Note de l'auteur : Hello à vous ! Voici un second chapitre qui ouvrira la "relation" de nos deux protagonistes ! Il y a dans ce chapitre une petite description immobilière qui j'avais commencé à réaliser en plan d'architectes mais j'ai égaré mon dossier je ne sais plus où … je me sens particulièrement naze … Bref, je vous souhaite une bonne petite lecture et à bientôt ! Disclaimer :L'univers WIZARD WORLD (Harry Potter ou Fantastic Beasts) ne m'appartient aucunement et je ne touche aucune rémunération pour mes récits. _

La réunion improvisée fut clôturée par un appel d'urgence pour la Présidente. L'agent Graves grogna d'impatience lorsqu'il entendit qu'il s'agissait de la capture d'un partisan de Grindelwald. Annabeth commençait à saisir quelle influence pouvait avoir le sorcier noir. Même sur un autre continent ses sbires grouillaient de partout, comme les abeilles pour leur reine. Bien que dans le cas présent c'était l'extinction quasi-total d'une population entière dont menaçait cette reine.

« Voyez me suivre, je vous prie. » dit sèchement Graves à l'adresse de l'anglaise.

Sans même attendre sa réponse, il sortit de la salle suivit de près par Rodric qui clopinait d'un pas boiteux et agacé. Gênée et tendue, Beth leur emboita finalement le pas.

Ils marchèrent durant quelques minutes, dans différents couloirs et étages tout en silence.

Le directeur la fit entrer dans un bureau que devait être le sien et libéra l'elf de maison.

« J'ai encore quelques documents à remplir. Une fois que j'aurais terminé, il me faudra faire une course en ville et je vous amènerais chez moi. » expliqua le sorcier tout en ramenant d'un coup de baguette, papiers, encre et plumes.

Annabeth acquiesça simplement, sans bouger. A peine vingt seconde plus tard, Graves releva les yeux sur elle et la fixa avec étonnement. Ne sachant quoi faire elle sourit timidement. Il leva finalement la main et pointa la chaise de l'autre côté du bureau.

« Vous pouvez vous asseoir. J'en aurais pour un moment. » précisa Graves.

Les pommettes tachetées d'Annabeth rosirent. Et toujours plus mal à l'aise, elle s'assit maladroitement, sur le siège qui lui était présenté.

Le temps passa lentement pour la jeune femme, mais rapidement selon Graves. Il avait dû passer une vingtaine de papier sous sa plume. Le temps de les lire, de témoigner, de signer ou autres. Beth l'avait regardé sans bruit. C'était à peine si elle avait bougé. De temps à autres elle fouillait dans sa poche et soupirait, comme rassurée, tout en y retirant sa main. Graves l'avait bien remarqué mais s'abstint d'un quelconque commentaire.

Soudain il fit un geste de la main, mais rien ne se passa. Il se figea deux secondes en attendant que quelque chose réagisse. Rien. D'un air dégouté il referma sa main en faisant craquer ses doigts, saisit sa baguette et la fit siffler rageusement.

Tout ce qu'il y avait sur le meuble se rangea impeccablement en même temps que Graves se rhabillait. Il invita Annabeth à sortir et ils quittèrent le ministère.

Dehors, Beth découvrit enfin New-York. Elle fut à la fois fascinée et un peu déçu. La ville était grise –aussi bien les murs des immeubles que le nuage fin qui se répandait partout dans les rues, due au mélange de poussières, de saletés et de pollution -, Les aménagements de fer et échafauds, donnait un aspect sinistre aux rénovations. Et bien que l'immensité démesurée de la ville et de ses bâtiments impressionnât l'anglaise qui se sentait bien petite à côté de tout ça, cette modernité inachevé privait New-York du charme atypique que pouvait porter d'autres villes comme Londres, Paris, ou encore Rome. Les gens se pressaient d'un trottoir à l'autre ne souriaient généralement pas, et chacun de leurs mouvements semblaient automatique et similaire à ceux des autres. Comme des employés d'usines.

