Hello ! Voilà la seconde partie de ce double chapitre ! Vous pouvez remercier Esys qui m'a littéralement souléééééé pour que j'écrive plus vite xD Merci pour vos super retours sur le chapitre 44, ça me donne un smile de fou de vous lire malgré le temps qui passe ! L'Héritage aura 4 ans le 18 juillet OMG :OO Je suis vraiment partie en vrille avec cette fiction mais bon quitte à ce que ce soit la dernière autant qu'elle soit la meilleure !

Merci à Mag et Esys pour la relecture :) Bonne lecture tout le monde !

Elooo : Merci pour ton retour ! :D Haha j'aime quand j'arrive à vous surprendre ! Ce chapitre éclairera ton chemin :P

Maria : Merci pour ton retour ! Courage avec de la bonne colle on va le réparer ton petit coeur :P Le saut dans le temps est prévu pour la troisième partie de l'Héritage ! J'aime ta façon de voir les choses vis-à-vis de la position de chacune :D

Morgane : Merci pour ton retour ! Haha et non là je suis à l'heure, je suis surveillée pire que par la Mafia avec Esys . (pendant qu'elle se les glande rappelons-le). Le saut dans le temps sera dans le 46 ! ;)

Manoukette : Merci pour ton retour ! Un déménagement ? Possible oui... :P Haha désolée pour les sensations fortes xD Merci pour tes super compliments qui me ravissent :D J'adore vous emmener avec moi !

Louise : Pourquoi vous faire autant de mal... Hmmmm? Parce que je suis sadique voilà tout :') Merci pour ton retour ! :D

Angelye : 10 chapitres c'est tout ? Je tablerai plus sur 20 ! :P Haha oui Edda = Heda en effet ! C'est doubi qui avait trouvé le prénom et la référence sympa ! Merci encore pour ton retour !

Elsony : Hey ! Bienvenue ! Merci pour ta 2nd review ! :D Et oui il fallait que tout le poison qui les rongeait sorte ! Team Lexa alala bcp sont de son côté, elle est trop forte notre Dona ;P ne t'en fais pas, l'Héritage va continuer pour encore qq chapitres pour mon plus grand malheur x)


Chapitre 45 : Jusqu'à ce que la mort nous sépare (Partie 2)


« Bella il s'est passé quoi avec Clarke ? » Raven Reyes

« T'es pas en train de refaire une connerie de ton côté hein ? Réponds bordel ou je débarque ! » Raven Reyes

« Réponds s'il te plaît ! » Raven Reyes

« Bon j'arrive ! Putain j'appelle les pompiers ou pas ?! » Raven Reyes

« LEXA DONATI REPONDS TU CASSES LES COUILLES À ME FAIRE FAIRE DU SOUCI COMME ÇA ! » Raven Reyes

« Je suis là d'ici 5 minutes ! » Raven Reyes

La moto freina dans un crissement de pneus bruyant, laissant une grosse trace noire sur le bitume devant le grand portail de la propriété de la sicilienne. Raven déverrouilla le portillon grâce à ses clés personnelles et poussa ce dernier brusquement ce qui fit sursauter Camilo et son collègue qui se trouvaient à quelques mètres.

-Elle est où ?!

-Raven mais qu'est-ce que tu fais ici ? S'étonna le garde du corps.

-Lexa ! Où elle est ?!

-Je suis là Raven, répondit finalement la voix de l'héritière.

La brune ayant entendu le crissement de pneu était sortie de la maison pour voir ce qu'il se passait. La mécanicienne souffla de soulagement avant de se diriger vers son amie pour la serrer entre ses bras avant de la relâcher

-Putain tu m'as fait peur !

- Je ne comprends pas…

-Tu sais le petit machin rectangulaire qui s'allume ça s'appelle un téléphone ! Je t'ai appelé et envoyé des messages ! Clarke est rentrée à la maison dans un état pas possible, je me suis doutée que quelque chose s'était mal passé entre vous ! J'ai eu peur que tu refasses une conn…

-Elle a dit quelque chose ? L'interrompit la sicilienne.

-Non justement ! C'est pour ça que j'ai flippé ! Elle est rentrée et s'est enfermée dans la salle de bain. Octavia a réussi à comprendre qu'elle parlait de toi à travers ses larmes donc j'ai tout de suite essayé de t'appeler ! Comme tu répondais pas, j'ai flippé et du coup me voilà ! Mais putain pourquoi tu répondais pas ?!

L'héritière fit une moue avant d'inviter la brune à la suivre. Elle n'avait nullement envie d'étaler encore sa vie privée devant ses gardes du corps.

-Désolée de t'avoir causé du souci Raven… On s'est disputées… Clarke et moi…

-Et vous pouvez pas faire comme tous les couples bon sang ?! Vous vous engueulez et après vous vous réconciliez au lit au lieu de faire faire un sang d'encre à vos meilleures amies respectives à minuit passé ! Qu'est-ce que tu as encore foutu ?! La sermonna Raven.

Lexa garda le silence avant d'amener une main sur la moitié de son visage comme si elle voulait se cacher. Elle n'arriva finalement pas à retenir les larmes qui lui montèrent aux yeux ce qui désarçonna la mécanicienne.

-Oh bordel non Bella pleure pas ! Je voulais pas dire ça ! J'suis encore sous l'émotion de tout à l'heure ! C'est pas ta faute ! Allez ! Souffla la latina en serrant de nouveau la sicilienne contre elle pour la consoler.

-C'était horrible… On s'est dit des monstruosités Rav'… Je regrette tellement… Elle… Elle en a jeté les bagues…

-Les bagues ? Quelles bagues ?!

-De fiançailles…

-Merde… Mais pourquoi vous vous êtes disputées ? Je croyais que ça roulait au lit pour vous…

- Justement… Ce n'était que du sexe mais je ne veux plus de ça… Elle m'a dit qu'elle m'aimait mais après elle a paniqué et…

- Et ?

- Je l'ai rattrapée et elle m'a dit qu'elle ne pouvait pas me refaire confiance car je la trahirai forcément de nouveau… À cause de mon lien avec la mafia… Je lui ai fait trop peur et mal lorsque j'ai forcé les choses pour récupérer Madi…

- Rah putain encore cette histoire… Fais chier… Elle s'est accrochée à cette petite comme une dingue… Elle a eu très peur ce jour-là à l'aéroport… J'imagine que c'est plus fort qu'elle…

- C'est vraiment fini… Souffla tristement la Donati dont les larmes ne semblaient pas se tarir.

- Mais non mais non… Allez arrête de pleurer cariña… Je vais chialer aussi bientôt sinon… Ah bah voilà ça y est je chiale tu fais chier merde !...

- Désolée…

- Arrête de t'excuser Bella… Grommela la mécanicienne en calant son menton contre l'épaule de sa meilleure amie. Allez, allez il faut te reprendre…

La Donati hocha faiblement de la tête sans pour autant quitter l'étreinte réconfortante de la mécanicienne.

-T'as pas une bonne bouteille de vin pour qu'on noie notre chagrin toutes les deux ? Allez va t'asseoir dans le canapé, j'arrive avec de quoi te faire oublier cette soirée merdique…


La tête de l'héritière était un véritable champ de bataille. L'alcool avait coulé après l'arrivée de Raven et elle n'avait rien fait pour résister à cette terrible tentation de pouvoir dormir sans penser à la blonde. Elle avait les yeux fermés devant deux verres dans lesquels fondait une aspirine.

-Hn toi au moins tu plaisantes pas quand tu bois… Souffla la mécanicienne qui comatait à moitié dans le canapé du salon. Je sais pas combien d'euros on a sifflé mais la facture de ta prochaine commande de vin va faire mal Bella… Ouh ma tête…

-Au lieu de dire des âneries, avale-ça, répondit la brune en lui tendant le verre avec le médicament.

-Ah merci t'es un amour Bella.

Lorsque le contenu des verres fut avalé par les deux femmes, elles gardèrent le silence, cherchant à esquiver leurs maux de tête respectifs.

-Je vais aller me doucher, indiqua finalement Lexa.

-Yep, moi je vais rentrer me changer et voir comment s'en est sortie O'.

-Désolée de vous causer autant de problème.

-Bah ! J'espère bien que tu seras là avec tes bouteilles de vin si ça va mal un jour entre nous hm ?

-Compte sur moi.

-Tu comptes aller travailler aujourd'hui ?

-Oui ça m'occupera l'esprit…

-Pas faux, je passe te prendre dans une heure ?

-C'est parfait.

La Donati raccompagna son amie jusqu'à la porte, la remerciant de nouveau de son soutien avant d'aller à l'étage pour profiter finalement d'un bain bouillant et massant. Lorsqu'elle fut dans l'eau, elle ne put s'empêcher de songer tristement à son devenir. Sans Clarke, sa vie risquait d'être bien ennuyante. Elle décida de lancer de la musique, cherchant à tout prix à effacer les cris de la médecin qui continuaient de résonner dans sa tête.


La page de réservation de billets d'avion pour les États-Unis ne cessait de descendre et remonter en fonction du doigt tremblant de la médecin sur le touchpad de l'ordinateur. Elle avait passé une très mauvaise nuit et celle-ci aurait sans doute pu être pire si Octavia n'était pas venue la réconforter. Elle se sentait honteuse d'être rentrée dans un état aussi lamentable et d'avoir dérangé ses deux amies qui étaient déjà à moitié endormies.

Elle ne savait pas quoi faire. Partir était un réel crève-cœur pour elle car elle était tombée sous le charme de la Sicile depuis de nombreuses années. Ses parents lui avaient fait découvrir cette région italienne bien avant qu'elle ne décide de venir y faire son internat de chirurgienne. Après ces vacances où elle n'était qu'une jeune adolescente, elle s'était mise à apprendre l'italien en seconde langue afin de pouvoir revenir et se sentir comme une véritable sicilienne. La langue avait été simple à comprendre car sa motivation avait été puissante. Peu de temps après son arrivée, elle avait rencontré Finn qui venait tout juste d'intégrer la cellule anti-mafia. La région était loin d'être parfaite à cause de la présence de la Mafia locale mais elle restait tout de même un agréable endroit pour vivre. Elle se rappela soudainement le désarroi de ses parents lorsqu'elle leur avait annoncé qu'elle partait faire son internat en Europe à un peu plus de sept mille kilomètres de la maison familiale. Elle n'avait encore jamais quitté le cocon douillet des Griffin excepté pour quelques voyages durant ses vacances aussi, l'inquiétude avait été présente. Elle avait énormément de bons souvenirs sur cette île dont les charmes n'étaient plus à prouver.

