Hey ! Me revoilà ! Désolée pour le retard de deux jours, j'ai été prise par le boulot et le quotidien :'( Enfin je n'ai pas trop cassé le rythme encore... Je ne traine pas plus. Merci pour vos retours, follows et favs. Merci à mes très chers relecteurs doubi et Mag ! Bonne lecture !
Claire : Merci pour ton retour ! :) Non elles ne se lassent pas du tout, je pense même qu'elles sont bien plus fortes et à l'écoute l'une de l'autre :) Clarke a juste un petit pincement au coeur concernant Finn car il se présente comme un beau prince parfait alors qu'elle a dégusté à ses côtés ^^ On va pas se mentir, voir un ex avec qqun d'autre ça fait souvent bizarre surtout quand il a l'air hyper heureux :P Au plaisir de te relire.
Morgane : Merci pour ton retour ! :) Haha oui j'imagine que les chapitres passent plus vite que je ne les écris ^^ C'est souvent ça quand on aime ce qu'on lit :P Au plaisir de te relire :D
Manoukette : Hey ! Merci de ton retour ! Toujours un plaisir de te lire ^^T'inquiète le 30 est plus palpitant :P Haha bien essayé pour le 30/05 mais c'était genre impossible xD J'suis à la bourre en plus :P Donc ben euuuh UN TRÈS BON ANNIVERSAIRE (en retard... ;x) j'espère que tu as été gâté. A bientôt !
Fanny : Merci pour ton retour ! Je suis contente que l'arrivée de Victor te plaise ! J'avais hâte de l'intégrer dans l'histoire ^^ Euh rien de trop difficile...? Va falloir me dire ça à la fin XD Au plaisir de te relire !
Chapitre 30 : Vingt-quatre heures
Sur chaque marque brune due à la vieillesse, Nia Barzetti prenait le temps de passer une crème au citron. Elle massait ses mains avec patience tout en se fixant de temps en temps dans le miroir de sa coiffeuse ornée de dorures. Son téléphone se mit à vibrer, aussi arrêta-t-elle son massage le temps de répondre à l'appel.
- J'écoute, indiqua-t-elle sèchement.
- Lexa Donati vient de récupérer Dante Strand.
- Qui a t-elle échangé ?
- La docteur. Voulez-vous qu'on fasse une entrée chez Strand pour la tuer ?
- Non. Contentez-vous de suivre et observer où vont Lexa Donati et son invité.
- Vous êtes sûre Dona Barzetti ? Répondit l'homme de main.
- Oui… Je vous envoie Quint et Diego pour le reste… Ne les perdez pas de vue.
Allongé sur le lit à baldaquins de la matriarche des Barzetti, Quint équipé d'un cure-dent prenait le temps de se gratter le cou et le dos.
- Qu'est-ce que tu mijotes ma belle Nia ? Sourit le mafieux au crâne rasé.
- Cette imbécile vient de signer son arrêt de mort avec cet échange.
- Tu veux qu'on tue le fils adoptif de Strand c'est ça ?
Nia haussa un sourcil devant la conclusion de son plus fidèle homme de main :
- Tu commences à devenir très malin Quint, lui fit-elle remarquer.
- J'ai la meilleure de toutes en guise de professeur… Sourit-il en se levant du lit pour aller poser un baiser sur l'épaule de la Barzetti.
- Tue-le rapidement. Ne prends pas de risques inconsidérés. Il faut enlever tout espoir à cette sale gouine avant qu'elle n'ait le temps de croire qu'elle peut gagner contre Gilliberto. Je vais la briser.
- Bien ma reine, glissa t-il avec une caresse sur la poitrine de son amante.
La Barzetti posa une main sur la main rude de son amant et sourit :
- Tout à l'heure si tu réussis ta mission mon amour.
Les yeux de Quint s'étrécirent d'excitation à la promesse de la femme. Il retira sa main et sortit rapidement de la pièce, appelant bruyamment son partenaire de toujours à travers les couloirs de l'immense bâtisse de la famille Barzetti :
- Diego ! Diego ! Ramène ton cul ! On sort prendre l'air ! Sourit-il, mauvais.
Le SUV roulait depuis une heure à présent dans Syracuse et ses villes voisines. Raven demanda :
- Lexa, pourquoi on ne retourne pas chez toi ? C'est sécurisé, non ?
- Non, pas assez, répondit la Donati en activant un écran intégré dans le siège conducteur pour activer les caméras placées à l'arrière du véhicule.
Il faisait nuit noire à présent sur l'île. Lexa était tendue contrairement à Dante qui ne disait rien. Le jeune homme était resté mutique depuis qu'il était monté dans le SUV ce qui l'avait bien arrangée car elle ne se voyait pas lui faire la conversation pour le moment. Ce qu'elle devait faire était clair : protéger son invité de toute attaque possiblement organisée par les clans qui ne voulaient pas la voir revenir au pouvoir à travers la mairie de Syracuse. Si Victor était bien protégé dans son vieil immeuble grâce à ses nombreux effectifs, le cas était bien différent du côté de l'héritière qui commençait à peine à reconstituer ses rangs avec des personnes de confiance.
- Dis-moi où tu veux qu'on aille Lexa, lui indiqua Raven.
- À Gela, au casino. On y sera à l'abri.
- On y va en bateau ou en voiture ?
L'héritière se mordit la lèvre, pesant le pour et le contre des deux moyens de transport : il serait bien plus simple de prendre en chasse une voiture et lui faire avoir un accident qu'un bateau mais d'un autre côté, prendre le temps de rejoindre un bateau à pied offrait une ouverture non négligeable à de possibles assaillants. Lexa pesta intérieurement : quel était le meilleur choix ?
- Va au port, dit-elle finalement.
- Ça marche Bella, répondit la mécanicienne en faisant demi-tour dans le rond point sur lequel elle s'était précédemment engagée.
Lexa observa à nouveau les caméras arrières : pour le moment elle ne voyait rien pouvant la rendre alerte. Peut-être se faisait-elle des idées au sujet d'une possible tentative d'assassinat du fils adoptif de Victor mais pour avoir elle-même pratiqué ce genre de sabotage afin de faire s'entretuer certains clans refusant de lui prêter allégeance, elle se disait que ça ne pouvait pas être impossible.
La latina avait rapproché au plus près du bateau de la dernière fois le SUV mais ce dernier restait quand même à plus d'une centaine de mètres de leur position : le port de Syracuse interdisait le passage des véhicules à partir d'un certain moment ceci afin de dégager l'accès aux différents bateaux et permettre aux pêcheurs locaux de ne pas perdre de temps pour décharger leur prise du jour à cause d'habitants ou touristes peu soucieux de possiblement créer une gêne en stationnant leur véhicule n'importe où.
- Camillo, Ilian, vérifiez les alentours.
- Bien Dona, répondirent mécaniquement les deux hommes en sortant de la voiture.
