furent très appréciés par Raven qui ne put retenir plusieurs frissons.
- Ravie d'être comparée à quelque chose d'aussi addictif…
- Tu es vraiment douée avec tes doigts… On te l'a déjà dit ? Demanda Luna en arrivant au niveau des fesses musclées de la latina.
- Tu n'as pas encore vu ce que je sais faire avec ma langue crois-moi…
- J'ai encore une petite demi-heure devant moi si tu te sens l'envie de me faire découvrir…
Le sourire de Raven s'élargit encore plus. Elle se redressa pour aller enlacer l'américaine et masser son sein gauche tout en la faisant reculer contre la tête de lit. Elles avaient atterri dans l'hôtel de Luna qui était très luxueux, aussi leurs ébats avaient été d'autant plus agréables. Un gémissement s'échappa des lèvres de la mafieuse quand la mécanicienne ouvrit de manière féroce ses cuisses. La latina vint placer ses mains autour des barreaux du lit, susurrant :
- Ne les lâche pas…
- Hn… Je sens que je vais adorer…
Raven se contenta de donner un coup de langue subtil sur les lèvres de son amante qui grogna de frustration devant l'absence de baiser. Elle se mit à frissonner quand elle sentit la brune se concentrer sur son bourgeon de plaisir et le caresser de manière délicieuse.
- Oh bon sang…! S'exclama soudainement Luna en anglais devant une caresse plus agréable que les autres.
Elle devina sans difficulté le sourire qu'avait son amante un peu plus bas maintenant qu'elle avait trouvé ce qui lui plaisait le plus. Luna sentit rapidement son corps se parsemer de frissons délicieux et son bassin basculer encore plus vers la bouche de la mécanicienne qui accentua son travail langoureux.
Alors que Luna repoussait au maximum son orgasme afin de savourer la gâterie de son amante, le jeu de langue de Raven se vit ralentit lorsqu'une sonnerie de portable se fit entendre depuis l'autre bout de la chambre.
- Hn guapita… Continue bon sang…
Raven se reprit rapidement même si son cœur s'était emballé soudainement. Cette sonnerie… C'était celle qu'Octavia s'était attribuée dans son propre téléphone par jeu lors d'une sortie en boîte. À ce moment encore, les deux jeunes femmes ne cessaient de se chauffer dangereusement. Sa langue continua son travail quelques secondes jusqu'à ce que la sonnerie se fasse entendre une seconde fois. La mécanicienne ne résista pas et se releva du lit pour sauter de ce dernier et chercher rapidement son portable, arrachant un grognement frustré à Luna qui la fusilla du regard.
- Raven ! Qu'est-ce que tu fous ?!
- Désolée… Ça doit être urgent… Marmonna la mécanicienne en mettant enfin la main sur son téléphone.
Elle tenta de décrocher mais c'était déjà trop tard. Elle avait plusieurs appels en absence de Wick ainsi que les deux d'Octavia. Elle sortit sur le balcon pour tenter de rappeler la Blake.
- Octavia ? Tu as essayé de me joindre ? Tout va bien ? Demanda t-elle précipitamment.
- Ah Raven ! Bon sang mais pourquoi tu ne décrochais pas ?! Wick te cherche partout !
La mécanicienne resta sans voix face aux remontrances de la brune.
- Désolée… Euh… Je suis pas chez moi…
- Tu vas bien au moins ? S'inquiéta Octavia.
- Oui… Pourquoi ça n'irait pas ?...
- Tu as de quoi te rattraper si tu tombes ?
- Wow de quoi ? Tu me fais peur là… Tu es sûre que ça va ?
- Oui je vais bien… mais Lexa…
- Lexa ? Qu'est-ce qu'il y a ?!
- Lexa et Clarke ont été la cible d'une tentative d'assassinat à la sortie du gala de l'hippodrome hier tard dans la nuit. On leur a tiré dessus… Éclata en sanglots Octavia.
- Oh mon dieu… Elles… Elles…
Raven sentit les larmes lui monter aux yeux tandis que son cœur semblait se réduire en miettes.
- Clarke n'a rien, Lexa l'a protégée… Elle a pris deux balles… mais grâce à son garde du corps Gustus, elle n'a rien de sérieux… Par contre lui… Oh mon dieu…
- Gustus va bien ?!
- Il est en soins intensifs depuis qu'il est sorti de la salle d'opération… Visiblement ce n'est pas bon. Il a des éclats de balle au niveau du cœur. Les médecins sont inquiets.
- Vous êtes où ?! J'arrive immédiatement !
- À l'hôpital de Syracuse, c'est Clarke et son équipe qui se sont chargés d'opérer… Je suis morte de trouille… Bon sang on a tenté d'assassiner Lexa et Clarke ! Raven il faut que tu viennes !
- J'arrive cariña, j'arrive. Attends-moi !
La mécanicienne raccrocha et se mit à courir dans la chambre pour ramasser un à un ses vêtements pour les enfiler à la va vite, ne prenant pas le temps de vérifier si sa chemise blanche était droite ou propre. Elle croisa le regard sombre de Luna qui était toujours dans le lit mais l'ignora, se contentant de dire :
- Tu peux contacter Marcus pour lui dire que les Donati vont avoir besoin d'aide rapidement ? Fais marcher tes liens père-fille je sais pas !
- De quoi parles-tu ? S'amusa soudainement Luna.
- Marcus Kane ? C'est bien ton père ? Ou ton oncle j'en sais foutrement rien et j'ai pas le temps !
Un rire échappa à l'américaine qui eut du mal à se reprendre.
- Qu'est-ce qui est si drôle ? Grogna Raven prête à partir.
- Marcus n'est pas mon père ni mon oncle… Haha bon sang…
- C'est qui pour toi alors ?
- Eh bien… Mon mari.
Le visage de la mécanicienne se décomposa soudainement avant qu'elle ne s'exclame tout en partant :
- Putain de MERDE ! Tout part en couilles depuis cet été !
La chambre blanche lui faisait tourner la tête. Elle la détestait. La Zanetti était assise sur la chaise prévue pour les visiteurs et serrait la main de son homme : Gustus avait le torse couvert de bandages et pansements que les infirmières venaient vérifier régulièrement afin de prévenir une suture défaillante voir une nouvelle hémorragie interne à cause des éclats de balles qui se promenaient non loin de son cœur. Le son des machines près d'elle lui confirmait que le Giordano était bien vivant. Il n'avait pas été plongé en coma artificiel afin d'éviter des séquelles plus graves mais les médicaments qu'on lui avait administrés durant l'opération ainsi que ceux contre la douleur le gardaient endormi.
Anya n'arrivait pas à parler à son compagnon : sa gorge était nouée. Elle avait pourtant envie de lui crier dessus pour le réveiller et le forcer à sortir de ce maudit lit d'hôpital. Après avoir tué Leone Manzano, Ryder l'avait obligée à se changer et se nettoyer avant de l'emmener ici. Le soleil s'était levé depuis plus de deux heures maintenant et les bruits de couloir ne cessaient de parler de la tentative d'assassinat contre Lexa Donati. Personne ne se préoccupait de Gustus et cela l'agaçait au plus profond d'elle-même.
Elle tourna lentement la tête quand elle entendit toquer : Clarke était en tenue d'opération propre. Elle se rapprocha d'elle doucement.
- Bonjour Anya.
La mafieuse ne se contenta que d'un hochement de tête comme salut. La médecin comprit aussitôt que la Zanetti n'avait pas envie de discuter. Elle se contenta de prendre connaissance de ce que lui rapportaient les machines ainsi que les notes des infirmières. Lorsque ce fut fait, Clarke reprit la parole :
- Anya je sais que vous n'avez sans doute pas envie de parler mais je me dois d'insister sur…
- Je vous ai déjà donné mon avis, se contenta de répondre la blonde, froidement.
- Je sais et je le respecte. Je tenais juste à vous préciser que même s'il se réveille, avec ces éclats aussi près du cœur… Il peut faire une crise cardiaque qui lui sera fatale à tout moment. Si vous nous donnez l'autorisation d'opérer…
- À quoi bon Docteur Griffin ? Je sais que vous êtes une bonne chirurgienne mais vous avez été très claire : il y a très peu de chances pour que vous arriviez à extraire ces restes de balles. Je connais Gustus, s'il ne lui reste ne serait-ce que quelques jours à vivre, il préférerait les prendre plutôt que de passer sur une table d'opération qui pourrait lui être fatale.
- Très bien… Sachez que si jamais vous ou Gustus changez d'avis, vous n'aurez qu'à me faire signe. Je connais une excellente chirurgienne cardiaque qui pourrait sans aucun doute faire peser la balance vers de meilleures chances de survie.
Anya ne répondit pas et se contenta de reposer son regard sur son compagnon endormi, repensant amèrement à la dernière échographie où il l'avait accompagnée. Gustus avait voulu connaître le sexe de l'enfant mais elle s'y était fermement opposée car cela rendait la chose encore plus réaliste. Sa main libre se posa sur son ventre arrondi malgré sa fine silhouette.
- Docteur Griffin ? Appela t-elle.
Clarke était dans l'encadrement de la porte quand la mafieuse l'appela, aussi se tourna t-elle rapidement :
- Oui ?
- J'ai un service à vous demander.
- Dites-moi.
La mafieuse se leva pour faire face à la médecin avant de l'inviter à sortir de la chambre.
Lexa soupira devant les questions du policier face à elle : Finn Collins. L'ex petit-ami de Clarke. Le brun semblait avoir repris en main la cellule anti-mafia en l'absence de Bellamy Blake. Elle avait le bras gauche en écharpe et un bandage autour de son buste. La première balle s'était logée dans son épaule tandis que la seconde avait atterri un peu plus bas dans ses côtes qui avaient par chance ralenti la trajectoire. Cela lui faisait un mal de chien mais elle tentait de ne pas s'en plaindre. Elle avait été amenée au bloc par une autre équipe que celle de Clarke qui s'était concentrée sur son fidèle homme de main dont elle n'avait aucune nouvelle encore. À peine réveillée, la police lui avait mis le grappin dessus et ne l'avait pas lâchée d'une semelle.
- En avez-vous fini avec vos questions Lieutenant Collins ? Demanda t-elle froidement.
- Capitaine Collins s'il vous plaît. Pour le moment il semblerait que je n'ai plus de questions. Je vais vous affecter deux de mes hommes.
- Non.
- Pardon ?
- Je n'ai pas besoin de votre surveillance policière.
- Je suis désolé Madame Donati, c'est la procédure lorsque la mafia est concernée. Nous nous sommes relâchés après la mort de Madame Giordano et j'en suis sincèrement désolé. Notre cellule a fait l'objet d'une mesure de réorganisation suite au départ du Capitaine Blake.
- Faites votre travail, je ferais le mien, indiqua la brune. Puis-je aller voir ma compagne à présent ? Dit-elle durement.
Les traits de Finn se durcirent à la question. Cette femme se vantait-elle de sortir avec son ex-future femme ? Il la détesta pour cet affront mais se contenta de hocher la tête. Lexa se leva du lit non sans une grimace pour sortir de la chambre et chercher Clarke auprès des infirmières. Elle croisa le regard de plusieurs de ses hommes et femmes de main qui avaient envahi le couloir pour la protéger. Cela ne devait sans doute pas plaire aux vigiles car chacun de ses gardes portaient une arme à feu.
- Bella ! S'exclama une voix familière depuis le bout d'un couloir.
Lexa se tourna pour reconnaître Raven qui se fraya un chemin vers elle pour la serrer avec force dans ses bras, faisant lâcher un gémissement de douleur à la Donati.
- Ahh ! Raven doucement ! Grogna Lexa en se tenant à présent le côté gauche comme pour empêcher la douleur de s'amplifier.
- Oh pardon désolée ! Bon sang ! J'ai eu tellement peur pour toi ! Je me suis fait un sang d'encre le temps de venir jusqu'ici ! Octavia m'a appelée pour me dire que toi et Clarke vous vous êtes faites tirer dessus ! Qu'est-ce que c'est que ce bordel putain ?!
- Disons que j'aurai dû écouter Gustus… Tout est de ma faute, souffla Lexa, piteuse.
- Pourquoi est-ce que tu dis ça Bella ? C'est encore un coup des Barzetti c'est ça ?! Putain je vais leur faire la peau ! Je vais leur balancer une voiture explosive sur la… hhmmm !
- Ne parle pas si fort… Grogna l'héritière en posant une main sur la bouche de sa meilleure amie, se tournant ensuite vers l'intérieur de sa chambre où Finn discutait avec un de ses collègues.