Pourtant, rester signifiait devoir supporter vivre dans la même ville que la belle héritière pour qui elle avait encore des sentiments malgré leur terrible dispute. Accepter de possiblement la voir heureuse aux côtés d'une autre qu'elle. C'était aussi devoir être forte face à Cage Morello qui avait été libéré très rapidement malgré sa plainte. Son ventre se noua lorsque son esprit imagina le sourire malsain et hautain que le directeur lui adresserait lorsqu'ils seraient amenés à se revoir. Elle frissonna de dégoût et d'inquiétude. La médecin ferma les yeux sous la réflexion : avait-elle encore assez de forces pour supporter tout ce qui l'attendait ici ? Elle en était loin d'être sûre. Elle qui avait la rage de vaincre n'importe quel obstacle, elle devait avouer qu'elle se sentait épuisée. Elle pensa à sa carrière de chirurgienne qui avait été fragilisée par ses choix de vie : un jour directrice contre son gré, un autre fuyarde d'un clan mafieux, professeure à ses heures perdues en France, de nouveau chirurgienne, incapable d'obtenir une promotion afin de gérer un service entier qu'elle méritait amplement, bénévole dans les quartiers pauvres et chargée de projet pour ce dispensaire qui avait manqué de lui coûter très cher… Sa carrière professionnelle était en train de vriller totalement car elle s'éparpillait de tous les côtés. L'arrivée de Madi n'arrangerait pas sa carrière professionnelle car élever seule une enfant était plus que prenant. Elle regarda l'heure affichée par l'ordinateur, hésitante. Elle attrapa finalement son téléphone portable pour chercher un numéro bien précis : « Home ». Après quelques tonalités, son cœur se mit à battre à tout rompre lorsqu'elle entendit que quelqu'un décrochait.

-Allô Clarke ?! S'exclama la voix de son père.

-Coucou Papa… C'est moi… Souffla t-elle la voix tremblante.

-Ça va ? Tu as une voix bizarre ? Si tu savais comme ça me fait plaisir d'entendre ta voix ! Les mails et les WhatsApp c'est sympa mais te parler et te voir me manque. Je sais que tu es très occupée mais tu pourrais quand même nous appeler plus souvent en visio… Il faut vraiment que je débarque avec ta mère comme la dernière fois ? Râla t-il.

La médecin ferma les yeux un instant, laissant les larmes couler, son souffle devenant un peu plus désordonné alors que l'angoisse de tout raconter à son père la saisissait.

-Désolée Papa… Il s'en est passé des choses depuis que vous êtes venus… Avoua-t-elle difficilement.

-Tu pleures Princesse ?...

-Un peu… Avoua-t-elle en reniflant.

-Dis-moi tout ma chérie, qui t'a fait du mal ?

-C'est tellement compliqué… Je ne sais pas par où commencer…

-Prends ton temps ma chérie…

Clarke prit une respiration avant de raconter les derniers évènements à son père, les paroles se mélangeant aux sanglots.


Lexa passa les portes de la mairie et salua ses employés à l'accueil. Elle n'était pas en avance mais savait très bien qu'en tant que maire elle pouvait se permettre quelques libertés tant que le travail était fait. Elle se dirigea rapidement vers les escaliers pour se rendre à son bureau, croisant Gaïa qui descendait à toute vitesse ces derniers, son portable collé à l'oreille. La métisse s'exclama :

-Ah te voilà enfin !

L'exclamation eut le mérite de faire froncer les sourcils la Donati qui n'aimait guère à avoir à se justifier.

-Bonjour Gaïa, répondit-elle, cherchant à reprendre la main sur la conversation.

-Oui excuse-moi bonjour… Je te cherchais pour savoir si tu étais d'accord pour recevoir deux journalistes ?

-À quel sujet ?

-Ils aimeraient écrire un article sur les avancées de tes projets pour Syracuse depuis que tu as été élue. Ça pourrait nous faire une bonne publicité.

-Je n'y vois pas d'inconvénient, ce serait pour quand ?

-Dans vingt minutes ils peuvent être là.

-Quoi ?! Je n'ai rien préparé Gaïa ! Je pensais plutôt à la semaine prochaine…

-Non, ils doivent écrire l'article pour le prochain numéro qui sort dans deux jours.

-Je n'aime pas trop ça mais si tu penses que cela peut rassurer les habitants sur la façon dont la mairie travaille…

-Tu vas assurer, la rassura la Salomon.

La Donati acquiesça avant de dire :

-Gaïa à propos d'hier soir…

-Désolée, j'ai dépassé les limites… Je ne sais pas ce qu'il m'a pris de te parler de ça… Je sais que ton passé fait que tu cherches à rester loin de ce monde… J'avais bu et…je me sentais seule… Avoua la fille d'Indra tout en caressant furtivement les doigts de l'héritière qui fut parcourue par une petite vague d'électricité.

Lexa se recula, gênée par le contact physique que la jolie métisse avait entrepris. Elle prit une inspiration avant de dire :

-Je vais me préparer, appelle-moi quand les journalistes seront arrivés.

-Sans problème… Répondit Gaïa qui avait remarqué la distance que la belle brune venait de lui imposer de nouveau.


L'interview s'était dans l'ensemble bien passée, Lexa répondant de manière franche et sans détour aux questions des deux journalistes qui enregistraient ses réponses grâce à leur portable afin de retranscrire au mieux les paroles de la maire de Syracuse. Gaïa observait depuis un coin du bureau cette dernière, prête à apporter des dossiers afin d'appuyer les dires de sa supérieure si le besoin s'en faisait sentir.

-Je pense que nous avons fait le tour concernant les derniers projets à venir pour la ville de Syracuse, avez-vous d'autres questions avant que nous terminions cet entretien ? Demanda la brune, poliment.

Les deux journalistes échangèrent un regard avant que l'un d'eux ne demande sans détour :

- Comment vivez-vous l'affaire dans laquelle est mêlée votre ex-compagne ?

La question eut le mérite de surprendre l'héritière ainsi que son adjointe.

-Sans vouloir vous offenser Messieurs, vous êtes venus pour écrire un article sur le développement de Syracuse, non pas pour écrire des imbécilités sur ma vie privée donc si vous n'avez pas d'autres questions sur…

-Tout laisse à penser que malgré votre récente rupture, vous vous laissez influencer par votre ex-compagne. Bien qu'étant une talentueuse chirurgienne, elle a su vous convaincre d'investir et modifier des plans pour les nouveaux logements sociaux actuellement en construction. L'espace alloué au dispensaire qu'elle souhaite développer alors qu'elle n'a actuellement pas le budget du fait de difficultés financières internes à l'hôpital risque de rester vide. Il aurait peut-être été plus judicieux d'y faire construire un ou deux appartements sociaux supplémentaires au vue des demandes qui explosent.

Bien qu'agacée, l'héritière prit le temps de réfléchir avant de répondre. Elle croisa ses jambes par reflexe avant de fixer droit dans les yeux les journalistes.

-Ce dispensaire a été demandé par les habitants des quartiers sociaux. Êtes-vous allés les voir pour leur poser directement la question ? Car moi oui durant ma campagne électorale. Je tiens simplement mes promesses. Concernant mon ex-compagne, elle est apte à prendre les décisions qu'elle souhaite et elle a choisi de continuer à faire vivre ce projet malgré notre séparation. S'il y a bien une chose que je ne peux reprocher au Dr Griffin c'est qu'elle est dévouée aux syracusains. Je lui accorde toute ma confiance pour qu'elle mène ce projet à son terme.

-Cela veut-il dire que vous soutenez le Dr Griffin malgré les récents évènements ?

Cette fois, la mâchoire de la brune se serra sous la colère, devinant le sous-entendu du journaliste. À la surprise de tous, Gaïa fut la plus rapide à donner une réponse :

-Une enquête est en cours concernant l'incident ayant eu lieu entre le Dr Griffin et Mr Morello… Ne nous emballons pas et laissons-faire les services compétents... La mairie soutient le projet de dispensaire et…

Malgré la tentative d'apaisement de la Salomon, le poing de l'héritière s'abattit brusquement sur le bureau en chêne, faisant sursauter les journalistes et frissonner la métisse qui se recula pour se taire.

-Êtes-vous réellement en train de me demander si je soutiens une femme investie et innocente ayant subi une tentative de viol ? Siffla froidement la brune.

-Le viol n'a pas été prouvé Madame Donati… Selon les dires du Dr Griffin, Mr Morello ne…

-Il l'a touchée contre son gré et l'a séquestrée! Hurla-t-elle furieuse. Il lui a fait du chantage et l'a acculée dans son bureau, a profité qu'elle soit moins forte que lui pour tenter de lui faire ce que toute femme craint de subir en se promenant le soir dans la rue !

-Cage Morello dément cette version vous devez le savoir et il y a des témoins affirmant que le Dr Griffin était habillée de manière légère ce jour-là dans le but de pouvoir…

-ASSEZ ! S'il y a bien une chose que j'ai promis lors de ma campagne électorale c'est que chaque syracusain et syracusaine se sente en sécurité peu importe où il se trouve et quelle que soit l'heure ! Donc si vous voulez des mots clairs pour votre torchon à venir, oui je soutiens le Dr Griffin qui est mon ex-compagne ! Je la soutiens sans l'ombre d'un doute car jamais Clarke ne m'a menti ! Est-ce que c'est bien clair ?! Et j'espère bien que Cage Morello aura ce qu'il mérite pour ce qu'il a fait !

-Vous vous laissez donc guider par vos sentiments… Osa souffler le journaliste, bien qu'effrayé. Mr Morello a sous-entendu ceci lorsqu'il nous a reçus…

- DEHORS ! Ordonna la brune en se levant de son fauteuil sous la colère.

Les journalistes se levèrent à la hâte, terrorisés et filèrent sans demander leur reste en prenant bien garde de récupérer le téléphone contenant l'enregistrement ce qui ne manqua pas de faire pâlir Gaïa. Cette dernière ferma la porte en se mordant la lèvre d'inquiétude :

-Je n'imaginais pas cette interview comme ça…

-Moi non plus, grommela la Donati dont la colère commençait à redescendre.

-Je sais que j'ai promis de ne pas reparler de ça… mais leur prendre leur téléphone m'aiderait grandement à ne pas alourdir mon planning à venir… Se permit de suggérer la métisse.

La simple évocation de menacer les journalistes pour leur prendre leur téléphone eut le mérite de faire contracter la mâchoire de la brune qui marmonna :

-Si seulement c'était si simple…

-Tu te rends compte que ça va prendre du temps d'effacer toute cette encre baveuse ? Reprocha la Salomon, prenant des libertés, pensant pouvoir manipuler la colère de la brune de sorte à obtenir ce qu'elle souhaitait. Tu n'avais pas à t'énerver ainsi… Tu as plongé direct comme une débutante Lexa ! La Dona…

Sans qu'elle ne s'y attende, Lexa fit le tour de son bureau pour saisir le bras droit de son adjointe, serrant avec force ce dernier avant de dire froidement :

- La Dona est morte Gaïa ! Qu'est-ce que tu ne comprends pas ?! Arrête de tenter de raviver ce côté sombre que j'abrite en moi ! Je te l'ai dit, il n'y a rien de bon à la faire revenir !

Le visage de la Salomon ne put cacher le choc de voir la brune dans un tel état de fureur. Elle baissa les yeux, soufflant :

-Désolée Lexa je…

-Tais-toi ! J'en ai assez de tes excuses. Je ne veux plus t'entendre ! À l'avenir, sélectionne mieux tes interviews car ces deux-là n'en avaient rien à foutre des projets de Syracuse, ils voulaient seulement me descendre publiquement et c'est réussi ! Si tu ne te montre pas plus compétente à l'avenir je peux t'assurer que je serai celle qui te tiendra la porte amenant vers la sortie ! Maintenant rattrape-moi ces conneries !

-Oui…Oui... ! Répondit son adjointe en se dégageant de la prise de la Donati qui retourna telle une lionne furieuse faire les cents pas dans la pièce

La porte du bureau se referma rapidement et le silence revint, permettant à l'héritière de reprendre peu à peu son calme. Elle se réinstalla dans son fauteuil, décrochant son téléphone avant de composer le numéro de l'hôpital.