Le surnom ne manqua pas de faire tiquer Lexa tandis qu'il faisait sourire Dante qui se permit un commentaire :
- On ne peut jamais vraiment renier son nom…
La Donati l'ignora et lorsque Ilian toqua à la vitre pour signifier que la voie était libre, elle s'adressa à Raven :
- Va démarrer le bateau, on te rejoint.
- Ça marche.
Raven sortit du SUV pour marcher rapidement vers le ponton où le bateau de la dernière fois les attendait. Lexa se pencha pour attraper quelque chose sous son siège passager. Lorsqu'elle se redressa, elle avait entre ses mains deux Beretta : elle en confia un à Dante qui lui sourit.
- J'imagine que tu sais t'en servir, dit-elle.
- Évidemment.
- C'est uniquement par précaution. Ne fais rien de stupide si jamais on nous attaque.
Le jeune acquiesça et sortit du véhicule lorsque la brune lui donna le feu vert. Lexa, d'un signe de tête, lui fit comprendre de la suivre. Ils eurent à peine le temps de passer derrière la voiture qu'un bruit d'accélération se fit soudainement entendre suivi d'un freinage. Deux canons d'armes automatiques se mirent ensuite à les mitrailler ce qui les obligea à se cacher derrière le SUV.
- Bordel ! Lâcha Lexa en appuyant sur l'épaule de Dante pour qu'il se baisse. Ilian ! Camillo !
- On s'en occupe ! Répondit le premier en attendant que les salves s'arrêtent pour à son tour tirer sur leurs agresseurs avec son pistolet.
- Dona ! Allez-y à mon signal ! On vous couvre ! Lui hurla Camillo après avoir récupéré rapidement un fumigène dans la boîte à gants.
Le garde du corps dégoupilla la grenade et la lança derrière lui :
- Allez-y !
- Dante suis-moi !
Lexa et Dante se mirent à courir aussi vite qu'ils le purent, profitant de la fumée pour rejoindre leur bateau. Ils maintinrent une allure rapide sur plusieurs mètres, passant de nombreux bateaux de différentes sortes dont les angles morts étaient inquiétants. Elle finit par repérer Raven qui leur faisait signe de se dépêcher. Alors qu'ils venaient d'arriver sur le bon ponton et étaient presque prêts à sauter dans le bateau, Lexa sursauta en sentant une balle siffler près de son pied et se stoppa lorsqu'elle entendit un ricanement bien connu.
- Eh ben ma jolie… Te sauve pas comme ça ! Sourit Quint en sortant d'un coin d'ombre en compagnie de Diego.
Rapidement, le Beretta qu'elle avait en main fut dressé contre les hommes de main des Barzetti. Elle tendit un bras protecteur devant Dante qui avait resserré sa prise sur son propre pistolet. Elle siffla, mauvaise :
- Quint, espèce d'ordure…
- Moi aussi j'suis content de te revoir, dit-il. Fais pas l'imbécile, Nia a dit de pas te tuer… mais si tu ne me laisses pas le choix…
- Ouais elle veut que ce soit Victor qui te crève ! Sourit Diego, vicieux.
Lexa se mordit la lèvre : ces hommes étaient là pour Dante et non pour elle. Il lui fallait un plan et vite avant qu'il ne soit trop tard.
- Saute dans le bateau… Souffla t-elle le plus doucement possible au fils adoptif de Victor en appuyant légèrement son bras contre son torse.
- Hors de question de laisser une femme seule contre eux, où serait mon honneur ? Répondit le jeune homme, prêt à en découdre.
- Ne fais pas l'idiot bon sang…! Ton honneur tu peux te le foutre au cul ! Est-ce que tu crois que je peux me permettre de te perdre ?! Répondit-elle très agacée.
Un coup de feu partit ce qui fit sursauter les deux héritiers.
- Vous allez la fermer oui ?! Je crois pas vous avoir autorisé à l'ouvrir.
Quint se rapprocha de quelques pas, ne lâchant pas du regard la Donati.
- Je me demande encore laquelle d'entre vous deux a eu l'idée lumineuse de revenir ici pour tenter ce que tu n'as pas réussi à faire il y a trois ans… Hm Lexa ? Est-ce que c'est toi ou bien est-ce que c'est… Hm… Comment elle s'appelle déjà la Doc que tu passes tant de temps à lécher ?... Ah oui…! Clarke…
- Laisse Clarke en dehors de nos affaires Quint ! Répondit Lexa, acerbe.
- Oh ne t'inquiète pas ce n'est pas elle qui m'intéresse mais lui ! Cria t-il en tirant rapidement deux coups de feu en direction de Dante dont la chemise se teinta rapidement de rouge.
- Non ! Hurla l'héritière en lâchant son arme pour essayer de retenir comme elle le put le jeune qui perdit l'équilibre.
Elle n'eut pas assez de force pour empêcher Dante de tomber à l'eau, il était trop lourd pour elle. Elle se redressa malgré sa détresse pour récupérer son Beretta qui était tombé par terre.
- Lexa ! Cria Raven, impuissante à moins de deux mètres.
- Sauve-toi Raven ! Répondit l'héritière à genoux tout en récupérant son arme, fébrile à l'idée d'avoir condamné Clarke en perdant le fils adoptif de Victor.
Elle entendit juste un bruit d'eau avant d'encaisser un coup de pied dans la main qui lui fit lâcher son Beretta en plus de lui arracher un cri de douleur.
- Soulève-moi cette chienne Diego ! Cracha Quint.
Son acolyte attrapa l'héritière Donati par la queue de cheval qu'elle s'était faite pour l'obliger à se redresser. Le canon encore chaud de l'arme de Quint vint frotter durement la joue de la brune qui se débattit un instant :
- Je vais vous tuer ! Tous les deux ! De la pire façon qui soit pour ce que vous avez fait ! Menaça t-elle ce qui lui valut un coup de pied dans les côtes qui la fit tousser.
Un coup de poing vint embrasser sa lèvre supérieure avant qu'un autre coup de pied la fasse rouler sur le ponton et lui coupe la respiration. Elle tenta de se relever mais son corps était douloureux.
- Surveille nos arrières Diego, ordonna son acolyte avant de s'avancer vers Lexa.
Quint se pencha pour attraper le menton de la brune pour la fixer droit dans les yeux :
- Tu n'aurais jamais dû revenir ici… Sache que si c'est moi qui avais été envoyé après vous lorsque vous vous êtes enfuies, vous seriez mortes toutes les deux…
- L'espoir… fait vivre… abruti… Articula t-elle, douloureuse.
La langue du sicilien claqua d'agacement.
