Heeeey ! Bonne annéeeeee 2019 ! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes et que vous avez été gâté ! :D Merci pour vos retours, favs et follows ! Vous êtes de plus en plus nombreux à suivre l'Héritage c'est vraiment top ! Désolée pour le petit retard d'une semaine, j'ai mal calculé mon coup, le weekend dernier je bossais et il me manquait quelques scènes et vous me connaissez : hors de question que je sorte un chapitre incomplet ou bâclé ! J'espère que l'attente en vaudra la peine, j'espère vous faire frissonner avec ce chapitre plutôt stressant :P
Merci à doubi pour sa relecture rapide ! Lui qui n'aime pas relire trop d'un coup il s'est payé les 23 pages en une lecture haha ! Mag étant indisponible, je n'ai pas le confort d'avoir mon équipe de relecture complète donc j'espère que ça ira tout de même :P
Morgane : Hey ! Merci pour ton retour ! Je te laisse découvrir le sort de Raven et de Lexa...!
Manoukette :Heey ! Merci pour ton retour ! Haha j'espère bien que tu as fait des tonneaux avec Lexa et Raven ! :P Désolée pour le retardddd ! Esys me le paiera !
Guest : Hey ! Merci pour ton retour ! Haha tu chauffes ! Je n'en dis pas plus :P
Bonne lecture à tous !
Chapitre 34 : À feu et à sang
Les pales de l'hélicoptère tournaient encore à pleine vitesse tandis qu'un médecin et son équipe chargeaient rapidement sur un lit roulant, le brancard dans lequel se trouvait Raven. Son visage était tuméfié et elle était inconsciente. Sa tête et son corps avaient été immobilisés afin d'éviter plus de chocs qu'elle n'en avait subis.
- Jeune femme d'environ 30 ans, victime d'une collision violente avec un poids lourd, inconsciente à notre arrivée, Glasgow à 5 ! Jambe gauche écrasée par l'avant du véhicule ! Cria l'un des urgentistes ayant suivi l'état de la patiente.
- On se rend immédiatement au bloc six ! Commanda le Docteur Eric Jackson en filant à pleine vitesse vers l'ascenseur du toit de l'hôpital.
Le lit roulant s'engouffra dans l'ascenseur qui se mit à descendre jusqu'à l'étage des blocs opératoires de traumatologie. Lorsque les portes s'ouvrirent, l'équipe médicale continua son chemin, croisant d'autres professionnels qui étaient pris par leurs propres occupations.
Clarke était plongée dans la lecture d'un compte-rendu sur sa tablette et ne tourna que légèrement le visage au passage de son collègue chirurgien. Elle lui accorda un simple mouvement de tête en guise d'encouragement. Un léger sourire se dessina sur le bas du visage d'Eric avant qu'il ne se concentre de nouveau sur le cas de sa patiente.
La blonde ferma le compte-rendu avec un petit acquiescement avant de rendre leur salut à deux infirmières qui passaient près d'elle.
- Clarke ! Appela soudainement la voix du Capitaine Blake.
- Bellamy ? Que fais-tu ici ? Interrogea t-elle, plus que surprise.
Le couloir dans lequel elle se trouvait était strictement réservé au personnel médical : le brun était-il venu par le même chemin que le Docteur Jackson et son équipe ?
- Peut-on parler en toute discrétion ? Indiqua t-il, visiblement pressé.
- Euh oui... Suis-moi, répondit-elle d'une voix légèrement étranglée par une soudaine inquiétude.
"Bon sang qu'est-ce qui va me tomber sur le nez ?" Pensa t-elle furtivement.
Le policier emboîta le pas de la médecin qui l'emmena dans une salle où se trouvaient des machines à boissons chaudes ainsi que quelques fauteuils, des tables et chaises hautes. Au vu de l'heure, elle était vide car tout le personnel commençait sa journée. Bellamy vérifia qu'ils soient seuls une nouvelle fois avant d'annoncer la terrible nouvelle :
- Clarke, j'ai une mauvaise nouvelle...
Le cœur de la blonde se mit à battre avec force dans sa poitrine et elle sut immédiatement que la nouvelle qui allait arriver concernait Lexa. Aucun son ne sortit pourtant de sa gorge malgré la peur qui venait à présent lui tenailler l'estomac.
- Lexa... hm je veux dire... Madame Donati a été victime d'un accident de voiture et d'un enlèvement il y a moins de vingt minutes... J'ai assisté à toute la scène mais je n'ai rien pu faire car j'étais seul... Raven est dans un état critique, elle a été héliportée, j'ai été emmené avec elle pour pouvoir te prévenir au plus vite... Je...
Clarke recula à tâtons vers une chaise pour s'asseoir dessus, incapable de parler tant le choc la paralysait. Bellamy alla chercher un gobelet qu'il remplit d'eau afin de l'apporter à la médecin qui finit par reprendre ses esprits lorsque le brun effleura sa main avec le verre en plastique.
- Est-ce que tu sais quelque chose sur le déplacement de Lexa ? Elle n'avait aucun garde du corps ce qui est étonnant... Se rendait-elle chez quelqu'un secrètement ?
Les yeux dans le vague, la blonde resta silencieuse avant d'ouvrir la bouche pour parler mais elle se retint : si elle indiquait à Bellamy que la brune se rendait chez une famille de mafieux sans protection, cela risquait de mettre le feu aux poudres. Lexa avait souhaité ne pas attirer l'attention d'éventuels journalistes qui pourraient relier cette visite à une possible action en collaboration avec la mafia ce qui pourrait arranger Giliberto dans sa campagne mais surtout, elle avait souhaité éviter d'éveiller les soupçons du Capitaine Blake à son égard. L'idée que sa compagne approche de nouveau l'illégalité d'un peu trop près à travers cette famille mafieuse influente ne lui plaisait pas mais elle avait dû se faire une raison puisqu'elle avait accordé sa chance à Victor Strand qui était loin d'être un modèle de droiture et qui avait pourtant su faire ses preuves.
Elle fixa la table en silence, profitant de son état de choc pour prendre le temps de réfléchir. Il s'agissait de détourner l'objectif principal de Bellamy car il avait plus l'air intéressé de savoir où se rendait Lexa plutôt que de découvrir où l'héritière était séquestrée.
« Déconne pas Clarke… Ne pas paniquer… Lexa te l'a répété un millier de fois que ça pouvait arriver… Putain… Qu'est-ce qu'elle a dit déjà… » Pensa t-elle.
Elle ferma un court instant les yeux, les rouvrant sous la caresse sur sa joue droite.
- Clarke, tu m'écoutes ou tu fais encore semblant ? Rouspéta doucement l'héritière avec une moue fâchée.
- Hm oui oui, je t'écoute… Répondit la médecin, mentant effrontément.
- Qu'est-ce que je viens de dire alors ?
- Que tu voulais un traiteur français pour notre mariage…
- …
- Ah non, c'est moi qui veux ça… Sourit la blonde.
- Tu n'es franchement pas sérieuse Clarke… Soupira Lexa. C'est important comme sujet.
- Je n'ai pas envie de parler de ça… C'est déprimant… Personne ne va t'enlever ou te faire du mal, tu as toujours tes gardes du corps près de toi et moi aussi…
- Ça n'a pas empêché l'attaque au port Clarke. Sans Gustus, je ne sais pas si j'aurai survécu…
La médecin grimaça avant de venir se caler entre les bras de sa compagne qui l'accueillit avec plaisir. Être auprès de l'héritière était la meilleure des sensations et elle fuyait la réalité en minimisant certaines mises en garde. Lexa était déjà bien assez stressée pour deux, elle ne pouvait pas se permettre de l'être aussi. Elle inspira avant de souffler :
- Si jamais tu es enlevée et que je suis mise au courant avant Gustus, je dois immédiatement l'appeler pour qu'il déploie ses hommes afin de te chercher. De mon côté je me cloisonne dans un endroit sécurisé avec mes gardes du corps et j'attends… Si jamais la police m'interroge, je fais celle qui ne sait pas grand chose et si elle veut m'utiliser pour négocier ta libération je dis non…
- Bien… Répondit Lexa avec un baiser sur la tempe de la blonde. Si jamais je meu…
- Ah non Lex'… Grogna la médecin. J'ai répété ta leçon pourrie là… On peut parler d'autre chose maintenant ?
- Clarke… Soupira la sicilienne.
- C'est vrai… Au lieu de parler de ta mort ou d'un possible kidnapping tout le temps on pourrait parler de si tu veux mettre une robe ou un tailleur pour le mariage…
- Ce sont des sujets importants Clarke, si jamais il m'arrive quelque chose, je veux que tu sois en sécurité…
- Je ne serai en sécurité qu'avec toi Lex'. Coupa la médecin. Alors hop ! Finis les délires de « si je meurs… » « je vais mourir… » Sérieusement… Je n'ai jamais entendu quelqu'un parler autant de sa mort… Si tu veux m'annoncer que tu as un cancer ou autre, ce n'est pas la meilleure méthode franchement… Tu en as déjà marre de moi ?
La question eut le mérite de faire sourire la brune qui serra encore plus sa compagne contre elle. Elle chuchota :
- Jamais je n'en aurai marre de toi Clarke…
Bellamy se mordit la lèvre devant le silence de la médecin : Clarke semblait vraiment sonnée.
- Clarke ? Appela t-il.
- Pardon… Tu disais ?... Je… j'ai oublié ta question…
- Sais-tu où Lexa se rendait ?
- Non… Je ne sais rien de ce déplacement… C'est à peine si on s'est dit bonjour ce matin quand je suis partie travailler… On se voit à peine ces derniers jours… Cette campagne franchement… Bon sang tout est de ma faute… Lâcha t-elle d'une voix fébrile.
Elle s'était mise à trembler légèrement ce qui sembla désarçonner le policier.
« Allez Griffin, vas-y à fond où il y croira pas… » S'encouragea t-elle bien qu'elle n'était pas fière de ce qu'elle faisait. Prendre Bellamy en pitié alors qu'il était un vieil ami lui était difficile mais cela était nécessaire : Lexa l'avait convaincue qu'elles ne pouvaient pas faire confiance à la police locale lorsqu'il s'agissait de la mafia.
