Heey ! Non non vous ne rêvez pas ! Le chapitre 42 est bien là ! J'en m'en voulais de vous avoir fait patienter aussi longtemps et de vous poster un chapitre tout triste et court xD Du coup j'ai carburé pour écrire le 42 ! Mag et doubi ont encore géré pour la vitesse de relecture du coup je vous le sors aujourd'hui et non lundi comme habituellement :D Merci à eux ! Merci pour vos follows, favs et review en général 3 C'est un chapitre qui peut s'écouter en musique, pour le passage avec les paroles en gras il suffit de mettre la version de Bella Ciao de la Casa de Papel (el professor) et Une femme avec une femme pour le passage clexa ;). Après aucune obligation ! Allez bonne lecture !

Elooo : Cette fois-ci je suis moins pressée dans la publication donc un grand merci à toi pour ton retour et ta fidélité :D Tu voulais que Clarke aille voir Lexa ? C'est fait :P Bonne lecture !

Morgane : Merci pour tes vœux 2020 et ta fidélité qui me fait chaud au cœur !:D Ahh cette tentative m'a vraiment donné du fil à retordre mais je pense que Lexa avait besoin de ce point de non retour vis-à-vis de sa relation avec Gustus :) Je pense que tu auras ta dose de Raven/Lexa ^^ Le clexa revient à travers un petit souvenir...


Chapitre 42 : Bella Ciao


Son corps tremblait dans son sommeil tandis qu'elle sentait que l'air commençait à lui manquer tant la pression qui l'étreignait était douloureuse.

- Clarke... Clarke... Appelait t-elle. Non... Non... Non ! Réponds ! Je...t'en... supplie...hn !

Elle l'avait appelée mais elle ne lui répondait pas... C'était comme si on lui enfonçait une lame millimètre par millimètre dans le cœur. Une sensation puissante et effrayante dont elle ne pouvait pas se soustraire.

- Il va la tuer... Il va la tuer... Répéta t-elle en s'agitant entre ses draps. Gustus non...non...

Elle se revoyait revivre la scène. Elle s'était levée par automatisme et avait marché dans le verre brisé malgré qu'elle soit pieds nus ce qui lui avait valu une nouvelle douleur mais elle était obnubilée par cette sensation de danger qui planait sur celle qu'elle définissait comme son âme sœur : Clarke Griffin.

Ses pensées s'entrechoquaient entre elles alors qu'une tempête semblait avoir pris place en elle.

- Pourquoi ? Pourquoi ?... Geignit-elle tandis que les larmes coulaient de ses yeux fermés, son corps se recroquevillant dans son lit.

Pourquoi Gustus faisait-il cela ? Il connaissait ses sentiments pour la blonde. Elle trébucha contre un meuble, sonnée, tandis qu'elle était à présent envahie d'acouphènes dans le garage. Elle ne se sentait pas bien, vaseuse. Peut-être n'aurait-elle pas dû avaler tous ces somnifères... Mais elle ne voulait plus avoir mal, elle voulait s'endormir paisiblement afin d'oublier la douleur et faire fuir les flashs qu'imaginait son esprit concernant l'annonce de la mort de Clarke. Avant d'avaler les comprimés, elle avait eu le réflexe de verrouiller toute la maison afin que personne ne tente de la sauver, elle voulait rester maîtresse de cette décision. Toute sa vie elle avait été manipulée et utilisée par sa famille. Ce soir, elle comptait bien stopper tout ça. Elle avait marché difficilement jusqu'aux motos et voitures qu'elle avait démarrées chacune leur tour. Au prix d'un dernier effort, elle avait poussé comme elle avait pu les panneaux coulissants afin de se cloisonner dans un espace plus restreint puis elle s'était laissée glisser près de la moto qu'elle préférait : le modèle qu'elle avait loué aux Etats Unis avec lequel elle et Clarke avaient parcouru la route enneigée. Elle sentait son esprit flotter à travers le ronflement des moteurs tandis que l'odeur de l'essence brûlée venait lui caresser les narines... Malgré les portes coulissantes fermées, elle distingua une musique en particulier qui semblait venir de la radio d'une des voitures. A moins que ce ne soit son esprit qui tentait vainement de créer une réaction chez elle afin de l'obliger à rester éveillée mais la dose de médicament était belle et bien trop forte. Elle sombra enfin, tout en ayant l'impression d'entendre cette affreuse musique diffusée dans cette boîte de nuit qui avait marqué sa première négociation...

- Hn... Non... Clarke... Gus... Gémit-elle de nouveau dans son cauchemar.

Elle s'y trouvait à nouveau... Dans cette affreuse boîte de nuit pour négocier un contrat avec un futur fournisseur de cocaïne. La magnifique et mystérieuse blonde était elle aussi là, elle dansait et la fixait de ses deux saphirs. A plusieurs reprises, elle cligna des yeux du fait du jeu de lumière qui semblait la tromper et remplacer le visage de la jeune femme par celui de Clarke. Elle se força à l'ignorer afin de tromper les apparences et masquer son envie de partager un moment intime avec elle en toute discrétion mais Gustus avait repéré leur manège.

- Arrêtez de la regarder, lui ordonna t-il.

- Je ne regarde personne.

- Je suis vieux mais loin d'être aveugle. Oubliez, vous n'avez pas le droit vous le savez.

- Sors-toi cette idée de la tête, cette femme n'est pas mon style.

- Tant mieux.

Le mafieux s'approcha de la danseuse et l'attrapa par le bras, serrant ce dernier avant de lui chuchoter un "dégage" sec. Il se repositionna ensuite près de sa Dona et échangea un simple regard avec deux hommes gérant l'endroit qui acquiescèrent.

Elle n'avait pas compris leur échange silencieux car trop concentrée sur la négociation à venir, aussi oublia t-elle rapidement cette jolie danseuse.

Un soupir lui échappa tandis qu'elle repensait à la leçon qu'elle avait donnée au fournisseur qui avait tenté de la toucher en échange de sa marchandise. Il avait terminé avec un doigt en moins : le monde de la mafia était affreusement machiste et cela l'exaspérait. Sortant de la boîte de nuit, entourée de Gustus et de Ryder son regard et son oreille furent attirés par deux hommes qui semblaient malmener quelqu'un.

- Que se passe t-il ? Demanda t-elle en se stoppant.

- Rien qui ne nous regarde, répondit sèchement Gustus.

- Mais c'est une femme qu'ils frappent ! S'exclama t-elle.

Elle s'approcha rapidement, ignorant ses gardes du corps qui la suivirent de près jusqu'à ce qu'elle pousse les deux tortionnaires qui se figèrent en la reconnaissant. Son regard se porta immédiatement sur la victime qui était recroquevillée au sol : la danseuse.

- Mon Dieu !

- Elle vous a insulté Dona, se justifia l'un des hommes.

- Elle ne m'a rien fait ! Répondit-elle colérique. Vous par contre je vais vous faire regretter d'avoir levé la main sur une femme innocente !

Sans crier gare, elle sortit le Beretta accroché à l'arrière de sa ceinture et tira deux balles dans la tête de chacun des deux hommes qui s'écroulèrent au sol. Le geste surprit Gustus mais lui fit étirer un léger sourire.

- Ryder, appelle les nettoyeurs et assure-toi qu'il n'y ait pas de caméra à l'extérieur.

- Bien.

La danseuse avait le visage en sang, la mâchoire sans doute déboîtée en plus d'un nez cassé. Elle gémit lorsque l'héritière tenta de l'aider.

- N'm'prochezpa... Geignit-elle difficilement.

- Laissez-la Dona, elle ne mérite pas que vous vous occupiez d'elle, coupa Gustus.

- Appelle une ambulance.

- Non... No... Geignit la danseuse.

- Vous voyez, elle ne veut pas. Sans doute car elle est ici en toute illégalité. Je me trompe ? Interrogea le Giordano sans une once d'empathie.

La jeune femme hocha difficilement la tête.

- Partons, Ryder va s'occuper du reste.

Elle n'en fit pourtant rien et s'agenouilla près de la jeune femme, sortant un mouchoir en tissu pour le lui glisser sur l'arcade afin de faire cesser le saignement. La danseuse gémit de douleur mais accepta la main que lui tendait la brune qui l'aida à se lever. Alors qu'elle était presque debout, un sursaut saisit Lexa quand le bruit d'une balle tirée se figea au milieu du front de la jolie blonde dont la main lâcha la sienne.

- Que...?!

- J'ai dit : on s'en va. Répéta Gustus en l'obligeant à se lever tout en rangeant son arme.

- Pourquoi ?! Elle était innocente ! Hurla l'héritière choquée.

- Votre empathie vous coûtera la vie si vous n'écoutez pas mes conseils Dona. Partons.