Parmi toutes ses rues monotones une vitrine se détachait des autres. Une façade gris clair et à la vitrine dorée attira son attention. Il y avait une queue considérable à l'intérieur, si bien qu'elle ressortait du magasin. Et l'on sentait dans tout le quartier un doux parfum chaud et sucré qui rappelait à Beth les boulangeries parisiennes. En grand et en jaune au-dessus de l'entrée était simplement écrit « Kowalski ». Ce nom n'était pas étranger à l'anglaise … Jacob était son prénom. Son frère lui avait longuement parlé de son acolyte rondouillet et attachant. Un léger sourire lui échappa en se rendant compte que l'ami de Newt avait finalement réussit à ouvrir sa boutique. Plusieurs clients en sortirent, visiblement emballé par leur visite. Parmi eux une femme attira l'attention d'Annabeth. Cela dit avec ses boucles blondes et son manteau rose, elle ne passait pas inaperçu. Ses joues étaient roses comme celles d'une poupée. Elle huma longuement son sachet et releva les yeux sur la rue. Quand ils croisèrent ceux de Beth son sourire s'estompa et ses épaules tombèrent si soudainement que son sac aurait pu tomber également. Mais Annabeth senti un vide autour d'elle et en se retournant, aperçu que Graves continuait son chemin sans l'attendre. Elle-même ne se souvenait pas s'être arrêter. Elle pressa donc le pas pour le rattraper, sans se rendre compte que la jeune femme la suivait toujours du regard.

Graves ralenti et se pencha discrètement vers l'anglaise.

« Je veux que vous me suiviez le plus naturellement de possible. » murmura-t-il. « Aucun comportement suspect devant les non-maj. Compris ? »

Elle ne répondit même pas et se contenta de le talonner de quelques centimètres. Une centaine de mètres plus loin, ils bifurquèrent dans une petite ruelle et continuèrent d'avancer jusqu'au cul de sac.

Percival se retourna, sortit lentement sa baguette et tapa trois fois contre le mur avant de tirer Annabeth au travers. De l'autre côté, la salle était sombre du au faible éclairage de quelques chandelles flottante qui lui rappelèrent le plafonnier de Poudlard.

« Bienvenu, bienvenu ! Ah ! monsieur Graves, quel plaisir de vous revoir sur pieds. Mademoiselle. » Salua le vendeur.

C'était un homme fin et grand, avec des cheveux mis long d'un blanc de neige immaculé. Ses rides profondes accentuaient les expressions de son visage et son teint pâle le faisait ressembler à un spectre. Il portait un pantalon tout juste à sa hauteur mais bien trop large pour ses hanches maigrelettes, et un long manteau simple, semblables aux robes des sorcier écoliers.

« Que puis-je pour vous aujourd'hui ? » demanda-t-il d'une voix tremblante.

« De quoi remplir mon frigo Albert. » répondit l'Auror.

« Dans ce cas, suivez-moi. »

Il fit quelques pas et ouvrit une porte étroitement petite. Graves du se baisser pour entrer dans l'autre salle. Et Scamander fit de même. Cette seconde pièce était fraiche et remplie de nourritures et condiments en tous genres.

« Pourquoi cette porte est si petite ? » Demanda soudainement Annabeth faisant sursauter le marchand.

« Oh ! Et bien plus la porte est petite, moins il y a de fuite. Et donc plus ma marchandise garde de sa valeur et de leur qualité gustative. » expliqua-t-il un grand sourire aux lèvres.

Graves avait commencé à se promener entre les rayons et observait méticuleusement les articles sur les étagères. Une plume volante et un calpin apparurent juste à côté de sa tête. Il la regarda deux secondes, et commença à lui parler. Beth parut surprise alors le dénommé « Albert » s'empressa de l'éclairer.

« C'est ainsi que je fonctionne. Ma Plume à Papote écrit ce que vous voulez acheter, me le rapporte et après les comptes fais et les galions échangés, d'un coup de baguette le tout est dans le sac. »

« J-je vois. Astucieux comme idée. » répondit timidement Beth déstabilisée par cette soudaine prise de parole.

