Helloooooo! Me revoilà avec ce chapitre tant attendu ! Désolée pour ce long temps d'attente, ce n'est pas facile quand l'inspiration se barre ou quand la vie se bouscule autour de nous hein ? J'imagine que vous connaissez tout ça... Je le répète sans doute mais je finirai l'Héritage peu importe le temps que ça me prendra ! Merci pour votre soutien qui me permet de garder la motivation car avec mon esprit plein d'idées farfelues c'est dur de ne pas partir sur autre chose tout le temps ! :P Moi qui pensais innocemment arrêter d'écrire du clexa après l'Héritage je crois que c'est vraiment mort XD

Allez je vous souhaite une bonne lecture. Merci à tous pour vos reviews guests comme membres enregistrés ! Vous gérez tellement ! Merci à Mag et doubi pour la relecture, sans eux je ne serai rien niveau qualité :P

On se retrouve en bas !


Chapitre 33 : Paranoïa

Le marteau claqua brutalement pour faire taire le brouhaha de la salle d'audience. Jamais Aden n'aurait cru un jour être l'attention de tous ces regards haineux. La salle de tribunal était pleine à craquer, chacun attendant la délibération de la juge Giula Conti qui avait été chargée de l'affaire. Le Donati avait totalement refusé de coopérer, gardant le silence devant les questions des différents avocats de l'Etat italien à qui il devait ce procès. On lui avait attribué un avocat commis d'office qui aurait pu être parfaitement confondu avec un pot de plante tant son silence s'accordait avec celui de son client.

Il était seul contre tous : ni sa femme ni sa sœur n'étaient venues assister à sa chute. Il avait fait tellement d'erreurs qu'il se détestait et s'était promis d'empêcher la police de remonter jusqu'à Lexa.

- Silence ou je fais évacuer la salle ! Hurla la voix froide de la juge en tapant de nouveau avec son maillet.

Le silence se fit soudainement à cette menace : tous les occupants ne rêvaient que d'entendre enfin la sentence de cette terrible juge dont la réputation n'était plus à faire malgré sa jeunesse. Giula Conti du haut de ses trente-quatre ans, haïssait au plus haut point les mafieux et bien que le code pénal soit très frileux avec le terme de Mafia, elle avait su faire emprisonner chaque membre de cette organisation qui était passé devant elle pour le reste de sa vie. Cela n'avait pas été une surprise lorsque son nom avait été révélé pour se charger du procès du Donati car elle avait longuement suivi le parcours de son grand-père Titus Donati qui avait toujours su échapper à la justice et à la main de fer de son père lui aussi juge.

Francesco et Paola Conti avaient été froidement assassinés à leur domicile suite à une condamnation envers un membre fortement apprécié de la famille Donati. Giula avait trouvé ses parents baignant dans leur sang et s'était alors promis de faire cesser cette violence injuste et incontrôlable que se permettaient d'avoir les mafieux. Ils n'étaient que des bêtes dénuées d'émotions et ne méritaient que la mort pour tout le mal qu'ils pouvaient faire. Elle était régulièrement menacée et avait une vie très sécurisée afin d'échapper à toute tentative d'assassinat mais malgré cette pression quotidienne, Giula s'était jamais permise de reculer face à la peur. Elle préférait encore mourir plutôt que de céder face à la mafia et elle avait été encouragée en ce sens par une personne en particulier : Lexa Donati qui n'était autre que la demi-sœur ainée du criminel qu'elle jugeait aujourd'hui. Elle avait longuement admiré l'héritière pour le sang-froid et le courage dont elle avait fait preuve dans l'affrontement de son propre sang et passé.

- Madame la Juge va rendre son jugement. Le silence est demandé à l'ensemble de la salle ! Cria le greffier pour rappeler l'ordre donné par sa supérieure.

La jeune femme ferma un court instant les yeux, se repassant la conversation téléphonique qu'elle avait eu avec la Donati lorsqu'elle avait été chargée de l'affaire il y a de ça une quinzaine de jours. Elle avait un instant pensé refuser celle-ci du fait de sa relation avec la sicilienne par respect pour leur amitié mais aussi de la loi. Elle ne voulait surtout pas se laisser influencer pourtant Lexa Donati avait été très claire dans sa pensée vis-à-vis de son jeune demi-frère :

- "Giula, il n'y a que toi qui puisse décider si tu souhaites rester juge sur cette affaire. Si tu estimes que notre relation risque d'influencer ta neutralité alors refuse-la. Comme tu le sais, j'ai toujours lutté ouvertement contre cette organisation portant le nom de Mafia que défendait ardemment mon grand-père et ce n'est pas aujourd'hui parce que mon demi-frère est fortement impliqué que mon avis risque de changer. Au contraire. Sois impartiale Giula."

Les derniers mots prononcés avaient fait vibrer son cœur car lors de ses études de droit, de nombreuses questions morales l'avaient traversées et son père lui répétait souvent "Sois impartiale Giula et les réponses viendront naturellement".

Une inspiration plus tard, Giula ouvrait enfin la bouche pour rendre sa sentence.


- "Pour les différents chefs d'accusation retenus envers votre personne, Aden Donati je vous condamne à la peine maximale : soit vingt-six ans de prison ferme. Vous effectuerez votre peine au centre pénitencier de Palerme. Il vous sera refusé le droit d'un possible aménagement de peine du fait de votre appartenance à la Mafia et non collaboration avec les forces de l'ordre."

Le marteau de la justice s'écrasa à la suite du verdict déclenchant des hurlements divers dans la salle d'audience qui fut rapidement évacuée alors que l'on le faisait lever pour le faire sortir. Un journaliste téméraire réussit à se frayer un chemin jusqu'à lui et lui glissa un micro sous les lèvres, tentant à la dernière seconde d'obtenir la pensée du jeune homme.

- Monsieur Donati que pensez-vous de votre sentence ?!

- Reculez ! Ordonna l'un des geôliers encadrant le grand blond.

A cet instant, il avait compris que c'était sa dernière chance pour faire passer un message à Ontari car si celle-ci était introuvable, cela voulait dire que Nia Barzetti devait la séquestrer quelque part.

- Je n'abandonne pas alors n'abandonne pas ! Bats-toi tu m'entends ?! La famille est plus forte que tout !

- Faites sortir ce journaliste et l'accusé ! Ordonna froidement la juge.

Aden soupira et regarda pour la énième fois le mur en béton gris qui séparait sa geôle de celle d'un autre qui ne cessait de hurler dans sa folie. Il avait été placé en isolement afin que sa vie ne soit pas en danger. Le Capitaine Blake avait tenu parole car entre ces quatre murs, il avait le temps de méditer sur ses erreurs. Le néon qui servait à éclairer la minuscule cellule était désagréable : il lui donnait parfois de violents maux de tête que personne ne venait soulager. Il n'avait droit de sortir que sous haute surveillance trois fois par semaine pour prendre une douche qui était le plus souvent glacée.

Au fond de lui, même s'il connaissait les dangers d'être mélangé aux autres détenus, il préférait tenter sa chance. La directrice de la prison de Parlerme était de toute façon intraitable avec les mafieux et avait fait sauter tous les privilèges des plus vieux privilégiés qui avaient confondu la prison avec un confortable hôtel. Il en avait entendu parler dans la presse car ce qui avait été sorti de certaines cellules avait été le sujet d'une véritable indignation : lits deux places, télévisions haute définition, portables, ordinateur, nourriture haut de gamme, etc... L'ancien directeur avait préféré se suicider plutôt que de répondre de ses actes face à tant de laxisme.

