Hellooooooo ! I'm BACK ! Comment allez-vous ? Héé non je ne suis pas morte ! Haha je suis contente de revenir ! Bon comme vous pouvez le voir, on est en octobre encore héhé donc je ne suis pas en retard :D Un immense merci pour les commentaires sur le chapitre 24 qui a clôturé la première partie de l'Héritage et qui vous a fait péter des cases haha ! Je sens qu'on va bien s'amuser avec cette seconde partie qui promet pas mal de tension ! Merci pour vos reviews, follows, favoris qui m'impressionnent toujours au fil des jours ! Je pensais que cette longue pause vous lasserait mais quand je vois les vues sur la fiction je ne peux que constater que vous êtes toujours là, attendant patiemment ! :)

Un grand merci à Lex-Jan pour la couverture qu'il a pris soin de faire pour embellir L'Héritage ! Elle est superbe non ? J'adore Lexa côté mafia et Lexa côté Clarke ! Il a vraiment du talent ! N'hésitez pas à le lui dire ! :D

J'en profite pour remercier mes fidèles relecteurs : doubi et MagRd qui ont re-signé pour cette seconde partie à mes côtés héhé ! Ils ont fait du très bon travail en l'espace de deux jours ! Les vieilles habitudes reprennent xD

D'ailleurs Mag était tellement heureuseeee que je me remette à écrire de manière si passionnée samedi après-midi qu'elle m'a lâché "Putain pour fêter ça double chapitre de In too deep la semaine prochaine !". N'oubliez pas de le lui rappeler car quand je lui ai dit que je le marquerai dans le commentaire elle a semblé oublier héhé... Sa mémoire lui fait défaut parfois... Notamment quand je lui dis d'arrêter de vous exciter quant à la sortie du nouveau chapitre de l'Héritage hm ? ;)

Vous avez à disposition le prologue de cette partie 2 ainsi que le chapitre 25 ! Allez bonne lecture !


L'Héritage

Partie 2


Prologue


Le bruit de verres qui s'entrechoquent, le brouhaha des clients et la douce caresse d'un léger vent d'été fit frissonner la belle brune installée à la terrasse d'un café. Seule, elle lisait avec application un livre bien connu dans son pays de naissance mais cette fois-ci en français afin de parfaire sa maîtrise de la langue : Le Prince de Machiavel. Le philosophe italien avait depuis son adolescence passionné la sicilienne et elle connaissait presque par cœur ses textes.

- Votre mojito Madame, sourit une serveuse blonde qui ne manqua pas de faire plisser l'œil de plaisir à la jeune femme.

Elle lui rappelait Clarke avec ses cheveux blonds et ses petits yeux bleus bien que le visage n'avait rien avoir.

- Merci beaucoup, répondit Lexa avec son fort accent sicilien.

Cela ne manqua pas, la serveuse s'arrêta, surprise et légèrement subjuguée par ce côté exotique.

- Oh quel joli accent ! Vous n'êtes pas de la région ?

- Non en effet, je suis en vacances.

- Vous semblez bien parler la langue, sans l'accent, je ne me serai sans doute pas rendue compte que vous étiez une touriste.

- Il y a encore du travail alors, s'amusa la brune en accordant un sourire à la serveuse qui ne put s'empêcher de se perdre dans le vert forêt de la sicilienne.

- Maëva ! Qu'est-ce que tu fous ?! Hurla le gérant du café.

- Excusez-moi ! Sursauta la serveuse en rougissant. J'arrive ! Désolée !

Lexa sourit avant de se replonger dans son livre tout en sirotant de temps à autre son cocktail frais. Le soleil de la Côte d'Azur était très agréable sur sa peau mâte. Elle avait passé la matinée sur la plage à bronzer et se baigner avant de se mettre à la recherche d'un nouveau café. Elle aimait changer, rompre les habitudes lui faisait un bien fou.

Deux ans étaient passés depuis sa fuite de la Sicile avec Clarke… Elles avaient écumé une bonne partie de l'Europe la première année avant de s'enfuir vers le reste du monde où elles ne s'étaient pas non plus attardées bien que le Tibet leur avait beaucoup plu. Elles y avaient trouvé une certaine paix intérieure mais il ne leur était pas possible de s'attarder plus d'un mois sur place par sécurité. Le plus difficile avait été de réussir à se faire confiance à nouveau… Toutes deux avaient été abîmées par le terrible secret qu'avait caché la brune durant presqu'un an. Clarke avait beaucoup changé.

Quelque chose en elle s'était brisé et avait totalement disparu ce qui n'avait pas manqué de fragiliser son amour pour la sicilienne qui avait longuement bataillé pour lui prouver qu'elle était digne de confiance. Leurs chemins s'étaient séparés un temps avant de se retrouver quelques mois plus tard pour mieux s'entremêler de nouveau grâce à la passion dévorante qu'elles ressentaient l'une pour l'autre. La vie de couple, la routine, la normalité n'avait rien de facile pour ces deux forces de la nature qui ne rêvaient que de ça lorsqu'elles vivaient en Sicile mais elles s'étaient accrochées l'une à l'autre, incapables de se dire au revoir une bonne fois pour toute. Elles s'appartenaient l'une à l'autre malgré les hauts et les bas que leur réservait la vie. Elles avaient appris pendant tout ce temps à se respecter l'une et l'autre.

Un bruit de frottement força les yeux de la Donati à quitter son livre de nouveau : la serveuse de tout à l'heure venait de lui glisser sa facture visiblement mais au lieu d'avoir le prix de l'addition, un simple mot était écrit « C'est cadeau pour moi… Ah et je finis dans une heure ;) ». Lexa se mordit doucement la lèvre, elle était clairement flattée que la jeune femme la trouve à son goût. Elle devait peut-être avoir la vingtaine, sans doute une étudiante travaillant l'été pour se faire un peu d'argent.

Un second mojito terminé, la sicilienne jeta un coup d'œil à sa montre ce qui ne fit qu'amplifier le sourire de la petite serveuse qui ne cessait de lui jeter des coups d'œil papillons. Elle s'apprêtait à payer finalement ses consommations quand elle sentit un frisson bien particulier la parcourir en voyant arriver une jeune femme aux cheveux mi-longs et rouge foncé. Leurs regards s'accrochèrent aussitôt et en l'espace de quelques secondes, plus rien ne sembla exister autour d'elles : Clarke attendait devant le café que la brune la rejoigne. Lexa se leva rapidement pour rejoindre la belle rousse à présent ce qui ne manqua pas de tirer une grimace de déception à l'étudiante qui ne put que constater la présence d'un billet de vingt euros au-dessus de son petit mot.

Les deux femmes s'observèrent un court instant avant de se sourire. Lexa posa un baiser tendre sur la commissure des lèvres de l'américaine qui ne put retenir un frisson délicieux.

- Bonjour Clarke…

- Bonjour Lexa, sourit la rousse en accordant une douce caresse sur la main de sa compagne.

Elles se mirent à marcher d'un commun accord en silence sur une rue piétonne et bientôt se retrouvèrent devant leur hôtel. Elles rejoignirent leur chambre afin de s'abriter pour quelques heures de passion.


Un gémissement échappa à l'américaine quand la brune se mit à caresser de façon délicieuse son bourgeon de plaisir. Encore nues et en sueur, les deux femmes partageaient les plaisirs depuis plus d'une heure sans pouvoir s'arrêter. Lexa était allongée au dessus de la rousse et ne se lassait pas de l'embrasser et jouer avec sa langue contre celle de son amante. Un nouvel orgasme ne tarda pas à saisir Clarke qui cette fois-ci se laissa aller dans le lit, pleine de fatigue mais la Donati ne semblait pas décidée à s'arrêter.

- Hm Lex'… Qu'est-ce que tu as mangé aujourd'hui bon sang ?...

- Rien justement… Toute ma faim est pour toi… J'ai faim de toi, sourit la sicilienne.

- Tu m'as manqué… Avoua la rousse avec un timide sourire.

Les yeux verts de la brune lâchèrent aussitôt les courbes alléchantes pour aller se fixer dans ceux bleus de son amante.

- Toi aussi tu m'as manqué… Sourit Lexa en posant des baisers papillons sur la peau nue. Je sais que tu veux travailler mais on pourrait tout simplement profiter de la Côte d'Azur ensemble ?