Les jambes en coton, elle se laissa tirer par le Giordano qui l'emmenait d'un pas décidé vers leur voiture. Alors que son corps semblait être sous l'emprise de la poigne du mafieux, sa tête tourna légèrement afin de regarder une dernière fois le visage de l'innocente danseuse qui avait été tuée à cause d'elle, pour un simple regard. Un frisson d'horreur la traversa lorsqu'elle reconnut le visage de la médecin qui semblait s'être greffé sur le corps sans vie.

- CLARKE ! Hurla Lexa en se redressant brusquement.

Elle se débattit entre ses draps et sa couverture, tenta ensuite de se lever ce qui lui valut une chute d'un bon mètre sur le parquet de la chambre de luxe. Dans son mouvement, elle avait arraché tous les fils qui la reliaient aux machines qui surveillaient ses constantes ainsi que sa perfusion, la faisant saigner au creux du bras.

Immédiatement, une équipe d'infirmiers arriva dans la chambre, alertée par l'alarme qui s'était déclenchée dans leur bureau.

- Madame Donati ! Calmez-vous ! Tout va bien !

- Où suis-je ?! Paniqua Lexa en esquivant leurs mains.

- Vous êtes à la clinique privée de Caritas à Rome... Est-ce que vous vous rappelez de votre tentative de suicide ?... Vous avez été héliportée en urgence...

- Qu... Non ! Non ! Cria t-elle, en réalisant qu'elle était encore en vie et non dans un simple cauchemar.

- Allez chercher le docteur Marcello, demanda une infirmière à sa collègue alors qu'elle tentait de calmer la brune.

- Ne me touchez pas ! Clarke ! Où est Clarke ?! Se débattit la brune tandis qu'un homme l'avait finalement saisie pour l'empêcher de se faire du mal. Lâchez-moi ! Clarke ! C'est mon médecin ! Je veux Clarke ! Le Dr Griff...

Elle tourna la tête à la douleur qui venait de la saisir au niveau du bras gauche. Tout se mit subitement à tourner autour d'elle et elle se sentit lourde après quelques secondes.

- Réinstallez-la dans son lit lorsque les draps auront été changés... Entendit-elle.

- Cabrón ! Qu'est-ce que vous lui avez fait ?! Cria une voix qui lui était familière.

- Madame Reyes ce n'est pas le moment !

- R...aven...? Bafouilla t-elle avant de sombrer.

- J'suis là Bella... Clarke va bien, t'en fais pas... Je reste avec toi...

L'obscurité l'entoura progressivement, la coupant une nouvelle fois de tous ses sens.


"O PARTIGIANO PORTAMI VIA
O BELLA CIAO, BELLA CIAO, BELLA CIAO CIAOCIAO
O PARTIGIANO PORTAMI VIA
CHÉ MI SENTO DI MORIR"

Lexa fronça les sourcils tandis que le rythme enjoué de Bella Ciao résonnait à pleine puissance autour d'elle.

- Hn...

- Ah enfin tu te réveilles ! S'écria Raven.

- Madame Reyes ! Veuillez ouvrir la porte tout de suite ! Ordonna une infirmière qui tentait vainement d'ouvrir la porte que la mécanicienne avait bloquée avec une chaise.

- Tu peux toujours courir ! Répondit la brune. Allez Bella debout ! Hors de question qu'ils te droguent encore une journée de plus !

- Raven ? Marmonna t-elle.

L'héritière se sentait pâteuse et avait la tête qui tournait. Elle se redressa dans son lit et fut stoppée par les attaches à scratchs qui lui entouraient les poignets.

- Qu'est-ce que...?

- Tu faisais des cauchemars assez violents et te faisais mal donc ils t'ont attachée car tu tombais de ton lit... Attends !

"E SE IO MUOIO DA PARTIGIANO
O BELLA CIAO, BELLA CIAO, BELLA CIAO CIAOCIAO
E SE MUOIO DA PARTIGIANO
TU MI DEVI SEPPELLIR"

La latina s'approcha et desserra les attaches afin de libérer la Donati qui se frotta les poignets, remarquant alors les bleus qui ornaient ses bras : elle n'avait aucun souvenir mais visiblement l'équipe médicale avait eu de bonnes raisons de la maintenir ainsi.

- Je me sens vaseuse... Confia t-elle.

- C'est parce qu'ils te collent des médocs par là... Indiqua Raven en désignant la perfusion dont elle avait retiré l'aiguille au préalable du bras de la brune.

- Qu'est-ce que je fais là...?

- JE VAIS CHERCHER LA SECURITE ! Avertit l'infirmière folle de rage derrière la porte.

- T'as fait une tentative de suicide... Tu te rappelles pas ? Demanda Raven en haussant un sourcil.

- Hn... Si... Je veux dire pourquoi je suis pas morte putain... Même ça je peux pas décider merde... Le destin se fout de moi... Se plaignit-elle.

- PARCE QUE TU ME DOIS DES PUTAINS D'EXCUSES BORDEL ET PARCE QUE T'AS PAS LE DROIT DE LACHER PRISE COMME ÇA MERDE ! TU AS PENSE A CLARKE ET MADI ?! Explosa la mécanicienne qui n'en revenait pas du comportement égoïste l'héritière.

"E SEPPELLIRE LASSÙ IN MONTAGNA
O BELLA CIAO, BELLA CIAO, BELLA CIAO CIAOCIAO
E SEPPELLIRE LASSÙ IN MONTAGNA
SOTTO L'OMBRA DI UN BEL FIOR"

Les paroles de son amie furent comme un électrochoc et la sicilienne s'alarma immédiatement, se levant alors que tout lui revenait en tête : Gustus, les menaces, Clarke sur le point d'être assassinée...

- Clarke ! Mon Dieu... Non... Paniqua t-elle, ses yeux se remplissant de larmes.

- Elle est vivante... Calme-toi... Chaperon Rouge va bien ok ? Gustus ne lui a rien fait, la rassura Raven en la saisissant par les épaules.

- Mais il a dit que...

- Faut croire que ce con de Seigneur avait d'autres projets pour elle ok ? Tu te rappelles de la chienne que tu as offert à Octavia ?

- Oui mais je ne vois pas le...

- Gustus n'était pas au courant et elle l'a obligé à fuir... Il n'a pas pu faire de mal à Clarke... Et je crois qu'il lui en est reconnaissant... Ce que tu as fait... ça lui a foutu un coup de vieux... On dirait qu'il a pris vingt ans dans la gueule.

"TUTTE LE GENTI CHE PASSERANNO
O BELLA CIAO, BELLA CIAO, BELLA CIAO CIAOCIAO
E LE GENTI CHE PASSERANNO

MI DIRANNO: CHE BEL FIOR"

Le visage de Lexa reprit des couleurs à l'information et elle serra le poing et le mordit pour étouffer un cri de rage et de soulagement mêlé. Raven en fut surprise et sans pouvoir s'en empêcher, vint la serrer entre ses bras. Les deux femmes s'enlacèrent avec force sans rien dire, communiquant en silence.

"E QUEST' È IL FIORE DEL PARTIGIANO
O BELLA CIAO, BELLA CIAO, BELLA CIAO CIAOCIAO
QUEST'È IL FIORE DEL PARTIGIANO
MORTO PER LA LIBERTÀ !"

Elles sursautèrent quand la porte de la chambre s'ouvrit brusquement, laissant entrer l'équipe médicale accompagnée de la sécurité dont les vigils s'approchèrent d'un air menaçant vers la mécanicienne pour la sortir de force. Lexa se détacha de Raven, se levant avant de faire face aux infirmières et aux deux hommes, incitant Raven à se mettre derrière elle.

- Si vous la touchez, je vous colle un procès à tous pour agression et maltraitance sur personne vulnérable.

- Hey ! Réagit la mécanicienne, vexée.

- Mais Madame Donati elle vient d'enfreindre le règlement et de vous mettre en danger en nous empêchant d'accéder à votre chambre afin de vous administrer vos soins...!

- Non. Coupa t-elle. Elle vient de me sauver de cet enfer. Maintenant sortez !

- Mais...

- SORTEZ ! S'énerva t-elle. Et apportez-moi votre formulaire de décharge médicale, je sors d'ici dans une heure !

- Bipez le médecin de Madame Donati, elle semble prise d'hallucinations...

L'héritière fusilla du regard l'intéressée qui recula avec le reste de l'équipe. La porte se referma rapidement, laissant les deux amies seules dans le silence alors que le chant italien s'était terminé à l'arrivée de l'équipe médicale.

- Eh bien... Voilà la Bella que j'aime... Sourit Raven.

- C'est bien peu comparé à ce que j'aurai dû faire pour toi après ce piège où tu as perdu par ma faute ta...