- Ne dis pas ça Clarke… Tu ne pouvais pas savoir…
- Bien sûr que si… Lexa voulait rester écartée de tous ces dangers… C'est pour ça que nous avons fui… mais l'égoïste que je suis a réussi à la convaincre de se présenter à la mairie… Bon sang… Lexa…
Bien qu'elle souhaitait jouer la comédie au départ, le naturel revint rapidement au galop et son cœur se serra, se remplissant d'inquiétude pour la femme qu'elle aimait plus que tout. Des perles d'eau salée se dessinèrent sous ses saphirs avant de glisser le long de ses joues. La médecin se mit à pleurer en silence afin de ne pas craquer complètement et bousiller la couverture de sa compagne : elle devait tenir et garder secret l'objectif du déplacement de la brune. Bellamy glissa sa main dans le dos de la médecin et le lui frotta amicalement.
- Ça va aller Clarke… Je vais tout faire pour la retrouver. Je vais coincer cette ordure de Quint…
- Quint ?!... Répéta la blonde, hoquetant de surprise.
- Je ne suis pas censé te le dire mais… C'est bien Quint qui a kidnappé Lexa… Il était au volant du poids lourd qui a percuté leur SUV… et je l'ai vu la porter avant de la mettre dans le coffre d'une voiture qui a servi de leurre…
- Il ne s'arrêtera donc jamais de faire du mal… Souffla t-elle en serrant les poings.
- Si Clarke, aujourd'hui je l'aurai mort ou vivant, c'est une promesse. Indiqua le policier, décidé. Lexa sera près de toi dans quelques heures, fais-moi confiance.
La médecin acquiesça difficilement avant de souffler :
- Merci Bellamy… Je… Je vais aller prendre des nouvelles de Raven si tu le permets… Je reste ici si tu as besoin de moi…
- Ok Clarke. Courage ok ?
Le policier lui offrit une légère pression sur l'épaule avant de sortir de la salle du personnel pour filer vers la sortie la plus proche de l'hôpital. Clarke prit une inspiration pour se calmer et évacuer au mieux l'angoisse qui la saisissait puis elle courut jusqu'à la salle d'opération où Raven était prise en charge. Elle se posta prestement derrière la vitre des observateurs et questionna via le micro permettant de communiquer avec les occupants depuis l'extérieur :
- Comment ça se présente Eric ?...
- Mieux qu'il n'y parait... Souffla le brun sans pour autant lâcher du regard son travail.
- La rate a été touchée ? Demanda la blonde en fixant son regard sur l'écran qui transmettait en direct le travail du Docteur Jackson.
- Oui mais ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus, nous avons stoppé l'hémorragie sans trop de difficulté.
- Qu'est-ce qui t'inquiète ?
- L'œdème qui se développe au niveau du crâne. Nous avons donné de quoi réduire la pression exercée mais si ça ne suffit pas, je vais devoir ouvrir et tu connais les risques... Il va falloir aussi amputer sa jambe gauche... Il n'y a rien à sauver, tout a été écrasé jusqu'au genou.
- Merde...
- Pourquoi ? Tu la connais ?
- Oui...
- Je suis désolé, je vais faire mon maximum Clarke.
- J'ai confiance à toi Eric, dit-elle avant de s'écarter rapidement du micro.
Clarke serra la mâchoire de colère avant de sortir de la salle en donnant un grand coup de poing dans une étagère pleine de produits.
- FAIS CHIER !
La douleur de ses poignets et de ses épaules permettait à Lexa de rester lucide. Elle ne savait pas si c'était une bonne chose au vue de l'élancement qu'elle ressentait mais au moins cela lui avait permis d'observer les alentours. Après son réveil, Quint avait rapidement été interrompu dans son petit numéro d'intimidation par Tristan ce qui n'avait pas manqué de contrarier l'homme de main des Barzetti. Elle ne savait pas si l'intervention du frère d'Anya était calculée ni exactement combien de temps s'était écoulé depuis le départ de ce sadique mais cela lui paraissait une éternité. Elle semblait se trouver dans un entrepôt de stockage au vu des piles de cartons qui étaient soigneusement empilés et ordonnés. Ses yeux se concentrèrent sur la maque écrite sur les cartons et elle réussit à déchiffrer "Cicala Azienda". Le logo d'une cigale ornait aussi les contenants. Elle connaissait cette entreprise de nom : ils avaient toujours travaillé en collaboration avec la famille Barzetti donc il n'était pas surprenant qu'elle se retrouve à présent dans un de leurs entrepôts. La lumière était uniquement fournie par des néons agressifs ce qui lui indiqua qu'ils devaient être en sous-sol : parfait pour étouffer les bruits ou tromper une patrouille souhaitant fouiller mais aussi brouiller ses repères spatio-temporels. Depuis combien de temps était-elle retenue ici ? Elle souffla pour tenter de trouver une solution viable mais malheureusement elle était loin d'être aussi impressionnante qu'à son apogée de Dona. Si elle voulait survivre, il fallait qu'elle se montre assez stratège afin de gagner du temps pour que Gustus et ses hommes ou la police la retrouve. Elle tenta de se balancer légèrement pour tester la solidité de la corde attachée aux canalisations au dessus d'elle mais cela lui arracha un grognement de douleur tant la corde lui entailla les poignets. Ses côtes fragilisées si elles ne s'étaient pas par miracle cassées de nouveau sous l'impact entre les deux véhicules devaient au moins être fêlées et elle avait l'impression qu'on lui enfonçait un couteau lentement et régulièrement entre ces dernières. Elle n'était de toute façon clairement pas capable de se contorsionner assez pour tenter de se libérer. Voilà pourquoi elle détestait la télévision et tous les films et séries stupides qui étaient déversés au quotidien : à les croire, c'était toujours un jeu d'enfant pour se défaire de liens lors d'un kidnapping mais dans la vraie vie, c'était tout simplement impossible.
- Fais chier... Grogna t-elle.
Des pas résonnèrent soudainement et elle leva le regard pour confronter son interlocuteur qui se révéla être le frère d'Anya. Bien qu'elle s'attendait à retrouver Quint, son regard forêt resta sombre et colérique envers son ancien homme de main qu'elle fixa durement. Tristan marcha jusqu'à elle avec un petit boitement qu'il avait hérité de cette fameuse nuit où sa Dona l'avait puni pour avoir failli à son devoir envers son jeune frère. Malgré la balle qu'il avait reçu, il s'en était plutôt bien sorti et pouvait toujours courir bien qu'avec une légère douleur.
Le mafieux baissa immédiatement le regard devant celui acéré de l'ancienne Dona.
- Bonjour Tristan... Siffla t-elle, sourcils froncés.
Tristan ouvrit la bouche pour lui répondre mais le bruit d'une porte s'ouvrant avec fracas le coupa. Quint marcha d'un pas déterminé vers celle qu'il détestait du plus profond de son âme. Il amena sa main entière vers la joue de la belle brune pour la caresser. Sa bouche s'approcha un peu trop près du visage de l'héritière qui fronça les narines devant l'haleine. Les relents d'alcool qui s'en échappaient purent lui indiquer que Quint n'était pas totalement sobre et ce dernier sourit :
- Pardonnez-moi votre suprématie, je n'ai pas pris le temps de me brosser les dents avant de venir m'occuper de vous haha...
Un énorme rot sortit du fond de la gorge du Barzetti ce qui ne manqua pas de faire tourner le visage à la brune sur le côté tant elle était dégoûtée par cet homme. Elle reçut immédiatement une cinglante gifle qui eut le mérite de la faire se tendre en plus d'enflammer sa joue gauche.
- Ne tourne pas le regard !
A l'ordre, les yeux de Lexa se teintèrent d'une lueur assassine ce qui fit éclater de rire Quint :
- Je préfère !
- Tu vas me le payer... Dit-elle froidement en remuant légèrement.
- Ah ! Continue ! J'aime te voir dans ta fureur !
Lexa observa un court instant le visage satisfait de Quint avant de réaliser qu'elle venait de trouver comment occuper ce dernier. Elle laissa échapper un petit rire sarcastique qui fit froncer les sourcils du mafieux.
- Pourquoi tu te marres ?!
- Tu n'es qu'une merde Quint... Amuse-toi autant que tu veux avec moi mais je n'ai pas peur de toi ! Je n'ai plus peur et je ne te donnerai jamais satisfaction ! Tu veux que je m'énerve et bien je vais rire à la place !
- Sale pute ! Hurla t-il en lui redonnant une claque mais malgré la douleur l'héritière continua à sourire de provocation.
La lèvre inférieure de Lexa se fendit et laissa couler un peu de sang mais son regard resta déterminé. Elle ne craignait pas les coups et remerciait aujourd'hui son grand-père pour les nombreuses séances de tabassage à la ceinture qu'il lui avait infligé. Grâce à cette résistance elle pourrait du moins elle l'espérait, occuper assez longtemps l'esprit du mafieux pour donner le temps à ses alliés pour les retrouver.
- Si tu savais comme Costia t'a appelé lorsque je l'ai commencé à...
- Costia est du passé, le coupa t-elle, le regard sévère et nullement apeuré.
- Intéressant... Tu as donc fait une croix sur cette petite lesbienne... Peu importe ! On va voir si tu fais autant la maligne avec du cuir... Siffla Quint en défaisant la ceinture de son pantalon.
Camilio avait sursauté lorsque la blonde avait frappé contre la vitre du SUV pour qu'il déverrouille le véhicule. Il n'avait pas eu le temps de sortir pour aller ouvrir à la médecin que celle-ci était déjà à l'intérieur.
- Pas de temps à perdre avec les courbettes Camilio ! Est-ce que vous avez le numéro de Gustus ?!
- Euh... Oui Madame Griffin.
- Appelez-le et passez-le moi tout de suite !
- B... Bien !
