Heeeey ! Me revoilà avec un nouveau chapitre mafieux qui conclut l'arc des Adieux ! Pfiouu j'ai cru que j'en verrais pas la fin et encore j'ai du décaler des scènes au chapitre 38 car j'ai dépassé mon quota habituel, vous êtes sur un chapitre de 26 pages ^^ L'assemblage des scènes et de la chronologie a été complexe, cela aurait été plus simple sur écran je pense :P Mais bon défi relevé ! Merci aux fidèles qui continuent à me suivre et qui font l'effort de me laisser un commentaire. Je le répète ces retours sont importants car ils me permettent de jauger si j'ai bien équilibré le chapitre et me donnent des pistes pour les suivants car je construis chaque chapitre le moment venu :P C'est mon unique salaire, alors please une petite ligne ou deux pour les timides et flemmards sivouplait :'p (Voix intérieure démoniaque : sinon je privatise la suiiiite et je l'envoie individuellement -w-)
Merci à Mag & doubi pour la relecture ;) Bonne lecture à tous !
Elooo : Merci pour ton retour ! Haha oui c'est clair Ontari est juste sous leur nez mais vont-ils s'en rendre compte à temps ? ;) Ahh tu es une vraie mafieuse sicilienne alors tu ne pardonnes pas ! :P Anya te recruterait sans problème dans sa Famille ;)
Morgane : Merci pour ton retour ! Aaaah Raven et Shaw je les ai oublié dans ce chapitre mais ils vont revenir... :P Le clexa va étinceler dans ce chapitre xD
Camel100 : Merci pour ton retour ! WOOOW deux jours ! Chapeau ! Ça fait un sacré morceau à lire quand même ! Je suis heureuse d'avoir réussi à te captiver à ce point avec cette histoire !
Chapitre 37 : Les adieux (Partie 3)
Un soupir échappa au jeune homme qui se mit à ralentir l'allure de son véhicule dans la pénombre de la nuit. Milo arrivait au premier péage qui le mènerait vers l'Espagne, il roulait depuis plusieurs heures déjà. Son cœur était encore lourd de la trahison d'Ontari. Il avait réellement cru en l'amour que la jeune et magnifique brune lui avait témoigné durant ces plusieurs mois. Il aurait dû se douter que l'héritière des Barzetti ne s'intéressait pas vraiment à lui, un jeune des quartiers de Rome. Tous ses amis s'étaient moqués de lui au départ quand il leur avait révélé qu'il avait une aventure avec cette riche héritière mais il les avait ignorés. Lui, il y avait cru. Il se rappelait avec précision de chaque mot doux chuchoté à son oreille, des caresses sur son corps et des baisers chastes qu'ils avaient échangés en cachette lorsque les gardes du corps les laissaient seuls. Leurs étreintes bien que platoniques du fait de la grossesse d'Ontari étaient le plus beau souvenir qu'il avait de ce qu'était l'amour. Dans les quartiers défavorisés de Rome, coucher avec une femme n'était vraiment pas compliqué mais éprouver et partager un amour sincère était tout le contraire.
Perdu dans ses pensées, il ne vit pas arriver sur sa gauche une berline noire aux vitres teintées. Celle du côté passager droit se baissa rapidement pour laisser apparaître un canon d'arme automatique qui lâcha une salve de balles mortelles avant que le véhicule ne passe à toute vitesse devant la voiture ciblée, arrachant au passage la barrière du couloir de péage.
Les voitures et camions ayant assisté à la scène pilèrent immédiatement après les coups de feu, créant un accident de grande ampleur au niveau du péage. La voiture de Milo dont le corps s'était affaissé sur le volant fonça droit entre deux couloirs de péage : le pare choc avant s'écrasa bruyamment et avec force contre le béton des plots entourant chaque couloir. Le véhicule se souleva un instant en l'air avant de retomber sur ses quatre roues dans un nouveau bruit assourdissant qui fut ensuite couvert par les cris des conducteurs qui descendaient à présent de leurs véhicules pour tenter d'aller porter secours une fois le choc passé.
- Clarke... Clarke ! Appela Raven en secouant la blonde par l'épaule.
La médecin grommela avant de marmonner :
- Quoiiiii ?... Je veux dormir... Hm ma tête...
- Je me doute mais je voulais te prévenir que j'allais voir Shaw... Ilian m'emmène et restera avec moi donc ne t'inquiète pas...
- Hm'ok...
- Et ne bois pas trop hein... Hier tu étais complètement bourrée... La sermonna la mécanicienne.
- La ferme Rav'...
- Hahaha ! Attention Dr Griffin vous filez un mauvais coton !
Un simple doigt d'honneur lui répondit avant que Clarke n'entende la mécanicienne galoper avec ses béquilles puis la porte de la chambre claquer. Elle sentit aussi les volets automatiques s'ouvrir ce qui fit entrer une grande lumière dans la chambre.
- Je te hais Raven... Grogna t-elle en se recouvrant de ses draps pour se protéger de la lumière.
Sa tête semblait héberger un marteau piqueur clandestin et elle n'avait guère de souvenirs sur le pourquoi elle avait bu à ce point.
Vers dix heures, elle entendit son portable vibrer sur la table de nuit ce qui lui fit froncer les sourcils tant le bruit du contact entre le bois et l'appareil était désagréable. Elle sortir son bras pour l'attraper et ainsi le faire taire et la photo de Lexa lui sauta aux yeux. Sa compagne était en train de l'appeler et elle décrocha par automatisme, posant le téléphone sur le matelas non loin de son visage.
- Clarke ? Clarke ? Allô ? Entendit-elle.
- Oui je t'entends... Grommela t-elle, la voix encore pâteuse.
- Ca va ?...
- Non j'ai mal à la tête...
- Si ça peut te rassurer, c'est la même de mon côté...
A cette phrase, tout revint en mémoire à Clarke : elle était allée noyer son chagrin au bar de l'hôtel pour oublier que l'amour de sa vie était en train de s'amuser avec une autre femme dans leur maison alors qu'elle l'avait complètement délaissée depuis son enlèvement. Piquée d'une nouvelle colère, la médecin coupa la conversation.
Le téléphone se mit à vibrer de nouveau quasiment immédiatement après qu'elle ait raccroché. Elle l'ignora mais la brune ne semblait pas prête à céder aussi, décrocha t-elle après avoir jeté les draps loin d'elle, furieuse et prête à incendier sa compagne malgré son propre état post-cuite.
- Quoi ?!
- Tu m'as raccroché au nez ou je rêve Clarke ? Lui reprocha l'héritière, vexée.
- Exactement et je le refais tiens !
De nouveau elle coupa la conversation ce qui sembla enflammer encore plus sa compagne qui ne cessa d'appeler mais la blonde l'ignora royalement. Elle s'étira d'un air satisfait avant de sursauter en entendant le fixe de la chambre sonner. Elle fronça les sourcils mais se détendit en se disant que cela risquait d'être le service de chambre pour le petit-déjeuner.
- Oui ? Dit-elle un peu plus aimable.
- Clarke je ne suis vraiment pas contente... Répondit la voix de Lexa, semblant courroucée.
- Bordel ! Mais c'est pas vrai ! Comment as-tu eu le numéro de l'hôtel et de la chambre ?! Je vais tuer Ilian ! Quelle balance !
- Ce n'est pas Ilian qui m'a donné le nom de l'hôtel et la chambre mais toi.
- Quoi ?!
- Je ne sais pas ce que tu as fait cette nuit mais ce matin j'avais un nombre d'appels, messages vocaux et SMS incalculable... et parmi ceux-ci il y avait ces informations Clarke... Si tu ne te souviens de rien c'est que tu as dû consommer de l'alcool... Ce n'est pas très prudent sachant que tu es loin de mo...
- Ah non mais je rêve ! Cria la blonde en partant avec le téléphone collé à son oreille.
- Ne crie pas bon sang... Grommela la brune qui sembla ne pas apprécier.
- Je crie si je veux ! Après tout ce n'est pas moi qui ai passé la soirée saoule en compagnie d'une autre femme dans NOTRE MAISON pendant que je prends le temps de prendre soin de TA meilleure amie et l'accompagne vers les meilleurs spécialistes pour qu'elle se sente mieux depuis son amputation !
Un silence gêné lui répondit ce qui incita Clarke à enchaîner :
- Ah ! Tu ne dis plus rien ! Tu ne me demandes plus d'arrêter de crier Lexa Donati-Woods ?! J'espère que ta petite sauterie d'hier avec Gaïa valait le coup au moins ! Sa langoustine était bonne ?!
- Clarke... Je... Répondit d'une voix penaude sa fiancée.
- Non il n'y a pas de Clarke qui tienne !
- Et comment je dois t'appeler alors ?... Sembla s'amuser Lexa malgré la tension de la conversation : elle n'avait jamais vue la blonde jalouse aussi était-elle flattée qu'elle le soit à présent.
La question sembla surprendre la blonde qui soupira avant de dire agacée :
- Clarke... Dr Griffin peu importe mais pas avec cette voix-là.
- Quelle voix ?...
- Celle-là même que tu utilises ! S'excita la blonde, hystérique.
Un petit souffle rieur échappa finalement à la Donati qui soupira ensuite : elle était réellement gênée du comportement qu'elle avait eu la veille vis-à-vis de Clarke.