- C'est bon. L'interrompit la mécanicienne. Je t'ai maudite assez pour quelques millénaires ne t'en fais pas ! Je pensais pas réussir à te pardonner mais quand j'ai appris ce que tu avais fait... Souffla la brune dont la voix était devenue tremblante d'émotion.

Lexa garda le silence, honteuse face au mal qu'elle avait sans doute créé à tous ses proches.

- Je ne pouvais m'imaginer vivre sans elle... Avoua t-elle, acceptant de dénuder ses sentiments quelques instants, les larmes coulant de nouveau le long de ses joues.

- Parce que tu crois que nous on peut s'imaginer vivre sans toi imbécile ?! Tu ne pouvais pas appeler les flics merde ?!

- Ils seraient arrivés trop tard... Gustus est un professionnel... Tu ne l'as pas vu faire... Et... il est comme mon père... Ma femme ou mon père... Quel choix avais-je réellement Raven ? Il m'a poussée dans mes retranchements... J'étais désespérée... Je...

- La ferme ! Je ne veux pas entendre tes excuses à deux balles Donati compris ?! Clarke va bien, Gustus aussi ! Alors maintenant tu vas m'expliquer ce que t'as foutu pour qu'elle se tire avec ta nièce car l'histoire débile que m'a raconté Octavia sur le fait que tu l'aurais trompée avec ton adjointe je peux pas avaler ça !

La brune soupira, se doutant que Clarke avait dû déformer la vérité afin de protéger tout le monde.

- Très bien je vais tout te dire... mais d'abord, tu peux m'expliquer pourquoi tu m'as réveillée avec une chanson de la résistance italienne ?

- Tu ne devines pas ?

- J'ai ma petite idée mais je préfère entendre la tienne...

- Parce qu'il est temps de contre-attaquer Bella, sourit la mécanicienne.

Un léger sourire se dessina sur les lèvres de l'héritière qui serra de nouveau avec force la brune contre elle, murmurant simplement :

- Merci...

- Hm mouais... Grommela t-elle en réponse. Traite-moi encore de personne vulnérable et j't'en colle une pigé ?

- Désolée le jargon d'avocat... Il n'y a que ça qui marche avec ces foutus médecins... Je les déteste... Rit doucement la brune.

- Et le comble c'est que tu es folle d'une chirurgienne ! Haha...

- Tu m'accompagnes ?

- Hm à ce propos... Bella, je pourrais pas t'accompagner tout de suite...

- Pourquoi ?

- Si je suis pas virée d'ici du moins haha... En fait j'ai encore quelques séances de rééducation et tests à faire pour être sûre de ne pas faire de rejet...

- Tu ne peux pas faire ça en Sicile ?

- Je vais pas jouer avec le feu... Autant rester ici mais t'en fais pas, je t'appellerai tous les jours ok ?

- Je peux peut-être rester à Rome pour...

- Non t'en fais pas... Va t'occuper de Syracuse... J'y serai bien assez tôt pour t'emmerder !

Un nouveau rire échappa à la brune qui acquiesça silencieusement.


- Bonjour Madame la maire, la saluèrent en cœur les employés du service administratif et des différents bureaux lorsque la brune passa les portes de la mairie de Syracuse.

- Bonjour, les salua t-elle, se forçant à être agréable malgré sa fatigue matinale, se demandant pourquoi ils étaient tous agglutinés ensemble de bon matin.

- BON ANNIVERSAIRE ! S'exclamèrent-ils rapidement en déclenchant quelques cônes remplis de confettis qui firent hausser les sourcils de la brune tandis que les petits papiers virevoltaient sur le bureau d'accueil.

Lexa s'était figée de gêne : elle n'appréciait que très peu ce genre d'attention. Elle qui était si discrète et sobre dans les démonstrations affectives mais surtout avec ses soucis elle en avait complètement oublié son propre anniversaire. Depuis qu'elle était sortie de la clinique, elle s'était replongée totalement dans le travail à la mairie pour ne pas trop penser à Clarke et Madi dont elle avait des nouvelles grâce à Raven. La routine avait repris son cours et les jours ne cessaient de s'enchaîner sans réelle saveur.

Gustus ne l'avait toujours pas recontactée et devait donc s'occuper de la gestion des réseaux mafieux de son côté. Elle craignait sa réaction face à son père adoptif donc elle avait aussi adopté la stratégie de fuite à son encontre mais cela ne l'empêchait pas de se tenir discrètement au courant via des contacts sûrs de ce qu'il se passait dans les rues. Remettre de l'ordre autant en Sicile qu'en Italie n'était pas chose aisée. Eduquer les jeunes qui avaient goûté à l'argent facile était une réelle épreuve et les dernières familles mafieuses n'avaient pas encore osé proposer d'élire un nouveau Don depuis qu'elle avait écrasé Nia par la force brute : sans doute pensaient-elles que l'ancienne Dona avait décidé de revenir en force et le premier qui oserait se mettre sur son passage risquerait de se faire sortir du jeu aussi.

- Merci... Arriva t-elle finalement à articuler en tentant une nouvelle fois de cacher son malaise.

- C'est pas grand-chose mais on s'est cotisé pour vous offrir une box pour aller au thalasso de Gela. Vous avez l'air si fatiguée en ce moment et vous faites tellement pour la ville malgré votre santé, c'est à notre tour de prendre soin de vous ! Vous savez, les habitants ne se sont jamais sentis autant en sécurité depuis que vous avez détrôné ce vieux voleur d'ancien maire ! Continua une employée en venant lui apporter un panier en osier.

- Je ne fais que mon travail, répondit-elle, refusant le compliment.

- Seriez-vous disponible pour manger un peu de gâteau avec nous ce midi ? André va le chercher tout à l'heure.

- C'est que j'ai une journée plutôt chargée aujourd'hui... Se défila la brune.

- Ah...

Les employés semblaient déçus, aussi l'héritière reprit :

- Je vais faire mon possible mais je ne préfère rien vous promettre...

Des sourires se dessinèrent sur les bouches de chacun des employés qui la remercièrent. Lexa récupéra le panier orné de différents rubans dans lequel se trouvait la box de bien-être en plus de quelques gâteries gustatives ainsi qu'une bouteille de vin : malgré le côté kitch, le geste était touchant. Avec sa fortune personnelle, elle pouvait se payer n'importe quoi mais se sentir appréciée et non crainte par ses employés lui procura un certain plaisir. Clarke lui manquait de plus en plus et bien que Raven n'ait cessé de lui dire que la médecin semblait plus que triste depuis leur séparation, elle n'avait pas encore osé refaire un pas vers son ancienne compagne. Après tout était-ce à elle de revenir ? Elle remercia personnellement chacun des employés de la mairie avant de rejoindre l'ascenseur pour aller se réfugier dans son bureau. Si elle avait pu se douter de cette surprise matinale...

Arrivée devant la porte de son bureau de Maire, elle inséra la clé dans la serrure mais la porte semblait déjà déverrouillée ce qui l'alerta. Elle mit un certain temps avant d'ouvrir et pousser complètement la porte, ses vieux réflexes de mafieuse prenant le dessus. Elle se figea en reconnaissant Gaïa assise jambes croisées dans un des fauteuils face à son bureau de maire. La métisse portait une jupe tailleur gris clair s'arrêtant au-dessus de ses genoux et semblait en pleine lecture d'un dossier.

- Ah Gaïa c'est toi... J'ai cru un instant que mon bureau avait été forcé...

Son adjointe leva les yeux sur elle avant de se lever pour venir l'enlacer chaleureusement tout en lui offrant quatre bises sur les joues ce qui ne manqua pas de surprendre la brune. Elle considérait Gaïa comme une personne de confiance mais elles n'en étaient pas au stade des embrassades dans leur relation. Elle comprenait à présent que leur relation pouvait parfois porter à confusion et était d'autant plus vigilante à ce sujet.

- Bon anniversaire Lexa ! Sourit-elle.

- Bon sang toi aussi... Hm... Merci... mais que fais-tu dans mon bureau ? Il y a un problème ?

- Non rassure-toi ! Je voulais simplement te faire une surprise, répondit la belle métisse en sortant de derrière elle une bouteille de champagne raffinée ainsi que des viennoiseries dont l'odeur alléchante réveilla étonnamment le ventre de l'héritière qui s'alimentait du strict minimum afin d'avoir assez d'énergie pour tenir la journée.

- Eh bien... Si j'avais pensé un instant à cet accueil ce matin... Merci ça me touche.

- C'est normal, j'espère ne pas être trop cavalière si je te confie que je te considère comme une véritable amie au-delà de nos statuts professionnels respectifs...

