Heeeeeeeeyyyyy ! Kouan le retour ! Yeees je suis super en retarrrrd ! Désolée ce chapitre m'a donné du fil à retordre avec le personnage de Lexa ! J'espère que le rendu effacera l'attente supplémentaire :x Merci pour vos retours mes fidèles lecteurs et lectrices :)

Merci à doubi et Mag pour la relecture !

Morgane : Hey ! Merci pour ta fidélité vraiment tous tes retours me font très plaisir ! :D Après cette fiction je dois reprendre Explosive Cocktail mais je ne la sortirai pas tant qu'elle ne sera pas finie :P Car je n'arrive plus à tenir un rythme de publication correct et régulier...

CriketzOrng : Heey ! Heureuse de relire ! Haha merci pour le compliment :D J'avoue ça a fait 3 ans il y a trois jours on s'en est rendu compte avec doubi... C'est ouf ! Quelle aventure ! Comme tu dis ce carnet risque de créer un sacré bordel s'il passe hors des mains de Miller... Lexa en guerre? Je te laisse le découvrir...

Bonne lecture à tous !


Chapitre 39 : L'ombre de la Sicile


Le regard de Lexa semblait s'être perdu dans les abysses des vagues venant se fracasser avec force contre les immenses falaises des côtes de Syracuse. Le soleil n'arrivait pas à percer malgré la fin de matinée : il semblait étouffé par d'épais nuages gris annonciateurs d'une journée maussade et pluvieuse. Le courage de rentrer chez elle et d'affronter les questions de Clarke lui avait manqué à peine était-elle descendue de l'avion. Elle avait alors demandé à Gustus et Anya de l'amener ici. Elle tourna la tête dans une direction, revoyant sans mal les deux hommes agenouillés qui avaient tenté d'assassiner sa fidèle collaboratrice et amie Becca Giordano. La scène semblait se dérouler sous ses yeux et elle se revoyait en train de trancher la langue du premier puis la gorge du second en parallèle de quelques claquements de doigts aussi secs et froids que le vent qui lui giflait en ce moment même les joues.

Son corps entier bouillonnait de rage et de souffrance mêlées. Son visage semblait s'être creusé de nouveau, lui arrachant au passage quelques années de jeunesse. De sombres pensées la traversaient en ce moment même et elle luttait à peine pour les faire disparaître.

- Dona Lexa...? Appela Gustus avec prudence.

L'héritière de Titus Donati tourna légèrement la tête à l'appel et le frisson qui la parcourut lui procura un mélange de bien-être et de peur.

- Qu'as-tu dit ?

- Lexa ? Répéta le mafieux, inquiet pour sa fille de cœur.

- Tu as dit "Dona".

Le Giordano fronça les sourcils et se tourna vers sa compagne qui eut la même réaction : nulle Dona n'avait été appelée à revenir. Après quelques secondes, il s'approcha pour poser une main sur l'épaule de la brune.

- Il faut que tu te reposes.

- Je n'ai pas sommeil.

- Ton esprit non mais ton corps si. Clarke doit s'inquiéter de ne pas te voir rentrer.

- C'est de ma faute.

- Quoi ?

- Ce qui arrive à tout le monde... Tout est de ma faute... Si je n'avais pas été égoïste en fuyant...

- Arrête Lexa, grommela le mafieux en serrant un peu plus sa main sur l'épaule de la brune. Te charger de tous les maux de la Terre ne te rendra pas ton frère...

- Toi aussi tu as fait les frais de mon égoïsme, tu devrais me laisser. Je n'attire que la mort... VA T-EN ! Cria t-elle sans prévenir.

- Vas-tu t'arrêter de dire n'importe quoi bon sang ?! S'énerva Gustus en obligeant la brune à le regarder dans les yeux cette fois.

Le vert si perçant des émeraudes de la sicilienne s'était terni, signe que la mort d'Aden avait une fois de plus meurtri la jeune héritière au plus profond de son être. Sans s'y attendre, les bras puissants de celui qui l'avait élevée la serrèrent avec force. Elle tenta de se défaire de l'étreinte en le poussant mais Gustus refusait de la lâcher. Les poings de la brune se serrèrent et elle sentit le barrage qui contenait toute cette colère qui bouillait en elle se rompre. Son corps se contracta et elle se mit à frapper comme elle le pouvait le torse de son plus fidèle ami tout en hurlant de frustration et de douleur. Les hurlements étaient déchirants mais Gustus ne céda pas et encaissa tout le mal être de sa première fille. Après plusieurs minutes qui parurent une éternité, il sentit le corps de la brune se détendre subitement, vidé de toute force.

- Voilà... Souffla t-il sans pour autant relâcher son étreinte, embrassant affectueusement les cheveux de la jeune femme tout en laissant ses propres larmes couler à son tour.

Anya qui était restée à distance, regardait en silence son compagnon et leur ancienne Dona. Quelques larmes discrètes coulèrent à son tour le long de ses joues. Elle ne les essuya pas, personne ne la jugerait d'être humaine aujourd'hui. Tous les trois, au bord des falaises de Syracuse, ils représentaient les derniers héritiers de trois familles mafieuses à ce jour. Peu importe qui ou quoi on leur arracherait, tant qu'ils auraient encore la force de sentir la douleur, ils continueraient à affronter leur destin aussi funeste soient-ils.


A peine la voiture fut-elle dans la cour de leur maison que la porte d'entrée s'ouvrit à la volée pour laisser passer une Clarke au visage inquiet. Lexa sortit rapidement de la voiture et réceptionna la blonde de justesse qui s'était littéralement pendue à son cou pour la serrer aussi fort qu'elle le pouvait. La sicilienne sentit de nouveau les larmes monter à ses yeux et déglutit difficilement : Gustus avait raison, elle ne devait pas céder à sa noirceur ou elle blesserait de nouveau cette femme qu'elle aimait tant.

- Je suis là... Chuchota t-elle difficilement, sa voix se nouant.

Ses mains vinrent légèrement frotter le dos de sa compagne, l'invitant à relâcher un peu de pression. Clarke comprit et s'écarta avant de demander :

- Où étiez-vous ? Je me suis fait un sang d'encre ! Tu n'as répondu à aucun de mes appels ni messages... Il est arrivé quelque chose après votre vol ?

- Non... J'avais besoin de prendre l'air, lui expliqua Lexa, se voulant rassurante.

- Toute seule ?...

- Gustus et Anya étaient avec moi.

- D'accord... Comment tu te sens ?

- Fatiguée. Je vais aller prendre une douche et m'allonger.

- D'accord...

Lexa contourna la blonde et disparut à l'intérieur de la maison. Anya dont la main était déjà sur le pommeau de vitesse repassa au point mort quand elle entendit qu'on toquait contre sa vitre. Elle la baissa et put constater que le visage de Clarke semblait tout aussi fatigué et éteint que celui de l'héritière. Les deux femmes se regardèrent en silence, Clarke ne se rappelant déjà plus pourquoi elle voulait interpeller les deux mafieux.

- Reposez-vous toutes les deux et n'hésite pas à nous appeler si tu vois que Lexa s'enfonce, lâcha finalement la compagne de Gustus.

- Elle va avoir plus besoin de toi qu'elle ne le pense, confia le Giordano à voix basse.

- Je ferai de mon mieux... Souffla difficilement la médecin.

Anya acquiesça avant de remonter la vitre et de faire avancer le véhicule à l'arrêt. Clarke les observa partir, son oreille se concentrant sur quelques cris de jeunes venus encore clamer la mort d'Aden. Rapidement les gardes du corps présents chassèrent les téméraires tandis que la médecin tournait les talons pour rejoindre sa compagne.