- Tu as raison Clarke... J'ai fait n'importe quoi hier... Je n'aurai pas dû inviter Gaïa à dîner chez nous alors que tu n'étais pas là... Je... En fait je me sentais seule et démoralisée d'être loin et sans nouvelles de toi... Avoua t-elle. Je ne me rappelle pas vraiment de cette histoire de langoustine mais en tout cas ça devait être une remarque extrêmement déplacée envers toi et je te demande pardon.
Un timide sourire naquit sur les lèvres de la médecin qui sentit son cœur s'emballer légèrement : elle adorait quand la brune reconnaissait ses erreurs...
- Hm je comprends... J'ai aussi ma part de responsabilité j'imagine... Indiqua t-elle. Ça n'empêche que tu m'as aussi parlé d'un plan à trois avec elle ! S'embrasa t-elle de nouveau ! Tu as beaucoup à te faire pardonner !
- Un quoi ?... S'étonna l'héritière.
- Un plan à trois.
Cette fois-ci, Lexa ne put s'empêcher de pouffer de rire, partant dans un fou rire qui fit froncer les sourcils de la médecin.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle Lexa...
- Ha ha... Désolée... Mon Dieu... En fait je suis à la fois très gênée de ce que j'ai pu te proposer mais à la fois très amusée de te voir aussi jalouse...
- Je ne suis pas jalouse... Maugréa la blonde coupant la brune dans ses explications.
- ... Sans compter que cette soirée a été catastrophique au final... Enchaîna sa compagne. Il ne s'est rien passé entre Gaïa et moi je t'assure...
- Encore heureux ! S'insurgea la médecin.
- Hm... En fait j'étais saoule bien avant de dîner à cause de Gustus et Anya et... le peu que j'ai réussi à avaler est parti aux toilettes... J'ai été malade comme un chien cette nuit... J'ai dit à Gaïa de rentrer chez elle car me regarder vomir toutes mes tripes n'avait rien de passionnant...
Malgré sa colère, Clarke ne put s'empêcher de ressentir de l'empathie pour sa compagne : elle aurait préféré être à ses côtés pour prendre soin d'elle. Lexa était si rarement malade que lorsqu'elle l'était, endosser le rôle du médecin couplé à celui de la femme amoureuse faisait extrêmement plaisir à l'américaine.
- Il n'empêche que je t'ai déjà dit que je n'appréciais pas cette femme... Donc malade ou pas ça n'excuse rien, s'entêta t-elle.
- Clarke c'est mon adjointe... Nous n'avons qu'une relation professionnelle.
- Notre relation a débuté par du professionnalisme je te signale...
- Ce n'est pas tout à fait juste...
- Quoi ?
- Je te voulais dans mon lit dès que je t'ai vu à ce gala... Susurra t-elle.
- N'essaye pas de m'amadouer avec tes petites anecdotes, ça ne marche pas... Grommela Clarke bien que son cœur disait tout l'inverse mais ça, Lexa ne pouvait pas le savoir.
- Tu es vraiment en colère mon amour ?
- Très.
- Donc tu ne m'ouvriras pas si je toque à ta porte ?
- De quoi ?! Paniqua la blonde.
Elle n'était clairement pas en état pour recevoir sa compagne : elle avait une mine affreuse à cause de sa cuite, n'avait pas pris de douche et ses cheveux ne ressemblaient à rien.
- Je plaisante, je suis à la maison, la rassura t-elle immédiatement.
- Va te faire foutre Lexa ! Explosa Clarke, de nouveau très en colère.
- C'est une insulte ? Rit la brune, contente de sa petite plaisanterie : Clarke avait un charme fou lorsqu'elle était en colère.
- Bien sûr que c'est une insulte !
- Ah dommage... J'ai cru que c'était une note ajoutée à ce que tu devras faire lorsque tu seras de retour à Syracuse... Se désola t-elle.
- ...
- J'ai très envie de vous Dr Griffin... Quelle idée de m'envoyer ces photos de vous avec cette jolie robe bleu hier soir... Rajouta la brune, utilisant le vouvoiement et le nom professionnel de sa compagne sciemment.
La colère de la blonde redescendit immédiatement comme si elle venait de prendre une douche froide. Elle sentit son rythme cardiaque s'accélérer au fur et à mesure que son cœur lui rappelait à quel point elle aimait cette femme. Des picotements agréables envahirent ses jambes, montant jusqu'à son bas ventre ce qui lui fit se mordre doucement la lèvre.
- Je te déteste...
- Quand reviens-tu ?... Souffla la brune, le désir se sentant dans sa voix.
- Je ne sais pas...
- Si jamais tu te décides à revenir aujourd'hui, je voulais que tu saches que j'ai pris ma journée...
- C'est du chantage Lexa... Comme par hasard tu décides de te reposer aujourd'hui alors que ça fait un peu plus de deux mois que tu enchaînes les heures à la mairie ou je ne sais où... Je ne peux pas abandonner Raven comme ça...
- Tu as raison, je comprends... C'est vrai que je n'ai pas été très présente depuis mon enlèvement... C'est plus compliqué qu'il n'y parait dans ma tête en fait...
- Ça aussi on va devoir en parler... Tu ne peux pas tout garder pour toi de nouveau... On s'était promises de ne plus le faire et avec ce qu'il s'est passé avec Quint on repart dans ce travers...
- C'est vrai... Confirma la brune. Je me demande à chaque fois comment tu fais pour me supporter et pardonner mes erreurs...
- Je dois être masochiste... Plaisanta la blonde, attendrie par l'aveu de sa compagne.
- Sûrement, confirma la brune, amusée aussi. Clarke je t'aime, je ne te le dis peut-être pas assez souvent...
- Tout dépend si on fait l'amour ou pas, tu es beaucoup plus expressive dans ce genre de situation...
- Est-ce une moquerie ?
- Peut-être bien !
- Plus sérieusement Clarke... Reviens quand tu l'as décidé d'accord ? Donne-moi juste des nouvelles régulièrement pour que je ne m'inquiète pas...
- Peux-tu définir le mot "régulièrement" ?
- Toutes les demi-heures ?
- Lexa...
- Toutes les heures alors ...?
- Hors de question...
- Pas plus de trois heures Clarke je me fais un sang d'encre autrement...
- Je ne t'ai pas senti plus stressée que ça ces deux derniers mois...
- Oui mais tu étais dans les environs de Syracuse pas à 850 km de moi...
- Tu marques un point.
- Donc je te fais confiance pour les nouvelles d'accord ? Un sms, un mail, une photo ce que tu veux...
- Oui oui...
- Une dernière question Clarke qui j'espère ne sera pas déplacée... Comment va Raven ?
La question eut le mérite de faire sourire la médecin.
- Je dirais que rien n'est gagné encore mais Raven est en très bonne voie pour un nouveau départ... J'espère juste ne pas faire une bêtise vis-à-vis d'Octavia car si je voulais lui présenter ce spécialiste pour la possibilité d'une greffe de prothèse technologique je crois qu'il y a autre chose qui se joue entre eux...
- Que veux-tu dire ?
- J'ai l'impression qu'elle a le béguin pour lui...
- Oh...
- Oui comme tu dis... Enfin... Je ne sais pas si je dois le dire à Octavia ou non... elle va sûrement me détester...
- Toi seule peut décider Clarke.
- Merci pour ce conseil très... sage Madame Donati.
- De rien, rit la brune, amusée.
- Allez je te tiens au courant de si je reviens aujourd'hui ou non...
- D'accord...
La blonde allait raccrocher quand elle entendit l'héritière prononcer son nom sur un ton vexé.
- Oui je t'aime roh ! S'agaça à moitié la médecin, amusée malgré tout.
- Ah quand même !
- Tss tu es impossible...
- Je t'aime aussi Clarke, fais attention à toi. Je t'embrasse.
Un frisson s'invita dans le cou de la jeune femme comme si son esprit avait imaginé le baiser de sa compagne : il était vraiment temps qu'elle la retrouve.
Ontari sursauta lorsqu'elle sentit une tape sur son épaule. Le visage toujours camouflé par d'épaisses lunettes de soleil, elle s'était attablée à un café à quelques rues de l'hôtel dans lequel elle avait dormi et qu'elle avait quitté discrètement. Elle ne devait pas rester statique pour éviter que les hommes de main de sa mère ne la retrouvent. Elle cherchait une solution pour prendre l'avion mais elle se doutait que sur place l'attendrait un comité d'accueil.
- Désolé je voulais pas vous faire peur ma jolie dame... J'ai ce que vous m'avez demandé... Lui souffla un jeune homme en déposant devant elle un petit carton contenant un portable prépayé ainsi qu'un ticket.
- Merci beaucoup... Tenez, dit-elle en lui glissant un billet de cinquante euros en guise de remerciement.
- Oh il n'y a pas besoin ça m'a pris cinq minutes... Sourit son bon samaritain.
- J'insiste et si l'on vous demande, vous ne m'avez jamais vu.
L'homme haussa un sourcil de surprise mais n'eut que le temps d'acquiescer avant que la fausse blonde ne se lève et sorte du café avec sa commande. Ontari accéléra le pas sur le trottoir, déchirant au passage l'emballage du portable. Elle s'arrêta à l'abri des regards derrière un abri bus pour allumer l'appareil qui avait un peu de batterie et le charger en unités de crédit grâce au ticket que l'homme lui avait ramené. Elle composa directement le numéro de la prison de Palerme qu'elle avait pris soin de noter avant de quitter la chambre d'hôtel. Elle avait aussi noté le numéro du commissariat de Syracuse ainsi que le numéro de la mairie grâce à la tablette mise à disposition par l'hôtel.