Le regard que lui jeta le brun était peu amical. Lexa attrapa le bras de Raven pour la tirer afin de marcher dans le couloir :
- Dis-moi ce que tu sais sur Luna Kane. Est-ce que tu penses qu'elle est sérieuse et nous aidera ? Je vais avoir besoin que Marcus nous envoie des renforts rapidement. Les familles sont en train de s'agiter et je vais bientôt perdre leur contrôle. Il faut faire un coup d'éclat rapidement.
- Luna… Euh à ce sujet… Ne te fâche pas…
- Quoi ?
- En fait il est possible que j'ai couché avec elle cette nuit et…
- Et quoi ?! Raven je n'ai pas la patience d'attendre aujourd'hui !
- C'est la femme de Marcus en fait…
Lexa papillonna des yeux de surprise. Elle attrapa de son bras droit la chemise de son amie pour la plaquer brutalement contre un mur du couloir :
- Tu es en train de me dire que tu t'es tapée la femme de mon potentiel allié le plus puissant ?! Tu te fous de moi Raven ?! Vociféra Lexa, furieuse.
- Je savais pas Lexa ! Je te le jure ! S'excusa piteusement la mécanicienne.
- Lexa ?! S'étonna la voix de Clarke qui arrivait non loin de la scène.
La Donati lâcha la mécanicienne qui avala difficilement sa salive. Elle ne s'était jamais montrée violente devant Clarke et elle n'allait pas commencer.
- Qu'est-ce qu'il se passe toutes les deux ? Demanda fermement la blonde, accompagnée d'Anya qui tenait une enveloppe entre ses mains.
- Un léger désaccord sur la gestion de mes affaires… Souffla la brune en se retenant d'envoyer paître sa compagne et sa curiosité.
- Un retard de livraison, renchérit Raven, gênée. Vraiment désolée Lexa, hm, je vais tout arranger ne t'en fais pas… Je suis contente que tu ailles bien… Anya… Euh…
La mécanicienne fixa son regard sur la belle mafieuse qu'elle avait de nombreuse fois allumée mais ce qu'elle lut dans son regard n'était que de la tristesse et colère, aussi décida t-elle de rester sérieuse :
- Courage. Simplement courage.
Sur ces simples mots, la latina s'échappa de la conversation. Anya la remercia d'un mouvement de tête avant de s'éclipser elle-même vers le service des soins intensifs pour rejoindre la chambre de son compagnon, laissant les deux jeunes femmes entre elles.
- Il faut que je te parle, dit durement Clarke.
Lexa se contenta d'acquiescer avant de suivre la blonde vers son bureau de chirurgienne.
Clarke ferma brusquement la porte de la pièce. Lexa s'était installée dans un fauteuil face au bureau de la médecin qui attrapa le second siège pour s'approcher de sa compagne. Si ses yeux étaient emplis de colère au premier abord, la brune décela rapidement de l'inquiétude.
- Clarke… Commença t-elle.
- Non ! Je parle en premier !
La Donati sembla surprise mais acquiesça en silence. La médecin ferma les yeux un court instant pour réorganiser ses pensées, essayant de se remémorer cette horrible scène à laquelle elle avait assistée.
- Tu vas me dire la vérité. Toute la vérité ! Exigea la médecin.
- De quoi est-ce…
- Tais-toi !
- Mais Clarke…
- Tu m'as dit aux Etats-Unis que ta famille était liée à la mafia mais que toi et Aden non, que depuis la mort de ton grand-père Titus qui était le Don tu t'étais battue pour que votre blason familial soit lavé de tout soupçon.
Le cœur de Lexa battait fort dans sa poitrine. Elle n'aimait vraiment pas que Clarke aborde ce sujet avec autant de sérieux… Après ce qu'il s'était passé cette nuit, il était hors de question qu'elle la mêle encore plus à ses affaires.
- Ce soir… Tu m'as fait le plus beau cadeau que tu pouvais me faire… et ce cadeau s'est transformé en démonstration de haine et de violence Lexa.
La voix de la médecin s'était comme brisée et les larmes s'étaient mises à couler le long de ses joues. L'héritière n'y tint plus et s'approcha pour glisser sa main valide sur la joue droite de la médecin pour essuyer ses larmes.
- Clarke…
- Je n'ai pas fini… Hoqueta la blonde. Nous avons été prises pour cible par deux assassins… J'ai vu le canon se fixer sur ta tête Lexa ! Si Gustus… Si Gustus ne leur avait pas sauté dessus, tu serais morte ! Une balle dans la tête ne pardonne pas Lexa ! Cria t-elle, paniquée, tout en s'écartant brusquement de l'héritière qui grimaça.
- Ce n'est pas arrivé… Tenta la brune pour la tranquilliser.
- J'ai détesté le fait que tu me mettes derrière toi pour me protéger Lexa ! Je serai morte sur place si tu t'étais prise ces balles tu m'entends ?! TU N'AS PAS À ME PROTÉGER PLUS QUE TOI ! POURQUOI EST-CE QUE TU AS FAIT ÇA ?!
Les sanglots de Clarke avaient redoublé et la blonde avait fini par se laisser tomber sur le sol de son bureau. Lexa, toujours assise sur la chaise la regarda, impuissante. Elle finit par s'asseoir sur le sol à son tour pour enlacer son amante et dire :
- Parce que je t'aime. Je t'aime plus que tout Clarke. Je ferai tout pour te garder en sécurité et en vie. Je mettrai ma propre vie en danger pour la tienne…
- Tu n'as pas le droit d'être si égoïste… Pleura la blonde. Pourquoi ont-ils essayé de te tuer Lexa ? Pourquoi ? Juste parce que tu es lesbienne ? Je n'y crois pas…
- Ne t'occupe pas de ça Clarke… Tu as été très courageuse…
- Je n'en peux plus de vivre dans le mensonge et les cachoteries Lexa. Je veux la vérité… Je suis prête à l'entendre. Je sais que je n'ai pas très bien réagi dans le restaurant quand tu m'as confié ton passé mais après je t'ai prouvé que je t'aimais malgré tout non ? Qu'est-ce que je dois faire pour te prouver que tu peux avoir confiance en moi ?... Dis-le-moi, supplia la blonde.
Lexa se mordit la lèvre. Elle n'aimait vraiment pas voir son amante dans cet état, cela lui faisait encore plus détester la mafia et la tourmente dans laquelle elle s'était plongée dès son retour en Sicile sous les conseils de Gustus et Titus.
- Ne pleure pas mon amour… Souffla la brune. Je te l'ai dit… Cette île est gangrénée… Becca et moi nous essayions de changer les choses à travers des projets novateurs mais la mafia… les vielles familles siciliennes ne voient pas les choses de la même façon que nous…
- Le tireur… Il a dit quelque chose au sujet des familles… Qu'est-ce que ça voulait dire Lexa ? « Les familles n'obéiront jamais à un monstre », répéta la blonde. Qui es-tu pour ces familles ?
- Si j'ai appris une chose en affaires Clarke c'est qu'il faut toujours occuper le chien avec quelque chose… Ce soir j'ai fait une erreur en te mettant sur le devant de la scène avec moi… J'en suis désolée. J'ai cru que je pouvais faire changer les choses grâce à ma simple personnalité. Les familles dont tu parles sont les plus vieilles racines de la Sicile… Elles sont toutes plus ou moins liées à la mafia de l'île. Si certaines ne le sont plus, elles ont au moins par le passé participé à des actions dans la pègre pour se hisser sur le podium des gagnants…
Clarke prit le temps de temps d'encaisser les paroles de la brune pour finalement dire de manière précipitée :
- Qu'est-ce qu'ils veulent dire par le fait qu'ils ne t'obéiront pas Lexa ? Est-ce que tu es importante au sein de leur organisation ? Un lieutenant ou je ne sais quoi ?! Ce qu'a dit cet homme était très clair ! Tu m'as dit au restaurant que tu ne savais pas qui était leur chef et que tu t'en fichais ! Si tu m'as menti…
Le cœur de la Donati sembla s'arrêter le temps d'une seconde à la supposition si pleine de vérité de sa compagne. Elle prit le temps de réfléchir à une vitesse fulgurante avant d'éclater d'un rire nerveux pour masquer son trouble. Ce comportement ne manqua pas d'étonner la blonde qui garda tout de même un regard plus que sérieux.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle Lexa ! Tu dois me dire la vérité ! Ce n'est pas trop tard ! Est-ce que tu es… Finn pourrait…
- Non Clarke, je ne suis ni un lieutenant ni leur chef. Tu devrais le savoir après ces quelques années passées sur l'île, les mafieux ne supportent pas que les femmes mettent leur nez dans leurs affaires, alors une femme en guise de lieutenant ? De chef ? Une Dona !? Tu te rends compte de ce que tu dis ? C'est impossible, trancha la brune. Ça ne s'est jamais vu alors arrête avec tes suppositions hasardeuses d'accord ? Ce que tu dis est très grave.
Clarke se mordit la lèvre de remords :
- Je… Excuse-moi… J'ai cru que…
Le regard forêt resta dur devant celui océan de la chirurgienne qui semblait perdue et honteuse d'avoir osé accuser sa compagne. Il fallait qu'elle tienne, qu'elle fasse croire à Clarke qu'elle avait tort.
« Je ne peux rien te dire Clarke… Je t'aime mais je ne peux pas te le dire. » Répéta la brune dans sa tête comme pour se pardonner elle-même. Elle avait honte de mentir une nouvelle fois à la femme qu'elle aimait mais elle sentait la situation lui échapper : avouer qu'elle était la Dona, c'était avouer tous les crimes qu'elle avait commis. Même si elle avait essayé de contrôler la mafia et de la mener peu à peu vers la légalité, elle avait dû faire de nombreuses choses dont elle n'était pas fière aujourd'hui.
- Si cet homme a dit ça Clarke c'est parce que je verse de l'argent à travers mes entreprises à la mafia pour qu'elle laisse souffler les habitants de l'île. Je leur donne un os à ronger. Visiblement le fait que j'ai assumé mon orientation sexuelle devant tous a fait céder le peu d'emprise que je pouvais avoir sur eux afin de les ralentir.
- Tu entretiens financièrement la mafia ? Demanda d'un air horrifié la blonde.
Le cœur de la brune se serra devant le visage dégoûté de sa compagne : voilà pourquoi elle ne pouvait pas lui dire. Elle prit le temps nécessaire avant de répondre :
- C'est une façon de voir les choses. Je ne la vois pas ainsi. Comme je te l'ai dit, ce ne sont que des chiens affamés. Jette-leur de quoi s'occuper et ils te foutront la paix. As-tu été menacée depuis le chat cloué sur la porte de ton appartement ? Becca et moi faisions le sale travail derrière nos affaires et la politique.
La médecin était abasourdie par ce que lui disait la brune.
- Becca est morte… Elle a été tuée par la mafia alors que comme tu dis vous leur versiez des pots-de-vin pour les tenir tranquille ! Ces monstres ne s'arrêteront jamais ! Il faut les envoyer en prison ! Ils ont essayé de te tuer cette nuit !
- Ils finiront par en ressortir ou s'en échapper Clarke ! Je te l'ai déjà dit : la tête d'une hydre repousse toujours !
- Tu m'as aussi dit : « Là où la volonté est grande, les difficultés diminuent » !
- Je me suis peut-être trompée Clarke à ce sujet…
- Non tu ne t'es pas trompée ! Il faut juste trouver leur chef et ses lieutenants !
- Ce n'est pas si simple… Répondit la brune en détournant le regard.
- Bien sûr que c'est simple ! Tu les connais ! Tu connais forcément leur hiérarchie, tu es une femme d'affaires redoutable ! Ne me fais pas croire que tu verses de l'argent sans savoir où il va et à qui ! Tu as forcément un nom qui pourrait aider Finn et son équipe !
Lexa s'humecta les lèvres : dans quoi Clarke s'embarquait-elle ? Elle commençait sincèrement à perdre le contrôle de la situation. Voilà que sa compagne voulait se la jouait justicière… Que leur arriverait-il si jamais la blonde finissait par s'apercevoir qu'elle lui avait menti encore une fois ? Elle ne voulait pas la perdre mais elle était aussi fatiguée de se battre pour une cause perdue. Elle était perdue, aucun accord ne serait négocié si elle se rendait aujourd'hui et avouait ses crimes. Elle perdrait le peu de légitimité qu'elle avait encore auprès des familles mais aussi Clarke qui trop honteuse lui tournerait le dos sans aucun doute sans compter qu'elle se ferait probablement assassiner en prison sans ses gardes du corps. Elle avait beau tourner cette conversation dans sa tête ainsi que les meilleures de ses idées pour s'en sortir, il n'y avait pas d'issue possible à part offrir une fausse piste à Clarke et son crétin d'ex-petit ami qui lui laisserait assez de temps pour éliminer toutes les familles ennemies afin de reprendre le contrôle total de la mafia mais combien de temps cela prendrait-il avec les Barzetti qui posaient de réelles difficultés à présent ? Elle n'avait plus Aden à ses côtés pour faire pencher la balance envers les Donati.