Charles Pike soupira devant le badge que Bellamy Blake venait de déposer avec colère devant lui. La porte de son bureau avait claqué avec force à la sortie de son agent qui avait écopé d'une mise à pied d'un mois. Une sanction qui avait été exagérée de sa part afin d'écarter le brun de la piste encore brûlante que représentait l'héritière des Barzetti. Bien qu'Ontari ne s'en soit pas sortie, la flamme du Blake avait été ravivée et il risquait de devenir potentiellement un danger pour lui.

Son portable personnel sonna et il fronça les sourcils en voyant le nom qui s'affichait.

- Qu'y a t-il Maria ?

- Charles... J'ai l'impression que l'on me suit, affirma d'une voix effrayée la directrice de la prison de Palerme.

- Que veux-tu dire ?

- Ce n'est peut-être que ma paranoïa mais lorsque je suis partie à la prison ce matin, j'ai eu l'impression d'être suivie par une voiture...

- Tu peux me décrire le véhicule ?

- Oui... C'était une voiture noire de marque Alfa Romeo... Elle me suivait à distance avant de faire demi-tour quand je suis arrivée à la prison ! Sans compter ces jeunes en scooter qui m'ont fait affreusement peur hier soir en rentrant... Je pensais rendre service à toute la Sicile et toi au passage en transférant Aden Donati mais c'est en train de se retourner contre moi Charles ! Lexa Donati a menacé de détruire ma carrière, je ne mérite pas ça ! Cet homme était un criminel !

- Calme-toi Maria... Ce n'est sans doute que le stress et la fatigue... Des jeunes en scooter qui s'amusent à surprendre des femmes isolées il y en a partout et tous les jours malheureusement... La décision que tu as prise vis-à-vis d'Aden Donati était fondée, ne doute pas à ce propos. Pour ce qui est de Lexa Donati, sans doute la colère lui a fait proférer ces menaces concernant ta carrière...

- Charles elle est la maire de Syracuse ! Elle a des contacts qui pourraient très facilement me faire sauter ! Ce travail c'est ma fierté ! Je voulais abolir les privilèges des mafieux mais ça c'est beaucoup trop de pression !

- Bon... Je vais envoyer deux hommes pour t'escorter durant quelques jours d'accord ? Envoie-moi par message tes horaires.

- D'accord... Merci Charles...

- C'est normal Maria... Tu es une bonne amie et tu m'as rendu un immense service. A moi de te rendre la pareille.

Pike coupa la communication ensuite et sourcils froncés sortit d'un tiroir de son bureau un portable prépayé et composa l'unique numéro enregistré dessus. Il n'eut aucune réponse, aussi laissa t-il un message :

- Bonjour Nia, c'est Charles. J'aimerai discuter de quelque chose avec vous au plus vite. Rappelez-moi. Au fait... toutes mes condoléances pour Ontari, c'était une jeune femme formidable...

Son pouce appuya sur le logo du téléphone rouge et son regard se dirigea vers le miroir fêlé présent dans le bazar à l'intérieur du tiroir. Son visage était scindé en plusieurs parties du fait des multiples fêlures de l'objet. Il déposa brusquement le téléphone au dessus du miroir avant déglutir difficilement : la mort de la jolie héritière l'avait sincèrement touché... Il l'avait lâchement abandonnée alors qu'elle lui avait confié les dernières volontés de son frère cette fameuse nuit dans sa voiture. Roan Barzetti avait cru en lui au point de lui demander de stopper la folie de sa mère et travailler main dans la main avec Lexa Donati mais il n'en avait pas eu la force ou plutôt le courage... Il repensa à la fois où sa couardise avait disparu pour raviver un court instant le courage qui l'avait caractérisé dans sa jeunesse lorsqu'il avait aidé Ontari à se faufiler jusqu'à la chambre du Donati plongé dans le coma... Tous les deux avaient joué avec le feu et cela ne lui avait pas déplu. Ressasser ces souvenirs le fit se sentir soudainement détestable et pour évacuer cette honte, il referma le tiroir avec force avant de le verrouiller, fuyant de nouveau le reflet de son âme déchirée par ses nombreux péchés.


"Je veux que tu prennes ma suite."

Inconsciemment, le corps de Lexa se crispa en parallèle de ses sourcils qui se froncèrent. Ses lèvres se mouvaient imperceptiblement sans pour autant laisser échapper de phrases claires dans son sommeil.

"Au diable les codes, tu es faite pour ce rôle ! Tu es intelligente et droite."

- Hn... Non...

"La police n'attend que ça que je meure afin de coincer ton demi frère pour la première erreur qu'il fera ! Tu veux qu'il passe sa vie en prison pour son héritage ?!"

- Aden...

"Tu as le sang d'une Donati et d'un Woods qui coulent en toi. Personne ne t'arrivera à la cheville et tu écraseras ces Barzetti !"

De nouveaux tics faciaux parcoururent le visage crispé de l'héritière qui semblait réagir à la voix grave et sévère de son grand-père Titus Donati.

- ...'peux pas... non...

- … REPRENDS-TOI ! Lui ordonna soudainement et durement la voix de Gustus.

Sans pouvoir se contrôler, elle sentit une acidité désagréable venir griffer son œsophage et elle eut tout juste le temps de se plier en deux en s'appuyant contre la porte de box pour rendre le dîner qu'elle avait avalé quelques heures auparavant.

Gustus se garda de tout commentaire et observa impuissant le corps de la jument alezane à l'intérieur du box. L'animal avait semble t-il été éventré sauvagement et ses intestins avaient été sortis pour être cloués au mur de pierre afin de former un message ensanglanté : "Tu es la prochaine". Les yeux révulsés de l'équidé étaient à présent immobiles mais témoignaient d'une longue souffrance et d'une peur extrême. La jument avait dû être ouverte et vidée alors qu'elle était encore vivante et dans une totale innocence : ses jarrets avaient été sectionnés afin de l'obliger à se coucher ce qui lui avait retiré la possibilité de fuir ou se défendre.

Depuis son retour en Sicile et sa décision de prendre la suite de son grand-père qui était décédé depuis deux semaines à présent, Lexa s'était pleinement investie dans les affaires de la famille. Elle se nourrissait de l'expérience de Gustus au quotidien et faisait déjà face à beaucoup de résistance dans ce monde sombre, violent et masculin qu'était la mafia mais elle tenait bon. Elle se rendait chaque nuit aux écuries privées des Donati au sein de l'hippodrome pour souffler. Passer du temps seule près des chevaux et notamment auprès de cette magnifique jument alezane qui avait été la première à l'accueillir lorsqu'elle avait foulé le sol sicilien lui permettait d'évacuer son stress et ses doutes. Elle savait qu'elle ne pouvait compter sur personne car la mort de Costia avait amplement suffit à marquer au fer rouge les interdits auxquels elle ne devait plus se risquer. Ses ennemis n'hésiteraient sur rien pour la forcer à céder et fuir, aussi se refusait-elle de mettre la vie d'une autre compagne en danger par égoïsme. Elle avait de toute façon bien assez à faire pour penser à sauver sa propre personne car les menaces de mort pleuvaient sans cesse.

Elle avait donc décidé de se réfugier auprès des chevaux car ces derniers avaient une réelle capacité à la comprendre, du moins elle en avait l'impression. Leur regard calme ou animé d'excitation, leur souffle, leur poil frémissant avaient le don de la sortir de n'importe quel doute. Elle avait finalement décidé d'acheter cette jument pour la faire pouliner afin de marquer son retour définitif en Sicile. Elle reconstruirait et façonnerait la famille Donati à sa manière et quoi de mieux que la naissance d'un nouveau champion dans les écuries Donati pour commencer à montrer que sa famille était prête à continuer la course ?

- Lexa tu dois te reprendre... Lui glissa son fidèle homme de main. Il ne faut pas leur laisser voir que tu as été atteinte. Ce n'est qu'un cheval... Tu en achèteras un autre.