-Lexa Donati, Maire de Syracuse à l'appareil, je souhaiterai parler à Mr Cage Morello. Oui… C'est urgent en effet. Merci.

Le regard sombre, la brune attrapa sans s'en rendre compte une paire de ciseaux avec laquelle elle commença à jouer nonchalamment tandis que la musique d'attente résonnait à ses oreilles.


Le doigt tremblant sur la page d'accueil de sa boîte mail, Clarke cliqua sur le mail que son père venait de lui envoyer. Ils avaient pu échanger par téléphone dans un premier temps mais Jake lui avait finalement avoué qu'il avait du mal à ne pas se laisser submerger par les émotions aussi lui avait-il proposé de lui répondre par mail après quelques heures de réflexion. La médecin ferma les yeux tout en expirant, priant pour que son père ne soit pas trop jugeant à son égard. Elle se détestait à l'idée de l'avoir déçu.

« Ma chérie,

Désolé de n'avoir rien pu te répondre immédiatement après tes révélations au téléphone. Il me fallait un peu de temps pour poser mes idées au clair et empêcher le papa protecteur que je suis de sauter dans le premier avion pour la Sicile pour te ramener de force sous mon bras... Je me rends compte que je n'ai pas été assez soutenant ni assez à l'écoute. Je vais à travers ce mail tenter de donner mon avis personnel sur la situation que tu traverses sans jugement je l'espère…

Tu es une jeune femme brillante et rationnelle, je ne me fais aucun doute là-dessus. Il faut que tu t'accroches d'accord ? Te voir revenir à la maison me ferait le plus grand plaisir mais je t'ai toujours appris à terminer correctement ce que tu as commencé n'est-ce pas ? Tu vas donc dans un premier temps botter le cul à ce salopard de pervers en restant à Syracuse. Si tu pars, ta plainte sera classée sans suite et qui sait s'il ne recommencera pas avec une autre femme cette fois plus fragile que toi… Tu ne peux pas le laisser gagner et si tu as besoin que je vienne pour te soutenir, je viendrai. Sois forte.

Concernant ta situation avec Lexa, sache que peu importe ta décision je te soutiendrai. Je ne vais pas tenter de te mentir : tu es aujourd'hui beaucoup trop impliquée car tu connais des informations compromettantes au sujet de la Mafia et de son fonctionnement. Pourtant malgré ta décision de prendre de la distance avec Lexa, tu sembles être en sécurité ce qui ne devrait pas être le cas. Que ce soit la Mafia, le Cartel ou quelque autre organisation de malfaiteurs, ceux qui dérangent et en savent trop sont tués. Lexa a une histoire et un fonctionnement complexe et c'est sans doute pour ça que tu es tombée sous son charme. Tu as toujours aimé les histoires compliquées je crois. Ta relation avec Finn en est le parfait exemple non ? Je te taquine bien sûr mais au final c'est ce jeune homme qui t'a poussée à accepter le contrat que t'a proposé la famille Giordano. Tu aurais dû te douter que tout cet argent cachait quelque chose mais il est trop tard pour le regretter. Tu étais de toute façon tomber amoureuse de Lexa. Clarke, tu es médecin, tu es chirurgienne. Au fond de toi, tu auras toujours inconsciemment cette envie de réparer les gens car tu es faite pour ça tout comme l'est ta mère. Tu avais deviné inconsciemment que cette jeune femme souffrait et portait quelque chose de très lourd en elle. Pourtant, le jour où tu as découvert la vérité sur ce que Lexa était tu pouvais partir et la laisser mais tu as préféré la suivre lorsqu'elle t'a proposé de fuir. Pourquoi ? Parce que tu l'aimes, le nier serait te mentir à toi-même. Le jour où elle nous a révélé une partie de la vérité je pense qu'elle l'a fait pour toi et non pour elle. Elle aurait pu tout nous dire mais elle ne l'a pas fait. Pourquoi ? J'imagine pour nous protéger ou bien parce que tu lui avais demandé de ne pas le faire. Cette femme n'a rien à prouver à personne de mon point de vue et c'est bien pour cette raison que je ne me permettrai pas de la juger, quoiqu'elle ait fait, elle le fait jusqu'au bout. D'ailleurs ce n'est ni moi ni ta mère qui te jugerons non plus, je pense que tu as assez à faire avec ta propre conscience.

Maintenant faisons un tour du paysage veux-tu ? L'Italie comme n'importe quel pays aujourd'hui est consciente de la présence des réseaux mafieux qui la gangrènent, pourtant la vie continue comme si de rien n'était jour après jour. Pourquoi ? Car la corruption aura toujours une place proéminente dans toutes les société é l'implication de sa famille avec la Mafia, Lexa a su vous protéger toutes les deux malgré tout depuis que tu l'as rencontrée. Repense à toutes les fois où tu n'imaginais pas être en danger, sans elle dans ton ombre, peut-être que je pleurerai tous les jours au cimetière la perte de ma fille unique… Tu serais morte sans comprendre pourquoi et à mes yeux il n'y a pas pire mort que celle-ci. Et toi, tu as fait de même avec elle. Tu es la morale de Lexa et c'est sans doute pour cette raison qu'elle ferait tout pour toi et toi tout pour elle. Vous êtes à vous deux ce que l'on pourrait qualifier de Ying et de Yang. À la fois différentes mais si proches et complémentaires. Le père protecteur qui est en moi te dirait de quitter cette femme et de venir te mettre en sécurité entre mes bras mais le père qui veut ton bonheur avant tout, lui te dirait de bien réfléchir car les sentiments que tu as pour cette jeune femme sont très puissants. Tu ne retrouveras sans doute pas une personne comme Lexa et quelque chose me dit que ton questionnement, ton envie de fuir cache quelque chose de bien plus profond qui te concerne toi et non Lexa. L'élément déclencheur semble surtout lié à la tuerie de l'hôpital où la petite Madi a été kidnappée. Je te laisse creuser toi-même sur la question…

Aujourd'hui, tu souffres car elle t'a menti de nouveau et c'est impardonnable pour toi mais parfois il faut savoir faire des choix pour protéger les personnes que l'on aime. Ta mère et moi n'avons pas toujours été un couple parfait et du recul et l'admettre fait partie du processus de la vie à deux. Savoir écouter et pardonner aussi. J'ai fait le choix par amour de couper tous les liens avec ma famille pour vous protéger toi et ta mère car quoiqu'on dise la famille Griffin possède une grande richesse grâce à ses multinationales mais pour cela elle se montre tout sauf honnête et respectable. C'est pourquoi j'ai refusé tout contact avec eux et c'est pour cela que tu n'as jamais rencontré tes grands-parents ni tes cousins, oncles et tantes. Enfin je m'éparpille… Si tu veux parler plus longuement de ma famille, tu n'auras qu'à me le dire… Je t'expliquerai tout ce que je sais. Revenons à Lexa et sa situation.

Après plusieurs heures de recherches, je ne peux que constater que sortir de la Mafia est impossible pourtant ta Lexa a eu assez de courage pour tout envoyer valser mais aussi assez de folie pour replonger dans ce monde malgré le danger que cela représentait pour elle.Cette organisation ne plaisante pas avec les traîtres, or elle semble avoir assez d'influence pour vivre à Syracuse sous sa réelle identité tout en occupant la place de Maire où elle a été élue légalement par les syracusains. Elle a été lavée de tout soupçon par la police à plusieurs reprises, ses entreprises sont légales et permettent à l'économie italienne de tourner. Je pense que l'on peut s'accorder sur le fait que cette femme est exceptionnelle et elle continue à le démontrer jour après jour. Aujourd'hui, elle a fait le choix de tout donner pour récupérer la fille de son frère quitte à trahir votre promesse mais elle l'a fait dans le but de vous protéger. Et c'est plutôt réussi non ? Toi et Madi êtes en bonne santé… Tu aurais préféré que la justice tranche en votre faveur mais malheureusement je ne peux qu'être d'accord avec l'argument de Lexa. La justice de notre monde est une justice à deux vitesses. Les plus puissants gagneront toujours car ils auront plus d'influence, plus d'argent pour se payer une armée d'avocats.

Je ne pense vraiment pas que Lexa soit malsaine dans le fond, elle a juste une autre façon de penser que nous autres. T'a-t-elle raconté tous les détails de son enfance ? Je peux te dire que ma propre enfance n'a pas été des plus heureuses et c'est pour cette raison que j'ai tout fait pour te faire grandir dans cette bulle de bonheur que tu as toujours connu. Lexa est comme un écho à mon passé.Tout comme elle, je me suis battu durant une bonne partie de mon adolescence car j'étais en désaccord avec ma famille. J'étais l'élément le plus brillant mais aussi le plus dérangeant. C'est ta mère qui m'a sorti de là...Lexa semble se débattre inlassablement pour s'en sortir et pour te montrer qu'elle peut être celle que tu veux qu'elle soit mais elle reste humaine et fait des erreurs. Je pense qu'elle s'accroche et sacrifie tout pour toi quitte à mettre votre relation en péril car elle veut ton bonheur avant voulais tellement récupérer cette petite fille que tu as toi-même fermé les yeux sur la réalité qui vous entourait mais Lexa a su voir que vous alliez perdre la garde à cause de plusieurs facteurs impossibles à contrer légalement donc elle a décidé de jouer d'une autre façon afin de dépasser le système corrompu. Et pour se faire, elle s'est elle-même corrompue ce qui t'a préservée en quelque sorte jusqu'à ce que tu prennes conscience de ce qu'elle avait fait ce qui t'a brisée. Triste et fascinante réalité à la fois tu ne crois pas ? Vous n'avez pas été assez attentives l'une à l'autre car Madi vous aveuglait, cela arrive que deux partenaires s'égarent. Surtout lorsqu'il y a la vie d'un enfant en jeu.

Prends le temps de réfléchir à tout ça et rappelle-moi. Ta mère et moi, on sera prêts à t'accueillir ne t'en fais pas mais il faut que tu fasses les choses correctement Clarke. Vraiment. Cette petite Madi n'est pas la tienne, tu l'as certes sauvée dans cet aéroport mais tu ne l'as pas porté pendant neuf mois et tu as fait du chantage à Lexa pour obtenir sa tutelle. Cette petite appartient à la famille Donati quoique tu dises ou fasses pour prouver le contraire.L'arracher à Lexa et sa famille te causera du tort et Madi finira par te le reprocher un jour. Elle n'est qu'un bébé pour le moment mais elle grandira et finira par te poser des questions. Comptes-tu lui mentir comme l'a fait Lexa avec toi ?Pense au poids que tu auras sur les épaules jour après jour si tu prends la décision de partir avec elle, loin de sa famille biologique.

Pense. Analyse. Choisis. T'accrocher autant à cette enfant ne signifie qu'une chose et je pense que tu l'as bien compris. Maintenant il faut faire face à tes peurs. Je t'aime ma fille, je te rappelle ce soir pour prendre de tes nouvelles… Prends bien soin de toi. Je t'aime fort ma Princesse et je ne pourrais pas être plus fière de toi mais tu le sais n'est-ce pas ? »

Papa

La médecin soupira le cœur battant, elle venait de terminer la lecture du mail que son père lui avait envoyé. Les larmes avaient coulé silencieusement au fil de la lecture. Son père avait toujours su la comprendre et la conseiller. Parler avec lui, lui avait fait le plus grand bien car pour la première fois, elle lui avait tout raconté dans les moindres détails comme lorsqu'elle était adolescente et que l'un de ses amoureux ou amoureuses d'enfance venait de lui briser le cœ informations concernant Lexa et la Mafia avaient au départ évidemment laissé Jake sans voix mais finalement il s'était montré calme et rationnel à l'écrit et pour son plus grand soulagement non jugeant. Il avait su l'écouter sans lui faire la morale et cela avait libéré la médecin qui n'arrivait plus à supporter le poids des mensonges qu'elle offrait à ses parents pour ne pas les inquiéter. Le fait qu'il désigne la tuerie de l'hôpital comme élément déclencheur l'avait aussi profondément touchée, sans doute avait-il raison : cette piste devait être explorée.

