Hello ! Me revoilà après ce looooong temps d'absence ! Le temps m'a totalement échappé avec le déménagement car évidemment tout ne se fait pas comme on l'aimerait... Je suis vraiment désolée pour le temps d'attente :( Enfin ça me fait évidemment plaisir de vous partager la suite de l'Héritage aujourd'hui, ça m'avait manqué de ne pas écrire aussi longtemps sur notre Clexa sur le thème mafia :P Allez je ne m'éparpille pas trop, je vous souhaite une agréable lecture et un grand merci pour vos retours qui me font toujours très très plaisir ! C'est fou même pendant mon absence vous continuiez à m'écrire ! À mon tour de vous rendre la pareil !
Merci à doubi et Mag pour la relecture :)
Chapitre 26 : Dettes de sang (Partie 2)
La main de Clarke se serra un peu plus sur celle de la sicilienne qui venait de marquer un arrêt devant un des cafés luxueux de Rome : Indra avait choisi cet endroit pour leur rencontre. Lexa tourna un regard vers sa compagne qui avait insisté pour l'accompagner.
- Ça va aller, sourit la médecin, se voulant rassurante.
- Après cette rencontre je ne pourrais plus reculer Clarke. Tu es vraiment sûre que c'est ce que tu veux ?
Le sourire de la rousse s'étira légèrement : Lexa le lui avait dit, elle était prête à tout pour rester près d'elle et la protéger, la chérir, même si cela l'obligeait à occulter certains traits de sa personnalité. À ce moment là, bien qu'elle n'était pas pour l'engagement à vie, la médecin sut que Lexa était celle avec qui elle voulait tout réaliser.
- Je crois qu'aucun des mots que je te dirais ne te rassureras vraiment Lex'. Ce choix t'appartient avant tout à toi plutôt qu'à moi. Est-ce que tu as envie de revoir ta famille sicilienne et tout faire pour leur offrir le meilleur comme tu l'as fait avec moi ?
- Ce n'est pas comparable… Souffla la brune en grimaçant.
Les doigts fins de la médecin se posèrent sous le menton de l'héritière qui semblait horriblement tiraillée.
- Je t'aime. Peu importe le choix que tu feras je t'aimerai.
Les lèvres de Lexa frémirent à ces mots et ses yeux ne purent s'empêcher de regarder la bague de fiançailles que portait sa compagne. Son cœur se gonfla à cette vision : Clarke la suivrait peu importe où elle irait, elle en avait la conviction.
- Allons-y, dit-elle, déterminée.
Le couple entra à l'intérieur du café où un serveur les accueillit poliment. Lexa demanda si une Madame Salomon était là mais le jeune homme leur indiqua que non. Elles furent installées à la demande de Lexa dans un endroit discret sans table voisine et loin d'une fenêtre. Ce détail avait fait sourire Clarke qui avait beaucoup de mal à s'imaginer que quelqu'un puisse débarquer et profiter d'une fenêtre pour atteindre sa cible mais son sourire avait rapidement disparu lorsqu'elle repensa au soir où elles s'étaient toutes les deux faites tirer dessus par ces motards à la sortie du gala. Elles commandèrent chacune un café avant d'attendre dans un silence plutôt stressant.
La médecin se mit à observer sa compagne alors que celle-ci semblait absorbée par ses pensées et son stress : Lexa avait le regard perdu dans le vague et ses doigts tapotaient la table sur un rythme bien particulier. Clarke se demanda comment réagirait la sicilienne si Maître Salomon ne venait finalement pas. Serait-elle déçue et lui donnerait envie de fuir ou bien au contraire cela la motiverait à agir ? Elle n'eut pas le loisir de se questionner plus car quelqu'un venait de les approcher brusquement pour finalement se jeter sur Lexa qui sursauta tant elle fut sortie brutalement de ses pensées par cette agression physique.
- Bella ! S'exclama une voix bien connue.
- R… Raven ?! Répondirent les deux jeunes femmes à l'unisson.
- Putain ce que tu m'as manqué bordel ! Et toi Chaperon Rouge pareil ! S'exclama la mécanicienne en tirant Clarke de son siège de sorte à pouvoir étouffer les deux filles contre elle.
- Raven doucement… Tu nous étouffes ! Gronda Lexa malgré des yeux humides d'émotion.
- Mais qu'est-ce que tu fais ici ? S'étonna Clarke en réussissant à se détacher de la latina qui ne put s'empêcher de s'installer sur la banquette de Lexa pour continuer à la serrer avec un bras.
Raven sourit avant de dire tout doucement :
- Je suis venue avec Indra mais elle ne veut pas qu'on la voit en public donc elle m'a envoyé vous chercher.
- Pourquoi elle ne veut pas ?… Commença à s'indigner la médecin.
- Pour me protéger, répondit Lexa rapidement.
- Exact Bella. Elle soupçonne que les Barzetti soient déjà au courant de votre présence ici.
- Quoi ? Mais c'est impossible, Lex' nous a fait effacer des registres !
- Des données ça se récupère Chaperon… Comment crois-tu que j'ai su pour vous deux ?
- Nous deux ? Rougit Clarke devant la formulation de la phrase, croyant que la mécanicienne avait remarqué la bague à son doigt.
- Tu nous traçais ? Demanda Lexa, presque coléreuse.
- Plus exactement… Wick le faisait pour moi et il m'a alerté quand il a vu vos noms apparaître puis disparaître tout aussi rapidement sur le registre de l'aéroport. Je me suis demandée ce que vous foutiez ici… Jusqu'à ce qu'Indra me contacte pour me demander de venir avec elle vous rencontrer, enfin du moins, rencontrer Bella. Désolée Clarke mais elle ne t'a pas cité.
- Je vois… Souffla Lexa.
- Putain que ça fait du bien de vous revoir !
- Raven… Excuse-moi de te poser cette question mais… Comment va Octavia ? Elle a eu son bébé ?