À cette proposition, Clarke fronça les sourcils et se défit de l'étreinte de la brune qui grogna de frustration. L'américaine s'était assise le long du lit :

- On en a déjà discuté Lexa.

- Je sais, soupira la sicilienne.

- Je suis désolée.

- Tu n'as pas à l'être… Je pense qu'on a longuement discuté de ce que l'on ressentait l'une et l'autre sur tous les sujets possibles…

Clarke frissonna en sentant les bras de sa compagne l'enlacer tendrement. Elle tourna la tête sur le côté pour tendre sa joue aux lèvres de la Donati qui se fit un plaisir d'y déposer de tendres baisers.

- C'est plus fort que moi, j'ai envie de tout t'offrir et que l'on passe tout notre temps ensemble…

- Tu as déjà grandement facilité ce… « voyage » avec ton intelligence Lex', grimaça la rousse. Travailler me permet de me sentir utile et d'apporter un peu de moi dans cette grande aventure qui n'est pas de tout repos.

Les deux femmes après leur départ ne s'étaient pas retrouvées sans rien, Lexa avait préféré prévoir le pire en plaçant dans divers pays protégés de l'argent engrangé par ses entreprises. Être chef de la Mafia n'offrait pas le luxe d'une retraite tranquille… Bien que la provenance de l'argent ne plaisait pas à Clarke, celui-ci leur avait permis de voyager sans risques tout en se faisant plaisir.

- Est-ce que le « beau Jean » te court toujours après Docteur Griffin ? Souffla sa compagne à son oreille, taquine.

- Oh Lex ! S'indigna la médecin sans pour autant se retenir de rire. Tu dis n'importe quoi !

- Je sais reconnaître un homme qui te désire mon amour, désolée.

- Et toi alors, cette petite serveuse blonde ? Tu crois que je n'ai rien vu ?

- Je préfère les rousses maintenant…

Les joues de la médecin devinrent rose de plaisir, les compliments et taquineries de la sicilienne lui procuraient beaucoup de joie. Elle se décida à se lever et se défaire de l'étreinte de sa compagne qui recommençait à poser de délicats baisers sur sa peau nue.

- Tu as fini ton charme ? Dis-moi plutôt où on va au restaurant ce soir… Sourit-elle.

- Le Docteur Griffin souhaite que je l'invite ? Sourit la Donati en se laissant retomber dans les draps du lit.

- Depuis que tu as arrêté la cigarette, je ne me lasse pas de tes invitations… La taquina la rousse.

- Hm… Peut-être dans ce restaurant français qui cuisine des cuisses de grenouilles sur un lit de truffes chaudes…

Clarke se tourna aussitôt en grimaçant :

- Des cuisses de grenouilles hors de question mais des truffes… Je ne dis pas non… Surtout avec ton accent…

- Ou sinon je te prépare des tagliatelles aux truffes et on reste tranquillement à l'hôtel ce soir…

- Redis le en français pour voir ? Demanda la médecin.

- Tagliatelles aux truffes pour vous, dit lentement la sicilienne.

Lexa sourit aussitôt. Clarke adorait l'entendre parler français, cela la faisait rire et l'émoustillait beaucoup.

- Alors ? Reprit-elle en italien.

- Je préfère le petit plat maison de ma compagne… Et je pense que tu seras contente de ne m'avoir que pour toi hm ?

- Tu lis dans mes pensées… Hm… Il faudrait juste que tu ailles acheter les truffes et une bonne bouteille de vin… Ça ne te dérange pas ? Quoique on pourrait commander la bouteille à l'hôtel…

- Non j'y vais, ça me fera prendre l'air ! Sourit la blonde en passant une robe d'été. Le traiteur du coin doit sans doute avoir ce qu'il nous faut.

- Si tu me laisses cinq minutes je t'accompagne…

- Lex', je vais travailler dans une université publique tous les jours, si quelqu'un avait voulu me faire du mal tu ne crois pas que ce serait déjà fait ?

- Sans doute… Désolée.

- Va te doucher, je n'en ai pas pour longtemps.

La Donati acquiesça et s'enroula du drap du lit pour observer depuis le balcon de leur chambre sa compagne sortir dans les rues de Saint Tropez. Lorsqu'elle eut disparu de son champ de vision, elle se décida à aller se doucher.


Clarke sortait tout juste d'une des boutiques vendant les meilleures truffes sur le marché et s'arrêta chez un caviste pour lui demander conseil au sujet d'un bon vin. Une fois la bouteille dans son sac en toile, elle reprit son chemin pour retourner à leur hôtel. Son regard s'arrêta rapidement sur un homme d'une cinquantaine d'années qui lisait un journal. Ce dernier sembla sentir son regard puisqu'il la fixa quelques secondes à son tour ce qui la mit mal à l'aise : il était habillé contrairement à la plupart des gens présents autour d'elle d'un costard lui faisant étrangement penser à ceux que portaient les hommes de main de Lexa à l'époque. « Peut-être est-ce un mafieux… » Pensa t-elle. « Non » se dit-elle en secouant la tête, l'homme devait sans doute attendre quelqu'un ou aimait tout simplement lire son journal ici, la place était plutôt agréable à l'œil. Elles n'avaient plus été poursuivies depuis deux ans maintenant. Elle se décida finalement à passer près de lui pour soulager son inquiétude : l'homme ne bougea pas d'un pouce ce qui la rassura. Il semblait à nouveau plongé dans sa lecture.

Elle souffla de soulagement tout en entrant dans le hall d'entrée. Durant les six premiers mois, elles avaient passé le plus clair de leur temps à échapper aux hommes de la Mafia. Bien évidemment, elle ne les intéressait que peu contrairement à Lexa qui était devenue une cible à abattre. Les poursuites s'étaient finalement calmées après la première année de fuite.

- Madame. Madame, excusez-moi, appela une voix d'homme.

Clarke se retourna, pensant que c'était un employé de l'hôtel qui l'appelait pour l'avertir de quelque chose. Quelle fut sa surprise de se retrouver face à l'homme au journal. Elle se pétrifia sur place et serra sa main sur son sac en toile. Les lèvres serrées, elle eut tout juste la force de répondre :

- O…Oui ?

- Pourriez-vous remettre ce courrier à Madame Donati s'il vous plaît ? Demanda l'inconnu en tendant un courrier épais de la taille d'un petit livre.

- Je ne connais pas cette personne. Vous devez vous tromper je pense… Répondit-elle, se faisant violence pour ne pas hurler ou paniquer.

« Si quelqu'un te parle de moi, tu restes calme et tu ne tentes rien de stupide, si tu te montres récalcitrante ou que tu fuis, ils te feront du mal » Lui avait appris Lexa.

- Veuillez excuser ma méprise, alors, s'excusa platement l'homme en rangeant le paquet dans sa poche.

- Ce n'est rien…

La médecin resta un instant à regarder l'inconnu qui s'en allait sans demander son reste. Bien qu'elle ait eu peur, elle n'avait pas eu de mauvais pressentiment à son égard, il ne s'était pas montré agressif ni insistant.

- Attendez !

- Oui ?

- Je… Euh…

L'homme lui tendit à nouveau le paquet sans poser de questions. Clarke se contenta d'attraper ce dernier avant de filer rapidement vers l'ascenseur de l'hôtel. Alors que les portes de l'ascenseur se refermaient, elle jeta un coup d'œil là où la livraison avait été faite : l'homme avait disparu. Une fois à l'intérieur, elle se mit à toucher le paquet : que pouvait-il y avoir à l'intérieur ?


Chapitre 25 : Dettes de sang (Partie 1)


- C'est bon tu as trouvé ce qu'il fallait ? Interrogea la Donati déjà en train de préparer ses ingrédients sur le plan de travail de la petite cuisine.

- Oui, répondit la blonde. Je te mets tout sur la table du salon. Je vais aller prendre une douche pendant que tu cuisines.

- D'accord, acquiesça Lexa de dos.