Clarke arracha presque le portable des mains de son chauffeur et garde du corps et attendit une réponse du Giordano :
- Hm âllo ? Grommela la voix endormie de Gustus.
- Gustus, c'est Clarke ! J'ai besoin de toi ici ! Lexa a été enlevée !
- Quoi ?! S'exclamèrent en chœur le téléphone et Camillo qui se retourna vers la jeune femme, abasourdi par la nouvelle.
- Elle se rendait à un rendez-vous en dehors de la ville avec Raven !
- Rendez-vous avec qui ?
- Un membre de la famille Morello... Je n'ai pas plus d'informations que ça... Ah si, c'est Quint qui l'a enlevé ! La police est déjà à sa recherche…
- Passe-moi Camillo, indiqua le Giordano.
Le portable fut rendu à son propriétaire qui se mit à acquiescer vivement devant les instructions données par l'ancien chef de main de la Dona. Il raccrocha avant de démarrer rapidement le moteur, indiquant :
- Je vous ramène à la villa Donati, vous y serez en sécurité.
- Non, je reste ici ! Raven est encore au bloc opératoire et je ne ferai que tourner en rond à la maison !
- Ce n'est pas un endroit sûr Madame Griffin, n'importe qui peut entrer dans cet hôpital...
- Je ne vous ai pas demandé votre avis Camillo ! S'énerva t-elle ce qui fit taire le garde du corps. Allez avertir Victor et Gaïa et dites-leur de me rejoindre dans mon bureau. Je vais faire en sorte de me mettre en stand-by pour aujourd'hui au niveau des opérations.
- Bien Madame Griffin...
- Ah et envoyez Ilian chercher Octavia et Matteo, ils ne doivent pas rester seuls.
- Ce sera fait.
Sur ces injonctions, Clarke sortit du SUV et retourna à l'intérieur de l'immense hôpital de Syracuse, rejoignant au pas de course son service afin de trouver son collègue Nyko.
- Nyko, est-ce qu'il y a moyen que tu supervises exceptionnellement le service de trauma ? Je dois rester disponible à n'importe quel moment aujourd'hui et je ne peux pas me permettre de m'enfermer au bloc pendant des heures ou de chaperonner des internes…
Le médecin haussa un sourcil de surprise :
- Clarke tu vas te faire taper sur les doigts par la direction... Tu n'es plus directrice, tu devrais te méfier maintenant... Le coup de l'électron libre ça ne marche plus... En plus tu devais être nommée chef de service de la trauma... Eric risque d'avoir le poste...
- Je sais Nyko... c'est juste que là je n'ai pas le choix, tant pis pour le poste de chef de service je m'en remettrai. Je me détacherai uniquement si tu n'as pas d'autres solutions...
- C'est bien parce que tu es ma collègue préférée, sourit-il chaleureusement.
- Merci…
La blonde lui rendit un léger sourire avant de repartir en courant vers son bureau personnel dans lequel elle entra après un signe vers son collègue qui l'avait regardé détaler et qui mima : « Tu es là mais tu n'es pas là, compris ! ».
Clarke s'écroula dans sa chaise de bureau et porta son regard humide vers le cadre photo où elle et l'héritière étaient amoureusement enlacées devant la tour Eiffel. Il allait falloir organiser les recherches parallèlement à celles de la police et ce en toute discrétion.
Lexa serra les dents, retenant son cri de douleur une nouvelle fois ce qui ne manqua pas de faire enrager son tortionnaire. Les coups de ceinture étaient brûlants, même si les vêtements atténuaient ces derniers, la douleur était bien présente car le mafieux n'y allait pas de main morte. Il laissa filer un sourire mauvais après s'être frotté le visage entre ses mains, essoufflé :
- Je dois avouer que tu as la peau plus dure que je ne le pensais Donati…
- Tes coups feraient pleurer de rire mon grand-père, cracha t-elle. Détache-moi si tu es un homme que je te montre comment on frappe !
- Tutututtt… On commence à peine à s'amuser…
- Il n'y a que toi qui t'amuses… Moi je m'ennuie !
- Bordel ! Mais vas-tu te taire sale prétentieuse !
- C'est plus amusant de te voir enrager ! Répondit la brune avec un crachat ensanglanté pour le visage de Quint qui se le prit en plein dans les yeux.
Le mafieux lâcha un cri de rage et sortit son arme à feu avant de la coller contre la tempe de l'héritière qui ne montra pas une seconde sa crainte. Au contraire, son regard vert affirma qu'elle avait encore de quoi se battre contre les coups et les menaces.
- Tire. Vas-y… Nia sera contente de s'être enfin débarrassée des deux derniers Donati… mais ça ne rendra pas la partie plus facile...
Une lueur d'hésitation apparut un court instant dans le regard de l'homme de main des Barzetti ce qui offrit une information supplémentaire à la brune :
- Oh… Nia n'est visiblement pas au courant de ce que tu t'amuses à faire en ce moment…
- Ta gueule !
- Je dois avouer que c'est l'idée la plus brillante de l'année que tu ais eu… M'enlever la veille des élections ne pourra que me faire remonter dans les sondages… Je vais devoir te remercier en personne après l'élection Quint…
- Pas si tu meurs avant !… Menaça t-il en enlevant la sécurité de son arme.
- La question est : as-tu réellement les couilles de me tuer Quint ?... Le provoqua t-elle. Tu seras l'homme à abattre si tu le fais donc réfléchis bien.
Elle sentit le canon de l'arme griffer sa peau… Elle devinait la nervosité qui parcourait le bras du mafieux : Quint était indécis. Même s'il était sadique, pourquoi faire durer le plaisir alors qu'il pouvait se débarrasser d'elle immédiatement ? Et si cet enlèvement n'était pas si anodin ?
- Tu t'es fait piéger Quint n'est-ce pas ? Conclut-elle avec un sourire satisfait.
- La ferme je t'ai dit ! Aboya t-il.
- Impossible que tu saches où j'allais à moins que l'information t'ait été transmise à mon insu... Les Morello t'ont bien eu on dirait... Tu seras leur bouc émissaire pendant qu'ils prendront tranquillement le contrôle de la mairie et du reste de Syracuse grâce à ma disparition... Nia Barzetti sera rapidement hors jeu face à eux.
- TA GUEULE ! TA GUEULE ! Tu étais au courant salope ?!
- Quint ! Appela le jeune homme qui les avait aidé à organiser l'enlèvement.
- Quoi ?!
- Ça sent pas bon… Il faut qu'on bouge… Les flics commencent à quadriller les environs… Dès que les chiens seront lâchés ce sera fini. Ils vont finir par nous trouver avec les traces de la voiture !
- Fais chier ! Cracha t-il. Détache-moi cette garce, on bouge !
La brune laissa échapper un soupir de soulagement quand la corde la maintenant en hauteur fut tranchée. Elle crut qu'elle allait tomber au sol et s'était préparée à encaisser le choc de son corps meurtri mais Tristan la réceptionna à temps ce qui ne l'empêcha pas d'émettre un grognement de douleur qu'elle étouffa au mieux. Elle échangea un bref regard avec son ancien homme de main qui resta muet. Quint saisit le menton de l'héritière pour qu'elle le regarde :
- Que dirais-tu d'inviter quelqu'un à notre petit jeu...? J'aimerai voir si ta jolie docteur a autant de cran et de voix que ta petite Costia... Si je tombe, je vous fait tomber toutes les deux mes salopes !
Les sourcils de Lexa se froncèrent immédiatement mais elle garda son sang froid :
- Tu peux dire ce que tu veux Quint, tu es un homme mort...
- Oh tu souhaiteras ça plus que tout lorsque je violerai ta sale blondasse sous tes yeux !
Il ne lui laissa pas le temps de répondre car il lui enfonça un chiffon dans la bouche qui agressa la brune qui manqua de s'étouffer. Elle ne lutta pas afin de respirer du mieux qu'elle le pouvait. Il déchira sa veste de tailleur pour éparpiller des morceaux un peu partout à l'intérieur et à l'extérieur du hangar afin de tromper le flair des chiens.
- Charge-la dans le van, on se barre et trouve moi la ligne du Docteur Griffin.
La médecin se frotta le front face à ses deux interlocuteurs : Victor et Gaïa se disputaient la façon de procéder afin de rechercher Lexa et la blonde commençait à perdre patience. L'un ne voulait rien annoncer tandis que le second voulait au contraire alerter toute la population. Cela faisait déjà une heure que Lexa avait été kidnappé à présent et le jour s'était enfin levé.
- Ca suffit tous les deux ! Lexa est séquestrée on ne sait où et Raven est entre la vie et la mort ! Cria t-elle en frappant du poing sur son bureau. La campagne et les promesses qui vont avec passent en second plan compris ?!
Elle serra la mâchoire sous la douleur mais continua :
- Victor, mets-toi en contact avec Gustus, il t'indiquera où il a besoin de tes hommes.
- Ca m'étonnerait que ce sale raciste veuille de mon aide, répliqua le noir, acerbe.
- Dis-lui que s'il a un problème avec toi, qu'il vienne le régler avec moi ! Maintenant dehors et cherche Lexa ! C'est ton amie merde !
Le dealer serra la mâchoire et plissa les yeux mais se contenta de hocher la tête avant de sortir du bureau rapidement. Le regard océan de la médecin se porta ensuite sur la chargée de campagne de sa femme. Elle n'avait jamais eu le temps de rencontrer cette Gaïa Salomon et elle comprenait maintenant pourquoi cette femme pourrait devenir dans le futur dangereuse pour leur couple. Ses yeux étaient hypnotisant et sa voix tout aussi séduisante.
- Je vais alerter la presse locale au sujet de l'enlèvement ainsi que les commerçants, peut-être voudront-ils nous aider dans les recherches.
- Très bien...
La fille d'Indra posa une main se voulant apaisante et amicale sur celle du Docteur Griffin qui fronça les sourcils.
- J'aurai aimé te rencontrer dans d'autres circonstances car Lexa n'a que ton prénom à la bouche... Tu dois être vraiment exceptionnelle.