Pour son plus grand étonnement, son père semblait défendre son ex-compagne malgré certains choix peu respectables mais sans non plus la brusquer. Il pointait la réalité à laquelle elle avait du mal à faire face : ses sentiments pour la Donati. Elle soupira, la tête encore embrouillée par sa lecture. Elle ne put s'empêcher de relire le passage où son père parlait de son enfance, il était vrai qu'il avait toujours été très discret à ce sujet tout comme l'était Lexa. Elle tapa par curiosité dans la barre de recherche internet les mots clés « State Griffin Corporation » puisque c'était ce nom que portait la multinationale la plus connue de la famille Griffin et fut soufflée par le nombre de liens la redirigeant vers des articles mentionnant des affaires de suicides d'employés, de blanchiment d'argent ou encore de chantages politiques.

-Il faut croire que personne n'est parfait… Souffla-t-elle avant de sursauter quand son portable se mit à sonner et vibrer près d'elle.

Elle attrapa le smartphone entre ses doigts et décrocha, appréhendant légèrement car le numéro était masqué :

-Allô ?

-Salut Clarke, c'est Finn.

-Oh Finn… Bonjour…

-Est-ce que c'est possible que tu viennes au commissariat ? On aimerait te parler.

-Comment ça ?

-C'est au sujet de ta plainte mais je préférerai qu'on en parle de vive voix.

-Bon… D'accord… Je me prépare et j'arrive.

-Parfait, à tout à l'heure alors.


La médecin passa les portes du commissariat non sans appréhension. Elle se demandait ce que Finn et son équipe pouvait bien lui vouloir sachant que sa plainte n'était pas traitée par leur service. Ce dernier se présenta rapidement lorsqu'elle indiqua son identité au bureau d'accueil. Il l'invita à la suivre à travers plusieurs couloirs jusqu'à ce qu'ils arrivent à ce qui semblait être la partie réservée à la cellule anti-mafia. Elle y croisa le regard de plusieurs agents qui la saluèrent poliment et étrangement, son cœur commença à s'emballer. Elle avait la désagréable impression de ne pas être à sa place et elle se demanda si elle ressentait cela à cause de la méfiance de Lexa à l'égard des services de police ou bien si cela venait de sa culpabilité actuelle. Elle se sentait comme une enfant prise en flagrant délit de vol, la main encore dans le bocal de bonbons.

-Bonjour Clarke, la salua Bellamy.

-Bonjour Bellamy… Est-ce que je peux savoir pourquoi je suis ici… ?

-Oui, suis-moi.

Elle suivit de nouveau le grand brun accompagné de son ex-compagnon plus petit jusqu'à une salle où les agents Monty et Harper semblaient discuter avec une femme.

-Qui est-ce ?

-Aurelia Di Costa, la directrice de l'hôpital de Syracuse.

-La directrice ? Mais c'est Cage Morello le direct…

-Il occupe son poste illégalement. Aurelia Di Costa a été déclarée morte mais elle est bien vivante comme tu peux le voir… Son frère est policier et l'a aidée à faire croire à un suicide pour échapper à la Mafia qui la menaçait.

-Ça ne m'explique pas ce que je fais l...

-Cette femme s'est faite violer par Morello, coupa Bellamy.

Le regard de Clarke se fixa à travers la vitre sans teint et ne put s'empêcher d'observer les tics nerveux de cette magnifique femme qui semblait tétanisée par la peur à l'idée de raconter ce qu'elle avait subi.

-Comme Bellamy te l'a dit elle se cachait sous une fausse identité, reprit Finn. À la base l'enquête qui fait suite à ta plainte et la contre-plainte de Mr Morello n'a rien avoir avec nos services mais après l'arrestation de Pike on a ressorti certains dossiers qui avaient été classés sans suite. Parmi eux se trouvaient plus de dix plaintes de femmes affirmant avoir été violées par Cage Morello. Le frère de Madame Di Costa a cru bon venir nous parler de la situation de sa sœur…

-Dix femmes… Répéta d'une voix blanche la médecin, sous le choc.

-Il y en a peut-être plus, ce sont des dossiers qui avaient été cachés, d'autres ont sans doute été détruits mais ce qui est le plus inquiétant c'est que toutes les femmes qui ont déposé plainte sont soit décédées soit introuvables.

-Tu veux dire qu'il les aurait…

-Peut-être pas lui mais dans tous les cas il aurait très bien pu les faire éliminer pour se laver de tout soupçon. Étrangement, la moitié d'entre elles se sont suicidées ce qui est la marque de fabrique de la Mafia.

L'information fit baisser les yeux à Clarke qui ne put s'empêcher de penser à Lexa. L'héritière Donati aurait été capable de tels actes ?

-Les Morello sont connus pour avoir eu des liens très étroits avec la Mafia dans les années 60-80. Dante Morello, le patriarche a été arrêté et a fait de la prison dans sa jeunesse. Il était d'ailleurs soupçonné de participer aux trafics de Titus Donati. Bien que Cage Morello semble avoir été préservé,tout laisse croire que malgré son CV prestigieux lui ou son père fait possiblement appel à leurs services pour faire du ménage.

Titus Donati… Le grand-père de Lexa… » Pensa t-elle se gardant de faire une remarque. Je vois… mais je ne comprends pas ce que je viens faire dans l'histoire…

-On aimerait te faire porter un micro et que tu confrontes Cage Morello.

-Quoi… ? Lâcha Clarke, abasourdie.

-Tu es la seule qui a réussi à lui échapper, donc tout laisse à croire qu'il pourrait faire une nouvelle erreur avec toi…

-Une erreur ? Tu veux dire retenter de me violer oui !

-On interviendrait avant qu'il ne te touche, assura Bellamy.

-Vous voulez que je piège un mec qui est possiblement en lien avec la Mafia alors que j'ai une petite fille à élever ? Vous êtes complètement dingues ! Je ne sais même pas si je vais pouvoir retravailler dans cet hôpital !

- Il a tout filmé… Avoua la femme derrière la vitre aux deux policiers, tremblante. Je rentrais de ma journée de travail… Il a attendu que j'aille dans ma chambre pour… pour me sauter dessus… Il m'a frappée… À plusieurs reprises… J'avais mal et je n'avais plus de forces… Il m'a attaché les mains dans le dos avant de… Avant de… Il a dit que si je parlais… Il diffuserait les images sur des sites pornographiques et que ma carrière serait terminée… J'avais si honte…

Le visage de Clarke s'était tourné vers la vitre, surprise d'entendre finalement le son de voix de la réelle directrice de l'hôpital de Syracuse. Elle regarda cette magnifique femme qu'était Aurelia Di Costa, une femme au physique parfait mais qui était brisée de l'intérieur à cause de Cage Morello. Elle posa sa main sur sa bouche lorsque les détails du viol vinrent ainsi que le chantage affreux que le directeur de l'hôpital avait fait pour récupérer la place convoitée. Elle se rappela aussitôt les tentatives d'intimidation de Quint lorsqu'elle avait été nommée directrice par Becca. L'hôpital de Syracuse représentait visiblement un endroit stratégique pour la Mafia, après tout Lexa investissait beaucoup d'argent dans ce dernier avant qu'elles ne prennent la fuite.

-Je vais le faire, lâcha la blonde le cœur battant.

-Tu es sûre ? Demanda Bellamy.

-Oui. Ce serait quand ?

-On va se mettre ailleurs pour se coordonner, viens.

La blonde regarda une dernière fois la victime de Cage avant de suivre les deux policiers, le cœur battant mais le regard empli de détermination.


Clarke passa les portes de l'hôpital avec la boule au ventre. Ses yeux étaient creusés car elle n'avait pas réussi à dormir. Ses pensées étaient parasitées par ses questionnements sur sa situation mais aussi par ce qu'elle s'apprêtait à faire. Réussir à piéger le Morello était une réelle épreuve pour elle car dès que son esprit lui renvoyait l'image du visage de ce monstre, son corps semblait se paralyser lentement de peur.

Elle passa les portes de son service après s'être changée dans les vestiaires et eut l'impression que certains professionnels en rencontrant son regard se dépêchaient de tourner la tête. Elle s'ordonna mentalement d'arrêter d'avoir de telles pensées. Sa mésaventure avec Cage Morello devait être sur toutes les lèvres et beaucoup de murmures semblaient avoir circulés durant sa semaine d'arrêt maladie. Les hôpitaux étaient terribles pour ça et il ne valait mieux pas être la cible des commé sentir persécuté lorsque l'on devenait le centre de l'attention était donc légitime mais elle ne devait pas se laisser aller à cette facilité. Elle tenta d'oublier le micro qu'elle portait sous son t-shirt qui était caché par sa blouse de médecin qu'elle avait fermé grâce aux boutons contrairement à son habitude.

Octavia n'étant pas là, elle serait donc seule pour affronter les regards de tous ainsi que le Morello. Heureusement son collègue Nyko semblait ne pas être impressionné et vint la saluer.

-Salut Clarke… Comment vas-tu ?

-Ça va merci, souffla-t-elle.

-Sache que je te soutiens, lui souffla-t-il avec une petite tape amicale sur l'épaule.

-Ça n'a pas l'air d'être pareil pour les autres… Fit-elle remarquer.

-Ne leur en veut pas, ils ont peur. On a reçu ça le lendemain de ce qu'il t'est arrivé…

Il attira la blonde dans un coin pour lui sortir un papier froissé qu'il avait visiblement caché dans sa poche. Clarke écarquilla les yeux tandis que son cœur s'était de nouveau emballé à la lecture du mot anonyme. Elle le lut finalement à voix basse pour que Finn et Bellamy l'entendent car elle ne portait pas de caméra sur elle.

« DR G. EST UNE PUTE QUI TREMOUSSE SON CUL POUR OBTENIR DES AVANTAGES. SOUTENEZ-LA OU DEFENDEZ-LA ET VOUS ÊTES MORT. »

-Où as-tu trouvé ça ?

-C'était dans nos bannettes respectives. Tu devrais rentrer chez toi Clarke… Tu ne sembles pas en sécurité ici. Je me fais du souci pour toi…

-Merci Nyko… mais que veux-tu que je fasse ? Un abandon de poste nuirait à ma carrière… Il faut que je fasse les choses correctement… Il y a encore le projet de dispensaire à défendre auprès du comité, je ne peux pas abandonner les quartiers sociaux… Ils ont besoin de moi…

-Ils ne t'ont pas attendue pour ça, le comité se réunit en ce moment avec la mairie pour statuer sur le projet…

-Quoi ?! S'indigna la médecin. Mais c'est moi qui ait monté ce dossier ! Comment peuvent-ils le présenter sans moi ?!

-Lexa Donati aurait mis la pression à Cage Morello à ce sujet hier. Tout s'est fait très rapidement.