Le visage de la mécanicienne s'illumina à la question ce qui étonna Clarke :
- Elle va bien ! Elle a eu un petit garçon, il s'appelle Matteo et je suis sa marraine ! Héhé !
Lexa et Clarke ne purent s'empêcher d'échanger un regard surpris à cette dernière information.
- Bah quoi ? Vous pensez que je suis pas une bonne marraine c'est ça ?
- Non… Au contraire… C'est juste que… Hésita Clarke.
- Aux dernières nouvelles il y a deux ans et demi, tu lui courrais après et Lincoln n'appréciait pas vraiment.
- Lincoln et elle se sont séparés il y a un peu moins de six mois…
- Et ?
- Quoi ? Bah rien ! Elle vit avec son frère Bellamy et Matteo dans son appartement au centre ville.
- Mais pourquoi ils se sont séparés ? Tu y es pour quelque chose ?
- Mais non pas du tout ! Tout de suite ! Je suis totalement innocente et je tiens à préciser que je suis une marraine exemplaire pour Matteo, c'est tout ! Je n'ai rien fait avec Octavia, nous sommes « amies ».
- Tu peux répéter ?
- Quoi ?
- Le dernier mot.
- « Amies » ?
- Tu l'aimes toujours, hm ?
- Mais pas du tout… Se renfrogna la mécanicienne. Bref c'est pas le sujet ! Indra va s'impatienter si on ne la rejoint pas rapidement. On y va ?
Lexa et Clarke acquiescèrent avec un sourire : même si le retour en Sicile serait sans doute brutal, revoir Raven leur avaient fait un bien fou à toutes les deux.
À la sortie du café, les trois jeunes femmes s'étaient mises à marcher jusqu'à un parking privé où Raven les avait invité à monter dans un SUV noir aux vitre teintées de la marque Porsche. Cela n'avait pas manqué de tirer un sourire à l'héritière Donati. Le sourire fut contagieux pour toutes les occupantes. Raven tout en démarrant lança :
- Alors, contente de remonter dans une Porsche Madame Donati ?
- Étrangement, oui, confia Lexa.
- Moi, elle me rappelle un peu trop la voiture que j'avais choisie avec toi pour mes trajets personnels, fit remarquer Clarke.
- C'est parce que c'est celle-là. Je l'ai reçue peu de temps après votre départ. Du coup je l'ai gardée pour mes « affaires ».
- Ah, je me disais que tu ne lâcherais jamais ta jeep et ta moto aussi ! Rit Clarke.
- Jamais ! Confirma la latina.
La voiture roula une bonne demi-heure, le temps de les faire sortir de Rome et de ses rues surchargées.
- Nous n'avons pas rendez-vous à Rome ? S'inquiéta Lexa.
- Tranquillise-toi Bella, la Dragonne a plus d'un tour dans son sac…
- La Dragonne ? Releva la médecin.
Le surnom fit secouer la tête à Lexa qui expliqua :
- Raven trouve qu'Indra n'est pas expressive peu importe la conversation donc elle la surnomme comme ça bien que je le lui ai interdit.
- Tu me l'as interdit en sa présence… Quand elle n'est pas là je fais ce que je veux, c'est le deal !
- Hm…
- Non mais t'imagines Clarke, quand elle baise… Lança naturellement la brune.
- Raven ! S'indigna Lexa tandis que la rousse gloussait.
- Quoi ? Roh allez, ose me dire que mes remarques sur le cul ne t'ont pas manquées ? D'ailleurs j'imagine que vous avez carburé vous deux haha, vous êtes rayonnantes. Ça sent l'orgasme quotidien ça ! Qui a léché qui ce matin ?
Lexa ferma les yeux en se plaquant une main contre la figure pour cacher son malaise mais aussi son désespoir. Clarke elle, ne put s'empêcher d'éclater de rire et de dire :
- Je dois confier que même si elle a l'air un peu pâle maintenant, ce matin c'était une toute autre Lexa au réveil…
- Oh ! Je vois ! Donc c'est Bella qui…
- Clarke ne l'encourage pas, par pitié… Geignit la brune.
- Haha désolée, sourit la médecin avec une caresse sur la cuisse de sa compagne en guise d'excuse. C'est vrai qu'elle m'a manqué cette folle de latina.
- On dit « loca » pour folle en espagnol lui confia Raven, amusée.
- Elle est complètement loca, reprit Clarke avec un sourire complice.
- Je ne te le fais pas dire…
- Ça ne me dit pas ce que ces léchouilles ont donné… Recommença l'espagnole.
- Il est vraiment temps que tu couches avec Octavia, soupira Lexa.
- Quoiiii ? Mais non ! Elle et moi on est amigas pour la vie !
- Je veux bien me faire bonne sœur si jamais vous vous y tenez…
- Ah non ! Je ne suis pas d'accord ! Répliqua Clarke.
- Elles ne tiendront jamais… Confia Lexa qui ne faisait plus attention à la route depuis le début de la conversation. La discussion avait eu le don de la tranquilliser : Raven avait vraiment cet effet sur elle.
- Et voilà, nous voici à Monterotondo ! Indiqua la mécanicienne.
- Je ne connais pas cette ville, indiqua Clarke.
- C'est une ville métropolitaine de Rome, elle est un peu moins saturée on va dire…
- Indra ne me décevra donc jamais, sourit Lexa, plus rassurée à l'idée de s'être éloignée de la capitale.
Raven s'engagea dans un petit parking. Une fois stationnée, elles se mirent en marche vers un café de la ville où Lexa ne mit pas longtemps avant de repérer Indra qui semblait penché sur des dossiers.
- Bonjour Indra, la salua l'héritière.
Le visage de la femme noire se détacha des dossiers pour faire face à celui de Lexa. Elle qui n'était pas expressive selon Raven, ne put s'empêcher d'étirer un sourire chaleureux. Elle se leva pour tendre ses deux mains à la brune afin de les lui serrer. Clarke vit immédiatement Lexa se détendre à cet accueil.
