Heey ! Me revoilà après cette longue pause ! Je ne vous ai pas oublié une seconde juré ! J'ai bien profité de mes vacances, un vrai break qui ressource ! :D Et bonne nouvelle, ma formation d'éduc canin/comportementaliste est enfin terminée et j'ai eu ma certification ! Plus de révisions pfiou x) Merci de votre patience et de vos retours qui ont continué à arriver au fil des jours après le chapitre 39 :) Bienvenue aux nouveaux lecteurs et nouvelles lectrices :D

Je vois que le retour de la Dona vous a enthousiasmé pour la plupart ! D'autres sont inquiets par rapport à Clarke héhé... J'ai hâte que vous découvriez ce chapitre clé ! :D

Merci à doubi et Mag qui ont bien bossé sur la relecture en l'espace de deux jours à peine ^^ C'est encore moi la plus longue dans l'histoire mais ce chapitre était assez costaud ! (28 pages, bon app XD). Un chapitre levier comme j'aime et qui débloque énormément de choses... Allez je vous souhaite une bonne lecture !

Manoukette : Hey ! merci pour ton retour ! Haha tu tapes juste, beaucoup de comptes vont être réglés dans ce chapitre ! Je suis d'accord pour les flashback... Je m'en écoeure assez vite donc il y en aura uniquement lorsqu'ils viendront naturellement ;)

Fan 13 : Hey ! Merci pour ton retour ! Oui encore un mensonge aie aie... Réponse dans ce chapitre ! Octavia sera légèrement présente dans ce chapitre mais Raven ça ne collait pas donc retour prévu dans le chapitre 41 promis !

Morgane : Hey ! Merci pour ton retour ! Toujours là héhé ! C'est cool si le flashback t'a parlé et que la scène de l'enterrement t'ait ému, j'ai bien fait mon job alors :D

Elooo :Hey merci pour ton retour ! Oh oui elle en a fait des sacrifices et elle va continuer à en faire... :)


Chapitre 40 : Echec et mat


La lourde porte semi-blindée s'ouvrit après une attente qui lui avait paru aussi interminable que le trajet en voiture. Il était trois heures et demie du matin et le service semblait être à son minimum. L'homme avait été jeté d'une voiture devant le commissariat de Syracuse. Il portait une veste dont la capuche dissimulait son visage et se présenta au bureau d'accueil où un homme plus jeune que lui le dévisagea.

- Votre capuche Monsieur.

Lentement, les doigts dont certains étaient écorchés de leurs ongles se posèrent sur les rebords du vêtement en coton. La capuche glissa en arrière, révélant alors un visage tuméfié de coups ainsi qu'une oreille coupée qui avait semble-t-il cicatrisé en partie. La peau de l'homme était sale et luisait, signe qu'il était peut-être fiévreux mais surtout angoissé. L'agent d'accueil fit un bond en arrière à la vision.

- Bon sang ! Il faut que vous alliez aux urgences immédiatement ! Vous venez porter plainte pour agression ?! Asseyez-vous, j'appelle une ambulance immédiatement !

- Non... Souffla l'homme bien que souffrant. Je dois voir le Capitaine Blake...

- Le Capitaine Blake ? Ça ne va pas être possible dans l'immédiat mais pourquoi voulez-vous voir le Capitaine de l'unité anti-mafia ?

- Je viens avouer le meurtre d'Ontari Barzetti... Expira t-il difficilement.

A l'aveu l'agent figea tout en s'exclamant :

- PARDON ?!

- J'ai tué Ontari Barzetti ! Je suis un dangereux meurtrier bordel ! Je l'ai tuée ! Qu'est-ce qu'il faut que je vous dise de plus ?! On peut pas se rendre aux flics sans apporter son CV maintenant ?! S'énerva le mafieux en regardant autour de lui comme s'il vérifiait que le peu de personnes présentes l'avait entendu. Son stress semblait à son summum.

Le policier n'hésita pas plus et fit le tour du bureau d'accueil afin de passer les menottes au soi-disant meurtrier qui semblait plutôt être une victime qu'un agresseur. Il lui indiqua ses droits avant de l'emmener en cellule après avoir demandé une assistance à un collègue. Lorsque l'homme fut dans sa cellule aux côtés d'autres personnes en détention, il marcha d'un pas rapide à travers les couloirs, montant un escalier afin d'accéder à la salle réservée à la cellule anti-mafia. Il toqua et entra mais ne trouva personne : l'équipe semblait être absente. Il chercha rapidement le numéro d'astreinte, tombant sur le portable professionnel du Capitaine Blake qu'il savait suspendu. Il décida d'appeler tout de même. Après quelques tonalités, une voix empâtée lui répondit :

- Capitaine Blake...

- Capitaine, excusez-moi de vous déranger lors de votre mise... euh votre absence, ici l'agent Loretti. Un homme blessé vient de se présenter à l'accueil et avouer le meurtre d'Ontari Barzetti. J'ai cru à une mauvaise blague mais il a...

- Trouvez immédiatement le Capitaine Finn Collins, il est de garde cette nuit. Mettez le suspect en salle d'interrogatoire, ne le lâchez pas d'une semelle et gardez ses effets personnels dans mon bureau ! Aboya Bellamy qui venait de se réveiller en sursaut.

- Bi... Bien ! Capitaine !

- Qu'est-ce que vous foutez encore au téléphone ?!

- Pardon !

L'agent légèrement étourdi par la vélocité de son supérieur se permit de souffler un instant. C'était sa première nuit de garde et voilà qu'un meurtrier recherché venait se rendre. Il retourna sur ses pas pour déplacer le suspect et fronça les sourcils en voyant un de ses collègues bien plus âgés discuter avec l'homme qui s'était assis dans un coin de la cellule.

- Qu'est-ce que tu fais ? C'est un suspect, il ne faut pas lui parler avant l'arrivée du Capitaine Blake !

- Blake ? Il est suspendu !

- Peut-être mais c'est un suspect recherché par la cellule anti-mafia donc...

- Tu l'as appelé ?! L'agressa son collègue.

- Evidemment ! Se défendit le jeune agent.

- Tss... Pike va être fou, tu peux d'ores et déjà faire ton balluchon. Contester les ordres de ton Commissaire n'importe quoi ! Allez hors de ma vue !

Le jeune hésita, prêt à faire demi-tour quand la porte s'ouvrit sur Finn qui demanda :

- Un problème ? J'ai entendu quelques haussements de voix...

- Ah Capitaine Collins ! Souffla le jeune soulagé.

Il expliqua rapidement la situation et Finn fit écarter l'agent qui avait tenté d'impressionner la jeune recrue. Celui-ci quitta la pièce sans demander son reste. Le policier s'approcha de la grille derrière laquelle se trouvait le mafieux et indiqua à son jeune collègue.

- Va chercher les clés, on l'installe immédiatement comme l'a ordonné le Capitaine Blake.


Un grognement ensommeillé échappa à l'homme couché près du brun bouclé.

- Qu'est-ce que tu fous Blake ?...

- Lève-toi Murphy ! On tient le putain d'assassin de la fille des Barzetti !

- T'es hors service je te rappelle...

- J'emmerde Pike, je vais tellement presser ce connard d'assassin qu'il ressortira avec des rides de ma salle d'interrogatoire !

- Font chier... Souffla John en refermant les yeux.

Lui et Bellamy s'étaient retrouvés sans vraiment le prévoir. Il s'était présenté chez lui pour tenter de lui remonter le moral suite à sa mise à pied mais leur soirée avait terminé au lit et Bellamy avait été plus que démonstratif. Ils avaient baisé sans compter les heures et maintenant il savait qu'il allait regretter les coups de hanche énervés de son partenaire car son anus et son dos commençaient déjà à lui indiquer qu'il avait dépassé une limite. Il se redressa finalement lorsqu'il sentit Bellamy lui jeter ses fringues et attrapa d'un air agacé son jean et sa chemise blanche.

- Putain ! Tu casses les couilles Bellamy !

Le brun fidèle à lui-même ne répondit pas et fila directement hors de la chambre, prêt à bondir dans sa voiture.


Assises l'une à côté de l'autre, Clarke et Lexa ne disaient rien mais leurs mains enlacées montraient à quelque point elles étaient décidées à faire face ensemble à la décision du juge des affaires familiales. La procédure pour la garde de la petite s'était compliquée du fait de l'absence de testament. Le juge des tutelles n'avait su trancher et donc avait transmis l'affaire aux affaires familiales sous concert d'un travail en collaboration avec le juge des enfants afin que ce dernier veille à l'intérêt de la petite. La femme assise face à elle devait avoir environ cinquante-cinq ans et faisait mine d'être plongée dans la lecture du dossier. L'attente était interminable depuis qu'Aden avait été reconnu comme étant le père biologique de l'enfant, une information qui avait valu son pesant d'or dans la balance décisionnelle car cela confirmait que Lexa était la tante de la petite grâce au lien du sang.

L'héritière mourrait d'envie de taper du poing et exiger une réponse. Seule la main de Clarke lui permettait de se contenir car elles attendaient déjà depuis quinze minutes dans ce silence pesant. Nia Barzetti se faisait visiblement désirer et Lexa avait peu d'espoir pour que ce retard penche dans la balance concernant la garde de sa nièce.

Un appel arriva sur le téléphone de la juge qui invita sa secrétaire à faire entrer la retardataire. Nia entra, droite et fière, ses cheveux blond platine tirés en arrière en un chignon parfait. Elle portait une robe noire serrée sous un trois-quarts blanc de fourrure véritable qu'elle retira et déposa sur le dos de la dernière chaise vide. Elle jeta un regard dédaigneux au couple assis près d'elle avec un haussement de sourcils en voyant leurs mains enlacées avant d'offrir un grand sourire à la magistrate.

- Bonjour Madame la Juge, veuillez excuser mon retard. Il m'est de plus en plus difficile de quitter ma petite fille maintenant qu'elle est sortie de la couveuse.

- Bonjour Madame Barzetti, répondit simplement la femme.

Après quelques nouvelles secondes de silence, la juge reprit la parole :

- Nous sommes donc réunies afin de rendre la décision concernant la garde de la fille de Madame Ontari Barzetti-Donati.

- Ontari Barzetti, corrigea Nia. Ma fille avait demandé le divorce.