- Ah ! Impossible de te faire taire vipère ! J'ai tellement envie de te faire du mal… mais d'un autre côté… Nia a raison, ce sera d'autant plus jouissif de te voir anéantie quand ta docteur se fera tuer sous tes yeux…
Lexa serra les lèvres tandis que Diego ricanait. La prise sur son menton se fit un peu plus dure alors que Quint approchait ses lèvres de son oreille, son haleine venant violer les narines de l'ancienne Dona :
- Maintenant qu'on est rien que tous les deux ma chérie… Il faut que je te dise quelque chose de très intime…
Les doigts du sicilien serrèrent un peu plus les joues de l'héritière comme pour vérifier qu'elle écoutait :
- …C'est moi qui ai tué ta petite lesbienne il y a huit ans… Je l'ai violée par tous les trous possibles jusqu'à ce qu'elle n'ait plus la force de crier… Ensuite je l'ai découpée en petits morceaux…
Le corps de Lexa se crispa et des larmes différentes de celles de la douleur s'échappèrent soudainement des joues de la brune. Elle tenta de se débattre une dernière fois, de crier mais seul un « non ! » étouffé et empli d'impuissance s'échappa de ses lèvres.
- Si tu savais comme elle t'appelait de manière désespérée… mais j'ai fini par la briser ! Tout comme je te briserai ! Maintenant supplie-moi de t'épargner ! Cria t-il
- Quint… Appela Diego d'une voix blanche.
- Ta gueule Diego, laisse-moi jouir des larmes de cette petite pute ! S'agaça le mafieux.
- Quin…
Un bruit étouffé se fit entendre avant que le corps de Diego ne s'écroule au sol.
- Qu'est-ce que…?! Diego ! S'exclama Quint en se redressant pour se retrouver face à un canon silencieux. Toi ! Espèce de salopard ! Dit-il en sautant rapidement sur le côté pour se cacher derrière un amas de caisse.
Trois coups de feu partirent ce qui obligea l'homme de main des Barzetti à rester à couvert. Lorsqu'il en eut l'occasion, il tira à son tour vers l'assassin de Diego mais un nouveau tir fit sauter son arme ce qui lui arracha un cri de douleur : sa main était en sang et deux de ses doigts avaient été raccourcis. Entendant les pas de son assaillant se rapprocher durement de lui, il se saisit rapidement d'une poignée de sable dans un seau près de lui pour les jeter à la tête de son agresseur qui grogna et recula devant l'attaque vicieuse. Quint se laissa tomber à l'eau pour fuir mais sentit une balle lui transpercer l'épaule.
Le bruit de son arme vide fit serrer les doigts de l'homme sur sa crosse de pistolet et lui arracha un grognement. Il avait tiré en direction de l'eau dans l'espoir d'éliminer cette raclure mais il n'était pas certain d'y être parvenu. Rapidement, il se tourna pour arriver au niveau de Lexa qui tentait tant bien que mal de se relever malgré ce qu'elle avait entendu et subi. La brune semblait brisée.
- Lexa, dit l'homme en s'accroupissant devant elle.
La jeune femme ne répondit pas, vidée de toute force.
- Lève-toi Lexa, ordonna t-il durement.
La voix fit relever le regard de la Donati vers le visage de celui qui venait de la sauver. Elle resta paralysée devant les traits de l'homme aux cheveux qui commençaient à virer poivre et sel à certains endroits. Ces trois dernières années avaient laissé des marques.
- Gustus ?... Souffla t-elle, encore sous le choc.
Clarke avait été installée dans une chambre avec un lit simple collé contre un mur. La tapisserie était jaune, décollée ou déchirée. La rousse crut même apercevoir un cafard se faufiler dans une fissure. Si l'insalubrité du lieu ne l'enchantait pas, elle n'arrivait de toute manière pas à fermer l'œil entre les cris et pleurs, ainsi les alertes de ceux qui étaient surnommés les guetteurs qui ne semblaient pas avoir de repos. Elle était assise sur le matelas sans drap et se répétait mentalement en regardant sa montre que ce n'était qu'une histoire de vingt quatre heures : Lexa allait revenir la chercher, elle lui faisait confiance. Elle aurait été plus rassurée si elle avait gardé son portable mais les hommes de Victor le lui avaient pris afin qu'elle ne communique pas avec sa compagne : elle aurait du se douter qu'elle n'aurait pas accès à ce dernier le temps de l'échange, cela aurait été trop facile.
La médecin sursauta lorsqu'elle entendit qu'on toquait à sa porte.
- Oui ? Répondit-elle.
Malgré l'heure tardive, une jeune femme au ventre très arrondi se présenta avec une paire de draps propres.
- Bonsoir... Excuse-nous de ne pas avoir fait le lit plus tôt, Victor pensait que Lexa ne changerait pas d'avis…
- Oh, merci mais il ne fallait pas vous déranger aussi tard… Vous avez sans doute besoin de repos… Répondit Clarke en dirigeant son regard vers le ventre imposant de la jeune femme. Vous en êtes à combien de mois ?
- Huit mois, sourit la jeune femme. Je reste allongée quasiment toute la journée. Bouger me fait du bien, la rassura son interlocutrice. Tu peux me tutoyer, lui indiqua t-elle.
- D'accord… Je m'appelle Clarke au fait.
- Enchantée, moi c'est Allissa. Je suis la sœur de Victor.
- Il y a des traits de ressemblance en effet, sourit la médecin en allant soulever le matelas pour soulager la future maman. Je t'en prie, laisse, je vais me débrouiller, insista t-elle.
- D'accord… Qu'est-ce que tu aimes manger Clarke ? J'aimerai te faire plaisir.
Clarke n'eut pas le temps de répondre car Victor apparut dans l'entrebâillement de la chambre :
- Allissa, va te coucher. Clarke n'est pas à traiter différemment de nous tous ici. Il est tard, va te reposer. Tu auras bien assez de temps demain pour discuter avec elle. Elle reste avec nous jusqu'à 23h.
- Tu es dur Victor, elle n'a jamais dormi ici… Un peu de compréhension ne te tuerait pas.
- Parce que tu crois qu'elle aura de la compréhension envers nous quand elle repartira dans la villa luxueuse de Lexa Donati ? Nous vivons dans deux mondes différents.
Allissa soupira et s'excusa du regard pour le comportement de son frère aîné. La médecin la rassura d'un petit sourire avant de continuer à faire son lit. Lorsque les draps propres furent installés, la rousse s'autorisa à s'allonger dessus et fixer le plafond : peut-être que compter les moutons comme elle le faisait plus petite l'aiderait à gagner une ou deux heures de sommeil.
- Par ici ! Appela Raven en faisant signe à Gustus qui portait à moitié Lexa qui avait encore du mal à se ressaisir.
Le Giordano fit monter la brune dans le bateau rapide et l'installa sur la banquette en cuir avant de se tourner vers la mécanicienne qui était trempée. Il tourna la clé pour démarrer le véhicule marin lorsque Camillo et et Ilian les eurent rejoint. Ils avaient réussi à mettre en fuite leurs assaillants de tout à l'heure.
Gustus fit reculer le bateau avant de s'éloigner vers le large pour prendre de la vitesse.
- Pourquoi tu es trempée ? Demanda t-il tout en se concentrant sur le GPS marin.
- Je suis allé repêcher ce poisson là, indiqua la latina en désignant le jeune homme noir avec une bouée de sauvetage autour de la taille qui gémissait à l'autre bout de la banquette où se trouvait Lexa.
- Qu'est-ce que fout un membre des Negros avec Lexa tu peux m'expliquer ? Grommela le Giordano.