Clarke souffla de soulagement une fois enfermée dans la chambre. La salle de bain l'attenant elle avait la bonne excuse pour s'y réfugier sans que Lexa ne soupçonne quoique ce soit. Elle ferma les yeux un court instant, s'insultant mentalement « Putain pourquoi il a fallu que j'accepte de prendre ce truc ! Tu es vraiment conne Clarke Griffin ! Tout ce pourquoi on s'est battu vient de partir en fumée ! »

- Et si c'était une bombe ? Murmura t-elle pour elle-même, effrayée soudainement.

Ses doigts se crispèrent un peu plus sur le petit paquet emballé. Elle redoutait de l'ouvrir mais la curiosité la poussait à le faire. Elle commença à déchirer le papier épais marron qui entourait le colis mais s'arrêta rapidement en jetant un coup d'œil vers la porte de la chambre qui était close. Lexa lui en voudrait-elle si elle l'ouvrait sans elle ? Peut-être devrait-elle lui dire… Elle qui reprochait chaque cachoterie et mensonge à la brune, voilà qu'elle mentait elle-même sur un sujet qui pourrait les mettre toutes deux en danger. Après deux ans de fuite, jamais un seul paquet de ce genre n'avait réussi à les atteindre et elle sentait au fond d'elle que si elle l'ouvrait, elle risquait d'y perdre gros. Même si la vie quotidienne n'était pas facile tous les jours, elle se doutait que cette chose qu'elle tenait dans ses mains était liée au passé de sa compagne.

« Que faire…? » Hésita t-elle en se mordant la lèvre de réflexion, se tendant au moindre bruit de casserole venant de l'autre côté de la porte. Une image se dessina subitement dans son esprit : celle de Lexa lors de leur seconde rencontre chez Becca. Elle lui était apparue si différente… Pleine de puissance avec ce charisme débordant, cette autorité naturelle… Maintenant qu'elle regardait sa compagne, elle n'avait plus l'impression de voir ces traits de caractère. Bien sûr, la sicilienne était loin d'être facile au quotidien mais c'était bien différent. Elle n'était plus la Dona de la mafia sicilienne sur laquelle elle avait régné d'une main de fer durant trois ans environ et pour être franche, Lexa n'avait pas fait mine de chercher un travail légal depuis leur fuite contrairement à elle ce qui l'interrogeait de temps en temps. Est-ce que Lexa malgré ses dires lors de leurs moments de crise où ce secret était encore présent ne regrettait-elle pas aujourd'hui son ultime choix ? Elle avait eu l'air si sincère lorsqu'elle lui avait parlé de sa famille et le rôle de celle-ci en Sicile. Sa déception vis-à vis de son grand-père qui avait toujours refusé d'accepter son orientation sexuelle et ce en quoi elle croyait contrairement à son père qu'elle admirait pour avoir tenté de faire sortir sa mère de ce monde de pègre dans lequel elle était née tout comme elle. Par moment, la brune paraissait vide et absente, comme si on l'avait amputée d'une partie d'elle-même bien qu'elle refusait cette partie après leur rencontre. Clarke avait souvent mal vécu ces moments où Lexa n'avait tout simplement pas envie de parler et où le silence était son seul compagnon. Ils étaient pires que les silences de la brune après une dispute.

- Clarke j'ouvre l'eau deux minutes fais attention de pas te prendre de l'eau froide ! Prévint la sicilienne à travers la porte.

L'avertissement eut le mérite de sortir la rousse de ses pensées.

- Ok merci mon amour, je suis pas encore sous la douche ! Dis-moi quand c'est bon !

- C'est bon !

L'américaine se hâta d'entrer dans la salle de bain et de pousser la porte coulissante avant d'ouvrir l'eau afin de faire croire qu'elle se douchait. Le reste du papier d'emballage termina sur le sol tandis qu'elle s'asseyait sur le rebord de la baignoire pour contempler un album photo de la taille d'un livre. Elle caressa la couverture en cuir avant de se saisir de l'enveloppe attachée au dos de l'album. Elle l'ouvrit et sortit une feuille blanche où un texte était écrit en sicilien :

« Lexa,

Plus les jours passent et plus je sais que la Sicile est condamnée. Notre belle île sombre de plus en plus vers l'obscurité depuis que les Barzetti ont pris le pouvoir à travers ton frère Aden. Je me bats tous les jours pour me lever et rester debout afin de protéger Anya et Edda de leur perfidie. Ils ont détruit tout ce que tu avais mis tant de temps à construire et même si à l'époque j'avais du mal à comprendre ce que tu souhaitais atteindre en compagnie de Becca avec la mafia, j'ouvre enfin les yeux. La mafia comme tu l'as dit n'a plus de place dans ce monde régit par le mensonge et la manipulation, elle doit évoluer si elle veut survivre et se détacher des vieilles valeurs. Elle doit être aimée et voulue par le peuple. L'époque d'or de ton grand-père est révolue depuis bien longtemps, plus personne n'est fier de se présenter devant les autorités et montrer qu'il contrôle tout malgré les interdits de la loi. Je pense que les Barzetti préparent quelque chose de grave ici. Peu d'informations filtrent à mes oreilles, je suis toujours le traitre « sauvé » par ton frère mais je reste toujours le plus efficace de ces abrutis. Prends soin de toi et reste sur tes gardes. Protège tout comme moi celle que tu aimes jusqu'à ton dernier souffle.

Gustus »

La médecin relut la lettre une seconde fois pour s'imprégner des paroles de l'ancien garde du corps de sa compagne. Elle ne savait pas quoi en penser. Gustus les prévenait-il d'une possible tentative d'assassinat à leur égard ? Ou bien tentait-il de convaincre Lexa de revenir afin d'incarner sa vengeance ? Distraitement, elle se mit à parcourir l'album photo où différentes photos sous plastique se mirent à glisser entre ses doigts. Des photos anciennes de Titus et Luciana, d'autres de Lexa et son frère ou encore de son père Adrian. Les derniers clichés représentaient une petite fille aux boucles châtain foncé avec des yeux noisette, clairs et magnifiques. Elle en sortit une, reconnaissant à travers le visage de la petite la finesse des traits d'Anya. Elle la retourna pour lire « Edda ». Le cœur de l'américaine se serra de remord et elle referma rapidement l'album photo qui l'avait rendue nostalgique.

- Non ! Hors de question de repartir dans cet enfer Gustus ! Grommela t-elle pour elle-même.

Elle ramassa rapidement l'emballage pour le mettre dans la petite poubelle de la salle de bain et s'engouffrer sous l'eau après avoir caché l'album et la lettre en haut d'un placard.

- Clarke tu as fini ? C'est presque prêt !

- J'en ai pour dix minutes !

- Dix minutes ? Mais qu'est-ce que tu fais ? Ça fait vingt minutes que tu es rentrée là dedans !

- Désolée je fantasme sur Jean tu comprends !

- Très drôle… Grinça Lexa ce qui ne manqua pas de faire rire la rousse sous l'eau.


- Hm tu sens bon, sourit la Donati tandis que la médecin l'enlaçait amoureusement tout en posant un baiser dans sa nuque, pile à l'endroit où le tatouage de la croix chrétienne était ancrée dans la peau.

- Merci… On mange ?

- Tu as faim ?

- Je suis affamée, confirma l'américaine avec une légère morsure sur l'épaule de la brune.

- C'est un appétit bien différent dont tu parles je crois, s'amusa la sicilienne.

- Et si c'était le cas ? Ça te dérangerait ?

Lexa se tourna, un sourire fin collé à ses lèvres. Elle glissa une douce caresse sur les fesses de la rousse qui avait passé une robe d'été dans les tons vert émeraude allaient parfaitement avec ses boucles carmin.

- Alors comme ça on fantasme sur Jean hm ? Reprit la Donati en installant sa casserole de tagliatelles sur la table déjà dressée.

- Je plaisante Lex' ! Se moqua la blonde.

- Qu'est-ce que tu faisais tant dans la salle de bain alors ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire roh…

- Rien… C'est juste que tu es rentrée très vite tout à l'heure. J'ai eu l'impression que ça n'allait pas…

Le visage de Clarke pâlit légèrement mais elle se rattrapa bien vite en secouant la tête :

- Tout va bien, arrête de t'inquiéter pour tout et rien. Je pense que tu deviens parano à force de ne rien faire de tes journées…

Le regard forêt de sa compagne se teinta d'agacement à cette remarque.