Aucune réponse ne sortit excepté le bruit d'un nouveau vomissement de la part de la brune qui garda les yeux fermés encore quelques secondes. Elle essuya sa bouche contre la manche de son tailleur haute couture après s'être relevée.

- Voilà pourquoi je sais que je ne suis pas faite pour cette vie Gustus...

- Que veux-tu dire ?

- Pour toi ce n'est qu'un cheval banal qui aurait pu finir dans ton assiette... pour moi cette jument était un symbole de renaissance et ils l'ont froidement tuée, tout comme ils ont tué Costia et ont jeté sa tête dans le jardin de grand-père quand je prenais mon petit déjeuner avec lui ! Hurla t-elle, les larmes lui montant aux yeux.

- Calme-toi, lui ordonna durement le mafieux.

- NON ! Je pensais pouvoir le faire pour Aden mais je ne peux pas ! Je refuse ! Ma vie n'est pas ici ! Je pars dès ce soir et je prends Aden avec moi !

- Si tu fais ça, tu anéantis tous les efforts de nos familles depuis plus de cinq générations ! Les Barzetti s'empareront de la Sicile entière et traqueront chaque sympathisant des Donati pour les tuer. Ils ont déjà l'Italie, ne nous condamne pas tous parce que tu as peur ! Où que tu ailles ils te traqueront ! Ce n'est pas un océan qui te sauvera toi et ton frère ! Asséna t-il durement.

Les mots du mafieux étaient justes ce qui déstabilisa l'héritière : jamais un océan ne suffirait à les sauver. Si elle avait pu vivre tranquillement une seconde vie en Amérique c'était sans aucun doute grâce à l'influence de son grand-père. Elle se mordit la lèvre, n'arrivant toujours pas à tarir ses larmes.

- J'ai peur… Je ne veux pas mourir pour ces histoires de guerre entre familles… Ce qu'ils font… C'est inhumain… Je ne peux pas faire ça…

Gustus attrapa la brune par les épaules :

- Tu peux le faire Lexa ! Titus avait énormément de défauts mais il avait le don de savoir qui intégrer à la famille et à quelle place le mettre. Il m'a recruté alors que j'étais à peine âgé de 14 ans et regarde où j'en suis ! Est-ce que je suis mort ?!

- Non…

De nouveau son formateur touchait juste. Titus savait ce qu'il faisait au sein de sa famille.

- ALORS MAINTENANT REPRENDS-TOI ! Lui ordonna durement la voix de Gustus en la forçant à regarder le cadavre de la jument.

Lexa détourna le regard, voulant à tout prix faire disparaître la scène macabre de son esprit.

- REGARDE !

- Non...!

- REGARDE ! Cria le sicilien en accompagnement son ordre par une flopée d'insultes siciliennes.

Les yeux humides de l'héritière s'ouvrirent de nouveau sur le corps de la pauvre bête. Ce ne fut que lorsque Gustus l'eut décidé qu'elle fut arrachée de cette désagréable vision.

- Ce n'était qu'un cheval. Répète.

- Ce...

- Répète !

- Ce n'était qu'un cheval... Balbutia la brune.

Le mafieux relâcha son emprise et tira la jeune femme vers une autre partie des écuries de l'hippodrome : celles des Barzetti. Un palefrenier tenta de les arrêter mais le Giordano le saisit au col pour le jeter au sol brutalement avant de pointer un Beretta sur lui. Le garçon d'écurie prit peur et le supplia afin de vivre.

- Amène-moi le cheval de course des Barzetti.

- Quoi ? Mais je ne peux pas... Personne n'a le droit de le sortir...

- C'est ça où tu crèves !

Un petit cri effrayé sortit de la gorge du jeune avant qu'il ne se relève pour partir chercher le trousseau de clés qui fermait les nombreux verrous de la porte de box de l'étalon gris du nom de Prezioso Alfred VI. L'animal était une véritable machine de guerre, des muscles parfaitement taillés pour un corps fin qui lui avait permis de remporter nombre de prestigieuses courses en Italie et en Sicile. Les Barzetti se faisaient beaucoup d'argent grâce à cet animal au caractère bien trempé en le faisant uniquement saillir à présent. Le palefrenier tenait la longe d'une main tremblotante, il ne savait pas de qui il avait le plus peur à cet instant car l'étalon avait déjà malencontreusement blessé plusieurs palefreniers et même tué deux d'entre eux par des coups de sabots et écrasement. Gustus pointa son arme vers le crâne de l'animal qui redressa ses oreilles avant de les plaquer tout aussi vite en arrière. L'étalon renâcla d'agacement, ne comprenant pas pourquoi il avait été sorti de son box si brusquement. La sécurité de l'arme fut enlevée mais avant que le Giordano ne presse la détente, Lexa posa sans prévenir sa main sur le bras de son instructeur.

- Non ! Ne le tue pas !

- Quoi ?!

- J'ai une meilleure idée, le rassura t-elle après un court silence. Apelle le Dr Palio.

- Le vétérinaire ?

- Oui.

- Bon sang Lexa ! Il faut frapper fort pas le tuer avec douceur ! Une balle dans le crâne leur fera comprendre notre colère !

Lexa garda son calme et sourit malgré son état.

- Ne m'as tu pas appris qu'un mort ne sert à rien ? Un reproducteur incapable de reproduire par contre...

Le Giordano fronça les sourcils avant de possiblement deviner l'idée de sa protégée :

- Le castrer ?

- Exactement.

Un fin sourire s'étira sur les lèvres du mafieux tandis que le regard émeraude de l'héritière plongeait dans l'œil impatient de l'étalon. A ce moment elle sut comment elle agirait pour se faire respecter.

- Dona Lexa... Se présenta finalement le vétérinaire, le visage ensommeillé après une bonne demi-heure d'attente.

- Dr Palio. Veuillez m'excuser pour cet appel nocturne inattendu mais je veux que toute la Sicile sache que je règle mes comptes en temps et en heure.

- C'est une excellente manière de procéder Dona... Répondit le vétérinaire, ne souhaitant pas contrarier la jeune femme. Donc que dois-je faire...?

- Castrez cet étalon, dit-elle en désignant l'animal près d'eux.

- Bien... Hm... Mais c'est Prezioso, le cheval préféré des Barzetti... Êtes-vous sûre ?

- Oui.

Il n'en fallut pas plus pour que le professionnel ne se mette à la tâche. L'étalon fut anesthésié dans son box afin de permettre au vétérinaire de procéder à la chirurgie. Il apporta peu de temps après les testicules de l'animal qui furent cloués sur la porte du box de ce grand champion maintenant devenu inutile pour les Barzetti.

Gustus s'approcha près de la brune et sourit :

- Si je dois être honnête avec toi Lexa, l'erreur première que tous les mafieux ont pu commettre un jour c'est de ne pas avoir accordé assez d'importance à leur mère...

- Que veux-tu dire ?

- Une mère pense à tout afin de protéger sa famille, elle ferait n'importe quoi pour que ses enfants continuent à l'aimer et lui offrir le plaisir de les voir grandir et vieillir. La Mafia a besoin d'une Mère et il n'y a que toi pour être assez intelligente et forte pour l'incarner. Tu seras la Mère de notre Sicile…

Lexa ne répondit rien, méditant ces paroles en fermant les yeux avant de les rouvrir.

La noirceur de la nuit s'était installée avec lenteur contrairement à la tempête qui avait envahi les côtes de Syracuse peu de temps après le retour de la brune chez elle. La pluie battait les carreaux des fenêtres depuis, troublant le silence apaisant du lieu. Elle remua légèrement dans le lit double, revenant lentement à la réalité.