- Histoire compliquée mais en gros : Lexa a échangé Clarke contre Dante pour sceller un accord de soutien pour sa campagne avec Victor Strand.
Un grognement s'échappa des lèvres du mafieux qui indiqua :
- Prends les commandes, je ne sais pas où vous alliez à la base mais vas-y. Je vais m'occuper de garder en vie cet imbécile.
Les doigts de Gustus retirèrent la bouée puis saisirent la chemise blanche et rouge de Dante pour la déchirer, il regarda de plus près les deux trous que le jeune homme avait au niveau des côtes. Au moins une des deux balles n'avait pas traversé et avait du rebondir sur une des côtes du Strand, la fêlant seulement. L'autre trou par contre continuait à saigner ce qui voulait dire qu'il allait faire une hémorragie interne si du moins ce n'était pas encore le cas. Il roula en boule le tissu qu'il avait déchiré pour appuyer fortement sur la blessure ce qui arracha un cri de douleur au jeune.
- Ilian, reste appuyé sur sa blessure et maintiens-le éveillé. S'il s'évanouit, préviens-moi.
- Ok, répondit son ancien collègue. Hé Gustus ?
- Hm ?
- Ça fait du bien de te revoir parmi nous, sourit le mafieux.
Le Giordano grogna en guise de réponde et alla ensuite dans la petite cabine pour chercher de quoi requinquer Lexa. Il trouva dans un petit placard de la vodka et pesta de ne rien trouver de meilleur. Il se dirigea vers la Donati qui avait les yeux fermés. Il attrapa délicatement son visage et glissa le goulot entre ses lèvres abimées et ensanglantées par les coups de Quint et Diego :
- Bois, ordonna t-il.
L'alcool eut le mérite de réveiller la Donati qui sentit ses lèvres s'enflammer. Elle repoussa le mafieux en crachant le liquide au sol avant de gémir de douleur. Elle avait l'impression d'être en feu tant son corps était douloureux sans compter la confidence de Quint qui ne cessait de tourner dans sa tête : impossible de la faire disparaître.
- Gustus… Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je te sauve le cul, encore une fois, répondit-il en détournant le regard.
- Pourquoi ?...
- Il faut vraiment que je réponde à cette question ? Grogna t-il.
Le mafieux fixa celle qu'il considérait comme sa première fille : Lexa semblait anéantie et cette vision le mit hors de lui. Il espérait au plus profond de ses tripes que Quint avait coulé au fond du port et se faisait à présent grignoter par les poissons.
- C'est lui… Souffla t-elle.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- C'est Quint qui a tué Costia… Il me l'a dit… Il l'a torturée pendant des heures avant de…
Le goût de l'alcool et les mouvements du bateau sur les vagues en plus d'une vision imaginée de son ancienne amante se faisant violer par Quint donnèrent soudainement la nausée à la Donati qui vomit de la bile sur la chemise noire du mafieux.
- Désolée… S'excusa t-elle, piteuse.
- Je suis habitué au vomi avec Edda, ne t'en fais pas, répondit le Giordano nullement affecté mais tentant tout de même de faire un peu d'humour pour consoler la petite fille de Titus.
- Non… Désolée de t'avoir laissé… de vous avoir tous abandonnés…
Des larmes se mirent à couler le long des joues de la brune qui sentait les remords l'étreindre douloureusement. Elle n'attendait pas le pardon de son plus fidèle ami, père adoptif, homme de main, peu importait le terme pour le caractériser. Elle avait juste besoin de soulager sa conscience. Les bras de Gustus à sa grande surprise l'entourèrent pour la serrer contre lui :
- C'est moi qui suis désolé pour ne pas avoir su te comprendre et t'écouter… Avoua t-il. Même si tu mérites une bonne baffe pour ne pas être venu me voir à l'hôpital. Je me suis enquillé une belle balle pour toi quand même.
Un demi sanglot échappa à Lexa qui souffla :
- Tout est foutu… Dante est…
- Il tient le coup ton nègre t'en fais pas. Ça à la peau dure les singes.
- Gustus… Grommela t-elle. C'est vrai ? Reprit-elle, pleine d'espoir.
- Raven l'a repêché. Il a une blessure inquiétante mais je ne pense pas que sa vie soit en danger. Reste tranquille maintenant.
L'héritière ne demanda pas son reste et se blottit un peu plus contre le Giordano qui la serra en retour non sans pouvoir retenir un sourire apaisé.
Clarke sursauta dans le lit dans lequel elle avait somnolé par intermittence. Elle avait dû dormir trois ou quatre heures tout au plus en additionnant ses micro-sommeils. Elle se demanda si l'impossibilité de dormir paisiblement était due au fait de se trouver dans un environnement inconnu et plutôt dangereux ou bien si cela venait du stress à l'idée que Lexa ne vienne pas la chercher cette nuit.
Elle regarda l'heure sur sa montre qui affichait tout juste huit heures du matin. Des bruits de chaises frottant le sol l'incitèrent à se lever et ouvrir légèrement la porte de sa chambre. Elle observa deux enfants assis à table qui mangeaient chacun un bol de céréales avec du lait. Elle hésita à venir les rejoindre : elle était inquiète à l'idée de croiser Victor et d'enfreindre les promesses qu'elle avait faites à sa compagne. Elle et sa langue bien pendue, elle se connaissait : après tout, c'était elle qui avait accepté le colis de Gustus.
- Bonjour… Souffla t-elle en se décidant à sortir pour se diriger vers la petite cuisine.
- Salut ! Répondit le garçon.
- B'jour, enchérit la petite.
- Oh bonjour Clarke, tu as faim ? Sourit Allissa qui était assise en bout de table, ses mains soutenant son ventre.
- Pour être honnête, pas vraiment… S'excusa la médecin.
- D'accord. N'hésite pas si jamais l'appétit te revient. Nous n'avons plus grand chose car je n'ai pas eu la force d'aller faire les courses mais il y a de quoi grignoter…
- Oh, tu veux que j'y aille pour toi ?
Allissa n'eut pas le temps de répondre puisque Victor fit irruption dans la pièce en lançant sèchement :
- Non, tu restes là. Mes hommes viennent de me rapporter qu'il y a eu une attaque au port de Syracuse cette nuit envers Lexa Donati.
- Quoi ?! S'inquiéta aussitôt la rousse en allant faire face à l'homme. Est-ce que Lexa va bien ? Je dois la voir !
La main de Strand repoussa avec force la médecin qui recula sous l'appui.
- J'ai dit : tu restes là.
- Mais je dois savoir si Lex…
- Tais-toi ! Ordonna le brun. Si j'étais toi je ne la ramènerai pas, tu es en sursit. S'il est arrivé quoique ce soit à Dante durant cette attaque, je peux t'assurer que tu ne repartiras pas vivante d'ici.
- Les enfants... Allez jouer avec vos amis dehors d'accord ? Demanda Allissa à son fils et sa fille.
- Oui Maman... Soufflèrent les gamins en quittant la table.