Clarke hésita sur sa réponse mais décida de rester polie : ce n'était clairement pas le moment de jouer la femme jalouse alors que Gaïa était une alliée importante.
- Merci... Tu as l'air de quelqu'un de très important pour Lexa aussi.
"Un peu trop d'ailleurs vu le nombre de fois où ton prénom sort d'entre ses lèvres..." Se dit-elle pour elle-même.
- CLARKE ! Cria soudainement Octavia en entrant sans frapper dans le bureau ce qui fit sursauter les deux femmes à l'intérieur.
- Octavia... Souffla la médecin en se levant de sa chaise pour aller prendre les mains de son amie.
- Mon Dieu alors c'est vrai ?! Raven est...
- Elle est encore au bloc... Mon collègue fait son maximum pour la sauver...
- C'est pas possible bon sang... Pourquoi ce n'est pas toi qui l'opère ?... S'écroula la brune, en larmes.
- C'est le Dc Jackson qui a été appelé O'... Je suis désolée... C'est un excellent chirurgien...
Gaïa fit un signe discret à la médecin avant de sortir. Clarke enlaça son amie avec force et les deux jeunes femmes restèrent enlacées silencieusement, laissant les larmes couler sans se juger. Octavia se redressa légèrement, soufflant :
- Clarke... Je l'aime... je... c'est trop injuste... Hier on s'est enfin avouées nos sentiments et... est-ce qu'elle va mourir ?... Tu es médecin... Dis-moi la vérité...
- O'... Souffla la blonde. Le Dc Jackson est un excellent chirurgien et Raven est une battante... Il faut qu'elle s'accroche, il fera le reste...
- Clarke. Ne me sors pas les explications bidons que sortent les infirmières aux familles pour les faire attendre... Ne mens pas : est-ce qu'elle va s'en sortir ?!
- Si l'œdème crânien se résorbe, oui, elle a toutes ses chances... Si ce n'est pas le cas la pression risque d'asphyxier son cerveau... Le plus gros problème est la zone où est l'hématome... Il y a énormément de risques et si aucun membre de la famille ne se présente pour décider pour elle il y aura un comité pour...
- Pour décider si elle est opérable ou non... termina Octavia, les larmes coulant toujours.
- Oui...
- Avec la politique de ce pourri de Cage Morello, le comité refusera de se mouiller !
Clarke fronça les sourcils au nom énoncé et demanda :
- Quel nom tu as dit...?
- Cage Morello pourquoi ? Clarke tu vis sur quelle planète ?! Tout le monde déteste cette ordure ! C'est le directeur adjoint d'exploitation de l'hôpital ! Il ne pense qu'à l'argent ! C'est à cause de lui que l'hôpital va si mal ! Tout était bien mieux quand tu étais directrice ! Au moins tu savais ce qui valait le coup d'être tenté même s'il y avait des risques derrière pour l'établissement ! Tu pensais avant tout au patient ! On le soupçonne d'avoir harcelé la directrice t'ayant remplacé quelques temps pour prendre sa place mais il n'y a aucune preuve... Il fait l'intérim en attendant qu'elle reprenne ses fonctions. C'est un vrai goujat qui pense que toutes les femmes lui appartiennent ! Il est détestable au possible !
La médecin garda le silence, honteuse d'avoir de nouveau été si égoïste. A l'époque où Becca lui avait forcé la main, elle n'avait cessé de râler au sujet de ce poste de directrice car elle ne souhaitait qu'une chose : sauver des vies au bloc. Au final, elle ne s'était encore une fois pas aperçue qu'elle faisait bien plus en remplissant de la paperasse à n'en plus finir et en enchainant des réunions afin de statuer sur des cas exceptionnels.
- Ne t'en fais pas O'. Je te fais la promesse d'opérer moi-même Raven si le comité refuse de prendre le risque, dit-elle, déterminée.
- C'est vrai ? Balbutia la secrétaire, surprise. Tu risques de grosses sanctions...
- Et on risque de perdre bien plus si cette opération n'a pas lieu... Croisons les doigts pour que l'œdème se résorbe de lui-même...
- Oui, acquiesça Octavia, l'espoir se lisant dans ses yeux humides.
- Tu saurais m'indiquer le bureau de ce Cage Morello...?
- Il est dans ton ancien bureau... Viens !
Les deux femmes quittèrent au pas de course le bureau de la chirurgienne pour aller jusqu'à l'ascenseur mais Lincoln les intercepta en chemin avec Matteo dans les bras. Le petit était complètement chamboulé, ne comprenant pas pourquoi il avait été sorti de son lit si tôt et si brusquement. Il pleurait à chaudes larmes contre le torse de son père qui s'excusa :
- Je suis désolé Octavia... Il n'arrête pas de te réclamer et de pleurer... Je vais devoir prendre mon service... Je peux contacter ma tante si tu veux pour le garder...
- Non merci Linc', je préfère le garder près de moi... Souffla la brune en récupérant son fils qui s'accrocha à elle comme une moule à son rocher.
- Clarke, j'ai appris pour Lexa... et Raven... Je suis désolé...
La blonde le remercia silencieusement et indiqua à son amie :
- Va lui prendre un chocolat chaud et quelque chose à manger ça le rassurera peut-être... Je te rejoins dès que j'ai vu ce Cage Morello. Restez en sécurité dans mon bureau d'accord ? Ilian veillera sur vous.
- D'accord...
Le tintement de l'ascenseur fit décoller Clarke qui sauta presque à l'intérieur de la cabine et appuya sur le bouton du dernier étage. Elle pesta intérieurement quand plusieurs infirmières montèrent à ses côtés et sélectionnèrent différents étages : l'ascension allait être interminable.
- Un véhicule conforme à la description du Capitaine Blake vient d'être repéré aux abords d'une entreprise portant le nom de « Cicala Azienda », informa une voix par radio. Pas de mouvements visibles depuis l'extérieur. À vous unité Anti-Mafia.
Bellamy sauta sur celle-ci et ordonna :
- Envoyez les coordonnées et attendez les renforts pour intervenir. On ne sait pas combien ils sont et s'ils menacent de tuer Madame Donati. Je répète, attendez les renforts !
- Bien reçu Capitaine Blake. En attente de renfort… Les coordonnées exactes sont…
Le brun enregistra les informations puis changea de canal afin de s'adresser à son unité uniquement :
- Je vous veux tous là-bas le plus vite possible.
- Bien reçu Capitaine, répondirent un à un les membres de l'unité anti-mafia.
Bellamy fronça les sourcils car il manquait une confirmation :
- Collins ? Tu as entendu ?
- Oui Bell' j'ai entendu mais je suis en route pour aller voir Clarke… Je dois lui parler…
- On a besoin de toi sur le terrain Finn !
- Et moi j'ai besoin de savoir que Clarke est en sécurité ! Vous vous débrouillerez très bien sans moi ! Je vous rejoins dès que je l'ai vu.
- Collins ! Aboya le brun mais son collègue ne répondit pas.
La situation pouvait devenir critique à tout moment : plus le temps filait, plus les chances de retrouver l'héritière sicilienne en vie se réduisaient.
Un grognement douloureux échappa à l'homme aux cheveux grisonnants quand son dos heurta son immense bureau en chêne massif qui avait autrefois appartenu à Titus Donati. Dante Morello devait approcher des soixante quinze ans et malgré son physique entretenu n'était plus aussi solide qu'auparavant. Il faisait parti des vieux pontes mafieux n'ayant jamais quitté la Sicile pour tenter la grande aventure en Amérique.
- Tu vas parler espèce de salopard ?! Lui ordonna Gustus qui semblait enragé. Où est Lexa ?!
- Je n'en ai pas la moindre idée Gustus...! Répondit Dante.
- TU MENS ! Elle devait te rencontrer aujourd'hui !
- Et elle n'est pas venue ! Bon sang Gustus ! Crois-tu vraiment qu'il serait dans mon intérêt de vouloir du mal à la future maire de Syracuse qui a été notre Dona ?!
- JE NE TE CROIS PAS ! NE ME FAIS PAS REPETER ! OU EST LEXA ?! Aboya le sicilien en braquant son pistolet contre la tempe du Morello.
Un soupir échappa au vieil homme qui secoua la tête, nullement effrayé :
- Tu peux me tuer si ça soulage ta colère mais ça ne t'indiquera en rien où se trouve Lexa en ce moment même. Quel est mon intérêt à vouloir du mal à cette jeune femme si talentueuse ? Elle est la digne héritière des Donati contrairement à ce vulgaire bâtard qui lui servait de frère et qui s'est proclamé héritier légitime lorsqu'elle a fui sous la pression.
- Il dit peut-être la vérité, supposa Victor qui avait suivi les hommes de Gustus jusque chez Dante Morello qui s'était installé dans l'ancienne maison de l'ancien Don.
Ils étaient entrés en force dans la résidence grâce à Gustus car il connaissait les moindres recoins de cette vieille bâtisse. Une dizaine d'hommes avaient été abattus de sang froid par l'équipe de l'ancien garde du corps de la Donati : un véritable carnage.
- Je t'ai rien demandé le singe ! Répondit-il abruptement.
- Tss... Souffla le dealer, fatigué et agacé.
- Gustus bien que ça m'insupporte, ce macaque a raison... Je dis la vérité. J'ai été agréablement surpris de l'appel de Lexa... Je ne lui veux aucun mal, j'ai tout simplement cru qu'elle avait changé d'avis. Je l'ai attendue une demi-heure avant de revenir chez moi.
- Ce n'est pas chez toi... Souffla agressivement le sicilien.
- Nous n'avancerons jamais si tu restes aussi agressif... S'il y a un de nous deux qui devrait être contrarié, ne crois-tu pas que ce devrait être moi ? Tu as éliminé la plupart de mes hommes et tu me meurtris pour quelque chose que je n'ai pas commis. Gustus... J'ai toujours soutenu Titus même lorsqu'il nous a annoncé que sa petite-fille prendrait sa relève... du jamais vu dans la mafia... Une femme pour contrôler un monde appartenant aux hommes... Beaucoup étaient en colère mais pas moi.