Lexa et Clarke échangèrent un regard surpris à cette nouvelle information.

- Je n'ai aucun document attestant d'une demande de divorce dans mon dossier, répondit la juge en fronçant les sourcils.

- C'est moi qui l'ai. Veuillez excuser ce retard de transmission, j'ai mis du temps à retrouver l'original dans les documents appartenant à ma fille. Elle n'était pas souvent au domicile familial et profitait des différents appartements m'appartenant en Italie.

- Je vois.

La juge récupéra les documents pour les lire attentivement, vérifiant si les dates concordaient ou non.

- Pourquoi avoir omis cette information lors de la constitution de votre défense ?

- Sans document officiel, je ne pouvais prouver les dires de ma défunte fille... S'excusa la matriarche des Barzetti.

- Puis-je ? Demanda Lexa.

Le document termina dans les mains de l'héritière qui commença à le lire en diagonale avant d'attarder son regard sur le nom du juge ayant sans aucun doute accepté de signer un document antidaté car Aden ne lui avait jamais mentionné cette demande de divorce. Le nom de ce dernier ne l'étonna pas. Elle le connaissait pour avoir plus d'une fois rendu service à la famille Barzetti.

- Ma fille m'a avoué que son mari Aden Donati la frappait régulièrement et lui faisait du chantage au suicide. C'est moi qui lui ai conseillé de demander le divorce, cet homme n'était vraiment qu'un scélérat.

- N'importe quoi ! S'exclama Clarke qui s'était levée sous la colère, lâchant la main de sa compagne, surprenant Lexa et la juge.

- Madame Griffin, veuillez-vous rasseoir, ordonna la juge.

- Je ne peux pas accepter que cette garce crache sur mon beau-frère ! Aden avait bien des défauts mais il n'y avait pas plus attentionné et doux que lui envers les femmes qui plus est Ontari qu'il aimait énormément ! N'en avez-vous pas assez de cracher sur un homme mort ?!

- Vous voulez dire sur un homme reconnu coupable d'appartenance à la Mafia et que sais-je encore... Ma fille s'est laissée embobiner par ce menteur et monstre ! Je lui avais pourtant dit que les Donati étaient des manipulateurs et ce n'est pas parce que la petite fille de l'ancien Don est actuellement la maire de Syracuse que je changerai mon opinion sur cette famille !

- Parce que vous êtes toute blanche vous et votre famille peut-être ? Les Barzetti sont...

- Madame Griffin modérez vos propos et rasseyez-vous ou je vous fais sortir, l'interrompit la juge.

- Clarke, calme-toi, lui intima Lexa avant qu'elle ne commette l'irréparable.

La médecin finit par obtempérer mais bouillonnait de colère. Elle mourrait d'envie de révéler la vérité sur la réelle identité de Nia Barzetti mais cela équivalait à dénoncer l'héritière aussi. De plus sans réelles preuves, elle passerait sûrement pour une folle hystérique cherchant la moindre excuse pour obtenir la garde d'une enfant qui ne lui était pas directement liée. Lexa avait été à nouveau lavée de tout soupçon suite à son kidnapping par Quint, il ne fallait pas à nouveau réveiller les autorités à son sujet...

- Pour votre information à toutes, je ne tiendrai compte que des éléments m'ayant été transmis à temps. Je vais donc rendre ma décision qui a été prise en collaboration avec mes collègues juge des tutelles et des enfants.

Un silence suivit avant que la femme n'annonce :

- La garde de la fille de Madame Ontari Barzetti et Monsieur Aden Donati est confiée à sa grand-mère Madame Nia Barzetti qui est nommée tutrice officielle jusqu'au dix-huit ans de l'enfant...

- Quoi ?! Non ! Coupa la médecin. Vous ne pouvez pas faire ça ! S'indigna Clarke qui s'était à nouveau levée tandis que Nia souriait.

- ... Elle est autorisée à la nommer et la reconnaitre à son nom puis l'emmener au domicile familial si aucun soin n'est à prévoir et que le médecin de service autorise le transport de l'enfant, continua la juge, imperturbable.

- Pourquoi ?!

- Je n'ai pas à justifier cette décision, répondit la juge en jetant un regard aux mains des jeunes femmes précédemment enlacées. Vous êtes en droit de contester et faire appel. Sachez que si la tutrice l'autorise, vous avez le droit de visiter l'enfant.

- En toute honnêteté Madame la juge, pour le bien être de cet enfant dont le début de vie n'a pas été simple, je refuse que ces femmes l'approchent. Laissons-la grandir en paix et ne lui infligeons pas l'ignominie que représente sa filiation avec la famille Donati.

- C'est n'importe quoi ! Vous n'avez pas le droit ! Lexa est sa tante ! Elle a le droit de la connaître ! Ontari et Aden n'auraient jamais voulu ça !

- Nous ferons appel, informa calmement Lexa en se levant qui se contenait étrangement. Si tout a été dit, nous partons. Madame la juge, salua-t-elle sobrement.

La sicilienne tira sa compagne à l'extérieur du bureau de la juge tant bien que mal car Clarke était en furie.

- Calme-toi Clarke bon sang, ce n'est pas avec ce comportement que nous ferons changer d'avis les juges, claqua l'héritière une fois à l'extérieur.

- C'est injuste bon sang !

- C'était le risque en demandant la garde exclusive, je te l'avais dit... Aden est mon demi-frère, seule ma mère nous relie et l'Italie reste un pays très homophobe malgré la loi autorisant l'union civile homosexuelle. Nous allons faire appel et contester cette décision je te le promets. Maintenant calme-toi...

- Je suis dégoûtée... Avoua la blonde, la voix tremblante, les larmes aux yeux. Tout ce qu'on a fait n'a servi à rien...

Lexa l'attira contre elle pour la serrer doucement.

- Il ne faut pas perdre espoir. Nous la récupérerons, je te l'ai promis à toi et Aden.

- Vous pouvez toujours espérer les gouines, répliqua Nia en passant près d'elle, la tête haute accompagnée d'un garde du corps qui avait attendu patiemment devant le bureau.

- Qu'est-ce que vous avez dit ?! Hurla Clarke en se détachant de la brune qui la retint in extremis par sa veste avant qu'elle n'aille administrer un coup de poing à la sexagénaire.

- Tiens donc ta call-girl Donati ! N'en as-tu donc pas assez de te donner en spectacle ?! Ton grand-père doit se retourner dans sa tombe ! Poursuivit Nia qui cherchait à provoquer pour faire du tort.

- N'approchez-pas, prévint le garde de la matriarche.

- Grosse conne ! Viens me dire ça en face au lieu de te cacher derrière ton garde ! Répondit Clarke tandis qu'Ilian aidait Lexa à la retenir de commettre l'irréparable.

- Madame Griffin ! Coupa la juge qui venait de sortir de son bureau face au vacarme. Si vous ne vous calmez pas immédiatement, j'appelle la sécurité ! Madame Barzetti, je vous invite à quitter ces lieux.

Nia s'exécuta avec un sourire victorieux tandis que Clarke tentait de se calmer comme elle le pouvait. Elle se dégagea vivement de la prise du garde du corps et de Lexa qui la lâcha immédiatement en faisant signe à Ilian de laisser la blonde tranquille. La brune soupira et fila sur les pas de sa compagne. Si la Donati avait réussi à contenir sa fureur c'était uniquement parce qu'elle savait leur chance d'obtenir la garde de la petite très moindre et s'y était préparée.

Malgré le fait qu'elle soit liée par le sang grâce à Aden à la petite, la récente tourmente au sujet d'une possible implication dans l'affaire du meurtre de la directrice de la maison d'arrêt de Palerme ne les avait pas aidées, sans compter son kidnapping récent et les nombreuses tentatives d'assassinat envers sa personne depuis son premier retour en Sicile... Son CV n'avait rien à envier à celui de Nia qui était bien plus propre car elle passait son temps à se cacher chez elle en faisant faire les basses besognes à ses hommes de main.

Les deux dernières survivantes des plus influentes familles avaient cherché le moindre argument pour faire tourner le vent et malheureusement Nia avait été très forte à ce jeu-là mais Lexa n'avait pas dit son dernier mot. De plus, le fait d'être un couple de femmes n'avait pas dû aider car l'Italie étant très catholique se tournait plutôt vers la tradition et de ce fait les grands-parents étaient prioritaire en cas de décès des deux parents sauf si un parrain ou marraine avaient été nommés lors du baptême de l'enfant.

Clarke et Lexa avaient fait le choix d'assumer en se présentant en tant que couple uni mais cela n'avait pas eu l'effet escompté. Son amie la juge Giula Conti avait été honnête avec elle à ce sujet et lui avait déconseillé mais elle s'était refusée l'idée d'écarter Clarke une nouvelle fois. Elle monta dans le SUV noir qui les attendait dans lequel Clarke était déjà installée, la mine fermée. Le véhicule démarra rapidement pour les ramener à leur hôtel, leur avion ne décollant qu'en soirée, elles étaient bloquées à Rome pour plusieurs heures encore.


Bellamy fixait à travers la glace sans tain le mafieux à qui on avait apporté à manger et à boire. Avant tout interrogatoire, il avait fait dépêcher un médecin afin de prendre en charge la santé inquiétante du suspect. Il avait ordonné un prélèvement buccal et ADN afin de les comparer aux empreintes prélevées sur le corps de la Barzetti et était en attente des résultats. Tant qu'il ne les aurait pas, il n'interrogerait pas cet homme : il en avait assez de se jeter comme un bleu dans une possible piste froide.

Il avait mis la pression au laboratoire pour avoir rapidement les résultats et cela faisait déjà trois heures. L'homme était déjà connu pour des crimes mineurs : vol en bande organisée et agressions.

- Tu penses que c'est vraiment lui qui l'a tuée ? Demanda Finn qui était songeur.

- Quel est l'intérêt de se rendre pour un meurtre pas commis ?

- L'argent ?

- Pas faux. On verra. Si c'est vraiment lui, il devrait donner des détails qui ne feront aucun doute.

- Pike n'est toujours pas là. Il ne répond pas au téléphone.

- Tant mieux, on a enfin carte blanche, indiqua Bellamy qui était toujours en colère contre son supérieur. Bon qu'est-ce qu'ils foutent ces putains de rats de labo ? C'est pour aujourd'hui ou demain mes tests ?