Clarke déglutit à l'information : elle commençait à comprendre pourquoi Lexa ne voulait pas la mêler à cette histoire d'échange. Elle ne put s'empêcher de répondre, provocatrice une fois que les enfants eurent déserté la cuisine :
- Pardonne-moi Victor, même si je fais pas partie de ce monde, j'imagine que lorsqu'une attaque est organisée, cela veut dire que votre petite affaire dérange quelqu'un. Je me trompe ?
- Peu importe ! Les termes de l'échange sont clairs.
- Je suis connue à Syracuse, tu ne pourras pas faire disparaître mon corps comme ça. J'ai des amis dans la police qui…
- Un corps ça se brûle.
- Tout ne disparaît pas même si le corps est brûlé.
Le chef des Negros toisa la rousse avant de soupirer :
- Je commence à comprendre pourquoi la Donati t'apprécie autant mais sache qu'ici tu n'es pas en position de faire la « Madame je sais tout ».
- Ah donc dès qu'on a un peu plus d'arguments que toi, ça te gêne ? Le provoqua l'américaine.
- Victor, tu as faim ? Coupa la sœur de ce dernier car elle sentait que la conversation allait mal tourner.
Le dealer garda son regard noir fixé dans celui de la médecin qui ne céda pas : Clarke n'était pas décidée à céder du terrain.
Un cri de douleur échappa à Allissa alors qu'elle se penchait pour ramasser la serviette que sa fille avait fait tomber au sol en partant. Le cri eut le mérite de faire détourner le regard de Victor et Clarke en même temps.
- Alissa qu'est-ce que tu as ? Demanda rapidement son frère aîné.
- Rien… Grimaça la jeune femme. Je n'aurais pas dû me pencher autant… Je… Aaah !
Clarke s'approcha rapidement de la future mère pour l'ausculter mais son regard fut rapidement attiré par le carrelage qui semblait à présent mouillé :
- Allissa, tu as perdu les eaux !
- Quoi ? Mais je ne dois pas accoucher avant un mois, c'est impossible ! Paniqua la jeune femme.
- Calme-toi ça va aller… La rassura la médecin. On va t'emmener à l'hôpital, j'ai de très bons collègues qui sauront prendre soin de toi…
- Non, répondit Allissa. Je n'ai pas de sécurité sociale et encore moins de mutuelle, je ne veux pas… Grimaça t-elle. Ils vont me prendre mes bébés...
- Quoi ? Comment… Victor ! Il faut qu'on emmène ta sœur à l'hôpital !
- Tu l'as entendue. Toutes les femmes ici accouchent à leur domicile.
- Ta sœur attend des jumeaux Victor ! Si on ne l'emmène pas dans les temps il y a une chance qu'elle perde les bébés !
- Ce sera deux bouches en moins à nourrir, grogna t-il comme pour se justifier. Fais en sorte qu'elle ne souffre pas, montre-toi utile un peu ! T'es médecin non ?
La médecin ouvrit la bouche de stupéfaction :
- Comment veux-tu que je fasse accoucher ta sœur dans un environnement aussi sale ? Tu mettrais sa vie en plus de celle des bébés en jeu ! Je n'ai ni fournitures ni instruments !
- Dis-moi ce qu'il te faut ou sois utile en restant dans ta chambre !
Clarke regarda un court instant autour d'elle avant de dire, déterminée :
- Aide-moi à la porter jusqu'à sa chambre. Je vais avoir besoin de linges propres et humides, de plusieurs bassines d'eau tiède, de quoi stériliser et de ce qui se rapproche le plus pour toi d'un bistouri.
Victor soutint sa sœur et l'emmena dans sa chambre, l'allongeant doucement malgré les cris de douleur de cette dernière.
- Dépêche-toi ! Aboya t-elle au dealer qui recula. Et appelle deux personnes qui ont déjà aidé à assister à des accouchements !
Le chef des Negros ne demanda pas son reste pour laisser la rousse travailler.
- Allissa, ma belle tu vas devoir être courageuse…
- Ahh… T'en fais pas Clarke je l'ai déjà fait deux fois… dit-elle comme pour se rassurer.
- Tout devrait bien aller alors… Répondit la médecin sans pour autant dire l'entière vérité à sa patiente : visiblement, Allissa n'avait pas perdu que les eaux tout à l'heure, elle perdait aussi énormément de sang…
Anya était descendue rapidement lorsque les caméras avaient repéré l'arrivée du bateau de Lexa aux embarcadères. Elle appela des hommes de Marcus à présent sous ses ordres pour aider à sortir Dante qui semblait plutôt mal en point. Elle fit appeler le médecin personnel de l'ancien occupant du casino pour qu'il le prenne en charge.
- Raven ! Lexa ! Mais bon sang qu'est-ce qu… Gustus ?! S'étonna t-elle en voyant descendre son compagnon après une Lexa bien amochée.
Le Giordano ne dit pas un mot, ne sachant pas s'il était le bienvenue ou non. Après tout lui et Anya s'étaient disputés et ne s'étaient pas revus depuis plusieurs jours. Il n'avait d'ailleurs pas vu sa fille non plus.
- Les Barzetti surveillaient nos mouvements et nous ont attaqués alors que nous nous mettions en route pour protéger Dante Strand… Répondit difficilement Lexa.
- Je vois… Répondit la Zanetti non sans décrocher son regard de son compagnon.
- Sans Gustus, je ne serai pas devant toi à l'heure actuelle. Il est intervenu à temps et j'espère à réussi à tuer Quint dans sa fuite.
Anya acquiesça silencieusement avant de dire :
- Venez-vous mettre à l'abri alors.
- Anya, appela Lexa.
- Oui ?
- La vie de Clarke dépend de la survie de Dante Strand. Va dire à ce médecin que s'il n'arrive pas à le sauver, je le tuerai moi-même…
Le ton de la brune était éraillé et légèrement tremblant. Elle avait tenté de faire la femme forte mais elle était trop inquiète pour jouer la carte de la Dona forte et sévère.
- Je vais aller le voir.
- Eh ! Interpella Raven. T'aurais pas de quoi me changer ? Non parce que l'eau du port de Syracuse est pas très propre quand même…
- Monte dans les appartements de Marcus, il y a une douche et tu trouveras sans doute des vêtements à ta taille dans le dressing de Luna. On se rejoint tous là haut de toute façon.
- Merci.
Les cris d'Allissa étaient si puissants que la cité toute entière semblait retenir son souffle. Clarke suait à grosses gouttes tandis qu'elle tentait de trouver la meilleure solution : si elle n'intervenait pas rapidement, la sœur de Victor et ses deux bébés allaient mourir. Après une osculation, elle avait détecté que le premier des jumeaux se présentait par le siège et cela avait provoqué une hémorragie utérine.
- Donne-lui ça, indiqua Victor en tendant de la morphine à la médecin.
- Non je ne peux pas ! S'agaça Clarke.
- Pourquoi ? Elle souffre !