Au final, tout ce qu'il espérait un jour était d'avoir la chance de pouvoir revoir sa femme et rencontrer son enfant même si ce n'était qu'au travers d'une vitre. Lexa l'avait laissé sans nouvelles depuis son unique visite. Il espérait pourtant ardemment que la brune ne le trahirait pas et protégerait sa famille.


- Les résultats des nouveaux sondages sont arrivés, indiqua Gaïa d'une voix un peu trop sobre pour créer de la joie.

- C'est si mauvais que ça ? Demanda Victor en se penchant par-dessus l'épaule de la métisse pour regarder.

Le dealer grimaça en marmonnant :

- Aouch en effet... Gilliberto serait gagnant à plus de 15% d'écart...

- Il ne faut pas abandonner, nous devrions organiser un meeting afin que toutes les questions soient posées... Suggéra la fille d'Indra.

La Donati était assise dans un canapé et semblait pensive tandis que ses proches collaborateurs continuaient à débattre entre eux. Le procès d'Aden ayant été accéléré miraculeusement et le verdict rendu, sa côte de popularité auprès des Syracusains en avait pris un coup dans l'aile. Elle avait bien sûr le soutien de la communauté de Victor et des commerçants locaux mais cela ne suffirait jamais. Elle avait organisé des marches pour lutter contre l'oppression de la mafia mais Gilliberto ne cessait de crier haut et fort qu'il fallait être aliéné pour élire la sœur d'un Don déchu. Sans compter la pression que devait exercer les Barzetti sur les habitants un peu trop fragiles et incapables de se défendre.

En réalité, elle savait ce qu'elle devait faire mais elle n'aimait pas du tout l'idée. Revenir en Sicile avec Clarke signifiait un nouveau départ dans la légalité la plus totale, or elle avait déjà trahi cette promesse en concluant un marché avec Victor qui profiterait des nouveaux quartiers qui verraient le jour pour y installer un tout nouveau réseau de drogue. Mais à travers lui, elle arrivait tout de même à déceler l'espoir d'un possible changement ainsi qu'un intéressant travail d'équipe. Elle s'était faite une raison à l'époque où elle était la Dona : tout détruire ne rimait à rien. Il fallait apprendre à vivre avec les réseaux sombres, organiser et redistribuer tout en étant juste sinon ce serait l'économie italienne entière qui s'effondrerait. Il n'y avait pas de solutions miracles avec le milieu de la pègre si ce n'était empêcher les anciennes habitudes des mafieux de ressurgir.

- Lexa ? L'appela Gaïa.

- Pardon, oui ? S'excusa la brune en se rendant compte qu'elle était partie très loin.

- Un nouveau meeting dans deux jours qu'en penses-tu ?

- Gaïa, les élections se feront dans trois jours, je pense qu'il est temps de lever le pied sur les meetings.

- Quoi ? Mais tout notre travail...! C'est injuste ! Si seulement les médias arrêtaient avec leurs gros titres sur Aden ! On dirait que tu as été totalement effacée de la surface de la Terre à cause de lui ! C'est la dernière ligne droite !

"Les Barzetti continueront à faire pression sur les médias pour qu'Aden reste le sujet de discussion principal. Chaque jour ou presque une nouvelle découverte est faite... Que vont-ils inventer encore d'ici trois jours pour me faire descendre encore plus bas dans les résultats ?" Pensa t-elle avec agacement.

La fatigue pouvait se lire sur le visage de la belle sicilienne : le mois de septembre touchait pratiquement à sa fin et le dimanche 30 annoncerait enfin le nom du nouveau maire de Syracuse. Elle se rendait compte à présent qu'elle avait investi beaucoup trop d'énergie dans cette campagne qui était perdue d'avance. Peut-être aurait-elle dû convaincre Clarke de s'envoler vers les Etats-Unis avec les parents de l'américaine la semaine dernière. Jake et Abby étaient finalement repartis à leurs occupations respectives à New York bien qu'ils leur avaient fait promettre de revenir au moins pour noël s'il leur était trop compliqué de venir pour Thanksgiving.

- Raven ? Appela t-elle.

La latina fit traverser la chaise à roulettes sur laquelle elle s'amusait depuis une bonne heure à l'appel :

- Oui chef ?

- Ramène-moi à la maison. Tu as ta soirée de libre ensuite.

- Yeah ! Sourit l'espagnole en se levant pour attraper sa veste en cuir rouge.

- Lexa, je peux te parler deux minutes avant que tu partes ? Demanda Victor.

Lexa invita le chef des Negros à l'accompagner jusqu'à son SUV. Ce dernier prit soin d'attendre d'être à l'extérieur des locaux pour souffler tout bas :

- Il est peut-être temps de repenser à la proposition de la famille Morello...

L'héritière se figea un court instant à cette proposition : les Morello avaient développé une forte influence après son départ avec Clarke. Elle avait toujours su qu'ils étaient ambitieux mais avaient étouffé leur soif de pouvoir qui aurait pu devenir dangereuse. Aden s'était laissé berner par eux et leur avait vendu la villa de Titus ce qui l'avait mise dans une froide colère lorsqu'elle l'avait appris. Les Morello avaient investi la maison de son feu grand-père pour la symbolique qu'elle représentait et maintenant ils profitaient du fait qu'elle ne soit plus la Dona pour proposer leur "aide". Leur demander leur soutient équivalait clairement vendre son âme au diable. Elle serait piégée sur toutes les futures décisions importantes à prendre et elle savait d'avance que chaque nouvelle entreprise ou nouveau chantier seraient la propriété des Morello. Ils s'en serviraient pour blanchir leur argent, réceptionner leur drogue, monter leurs propres réseaux de distribution... Si elle acceptait leur soutient, elle mettait aux enchères la Sicile pour une poignée de voix. Un pari trop risqué à son goût.

- Non.

La réponse fut si ferme et sans appel que le dealer se contenta d'acquiescer avant de se retirer discrètement. L'héritière se glissa à l'arrière du SUV et boucla sa ceinture. Ses gardes du corps montèrent dans une seconde voiture. Raven démarra le moteur du SUV et tout en regardant dans le rétroviseur intérieur indiqua :

- T'es crevée hein ?

- J'ai quelques heures de sommeil en retard, répondit simplement Lexa, toujours pensive.

Tout se bousculait dans sa tête et elle n'aimait pas quand son cerveau décidait de ne plus lui obéir. Elle aurait tellement aimé pouvoir ne penser à rien mais cela lui était impossible. Elle était ce genre de personne qui ne cessait de réfléchir au quotidien quitte à en développer des migraines.

- Bella... La sermonna la latina.

La surnom affectueuxeut pour effet d'arracher la brune à ses pensées : ses yeux verts vinrent se plonger dans les yeux noisette de Raven qui se reflétaient dans le rétroviseur intérieur.

- Tu te rends compte que tu ne parles plus depuis qu'Aden s'est fait arrêter et que tu lui as rendu visite au centre d'arrêt ? Sans compter cette enquête sur toi... Tu gardes tout pour toi.

- Tu exagères.

- Non, Clarke est d'accord avec moi. Tu t'es renfermée sur toi-même en te fixant sur la campagne.

- Clarke a tendance à s'emballer facilement en ce qui me concerne.

- Hm, même si ça me fait mal au cul de le dire, je pense qu'elle te connaît encore mieux que moi... Les privilèges de coucher avec toi j'imagine ! Se moqua la brune.

Lexa se contenta de secouer la tête à la plaisanterie.

- D'ailleurs tout va bien sous la couette toutes les deux ?

- Raven...

- Quoi allez ! Tu me demandes même pas pour moi et Octavia... C'est le calme plat... En fait même avec le monde entier c'est le calme plat...

- Je croyais que tu voulais rester amie avec Octavia ?