Elle fut redirigée par un serveur en fonction de sa demande puis fut mise sur attente du fait de nombreux appels simultanés ce qui lui permit de rejoindre un autre café dans lequel elle s'installa dans un coin tranquille. Masquée par une énorme vasque d'où s'échappaient différentes plantes, son cœur s'emballa lorsqu'une voix lui répondit enfin.
- Pénitencier de Palerme que puis-je pour vous ?
- Bonjour Monsieur... j'aimerai parler à Mr Donati Aden s'il vous plaît.
Elle entendit un petit esclaffement puis un soupir qui lui fit froncer les sourcils : peut-être avait-elle fait une erreur mais elle était si fatiguée et impatiente qu'elle n'avait pas réfléchi.
- Vous croyez que c'est une crèche ici ?... Madame, nous détenons des criminels. Merci de ne pas me faire perdre mon temps. Nous ne faisons pas le standard pour les détenus. Si vous souhaitez parler à Mr Donati, venez tout simplement lui rendre visite et dites-lui de vous appeler lors de ses temps d'appel.
- À quelle heure sont les...
Elle n'eut pas le temps de terminer sa question que l'homme avait raccroché. Elle s'insulta mentalement : elle avait complètement bousillé ses chances de parler à Aden discrètement. Elle allait rappeler lorsqu'elle remarqua que le gérant du bar montait le son de l'écran plat accroché dans un coin du bar. Un court instant la photo d'un jeune homme apparue avant de laisser place à une présentatrice qui résuma rapidement le titre de la nouvelle avant de donner la parole à sa collègue sur place.
"Bonjour Carolina, salua la journaliste depuis sa propre position. En effet comme vous le disiez, les images de la vidéo surveillance ont pu filmer une voiture aux vitres teintées se poster aux côtés de la BMW avant que les tirs ne commencent. Selon les premiers constats des autorités, la voiture visée par l'attaque n'avait rien de suspect ce qui laisse à penser que c'est un simple règlement de compte... En effet elle n'a pas été fouillée par les agresseurs, il semble donc qu'il s'agissait d'un meurtre prémédité contre l'occupant. Le conducteur a été identifié comme étant Milo Celano, un jeune des quartiers difficiles de Rome dont le casier judiciaire prouvait déjà qu'il était en lien avec la pègre. Il avait déjà été arrêté pour de nombreux délits notamment pour le vol de voitures de luxe mais avait pu bénéficier d'une remise de peine du fait de sa minorité à l'époque... La violence de la scène en a choqué plus d'un... Comme vous le savez la Mafia terrifie toujours la population de Rome et un tel déchaînement de haine contre un jeune certes en difficulté qui était seul et visiblement sans défense ne peut que nous rappeler l'affreux assassinat de la politicienne Becca Giordano lors de son déplacement dans la capitale pour les précédentes élections sénatoriales..."
- Hé Marco ! C'est pas ton neveu ?! S'exclama le barman.
- Quoi ? Maugréa un homme barbu et peu entretenu.
- On dirait ton neveu ! Milo c'est bien son nom ?
- Ouais...
- Merde... Il a dû vraiment toucher à ce qu'il n'avait pas le droit pour s'attirer les foudres d'une famille...
- C'est bien fait pour sa gueule à ce petit con... Il avait qu'à bosser à mon garage...
- C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! Se moqua le barman. Tu passes tes journées à picoler ici au lieu de bosser...
- T'es bien content de faire tourner ton bar grâce à mes consommations alors ferme-la... Mon garage tourne quand même c'est tout ce qui compte...
- Grâce aux gamins des cités qui te ramènent tout ce qu'ils trouvent.
- Rien à foutre je les force pas... Milo aurait dû m'aider au lieu de bosser pour les Barzetti... Il avait les yeux plus gros que le ventre ce petit con... Sa mère va enfin pouvoir dormir tranquille...
- Ce sont les Barzetti tu crois ?
- Forcément... Ils l'avaient enrôlé pour un truc sérieux apparemment et il était trop content de pouvoir frimer avec ses rouleaux de billets tous neufs. Moi au moins j'ai jamais volé mon pays...
- Non juste les quartiers pourris de Rome ! S'esclaffèrent d'autres hommes.
- Et quelques cons de riches qui garent leur voiture où il faut pas haha ! Enchérit l'oncle de Milo.
Ontari sentit son cœur se serrer et la panique l'envahir : Milo avait été tué de sang froid alors qu'il était en train de fuir. Comment les hommes de main avaient-ils réussi à le suivre aussi loin ? Elle se demanda un court instant : si elle était restée dans cette voiture, le jeune homme aurait été épargné ? Rongée par la culpabilité, elle se leva brusquement de son recoin et quitta l'établissement avant de se mettre à la recherche d'un nouvel abri pour tenter d'appeler de possibles personnes de confiance.
En ce début d'après-midi, des battements de queue et petits grondements joyeux accueillirent la médecin lorsqu'elle se présenta devant le portail de leur résidence. Elle fut saluée et accueillie par les gardes du corps postés à l'extérieur. Romeo, l'unique survivant de l'ancienne meute de l'héritière vint rapidement se frotter contre elle avec force pour lui montrer son bonheur de la revoir. Clarke sourit et accorda quelques caresses au cane corso avant de se diriger vers la porte d'entrée.
Raven lui ayant donné le feu vert par téléphone, la blonde avait donc sauté dans le premier avion en partance pour Catane où se trouvait l'aéroport le plus proche de Syracuse. Lorsqu'elle entra à l'intérieur de leur maison, différentes senteurs vinrent lui effleurer les narines. Son regard ne manqua pas de remarquer que toutes les bougies présentes au rez-de-chaussée étaient allumées, signe que la brune était bien sur place.
Le sourire aux lèvres, elle déposa rapidement ses affaires et ses chaussures avant d'emprunter l'escalier afin de chercher sa compagne. Elle devina rapidement où Lexa devait se trouver grâce à des chants siciliens qui semblaient émaner de leur chambre. Elle avança à pas légers, entrant dans leur immense chambre où le lit double avait été soigneusement refait. De nombreuses bougies étaient aussi allumées ce qui lui fit secouer la tête : les bougies, une des grandes passions de Lexa. Il y en avait partout et du plus loin qu'elle se souvienne, peu importe où elles s'étaient arrêtées lors de leur fuite à travers le monde, il n'y avait jamais un endroit où l'héritière avait dormi ou vécu sans y ajouter une bougie.
Elle passa la porte coulissante ouverte menant à la salle de bain attenante et trouva sans surprise sa compagne. Lexa était allongée dans l'immense baignoire d'angle. La brune avait placé un gant sur le haut de sa tête. Ses yeux étaient recouverts sans doute dans l'idée de les reposer et faire passer le mal de crâne qu'elle avait confié avoir eu dès son réveil.
Le regard de Clarke fut attiré par une boule de poils, confortablement installé dans l'une des vasques sur un plan de travail non loin : Racoon ouvrit son œil vert à son passage comme pour lui signifier qu'il l'avait vue. Il lâcha un petit miaulement semblant lui souhaiter la bienvenue ce qui sortit Lexa de sa méditation. Le corps de la brune s'anima de nouveau et elle s'apprêta à retirer le gant quand elle sentit les doigts de Clarke se poser sur son visage.
- Ne bouge pas... C'est moi... La rassura la médecin en s'asseyant sur la dernière marche menant à la baignoire balnéo, jetant un regard courroucé à son chat qui s'était levé, puis étiré avant de venir se frotter contre ses jambes.
Un sourire se dessina immédiatement sur le visage de la sicilienne qui souffla :
- Je ne pensais pas avoir le plaisir de te revoir si vite...
- Raven m'a donné le feu vert, elle va rester avec Miles Shaw quelques jours... Je n'avais pas envie de jouer la touriste seule à Rome du coup je me suis dit que j'allais revenir te casser les pieds avec mon sale caractère...
- L'idée me plaît beaucoup, sourit Lexa en retirant le gant de son visage pour avoir le plaisir d'admirer le visage de sa compagne.
- Ah oui ? Alors attaquons le vif du sujet... As-tu pris une aspirine pour ton mal de crâne ?
- Evidemment que non... Tu sais bien que les médicaments et moi...
- Tu es impossible Lex'... Se moqua la blonde en se levant pour aller chercher le nécessaire.
Elle revint une minute plus tard avec un verre d'eau dans lequel se consumait un cachet.
- Bois, tu verras que ça ira beaucoup mieux, indiqua la médecin en déposant le verre sur le rebord de la baignoire.
- Je bois uniquement si tu me rejoins dans la balnéo...
- C'est du chantage ça dis-donc... S'amusa la médecin. Tu trempes là-dedans depuis combien de temps ?
- Environ une heure je crois, peut-être plus...
- Et l'eau n'est pas froide ?...
- C'est une balnéo toutes options mon amour... L'eau reste chaude tant que je l'ai décidé... Il y a aussi les jets hydro-massant... Tu devrais l'utiliser plus souvent.
- Je n'aime pas rester statique tu sais bien... J'ai besoin de bouger... alors faire trempette pendant des heures...
- Montre-moi comment tu bouges alors... La provoqua effrontément l'héritière avec un sourire fin.
Clarke sentit une douce chaleur envahir son corps tandis que son rythme cardiaque s'accélérait. Elle aimait quand Lexa se désinhibait et l'invitation qu'elle venait de lui faire était à la fois fine et grossière.
- Avale moi cette aspirine et peut-être que...
L'héritière attrapa le verre et avala son contenu non sans une grimace à cause du goût.