- Je n'ai pas le produit nécessaire pour que les bébés ne deviennent pas dépendants à la morphine que je vais lui injecter ! Il est hors de question que je lui en donne sauf quand les petits seront nés.
- Je n'en veux pas si ça peut faire du mal à mes bébés, pleura Allissa en retenant un cri de souffrance.
- Ils risquent de naître avec le syndrome de sevrage néonatal Allissa, expliqua Clarke.
- Allissa ! Deux drogués de plus qu'est-ce que ça peut faire ! Grogna Victor.
- Non ! Arrête de dire des horreurs et sors !
- Victor dehors ! Ordonna la médecin, agacée qu'il énerve encore plus la jeune maman.
Lorsqu'il fut sortit, Clarke se rapprocha pour essuyer doucement le front luisant de la sœur du dealer.
- Il ne le pense pas... Il a peur c'est tout... Expliqua la jeune femme en serrant les dents face à une nouvelle contraction.
- Allissa ma belle... Je vais devoir te faire une césarienne … Je ne vois pas d'autres solutions. Ton col n'est pas assez dilaté et le premier se présente par le siège… mais sans anesthésie tu vas horriblement souffrir...
- Sauve mes bébés… Supplia la jeune femme.
- Tu risques d'être traumatisée... Il faut qu'on t'emmène à l'hôpital...
- Je suis habituée à souffrir... Sauve mes bébés Clarke, je passe après eux... Pitié...
Trois femmes, la trentaine entamée, arrivèrent avec une pile de serviettes propres et humides. Elles s'installèrent en silence près de la médecin et l'une d'elle tendit un objet avec une lame fine et propre.
- Victor m'a donné ça pour vous Docteur...
- Merci. Allissa tu es certaine ? Il n'est pas encore trop tard... Je peux appeler une ambulance... Tenta de nouveau Clarke.
Allissa leva un regard déterminé malgré la douleur : dans ses yeux dansaient la flamme que seule une mère pouvait avoir.
- Vas-y Clarke.
- Bien... Sois courageuse ma belle, souffla l'américaine après avoir demandé aux femmes de bloquer les mouvements de la jeune femme pour qu'elle ne se débatte pas.
Clarke désinfecta son instrument de fortune et incisa au niveau du bas ventre ce qui ne manqua pas de faire hurler la sœur de Victor.
- Je suis désolée…! Je fais au plus vite, promis…! Souffla t-elle, en glissant ensuite une main dans ce nouveau passage.
Elle sentit rapidement la tête du premier bébé et à l'aide de sa deuxième main, elle l'extrada. Le petit ne tarda pas à crier, signe qu'il allait bien. Elle clampa le cordon ombilical avant de le couper proprement, tendant l'enfant rapidement dans les mains de la jeune femme près d'elle. Elle se dépêcha de sortir le deuxième. Contrairement au premier, celui-ci était plus petit et surtout aucun son ne sortit de sa bouche lorsqu'il fut à l'air libre. Allissa d'une voix affaiblie malgré la douleur demanda :
- Pourquoi il ne pleure pas ? Il va bien ?... Clarke...
- Il ne respire pas, répondit rapidement Clarke en entourant le petit dans un linge chaud et humide après avoir défait l'enfant de son cordon.
Elle injecta rapidement à l'aide d'une seringue une faible dose de morphine à la sœur de Victor afin qu'elle sente moins la douleur puis s'évertua à faire un massage cardiaque au nourrisson avec deux doigts.
- Allez bonhomme, reviens avec nous… Souffla t-elle, torturée à l'idée de perdre ce petit.
Il n'était plus question pour elle d'avoir peur de mourir du fait de l'arrangement entre Lexa et Victor mais bien de sauver une vie coûte que coûte.
Après une minute qui parut durer une éternité, elle sentit le cœur du petit garçon se remettre à battre. Elle prodigua les derniers gestes nécessaires à son éveil et bientôt un cri un peu moins puissant que celui de son frère aîné traversa la pièce ce qui fit sourire les spectatrices dans la pièce. Les enfants furent posés un court instant contre la poitrine de leur mère avant que Clarke ne s'occupe de la recoudre et stopper l'hémorragie utérine d'Allissa qui grâce à la morphine était à présent calme et somnolente.
- Dante est hors de danger, indiqua Anya en arrivant dans les appartements de Marcus où chacun s'était installé à sa guise. La balle a été retirée, il aura juste besoin de repos et de quelques antidouleurs.
Lexa souffla intérieurement : Clarke allait vivre. Il ne manquait plus qu'à pouvoir se justifier auprès de Victor au sujet de l'état de passoire de son neveu. Elle ferma les yeux un court instant mais fut rapidement ramenée à la réalité quand Anya dit :
- Je vais faire monter le médecin pour qu'il te désinfecte et recouse tes blessures. Où as-tu mal ?
En réalité rien que le fait de savoir que Clarke n'était quasiment plus en danger avait fait oublier la douleur à la brune mais nul doute qu'elle devait avoir au moins une ou deux côtes cassées ou du moins fêlées à cause des coups de pied de Quint sur le ponton. C'était peut être égoïste mais elle voulait que ce soit Clarke qui l'ausculte, juste pour avoir le sentiment qu'elle était de nouveau près d'elle.
- Ça ira… Indiqua t-elle douloureusement.
- Lexa sois sérieuse, la reprit Gustus.
- Juste le visage alors… Acquiesça t-elle pour lui faire plaisir.
Il n'y avait de toute façon rien à faire si ses côtes étaient cassées. Elles se remettraient seules. Elle grimaça lorsque Raven vint s'installer à côté d'elle sans douceur.
- Oh merde ! S'excusa la mécanicienne qui ne sentait plus le poisson et portait de nouveaux vêtements.
- Ce n'est rien…
- Comment tu te sens Bella ? Quelle nuit de folie hein…
Lexa jeta un coup d'œil par dessus son épaule pour vérifier que personne n'était proche d'elles. Gustus était sorti sur la grande terrasse extérieure et Anya était partie faire quelque chose un peu plus loin.
- Pour être honnête, pas très bien…
- Dis-moi.
- Du temps où j'étais Dona, j'ai toujours voulu savoir qui était le monstre qui avait fait du mal à Costia… Et maintenant que je le sais je n'arrive pas à… Dit-elle, les larmes montant de nouveau à ses yeux.
- Hey hey… Allez Bella, laisse-toi aller un bon coup… Souffla Raven en passant un bras autour des épaules de son amie. Ça va aller…
- Belle vue, n'est-ce pas ? Interrogea la Zanetti en s'approchant de son compagnon qui semblait perdu dans ses pensées.
Gustus acquiesça en silence ce qui fit grogner sa compagne :
- Tu comptes me présenter des excuses oui ou non ?
- Pas vraiment.
- Tu es vraiment un connard tu le sais ?
- Un connard qui t'aime oui, sourit le brun.
Anya souffla d'agacement avant de sourire à son tour : n'y tenant plus, elle alla se blottir dans les bras musclés du mafieux qui la serra en retour.
- Tu m'as manqué gros con.
- Toi aussi tu m'as manqué… Edda aussi.