- C'est ce que je pensais... Au final on est bien en colocation... mais bon je crois que c'est vraiment pas normal de me taper un orgasme en pensant à elle à chaque fois tu crois pas ?

- En effet.

Raven laissa échapper un soupir :

- Waouh je vois que mes questionnements te passionnent... Sympa...

La Donati se contenta de baisser le regard. Elle n'était clairement pas la meilleure conseillère en ce moment. La fatigue et le stress l'empêchaient totalement d'être à l'écoute de ses proches. Le reste du voyage se fit en silence car la mécanicienne semblait s'être vexée.


Nathan soupira en arrivant devant sa porte d'entrée : encore une journée de terminée. Il faisait déjà nuit sur l'île et il commençait à en avoir assez de ne pas compter les heures au travail. Bryan était parti voir sa famille à une cinquantaine de kilomètres de Syracuse, aussi serait-il tranquille ce weekend. Son compagnon étant très loyal à Bellamy tentait un peu trop souvent à son goût de le piéger avec des questions sur son infiltration. Cela avait tendance à jeter un froid entre eux. Il avait gardé les précieuses informations sur l'héritière Donati secrètes, se remémorant toujours cette fameuse nuit où Gustus Giordano l'avait froidement menacé de le tuer s'il l'ouvrait.

Il glissa sa clé dans la serrure et entra, posa sa veste et ses chaussures. Il ouvrit machinalement le tiroir du meuble dans l'entrée pour y déposer son arme de service avant d'aller se faire couler un café. Il attrapa la tablette posée sur la table de la cuisine ainsi que sa tasse fumante avant d'avancer dans son salon.

- Salut Miller, lança froidement une voix qu'il identifia rapidement : Gustus Giordano lisait tranquillement le journal dans l'un des fauteuils de son salon.

Surpris, le policier laissa échapper sa tasse de café qui s'éclata en plusieurs morceaux par terre. Il tenta dans un réflexe tout à fait humain de se retourner pour récupérer son pistolet mais un clic froid ainsi qu'un appui contre son dos lui firent lever les bras en signe de reddition. Il tourna le regard quelques secondes pour trouver les yeux sombres d'un homme qu'il ne connaissait pas mais qui devait sûrement être un acolyte du mafieux confortablement installé.

- Gustus... Qu'est-ce que tu fais ici ?...

Le Giordano plia soigneusement son journal qu'il glissa dans sa poche arrière de jean. Il s'avança pour rejoindre le policier avant de l'empoigner brutalement pour le pousser vers le mur le plus proche. Ne s'attendant pas à ce geste, Miller lâcha sa tablette. Il mit ses mains sur les poignets du mafieux qui le fixa froidement.

- Est-ce que tu te rappelles de ce que je t'ai dit Miller le soir du braquage ?!

- Je n'ai rien dit ! Tout ce que je sais je l'ai gardé pour moi ! Je le jure !

- Pourquoi l'enquête sur Lexa n'est pas bouclée dans ce cas ?! Tu sais ce que je fais aux balances dans ton genre ?!

- J'ai rien dit putain ! Lexa Donati ne m'a rien fait ! Au contraire, elle m'a vengée lorsque je me suis fait tabasser par cette petite frappe lorsque j'étais encore barman !

- Ca ne t'empêche pas d'être un poulet aujourd'hui... Siffla le cinquantenaire, mauvais.

- Il est bon d'avoir des amis parmi les rangs ennemis... Répondit Miller malgré la pression exercée par le mafieux.

- Combien de temps encore ?!

- J'en ai aucune idée putain Gustus ! Bellamy s'est mis en tête de rouvrir le dossier de l'assassinat de Becca et d'autres depuis l'arrestation et l'inculpation d'Aden. Tout ce qui n'a pas servi à charger son procès est en train d'être revu de près afin de trouver les responsables... Il veut des réponses...

- Les micros, où sont-ils ?!

- Il n'y en a que dans les locaux qui servent à Lexa pour sa campagne je te l'ai déjà dit... La juge Giula n'a pas autorisé la pose de micros dans la résidence principale ni la surveillance de ses lignes téléphoniques hormis celles qu'elle utilise pour la campagne... Je le jure...

La pression disparut ce qui permit au brun de respirer de nouveau normalement. Gustus le toisa du regard quelques secondes avant de le menacer à nouveau :

- Je t'ai à l'œil Miller... Ne l'oublie pas. Si tu fais mine un seul instant de trahir les secrets de la Dona je tuerai sous tes yeux la tarlouze qui te sers de vide-couilles avant de m'occuper de ton cas.

Nathan se mordit la lèvre, anxieux à l'idée qu'il arrive quelque chose à Bryan à cause de lui. Ils étaient en train de se perdre de vue mais ce n'était pas pour autant qu'il souhaitait du mal à son compagnon. Le Giordano réajusta sa veste avant de se diriger vers la baie vitrée par laquelle il était entré par effraction. Il marqua un arrêt avant d'ajouter :

- Ah j'allais oublier... Bryan est bien arrivé, siffla t-il en guise de dernier avertissement avant de quitter les lieux avec son acolyte.

- Ne fais pas de mal à Bryan ! Il ne sait rien ! Donnez des réponses à Bellamy bordel ! Il ne lâchera rien autrement ! Cria Nathan, frustré par le comportement totalement injuste du mafieux envers lui.

Il soupira en se laissant glisser contre le mur contre lequel il avait été plaqué : était-ce Lexa qui avait envoyé son chien de garde pour le menacer ? Si c'était le cas, elle était tombée bien bas...


- Matteo ! Juliette ! Arrêtez de courir partout dans la maison ! Vous allez vous faire mal ! Cria Octavia qui semblait s'activer en cuisine.

En réponse, elle n'eut droit qu'à des jappements joyeux et des cris suraigus. La brune soupira : bon sang que c'était difficile d'élever son enfant seule en plus d'une boule de poils qui commençait à prendre de la place. Elle regarda l'heure : Raven et Bellamy ne devraient pas trop tarder normalement, du moins elle l'espérait. Bellamy commençait à sérieusement l'agacer à ne pas venir les voir plus souvent quant à Raven, elles se croisaient de moins en moins du fait de l'emploi du temps chargé de Lexa.

- Dios Míos ! S'exclama Raven en passant la porte d'entrée tout en évitant de justesse leur chienne qui avait eu du mal à freiner suite à une feinte de Matteo.

- Rav' ! Enfin ! J'ai cru que tu n'arriverais jamais sérieusement ! Je ne peux pas cuisiner pour ce soir et m'occuper de ces deux monstres ! Est-ce que ça te dérangerait de donner le bain à Matti et donner à manger à Jul' ?

- Laisse-moi poser mes chaussures, ma veste et je m'occupe de ces deux démons, sourit la mécanicienne.

Une fois débarrassée, Raven s'avança vers la cuisine pour humer la bonne odeur qui s'en échappait. Elle posa une bise affectueuse sur la joue de sa colocataire avant de demander :

- Qu'est-ce que tu nous mijotes ma belle ?

- Tagliatelles aux crevettes, sourit Octavia.

- Avec ta sauce magique là ?

- Celle-là même !

- Génial... J'ai trop faim ! Fais-en plein pour que je puisse en manger toute la semaine !

- N'importe quoi, rit la secrétaire.

Raven claqua des mains avant d'appeler :

- Matteo ! Juliette ! Au pied !

En un temps record, les deux concernés se présentèrent dans un assis parfait au pied de la latina ce qui ne manqua pas de faire grogner Octavia :

- Rav'... Qu'est-ce qu'on a dit à ce sujet ? Il ne faut pas l'encourager à faire comme le chien...

- Désolée cariña, j'avais la flemme de lui courir après... S'excusa t-elle avec une demi-grimace, embarrassée.