- Excuse-moi c'est sorti tout seul. Lex' on en a déjà discuté, on va pas revenir là dessus, mea culpa, indiqua la médecin en s'excusant avec ses mains.

La Donati se contenta d'acquiescer et de servir Clarke puis elle-même. Les deux femmes se mirent à manger silencieusement avant que la rousse ne demande :

- Je ne voudrais pas relancer le sujet qui fâche mais j'ai vu que le cabinet d'avocat au coin de la rue recherchait une avocate pour compléter leur équipe… Droit international ça te connaît non ?

- À quoi tu joues Clarke ? Demanda franchement Lexa mi agacée et mi intriguée.

- Eh bien je me dis que… Ça fait deux ans qu'on court partout et j'ai l'impression que ça ne sert plus à rien… J'aime bien Saint Tropez. Je me dis qu'on pourrait peut-être monter une marche en plus en louant un appartement qu'on pourrait personnaliser plutôt que louer une chambre d'hôtel…

- Non.

Clarke soupira :

- Je me demande pourquoi je demande… Grogna t-elle, frustrée.

- Clarke, la mafia n'est pas un ennemi à prendre à la légère ! Lança la brune, coléreuse.

- Ah ne commence pas à crier Lexa ! Se rebiffa immédiatement la médecin.

- Oui je crie parce que tu n'es qu'une tête de mule qui refuse d'entendre !

- Tu peux parler ! Qui est-ce qui me fait la tronche un jour sur deux parce que je décide de me rendre utile à la communauté en allant enseigner dans une université publique ?!

- Combien de fois vais-je devoir te le dire Clarke ! Tu es une cible tout comme moi, ils te feront du mal pour m'atteindre moi ! Alors oui excuse-moi enseigner à des étudiants n'est pas la meilleure idée du siècle !

- Tu m'emmerdes avec ta mafia ! Tu n'as qu'à y retourner si elle te manque tant que ça ! Madame la Dona !

Un long silence s'installa entre les deux femmes après cette réplique. Le visage de Lexa s'était subitement fermé et Clarke s'en voulut aussitôt d'avoir dépassé les limites.

- Lex'… Excuse-moi je voulais pas dire ça…

La Donati se contenta de se lever de table et marcher vers la porte de sortie, l'ouvrir puis la claquer brutalement à en faire trembler les cadres accrochés aux murs de la chambre.

- Putain ! Ragea Clarke en donnant un grand coup dans la casserole de tagliatelles qui s'écrasa au sol avec fracas.

Elle gémit de douleur car le métal chaud et dur du récipient lui rappela que frapper dedans n'avait pas été l'idée la plus intelligente du siècle qu'elle ait eue pour passer ses nerfs.


Quelques heures plus tard, Clarke avait passé une nuisette et gardait un gant de toilette rempli de glaçon sur sa main légèrement douloureuse. Elle attendait que la brune rentre mais Lexa n'en avait pas décidé ainsi visiblement. Qu'est-ce qu'elle la détestait dans ces moments-là… D'un côté elle ne pouvait s'empêcher d'être en colère mais d'un autre elle s'inquiétait à en mourir. Ce qui la rassurait était que Lexa savait parler le français en partie et donc pourrait se faire comprendre en cas de besoin contrairement à elle qui ne s'exprimait qu'en anglais. Son français s'arrêtait à « bonjour », « ça va ? », « au revoir » alors que Lexa n'avait pas vraiment de mal à comprendre et retenir les mécanismes de la langue de Molière. La rousse alluma la lampe de chevet de son côté du lit avant de récupérer le livre que lisait la brune ces derniers jours.

- Machiavel… Étonnant, sourit-elle, amusée.

Elle le reposa du fait de sa traduction française avant de regarder une énième fois son téléphone. La brune avait ignoré ses appels et n'avait pas fait mine de lui écrire ne serait-ce qu'un message. Elle grommela de nouveau en s'allongeant sous le drap, se remettant finalement à songer au passé. Sa nostalgie la ramena à ses premiers moments avec la brune… Lexa était si attirante et électrique… Elle en rêvait la nuit tellement la Donati l'hypnotisait dès qu'elle la voyait… Bien sûr il y avait sans doute un peu d'excitation du fait du mystère qui planait sur elle mais il n'y avait pas que ça… Elle avait beau aimer profondément la sicilienne, ce n'était plus vraiment pareil entre elles. Même leurs disputes n'étaient pas comme avant. Clarke ne put s'empêcher de repenser à la lettre de Gustus. Était-ce égoïste de sa part de vouloir garder pour elle seule Lexa alors que sa famille avait besoin d'elle ? Jamais Gustus n'aurait écrit une pareille lettre deux ans auparavant. Elle soupira : en plus de sa douleur à la main, un mal de crâne commençait à l'envahir à force de réfléchir ce qui l'agaça encore plus. Elle se décida à fermer les yeux et essayer de chasser toutes pensées de son esprit durant les prochaines minutes.


Le bruit de déverrouillage de porte sortit de son demi-sommeil la rousse. La voix pâteuse elle appela :

- C'est toi Lex' ?

- Oui, répondit froidement la brune en allant dans la salle de bain.

- Toujours de charmante humeur à ce que je vois…

Le silence répondit à l'américaine ce qui ne manqua pas de lui confirmer l'humeur de sa compagne. Lexa après s'être changée elle aussi, alla s'installer de son côté du lit, laissant une distance bien trop grande entre leurs deux corps pour donner le moindre espoir de réconciliation immédiat à Clarke. Elle ne se laissa pas décourager pour autant et décida d'initier un rapprochement, allant se coller légèrement à la sicilienne qu'elle se mit à embrasser doucement sur les épaules et la nuque, tout en murmurant :

- Tu fais toujours la tête ?...

Lexa fronça les sourcils à l'approche de son amante. Après ce qu'elle s'était pris dans la figure, elle avait décidé de faire un tour à l'extérieur afin de s'aérer la tête. Cela avait eu le mérite de lui enlever ses envies de tabassage du moment. Bien sûr elle ne ferait jamais de mal à Clarke mais fracasser quelques nez ou objets lui aurait fait un bien fou car aujourd'hui elle se sentait faible et inexistante.

- Qu'est-ce qui t'a plu chez moi en premier…? Chuchota la médecin joueuse, en glissant une main entre les cuisses de la Donati.

- Clarke, je n'ai franchement pas la tête à ça…

- Tu te rappelles de notre première fois ? À ton avis les préliminaires avaient déjà été entamés pendant le massage que je t'avais fait non ?... Quand tu avais gémi sans faire exprès… Hn Lexa… S'excita t-elle en commençant à se frotter sensuellement contre son amante.

- Clarke ! Aboya la Donati en se détachant du corps de sa compagne. Tu crois franchement que j'ai envie de faire l'amour après ce que tu m'as dit ?! La Dona comme tu l'as si bien dit n'a pas la tête à coucher avec son ancienne médecin personnelle ! Excuse-la !

Clarke sentit son cœur se serrer à cette vision : voilà à quoi en était réduit leur couple après trois ans. Elles n'étaient rien d'autres que deux femmes abîmées par les mensonges et la rancœur. Des larmes lui montèrent rapidement aux yeux alors que Lexa semblait la fixer dans la pénombre de la chambre sans savoir quoi rajouter.

- Excuse-moi… Murmura t-elle la voix pleine de tristesse.

Un simple « Je vais dormir ailleurs » de la part de l'héritière indiqua à la médecin qu'elle se retirait de la chambre pour aller s'allonger sur le petit canapé du salon.


La tête embrumée par une nuit agitée, Clarke se dirigea rapidement vers la douche pour se réveiller un peu plus. Elle s'habilla d'un short bleu marine et d'un débardeur blanc sans vraiment de motivation avant de se diriger vers la petite kitchenette pour y faire couler du café. Lexa était accoudée au balcon et semblait s'être remise à fumer au vu du nuage toxique qui flottait autour d'elle. La journée commençait décidément mal.

Au vu de l'heure qu'il était, la médecin se décida via un mail d'annuler ses cours de la journée. Elle n'avait pas vraiment la tête à penser à ça alors qu'elle s'était violemment disputée la veille avec sa sicilienne qui n'était visiblement pas d'humeur à lui pardonner rapidement ses erreurs. Elle se força néanmoins à revenir vers elle mais à tâtons ce coup-ci :

- Bonjour… Tu veux un café ?