Lexa ne dormait plus malgré son silence et ses yeux fermés. Elle était couchée sur le côté sur le bord du lit dans leur chambre qui était plongée dans l'obscurité. Ce souvenir dont elle avait rêvé l'avait plongé dans un profond questionnement et l'empêchait de sombrer à nouveau dans le sommeil bien qu'elle en avait besoin. Son esprit ne cessait aussi de lui renvoyer l'image du corps sans vie de son demi-frère. Elle revoyait leur rencontre au parloir et leur discussion, la dernière étreinte que le blond avait eu pour elle. Intérieurement, cette colère qu'avait réussi à apaiser Gustus sur les falaises était revenue et elle réclamait les responsables de l'assassinat d'Aden. Pourquoi Sébastian et ses hommes ne l'avaient-ils pas protégé comme elle l'avait fait demander via ses contacts dans la prison ? Comment la directrice en était-elle arrivée à la subite décision de transférer son frère qui purgeait sa peine sans créer de vagues en isolement ? Plus elle ressassait, plus son esprit s'enfonçait dans l'obscurité des manipulations desquelles elle s'était extirpée en fuyant avec Clarke.

Elle eut un léger sursaut lorsqu'elle sentit les doigts de la médecin se poser avec douceur sur son bras. Elle ne l'avait pas entendue entrer dans la chambre.

- J'imagine que tu n'as pas faim mais j'ai préparé un bouillon bien chaud... Souffla la blonde en allant caresser la joue de la belle brune.

- Merci...

- Tu veux peut-être le boire ici ?... Proposa avec douceur sa compagne.

- Non... Laisse moi cinq minutes et j'arrive...

- D'accord, répondit Clarke avec un nouveau baiser affectueux sur le front de sa compagne.

Après un dernier regard, la médecin quitta la chambre et descendit servir le bouillon dans deux tasses. La fumée et l'odeur s'échappant de ces dernières réchauffèrent légèrement son cœur meurtri et un miaulement de la part de Racoon qui venait de se hisser sur l'îlot central lui procura un court sentiment d'apaisement. Roméo était assis devant les grandes fenêtres donnant sur la cour de la maison. Il était rentré à l'intérieur à la demande de Clarke qui ne voulait pas le laisser sous la pluie mais le chien de garde n'en avait pas oublié pour autant sa mission de surveillance.

Clarke s'installa dans l'un des canapés, posant sur la table basse le plateau où elle avait mis les deux tasses fumantes. Elle attrapa la sienne et l'amena à ses lèvres. Le liquide chaud lui brûla légèrement la langue mais elle se concentra sur la chaleur se répandant lentement dans son corps. Elle tourna la tête en entendant les pas de sa compagne à l'étage, cela la rassura légèrement que Lexa ne se renferme pas comme à son habitude.

Lexa s'était arrêtée au sommet des escaliers, elle se sentait fébrile. Ses jambes étaient devenues faibles et cotonneuses et elle s'était retenue de justesse au mur évitant ainsi de dégringoler dans les escaliers. Sa tête rugissait de colère et elle tentait vainement de repousser ces sombres pensées pour rejoindre Clarke et profiter de la chaleur d'une étreinte mais c'était comme si inconsciemment son esprit avait réussi à convaincre son corps de lui désobéir.

Son corps se recroquevilla jusqu'à ce qu'elle s'asseye sur la première marche de l'escalier, ses bras se serrant autour de son buste pour calmer ses tremblements.

- Lex ? Appela Clarke, ne la voyant pas arriver.

La médecin prit l'initiative de monter les escaliers et son cœur se serra en trouvant à leur sommet sa compagne. Elle s'approcha doucement et s'agenouilla devant elle, soufflant :

- Ça ne va pas ?...

Elle détesta cette question avant même d'avoir terminé de la prononcer mais que dire de plus ? Les lèvres de Lexa se mirent à tressauter ce qui incita la blonde à aller attraper les mains de son amante. Clarke sentit son coeur se tordre de douleur : voir la femme qu'elle aimait emprunte d'une si grande souffrance et vulnérabilité était une véritable torture.

- Viens-là mon amour... Oh bon sang... Je suis tellement désolée... Chuchota t-elle en allant se serrer contre la belle brune qui étouffa un sanglot dans le cou de sa compagne.

Les deux femmes restèrent l'une contre l'autre, ignorantes de la tempête qui rugissait sur les côtes syracusaines.


Le lendemain, Lexa et Clarke s'étaient mobilisées en début d'après-midi pour aller à la rencontre des pompes funèbres qui s'occupaient depuis plusieurs générations des enterrements des membres de la famille Donati. Sur place, elles avaient dû décider ensemble des différentes étapes pour l'inhumation d'Aden dont le rapatriement du corps dans un premier temps car il était resté à la prison de Palerme. Les entretiens avec les employés qui avaient pourtant fait preuve d'une infinie patience et extrême empathie avaient malgré tous leurs efforts été pénibles pour les deux femmes.

Aden serait présenté dans un lieu privé durant une heure pour que la famille puisse lui faire un dernier au revoir avant sa mise en bière. Son cercueil serait ensuite transporté au cimetière où le caveau familial des Donati était construit afin de l'inhumer auprès de sa mère et son grand-père. Au grand regret de Lexa, l'église avait rejeté toute possibilité d'une cérémonie religieuse du fait de l'appartenance du blond à la mafia. Ce refus bien qu'elle l'ait compris avait à nouveau alimenté la colère qui bouillonnait en elle car elle et Aden avaient été baptisés et s'étaient toujours montrés respectueux envers l'église.

Elle était montée s'enfermer dans son bureau à peine avait-elle foulé le sol de leur maison ce qui n'avait pas manqué de faire soupirer sa compagne. Clarke était allée s'installer dans l'un des canapés du salon pour se reposer car elle était épuisée. Son manque de sommeil était évident et son inquiétude envers Lexa ne l'aidait pas du tout. Elle eut tout juste le temps de sentir Racoon venir se blottir contre elle en ronronnant avant de sombrer dans le sommeil.

Lorsqu'elle se réveilla, elle fronça les sourcils devant la désagréable sensation d'avoir la bouche pâteuse. Elle se leva pour aller chercher un verre d'eau et regarder l'heure. Il était un peu plus de vingt-et-une heures. Elle n'avait pas faim mais elle savait à quoi cela était dû donc elle se força à chercher de quoi faire quelque chose de rapide pour Lexa et elle. Elle se demanda si la brune était toujours dans son bureau, aussi l'appela t-elle.

- Lexa ?... Comme elle n'eut aucune réponse, elle retenta son appel - Lexa…?

Son appel resta une nouvelle fois sans réponse, aussi se décida t-elle à monter directement dans le bureau de sa compagne dont la porte était ouverte. Lexa n'était pas là. Inquiète, elle se mit à visiter chacune des pièces de la maison dans l'espoir de trouver sa compagne mais la réalité la frappa rapidement : Lexa était partie et ce sans la prévenir. Elle se dépêcha de descendre les escaliers pour trouver son téléphone portable afin d'appeler sa fiancée. Ses appels finissaient à chaque fois sur la messagerie, aussi se décida t-elle à laisser un message inquiet :

- Mon amour où est-ce que tu es ? S'il te plaît rappelle-moi vite, je suis vraiment inquiète… Je t'aime…


- La voilà, lui indiqua Gustus au volant de son SUV personnel.

Peu de temps après être rentrée, Lexa n'avait pas pu s'empêcher de vouloir une nouvelle fois la vérité. Elle avait appelé son plus fidèle ami afin qu'il l'emmène à Palerme pour confronter la directrice de la prison. Le Giordano n'avait pas été étonné de la demande de celle qu'il considérait comme sa fille, aussi l'avait-il rejointe rapidement puisqu'il séjournait dans l'ancienne maison de sa cousine le temps des funérailles du Donati. Anya, Edda et lui retourneraient au casino lorsque l'héritière se serait apaisée. La route n'avait pas été très longue malgré les trois heures car Lexa s'était mise à parler de ses doutes et questionnements mais aussi de ses souvenirs en tant que Dona dont celui qui lui était revenu en mémoire dernièrement ce qui n'avait pas manqué d'intriguer le mafieux. Ils avaient profité de l'arrivée d'une voiture pour entrer et se garer dans le souterrain de la résidence privée où habitait Maria De Luca, directrice de la maison d'arrêt de Palerme.