- Installez-vous je vous en prie, je vais ranger mes dossiers, indiqua l'avocate. Raven voulez-vous bien surveiller la moindre présence non désirée durant notre conversation ?
La latina acquiesça bien que frustrée de ne pas pouvoir écouter ce qu'il se dirait dans les prochaines minutes.
- Est-ce que votre amie… Hésita Indra en regardant Clarke.
- Seulement si elle le souhaite, répondit Lexa en laissant le choix à sa compagne.
- Je reste, indiqua Clarke.
Avant qu'Indra ne demande, Lexa précisa :
- Elle est au courant de tout.
- D'accord. Il n'y a donc pas de code à tenir.
- Non.
Les trois femmes s'installèrent et commandèrent chacune un café. Une fois que le serveur fut éloigné, Lexa invita d'un mouvement de tête qu'elles étaient à l'écoute.
- Peu de temps après votre départ, les Barzetti ont terminé de prendre le contrôle de la Sicile grâce à votre frère Aden qui a été nommé Don par intérimaire si l'on peut dire…
Clarke se retint d'émettre un grognement : quelle déception d'apprendre qu'Aden ait décidé de poursuivre dans cette voie sombre…
- Continuez Indra s'il vous plaît.
- Les Morello qui étaient de fervents partisans des Donati et ennemis des Barzetti ont pris votre seconde retraite comme un acte de trahison et ont donc décidé de proclamer de leur côté leur propre Don ce qui a ouvert des hostilités entre les deux familles. Les Donati ont perdu beaucoup de leurs alliés, du moins, du côté d'Aden. Beaucoup n'ont pas supporté l'alliance qu'il a forcé suite à son mariage avec Ontari Barzetti, la fille de Nia Barzetti.
- Aden s'est marié ? Mais il n'a même pas 21 ans ! S'exclama Clarke. Pardon… S'excusa t-elle, consciente de sa réaction un peu vive.
Clarke ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil discret à sa compagne. Lexa se retenait de réagir.
- Ce n'est pas tout… Suite à votre départ, j'avais fait stopper les travaux du casino mais Aden a réclamé sa part et m'a forcé à les relancer. Gustus ne s'y est pas opposé pour protéger sa famille. Votre parrain Marcus Kane, est venu voir l'avancée il y a moins d'un an et il a réussi à déchoir Aden de ses droits sur le bâtiment. Il empêche aussi Gustus d'y accéder bien que le casino soit sur ses terrains.
- Marcus est un fin stratège… Je lui avais promis une part des bénéfices s'il nous aidait dans l'importation des machines de jeu et dans la gestion de ce dernier… Sans doute a t-il fait signer quelque chose à Aden qui l'a mis à mal ensuite financièrement, ce qui l'a forcé à vendre ses parts. Aden n'a pas fait d'études, il n'a pas eu son baccalauréat j'imagine et s'est fait engloutir par les affaires…
- Vous avez tout à fait raison Lexa. Aden a du mal à ne pas se noyer dans les différentes affaires qui l'entourent. Etre Don ne s'apprend pas en quelques jours et parfois…
- Ne s'apprend pas.
Indra acquiesça.
- Comment vont Gustus et Anya ? Demanda finalement la Donati.
L'avocate baissa le regard un instant avant de confier :
- Ils ne vont pas bien. Gustus s'est fait enrôler de force par Aden alors qu'il fuyait avec Anya, Edda et Cécilia à travers la région…
- Que s'est-il passé ?
- Je n'ai pas tous les détails… Gustus n'est pas très bavard à ce sujet tout comme Anya… Tout ce que je sais c'est que Cécilia a été abattue devant leurs yeux par Quint.
- Oh non ! S'exclama Clarke dont les yeux la piquèrent aussitôt. Cécilia… mon dieu…
Le regard vert de Lexa s'assombrit à cette information.
- Aden était-il présent ?
- Malheureusement oui.
Ses poings se serrèrent à la réponse.
- Comment a t-il pu laisser faire ça…
- Comme souvent Lexa, la situation échappe à votre frère. Il n'est qu'un Don de substitution… Si Roan Barzetti était toujours en vie, cela ferait longtemps qu'Aden serait mort. Nia tisse ses plans dans le plus grand des secrets bien que nous nous doutons souvent de ce qui va découler après certaines actions…
- Et la mairie ? Comment se débrouille Oscar Giliberto ? Tient-il les promesses qu'il a fait ?
- Pas vraiment…
- C'est à dire ?
- Il s'est tourné vers les Barzetti, a stoppé l'avancement des chantiers des logements sociaux que Becca et vous aviez eu tant de mal à lancer… Il ferme les yeux sur beaucoup de choses et avec le commissaire Charles Pike on peut dire qu'il est intouchable.
- Bon sang… Grommela Lexa.
- Votre appel est bien tombé si je peux me permettre… Qu'envisagez-vous de faire Lexa ?
- Elle va se présenter aux prochaines élections en tant que maire et balayer toute cette saloperie de manipulateurs et profiteurs ! S'exclama Clarke, ce qui ne manqua pas de surprendre les deux femmes.
L'avocate haussa les sourcils d'étonnement et fixa son regard noir dans celui de l'héritière qui avait laissé couler un sourire devant l'enthousiasme de sa compagne. Elle attrapa la main de Clarke pour la serrer avant de dire :
- Je vais tenter le tout pour le tout, une dernière fois pour libérer la Sicile de ses geôliers.
- Donc vous n'allez pas revendiquer le titre de Dona ?
- Non Indra. Ce chemin là n'est pas pour moi, même si je sais que je l'ai dans le sang, je n'en veux pas. Je préfère passer par la légalité et avec Clarke, je suis sûre d'y arriver. Si jamais le peuple me refuse le poste de maire de Syracuse, je partirai… et pour de bon cette fois… C'est une promesse que je me fais…
- Bien que j'ai l'impression d'entendre quelqu'un ayant déjà subi une défaite, sachez que si les Donati ont perdu beaucoup d'alliés du fait des erreurs de votre frère, vous Lexa, vous en avez toujours. Vous pouvez compter sur moi Madame Donati, lui dit Indra, très solennelle.