Un léger sourire apparut finalement sur le visage de l'héritière qui acquiesça à la confidence.

- Je dois bien avouer que tu es quelqu'un en qui j'ai confiance Gaïa.

La Salomon grimaça légèrement,

- Seulement en qui tu as confiance ? Je suis un peu vexée...

- Excuse-moi si mes mots ne sont pas assez fort Gaïa, j'accorde rarement ma confiance donc si cela peut te rassurer je te considère comme une amie, vraiment. Encore merci d'avoir étouffé mon absence de ces deux dernières semaines vis-à-vis de...

- Ne t'en fais pas. Gustus a beaucoup pesé dans la balance... Et puis je n'ai fait que mon travail d'adjointe.

- Dans ce cas je vais pouvoir investir dans une tasse ornée de "Promue meilleure adjointe de la planète", plaisanta la brune.

Les joues de la métisse rosirent légèrement, flattée d'entendre ces mots de la bouche de l'héritière. Elle servit une coupe de champagne qu'elle lui tendit avant de souffler :

- A tes 31 ans !


La vue sur la Tour Eiffel était fantastique. Clarke et Lexa se trouvaient sur la terrasse du restaurant de l'hôtel cinq étoiles situé au sein du riche quartier du Trocadéro. La Dame de Fer se dressait fièrement dans l'obscurité de la nuit, ses illuminations la rendant encore plus impressionnante. La température en cette fin avril avait été clémente ce qui leur avait permis de passer une journée des plus agréables. Elles avaient profité de tout ce que la ville parisienne avait à leur offrir.

Sur la terrasse, de petits chauffages étaient installés afin de permettre aux couples de profiter d'un repas en l'extérieur sans pour autant souffrir de l'humidité naissante de la soirée qui s'installait avec douceur sur Paris.

- A tes 30 ans mon amour, sourit Clarke en invitant sa compagne à tinter sa coupe de champagne avec la sienne.

- Merci, répondit Lexa, radieuse.

Les verres tintèrent comme une caresse silencieuse sur un corps alangui avant d'être amenés respectivement aux lèvres de leur éphémère propriétaire qui consommèrent l'alcool en se promettant mille et une folies par un simple regard. L'excellent repas qui suivit fut consommé avec complicité. Alors que la brune caressait la main de sa compagne, elle vit arriver discrètement quelques musiciens accompagnée d'une chanteuse à qui Clarke fit signe de se rapprocher. Lexa n'eut pas le temps de demander ce qu'ils allaient jouer que les premières notes la firent frissonner. Elle soupira de plaisir en reconnaissant la version française de Mujer contra Mujer, cette magnifique chanson qu'avait écrit et chanté un célèbre groupe espagnol. Alors qu'elles avaient fui l'Italie pour sauver leur vie et leur couple, Lexa qui ne montrait que rarement ses émotions, se permit de laisser échapper quelques larmes de ses belles émeraudes. Tout en elle se remuait au fil des paroles car si elle avait souffert de la vie à cause de sa famille liée à la mafia depuis sa naissance, elle ne pouvait nier que sa rencontre avec Clarke avait marqué sa vie à jamais. Elle sentit sa main se soulever avant de recevoir un baiser de la médecin qui la fit sourire à travers ses larmes : cette femme la connaissait si bien malgré ses silences.

- Merci... Souffla t-elle simplement lorsque les musiciens se furent éclipsés.

- De rien. Est-ce que tu veux un dessert ? Demanda la blonde avec un petit sourire taquin.

- Tu connais déjà la réponse, répondit complice l'héritière en se levant de sa chaise, invitant sa compagne à faire de même.

- Sait-on jamais... S'amusa Clarke.

Les deux femmes quittèrent la terrasse, rejoignant rapidement l'ascenseur qui les amènerait à leur chambre. Par malchance, ce dernier n'était pas vide : un couple d'une soixantaine d'années l'occupait ce qui ne manqua pas de frustrer la brune mais aussi amuser la médecin qui devina sans mal les pensées de la sicilienne. Le couple finit par descendre après une montée de quelques étages dans un silence pesant, leur soufflant un "bonne soirée" en guise de politesse auquel Lexa répondit de son charmant accent italien. A peine les portes furent refermées que la brune fonça sur Clarke qui l'attendait sagement accolée à l'une des parois en bois chic de l'ascenseur.

- La plus longue ascension de ma vie, chuchota t-elle avant de passer ses mains sur ses joues pour capturer son visage et l'embrasser avec passion.

- Je t'aime, susurra la médecin, répondant à son baiser tout en enlaçant sa compagne.

- Je t'aime aussi Cl...

- Clarke ! Hé ! Clarke ! Tu as fini ?! J'ai besoin d'aide pour accrocher cette fichue banderole ! L'appela Octavia.

La médecin sursauta, sortant brusquement de son souvenir. Elle avait complètement oublié le temps de quelques minutes où elle était. Le frisson qui suivit lui rappela qu'elle était à l'extérieur en ce début de matinée car elle était censée étendre le linge humide qui sortait tout juste de la machine à laver. Sans qu'elle ne puisse se retenir, quelques larmes s'échappèrent de ses yeux, larmes que ne manqua pas Lincoln qui était venu pour aider Octavia. Le métis s'approcha doucement de la médecin, ne souhaitant pas la surprendre :

- Clarke ça va ? Demanda t-il, soucieux.

- Oui... Oui... J'étais juste... Non rien...

- Tu peux m'en parler si tu veux...

Clarke se mordit la lèvre, essayant de repousser cette boule de tristesse qui s'était installée dans son ventre et qui était en train d'envahir son cœur et sa gorge.

- Tu vas sans doute penser que c'est stupide mais aujourd'hui... C'est l'anniversaire de Lexa... Je sais que ça fait un peu plus d'un mois que je l'ai quittée mais je n'arrive pas à penser à autre chose... Je repense à ses 30 ans qu'on a fêté l'an dernier près de la Tour Eiffel et je me dis que qu'aujourd'hui elle ne fera sans doute rien car elle n'aime pas fêter son anniversaire...

- Viens-là, souffla le pilote en serrant la blonde contre lui.

Lincoln n'était pas un grand bavard mais au moins il savait réconforter... La médecin accepta l'étreinte et se laissa aller contre lui. Elle s'écarta après un temps et essuya ses yeux mouillés, soufflant :

- Merci... Ne dis pas à Octavia que j'ai pleuré s'il te plaît... Elle est si contente que Raven revienne aujourd'hui... Je ne veux pas lui gâcher sa joie d'accord ?

- Oui ne t'en fais pas. Clarke, je sais qu'on s'est perdus de vue après ma séparation avec O' et je tenais à m'en excuser... J'ai tout pris pour moi alors que nous nous sommes tous les deux emballés... Sortir ensemble alors qu'elle avait déjà des sentiments pour Raven et que je le savais, ensuite avoir un bébé sans vraiment y réfléchir, se marier histoire de ne pas être jugés par nos familles respectives, fermer les yeux alors que nous ne nous aimions pas aussi sincèrement que nous l'aurions cru... Au moins toi tu as eu le courage de quitter Lexa avant qu'il n'y ait trop de casse. Sache que tu es une amie pour moi et que je serai là pour toi si tu m'appelles...

- C'est gentil Linc'... Pour ce qui est d'éviter la casse avec Lexa je crois qu'au contraire j'ai tout foiré...

- Non Clarke. Grâce à toi, Madi a une super maman et ne sera jamais liée à la mafia. J'admire Lexa pour beaucoup de choses mais tout comme toi, je pense qu'elle a fait une erreur sur ce combat contre Nia Barzetti. Il y a eu trop de morts et Madi aurait pu mourir aussi... Tu l'as sauvée Clarke.

- Le problème c'est que je passe pour la gentille alors que je ne vaux pas mieux que Lexa... J'aurai dû la confronter plus tôt au lieu de rester à distance... On s'étaient promises de ne plus se mentir... Au fond de moi je savais qu'elle me mentait à nouveau en pensant me protéger... Si tu avais vu son regard quand je l'ai forcée à signer la lettre pour qu'elle renonce à ses droits parentaux et de tutrice... Je l'ai brisée... Et ça je ne pourrais jamais me le pardonner...

- On a parfois des choix difficiles à faire pour la sécurité de ceux qu'on aime. Arrête de te blâmer Clarke... Allez, je t'aide à étendre le linge et on va aider Octavia avec ses décorations.

- Ne t'embête pas, va l'aider maintenant sinon je sens qu'elle va péter une case à cause du stress...

- Tu es sûre ?