- Lexa ! Reprends-toi ! Tu vas aider la police n'est-ce pas ?
- Je… Clarke… Je suis fatiguée de tout ça… Et si on rentrait ?
- Non ! Il faut arrêter ce bain de sang ! Où est passé la Lexa qui clamait haut et fort que la mafia devait être éradiquée de la Sicile ? Celle qui versait des fonds à la cellule anti-mafia pour lui donner plus de poids dans ses investigations ?
- Beaucoup de temps et d'énergie gaspillés… A t-on retrouvé le commanditaire de l'assassinat de Becca ? Tout comme celui des parents à Gustus ? Celui de ma mère ? De mon père ? C'est sans espoir…!
La brune se leva brusquement pour surplomber la blonde, se faisant menaçante et autoritaire, jouant sa dernière carte pour arrêter la médecin :
- Ne te mêle pas des affaires de la mafia Clarke. Tu es médecin, une excellente chirurgienne même. Ne gâche pas ton temps à chercher qui est à la tête de la mafia. Si moi-même je ne le sais pas avec tout ce que je leur verse, personne ne le saura. Celui qui a pris la suite de mon grand-père est bien trop malin pour sortir de l'ombre. Il a su maîtriser la mafia assez longtemps pour n'avoir des éclats que depuis cet é…
La brune se tût soudainement, se rendant compte immédiatement qu'elle venait de commettre une grosse erreur. Cela ne manqua pas : Clarke s'était relevée à son tour et son regard bleu était devenu plus perçant que jamais à la dernière phrase inachevée de l'héritière.
- Quoi ? Demanda Lexa, soudainement moins sûre d'elle.
- Pourquoi as-tu coupé ta phrase ? Tu allais dire « cet été » n'est-ce pas ?
- Je ne sais plus, je me perds dans mes pensées… Je suis fatiguée… J'ai mal partout… Même si c'était le cas, je ne vois pas ce qu'il y a de dérangeant dans cette supposition, se défendit la Donati. La mafia est plus violente et présente depuis cet été, c'est ce que j'ai remarqué, voilà tout…
- Lorsque l'on s'est rencontrées… Tu étais une autre femme… Tu m'effrayais et me passionnais.
- Ce n'est plus le cas ? Sourit à moitié la brune, cherchant à détourner la conversation de son sujet principal. Je croyais que tu me préférais au naturel…
- Justement : tu refusais que je t'approche, t'ausculte, prélève ton sang… Pour des raisons sans queue ni tête… Tu ne voulais pas de moi chez toi ou dans tes affaires.
- Je n'avais pas confiance en toi, tu connais mon aversion pour les médecins Clarke. On devrait aller voir Gustus maintenant, dit Lexa en regardant sa montre cassée par sa chute.
Lexa s'était éloignée et approchée de la porte quand Clarke murmura :
- Tu as dit quelque chose le soir où on a couché ensemble la première fois…
Lexa avala difficilement sa salive, dos à la blonde. « Non. Non. Non… Pitié arrête Clarke, ne dis plus rien. » Suppliait-elle dans son esprit.
- Tu as dit que tu ne pouvais pas perdre le contrôle.
- Évidemment tu me rendais complètement folle et c'est encore le cas Clarke… Jamais une femme ne m'a fait autant tourner la tête. Je te l'ai dit je ferai n'importe quoi pour toi, souffla la brune en appuyant sa tête contre son bras qui était à présent posé contre la porte du bureau.
Ses côtes la faisaient à présent souffrir et elle se demandait si elle n'avait pas de la fièvre.
- Perdre le contrôle sur quoi ? Asséna la blonde durement.
La médecin prit bien soin d'observer toutes les mimiques du corps de son amante afin de déceler le moindre mensonge de sa part. Lexa lui tournait le dos mais elle voyait que tout son corps se laissait rapidement envahir par la peur : elle était crispée, respirait un peu plus vite, avalait trop rapidement sa salive et surtout, elle cherchait à fuir.
- Sur quoi allais-tu perdre le contrôle en couchant avec moi Lexa ? Répéta Clarke en s'approchant de la brune pour l'obliger à se tourner vers elle. Lexa retourne toi ! Je veux la vérité !
La brune se tourna et se retrouva soudainement projetée sept mois plus tôt, lorsque la médecin l'avait coincée contre le plan de travail de la cuisine pour la tenter délicieusement. Cette blonde était une force de la nature à elle toute seule. Elle était de nouveau face à elle, complètement soumise et hypnotisée par ses yeux bleus desquels s'échappait une force presque surnaturelle.
- Mes affaires… Chuchota la Donati.
- Pourquoi est-ce que tu voulais me posséder et me contrôler Lexa ?
- Parce que… Tu es comme une bouteille d'oxygène pour moi… Tu me fais vivre.
- Pourquoi ne vivais-tu pas avant que j'arrive dans ta vie ?
- Je ne sais pas… Mon passé sans doute...
- Ne me mens pas, répondit durement la blonde, en se rapprochant d'avantage.
Lexa cogna son épaule blessée en reculant contre la porte et grogna de douleur avant de souffler :
- J'ai mis ma vie en pause lorsque je suis revenue ici il y a deux ans… J'ai beaucoup travaillé et tu m'as redonné le goût à la vie et l'amusement Clarke… Tu m'as refait découvrir ce que c'est d'aimer.
Des larmes s'étaient échappées des yeux verts de l'héritière. La blonde creusait à un endroit très profond, douloureux et dangereux.
- Je suis désolée… Désolée… J'ai fait des choses horribles Clarke… Si je dors mal la nuit… Si je ne dis rien sur le contenu de mes journées c'est parce que j'ai les mains sales… Je… Je ne suis pas la Lexa que tu aimes dans ces moments… J'ai terriblement honte…
Les mains de Clarke vinrent encadrer le visage de la brune pour poser son front contre le sien, consciente qu'elle torturait sa compagne avec toutes ces questions : la brune était encore plus effrayée que lorsqu'elle l'avait retrouvée dans la chambre d'hôtel après l'assassinat de Becca.
- Qui es-tu devenue il y a deux ans Lexa ? Demanda la médecin, insistante.
- Quelqu'un d'autre. Clarke… Je ne mérite sans doute pas ton pardon mais promets-moi que tu me pardonneras… Je t'en prie… Si tu ne le fais pas, je n'ai plus qu'à mourir… Balbutia d'un air terrifié la brune. Tu es bien l'unique personne que je veux le moins faire souffrir à cause de la vie que je mène depuis mon retour…
- Tu me fais peur Lexa... Je t'aime ! Dis-moi bon sang ! Qu'est-ce que tu as fait ? Pourquoi est-ce que tu dis que tu as honte ? Si c'est à cause de ta relation avec la mafia, tu n'avais pas le choix ! Becca et toi faisiez en sorte de calmer tout ça, tu l'as dit toi-même… Elle n'aurait pas été élue Maire de Syracuse si elle faisait le mal ! La police comprendra quand on lui expliquera ! Fais-moi confiance…
- Clarke… Lorsque je suis revenue en Sicile il y a deux ans… Mon grand-père m'a demandé quelque chose… J'ai refusé d'abord… mais Gustus m'a encouragée et il y avait Aden aussi… Je ne voulais pas qu'il…
La médecin sentit le rythme de son cœur s'accélérer subitement à la dernière phrase de son amante. Elle recula tout en secouant la tête, murmurant :
- Tu t'es moquée de moi tout à l'heure mais… Tu as menti… C'est toi…
- Clarke…
- « Les familles n'obéiront jamais à un monstre »… Si tu es un monstre à leurs yeux à cause de ton orientation sexuelle… Tu l'as dit : les familles sont les racines de la mafia… Si elles ne veulent plus t'obéir c'est qu'elles l'ont fait à un moment donné… Tu as perdu le contrôle cet été… L'été même où nous nous sommes rencontrées et que tu me fuyais malgré tes sentiments… C'est toi n'est-ce pas ? Demanda Clarke, suppliant que la réponse de sa compagne ne soit pas celle qu'elle pensait être.
Lexa ferma les yeux, laissant de nouvelles larmes brûlantes de honte rouler sur ses joues avant de souffler :
- Oui Clarke… Je suis la Dona de la mafia sicilienne…
Clarke resta abasourdie, perdant son regard dans le vide, ayant tout juste la force de s'appuyer contre son bureau pour ne pas s'écrouler.
L'héritière s'avança doucement vers la blonde, cherchant désespérément son regard, glissant une main tremblante vers la joue droite de la médecin. Un bruit sec se fit entendre quand la main de Clarke vint embraser la joue gauche de la Donati qui sursauta sous la douleur. Elle se retint bien de crier de douleur car elle savait qu'elle méritait cette claque - elle en méritait sans doute plus d'un millier - elle eut juste le réflexe de porter ses doigts à l'endroit à présent brûlant sur son visage avant de se faire bousculer par la médecin qui sortit précipitamment de la pièce.
- Clarke ! Appela t-elle, désespérée.
- Luciana ! Anya ! Venez, Gustus et Tristan sont revenus ! Ce sont de vrais mafieux maintenant ! S'exclama Becca en robe d'été.
La fameuse Luciana se tourna pour voir arriver au loin deux hommes à l'allure mafieuse. Elles étaient en train de discuter elle, Becca et Anya près de l'immense cerisier du jardin de la famille Giordano.
- Gustus ! Waouh tu es devenu une vraie armoire à glace, sourit-elle quand l'homme de plus de dix ans son ainé arriva à sa hauteur.
Gustus attrapa la main de la Donati pour poser un baiser respectueux dessus comme tout bon mafieux ce qui ne manqua pas de faire glousser la belle brune. Il était habillé d'un jean noir et d'une chemise noire, ce look lui allait à ravir.
- Anya ! Appela de nouveau Becca. Bon sang tu viens ? Tu n'as pas envie de voir comme ils ont changé ? Toi qui adorais Gustus toute petite !
- C'est bon, c'est qu'un homme parmi tant d'autres ton cousin. C'est pas parce qu'il était sympa avec moi que j'en fais un Dieu. Répliqua la jeune femme s'appelant Anya en se levant finalement de sa chaise de jardin.
Elle semblait bien plus jeune que les deux premières, approchant sans doute de la majorité tandis que Becca et Luciana approchait plus du quart de siècle. La Zanetti arriva avec cet air sauvage qui la caractérisait si bien. Elle se figea devant le Giordano qui en effet avait pris en muscles et était bien différent de l'adolescent qu'elle n'avait cessé d'embêter dans son très jeune âge. Leurs regards s'accrochèrent l'espace de quelques secondes avant que Tristan n'arrive et n'administre une grande claque dans le dos de son coéquipier.
- Alors on drague ma petite sœur même pas majeure Gustus ?
- La ferme Tristan, j'aurais dix-huit ans après demain ! Aboya sa cadette en lui crachant un noyau cerise dessus. Et en plus qu'est-ce que j'irai foutre avec un vieux comme lui ?! Il a dépassé la trentaine, y'a plus rien de bon à prendre !
- Hé ! Petite peste ! Tu sais combien cette chemise blanche m'a coûtée ?! Hurla son aîné en remarquant maintenant une petite tâche rouge-violette au niveau de son pectoral droit.
- Rien à foutre, t'as qu'à arrêter de dire des conneries ! Titus Donati te paie pas à parler à ce que je sache !
- Toi tu vas avoir une de ces corrections si je te choppe ! Depuis quand les femmes ont autant de bagout ?! S'exclama son frère en s'approchant vers Anya.
Un geste de Gustus arrêta Tristan qui le regarda, interloqué.
- Ce n'est qu'une gamine Tristan, lui dit-il. Laisse-la s'amuser un peu.
- Tu sais ce qu'elle te dit la gamine ?! Vociféra Anya, vexée. J'ai pas besoin de toi pour me défendre de mon abruti de frère !
La scène ne manqua pas de faire sourire et rire Luciana et Becca : Anya était vraiment une femme au fort caractère et elles savaient toutes les deux qu'elle en pinçait pour Gustus depuis toute petite malgré qu'ils aient plus de 10 ans d'écart. Aux réceptions ou aux fêtes de familles, Anya était toujours derrière le Giordano quand celui-ci était un adolescent taciturne et peu bavard.
Les deux mafieux finirent par s'éclipser, laissant les trois jeunes femmes à leurs discussions. Anya ne put s'empêcher de grommeler :
- Il m'a traitée de gamine ce connard. C'est vraiment un con ton cousin Becca. La mafia lui est montée à la tête ! Déjà qu'il était con avant, c'est pire maintenant !