- Pourquoi pas, répondit la brune.

« Ne pas hurler à cause de la cigarette Clarke, ce n'est franchement pas le moment… Même si putain elle le fait exprès pour me foutre en rogne ! » Se répéta mentalement la médecin en préparant la poudre noire et l'eau dans la machine à café.

Elle glissa une main dans ses cheveux courts et parcourus de reflets cuivrés alors qu'elle hésitait sur la quantité ce qui ne manqua pas d'attirer l'œil de la sicilienne malgré son humeur massacrante. Lexa ne put s'empêcher d'apprécier de nouveau cette mimique qu'avait Clarke quand elle préparait le café le matin. Ce dernier serait sans aucun doute encore infâme car elle n'était franchement pas douée pour tout ce qui touchait à la cuisine mais elle s'en fichait totalement comme toutes les fois où la médecin avait tenté de lui préparer quelque chose qui avait finalement tourné à la catastrophe culinaire.

- Un peu plus de café et moins d'eau, indiqua patiemment la sicilienne en entrant à l'intérieur.

Les yeux bleus de Clarke vinrent rapidement se fixer dans ceux verts de sa compagne, une moue légèrement vexée sur les lèvres.

- Bon, bon fais comme tu veux… S'excusa Lexa, légèrement amusée.

- Quoi il n'est pas bon mon café peut-être ?

- Je ne me risquerai pas à répondre à cette question…

- Qu'est-ce que ça veut dire ça ?

- Rien…

Clarke déposa deux tasses remplies du liquide fumant sur la petite table ronde en ferraille installée sur le balcon. Elle s'assit en face de la brune, décidée elle aussi à faire un nouveau pas en avant.

- Voilà.

- Merci.

- À tes risques et périls de le boire, répondit la médecin avec une fausse moue fâchée.

- Tu ne vas pas à l'université aujourd'hui ? Demanda la brune pour s'échapper d'un sujet qui pourrait fâcher de nouveau.

- J'ai mal dormi, je ne suis pas en état d'enseigner quoique ce soit aujourd'hui.

- Je vois.

La médecin se mit à boire son café sans un mot de plus et retint une grimace : du jus de chaussette ! Elle leva un regard vers Lexa qui buvait lentement le sien sans montrer une seule seconde son dégoût. Elle hésita à lui enlever la tasse mais se décida à ne rien faire : elle méritait bien sa petite vengeance de la veille quand Lexa n'avait pas donné signe de vie durant plus de trois heures.

- Lexa…

- Hm, répondit la brune, penchée sur son portable.

- Je suis désolée pour mon comportement d'hier soir. J'ai dépassé les limites, je le sais.

- Je suis aussi désolée d'avoir été aussi dure avec toi Clarke… mais tu as touché une corde sensible cette fois… Tu ne l'avais jamais fait.

- Oui… En fait…

- Quoi ?

- Tu avais raison hier quand tu disais que quelque chose n'allait pas quand je suis rentrée.

Les sourcils de la brune se froncèrent immédiatement.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as vu quelqu'un te suivre ?

- Me suivre non… Me transmettre un courrier pour toi oui.

- Quoi ?! Explosa la brune en se levant tellement brusquement que les tasses de café se renversèrent sur la table et une se brisa sur le sol.

- Lexa ! Calme-toi !

- Dis-moi que tu as fait comme je t'ai appris !

- Je l'ai fait oui… Au début…

- Au début ?! Mais bon sang Clarke qu'est-ce que tu as fait ?!

- Il n'avait pas l'air menaçant… Il m'a donné un paquet pour toi et il est parti.

- Bon sang ! Où est le paquet Clarke ?! S'inquiéta la Donati.

- Je l'ai ouvert Lex' ! C'est juste un album photo et une lettre… de Gustus… Dit-elle tout doucement, penaude.

- Où est-ce que c'est ?!

- En haut du placard dans la salle de bain… Lexa je suis désolée mais…

- Par Dieu je vais te tuer ! S'indigna la sicilienne en filant vers la chambre pour récupérer le contenu du paquet.

Clarke grimaça en suivant la brune qui venait de récupérer l'album et la lettre, lettre qu'elle déchira rapidement en petits morceaux ce qui laissa sans voix la rousse. L'album quant à lui partit directement à la poubelle.

- Tu ne veux pas savoir ce qu'il y a dedans ?...

- Non, répondit fermement la Donati.

- Pourquoi ?

- Cette vie n'existe plus pour moi Clarke.

- Je pensais que…

- Tu penses mal. Ma vie elle est avec toi Clarke, uniquement toi. Il n'y a plus rien qui existe à côté à part toi.

- Lex'… Je sais que je t'ai demandé beaucoup après que tu m'aies enfin avoué la vérité… On est parties précipitamment peu de temps après une tentative d'assassinat à ton encontre qui a manqué de tuer Gustus… Je comprendrais si…

- Non Clarke. Je suis sérieuse.

- Moi aussi je suis sérieuse Lexa… Écoute…

La rousse s'approcha de la brune qui était plus crispée que jamais. Elle glissa une main sur sa joue droite, la rassurant :

- Je sais que tu as un vide en toi depuis que l'on est parties… Tu me l'as toi même dit quand tu es revenue de New York après ta première fuite, la famille est quelque chose d'important. Gustus est comme ton père et même s'il nous a rendu la vie folle je veux que tu saches que jamais je ne serai en colère si tu reprenais contact avec lui.

- Clarke non…

- Je le dis de manière réfléchie Lex'. Si on s'est disputées hier c'est parce que j'étais torturée à l'idée de te garder égoïstement pour moi alors que d'autres ont besoin de toi en ce moment. Des personnes que tu aimes et qui souffrent.

- On ne peut pas retourner en arrière Clarke… Je ne veux pas. Je me suis battue pour t'avoir et te garder, mon passé… le rôle que j'ai joué dans tout ça, ça t'a brisée. Regarde-toi Clarke, tu n'es plus la médecin enjouée et innocente que tu étais quand nous nous sommes rencontrées… Tu te débats tous les jours parce que tu veux te rendre utile alors que tu pourrais sauver des vies ! À cause de mes conneries tu es réduite à donner des cours à des étudiants en médecine qui ne finiront sans doute même pas leur année car ils n'ont pas ton talent !

- J'ai choisi de te suivre Lexa… Je t'ai pardonnée pour tes mensonges. Il faut qu'on avance. Tu penses que tu ne te débats pas toi ? Tu crois que je ne vois rien ? Est-ce que tu es vraiment le genre de personne à aimer batifoler de bar en bar et bronzer tous les jours, ne rien faire ? On s'est enfermées toutes les deux dans une vie qui nous semblait plus sécurisante mais au final on est pas fait pour cette vie-là Lex'.

Les yeux de la Donati s'étaient embués de larmes tant la douleur au creux de sa poitrine la saisissait. Elle secouait la tête et s'était détachée de Clarke.

- Non. Non.

- Qu'est-ce que ça t'a fait quand je t'ai traitée avec dédain de Dona hier Lexa ? Dis-moi la vérité.

Les lèvres de la brune tremblèrent légèrement et les larmes se mirent à couler le long de ses joues.

- Ça m'a fait mal.

- Pas seulement.

- Je me suis sentie honteuse.

- Pourquoi ?

- Parce que j'avais des responsabilités et qu'à cause de ma peur j'ai fui !

- De quoi avais-tu peur ? Se força à répondre Clarke, remuée à l'idée d'interroger autant son amante.

- De te perdre Clarke. Tu es devenue ma plus grande peur…

- Est-ce que tu aimais être Dona Lexa, avant que je n'arrive dans ta vie ?

- C'est compliqué…

- Je suis là Lex' dis-moi… Je vais rester peu importe ce que tu dises.

- J'ai toujours détesté ce rôle parce que la mafia est un monde impitoyable et parce que mes parents sont morts à cause d'elle, que mon grand-père m'a élevée durement dans l'idée de me forger comme il l'entendait pour que je prenne sa suite… Parce que j'étais obligée de me cacher, de m'oublier…

- Mais ?