Le mafieux prit le temps de réfléchir puis finit par lâcher sa victime, l'aidant même à se redresser. Dante grimaça de douleur en se tenant le dos avant d'aller s'assoir dans son fauteuil en cuir. Il se servit un verre de whisky et le porta à ses lèvres, pensif.
- Qui alors ?! S'impatienta Gustus.
- Ca me fait mal de le penser mais je pense que j'ai été trahi par ma propre chair...
- Ton fils ?!
- Oui... Il était contre cette rencontre. Depuis qu'Aden Donati a été mis aux arrêts et incarcéré... je le trouve un peu trop téméraire.
- Où est-il ?!
- A l'hôpital de Syracuse...
- Retour au point de départ, remarqua Victor.
- En avant ! Ordonna Gustus. Camillo tu restes-là. Si je t'appelle, tu lui fous une balle dans la tête, compris ?!
- Oui, répondit son homme de main en se postant derrière le sexagénaire.
Les lèvres du vieux Morello s'incurvèrent vers le bas : visiblement il n'était pas totalement sorti d'affaire. Il laissa échapper quelques mots avant que les hommes de main de l'ancienne Dona ne disparaissent :
- Ne lui faites pas de mal... Ce n'est pas un mauvais garçon...
- Oui tout à fait Madame Barzetti, j'ai de grands projets pour cet hôpital voyez-vous... bien différents des projets de cette incapable de Becca Giordano et de son petit clone sur pattes du nom de Griffin... Sourit Cage Morello.
Le jeune homme devait avoir environ la trentaine et était soigneusement coiffé et habillé, respirant le luxe. Ses cheveux étaient châtains foncés et coiffés en arrière malgré leur volume. Il portait un costume italien fait sans doute sur mesure et valant un prix onéreux.
- Griffin ? Oui elle est revenue... mais elle n'est qu'un amuse-gueule... Et je dois avouer qu'elle a du talent en plus d'avoir un physique...
La porte de son bureau s'ouvrit brutalement et avec une telle force qu'elle tapa violemment contre le mur où elle était accrochée.
- Qu'est-ce que ?! S'étrangla t-il en se levant de sa chaise.
- Je suis désolée Monsieur Morello ! J'ai essayé de la retenir mais...
- Je dois vous parler ! Lança Clarke.
- Docteur Griffin... Je parlais justement de vous à une intéressante collaboratrice... Madame, je dois vous laisser... Je vous recontacterai très prochainement. Laissez Monica, je vais recevoir le Docteur Griffin.
- Très bien... N'oubliez pas votre réunion avec le conseil d'administration dans dix minutes... Souffla la secrétaire.
Cage se mit à fixer avec curiosité la médecin qui semblait vraiment remontée alors qu'ils ne s'étaient pourtant jamais rencontrés depuis son retour sur son poste de chirurgienne. La blonde n'était intéressée que par la pratique. Il ajusta sa cravate ainsi que son gilet de costume.
Clarke était au bord de l'explosion : l'attente dans l'ascenseur n'avait fait qu'empirer son état d'énervement sans compter cette potiche blonde servant de secrétaire qui avait tenté de lui faire avaler que le Morello n'était pas présent dans son bureau alors qu'elle avait entendu des bribes de conversation comme s'il était au téléphone. Elle se rendit soudainement compte de son comportement irrespectueux et après une inspiration s'expliqua :
- Veuillez excuser mon comportement quelque peu cavalier mais il fallait que je vous parle de toute urgence Monsieur Morello et votre secrétaire ne semblait pas l'entendre de cette oreille… Grinça t-elle.
- Il est vrai que Monica est très efficace… Aussi féroce que le chien Cerbère gardien des Enfers... Plaisanta t-il. Je m'excuse à mon tour de ne pas avoir pris le temps de me présenter depuis votre retour, voyez vous je suis un homme occupé mais sachez que j'ai de bons échos vous concernant. J'imagine que votre colère vient du fait que vous avez appris que je donnais malgré tout le poste de chef de service du secteur traumatologie au Docteur Jackson n'est-ce pas ?
- Que... Quoi ? Répondit Clarke, ne s'attendant pas à cette question. Non… Eric est un médecin très talentueux et ce poste il saura pleinement l'occuper tout en remplissant les fonctions exigées… Non ! Je suis ici pour bien autre chose Monsieur Morello.
- Et bien dites-moi car visiblement vous êtes dans un état de fureur que je n'explique pas... Répondit-il, faisant l'innocent.
Le Morello se doutait bien de ce qui amenait la médecin jusqu'à lui. Si la Donati avait confié à sa compagne le nom de celui qu'elle allait voir, il était tout à fait possible que la blonde ait fait le rapprochement.
- Je veux savoir si vous faites partie de la famille de Dante Morello.
- En effet, c'est mon père mais je ne vois pas en quoi…
- Êtes-vous acteur de l'enlèvement de Lexa ?! Coupa brusquement la médecin, choisissant d'être franche au risque de se mettre en danger face à un possible mafieux.
- Pardon ? L'enlèvement de Lexa ? Vous parlez de Madame Donati ? Elle a été enlevée ? Feinta t-il mais son jeu d'acteur laissait clairement à désirer.
- Ne faites pas l'imbécile ! Je ne fais peut-être pas partie de ce « monde » mais je ne suis pas idiote ! Cette rencontre, Lexa cherchait à l'éviter à tout prix du fait des liens de votre famille vis-à-vis de la mafia ! Si elle l'a finalement acceptée c'est uniquement pour avoir de l'aide pour sa campagne ! Et votre famille lui a tendu un piège ! Cria Clarke, sa colère montant en flèche.
Cage se mordilla la lèvre, fortement amusé par le caractère bien trempé de cette jeune femme. Il se leva pour contourner son bureau et se planta devant la médecin qui se recula, méfiante.
- Vous êtes fidèle à la description que les Familles font de vous Mademoiselle Griffin : insolente et imprudente. Il y a des sujets qu'il faut aborder discrètement. Enfin... Je vais être tout aussi franc que vous l'êtes avec moi : ma famille n'a rien à se reprocher concernant la nouvelle que vous m'annoncez. Nous soutenons déjà la campagne de Lexa Donati bien qu'elle ne nous ait rien demandé.
Le directeur se recula légèrement pour appuyer son bassin contre l'immense bureau derrière lui. Il croisa ses mains et les posa sur la boucle de sa ceinture, continuant :
- Allons Docteur Griffin... Pourquoi voudrions-nous du mal à Lexa Donati ? C'est une jeune femme admirable... Vouloir sauver Syracuse, que dis-je la Sicile toute entière de l'emprise de la mafia... Jamais personne n'a eu le courage ne serait-ce que d'y penser.
- Il n'y avait que votre famille qui était au courant de ce déplacement… Comment expliquez-vous cela ?!
- Comme je vous l'ai dit il y a quelques secondes, je ne l'explique pas. Tout ce que je peux vous proposer c'est de vous donner le numéro de mon père Dante Morello. Peut-être aura t-il plus d'éléments à vous communiquer s'il a pu la voir avant son accident…
Clarke dont la colère commençait à redescendre s'alerta au dernier mot utilisé par Cage Morello : elle n'avait à aucun moment parlé d'un accident mais bien d'un kidnapping. Elle se laissa tomber dans l'une des chaises confortables installées face au bureau et laissa ses larmes couler entre ses mains qu'elle utilisa pour camoufler son visage, simulant des pleurs plus prononcés. Cela ne laissa pas l'homme de marbre puisqu'il passa doucement derrière elle pour poser ses mains sur les épaules de la jolie blonde qui se laissa faire. Les doigts du directeur se mirent à masser les épaules fines de la médecin qui continuait à pleurer.
- Allons Mademoiselle Griffin… La police va la retrouver…
- Elle est peut-être déjà morte bon sang… Lexa… Mon Dieu…
- Ne désespérez pas si vite Clarke… Souffla Cage.
L'utilisation de son prénom indiqua à la médecin que le brun était en train de baisser sa garde. Étrangement, les doigts de Cage avaient commencé à glisser des épaules à ses bras, cet homme avait de la suite dans les idées visiblement. Il approcha ses lèvres de son oreille gauche, chuchotant :
- Sachez que vous pouvez compter sur moi Clarke. Ne ruminez pas seule… N'hésitez pas si vous avez besoin de parler, d'accord ?
- Merci… Chuchota la blonde en réponse. Je… Je vais retourner prendre des nouvelles de Raven… Le Docteur Jackson semblait confiant tout à l'heure…
- Raven ? Répéta t-il, arquant un sourcil soucieux.
- Oui… Raven Reyes, elle travaille en tant que chauffeuse et est au bloc actuellement… Elle a survécu à l'accident… Peut-être pourra t-elle nous donner plus d'éléments… Le Capitaine Blake était sur les lieux lorsque tout est arrivé. Il a déjà pu identifier un suspect mais il est plutôt du genre à exécuter plutôt qu'à penser…
- Ce serait une bonne chose… Répondit-il mais ses doigts s'étaient légèrement resserrés sur la blouse de médecin de Clarke qui en profita pour se défaire de son étreinte peu professionnelle.
- Je vais quand même prendre le numéro de votre père si vous n'y voyez pas d'inconvénients Monsieur Morello… Termina Clarke en se mouchant et en faisant mine d'essuyer ses larmes sur ses joues en se tournant par pudeur.
- Bien sûr…
Le directeur retourna derrière son bureau pour sortir une carte portant le nom de son père et la tendit à la médecin avec un sourire légèrement crispé :
- Tenez… Sachez que je prie pour vos amies.
- Merci beaucoup Cage… Le remercia la blonde en quittant son bureau rapidement.
Clarke fonça droit sur Ilian lorsqu'elle arriva vers son bureau et lui demanda de le suivre à l'intérieur d'une salle de stockage. Le garde du corps demanda rapidement :
- Qu'y a t-il Docteur Griffin ?
- J'ai de forts soupçons sur le fait que le directeur adjoint Cage Morello est lié à l'enlèvement de Lexa. Il a semblé dérangé à l'idée que Raven ait survécue... Pouvez-vous veiller sur elle ?