- Hm... Va pour cette fois...

- Juliette tiens, voilà ta gamelle. Matteo, toi tu vas au bain avec tía, allez hop ! Direction salle de bain !

- Ouiiii !

- Au fait Rav ?

- Qué?

- Ça te dérangerait de me garder Matteo demain soir ? Du moins si tu es là ?

- Normalement pas de souci, Lexa va sans doute se reposer jusqu'à samedi. Tu bosses tard ?

- Euh... Non... En fait j'ai un rencard... Rougit la secrétaire, très embarrassée de donner la raison.

- Ah... Répondit la latina, ne s'attendant pas du tout à cette réponse visiblement.

- Enfin si tu ne peux pas, je peux me débrouiller avec Lincoln...

- Non ! T'inquiète, je m'occupe du petit monstre, répondit Raven en forçant un sourire.

Octavia fit une moue alors que la belle espagnole disparaissait de sa vue pour s'engouffrer dans la salle de bain. Elle avait longuement hésité à retenter un rendez-vous amoureux depuis son histoire avec Lincoln mais il fallait bien qu'elle se lance un jour. Clarke ne cessait de la taquiner au sujet de sa relation avec Raven mais ce n'est pas pour autant qu'il y avait du changement : la mécanicienne restait très amicale avec elle et semblait en être satisfaite.


- Lex' ? Appela Clarke depuis le bas des escaliers. Tu viens manger ?

Comme la brune ne répondait pas, la médecin réitéra son appel mais de nouveau aucune réponse ne lui parvint. Elle grommela : Lexa devait encore être au téléphone avec un de ses collaborateurs de campagne. Elle espérait fortement que ça ne soit pas encore avec cette Gaïa car la métisse commençait à être un peu trop présente dans leur vie à son goût. Elle toqua doucement à la porte du bureau avant de l'ouvrir, prête à gronder sa compagne mais elle se retint : l'héritière dormait profondément, couchée à moitié sur des dossiers. Attendrie et heureuse de voir la brune paisiblement endormie, Clarke décida de simplement déposer un gilet sur les épaules de celle-ci. Elle récupéra son portable et son MacBook avant de repartir à pas feutrés jusqu'au rez-de-chaussée : pas question que quelqu'un ne réveille Lexa peu importe le motif.

Elle mangerait seule ce soir, ses parents étant partis. Elle s'était réhabituée à partager les repas à plusieurs lorsqu'elle n'était pas de garde. Leur présence lui avait fait beaucoup de bien. Elle était plus apaisée et confiante. Ce n'était pas forcément chose aisée car Lexa était stressée par sa campagne et si elle aurait aimé que la brune s'exprime à ce sujet, celle-ci préférait intérioriser et ne rien dire, ce qui lui valait peu d'heures de sommeil et des sautes d'humeur plutôt désagréables. Sans compter cette paranoïa qu'avait développée la brune suite à cette enquête qui avait été rouverte sur elle. Elle avait briefé la blonde pour qu'elles n'abordent pas certains sujets à la maison au cas où des micros auraient été posés sans qu'elle ne le sache.

Elle s'installa avec un plateau repas devant la télévision qu'elle alluma plus pour le fond sonore que pour se plonger dans une émission en particulier. Racoon la rejoignit rapidement pour aller renifler avec intérêt son assiette fumante.

- Enlève-moi tes moustaches de là toi, vilain gourmand ! Sourit la médecin en chassant le félin qui miaula une plainte.

Alors qu'elle amenait une première fourchée à ses lèvres, elle tourna la tête lorsque son portable émit un petit sifflement pour signifier l'arrivée d'un message.

"Je suis trop gênée... J'ai demandé à Raven de garder Matti demain soir car j'ai rencard..." Octavia

Clarke haussa un sourcil : décidément sa meilleure amie ne savait pas trop ce qu'elle voulait.

"Pourquoi ? Elle a mal réagi ?" Clarke

La réponse ne tarda pas :

"Non, elle a dit pas de souci... Tu crois que je me fais des films ?" Octavia

Un sourire se dessina sur le visage de la blonde : Octavia était à la fois amusante mais tout aussi désespérante. Elle décida de ne pas l'enfoncer et lui écrivit un message qui se voulait rassurant :

"Avec le bagout de notre mécano préférée, je pense que si ça l'ennuyait elle te l'aurait dit non ? Au fait qui est l'heureux élu ?" Clarke.

- Racoon ! Grommela t-elle en remarquant soudainement que le chat était en train de croquer allègrement dans son filet de dorade. Tu te fous de moi sérieusement...! Chat mal élevé va ! Rajouta t-elle en chassant le félin d'une main.

"C'est Atom Mancini... C'est un collègue de Bellamy." Octavia

Clarke récupéra son assiette sur ses cuisses afin de protéger ce qu'il lui restait de poisson. Elle coupa la partie croquée par Racoon pour la mettre sur le côté avant de répondre à son amie :

"Ah le beau brun de l'unité antigang ?" Clarke

Un petit rire échappa à la médecin à la lecture de la réponse qu'Octavia lui avait envoyée :

"Lui-même ! Dis-donc ça fait bien longtemps que je ne t'ai pas entendu dire d'un homme qu'il était beau ! Lexa aurait-elle du souci à se faire ?!" Octavia

La réponse fut rapide et impossible à contrer :

"Les émeraudes de ma sicilienne ne pourront jamais être battues par quiconque !" Clarke

"Haha je sais ! Je voulais te taquiner... Allez je te laisse, Bellamy vient enfin d'arriver ! Bisous." Octavia

L'échange se termina sur ce dernier message. Clarke se reconcentra sur son assiette dont le contenu était à présent froid.

- Mince... Ne rêve pas toi, je ne te donnerai pas le reste de que tu as entamé, par principe ! Prévint-elle à l'attention du chat qui la regardait avec ses yeux verrons magnifiques.


Bellamy s'approcha discrètement du SUV qui servait de véhicule personnel à Lexa Donati. Les vitres étaient teintées ce qui l'empêcha de voir à l'intérieur.

- Qu'est-ce que tu veux cacher Donati hm... Souffla t-il en cherchant un endroit discret pour placer discrètement le traqueur GPS que lui avaient confectionné Jasper et Monty.

- Je peux t'aider Blake ? L'interpella Raven tout en arrivant vers lui, suspicieuse à l'idée qu'un policier tourne autour de son véhicule de fonction.

- Peut-être bien, dit-il en se redressant sans pour autant poser le traqueur.

- Dis-moi.

- Pas que je veuille emmerder la colocataire de ma sœur alors que je suis pas en service mais les vitres teintées à l'avant là... c'est pas très légal si tu vois ce que je veux dire.

- Elles sont teintées de sorte à ce que le taux de transparence soit à 70% tout pile. Il fait nuit Blake, alors c'est normal que tu ne voies rien à travers. Les vitres arrières sont totalement teintées car Madame Donati est peu appréciée par la mafia locale si tu vois ce que je veux dire. J'ai commandé cette voiture ainsi que toutes les options qui vont avec, je sais très bien ce qui est légal ou non.

- Très bien... Juste mon esprit de flic relou.

- Bellamy ! Raven ! Vous venez manger ?

- On arrive O' ! Répondit son frère. Comment se passe la campagne de Madame Donati du coup ?

- Mieux qu'il n'y parait, répondit Raven, toujours aussi méfiante envers le brun.

Lexa et Gustus l'avaient briefée au sujet du brun. Si Bellamy avait semblé être un atout lorsque Becca avait commencé à le fréquenter, il était vite devenu quelqu'un de potentiellement dangereux vis-à-vis du secret de la Donati car un peu trop fouineur à leur goût.