Clarke acquiesça en guise d'assentiment et lorsque Lincoln fut rentré à l'intérieur de la maison, elle sortit son portable, commençant à relire une énième fois une des lettres qu'elle avait trouvées chez Lexa. Elle les avait photographiées pour pouvoir les relire quand et où elle le souhaitait. Elle se sentait un peu plus apaisée après chaque lecture et parfois elle ne pouvait s'empêcher de penser que les paroles qu'elle avait eu au sujet de Lexa et de la mafia avaient été dures. Au final, elle aussi était pire qu'une junkie à lire et relire les lettres d'amour que lui avait écrites son ex-compagne. Elle se demandait si elle allait bien car elle n'avait pas eu de nouvelles d'elle depuis qu'elle avait été récupérer leurs animaux chez elles et avait découvert la façade de la maison en piteux état. Elle lui avait laissé un message mais la brune ne l'avait pas rappelée, elle avait pris ça pour un "Occupe-toi de tes affaires".

Alors que son esprit cherchait à la convaincre de ne pas donner signe de vie à la brune et donc de lui rendre la pareille, son cœur lui, semblait battre plus fort pour la forcer à accepter l'idée qu'elle aimait encore profondément la sicilienne. Ce fut le son d'alerte l'informant de l'actualisation de sa boîte mail qui la sortit de ses pensées de nouveau. Elle jeta un coup d'œil et remarqua parmi une liste un e-mail de la mairie lui indiquant que la carte d'identité et le passeport de Madi étaient disponibles au service de l'état civil. Elle souffla de soulagement à l'idée que Lexa n'ait pas ralenti la création de ces papiers importants car elle comptait emmener Madi chez ses parents cet été pour la leur présenter.

Ses doigts glissèrent sur le clavier tandis qu'elle se mordait la lèvre inférieure d'hésitation. Finalement, elle se décida d'écrire :

« Bonjour Lexa,

Je passerai à la mairie en fin d'après-midi pour récupérer la carte d'identité et le passeport de Madi. Si tu as un temps à m'accorder malgré ton emploi du temps de Maire, signale-le-moi. Au fait au cas où tu ne serais pas au courant, Raven sera de retour aujourd'hui parmi nous et nous lui organisons une petite fête de bienvenue privée. Elle nous a dit que vous vous étiez réconciliées... Malgré nos différents, tu peux passer quelques minutes si tu le veux, cela lui fera plaisir. »

Clarke Griffin

Elle envoya le message et regretta presque immédiatement la raideur de certaines phrases. Il était de toute façon trop tard car le mail venait d'être distribué. Elle entendit un petit grognement près d'elle ce qui lui fit tourner la tête sur la Cane Corso qui était couchée au soleil près de Romeo. Elle avait été opérée dans la nuit où elle avait reçu la balle perdue ce qui l'avait sauvée de la mort. Les premières semaines avaient été compliquées pour la chienne qui restait couchée du fait des antidouleurs qui la shootaient mais au fil des jours elle avait fini par reprendre la forme et la présence d'un compagnon semblait l'avoir motivée à ne pas s'enfoncer. Seule une légère boiterie resterait car la balle s'était logée assez profondément pour toucher la hanche mais cela ne gênait en rien l'animal dans ses mouvements. Clarke sourit et alla lui offrir une caresse que Juliette accepta avec joie et lui rendit grâce à quelques coups de langue baveuse.

- Hm... Merci ? Romeo je te laisse profiter de la bave de Juliette tout seul hein... S'amusa la médecin en se levant pour rentrer se laver les mains.


- Il faut que l'on trouve un temps pour aller visiter les chantiers des nouveaux immeubles sociaux. Victor n'arrête pas de m'appeler à ce sujet... Reprit Gaïa qui lisait une liste de rappels à communiquer à la Donati.

- Très bien... Trouve une petite place dans la semaine.

- Ton agenda est déjà blindé Lexa...

- Ce n'est pas grave, accorde-toi avec lui d'accord ?

L'héritière fronça les sourcils en entendant la sonnerie d'un portable bien particulier. Elle le sortit de l'intérieur de sa veste de tailleur et répondit sur un ton qu'elle tenta de ne pas rendre tremblant car ce téléphone était dédié à ses échanges avec Gustus :

- J'écoute.

- Bonjour Lexa, c'est Anya.

- Ah... Souffla t-elle discrètement. Bonjour Anya, comment vas-tu ? Edda se porte bien ?

- Oui tout le monde va bien du moins...

- Gustus ?

- Oui... Je ne vais pas te mentir Lexa. Il va mal depuis qu'il a...

- Ne dis rien, la coupa la brune, sentant cette affreuse douleur et angoisse se réinstaller en elle.

- Il s'enfonce... Tu lui manques et il s'en veut énormément...

- Il a de quoi avoir des remords, je ne vais pas le plaindre non plus, grommela t-elle tandis que la colère s'emparait lentement d'elle.

- Quand passes-tu au casino ? Il faut qu'on parle tous ensemble.

- Je n'ai pas le temps, rétorqua t-elle.

- Il va pourtant bien falloir crever cet abcès un jour !

- Ecoute Anya je n'ai pas envie de le voir pour le moment... C'est trop dur et... S'interrompit-elle, son regard se figeant sur le nom de l'expéditrice du mail qu'elle venait de recevoir.

- Lexa ? Lexa ?!

- Pardon... Qu'est-ce que je disais...

- Lexa il faut que je te demande un service.

- Dis-moi.

- J'aimerai que tu nous maries à Syracuse samedi.

- Quoi ?! C'est impossible ! Le carnet de réservation est rempli ! Il faut réserver plusieurs mois à l'avance enfin Anya !

- Nous sommes ta famille oui ou non ? La famille passe en priorité. Décommande les mariés qui ont réservé ! Je m'occupe de l'église.

- Ça ne marche pas comme ça ! C'est impossible ! Anya !

La brune se leva pour sortir de son bureau afin de s'isoler pour que Gaïa n'entende pas le reste de sa conversation car certains sujets peu légaux allaient forcément être abordés. La métisse avait pourtant tenté d'être discrète dans son écoute mais rien n'y faisait : la Dona comme elle appréciait l'appeler en secret refusait de l'intégrer dans ses affaires avec les Familles. Elle se promettait la prudence vis-à-vis de Lexa mais elle avait bien vu que quelque chose avait fait tiquer la brune pendant sa conversation. Aussi se leva t-elle rapidement, jetant un coup d'œil par la porte ouverte du bureau pour vérifier que la Donati était bien partie. Lorsque se fut fait, elle se glissa rapidement devant l'écran d'ordinateur pour tenter de trouver ce qui avait pu attirer autant l'attention de Lexa.

Elle trouva rapidement après quelques agrandissements de fenêtres internet qui avaient été rétrécies. Ses yeux lurent le début du message qu'affichait la messagerie personnelle de la Donati et une moue se dessina sur ses lèvres.

De "Clarke Griffin" : Bonjour Lexa, je passerai à la mairie en fin d'après-midi pour ré[...]

Elle ouvrit le message pour le lire dans son intégralité puis le remis en statut "non lu" afin de masquer sa curiosité, retournant à son bureau afin de fouiller un dossier qu'elle avait pris au service d'Etat Civil pour vérifier que la modification qu'elle avait apporté au document rempli par la médecin lors de la demande de papiers avait été effectuée. Elle sourit en lisant le nom écrit derrière le prénom de la nièce de l'héritière : Madi Donati-Woods.


- Echec et mat, sourit la brune en couchant le roi de la mécanicienne.

- Pfff quel jeu de merde, grommela Raven.

Les deux femmes s'étaient retrouvées dans un petit restaurant chic où l'héritière avait réservé afin de souhaiter la bienvenue à son amie qui était enfin de retour en Sicile. Après avoir mangé, elles s'étaient mises à jouer aux échecs car une magnifique table datant du 17ème siècle était à disposition des clients.

- Faisons une course de motos, tu verras qui fera échec à l'autre !

La remarque fit sourire Lexa qui acquiesça. Elle était ravie de voir que la latina était totalement remise que ce soit physiquement que psychologiquement.

- J'ai un conseil à te demander, souffla la sicilienne.

- Dis-moi.

- J'ai reçu un mail de Clarke... Elle compte passer cet après-midi pour récupérer les papiers d'identité de Madi et je me demandais si...

- Fonce bordel !

Lexa ne s'attendait pas à cette réponse et secoua la tête :

- Un peu de sérieux Raven... On ne se parle pas depuis plus d'un mois et demi...

- Et alors ?! Tu la coinces, tu lui fais tes yeux de tueuse là qui sondent l'esprit et boom tu l'embrasses cabrón !

- Tu viens de m'insulter là où je rêve ?

- Désolée, je m'emballe ! Oh je sais tu n'as qu'à passer ce soir !

- Ce soir ?

- Oui elles vont sans doute me faire une fête de bienvenue j'imagine... enfin j'espère ?...