- Bien entendu mais pour votre amie et son fils ?
- Ils voudront sans doute être près d'elle donc vous pourrez les protéger tous les trois.
- Vous pensez que quelqu'un pourrait atteindre à la vie de Reyes ?
- Je sais que ça fait scénario de film mais je ne connais pas tout le personnel médical de l'hôpital... encore moins ceux qui ont besoin d'argent. J'ai confiance en le Dc Jackson mais pas autant envers les infirmiers et aide-soignants qui se relaieront pour les soins.
- Très bien. Je vais prendre en charge la protection de Reyes. Je vais appeler un collègue pour qu'il vous...
- Non, ce n'est pas moi qui ai besoin d'être mise en sécurité pour le moment Ilian. Ils en veulent à Lexa, pas à moi. Laissez à Gustus tous ses effectifs, il en a plus besoin que moi à l'heure actuelle.
- Ce n'est pas la procédure Dc Griffin...
- Ilian ne faites pas l'imbécile ! Bon sang que vous êtes butés tous avec vos règles ! S'agaça la blonde. J'appellerai Victor pour lui demander de me protéger si cela peut vous rassurer...
Ilian ne semblait pas satisfait de la solution de la blonde. Son portable se mit à sonner avant qu'il ne puisse répondre. Il décrocha avant d'échanger quelques mots pour finalement planter son regard dans celui de la médecin.
- Vous expliquerez à Gustus directement pourquoi vous ne souhaitez pas de garde du corps Dc Griffin. Il sera bientôt là. Ils viennent voir Cage Morello pour le faire parler, visiblement vos soupçons ont l'air d'être en accord avec la piste trouvée par Gustus.
Clarke serra les poings : Gustus serait intransigeant sur la question de la sécurité avec elle mais elle voulait plus que tout aider à retrouver sa compagne plutôt que de jouer le pot de fleur ayant le rôle de compagne de l'héritière Donati. Si seulement elle avait plus d'informations...
La médecin se laissa tomber dans son siège de bureau. Elle s'était enfermée dans la pièce afin de ne pas être dérangée. Octavia était partie avec Ilian pour surveiller la sortie de Raven en salle de réveil. Elle posa ses coudes sur le meuble devant elle, posant ses mains sur son front comme pour l'aider à réfléchir mais elle n'avait pas plus d'idées. Gustus ne tarderait pas à arriver et elle s'inquiétait du carnage qu'il pourrait faire. Elle sentait au fond d'elle que Cage Morello était lié à ce kidnapping et il n'y avait pas de temps à perdre... La violence n'était pourtant pas la solution mais que pouvait-elle bien faire...? Bellamy n'avait pas donné signe de vie et les médias étaient enfin au courant : Syracuse semblait à feu et à sang. Son téléphone semblait devenir fou devant les différentes alertes qui spammaient l'écran sans compter les centaines de coups de fil. Sans doute était-ce des propositions d'interviews... Elle parcourut en diagonale les différentes nouvelles mentionnant l'enlèvement de l'héritière la veille des élections : était-ce une mise en scène afin de faire tourner le vent en faveur de la Donati ou bien était-ce un rappel à l'ordre de la mafia pour montrer aux habitants de Syracuse que personne n'était immortel et ne pouvait la défier impunément.
Son regard s'arrêta sur l'heure : cela faisait quasiment deux heures à présent. Elle remarqua finalement un mail de la brune qu'elle n'avait pas encore lu :
"Mon amour, merci encore pour m'avoir aidé à ne penser à rien ces deux derniers jours. La vie est tellement délicieuse à tes côtés que je ne m'en lasserai jamais. J'ai hâte de porter le nom de ta famille lorsque nous nous marierons car oui, je serai extrêmement fière de m'appeler Lexa Griffin. Ce nouveau chapitre de la vie à tes côtés me permettra enfin de tourner réellement la page de mon ancienne vie. Je t'embrasse..." Lexa Donati-Woods
De nouvelles larmes se mirent à couler le long de ses joues à la lecture : elle ne s'imaginait plus vivre sans Lexa à présent et la savoir en danger était insoutenable. Elle aurait préféré que l'on lui inflige mille et une tortures plutôt que d'être loin et sans nouvelle de sa compagne. Son oreille fut attirée par des cris venant de l'extérieur. Elle se pencha à sa fenêtre pour observer un attroupement de syracusains qui portaient des pancartes et semblaient mécontents. Elle ouvrit la fenêtre pour mieux voir et put lire des messages tels que "STOP MAFIA !" "TROP C'EST TROP !" "RELACHEZ LEXA DONATI !" "ON A PLUS PEUR !" "DONATI A LA MAIRIE PAS AU CIMETIERE !". Les habitants semblaient déchaînés malgré l'heure matinale, il devait être environ 9h à présent.
Ce petit mouvement de soutient ralluma un peu d'espoir chez la blonde qui remarqua alors l'arrivée des SUV sombres annonçant la visite de Gustus. Les manifestants mécontents semblaient gêner les véhicules ce qui arrangea la jeune femme : le Giordano risquait de l'enfermer à double tour dans son bureau pour être sûr qu'elle ne tenterait pas quelque chose de stupide. Il fallait vite qu'elle quitte l'hôpital si elle voulait avoir une chance d'aider aux recherches de Lexa mais elle ne savait pas par où commencer. Il lui fallait de toute façon un véhicule pour ses recherches... Par chance, Octavia avait laissé son sac à main sur la chaise devant son bureau. Elle fouilla, s'excusant par la pensée sur ce qu'elle s'apprêtait à faire : elle mit la main sur un trousseau de clé qui semblait contenir la clé d'une voiture.
Elle prit le temps de respirer, cherchant à retrouver son calme : faisait-elle une erreur en faisant cavalier seul ? Un bruit étrange la sortit de ses pensées. Elle releva la tête et fit le tour de la pièce du regard. Un papier plié venait d'être glissé sous sa porte. Elle se leva aussi vite qu'elle le put et ouvrit la porte par réflexe mais elle ne vit personne en particulier. Le personnel médical de l'étage vaquait à leurs occupations propres. La médecin referma la porte et ramassa le papier qu'elle déplia : un numéro de téléphone y était inscrit. Elle attrapa son portable aussi vite qu'elle le put et composa le numéro. Après quelques sonneries, la voix qu'elle entendit lui fit froid dans le dos :
- Salut beauté... Tu n'as pas mis longtemps...
- Quint... Souffla la blonde. Où est Lexa ?!
- Elle est avec moi... mais je pense que je ne vais pas la garder encore très longtemps... Elle est franchement ennuyante à mourir...
- Vous n'avez pas intérêt à lui faire du mal vous m'entendez ?!
- Sinon quoi ? Tu vas appeler la police ? Haha ! Pauvre imbécile !
- Je veux lui parler !
- Non tu n'auras pas ce privilège sauf si...
- Si quoi ?!
- Tu nous rejoins pour qu'on s'amuse tous les trois... Qu'en dis-tu ?
- Je viendrai mais je veux lui parler... J'ai besoin de savoir qu'elle est en vie...
Il y eut un blanc quelques secondes couvert par des bruits de frottement comme si Quint semblait se déplacer puis soudain la voix qu'elle chérissait tant :
- Clarke ! Ne viens pas ! Cria t-elle avant que sa voix ne soit de nouveau étouffée.
- La ferme ! Cria Quint.
- Lex' ! Lex !
- C'est bon tu l'as assez entendue, coupa la voix du mafieux.
- Non ! Ne lui faites pas de mal ! Supplia la médecin dont le cœur semblait au bord de l'explosion.
Entendre la voix de Lexa avait été à la fois un supplice et un soulagement.
- Rends-toi à l'adresse que je vais t'envoyer et sache que si tu préviens la police ou Gustus je collerai une balle dans la tête de ta petite chérie... Tu as trente minutes, pas une de plus ! Ah... et viens avec ta blouse de médecin sexy...
La communication coupa. Clarke n'hésita pas une seconde, elle attrapa les clés, fouilla dans un de ses tiroirs de bureau et fila par les escaliers pour se rendre au sous-terrain le plus vite possible sans que personne ne la voie.
- Clarke ! Entendit-elle brièvement alors que la porte menant aux escaliers de secours claquait derrière elle.
Elle avait couru et n'avait pas mis longtemps à trouver la voiture d'Octavia car elles avaient leur place attitrée au sein du parking sous-terrain. Son amie était venue avec la Jeep de Raven ce qui serait pratique car l'adresse envoyée semblait se trouver en pleine cambrousse. Elle démarra le moteur et coinça son téléphone sur le tableau de bord pour lui demander de la guider jusqu'à l'adresse reçue. Elle se doutait qu'elle faisait une grosse erreur mais il fallait qu'elle essaye où elle s'en voudrait toute sa vie s'il arrivait malheur à Lexa parce qu'elle avait décidé de rester passive.
La médecin ne cessait de regarder l'heure affichée sur le tableau de bord et manqua de rater l'embranchement que lui indiquait de prendre le GPS de son téléphone. La Jeep était parfaite pour rouler sur le chemin de terre sur lequel elle s'engagea. Elle ne prenait même pas le temps de ralentir devant les bosses ou les flaques de boues jonchant le chemin. Une tempête de poussière se levait derrière le véhicule de la blonde.
Elle s'arrêta à une vingtaine de mètres de sa destination finale. Elle pouvait distinguer une maisonnette que personne n'aurait pu imaginer du fait de la présence de champs tout autour sur plusieurs kilomètres. Elle tenta de calmer son stress : ses mains tremblaient et elle en glissa une dans la poche droite de sa blouse de médecin pour en sortir le petit pistolet que Lexa l'avait obligée à garder dans son bureau. Il était plutôt léger et discret, parfaitement adapté à sa main. Elle l'avait acceptée pour faire plaisir à la brune mais elle s'était promis de ne jamais l'utiliser. Elle était médecin : elle avait prêté le serment d'Hippocrate. Elle se devait de sauver la vie de n'importe quelle personne, qu'elle soit mauvaise ou bonne mais jamais d'attenter à la vie de quelqu'un grâce une arme.