-Comment ça la pression ?

-Je n'en sais pas plus… Visiblement Cage aurait programmé cette réunion à la dernière minute pour prouver qu'il était favorable au projet et te décrédibiliser j'imagine… Il veut présenter le projet de dispensaire à son nom.

-Quelle ordure… Fulmina la médecin. Merci Nyko pour toutes ces informations.

-De rien… Prends-soin de toi ma belle, indiqua-t-il avant de reprendre ses occupations.

La médecin se dirigea à pas vif vers son bureau et s'y enferma, réfléchissant à voix haute jusqu'à remarquer une enveloppe marron griffée « DR.G » posée sur son bureau. Elle déchira le haut de cette dernière et sortit une page blanche sur laquelle était inscrit.

« DÉGAGE DE SICILE OÙ TU SERAS MORTE AVANT LA FIN DE LA SEMAINE. A MORT LES PUTES ! AVERTIS LA POLICE ET TOUTE TA FAMILLE, TES AMIS MOURRONT AVEC TOI ! »

De nouveau, elle lut le mot à voix basse et la réaction des policiers ne tarda pas. Un numéro masqué l'appela sur son portable. Elle décrocha et n'eut pas le temps de donner son avis que la voix de Bellamy lui dit :

-Clarke on annule l'opération. On va te mettre sous surveillance policière immédiatement. Tu sors par le sous-terrain, on t'y attendra.

-Hors de question, répondit-elle malgré sa peur.

-Clarke ne déconne pas, tu as déjà eu affaire avec la Mafia par le passé. Il ne faut pas prendre ces menaces à la légère !

-Vous vouliez des preuves sur le fait que Cage Morello fait appel à la Mafia pour régler ses petites affaires personnelles, les voilà. Je vais aller le voir et lui montrer ces lettres.

-Non c'est trop risqué. Je te répète, on abandonne l'opération.

-Et moi j'ai dit : on va jusqu'au bout alors bouge ton cul Bellamy car je vais le voir maintenant !

-Merde Clarke ! Entendit-elle avant qu'elle ne sorte de son bureau les papiers à la main.


-J'espère que ce projet de dispensaire sera une réelle réussite, répéta l'une des femmes du comité, tout sourire.

-Évidemment qu'il le sera, les quartiers sociaux ont besoin de notre soutien, assura Cage Morello en ramenant ses cheveux en arrière tout en tenant la porte de la salle à sa collègue.

Tous les membres du comité venaient de quitter la salle sauf Lexa. La brune s'était levée et attendait de pouvoir coincer le Morello en tête à tête. Le brun le remarqua mais s'amusa à jouer le parfait directeur jusqu'à la dernière seconde dans l'espoir de pouvoir échapper à la confrontation. Malheureusement la Donati semblait décidée et elle le rappela à l'ordre :

-Mr Morello, un mot s'il vous plaît.

-Bien sûr Madame le Maire… Siffla-t-il, se forçant à sourire, faisant signe à sa secrétaire de l'attendre.

-Lexa ? Interrogea Gaïa qui était déjà en dehors de la salle.

-Attends-moi ça ne sera pas long, indiqua la brune.

Le Morello ferma la porte et garda une distance raisonnable avec l'héritière, la jaugeant silencieusement. Lexa le fixa droit dans les yeux pour lui dire :

-Bien que le projet soit visiblement enfin validé, je tenais à ce que vous sachiez que ce qu'il se passe avec le Dr Griffin me contrarie énormément Mr Morello.

-Moi de même Madame Donati… Jamais je n'aurai imaginé être dans une telle situation à cause de votre ex-compagne...

Il avait bien insisté sur l'intonation signifiant que la médecin n'appartenait plus à la Donati. Cage semblait vouloir la provoquer et l'emmener sur le terrain de la Mafia, sachant pertinemment que la brune avait fait le choix de s'écarter de ce milieu. S'il avait dépassé les lois italiennes il se vantait de ne pas avoir fauté sur l'un des commandements sacrés de la Mafia qui était de ne pas convoiter la femme d'un autre mafieux. Lexa ne manqua pas ce tour de maître mais elle était loin d'être sans réponse.

-Il me semble que votre père est un homme respectable et j'imagine bien qu'il a élevé son fils unique dans l'idée du respect de tous les commandements mais aussi de la femme. Retenir et appliquer ceux qui vous arrangent ne marche pas et ne font pas de vous un mafieux. Vous n'êtes qu'un lâche misogyne par-dessus le marché Cage ! Si vous êtes en vie c'est uniquement car je n'ai pas commandité de Vendetta contre vous après ce que vous avez fait pour me faire tuer lors de ma campagne électorale ! C'est vous qui avez vendu l'information comme quoi j'allais chez votre père !

L'insulte fit tiquer le brun dont la mâchoire se contracta, son regard passa de celui de l'agneau innocent à celui du coyote envieux, décidant de ne plus jouer la comédie.

-Je suis en vie car vous n'êtes plus la Dona et vous devriez vous le rappeler car utiliser votre passé pour intimider ceux qui osent se dresser contre vous ou votre blondasse ne marche plus à tous les coups. Vous n'avez plus autant de marge de manœuvre qu'auparavant et j'en suis bien conscient. Maintenant que les Barzetti et votre frère ont été évincés, il n'y a plus personne pour commander les Familles et vous êtes hors course contrairement à la famille Morello. Personne ne veut d'une girouette comme tête pensante. Donc un conseil,vous feriez mieux de vous méfier car m'insulter ne risque pas d'aider à poursuivre votre reconversion dans la politique en toute sécurité.

-Est-ce une menace ? Demanda la brune, nullement intimidée.

-C'est à vous de voir… Je tiens juste à vous rappeler ce qu'il est arrivé à l'une de vos prédécesseurs : Becca Giordano, l'ancienne maire de Syracuse qui a terminé carbonisée dans sa propre voiture de fonction lors d'un déplacement professionnel. Elle aussi se croyait au-dessus de tout. Vous avez certes gagné contre Nia Barzetti et Charles Pikes mais il reste encore beaucoup de familles influentes en Sicile et en Italie… Et elles vous considèrent toutes comme une traître.

-Je préfère être considérée comme une traître que comme un pervers instable psychologiquement, répondit-elle piquante. Votre père doit avoir tellement honte de vous !

-Méfiez-vous des mots que vous employez ! Prévint-il en s'avançant d'un pas menaçant, réduisant la distance entre eux en quelques pas.

D'un mouvement vif, la poigne de Lexa saisit le col de chemise du Morello ce qui surprit ce dernier qui ne put que se laisser entraîner mais qui ferma sa propre main sur le poignet de la brune qui le tenait.

-C'est vous qui feriez mieux de vous méfiez Morello ! Amusez-vous encore à faire du mal à une seule femme et je vous assure que je trouverai le moyen de régler votre cas… Dona ou pas Dona. Croyez-moi, avoir été Dona m'a permis de tordre le système à ma guise donc je ne manquerai pas d'imagination pour vous envoyer en prison et vous savez très bien le sort qui vous sera réservé là-bas.

Les deux héritiers se toisèrent du regard avec animosité jusqu'à ce que quelqu'un toque à la porte de la salle de réunion :

-Quoi ?! Répondit le Morello.

-Mr Morello, le Dr Griffin souhaite vous voir, est-ce possible ?

Les sourcils du brun se froncèrent tandis que la surprise saisissait Lexa. Elle relâcha son interlocuteur et recula tandis que le Morello faisait de même. Un sourire mauvais se dessina sur les lèvres de Cage qui répondit :

-J'arrive. Madame le Maire et moi venons de terminer notre entrevue.

Lexa sortit et ne put que constater que son ex-compagne se tenait non loin de Gaïa. La blonde avait les bras croisés contre sa poitrine tandis que la métisse faisait mine de lire des mails sur son téléphone portable pour éviter de croiser le regard de la blonde.

-Clarke qu'est-ce que tu fais ici… ? Demanda la brune en s'approchant de la jeune femme, n'arrivant pas à cacher son inquiétude.

Le cœur de Clarke s'emballa à la vue de la brune : après tout elles ne s'étaient pas revues depuis leur dispute de rupture mais il s'emballa de peur lorsqu'elle aperçut son directeur qui la salua :

-Dr Griffin…

-Il faut qu'on parle, dit-elle, décidant d'ignorer la Donati pour ne pas se détourner de son but.

-Je n'ai pas un très bon souvenir de notre dernière entrevue et une enquête est en cours, je préférerai que vous gardiez vos distances avec moi…

-Vous préférez que j'envoie ces lettres anonymes à la police dans ce cas ?! Tenter de me violer ne vous a pas suffi ?! Maintenant vous me menacez !

-De quoi parle-t-elle ? Interrogea Lexa en se tournant, exigeant une réponse en fusillant du regard le Morello.

La médecin sortit les lettres pliées d'une des poches de sa blouse pour les jeter en boules contre le torse de son directeur qui se baissa pour les récupérer et les déplier. Il fit mine de lire ces dernières avant de dire :

-Tss… Cela ne vous suffit donc plus de m'accuser d'être un violeur ? Voilà que vous m'accusez d'être le commanditaire de menaces ?!

-Bien sûr que c'est vous ! C'est votre manière de faire n'est-ce pas ?! Vous violer des femmes innocentes avant de les menacer et leur faire peur ! Ou pire les tuer lorsqu'elles ont le courage de porter plainte !

-Vous êtes folles à lier Dr Griffin!

-Qu'est-il arrivé à Aurelia Di Costa dans ce cas ?!

Le brun tiqua dans un premier temps avant d'affirmer :

-Je ne connais pas cette femme.

-Je vais vous rafraîchir la mémoire dans ce cas : c'est la directrice que vous avez violé pendant plusieurs nuits d'affilé avant de lui faire du chantage en diffusant les vidéos que vous avez fait de ces soirs-là sur des sites pornographiques ! Tout ça pour lui prendre son poste afin de détourner des médicaments et de l'argent pour vos trafics !

-Vous me répugnez Dr Griffin, vos mensonges sont pitoyables ! Laissez-moi vous dire une chose : si c'est mon argent que vous voulez je peux vous dire que vous pouvez rêver espèce de sale petite pouffiasse de merde ! Vous avez peut-être réussi à voler votre ex-compagne mais moi au-delà de vous briser moralement, je vais réduire votre carrière à néant et vous n'aurez plus qu'à faire la catin sur le tro…

Cage qui s'était approché sous la colère pour réduire la distance entre lui et la médecin fut brutalement stoppé par le poing de l'héritière Donati qui s'était abattu sur son visage pour le faire taire. Clarke recula de surprise tandis que Gaïa mit sa main devant sa bouche tant elle ne s'attendait pas à cette réaction de la part de sa supérieure. La secrétaire du brun quant à elle avait crié de peur.

Le coup fit voir rouge au Morello qui serra son menton de sa main avant de masser sa joue qui portait à présent une trace de coup.

-J'en ai assez de me faire insulter par des femmes… Je vais te faire regretter ça Donati… Siffla-t-il d'un air menaçant.

Il surplomba la brune de sa hauteur et la saisit par la gorge avant de la pousser et la plaquer contre le mur le plus proche.

- Non Lexa ! Lâchez-là ! Cria Clarke qui réalisa le danger dans lequel se trouvait son ex-compagne.