- Merci Indra.
- Et si nous en venions sur votre retour en Sicile et votre plan d'attaque ?
- J'allais y venir, sourit Lexa, les yeux brillants d'une nouvelle lueur combattive.
Le frisson qui les traversa devant le portail s'ouvrant face à elles fut partagé. Lexa et Clarke venaient tout juste d'arriver à Syracuse. Raven s'était chargée de les amener à l'ancien domicile de la brune.
- Bella, Clarke… avant de rentrer à l'intérieur il faut que je vous dise…
Les deux jeunes femmes se tournèrent vers la mécanicienne qui semblait gênée :
- Tu dois t'en douter Bella, Aden est venu ici avec ses hommes de main pour fouiller dans tes affaires et ils…
- … Ne se sont pas contentés que du bureau n'est-ce pas ?
- Non… C'est pourquoi je vous propose de vous héberger au garage pendant quelques jours… Le temps que la maison soit remise au propre…
- Je préfère constater l'étendue des dégâts Raven et nous verrons ensuite d'accord ? Ton invitation nous touche, dit-elle tout en échangeant un regard avec la médecin qui confirma.
- Au fait… C'est moi qui ai récupéré Roméo et Octavia a gardé Racoon… Si jamais…
- Ils ont dû être bien entretenu, je suis contente, sourit Clarke.
Lexa descendit en première de la voiture et se mit à regarder son ancienne maison : la cour était vide. Tous les véhicules avaient sans doute été volés puis vendus par la famille Barzetti et leurs associés. Elle se dirigea directement vers son garage personnel où toutes ses motos étaient normalement garées mais ce fut le même accueil : vide. Plus aucune de ses motos de collection n'était là. Raven s'approcha gentiment et lui souffla :
- Si ça peut te consoler, j'ai réussi à récupérer ta Ducati…
- C'est vrai ?
- Oui, après votre départ, je suis tout de suite venue la chercher. J'aurai aimé en ramener plus mais quand je suis revenue avec Wick, les Barzetti avaient débarqué. On a rien pu sauver d'autre. Heureusement que vous m'aviez donné Roméo avant car quand on s'est pointé, ils abattaient les chiens…
Cette information chagrina fortement la sicilienne. Ces chiens elle les avait connus quand ils étaient de simples chiots pour la plupart. Même si elle s'était surtout attachée à Roméo, le fait de faire du mal à des animaux sans défense lui était inconcevable.
Elles entrèrent par la porte jouxtant le garage et la maison et le bilan fut rapidement proche du cauchemar à l'état pur : la maison était saccagée. Le peu de meuble qui n'avait pas été volé était couché sur le sol dans un état lamentable. Les canapés avaient été éventrés et ne ressemblaient plus à rien. La vitre d'insert de la cheminée avait été brisée et des morceaux de verres parcouraient la maison, la cuisine si belle et lumineuse n'était plus que l'ombre d'elle-même : les appareils électroménagers derniers cris avaient été sortis de leurs meubles respectifs puis fracassés au sol, l'ensemble de la vaisselle avait subit le même sort ce qui rendait le passage difficile et dangereux.
- Quel genre d'être humain peut être aussi…
- C'est Quint qui s'est occupé de la maison… Indiqua Raven. Aden est resté pour le bureau ensuite il est parti.
Lexa serra les lèvres : cela allait être très difficile pour elle de rester dans la légalité avec cet animal… Elle ne rêvait que d'une chose : lui faire subir mille et une tortures et le faire payer pour tout le mal qu'il avait pu faire en Sicile.
- Je dois voir mon bureau.
- Il ne reste rien Bella… Ils ont pris tous tes dossiers…
L'héritière s'en fichait, elle monta les escaliers malgré l'avertissement de son amie. Elle voulait mesurer l'ampleur des dégâts. Le résultat fut le même : la pièce était vide, seule trônait encore le bureau de son grand-père au milieu de la pièce. Il n'était plus que l'ombre de lui-même, recouvert de poussière, de griffures, d'impacts de couteau… Plus aucun cadre n'était affiché sur ses murs, tous avaient été brisés au sol et vidés de leurs photos. Elle devina que celles-ci avaient été brûlées sans doute car le bureau avait un endroit où l'on pouvait deviner qu'un feu s'était consumé. Son fauteuil avait aussi été victime d'attaques de couteau.
- Comment as-tu pu laisser faire ça Aden… Le bureau de grand-père… Grinça t-elle entre ses dents.
Elle serrait les poings si forts qu'elle ne se rendit pas compte que ses ongles s'enfonçaient et marquaient sa peau bronzée. Ce fut l'étreinte de Clarke qui la fit revenir à son état normal.
- Je suis désolée Lex'… C'est du gâchis.
- Oui…
- Est-ce que tu veux toujours habiter ici ? On pourrait trouver une autre maison, on vendrait celle-ci et…
- Si tu n'y vois pas d'inconvénient, j'aimerai rester ici… Je connais des entreprises qui pourraient nous la remettre à neuf en une dizaine de jours…
- Ça ne me dérange pas Lexa. J'ai de beaux souvenirs ici et je serais ravie de participer à la décoration de notre maison.
La dernière phrase ne manqua pas de faire sourire la sicilienne qui se laissa un peu plus aller contre la poitrine de sa compagne.
- Notre maison…
- Oui.
- Hé j'ai bien entendu ? Demanda Raven qui n'était pas loin.
- Oui Raven tu as bien entendu… Sourit Clarke en lui montrant sa bague de fiançailles.
- Oh la vache ! Vous vous êtes mariées ?!
- Fiancées pour le moment mais le mariage ne saurait tarder…
- Trop bien ! Bon ben il y a plein de choses à faire alors ! Faire remettre à neuf la maison, emmener Bella à la mairie pour qu'elle dépose sa candidature, le mariage…
- Oui, plein de choses à faire… Sourit Clarke en embrassant sa compagne sur la tempe.