Elle ferma les yeux et souffla, tentant de se calmer. Après plusieurs secondes, elle décida de sortir du véhicule après avoir cachée l'arme dans la poche de son jean recouvert par sa blouse blanche de médecin. Elle n'eut pas à faire beaucoup de pas avant d'apercevoir Quint sortir de la maisonnette.
Le mafieux laissa filer un grand sourire :
- Tu es venue...
- Je veux voir Lexa ! Cria la blonde en levant les mains, montrant ainsi qu'elle était pacifiste.
- Moi je l'ai assez vue, c'est toi que je veux voir... Et si tu venais me saluer de plus près ?... Tes parents ne t'ont jamais appris la politesse ?...
Clarke baissa les mains, sourcils froncés.
- Je ne sais pas à quoi vous jouez mais il est hors de question que je m'approche de vous... Le prévint la blonde.
- Viens ici ! Ordonna t-il en avançant d'un pas menaçant.
- Ne m'approchez pas ! Cria Clarke en sortant l'arme cachée à l'arrière de son jean.
Sa main tremblait ce qui arracha un rire à Quint qui avança :
- Qu'est-ce que tu comptes faire avec ça ? Me tuer ? Allons... Donne-moi ça avant de te blesser...
Pourtant un coup de feu partit ce qui fit sursauter le mafieux. La balle s'était enfoncée dans le sol à droite de Quint qui fronça les sourcils.
- Je dois avouer que tu es pleine de surprises Doc'...
Sans hésiter une seconde, il fonça vers la médecin tel un prédateur sur sa proie. Clarke recula rapidement avant de faire demi-tour pour lui échapper.
- Lexa ! Cria t-elle, effrayée en courant aussi vite qu'elle le put pour rejoindre la Jeep.
A l'intérieur de la bâtisse, Lexa s'agitait comme elle le pouvait. Elle avait vu Quint sortir de la maison et elle avait deviné pourquoi le mafieux était si excité : Clarke était venue. Le coup de feu l'avait mise dans un état second sans compter ce cri effrayé qui lui avait déchiré le cœur. Si elle n'était pas immobilisée et en possession d'une arme, elle aurait sûrement commis l'irréparable. Elle sentait en elle ce côté sombre qu'elle craignait tant refaire surface. Son sang mafieux bouillonnait en elle et réclamait le sang de ses tortionnaires. Elle avait été attaché à une chaise et était toujours bâillonnée mais malgré la douleur, elle tentait de faire avancer la chaise pour voir à travers la fenêtre ce qu'il se passait et allait bientôt y arriver lorsque le nouvel acolyte de Quint se posta devant elle pour lui barrer le passage.
- Je crois pas que Quint t'ait autorisé à bouger salope ! Dit-il en levant la main, prêt à la gifler avec force.
Sa main n'eut pas le temps de claquer la joue de la brune car cette dernière devint inerte tout comme le reste du corps du jeune homme lorsque Tristan le frappa à l'arrière du crâne avec la crosse de son arme.
- Et toi je crois pas que la Dona t'ait autorisé à lui parler... Grogna t-il.
Lexa leva un regard surpris sur son ancien homme de main qui baissa les yeux, chuchotant tout en passant derrière elle. Il retira le chiffon qui meurtrissait la bouche de l'héritière puis défit les liens de ses poignets :
- Désolé que ça ait pris autant de temps... Je regr...
- Tristan, ce n'est pas clairement pas le bon moment pour t'excuser et exprimer tes regrets ! Aide-moi à me détacher complètement ! Le coupa t-elle.
Ses chevilles furent libérées avec l'aide du frère d'Anya. Elle se leva d'un bond pour récupérer l'arme de celui qui avait été assommé mais perdit l'équilibre car ses jambes lui firent défaut. Tristan la réceptionna de justesse, soufflant :
- Vous ne pouvez pas y aller dans cet état Dona...
- Clarke a besoin de moi ! Enragea la brune.
- Je vais m'occuper de Quint...
- Non ! Cette ordure est à moi... Grinça t-elle. Aide-moi à me lever. Je vais y arriver !
Un petit sifflotement joyeux fit frissonner Clarke : Quint s'amusait avec elle comme un chat s'amuse avec une souris cherchant à le fuir. Elle avait tourné un moment autour de la Jeep avant de courir se mettre à l'abri sur un côté de la façade de la maisonnette. Elle cherchait à gagner du temps pour réussir à distraire assez longtemps le mafieux afin d'aller chercher Lexa mais elle savait que ce plan était bancale voir irréaliste : elle ne serait jamais assez rapide. Sans doute sa compagne était sous surveillance d'un ou plusieurs hommes. Elle colla son dos contre la pierre froide et sale, cherchant à retrouver son souffle et son calme.
- Dooooc' ! Chantonna Quint à voix basse. Je m'amuse beaucoup vois-tu mais ce serait encore mieux si tu arrêtais de courir... On pourrait rigoler tous les deux... Je pourrais te montrer ce que c'est un homme... Vos petits jeux coquins de lesbiennes doivent être fades à force comparés à des parties de jambes en l'air avec un mâle tel que moi...
La respiration sifflante, la blonde continua à longer la façade mais fit un bond en arrière lorsqu'elle tomba sur Quint qui semblait avoir adapté le ton de sa voix pour la leurrer sur sa position. Le mafieux réussit à lui attraper le poignet tenant l'arme à feu et le lui fit lâcher sous un gémissement douloureux.
- Enfin je t'attrape !
- Lâchez-moi ! Répliqua la médecin en tentant de se libérer mais la prise du mafieux sur sa peau semblait plus dure que de l'acier.
- QUINT ! Cria Lexa appuyée sur Tristan.
La brune braquait un pistolet en direction de la tête du mafieux mais ce qui la retint d'appuyer sur la détente fut le regard effrayé de sa compagne qui était à présent maintenue par un bras sous sa gorge tandis que le bras libre de Quint pointait lui aussi une arme vers Tristan et l'héritière.
- Toi... Siffla t-il en s'adressant au Zanetti. Tu es aussi pourri que le Giordano... Je le savais qu'on aurait dû vous tuer comme ce cafard de Ryder...
La mâchoire de Tristan se serra à ce dur rappel : Ryder avait été l'un de ses plus proches collègues et amis. Il avait été abattu froidement par Quint et Diego alors qu'il avait réussi à fuir en Italie après le départ de Lexa. Gustus et lui avaient tout juste eu le temps de mettre à l'abri sa famille avant qu'ils ne soient eux aussi éliminés par les Barzetti en guise d'exemple.
- Ne fais pas l'imbécile Quint. Tu es fini, lui dit Tristan.
- Je crois pas non... Lâchez vos armes ou je lui colle une balle dans la tête ! Menaça t-il en pointant le canon de son arme sur la tempe de la médecin qui tenta malgré tout de s'extirper. La Doc' et moi on va aller faire un petit tour tous les deux...
- Moi vivante, jamais ! Aboya Lexa, le regard brûlant de rage.
- Lâchez vos armes ! Ordonna de nouveau Quint en appuyant légèrement sur la détente bien que pas assez pour faire partir le coup de feu.
- Lex'...! Réussit à souffler Clarke, effrayée.
L'héritière se mordit les lèvres d'impuissance : elle était déchirée à l'idée de risquer la vie de l'amour de sa vie mais elle ne pouvait clairement pas encore une fois, laisser partir cette ordure après tout ce qu'il lui avait fait subir à elle, sa famille et ses amis... C'était le moment ou jamais de se débarrasser de Quint.
"Fais-le. Peu importe les dommages collatéraux. Tu dois le faire." Souffla une voix intérieure qui lui glaça le sang.
Elle ne savait pas si c'était son imagination ou la fatigue mais la voix qu'elle venait d'entendre était celle de son grand-père Titus Donati. Sa main se crispa sur la crosse de son arme : elle semblait lutter pour résister à ce côté sombre et dénudé d'émotions que lui avait transmis l'ancien Don.
- JE REPETERAI PAS ! Hurla Quint, enragé. Je vais tuer ta blondasse avant que tu puisses m'en coller une !
- Pose ton arme Tristan, souffla t-elle ce qui arracha un regard surpris au frère d'Anya.
Pourtant l'ordre fut écouté. Les deux pistolets furent déposés au sol et légèrement écartés par le pied du Zanetti. Un sourire victorieux s'étira sur le visage de Quint qui éclata de rire :
- Vous êtes encore plus con que je pensais...! Mauvais choix ! Dit-il en écartant son arme de la tête de Clarke, visant et tirant sur la Donati.
- Non ! Cria la médecin en mordant par réflexe le bras de son ravisseur sous le coup de feu.
- Aaah ! Sale pute ! Hurla le mafieux en tirant à nouveau sous la douleur.
Clarke réussit à se défaire de l'emprise mais Quint lui rappela rapidement qu'elle était impuissante face à lui lorsqu'il la visa de nouveau alors qu'elle était à peine à un mètre de lui.
- Tu vas me payer ce que tu viens de faire...
La médecin était paralysée par la peur. Elle tourna un dernier regard vers sa compagne qui était saine et sauve à sa plus grande surprise : Lexa était agenouillée au sol, le corps de Tristan devant elle. Un trou sanguinolent s'était creusé à l'arrière du crâne du frère d'Anya qui avait choisi de défendre une dernière fois celle qui avait été sa Dona.
- N'aie pas peur Clarke... Souffla la Donati comme pour rassurer sa compagne.
- Oh que si tu as plutôt intérêt à avoir peur, sourit Quint.
"Fais-le." Répéta la voix de Titus à Lexa qui sortit l'arme cachée par le corps de Tristan. Son doigt se posa sur la détente pour tirer.
Ce n'est pas un coup de feu mais plusieurs qui furent tirés et qui transpercèrent Quint. Surpris par la douleur, il en lâcha son arme. Il baissa un regard ahuri vers son torse qui se teinta de plusieurs marques rouges sous sa chemise blanche alors que les balles l'avaient mordues dans le dos.