- Mais à force de travailler j'avais enfin réussi à façonner quelque chose qui ressemblait à une avancée positive pour cette organisation si détestée… Le peuple n'avait plus peur mais nous respectait… Becca devait prendre la relève grâce à la politique… Investir dans le casino me permettait de noyer les différents trafics des Barzetti qui mettaient à mal l'économie de la région et faisaient souffrir le peuple…

- Pourquoi ne pas recommencer Lexa ?

- Quoi ? Non ! Je ne veux pas être Dona à nouveau Clarke ! Nous avons eu une chance de partir, nous n'en n'aurons pas une deuxième.

- Tu n'es pas obligée d'être la Dona Lex'… Tu parlais de politique mais Becca n'y songeait même pas avant que tu ne la pousses à se lancer. Elle était ma directrice d'hôpital. Tu as réussi à la propulser en tant que maire… hm légalement ? Hésita t-elle.

Un léger rire échappa à la brune :

- Je te rassure, Becca a été élue sans triche ou appui de la mafia…

- On tient quelque chose alors, sourit la blonde. Je t'ai entendu parler lors de tes galas de charité et autres cérémonies pompeuses que tu chéris par-dessus tout à mon grand désespoir… Tu es faite pour ça Lexa.

- Par contre je tiens à avouer que la course où ton ex petit-ami a parié ton salaire, là, j'ai triché, sourit innocemment la brune en séchant ses larmes.

- Quoi ?! S'exclama Clarke. Tu es sérieuse ?!

- Infinity avait beau avoir ses chances, il y avait quand même de grands champions dans cette course. Gustus a soudoyé les jockeys.

- Qu'est-ce que tu cherchais en faisant ça ? L'argent ? Non il était reversé à l'association pour la recherche sur le cancer ! Pourquoi alors ?

- Peut-être pour t'endetter et négocier des avantages en nature… Répondit à voix haute la sicilienne de manière pensive. Oh ? J'ai parlé à voix haute ? Je suis démasquée…

- Ha. Ha. C'est très malin ça…

Un sourire complice se dessina sur les lèvres des deux femmes.

- Alors qu'est-ce que tu en penses ? La Dona de retour mais légalement !

- Je ne sais pas Clarke… C'est quand même prendre de grands risques…

- Réfléchis-y d'accord ? On peut déjà se renseigner quand sont les prochaines élections non ? Ou bien contacter des amis à toi…

- Je ne dois plus avoir beaucoup d'amis Clarke tu sais… Et je ne veux pas te mettre en danger… Revenir ça va enflammer les Barzetti…

- Bon sang mais c'est qui ces foutus Barzetti ? Tu m'en parles mais je ne les connais même pas !

- C'est le genre de personnes qui ont endetté ton ex petit ami ou qui t'ont effrayée en clouant un chat sur ta porte…

- Quint ? Frissonna la rousse.

- En l'occurrence lui oui.

- Tu me protégeras ?

- Clarke ce n'est pas si simple… Je ne pourrai plus faire ce que je veux en un claquement de doigt… Maire ce n'est pas être Dona, en se disant que j'arrive à être élue…

- Je me protégerai alors. J'ai toujours voulu apprendre à manier un taser ! Tu sais qu'aux Etats-Unis j'avais collé un coup de bombe anti agression et un coup de pied dans les burnes à un mec qui me harcelait ? Je te l'ai déjà dit ?

Lexa ne put s'empêcher de sourire doucement devant l'innocence de sa compagne. Finalement, peut-être que son innocence ne l'avait pas complètement quittée…


- Clarke franchement… Je ne vois pas pourquoi tu t'excites autant, grommela la brune depuis la salle de bain.

- Il n'y a pas de temps à perdre Lex ! Quelle chance pouvait-il y avoir pour que les élections en mairie à Syracuse soient dans moins de quatre mois ?! Tout juste le temps pour te présenter, trouver tes associés…

- Mes élus Clarke…

- Oui bon tu m'as comprise ! Allez sors me faire voir !

- Je me sens bizarre…

La Donati poussa la porte de la salle de bain pour se laisser détailler par les yeux envieux de sa compagne. Lexa portait un tailleur français de luxe que Clarke était allée lui acheter en cachette. La médecin resta sans voix devant la sicilienne qui était dans sa toute puissance : elle retrouvait enfin la femme d'affaires dont elle était tombée amoureuse.

- Oh bon sang.

- Quoi ? Ça ne va pas ? Je te l'avais dit… S'indigna la brune.

- Tu vas sans doute trouver ça vulgaire… mais j'ai mouillé ma… Rougit légèrement Clarke. Tu es superbe… J'adore… Tourne-toi…

Lexa s'exécuta, obéissant sagement à son amante. Il était clair qu'il fallait qu'elle reprenne confiance en elle après deux ans à ne rien faire niveau estime de soi.

- Tu veux bien aller nous servir deux verres de ce délicieux vin que tu es allée acheter tout à l'heure ? J'en ai pour deux minutes, indiqua la médecin en mettant hors de la chambre l'héritière.

- Euh… D'accord… Répondit la brune, intriguée.

Elle en profita pour s'arrêter devant le miroir de l'entrée, s'admirant légèrement. Un sourire se dessina sur ses lèvres : porter un tailleur lui avait manqué. Elle n'aurait jamais cru, elle qui en portait tous les jours il y a deux ans. Elle saisit la bouteille de vin et versa dans deux verres basiques le liquide ce qui la contraria légèrement : ses verres à vin lui manquaient. Ce genre de détail la fit sourire à nouveau : voilà qu'elle redevenait pointilleuse…

Elle entendit la porte de la chambre s'ouvrir et eut tout juste le temps de se retourner pour voir Clarke avec sa blouse de médecin sur le dos ce qui ne manqua pas de la faire grimacer. Le fantasme médecin-patient n'avait jamais fait parti de ses jeux de prédilections…

- Clarke… Ne me dis pas que je vais avoir droit à un check-up complet avant notre retour en Italie par pitié… Grimaça t-elle.

La rousse pouffa de rire à la grimace de sa compagne et s'approcha de manière séductrice pour murmurer :

- Peut-être que je n'ai pas un stéthoscope sous la blouse…

- Oh ? Souffla la brune en souriant et en tendant son verre de vin à son amante.

Clarke en but une gorgée avant de souffler d'une voix pleine de désir :

- Très fruité…

- Ravie qu'il te plaise… Répondit sur le même ton la Donati.

Les lèvres de la médecin s'approchèrent de celles de sa compagne, laissant une maigre distance entre elles pour plus de frustration. Cela ne manqua pas de faire sortir de ses gonds la brune qui eut bien du mal à avaler sa salive tant elle était excitée.

- Est-ce que tu veux jouer ? Sourit Clarke.

- Je dois vraiment répondre à cette question ? Répondit Lexa en se mordillant les lèvres.

- Oui.

- Si je savais ce qu'il y avait sous la blouse peut-être que j'aurais envie de dire oui…

- Viens-voir par toi-même… Susurra la rousse.

Lexa déposa son verre de vin sur le plan de travail et commença à ouvrir délicatement la blouse blanche où était brodé Docteur Clarke Griffin. Ses yeux se teintèrent d'un mélange d'excitation et de désir amoureux qui lui fit perdre la tête : la médecin avait acheté un nouvel ensemble de lingerie rouge bordeaux qui lui allait à ravir. Les broderies étaient fines et magnifiquement entremêlées sur le corps parfait de la jeune femme.

- Oh bon sang oui, gémit la brune, excitée.

- Viens par là, répondit tout sourire son amante en attrapant brusquement le col de sa chemise pour aller l'embrasser fougueusement…


La journée avait été fatigante pour le Giordano. Gustus desserra la cravate de son costard alors qu'il était sorti de la propriété des Barzetti. Il vérifia que personne ne l'épiait avant de l'enlever complètement. Travailler en costard cravate même l'été avec les fortes chaleurs était intolérable. Lexa ne les avait jamais forcés, leur demandant simplement d'être présentables lors des affaires importantes. Il secoua la tête en se dirigeant vers la Mercedes qui lui était allouée depuis qu'il était entré contraint et forcé au service de Don Aden Donati. Il détestait ce taco allemand qui puait la fausse perfection.