- Reste calme, je vais les rappeler.

Finn allait sortir quand on toqua à la porte. Il l'ouvrit et se trouva face à Monty qui avait reçu un fax :

- C'est confirmé Bellamy. Cet homme est bel est bien l'assassin d'Ontari Barzetti. Les tests ADN le confirment.

Il n'en fallut pas plus pour que le jeune capitaine se jette dans la salle d'interrogatoire, prêt à cuisiner le mafieux de la pire des manières.


Charles Pike s'agitait chez lui. Il avait reçu un appel d'un de ses hommes de confiance et cela ne lui annonçait que des ennuis. Il faisait les cent pas, incapable de se poser pour réfléchir calmement. Bien qu'il ne voulait plus la contacter suite à leur dernier échange houleux et l'assassinat orchestré de son amie la directrice, il alla récupérer le téléphone prépayé et composa le numéro de Nia Barzetti qui mit quelques secondes avant de répondre.

- Charles ! Que me vaut cet appel ? Je vous pensais fâché...

- Croyez-le ou non je ne veux plus avoir à faire avec vous mais je voulais être certain d'une chose...

- Dites-moi.

- Est-ce que c'est l'un de vos coups tordus d'envoyer un de vos hommes se rendre à la brigade anti-mafia ?! Vous étiez sérieuse quand vous disiez vouloir me faire taire la dernière fois ?!

- Je pense que vous faites erreur Charles. Mes hommes sont en Italie.

- Aucun ne manque à l'appel ?

- Non.

- Même celui qui a tué votre fille ?

- Quoi ? Il est mort depuis longtemps ! Dès que j'ai appris sa trahison, je l'ai fait exécuter par mes hommes.

- Dans ce cas vos hommes l'ont raté car il est bel et bien vivant. Dans un piteux état mais vivant et face au Capitaine Blake et son équipe ce moment même. Vous devriez faire du tri dans vos rangs car vous avez un ou des traitres. En attendant ne comptez plus sur moi Nia. C'en est fini pour moi, je quitte la Sicile et l'Italie tout court.

- Vous ne pouvez pas faire ça ! Il faut nettoyer ce bordel Charles ! Je viens juste d'obtenir la garde de la rejeton de ma fille et de cet handicapé et je veux la garder ! Tout sera plus simple avec elle vis-à-vis des familles même si c'est une fille. Je vous envoie un assassin professionnel pour éliminer ce traitre, vous n'aurez qu'à lui créer une ouverture pour qu'il l'abatte.

- Non Nia, débrouillez-vous. Je suis terminé, je ne sais pas ce que cet homme va révéler à la cellule anti-mafia mais je ne prendrai pas le risque de me montrer au commissariat ! Si vous tenez vraiment à cet enfant ce que j'espère pour elle, fuyez le pays car si je suis sur la liste vous êtes dessus aussi !

- Je refuse de quitter l'Italie ! S'énerva la Barzetti. Mes casinos sont ici et ma famille a toujours vécu ici !

- Vous êtes finie Nia, Lexa Donati vous a éjecté de l'arène, soyons honnêtes. Je ne sais pas comment vous avez réussi à convaincre les juges pour obtenir la garde de la petite mais c'était votre dernière victoire ! Vos casinos sont hors-jeux depuis que celui des Giordano est en place, vos fournisseurs de drogue sont out et quasiment plus personne n'achète chez vous. Vos alliés ont tourné leur veste. Il est temps de reconnaître que vous êtes terminée si vous voulez sauver votre peau. Au revoir Nia.

- Charles !...

Le commissaire coupa la communication et jeta le téléphone contre un mur pour le fracasser. Il se dépêcha ensuite de préparer un sac d'affaires et enfourner l'argent liquide qu'il cachait chez lui pour fuir ses responsabilités et les problèmes qui n'allaient pas tarder à arriver jusqu'à sa porte.


- Un détenu de la prison de Palerme souhaite vous joindre, acceptez-vous l'appel ? Tapez un pour accepter ou raccrochez pour refuser.

La sicilienne, était sur la terrasse privée de leur chambre d'hôtel malgré la température légère de cette fin de mois de mars. Elle tapa sur la touche une du téléphone prépayé. Elle avait encore eu ce frisson douloureux à l'écoute du message préenregistré de l'institut pénitencier. Inconsciemment, elle avait espéré entendre la voix de son frère au bout du fil mais celle qui s'adressa à elle était bien plus grave en plus d'avoir un accent latino prononcé. Elle expira la fumée de cigarette sur laquelle elle venait d'aspirer.

- Dona...

- Sebastian. As-tu des nouvelles à m'apporter ?

- Oui, mes gars ont identifié les gardiens de mèche avec Quint qui ont permis d'organiser la bagarre collective tout en le laissant filer avec trois gus.

- Leurs noms.

- Pedro Russo, Armani Greco et Antonin Gallo.

- Bon travail Sebastian. Autre chose ?

- Oui. Je sais qui a aidé Quint en plus de ses hommes.

- Dans ce cas, tue-les.

- C'est le Ressuscité Dona... Une légende pour tous les prisonniers.

- Alors il est temps que la légende disparaisse. Compris ?

- Totalement Dona.

- L'argent est viré sur ton compte et celui de tes hommes. Ne me décevez pas.

- Jamais Dona.

- Qu'en est-il de Quint ?

- Pour le moment il est en isolement. Il se planque mais je finirai par l'avoir.

- Parfait. Au revoir Sebastian, répondit-elle en coupant la communication.

A peine eut-elle raccroché qu'elle reçut un appel d'un numéro privé. Elle décrocha et reconnut la voix de Gustus :

- Alors ? Demanda-t-il.

- Nia a eu la garde.

- Fais chier.

- Pas pour longtemps si tout a été fait comme je l'ai demandé.

- Tout est ok, le paquet a été livré dans la nuit mais il y a quand même un problème.

- Lequel ?

- Nathan Miller m'a enfin rendu le carnet mais c'est certain qu'il a fait des copies.

- C'est une plaisanterie Gustus ?! Je croyais que tu lui faisais confiance !

- Je pensais pouvoir en effet mais je me suis trompé.

- Fait chier ! S'agaça-t-elle.

- Je vais lui rendre une visite dans les jours qui viennent, ça devrait...

- Non, ne lui fais aucun mal. Si tu penses qu'il a fait des copies ça veut dire qu'il a dû préparer la diffusion en cas de décès ou que sais-je encore.

- On fait quoi alors ?

- On reste en alerte, surveille-le discrètement. Je vais réfléchir de mon côté. Je vais aussi avoir besoin d'hommes pour suivre Nia. Si notre balance fait bien son travail, son arrestation ne devrait pas tarder.

- Très bien, je contacte Nico Costa et ses hommes.

- Merci.

- Tu veux que je vienne ?

- Ta présence ne sera pas de trop en effet. Je vais te laisser...

- Lexa ?

- Oui ?

- Ontari et Aden voulaient appeler leur fille Madi, elle l'a écrit dans son carnet sur la dernière page.

Lexa resta silencieuse à cette information mais quelques larmes s'étaient mises à couler le long de ses joues.

- Nous l'appellerons Madi alors, finit-elle par répondre, un sourire tremblant aux lèvres.

Elle coupa ensuite la communication et retira la carte Sim du téléphone puis la cassa en deux avant de la jeter dans une évacuation d'eau présente sur la terrasse.


A l'intérieur, Clarke était assise sur un canapé vert émeraude, calée contre des coussins en velours. Elle essayait de lire une revue de médecine mais son cœur était encore serré à l'idée que la fille d'Aden avait atterri entre les griffes de cette sale garce de Nia Barzetti qui ne l'aimerait sans doute pas d'un amour sincère. Elle observa quelques instants sa compagne qui était au téléphone tout en fumant une cigarette puis tourna la tête lorsqu'on toqua à leur chambre. Elle se leva pour répondre et trouva Camilio et Ilian qui étaient postés devant leur porte et venaient d'autoriser un livreur qui portait un énorme bouquet de roses jaune.

- Bonjour Madame, un bouquet pour Madame Donati.

- Merci... Souffla Clarke, époustouflée par la taille du bouquet.

Elle signa le bon de reçu, se demandant qui avait pu avoir une aussi douce attention car Lexa lui offrait exclusivement des roses rouges. Le parfum des fleurs était enivrant, aussi se perdit-elle un instant à l'apprécier. Elle les déposa dans le vase vide qui trônait sur un meuble raffiné. Ses yeux s'arrêtèrent sur la carte glissée entre deux roses. Elle l'ouvrit et ses yeux bleus se chargèrent immédiatement d'un orage imprévisible tandis qu'elle jetait la petite carte sur le meuble d'un air agacé.

"Avec toute mon amitié, j'espère que tu auras une bonne nouvelle concernant ta nièce aujourd'hui. Gaïa Salomon."

Elle retourna sur son divan vert et ne put s'empêcher de jeter un nouveau coup d'œil à Lexa, tiquant immédiatement car elle la vit en train de manipuler étrangement son téléphone : se débarrassait-elle de la carte Sim ? Lexa avait repris son poste de maire peu de temps après l'enterrement de son frère et elle la savait très occupée mais elle se demandait si la brune lui disait vraiment toute la vérité. Depuis ce fameux matin où elle s'était réveillée seule dans le lit, calée contre des oreillers, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour elle. La sicilienne avait prétexté vouloir travailler sur sa défense concernant les accusations qui pesaient sur elle d'où son réveil plus que matinal mais Clarke avait le lourd pressentiment que la brune lui cachait encore une fois des éléments. Dans le pêle-mêle qu'était l'enquête judiciaire suite à la mort de la directrice ainsi que la plainte déposée par Nia Barzetti pour la menace proférée à son encontre à l'hôpital de Rome, Lexa restait discrète. Elle avait laissé la brune en paix uniquement car elle se doutait que Lexa travaillait dur pour qu'elles récupèrent la garde de la petite mais bien qu'elle désirait plus que tout devenir la mère de cette petite fille, elle refusait l'idée que Lexa trempe de nouveau avec la mafia. Elle avait déjà dû faire une grosse concession avec Victor afin de gagner les voix des habitants des quartiers défavorisés alors il n'en fallait pas plus mais après avoir passé un peu plus de vingt-quatre heures avec lui, elle savait qu'il était capable d'accomplir beaucoup de choses tant que sa famille était en sécurité.