- Ose me dire que tu as pas mouillé ta petite culotte en le voyant dans ces fringues ? La taquina la Giordano.
- Quoi ?! Non mais t'es malade ! Je mouille pas pour des vieux comme lui ! Ça doit être déjà tout fripé en bas eh…
Un concert de rire échappa aux deux plus âgées tandis qu'Anya bougonnait devant la boutade de Becca.
Anya posa l'enveloppe sur le corps endormi de son compagnon, retenant une larme au souvenir qui venait de la saisir. Le visage de Gustus avait bien changé depuis ce jour-là : il avait ces petites pattes-d'oie près des yeux et cette ride barrant son front lorsqu'il était soucieux ou énervé mais tous ces petits défauts physiques ne faisaient que le rendre plus beau à ses yeux.
La blonde émit un sifflement qui fit tourner la tête du garde du corps qui semblait soucieux.
- Alors toutou, tu surveilles bien la maison Donati ? Le salua t-elle.
Gustus ne releva pas la remarque : il commençait à bien connaître la blonde. Si au début, il lui avait dit de faire attention à la façon dont elle parlait aux hommes mafieux, il avait vite compris qu'elle ne se comportait comme ça qu'avec lui. D'un côté cela le rassurait, il appréciait la Zanetti et cela lui aurait fortement déplu que quelqu'un puisse la passer à tabac à cause de son comportement provocateur. Il savait au fond de lui qu'Anya et lui entretenaient un lien quelque peu spécifique.
- Hm.
La Zanetti se radoucit à la réponse pauvre de son « ami » et se rapprocha :
- Un problème ?
- Diana m'a dit qu'elle était enceinte.
Anya tira une grimace : Diana était ce que le brun considérait comme une petite amie. De son côté, elle ne pouvait pas la voir, elle détestait cette fille. Elle la trouvait complètement allumée et elle se demandait bien ce qui plaisait au brun chez elle. Peut-être le fait qu'elle soit ultra-soumise et ne pose pas de questions sur son « travail » pour la famille Donati.
- Tu m'excuseras de pas te féliciter hein mais un gosse avec ta tronche c'est pas un cadeau. Il est déjà mal parti pour la vie.
La remarque eut le mérite d'arracher un sourire au mafieux qui plongea son regard dans celui de la cadette des Zanetti. Anya lui rendit son sourire, fière d'avoir réussi à lui changer les idées ne serait-ce que pour une seconde. La blonde tourna le regard vers son portable quand celui-ci se mit à sonner et vibrer.
- Un de tes nombreux courtisans ? La taquina Gustus à son tour.
- Ah Pedro… Tout dans la parole, rien dans le pantalon… S'amusa t-elle.
- Décidément tu ne tombes que sur des abrutis…
- À croire que les vrais siciliens sont une espèce en voie d'extinction.
Le Giordano ne put s'empêcher de détailler la jeune femme face à lui. Anya était vraiment une belle jeune femme et promettait de faire rêver son futur mari lorsque son caractère de furie serait maîtrisé.
- Hé Giordano, tu veux pas que je te montre mes seins tant qu'on y est ? Le réveilla t-elle avec un claquement de doigts.
- Tu peux parler de tes amants mais toi aussi tu as tout dans la bouche et rien dans les tripes, la provoqua t-il.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? S'insurgea la jeune femme. Tu m'en crois pas capable ?! Comme si tu avais les couilles de m'embrasser toi ! C'est toujours aux femmes de tout faire. T'es comme tous les autres, tout dans la gueule rien dans le panta…
Les lèvres du mafieux s'étaient subitement posées contre celles de la Zanetti qui avait au premier abord écarquillé les yeux de surprise avant de se laisser emporter par la folie que provoquait son cœur dans sa poitrine. Ses mains vinrent rapidement agripper, presque griffer les joues du Giordano qui sentit de son côté l'excitation le saisir alors qu'il franchissait un interdit. Les deux jeunes adultes atterrirent contre un pilier soutenant la propriété de Titus Donati et continuèrent à s'embrasser fougueusement durant plusieurs minutes, faisant échapper des soupirs de plaisir à Anya qui se sentait excitée comme jamais elle ne l'avait été.
- Anya ! Anya ! Appela la voix de Becca un peu plus loin.
L'appel eut le mérite de faire séparer la Zanetti et le Giordano qui se mordirent la lèvre devant ce qu'ils venaient de faire. Anya avala difficilement sa salive avant de filer tout en disant :
- Je retire ce que j'ai dit… Tu as au moins une demi-couille. J'attends de voir le reste avant de me prononcer.
Gustus se contenta de secouer la tête, amusé, mais aussi fortement émoustillé par cette indomptable femme.
- Hn… An… Anya ? Articula difficilement le brun.
- Gus ! S'exclama la mafieuse en se levant de sa chaise. Je savais que tu pouvais le faire sale con putain !
Le Giordano lâcha un petit rire qui se transforma rapidement en grimace. Il ferma les yeux sous la douleur irradiant l'ensemble de son corps. Il avait l'impression d'avoir été percuté par un poids-lourd.
- Lexa… Lex…
- Elle va bien Gustus. C'est de toi dont tu devrais t'occuper, grogna la Zanetti en se rasseyant.
- Il faut… lui parler… Les fami…
- Elle était avec les flics tout à l'heure… Elle va sans doute venir te voir… Repose-toi ok ? Je vais aller la chercher…
Anya se leva une nouvelle fois et se dirigea rapidement vers la sortie avant de retourner rapidement vers le sicilien pour aller poser un baiser rapide sur ses lèvres :
- Juste la ferme, dit-elle avant que le brun ne se permette une remarque sur son geste quelque peu romantique.
Ses pas l'avaient mené sur les graviers blancs du cimetière des hauteurs de Syracuse, là où étaient enterrés les membres et amis de la famille Donati. Ryder et Ilian attendaient à l'entrée de l'endroit de recueillement afin de ne pas déranger leur Dona qui ne les avait pas prévenus qu'elle quittait l'hôpital. Si Ilian n'avait pas eu l'œil, Lexa Donati partait seule dans les rues dangereuses de Syracuse en cette période de crise dans la mafia. Elle leur avait adressé une phrase très simple lorsqu'ils l'avaient interrogée sur son état de santé : « Amenez-moi au cimetière de la famille ». Les mafieux s'étaient concertés du regard avant d'acquiescer en silence.
Lexa se stoppa devant la tombe unique qui avait été élevée à sa demande auprès de son grand-père pour la fille de la famille des Adamo qui avait tourné le dos aux Donati à la suite de l'assassinat de la jeune femme. Le geste n'avait pas suffi à apaiser la colère qu'avaient ressentie les Adamo contre le Don Titus Donati qui avait laissé ce crime impuni et les avait incités à partir de la Sicile pour s'installer en Italie afin de tout reprendre à zéro.
Les jambes de la brune se dérobèrent sous elle, comme vidées de leur force devant cette tombe. Elle se laissa tomber à genoux sur les cailloux durs, ne se permettant pas un gémissement de douleur sous la sensation désagréable que leur contact provoqua. Ses yeux s'embuèrent de larmes et elle les laissa couler sans honte le long de ses joues tout en lisant de nouveau cette inscription maudite « Ci gît Costia Adamo, fille aimée et chérie ». Ses épaules s'affaissèrent sous son chagrin : elle avait complètement merdé avec Clarke en essayant de lui cacher de nouveau la vérité avant de se laisser gagner par la panique. Elle avait vu la petite flamme unique qui dansait au quotidien dans les yeux océan de la belle blonde s'éteindre subitement après son terrible aveu. Elle sentait qu'elle l'avait perdue pour de bon et son cœur lui faisait mal comme jamais il ne lui avait fait.
Elle resta de longues minutes à pleurer, incapable d'articuler la moindre parole, submergée par un mélange d'émotions peu agréable : tristesse, colère, impuissance… Un mal de tête ne tarda pas à la gagner tant ses pensées et souvenirs se mélangeaient sens dessus-dessous à l'intérieur. Elle finit par souffler :
- J'ai tout foutu en l'air Costia… Je suis désolée… Je sais que lorsque je suis revenue… j'ai promis de trouver celui qui a osé te faire ça... Au lieu de ça je me suis complètement égarée dans les travers de la mafia… Je n'aurais jamais dû remettre les pieds ici… Je pensais être à la hauteur des espérances de mon grand-père… de Gustus… Je pensais pouvoir protéger Aden de ce monde violent et sombre… Au lieu de ça je l'ai poussé dans les bras de mes ennemis jurés… Mais s'il y a bien une chose dont je ne me pensais pas capable Costia… c'est bien d'avoir la chance de tomber de nouveau amoureuse d'une femme qui m'aime en retour… Clarke… Clarke est juste… si forte… Je l'admire, elle m'a ouvert les yeux… Elle m'a retiré la noirceur qui s'était petit à petit infiltrée en moi au fil des jours au sein de la mafia… et en retour je n'ai fait que la décevoir… J'ai tellement honte Costia… J'aimerai que tu sois là pour me rassurer et me conseiller comme tu le faisais après que Titus m'ait battu à coup de ceinture pour avoir flirté avec toi ou d'autres filles… Bon sang… Je suis perdue Costia… Si le Seigneur le permet, fais-moi un signe je t'en prie… Supplia finalement la brune.
Un reniflement de dédain se fit entendre avant une voix bien connue dans laquelle la colère se faisait sentir :
- Les morts ne parlent pas, répondit sèchement la voix d'Anya.
Lexa sursauta et tourna la tête à la remarque.
- Anya ? Qu'est-ce…
La mafieuse fixait sa Dona avec un air déçu et coléreux sur le visage. Elle s'avança, restant à moins d'un mètre de la Donati, la surplombant tout de même tandis que Lexa restait au sol.
- Relevez-vous, dit durement la Zanetti.
- J'ai besoin d'être seule Anya, répondit Lexa, lasse.
Elle n'avait pas envie de montrer qu'elle était forte, elle n'en avait plus la force. Elle se fichait à présent de l'image qu'elle pouvait donner à ses hommes de main. À quoi bon ?
- J'ai dit : Relevez-vous !
L'héritière se contenta de tourner la tête de nouveau vers la tombe, décidant d'ignorer fermement sa lieutenant. Anya serra les poings et s'approcha pour attraper brusquement le col de chemise de la Donati afin de la relever de force : Lexa résista ce qui obligea la mafieuse à la lâcher. Être enceinte ne lui facilitait pas les choses par moment ce qui lui fit lâcher un juron.
- La Famille a besoin de vous Dona !
- Il n'y a plus de Famille Anya… Laisse-moi maintenant bon sang.
- Non ! Gustus est votre famille ! Il a failli mourir pour vous !
La brune ne répondit pas.
- Pourquoi vous agissez ainsi Dona ?! Vous trahissez la Famille ! On a essayé de vous assassiner ce soir ! Vous devez leur montrer que vous êtes plus forte qu'eux ! J'ai tué l'assassin de mes propres mains alors que Gustus était entre la vie et la mort !
- J'en ai assez de me battre Anya ! C'est peine perdue ! S'exclama la sicilienne.
- Vous n'avez pas le droit de dire ça ! Gustus n'est pas une cause perdue ! Becca, moi, Ryder, Ilian, Artigas… Tous les autres… Les familles… Nos amis… Mon… Mon enfant… Nous ne sommes pas une cause perdue ! Nous sommes des mafieux de naissance ! Nous avons ça dans le sang ! Un mafieux n'abandonne jamais ! Vous ne pouvez pas les laisser gagner !
- J'avais prévenu Titus que je n'étais pas faite pour ça…
- Arrêtez de dire n'importe quoi ! Personne n'a jamais vu une Dona aussi douée que vous ! La Police ne vous soupçonne même pas après plus de deux ans de règne sur la Mafia ! Vous avez stabilisé à vous toute seule les trafics, contrôlé les entreprises siciliennes et italiennes, permis aux femmes, aux homosexuels et aux étrangers de rentrer au sein de la Mafia ! Vous avez changé les vieilles traditions en obligeant plus à être croyant pour mériter l'honneur de la famille ! Vous avez fait plus que tous les Dons réunis en l'espace de deux ans Dona !