Percival revint une minute après en relisant le bloc-notes puis leva les yeux sur la jeune femme.

« Voulez-vous quelque chose en particulier ? » demanda-t-il d'un air détaché.

« Heu … n-non je ne crois pas, merci Mr Graves. »

Les joues de Beth prirent une teinte rosée. Mais personne n'y préta attention dans l'obscurité.

« Bien, donc ce sera tout Albert. » annonça le sorcier.

Le vieil homme fit un geste de la main et la plume se remit à écrire. Il se saisit du carnet, le lut rapidement, fit tourner sa baguette et annonça le prix à Graves, qui le paya sans attendre. Autour d'eux, ses aliments et le boîtent volèrent jusque dans un petit sac en plastique.

« Au plaisir de revoir bientôt Monsieur. » dit poliment Le marchant en lui tendant son sac de courses.

« Peut-être plus tôt que vous ne le penser. » souffla-t-il un tantinet râleur. « Suivez-moi. »

Annabeth salua maladroitement le vieux sorcier et ressortirent par l'autre côté du magasin dans une ruelle encore plus sinistre que celle par où ils étaient entrés.

Ils reprirent les grandes rues l'air de rien et continuèrent leur chemin jusqu'à une maison abandonnée. Graves ouvrit poliment la porte à Annabeth vérifia que personne ne les voit avant de la refermer.

« Bien … » souffla l'Auror en relâchant la pression qu'il avait accumulé le long du trajet.

La jeune femme tournait sur elle-même en observant les pièces vides et les couloir vieillis de cette pauvre baraque d'un air soupçonneux.

« Ça n'est sûrement pas votre maison, je me trompe ? » Finit-elle par demander.

« Non, bien entendu. C'est un point relais. Personne ne vient jamais ici. Je peux donc transplaner à ma guise. Et c'est ce que nous allons faire pour aller chez moi. »

« Vous n'utilisez pas de Portoloin ? » s'interrogea Beth.

« Non. Un sorcier peu déjouer un Portoloin. Or, je préfère garder mon adresse …la plus privée possible. » Expliqua Graves.

« Vous pratiquez donc le Transplanage d'Escorte ? »

« Effectivement. Accrochez-vous à moi je vous prie. »

Elle glissa deux de ses valises entres ses pieds et agrippa fermement la main de Graves. En général les gens s'accrochent à votre bras ou à vos vêtements et se contact soudain surpris Percival qui ne put s'empêcher de la regardé troublé. Elle plissait les yeux et ne semblait pas rassurée du tout. Elle ressemblait beaucoup à son frère d'après la description qui lui avait été faite de Newton Scamander. Et il avait compris que les relations avec les humains n'était pas son… ou leur fort. Mais après réflexion, sa prise était tout à fait logique. Être en contact physique le plus directe possible avec le transplaneur favorisait l'escorte. Il se reconcentra donc sur son objectif et appliqua consciencieusement la règle des 3D :

Première étape - fixer résolument votre esprit sur la DESTINATION souhaitée.

Deuxième étape - concentrer votre DETERMINATION sur l'espace à occuper !

Et enfin – puiser de sa magie et tourner sur place en essayant de trouver votre chemin dans le néant tout en accomplissant votre mouvement avec DECISION !

Il fit un mouvement rotatif de la main et « CRACK ! ». Après un tourbillon peu agréable, ils atterrirent sur un tout autre sol. La différence s'en ressentait même sous les chaussures et Annabeth ouvrir prudemment les yeux.

Mais une masse près d'elle tomba brusquement au sol, la tirant presque dans sa chute.

Le sorcier américain se redressait avec beaucoup de difficulté en grognant d'inconfort.

« Monsieur Graves ! » s'exclama Beth en se baissant pour l'aider. « Vous allez bien ? Vous ne vous êtes pas fait mal ? »

« N-non, ça va. » Bougonna Percival.