- Bon. Je crois que ma sœur nous a appelés pour manger, reprit-il pour briser leur silence.

- Oui. Dis-lui que j'arrive, répondit la mécanicienne.

- Ok.

Elle attendit que le frère d'Octavia entre à l'intérieur avant de s'avancer vers le SUV pour en faire le tour afin de vérifier que rien n'avait été installé afin de surveiller leurs déplacements. Elle ne trouva rien et donc se tranquillisa. Elle se permit tout de même d'envoyer un message à Lexa.

"J'ai surpris le Capitaine Blake en train de tourner autour du SUV... Il m'a emmerdé à propos des vitres teintées mais j'ai comme eu l'impression qu'il cherchait à placer un traqueur GPS ou un micro... Je n'ai rien trouvé mais si tu pouvais me laisser la journée demain pour vérifier l'intégralité du véhicule ce serait pas de refus." Raven Reyes.

A sa plus grande surprise, elle reçut la réponse presque immédiatement :

"Une journée complète pour vérifier un véhicule que tu connais par cœur me semble exagéré, tu ne crois pas ?" Lexa Donati-Woods

La latina fronça les sourcils mais dû se résoudre à confirmer les dires de son amie et supérieure.

"Tu as raison. En fait je suis claquée, je pensais que toi aussi... et Octavia m'a demandé de garder Matteo demain soir donc..." Raven Reyes

Comme pour le premier message, elle vit apparaître les trois petits points signifiant que sa correspondante était en train d'écrire. Elle murmura en souriant :

- Dios Mios, t'es au taquet Bella... On a envie de se faire pardonner de tout à l'heure ?...

"Prends ta journée, je ne compte pas sortir demain. J'ai besoin de repos aussi comme tu l'as deviné. Bonne soirée Raven" Lexa Donati-Woods.

La mécanicienne fit une moue : elle attendait un peu plus que la dernière réponse reçue. Elle fit demi-tour pour se diriger vers la porte d'entrée quand elle sentit son portable vibrer de nouveau : un message de Lexa.

"Clarke m'a dit qu'Octavia avait rendez-vous avec un certain Atom Mancini si jamais ça peut t'être utile." Lexa Donati-Woods.

"Je vois pas en quoi ça peut m'être utile... Je suis saoulée de cette situation, faut que je me fasse une raison c'est tout." Raven Reyes.

"Je ne savais pas que les Reyes étaient des pleurnicheurs en plus d'être des lâches." Lexa Donati-Woods.

- Hey ! S'indigna la latina en tapant frénétiquement sa réponse.

"Sympa... C'est pas vraiment ce que j'attendais comme réponse..." Raven Reyes.

"Fonce alors car Octavia ne semble pas prête à faire le premier pas." Lexa Donati-Woods.


Clarke ne put s'empêcher de sourire en envoyant le dernier message du portable de Lexa pour Raven. Quelle aubaine d'avoir le portable de sa compagne sous le nez alors que quelques minutes auparavant, elle avait échangé avec Octavia. Elle connaissait le code de verrouillage de Lexa évidemment puisqu'elles s'étaient promises de ne plus rien se cacher donc ça avait été un jeu d'enfant de se faire passer pour la brune. Elle releva les yeux du portable pour regarder d'un air blasé son chat en train de se faire un festin avec le reste de dorade qu'elle avait finalement délaissé sur la table basse du salon.

Elle sursauta en sentant une main se poser sur son épaule : Lexa était arrivée si silencieusement qu'elle ne l'avait pas entendue venir.

- Mon amour, sourit-elle. Tu es réveillée ?

- Oui... Tu sais où sont passés mon portable et mon ordinateur ?...

- Ils sont là, je les ai pris pour que personne ne te réveille, indiqua la blonde en posant un baiser sur la main de sa compagne.

- Clarke...

- Quoi ? J'ai eu tort ? Sourit la médecin, joueuse.

Les baisers sur la main se multiplièrent avec douceur ce qui ne manqua pas de faire frissonner la sicilienne.

- Tu as mangé ce midi ? Demanda la médecin.

- Non, je n'ai pas vraiment eu le temps et encore moins l'appétit...

- Installe-toi dans le canapé alors, je t'apporte un plateau.

- Je n'ai pas très faim Clarke, je vais aller prendre une douche je pense... Répondit Lexa avec douceur.

La blonde ne lui laissa pas le choix et tira la brune jusqu'à ce qu'elle la rejoigne dans le canapé. Elle plongea ses iris bleutés dans les siens, tout sourire. Elle entama quelques baisers dans le cou de l'héritière qui frissonna de plaisir, incapable de résister.

- Je n'ai peut-être pas faim mais on dirait que toi tu es affamée... Souffla la brune sans pour autant repousser sa compagne.

Cela faisait quelques semaines qu'elles ne s'étaient pas retrouvées ainsi et elle devait avouer que c'était uniquement sa faute. Clarke avait été plus que patiente avec elle et sa campagne municipale.

- Tu n'imagines même pas... Je crois que j'aurai plus vite fait de venir te faire l'amour dans tes locaux de campagne...

- Toute la police de Syracuse pourrait nous entendre alors...

- Ils pourraient apprendre des choses alors... S'amusa la blonde en allant déboutonner le chemisier de la Donati avant d'aller défaire le bouton de son pantalon tailleur tout en s'installant à califourchon sur la brune.

- Ah oui ?...

- Par exemple à quel point les soupirs et cris de plaisir de leur future maire sont exquis à l'oreille... Souffla la médecin en glissant une main sous le sous-vêtement en dentelles de la brune pour accéder à son jardin secret.

- Hn Clarke... Souffla-t-elle en s'arquant légèrement sous les caresses précises de sa compagne.

- Shht... Embrasse-moi juste, répondit la blonde en allant s'emparer des lèvres de sa compagne avec appétit qui répondit aussitôt.

Un baiser langoureux s'entama, les langues et les lèvres des deux femmes luttant et s'aimant fiévreusement sans signe de fatigue jusqu'à ce que le corps de Lexa se mette à tressaillir sous les caresses expertes de sa compagne. La sicilienne sentit une vague de plaisir envahir son bas ventre et qui se déversa après un énième mouvement de la part du bassin de la blonde contre le sien. Elle reprit ses esprits et son souffle sous les baisers de la médecin qu'elle serra contre elle.

- Je t'aime tellement Clarke, lui murmura t-elle au creux de l'oreille.

La blonde sourit, flattée d'entendre sa compagne lui chuchoter cette délicieuse déclaration et répondit avec le sourire :

- Dans ce cas tu ne seras pas fâchée d'apprendre que j'ai donné sa journée à Raven demain et donc réciproquement la tienne au passage. Je lui ai aussi dit de se bouger le cul avec Octavia, tout ça en me faisant passer pour toi...!

- Que... Quoi ? Répondit Lexa, soudainement moins alanguie.

- Maintenant tais-toi et embrasse-moi car je n'accepterai aucune plainte de ta part. Ce soir et demain tu es entièrement à moi...

- Clarke tu plaisantes j'espère... Je...

Un baiser fit taire la brune qui grommela un instant avant de passer au-dessus de la blonde sous un murmure provocateur et tendancieux qui fut chuchoté à son oreille. Clarke gloussa un instant car sa provocation avait réussi à détourner l'esprit légèrement courroucé de son amante qui se dépêchait à présent de la déshabiller.


Elle avait vérifié le véhicule entièrement de l'extérieur à l'intérieur juste pour être sûre que Bellamy n'avait pas placé son micro ou son traqueur GPS. Elle était ensuite allée chercher Matteo à la maternelle accompagnée de Juliette qui marchait au pied de la mécanicienne sans faire attention aux bruits alentours. La Cane Corso avait bien grandi déjà et était plutôt docile. Elle ferait une chienne de garde très efficace lorsqu'elle serait adulte.

