Hello tout le monde ! Me voici avec le chapitre 52 :) Je tenais à vous remercier pour vos retours et votre compréhension concernant le rythme de publication. La grande majorité d'entre vous m'a demandé de poster dès que le chapitre est prêt plutôt que de faire une pause indéterminée donc on va continuer comme avant ! Je vous souhaite une bonne lecture ! Merci à Mag et Esys pour la relecture ;)
Elooo : Et voilà le 52 à présent ! Ça passe plus vite qu'on ne le croit mdr ! J'aime bien jouer de la jalousie de Clarke je dois l'avouer ;)
Lala : Haha j'avoue je suis un peu sadique avec les petites scènes coquines ;P C'est pour mieux faire durer le plaisir ! Gaïa dans des affaires louches ? C'est possible... Va t-elle entraîner Lexa ? Hm... Tout est possible :D
Angelye : Eh oui Lexa n'a pas traîné mais en même temps Madi est intelligente, le choc passé elle aurait posé des questions et sachant qu'elle serait absente, Lexa ne pouvait pas se permettre cet écart :) Il y a un peu d'Octaven dans ce chapitre, je dois avouer avoir eu du mal à les caser depuis quelques chapitres ^^ Merci pour ton compliment, qui sait si un jour cette fiction sera publiée... Ça pourrait être cool :)
Morgane : Yes Madi et Edda vont être proches à l'avenir :) Haha oui Clarke est terrible quand elle est jalouse, merci Gaïa ;P A bientôt :)
Chapitre 52 : Sous surveillance
Un "zip" de fermeture échappa du sac de voyage que Raven venait de remplir d'affaires pour cette nouvelle semaine à Rome. Elle sortit de la chambre avec le gros sac, le portant jusqu'à l'entrée, passant devant la chambre de son beau-fils Matteo. La porte vibrait à cause de la musique qu'écoutait l'adolescent. Elle soupira, se retenant d'entrer pour lui demander de baisser, se doutant que sa remarque risquait de créer une énième dispute avec sa compagne avant son départ.
La mécanicienne chercha du regard Octavia qui lisait un livre sur le canapé du salon. Elle déposa son sac avant de se diriger vers elle, déposant un baiser sur ses cheveux bruns, faisant sursauter la Blake.
-Oh tu m'as fait peur ! S'écria-t-elle tout en enlevant sa paire de boules quies.
-Désolée... Pourquoi tu portes ça ?...
-J'arrive pas à lire avec sa musique de sauvage...
-Et pourquoi tu lui demandes pas de baisser ?
-Je lui ai déjà demandé, il dit l'avoir fait.
-O'... Commença la mécanicienne.
-Qu'est-ce tu veux que je fasse Rav ? Se plaignit la brune. Il ne m'écoute pas... Je suis fatiguée de le reprendre tout le temps, de devoir vous séparer quand vous vous prenez la tête tous les deux... Je veux juste retrouver le petit garçon qui nous aimait toutes les deux...
-Je sais bien... mais Matteo a changé dès le moment où je suis passée du statut de tía à belle-mère...
-Oui...
Raven fit une moue, voyant bien que sa compagne était triste de la situation. Elle s'installa à ses côtés, pour l'enlacer.
-Tu sais je le comprends... Je lui ai en quelque sorte volé sa maman. Au lieu de lui donner tout ton amour tu partages entre lui et moi.
-C'est ridicule... On en a déjà discuté...
-Ça se passe comment quand je suis absente ?
-Il n'est pas spécialement différent... Il ne parle pas beaucoup, tu sais bien qu'il est secret... On ne se dispute pas déjà... Sauf au sujet de ses notes mais bon...
-Pourquoi tu n'essayerais pas de lui proposer un truc entre lui et toi ?
-Comme quoi ?
- Ça pourrait être un cinéma, un match de foot...
-J'ai un peu peur de sortir avec ce qui est arrivé à Madi...
-Oh... Hm... Je comprends oui... Je pourrais demander à Lexa un garde du corps pour vous deux ?
-Non... Ça va passer... C'est le temps que cette histoire se tasse... Je me fais des idées, je ne suis qu'une simple secrétaire médicale... Matteo n'est qu'un ado qui fait sa crise... Je ne vois pas pourquoi la Mafia s'en prendrait à nous.
-Tu es bien plus que ça mi corazón, moi je te kidnapperai jour et nuit, sourit la mécanicienne en caressant la joue de sa compagne qui pouffa doucement.
-Tu es insupportable !
-Por qué ? Je croyais que tu voulais du romantisme ! Plaisanta Raven.
-Pas quand tu t'apprêtes à partir une semaine...
La latina sourit doucement, contente de voir que son absence impactait sa compagne malgré tout. Elle glissa une main sur la joue d'Octavia, l'invitant à se rapprocher pour l'embrasser amoureusement.
-Lincoln le récupère mercredi non ?
-Oui pourquoi ?
-Tu pourrais poser quelques jours de repos et me rejoindre à Rome ? Entre les déplacements de Lexa, j'ai pas mal d'heures creuses... On pourrait en profiter toutes les deux ?
-C'est une bonne idée... Je vais voir ce qui est possible à l'hôpital, sourit la brune.
-Vraiment ? Répondit la mécanicienne, s'attendant à un refus.
- Ça me dit bien de visiter la capitale avec toi...
Les deux femmes s'embrassèrent, heureuses de passer prochainement quelques jours ensemble. La porte de la chambre de Matteo s'ouvrit à la volée, laissant échapper la musique de rap à grand fracas ce qui ne manqua pas de faire sursauter le couple. Il les rejoignit, détournant la tête, signifiant que leur baiser n'était pas à son goût.
-C'est quand qu'on mange ? J'ai la dalle M'man !
-Je vais faire des pâtes... Je n'avais pas vu l'heure...
-Pourquoi tu ne prendrais pas le scooter pour aller acheter des pizzas ? Proposa Raven.