- Hm... Infâme... mais pas aussi dégoûtant que tes jus détox... La taquina t-elle.
- Quoi ?! Répondit immédiatement la blonde. Tu vas voir ce qu'ils vont te faire mes jus détox...!
Le sourire de la belle brune s'agrandit lorsque Clarke se déshabilla rapidement pour entrer sans élégance la baignoire.
- Mais c'est brûlant ! Râla la médecin. Lex' tu ne sais pas que c'est mauvais pour la peau de rester trop longtemps dans une eau aussi chaude...!
Les mains de la Donati attrapèrent les hanches de sa compagne pour l'inciter à venir se glisser contre elle. Malgré ses plaintes sur la température de l'eau, Clarke se laissa guider car le contact des mains de sa compagne contre sa peau lui offrit une caresse douce et excitante. Lexa écarta les jambes pour permettre à son amante de se glisser contre elle. La poitrine de l'héritière vint caresser le dos de la blonde qui se cambra lorsque les lèvres de la sicilienne se posèrent sur les épaules puis dans le cou, déposant des baisers sensuels et étrangement contrôlés malgré l'excitation qui l'avait saisie.
Lexa continua ses baisers, se fiant aux soupirs légers que Clarke laissaient doucement s'échapper de ses lèvres.
- Hm... Lex'... C'est bon de te retrouver... J'adore quand tu m'embrasses comme ça... Souffla t-elle en frissonnant de nouveau tandis que les doigts de la brune se saisissaient à présent de ses seins pour les caresser et les pincer avec douceur entre ses doigts.
- Tu m'as manqué... Répondit la brune en savourant le contact des magnifiques monts de sa compagne entre ses doigts.
Elle adorait la poitrine de la médecin et ne se lassait jamais de caresser, embrasser, sucer, mordiller chaque sein lors de leurs étreintes et elle savait que son amante appréciait ces attentions lors de leurs préliminaires. Elle sentit néanmoins sa compagne s'écarter ce qui lui fit froncer les sourcils tout en lui arrachant un petit grognement frustré.
- Clarke ?...
- C'est un peu trop facile à mon goût Madame Donati... La réprimanda la blonde avec une petite moue pincée.
La Donati n'hésita pas une seconde, quittant sa baignoire adorée pour rejoindre la blonde qui était en train de passer un peignoir blanc en satin. Clarke n'eut pas le temps de serrer la ceinture qu'elle sentit les mains de sa compagne se poser sur les lanières. Elle retint un sourire en regardant dans le miroir le visage de sa compagne qui trahissait sa frustration.
- Tu m'en veux toujours pour hier ?... Chuchota t-elle avec un baiser pour l'oreille de la blonde.
- Peut-être... Répondit Clarke, très évasive, attendant de voir les propositions de sa compagne.
- Ou est-ce parce que l'eau est trop chaude pour toi ?... Suggéra la brune, amusée.
- C'est agaçant ce talent que tu as de lire en moi si facilement... Rit la médecin en se tournant pour coller sa poitrine contre celle de la jeune femme.
Un sourire se dessina sur les lèvres de l'héritière avant de disparaître sous un baiser affamé qui incita Clarke à se pendre à la nuque de son amante tout en invitant sa langue à se joindre au combat amoureux qu'avait entamé la brune.
Le peignoir rejoignit rapidement le sol tandis que les deux femmes s'entraînèrent vers le lit double sur lequel elles s'installèrent pour s'embrasser et se caresser passionnément.
- Donati ! Hurla un gardien tandis que le blond était à quatre pattes en train de nettoyer un wc dégoûtant.
Le blond se releva difficilement pour se montrer au gardien qui l'appelait sans pour autant poser de question : il évitait d'en poser car cela lui avait trop souvent valu un coup de matraque.
- Un appel de ton avocate. Bouge-toi le cul avant que je change d'avis !
- C'est dégueulasse ! Râla un prisonnier tandis que l'héritier échappait par ce stratagème à la corvée de récurage des douches et wc communs.
- Toi la ferme ou je te colle une heure de plus. Donati rattrapera son retard !
Aden fronça les sourcils et commença à pâlir à l'idée que ce fameux appel risquait d'être un piège car il n'avait fait appel à aucun avocat pour son procès. Il en avait bien eu un commis d'office mais c'était un homme qui avait simplement servi à lui énoncer ce qu'il risquait s'il ne travaillait pas avec lui.
Méfiant, il suivit le gardien sans cesser de jeter des coups d'œil discrets autour et derrière lui afin de prévenir une possible attaque. A sa plus grande surprise, après un parcours entre plusieurs couloirs, il fut amené dans la salle où les téléphones mis à disposition des prisonniers étaient installés. La salle était vide ce qui ne le rassura pas mais il s'approcha tout de même de l'unique téléphone qui était décroché. Le gardien accrocha sa menotte au mur afin qu'il soit immobilisé. Aden saisit le combiné, soufflant :
- Qui êtes-vous ?...
Dans l'attente de sa réponse, il ne cessait de se retourner et décida de s'appuyer de côté afin de couvrir un meilleur angle. Le gardien avait déserté la pièce ce qui ne l'inspirait guère.
- Aden c'est moi... Souffla la voix d'Ontari, soulagée de pouvoir enfin parler à son mari.
- Ont...!
- Ne prononce pas mon nom ! Le coupa t-elle. J'ai eu un mal fou à convaincre le gars qui filtre les appels sur le fait que j'étais ton avocate alors joue-le jeu si tu es observé...
- Il n'y a personne...
- Pas de caméra ?
- Non, la prison n'a pas le budget pour couvrir toutes les pièces...
- Mon amour je t'aime tellement... Je suis tellement désolée... Tu avais raison pour ma mère... Elle est totalement folle ! Elle a essayé de me faire croire que tu avais prémédité ta fuite et que tu avais tué Artigas... Je ne l'ai pas crue.
- Ne t'en fais pas... Je savais que tu ne la croirais pas... Est-ce que tu es en sécurité ? Où est-ce que tu es ? Ma sœur m'a dit que personne n'arrivait à te trouver !
- Ma mère m'a séquestrée dès le jour où tu t'es fait arrêter Aden... Elle m'a retenue contre mon gré pour que je n'intervienne pas durant ton procès !
- De ce côté elle n'a pas eu tort... Grommela le blond.
- Qu'est-ce que tu racontes Aden ! On aurait pu passer un accord avec le Capitaine Blake...
- En leur vendant ta mère et ma sœur au passage ? Sûrement pas.
- Je te signale que tu t'es engagé à me protéger lorsque l'on s'est mariés Aden... et aussi que tu vas être père dans quelques mois maintenant...
- Oui et j'ai échoué à te protéger en me laissant prendre dans le piège de Nia... Maintenant il n'est pas trop tard pour faire confiance à ma sœur mon amour. Elle m'a pardonné et a promis de veiller sur toi et le bébé jusqu'à ce que je sorte...
- Tu ne sortiras pas avant des années Aden, je ne veux pas être la cinquième roue du carrosse chez ta sœur. C'est avec toi que je veux vivre ! S'énerva la brune au téléphone.
- Calme-toi mon amour... Souffla t-il. Je sais que je te demande beaucoup mais il faut que tu contactes ma sœur... Dis-moi où tu es... Est-ce que tu es en sécurité ? Comment as-tu fait pour t'échapper ?
- "En sécurité" est un grand mot je dirais... Souffla la brune. Pour ce qui est de comment je me suis échappée, je ne préfère pas en parler, je culpabilise déjà assez comme ça...
- Où es-tu Ontari ?...
- Je ne peux pas le dire, j'ai peur d'être sur écoute déjà.
- Je comprends mais il faut que prennes contact avec ma sœur, tu entends ? Dès que Lexa sera près de toi, de mon côté je ferai tout pour survivre... Je te le promets Ontari.
- Vraiment ? Tu semblais tellement anéanti à ton procès Aden... Promets-moi de ne pas abandonner... Je t'aime tellement...
- Promis. Je t'aime aussi, comme un fou ! Vingt-six ans qu'est-ce que c'est aujourd'hui ? Tu as toujours voulu un mari plus mature et avec de la barbe, voilà comment on se retrouvera à ma sortie... Plaisanta t-il.
Un léger rire étouffé par des sanglots lui répondit ce qui le fit sourire tout en lui faisant monter les larmes aux yeux.
- Ontari ?
- Oui ?
- Est-ce que tu connais le sexe du bébé ?...
- Non... Désolée Aden... J'ai préféré garder la surprise lorsque j'ai été auscultée... Je sais juste qu'il ou elle est en pleine forme...
- D'accord... Tu as pensé à un prénom ?...
- Je pensais à Roan si c'est un garçon...
- C'est une bonne idée, sourit Aden. Et si c'est une fille ?
- Je n'en ai aucune idée... à vrai dire, ma mère m'a tellement vrillé l'esprit sur le fait que ce serait un garçon que je n'ai pas imaginé une seule seconde que ce pourrait être une fille...
- Si tu n'y vois pas d'inconvénient, j'aimerai l'appeler Madi...
- Madi ? Est-ce que c'est un prénom qui devrait m'inspirer quelque chose ?
- J'imagine que non... Ma nourrice me chantait toujours lorsque j'étais petit une chanson dont la petite fille s'appelait Madi... J'aimerai lui rendre hommage...
- C'est un joli prénom... Confirma la brune.
Les deux amants restèrent silencieux quelques secondes avant qu'Aden ne reprenne :
- Promets-moi de contacter ma sœur dès la seconde où on aura raccroché d'accord ?