Elle frappa sur le dos de Cage qui serrait de ses deux mains la gorge de la brune qui tentait de se débattre mais l'air lui manqua rapidement ce qui réduisit ses vaines tentatives pour se défendre. Rapidement Clarke fut rejointe par Gaïa qui l'aida à frapper le brun pour l'obliger à lâcher prise mais ce qui le fit enfin lâcher se furent Bellamy et Finn en tenue de policier qui entrèrent par la porte des escaliers de la sortie de secours suivis par leurs collègues, armes à la main.

-POLICE ! Lâchez-là ! Ordonnèrent les deux hommes en braquant leur canon sur le Morello.

Ce dernier hésita un instant avant de finalement relâcher sa prise sur la gorge de l'héritière qui s'écroula au sol tandis qu'il levait les mains en l'air. Il fut rapidement menotté et ses droits lui furent lus. Il tenta de s'expliquer alors qu'on le confiait à l'agent Nathan Miller :

-C'est une erreur Messieurs… Je me suis laissé emporter mais vous n'avez pas tous les éléments en main pour comprendre… Le Dr Griffin me harcèle et…notre maire me fait du chantage…

-Vous nous direz tout ça au poste. Le coupa Bellamy, peu amène à écouter ce baratineur.

-Récupérez les ordinateurs et disques durs de tout l'étage, ordonna Finn.

-Quoi ?! Mais vous ne pouvez pas faire ça ! Il vous faut un mandat ! S'indigna le Morello.

-Le voilà votre mandat, répondit Bellamy en le donnant à la secrétaire qui ne pipa mot. Et j'en ai un autre pour votre domicile.

-Qui vous a fait ces mandats ?! J'exige de connaître le nom du juge qui a osé… !

-Pourquoi faire ? Lui envoyer une belle lettre de menaces comme vous savez si bien faire ?! Allez ! On l'embarque !

-Non ! NON ! Je veux un avocat ! D'ailleurs je porte plainte contre la Maire de Syracuse ! Elle m'a frappé en premier ! Elle menaçait ma vie, je n'ai fait que me défendre ! Elle m'a agressé ! Vous devez l'arrêter aussi ! C'est la loi !

Clarke et Gaïa ne dirent rien, toutes deux agenouillées près de l'héritière qui reprenait doucement une respiration normale. Bellamy jeta un coup d'œil à la brune, indiquant :

-Madame le Maire est-ce que vous vous sentez en état ?

-Quoi ?! Bondit Clarke.

-Oui…Je pense… Répondit Lexa, ignorant la blonde.

- Je suis désolé mais il va falloir que vous nous suiviez. Je vous épargne les menottes si vous coopérez.

-Merci Capitaine Blake… Répondit-elle en toussant légèrement.

-Tu n'es pas sérieux Bellamy ?! Elle m'a défendu ! S'indigna Clarke en se mettant entre l'héritière et Monty qui s'était approché pour aider Lexa à se lever.

-C'est la procédure Clarke. Je suis certain que Madame le Maire comprend.

-Oui il n'y a pas de problème, répondit Lexa, nullement inquiétée par la situation.

Les policiers sortirent avec Cage Morello menotté ainsi que Lexa qui, elle, échappa aux menottes grâce à la politesse du Blake. Gaïa et Clarke restèrent figées quelques minutes lorsque les locaux furent vidés.

-Je vais appeler son avocat par précaution, indiqua Gaïa.

-Clarke, tu nous suis ? On t'emmène aussi, indiqua Finn, attendant la jeune femme pour fermer la marche.

Clarke remercia d'un mouvement de tête l'adjointe de son ex compagne avant de suivre Finn, ne souhaitant pas parler avec la métisse plus que nécessaire.


-Je veux la voir ! Elle est peut-être blessée ! Ordonna la médecin, furieuse face à Finn qui semblait ennuyé par la demande.

-Clarke, elle va n'est pas possible pour le moment que tu la vois… Il faut te montrer patiente ok ? On va prendre sa déposition bientôt.

-Très bien mais je t'assure que je ne bougerai pas d'ici tant que je ne l'aurai pas vue.

Le policier soupira avant de lui indiquer de s'installer à son bureau. La blonde le fit sans hésitation et attendit en silence. L'agent Harper en profita pour récupérer le micro qu'elle avait accepté de porter. Après cette brève entrevue, les heures se mirent à défiler à une lenteur interminable. Au point qu'elle dut demander à Octavia et Raven de récupérer Madi chez sa nourrice et de s'en occuper jusqu'à son retour. Cette longue attente l'obligea à repenser au mail de son père et ses choix futurs ce qui ne rendit pas l'attente plus simple.

Elle venait de faire un aller-retour jusqu'au distributeur de sandwichs quand Finn lui fit signe de venir.

-Tu peux aller la voir. Elle va pouvoir rentrer chez elle d'ici une dizaine de minutes, juste le temps de signer quelques papiers…

-Ce n'est pas trop tôt… Grommela la médecin qui regarda l'heure.

Il était 22 heures passées. Elle suivit le policier jusqu'à une salle et entra lorsqu'il lui ouvrit la porte. Lexa était assise sur une chaise et discutait avec Indra Salomon dont le visage se peignit de surprise à l'arrivée de la blonde.

-Le Dr Griffin aimerait s'assurer que vous n'êtes pas blessée… Indiqua le policier. Puis-je la faire entrer ?

La Donati fit un signe à son avocate et notaire ce qui fit sortir Indra de la pièce. Lorsque la porte fut fermée, Clarke s'avança d'un pas plus hésitant. Elle avait la désagréable impression de vivre l'une de ses plus grandes peurs : voir Lexa arrêtée et prête à être envoyée en maison d'arrêt. Heureusement ce n'était nullement le destin de la belle brune aujourd'hui.

-Que fais-tu ici ? Demanda la Donati, sincèrement surprise de voir la blonde ici.

-La même chose que tu as faite lorsque tu es venue me soutenir à l'hôpital…

-J'étais la personne à contacter en urgence sur ton dossier…

-À croire que tu m'as transmis ton aversion pour mon propre suivi médical…Se permit de plaisanter la médecin. Non plus sérieusement, j'ai complètement oublié de modifier ce contact d'urgence…

-C'était donc un oubli, constata l'héritière, déçue.

-Un oubli qui m'a quand même fait du bien car tu étais là quand j'en avais besoin… Avoua la médecin.

Le regard des deux femmes se croisa sans qu'aucune ne rajoute quelque chose. Lexa finit par détourner ses yeux pour souffler :

-À quoi tu jouais avec Cage ? Cet homme est dangereux.

-J'avais remarqué oui… je portais un micro… Je devais le faire avouer pour le viol de la directrice ou bien le faire passer à l'acte pour qu'il soit arrêté.

-Quoi ?! C'était de la pure folie Clarke ! Tu n'es pas policière, tu n'aurais jamais dû accepter !

-Parce que le frapper au visage était plus intelligent peut-être ?

Le reproche fit tiquer la brune qui se rembrunit.

-Désolée… S'excusa la médecin.

-C'est rien…

-Si ça peut te consoler, je t'ai trouvé à la fois stupide et courageuse...

-C'est déjà ça…

-J'ai eu peur pour toi… Il aurait pu t'écraser la gorge avec sa force…

-Et que t'aurait-il fait à toi si je n'étais pas intervenue ? Peu importe, je ne regrette pas, il méritait ce coup de poing si ce n'est plus… Pour ce qu'il t'a fait subir et à toutes les autres femmes qu'il a piégées.

-Merci… Souffla la blonde dont le cœur s'était accéléré soudainement.

- Tu as pensé à Madi s'il t'était arrivée quelque chose ?...

-Pas vraiment non… Avoua la blonde honteuse.

Après un silence, Clarke avoua :

-J'ose espérer que tu aurais pris soin d'elle…

Les sourcils de la brune se froncèrent d'incompréhension et elle s'apprêtait à questionner son ex-compagne mais la porte de la salle d'interrogatoire s'ouvrit sur Finn de nouveau.

-Vous pouvez y aller Madame le Maire.

Frustrée, l'héritière se leva néanmoins et récupéra sa veste de tailleur qu'elle avait enlevée et posée sur la chaise sur laquelle elle était assise. Elle sortit et suivit le policier, Clarke marchant sur leurs pas à tous deux.

Lorsqu'elles furent à l'extérieur, la nuit s'était installée. Le SUV devant ramener la brune s'avança le long du commissariat. Ilian était au volant de ce dernier et sortit du véhicule pour aller ouvrir la porte à sa supérieure.

-Une minute Ilian voulez-vous ?

Le garde du corps acquiesça avant de jeter par précaution un regard autour des deux jeunes femmes avant de remonter à la place conducteur.

-Je ne te propose pas de te ramener, souffla la blonde.

-Non ça ira… Clarke ?

-Oui ?...

-Que voulais-tu dire tout à l'heure sur le fait que je prenne soin de Madi s'il t'arrivait quelque chose ?...

La blonde baissa les yeux au sol, gardant le silence un instant avant de demander :

-Justement…J'aimerai qu'on discute de Madi… Est-ce que je peux passer demain matin ?

La Donati sembla surprise mais acquiesça.

-Quelle heure ?

-Celle qui te convient… Je viendrai avec la petite.

-Vraiment ? Demanda la brune qui ne put s'empêcher de sourire à l'idée de revoir sa nièce.

-Oui…

-Viens pour 9 heures… À demain alors, souffla la brune pleine d'espoir et qui ne put s'empêcher de poser un léger baiser sur la joue de la médecin qui se figea.

Clarke regarda son ex-compagne monter dans son SUV avant que ce dernier ne disparaisse.

-Je te raccompagne ? Demanda une voix non loin d'elle qui la fit sursauter.

-Finn ! Tu m'as fait peur bon sang !

-Désolé… Histoire de cœur compliquée ?

-On peut dire ça…

-Pourtant tu semblais l'aimer passionnément cette femme lorsque tu m'as quitté pour elle, dit-il sur un ton nonchalant.

-Je ne t'ai pas quitté pour elle Finn… Je t'ai quitté car tu me mentais au sujet de ton addiction aux jeux. À croire que je suis attirée par les partenaires qui me mentent…

-C'est juste que lorsque l'on t'a, on ne veut pas te perdre, sourit le policier.

-C'est très fin… mais pas du tout valable comme argument, se rembrunit la médecin.
-Dans tous les cas, si tu ne m'avais pas quitté je crois que je n'aurai jamais réussi à m'en sortir comme aujourd'hui… Ça m'a fait mal mais ça m'a fait murir. Aujourd'hui je ne touche plus à un seul jeu d'argent, j'interviens dans des groupes pour addicts anonymes, je gère en alternance le service anti-mafia avec Bellamy, j'ai une jolie et douce fiancée et je viens d'être papa…

-Oh ! Vraiment ? Mais c'est génial ! Sourit la blonde, sincèrement heureuse pour le policier et à la fois alertée à l'idée de n'avoir pas remarqué la grossesse de sa collègue infirmière.

Comme son père le lui avait fait remarquer dans son mail, elle avait vraiment des œillères durant la période du combat pour la garde Madi.

-Merci… Qui aurait cru ça, hein ? Et toi alors que s'est-il passé avec Lexa Donati ?

-On a fait des erreurs toutes les deux et on s'est perdues de vue…

-Aïe.

-Oui… Je vais peut-être repartir aux USA lorsque Cage sera sous les barreaux.

-C'est dommage pour la Sicile mais je comprends.

-Comment ça dommage ?