- Elle dort mais on peut…
- Non… Juste toi et moi c'est bien là… Juste cinq minutes…
Les lèvres du Giordano vinrent se poser sur la tempe de sa compagne qui ferma les yeux de contentement : que ça faisait du bien de se sentir à nouveau comprise et à l'écoute de sa moitié…
L'après-midi était maintenant bien avancé. Les deux nourrissons dormaient à poings fermés contre la poitrine de leur mère qui était elle aussi somnolente. La chambre d'Allissa avait été désinfectée et nettoyée. Clarke avait réussi à recoudre la jeune femme et stopper l'hémorragie mais elle était sceptique à l'idée que ses soins suffisent. Elle sortit en douceur de la chambre pour aller se servir un verre d'eau au robinet. Elle tiqua légèrement au goût de celle-ci ce qui n'échappa pas à Victor qui poussa une bière ouverte vers elle :
- Merci, répondit-elle en saisissant la bouteille fraîche.
- Tu l'as méritée je pense.
Elle porta le goulot à ses lèvres et bien qu'elle ne raffolait pas de ce genre d'alcool, elle la but d'une traite ce qui ne manqua pas de faire rire doucement le dealer.
- Quoi ? Demanda t-elle, provocatrice
- Tu es quelqu'un d'exceptionnel Clarke Griffin.
- Je ne peux pas en dire autant de toi même si je pense qu'au fond tu es un cœur tendre une fois qu'on te connaît. Lexa n'aurait jamais accepté de me confier à toi autrement.
- Peut-être bien. Comment va ma sœur ?
- Mieux mais j'insiste Victor pour que tu me l'amènes dans les prochains jours à l'hôpital... Une césarienne à vif c'est un acte horriblement traumatisant... Je n'avais jamais fait ça.
- Elle risque quoi ?
- Trop de choses pour que tu te permettes de me poser cette question. Si elle est inquiète pour les frais, dis-lui que je les prendrai en charge. Il faut aussi faire des examens à ces petits... Elle n'a fait aucune échographie c'est de l'inconscience totale...
- C'est pourtant le quotidien de nos cités Clarke.
- Je refuse d'accepter cela. Vous n'êtes pas des animaux, dit la médecin en secouant la tête. Qu'est-ce que Lexa t'a promis contre ton soutient aux élections ?
- Le droit d'être le premier à faire circuler de la drogue dans les nouveaux quartiers sociaux.
Clarke ne dit rien mais son visage trahissait sa déception.
- Quoi ?
- C'est décevant...
- Je fais ce qu'il faut pour survivre avec ma communauté. J'offre un travail à ceux qui le souhaitent.
- Tu parles d'un travail.
- Personne ne veut de ces gens Clarke. Je fais ce que personne ne veut faire pour survivre.
- Peut-être que la vie devrait être plus que simplement survivre, répondit franchement Clarke.
La réponse eut le mérite de surprendre le dealer.
- Victor, laisse-moi monter une structure pour les plus démunis qui souhaitent se faire soigner anonymement et gratuitement
- Tu parles d'une cellule de désintoxication ?
- Pas seulement ! Je pense à Allissa qui a eu de la chance que ses bébés aillent bien malgré qu'elle ne soit jamais allée voir un gynécologue par exemple… Aux jeunes qui ont des rapports non protégés ou se blessent dans le quartier ou à ceux qui ont besoin d'être écoutés tout simplement… Laissez-moi vous aider. Il n'y a pas que le deal dans la vie ! Quand Lexa sera maire, je viendrai faire ça ici, avec ou sans toi, prévint-elle. Si Lexa a réussi à se défaire du système, vous le pouvez aussi !
Le dealer laissa couler un sourire amusé :
- Tu es un peu trop naïve mais j'imagine qu'il y a du juste dans ce que tu dis... Peut-être que Syracuse n'est pas totalement foutue…
- Cette ville est capable de beaucoup de choses, confirma la médecin, convaincue.
Le temps avait filé du côté de Clarke qui avait finalement su apprécier Victor à sa juste valeur. Elle se demandait comment Lexa allait et si le temps ne lui avait pas paru trop long. Un message avait été envoyé pour indiquer que malgré l'embuscade du port, tout le monde allait bien dont Dante.
- C'est l'heure Clarke, indiqua Victor après avoir toqué à la porte de chambre d'Allissa.
La médecin était assise près de la jeune maman : cela faisait bien deux heures qu'elles discutaient. Ce fut presque à contre cœur que la rousse se leva. Avant de sortir, elle frotta gentiment le bras de sa nouvelle amie :
- Je te veux dès demain à l'hôpital d'accord ? Si tu ne peux pas te lever, tu n'hésites pas à me téléphoner. J'enverrai une ambulance et ne te soucies pas des frais hm ?
- Promis Clarke... Merci pour tout... Sans toi...
- Ton frère aurait deux bouches en moins à nourrir, taquina la médecin en regardant le dealer qui fit une moue amusée. Au revoir Silvio et Vasco... Je vous revois très vite...
Les deux bébés dormaient à poings fermés l'un contre l'autre près de leur mère.
Clarke descendit en compagnie des gardes du corps de Victor ainsi que ce dernier. Lorsqu'ils arrivèrent au pied de l'immeuble, ils se rapprochèrent de Lexa et Dante qui étaient encadrés d'Ilian et Camillo. Clarke se pétrifia devant l'état du visage de sa fiancée.
- Mon oncle, salua Dante en approchant de Victor qui évalua d'un œil peu amène son état de santé.
Lexa était crispée et prête dans un élan de folie à dégainer le Beretta qu'elle cachait à sa ceinture pour forcer le chef des Negros à lui rendre Clarke mais elle n'en eut pas l'occasion car la médecin sans pour autant être autorisée à la rejoindre, franchit la maigre distance entre elles pour aller poser doucement une main contre sa peau parsemée de petites coupures.
- Lex' ! Mon dieu... Mon amour... Qu'est-ce qu'il s'est passé...
- Je t'expliquerai... Souffla la brune, soulagée d'être si proche de Clarke. Victor... Je suis désolée pour l'état de Dante... Comme je te l'ai dit par message, nous avons été attaqués par les Barzetti au port alors que nous emmenions ton neveu en sécurité...
- Mon oncle... La Dona est quelqu'un de confiance... On peut la suivre, enchérit le jeune bien qu'il n'était pas invité à parler.
Victor resta silencieux quelques secondes avant de faire remarquer :
- Dire que je pensais que tu me reviendrais avec un ou deux kilos en plus, on dirait que c'est l'inverse. Ils bouffent vraiment n'importe quoi ces riches hm ?
La remarque eut le mérite de faire souffler la Donati qui se détendit immédiatement tandis que Clarke riait doucement à la plaisanterie du dealer. Elle accorda d'ailleurs un hochement de tête approbateur pour signifier qu'elle était d'accord.
- Les Negros te soutiendront pour ta campagne Lexa, indiqua finalement Victor en tendant sa main.
- Merci, répondit l'héritière en acceptant la poignée de main.