- ET J'AI VENDU MON ÂME AU DIABLE POUR ÇA ANYA ! J'AI DU TUER DE MES PROPRES MAINS POUR FAIRE RÉGNER LA TERREUR ET ME FAIRE RESPECTER ! J'AI RAQUETTÉ LES ENTREPRISES LOCALES, BLANCHI DE L'ARGENT, MENTI À CEUX QUE J'AIME POUR PROTÉGER MON IDENTITÉ SECRÈTE ! JE ME SUIS OUBLIÉE ! JE NE SAVAIS PLUS QUI J'ÉTAIS VRAIMENT ! J'AVAIS OUBLIÉ CE QU'ÉTAIT L'AMOUR, L'AMITIÉ ! AVOIR DES SENTIMENTS…! AUCUN HUMAIN NE PEUT SUPPORTER ÇA TOUTE SA VIE ! Hurla soudainement Lexa en se relevant pour faire face à la Zanetti.
Anya ne s'était pas attendue à une colère pareille de la part de la femme que Gustus considérait comme sa propre fille.
- Vous avez les épaules Dona…
- Non ! Je ne les ai pas ! Je ne les ai jamais eues ! À ton avis pourquoi Gustus est à l'hôpital en ce moment même ?! Est-ce qu'il te l'a dit au moins ? Ou t'a t-il menti à toi aussi pour me protéger ?!
- Que voulez-vous dire ?... Demanda d'un air méfiant la Zanetti.
Gustus lui avait simplement dit d'aller chercher Lexa au plus vite.
- C'est uniquement ma faute si Gustus est dans cet état… Il m'a dit de ne pas le faire… Mais je l'ai fait quand même… S'il y a bien quelqu'un qui peut être Don c'est bien lui…
- Qu'avez-vous fait ?
- J'ai annoncé devant les Familles que j'étais lesbienne.
- Pourquoi ?... Vous saviez qu'elles… Moi… Nous ça ne nous dérange pas… On l'accepte mais…
- Non Anya. Vous ne l'acceptez pas car l'homosexualité est une tare chez les mafieux. Vous fermez simplement les yeux quelques secondes ! Combien d'hommes gays ont été pendus, tabassés, humiliés pour leur orientation sexuelle au sein de la mafia alors qu'ils étaient de bons éléments ?! Gustus a honte de moi ! Je le sais ! Il m'a toujours protégée en la mémoire de ma mère Luciana mais il déteste cette partie de moi ! Je ne peux plus rester avec des gens qui ont honte de moi et qui essayent de me tuer alors que je me bats au quotidien pour changer les choses et contenter tout le monde !
Le regard d'Anya se chargea de déception.
- Vous abandonnez alors ?
- Oui. C'est terminé Anya. Je suis désolée.
- Gustus aimerait vous voir quand même…
- Non.
- Il vous a presque élevée ! Il a failli mourir pour vous ! Vous avez manqué de le tuer à cause de votre révélation ! Vous lui devez au moins ça !
- J'ai dit non, répondit fermement Lexa en tournant le dos à la mafieuse, prête à partir vers la sortie.
- Peut-être que les Familles ont raison après tout, souffla la Zanetti, meurtrie par la dureté des décisions de la brune.
- Que veux-tu dire ?
- Vous êtes un monstre.
Sur ces dernières paroles froides et dures, Anya partit d'un pas rapide et colérique vers son véhicule stationné à l'entrée du cimetière. Si Lexa ne voulait pas aller voir Gustus, elle, elle serait là pour lui.
Les mains tremblantes, les larmes aux yeux, Clarke s'approcha de la poignée de porte du bureau de Lexa. Elle appuya dessus mais une résistance lui indiqua que celle-ci était fermée à clé. La blonde avait quitté précipitamment son poste à l'hôpital suite à la révélation de la brune concernant son affiliation à la mafia sicilienne.
- Bordel ! Cria t-elle en donnant un coup de pied contre la porte en chêne qui refusa de s'ouvrir.
La blonde émit un grognement frustré avant de descendre précipitamment l'escalier et aller chercher un marteau posé sur l'atelier dans le garage. L'objet en main, elle se dépêcha de revenir devant la pièce qui l'intéressait et se mit à frapper le verrou l'empêchant de passer mais celui-ci ne sembla pas dérangé par les coups : sans doute était-il de très bonne qualité et prêt à tenir les curieux à distance. Désespérée et en colère, la médecin ne tarda pas à taper avec le marteau directement dans la porte. Des petits impacts se dessinèrent mais même résultat, la porte ne montra pas signe de réelle faiblesse.
- Je comprends pourquoi tu ne voulais absolument pas que je rentre ici maintenant ! Ragea la blonde.
Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle cherchait dans ce bureau en réalité, peut-être un espoir au sujet de Lexa… Elle espérait au fond d'elle que la brune lui ait menti au sujet de cette identité secrète… Comment avait-elle pu être aussi aveugle ? Bien sûr que l'héritière était impressionnante lorsqu'elles s'étaient rencontrées les premières fois : à l'hôpital au chevet de Becca, à l'hippodrome, chez Becca… Lexa dégageait sans le moindre effort un charisme effrayant et excitant à la fois. Pourtant sous cette carapace de dureté et d'autorité, elle avait découvert une femme généreuse et magnifique. Leur voyage aux Etats-Unis lui revint en tête, ce qui ne manqua pas de lui faire lâcher de nouvelles larmes. Comment Lexa avait-elle pu lui mentir aussi longtemps ? Elle qui lui chuchotait à travers un murmure ou un baiser qu'elle l'aimait de tout son être au quotidien ?
- Bordel ! BORDEL ! Cria t-elle.
- Hééé ! Bella ! J'ai tout arrangé avec Luna ! Bella ?! T'es là ?! S'exclama soudainement la voix de Raven en entrant dans la maison qui était restée ouverte.
La médecin grogna en voyant la mécanicienne : elle n'avait franchement pas besoin de la voir. Elle n'était pas d'humeur à supporter ses âneries.
- Clarke ? Clarke c'est toi ? Tu sais pas où est Lexa ?... Oula euh pourquoi tu pleures ? Ça va pas ? Et pourquoi il n'y a pas de gardes autour de la maison ?
- Fous-moi la paix Raven ! Qu'est-ce que j'en sais ! C'est pas ma maison à ce que je sache !
- Ok… Hm… Je m'attendais à trouver Lexa en furie mais pas sa copine… Euh vous vous êtes disputées ou quoi ?...
- Oh la ferme ! Ne viens pas te mêler de mes histoires ! C'est qui cette Luna ?! Encore une de tes conquêtes ? Octavia a bien raison de rester avec Lincoln !
- Hey ! C'est pas cool ça ! J'ai rien fait, je venais juste voir Bella pour parler affaires…
- Affaires ?! Ah ! Parce que tu fais affaires avec elle c'est vrai ! Donc tu étais au courant n'est-ce pas ?!
- Euh de quoi ? Demanda la mécanicienne en reculant, peu sûre d'elle.
- Qu'elle est la DONA ! PUTAIN DE MERDE !
- Haha… Tu débloques Chaperon… Rit nerveusement la brune.
Le visage de Clarke ne montra aucune trace de plaisanterie ce qui obligea la mécanicienne à se mordre la lèvre :
- Oh bordel…
- Oui ça tu peux le dire ! Oh bordel ! Je sors avec la putain de chef de la mafia sicilienne ! Et j'en savais foutrement rien il y a encore une heure ! PUTAIN ! PUTAIN ! PUTAIN !
Sous la colère, la blonde attrapa tout ce qui lui passait sous la main pour le briser au sol : sculptures, vases, cadres photos. Raven l'arrêta finalement alors qu'elle allait jeter avec force un cadre représentant Lexa et sa mère.
- Arrête Clarke enfin ! Lança Raven en immobilisant ses deux poignets.
- Lâche-moi ! Lâche-moi !
- Clarke stop… Allez calme-toi… Chaperon Rouge… C'est pas toi ça…
Les sanglots de Clarke redoublèrent et elle se laissa tomber au sol malgré les débris de verres. Raven se laissa glisser avec elle et la serra entre ses bras pour la bercer ensuite doucement.
- Allez allez… Ça va aller…
- Je savais que quelque chose clochait… Je savais…
- Elle pouvait pas te dire la vérité Chaperon… Je le jure… Dès le jour où elle a su qu'elle était amoureuse de toi, elle est venue me voir pour me demander… Elle voulait te le dire…
- Pourquoi elle l'a pas fait alors… Hein ?
- Regarde dans quel état ça t'a mise de l'apprendre… Hey…
- Comment elle peut m'aimer et me faire autant de mal Raven ?!
- Ce rôle qu'elle a… Elle ne l'a jamais voulu… C'est son grand-père et Gustus qui lui ont forcé la main… Titus lui a dit qu'elle perdrait Aden si elle ne devenait pas Dona… Elle avait déjà abandonné son frère en s'enfuyant en Amérique… Le faire une deuxième fois était trop dur…
- Elle aurait dû aller à la police Raven ! Dès le premier jour !
- Pour dire quoi Clarke ? « Salut les gars, je viens vous confirmer que maintenant que mon grand-père a passé l'arme à gauche, je prends sa suite au sein de la Mafia ? Donc si vous trouvez quelques mecs zigouillés, des détournements d'argent et de la coke dans vos rues ça vient de moi ! » ?
- Elle a tué des gens ?!
- Euh… J'en sais rien Clarke, sûrement pas elle non mais ses hommes de main oui… Tu n'as pas le choix dans la mafia tu sais… Soit tu manges les autres soit tu te fais manger…
- J'ai mal au cœur Rav'… Pleura la blonde en se recroquevillant sur elle-même.
- Pourquoi ma chérie ? À cause de la mafia ? Elle n'avait pas le choix je te le jure…
- Non… Parce que je l'aime du plus profond de mes tripes mais je n'arrive pas à lui pardonner cet horrible mensonge dans lequel elle m'a fait vivre pendant plus de sept mois ! J'ai l'impression de ne plus la connaître Raven… Notre couple est construit sur un mensonge. J'ai tous nos souvenirs qui me reviennent en tête, tous les détails sur lesquels je ne m'étais pas attardée qui auraient pu me mettre la puce à l'oreille…
- Je sais pas trop quoi te dire chérie… Le mieux serait que tu en discutes avec elle… Tu ne veux pas ?
- Non ! Je ne sais même pas si j'ai envie de rester en Sicile !
- Oh…
De nouvelles larmes roulèrent sur les joues de la médecin ce qui incita la mécanicienne à se lever et marcher sur les bris de verres pour aller jusqu'à la cuisine afin de ramener un verre d'eau à son amie.
- Bois un coup ça te fera du bien…
La blonde refusa d'abord avant de s'exécuter : Raven avait raison sa gorge était sèche. L'eau lui fit du bien et eut le mérite de la sortir de son angoisse du moment.
- Tu sais, Octavia elle t'aime mais elle est enceinte, renifla t-elle.
- Ah ouais… Hein ? Quoi ? T'as dit quoi là ?! S'exclama la mécanicienne.
- O' attend un bébé de Lincoln… mais elle a trop peur que tu la rejettes à cause de ça et que tu la plantes après la grossesse… C'est pour ça qu'elle veut pas se mettre avec toi.
- C'est quoi cette connerie ?! C'est injuste bordel ! Y'a que moi pour savoir si j'ai les tripes d'élever un môme !
- Désolée je voulais pas te faire de peine… S'excusa piteusement la blonde.
- Non non pourquoi tu t'excuses chérie… Ça va… Merci pour l'info… Je comprends un peu mieux maintenant… Crois-moi t'es pas la seule à louper des détails dans une conversation… Putain de bordel !
Le juron eut le mérite de faire sourire légèrement la médecin.
- Hey Chaperon sérieusement… Si ton cœur te fait mal comme le mien m'a fait mal quand Octavia m'a rejetée… c'est malheureusement parce que tu es trop amoureuse de Bella…
- Je sais… Je l'aime… C'est juste que…
- Oui elle t'a menti… mais elle t'a aussi préservée… Penses-y.
- Oui…
- Qu'est-ce que tu veux faire ?
- Je sais pas… Partir loin d'ici…
- Tu laisserais tomber l'hôpital, Octavia et moi ? Sérieux ?
- Honnêtement oui… Désolée mais là j'ai juste besoin d'une rupture totale avec la Sicile… C'est pas contre vous les filles… mais là c'est trop… Je ne pourrais jamais regarder Finn ou son équipe dans les yeux alors que je connais la vérité… Ils se battent depuis des années pour stopper la Mafia sur l'île et je sors avec leur chef ?
- Je comprends Chaperon… Mais…
- Quoi ?
- Qu'est-ce que tu fais de Bella ?
Clarke baissa les yeux, préférant garder le silence plutôt que de répondre.