N'en pouvant plus d'être dans l'ignorance, elle se leva pour aller voir Lexa, ouvrant la baie vitrée avant d'asséner :

- Je peux savoir ce que tu fais ?

Lexa ne s'attendait visiblement pas à l'arrivée de sa compagne et sursauta légèrement, manquant de lâcher sa cigarette déjà bien entamée.

- Je fume ?

- Ne te moque pas de moi, je parle du téléphone que tu viens d'ouvrir pour jeter la carte Sim !

- Eh bien j'ai passé des appels privés rien de plus.

- Tu ne peux pas appeler en numéro masqué comme tout le monde ? S'agaça la blonde. Tu me caches encore des choses ! Détruire la carte ça montre que tu n'es pas honnête !

L'héritière tiqua devant la colère soudaine de sa compagne et jeta un regard autour d'elle. Personne n'était présent sur les terrasses alentours et elles étaient assez haut pour que les passants ne les entendent pas. Elle écrasa sa cigarette contre le mur près d'elle et proposa :

- Et si on rentrait pour parler ?

- Pourquoi rentrer si tu n'as rien à me cacher ? Tu peux le crier au monde que tu es honnête non ?! Tout comme ces roses que tu viens de recevoir de ta grande amie et collaboratrice Gaïa Salomon ce n'est qu'amical encore une fois ?! Pourquoi tu pars dans la nuit sans prévenir ?! Comment tu as fait pour rester si calme devant la juge ?! Ne me fais pas croire que c'est encore moi qui me fais des idées !

- Clarke calme-toi... Tenta la brune.

- Non je ne me calmerai pas avant d'avoir la vérité Lexa ! Je la veux maintenant !

Les lèvres de la brune se serrèrent permettant ainsi à Clarke de comprendre que sa compagne n'était encore une fois pas prête à être honnête avec elle. Elle réfréna la furieuse envie de lui mettre une gifle et se contenta de rentrer avant de fermer la baie vitrée à clé derrière elle sous la colère. Elle attrapa son manteau et sortit, surprenant les deux gardes du corps.

- Clarke ? Questionna l'un des deux.

- J'ai besoin de prendre l'air.

- Je viens avec vous... Dit Ilian.

- Non s'il te plaît Ilian, j'ai besoin d'être seule.

Avant que le nom de l'héritière ne soit prononcé, la médecin avait déjà pris la direction de l'ascenseur.


- Laisse-nous, ordonna Sebastian au jeune gardien qui surveillait quelques prisonniers en train de se laver.

Le gardien n'osa pas répondre et accepta simplement l'argent qu'un complice du latino venait de lui glisser dans la main. Le silence se fit dans les douches. Tous les regards se dirigèrent sur Giovani Romano dit le Ressuscité qui continuait à se laver malgré l'arrivée de la petite bande de Sebastian. Le vieux mafieux ne dit rien lorsqu'il se sentit encerclé et termina de se rincer avant de se tourner vers l'homme de main de Lexa Donati.

- Alors ça y est ? C'est l'heure ?

- Désolé le Ressuscité mais la Dona a donné ses ordres et le pardon ne fait pas partie de la liste. Tu l'as insultée et trahie en te rendant complice de Quint pour tuer le jeune Don, répondit froidement le latino.

Sans que Sébastian n'ait à dire quoique ce soit, Giovani fut projeté en arrière par ses hommes qui commencèrent à le tabasser sur le carrelage sale des douches. Le tabassage excita les prisonniers mais aucun n'osa dire quelque chose. Le Ressuscité était un mafieux de légende, tous le connaissaient ici et bien que quelques-uns aient déjà essayé de lui faire du mal, jamais le vieux Giovanni n'avait été blessé. Il était bien trop malin pour se faire avoir par des bleus.

Un gémissement douloureux échappa à l'homme âgé qui cracha un mollard ensanglanté le visage collé au sol. Ils avaient dû lui casser plusieurs os au vu de la douleur qui le traversait mais il acceptait son destin. Il ne regrettait en rien son choix de trahir le petit Don car au final il n'avait fait que respecter la parole faite un jour à ce bon vieux Titus. Lors d'une de ces fameuses parties d'échec qu'ils affectionnaient tant tous les deux, le Don lui avait fait promettre de faire en sorte de rappeler à sa petite-fille les responsabilités qui lui incombaient si un jour elle s'en écartait. Ça avait mis plus de temps qu'il ne l'aurait voulu mais il avait un dicton : tout vient à point à qui sait attendre.

"Voilà mon vieil ami... J'ai dû sacrifier ton petit-fils pour réveiller ta petite-fille mais quelque chose me dit que tu aurais fait la même chose toi aussi... J'espère que notre bon vieux Dieu a préparé la table d'échecs... Je me languis de te foutre une raclée..." Pensa-t-il tandis que ses yeux se voilaient soudainement.

Il sentit un bras glisser sous sa gorge pour soulever sa tête du sol avant qu'une bouche ne se glisse à son oreille :

- Ta légende meurt aujourd'hui vieil homme.

- Sébastian... Souffla difficilement Giovani. Une dernière parole...

- Fais-vite ! S'agaça le latino qui savait que le gardien n'allait pas tarder à revenir les voir.

- Marcus... a tué son père. La Dona a le droit de savoir... Urf...

L'aveu fit hésiter le prisonnier un instant mais la lame glissa finalement le long de la gorge maigre du mafieux qui tressauta quelques instants sous la douleur et la difficulté à respirer. Sebastian se releva et donna l'ordre à ses hommes de se faire plaisir. Plusieurs lames de différente nature s'enfoncèrent dans le dos de Giovanni qui termina de rendre son dernier souffle, la bouche à demi-ouverte et sanguinolente.


Lexa n'avait pas attendu longtemps à l'extérieur car dans la minute qui avait suivi le départ de la médecin, Ilian s'était permis d'entrer pour demander s'il devait suivre la compagne de leur Dona. La brune lui avait donné une réponse négative : elle connaissait assez bien Clarke pour savoir qu'elle ne lui pardonnerait pas ce chaperonnage forcé. La blonde avait ses raisons et elle les comprenait. Elle regarda l'heure, à peine dix heures trente, cette journée ne finirait donc jamais...


Loucas Gallo n'avait pas omis un seul détail concernant l'affaire de séquestration et assassinat de la jeune Barzetti. Bellamy avait bondi lorsqu'il avait appris que tout avait été orchestré par la mère de cette dernière et n'avait pas traîné pour demander un mandat d'arrêt à son encontre. La famille Barzetti tout comme les Donati était bien connus des services de police du fait de l'appartenance des héritiers mâles à la Mafia mais étant tous morts et leurs biens saisis, Nia Barzetti avait été innocentée il y a plusieurs années. Les casinos lui appartenant avaient passé tous les contrôles, aussi la cellule anti-mafia s'était tournée vers les nouvelles familles montantes. Jamais Bellamy n'avait pensé que Quint travaillait étroitement avec la matriarche des Barzetti. Il y avait tellement d'informations qu'il ne savait plus où donner de la tête, heureusement, l'interrogatoire était filmé.

Il entra de nouveau dans la salle d'interrogatoire. Lui et son équipe avaient fait le tri dans leurs dossiers et voulaient mettre à contribution leur précieuse source afin d'éclaircir certains dont celui de Roan Barzetti qui avait étrangement disparu à l'étranger selon les dire de Nia Barzetti lorsque Miller avait infiltré la famille pour coincer Aden Donati. Il ralluma la caméra, vérifiant qu'il y avait encore de quoi enregistrer ainsi que de la batterie.

- Mr Gallo, vu que vous êtes décidé à collaborer avec nous, la juge est prête à passer un accord avec vous si vous nous fournissez des éléments concernant d'autres affaires liées à la mafia. Seriez-vous d'accord ?

Le mafieux se contenta de hocher la tête en guise d'assentiment. Il serait couvert de honte à vie pour avoir collaboré avec la police mais l'idée d'être de nouveau face à celle qui l'avait torturé lui faisait bien plus peur qu'un séjour en prison.

- Nous avons tenté de nous rapprocher de Mr Roan Barzetti au cours de plusieurs enquêtes sur ces deux dernières années. Madame Barzetti, sa mère, nous a affirmé que son fils a fui à l'étranger suite à un désaccord familial, savez-vous quelque chose à ce sujet ?

- Roan est mort, répondit le mafieux.

- Quand ?

- Il y a un peu plus de trois ans je dirais. J'ai pas la date exacte en tête... Je n'étais pas là quand il est mort.

- Comment est-il mort ?

- Assassiné.

- Par qui ?

L'ancien homme de main des Barzetti s'humecta les lèvres à la question :

- Qu'est-ce que me propose la juge si je réponds ? Hésita-t-il.

- Un accord en or Mr Gallo.

- Je peux voir l'accord ?

Bellamy fronça les sourcils avant de faire signe à son collègue à travers la vitre sans tain. Finn arriva avec une enveloppe marron et en sortit l'accord.

- Vous ne ferez que dix ans de prison et serez en quartier protégé.

- J'aurai la télé dans ma cellule ?

- Mr Gallo, la prison n'est pas un club de vacances, coupa durement le Capitaine de la cellule anti-mafia.

- Mettez-moi la télévision et je vous donne le nom de ceux qui ont participé à l'assassinat de Becca Giordano en plus du nom de l'assassin de Roan Barzetti.

Bellamy se paralysa à cette information et ses yeux sombres semblèrent se charger d'une tempête intérieure.

- Vous aurez votre télévision, affirma t-il.

- Je veux l'accord par écrit.

- Vous l'aurez j'ai dit ! Maintenant faites-moi répéter encore une fois et vous n'aurez rien du tout ! Aboya Bellamy en tapant sur la table ce qui fit légèrement sursauter son interlocuteur.

Le mafieux avala sa salive avant de dire :

- Nia Barzetti a tué son propre fils lors d'un dîner familial. Sa fille Ontari et plusieurs hommes ont été témoins de la scène. Elle a fait jeter son corps lesté dans la baie de Syracuse, vous ne retrouverez sans doute rien depuis le temps mais je peux vous donner le nom du bateau qui l'a transporté.

- Je veux tous les détails, le nom, l'endroit, ceux qui ont participé à ça, exigea Bellamy.