- Je rêve où tu essayes de savoir si je sais quelque chose ? Je te rappelle que j'ai plus de contacts ni avec Clarke ni avec Octavia... Répondit-elle, omettant de dire qu'elle savait qu'il y avait en effet quelque chose d'organisé grâce au mail de la médecin.

- Bref peu importe c'est ma maison donc tu passes quand tu veux !

- Non Raven... Je ne veux pas créer de conflit entre toi et Octavia... Deux cœurs brisés suffisent je pense...

- Hm ouais... En plus Octavia est ok pour qu'on reste ensemble malgré mon attitude d'attardée... Faut pas que je déconne à nouveau ! Bon on se verra chez toi alors.

- Tu étais traumatisée Raven bien sûr qu'elle allait te pardonner... Sourit Lexa.

- Cette fille gère je te jure... Bon rappelle-toi, fais ta technique de séduction là et boom boom dans le bureau !

- Tss... Rentre chez toi au lieu de dire n'importe quoi.

- J'ai encore quelques trucs à régler, je dois aller voir Wick, le pauvre il gère le garage et les affaires tout seul depuis plusieurs mois... Et j'ai dit à Octavia que je ne rentrerai pas avant 18h.

- Je vois. Bon à tout à l'heure alors.

- Comment ça à tout à l'heure ? Ah ! Y'a une fête alors ?!

- Bon sang Raven tu es insupportable ! S'agaça l'héritière, rajoutant : Je n'ai rien dit surtout.

La latina ne put s'empêcher de rire de bon cœur avant de sortir du restaurant après avoir embrassé son amie.


"Respire Clarke..." S'ordonna la blonde en montant les marches menant à la mairie de Syracuse. Elle était stressée comme jamais. Octavia lui avait transmis son stress à s'agiter dans tous les sens en préparant la fête de bienvenue pour la mécanicienne. Elle avait hésité à prendre Madi avec elle mais elle s'était dit que ce serait trop facile, elle avait déjà tendu une perche à la brune en l'informant de sa venue et en l'invitant à passer chez Raven. En toute logique, c'était maintenant à l'héritière de faire un pas en avant et si elle tenait à voir Madi, elle devrait se déplacer.

- Bonjour Madame, la salua l'agente d'accueil.

- Bonjour, répondit la médecin.

- En quoi puis-je vous aider ?

- Je viens récupérer les papiers d'identité de ma fille Madi Griffin.

- D'accord, je vous invite à vous diriger vers le bureau de l'état civil.

La médecin acquiesça et s'exécuta, se plaçant derrière deux personnes qui attendaient elles aussi pour sans doute récupérer ou faire faire des papiers d'identité. Elle ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'œil lorsqu'elle entendait des pas venir de l'escalier, son cœur s'accélérant en pensant que Lexa allait peut-être apparaître mais la brune ne se présenta pas.

Lorsque se fut son tour, elle offrit un sourire à son interlocutrice qui le lui rendit et donna les informations demandées. Elle récupéra la carte d'identité et le passeport, ravie d'avoir ces deux sésames enfin en main. Elle vérifia si tout était en ordre et se figea en lisant le nom de famille qui suivait le prénom de sa fille : Madi Donati-Woods.

- Bordel ! Elle a osé ! Fulmina t-elle.

- Un problème Madame ?

- Oui un énorme ! Ma fille ne porte pas mon nom de famille ! J'ai pourtant correctement rempli le dossier avec toutes les informations ! J'ai fait une photocopie !

- Faites-moi voir ?

- Pas la peine, je vais aller directement voir la concernée !

- Quoi ? Madame ! Vous ne pouvez pas voir Madame la Maire sans rendez-vous !

Clarke monta rapidement toutes les marches menant au bureau de son ex-compagne malgré les appels de son ancienne interlocutrice. Elle entra sans prévenir dans la pièce et trouva Lexa de dos, penchée sur son bureau, les bras tendus et les mains posées sur ce dernier. Gaïa se tenait près d'elle et avait tout loisir d'admirer les fesses de la brune ainsi que le décolleté de son chemisier. Les deux femmes sursautèrent et se redressèrent à l'irruption, se tournant pour faire face à celle qui venait les déranger alors qu'elles étudiaient des plans de la ville.

La médecin se figea un instant en rencontrant le regard surpris de l'héritière. Elle ne put que constater que la brune avait maigri ce qui lui serra le cœur mais elle se reprit rapidement, la colère lui redonnant confiance :

- TU PEUX M'EXPLIQUER QU'EST-CE QUE ÇA SIGNIFIE ?!

Avant que la sicilienne ne réponde, elle réceptionna de justesse la carte d'identité et le passeport que venait de lui jeter son ex-compagne. Tout en gardant le silence, elle observa les papiers d'identité, cherchant l'origine de la colère de la médecin. Si elle avait su que leurs retrouvailles se passeraient ainsi, elle se serait arrangée pour être à l'extérieur cet après-midi. Lexa tiqua elle aussi sur le nom qui suivait le prénom de Madi et prit le temps nécessaire pour articuler piteusement :

- Je ne sais pas Clarke... Je t'assure que ce n'est pas moi qui...

- BIEN SÛR ! PRENDS-MOI POUR UNE CONNE EN PLUS !

- Est-ce que tu peux te calmer... Qu'on règle ça entre personnes civilisées ?

- Je vais t'en foutre une de personne civilisée ! Dire que j'ai la sottise de t'inviter ce soir ! Quelle imbécile je suis ! IMPOSSIBLE DE TE FAIRE CONFIANCE !

- Gaïa sors s'il te plaît...

- Tu veux que j'appelle la police ?

- Non ça va aller merci...

- Si ! Appelez la police ! Que je raconte toute la vérité ! S'enflamma la blonde.

La métisse s'exécuta et ferma la porte du bureau non sans un sourire discret : voilà qui risquait de porter préjudice à la brune. Lexa observa Clarke faire les cent pas dans son immense bureau :

- Clarke calme-toi enfin...

- Arrête de me donner des ordres ! Lui répondit la blonde.

La brune haussa les yeux au plafond en se pinçant l'arête du nez, elle semblait dépitée. Ces retrouvailles étaient horribles.

- Ecoute... Je ne sais pas ce qu'il s'est passé je t'assure. Je vais faire annuler ces papiers d'identité d'accord ? Madi portera ton nom... J'ai signé la lettre...

- Parce que je t'ai menacée !

- Oui mais je l'ai signée donc peu importe ! Madi est ta fille et elle s'appelle Madi Griffin !

- Visiblement non ! Même en essayant de l'écarter de tes magouilles tu arrives encore à salir son innocence en lui faisant porter ton nom maudit ! Ça ne t'as pas suffi de m'envoyer un assassin ?! HEIN ?!

Un lourd silence suivit tandis que le visage de la brune avait pâli à l'accusation.

- Jamais je n'aurai fait ça... Souffla t-elle finalement. Je t'ai appelée... J'ai essayé de te prévenir que tu étais en danger...

- Et comment tu le savais si ce n'était pas toi hein ? Ton histoire ne tient pas debout !

- C'était Gustus ! Pas moi !

Clarke accusa le coup et sa colère fut soufflée comme une flamme de bougie.

- Il était en colère contre toi... Il ne comprenait pas pourquoi tu étais partie avec Madi... Il... a fait une erreur et il l'a compris...

- Qu'est-ce que tu veux dire ?...

- Quand... Quand j'ai compris ce qu'il allait faire... J'ai essayé de t'appeler mais tu ne répondais pas... Octavia non plus... J'ai senti que quoique je fasse ce serait trop tard... Je sais de quoi il est capable sur le terrain... J'ai préféré mettre fin à tout ça...

- Mettre fin à tout ça quoi ?... Demanda la blonde inquiète de la réelle signification de cette phrase.

L'héritière ferma un instant les yeux avant d'avouer, la voix tremblante, pleine de honte :

- J'ai tenté de mettre fin à mes jours Clarke...

Le choc fut tellement dur pour la médecin qu'elle sentit ses jambes se dérober sous elle, elle eut tout juste la force de se rattraper près d'un meuble qui était devant une fenêtre. Lexa s'approcha immédiatement et passa un bras autour de la taille de la blonde pour lui éviter une chute. Elle l'emmena vers la chaise la plus proche dans laquelle Clarke s'enfonça mollement, abasourdie par la nouvelle qu'elle venait d'apprendre.

- Clarke ?

N'obtenant aucune réponse, Lexa sortit du bureau pour aller chercher un verre d'eau. Elle croisa en chemin Gaïa qui lui demanda :

- Elle s'est calmée ?