- Je ne sais pas Aden... J'ai dû mal à accorder ma confiance... Si c'est pour me faire séquestrer de nouveau... Je préfère me débrouiller seule...
- Crois-en mon expérience, si ma sœur a bien compris une chose avec sa compagne le Dr Clarke Griffin c'est que séquestrer une femme amoureuse est une terrible et imbécile idée...
- Vraiment ? Cette doctoresse est si terrible que ça ?
- Clarke est une personne géniale... Elle est exceptionnelle.
- Je commence à comprendre un peu mieux pourquoi tu es tombé amoureux d'elle avant de l'être de moi...
- Aïe ce n'est pas très sympa comme remarque mon amour... Tu le sais il n'y a que toi qui compte pour moi...
- C'est juste que le peu de fois où tu as parlé d'elle, tes yeux s'allumaient d'une lueur bien particulière... Jalousa la brune.
- Tu comprendras pourquoi lorsque tu la rencontreras... Tu es obligée de remarquer Clarke.
- Comment est-elle ? Je veux dire physiquement ?...
- Pas très grande je dirais, fine, une poitrine plutôt...
- Aden.
- Pardon... Rit-il sincèrement gêné.
- Donc ?
- Cheveux blonds, yeux bleus avec un grain de beauté à droite au dessus de la lèvre...
- ...
- Ontari ? Ça ne va pas ? Tu es toujours là ?
- Un grain de beauté tu dis ? Au-dessus de la lèvre ?...
- Oui c'est exactement ça... Elle ne passe pas inaperçu en général à cause de ça...
- Mon dieu...
- Quoi ?
- Elle était dans mon hôtel... Bon sang... On s'est croisées. Elle était saoule et moi j'étais exténuée et effrayée... On s'est fixées quelques secondes avant qu'un homme ne l'aide à regagner sa chambre.
- Ne perds pas plus de temps alors ! Retourne à l'hôtel et trouve-la ! Elle te gardera en sécurité jusqu'à l'arrivée de Lexa !
- Oui... Je... Je vais faire ça... Promets-moi de faire attention à toi d'accord ? Aden je t'aime, je n'ai plus que toi...
- Non tu as aussi notre enfant maintenant... Protège-le. Je t'aime mon amour...
- Au revoir Aden... j'espère à bientôt...
- Moi aussi. Fais attention par pitié.
La communication se coupa, laissant le blond le cœur battant et plein d'espoir. Lorsqu'il reprit ses esprits, il fut brusquement ramené à la réalité par le décor glacial de la pièce des appels. Il était revenu dans cette fichue prison mais il était décidé à se battre jusqu'au bout pour pouvoir un jour avoir la chance de serrer sa femme et son enfant entre ses bras.
Il raccrocha le combiné avant de s'approcher de la porte-grille par laquelle il était venu. Il appela à tout hasard un gardien. Celui qui l'avait amené se montra après quelques secondes. Il le toisa agressivement du regard avant de lui ouvrir la porte.
- La petite fête est finie Donati... Tu vas retourner récurer la merde et la pisse de tes petits copains mafieux.
Ontari avait quitté les toilettes de la bibliothèque de Rome dans lesquelles elle s'était cachée pour passer son appel. Elle attrapa un taxi qui la déposa à l'hôtel où elle avait dormi et se jeta sur la réception qui était occupée par un couple de touristes qui semblait poser mille et une questions débiles sur la capitale italienne.
Elle patienta quelques secondes avant de ne plus y tenir et s'immiscer entre les deux tourtereaux qui lâchèrent un petit cri courroucé. Le réceptionniste sembla soulagé de se débarrasser des deux touristes qu'il renvoya vers une collègue qui ne put s'empêcher d'écouter à demi-mot la demande de cette femme.
- Excusez-moi mais c'est urgent ! J'ai... euh... j'ai perdu ma belle-sœur dans cet hôtel et j'aimerai savoir si elle est déjà partie ?... On m'a volé mon téléphone donc je ne peux pas la contacter mon dieu je ne sais pas quoi faire... Nous devions partir pour la Sicile dans quelques heures... Je... Aïe... Aïe... Souffla t-elle en simulant une douleur au niveau de son ventre arrondi.
- Calmez-vous Madame, nous allons faire les recherches nécessaires pour vous aider... Comment s'appelle votre belle-sœur ?
- Clarke... Clarke Griffin... Aïe...
- Venez-vous asseoir dans l'un des fauteuils, lui proposa le réceptionniste en la guidant vers l'un d'entre eux. Je reviens vers vous dès que j'ai plus d'informations...
- Merci...
La fausse blonde s'assit et se mit à regarder autour d'elle pour vérifier qu'elle n'était pas suivie ou repérée mais aucune menace ne semblait être présente. Sa perruque et ses lunettes de soleil faisaient semble-t-il un bon camouflage.
Elle patienta, s'agaçant au fil des minutes. Elle commençait à avoir un mauvais pressentiment et orienta son regard vers le réceptionniste qui l'avait reçue. Celui-ci lui jeta un bref regard tandis qu'il parlait au téléphone. Ontari comprit immédiatement qu'il était possiblement en train de la dénoncer ou bien devenait-elle paranoïaque ?... Le stress commençait à l'envahir et elle se leva, décidant de ne pas attendre une seconde de plus. Son instinct ne la trompa pas : elle vit débouler quatre hommes en costard dont certains qu'elle reconnut comme étant ses anciens geôliers.
Elle hâta le pas vers les ascenseurs, cherchant une sortie de secours quand le réceptionniste l'appela :
- Madame ! Madame !
Elle l'ignora mais il insista, la rattrapant alors qu'elle se dirigeait finalement vers les toilettes des dames, elle ouvrit la porte et attrapa par le col l'homme l'ayant reçu, lui collant son arme sur la tempe après avoir verrouillé la porte avec le verrou intérieur.
- Mon dieu ! S'exclama t-il
- C'est toi qui les as prévenus, enfoiré !
- Je ne vois pas de quoi vous parlez enfin...! Je voulais juste vous donner les infos que vous m'avez demandées ! Pitié ne me faites pas de mal, j'ai une femme et trois enfants... Ils ont besoin de moi...!
- Tais-toi...! Si c'est pas toi qui ?!
- Je n'en ai pas la moindre idée !
- Bordel ! Qu'est-ce que tu sais alors ?!
- Votre euh... belle-sœur du moins j'espère qu'elle l'est vraiment... a quitté sa chambre vers 11h et a demandé à ce qu'un taxi la dépose à l'aéroport... Elle nous a aussi demandé de lui réserver un billet d'avion pour Catane...
- Fait chier... Souffla Ontari.
Son plan de secours venait de partir en fumée et elle était coincée à présent.
- Maintenant que j'y pense... J'ai entendu ma collègue appeler quelqu'un en indiquant "elle est là"... Je pensais qu'elle parlait d'autre chose mais...
Ontari se mordit la lèvre en s'écartant du réceptionniste sans pour autant arrêter de le viser avec son arme. Elle réfléchissait aussi vite qu'elle le pouvait mais commençait à désespérer.
- Déshabille-toi, ordonna t-elle.
- Quoi ? Mais...
- Dépêche si tu veux revoir ta femme et tes enfants ce soir !
L'homme était petit et fin. Elle récupéra son pantalon, sa chemise blanche et sa veste luxueuse ainsi que sa petite casquette avant de tout enfiler par dessus ses vêtements. Ils étaient un peu grands mais le résultat n'était pas choquant. Elle fit entrer l'homme dans d'autres toilettes avant de l'assommer d'un coup de crosse sur la nuque. Elle laissa ses talons derrière une porte de cabine afin de créer un leurre avant de sortir discrètement des toilettes et d'attraper un chariot de bagages sur lequel elle posa son propre sac qui contenait le peu d'affaires qui lui restaient pour survivre. Il ne lui restait plus qu'à se faire oublier, aussi emprunta t-elle un ascenseur pour disparaître dans une des centaines de chambres luxueuses de l'hôtel. Avec le passe de l'agent, elle pourrait ouvrir n'importe laquelle. Les hommes de sa mère n'allaient pas fouiller chaque chambre et imagineraient qu'elle ait réussi à fuir de l'hôtel, du moins, elle l'espérait.
Nues entre les draps, Clarke et Lexa somnolaient, récupérant de leur précédente étreinte charnelle. Le vibreur du téléphone de l'héritière la sortit de son sommeil, faisant grommeler la médecin parallèlement. Elle attrapa l'appareil à tâtons avant de regarder qui l'appelait : Gaïa Salomon. Elle soupira et mit le mode avion sur l'appareil pour éviter qu'il ne sonne de nouveau. Elle voulait profiter uniquement de Clarke et cette passion amoureuse qui les réunissait depuis déjà plusieurs années. Elle rapprocha son corps contre celui de son amante qui était étendue sur le côté. Ses lèvres se posèrent délicieusement sur la pointe de l'épaule avant de descendre un temps le long du bras puis glisser le long des côtes de la jolie blonde qui frissonna.
- J'ai entendu ton téléphone... Soupira la blonde.
- Et ? Sourit la brune en remontant pour aller s'emparer des lèvres de la médecin, lui faisant tourner la tête vers elle.
- Tu as fait le bon choix en le coupant, souffla Clarke en répondant au baiser de la Donati.