Il tremblait franchement et paraissait vidé de toute énergie. Sa peau était aussi pâle qu'un Quartz Blanc. Ce fut la première comparaison qui vint à l'esprit de l'anglaise. Mais quand il réouvrit enfin les yeux, le contraste avec ses iris noir était frappant.

« Vous avez perdu énormément de votre force magique. J'aurais dû me douter que vous n'en auriez pas assez pour nous transportez tous les deux. » Commença-t-elle en l'aidant à se relever.

« Miss, Scamander je vais bien … »

« Je l'ai remarqué dans votre bureau … Vous devriez aller vous reposer Mr Graves, Vous … »

« JE VOUS AI DIT QUE JE VAIS BIEN ! » s'emporta-t-il en retirant brutalement ses bras des mains de la jeune femme.

Il serra les poings et respira lentement pour se calmer. Il était certain que cette perte de puissance ne lui convenait pas du tout. Lui qui était habitué à lancer des sorts sans les prononcer et sans baguette, il se retrouvait au niveau d'un élève tout juste capable de transplaner d'un point de la ville à un autre. Et même ça, ça l'épuisait un peu trop à son goût. Mais il ne se l'avouera pas, convaincu que ce n'était qu'une question de temps et qu'une fois parfaitement rétabli, toute sa force lui serait rendue.

Annabeth n'était pas stupide. Et devinait parfaitement les pensées du mage en face d'elle. Mais étrangement, ce qu'elle aurait d'abords pris pour de la rage dans les yeux de Graves, elle le lisait à présent comme de la détresse et une peine profonde. Une plaie qui ne voulait pas cicatriser.

Et devant cet homme diminué qui fuyait à présent son regard, elle espérait simplement trouver un moyen de l'aider.

Des petits bruits de pas attirèrent leur attention. Sous leurs yeux, sortant d'une pièce encore inconnue à l'invité, un elfe de maison fit son apparition. Il avait de longues oreilles pendantes des petits yeux fripés, un nez long, presque crochu et un menton carré.

« Tous va bien Maître ? » demanda-t-il à l'adresse du sorcier.

« Bien, Roddey. Très bien. » répondit-il sèchement.

« Une femme avec le maître ? »

« Oui, Annabeth Scamander, c'est notre invité. Elle séjournera ici pendant un mois, environ. Elle vient d'Angleterre » expliqua-t-il en époussetant le bas de son manteau.

« Raaah ! Les invités causent toujours des problèmes à Roddey ! Surtout les étrangers. Bah ! des étrangers, dans la maison Graves ! » grognait l'elfe en retournant dans la salle d'où il était sorti.

« Et tu seras prié d'être courtois avec elle ! » cria un bon coup le sorcier, dont la colère refaisait sensiblement surface. « Pardonnez-le, il est très attaché à ma famille et traite d'étranger n'importe qui qui ne porte pas mon sang. Mais dans le fond il n'est pas vilain. Demandez-lui quelque chose et il le fera. »

Annabeth hocha simplement la tête. Un peu surprise d'un tel accueil.

« Oooh ! Monsieur Graves est rentré ! » Surgit joyeusement une autre voix plus aigüe venant du fond du couloir.

Des petits pas se pressèrent et un second elfe de maison tontina vers eux. Annabeth, qui était déjà bien perplexe, entrouvrit la bouche mais ne sut quoi dire.

Celui-ci avait une tête ronde de grandes oreilles pointues se dressant de chaque côté de sa tête, faisant doubler la taille de celle-ci, de grands yeux marrons er un petit nez rond. Son large sourire faisait de lui le parfait contraire du premier. Et son rictus s'élargit en voyant la jeune anglaise.

« Et voici Tedhy. » Repris Graves. « Mon autre elfe de maison. Tedhy, veux-tu bien montrer à notre invité sa chambre ? »

« Avec grand plaisir ! Tedhy aime rendre service à Maître Graves. » chantonna la créature en claquant des doigts. Les baguages de la jeune femme et le sac de course se mirent à bouger tout seuls et flottèrent autour de l'elfe qui fit s'avança dans le couloir.