Après un certain temps à attendre, ils repérèrent la voiture de la directrice qui s'engouffrait dans le parking. Elle passa devant leur véhicule à l'arrêt sans prêter attention. Gustus allait descendre quand Lexa lui fit signe de ne pas bouger : une voiture de police suivait celle de la directrice.

- Elle a demandé à être sous protection… Pensa tout haut Lexa.

- Elle a peur de quelqu'un visiblement.

- De qui ?

- Peut-être de toi ou de quelqu'un d'autre.

- Il vaut mieux pour elle qu'elle ait peur de moi, indiqua froidement la brune.

Ils observèrent silencieusement la directrice sortir de son véhicule puis regarder autour d'elle quelques secondes avant de faire signe au véhicule policier qu'il pouvait partir. Lorsqu'ils furent sortis du souterrain, il remit le contact pour faire avancer leur SUV près de la femme qui marchait d'un pas rapide pour rejoindre l'accès à son bâtiment. Celle-ci en entendant le moteur arriver près d'elle sembla accélérer encore plus son pas. Elle tourna finalement légèrement la tête et la vision d'un véhicule imposant noir aux vitres teintées la fit se tendre. Lexa fit descendre sa vitre côté passager et l'interpella :

- Madame De Luca, avez-vous cinq minutes à m'accorder ?

- Madame Donati ?!… No… Non ! Désolée je suis pressée ! S'excusa la quarantenaire en tentant de continuer sa route mais le Giordano accéléra sur deux mètres, la dépassant et Lexa ouvrit brutalement sa portière ce qui barra le chemin de la directrice.

Maria De Luca se pétrifia de nouveau et la peur se lut sur son visage tandis que la Donati descendait vivement de son véhicule une fois celui-ci à l'arrêt. Elle fit face à celle qui avait condamné son frère à une mort certaine.

- Je vous interdis de me fuir ! Vous allez assumer votre faute et pour se faire il va falloir me dire la vérité ! Trancha la brune de cette voix si sûre d'elle et froide.

- Vous… Vous ne devriez pas être là ! Je peux vous poursuivre pour harcèlement…!

- Harcèlement ? Répéta froidement Lexa qui sentit son sang ne faire qu'un tour.

Le regard de Gustus s'était tourné vers les deux femmes pour les observer et un petit sourire était apparu au coin de ses lèvres : Lexa reprenait de bonnes vieilles habitudes…

- Je n'ai rien à vous dire… Insista la quarantenaire, terrifiée en tentant de reculer pour échapper au regard émeraude de son interlocutrice qui la transperçait.

- Vous n'avez rien à me dire ?! S'embrasa soudainement l'héritière, libérant la colère bouillonnant en elle.

Sans prévenir, Lexa attrapa la directrice à la gorge pour la pousser en arrière et la plaquer contre le capot d'une voiture.

- Aaah ! Au… Au secours ! Cria Maria en tentant de se défaire de l'emprise de la Donati mais Lexa tint bon.

- Je veux la vérité ! Qui vous a ordonné de transférer mon frère ?!

- Je… Personne… J'ai cru que ce serait… un bon exemple…!

- VOUS MENTEZ ! Je vous jure que si vous ne me dites pas la vérité il n'y pas que votre carrière que je ruinerai !

- Aaah…Vous… Vous n'êtes que la Maire de Syracuse rien de plus…! J'ai autant d'alliés que vous…

- Je ne suis pas la Maire de Syracuse ce soir Madame De Luca ! Aboya la brune en soulevant légèrement la femme pour la plaquer à nouveau avec force contre la voiture, lui arrachant un gémissement de douleur.

- Pitié… Je… J'ai rendu service à un ami… c'est tout… Je suis désolée… Je pensais qu'il s'en sortirait… Pitié ne me faites pas de mal…

- UN NOM ! Je veux un NOM !

- Aaah ! Je… Charles…

- Charles ?! SON NOM !

- Pike ! Charles Pike ! Le commissaire de police de Syracuse ! Sanglota t-elle.

Surprise, Lexa lâcha la gorge de la directrice qui se mit à toussoter avant de tenter de reprendre son souffle. Elle regarda avec dédain sa victime avant de lui tourner le dos et de remonter dans le SUV.

- On rentre, indiqua t-elle à son ami.

- Je l'ai fait pour rendre service à un ami en danger ! Et pour faire un exemple ! Je jure que je n'ai pas prémédité son assassinat ! Je n'y suis pour rien ! Cria désespérément la directrice en pleurs et pris de tremblements.

Son aveu fut totalement ignoré puisque sous un crissement de pneus, le SUV fila vers la sortie du souterrain qu'ils avaient au préalable bloqué en posant un scotch sur le capteur de la porte de garage.

La quarantenaire s'écroula au sol tant la pression qu'elle ressentait était trop lourde pour ses épaules.

- Madame ça va ?

Maria sursauta quand elle sentit une main frôler son bras. Son regard apeuré se posa sur un jeune homme d'environ un mètre quatre vingt. Brun, coiffé d'un catogan et d'une barbe de quelques jours, il lui offrit un sourire chaleureux qui lui inspira rapidement confiance.

- Désolé de vous avoir fait peur… Je suis Louca, je viens d'emménager au sixième étage du bâtiment A.

- Oh… Euh… bienvenue alors Louca… C'est plutôt à moi de m'excuser… Je… J'ai reçu une visite peu agréable et…

- Un ex-compagnon ?

- Quoi ?... Non…

- Ah… Ça ne m'aurait pas étonné car vous êtes une jolie femme.

Sans pouvoir se retenir, les joues de la quarantenaire s'échauffèrent sous le compliment du jeune homme, il devait avoir la vingtaine tout au plus. Elle sembla s'apaiser aux côtés de Louca.

- Je vous raccompagne à votre étage si vous voulez ? Proposa t-il.

- Oh ce n'est pas la peine…

- Vous êtes sûre ? Ça ne me dérange pas…

- Bon alors… Je veux bien… Merci…

Louca aida sa voisine à se relever et ils partirent tous deux en direction de l'entrée du bâtiment, le jeune homme restant légèrement en retrait. Fatiguée et stressée, elle s'énerva devant sa porte d'entrée qui refusait de s'ouvrir jusqu'à ce que la main de son bon samaritain ne se pose sur la sienne pour lui faire remarquer qu'elle n'utilisait pas la bonne clé. Le jeune homme lui ouvrit la porte et l'invita à entrer ce qui ne choqua pas la directrice tant elle n'était plus en état de penser à quoique ce soit. Louca fit comme chez lui et proposa de lui faire couler un café décaféiné ce qu'elle accepta. Sentant un besoin irrépressible de s'aérer malgré la froideur de ce mois de décembre, Maria ouvrit la baie vitrée donnant accès à son balcon terrasse. Jamais elle n'aurait cru que ce service rendu à Charles, un ancien amant devenu un ami lui coûterait autant de stress et de peur.

Elle sursauta en sentant soudainement les mains de son voisin enlacer ses hanches et ses lèvres se coller contre sa nuque.

- Tu es belle… Sois gentille avec moi…

- Louca qu'est-ce que vous faites… Je pourrais être votre mère…

- Je serai alors un fils comblé… Répondit-il en posant un baiser sur la peau de Maria où des frissons d'excitation mêlés au froid de la température se dessinèrent rapidement.