Lexa resta immobile, son doigt sur la détente: elle n'avait pas tiré et pourtant son terrible ennemi était en train de se vider de son sang.
- Clarke ! Appela la voix de Finn, arme à la main.
Le policier donna un grand coup de pied dans l'arme du mafieux inerte avant d'aller soutenir la médecin qui tremblait comme une feuille. Elle n'avait pas bougé d'un millimètre depuis que Quint avait été abattu.
- F... Finn...? Souffla d'une voix tremblante la médecin.
- Désolé d'avoir mis autant de temps... Je t'ai suivi lorsque tu es sortie de l'hôpital mais j'ai eu pour ordre d'attendre les renforts avant de m'approcher...
La blonde tourna le regard, cherchant les fameux renforts mais Finn était seul. Le policier sembla deviner les pensées de son ex-compagne et confia :
- Pour je ne sais quelle raison, ils ont été retardé... je n'en pouvais plus d'attendre... j'ai décidé de venir même si j'étais seul et finalement on dirait que j'ai bien fait... Souffla t-il en regardant Quint qui ne bougeait plus.
Clarke acquiesça fébrilement avant de chercher du regard sa compagne qui semblait tétanisée par ce qu'il venait de se passer. Lexa avait toujours la main crispée sur son pistolet et visait l'endroit où Quint se tenait debout quelques secondes plus tôt. La blonde se détacha du policier et marcha maladroitement jusqu'à l'héritière, s'accroupit près d'elle avant de mettre sa main sur la sienne pour la sortir de cet état second.
- C'est fini Lex'... C'est fini... Lâche cette arme... Je suis là... Chuchota Clarke, laissant les larmes couler une nouvelle fois le long de ses joues.
- J'allais le faire... Souffla la Donati, d'une voix blanche.
Les pleurs de la médecin semblèrent créer un électrochoc chez la Donati car cette dernière desserra ses doigts de la crosse du pistolet pour le poser lentement par terre. Elle se laissa ensuite aller dans un gémissement douloureux entre les bras de sa compagne, ne souhaitant qu'une chose : ne plus jamais se sentir aussi impuissante et inutile.
Les yeux de l'héritière s'ouvrirent sur une chambre d'hôpital. Lexa sentit immédiatement son corps douloureux lorsqu'elle essaya de se mouvoir ce qui lui arracha un grognement étouffé par sa gorge sèche et sa bouche pâteuse. Elle baissa les yeux pour remarquer qu'elle portait un pantalon souple en coton gris ainsi qu'un t-shirt portant l'inscription "I'm a Princess" ce qui lui fit froncer les sourcils : elle ne mettait pas ce genre de vêtements et il lui semblait bien que ces derniers appartenaient à Clarke. Si elle n'était pas certaine de la provenance des vêtements, elle était au moins sûre qu'elle était bien vivante.
"Clarke !" Pensa t-elle en tentant de se redresser mais une douleur vivace au niveau des côtes lui coupa la respiration, la faisant se rallonger dans le lit.
Après plusieurs minutes, elle entendit des voix qui semblaient discuter devant sa porte. Elle chercha à attraper la télécommande qui servait à appeler les services infirmiers mais ne le trouva pas ce qui ne fit qu'accentuer sa mauvaise humeur. La porte s'ouvrit soudainement sur Clarke qui se hâta de venir près d'elle pour lui prendre la main.
- Tu es réveillée ! Sourit-elle en posant un baiser sur le dos de la main de l'héritière qui hocha la tête.
Elle toussa légèrement ce qui indiqua à la médecin qu'elle avait peut-être besoin de boire. La blonde lui apporta par précaution un verre d'eau avec une paille ce qui fit grimacer la brune qui avait une sainte horreur qu'on s'occupe d'elle ainsi mais le fait que cela soit Clarke la dérida légèrement. Elle sentit tout de même un sentiment de vulnérabilité et d'inutilité l'envahir.
- Merci... Articula t-elle.
Les deux jeunes femmes se contentèrent de plonger le regard dans celui de l'autre, mêlant cette forêt si mystérieuse à l'indomptable océan qui les caractérisaient tant. Les lèvres de Clarke se mirent à trembler avant que de nouvelles larmes se mettent à glisser de ses yeux fatigués.
- J'ai eu si peur... Confia t-elle en serrant la main de sa compagne.
- Moi aussi... Répondit la brune. Viens-là...
La médecin n'hésita pas une seconde, elle retira ses chaussures et monta sur le lit, se calant contre l'amour de sa vie qui grimaça au contact de leurs deux corps.
- Pardon...
- C'est rien... J'ai juste l'impression d'être passée sous un poids-lourd...
La confidence eut le mérite de la réveiller au point de la faire se redresser par réflexe une nouvelle fois sans pour autant réussir.
- Raven ?! Est-ce que...
- Raven est vivante... Elle est en soins intensifs...
- Comment...? J'ai entendu les coups de feu... Tristan...
- Il a tiré dans le vide... Bellamy vous suivait pour voir où vous alliez... Heureusement d'ailleurs, sans lui Raven serait sans doute morte... Et toi tu...
- Tristan m'a sauvée... Est-ce qu'il a survécu ? Je... Tout est flou...
- Je suis désolée... Tristan ne s'en est pas sorti… Anya est venu identifier le corps hier...
- Hier ? Quel jour sommes-nous ? Ca fait combien de temps que je dors ?
- Tu as dormi quarante-huit heures, lui chuchota Clarke en lui caressant la joue pour la tranquilliser. Tu t'es réveillée plusieurs fois mais sans vraiment être totalement consciente...
- Bon sang... Grommela la brune.
- Calme-toi... Lui souffla la blonde ce qui eut le mérite de tranquilliser la Donati.
Quelques baisers s'immiscèrent dans le cou de la sicilienne qui soupira de contentement malgré les nombreuses pensées qui la traversaient à présent : son esprit était de nouveau en ébullition. Elle ferma les yeux, laissant courir un sourire sur son visage, décidant de profiter de la présence de Clarke à ses côtés. Elles avaient survécu une nouvelle fois à une sacrée épreuve...
- Clarke ?... Appela t-elle finalement.
- Hm ?
- C'est sans doute la question la plus stupide et déplacée du monde après tout ce que l'on vient de traverser ces dernières soixante douze heures mais... je peux savoir qui m'a enfilé cette horreur que tu aimes appeler pyjama ?
Un petit rire échappa à la médecin qui se redressa sur un coude pour regarder dans les yeux sa compagne :
- C'est la petite stagiaire du service pourquoi ?
- Tu plaisantes ? Grinça l'héritière.
- Bien sûr... C'est moi qui te l'ai mis et qui ai fait ta toilette dans ton sommeil.
Une moue se dessina sur les lèvres de la brune qui disparut bien vite quand les lèvres de Clarke vinrent se poser dessus pour la rassurer. Un petit gémissement douloureux échappa à Lexa car une de ses lèvres était fendue suite à la claque de Quint mais cela ne l'empêcha pas de relancer le baiser que lui offrait sa compagne. De petites perles d'eau s'échappèrent de ses yeux ainsi qu'un soupir douloureux tant le traumatisme était présent.
- Mon amour, c'est fini... Souffla la blonde, touchée.
- Je t'aime Clarke...
- Moi aussi Lex'...
- Je crois que l'on a visé trop grand en revenant ici...
- C'est un peu tard pour penser ça... Madame la Maire... Sourit la médecin.
La surprise maquilla le visage de l'héritière qui souffla :
- Qu'est-ce que tu as dit ...?
- Que c'est trop tard pour fuir, tu as été élu à plus de 78% au premier tour. Tu es la nouvelle Maire de Syracuse Lex'.
- C'est pas vrai... Répondit la brune, sous le choc.
- Plus vrai que vrai... Tu aurais vu la tête de Giliberto devant les résultats... Les médias locaux attendent devant l'hôpital pour t'interviewer... Gustus monte lui-même la garde devant ta chambre.
Lexa laissa échapper un sourire ému que lui rendit sa compagne, soufflant :
- Il y a quand même eu du progrès depuis ces dernières années avec ce vieux ronchon : il me laisse entrer te voir et prendre soin de toi. Cette configuration ne te rappelle pas quelque chose ?...
- Notre première rencontre lorsque Becca avait été victime d'une tentative d'assassinat... Sauf que je suis dans le lit d'hôpital… Sourit tristement l'héritière.
- Oui... Il te manque tes lunettes de soleil et ton tailleur parfaitement ajusté mais... on peut dire que c'est enfin notre vrai nouveau départ pour le changement qu'en pensez-vous Madame la Maire ?
- Tant que je porterai ce pyjama, je m'abstiendrai de répondre, plaisanta Lexa ce qui ne manqua pas de faire rire sa compagne.
- Les nuisettes que tu portes habituellement me sont totalement réservées donc en attendant tu feras avec mon pyjama préféré, la taquina Clarke.
Un rire commun leur échappa à toutes les deux.
Bon alors cette fin vous convient mieux ? Moins stressante hein ? ;P Alors qu'avez-vous pensé du chapitre ? Dites-moi touuuuuuuut !
Avant de nous quitter j'en profite pour faire de la pub à cette vilaine Esys qui vous a rappelé que j'étais à la bourre car bon sa petite fiction avec Griffin et Woods sur le thème des père noël est chouette haha ! Filez donc lire ça et l'encourager ! Le prochain chapitre risque d'être bien cool !
Autrement, merci à une talentueuse lectrice qui m'a fait gagner grâce à un concours sur Insta/Facebook une copie d'un de ses dessins sur les 100, il est ultra chouette ! Je vous invite à la suivre et encourager son talent sous le pseudo de reglise . artz :) (il n'y a pas d'espace avant et après le point mais le site censure lorsque c'est collé) Merci encore à toi pour ce ptit concours !
Prochain chapitre prévu pour le 11 février 2019 :) PS : ce coup ci j'ai regardé mon planning donc si je suis en retard vous avez le droit de me lyncher ! xD