-Vraiment ? Trop bien !
-Non Raven ! Il n'a que treize ans ! Le scooter c'est minimum quatorze ans !
-Il fait seize ans tellement il est grand, regarde, les poils se bousculent déjà sur ses joues, se moqua la mécanicienne.
-Peut-être mais il n'a que treize ans et sa carte d'identité aussi. Il n'a pas encore son BSR officiel même si je sais que tu lui as appris à conduire.
-Bon bon... Oublie alors...
L'adolescent souffla d'agacement, contrarié. L'alarme du téléphone de la mécanicienne se mit à sonner, alerte qui voulait dire qu'elle allait être en retard si elle ne partait pas rapidement. Elle se leva du canapé, embrassant sa compagne une dernière fois avant de frôler son beau-fils pour qui elle se garda bien le moindre geste affectif, connaissant d'avance sa réaction.
-Bonne semaine Matteo. Prends soin de ta mère pour moi ok ?
-Ouais ouais...
Elle offrit un petit clin d'œil charmeur à Octavia avant de récupérer son sac de voyage et de quitter la maison, montant dans le SUV Porsche qu'elle conduisait pour Lexa.
"Demain marquera le retour de la sénatrice Lexa Griffin. Pour rappel, sa fille adoptive Madi Griffin a été kidnappée alors qu'elle était en sortie avec son collège dans un musée la semaine dernière à Syracuse en Sicile. Parallèlement à cet enlèvement, la sénatrice Griffin s'attaquait à un chantier des plus houleux avec une proposition de lois anti-mafia afin de resserrer le filet sur les actions de cette organisation criminelle qui a vu le jour en Sicile au milieu du dix-neuvième siècle et qui gangrène notre pays depuis. Le peuple italien a été très touché par la situation et s'est mobilisé pour protester dans les rues dès la première diffusion de l'alerte enlèvement mais a été saisi d'incompréhension ensuite car moins de vingt-quatre heures après la disparition de l'enfant, celle-ci a été ramenée à ses mères adoptives. Les enlèvements d'enfants ou de membres de la famille pour faire pression sur un parent sont moins fréquents qu'à une certaine période mais l'issue de ces enlèvements tournent rapidement à l'horreur, or l'enfant est revenue saine et sauve. Lexa Griffin anciennement Lexa Donati a toujours été connue pour le lien étroit la liant au cercle mafieux du fait de l'activité qu'exerçait son grand-père Titus Donati, mort avant son arrestation ou son demi-frère Aden Donati condamné pour son affiliation à cette organisation illégale. Reconnu par la justice comme responsable de nombreux meurtres, Aden Donati s'est fait assassiner au sein de la maison d'arrêt durant une rixe entre détenus. Aujourd'hui, on peut se poser la question suivante : le peuple italien a-t-il fait entrer le loup dans la bergerie en élisant la sénatrice Griffin ? Un changement de nom peut-il véritablement effacer la véritable identité d'une personne ? La sénatrice a-t-elle elle-même orchestré cet enlèvement pour faire pression sur l'opposition et faire passer ces lois anti-mafia ? Que penser de cette femme qui a été mise sous les projecteurs de trop nombreuses fois et qui s'est absentée du pays à plusieurs reprises ? " Débita la radio à toute vitesse.
-Tu veux que je coupe ? Demanda Raven qui était arrêtée à un feu rouge.
-Non laisse... Répondit la brune qui observait les rues calmes de Rome depuis sa vitre teintée.
Elle seule pouvait voir à l'extérieur, les rares passants ne se doutant pas que la femme dont tout le monde parlait était dans ce SUV arrêté. Le pays était en effervescence et en boucle au sujet de l'affaire de l'enlèvement. Sous conseil de ses collaborateurs, elle s'était simplement autorisée à écrire un message sur ses comptes officiels pour remercier le soutien et l'amour qu'elle avait reçu durant l'angoissante attente mais aussi pour informer que Madi allait bien ainsi que sa camarade. Elle avait précisé qu'elle en dirait plus à sa reprise et que la police recherchait encore les coupables.
Leur avion avait atterri moins d'une heure auparavant, leur permettant de récupérer le SUV qui restait dans un box privé de l'aéroport romain. Elles se dirigeaient vers l'appartement de la brune de nuit. Lexa avait préféré partir la veille de sa reprise afin de ne pas être attendue par les journalistes à la descente de son vol et elle avait bien fait car personne n'avait anticipé sa venue de nuit. Raven, elle et ses gardes du corps avaient foulé la terre de Rome sans être ralentis. Lorsqu'elles arrivèrent face au bâtiment abritant l'appartement de la brune, elles furent surprises d'y trouver deux immenses camions de pompiers dont les gyrophares bleus clignotaient de manière agressive.
-Que se passe t-il ?... Demanda la brune.
L'un de ses gardes du corps descendit du second véhicule, allant demander des explications. Il revint quelques minutes plus tard, indiquant à travers le peu de vitre ouverte par la brune :
-Madame, il y a suspicion d'une fuite de gaz dans tout l'immeuble. Ils sont en train de faire évacuer les occupants et le voisinage...
-Merde... Il ne manquait plus que ça...Grommela la brune. Bon, nous allons aller à l'hôtel. Remontez en voiture et suivez Raven.
-Bien Madame.
Lexa se mit en quête d'un hôtel confortable pour elle, Raven et ses hommes pour la nuit. Cette affaire de fuite de gaz ne l'arrangeait pas mais elle ferait avec. Elle ne put s'empêcher de se demander si la fuite était d'origine accidentelle du fait de la vétusté de l'immeuble ou bien si elle était criminelle. La Mafia aurait-elle été mise au courant de son retour dans la nuit ? Maintenant que Madi était en sécurité, elle pouvait très bien être la prochaine cible, même si la tuer risquait de faire flamber le peuple romain.
-A quoi tu penses ? Demanda Raven, voyant son amie songeuse.