La respiration un peu plus calme, la brune marchait à présent dans les allées des boxes des propriétaires de l'hippodrome. L'endroit l'apaisait et la rendait nostalgique des premières courses auxquelles elle avait assistées avec ses parents et son grand-père. Elle se mit à siffler avec douceur une petite mélodie ce qui ne manqua pas d'attirer la curiosité de certains chevaux qui sortirent malgré l'heure tardive leur tête pour observer la Donati. Lexa tendit une main pour caresser rapidement le bout du nez de certains avant d'arriver devant un box portant le nom de « Infinity Star ». La jument était au repos depuis plusieurs mois après une fracture du boulet. Elle avait fait une belle carrière pour un cheval de course. La plupart n'allait pas aussi loin et finissait trop souvent à l'abattoir quand des associations ne pouvaient pas les récupérer pour leur offrir une paisible retraite. Rares étaient les propriétaires de chevaux de course assez riches pour permettre à leur coureur de profiter de jours heureux sans compter la popularité de la viande équine tant en Sicile qu'en Italie… Lexa s'était fermement opposée à l'euthanasie de la jument qu'elle avait achetée peu après son retour dans la région. La jument ne pourrait sans aucun doute plus courir mais elle pourrait pouliner après guérison et permettre la naissance de futurs champions et même si le Seigneur décidait le contraire, elle la ferait mettre au pré dans une pension privée à ses frais.
Infinity sortit tout comme ses compagnons sa tête à l'extérieur et ses naseaux frémirent lorsque la Donati lui proposa de renifler son odeur. La jument après avoir senti, pressa gentiment le poing fermé ce qui fit sourire très légèrement la brune qui lui offrit alors de sa main valide une poignée de grains qu'elle avait pris dans un tonneau entreposé à l'extérieur.
- Ne t'inquiète pas ma belle, si je n'ai pas réussi à faire ce que je souhaitai pour cette île, ton sort à toi sera différent.
La jument se contenta de mâcher le grain avant de lécher la main à présent vide dans l'espoir de trouver de nouveau à manger.
- Contrairement à moi, tout est décidé et écrit pour toi. Merci pour tes loyaux services ma toute belle. Je ne pouvais pas continuer sans t'avoir vue une dernière fois car tu es bien la première à m'avoir accueillie ici lorsque j'ai refoulé la terre de Sicile…
Lexa caressa une dernière fois de sa main à présent humide le chanfrein de l'animal avant de reculer. Il devait être à présent environ vingt et une heures à présent, les palefreniers avaient quitté les lieux depuis longtemps. Elle fit demi-tour pour repartir vers la voiture qu'elle avait pris à Ryder et Ilian, leur ordonnant de la laisser seule. Les mafieux avaient refusé au départ avant de se résoudre à obéir devant l'autorité de leur supérieure, se retrouvant donc sans véhicule au cimetière familial.
« Maintenant il est temps. » S'ordonna la brune mentalement. Elle avait pris sa décision après sa discussion avec Anya : elle allait se rendre à la cellule anti-mafia et tout raconter. Du moins, elle raconterait assez de choses pour permettre à Gustus, Anya et Aden de s'en sortir. Elle ferait tomber les trois quarts de la mafia ainsi. Bien sûr, elle se doutait qu'elle ne survivrait pas longtemps à ces aveux. Incriminer les plus puissants de la ville comme les Barzetti et les anciennes familles signerait son arrêt de mort. Elle n'était même pas sûre de survivre jusqu'au procès car en général la mafia faisait disparaître les témoins afin de protéger ses membres. Le nom des Donati serait sali à jamais au sein du cercle mais elle se fichait de cela : Titus n'avait qu'à faire les choses correctement avant sa mort. Ce vieil égoïste n'avait eu cesse de vouloir faire passer sa couronne à ses héritiers alors qu'ils n'en voulaient pas.
Après sa visite sur la tombe de Costia, elle s'était finalement apaisée. La conversation qu'elle avait eu avec la compagne de son presque père l'avait touchée, surtout lorsque la mafieuse s'était exclamée qu'aucun d'eux n'étaient une cause perdue. Anya avait raison et elle leur offrirait une dernière chance de sortir de ce monde violent et sombre… du moins, elle essaierait. Qu'avait-elle à y perdre à part sa vie dont elle se fichait à présent ? Perdre Clarke était bien la seule chose qui la perdrait. Elle avait touché le fond et le peu d'énergie qu'il lui restait, elle souhaitait l'offrir à ses derniers amis. Elle avait évidemment pensé à se suicider mais le suicide était une insulte au Seigneur et elle voulait être enterrée auprès de ses parents… Elle pouvait patienter encore quelques jours car son assassinat ne serait pas très long à programmer par les familles dès lors où elle donnerait des noms.
Elle s'installa dans le SUV dont l'avant était abimé à cause de la moto percutée et se laissa aller dans le siège. Elle démarra avant de fermer légèrement les yeux devant un phare éblouissant arrivant face à elle. Peut-être qu'en fait, elle mourrait avant de faire des aveux… « Pas tout de suite » se dit-elle. Elle sortit non sans mal à cause de son bras en écharpe, un Beretta caché dans la boîte à gant et le chargea, attendant patiemment que la moto arrive à son niveau. Elle serait la première à tirer, il le fallait.
La moto ralentit brutalement à son niveau et elle pointa l'arme à travers la vitre baissée, prête à faire feu quand son doigt se figea sur la gâchette qu'elle relâcha aussitôt : Raven et Clarke étaient assises sur le véhicule sans casques.
- Ola ! Bella ! Baisse ça s'il te plaît ! C'est nous !
La Donati s'exécuta et déposa l'arme sur le siège passager, ne croyant pas à ce qu'elle voyait : Clarke était là, devant elle. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Pourquoi était-elle là alors qu'elle avait décidé de se rendre ?
- Désolée… Souffla l'héritière en restant dans le véhicule.
Elle se tranquillisa et se permit de poser sa tête contre l'appui-tête, soudainement vidée à nouveau de son énergie. Clarke avait cet étrange pouvoir sur elle.
- Bella… Il faut qu'on parle. Clarke aussi veut parler.
- Il n'y a plus de temps pour parler Raven…
- Bien sûr que si. Comment ça se fait que tu sois seule ?
- J'ai congédié mes hommes.
- Après la tentative d'assassinat que tu as essuyé ? Tu es complètement folle !
- Je… Je n'ai plus rien à perdre… Souffla la Donati en se forçant à ne pas regarder la médecin qui frémit.
La portière conductrice s'ouvrit brusquement et ce fut la blonde qui se posta face à la brune.
- Alors c'est ça ton choix ? Tout abandonner ?! Lui cria Clarke, la voix tremblante et nouée par l'émotion.
Lexa ferma les yeux de douleur : à quoi jouait donc la médecin ? Était-elle là pour la torturer ? Lui reprocher ses mensonges, sa vie secrète, son passé ?
- La claque que tu m'as mise avant de t'enfuir était très claire Clarke… J'ai essayé de t'appeler, tu as rejeté tous mes appels… Je te l'ai dit en Italie comme en Sicile : je ne supporterai pas de te perdre, pas après tout ce que j'ai surmonté depuis ma naissance auprès de mon grand-père… Je n'ai plus la force de lutter alors que tu connais maintenant la vérité sur moi… Cette vérité affreuse et sale dont j'ai honte.
De nouvelles larmes coulèrent le long des joues de la Donati.
- Qu'est-ce que tu comptes faire alors ?... Souffla difficilement Clarke.
- Faire ce qui est juste pour les gens que j'aime.
Raven qui avait préféré ne pas intervenir s'exclama, devinant les plans de sa meilleure amie :
- Non ! Bella tu n'es pas sérieuse ?! Tu ne peux pas faire ça ! Les familles vont te tuer dès que tu auras ouvert la bouche ! Ils ont des yeux et des oreilles partout même dans la police !
- La police ? Interrogea la blonde.
- Elle veut se rendre ! Non Bella ! Je t'en prie ne fais pas ça ! La supplia la mécanicienne en poussant Clarke pour attraper par les épaules de son amie qui grogna de douleur lorsqu'elle sentit une pression sur son épaule blessée.
- Finn pourra l'aider Raven si elle décide de se rendre, indiqua Clarke bien qu'elle sentait au fond d'elle une douleur étrange à l'idée que la femme qu'elle aimait décide de se condamner à vie en allant offrir à la police tout ce dont cette dernière avait besoin pour réduire à néant la mafia.
- Qu'est-ce que tu racontes ?! Sors de ton monde de bisounours Clarke ! Les mafieux sont tenus à la loi du silence ! Si elle parle, elle se fera tuer dès le lendemain de ses aveux par je ne sais quel moyen !
- La police la protégera ! S'énerva la blonde.
- Ah oui ? Même si elle la protège le temps du procès et que par miracle elle y arrive, elle la protégera lorsqu'elle croupira dans une cellule ?! NON ! Elle se fera tuer dès la première nuit ! Ils se foutront complètement d'elle dès lors qu'elle aura parlé et témoigné !
Clarke recula de quelques pas, assommée par cette observation.
- Lexa… C'est vrai ? Demanda t-elle d'une voix blanche.
La brune se contenta simplement d'ouvrir les yeux et de regarder la blonde quelques secondes avant de souffler :
- Quelle importance…
- Bella ! Je t'en prie, ne fais pas cette connerie ! Je sais que tu es stratège et tout mais là c'est de la folie ! Pas de la stratégie tu entends ?! Tu n'as pas tous tes esprits !
- Je n'ai plus rien à perdre Raven, je dois aider…
- Si tu as quelque chose à perdre, répondit la blonde, la voix toujours aussi tremblante.
Le regard de la Donati se tourna vers celle qu'elle considérait comme son âme sœur, l'interrogeant de ses yeux verts mais Clarke resta silencieuse et se recroquevilla sur elle-même en serrant ses bras autour d'elle, peu sûre de ce qu'elle venait de dire.
Le cœur de Lexa s'était accéléré à la phrase de la médecin et lentement, elle sortit du véhicule, incitée par Raven pour se rapprocher de la belle américaine. Elle ne se permit pas pour autant de la toucher, soufflant simplement avec douceur :
- Qu'ai-je à perdre en me rendant à la Police Clarke ?...
- …
- Clarke ?
- Moi, Lexa… Je ne te survivrai pas si tu meurs par je ne sais quel moyen sordide que peut utiliser la mafia… Je… Je te l'ai dit dans le bureau avant que tu ne me dises… la vérité… Je te revois encore… T'écrouler après avoir pris ces deux balles… et… j'ai mal au cœur Lexa… J'ai mal !... Cria soudainement la blonde tandis que de nouvelles larmes ruisselaient le long de son visage.
La médecin se sentit enlacée avec force par le bras libre de l'héritière et elle se laissa aller à sa tristesse contre elle, soufflant :
- Je déteste ton mensonge Lexa… Je te déteste pour ça… Tu ne peux pas imaginer comme je te hais pour ça ainsi que le sang de mafieux qui coule en toi… mais je t'aime plus que tout… Je t'aime trop pour te laisser malgré ça… Je ne veux pas que tu meurs Lex'… Je ne sais pas ce qu'il faut faire… Ce qui est juste… Je ne sais plus… Ma tête me crie de te convaincre de te rendre à la police mais mon cœur me supplie de t'empêcher d'y aller si tu risques de mourir et d'être enfermée à vie sans que je ne puisse t'avoir avec moi au quotidien... Je t'aime. Je t'aime… Ne me laisse pas… Je t'en prie…
La gorge de la brune s'était nouée d'émotion à la confidence de sa compagne et elle eut juste la force de répondre :
- Je t'aime aussi Clarke… Je ferais tout ce que tu veux si ça me permet de te garder avec moi… Je te promettrai tout ce que tu veux…
Un long silence s'installa tandis que les deux femmes se serraient dans les bras l'une de l'autre. Clarke se redressa finalement pour caresser la joue mouillée de l'héritière :
- Je sais que ce n'est pas le moment, pleura t-elle nerveusement – mais tu es brûlante de fièvre… Bon sang je t'aime…
Un demi-rire échappa à la brune à l'observation de la jeune femme et elle ne put s'empêcher d'aller l'embrasser amoureusement. Leur baiser de réconciliation fut tendre et passionné à la fois, comme s'il était le dernier qu'elles pourraient échanger avant un long moment. Clarke finit par se reculer avant de se tourner vers Raven :
- Qu'est-ce qu'elle doit faire Raven selon toi ? Dis-nous.
La mécanicienne se gratta nerveusement le menton avant de dire :
- Comme ce qu'elle a fait la première fois : partir d'ici, disparaître du champ de vision de la mafia, oublier pour de bon les Donati et leurs amis. Lexa tu dois changer de vie et ne jamais revenir, tu entends ? Change de nom, de nationalité, j'en sais rien… Pars.