- Oui... Par contre je veux que tu me trouves l'imbécile qui s'est cru intelligent en falsifiant cette demande de pièce d'identité ! Il sera viré sur le champ !

- Euh... Oui... Je vais faire mon possible pour identifier ce fauteur de troubles Lexa...

L'héritière revint dans le bureau et claqua la porte pour faire comprendre qu'elle ne voulait pas être dérangée. Elle s'accroupit pour être à la hauteur de la blonde et posa précautionneusement sa main sur celle de la médecin qui semblait encore sous le choc, lui glissant le verre d'eau.

- Clarke ça va ? Tu veux que j'appelle le SAMU ?...

- Non...

- Qu'est-ce que je peux faire alors ? Tu es toute pâle...

- J'ai l'impression de m'être pris un trois tonnes... Que... Qu'est-ce qui t'as pris enfin Lexa ? Tu as pensé à...

- Toi ? Oui. A Madi ? Oui. A tous mes amis ? Non. Je voulais... Je ne voulais plus avoir mal... Je ne voulais pas me réveiller encore une fois et apprendre que tu avais été tuée Clarke... Je ne l'aurai pas supporté... Confia t-elle tout en laissant échapper de grosses larmes.

- Mais...

- Je n'ai pas pris le temps de réfléchir... Quand j'ai compris que tu ne répondrais pas... Je n'ai plus eu envie de vivre... Je ne l'explique pas...

- La façade de la maison...

- Oui... Gustus a défoncé la porte fenêtre avec une voiture pour entrer car j'avais verrouillé toute la maison... Je ne voulais pas être...

- Arrête... Souffla Clarke dont les larmes s'étaient aussi mises à couler.

Une douleur lancinante s'était immiscée dans sa poitrine et celle-ci fut d'autant plus douloureuse lorsque la brune murmura :

- Je t'aime tellement Clarke... Pardonne-moi...

La mafieuse était à présent à genoux devant elle et elle n'arrivait pas à détacher son regard de son ancienne amante. La main de Clarke glissa finalement le long de la joue de Lexa qui semblait moins rebondie que dans ses souvenirs. Un frisson la parcourut lorsqu'elle sentit les lèvres de l'héritière l'embrasser à la fois avec cette douceur entremêlée de passion ardente qui la caractérisait tant. Elle pouvait sentir toute la frustration de la sicilienne face à elle et elle mourrait d'envie de l'embrasser, de la serrer entre ses bras mais c'était impossible.

- Je... Je ne peux pas, souffla t-elle finalement en se détachant avec précaution.

Lexa ne bougea pas, baissant simplement le regard sur le parquet de la pièce. Evidemment que la blonde n'allait pas lui sauter dans les bras avec de simples excuses... A quoi pensait-elle ?

- J'imagine que je ne suis plus la bienvenue ce soir...? Questionna t-elle, cherchant à changer rapidement de sujet après ce douloureux refus.

- Je t'ai dit que tu pouvais passer... Raven est ton amie. Elle sera contente de te voir j'imagine...

- Je finis tard... Je la préviendrai si je ne peux pas passer.

- D'accord je le lui dirai. Tu as changé de numéro ?

- Non pourquoi ?

- Je t'ai appelée pour te dire que j'étais venue chercher Romeo et Racoon... Et aussi savoir si tu allais bien...

- Ah... Je suis désolée, j'ai cassé mon téléphone ce soir-là.

- Ah je comprends mieux... Bon... Je vais y aller... Est-ce que je dois remplir un nouveau dossier pour Madi...?

- Non, je m'occupe personnellement de cette affaire. Je trouverai le responsable de cette mauvaise blague.

- Et tu vas lui faire quoi ?

- Il ou elle sera renvoyé avec peut-être la chance que je ne porte pas plainte au nom de la mairie pour falsification de documents car c'est une faute professionnelle très grave.

- Ne sois pas trop sévère non plus... Ça montre à quel point tu es appréciée ici après tout ce genre d'action. Ça doit te changer de tes mafieux.

- ...

- Désolée, je n'aurais pas dû dire ça... Hm... Si je peux te donner un conseil, tu devrais t'alimenter un peu plus, tu as maigri Lexa...

Clarke fit une moue avant de quitter la pièce, laissant la brune seule avec sa tristesse.


Raven inspira un grand coup après être descendue du SUV que lui avait prêté Lexa. Le stress de retrouver Octavia et Matteo commençait à envahir tout son corps. Elle finit par s'engager dans l'allée et fut accueillie par les deux Cane Corso. Romeo lui sauta dessus en la reconnaissant ce qui la fit rire et manqua la faire tomber à cause du poids de l'animal qui avoisinait les cinquante kilos.

- Moi aussi je suis contente de te revoir ! Mais qu'est-ce que tu fous ici ? Tu es venue draguer Juliette c'est ça ?!

- Tía ! S'exclama Matteo en courant jusqu'à la latina qui le réceptionna.

- Mon petit Corazón ! Répondit-elle tout sourire.

- Tu m'as manqué ! Dit-il en la serrant avec force.

- Arf ! Tu m'étouffes ! Quelle force !

- Il t'attendait avec impatience... Ajouta une voix qui fit frissonner la mécanicienne.

Octavia était sortie pour les rejoindre et observait son petit garçon entre les bras de cette espagnole si compliquée.

- C'est vrai que t'as une jambe de robot ? Demanda Matteo.

- Haha oui ! Je te la montrerai à l'intérieur.

- Trop bien ! Tu seras moins nulle au foot alors !

- Hé !

Après un énième bisou, Matteo rejoignit le sol pour partir à toutes jambes à l'intérieur de la maison, laissant sa mère avec sa tía.

- Bon retour parmi nous...

- Merci...

- Hey Raven ! Viens un peu à l'intérieur ! S'exclama Lincoln.

- Oye Linc' t'es là !


Malgré toute l'assurance du monde, Raven n'osa rien rajouter et se servit de la perche tendue par l'ex-compagnon de son amante d'une nuit pour fuir une situation gênante.

La petite fête battait son plein lorsqu'Octavia se rapprocha de la médecin qui était assise sur un des tabourets du bar.

- Lexa est là...

- D'accord.

- Tu ne vas pas la voir ?

- Non... Je l'ai assez vue pour aujourd'hui... Répondit la blonde qui n'arrivait pas à arrêter de penser à ce que lui avait confié la brune cet après-midi.

Des amis de la mécanicienne dansaient sur la piste de danse improvisée dans le séjour. Matteo semblait beaucoup s'amuser dans les bras de son père ce qui arracha un faible sourire à la médecin. Elle sursauta quand elle sentit une tape sur son épaule : Raven.

- Hey Chaperon Rouge... Dis, ce serait possible que Lexa voit Madi ?... Elle m'a demandé mais je préfère te demander avant...

Clarke fronça les sourcils et leva les yeux, cherchant l'héritière qui soutint son regard en portant un gobelet à ses lèvres comme pour masquer sa gêne. Elle prit le temps de réfléchir avant de dire à Raven :

- J'y vais.

- Sûre ?

- Oui.

La médecin traversa au milieu des danseurs et fit signe à la brune de la suivre jusqu'à l'unique chambre dédiée à Matteo. Le petit garçon avait accepté de partager cette dernière avec sa "cousine". La pièce n'était pas très grande entre le lit du garçon, le berceau, la commode à vêtement et la table à langer. Lexa pouvait sentir le parfum de Clarke tant elle était proche d'elle.

- Coucou mon ange... Souffla la médecin en caressant la joue de la petite fille qui était bien au chaud dans sa grenouillère.

Madi gigota légèrement en grommelant avant de bailler. Clarke la saisit délicatement, la serrant doucement contre elle tout en la berçant. Elle se tourna ensuite vers Lexa et après une hésitation la lui tendit. La Donati n'hésita pas une seconde et récupéra la petite comme le plus précieux des trésors. Elle la cala contre elle et se mit à son tour à la bercer.

- Je vais aller lui préparer son biberon.

- D'accord...

Clarke quitta la pièce non sans une hésitation que Lexa remarqua :

- Tu veux que je te la laisse ?...

- Non... La musique risque de lui faire peur... Je... Hm... Je reviens, dit-elle en sortant de la chambre.

Elle revint avec le biberon de lait tiède et se figea en voyant Lexa avec Madi dans les bras. La petite la regardait avec de grands yeux et lui souriait. L'héritière semblait lui fredonner un air sicilien qu'elle ne connaissait pas. Elle l'entendait à peine à cause de la musique du salon mais cela semblait plaire à la petite.

- Tiens... Souffla t-elle en lui tendant le biberon.

- Merci... Répondit Lexa en testant la chaleur du biberon en versant un peu sur sa main.

- Tu n'as pas perdu la main...