-Rien de bien important... Répondit-elle, ne souhaitant pas inquiéter son amie plus que nécessaire. Bon sang, tous les hôtels sont complets pour la nuit... Du moins ils n'ont pas trois chambres... Ah j'en ai un !
-En avant alors !
La brune énonça l'adresse à l'oral, la mécanicienne n'eut pas besoin d'activer le GPS, connaissant le quartier où se situait l'hôtel.
Lexa, Raven et les deux gardes du corps avaient garé eux-mêmes les voitures dans le parking sous-terrain de l'hôtel. Par précaution depuis son élection au Sénat, Lexa avait demandé à ce que les voitures ne soient conduites que par ses employés de confiance afin d'éviter de finir dans une voiture piégée comme l'avait été son amie Becca Giordano.
Il devait être aux alentours de deux heures du matin lorsqu'ils arrivèrent dans les couloirs menant à leurs chambres respectives. Les gardes du corps vérifièrent l'intérieur de ces dernières avant d'installer les bagages respectifs des deux brunes.
-Tu vas te coucher ? Demanda la latina à son amie.
-C'était l'idée oui... Pourquoi ?
-Je serai bien allée boire et manger un morceau au bar. J'ai vu qu'il était ouvert 24h sur 24h...
-Pourquoi pas oui... Le sommeil ne viendra pas tout de suite de toute façon.
-Ah ça c'est ma Bella !
-Raven, sois raisonnable sur la boisson ok ? Demain je suis censée déclarer à Rome comment j'ai fait pour récupérer Madi je te rappelle...
-Promis !
-Voulez-vous que l'on vienne Madame ? Demanda un des gardes du corps.
-Oui, vous en profiterez pour manger aussi.
-Très bien Madame.
Les éclats de rire de Raven ne cessaient de troubler le silence de l'hôtel de luxe. La salle de restaurant était fermée mais il était possible de se faire servir un repas au bar ou des amuse-gueules accompagnés de boissons. Les gardes du corps mangeaient un peu plus loin pour laisser leur intimité aux deux femmes tout en les gardant sous surveillance.
-Raven... Baisse d'un ton...! Protesta Lexa non sans un demi-rire.
-Haha ! Non mais j'en peux plus ! C'est Dallas ton couple ! T'as vraiment dit ça à ton psy de couple ?
-C'est sorti tout seul... J'étais énervée que Clarke doute de mes sentiments et désir pour elle... Et lui qui se faisait compatissant tss...
-Les psy franchement... Et donc le rendez-vous avec Gaïa ça a donné quoi ? Clarke avait raison ? Elle t'a fait du charme ?
Lexa porta un tapas à ses lèvres, prenant le temps de le déguster avant d'avouer :
-Tu ne diras rien à Clarke ?
-Evidemment !
-Je dois avouer qu'elle avait mis une jupe très courte et ouvert quelques boutons de son chemisier... C'est humainement impossible de ne pas le remarquer.
-Ah la salope !
-Raven... La gronda légèrement la brune.
-Quoi ! Elle t'allume à mort alors que tu es mariée et heureuse dans ton couple ! Sa mère doit être super en colère ! Indra est pas du genre à accepter ce genre de comportement...
-Je pense que Gaïa cache quelques souffrances... Lorsque Clarke m'a quittée, elle a trouvé une occasion de m'approcher... Au-delà de l'attirance physique, elle est attirée par la noirceur avant tout.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Elle a tenté à plusieurs reprises de me pousser vers mon passé, le pouvoir que j'avais quand j'étais Dona... Indra a fait l'erreur de tenter de la préserver mais au final c'est pire. Gaïa se jette sur la moindre occasion pour toucher cette noirceur. C'est dommage car elle est une femme brillante...
-Je vois... En fait tu as de l'empathie pour elle je me trompe ? C'est pour ça que tu ne crains pas sa présence malgré la peur et la jalousie de Clarke à son égard.
- Tu as tout compris, sourit la brune. Je vois Aden à travers elle par moment, avoua-t-elle tout bas.
Malgré l'alcool présent dans son sang, le regard de Raven se fit compatissant. Elle posa sa main sur celle de son amie qui lui accorda un petit sourire rassurant bien que triste.
-Bon, on devrait aller dormir je pense.
- Ça va aller ?
-Oui pourquoi cette question ?
-Tu sais pourquoi, sourit la mécanicienne qui connaissait par cœur la brune.
Lexa parlait peu d'Aden sans doute pour se protéger mais cela ne changeait pas le poids que provoquait l'absence du dernier membre de la famille Donati en elle. Bien qu'elle ait évincé ses meurtriers, elle se sentait toujours aussi fautive de la façon dont son jeune demi-frère avait tourné. La brune resta un instant silencieuse avant de finalement se lever et de souffler :
-Bonne nuit Raven.
-Bonne nuit Bella.
Les gardes du corps se levèrent immédiatement pour encadrer leur supérieure. Lexa les congédia lorsqu'elle fut sur le pas de sa porte. Elle ouvrit sa chambre avec sa carte ce qui alluma la lumière automatiquement. Lumière qui dévoila une femme assise dans l'un des divans du petit salon de la chambre, ce qui fit sursauter la brune en arrière et qui se retint de justesse de crier de peur. Elle devrait remercier ses anciens réflexes de mafieuse pour cette fois. Ses gardes du corps qui n'étaient qu'à quelques mètres réagir aussitôt :
-Madame ?!
-Il y a une femme dans ma chambre ! Indiqua-t-elle, le cœur encore battant.
Tels des chiens enragés, l'un des gardes du corps passa devant la brune pour faire bouclier tandis que le second détachait la petite attache retenant son arme dans son étui. Il mit sa main sur celle-ci avant de se plaquer sur le côté en utilisant la porte pour se protéger.
-Inutile de faire tout ce cinéma Messieurs, je ne veux pas de mal à Madame la Sénatrice.