- Bon hm, maintenant qu'on a vu le bureau, on peut y aller ?
- Il y a les chambres…
- Je vous déconseille d'y aller… Je crois que ce fumier a pissé sur les lits…
Une grimace de dégoût se dessina sur le visage de la médecin qui secoua la tête.
- On va dormir chez toi quelques temps si tu n'y vois pas d'inconvénient et si les travaux sont trop longs, on ira à l'hôtel.
- Il y a la villa de mon grand-père aussi…
- Aden l'a vendue.
- Quoi ?!
- Les Barzetti sont dans le rouge niveau finance vu que Marcus les a dégagés du circuit casino… Je pense qu'il aurait aimé vendre ta maison mais il ne pouvait pas car il n'était pas sur les papiers de la propriété et comme tu n'es pas décédée…
- Clarke ?
- Oui ?
- Je compte sur toi pour ne pas me retenir quand je l'aurais en face de moi… Siffla durement la sicilienne.
- Même si je ne suis pas pour la violence… Je concède qu'il aura mérité une bonne claque.
- Seulement une claque ?! S'exclama Raven. Dans quel monde tu vis Chaperon Rouge ? T'as vu les dégâts ?! Si Bella ne le tue pas, il aura de la chance !
Lexa ne renchérit pas à la réplique de sa meilleure amie mais son regard en disait long, un regard que la mécanicienne ne manqua pas :
- Ah le retour de Bella… Moi je dis oui ! Oui ! La Dona est de retour !
- Pas la Dona, la corrigea Clarke.
- Elle sera toujours la Dona dans mon cœur, sourit la brune avec un regard complice pour l'ancienne mafieuse.
Le SUV s'arrêta devant la préfecture de Syracuse. Lexa en descendit habillée d'un tailleur et de ses lunettes de soleil. Elle grimpa les marches du bâtiment avant de s'engouffrer à l'intérieur tandis que Raven et Clarke l'attendaient dans la voiture. L'héritière avait tenu à aller seule déposer sa candidature pour les prochaines élections municipales. Elle préférait s'y prendre tôt car le combat pour que le peuple lui accorde à nouveau sa confiance était loin d'être gagné. Alors qu'elle sortait après un certain temps, le sourire aux lèvres, elle se figea en reconnaissant le maire actuel de Syracuse qui était sans doute présent pour une réunion ou une rencontre entre politiciens… Celui-ci ne sembla pas la reconnaître tout de suite mais fit de grands yeux en la reconnaissant finalement quand elle enleva ses lunettes de soleil :
- Monsieur le Maire. Bonjour.
- Ma… Bon… Madame Donati ?! Bon… Bonjour ! Hm…
- Surpris de me voir ?
- C'est que vous êtes partie si précipitamment il y a deux ans et demi… J'ai cru rêver un instant…
- Et bien non vous ne rêvez pas. Je suis bien de retour à Syracuse, oh et avant que vous ne l'appreniez, je viens de déposer ma candidature pour les élections municipales de cet automne.
- Quoi ? Mais la politique ne vous a jamais intéressée… Qu'est-ce qui motive ce choix ?
- La liberté.
- Pardon ?
- Je veux offrir la liberté au peuple de Syracuse.
- Mais le peuple est déjà libre, se mit à rire le cinquantenaire.
- Vous direz ça aux pauvres gens qui dorment dans des bâtiments désaffectés sur les chantiers sociaux que Becca avait mis tant de temps à lancer.
- Ah nous entrons dans un débat Madame Donati… Voyez-vous…
- Je n'ai pas le temps de vous écouter Mr Giliberto. Gardez vos fragiles arguments pour les débats futurs qui nous attendrons car j'ai cru comprendre qu'aucune liste solide n'allait vous affronter pour le moment. Juste une dernière chose : Qu'est-ce que ça fait d'être à la solde de la famille Barzetti et de vivre dans la terreur ?
- Je ne vous permets pas ! S'indigna le Maire.
Lexa s'approcha doucement de l'oreille de l'ancien bras droit de Becca pour souffler :
- Ne vous inquiétez pas. Ce sera notre petit secret…
Oscar Giliberto avala difficilement sa salive devant le charisme et charme de la sicilienne. Lexa tourna rapidement le dos à l'actuel maire pour descendre les escaliers face à elle et rejoindre son véhicule.
- Vous ne pouvez pas vous présenter ! Vous ne vivez plus sur Syracuse depuis plus de deux ans !
- Cela ne m'a pas empêché de payer mes impôts Mr Giliberto, il va falloir revoir vos cours de socio-politique et de droit.
La portière claqua derrière Lexa qui passa une main dans ses cheveux longs qui étaient détachés afin de les ramener derrière son oreille.
- Alors ? Dirent ensemble Clarke et Raven.
- Je suis officiellement candidate aux prochaines élections municipales de Syracuse !
- Champagne ! S'exclama la mécanicienne.
- Pas tout de suite, rit Lexa en passant un bras autour de la taille de la médecin.
- Bon bon d'accord ! Resto alors ! Je n'ai rien dit à Octavia sur votre retour.
- Waouh, tu as réussi à tenir dix jours sans lui dire ?
- Oh putain tu peux pas imaginer comment c'était dur ! Elle sait quand je mens en plus ! Geignit la latina.
Cela eut le mérite de les faire rire toutes les trois.
Clarke sourit immédiatement en reconnaissant l'endroit où Raven avait réservé une table pour déjeuner. Ce n'était pas l'un de ces restaurants hors de prix que Lexa affectionnait tant mais bien le petit café-bar « Au Chat Mouillé » où elles s'étaient retrouvées une fois. C'était aussi là qu'elle avait quitté Finn au beau milieu des toilettes, cette pensée lui fit froncer les sourcils en plus de lui tirer une grimace mais un sourire revint bien vite sur ses lèvres quand Lexa qui semblait s'être rendue compte de son état lui avait déposé un baiser affectueux sur la joue.
- Qu'est-ce qu'il y a Clarke ?