Elle fronça les sourcils avant de sourire : pourquoi ne pas oublier cette affreuse journée en charmante compagnie ? Ce Louca avait de quoi faire rêver plus d'une femme après tout. Elle allait se retourner quand elle sentit le brun accroître son emprise et la serrer au point de presque l'empêcher de respirer, son bras se glissant finalement sur sa gorge afin de faire pression dessus.

- Lou…je ne…fais…pas ce…genre…

- Ne bouge pas ce sera rapide… Il ne faut jamais faire confiance à un gentil inconnu… Une directrice de prison devrait le savoir… Chuchota t-il.

La panique envahit le corps de Maria qui n'eut pas la force de crier à l'aide tant ses cordes vocales étaient à présent compressées. Jamais elle n'aurait pu imaginer que ce soir-là serait le dernier alors qu'elle accordait tout juste sa confiance à quelqu'un. Lorsque son corps se relâcha du fait du manque d'oxygène, elle sentit à peine qu'on la poussait vers le vide, par dessus la balustrade du balcon. Sa bouche se mua en un rictus effrayé, incapable d'émettre un son tandis qu'elle basculait du septième étage pour s'écraser violement contre le bitume au bas de l'immeuble.

Le bruit du choc fit serrer les lèvres du jeune homme qui déglutit : finalement cela n'avait pas été si dur…


Les larmes coulaient le long des joues des quelques personnes qui étaient venus rendre un dernier hommage au jeune héritier Donati. Aden était allongé dans son cercueil ouvert. Il était apprêté d'un costume italien gris et d'une chemise noire qui contrastait avec son teint pâle. Son visage avait été légèrement maquillé pour la présentation et le jeune homme semblait tout simplement endormi.

Habillée d'un tailleur et d'une chemise noire, Lexa s'avança en dernière devant le cercueil de son petit frère. Elle retira ses lunettes de soleil qu'elle avait gardé pour observer discrètement chacun des amis de la famille. Chacun avait pu adresser quelques paroles amicales ou une prière pour dire au revoir à ce jeune garçon qui s'était perdu dans la course au pouvoir. Les larmes qui se présentèrent ne furent en aucun cas retenues car elle savait que c'était le bon moment pour les faire sortir une bonne fois pour toute.

- Aden… Chuchota t-elle en amenant sa main sur la joue glacée du blond.

Le contact froid fut comme une brûlure pour sa main mais elle maintint le contact afin d'accepter la vérité de la situation. Elle se pencha, ses lèvres se rouvrant pour chuchoter à l'oreille de son petit frère dans ce vieux sicilien que leur avait appris leur grand-père :

- Repose en paix petit frère… Je te promets que tu seras vengé ainsi que ta femme… Je récupérai votre petite fille et je l'élèverai comme si elle était la mienne… Tu as toujours eu ce vide qui développait en toi ce besoin de montrer que tu pouvais faire mieux… Si Maman ou moi avions été là pour toi ça n'aurait sûrement pas été le cas… Tu n'as voulu qu'une chose au final… Qu'on t'aime et c'est réussi Aden… Regarde, notre Famille est là pour toi aujourd'hui… Dors Aden… C'est de nouveau à mon tour de veiller sur eux.

De grosses larmes s'écrasèrent sur le cou du blond immobile ce qui incita Clarke à vouloir rejoindre sa compagne pour la soutenir dans ce dernier adieu mais le bras de Victor la retint. La médecin fronça les sourcils et le chef des Negros chuchota :

- Laisse-la lui dire au revoir. Tu auras tout le temps de la consoler, c'est leur moment à elle et lui.

- Mais...

- Il a raison, indiqua Gustus qui avait observé leur ancienne Dona. On ne dérange pas un sicilien qui dit au revoir à un membre de sa famille.

- Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez vous ? Je suis sa famille…! Grogna t-elle vivement agacée. Au diable vos traditions débiles !

- Clarke !... Soufflèrent les deux hommes déconfits.

Elle s'avança doucement derrière sa compagne mais plus la distance se réduisait entre elles et plus elle comprenait ce qu'avait voulu lui faire comprendre Gustus et Victor. Des lèvres de Lexa s'échappaient à présent un doux chant sicilien. On l'entendait à peine mais la mélancolie qui en ressortait fit vriller le cœur de la blonde qui se stoppa avant d'enfreindre une limite.

Un souffle échappa à la brune lorsqu'elle eut fini et elle se recula, se tournant pour se retrouver face à sa compagne dont les yeux étaient baissés sur le sol, honteuse d'avoir manqué interrompre un rituel qui semblait sacré pour l'héritière. Elle n'avait pas assisté à cela pour Becca puisqu'il n'y avait pas pu y avoir de présentation du corps… Elle se souvenait simplement des chants religieux magnifiques et tristes qui avaient accompagné les adieux du peuple sicilien. Était-ce ainsi que les Donati se disaient au revoir pour la dernière fois ? Si c'était le cas, elle ne souhaitait qu'une chose, que quelqu'un chante ainsi pour son propre enterrement.

Elle sursauta quand Lexa glissa une main sur sa joue avant de plonger son regard émeraude dans le sien :

- Il n'y a plus que toi et moi à présent…

Clarke déglutit à ce sombre constat et se contenta d'acquiescer timidement. La main droite de l'héritière alla chercher le réconfort de celle de sa compagne tandis que la gauche remettait ses lunettes de soleil en place afin de masquer cette fois-ci ses émotions. Tous les membres conviés sortirent lentement de la belle salle décorée en l'honneur d'Aden Donati. Gustus, Ilian, Camillo et un autre garde du corps sortirent en dernier, portant le cercueil qui avait été scellé. Ils s'avancèrent jusqu'au corbillard et firent glisser ce dernier à l'intérieur du coffre.

Tous les véhicules se mirent en route jusqu'au cimetière privé des grandes familles siciliennes installé sur les hauteurs de l'île. Après une dizaine de minutes de route, le cortège ralentit soudainement et enclencha les warnings pour signaler un problème. Lexa fronça les sourcils. Ils n'étaient qu'à une centaine de mètres, que pouvait-il bien encore se passer ? Elle avait pourtant fait le nécessaire pour que cette route soit totalement dégagée afin de se passer de la stupidité et haine des syracusains qui pour une partie s'était réjouie de la mort du jeune Don qui les avait malmenés.

- Qu'est-ce qu'il se passe Lex' ? Interrogea la médecin, inquiète.

- Je ne sais pas encore. Camillo déverrouillez le véhicule, je vais descendre pour voir ce qu'il se passe.

- Madame Donati ce n'est pas prudent, se permit son garde du corps.

- Il a raison Lexa, la sermonna Clarke.

- Déverrouillez les portes c'est un ordre !

- Oui Madame…

- Lexa ! S'indigna sa compagne.

- Je ne le répéterai pas Camillo, menaça t-elle.

Un « clac » retentit dans le véhicule pour indiquer que les portières venaient de se déverrouiller ce qui valut un regard incendiaire au chauffeur de la part de Clarke qui n'eut pas le temps de retenir sa compagne qui descendit en trombe du véhicule. Après une minute tout au plus, des cris coléreux arrivèrent aux oreilles de la blonde qui décida de descendre à son tour, le cœur battant. Les cris venaient d'Anya qui s'agitait violemment contre des policiers.

- Enculés de merde ! Fils de pute ! Allez en Enfer ! Vous serez salis à jamais !

- Bon sang mais qu'est-ce…

Clarke n'arriva pas à finir sa phrase que son cœur se serra à la vue de sa compagne se faisant plaquer violemment contre le sol par un policier.

- Mais qu'est-ce que vous faites enfin ?! Ne touchez pas ma femme !

- N'approchez-pas Madame ! La prévint un autre agent qui lui barra la route.