Matteo avait pris son goûter avant de jouer avec ses petites voitures en compagnie de sa tía comme il aimait l'appeler. Octavia était rentrée entre temps et avait donné le bain à son fils avant de se préparer à partir. Raven était installée avec Matteo dans le canapé devant des dessin-animés quand la Blake se présenta à eux pour leur demander leur avis. Elle avait enfilé une jolie jupe noire s'arrêtant à la moitié des cuisses sous laquelle elle avait mis des collants transparents surmontés de petites bottines noires très jolies. Elle avait enfilé un petit pull court beige et à encolure bateau en guise de haut qu'elle avait recouvert de sa veste en cuir courte. Elle s'était légèrement maquillée ce qui faisait ressortir ses magnifiques yeux bleus tandis que ses cheveux noirs étaient joliment attachés avec une pince.

- Qu'est-ce que vous en pensez ? Je suis potable ?...

- Belle Maman ! Plus belle de toutes !

- Fais des phrases mon amour, sourit Octavia, flattée.

- Tu es plus belle !

- Tu es la plus belle... Corrigea Raven en profitant de la correction du petit pour déguiser son compliment au passage.

- Bon je vous laisse alors, à tout à l'heure ! Raven, je compte sur toi pour ne pas le coucher trop tard ok ? Matti, tu es sage avec tía d'accord ?

- Oui ! Bisous ?

Octavia se pencha pour embrasser son fils avant de poser une bise sur la joue de la mécanicienne qui grommela légèrement, faisant mine d'être dérangée dans sa contemplation de la télévision.


- Très bien Dante, je vous remercie de me recevoir dès demain, indiqua poliment Lexa avant de couper la conversation.

Cette journée de repos lui avait fait le plus grand bien. Clarke avait su lui faire penser à autre chose et laisser la personne aimée prendre soin de soi était à la fois grisant et réconfortant. Elle avait pris la décision d'aller rencontrer Dante Morello afin d'étudier les propositions qu'il avait à lui faire concernant son appui aux élections municipales. Même s'il ne restait qu'une journée pour remonter dans les sondages, Lexa savait qu'en politique tout était jouable jusqu'à la dernière seconde surtout avec l'appui d'une famille mafieuse.

Elle décida d'envoyer un message à Raven pour l'avertir que demain matin aux aurores, elle aurait besoin d'elle pour la conduire dans un endroit en dehors de Syracuse pour rencontrer cette famille mafieuse influente. Elle tiqua devant les derniers échanges avant de secouer la tête en repensant à ce que lui avait dit Clarke : en effet, elle avait échangé pas mal de messages en se faisant passer pour elle et il fallait avouer que la blonde était plutôt douée.

"Demain, rdv à la villa à 4h pour rencontre importante." Lexa Donati-Woods.

Elle n'eut aucune réponse mais elle reçut l'accusé de réception. Elle se leva ensuite de son fauteuil de bureau et se dirigea vers la salle de bain attenante à leur chambre à coucher. Clarke somnolait légèrement entre les draps défaits du lit, témoins d'une nouvelle étreinte amoureuse et chaleureuse. Lexa sourit à cette vision et se répéta que malgré les difficultés, elle était chanceuse d'avoir la belle médecin à ses côtés. Elle lui donnait la force de se battre.

Elle déposa un baiser tendre sur la tempe de la jeune femme endormie avant de s'engouffrer sous les jets d'eau chaude de la douche italienne. Elle n'allait pas beaucoup dormir cette nuit...


Des gémissements de plaisir s'échappaient de l'écran plat fixé au mur lorsque Raven se réveilla en sursaut. Elle venait de reconnaître le bruit des clés d'Octavia dans la serrure. Elle eut un peu de mal à émerger ce qui lui valut une honte monumentale lorsque sa colocataire se planta hébétée devant le film de charme que diffusait la télévision. La mécanicienne attrapa la télécommande pour éteindre le fruit de sa honte avant de dire :

- C'est pas ce que tu crois...! Je dormais, je savais même pas qu'il y avait des films de cul sur cette chaîne O'... Dit-elle en appuyant sur le mode muet au lieu d'éteindre l'écran.

- Tant que tu ne regardes pas ce genre de chose avec Matteo...

- Madre Dios ! Bien sûr que non ! Ça fait un moment qu'il dort... Hm...

- Est-ce que tu peux éteindre ? Demanda la brune en dirigeant son regard vers l'écran où un couple hétéro s'embrassait langoureusement tout en pratiquant un coït de façon muette à présent.

- Merde je croyais... Discúlpame cariña, grimaça la mécanicienne en appuyant sur la bonne touche pour éteindre l'écran.

- Merci...

- Alors... Hm... Ton rendez-vous ? C'était bien ?...

Octavia fit une moue avant d'hausser les épaules d'un air las :

- On va dire qu'on est pas vraiment compatible...

- Ah et pourquoi ça ?

- Il n'a fait que de parler de son ex-femme avec qui il a fait mille et une choses...

- Ah... Pas terrible comme ambiance...

- Comme tu le dis... Merci d'avoir gardé Matteo Rav'... Je vais aller me coucher...

- De rien.

La mécanicienne se gratta la nuque de gêne avant de souffler :

- Au fait O', ce que j'ai dit tout à l'heure avant que tu partes... Je le pensais...

- Tu parles du grognement que tu as laissé sortir quand je t'ai fait une bise ? Se moqua la secrétaire en retirant sa veste en cuir.

- Hm non...

- Quoi alors ?

- Eres la más hermosa... Hm... Buena noche cariña... Souffla finalement la brune en espagnol afin que sa colocataire ne comprenne pas.

- Tu le penses sincèrement ? Répondit pour sa plus grande surprise la Blake qui avait totalement saisi le compliment.

Raven la fixa toute aussi surprise avant de souffler, légèrement paniquée :

- Qu'est-ce que tu as compris ?...

- Ça... Indiqua la secrétaire en se rapprochant d'elle pour aller poser ses lèvres sur celles de la mécanicienne qui se paralysa un instant.

Ce que ressentit la brune sur l'instant fut un véritable coup de foudre. Elle sentit son cœur s'emballer brusquement, ses bras et ses jambes se perdre dans des fourmillements agréables et terrifiants à la fois. Elle avait l'impression de redécouvrir ce que c'était d'aimer un corps, elle qui avait été une dragueuse invétérée durant des années et qui s'était finalement auto-sanctionnée à cause de ce comportement et de son amour étouffé pour la meilleure amie de Clarke.

Les lèvres de Raven restèrent immobiles un court instant avant d'aller chercher fiévreusement celles de la jeune mère qui passa ses bras dans la nuque de la mécanicienne, se laissant totalement aller à ses baisers enflammés. Les mains rugueuses de la mécanicienne passèrent rapidement sous le pull blanc, chuchotant :

- Tu n'imagines pas à quel point je brûle d'envie de te l'enlever...

Octavia sourit et alla se blottir contre sa colocataire dont la température corporelle semblait avoir sensiblement augmentée.

- Rav'... Est-ce... Est-ce qu'on peut y aller doucement ?...

- Cariña...! Je t'attends depuis presque cinq ans maintenant...! Tu veux aller encore plus doucement ?... S'inquiéta sincèrement la latina, légèrement réticente à l'idée de ralentir le rythme.

- C'est juste que...

- Que ?...

- Je ne l'ai jamais fait avec une femme...

- Une femme ? Je suis un démon, pas une femme ! Rit la brune

- Ah me voilà dans de beaux draps, déjà qu'avec les hommes... Rougit la secrétaire.