Loucas baissa les yeux avant de donner les noms de ceux ayant participé à cette sordide affaire dont il avait eu de simples échos. Rapidement, Finn se leva pour contacter la juge afin d'obtenir des mandats d'arrêt ainsi qu'une saisie du bateau ayant servi à transporter le corps.

- Vous avez dit connaître les noms des responsables de l'assassinat de l'ancienne maire de Syracuse ? Madame Giordano ?

- Vous n'avez pas encore deviné ?

- Je veux l'entendre de votre bouche.

- Nia Barzetti a fait éliminer la maire de Syracuse car elle l'empêchait d'accéder à certains contrats pour des chantiers plus qu'intéressant pour sa famille en plus de la harceler de contrôle vis-à-vis des entreprises lui appartenant.

- C'est une accusation très grave que vous faites et votre simple parole ne suffira pas, il me faut des preuves concrètes.

- Vous avez raison je n'ai pas de preuve concrète à avancer si ce n'est un autre nom qui pourra peut-être faire pencher la balance.

- Celui qui s'est chargé de l'assassinat ?

- Oui.

- Il est mort avec la maire.

- Non. Je parle pas du kamikaze qui s'est fait sauter. Je parle de celui qui a trouvé le gars assez fou pour se faire sauter avec la maire...

- Allez-y.

Un petit rire nerveux saisit le mafieux qui fut plutôt mal perçu par Bellamy qui se retint de justesse de lui en coller une en plein visage.

- Mr Gallo ! Aboya-t-il.

- Désolé... J'essayais juste d'imaginer votre tête quand vous apprendrez que celui qui manigance pour Nia Barzetti depuis tout ce temps n'est autre que votre commissaire.

Les sourcils du brun se froncèrent immédiatement, avait-il bien entendu ?

- Qu'est-ce que vous dites ? Si c'est une plaisanterie je vous assure que vous pouvez vous asseoir sur les accords que l'on vient de passer ! Le menaça-t-il en se levant, mains appuyées sur la table qui les séparait.

- Non c'est pas une blague. Votre commissariat est rempli de ripoux qui acceptent les pots de vin des Barzetti et celui qui est tout en haut de la liste, le grand vainqueur c'est Charles Pike...

Bellamy se laissa tomber dans sa chaise, abasourdi par cette nouvelle mais plus il y repensait plus tout s'emboîtait enfin parfaitement. Tous ces dysfonctionnements lors des enquêtes, les témoins ou les preuves qui disparaissaient, ses nombreuses mises à pied, les équipes court-circuitées lors de l'enlèvement de Lexa Donati... Le mal de dos soudain du commissaire au moment où Clarke Griffin s'apprêtait à rejoindre la voiture de Becca Giordano. Tout s'éclairait ! Son visage s'était fermé dans une rage mutique et il se leva pour sortir de la salle d'interrogatoire, se retrouvant devant son équipe qui attendait leurs ordres tout aussi choqués que lui de cette révélation.

- Rappelez immédiatement la juge Conti. Je veux un mandat d'arrêt contre ce fils de pute de Pike. Avertissez les aéroports, ports, les patrouilles de police et les douanes. Il est hors de question que cet enculé se barre du pays ! Aboya-t-il en allant chercher sa veste pour aller lui-même à la recherche de son supérieur.


Clarke marchait dans les rues de Rome pour tenter de calmer sa colère et sa peine. Elle n'avait jamais souhaité plus qu'aujourd'hui être dans les bras de Lexa mais elle ne voulait plus de ces fausses étreintes emplies de mensonges. Elle n'était plus cette médecin innocente et naïve : leur couple avait tellement souffert qu'elle ne pouvait tout simplement plus fermer les yeux.

Devait-elle tirer un trait sur son histoire avec Lexa pour arrêter de souffrir une bonne fois pour toute ? Quand elle analysait le déroulement de leur histoire depuis leur rencontre il y avait bien plus de douleur que de bonheur au final et pourquoi ? Uniquement à cause des mensonges et secrets de la brune. Quelle idée avait-elle eu de tomber amoureuse d'une mafieuse ? Pourquoi rien ne fonctionnait sur la durée ?

Elle n'était pas ce genre de personne à fuir, du moins elle le croyait mais après tout qu'avait-elle fait avec Finn ? Elle non plus n'était pas toute blanche au final. Son téléphone sonna ce qui la sortit de ses pensées négatives. Elle fut soulagée de lire le nom d'Octavia et non celui de Lexa.

- Allô O' ? Répondit-elle la voix tremblante.

- Coucou ma belle... J'ai reçu ton message... Je suis tellement désolée pour la garde de la petite... Cette administration italienne est franchement débile...

- Oui... Je suis dégoûtée... Avoua la médecin dont les larmes s'étaient mises à couler.

- Vous allez faire appel ?

- Je ne sais pas O'... Je suis fatiguée de cette vie...

- Comment ça ?

- Lexa faisait encore des trucs étranges sur la terrasse de la chambre d'hôtel... Elle fait la mutique, je n'en peux plus. C'est la fois de trop.

- Tu veux dire quoi par là ? Tu ne vas pas la quitter quand même ?!

- Je ne sais pas... Peut-être...

- Eh ben pour une nouvelle si je m'attendais à ça... Clarke, tu es sûre ? Ce n'est peut-être qu'un mauvais moment... Tu ne l'aimes plus ?

- Je ne sais même pas répondre à cette question O', souffla douloureusement la blonde. Entre ses mensonges et tous les malheurs qui nous sont arrivés... Je crois que le destin essaye de me montrer quelque chose non ? On s'accroche comme on peut mais lutter H24 c'est usant... Il y aussi son adjointe dans le lot... Je me demande si elle ne me trompe pas avec...

- Quoi ?!

- Enfin je n'ai aucune preuve... Merde il commence à pleuvoir, il ne manquait plus que ça... Se plaignit Clarke qui alla s'abriter dans un café afin d'échapper à l'averse.

- Les mensonges je veux bien mais les malheurs... C'est un peu lui charger tous les maux du monde sur le dos... Pour le fait de te tromper tout de même... Lexa n'a d'yeux que pour toi...

- Tu la défends ? Je ne te raconte pas tout de notre vie intime Octavia tu sais ! S'agaça la blonde.

- Mais non je ne la défends pas j'essaye juste d'être rationnelle... Tu es énervée et triste. Pour être passée par là avec Raven je sais ce que ça fait... Tu as juste envie de tout envoyer paître... Je serai toujours de ton côté Clarke mais réfléchis bien... Qu'est-ce que tu ferais si tu la quittais ? Tu pourrais rester en Sicile ?

- Non...

- Tu repartirais en Amérique ? Toi qui aimes tant l'Italie ?

- Si je reste, je n'arriverai pas à passer à autre chose. Lexa c'est... c'est plus fort que tout avec elle. Je finirai toujours par craquer et retourner entre ses bras... C'est plus fort que moi... mais on se fait du mal... On ne va pas se mentir elle est partout en Sicile, c'est comme si cette région gravitait autour d'elle depuis qu'elle est revenue... Confia la médecin avant de buter sur cette réflexion.

Des exclamations surprirent la jeune femme qui tourna la tête vers le petit groupe amassé devant l'un des grands écrans du café.

- Monte le son ! Bordel c'est de la vieille Barzetti qu'ils causent ! Cria un des clients.

Le regard de Clarke se figea sur l'écran où la photo du visage de l'ennemie de la famille Donati ainsi que celui de Charles Pike était affichée aux côtés du journaliste de cette édition spéciale qui avait interrompu les programmes de cette fin de matinée. Les deux étaient décrits comme de dangereux criminels en fuite. De ce fait un numéro spécial avait été ouvert pour permettre de les localiser au plus vite afin de procéder à leur arrestation. Les forces de l'ordre invitant tout témoin à ne rien tenter pour les stopper ou les ralentir afin de ne pas mettre leur vie en danger.

- Ecoute... Peut-être que le fait de ne pas avoir eu la garde de la petite, le décès récent d'Aden que tu appréciais énormément, l'impossibilité de voir tes parents depuis quelques temps ça fait beaucoup... Prends du recul, viens à la maison, Matti et moi on t'y accueillera avec plaisir le temps qu'il faut. Clarke ? Clarke tu m'as entendu ?

La blonde s'était soudainement figée suite à l'information diffusée à la télévision mais aussi après l'énonciation de son observation : Lexa était redevenue le "centre" de la Sicile.

"Bien sûr ! Quelle imbécile ! Comment j'ai fait pour être encore une fois aussi aveugle ?! La guerre avec Nia... Les longues absences inexpliquées, les heures supplémentaires à la mairie, le retour de Gustus dans notre vie... Son calme devant la juge ! Elle avait encore tout calculé !" Ragea t-elle.

- Elle a joué avec la vie de la petite... Conclut-elle à voix haute.

- Qu'est-ce que tu as dit ?

- Je dois te laisser Octavia désolée ! Répondit-elle précipitamment.

- Quoi mais...

Clarke coupa la communication, sortant en courant du café, furieuse. Elle fonça droit devant elle, bousculant certains piétons qui la regardèrent de travers. Elle mourrait d'envie de retourner voir Lexa pour lui crier ses quatre vérités mais il y avait bien plus important à présent : vérifier que Nia n'avait pas encore eu le temps de récupérer la petite.


Des gouttes de sueur coulaient le long de son crâne chauve. Pike venait d'esquiver une patrouille à l'aéroport : sa photo ainsi que celle de Nia passaient sur les écrans installés dans l'infrastructure et il n'avait qu'une peur : se faire reconnaître. Impossible pour lui de quitter la Sicile par la voie aérienne aussi prit-il un taxi pour fausser la piste en abandonnant son véhicule dans le parking de l'aéroport.

La radio passait en boucle les dernières nouvelles dont celles impliquant Nia Barzetti et lui-même dans des affaires mafieuses. Couvert d'une grosse écharpe, son visage était à moitié masqué et son crâne était couvert d'un chapeau noir qui masquait sa calvitie. Il avait appelé un contact au port de Syracuse qui avait accepté de le cacher en attendant de le faire passer en Italie contre une somme coquette, il ne manquait plus qu'à réussir à s'y rendre.

Il était mutique et crispé tandis que des véhicules de police toutes sirènes allumées circulaient en alternance sur la voie rapide qu'empruntait le taxi dans lequel il était.