« Si Miss veut bien me suivre, c'est à l'étage. » indiqua-t-il en faisant un long geste en direction du fond de l'allée.

Percival avait déjà ôté sa veste et entra dans une autre pièce du ré-de-chaussé. Annabeth suivi donc Tedhy qui lui fit une petite visite guidée. Après trois pas le couloir s'élargit. La première porte sur sa gauche, là où était retourné Robbey, était la cuisine. Sur sa droite, directement de trouvaient des toilettes puis la salle de bain. La seconde à gauche menait à un salon, et la troisième également. La dernière sur la droite, celle où Graves avait disparu juste avant était sa chambre. L'escalier démarrait dans le salon et longeait le mur du fond, en tournant. Les lattes de bois avaient un aspect vieillot, mais ne grinçaient pas sous leur poids. L'étage avait à peu près les mêmes salles que celle d'un bas. Si ce n'est que la cuisine avait été remplacée par un bureau, les salons par des salles de rangements et la salle de bain était la « chambre » des deux elfes.

Tedhy ouvrit la porte de la pièce au-dessus de la chambre de Persival et laissa entrer l'anglaise. La chambre était simple, presque pas décorée. Un tableau mouvant d'une clairière de montagne et d'un lac égaillait un peu la couleur crème, presque blanc de la pièce. Elle était meublée d'un lit double, d'une armoire et d'un petit bureau de bois accompagné d'une chaise, tout à fait ordinaire. Mais la pièce était propre.

Ses valises se posèrent au pied du lit délicatement.

« Je vous laisse le temps de vous installer. Vous pouvez sortir comme bon vous semble. Mais évitez d'entrer dans le bureau ou la chambre de Maître Graves sans son autorisation. Il n'apprécie pas qu'on fouine dans ses affaires. » Ajouta Tedhy avec un frisson d'effrois.

« Je ne me permettrais pas. » rassura-t-elle.

L'elfe de maison lui fit un signe de la tête et s'en alla, la laissant seule dans cette spacieuse chambre.

Quand le bruit d'un claquement indiqua que le porte était bien fermée, Beth se laissa tomber mollement sur le matelas. Sa poche remua progressivement. Elle y plongea sa main et en sortit son bébé niffleur, Léonard, enfin réveiller. Il ne s'était pas manifesté depuis son départ. Bien que ces dernières heures n'aient pas été les plus calmes de la vie de la jeune sorcière. La petite boulle de poile se trémoussa dans sa main et elle le regarda avec attention. Il se mit à renifler l'air en alternant le museau à droite, puis à gauche, la main de sa maîtresse avant de la regarder immobile avec des yeux implorants et brillants.

Elle soupira sans pour autant s'empêcher de sourire. Il était vraiment différent de ses semblables. Eux courraient partout pour récupérer tout ce qui brille, alors qu'il préférait dormir et jouer, se contentant de dérober une ou deux pièces et précieux de temps à autre pour entretenir sa collection.

Annabeth reposa la créature sur le lit et tendit bras, poing fermé, au-dessus de lui. Soudain il se mit à tourner en rond avec impatience. Lorsqu'elle tendit ses doigts un pendentif brillant tomba au bout d'une chaine qui était accrochée à son doigt. Léonard fit quelques bonds et réussit à l'attraper, se balançant dans les airs. Il retomba sur le drap et réitéra la tentative, mais Beth devint plus joueuse et bougea la cible rapidement.

Au bout d'un moment elle sortit sa baguette et ouvrit d'un geste sa valise pour y laser le jouet. Léonard y plongea à sa poursuite. Un bruit de fraqua résonna au fond de la male. Sans plus d'inquiétude, Beth entra à son tour et retrouva le petit monstre dans une boîte à friandise.

Elle l'en retira en le grondant légèrement, le laissa sur une étagère près d'elle, retira sa veste qu'elle accrocha à l'échelle et commença à préparer divers mets particuliers.