-Tu es une sacrée femme Clarke, tu as le pouvoir de faire changer les gens mais j'imagine que tu le sais déjà…

-Tu exagères…

Le jeune homme lui fit un petit sourire avant de l'inviter à le suivre jusqu'à son véhicule de fonction qui était bien plus confortable que la vieille voiture qu'ils se partageaient à l'époque. Les deux jeunes ne purent s'empêcher d'échanger un petit sourire complice malgré cette journée stressante.


-Le Dr Griffin est là, indiqua Ilian à la brune qui fumait une cigarette pour tenter de calmer ses nerfs.

L'héritière n'avait pas beaucoup dormi à l'idée de revoir Madi. Elle écrasa rapidement la cigarette loin d'être terminée avant de la jeter dans un cendrier qu'elle posa loin de la table de jardin où un copieux petit-déjeuner était installé.

Clarke marqua un arrêt lorsqu'elle vit la belle brune qui était habillée comme à son habitude d'un pantalon tailleur et d'une chemise. Ses yeux se fixèrent immédiatement sur sa gorge où des traces de doigts violacées étaient apparues.

-Bonjour Clarke… Souffla Lexa en s'approchant avec douceur.

-Bonjour… Regarde Madi qui est là ?... Murmura-t-elle en posant un baiser sur la joue potelée de la petite fille qui avait grandi.

La petite fille regarda de ses yeux verts-bleus la Donati. Du haut de ses six mois à présent, on pouvait nettement reconnaître le regard si particulier de la famille Donati dont elle avait hérité. Son visage était le portrait craché de sa mère Ontari mais elle avait tout de même hérité du nez et de la bouche de son père Aden. Elle était tout simplement une petite beauté devant laquelle Lexa ne put résister.

-Je peux la prendre ? Demanda précautionneusement la brune.

-Oui… Répondit Clarke en lui tendant la petite qui se mit à observer la femme qui la portait à présent.

Madi fronça légèrement le nez au départ ce qui fit rire l'héritière qui se mit à la bercer naturellement et qui chuchota :

-Olala tu es comme ta maman… Tu ne supportes pas l'odeur de la cigarette… Promis pour toi je vais arrêter…

Clarke se mordit la lèvre, touchée que la brune la qualifie par le mot « maman » pour définir son rôle auprès de Madi. Elle ne put s'empêcher d'être aussi charmée par la promesse de la brune au sujet de la cigarette.

-Tu as petit-déjeuné ? J'ai préféré prévoir, reprit Lexa en regardant la médecin.

-Je n'ai pas très faim mais… ce serait dommage de gaspiller, dit-elle en suivant son ex-compagne jusqu'à la table.

Elles s'assirent toutes les deux, Lexa gardant Madi entre ses bras. Clarke attrapa un croissant tout en se servant un café, grignotant sa viennoiserie silencieusement jusqu'à ce que Lexa dise sur un ton très doux :

-Ça me fait vraiment plaisir de la revoir… Merci.

-C'est normal… Je… Je n'aurai jamais dû te l'enlever… Je regrette.

-Non… Tu avais raison… Madi n'était pas en sécurité avec moi, j'ai fait trop d'erreurs en voulant…

-J'ai aussi fait des erreurs Lexa. J'aurai dû insister plus après la mort d'Aden… J'aurai dû être là et t'empêcher de te venger, affirma la blonde dont les yeux brillaient légèrement, les larmes prêtes à couler.

-Tu n'aurais rien pu faire Clarke… J'ai promis à Aden de le venger le jour de l'enterrement… Ça venait de mes tripes… Tu l'as dit l'autre soir, on m'a injecté cette mentalité mafieuse dans le crâne et les veines… Quoique je fasse je finirai par y revenir lorsqu'un coup dur se présentera…

Quelques larmes s'échappèrent silencieusement des yeux des deux femmes jusqu'à ce que la blonde ne demande, de la colère dans la voix :

-Donc tu abandonnes ? La promesse que tu m'as faite n'a plus d'importance ? Ta vie ne compte pas ? Tu m'as demandé si j'avais pensé à Madi hier mais et toi ? Est-ce que tu penses à elle ?

Lexa se mordit la lèvre de gêne, soufflant :

-Je pense à elle chaque jour… Tout comme je pense à toi…

-Est-ce que tu veux que Madi soit élevée comme tu as été élevée ?

-Non ! Jamais de la vie je ne souhaiterai que Madi ait une telle enfance… Personne ne mérite d'être élevée dans la violence.

-Pourtant c'est ce qui lui est promis de par le sang qui coule dans ses veines…

-Pas si tu l'emmènes loin d'ici… Suggéra Lexa bien que cette pensée lui faisait mal d'avance.

Le visage de la médecin se peignit de surprise à la réponse de la brune.

-Que veux-tu dire ?

-Raven m'a indiqué que tu hésitais à repartir aux États-Unis. C'est une bonne idée, Madi et toi y seriez en sécurité…

-J'y ai songé oui mais mon père m'a fait changer d'avis.

-Ton père ? S'étonna Lexa.

-Je lui ai dit toute la vérité.

La bouche de l'héritière s'ouvrit de surprise. La médecin reprit rapidement afin de ne pas être coupée dans ses explications :

-Je n'en pouvais plus de mentir. À part Raven et Lincoln, je n'avais personne pour parler de tout ce que l'on a traversé car je veux préserver Octavia et Matteo. Raven te raconte tout donc je ne lui dis pas tout et Lincoln est très gentil mais…

-Comment ton père a réagi ?

-Contrairement à ce que j'aurai cru de manière très calme et réfléchie. Il a su me pointer des choses que je me refusais de voir.

-C'est-à-dire ?

-Madi est l'héritière des Donati et te l'arracher ne fait pas de moi quelqu'un de meilleur. Tu étais sa tutrice et je t'ai fait du chantage en prenant l'argument que je la protégeais de toi et de ta famille. Malgré tout, son père est Aden Donati et sa mère Ontari Barzetti, rien ne changera cette réalité… J'aimerai qu'elle apprenne à les connaître dès qu'elle en aura les capacités.

-Tu veux lui dire que ses parents sont des mafieux et qu'ils sont morts ? S'inquiéta la brune en serrant inconsciemment contre elle la petite qui s'était endormie entre ses bras.

-Pour la partie Mafia je préférerai attendre qu'elle soit assez grande mais pour ce qui est de ne pas lui cacher la vérité sur qui sont ses parents je tiens à le faire oui. J'aimerai aussi qu'elle puisse grandir en te connaissant car tu es la sœur d'Aden et donc tu seras la seule à pouvoir lui dire comment était son père quand elle grandira…

Lexa garda le silence, touchée par la réflexion de la médecin. Elle finit par acquiescer, demandant :

-Cela veut dire que tu restes en Sicile ?

-J'y ai beaucoup réfléchi… Ici il y a du danger mais c'est là où je me sens entière si je puis dire…

-Ce n'est pas moi qui te jugerai… La Sicile a cet effet-là sur moi aussi… Sourit la brune dont le cœur s'était mis à battre à l'idée que la blonde restait.

-Maintenant il ne reste plus qu'à voir comment gérer la garde alternée… Amena précautionneusement la blonde.

Sans réfléchir, l'héritière vint poser sa main gauche sur celle la blonde qui frissonna au contact. Lexa lui offrit un de ces regards de braise suppliant qu'elle savait si bien lui faire pour la faire changer d'avis sur quelque chose.

-Est-ce réellement impensable pour toi d'imaginer de l'élever ensemble ?...

-Avec tous les reproches que l'on s'est fait l'autre soir ?

-Je t'aime Clarke. Si Madi doit rester d'accord mais pas sans toi… Peu importe ce que tu m'as dit l'autre soir… Je veux avancer avec toi et Madi… Tu ne crois pas qu'elle voudrait ça elle aussi plutôt qu'une vie avec deux mères séparées ?

-C'est du chantage affectif ce que tu fais là Lexa… Répondit la médecin. Je serai ici c'est juste que…

-J'ai besoin de toi… S'il te plaît… Je suis sûre que je peux être cette femme qui t'a fait tomber amoureuse… La Dona est morte depuis que les responsables de la mort de mon frère ont passé les portes de leur maison d'arrêt respective. Je te le jure. Tout ça, c'est derrière moi à présent…. J'aurai aimé ne pas céder mais ce qui est fait est fait… Je pense que l'on s'est assez fait de mal maintenant… Si tu le veux bien, donnons-nous une autre chance… Et je te jure que si tu ne te sens pas en confiance ou que tu n'es pas heureuse, c'est moi qui partirai. Il n'y aura plus d'hésitation, je m'y engage.

Clarke resta silencieuse à la proposition, soufflant la voix tremblante finalement :

-Tu es une piètre négociatrice Lexa Donati… Partir où ? Tu es maire je te signale…Tu ne peux pas claquer la porte de la mairie parce que tu me quittes. Tu t'es engagée auprès des syracusains…

Un sourire se dessina sur le visage de l'héritière qui se leva, Madi toujours entre ses bras qui se réveilla à cause du mouvement. Elle tendit sa main à la blonde qui la saisit, se levant le cœur battant. Avec une infinie douceur, la sicilienne enlaça la blonde qui ne refusa pas l'étreinte malgré son stress naissant. Il n'y avait que Lexa pour la mettre dans un état pareil. Sous un baiser dans son cou, tout son corps s'enflamma et elle sentit rapidement le front de son ex-compagne venir se poser contre le sien.

-C'est auprès de toi que je veux m'engager… Souffla l'héritière en frottant son nez contre celui de la médecin qui déglutit avec difficulté.

Clarke ferma les yeux, se laissant bercer par la douceur de la peau de la belle brune.

-Il y a des choses qui prendront du temps à être pardonnées… Lui confia t-elle.

-Je sais. Je serai patiente et je ferai tout pour que tu arrives à me refaire complètement confiance…

-Pourquoi tu t'accroches autant à moi ?... Tu es belle, riche, intelligente, tu pourrais avoir n'importe qui… Moi je te reproche sans cesse des choses, je te fais du mal…

-Tu me rends meilleure… Confia la brune. Et c'est toi que j'aime, pas une autre. Et toi, est-ce que tu m'aimes encore ne serait-ce qu'un peu ?...

-Tu connais la réponse à cette question… Répondit la blonde en effleurant les lèvres de la sicilienne, encore effrayée à l'idée de céder.

-Vraiment ? Sourit Lexa dont le cœur battait la chamade.

-Oui… Je suis désolée pour les bagues…Je regrette… Avoua la médecin en se serrant un peu plus contre la brune.

-Ce ne sont que des anneaux… Moi je préfère entendre ton cœur bondir comme il le fait actuellement, souffla Lexa.

Dans un petit sanglot étouffé ponctué de courage, Clarke enlaça la nuque de l'héritière pour plaquer ses lèvres contre les siennes. Lexa répondit au baiser sans une hésitation jusqu'à ce qu'un petit geignement courroucé ne les sorte de leur petite bulle privée.

-Oh pardon ma chérie, maman s'emballe, je ne t'ai pas fait mal au moins ?… Rit Clarke en récupérant Madi des bras de la Donati qui sourit aussi.

Les deux jeunes femmes restèrent silencieuses, profitant de ce moment à la fois effrayant et grisant.

-Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Demanda Clarke, incertaine.

Pour toute réponse, la sicilienne se contenta de sourire avant de poser un baiser sur le front de la médecin qui vint se blottir contre elle en réponse.