- Hm… Je pensais au fait que j'adore ce café-bar car c'est ici qu'Octavia et moi venions régulièrement en extérieur lors de nos rares pauses déjeuners …
- Mais ?
- Mais c'est aussi ici que j'ai finalement quitté Finn comme une malpropre au milieu des toilettes des femmes, grimaça t-elle.
- Je vois…
- Juste avant je fondais littéralement devant un de tes mails séducteurs…
- On dirait que j'ai eu une bonne idée en t'écrivant ce mail à ce moment précis alors…
Clarke ne put s'empêcher de rire légèrement en tapant gentiment sa compagne :
- Tu es horrible ! Je m'en suis vraiment voulue pour la façon dont j'ai dit ça à Finn !
- Désolée pour Finn mais je ne perds jamais une guerre… Sourit Lexa fièrement.
- Qu'avais-tu à y gagner à part une médecin chiante et curieuse ?
Le sourire de l'héritière s'étira un peu plus et elle se rapprocha de la rousse pour l'enlacer, poser quelques baisers doux dans son cou dénudé avant de chuchoter :
- En réalité derrière la médecin chiante et curieuse se cachait l'amour de ma vie…
La médecin ne put s'empêcher de frissonner à cette confidence amoureuse et fut prise d'une envie soudaine d'embrasser fiévreusement la sicilienne qui ne refusa pas le baiser gourmand. Elles ne se rendirent même pas compte que la voiture s'était arrêtée.
- Dites quand vous aurez fini de vous lécher la pomme, on pourra y aller ? Se moqua la mécanicienne. Bella, je te savais pas si expansive !
Lexa fit une moue gênée tandis que Clarke répondait :
- Chut toi ! Allons retrouver ma meilleure amie !
Les portières claquèrent et le trio se mit en marche pour rejoindre le café-bar à pied. Clarke avait le cœur qui battait à cent à l'heure : elle avait hâte de retrouver Octavia, ces trois années sans se donner de nouvelles avaient été très dur pour elle mais elle ne voulait surtout pas mettre en danger la jeune Blake et sa famille. Elle reconnut immédiatement la brune qui portait toujours les mêmes lunettes de soleil. Elle avait l'impression de la revoir lors de ce fameux jour où elle et Finn avaient rompu : la jeune femme était rayonnante et à côté d'elle se trouvait un petit garçon métis qui jouait avec un petit hélicoptère.
- Octavia ! Cria Clarke, ne pouvant se retenir plus.
La Blake sursauta et leva la tête de son portable pour ouvrir de grands yeux, saisie par la surprise. Elle se leva rapidement et alla se jeter dans les bras de sa meilleure amie.
- Mon Dieu ! CLARKE ! Tu es de retour ! Oh ma chérie ! Tu m'as manquée ! Tellement manquée ! J'y crois pas bon sang !
- Tu m'as trop manquée aussi ma belle ! Cria la rousse en répondant à l'étreinte de la brune.
Lexa regardait la scène avec le sourire : elle était vraiment heureuse que Clarke puisse retrouver une personne qui lui était chère. Raven lui glissa un petit coup dans les côtes pour attirer son attention :
- Bon ben maintenant on existe plus… Si tu veux tu peux me montrer à quel point tu es expansive dans la voiture Bella…
La Donati se contenta de secouer la tête, amusée.
- Tía! S'exclama le petit garçon qui regardait d'un air dubitatif sa mère s'étouffer avec cette rousse qu'il ne connaissait pas après avoir repéré Raven.
- Mon petit Corazon !
La mécanicienne s'avança pour prendre dans ses bras le garçon qui lui tendait les siens, visiblement très heureux de la voir.
- Waouh tu as un bel hélicoptère dis donc !
- Comme P'pa ! Sourit le garçon.
- Oui comme ton papa ! Mon petit Corazon. Je vais te présenter quelqu'un que j'aime beaucoup... Sourit-elle en se tournant vers la Donati.
Le petit garçon regarda longuement la jeune femme brune avant de s'exclamer, pas timide pour un rond :
- C'est quoi ton nom toi ? Moi c'est Matteo !
- Bonjour Matteo, je m'appelle Lexa, se présenta la brune.
- Elle est belle hein ? Renchérit sa marraine.
- Oui ! Répondit le bambin.
- Mais ?
- Maman est plus belle ! S'amusa le petit.
- Tu as tout compris mon petit Corazon ! Rit la latina ce qui ne manqua pas de faire sourire l'ancienne mafieuse.
Lexa n'aurait jamais cru que Raven serait aussi à l'aise avec les enfants. Elle se rappelait d'une conversation où la latina lui avait dit qu'elle n'en voulait pas et qu'elle détestait ces derniers : elle devait vraiment être amoureuse d'Octavia pour revenir sur ces paroles. Elle se demanda même si la mécanicienne se souvenait un jour de lui avoir confié ça.
- Lexa ! Appela Octavia. Je suis contente de te revoir aussi !
- C'est réciproque Octavia, répondit la brune en allant embrasser sur les joues la jeune maman. Matteo est un beau petit garçon, félicitations à toi et Lincoln.
Clarke ne put s'empêcher de rire face au compliment : Lexa était tellement vieux jeu parfois.
- Merci, sourit Octavia.
- Comment va Lincoln ?
La question fit légèrement grimacer la Blake tandis qu'elle tirait une grimace complète à Raven.
- Il fait aller... Je l'ai quitté il y a six mois environ...
- Oh, je suis désolée de l'apprendre, répondit-elle, faisant semblant de ne pas être au courant.
- C'est la vie, nous ne nous entendions plus sur pas mal de sujets... C'est moi qui ai pris la décision... Dit la brune la voix légèrement émue.
Raven se rapprocha instinctivement de la secrétaire pour l'enlacer amicalement de son bras libre afin de la réconforter. Cela ne manqua pas de faire sourire discrètement Clarke.
- Maman ! Couina le petit garçon ce qui ne manqua pas de faire réagir Octavia qui tendit les bras pour récupérer son fils et se détacha de la mécanicienne.