- T'en fais pas, la seule différence d'avec un autre partenaire c'est que je vais pouvoir détrôner tous ces messieurs... Sourit la mécanicienne en tirant la brune vers l'étage où se trouvait son lit.

Le pull et la jupe terminèrent dans l'escalier avant qu'Octavia ne soit poussée sur le lit double. Raven se dépêcha de retirer son jean et son t-shirt avant de rejoindre la secrétaire et de faire basculer la couette au-dessus d'elles. Elle colla son corps fin et musclé ce qui fit gémir légèrement la Blake d'excitation.

- Doucement cariña... Laisse-moi travailler un peu tu veux ? La taquina t-elle tout en apposant quelques caresses délicates sur le corps de son amante.

- Qu'est-ce que tu vas... Chuchota Octavia tandis que Raven descendait rapidement son visage contre sa poitrine puis son ventre. Oh bon sang...! Rav'...! Tu es folle...! Remonte !

Octavia se crispa légèrement sous l'assaut pressé de sa colocataire contre son intimité.

"Bon sang que cette espagnole a le sang chaud au lit..." Pensa t-elle un court instant avant de se laisser totalement aller.

Raven semblait bien plus expérimentée qu'elle sur le sujet, aussi décida t-elle de se laisser guider...


- Tu pars tôt aujourd'hui, remarqua Clarke en préparant ses affaires pour sa garde de 24h aux urgences.

- Oui, j'ai un rendez-vous important qui pourrait faire tourner le vent en ma faveur pour les élections de dimanche.

- J'ai demandé à m'absenter une petite demi-heure dimanche pour avoir le plaisir d'aller déposer un vote pour toi, sourit fièrement la médecin.

Cette remarque eut le mérite d'attendrir Lexa qui terminait de boutonner son chemisier devant le miroir de leur chambre. Elle se tourna pour aller enlacer sa compagne qui était en train de refaire leur lit. Clarke accepta avec plaisir l'agréable étreinte et en profita pour s'enivrer du parfum envoûtant de la Donati.

- Sois prudente d'accord ? Souffla t-elle.

- Ne t'inquiète pas, les Morello ont toujours été de bons amis de ma famille.

- Oui mais tout de même... Je me demande comment tu as fait pour ne pas prendre une balle encore avec tout ça...

- En vérité, j'en ai pris plusieurs depuis qu'on s'est rencontré mais la plus dangereuse est celle que j'ai pris au cœur avec toi...

La médecin éclata de rire avec une grimace :

- Hm... Madame la romantique... Vous êtes tous des charmeurs vous les italiens...

- Les siciliens sont encore pire que les italiens... Confia Lexa avec un baiser sur l'oreille de la blonde tout en glissant ses mains sur son ventre pour la caresser.

- Je ne peux que confirmer... Il faut que j'y aille... S'excusa l'américaine en se détachant du corps tentateur de sa compagne.

- Moi aussi... Raven ne devrait plus tarder... Bonne journée Clarke.

- Merci toi aussi mon amour. Tiens-moi au courant... Au fait tu ne prends pas de gardes du corps ?

- Non pour des questions de discrétion, il n'y aura que Raven et moi.

- Tu es sûre que...

- Ne t'en fais pas, sourit la brune qui semblait sûre d'elle.

La blonde fila rapidement au rez-de-chaussée pour retrouver son chauffeur personnel qui démarra rapidement vers l'hôpital du centre-ville de Syracuse. Un coup de klaxon retentit rapidement ensuite ce qui fit descendre Lexa.

La Donati monta gracieusement dans le véhicule conduit par Raven qui était plus radieuse que jamais ce que ne manqua pas de remarquer l'héritière.

- Bonjour Raven, tu sembles plus reposée que lorsqu'on s'est...

- On l'a fait ! S'exclama la latina, toute joyeuse en démarrant.

- De quoi parles-tu ?

- Octavia et moi, on a couché ! Putain c'était divin ! J'ai jamais autant pris mon pied qu'avec cette fille ! Mec, femme, extra-terrestre, sextoy, tout ce avec qui ou quoi j'ai couché peut aller se faire voir chez les grecs ! Cette femme est une déesse !

- Oh... Félicitations, sourit légèrement Lexa qui n'était pas forcément à l'aise à l'idée de parler sexe aussi librement que son amie.

- Putain je te jure que si t'étais pas ma meilleure amie en plus d'être ma boss, je serai restée au lit ce matin pour...

- Raven... Concentre-toi sur la route, s'il te plaît... La rappela à l'ordre la Donati.

- Ouais ! T'inquiète, c'est moi la pilote ok ?

- Oui je sais mais...

- Bref ! Faut que je te raconte comment ça s'est passé ! Truc de dingue !

Le SUV roula un moment sans croiser trop de véhicules au vu de l'heure matinale. Malgré la joie de la mécanicienne, Lexa n'écoutait que d'une oreille : elle avait comme un mauvais pressentiment. Peut-être stressait-elle tout simplement légèrement de la rencontre à venir avec Dante Morello, aussi décida t-elle d'envoyer un mail à Clarke pour se changer les idées :

"Mon amour, merci encore pour m'avoir aidé à ne penser à rien hier. La vie est tellement délicieuse à tes côtés que je ne m'en lasserai jamais. J'ai hâte de porter le nom de ta famille lorsque nous nous marierons car oui, je serai extrêmement fière de m'appeler Lexa Griffin. Ce nouveau chapitre de la vie à tes côtés me permettra enfin de tourner réellement la page de mon ancienne vie. Je t'embrasse..." Lexa Donati-Woods


Bellamy serra ses doigts sur le volant de sa voiture banalisée. Il était inquiet à l'idée de se faire prendre car il n'avait aucun droit de suivre l'héritière ainsi. Il n'avait pas réussi à placer le traqueur GPS sur le SUV, aussi avait-il juste tenté en le glissant dans un trou d'usure de la doublure du blouson en cuir de la colocataire de sa sœur. Rien ne lui garantissait que Raven mettrait tous les jours ce vêtement mais lorsqu'elle le mettrait, il pourrait les suivre à leur dépend. Aussi, lorsqu'il avait reçu une alerte pour signifier que la brune bougeait trop vite pour être à pied aux alentours de quatre heures du matin, le Capitaine de la cellule anti-mafia n'avait pas hésité une seconde.

Cela faisait une bonne vingtaine de minutes que le SUV roulait à une vitesse plus que normale et avait quitté Syracuse. Il semblait se diriger vers le sud-est de l'île par de petites routes de campagne ce qui confirma au policier que l'héritière voulait à tout prix éviter de croiser les forces de l'ordre sur une voie rapide. Il les suivait d'assez loin afin de ne pas se faire repérer et avait éteint ses feux bien que cela soit dangereux.

Il fronça soudainement les sourcils lorsqu'une voiture du même type que le SUV débarqua derrière lui avec ses feux de route allumés et à une vitesse bien trop excessive. Le véhicule manqua le percuter du fait de l'absence de ses propres feux. Il fut obligé de baisser les yeux sur le côté pour ne pas être aveuglé et perdre le contrôle de son véhicule lorsque le chauffard le doubla. Il se reteint d'activer les sirènes de sa voiture, cherchant à rattraper les deux véhicules car le SUV de la Donati semblait avoir soudainement accéléré sa vitesse.


- Putain de merde ! Grogna Raven en se faisant éblouir par les feux de route du véhicule derrière elles.

- Laisse-le passer Raven, ordonna Lexa.

- Pas question, jamais un connard pareil ne doublera une Reyes !

- Raven, ralentis et laisse passer cet abruti ! Ce n'est pas le moment d'avoir un accident ! S'agaça l'héritière.