-Qui êtes-vous et que faites-vous dans une chambre qui ne vous appartient pas ?! Aboya le garde du corps près à fondre sur la femme, la pointant de son arme.
-Détective Diyoza Charmaine, se présenta l'inconnue tout en jetant son badge aux pieds du garde du corps.
Le mot "détective" fit battre le cœur de la brune encore plus vite. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Elle avait eu la promesse de plusieurs hauts placés dans la Police qu'elle serait tranquille jusqu'à sa déclaration officielle.
-Levez-vous ! Ordonna agressivement le garde du corps la tenant en joue.
-Je ne suis pas armée, indiqua-t-elle calmement.
Lentement, elle se leva de son fauteuil et monta ses bras au niveau de sa tête afin de prouver sa bonne foi. Elle fit un tour sur elle-même lorsque le garde lui demanda. Diyoza Charmaine était une femme au physique banal, la peau pâle ce qui démontrait qu'elle passait sans doute plus de temps dans son bureau que sur le terrain. Ses cheveux étaient châtain parsemés de mèches blondes semblant fatiguées tout comme ses yeux qui étaient cernés. Pour autant ses iris bleus clairs démontraient la présence d'une énergie bien particulière. Elle était habillée d'une chemise blanche au-dessus de laquelle un holster d'épaule droit était attaché mais ce dernier était vide. Un jean noir et des boots de sécurité terminaient son habillement.
Après sa première inspection, le garde du corps avança pour faire une fouille au corps de la femme. Celle-ci se laissa faire, fronçant les sourcils malgré tout :
-Était-ce réellement nécessaire ? Interrogea-t-elle tout en récupérant son badge que lui tendit ensuite le garde du corps.
-Oui, répondit froidement Lexa qui avait eu le temps de se reprendre, s'avançant dans la chambre pour observer la scène. Il n'y a rien de rassurant à l'idée de trouver une parfaite inconnue assise dans une chambre d'hôtel que j'ai loué pour la nuit.
-Je vous accorde ce point mais il me semble que vous accordez une certaine importance aux premières rencontres. Je voulais faire forte impression, c'est réussi au vu du bond que vous avez fait en ouvrant la porte, sourit la policière.
Lexa fronça les sourcils : que voulait dire cette femme concernant les premières rencontres ? Elle décida de passer sur cette question, demandant :
-Que faites-vous ici et que me voulez-vous ?
-J'aimerai que nous discutions calmement.
-A quel sujet ? Si cela concerne l'enlèvement de ma fille...
-Entre autres oui.
-Tout sera expliqué demain matin devant la presse et ce avant ma reprise de poste au Sénat. Vous êtes donc priée de sortir de ma chambre et de faire la queue comme tout le monde, trancha durement la brune.
Diyoza pencha légèrement la tête, souriant silencieusement. Un sourire que Lexa considéra comme annonciateur de danger.
-Dois-je comprendre que vous avez trouvé une explication qui tient la route ?
Le regard de l'ancienne mafieuse se troubla un court instant ce que ne manqua pas son interlocutrice.
"Tu n'as rien n'est-ce pas Lexa ?" Pensa tout sourire Diyoza, se gardant bien de dire quoique ce soit à voix haute.
-Et si nous discutions Sénatrice Griffin ? Je suis ici en amie.
Lexa déglutit, réfléchissant à toute vitesse sur ce qu'elle devait faire ou non.
-Madame ? Voulez-vous que nous fassions sortir...
-Non. Allez dormir, je vais discuter avec la Détective Diyoza quelques minutes.
-Êtes-vous sûre Madame ?
-Allez-vous m'obliger à me répéter ? S'agaça la brune.
-Non bien sûr... Appelez-nous en cas de besoin, nous veillerons, s'excusa le garde du corps avant de sortir de la chambre avec son collègue.
La porte se referma, laissant les deux femmes se toiser du regard. La policière se dirigea vers le mini bar du petit salon, sortant une bouteille de whisky de qualité. Elle posa deux verres sur la table basse entre les fauteuils avant de les remplir du liquide raffiné.
- Ça a des avantages intéressants d'être Sénatrice.
-Je paie cette chambre avec mes propres fonds, répondit froidement la brune en s'installant dans le fauteuil face à celui que Diyoza avait pris.
"Mon petit iceberg, il va falloir fondre un peu si tu veux que l'on discute..." Sourit intérieurement Diyoza.
-C'était une boutade Sénatrice ! Hm comment dois-je vous appeler d'ailleurs ? Lexa ? Madame Griffin ? Sénatrice Griffin ?... Madame Don...
-Tout dépend à qui vous souhaitez parler.
-"A la Dona mais je crois qu'elle est en voyage depuis un certain temps..." Disons... Sénatrice Griffin dans ce cas ! Hm, délicieux, assura la policière après avoir amené son verre à ses lèvres.
-J'ignorai que les détectives étaient autorisés à boire durant leur service.
-Qui a dit que j'étais en service ? J'aime faire du bénévolat. Enfin pas tellement en plein milieu de la nuit mais je dois avouer que prendre un vol de nuit pour éviter les journalistes était brillant.
Les sourcils de Lexa se froncèrent : elle n'avait qu'une envie, mettre à la porte cette détective un peu trop mal éduquée et faire un rapport à son supérieur mais quelque chose lui disait que cette Diyoza pourrait représenter un danger pour elle et sa famille. Son instinct d'ancienne mafieuse ne la trompait que rarement, aussi s'intima-t-elle le calme et la patience.
-Peut-on faire vite Détective Diyoza.
-Je vois que vous êtes une femme bien éduquée, nombre de vos collègues politiciens auraient déjà recouru aux menaces pour me faire sortir.
-Cela n'a visiblement pas fonctionné puisque vous avez toujours votre badge.