- Clarke, dit Victor en s'avançant vers la rousse pour poser ses mains sur ses épaules. Merci pour tout ce que tu as fait et fera à l'avenir. N'hésite pas à faire appel à moi à n'importe quel moment, tu fais partie de notre famille à présent.
Les spectateurs de la scène acquiescèrent à cette nouvelle ce qui fit rosir les joues de la médecin qui semblait touchée. Elle récupéra son portable éteint et le glissa dans sa poche : elle le consulterait plus tard.
- C'est réciproque Victor. N'hésite pas.
- Victor, je te contacte prochainement, indiqua Lexa. Nous devons y aller à présent...
La Donati se tourna pour monter dans le SUV à la suite de Clarke, s'arrêtant lorsqu'on l'interpella :
- M'dame ! Vous oubliez votre couteau ! Appela le jeune qui l'avait accueillie lors de sa première visite.
- Prends-en soin pour moi, souffla t-elle avec un léger sourire ce qui ne manqua pas de flatter le jeune.
Le moteur de la voiture ronronna légèrement lorsque le contact fut remis une fois la sicilienne à bord. Raven salua chaleureusement la médecin avant de filer vers la villa Donati.
L'espagnole décéléra à l'approche de la propriété Donati du fait de la présence d'une voiture bleu foncé qui était stationnée le long du portail de la maison de Lexa. Le SUV assurant leur protection les doubla pour voir ce qu'il en était.
- Lex', il y a du monde devant le portail…
- Camillo et Ilian vont se charger de ça… Souffla la brune en caressant les cheveux de Clarke.
Elles n'avaient quasiment pas échangé un mot durant le trajet. Clarke s'était rapidement endormie contre elle : elle n'avait pas dû beaucoup dormir durant ces vingt quatre heures visiblement... Tout comme elle…
On toqua à sa vitre ce qui incita l'héritière à la baisser :
- Madame Donati, un certain Finn Collins prétend avoir emmené les parents de Madame Griffin, indiqua Camillo.
- Pardon ? S'étonna t-elle.
Lexa pencha légèrement la tête pour tenter d'apercevoir Jake et Abby Griffin : les parents de Clarke se tenaient bien droits devant le portail principal de sa propriété aux côtés de l'ex-petit ami de sa fiancée. Elle se félicita mentalement à l'idée d'avoir changé de SUV car celui criblé de balles n'aurait fait qu'inquiéter ces derniers.
- Bon sang de… Jura t-elle. Faites les entrer Camillo lorsque vous aurez vérifié l'absence de toute danger dans la propriété.
- Bien Madame.
Lorsque la vitre fut remontée, Raven se permit :
- Eh ben qui aurait cru que beau papa et belle maman débarqueraient à l'improviste… Etonnamment ça ne me surprend pas au vu du caractère fougueux de Clarke, se moqua la mécanicienne.
L'héritière l'ignora et se mit à secouer gentiment sa compagne :
- Clarke… Clarke mon amour…
- Hm ? On est arrivées ?
- Oui…
- Je vais aller me coucher direct…
- Malheureusement je crois que ce n'est pas ce que le destin nous réserve…
- Hm ?
- Tes parents nous attendent de pied ferme devant le portail, indiqua t-elle le plus doucement possible pour ne pas la brusquer.
- Hein ?! De quoi ? Sursauta la rousse.
Clarke légèrement plus alerte une fois la nouvelle encaissée se dépêcha d'ouvrir sa portière pour sauter en dehors de la voiture avant de se précipiter vers ses parents inquiets.
- Papa ! Maman ! Mais qu'est-ce que vous faites ici ?!
- Clarke ! Répondirent en cœur les Griffin, visiblement soulagés de revoir leur fille unique. - Oh bon sang on s'inquiétait comme des fous, enchérit Jake. On a essayé de te contacter mais impossible de t'avoir et nous n'avons pas le portable de Lexa. On a finalement appelé Finn par hasard car nous avions encore son numéro de portable… Il nous a emmené ici mais personne ! Du coup nous sommes allés à l'hôpital où tu travailles mais tu n'étais pas prévue sur le planning non plus ! On s'est fait un sang d'encre ! Où étais-tu bon sang ?!
- Je… J'aidais une association dans les quartiers pauvres de Syracuse, mentit-elle. Je n'avais pas mon portable sur moi, je suis désolée…. mais ça n'empêche que débarquer comme ça à l'improviste était stupide ! Les gronda t-elle.
- On se fait du souci pour toi Clarke… La reprit sa mère, inquiète. D'abord ce tour du monde improvisé, maintenant votre retour à Syracuse… On sait que vous êtes jeunes et débordantes d'énergie mais vous pourriez nous ménager…
- La faute n'incombe pas uniquement Clarke, s'excusa Lexa qui était à son tour descendue de la voiture pour rejoindre la petite famille.
- Lexa ! Bon sang que t'es t-il arrivé ?! S'exclama Jake.
L'exclamation eut le mérite de faire tourner la tête de Finn qui discutait jusqu'à présent avec Ilian. Le policier s'approcha et fixa son regard sur le visage amoché de l'héritière :
- Madame Donati si…
- J'irai porter plainte dès demain au commissariat Mr Collins. Pour l'heure, j'aimerai accueillir comme il se doit les parents de ma compagne. Merci de les avoir menés jusqu'ici et d'être resté avec eux le temps que nous arrivions.
- C'est normal... Bon et bien, je vous attends à la première heure demain alors.
- Je n'y manquerai pas.
Le regard peu amène, la brune fit comprendre au policier qu'il était temps pour lui de quitter les lieux. Clarke le raccompagna à sa voiture de service et le remercia doucement :
- Merci de les avoir aidés Finn.
- De rien, la rassura t-il. Clarke, je ne sais pas ce qu'il se passe mais tu devrais venir me voir si ça ne va pas d'accord ?
- Oui ne t'en fais pas.
- Je ne plaisante pas Clarke. Tu viens me voir ok ?
- Oui, promit-elle.
La réponse ne contenta qu'à moitié le policier mais il n'insista pas et démarra sa voiture pour redescendre vers le centre ville.
- On rentre ? Demanda Clarke en voyant ressortir Camillo de la propriété.
- Oui. Jake, Abby ? Venez je vous en prie. Vous devez être épuisés par le voyage… Indiqua la sicilienne en les invitant à la suivre. Une bonne nuit de sommeil ne sera pas de trop avant que nous ne discutions tous ensemble.
Et nous revoilà à la fin de ce chapitre ! Alors vous êtes encore là ? J'imagine que vous avez bien flippé avec la scène du port :P J'ai trop kiffé l'écrire ! C'est un chapitre vraiment tendu entre Lexa et Clarke qui vivent chacune de leur côté leur 24h de séparation ! Le prochain chapitre sera plus calme ouf... :) Oh hé ? Ça fait de revoir Gugus non ? Le Gustanya va pouvoir faire son retour héhé :D À votre avis Quint a survécu ou a t-il coulé ? ;P A bientôt !