La mécanicienne grogna avant d'accélérer ce qui sembla agacer encore plus le véhicule derrière eux qui se déporta brusquement à leur gauche afin de les dépasser.

- Raven ! Laisse-le passer c'est un ordre ! Cria Lexa, furieuse.

La latina souffla de frustration avant de ralentir afin que le chauffard puisse enfin les dépasser. La voiture s'enquilla directement devant la leur tout en gardant son allure vive. Vexée, Raven se contenta de le suivre à une distance faible : elle avait réellement envie d'en découdre avec ce crétin mais visiblement Lexa n'était pas de cet avis. Le SUV Porsche qu'elle conduisait aurait pourtant éclaté à plat de couture ce SUV Mercedes.

"Mercedes..." Pensa Raven, songeuse avant d'écraser la pédale de frein.

Le véhicule devant elle avait pilé brusquement à l'arrivée d'un croisement en croix comme si un stop était soudainement apparu mais l'absence de panneau ne justifiait en rien le comportement surprenant du véhicule.

- Bordel ! Mais il est malade de piler comme ça ! Enragea t-elle. Elle s'était s'arrêté à quelques centimètres de la voiture devant elle. Avance tête de con ! L'insulta t-elle en klaxonnant.

- Raven, qu'est-ce qu'il se passe ?! S'agaça à son tour Lexa qui commençait à en avoir assez d'être malmenée.

"Mercedes..." Répéta de nouveau une voix intérieure dans le crâne de la mécanicienne qui tapait brutalement sur son volant pour cracher toute sa haine au chauffard.

Une paire de phare s'alluma brusquement sur leur droite ce qui termina de faire réaliser la terrible situation à Raven qui tenta de reculer aussi vite qu'elle le put :

- Bordel ! C'est un pièg...

Un choc violent et un bruit tonitruant de taule écrasée couvrit la fin de la phrase de la mécanicienne qui perdit le contrôle de son véhicule lorsqu'un poids lourd vint percuter violemment leur SUV qui fut propulsé à plusieurs mètres dans un champ.

Lexa n'avait pas eu le temps de comprendre ce qu'avait essayé de lui dire Raven avant l'affreux choc. Elle avait cru mourir sur le coup tant la douleur avait été atroce lorsque la portière droite s'était pliée jusqu'à l'atteindre. Elle ne devait son salut qu'à sa ceinture de sécurité et au fait qu'elle était installée sur la place du milieu. Sa tête vibrait de douleur et elle avait du mal à garder les yeux ouverts. Elle gémit de douleur en tentant de bouger : son corps entier semblait être une plaie ouverte. Elle reconnut des voix à l'extérieur et bientôt des lampes torches éclairèrent la carcasse de leur SUV.

- Rav... Appela t-elle faiblement.

La mécanicienne ne répondit pas, elle avait la tête en sang et posée contre le volant dont l'airbag avait dysfonctionné du fait du choc venu de droite alors qu'elle était à l'arrêt.

- Putain tu l'as pas loupée ! Si elle est pas morte là ...! Indiqua une voix admirative.

- J'espère bien qu'elle est pas morte, cette pute me doit bien plus que ça ! Répondit une autre voix qui rappela vaguement quelque chose à la Donati. Découpe-moi cette putain de portière !

- T'es un grand malade... Souffla une autre voix.

Après quelques découpages de taule, le visage de Quint apparut sous les yeux de Lexa qui peinait à rester lucide.

- Salut ma jolie... Comme on se retrouve... Sourit le bras droit de Nia Barzetti. Allez viens-là !

Lexa aurait voulu se débattre, le frapper mais tout son corps ne voulait plus lui obéir. Elle fut extraite du véhicule sans douceur et portée par Quint lui-même qui la chargea comme un vulgaire sac à pommes de terre sur son épaule ce qui lui valut un cri étouffé car elle devait avoir de nouvelles côtes cassées.

- Et l'espagnole ? On en fait quoi ?

- Si elle est pas morte, termine-la, ordonna froidement Quint.

- No... Non... Gémit Lexa en réalisant ce qui allait se passer.

La Donati fut jetée dans le coffre du SUV qui avait servi de leurre et eut juste le temps de voir une silhouette lui rappelant vaguement le frère d'Anya charger une arme à feu. Trois coups de feu retentirent dans le silence de la nuit avant que des portières ne claquent et que le véhicule ne démarre.


Bellamy s'était arrêté à distance des deux véhicules lorsqu'il avait remarqué qu'ils ne bougeaient plus. Il avait assisté impuissant à la scène ainsi qu'au kidnapping de l'héritière Donati. Il avait voulu intervenir mais il avait réalisé qu'en se montrant, il risquerait d'être tué par les kidnappeurs dont Quint faisait partie. Le mafieux était activement recherché mais était toujours assez malin pour ne pas se faire débusquer : tuer un agent des forces de l'ordre était loin d'être une difficulté pour lui. Aussi, avait-il appelé tout bas des unités en renfort afin que le véhicule soit rapidement identifié et suivi voir bloqué par des patrouilles circulant au plus proche de ces routes de campagne perdues.

Il avait ensuite accéléré avec son véhicule pour se rapprocher au plus près du SUV accidenté jusqu'où il avait couru. Il avait bien entendu les coups de feu mais il ne pouvait accepter la vérité...

La latina était toujours contre le volant et ne bougeait pas. Il posa deux doigts au niveau du cou de la mécanicienne, cherchant un pouls qui semblait inexistant. Elle ne portait pourtant pas d'impact de balles au niveau du crâne ce qui était la marque de fabrique des mafieux afin d'être certain que leur cible était morte.

- J'ai besoin d'un héliportage d'urgence ! Hurla t-il au central gérant les urgences tout en donnant ses coordonnées approximatives. Allez Raven ! Merde ! Grogna t-il en retentant l'opération mais le pouls de la latina restait toujours muet.


Une douleur glaciale et lancinante réveilla brusquement Lexa qui se retrouva trempée de la tête aux pieds : Quint venait de lui envoyer un seau d'eau glacée pour la forcer à émerger de l'inconscience. Elle gémit rapidement de douleur lorsqu'elle réalisa qu'elle était suspendue par les bras à une corde et flottait à plusieurs centimètres du sol. Tout son poids était suspendu par la seule force de ses bras.

- Quint...! Articula t-elle difficilement.

- Salut bébé... Sourit le mafieux d'un air vicieux. Ca faisait un bail hein ?


Et nous voilà à la fin de chapitre... Désolée de couper ainsi mais le plan était fait depuis un moment malgré la longue attente xD Je serai meilleure élève pour le prochain ;) je suis en vacances dimanche soir donc je vais pouvoir écrire afin de ne pas être en retard ! Alors qu'avez vous pensé de ce retour de l'Héritage ? Toujours au même niveau ? :P C'est de plus en plus dur de revenir après une absence avec un chapitre qui se doit d'être encore meilleur que les autres! Les fans d'Octaven ont enfin pu dire ouf elles se sont jetées à l'eau ces couillonnes mais bon pour combien de temps ? Raven va t-elle survivre ?! Tristan a fait semblant de tirer mais cela veut-il dire qu'il aidera Lexa ? Il était très en colère contre elle suite à la punition qu'elle lui avait infligé quelques années auparavant ce qui lui avait valu de chasser sa propre soeur et son beau frère sous l'autorité des Barzetti pour qui Aden s'était rallié... Alala les histoires de famille ! D'ailleurs vous n'imaginez même pas ce que je réserve encore de ce côté là ! xD

Allez à bientôt, faites péter les reviews pour ce retour de l'H ! Prochain chapitre prévu pour le lundi 7 janvier 2019 ! Bonnes fêtes à tous !