- Encore un ripoux de flic... sérieux quoi on peut plus faire confiance à personne, râla le chauffeur en changeant de station mais toutes les radios parlaient de la nouvelle.

- C'est sûr... Répondit-il.

- Vous voulez que je mette le chauffage ?

- Non.

- Comme vous voulez, ça vous permettrait de retirer au moins votre écharpe, vous allez prendre mal en restant tout habillé comme ça.

- Vous êtes médecin ou taxi ? Occupez-vous de m'emmener au port de Syracuse si vous voulez être payé.

Le chauffeur haussa un sourcil avant de soupirer.


Nia, le visage sévère et dénué du moindre sourire attendait devant la salle de nurserie où était gardée sa petite fille. Elle risquait gros en venant ici si Pike lui avait dit la vérité mais elle ne pouvait tout simplement pas laisser Lexa gagner sur toute la ligne. Elle la priverait de l'enfant et grâce aux sangs mêlés des deux familles, elle pourrait revenir dans quelques années pour réclamer la couronne au nom de Kiara Barzetti.

- Madame Barzetti, se présenta la médecin chargée du service.

- Je viens chercher ma petite fille. Et j'ai largement assez attendu ! Vos incapables d'infirmières me disent qu'elle est en soins mais elle est pourtant bien dans son lit !

- Je vous présente toutes mes excuses vis-à-vis de ce désagrément... Sourit difficilement la médecin. Venez dans mon bureau, nous allons procéder aux derniers détails concernant la sortie de votre petite...

- Kiara Barzetti, c'est son nom. J'ai le papier du juge qui me nomme officiellement tutrice, claqua Nia en collant avec force le papier contre le haut de la poitrine de son interlocutrice.

- Suivez-moi... Nous allons aller dans mon bureau.

- Madame Barzetti, l'interpela un de ses gardes du corps.

- Quoi ?!

- Un de nos hommes vient de m'appeler pour dire que des patrouilles de police viennent de se garer devant l'entrée principale, chuchota-t-il.

- Impossible ! Prit peur la matriarche avant de fusiller du regard la médecin à qui elle colla une gifle monumentale qui surprit totalement cette dernière. Tu me mens depuis mon arrivée sale putain ! Je vais te faire payer cet affront ! Cria-t-elle ce qui alerta le reste du personnel ainsi que les parents près d'elles.

- Tuez-moi cette garce et tous ces empaffés ! Ordonna Nia à ses trois hommes de main qui sortirent immédiatement leurs armes.

- Qu'est-ce que vous faites ?! Cria la médecin effrayée, qui fut la première à prendre deux balles dans la poitrine qui la firent s'écrouler au sol.

Des cris se mêlèrent au bruit des balles qui vinrent transpercer la chair de nombreux innocents qui tentèrent vainement de fuir à travers les couloirs. Leur sang marqua à jamais le carrelage du service.

Les talons de Nia claquèrent sur le sol à présent rouge où des corps immobiles ou gémissant gisaient. Elle marcha jusqu'à la nurserie et poussa la porte d'un grand coup. Comme si les nourrissons avaient senti la noirceur de la mafieuse, certains se mirent à pleurer.

- Dona Barzetti, notre sortie de secours nous attend dans le parking souterrain, Luigi dit qu'il faut se dépêcher mais que la voie est libre pour le moment, l'interpella un de ses hommes.

Nia tourna rapidement la tête et acquiesça avant de se pencher au-dessus du berceau de la petite qui l'intéressait. La fille d'Aden et Ontari était à présent pleine de vigueur du haut de ses neuf mois. Elle l'entoura dans sa couverture rose et la cala contre sa poitrine avant de faire signe à ses hommes de la couvrir dans sa fuite, laissant derrière eux un véritable carnage.


Clarke avait fait aussi vite qu'elle avait pu pour arriver jusqu'à l'hôpital mais l'entrée était totalement obstruée par les forces de l'ordre qui tentaient de retenir les journalistes et les curieux tout en faisant leur travail. Impossible d'avancer pour demander des informations, aussi ressortit-elle son téléphone pour tenter d'en apprendre plus grâce aux actualités. Elle se figea de peur en lisant un article tenu à jour minute par minute :

"Carnage au service nurserie de l'Hôpital du centre de Rome. Une dizaine de morts et un nourrisson enlevé par la criminelle actuellement recherchée Nia Barzetti. L'Italie est dans l'effroi le plus total. Acte mafieux ou terroriste ?"

Le corps de la médecin s'était raidit et elle pouvait sentir des frissons glaciales la parcourir tandis qu'elle envisageait le pire. Voilà à quoi menaient les guerres mafieuses : la mort de nombreux innocents. S'il arrivait malheur à la petite d'Aden et Ontari, jamais elle ne pourrait pardonner ce qu'avait fait Lexa.

Elle avait la tête qui tournait : qu'est-ce qu'elle pouvait faire ? Elle se sentait si impuissante... Elle ne pouvait pas appeler Lexa : cela équivaudrait à cautionner ses actes et il en était hors de question. Le bruit de plusieurs hélicoptères qui passaient au-dessus la ville la sortit de sa panique : que ferait une femme désespérée pour sauver sa vie et quitter le pays au plus vite ?

Des flashs de leur fuite avec Lexa lui revinrent immédiatement. C'était un coup de poker évidemment mais la matriarche des Barzetti n'avait qu'un seul moyen de fuir rapidement : la voie aérienne. Lexa avait réussi sans mal à faire disparaître leurs traces dans les différents aéroports grâce à de fausses cartes d'identité, nul doute que Nia risquait de faire la même chose. Elle courut pour rejoindre la route la plus proche et manqua de se faire renverser par une voiture qui pila de justesse. Le chauffeur commença à l'insulter mais le regard de Clarke s'était illuminé : un taxi.


Essoufflé, Pike s'était faufilé comme il avait pu au plus près du bateau qui devait lui faire traverser la Méditerranée pour rejoindre la Tunisie. Avec l'argent qu'il avait emporté, il aurait largement de quoi payer un passeur pour une nouvelle vie. Il se figea derrière un bateau en reconnaissant l'homme qui avait promis de lui faire quitter la Sicile. Celui-ci menottes aux poignets, était en train de se faire embarquer par un membre de l'équipe anti-mafia. Un peu plus loin, le Capitaine Blake était en train de donner des ordres à une patrouille cynophile.

- Merde, grogna t-il.

L'aller-retour entre l'aéroport et le port lui avait coûté un temps précieux évidemment... Avec un peu de chance la fouille des bateaux avait déjà dû être effectuée et cette patrouille devait juste s'assurer d'aucun départ de bateau auquel cas ils avertiraient la brigade côtière.

Le commissaire de Syracuse se paralysa en voyant Bellamy sortir un sac poubelle dans lequel se trouvait un vêtement. Le berger allemand renifla quelques secondes le vêtement avant de se placer de sorte à avoir le vent face à lui. Il se mit ensuite à renifler le sol avant de tirer brusquement son maître.

- Déjà ? S'étonna Bellamy.

- Faut croire qu'il est passé par là Capitaine mon chien ne se trompe jamais !

- Foutu clébard ! Jura Pike avant d'accélérer le pas dans la direction opposée mais le chien avait une piste brûlante sous la truffe.

Il jetait des coups d'œil derrière lui pour tenter de jauger la distance le séparant du chien policier mais nul doute qu'il serait rapidement rattrapé, aussi décida-t-il de jouer le tout pour le tout. Il refusait d'aller en prison, il se ferait tailler en pièce. Il se mit à courir sur les pontons séparant les bateaux ce qui alerta immédiatement la patrouille suivie de Bellamy qui se mirent à courir tout en suivant difficilement le chien.

- PIKE ! Hurla finalement le Blake en le reconnaissant de dos. Arrêtez-vous !

Le commissaire n'obtempéra pas et continua à courir jusqu'à plonger dans l'eau et disparaître dessous ce qui désorienta le chien qui se mit à tourner en rond au niveau du dernier endroit où sa cible était passée.

- Je le vois ! S'exclama Bellamy en voyant le crâne de son supérieur remonter à la surface pour chercher sa respiration. Il va forcément remonter vers ce hangar ! Suivez-moi ! Dit-il à ses hommes.

Grâce à son talkie-walkie, Bellamy fit immédiatement déployer l'unité côtière, demandant à ces derniers de surveiller tout mouvement suspect le long du port au cas où Pike tenterait de fuir par une autre direction. La rage au ventre, il continua son chemin sur les pontons suivi de l'équipe cynophile jusqu'à tomber sur le hangar de construction de bateaux. Il pénétra à l'intérieur avec précaution et commença à en faire le tour, espérant débusquer Pike. Le chien aboya finalement devant un immense tas de tonneaux pour signifier que sa cible était derrière. Bellamy en fit le tour, arme en main et se paralysa en trouvant son supérieur, canon de son arme dans la bouche, prêt à se faire sauter le crâne.

- Pike ! Baissez votre arme immédiatement !

Pour seule réponse, le commissaire serra encore plus ses doigts sur l'arme aussi trempée qu'il l'était. Il avait espéré retenir sa respiration assez longtemps pour nager discrètement jusqu'à ce hangar mais avait échoué. De plus, dans sa fuite, il avait dû sacrifier son sac qui contenait son argent. Personne ne l'aiderait à présent, il était foutu et le désespoir de finir en prison lui transperçait les tripes. Il n'avait plus rien à perdre alors se faire sauter la cervelle était sa dernière alternative.

- C'est terminé Pike. Vous avez perdu, il est temps de l'admettre... Vous suicidez n'effacera pas vos péchés. Il est pourtant encore temps de faire le bon choix... Reprit Bellamy en gardant son arme pointée vers son commissaire. Lâchez cette arme, répéta-t-il.

Des larmes coulaient sur le visage crispé du policier pourri jusqu'à la racine qui resta mutique.

- Aucune excuse n'effacera ou ne justifiera vos actes Charles mais vous pouvez encore faire le bon choix en m'aidant à enfermer Nia Barzetti et ses partenaires à vie ! Vous êtes la clé de tout ! Montrez-moi que vous avez toujours cette âme de flic en vous !

La mâchoire crispée, Pike retira lentement l'arme de sa bouche avant de la faire glisser au sol vers Bellamy qui avec un coup de pied léger, l'écarta d'eux.