- Garder Edda m'a permis de m'entraîner... mais je me suis occupée d'Aden quand j'étais petite... Ma mère me laissait le biberonner... Il ne finissait son biberon qu'avec moi... Confia t-elle sous le charme de ce souvenir et de Madi.

- Tu l'as toujours beaucoup protégé...

- Pas assez malheureusement...

Les deux femmes se turent, profitant de ce moment précieux en toute intimité durant de longues minutes jusqu'à ce que Raven ne rentre avec Matteo entre ses bras.

- Oh pardon ! J'allais coucher le petit monstre... Il s'endormait par terre...

- Ce n'est rien, viens le mettre sous sa couette, indiqua Clarke.

Les deux femmes bordèrent le petit garçon qui grommela un peu mais se cala rapidement entre ses peluches favorites. Lexa se leva du fauteuil pour bercer Madi afin de lui faire faire son rot d'après repas et lorsque ce fut fait, elle la réinstalla dans son berceau. Elle offrit un regard apaisé à Clarke et Raven, les remerciant avant de quitter la pièce.

- Ça a été ? Demanda Raven, soucieuse.

- Parfaitement... C'est bien là qu'est le problème...

- Tu ne veux pas lui...

- Stop, ne dis pas un mot de plus. Ma décision est prise. C'est non.

- Bon bon... Je te laisse alors ?

- S'il te plaît...

Clarke s'installa dans le fauteuil où s'était précédemment assise son ex-compagne, soufflant un triste :

- Bon anniversaire Lexa...


- Je peux te l'emprunter ? Demanda Octavia en s'approchant de Lexa et Raven qui fumaient tranquillement devant l'entrée de la maison.

- Bien sûr, je partais de toute façon. Bonne soirée et merci d'avoir accepté ma présence malgré mes différents avec Clarke.

La Blake lui fit un petit signe de tête en guise d'assentiment. Elle observa l'héritière partir dans un de ses SUV Porsche puis elle se tourna vers la mécanicienne avec un regard qui en disait long.

- Dois-je m'inquiéter de ce regard ?

- Si tu ne m'embrasses pas dans les secondes qui viennent oui...

Raven sourit et colla son bassin contre celui de la brune, glissant un doigt sous son menton avant d'aller l'embrasser amoureusement. Le baiser se transforma bien vite en un baiser plein de passion qui laissa pantelantes les deux jeunes femmes.

- Tu m'as manqué...

- A moi aussi... Je ne vivais plus... Si je n'avais pas eu Clarke et Matteo j'aurais pété un plomb...

- Désolée, faut croire que j'étais bien atteinte psychologiquement... Ça me fait chier de donner raison aux docs mais je me sentais inutile... Je voulais être forte pour toi et Matti mais j'y arrivais pas.

- Finalement tu as réussi, sourit Octavia.

- Oui, répondit la mécanicienne en l'embrassant de nouveau.

- J'ai une petite surprise pour toi...

- Ah oui ? Du genre toi toute nue dans la piscine de la copro ?...

- T'es dingue elle doit être froide ! Rit la brune. En plus c'est interdit de se baigner nu !

- Elle est naze cette copro hm... Je vais nous acheter une maison immense avec une piscine privée !

- Et avec quel argent ?

- Mais celui de l'assurance... J'ai touché une grosse somme d'argent pour ma jambe en moins...

- Ah bon mais et tes soins ?

- Lexa a tout payé...

- Waouh... eh bien... on en discutera...

- Oui... Elle est où ma surprise ?

- Viens !

Octavia la mena à l'intérieur de leur maison qui s'était vidée progressivement des invités au vu de l'heure tardive. Elle ouvrit le frigo pour lui sortir un millefeuille.

- Ohhh un millefeuille ! J'adore ! Ça fait une éternité que j'en ai pas mangé !

- Je l'ai fait moi-même, sourit la Blake.

- Arrête...

- Elle y a passé tout l'après-midi, confirma Clarke. Je suis partie quelques heures et quand je suis revenue elle le terminait à peine.

- Et ben...

- Goûte !

- Pourquoi il a un glaçage vert ?

- C'est à la pistache. Goûte enfin !

- Ok ok !

La mécanicienne croqua à pleine dents dans la pâtisserie, savourant le goût sucré et délicieux jusqu'à ce que ses sourcils se froncent sous un goût on ne peut plus désagréable qui vint lui griffer le palais comme de délicieuses flammes brûlantes venant lécher du bois sec.

- Ouah la vache tu as mis quoi dedans ?!

- C'est pas bon ?

- Je ne dirais pas ça mais...Tenta de tempérer la brune. Ça arrache bon sang !

- J'ai mis du wasabi, sourit la Blake.

- Quoi ?! S'exclamèrent Raven en crachant ce qu'elle n'avait pas encore avalé et Clarke qui semblait plus que surprise.

- Maintenant tu sais à quoi tu te risques à te comporter comme une goujat avec moi, traumatisme ou non, la prévint Octavia, le regard aiguisé.

- Oh la vache je meurs ! Chaperon du lait pitié ! De la mie de pain !

L'incendie buccal de la mécanicienne mit quelques minutes à se calmer et lorsqu'elle fut remise, elle approcha avec une moue vers son amante :

- Si je dois bien comprendre dans notre couple c'est toi qui portes la culotte c'est ça ?

- Exactement et tu as intérêt à te tenir à carreaux.

- Donc plus de flirts.

- Non.

- Même pas un bisou ?

- Non un baiser c'est tromper.

- Ouh tu es dure...

- Reyes...

- Je déconne hey ! Cariña te quiero ! Clarke dis-lui que je l'aime !

- Tu vas dormir sur le canapé et je dormirai avec Clarke puisque tu fais l'imbécile !

- Quoi ! C'est injuste c'est ma maison ! Je dors où je veux !

- Je crois que je vais aller à l'hôtel tout compte fait... Dit Clarke, amusée devant leur querelle de jeune couple.

- Ah putain je suis trop contente de vous retrouver les filles, avoua Raven en les serrant toutes les deux contre elle.

- Hm Raven tu pues la clope ! Crièrent Clarke et Octavia.

- Mais c'est un complot !

Les trois femmes éclatèrent de rire ensemble, ravies d'être de nouveau réunies.


Clarke se glissa dans le canapé et activa le mode silencieux de son téléphone bien que son biper soit activé du fait qu'elle soit de garde en cas d'urgence à l'hôpital.

Elle cliqua sur un message vocal qui avait été d'un numéro qu'elle ne connaissait pas.

"Bonsoir Clarke, c'est Anya Zanetti. Voilà je ne vais pas tourner autour du pot... Gustus et moi nous marions samedi qui arrive et j'aimerai que Madi soit sur les photos de mariage. Est-ce possible pour toi de venir en sa compagnie ? Tiens-moi au courant. Au revoir."

La médecin secoua la tête, agacée par cette nouvelle épreuve qu'elle allait devoir affronter. Elle tendait sa main et on lui prenait tout le bras... Ces mafieux n'avaient aucun scrupule.

- Hors de question que Madi plonge dans ce monde de requins... Non mais sans rire, son mec essaye de me tuer et je dois leur apporter ma fille comme si elle était un vulgaire bouquet de fleurs qui fera beau sur une photo... Non mais je rêve... Lexa va m'entendre... Il va vraiment falloir qu'elle tienne sa famille en laisse... Grommela t-elle pour elle-même en s'emmitouflant dans la couverture.


Et nous voilà une nouvelle fois à la fin du chapitre ! :) Alors qu'en avez-vous pensé ? Le chapitre était plus long que le précédent oui :P (Ça va Esys t'es contente ? xD Nan parce que je me fais harceler hein sur la longueur des chapitres sérieux !).

La réconciliation Raven/Lexa vous convient ? :) C'est encore notre mécano qui fait le premier pas mais bon notre Lexa est une handicapée des sentiments vous le savez xD Alala ces siciliens trop fiers ! Un peu de flashback vis-à-vis du passé de Lexa en Dona et retour sur sa TS ça vous a plu ? Et un souvenir amoureux en France de notre clexa ! ^^ Gaïa commence à préparer le terrain hm hm... Lexa va t-elle se laisser aller entre ses bras maintenant que Clarke lui a refusé une nouvelle chance ?

Le Octaven est de retour ! Haha j'ai bien ri en écrivant la scène avec le gâteau qui arrache xD (je me suis inspirée d'un passage de la saison 2 de You qui m'a fait mourir de rire). N'hésitez pas à me laisser votre avis je le lirai et y répondrai avec plaisir :D

Prochain chapitre un mariage mafieux avec un clexa tendu... Peut-être fin février selon mon inspiration ou alors courant mars... Dans tous les cas je vous souhaite un excellent weekend ! A bientôt !