-J'aime votre perspicacité ! Rit Diyoza. Bref... Je ne suis pas ici pour vous importuner plus que nécessaire... Je venais m'assurer que votre déclaration de demain soit dans les clous.
-C'est à dire ?
- Allons Sénatrice Griffin... Comment allez-vous expliquer au peuple italien que votre petite fille kidnappée par la Mafia vous a été rendue moins de vingt-quatre heures après son enlèvement et par miracle pas entre quatre planches ? Nous savons toutes les deux que ce n'est malheureusement pas la police qui l'a retrouvée.
-En effet, l'inefficacité de la police est une nouvelle fois à déplorer.
-Aïe... Un coup dur que vous portez là... Mais je ne peux que confirmer vos dires.
Lexa prit le temps de réfléchir, observant la détective qui était en train de l'analyser. Elle pouvait le deviner même si cette Dyioza ne laissait presque rien paraître.
-Je ne sais pas ce que vous vous imaginez mais je compte jouer la transparence, affirma la brune.
-La transparence ?
-C'est la Mafia qui a enlevé ma fille oui...
-En effet.
-Et c'est la Mafia qui me l'a rendue.
Les sourcils de Diyoza se froncèrent malgré elle, ses yeux se plissèrent le temps de quelques secondes tandis qu'elle tentait de lire la femme face à elle.
-J'ai du mal à comprendre votre tour de passe-passe Sénatrice Griffin.
-Pouvons-nous jouer la carte de l'honnêteté Détective Diyoza s'il vous plaît ? Je n'ai pas de temps à perdre.
Après quelques secondes, un sourire se dessina sur le visage de la policière qui acquiesça.
-Très bien... Je dois avouer que la presse a très bien joué son rôle dans cette affaire... Madi Griffin, la fille de la sénatrice Griffin était sur toutes les chaînes contrairement à sa camarade qui a aussi été enlevée en même temps que votre fille. Camarade du nom d'Edda Giordano. Elle est la fille unique du couple Giordano, famille très proche de la famille Donati au temps de votre grand-père ainsi que de vous-même durant quelques années. Une famille mafieuse de génération en génération.
-En effet.
-La question est : êtes-vous la commanditaire de ce kidnapping ?
-Cela pourrait être tout à fait possible.
-Dans le but de faire passer vos lois anti-mafia n'est-ce pas ?
-Le changement effraie toujours l'homme.
-C'est pourquoi il faut parfois marquer les esprits afin de rassurer les récalcitrants...
Un silence suivit durant lequel les deux femmes se toisèrent du regard. Diyoza se mit soudainement à rire :
-Vous devez être terrible au poker vous...
Lexa se contenta de sourire silencieusement.
-Donc si je suis votre logique, demain vous allez annoncer à toute l'Italie que la famille Giordano qui est connue de tous vous a ramené votre fille Madi saine et sauve.
-La transparence est ma devise depuis que je suis entrée en politique.
-C'est tout à votre honneur.
-Merci.
-Mais voyez-vous... Si vous jouer la transparence sur ce coup... Vous risquez votre poste de Sénatrice et sans doute votre vie. Les Giordano ne risquent pas d'apprécier d'être dans le viseur des journalistes et de la police.
-Mon quotidien est fait de risques et de dangers de mort. Je dois remercier mon grand-père pour ceci.
-Je comprends un peu mieux votre idée de changer de nom de famille. Le nom Donati devait être lourd à porter...
-Aussi lourd qu'une couronne, confirma la brune qui scruta la policière qui tiqua une micro seconde ce que ne manqua pas Lexa dont le regard acéré se fit plus tranchant encore.
"Elle sait." Pensèrent de concert les deux femmes.
Diyoza s'humecta les lèvres, prenant le temps de réfléchir avant de dire :
-J'aurai possiblement une proposition à vous soumettre.
-Je vous en prie.
-Puisque nous avons décidé de jouer la carte de l'honnêteté... Je vais être honnête. Pour l'heure, il est important que vous restiez en vie et conserviez votre siège au Sénat. Vous êtes en train de révolutionner une société corrompue par la gangrène mafieuse et ce serait un réel gâchis que vous abandonniez tout votre travail pour cette histoire de kidnapping qui n'a malheureusement pas été de votre ressort. J'en suis certaine. Vous n'avez été, tout comme votre fille Madi et cette Edda, que les victimes de la peur d'un ennemi plus important que vous le pensiez. Néanmoins, le hasard a voulu que nos ennemis enlèvent la mauvaise gamine avec la vôtre. Les Giordano font l'objet d'une enquête de la cellule anti-mafia sicilienne depuis plusieurs années et sont donc sous surveillance.
L'information devait sans doute servir à la déstabiliser mais Lexa resta impassible : elles ne savaient rien des affaires de Gustus et Anya mais il était évident qu'ils ne s'étaient pas contentés de l'argent fourni par le casino.
- Sénatrice Griffin, nous avons en notre possession toutes les preuves qui prouvent qu'ils ont sauvé votre fille et la leur tout en chiant à la gueule de la police. Mais qu'importe, ils vous ont ramené Madi, ils ont tué un méchant mafieux... Mais ! Ils auraient très bien pu profiter de cette occasion pour vous faire chanter... D'ailleurs qu'ils ne l'aient pas fait reste étonnant et je cherche encore une explication...
- C'est pourtant simple.
-Vraiment ?
-Oui.
-Gustus Giordano m'a élevée après la mort de mes parents. Je suis comme une fille pour lui donc Madi est pour lui comme sa petite fille. Bien qu'un silence nous sépare depuis des années car nos visions sont opposées, la mafia accorde une très grande importance à la Famille.
-Je vous remercie de cette explication...
"Ne te fous pas de ma gueule, tu étais déjà au courant de tout ça." Se contenta de penser Lexa, offrant un sourire poli en guise de réponse.
-Hm donc afin que vous conserviez votre place et votre vie le plus longtemps possible... Je voulais vous proposer d'annoncer publiquement que c'est mon service qui a retrouvé et ramené votre fille.