- Maintenant levez-vous lentement, mains en l'air Pike.

L'ordre fut respecté et le commissaire fut menotté par le Blake lui-même qui le fit se tourner sans douceur pour le confronter yeux dans les yeux. Sans prévenir, Bellamy lui administra un terrible coup de tête qui fit tomber le policier véreux sur le sol dans un gémissement. Il se pencha pour le faire se relever, lui chuchotant :

- Tu aurais mieux fait d'avoir eu le courage de te tirer une balle ordure...


Clarke était arrivée à l'aéroport grâce au taxi qui avait manqué la renverser. Elle marchait d'un pas rapide dans l'immense bâtiment en effervescence. Sur les écrans télévisés circulaient les visages de Nia Barzetti et Charles Pike ainsi que le bandereau alerte enlèvement enfant. Ses poumons la brûlaient et elle commençait à désespérer à l'idée d'avoir fait une erreur quand elle sursauta à une main déposée sur son épaule :

- Clarke ! Qu'est-ce que tu fais là ?!

Elle se tourna pour se retrouver devant Lexa qui semblait plus qu'étonnée que sa compagne soit ici. Dans la panique du moment, la médecin hésita entre l'idée de se jeter dans les bras de la sicilienne pour lui expliquer la situation, espérant encore s'être trompée sur son compte mais elle vit passer Gustus qui était suivi par plusieurs hommes semblant venir des plus bas quartiers de Rome au vu de leur style vestimentaire.

- Ne me touche pas ! S'énerva-t-elle en s'écartant.

La brune fut décontenancée par la ruade de la blonde qui le temps qu'elle réalise s'était éloignée vers des militaires en patrouille.

- Messieurs ! Les interpella-t-elle. Les hommes là-bas ils sont armés ! J'ai vu l'un d'entre eux avec une arme à sa ceinture !

Immédiatement, les militaires transmirent l'information à leurs collègues présents dans l'aéroport avant de se mettre à la poursuite des potentielles menaces.

- A quoi tu joues Clarke enfin ?! Cria Lexa sur la médecin, furieuse de ce qu'elle venait de faire.

- Et toi alors ?! A quoi tu joues Lexa ? Tu peux me le dire ?! Jouer avec la vie de ta nièce de neuf mois ! J'aurai honte à ta place ! Tu es un monstre !

Sa main fila vers la joue de Lexa mais la Donati arrêta cette dernière avant, serrant avec force le poignet de sa compagne. Le regard émeraude de l'héritière s'était assombri sous la colère et elle répondit froidement :

- Je fais ce que j'aurai dû faire il y a bien longtemps.

- Tu as provoqué la mort de nombreux innocents en acculant cette folle !

- Nia est la seule responsable.

- Non, tu es la première Lexa ! Tu te crois où ?! Sur un plateau d'échecs ?! C'est le monde réel ici merde ! On ne joue pas avec la vie des gens ! Lâche-moi tu me fais mal !

- Lexa ! Appela Gustus en se rapprochant. Nico et ses hommes se sont fait serrer par les militaires pour port d'arme illégal, il faut partir !

Le regard océan de Clarke semblait parsemer d'éclairs tant la tempête en elle était violente. La sicilienne ne voulait pas céder mais elle savait que Gustus avait raison. Elle devait faire profil bas jusqu'au bout pour que sa stratégie fonctionne.

- Tu viens avec nous Clarke, ordonna la brune.

- Hors de question !

- Gustus, attrape-là.

Le Giordano fut parcouru d'un tic agacé et fit exprès de laisser la blonde lui échapper : Clarke se perdit dans la foule. Il n'avait clairement pas de temps à perdre avec cette médecin imprévisible. Lexa allait pour la suivre mais il l'arrêta et la tira derrière lui.

- Laisse-la ! Tu la retrouveras quand elle sera plus calme !

L'héritière fut parcourue d'un spasme douloureux alors qu'elle regardait la blonde la fuir.


Poursuivi par plusieurs voitures de police, le véhicule de Nia avait forcé la barrière de sécurité menant aux pistes privées de l'aéroport. Le chauffeur du SUV évitait au mieux les obstacles tout en surveillant la distance le séparant des sirènes clignotantes mais alors qu'il regardait dans son rétro intérieur, il ne fit pas attention au véhicule de service tractant des remorques remplies de valises. Il donna un coup de volant de dernière seconde et perdit le contrôle de son véhicule qui termina sur deux roues avant de partir en plusieurs tonneaux sur le bitume.

Les voitures de police ainsi que les pompiers furent rapidement sur place et purent s'approcher du véhicule en piteux état, forçant les portières pour en extirper les occupants.

- Alors ? Questionna un policier.

- Désolé, le chauffeur est mort.

- Et les occupantes ?

Le pompier secoua la tête d'incompréhension.

- Il n'y avait que le chauffeur dans le véhicule, affirma t-il.

Les yeux du policier s'agrandirent d'effroi avant qu'il ne donne l'alerte à ses collègues :

- Nia Barzetti et l'enfant n'étaient pas dans le véhicule ! Je répète elles n'étaient pas dans le véhicule !


Couverte d'un châle pour cacher ses cheveux blond platine, Nia avait le cœur qui battait à tout rompre. La fuite de l'hôpital avait été plus délicate que prévue et elle avait dû abandonner ses hommes afin de monter à temps dans l'ambulance volée qui l'attendait dans le sous-terrain. Elle avait ordonné à son chauffeur de foncer en premier et mener les patrouilles de police sur une piste factice de l'aéroport afin de faire diversion. Elle était si proche du but... La peur de se faire arrêter lui tenaillait les tripes. La dernière fois qu'elle avait eu si peur avait été la nuit où son mari avait une nouvelle fois levé la main sur elle. Malgré les lois mafieuses, son compagnon n'était qu'un perdant et pour se sentir fort ne cessait de la battre pour la briser afin de lui apprendre à rester à sa place.

Ce fameux soir, elle avait enfin eu le courage alors qu'il la toisait de toute sa hauteur, prêt à lui briser encore les côtes ou un bras, de saisir l'arme qu'elle avait dissimulé sous un coussin du canapé. Elle lui avait tiré dessus et la sensation qu'elle avait ressentie lorsqu'il s'était écrasé inerte au sol avait été la plus délicieuse qui soit. Elle s'était fait la promesse ce soir-là de ne plus jamais se laisser dicter d'autres lois que la sienne.

Elle leva la tête vers un écran et ses yeux se plissèrent devant la nouvelle annonçant que le commissaire Charles Pike venait d'être arrêté par la cellule anti-mafia.

- Charles... Imbécile, maugréa-t-elle en accélérant le pas.

Alors que ses différents hommes de main s'étaient éparpillés selon ses ordres pour brouiller les pistes des forces de l'ordre, elle avait réussi à négocier avec un contact de l'aéroport son laisser passer pour la Russie et grâce à un faux passeport elle pourrait fuir l'Italie sans encombre. Elle allait gagner cette partie : Lexa ne reverrait jamais l'enfant. La petite dormait enroulée dans sa couverture et installée dans un panier couffin tressé que Nia serrait contre elle.

Elle se frayait un chemin comme elle pouvait dans la foule de passager occupée à diverses opérations quand elle se fit bousculer par un homme de grande taille qui s'excusa aussitôt. La petite fut secouée ce qui la fit pleurer et Nia en perdit les lunettes de soleil qui masquait une partie de son visage.

- Espèce de connard, vous ne pouvez pas regarder devant vous ?! S'indigna-t-elle. Vous avez fait peur à mon bébé !

- Je suis vraiment désolé Madame, vous marchiez vite et je ne vous ai pas vue...

- Laissez-moi passer ! Ordonna-t-elle, furieuse.


Cette voix glaciale, Clarke l'aurait reconnue entre milles ! Elle tourna la tête dans sa fuite alors que Lexa et Gustus devaient déjà être loin et reconnut Nia Barzetti. Sans hésiter une seule seconde, elle hurla :

- ELLE EST LA ! NIA BARZETTI ! C'EST ELLE QUI A KIDNAPPE CE BEBE ! APPELEZ LA POLICE !

Son hurlement alerta immédiatement les personnes autour d'elle ainsi que la concernée qui pâlit avant de se mettre à courir en direction du couloir qui lui permettrait de s'envoler loin de toute cette galère.

Clarke ne se laissa pas démonter et se mit à courir derrière la fuyarde : hors de question qu'elle abandonne cette petite fille après tout ce qu'elle avait traversé. Elle se cogna contre des épaules, s'entrava dans des valises mais termina par la rattraper. Nia dans sa panique s'était perdue et avait terminé devant un tapis roulant qui avalait les bagages des passagers.

- Nia ! Rends-moi la petite ! Ordonna Clarke en se jetant sur la sexagénaire pour tenter de lui arracher le couffin des mains.

Les deux femmes luttèrent quelques secondes avant que Nia ne donne un coup de tête à Clarke ce qui fit vaciller la blonde dont le front présentait une entaille de quelques centimètres.

- Plutôt mourir que de la laisser ! Répondit la Barzetti en sortant un petit revolver du couffin qu'elle tenait difficilement d'un bras, fatiguée par la lutte. Quitte à perdre, je vais te supprimer aussi sale petite call-girl ! Cette garce de Donati n'aura ni la petite ni toi ! Rajouta-t-elle en enlevant la sécurité avant de presser la détente.

- Chope ! Ordonna une voix grave.

Plus rapide que n'importe quel homme, un malinois sauta en diagonale sur la femme et ferma sa mâchoire sur le bras qui tenait l'arme, la désarmant au passage. Nia déséquilibrée et surprise en lâcha son arme dont le coup de feu partit en l'air. Elle tomba en arrière avec le chien et le couffin contre elle sur le tapis à bagage qui les avala tous les trois.

- Non ! Cria Clarke en se jetant sur le tapis roulant, prête à les suivre.

- Laissez ! On y va ! L'informèrent de nouveaux militaires qui s'engouffrèrent sans hésiter à la suite de leur chien disparu.