- Dites-donc, est-ce que j'hallucine Diego ou bien notre cher Gustus ne porte pas sa cravate ?

- Non t'hallucines pas Quint, il porte pas sa cravate, ricana son acolyte de toujours.

Gustus fit le choix de les ignorer. Il avait juste hâte d'être chez lui pour se reposer après ces 24h de travail continu.

- Je rêve où il nous ignore ?

- Tu vas me faire le champ lexical complet Quint ? Attention, tu vas vite te retrouver dans une impasse avec ta cervelle, répliqua cette fois-ci le Giordano.

- Qu'est-ce que t'as dit ?!

- Tu as très bien entendu ce que je t'ai dit, répondit le grand brun en ouvrant sa portière.

- Et moi je t'ai dit la façon dont ta meuf a crié de plaisir quand je l'ai prise par derrière ? Ricana Quint.

Le sang de Gustus ne fit qu'un tour à cette insulte. Il se tourna vers les deux mafieux, le regard noir de haine.

- Ouuuh je crois que tu l'as énervé Quint ! Faut pas toucher à sa poulette !

- Hm oh oui Quint ! Vas-y ! J'suis en manque parce que mon mec me baise plus ! Hm par derrière ! Hannn !

La mâchoire serrée, Gustus eut bien du mal à rester lucide devant la provocation gratuite. Nia Barzetti n'attendait que ça qu'il fasse un pas de travers pour l'éjecter de l'opération. Il se contenta de rester appuyé sur sa portière, serrant avec force le métal chauffé par le soleil.

- Alors ça fait quoi de plus avoir de bite et de couilles Giordano ? Reprit Quint en s'approchant du mafieux.

- Ferme-la.

- J'imagine que c'est ta meuf qui fait le mec maintenant ? Elle te fourre avec quoi ? Un concombre, une aubergine ? Haha !

- Je te jure que le jour où j'aurai l'occasion de te butter tu vas souffrir, murmura Gustus tout bas.

- T'as dit quoi ? J'ai pas entendu ! Tu vois Diego, je t'avais dit que ça coupait la voix quand on te coupe les couilles !

- Ouais j'aurais pas cru !

- Héé tu vas où comme ça ? Je t'ai autorisé à partir ? Demanda Quint alors que Gustus avait entamé un geste pour s'asseoir dans sa voiture.

- Il t'a pas autorisé à partir je confirme, surenchérit Diego.

- T'as entendu ? Diego il a dit que je t'avais pas autorisé à partir connard ! Lâcha Quint en collant un coup de poing au visage à Gustus.

Le mafieux se retint à sa portière, surpris par le coup qu'il venait de prendre. Un nouveau coup vint le réveiller au niveau des côtes et la douleur lui fit plier l'échine. Des ricanements lui vinrent aux oreilles tandis que Diego imitait son collègue de travail.

- Quint ! Diego ! Appela la voix grave d'Aden depuis un balcon.

Les deux hommes de main s'écartèrent aussitôt pour regarder leur Don qui les fixait sévèrement.

- Nia vous cherche. Montez immédiatement.

- Oui Don Donati… Répondit Quint en perdant son sourire d'amusement.

Gustus attendit de se retrouver seul pour cracher un molard de sang avant de monter dans sa berline. Il jeta un regard froid en direction de son Don, ne pensant pas une seconde à le remercier pour son intervention.


Le Giordano attendait patiemment que les portes de son portail s'ouvrent devant la voiture pour la garer dans la cour. Il chassa d'un geste les chiens de garde surveillant sa propriété avant de passer par le chemin pavé menant à l'arrière de la maison. Après être revenus à Syracuse, Anya et lui s'étaient finalement installés dans l'ancienne maison de Becca, la laissant comme elle était, ne changeant pas le moindre meuble de place. Tous deux avaient été grandement affecté par la mort de Cécilia et la menace quotidienne des Barzetti à leur égard. Malgré ce qu'avait dit Aden, les femmes avaient été écartées de l'organisation, aussi Anya était retournée au rôle de femme au foyer. Rôle qu'elle haïssait plus que tout au monde.

Leur couple avait été éraillé par ces deux années, chacun prenant ses distances avec l'autre, laissant le mariage de côté après la demande en fiançailles de Gustus. Seul subsistait le joyau que tous deux chérissaient malgré leur quotidien difficile : Edda, leur petite fille qui avait à présent deux ans et demi. La petite était pleine d'innocence ce qui permettait aux mafieux d'avoir de réelles bouffées d'oxygène lorsque l'air leur manquait.

- Bonsoir, soupira Gustus en allant s'asseoir sur une chaise près de l'immense table en pierre de jardin.

- Salut Gus', répondit Anya, l'air lasse depuis le salon.

Elle sortit sur la terrasse cinq minutes plus tard, se rendant alors compte de l'état du visage de son compagnon : Gustus présentait une grosse marque rouge sur le haut de sa pommette droite.

- Bon sang ! Quint et Diego encore ?

- Peu importe.

- Je vais leur casser la gueule à ceux-là !

- Il n'y a rien à faire.

- Tu en as parlé à Aden au moins ?! Tu avais dit que tu le ferais.

- Anya…

L'ancienne mafieuse s'assit finalement près de son compagnon.

- Qu'est-ce que tu as fait depuis hier ? Demanda la Zanetti.

- Intimidation d'entreprises.

- Je vois. Certains vous opposent toujours de la résistance ?

- Évidemment les Barzetti sont des incapables, les Morello sont en train de toutes les rafler sans compter Marcus Kane qui est installé bien au chaud dans mon putain de casino ! Ragea Gustus.

- Calme-toi Gustus, tu sais que tu ne dois pas t'énerver, le reprit sévèrement sa compagne.

- J'en ai rien à foutre de cet éclat de balle ! J'en ai ras le cul de cette vie de merde que je t'offre à toi et Edda ! J'ai jamais voulu ça !

Le Giordano se leva brusquement ce qui fit froncer les sourcils à Anya.

- Tu crois que c'est en te plaignant que tu vas avancer Gustus ?! Tu crois que je n'ai pas envie d'avoir vengeance pour ma mère ? D'être ici à cuisiner, nettoyer ton bordel et celui d'Edda ?! C'est pas la vie que tu m'avais promis et c'est pas pour autant que je m'en plains !

- Désolé… Souffla le cinquantenaire en s'appuyant sur la table. Je vais aller dormir, je suis fatigué.

- Tu échappes à la purée toute faite quelle chance que tu as ! Le taquina t-elle mais le brun l'ignora. Gustus ?

- Quoi ?

- Tu vas voir Edda avant de dormir ?

- Évidemment.

- Tu peux vérifier que sa connerie de babyphone marche ? J'entends des grésillements depuis tout à l'heure. C'est vraiment de la merde ces trucs !

- Ouais.

Anya se laissa tomber dans le canapé du salon une fois à l'intérieur. Elle ferma les yeux : encore une soirée qu'elle passerait seule avec sa fille. Rares étaient les moments où Gustus leur accordait du temps à toutes les deux.

- Tu m'as vraiment bien baisée Giordano, se dit-elle bien qu'elle n'arrivait pas à s'imaginer sans sa fille depuis qu'elle était née.


Clarke sourit lorsqu'elle entendit le majordome de l'hôtel leur parler en italien. La langue lui avait tellement manqué ! Elles venaient d'atterrir à Rome depuis une heure environ et s'étaient faites déposer en taxi à leur hôtel. Lexa préférait se rapprocher progressivement de la Sicile pour mesurer la température des hostilités à son égard et elle ne s'y était pas opposée. Une quinzaine de jours s'étaient passés depuis leur décision de revenir toutes les deux dans la région natale de la brune, les amenant en juillet.

L'américaine sentait des frissons la parcourir alors qu'elle redécouvrait la belle ville de Rome. Lexa ne semblait pas aussi enjouée mais elle savait qu'elle réussirait à la détendre.

- Oh il y a une baignoire dans notre chambre ! Trop bien ! Je dois avouer que la douche à l'italienne était sympa en France mais une baignoire quand même…

- Tu t'emballes pour si peu de choses mon amour, sourit Lexa en embrassant tendrement sa compagne sur la joue avant de retourner vers leurs valises.