Lexa baissa les yeux sur le sol, soufflant :
- Gustus, Anya, Aden… Toi Raven… Tous les autres…
- Oublie-nous Bella… C'est mieux ainsi. Ce n'est pas la vie qui te convient. Tu as essayé, ça n'a pas fonctionné. Tu dois partir. Pars avec Clarke. Vous êtes faites l'une pour l'autre, ça crève les yeux. Va vivre la vie que tu mérites.
- Raven… Souffla la Donati la gorge nouée.
- Ah ! Allez ! Allez pas de larmes avec moi hein ! On a même pas couché ensemble !
La remarque eut le mérite de faire rire les trois.
- Je vais appeler Lincoln de ta part. Je vais lui demander qu'il vous emmène en hélico en Italie, vous pourrez y prendre un avion pour la destination que vous voulez… Ensuite… Cachez-vous, ne restez jamais au même endroit trop longtemps d'accord ? Le temps que tout se tasse ici, faites-vous oublier.
La Donati acquiesça silencieusement : elle avait connu cette vie de fuite durant quelques mois, le temps que son grand-père arrête de la faire chercher. Elle espérait simplement que Clarke la supporterait avec elle car même si la blonde l'aimait, cette vie n'avait rien de simple. Bien qu'elle n'ait rien dit, la blonde se contenta de se serrer un peu plus contre la sicilienne en guise d'acquiescement.
Les pales de l'hélicoptère tournaient à une vitesse hallucinante tandis que les deux femmes échangeaient avec Raven et Octavia une dernière accolade. Clarke avait les larmes aux yeux et souffla :
- Tu prendras bien soin de lui d'accord ?
- Ne t'en fais pas Clarke, je vais traiter Racoon comme un petit roi… Il me connaît en plus.
- Dès que ce sera possible tu me donneras de ses nouvelles, de toi aussi et de…
- Oui ! Ne t'en fais pas chérie ! Bon sang quelle histoire de malade ce départ précipité dans les pays en difficultés ! Tu es vraiment une héroïne Clarke !
La blonde sourit maladroitement : elle n'avait pas pu se résoudre à dire la vérité sur son départ précipité avec Lexa à sa meilleure amie. Moins elle en saurait lui avait dit Raven, mieux elle se porterait elle et son bébé.
Raven n'avait rien dit quand la brune avait coupé la phrase de Clarke qui allait sans doute mentionner l'enfant mais elle se donnait moins d'une semaine pour en discuter vraiment avec la Blake. Ce n'était juste pas le bon moment.
- Et moi je prendrai soin de Roméo, termina la mécanicienne.
- Merci pour tout… Souffla Lexa en embrassant et enlaçant Raven puis Octavia qui en fut surprise.
Après un dernier au revoir difficile, les deux femmes montèrent dans l'hélicoptère avec leur maigre bagage respectif. Lincoln les salua avec un sourire ainsi qu'un regard respectueux pour sa Dona avant de faire décoller l'appareil et disparaître après plusieurs centaine de mètres du champ de vision d'Octavia et Raven.
Les deux jeunes femmes restèrent silencieuses, la gorge nouée d'émotion de voir partir leur meilleure amie respective. Après un temps plutôt long, Raven souffla :
- J'ai les boules putain.
- Moi aussi, souffla Octavia les larmes aux yeux.
Epilogue
La radio diffusait pour la énième fois un tube de l'été horriblement désagréable à l'oreille qui ne manqua pas de faire grogner le Giordano devant son miroir. Le brun était en train de raser sa barbe en ce matin de mi-juillet. Lorsqu'il sortit de la salle de bain, il passa un jean et une chemise noire qu'il prit le temps de boutonner, s'arrêtant sur les cicatrices des balles qu'il avait pris il y a six mois lors de la tentative d'assassinat de Lexa… À ce souvenir, son cœur se serra : Lexa avait disparu des radars depuis. Il ferma les yeux en se remémorant la façon dont on lui avait appris la nouvelle alors qu'il était encore alité au lit.
Ryder, Ilian, Artigas et Anya venaient de passer la porte de sa chambre d'hôpital avec le regard grave. Il avait tout de suite deviné que quelque chose n'allait pas et s'était donc redressé malgré la douleur dans son lit.
- Qu'est-ce qui se passe ? Vous l'avez retrouvée ? Demanda t-il, inquiet à l'idée qu'il soit arrivé quelque chose à celle qu'il considérait comme sa propre fille.
Ses collègues masculins se contentèrent de baisser les yeux au sol tandis qu'Anya s'avançait vers lui. Elle resta debout pour dire :
- Elle a quitté la Sicile Gustus. C'est terminé.
Il avait senti son sang bouillir et entrer en ébullition à l'information. Sans pouvoir s'en empêcher il se redressa et arracha tous ces maudits fils qui le retenaient cloué au lit.
- Il faut la retrouver ! ELLE NE PEUT PAS NOUS LAISSER UNE DEUXIÈME FOIS ! NON ! NON ! Qu'est-ce que vous attendez bordel ?! RYDER ! ARTIGAS ! ILIAN ! Allez à sa recherche immédiatement !
- Gustus ! Stop ! Asséna sèchement sa compagne en lui bloquant le passage. Tu n'es pas en état pour partir à sa recherche. Si elle est partie, tu sais qu'elle fera tout pour qu'on ne la retrouve pas. Elle l'a déjà fait et… Elle n'est pas partie seule. Le Docteur Griffin a disparu aussi.
Des tics faciaux s'emparèrent du Giordano tant la colère et la tristesse le saisissaient. Il se laissa tomber malgré lui dans son lit tandis que des infirmières accouraient pour venir rebrancher la perfusion pour l'antidouleur et les câbles permettant à la machine de surveiller l'état de santé du grand brun.
Ses doigts boutonnèrent le dernier bouton de sa chemise ce qui le décida à sortir de la chambre et descendre l'escalier de la maison qui était bien différente de celle de Becca. Après le départ de la Dona, les sympathisants de la famille Donati avaient dû prendre la fuite pour se cacher des Barzetti qui n'avaient pas perdu de temps pour prendre la tête de la mafia grâce à Aden qui avait été proclamé Don par les grandes familles dès lors que son mariage avec Ontari Barzetti avait été autorisé par Nia Barzetti. Le seul choix s'offrant aux sympathisants était de se rallier à leur nouveau Don ou bien de mourir. Ryder avait refusé de bouger de Syracuse ce qui l'avait malheureusement conduit à sa mort. Artigas, lui, avait choisi tout comme Tristan de rejoindre Aden tandis que le reste des sympathisants avaient fui en Italie pour tenter d'échapper à la violence de cette nouvelle mafia. Gustus avait tout fait pour protéger sa famille depuis, changeant régulièrement d'endroit en Sicile grâce à ses contacts de l'île. S'ils avaient frôlé à plusieurs reprises la possibilité de se faire surprendre et coincer, il avait toujours réussi à échapper aux Barzetti qui parlaient à travers Aden.
La bonne odeur de spaghettis bolognaises le fit sourire : Cécilia avait décidé de les suivre suite à la naissance de leur fille : Edda. La mère d'Anya était toujours aussi rayonnante au fil des jours depuis la naissance de sa petite fille. Cécilia utilisait toute son énergie pour rendre heureux ses « grands enfants » comme elle aimait à les appeler. Gustus ne tarda pas à repérer sa compagne qui était allongée sur un vieux canapé en cuir à moitié défoncé avec leur fille couchée contre sa poitrine qui dormait aussi à poings fermés en simple couche. Elle se reposait visiblement : la nuit avait été dure car soit lui soit Anya gardait l'œil ouvert pour prévenir d'une quelconque arrivée des hommes de la mafia. Se cacher et fuir sur l'île n'était pas de tout repos.
Il s'approcha d'elle et glissa une main douce contre son visage pour ensuite déposer un baiser sur son front ainsi que sur la tête d'Edda. Anya ouvrit un œil à ce geste tendre et ne put s'empêcher de sourire. Malgré leur dur train de vie depuis six mois, découvrir la vie de couple et de mère lui avait pour sa grande surprise permise de s'épanouir. Elle était devenue plus souple dans son caractère bien que toujours aussi piquante quand elle le souhaitait. Elle aimait sincèrement Gustus et était passionnée par ce petit être qui ne lui avait pas facilité la vie durant neuf mois : elle tuerait n'importe qui pour protéger sa fille qu'elle aimait par-dessus tout. Elle était fière de ce petit miracle qu'elle et Gustus avaient eu ensemble même si elle s'amusait à le traiter comme un talent qui lui était propre et non à son compagnon. Seule Anya Zanetti à ses yeux était capable de tomber enceinte d'un sale Giordano ayant subi une vasectomie.
- Ça va ? Souffla le brun, ne voulant pas réveiller sa fille.
- Un peu claquée mais ça va… Il fait chaud aujourd'hui.
- Oui ils ont annoncé 40 degré à l'ombre… Les mois de juillet sont chauds en Sicile mais là c'est l'enfer…
- Hm… Je ne sais même pas comment fait Edda pour dormir autant… C'est de toi qu'elle tient ça forcément.
- Parce que c'est un défaut de dormir ?
- Évidemment, une perte de temps, lui sourit Anya.
- J'aurai dû m'en douter…
- Heureusement qu'elle n'a pas ta gueule.
- Je ne sais même pas comment je fais pour rester poli avec toi, s'amusa t-il en s'agenouillant pour aller embrasser tendrement sa compagne.
- T'es juste raide dingue de moi Giordano c'est tout…
Le brun ne put s'empêcher de sourire à la réponse et continua à embrasser la mafieuse qui ne s'en plaignit pas. Le couple continuait tendrement à s'échanger des baisers et autres mots peu amoureux lorsqu'ils entendirent un cri venant de l'extérieur. Gustus reconnut immédiatement Cécilia et se releva pour se jeter sur un placard où il avait caché une chevrotine chargée.
- Va te cacher avec Edda ! Il y a des armes dans la chambre, prends en une ! Ordonna t-il à Anya qui se leva rapidement et ne protesta pas, prête à tout pour protéger sa fille.
Le Giordano ouvrit la porte avant de faire face à une dizaine d'hommes armés de Beretta. Il reconnut immédiatement Quint et Diego qui souriaient mesquinement. Cécilia était tenue par un homme qui lui était inconnu. Il serra les dents avant de dire :
- Lâchez-la. C'est moi que vous voulez pas elle.
- Tu m'as l'air bien sûr de toi pour un fugitif… Ricana Quint.
- Si vous la touchez je jure de vous tuer un par un de mes mains ! Menaça t-il.
- Oh… Tu veux dire toucher comme ça ?... Le provoqua le mafieux en allant caresser avec force la poitrine de la pauvre femme qui gémit de dégoût et de peur.
- Sale enfoiré ! Hurla le brun se préparant à tirer.
- Bah alors tire ! Tu as peur de la toucher ? Le provoqua Quint. Ce serait dommage de tuer belle-maman avec moi… Hm ? Elle est où ta sale vipère de femme ?
Gustus n'y tint plus et tira à l'affiler sur les deux hommes entourant Quint et Cécilia. Le geste du Giordano ne manqua pas de surprendre le fétiche des Barzetti qui posa alors son arme sur la tête de la matriarche des Zanetti qui resta droite malgré sa peur.
- Petit fils de pute ! Lui souffla t-elle en crachant devant elle. Une Zanetti n'aura jamais de respect pour un Bar…
Le coup de feu partit ce qui arracha un cri de rage à Gustus qui ne put qu'être témoin du corps sans vie de la vieille femme qui venait de prendre une balle dans la tête. Un autre hurlement déchirant et haineux se fit entendre : Anya était descendue à toute vitesse, armée d'un Beretta qu'elle pointa sur Quint en retirant la sécurité.
- CONNARD ! Hurla t-elle, sur le point d'appuyer sur la détente mais deux hommes la saisirent dans le dos, lui faisant lâcher son arme avant de lui administrer un coup de poing au visage qui la fit s'écrouler.
- ANYA ! Cria le sicilien.
Le sang de son compagnon ne fit qu'un tour et il se mit à tirer sur les hommes qui tentaient de l'immobiliser lui aussi. Il réussit à tuer celui ayant frappé la Zanetti avant de se faire mettre à genoux sur la terre sèche présente devant la petite maison dans laquelle ils s'étaient réfugiés depuis quelques jours. Il ne put s'empêcher de tourner le regard vers Cécilia qui se vidait de son sang par le crâne. Des larmes de rage et d'impuissance lui montèrent aux yeux : il allait perdre les dernières personnes qu'il aimait aujourd'hui.
- ÇA SUFFIT ! Hurla soudain une voix d'homme. Quint ! Diego ! J'avais dit pas de blessés !