Quelques minutes plus tard, alors que tout le système de tapis roulant avait été suspendu pour faciliter l'intervention des forces de l'ordre, des applaudissements se firent entendre derrière Clarke qui n'en pouvait plus d'attendre. Les deux militaires qui avaient plongé derrière le malinois se dirigeaient vers elle, l'un d'entre eux portant le couffin tandis que le second tenait fermement Nia Barzetti dont le bras saignait à cause de la morsure du chien qui marchait fièrement en la surveillant du coin de l'œil.

- Vous connaissez cette enfant Madame ? Questionna le militaire alors que le visage de la médecin retrouvait des couleurs.

- Oui...

- Quels liens avez-vous ?

- Je...

La blonde avala sa salive : en réalité, elle n'avait aucun lien de sang avec cette petite fille mais avant que les miliaires ne le comprennent, elle pouvait bien dire ce qu'elle voulait.

- C'est... C'est ma fille, souffla t-elle.


Deux jours plus tard.

Les informations ne cessaient de parler de cette spectaculaire arrestation à l'aéroport. Les témoignages se succédaient en parallèle des déclarations de la cellule anti-mafia qui promettaient une réelle avancée dans beaucoup de dossiers en attente de réponse. Nia Barzetti et Charles Pike avaient été placés en isolement dans une maison d'arrêt propre à leur sexe. La Barzetti n'avait rien dit mais Pike lui, avait transmis à Bellamy les dernières pièces du puzzle. L'Italie et la Sicile allaient enfin respirer et vivre en dehors de la peur provoquée par la mafia locale.

Clarke avait loué une chambre d'hôtel pour rester aussi proche que possible de la petite qui avait dû retourner à l'hôpital le temps d'écarter tout risque suite à sa mésaventure sur les tapis roulants à bagages de l'aéroport.

La médecin avait ignoré totalement les appels de Lexa mais se doutait qu'elle la confronterait dans une heure lorsqu'il faudrait aller chercher la petite fille pour enfin la ramener à Syracuse. Elle regarda tristement son poignet où la poigne de Lexa avait laissé une légère marque violacée. Cette marque la renvoyait des années en arrière, au moment où la brune tentait de la protéger à n'importe quel prix. Aujourd'hui, Lexa était la menace maintenant que Quint, Nia et Pike étaient sous les verrous.

Après un dernier soupir, elle se motiva à se préparer pour rencontrer sa compagne à l'hôpital.


- Et voilà la petite Madi, sourit gentiment une aide soignante en apportant la petite à la médecin qui la récupéra entre ses bras tout sourire avant de l'embrasser tendrement.

Clarke était venue en avance car elle n'en pouvait plus d'attendre et visiblement l'héritière en avait fait de même. Nia étant destituée de ses droits de tutrice, Lexa avait été reconnue comme la tutrice officielle de sa nièce.

La brune avait bien essayé d'entamer une discussion mais la blonde lui avait fait comprendre que ce n'était pas le moment.


Les deux femmes étaient reparties ensemble dans un silence pesant et avaient retrouvé leur maison. Cela ne faisait qu'une heure pourtant Lexa sentait que quelque chose n'allait pas. Elle se doutait que Clarke était en colère et avait besoin de temps, aussi attendait-elle patiemment dans le canapé. Sa mine était soucieuse mais elle était persuadée que la médecin finirait bien par admettre qu'elle avait eu raison d'agir comme elle l'avait fait : grâce à ses efforts leurs pires ennemis croupissaient à présent en prison et la petite était avec elles... Tout danger était enfin écarté.

Elle releva la tête lorsqu'elle entendit une voiture se garer dans la cour de la maison et alla voir, reconnaissant la Jeep de Raven. Un sentiment d'inquiétude et d'excitation la saisit en songeant que la mécanicienne reprenait du service mais ce sentiment s'estompa bien vite lorsqu'elle reconnut Octavia et Lincoln. Ses sourcils se froncèrent aussitôt et elle vit Clarke descendre avec Madi dans les bras.

- Tu ne m'as pas dit que tu avais invité Octavia et Lincoln... Souffla-t-elle doucement.

Clarke se contenta de l'ignorer et d'aller ouvrir la porte à ses amis qui la serrèrent entre leurs bras avec des bises chaleureuses. La blonde ferma la porte d'entrée derrière elle afin que la brune n'entende pas leur conversation puis entra de nouveau sans la petite entre ses bras.

- Qu'est-ce que tu fais Clarke ?... S'inquiéta soudainement Lexa.

- Je pars d'ici et j'emmène Madi avec moi.

La sicilienne resta sans voix quelques secondes avant que la colère ne la saisisse :

- Il en est hors de question !

- Oh que si ! Se rebiffa la médecin en allant confronter sa compagne qui surprise fit un pas en arrière.

- Tu ne peux pas partir avec Madi, c'est ma nièce, je suis la tutrice officielle aux yeux de la loi !

- Ah ! La loi ! Laisse-moi rire Lexa ! Combien de lois as-tu enfreint pendant tes petites manigances tordues qui ont failli la tuer ?! Hein ?! Réponds !

Lexa serra les lèvres devant l'agression, se muant dans le silence.

- J'espère que tu as honte de toi Lexa car moi oui. J'ai honte d'être avec toi. Tu m'avais promis de ne plus jamais retomber dans tes travers de mafieuses et à la moindre occasion tu replonges pire qu'une toxico qui cherche sa dose de la journée !

- C'ÉTAIT NECESSAIRE ! S'énerva la brune.

- Quoi donc ?! Mettre la vie ta nièce en jeu pour un combat d'ego entre familles mafieuses ?! Va te faire voir Lexa ! Je ne te laisserai pas lui faire du mal c'est compris ? Madi est l'héritage d'Aden et d'Ontari, elle n'est pas une vulgaire pièce d'échec que tu peux déplacer à ta guise !

- Arrête avec ces métaphores d'échec c'est n'importe quoi Clarke ! J'aime Madi tout comme je t'aime toi ! J'avais calculé tout ça, elle ne risquait rien !

- Ah oui ?! Quelle était la probabilité qu'elle finisse sur un tapis à bagages possiblement écrasée par une valise pesant trente fois son poids dans tes calculs ?!

- C'est toi qui as tout fait foirer en alertant ces militaires !

- Non je n'ai rien fait foirer comme tu dis, au contraire, j'ai joué légalement contrairement à toi qui a joué avec la force brute et qui nous a abandonnées à l'aéroport !

Cette vérité fit mal à l'héritière dont les yeux se voilèrent de larmes : oui elle avait suivi Gustus et avait délaissé Clarke et Madi pour ne pas éveiller les soupçons des forces de l'ordre qui auraient pu se demander pourquoi elle était sur place alors qu'elle n'avait rien à y faire.

- Maintenant tu vas me signer ces documents immédiatement, l'informa Clarke en sortant de sa veste une enveloppe.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Une lettre écrite par mes soins qui stipule que tu me confies la garde et tutelle de Madi ainsi que l'autorisation de la reconnaître à mon nom. Je la ferai valider par le juge des familles dès demain.

- Clarke... Madi est autant ma fille que la tienne... Murmura t-elle anéantie.

- Non tu ne mérites pas ce titre Lexa, asséna durement Clarke. Maintenant signe ou je t'assure que je vais voir Bellamy de ce pas pour tout lui dire. J'irai aussi en prison pour complicité mais ça ne m'effraie pas le moins du monde tant que je saurai Madi en sécurité et crois-moi que le seul accord que je négocierai c'est sa garde que je confierai à mes parents pour qu'elle soit le plus loin possible de toi et de tes amis mafieux !

Les lèvres tremblantes et le visage livide, la Donati avala difficilement sa salive. Elle souffla :

- Je vais signer...

- Bien.

La médecin jeta l'enveloppe sur la table basse près des canapés avant de remonter chercher le reste de ses affaires. Lorsqu'elle redescendit, Lexa avait déserté la pièce : elle se détestait pour ce qu'elle venait d'infliger à la brune mais elle ne pouvait lui pardonner ce qu'elle avait fait à Madi. Elle récupéra les documents signés et rouvrit la porte derrière laquelle se trouvait Lincoln qui lui fit un petit sourire réconfortant. Il attrapa ses bagages et les chargea dans la Jeep. Ils montèrent ensuite dans le véhicule où Octavia parlait à Madi qui la regardait avec de grands yeux curieux, la bouche ouverte. Le portail s'ouvrit ce qui permit à Lincoln de faire marche arrière afin de sortir la voiture. Il tourna à gauche en direction du centre-ville de Syracuse et tandis qu'il passait tranquillement la deuxième vitesse, il aperçut dans son rétroviseur intérieur la Donati sans casque chevauchant une moto de sport dont elle fit vrombir le moteur avant de partir à toute vitesse vers les hauteurs de l'île.

"Lexa..." Soupira tristement et intérieurement Clarke tandis que ses amis tentaient de la réconforter comme ils le pouvaient.


Boom ! Ça a pété dans tous les sens dans ce chapitre ! Qu'en avez-vous pensé ? Dites-moi tout ! Lexa a tenté de la jouer stratège discrètement mais la réussite est loin d'être totale ! Même si ses pires ennemis sont à présent en prison, elle vient de perdre Clarke et Madi... Enfin perdre c'est un grand mot... Est-ce que vous avez aimé voir Clarke s'affirmer plus dans ce chapitre ? J'ai eu un retour me disant que la Clarke warrior de la série manquait donc je me suis adaptée et d'ailleurs ça va rallonger cette histoire pour quelques chapitres supplémentaires grrr :P Sinon, avez-vous frissonné durant ce chapitre ?

Allez je vous dis au mois de novembre pour le chapitre 41 dont la première scène sera dédiée au retour de Raven mais aussi à la confrontation Raven/Lexa :D (je ne donne pas de date car doubi m'a menacé de mort si je le faisais xD donc le chap sortira courant novembre, je fais mon max promis !).

Autre info, je m'occupe de la relecture de Alpha d'Esys, c'est une histoire avec des vrais loups garous qui vaut le détour car loin du monde Twilight & co... Elle passe beaucoup de temps sur l'écriture de ses chapitres ainsi que j'en passe sur la relecture et les conseils sur le scénario donc s'il vous plaît si vous la lisez, faites lui un retour. Ça prend cinq minutes de votre temps et ça l'aidera grandement ;) Rappelez vous, nous écrivons pour le plaisir et gratuitement ! Il y a tellement peu de chose gratuite et plaisante de nos jours...! Prenez soin de vous !

A bientôt !