Les lèvres se chevauchèrent, invitant les langues dans un ballet sans fin qui laissa les deux femmes dans une excitation certaine. Lexa ne put s'empêcher de reprendre sa descente vers l'intimité de la blonde, palpant avec envie la cuisse de sa compagne qui gémit d'excitation. Clarke sentit rapidement les dents de son amante griffer doucement sa peau tandis que ses lèvres venaient embraser la peau de ses fesses avec gourmandise. Elle sentit les doigts de la Donati s'immiscer dans son jardin secret et venir la fouiller sans pudeur.
Son envie de refaire l'amour la saisit de nouveau et sous les doigts câlins de la sicilienne, elle se mit à soupirer de plaisir ce qui ne manqua pas d'exciter encore plus la belle brune. Elle tourna finalement son corps, s'allongeant sur le dos et intimant l'ordre silencieux à son amante de venir la voir. Lexa s'exécuta et se saisit du téton gauche qu'elle alla suçoter amoureusement. Elle sentit le bassin de Clarke se soulever afin de venir se frotter au sien ce qui la fit sourire.
- J'ai faim de toi... Murmura t-elle avec un dernier baiser pour le sein dont la pointe avait durcie.
Sans que Clarke ne puisse rien dire, l'héritière descendit ses lèvres jusqu'à sa toison blonde, passant ses bras autour des cuisses voluptueuses afin d'avoir une meilleure prise. Elle entama son jeu langoureux sur le point sensible de la blonde qui lâcha rapidement des soupirs excités. Ses doigts se serrèrent sur les draps au fil de la dégustation, son visage se crispant par moment tant la vague de plaisir qui brûlait agréablement son sexe la saisissait. Ne tenant plus sous la torture exquise que représentaient ces tendres assauts langoureux, la médecin pivota, entraînant son amante dans le mouvement afin de se retrouver au dessus d'elle.
Lexa n'en fut pas perturbée le moins du monde et continua à lécher et suçoter le sexe de sa compagne qui commença à se frotter avec excitation contre la bouche de sa tortionnaire. Les mouvements de bassin lui arrachèrent des spasmes qui la firent gémir un peu plus fort, excitant sa compagne qui eut du mal à poursuivre quelques secondes ses baisers intimes, son propre plaisir venant la taquiner de son côté.
L'orgasme traversa la médecin comme un orage et son corps se crispa sous le déferlement de cette vague de plaisir à la fois si douce et dévastatrice. Bien que son souffle soit court, elle ne résista pas à l'envie de se relever rapidement de la bouche de Lexa pour guider la brune et la faire se tourner afin de lui proposer un nouveau jeu charnel. Le corps de l'héritière se cambra naturellement contre celui de son amante qui se mit à la chevaucher au niveau des fesses, frottant son sexe trempé contre les fesses, sa cuisse droite ouverte pour un meilleur contact. Les bras de la brune cédèrent sous les assauts gourmands, faisant plonger son corps vers l'avant. Appuyée sur ses coudes, elle pouvait sentir les doigts de son amante la pénétrer en profondeur tout en profitant du frottement de son intimité trempée contre ses fesses. L'unique main libre de la blonde lui servait à serrer allégrement ses fesses et donner de petites fessées afin d'augmenter crescendo l'excitation. Lexa ne résista que peu de temps, se laissant aller sans pudeur, gémissant avec force sous son propre orgasme qui lui coupa le souffle.
Ses cheveux blonds ébouriffés, Clarke s'octroya le plaisir d'allonger son corps au dessus de celui de sa compagne qui s'était effondrée de fatigue, le souffle court. Elle posa quelques baisers sur le dos, les côtes, continuant par gourmandise quelques frottements intimes contre le corps de la belle brune. Lexa se tourna après une minute, obligeant la médecin à glisser sur le côté. Les yeux océan vinrent se plonger dans ceux forêt, un sourire commun se traçant comme un chemin sur le visage des deux amantes qui se contemplèrent en silence quelques secondes.
- Tu m'as prouvé que je n'étais plus aussi endurante que je le pensais... Confia dans un rire la brune.
- N'importe quoi... Répondit la médecin en déposant un baiser sur le nez de sa compagne.
- Tu es une vraie bombe à retardement... Je me fais avoir à chaque fois, se plaignit faussement Lexa. A croire que je n'apprendrai jamais...
- Je vais finir par croire que tu le fais exprès...
- De ?
- Me mettre en colère avant de revenir vers moi en me suppliant...
- Moi te supplier ...? Jamais.
- Ah oui ? Se moqua Clarke en allant chuchoter quelques mots de leur conversation téléphonique du matin ce qui ne manqua pas de les faire rire toutes les deux.
Sa main vint caresser sans s'en rendre compte les roses tatouées sur les côtes de son amante. Lexa suivit le ballet initié du regard et murmura :
- Je pense de plus en plus à en rajouter... Cela te dérangerait ?
- C'est à dire ? Demanda Clarke qui semblait ne pas avoir compris.
La brune guida les doigts de sa compagne sur les roses noires et en dessina une afin qu'elle se dirige sous son sein gauche.
- Je referai bien une rose ici...
- Tu m'as dit que tu avais fait ces roses pour les personnes que tu as le plus aimées... Tu comptes perdre quelqu'un prochainement ou je ne saisis pas bien le message ?
Le sourire de Lexa s'élargit et elle vint proposer un nouveau baiser amoureux, chuchotant :
- Il est peut-être temps que je me concentre sur la personne qui me fait vivre... Une rose rouge serait parfaite non...?
Les yeux de Clarke se teintèrent d'une certaine émotion et elle répondit avidement au baiser de sa compagne, lui offrant au passage son assentiment.
Aden frottait avec plus de vivacité la pissotière. Plus rien ne lui faisait peur depuis qu'il avait pu entendre le son de la voix d'Ontari. Cet appel lui avait procuré un bien fou ce qui n'avait pas échappé à son collègue de cellule. Giovani vida nonchalamment son seau d'eau sale dans la grille d'évacuation des eaux usagées avant de demander :
- J'ai jamais vu un gars aussi heureux de récurer de la pisse et de la merde... Ton avocate t'a fait une gâterie au téléphone ou quoi ? Plaisanta le vieux mafieux.
- Qu'est-ce que ça peut te faire... Répondit le blond sur ses gardes.
Il n'avait pas remarqué que son comportement avait changé : une erreur qu'il n'aurait pas dû commettre. Il devait rester sur ses gardes car après tout, il n'avait pas encore réussi à se rapprocher de Sebastian car celui-ci avait été placé au trou du fait de sa participation à une bagarre avant son arrivée parmi les autres détenus. Les autres hommes se méfiaient de lui lorsqu'ils n'avaient pas des envies de meurtre alors il se devait de rester vigilant.
- C'est bon petit Don, détends-toi... c'est juste que tu as l'air plus joyeux... et la joie ça court pas les couloirs dans cette prison donc si jamais tu as un tuyau pour je sais pas... Peut-être te tirer d'ici... n'oublie pas que le vieux Romano a pas mal de contacts...
- Je compte bien faire mes vingt-six ans ici. Je dois payer pour ce que j'ai fait, c'est normal. J'ai juste hâte de retrouver ma femme et mon enfant à naître... L'appel allait en ce sens.
- Je vois... Répondit le mafieux, visiblement déçu.
- Arrêtez de discuter les deux pédés ! Aboya un gardien en arrivant près de celui qui les surveillait. Ricardo, tu comptes les laisser baiser sous la douche ou quoi ? Ils sont là pour récurer pas pour papoter ! Ils rattrapent leur retard donc c'est pas la récréation !
- Désolé chef... S'excusa le jeune gardien, manquant encore d'expérience.
- Bon ramène-les vers leur cellule.
- Euh mais ils n'ont pas encore mangé chef...
- Et alors ! Faudrait les nourrir tous les jours peut-être ?
- Ben au niveau de la loi...
- Ces connards ont chié sur la loi qui protégeait tes parents et tes grands-parents alors je m'en branle qu'ils sautent un repas ! Ramène-les ! Ils auront qu'à sucer la mousse du béton de leur cellule !
- Bi... Bien chef...
Maintenant que le jeune gardien le soulignait, Aden sentit que son estomac était vide. Il ne chercha pourtant pas les ennuis et garda le silence. Après avoir rangé le matériel de nettoyage, il se laissa remettre les menottes et ouvrit le chemin à la demande du gardien. Giovanni le talonnait tandis que le fameux Ricardo fermait la marche et les guidait entre les couloirs des cellules. Ils venaient de passer une porte grille qui se ferma derrière eux quand un appel sur le talkie walkie interrompit leur marche.
- Besoin de renfort dans la salle de restauration ! Code 17-B ! Besoins de renforts ! Présence d'armes blanches !
- Je fais mon possible pour arriver au plus vite, je raccompagne deux détenus à leur cellule et... bégaya le jeune, inquiet à l'avance.
- Ramène ton cul immédiatement bordel de merde ! On se fait submerger ! Hurla son collègue en réponse.
Le gardien se mordit la lèvre en regardant Aden et Giovanni, l'un derrière l'autre qui attendaient patiemment la consigne suivante. Coincés dans un couloir de moins de trois mètres de long fermé par deux portes-grilles à chaque extrémité, ils ne risquaient pas de s'enfuir quelque part de toute façon. Il décida donc de rebrousser chemin en indiquant :
- Je vous préviens euh... vous avez intérêt à rester tranquille pigé ...?!