-Et quel est le nom de ce service ?
-Agence d'Information et de Sécurité Intérieure.
-La AISI ? Fronça les sourcils la brune, légèrement surprise.
-Ne vous sous-estimez pas Sénatrice Griffin, vous faites partie malgré vous de l'élite que l'Italie ne veut surtout pas perdre.
-Puis-je prendre le temps de réfléchir ?
-Pour quelle raison ? Je vous offre le ticket d'or non ?
-Depuis ma naissance je n'ai jamais rien gagné gratuitement donc vous imaginez bien que je suis dubitative sur les motivations de "l'Italie" à me garder en vie et confortablement assise sur mon siège de sénatrice sans contrepartie.
-Il y a toujours une contrepartie en effet.
-Et quelle est-elle ?
-Faites votre travail.
Diyoza se leva brusquement, terminant son verre de whisky, le liquide brûlant sa gorge asséchée par ce duel oral. Elle récupéra une veste en cuir posée sur le fauteuil et l'enfila avant de se diriger vers la porte de la chambre. Elle saisit la poignée et entrouvrit la porte, s'arrêtant finalement pour demander :
-Vous bluffiez tout à l'heure au sujet de la transparence ?
-Pour le savoir, il faudra venir jouer un soir au poker avec moi, lui répondit la brune impassible.
Un petit souffle rieur échappa à la détective qui sortit, laissant Lexa seule dans sa chambre. La brune humecta ses lèvres avant de tourner un regard sur la décoration de la chambre.
"Fuite de gaz mon cul. Ils ont dû truffer l'appartement de micros et de caméras. Bande d'enculés. Qu'est-ce que vous cherchez exactement...?"
Elle jeta un coup d'œil au verre de whisky qu'elle n'avait pas touché avant d'enfoncer son visage entre ses mains.
Le bruit des travaux accueillit la médecin. Clarke s'approcha du dispensaire qui était en train d'être remis à neuf par différentes entreprises. Quelques habitants vinrent la saluer, la remerciant de ne pas les avoir abandonnés malgré la récente fusillade ayant conduit au vandalisme des locaux. La blonde prit le temps de discuter avec certains, les rassurant sur la durée des travaux. Elle regarda sa montre : Lexa devait être réveillée à cette heure, si toutefois elle avait réussi à dormir. Elle voulait l'appeler pour lui donner de la force pour sa déclaration officielle au sujet de Madi.
-Ah ! Clarke ! Entendit-elle.
Elle se tourna, reconnaissant Gaïa Salomon perchée sur des talons hauts et habillée d'un tailleur jupe cintré ainsi que d'un trois-quarts ouvert sur une chemise noire décolletée. La métisse était vraiment une belle femme et elle ne put s'empêcher de fulminer à l'idée que sa femme ait partagé avec cette tentatrice un repas au restaurant pour évoquer l'avenir du dispensaire il y a deux jours.
-Bonjour Madame le Maire, la salua-t-elle, ravalant sa jalousie, remarquant alors la présence d'une jeune femme blonde aux côtés de la maire de Syracuse.
- Je vois que les travaux de réhabilitation ont démarré, c'est parfait. Le budget comprend des caméras de surveillance cette fois-ci... Bref. Je n'ai pas beaucoup de temps donc je ferai court. Clarke, je te présente Joséphine Primo, la mairie l'a embauchée pour qu'elle réalise des enquêtes statistiques en rapport avec le dispensaire.
-Ah bon mais quel genre d'enquête...? Les habitants n'aiment pas être...
-C'est ce que j'ai convenu avec Lexa en échange de la réhabilitation du dispensaire cette fois.
-Je ne me rappelle pas de ce détail mais très bien... Madame Primo, je suis le Dr Clarke Griffin, enchantée, se présenta la médecin en tendant sa main.
La fameuse Joséphine lui offrit un sourire poli et lui rendit sa poignée de main, la rassurant ensuite :
-Ne vous en faites pas Dr Griffin, je me ferai plus discrète qu'une petite souris...
-Ah oui ? Nous verrons cela... Sur quoi portera l'enquête exactement ?
- Oh, hm différents thèmes mais plus précisément sur le rôle de ces récents quartiers sociaux dans les trafics ayant un lien avec la Mafia. Ah oui, j'oubliai, je suis spécialisée dans les statistiques en rapport avec la Mafia.
-La Mafia ? Répéta la médecin, manquant s'étrangler. Vous vous croyez à Palerme ? Syracuse est une ville calme, la Mafia n'a plus sa place ici et ce depuis longtemps... N'importe quel habitant vous le dira... Il y a des petites rixes entre bandes rivales tout au plus...
-Ah oui ? Vous me semblez bien informée dans ce cas Dr Griffin... La piqua gentiment la blonde. Vous me laisserez vérifier tout ça.
-Oui, Joséphine fera son travail sans que cela n'impacte le tien. Et en fonction des résultats j'aviserai concernant ce dispensaire. Il pourrait tout aussi bien être transformé en commerce à l'avenir. Des fruits et légumes sont bien moins tentants à voler que des médicaments...
Les sourcils de Clarke se froncèrent à l'observation de l'ancienne collaboratrice de sa femme. Gaïa n'était-elle pas en train de changer de côté de la balançoire ?
-Il y a visiblement depuis quelques années une augmentation des trafics de pègre en Sicile et Syracuse semble être redevenue une plaque tournante comme elle a pu l'être dans les débuts de la Mafia Sicilienne, informa Joséphine.
-Désolée mais j'ai peur que vous fassiez un raccourci légèrement déplacé vis-à-vis du lien avec ces nouveaux quartiers... Ces pauvres gens vivaient dans des logements insalubres et dangereux.