Aden Donati venait d'arriver, appuyé sur sa canne et entouré de cinq hommes de main. Quint ne put s'empêcher de sourire mesquinement :
- Pardonnez-moi mon Don… Elle a fait de la résistance…
- C'était une femme âgée ! Elle était inoffensive bordel de merde !
Le grand blond s'approcha du corps sans vie de celle qui avait été sa gouvernante après la mort de sa mère. Il sentit des larmes lui monter aux yeux mais les repoussa pour faire face à ses hommes de main.
- Toi et toi, ramassez son corps… Je veux qu'elle ait un enterrement digne de ce nom…
Un rire mauvais s'échappa de la gorge de Gustus qui se prit un coup de pied dans le dos de la part de Quint qui le fit se baisser un peu plus.
- J'ai dit ça suffit !
- Il se moque de vous mon Don ! Je pensais…
- Arrête de penser Quint ! Tu es payé pour être mon bras pas mon cerveau bien heureusement, grogna le Donati.
Quint se contenta de serrer les dents : il détestait ce merdeux arrogant et se demandait bien comment était-il possible que Nia l'ait laissé en vie aussi longtemps…
- Gustus… Dit doucement Aden en se posant face au Giordano.
- Je n'ai rien à te dire.
- Moi si. Tu as été très fidèle envers ma sœur. Je sais que tu es le mafieux le plus droit et fidèle qui soit… J'aimerai que tu me rejoignes.
- Plutôt mourir.
- Suffisait de le dire, sourit Quint en pointant son Beretta contre la tempe du Giordano.
Cette fois-ci Aden ne retint pas le molosse des Barzetti.
- Je suis un Donati, c'est ce qu'aurait voulu mon grand-père.
- Ton grand-père avait honte de toi car tu n'étais pas capable de passer dix minutes sans pleurer à l'extérieur. Tu n'as pas l'étoffe d'un Don même avec cette canne en argent et ce beau costume. Tu ne tiendras pas plus d'un an. Ta sœur et toi n'êtes pas comparables ! Si tu es en vie c'est grâce à elle !
Le visage d'Aden se ferma subitement devant l'insulte et il claqua des doigts pour que Diego et Quint passe à tabac le Giordano. Gustus se retrouva au sol et se mit à encaisser des coups de pied dans ses côtes. Des pleurs de bébé lui firent reprendre conscience alors qu'il commençait à sombrer : Edda pleurait. Il rouvrit les yeux pour observer impuissant trois hommes tenter de retenir Anya qui se débattait pour reprendre des bras d'un homme de main qui était entré entre temps dans la maison pour chercher leur fille. Le mafieux souriait avec mauvaiseté en tenant Edda entre ses bras.
- Anya… Souffla t-il.
- Gus ! Relève-toi ! Lui criait sa compagne, des larmes de rage coulant sur son visage.
Le Giordano se releva lorsqu'il vit Edda se faire porter brutalement par l'homme de main.
- Ne la touche pas ordure ! Ragea t-il.
Un coup de poing l'envoya au tapis tandis qu'Aden faisait signe à l'homme tenant le bébé. Il la prit dans ses bras après s'être assis sur le banc posé contre la maison. Il berça Edda qui se calma rapidement ce qui le fit sourire.
- Elle te ressemble Anya… Remarqua t-il.
- Aden ! Ne lui fais pas de mal ! Supplia la Zanetti.
- Je ne lui ferais pas de mal, promit-il. Elle n'est qu'innocence…
- Qu'est-ce que tu nous veux bon sang alors ?!
- Je vous veux dans mon cercle privé. Tu connais les règles Anya, c'est toi qui me les as enseignées avec Tristan : moins j'ai d'ennemis, plus longtemps je serais Don. Prêtez allégeance et je vous pardonnerai pour votre fuite et défiance depuis six mois. Vous pourrez habiter de nouveau la maison de tante Becca et gagner de l'argent en faisant ce que vous aimez… Élever votre fille sans qu'elle ne coure le risque de se faire tuer par la nouvelle mafia.
Le brun tenait une enveloppe dans ses mains. Le médecin venait de lui apprendre que l'opération pour extraire les résidus de balles coincés près du cœur risquait de lui coûter la vie. Il ne voulait pas gaspiller la moindre minute sur une table d'opération, aussi avait-il refusé. Anya et lui étaient à présent allongés l'un contre l'autre dans le petit lit d'hôpital à regarder cette enveloppe qui contenait le sexe de leur enfant à naître.
- Tu es sûre ? Demanda le Giordano.
- Oui. Je veux que tu saches même si je sais que tu seras là quand j'expulserai ce microbe. T'as plutôt intérêt, résidus de balle près du cœur ou quoi, tu te démerdes. Tu me laisses pas seule à l'accouchement compris ?
- Est-ce que je t'ai déjà fait faux bond ?
- Non.
Le sicilien contempla quelques secondes le contenant avant de l'ouvrir et sortir le petit papier où était marqué : « C'est une fille, félicitations ! ». Malgré lui, ses yeux s'embuèrent de larmes et il sentit son cœur accélérer. Anya se redressa, inquiète et surprise à la découverte de ce résultat : elle se demandait si Gustus aurait préféré un garçon… Sans doute car tous les mafieux voulaient un héritier mâle.
- Gus ça va ?
- Oui… C'est juste magnifique…
- Vraiment ? Tu n'es pas déçu ?
- Non… Je vais avoir une fille aussi belle que sa maman, comment je pourrais être déçu ?
Anya ne put s'empêcher de sourire et alla embrasser son compagnon.
- Wow… Je peux plus l'appeler microbe maintenant du coup… Ça fait beaucoup plus réaliste…
- Tu peux l'appeler par son prénom maintenant…
- Tu as déjà le prénom ?! Je te jure que Gustavette ça ne passera pas !
- Non… Rit-il. Si tu n'y vois pas d'inconvénient, j'aimerai l'appeler comme ma grand-mère.
La mafieuse sourit avant d'acquiescer :
- Edda… J'aime beaucoup ce prénom.
- GUSTUS ! L'appela Anya ce qui eut le mérite de ramener le brun à la réalité.
Le Giordano se releva bien que difficilement pour regarder le cadet des Donati portant sa fille entre ses bras et jouer avec elle avec des grimaces et des signes de main. Il cracha un peu de sang alors qu'il tournait ensuite la tête vers sa compagne qui était partagée à l'idée de résister encore ou de se rendre. Le visage d'Anya se tourna finalement une nouvelle fois vers sa fille puis vers son compagnon, le suppliant silencieusement d'accepter l'offre d'Aden malgré la honte qui en découlerait pour le Giordano. « S'il te plaît » articula t-elle silencieusement pour son homme.
Gustus fixait la petite boîte en velours contenant la bague de fiançailles qu'il avait choisi avec Clarke dans une bijouterie du centre ville. Le torse encore bandé, il était appuyé contre la rambarde d'un des nombreux balcons de chambre de la maison de Becca. Anya et lui avaient quitté l'hôpital la veille et ils avaient passé une nuit enflammée comme si ça avait été leur dernière. La mafieuse dormait encore lorsqu'il s'était réveillé et il avait eu envie de prendre l'air. Il ne craignait pas le froid, il l'affectionnait même.
Tandis qu'il se demandait où Lexa avait pu fuir une nouvelle fois, il sentit les mains de sa compagne se nouer autour de son ventre. Il tourna la tête avec un sourire, les cheveux ébouriffés tout comme ceux de sa compagne.
- À quoi tu penses Gus ?
- À toi… Edda… Nous…
- Et ça donne quoi ?
- Ça… Répondit-il en lui désignant la petite boîte en velours posée sur la rambarde en pierre.
Anya se détacha de lui pour prendre la boîte et l'ouvrir, restant figée devant la bague.
- Épouse-moi, lança simplement Gustus.
La mafieuse leva un regard sur le brun avant d'éclater de rire.
- T'es pas sérieux Gus ?
- Tu aimerais hein ? Sourit-il en l'attrapant par les hanches pour l'empêcher de fuir.
- Putain une demande en mariage… Mais où est ce que tu m'emmènes sérieusement ? D'abord « je t'aime » ensuite le… Enfin… Edda… Sourit-elle. Maintenant le mariage… Je suis Anya Zanetti bordel…
- C'est oui ou c'est non ?
- Tu l'as payée ?
- La bague ?
- Oui.
- Évidemment que non, sourit-il.
- Alors c'est oui, répondit-elle tout aussi amusée.
Gustus raffermit un peu plus sa prise sur sa compagne qui amena ses lèvres vers celles du sicilien pour l'embrasser amoureusement.
- Je ferais n'importe quoi pour toi Anya.
- Il y a intérêt parce que m'enchaîner à toi jusqu'à la fin de ma vie bon sang dans quoi je m'embarque !
Le pas boiteux d'Aden ramena à nouveau Gustus à la réalité. Il tenait toujours Edda avec son bras le plus fort et s'appuyait de l'autre sur sa canne pour pouvoir rester debout.
- Dernière chance Gustus. Soumets-toi à moi et j'épargne ta famille. Sers-moi et protège-moi comme tu l'as fait avec ma sœur et tu auras la meilleure vie après moi en Sicile.
Gustus serra les dents et se redressa malgré son corps endolori par le passage à tabac auquel il avait eu droit. Les armes des gardes du corps du jeune Don se pointèrent directement vers le Giordano qui fixa son regard noir dans celui du Donati avant de baisser la tête en guise de soumission.
- Je me soumets à toi Don Donati et promets de te servir et te protéger au péril de ma vie.
Aden sourit doucement et tendit sa main où la chevalière de son grand-père était à présent installée sur son auriculaire droit. Les lèvres du Giordano vinrent se poser sur le précieux bijou des Don. Le Donati acquiesça silencieusement avant de lancer :
- Très bien, rentrons à Syracuse. Les affaires n'attendent pas.
Fin de la partie 1 de « L'Héritage »
TINTINTIN !
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Ça va vous êtes encore là ? Vous avez pas balancé votre ordi par terre ? xD Alors ce chapitre ? Qu'est-ce que vous en avez pensé ? Lâchez-vous car l'un des plus durs que j'ai eu à écrire avec le moment de la révélation de Lexa ! Les sentiments compliquées de chacune l'une envers l'autre ! Tout ça tout ça ! La décision finale de Clarke... Comment auriez vous réagi à sa place ? La baffe était méritée non ? :D J'en rêvais depuis des mois qu'elle lui en mette une haha XD
Je me suis bien marrée à écrire le Luna/Raven aussi avec Luna qui balance que Marcus est son mari XD Merci à l'une de vous pour cette idée de génie que j'ai repris ! :P
Avez vous aimé les flashbacks entre Gustus Et Anya ? Je dois avouer que je me suis amusée comme une gamine à les écrire ! Tout comme l'épilogue ! RIP Mama Cécilia... Mag me déteste pour ça maintenant mais bon il fallait des morts... RIP Ryder aussi... Enfin tout ça n'est pas terminé non non non ! J'ai encore plein d'idées ! Comme vous avez pu le voir Aden et Ontari vont se marier et vous n'avez pas eu des scènes avec eux donc ça voudra dire flashback dans la suite les concernant... ;P Bref plein de choses arriveront dans la 2ème partie !
Ah et au fait ? Les gagnant(e)s du pari organisé par Mag se seront reconnu(e)s je pense ! Je transmets cette liste via la sale belge : Sealtiels, UneAutreEnvie, melie09, Faberry45, Lily (Guest), Guest, TheTahitianQueen, Esys. C'EST UNE FILLE ! :D Vous en pensez quoi de cette petite fille qui porte le nom de Edda ? ;P Badass ou pas badass ? :D Merci doubi pour avoir trouvé ce joli prénom sicilien/italien.
Bon maintenant que j'ai fini de poser mes questions surexcitées je vous annonce la mauvaise nouvelle : GROSSE PAUSE DE L'HÉRITAGE ! En fait je travaille tout le mois d'août au cours d'un séjour adapté en Normandie et donc je n'aurais franchement pas le temps de travailler sur la suite (les congés sont rares dans ces séjours surtout que je suis chef de projet donc... XD). Dernière semaine d'août et mois de septembre je serais aussi très occupée car je suis en train d'acheter un appartement et je vous raconte pas la galère que c'est ! Donc l'Héritage ne reviendra pas avant début octobre je pense ! Désoléééée ! MAIS si par miracle j'arrive à écrire la suite, je vous la posterai ! Je ne vous laisserai pas poireauter ne vous inquiétez pas :) Alors je vous dis à très vite et n'hésitez pas à MP pour me dire selon vous ce que que je réserve à nos héros préférés dans la partie 2 ou simplement pour discuter ce sera avec plaisir... Saut dans le temps ou pas saut dans le temps ? ;P Byyyyyeeee ! :D