- Oui mon chéri, tu as faim ?
- Oui !
- Et si on commandait ? Sourit Octavia. Je vous invite pour fêter votre retour !
- Hors de question ! S'exclamèrent d'une même voix Clarke et Lexa.
Les deux femmes se regardèrent, fortement amusées avant qu' Octavia ne se mette à rire :
- Haha vous n'avez pas changé ! Qu'est-ce que ça fait du bien de vous revoir ! Allez, installez-vous qu'on puisse commander ! Ce n'est pas comme si on avait trois ans à rattraper !
Un soupir échappa à la belle blonde tandis qu'elle remuait d'un air ennuyé le liquide qui permettrait de finaliser une quiche pour le repas de ce soir : Anya détestait vraiment cuisiner et ce n'était pas avec ce que ramenait Gustus en termes d'argent qu'ils pourraient avoir le luxe de se payer une cuisinière... Sans compter qu'elle n'y arrivait pas psychologiquement : Cécilia, sa mère, lui manquait atrocement par moment et elle n'arrivait pas à en parler à son compagnon. Elle n'adressait pas la parole à Tristan non plus même si celui-ci venait parfois pour partager un verre avec Gustus. Il n'était clairement pas le bienvenue dans cette maison et elle le lui avait bien fait comprendre : se tourner aussi vite vers les Barzetti en suivant Aden malgré ce qu'il avait laissé faire à leur propre mère la dégoûtait.
Elle se tendit un instant en entendant le bruit d'une clé dans la serrure mais se tranquillisa en reconnaissant son compagnon qui semblait dans tous ses états, pourtant, il n'avait aucune marque de coup sur le visage.
- Gus ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Lexa est de retour, dit-il d'une voix blanche avant de se laisser tomber dans le canapé en cuir marron du séjour.
- Quoi ? Tu as dit quoi ?! S'exclama la Zanetti en lâchant brusquement son récipient sur le plan de travail pour se rapprocher du mafieux.
- Lexa est revenue... Oscar Gilliberto l'a croisé à la préfecture et elle lui a annoncé qu'elle déposait sa candidature pour devenir la maire de Syracuse.
- Qu'est-ce qu'on attend alors ? Allons la voir !
Le sang d'Anya n'avait fait qu'un tour : enfin, elle voyait un espoir pour se libérer de ces chaînes de femme au foyer et redevenir la personne qu'elle s'était évertuée à devenir auprès du cercle de Lexa Donati.
- Non. Je t'interdis de l'approcher.
- Pardon ?
- Tu te mettrais en danger ainsi qu'Edda.
- Parce qu'on est pas en danger à l'heure actuelle ? On est en sursit depuis qu'Aden nous a débusqué dans cette maison de campagne où il a fait assassiner ma mère, sa propre nourrice !
- Anya ! Aboya le brun en se levant. Ca suffit !
Anya lança un regard assassin à son compagnon :
- Il y a beaucoup de choses que j'ai toléré depuis trois ans Gustus mais que tu me donnes des ordres, jamais je n'accepterai ! J'irai la voir si toi tu n'y vas pas !
- C'est terminé Anya, tu ne comprends donc pas ? Lexa est hors jeu ! Que crois-tu qu'elle pourra faire ?! Je ne comprends même pas pourquoi elle est revenue ! Elle va se faire tuer, ce n'est l'histoire de quelques jours !
- Alors c'est ton rôle de la protéger !
- Parce qu'elle nous a protégé elle ?! Elle s'est tirée au moment où il fallait faire taire les opposants ! Elle nous a abandonné Anya ! Je ne sais pas à quoi elle joue en se présentant aux élections municipales... Elle n'aura aucune marge de manœuvre...
- Alors il n'y a plus d'espoir selon toi ?
- J'ai assez donné pour elle... Elle m'a laissé entre la vie et la mort le soir du Gala... Ca ne l'a pas empêché de partir...
- J'ai aussi été en colère contre elle Gustus. Je l'ai presque suppliée au cimetière pour qu'elle reste forte et continue le combat... J'avais envie de la frapper et j'ai été tout autant furieuse lorsque j'ai appris son départ et ai vu l'état dans lequel ça t'a mis mais aujourd'hui après trois ans d'enfer, je vois une lueur d'espoir pour nous... Nous ne serons pas les seuls à la suivre Gustus...
Les deux mafieux se regardèrent, soudain silencieux.
- On ne s'est jamais menti Gustus.
- Je sais.
- Ose me dire qu'il n'y a plus d'espoir en toi de sortir de cette vie ?
- Il n'y a plus d'espoir, je viens de te le dire.
- Je sais que tu lui as écrit, dit finalement Anya, brisant le silence.
- De quoi tu parles ? Grommela t-il.
- Tu dis qu'il n'y a plus d'espoir mais j'ai trouvé tes brouillons à moitié brûlés ou déchirés dans les différentes pièces de la maison. Si tu lui as écrit c'est que...
- Tu fouilles dans mes affaires ?!
- C'est plutôt tes affaires qui fouillent dans les miennes ! Qui se tape le ménage de cette putain de baraque depuis trois ans ?! C'est sûrement pas toi ! Alors baisse d'un ton avant que je t'en colle une ! Personne ne me parle comme ça et sûrement pas mon compagnon !
- Baisse d'un ton aussi ! Hurla le brun en se levant pour confronter la mafieuse.
Gustus était finalement parti vers la terrasse. Il semblait écœuré d'avoir été surpris au sujet des lettres. Elles étaient encore la seule chose qu'il s'était permis d'avoir : un temps de pensée libre où il pouvait s'exprimer sans crainte de devoir rendre des comptes à un Don immature et violent. Un temps où sa seule confidente était sa première fille à qui il avait porté un amour sincère bien qu'elle ne soit pas de son sang.
- Gustus... Reprit Anya après l'avoir rejoint, sentant qu'elle avait blessé son compagnon.