-Clarke je ne vais pas mentir, coupa Gaïa. Syracuse attire énormément de touristes chaque année et mon rôle en tant que maire est de développer ce tourisme afin de faire prospérer l'économie de la ville. La création de ces quartiers sociaux lors du mandat de Lexa semblait être une bonne idée pour désengorger les vieux quartiers insalubres et tenus par les trafics mais nous n'avons fait que déplacer le problème et aujourd'hui nous observons une baisse des réservations touristiques car les vacanciers ont peur. Les syracusains sont exaspérés et ont eux aussi peur de nouveau.
-Peur ? Mais de quoi ?
-C'est ce que révèleront mes recherches, sourit Joséphine.
-Vous risquez de vous heurter au silence des habitants avec vos ambitions... Ok il y a quelques trafics mais de là à parler de Mafia...
-N'est-ce pas la Mafia qui a récemment kidnappé votre fille ? Interrogea Joséphine.
La médecin fut saisie par la surprise, ne s'attendant pas à ce qu'on lui pointe sous le nez le kidnapping de sa fille.
-Euh... Oui... Enfin non... On ne sait pas... Tenta-t-elle de se rattraper puisque Lexa n'avait pas encore fait de déclaration officielle.
-C'était bien au musée de Syracuse ?
-Oui...
Un simple sourire de la part de cette Joséphine suffit à faire taire la médecin.
-Je compte sur toi et tes collègues pour répondre aux demandes de Mme Primo afin de faciliter ses recherches, d'accord ? Lexa et moi avions un accord, s'il n'est pas respecté...
-Oui c'est bon. Nous l'aiderons, répondit rapidement Clarke, ne souhaitant pas discuter plus. Bon, je dois y aller, j'ai ma garde à l'hôpital qui va bientôt commencer. Gaïa... Mme Primo...
-Oh on peut se tutoyer et tu peux m'appeler Joséphine si tu es d'accord ? Assura la nouvelle venue.
-Faisons ça oui... Bonne journée.
Des hurlements déchirèrent le ciel clair de cette nouvelle journée à Rome. Le vent fouettait les joues des deux hommes qui étaient suspendus dans le vide. Le Président du Sénat et le sénateur Russel étaient au sommet d'un bâtiment abandonné dans une périphérie éloignée du centre de Rome. Les deux hommes hurlaient de peur tandis qu'ils sentaient que leur vie ne tenait qu'à un fil ou plutôt qu'aux deux paires de mains qui serraient leurs chevilles à les casser.
-Arrêtez ! Pitié !
-Stop ! S'il vous plaît ! Par Dieu non !
Ils étaient si haut que nul doute la chute leur serait fatale s'ils ne mouraient pas de peur avant d'atteindre le sol. Après une minute de torture à les entendre hurler et supplier, un homme grand habillé d'une chemise blanche et d'un pantalon de costume noir s'approcha du bord de l'immeuble, relevant sa jambe droite pour se pencher sans risquer de tomber. Ses cheveux gris étaient mi-longs et coiffé en un élégant catogan, une barbe soigneusement taillé encadrant son visage. Le vent fit s'échapper la chaîne en or portant une croix de sa chemise.
-Messieurs... Vous rappelez-vous à qui vous devez votre place respective au Sénat de Rome ?
-Vous ! Cria Russel. Remontez-moi maintenant !
L'homme d'environ une soixantaine d'années resta silencieux mais claqua des doigts ce qui fit lâcher l'une des mains de son homme de main sur les chevilles du sénateur ce qui eut pour effet de le faire hurler encore plus fort.
-Ici, c'est moi qui donne les ordres, rappela t-il sèchement.
-Je suis désolé ! JE SUIS DESOLE ! Pitié !
-Don Cadogan ! S'il vous plaît ! Enchérit le Président du Sénat qui était tout aussi terrifié mais qui arrivait à mieux se maîtriser que Russel.
Un claquement de doigt fit remonter les deux hommes qui furent jetés sur le sol sale et dur du toit de l'immeuble. Ils restèrent recroquevillés et tremblants de peur.
-Je suis extrêmement déçu Anders.
-Je... Je sais Don Cadogan... Je suis désolé de vous avoir déçu...
-Et toi Russel... Deux mois que tu dois réussir à te rapprocher de la Donati et que tu échoues. Par contre pour profiter de l'argent que je te verse en pot de vin là il y a du monde...
-J'y... J'y arriverai... Promit le sénateur.
-Anders... Je t'ai servi la petite sur un plateau d'argent et malgré ça... Tu as minimisé la situation et a confié sa garde à un incapable qui s'est fait refroidir ! Comment comptes-tu empêcher de passer ces lois anti-mafia maintenant que nous n'avons plus de pression sur la Donati ? Hm ?
-Tout n'est pas perdu mon Don... Elle a récupéré la petite grâce aux Giordano...
-Gustus Giordano ? Le sous-fifre de Titus Donati ?
-Oui... Nous avions paralysé les réseaux policiers mais pas la Mafia elle-même...
-PEU IMPORTE ! Si ces lois passent, tous les projets qui sont en attente de validation seront caducs et tu le sais très bien !
-Je ferai tout pour que ce ne soit pas le cas... Je vous le promets...
-Vous avez quarante-huit heures pour la convaincre.
-Quoi mais ! C'est trop court ! S'indigna Russel en se redressant mais en restant à genoux.
Bill Cadogan s'accroupit face au politicien, le transperçant de son regard. Il épousseta la chemise à présent sale de l'homme face à lui. Il avança ses lèvres près de son oreille, murmurant :
-Deux jours. Si vous n'en n'êtes pas capable, allez directement préparer vos obsèques Monsieur Primo-Ligthbourne.
Le Don se releva, tournant le dos d'un air dédaigneux aux deux politiciens qui gardèrent le regard au sol, suant de stress et de peur.
-Il bluffe... Souffla Russel, tremblant.
-Non Russel. Les siciliens ne bluffent jamais, répondit Anders en serrant les poings.