Ses animaux paraissaient en excellente santé. Aucun n'était perturbé par le voyage, pas même le bébé demiguise.

Elle ne resta pas longtemps avec eux. Il se faisait tard et elle se doutait qu'un des elfes de maison ne tarderait pas à venir la chercher pour le diner.

Roddey et Tedhy … Elle n'avait pas souvenir d'avoir déjà entendu parler d'une modeste demeure entretenue par deux ou plusieurs elfes de maisons. Les familles anglaise avaient en générale un elfe chez eux, peut-être plus s'il était dans un grand palace, ou comme à Poudlard, où il fallait beaucoup de mains pour entretenir tout le château. Mais deux elfes pour un appartement deux étages, même spacieux, ça lui semblait inhabituel voir étrange.

Quelques petits coups, cognèrent contre la porte.

« Heu … Entré ! » prononça-t-elle bien fort.

Le battant en bois s'ouvrit et l'elfe Tedhy entra timidement.

« Le repas est près. » Annonça-t-il. « Si Mademoiselle veut bien descendre ? »

« Oh ! B-bien sûr. J'arrive tout de suite ! Merci. »

L'elfe la salua et repartit.

Annabeth leva sa baguette et l'agita furtivement. Ses autres valises s'ouvrirent et leur contenu se rangea de lui-même dans les placards. Elle se releva du lit où elle était assise et pris la direction de l'escalier.

Elle passa la tête par la porte de la cuisine et vit une table dressée en son centre. Juste à côté Roddey et Tedhy s'afféraient aux fourneaux et mettaient le couvert. Elle entra timidement.

« Je … je peux peut-être vous aider à faire quelque chose ? » dit-elle un peu mal à l'aise.

Les deux elfes sursautèrent en se tournant vers elle.

« L'étrangère veut nous aider ! Et puis quoi encore ? Elle veut devenir femme de chambre pour famille de sorcier ? » grommela Roddey avec mécontentement.

Annabeth se redressa confuse et se sentant encore plus bête de se retrouver ainsi plantée au milieu de la salle sans savoir quoi faire.

« C'est très aimable à vous, mademoiselle, mais les elfes de maison ne peuvent accepter une aide de votre part. vous êtes invitée, alors asseyez-vous. Ce sera servi dans un instant. » dit poliment Tedhy en lui tirant une chaise par magie. « Et n'en voulez pas à Roddey, s'il vous plait, il n'aime juste pas qu'on touche à son travail. Vous savez, Roddey a mis beaucoup de temps à accepter que Tedhy reste à la maison après la … »il se tue un instant et fit une triste grimace. Il secoua vivement la tête en faisant claquer ses oreilles comme pour effacer une mauvaise pensée. « Enfin, qu'il doive partager son travail avec Tedhy, pour le service de Maître Graves. »

Roodey dévisagea son collègue avec méfiance. Devant un tel comportement, Annabeth ce demanda ce qu'ils pouvaient bien cacher et comment se comportaient-ils l'un envers l'autre quand personne n'était à la maison.

Mais ses idées furent coupées quand le maître de maison entra à son tour dans la pièce et que les deux elfes le saluèrent prestement. Il leur fit un simple signe de la main et vint s'assoir en se massant la nuque, visiblement fatigué.

Des assiettes pleines de légume et un steak saignant, à première vue du bœuf, tout ce qu'il y a de plus normal. Mais la jeune femme blêmit à la vue du morceau de viande.

« Il y a un problème Miss Scamander ? » remarqua Graves.

« Je … je n'ai pas pour habitude de manger de la viande. J'aurais dû vous prévenir. » dit-elle gênée.

Graves la fixa d'abord surpris, mais après réflexion … qu'est-ce qu'il pouvait être stupide ! Elle est logée chez lui parce qu'elle tente de partager des lois à propos de l'acceptation et de la protection d'animaux magiques et lui il lui servait un steak. Tout du moins il aurait pu y penser et prévenir ses elfes de maison.

Un frisson frais le secoua. Mais il préféra garder son air indifférent.

« Vraiment ? » dit-il uniquement.