Elle ne pouvait pas totalement imaginer ce que subissait comme violence tant physique que morale au quotidien auprès des Barzetti mais elle sentait qu'ils avaient brisé le Giordano au plus profond de son âme ce fameux jour où il avait dû se mettre à genoux devant Aden et ses hommes de main afin de sauver sa famille.
- Laisse-moi.
- Je voulais te le dire mais tu es tellement froid et distant quand tu rentres... Tu ne fais même plus attention à Edda, encore moins à moi...
Le brun resta silencieux, la Zanetti sut à ce moment qu'elle ne tirerait plus rien de lui.
- Je comprends que tu ne veuilles pas nous mettre en danger Gustus et je respecte ce choix. Ta colère envers Lexa est légitime aussi même si à travers tes écrits on sent que tu lui as pardonné... Un père pardonne toujours. Pense à Edda. On ne pourra jamais lui offrir la vie qu'elle mérite avec cette pression quotidienne sur nous. Dans tous les cas, si toi tu ne vas pas la voir, c'est moi qui irais...
Comme aucune réponse n'arrivait, la blonde se permit de rajouter :
- Avec ou sans toi Gustus j'irais la voir. Et si c'est sans toi... Je me ferais une raison.
Elle tourna finalement les talons ce qui tira le mafieux de son mutisme :
- Où est-ce que tu vas ?
- Sur la tombe de ma mère. Je prends Edda avec moi, on mangera à l'extérieur. Si tu as faim, tu n'as qu'à terminer la quiche que j'étais en train de faire.
Anya coupa le moteur de son véhicule le long de la clôture du cimetière privé des plus anciennes familles de Syracuse. Elle avait préféré manger en ville en premier avant de s'arrêter ici. Edda dormait à poings fermés dans son siège auto et elle hésita un instant à la laisser seule dans le véhicule mais se décida à la prendre avec elle. Elle n'avait pas confiance. Edda geignit légèrement dans son sommeil mais se blottit rapidement contre l'épaule de sa mère.
Elle marcha jusqu'à la partie du cimetière réservé à la famille Zanetti et se figea à quelques mètres, se dissimulant derrière un monument privé d'une autre famille : quelqu'un était debout devant la tombe de ses parents. Edda pesait son poids maintenant et elle se voyait mal tenir en respect un agresseur avec un enfant dans ses bras. Elle avait bien son Beretta sur elle mais le doute s'insinua : elle ne pouvait clairement pas jouer la vie de sa fille. Elle se contenta donc de se pencher sur le côté pour observer la silhouette qui dans la nuit noire n'était pas très parlante. Ce n'était pas un homme au vu de la taille moyenne et la finesse de son corps. Elle se décida d'attendre patiemment que l'inconnue parte pour se recueillir à son tour mais la personne ne semblait pas pressée. Cela la mit en rage : qui pouvait venir se recueillir sur la tombe de sa mère ?
Après plusieurs minutes, elle finit par s'impatienter et avancer en lançant :
- Je ne savais pas qu'il fallait prendre un ticket pour me recueillir sur la tombe de ma mère ! Vous êtes qui putain ?! Dégagez, c'est un cimetière privé ici !
Les traits durs et la mine peu amène, elle se posta derrière l'inconnue qui avait tourné légèrement la tête dans la pénombre à sa provocation. Elle portait un foulard autour du visage qui remontait jusqu'à son nez, sans doute pour dissimuler son identité.
Pourtant, les yeux verts qui se fixèrent dans ceux de la Zanetti la firent se figer.
- Lexa... Réussit-elle seulement à articuler.
La Donati resta silencieuse un instant avant de répondre :
- Bonsoir Anya.
La gorge de la Zanetti était devenue étrangement sèche : elle luttait en son fort intérieur pour savoir comment réagir. Elle sentait la colère l'étreindre mais aussi la flamme de cet espoir qui s'était mis à brûler dès lors qu'elle avait appris que la Donati était de nouveau présente sur l'île. Finalement, ce fut Lexa qui s'approcha de la mafieuse pour lui faire face. Elle retira le foulard couvrant son visage pour lui offrir un visage déterminé.
- Même si ce n'est plus l'heure des excuses, je tiens à...
- En effet, après près de trois ans d'absence, tu peux oublier tes excuses, la coupa sèchement la blonde.
- Je comprends, répondit la brune.
Un nouveau silence s'installa.
- Pourquoi es-tu revenue Lexa ? Tu n'as plus personne ici.
- Ma famille est ici.
- Tu as abandonné cette famille. Tu as fait un choix.
- Si ce n'est plus l'heure des excuses, j'imagine que ce n'est plus l'heure des regrets non plus. J'ai fait ce que j'avais à faire pour me protéger ainsi que Clarke. Si je devais être confrontée à nouveau à ce choix, je le referai.
Cela fit grogner la Zanetti qui répondit finalement :
- J'espère que ce n'est pas le tourisme qui t'amène sur notre Sicile.
Un sourire s'étira sur le visage de la Donati. Ses yeux libérèrent la même lueur enflammée qu'elle avait laissé voir à Indra lors de leur rencontre.
- Non, ce n'est pas le tourisme qui m'amène, loin de là...
Et nous voilà déjà à la fin... Un chapitre plutôt calme je trouve qui fait démarrer tout doucement la machine pour que Lexa revienne au pouvoir en Sicile à travers la mairie de Syracuse ! Va t-elle y arriver selon vous ? A t-elle seulement encore des gens sur qui elle peut réellement compter ? :) Il y aura de nouveaux personnages en approche dans les futurs chapitres ! Ah et pour ceux qui sont à fond Octaven, z'avez vu je vous ai pas oublié :P Ça risque d'être tendue entre Raven et Octavia, j'ai déjà tout en tête haha ! N'hésitez pas à me laisser votre retour sur ce chapitre ! Je vous dis à très bientôt, promis, je disparais pas aussi longtemps que pour ce chapitre 26 :P Si je le fais, hésitez pas à me pourrir de mp xD
À bientôt :)