La porte-grille claqua derrière eux, faisant disparaître après quelques mètres le gardien qui tourna à droite. Aden soupira : non seulement il n'aurait pas de repas mais il allait devoir rester debout dans ce couloir froid durant possiblement plusieurs heures. Il eut à peine le temps de penser à s'asseoir pour soulager sa jambe, qu'il sentit un mouvement inquiétant venir de derrière lui : Giovanni Romano venait de sortir la brosse à dents ficelée à une lame qu'il lui avait offert quelques jours plus tôt. Le mouvement fut rapide malgré l'âge avancé du mafieux, témoignant de sa pratique professionnelle d'assassin. Quelques gouttes de sang giclèrent le long du mur tandis qu'une douleur aigue saisit le Donati qui porta sa main gauche sur son cou où une belle coupure venait de se dessiner sur plusieurs centimètres. Par chance, la lame n'avait pas continué sa route sur sa gorge du fait de son mouvement de recul.
- Bordel mais qu'est-ce que tu fous ?! S'insurgea le blond en reculant, se collant à la porte-grille derrière lui.
- Désolée petit... J'ai rien contre toi mais j'ai un avenir à assurer... Je vais croupir jusqu'à ma mort ici donc autant que mes vieux jours soient agréables ainsi que celui de mes enfants et petits-enfants...
- Combien on te paie pour ma mort ?! Déconne pas Giovanni... Ma sœur peut te payer ce que tu veux... J'ai une femme et un enfant qui va bientôt naître... On peut trouver une alternative... Tu es le Ressuscité bordel ! Tu as toujours eu de bonnes relations avec ma famille... Et cette lame c'est toi qui me l'as donnée ! Tu peux pas me la reprendre !
Le regard du mafieux se teinta d'une certaine empathie avant qu'il ne secoue la tête négativement. Il avait l'impression de trahir son vieil ami Titus en assassinant son petit fils mais en prison une seule loi emportait l'unanimité : la loi du plus fort. Il s'avança d'un pas vers Aden qui sous l'emprise de la panique n'entendit pas les pas derrière lui. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il sentit qu'un bras s'enrouler autour de sa gorge, le forçant à se plaquer contre la porte-grille. Deux autres paires de bras lui bloquèrent les siens, lui coupant toute possibilité de défense. Rapidement il sentit de multiples douleurs l'assaillir. Son véritable assassin était venu de derrière lui tandis que son compagnon de cellule l'avait distrait. La bagarre dans la prison devait aussi faire partie du plan afin de détourner les gardiens ne touchant aucune commission.
Il sentit une lame s'enfoncer dans son dos une dizaine de fois de manière rapide : il n'avait jamais connu une telle douleur bien que celle-ci lui rappelait le jour où il s'était jeté devant sa sœur pour la protéger d'une tentative d'assassinat. Le souffle coupé, ses yeux se voilèrent et un filet de sang se mit à couler sur le côté droit de sa lèvre inférieure. Il avait mal mais cette sensation de froid qui le saisit presque immédiatement l'effraya. Il avait du mal à respirer à cause de ce bras qui lui compressait la gorge. Il entendit tout de même :
- T'en fais pas, ta sœur te rejoindra bien assez vite... J'y veillerai personnellement. Souffla la voix à son oreille.
- Quint... Ordure... Toussota t-il tandis que son visage pâlissait.
Pour être certain que le blond ne survive pas, Quint enfonça sa lame dans le bas de ses reins avant de le pousser. Aden bascula de tout son poids vers l'avant sous les yeux du Ressuscité qui ne bougea pas de sa position. Le corps du Donati s'étala sur le carrelage glacial qui se teinta partiellement de sang parallèlement à sa tenue grise de prisonnier qui virait au rouge sombre.
Quint, un sourire empli de fierté et de soulagement éclata de rire :
- Putain ce que ça fait du bien ! Je rêvais de planter ce merdeux depuis le jour où il a cru pouvoir me traiter comme son clébard ! Maintenant je vais te pisser dessus sale petite sous-merde ! S'exclama t-il en commençant à défaire son pantalon sous le rire de ses deux complices.
- Je veux le reste de mon argent, le coupa froidement l'autre détenu, peu fier de son action et refusant de rajouter cette humiliation supplémentaire sur le corps sans défense.
- C'est déjà sur ton compte, sourit l'homme de main des Barzetti, l'œil mauvais.
Giovanni serra la mâchoire, il baissa le regard vers le corps à présent sans vie du plus jeune héritier de la famille des Donati. Il s'accroupit tandis que Quint et ses nouveaux acolytes partaient finalement en courant de la scène de crime, riant de leur acte vicieux.
- Si un jour la Dona découvre la vérité, j'espère qu'elle aura assez de courage pour me faire payer ce que je viens de laisser faire... Peut-être sera t-elle la première à pouvoir briser la malédiction de ma renommée... Pars l'esprit serein petit Don... Ta femme et ton enfant ne resteront pas seuls je te le promets... Chuchota t-il en fermant respectueusement les paupières de son jeune compagnon de cellule.
Il se releva ensuite avant de se saisir des barreaux de la porte-grille et de se mettre à hurler à l'aide.
Ontari était à bout : cela faisait plusieurs heures qu'elle s'était cachée dans cette chambre pour tromper les hommes de sa mère. Elle ne savait pas combien de temps son subterfuge tiendrait mais elle espérait que la sœur de son compagnon finirait par refaire surface. Elle n'avait cessé d'appeler la mairie de Syracuse qui lui avait demandé de réitérer son appel car Madame le Maire n'était pas dans les locaux ce jour. Le désespoir était en train de l'étreindre petit à petit... Sa mère était loin d'être stupide ainsi que les gorilles qui lui servaient d'homme à tout faire. S'il ne la localisait pas quelque part dans Rome, ils viendraient rapidement à la conclusion qu'elle était cachée dans le dernier endroit où ils l'avaient identifiée soit l'hôtel... Elle sursauta lorsque quelqu'un toqua à la porte. Elle avait pourtant été vigilante sur le fait d'avoir tourné l'accroche porte du côté indiquant "Ne pas déranger".
- C'est pourquoi ? Demanda t-elle en tentant de prendre un ton de voix un peu plus grave.
- C'est la dame d'entretien Monsieur... Je dois refaire votre lit... Répondit poliment la voix d'une femme.
- Pas besoin, merci au revoir.
- Mais...
- J'ai dit pas besoin ! Maintenant foutez-moi la paix !
Elle entendit la femme d'entretien reculer puis de nouveau le silence. Elle soupira, rappelant une dernière fois la mairie de Syracuse avant sa fermeture. Il était 18h passé à présent et elle crut un instant que le standard avait déjà fermé lorsqu'une voix avec un accent exotique répondit à son appel.
- Mairie de Syracuse bonsoir ? Répondit Gaïa Salomon en fronçant les sourcils.
Elle s'apprêtait à quitter les locaux lorsqu'elle avait entendu la sonnerie du standard résonner avec insistance. Sa journée n'avait pas eu le même goût du fait de l'absence de Lexa et elle avait hâte de rentrer chez elle. Elle n'avait cessé de repenser à la façon dont l'héritière l'avait congédiée alors qu'elles devaient passer un agréable moment... Evidemment, elle devinait bien que la brune n'avait pas fait exprès d'être malade mais elle n'avait pu s'empêcher d'être déçue d'une certaine façon de la conclusion de leur petit tête-à-tête.
- Bonsoir... J'aimerai parler à Madame le Maire... Demanda une voix piquée par un stress certain.
- Je suis désolée mais Madame le Maire est souffrante et ne sera de retour que demain matin. Pouvez-vous... Répondit-elle, pressée de se débarrasser de l'appel mais elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase.
- Non ! Bon sang non ! Je ne peux pas réitérer mon appel ! J'ai besoin d'elle immédiatement ! Elle n'a pas un portable ?! S'enflamma de son côté Ontari dont les yeux s'embuèrent de larmes brûlantes.
- Eh bien... Je peux peut-être lui transmettre un message... Donnez-moi votre nom et votre numéro...
- Je... Je suis Ontari Barzetti-Donati... Sa belle sœur... Je suis en danger et je... je ne sais même pas pourquoi je vous dis ça... Je ne peux faire confiance à personne... Bordel ! J'en peux plus... Je veux parler à Lexa Donati !... Ce n'est pas si compliqué tout de même...
Gaïa prit le temps d'analyser toutes les informations qu'elle venait d'entendre et s'appuya contre la paroi du bureau d'accueil, prenant quelques secondes pour réfléchir avant de répondre.
- Madame... Calmez-vous... Vous dites que vous êtes la belle-sœur de Lexa ? Ne raccrochez pas... Je vais tenter de transférer votre appel directement sur son portable...
Ontari serra son poing libre à s'en blanchir les jointures tandis qu'une musique classique venait chanter dans ses oreilles mais l'attente fut rapidement écourtée.
- Je suis sincèrement désolée, elle ne répond pas. Je tombe directement sur sa messagerie qui est saturée... Sur ses deux numéros...
Ne résistant plus, les larmes devinrent des sanglots bruyants tandis que la panique envahissait l'esprit et le corps de la future maman.
- Ils vont me trouver bon sang... Je ne veux pas y retourner... Gémit-elle en se levant pour s'approcher des fenêtres, paniquée.
- Ecoutez, donnez-moi le plus d'informations possibles et je me rends chez Lexa Donati immédiatement... Peut-être me répondra t-elle de vive voix d'accord ?
- Je... Je suis la femme d'Aden Donati... Ma mère Nia Barzetti est en lien avec la mafia et elle m'a manipulée tout comme Aden... Puis elle m'a séquestrée afin que je ne puisse pas interférer dans le procès de mon mari qu'elle a prémédité... Aden est victime d'un coup monté ! Elle veut mon enfant... Mon dieu c'est compliqué... Il faut que Lexa m'aide. Aden m'a promis qu'elle le ferait !