Épilogue


Le soleil descendait lentement, donnant l'illusion de disparaître dans l'océan Atlantique. Le coucher de soleil était magnifique tandis que sur la plage de sable blanc courraient des enfants enjoués et s'affairaient des adultes à diverses occupations. L'océan était calme, créant une douce mélodie au gré des vagues venant lécher timidement le sable mouillé.

-Clarke ?

-Oui !

-Tu es prête ?

-Je ne sais pas… Et si c'était une erreur ? Dit la médecin, visiblement stressée.

Elle ouvrit la porte de la chambre dans laquelle elle se trouvait pour faire face à son père qui la regarda, le sourire aux lèvres.

-C'est normal d'avoir peur… Vous avez vécu beaucoup de choses difficiles ces derniers mois mais c'est derrière vous à présent. Tu as dit oui, tu ne peux plus reculer…

-Oui...

-Et au pire des cas, le divorce a été inventé pour...

-Ne parle pas de malheur ! S'indigna-t-elle.

-Dans ce cas dépêche-toi. Elle est déjà là-bas tu sais ?

-Mince… Quelle heure il est ?

-Bientôt 18h, tu as déjà dix minutes de retard...

-Mon dieu…

-On y va ?

La médecin hocha la tête le cœur battant et passa son bras sous celui de son père. Elle avait encore du mal à réaliser ce qu'elle était sur le point de faire. Quelques jours après s'être donné une nouvelle chance avec Lexa, elles avaient appris que Cage Morello avait été officiellement démis de ses fonctions de directeur de l'hôpital et allait rester à la maison d'arrêt de Palerme. La police avait trouvé dans les disques durs perquisitionnés des vidéos de ses nombreux viols qu'il avait filmés et stockés pour faire du chantage à ses victimes. Il avait été clairement été identifié dans ces dernières et beaucoup de dossiers classés sans suite avaient pu être rouverts afin de donner justice aux victimes encore en vie. Cette conclusion avait permis de redonner confiance à la belle blonde sur le fait qu'une justice existait bel et bien. La honte s'était abattue sur la famille Morello et peu de temps après l'arrestation de son fils unique, Dante Morello avait mis fin à ses jours, condamnant son fils à rester seul face à sa propre honte.

La main de Jake se posa sur celle de sa fille qui fut sortie de ses pensées.

-Il faut vraiment y aller si vous voulez profiter du coucher de soleil, souffla t-il.

Clarke prit une inspiration et lui fit signe qu'elle était prête à le suivre. Jake Griffin la mena en dehors de la villa raffinée qu'ils occupaient pour l'occasion. Le sable doux et encore chaud vint caresser les pieds nus de la blonde qui frissonna de plaisir. Ses yeux se mirent à chercher rapidement celle qui l'attendait malgré ses défauts et sa peur bleue du mariage. Lexa attendait près du prêtre qui allait les marier sur cette île brésilienne. Le visage de la Donati s'illumina à sa vue ce qui ne manqua pas de faire encore accélérer son rythme cardiaque et embraser ses joues.

-Tiens-la bien sinon elle risque de s'enfuir, plaisanta Jake en déposant sa fille près de la brune.

-Papa… ! Grommela la blonde, honteuse.

Les deux jeunes femmes étaient habillées simplement, portant toutes deux une robe fine en lin blanche. Elles s'étaient mises d'accord pour se marier simplement sans de fête en grande pompes. Durant leur fuite autour du monde, Iilha Grande, une île brésilienne s'était révélée être un coup de cœur réciproque, aussi, y retourner pour y célébrer leurs vœux de mariage s'était révélé être la meilleure des destinations.

Clarke se sentit fondre sous le regard doux et aimant que lui offrit la Donati. À travers ce dernier, elle pouvait lire la détermination de la sicilienne qui semblait prête à tout pour lui redonner confiance. Le prêtre prit la parole et elles se tournèrent vers lui pour l'écouter. Autour d'elles se trouvaient Abby qui portait la petite Madi dans ses bras, Jake qui la rejoignit et Raven et Octavia avec Matteo qui jouait dans le sable avec d'autres enfants. La cérémonie se faisait en très petit comité d'un commun accord.

-Avez-vous des vœux à échanger avant l'échange des alliances ? Demanda le prêtre après avoir terminé sa litanie religieuse.

La blonde secoua la tête négativement mais Lexa répondit :

-J'en ai oui.

La médecin se tourna vers son amante, surprise, chuchotant :

-Tu as dit que tu n'en écrirais pas… !

L'héritière leva les mains comme pour attester qu'elle n'avait rien écrit, elle attendit l'assentiment du prêtre pour commencer ses vœux.

-Quelle romantique celle-là…Se moqua Raven.

-Tu devrais prendre des leçons privées, rétorqua Octavia.

-Ça veut dire quoi ça ? S'indigna la latina.

Lexa se tourna vers la blonde :

-Clarke, si je suis obscurité, tu es lumière. Si je suis douleur, tu es remède. Si je suis faiblesse, tu es force. Si je suis haine, tu es amour… Merci d'être là aujourd'hui mon amour. Je souhaite simplement te dire que je t'aime aujourd'hui et ce jusqu'à ce que la mort nous sépare..

La médecin se mordit la lèvre, les joues rouges de gêne face à ces compliments cachés à travers des métaphores. Le prêtre la regarda un instant avant de sourire et de demander :

-Lexa Donati-Woods, voulez-vous prendre pour épouse Clarke Griffin ici présente ?

-Oui je le veux, répondit la brune, sûre d'elle.

-Clarke Griffin, voulez-vous prendre pour épouse Lexa Donati-Woods ici présente ?

Clarke prit une inspiration qui parut interminable pour tous. Le cœur battant elle finit par souffler :

-Oui je le veux.

La réponse de la Griffin fit souffler de soulagement ses parents et ses amies.

-Matteo ! Appela Octavia.

Le petit garçon barbouillé de sable, se leva pour récupérer le petit coussin sur lequel reposait les alliances. Raven s'attendant à une catastrophe attrapa le petit Salomon et le porta jusqu'à ses deux amies. Lexa et Clarke récupérèrent l'anneau destiné à l'une et l'autre et les échangèrent, tout sourire.

-Vous pouvez embrasser la mariée, sourit le prêtre.

Lexa et Clarke s'approchèrent l'une de l'autre pour échanger un baiser amoureux qui déclencha des applaudissements de la part de leurs témoins. Elles se reculèrent ensuite sans pour autant se lâcher du regard.


Un frisson réveilla la blonde qui dormait nue entre les draps fins du lit. Elle ouvrit les yeux difficilement avant de se rendre compte qu'elle était seule. Elle se redressa, appelant :

-Lex ?

Son regard se dirigea vers la baie vitrée de leur chambre qui était ouverte sur la plage. Elle se leva et enfila rapidement la robe en lin qui lui avait servi de robe de mariée puis sortit, suivant le chemin de bougie qui avait été installée tout le long de la terrasse en bois qui donnait ensuite sur le sable fin. Certaines flammes résistaient à la brise qui s'était levée et qui secouait les feuilles des palmiers alentour. Elle chercha du regard sa compagne qu'elle trouva rapidement : Lexa était assise dans le sable près d'une radio.

Elle s'approcha avec douceur, glissant une main douce sur l'épaule de l'héritière qui se retourna, surprise comme prise en faute.

-Qu'est-ce que tu fais ?...

-…J'ai fait un cauchemar donc je suis venue ici pour prendre l'air, dit-elle, ne cherchant pas à mentir.

-Pourquoi tu ne m'as pas réveillé ? Tu aurais dû… Dit la médecin en s'asseyant près de sa compagne.

-Je n'en ai pas eu le courage, tu dormais trop profondément, lui confia la brune en allant déposer un baiser sur l'épaule de la blonde.

-Tu écoutes quoi ?

-Rien de spécial, un habitant a dû l'oublier-là. J'ai voulu mettre une station sicilienne mais ça ne fonctionne pas. Le réseau ne doit pas être assez bon ici.

-La Sicile te manque déjà hm ? Sourit la médecin, taquine.

-Non pas le moins du monde, mentit Lexa.

-Hé ! On a dit plus de mensonges !

-Celui-là était tellement gros que j'étais sûre que tu réagirais, lui dit la brune, amusée.

-Tss ! Gros ou petits, je n'en veux plus chez nous, même pour rire, ok ?

-C'est très clair, affirma la sicilienne en descendant son regard sur le décolleté de la blonde.

-Qu'est-ce que tu regardes dis-donc ?...

-Je trouve que pour une nuit de noces vous êtes bien trop habillée Dr Griffin… Répondit la brune sur un ton provocateur.

-C'est que je n'ai personne pour réchauffer le lit figure-toi…

-Ah oui ? On va corriger ça alors…

L'héritière se leva et entraîna la blonde dans un baiser sulfureux qui laissa cette dernière pantelante. Clarke rit, soufflant :

-C'est moi où tu prends goûts à mener la danse ?...

-Je dois bien avouer que je commence à adorer ça…

-Alors fais-moi danser belle brune… Murmura la médecin avant de courir vers leur terrasse.

Lexa se mordit la lèvre de plaisir et se mit en marche pour rattraper celle qu'elle pouvait à présent appeler sa femme. Elle se stoppa néanmoins lorsqu'elle entendit plusieurs grésillements et quelques voix siciliennes qui semblaient débattre sur des informations du jour. Elle fronça les sourcils, n'arrivant pas à comprendre ce qui était réellement dit. Elle décida finalement d'ignorer le poste radio et de rejoindre Clarke qui avait déjà retiré sa robe et qui l'accueillit à bras ouverts pour la nuit.

-Je t'aime, murmura la Donati à travers un baiser.

-Je t'aime aussi, répondit la médecin en se serrant contre sa femme.

Un peu plus loin, un léger son grésillant reprit jusqu'à ce que les voix siciliennes reprennent :

« Shrrrh…Prison…shhrt Palerme…Incarcération… Courte durée shrrrth… Morel…Cage…retrouvé mort…shhrrt…Pendu et mutilé shrrtt dans sa cellule protégée…shhhrttt. Un message sur…shhrt corps gravé…chair…shhhrt :Viva la Dona…Quel est…shhhrt nature…shhrrt message ? Pas femme…Mafia…Shhrt…Police…shhrt en alerte…shrrt…. » Murmura finalement le poste radio bien qu'il n'ait plus d'auditeurs.

Fin de la Partie 2


Oh yeah partie 2 bouclée ! Alors surprise surprise ?! Faites exploser les reviews pour me dire à quel point vous êtes content(es) de revoir le clexa ensemble ! Finalement merci Papa Jake et merci Madi ! Je sens qu'il y en a qui vont être contentes que Lexa ait fait fermer sa bouche à Gaïa xD Aaah et le bon gros coup de poing dans la face de Cage j'en rêvais haha ! Allez je n'en dis pas plus et je vous dis à la prochaine pour le prochain chapitre qui marquera un saut dans le temps de 9 ans ! :O J'ai hâte de découvrir vos réactions à chaud ! Bon par contre je précise à l'avance ce chapitre devait sortir mi-juillet, je vous le sors avec de l'avance pour ne pas vous faire languir plus ;) MAIS ! Le 46 sortira courant août pas avant car je n'ai rien de prêt pour le moment et j'ai des tonnes de recherches à faire pour peaufiner le scénario de la partie 3 x.X

Bonnes vacances et prenez soin de vous ! Byyyyeee !