Elle observa impuissante Lexa se débattre contre le sol ainsi que Gustus qui lui aussi avait été menotté de force.

- Pourquoi vous les arrêtez ?! Qu'est-ce qu'ils ont fait ?! J'ai le droit de savoir ! Hurla t-elle, furieuse tandis qu'Anya se faisait elle aussi menotter à cause de ses provocations et injures.

- Clarke calme-toi… Lança Lexa en se relevant avec le policier bien que la colère battait ses tempes. Surtout ne crois pas ce que tu pourras lire ou entendre !

- Me calmer ?! Hurla Clarke mais elle n'eut pas le temps d'en dire plus car elle vit sa femme se faire embarquer devant ses yeux.

- Lexa ! Appela Indra aux côtés de Gaïa qui semblait tout aussi choquée que la médecin par cette arrestation.

- Indra rejoins-moi au commissariat ! Répondit rapidement l'héritière avant de se faire mettre de force dans une voiture au dessus de laquelle des sirènes bleues et rouges clignotaient silencieusement.

Les voitures de police qui avaient fait barrage au cortège se dispersèrent sauf deux d'entres elles qui bloquèrent le véhicule appartenant au Giordano. Le chauffeur du corbillard demanda ce qu'il devait faire mais la blonde était emprunte à une terrible crise de nerfs. Victor qui était descendu lui aussi de son véhicule pour assister à la scène plus qu'inattendue prit le relais et indiqua de poursuivre la procession. Il obligea Clarke à marcher avec lui jusqu'au cimetière pour l'aider à se calmer.

- Je dois aller… Je dois…

- Calme-toi Clarke.

- Me calmer ?! Je peux savoir ce qu'il se passe bon sang ?! Ma femme vient juste de se faire arrêter par la police avec son ancien homme de main le plus fidèle alors que nous allions enterrer son frère au cimetière !

- Baisse d'un ton… On est pas si loin des flics… Écoute je ne sais pas ce qu'il en est exactement mais… j'ai entendu les flics leur dire qu'ils étaient arrêtés car ils sont soupçonnées d'homicide envers une femme…

- Quoi ?! C'est quoi cette histoire encore !? Lexa était à la mais…

Clarke déglutit soudainement devant la cruelle vérité : Lexa n'était pas à la maison avec elle hier soir… Elle était partie avec Gustus pendant qu'elle s'était assoupie et ils n'étaient rentrés que très tard dans la nuit. La brune avait refusé de donner des explications ce qui avait déclenché une dispute entre elles. Lexa s'était alors murée dans le silence avant d'aller se coucher. La médecin avait décidé le lendemain matin de passer l'éponge en sachant l'épreuve qui attendait sa compagne ce jour. En y repensant, elle n'aurait peut-être pas dû…

- On ne peut pas enterrer Aden sans elle… Il faut tout arrêter Victor !

- Qu'est-ce que ça changerait ? Mets ton beau-frère dans ce foutu caveau. Lexa lui rendra visite plus tard, elle a déjà fait ses adieux. Les morts ne changent pas le cours de la vie, les vivants oui. Lexa a plus besoin de nous qu'Aden en ce moment !

La médecin resta sans voix un instant avant de hocher difficilement la tête.


- Je veux un avocat, répondit la voix ferme de Lexa qui ignorait les questions du policier face à elle.

- Tu auras un avocat quand tu commenceras à nous dire pourquoi t'as été rendre visite à la directrice de la maison d'arrêt de Palerme hier soir ! Aboya son interlocuteur.

Lexa resta insensible aux postillons qui s'écrasèrent sur son visage neutre. Elle avait toute confiance en Gustus à ce moment précis. Les policiers ne pourraient pas les retenir plus de quarante huit heures tout au plus si ce n'était vingt quatre car elle connaissait la juge d'instruction qui pourrait possiblement être chargée de l'affaire.

Malgré son silence et l'aura de calme qu'elle maintenait fermement, une véritable tempête se déchaînait en elle car on l'avait à présent privée de l'inhumation en caveau de son frère sans compter ce qu'elle avait pu voir dans les yeux de Clarke. Elle trouverait le responsable de cette stupide mascarade et le réduirait en cendres.

- On sait que c'est toi bordel parle ! Tu comptes aussi tuer Nia Barzetti ?! C'est la suivante hein ?!

« Tu imagines bien » Répondit intérieurement la brune tout en restant impassible.

- On a l'enregistrement de votre conversation ! T'es foutue Donati ! Indiqua le policier qui posa un lecteur qui repassa la conversation de la brune avec la Barzetti.

L'agent démarra l'enregistrement avant de repasser un passage en particulier :

- « Me menacez-vous Lexa Donati ? »

- « Oui ! »

Lexa laissa échapper un rictus amusé : Nia l'avait enregistrée et avait donc fait exprès de la provoquer pour qu'elle la menace ouvertement… Elle était visiblement plus intelligente qu'elle ne le pensait. Elle allait le lui faire payer de la pire des manières possibles.

- Je veux mon avocat, coupa court Lexa.


Clarke n'avait pas dormi de la nuit et avait fait les cents pas toute la journée qui avait suivi l'arrestation de la brune. Elle avait fait des recherches et avait appris que la directrice de la maison d'arrêt de Palerme s'était défenestrée depuis son appartement du 7ème étage mais les enquêteurs orientaient plutôt leur piste vers un homicide volontaire plutôt qu'un simple suicide. Elle avait bien essayé d'aller au commissariat et de jouer de ses relations pour voir Lexa mais Finn et son équipe étaient de nouveau partis en Italie pour enquêter sur le meurtre d'Ontari Barzetti et Bellamy avait écopé d'une nouvelle mise à pied.

Elle avait envoyé paître tous ceux venus la soutenir dans l'attente excepté Victor qui malgré ses petites piques avait su comprendre la détresse de la jolie blonde. Il se comportait comme le pire des goujats en profitant du luxe de leur maison mais au moins cela avait le mérite de distraire un temps soit peu Clarke et elle arrivait à parler avec lui en toute transparence : Victor ne prenait pas de pincettes même pour les sujets fâcheux.

Elle sauta du canapé lorsqu'elle entendit une voiture se garer dans la cour. Camillo s'exclama immédiatement :

- Madame Donati est de retour !

- Lexa ! Lâcha la blonde, la gorge serrée.

Elle se précipita pour aller étreindre sa compagne qui la serra en retour malgré la fatigue visible sur son visage. Lexa plongea son nez dans la chevelure dorée, s'enivrant de son odeur.

- Je suis là… Ne t'en fais pas…

- Dis-moi que ce n'est pas toi ! La supplia Clarke.

- Non… Ce n'est pas moi… Je te le jure.

- Alors qu'est-ce que tu es allée faire là-bas l'autre nuit ?!...

- Je voulais simplement avoir des explications… Ce n'est pas la décision la plus intelligente que j'ai pu prendre ces derniers jours mais j'en avais besoin… Je suis désolée de t'avoir inquiétée autant… Ces imbéciles n'ont rien contre moi. C'est plutôt eux qui devraient s'inquiéter car je ne vais pas en rester là.

- Gustus et Anya ?

- Ils les ont relâchés aussi… Indra a fait du bon travail.

- Tant mieux bon sang… Ne me refais plus jamais ça… On s'était promis de ne plus rien se cacher… Souffla t-elle.

- Oui tu as raison… Répondit la brune en la serrant une dernière fois contre elle.

Lexa incita la blonde à la suivre à l'intérieur de leur maison pour être enfin tranquilles. Elles montèrent toutes les deux à l'étage pour s'isoler et profiter d'un bon bain ensemble, s'endormant l'une contre l'autre, un peu plus apaisées.