- Je m'emballe… Je m'emballe… Je suis sûre que tu ne diras pas non à un bon bain avec moi…

- J'ai quelques coups de fil à passer avant mais fais couler l'eau, j'arrive.

- Ça me va !

La brune s'éloigna pour déballer un téléphone prépayé qu'elle avait acheté à l'aéroport. Elle appela un numéro qu'elle connaissait par cœur.

- Indra Salomon à l'appareil, à qui ai-je l'honneur ?

- Bonsoir Indra… C'est Lexa. Lexa Donati. Comment allez-vous ?

- Madame Donati ?! Si c'est une mauvaise blague…

- Non Indra. Je ne peux rien te dire pour le moment mais penses-tu que nous pourrions nous rencontrer en Italie prochainement ?

- J'ai du mal à y croire…

- C'est moi Indra. Je ne sais pas si les Barzetti ont tracé mon avion, j'ai tout fait pour que ça ne soit pas le cas.

- Je vois… Gustus est au courant ?

- Non, je ne préfère pas qu'il le soit. Pas tout de suite.

- Je comprends. Je vous recontacte demain à la première heure pour fixer un lieu et une date, cela vous va ?

- Très bien. Je vous remercie Indra.

- De même…

- Indra ?

- Oui ?

- Est-ce que tout va bien pour vous ?

- Pas vraiment mais ne vous inquiétez pas pour moi. Prenez garde à vous.

La communication se termina, laissant Lexa le cœur battant d'espoir. Si Indra ne lui avait pas tourné le dos, alors elle avait toutes ses chances. Indra Salomon était l'un des piliers de son organisation. Petit à petit elle reconquerrait ses sympathisants… Elle y croyait en tout cas.

- Lex ? Demanda d'une toute petite voix Clarke.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- C'est quoi cette bague ?

- De quoi tu parles… Quelle bague… Oh ! Non ! Clarke ! S'exclama la brune en s'avançant rapidement vers la boîte en velours qui contenait la bague que Clarke avait longuement admirée lors de leur séjour à New York.

- Désolée je rangeais nos affaires et elle est tombée de la poche d'un de tes manteaux… S'excusa la rousse.

La Donati ne répondit rien, contrariée à l'idée que Clarke ait vu la bague. À la base elle était pour sa proposition de mariage mais Clarke lui avait bien fait comprendre qu'elle ne souhaitait pas être demandée en mariage depuis la demande de Finn qu'elle avait trouvée cauchemardesque. Elle s'était donc retrouvée coincée à l'idée qu'elle avait la bague mais que l'américaine ne dirait jamais oui.

- Ne fais pas la tête… Souffla Clarke, sincèrement embêtée en touchant l'avant bras de la brune.

- C'est rien, je suis juste un peu déçue que tu l'ais vue…

- Promis je l'ai déjà oubliée, assura la médecin. On va prendre ce bain ?

- Je vérifie une dernière chose et j'arrive. Vas y je te rejoins.

Lexa vérifia les différentes fenêtres ainsi que le verrou de la porte principale de la chambre. Elle souffla en sortant un Beretta de la valise encore ouverte. Elle l'avait fait passer en soudoyant un employé de l'aéroport et était soulagée que Clarke ne soit pas tombée dessus. Non pas qu'elle n'avait pas qu'elle n'avait pas confiance en ses contacts qui l'avaient couverte pour le vol jusqu'en Italie mais avec la mafia, impossible d'être totalement sans danger. Elle rangea l'arme dans le tiroir de sa table de nuit, ayant laissé Clarke choisir au préalable le côté du lit qu'elle préférait. Ces dernières vérifications faites, elle se dirigea vers la salle de bain et se déshabilla pour rejoindre sa compagne qui profitait déjà de l'eau chaude et mousseuse. La rousse lui tendit une main pour l'inviter à la rejoindre ce que ne tarda pas à faire la sicilienne qui se cala son dos contre la poitrine de la médecin. Clarke ne tarda pas à poser de doux baisers sur les épaules bronzées par pure gourmandise.

- Hm… Ça fait du bien, soupira la Donati.

- Oui après tout ce stress du départ, on avait bien besoin de ça…

- Il n'est pas encore trop tard Clarke tu sais… Souffla Lexa, les yeux fermés tandis que son amante commençait à la savonner avec une éponge de corps.

- Pourquoi est-ce que tu dis ça ? Tu penses que tu n'y arriveras pas ?

- Je ne sais pas ce qu'il en est de ma possible carrière politique… Ce qui m'inquiète c'est toi… Je ne veux vraiment pas que l'on s'éloigne l'une de l'autre. Mon secret de Dona a manqué de nous séparer et ne nous a pas épargné ensuite… Il y aura forcément des choses qui ne te plairont pas dans ma façon de régenter les choses… Je ne veux pas te décevoir…

- Hm…

- Tu commences à comprendre ?

- La bague de tout à l'heure était pour moi ? Demanda la rousse, changeant de sujet.

- Je croyais que tu devais l'oublier… Grommela la brune.

- Ça ne répond pas à ma question…

- Bien sûr qu'elle est pour toi Clarke… C'est l'une des seules que tu as regardée lorsqu'on était à New York…

- Alors j'ai le droit d'en faire ce que je veux ?

- J'imagine oui, quand je te la donnerai.

- Admettons vu que je l'ai vue, tu peux me la donner ce soir non ?

- Je la réservai pour quelque chose en particulier Clarke… mais si tu la veux vraiment…

- C'est oui.

- De quoi tu me parles ?

- Oui je veux t'épouser.

Lexa se redressa de surprise, se retournant dans la grande baignoire ovale pour faire face à l'américaine.

- Je crois que j'ai mal compris. Tu viens de dire quoi ?

Clarke se mit à rire devant la tête de son amante. Jamais elle n'avait vu Lexa aussi choquée.

- Lexa. Je. Veux. Être. Ta. Femme.

- Mais je n'ai même pas posé la question ? S'étonna t-elle.

- Je t'avais dit que ce serait compliqué avec moi, rit la jeune femme.

- Je n'y crois pas ! Répète le moi ? Sourit bêtement la brune tant elle était sonnée par la situation.

- Épouse-moi imbécile, rit de nouveau Clarke.

- Oh bon sang oui mon amour… Souffla la Donati en allant enlacer sa compagne pour l'embrasser amoureusement. Je t'aime, qu'est-ce que je t'aime… Lui chuchota t-elle.

- Je te préviens, je veux garder mon nom ! S'exclama la médecin entre deux baisers.

- Tout m'ira tant que je suis avec toi… Sourit la sicilienne en ne se lassant pas d'embrasser sa compagne.

Les deux jeunes femmes sortirent du bain pour terminer sur le lit malgré l'humidité de leur corps respectif, partageant une dernière nuit de tranquillité avant une future tempête.


Héhé je sens que vous avez été à la fois déchiré et soulagé au fil de la lecture non ? Le Clexa est vraiment en danger avec cette vie monotone de juste profiter de la vie hm ? Clarke n'est pas faite pour ça et Lexa... Elle ferait simplement tout pour garder Clarke quitte à perdre sa propre personnalité de leader ! J'espère que vous avez ressenti la tension de leur couple et les remords de chacune !

Retour rapide de Gustus ainsi que du Gustanya qui lui aussi en bave... Alala ces Barzetti qu'est-ce qu'ils foutent la merde ! J'ai bien aimé faire revenir Quint et Diego en gros lourds :P Petit passage éclair d'Aden pour vous faire relever le poil et feuler haha ! Mag a simplement dit "Ah Aden c'est vrai qu'il existe celui là"... XD Tant de haine ! :P

Allez je vous dis à la prochaine ! Qui sera sans doute en novembre je l'espère ! Je ne pourrais sans doute me tenir qu'à un chapitre par mois tant que l'histoire de mon appart n'est pas terminée ! Haha oui je suis toujours pas dedans malgré la signature en juin, je vois à peine le bout du tunnel, je nage encore dans la mer(de) adminisitrative et la traversée me prend en temps fou.. Même si je l'avoue aussi j'élève des dinos pour me détendre (Mag t'es qu'une sale balance !).

Allez je vous dis avec espoir : À bientôt et lâchez vous dans les reviews pour le retour de L'Héritage ! Je vous attends bras ouverts ! Byeee !