- Où êtes vous ?
- Je me suis retranchée dans l'hôtel qu'occupait la compagne de Lexa Donati hier soir... Je pensais pouvoir prendre contact avec elle ainsi mais elle était déjà partie... Des hommes me cherchent et je ne sais pas encore combien de temps ils vont mettre à découvrir que je suis sur place...! C'est la chambre 372... Aidez-moi je vous en prie ! Aden est en danger de mort et sans doute moi aussi... Je n'ai plus d'alternative...!
- Je vais faire au plus vite, répondit la fille d'Indra. Je vais vous transférer sur mon portable personnel d'accord ? Vous allez rester en communication avec moi. Pouvez-vous appeler la police ?
- Surtout pas la police ! Ils sont corrompus pour la plupart surtout à Rome ! Je vous ai dit, je ne peux faire confiance à personne !
L'appel fut coupé quelques secondes pour que la Salomon récupère l'appel sur son portable.
- Non Ontari. Je vous assure que vous pouvez me faire confiance. Gardez votre calme, je fais au plus vite. Et continuez à me parler surtout, expliquez-moi tout, cela occupera votre esprit... Vous disiez que votre mère était en lien avec la mafia... Qu'à à voir Lexa dans cette histoire si ce n'est le lien de belle sœur qui vous unie ?...
La porte du bureau de Bellamy claqua brutalement contre le mur qui la tenait. Le Capitaine de la cellule anti-mafia se précipita dehors et appela ses hommes encore présents, faisant fi de l'heure tardive :
- Je veux un putain d'hélicoptère pour nous emmener immédiatement à Rome ! Ontari Barzetti a été localisée au sein d'un hôtel dans le quartier de Termini. On vient de recevoir un appel suite à une agression d'un agent d'accueil de ce même hôtel, ils l'ont identifiée grâce aux caméras de surveillance ! Putain enfin elle sort de l'ombre ! Magnez-vous ! Aboya t-il.
Les concernés attrapèrent rapidement leur effets personnels avant de suivre au pas de course leur supérieur. Seul l'agent Miller ne les suivit pas immédiatement, prenant le temps d'envoyer discrètement un message à un numéro que lui seul connaissait.
"Nous partons à Rome interpeller Ontari B. Quartier de Termini. J'espère qu'on est quitte à présent."
Lexa et Clarke furent délogées de leur cocon amoureux par de grands coups sur la porte d'entrée. Furieuse, l'héritière fut la première à se lever et passa rapidement une robe de chambre en satin noir avant de descendre rapidement les escaliers pour ouvrir, prête à faire passer le pire moment de sa vie à la désagréable personne qui insistait malgré l'absence de réponse. Un court instant, elle regretta son ancienne vie où le canon d'une arme aurait accueilli le malotru plutôt que ses yeux furieux.
Elle ouvrit la porte à la volée, ne faisant pas un seul instant le lien d'une possible situation d'urgence. Ses gardes du corps avaient pour mission de filtrer les curieux trop insistants depuis son emménagement sur les hauteurs de l'île. Elle perdit donc tous ses moyens lorsqu'elle se retrouva devant sa plus fidèle collaboratrice à la mairie qui la fixa d'un regard qu'elle ne lui avait jamais connu.
- Gaïa ?... Articula difficilement la Donati tandis que son regard se portait sur ses gardes du corps qui lui offrirent un bref signe de tête en guise d'assentiment.
- Vous ! Vous ne pouvez pas la laisser souffler une journée ?! S'agaça vivement Clarke qui avait rejoint sa compagne.
- Je... Désolée... Loin de moi l'idée de vouloir vous déranger... Votre... Ta belle-sœur n'a cessé d'essayer de te joindre toute la journée... Expliqua piteusement la métisse bien qu'elle se sentait irrémédiablement attirée par la belle brune dont elle connaissait à présent le secret.
- Ma quoi...?! Fronça les sourcils la Donati avant de faire le lien avec le portable que Gaïa lui tendait maladroitement.
Elle attrapa d'un geste vif l'appareil avant de le coller à son oreille :
- Ontari ?!
- Lexa ! Enfin...! Répondit la voix de la Barzetti, pleine de soulagement.
- Où te trouves-tu ?! J'envoie immédiatement des hommes pour te mettre en sécurité !
- Je suis au Smooth Rome Hotel dans le quartier de Termini ! Les hommes de ma mère sont dans l'hôtel ou dans les environs ! Ça fait plusieurs heures que je me cache dans une chambre !
- Le numéro de la chambre ! Il me le faut !
- Trois cent soixante d...
- AYAYAYA ! LE DONATI EST MORT !
- A BAS LA MAFIA !
- VOUS CREVEREZ TOUS !
- MAIRIE CORROMPUE !
Les hurlements qui interrompirent la conversation venaient de la route longeant la résidence de la Donati. Rapidement les agents de sécurité se dirigèrent vers le portail devant lequel Roméo aboyait avec force pour intimider les voyous venus crier leur haine depuis des voitures et scooters qui disparurent rapidement devant les armes à feu que dégainèrent les hommes de Lexa.
- Qu'ont-ils dit... ? Souffla d'une voix blanche Ontari.
- Rien... de sombres imbéciles... Répondit durement la brune, vivement irritée.
- Aden est mort...?!
- Non je l'ai vu hier il allait très bien... Tenta de la rassurer l'héritière qui ne sentit pas immédiatement la main de sa compagne sur son épaule.
- Lexa...
- Pas maintenant Clarke, répondit-elle sans se tourner. Ecoute Ontari, barricade la porte de la chambre tu entends ? Mes hommes ne tarderont pas.
- Lexa...
- Enfin Clarke ! Je suis occupée, qu'y a t-il ?!
Le visage de la blonde était livide et ravagé par les larmes. Elle aussi de son côté, tenait son portable personnel et le tendit à sa compagne qui reconnut rapidement la voix de Gustus.
- Bon sang Lexa, est-ce que c'est vrai ?! Aden a été retrouvé mort dans un couloir de la prison ?! Anya et moi sommes à Rome, nous rentrons immédiatement ! Pourquoi ne répondais-tu pas à ton téléphone ? On t'appelle depuis plusieurs heures ! Un gardien nous a transmis l'information avant la déclaration officielle !
Le choc de la nouvelle fut comme un coup de poing dans l'estomac de la brune dont les jambes se dérobèrent.
- Lex' Cria Clarke malgré son propre choc en tentant de rattraper sa compagne.
- Madame Donati !
Avant que le garde du corps ne puisse la rattraper, l'héritière se retint au meuble de l'entrée et eut besoin de quelques secondes avant de réussir à se remettre totalement debout. Elle marcha d'un pas funeste vers le salon et alluma la télévision qui afficha immédiatement la rediffusion de la déclaration de la directrice de la prison de Palerme qui avait été faite il y a une demi-heure auparavant.
"Mesdames, Messieurs. Alors qu'une violente altercation a éclaté entre deux détenus, celle-ci a évolué en véritable pugilat d'armes blanches, laissant déferler une violence inouïe au sein du réfectoire. Plusieurs gardiens ont dû renoncer à leurs missions du moment afin de prêter main forte à leurs collègues pour reprendre le contrôle de la situation. Certains prisonniers ont donc été livrés à eux-mêmes durant un court laps de temps au sein des couloirs sécurisés de la prison. Parmi ces prisonniers, le corps du détenu Aden Donati connu pour des actes en lien avec la mafia et condamné récemment a été retrouvé sans vie aux alentours de 15h30... J'ai immédiatement fait ouvrir une enquête interne afin d'identifier au plus vite les responsables de cet assassinat. J'adresse mes sincères condoléances à la famille du détenu qui malgré ses actions néfastes envers notre société ne méritait pas d'être victime d'une telle sauvagerie... Aucune déclaration supplémentaire, merci."
Les yeux toujours fixés sur l'écran télévisé, la Donati remonta le portable contre son oreille soufflant :
- Ontari ?...
Seul le silence lui répondit car la compagne de son frère avait mis fin à la communication.
- Gustus, Anya... Rendez-vous immédiatement à l'adresse que je vais vous communiquer par message dans les prochaines minutes, ordonna d'une voix blanche la jeune femme via l'autre portable.
- D'accord, répondit Gustus avant de couper la communication.
La brune ne sut pas par quelle mystérieuse force elle réussit à garder ses moyens. Sa tête était bourdonnante et bientôt ses yeux et ses oreilles furent agressés par des sirènes de police dont la lumière bleu et rouge vint se répercuter sur les grandes vitres des fenêtres du rez-de-chaussée de leur maison. Les voitures se stationnèrent devant le portail et des agents en sortirent. Lexa tourna la tête pour observer ces porteurs de mauvaises nouvelles. Ils n'eurent pas à parler, leurs visages fermés indiquèrent immédiatement à l'héritière qu'elle n'était pas en plein cauchemar : son petit frère, ce beau garçon aux cheveux blonds et au regard rieur était bel et bien mort. Aden Donati n'était plus.
Bon bon... Nous voilà à la fin de ces Adieux... :) La parole est à vous ! Lorsque le 38 sera posté, je pense que la fin de l'Héritage sera proche ! Soyez attentifs aux détails et n'hésitez pas à me transmettre vos prémonitions/paris pour la suite :p
Je vous dis au 20 mai normalement ! A bientôt !