Un léger ronflement s'échappait des lèvres de la médecin ce qui offrit le signal à l'héritière. Deux semaines s'étaient écoulées depuis sa libération et depuis cet appel de Gustus qui l'avait profondément excitée. Les fêtes de noël ainsi que la nouvelle année étaient passées et elles avaient été toutes aussi tristes que le jour de l'enterrement d'Aden aussi avaient-elles décidé d'un commun accord de ne rien faire cette année bien qu'Abby et Jake les aient invitées à venir à New York pour se changer les idées. Lexa avait prétexté qu'elle ne pouvait pas délaisser la fille d'Aden et Ontari ainsi que la mairie en ces temps agités, aussi Clarke avait été dans son sens. Le plus dur pour l'héritière avait été de réussir à dompter cette part d'obscurité qui s'était à nouveau éveillée en elle et qu'elle devait de nouveau cacher à la belle médecin qu'elle aimait au plus profond d'elle-même. Malgré tout cet amour, elle n'avait pas pu se faire à l'idée de simplement laisser passer les derniers évènements. Elle sentait au fond de ses tripes qu'elle réclamait le sang de ceux qui avaient osé insulter sa famille.

Elle regarda l'heure sur le réveil : 2h43 du matin. Elle avait quelques heures devant elle avant que sa compagne ne se réveille et ne remarque son absence. Elle se leva le plus discrètement possible du lit, calant quelques coussins dans le dos de Clarke pour donner l'impression qu'elle était toujours contre elle puis elle quitta la chambre à pas feutrés. Elle passa par la salle de bain des invités pour s'habiller et attacher ses cheveux d'une queue de cheval haute avant de descendre les escaliers. Elle attrapa ses talons qu'elle enfila une fois qu'elle fut sortie et fit un signe discret à Camillo qui lui répondit d'un commun accord. S'il remarquait que Clarke se réveillait, il la préviendrait.

Ses talons claquèrent sur le bitume dans un rythme calme et maîtrisé jusqu'à un SUV gris foncé dans laquelle l'attendaient Gustus et Anya. Elle monta à l'arrière en silence. Les trois mafieux échangèrent un regard entendu avant de se mettre en route. Ils roulèrent loin de Syracuse, se retrouvant finalement perdus en pleine campagne sicilienne.

- As-tu récupéré le carnet Gustus ? Demanda la brune qui avait été mise au courant de la situation.

- Pas encore… Miller me fait tourner en rond, s'agaça le cinquantenaire.

- Tu as plutôt intérêt à avoir misé sur le bon cheval de Troie autrement nous sommes tous foutus.

- Ne t'en fais pas… Je vais faire pression du côté de son père dès demain. La famille Miller a toujours été du côté des Giordano et Donati…

- Hm… Ne jamais dire toujours, c'est toi qui me l'as appris, lui rappela la brune.

Gustus ne pipa pas un mot de plus. Ils empruntèrent finalement un petit chemin de terre qui les mena jusqu'à une usine désaffectée qui servait à présent à parquer des porcs pour les gaver avant de les emmener à l'abattoir. L'odeur pestilentielle des excréments des animaux agressa rapidement les narines des trois complices qui ne purent s'empêcher de froncer les sourcils et les narines de dégoût.

- La vache… Ça pue la mort ici, râla Anya.

- C'est parce qu'on ne tue pas que des porcs ici, répondit Gustus.

Lexa connaissait bien cet endroit pour s'y être déjà rendue lors de règlements de comptes ou avertissements à donner à quelques réfractaires. Le propriétaire des lieux l'appréciait et lui avait rendu de nombreux services. L'avantage avec les porcs était qu'ils consommaient tout excepté le métal alors faire disparaître un corps n'était pas très compliqué ici.

Le véhicule s'arrêta et les trois mafieux descendirent pour se diriger vers une porte métallique. Le bruit des cochons affamés et excités leur vrilla les oreilles mais leur regard fut rapidement attiré par un homme assis et ligoté sur une chaise dans l'obscurité. Ce dernier semblait dormir aussi Gustus attrapa un seau d'eau destiné aux bêtes pour le lui jeter en pleine figure tandis qu'Anya enclenchait le système d'éclairage fait de néons couverts de toiles d'araignées et de poussière.

- Aaah ! Hurla l'homme.

- C'est lui ? Demanda Lexa, le regard brillant de haine.

- Oui, c'est bien lui, confirmèrent Anya et Gustus d'une même voix.

- Vous avez très bien travaillé tous les deux.

- Rien n'aurait été possible sans toi Lexa… Corrigea Gustus. Tous s'agitent à l'idée de ton retour dans les affaires…

Un sourire carnassier se dessina sur le visage de l'héritière qui marcha lentement vers l'homme pour lui faire face. Elle se saisit de la lame que lui tendait Anya et la fit doucereusement glisser le long de la carotide de leur prisonnier, soufflant à son oreille :

- Sais-tu qui je suis ?...

L'assassin de l'héritière des Barzetti déglutit difficilement tandis que des gouttes de sueur et de stress roulaient déjà sur son visage. Cela faisait plus d'une semaine et demie qu'il moisissait sur cette chaise à se déféquer et s'uriner dessus. Il n'était nourri que tous les deux jours par du pain sec et un peu d'eau. Les hurlements des porcs l'avaient presque rendu fou. Il s'était fait coincer en Italie peu de temps après sa fuite de l'hôtel. Trop occupé à fuir les Barzetti, il ne s'était pas méfié des contacts des Giordano et Donati qui l'avaient dénoncé sans une once d'hésitation.

- Je peux… Je peux vous aider… Supplia t-il exténué.

- Je vais finir par croire que mon absence a rendu sourd en grande partie la population italienne… SAIS-TU QUI JE SUIS ?!

- Oui ! Oui…! Je sais qui vous êtes… Couina le malheureux.

- Alors dis-mon nom avant que je ne décide de te trancher la gorge pour avoir assassiné froidement ma belle-sœur et avoir osé fuir comme un lâche alors qu'elle attendait la vie ! Quel genre de mafieux es-tu ?! Aboya t-elle en appuyant la lame qui commença à entailler la peau couverte de poils de barbe.

- DONA LEXA ! VOUS ÊTES DONA LEXA DONATI !

Un sourire entendu se dessina sur les lèvres des trois mafieux.

- Bien. Maintenant tu vas me dire tout ce que tu sais et ce que tu as fait pour les Barzetti.

- Mais je ne sais… Aaaaahhh ! Hurla t-il en sentant une intense douleur à son oreille droite.

Entre ses doigts, Lexa tenait à présent l'oreille qu'elle venait de trancher sans remord.

- Je t'assure qu'il y a beaucoup de choses à couper sur le corps humain, dit-elle en descendant la lame jusqu'à l'entrejambe du mafieux qui se crispa.

- Je vais tout vous dire… Pitié Dona Lexa… Je vais tout vous dire… Sanglota t-il à bout de forces.


Oh yeah ! La Dona est de retour ! Contents ? :D J'espère que vous avez frissonné sur la dernière scène car Lexa est vénère là... Le sang réclame le sang ! Avez vous aimé le flashback sur l'apprentissage de Lexa avec Gustus ? Est-ce que vous aimeriez un peu plus de ce genre de souvenirs car je me rends compte qu'avec la romance de Lexa et Clarke j'ai éclipsé pas mal le côté mafia/Dona :) Ah au fait, vous croyez Lexa quand elle dit qu'elle n'a rien avoir avec le meurtre de la directrice ? ;P Doubi penche pour coupable !

Allez lâchez vos retours car j'en ai vraiment besoin dans cette dernière ligne droite.

Le chapitre 40 sortira courant octobre car je pars en vacances à la fin du mois et j'ai besoin de déconnecter 8) Je termine ma formation professionnelle fin septembre donc je serai plus dispo à partir d'octobre. Vraiment désolée pour ce nouveau délai...

Allez à la prochaine !