« Oui … Mais je suis invitée, donc je vais faire un effort. Je suis désolée je ne … »

« Ce n'est rien, ne vous en faites pas. Tedhy veux-tu changer l'ass- … »

« N-non ! Je ne voudrais pas gâcher leur travail … je-je vais le manger. » insista Annabeth. « Merci. » ajouta-t-elle à l'adresse des deux petits bonshommes.

« Mais, voyons, je ne veux pas vous forcer à manger quelque chose que … »

« J'en ai déjà mangé étant enfant. Ce n'est pas comme si j'allais commettre le pire des pêcher. »

Elle se saisit des ses couvert et découpa un morceau de viande sous le regard presque stupéfait de son hôte. Il ne s'aurait dire si elle se moquait de lui, ou si elle était vraiment sincère. Une fois sa tranche avalée elle étira un étrange sourire. A la fois timide et inévitable, si bien qu'elle fini par baisser la tête et détourner le regard autant que possible. Mais ce sourire était surtout adorable et ses fossettes aux coins des joues n'arrangeait pas la chose.

« C'est vraiment bon. Ça passera encore mieux. Merci. » dit-elle sans oser regarder personne.

Elle avait clairement honte et n'était pas très douée pour le cacher, mais comment lui en vouloir. Elle continua de manger, dans cet effort que Graves avait du mal à cerner, sans se plaindre, ni râler davantage. Le sorcier se décida donc à entamer également son repas.

L'ambiance était un peu lourde et silencieuse, mais c'était supportable.

« J'ai reçu une lettre de Mme Picquery. » Commença Percival. « Votre première réunion est prévue demain à 15-H. Elle s'excuse si le délai est un peu court et précise qu'il ne s'agira que de l'ouverture de l'affaire. Je vous y accompagnerais, vous ramènerais et assisterais également aux rendez-vous. En tant que président de la sécurité magique de New-York, j'ai un rôle important quant à l'acceptation des lois que vous nous proposerez. »

Il avait débité sa tirade sans décrocher un regard pour l'anglaise. Elle se figea quelques seconde pour bien assimiler tout ce qu'il venait de lui dire.

« Euh … b-bien. Ça me parait tout à fait … normal. Je serais prête pour demain. »

« Bien. »

« Mais dites-moi … » ajouta-t-elle en s'agitant sur sa chaise.

Il releva enfin les yeux sur elle et attendit silencieusement qu'elle reprenne.

« Vous m'accompagnerez toujours où que je sorte ? Devrais-je rester 24-H sur 24 avec vous ? »

« Je vous escorterais à chaque fois, oui. Comme on me l'a demandé. Et non, pas H-24. Mais si vous n'êtes pas au ministère, ou dehors avec moi, ce qui reste peu favorable non plus, vous devrez impérativement rester ici. »

« Ici ? Tout le temps ? » répéta-t-elle un peu incommodée.

« Oui. Mme la Présidente me l'a confirmé dans la lettre, et je suis d'accros avec elle, vous ressemblez beaucoup trop à votre frère. C'est bien trop dangereux. »

Il avait prononcé ses mots le plus sérieusement du monde. Peu rassurée et un peu chagrinée, et se mit à triturer ses cheveux bouclés sans ajouter un mot.

Graves la regarda, légèrement peiné pour elle. Même si c'était loin d'être dans les mêmes condition, il savait que d'être cantonné à un même endroit sans pouvoir en sortir librement n'était pas la chose la plus réjouissante au monde. Mais il était indéniable qu'on reconnaissait facilement Newton Scamander à travers elle. Pourtant elle était plus petite que lui, sans sa veste on ne pouvait la confondre avec un homme et encore moins avec ses cheveux sauvages coupé à mi cou alors que ceux de son frère étaient courts.

Cette femme était particulière. Aussi bien mentalement parlant que physiquement. Mais elle était très loin d'être laide. Et ça n'était pas qu'une question charme. Percival le remarqua en cet instant. Et des femmes, il en avait vu et séduite …