"Bonjour mon Amour, c'est moi. Bon... J'imagine que tu as coupé ton téléphone pour te concentrer, je comprends... Je voulais te souhaiter bon courage pour ta déclaration. Tu es la personne la plus forte que je connaisse. Tu vas tous les bluffer. Je t'aime, rappelle-moi dès que possible ok ? Je t'embrasse."
Le message vocal fit sourire la brune. Elle avait loupé l'appel de Clarke sciemment car elle savait qu'elle ne pourrait pas cacher à la médecin ce qu'il s'était passé la veille. Elle ne savait d'ailleurs toujours pas si elle allait accepter l'offre de Diyoza. Elle déglutit difficilement, prise dans sa réflexion.
-Bella ? C'est l'heure d'y aller, entendit-elle à travers la porte.
Elle prit une inspiration avant de se lever et d'enfiler sa veste de tailleur blanc. Elle s'observa dans le miroir : elle était habillée toute de blanc aujourd'hui. Inconsciemment, elle ne put s'empêcher de penser qu'elle avait choisi ce tailleur pour montrer au peuple italien qu'elle n'avait rien à se reprocher. Pourtant, en appelant Gustus et Anya à l'aide, elle n'avait pas joué avec les règles du jeu. Un soupir lui échappa tandis qu'elle murmurait :
-Fait chier.
Le brouhaha était insupportable dans la petite salle. Les cris, les râles et les insultes rebondissaient sur les murs en placo gris et parsemés de gravures obscènes et religieuses. Un groupe d'hommes jouaient aux cartes malgré le bruit.
-LA FERME ! LE PROCHAIN QUI L'OUVRE JE LUI ARRACHE L'OEIL ET JE LUI FAIS BOUFFER ! Hurla la voix grave d'un homme au crâne rasé.
Immédiatement, le silence se fit, les différents détenus agités se taisant de peur face à la menace qu'ils savaient vraie. Le retour du silence permit à l'homme d'entendre enfin la télévision qui était suspendue dans un coin du mur, protégée par un plexi glace. Il se leva du banc où il était installé, abandonnant sa main au risque de se faire voler des cartes par ses partenaires de jeu.
Ses yeux marrons se mirent à fixer avec haine l'écran tandis que la Sénatrice Lexa Griffin apparaissait pour donner enfin une interview pour expliquer comment sa fille Madi avait été récupérée. La brune était toujours aussi belle physiquement, il ne pouvait le nier, les quarante ans lui allaient à ravir. Des flashs réguliers foudroyaient l'écran comme pour ne rater aucun geste de la politicienne.
"...Ce kidnapping est la preuve que nous avons mis le doigt sur un sujet sensible. Ma petite fille Madi est ce que j'ai de plus cher à mes yeux et je sais que vous vous êtes tous mis à ma place lorsque nous étions sans nouvelles d'elle ainsi que de sa camarade.
Combien d'enfants ont-ils été arrachés à leurs parents par la Mafia contre un chantage inhumain ? Contre des laissez-passer, des accords de permis de construction, des versements d'aides publiques ? Combien s'en sont sortis vivants ? Les statistiques ne mentent pas, à peine six pour cents sont retrouvés vivants... Je vous remercie encore une fois pour vos témoignages, vos messages de soutien et pour les marches de protestation que vous avez fait partout dans le pays le jour de l'enlèvement.
Si je blâmais ceux qui cédaient au chantage auparavant, moi la première, je dois l'avouer... J'ai failli baisser les bras et céder aux demandes de ceux qui avaient enlevé ma petite fille. Ils voulaient que je retire mes propositions de loi anti-mafia qui sont prêtes à être validées par l'ensemble des sénateurs que vous avez élu lors des dernières élections. Mais ils voulaient aussi me maintenir à ma place de sénatrice pour mieux m'utiliser ! Et vous savez quoi ? Mesdames et Messieurs, j'allais dire oui au chantage car je suis une mère avant d'être une politicienne.
C'est ma femme Clarke et mes proches qui m'ont tenu tête et m'ont interdit de céder au chantage de ces monstres qui gangrènent l'Italie. Ils m'ont dit que Madi serait en colère contre moi si jamais j'abandonnai mon combat. Aujourd'hui je me blâme d'avoir été faible, d'avoir osé penser à vous abandonner. J'ai été égoïste. Je vous ai toujours dit que je jouerai la carte de la transparence si j'étais élue et c'est donc ce que je vais faire car je n'ai pas joué avec les règles officielles pour gagner ce combat.
Dans mon égoïsme, j'ai usé de mes privilèges de Sénatrice et de ma richesse personnelle pour engager une ancienne marine du nom de Charmaine Diyoza. Elle a pris dès le premier appel du kidnappeur l'affaire en main. Je lui ai donné carte blanche pour retrouver ma fille, écartant ainsi la police italienne qui je le regrette n'est pas encore assez performante à mes yeux. Je suis consciente que je n'aurai pas dû jouer cette carte et pourtant j'ai fait ce choix pour sauver ma fille. Si c'était à refaire, je le referai sans hésiter. Grâce à l'équipe de Diyoza, deux vies innocentes ont été épargnées. Je suis consciente que tout parent ne peut se payer ce genre de service privé et j'en suis la première désolée. Maintenant, j'assumerai les conséquences de ce choix, si vous pensez que je dois être sanctionnée, exprimez-vous chers concitoyens. C'est tout ce que j'ai à dire. Merci pour votre attention."
- Petite menteuse... Sourit d'un air mauvais l'homme.
-Quint allez ! Viens jouer ! C'est ton tour !
-Allez-vous faire foutre, répondit-il, restant fixé sur l'écran télévisé.
Dix ans qu'il croupissait dans ce trou à rat de Palerme. Il s'était bien entendu fait une place de choix parmi les prisonniers bien qu'il devait rester vigilant. Les pro Donati bien que moins nombreux d'années en années attendaient toujours de pouvoir le planter pour venger Aden Donati au nom de l'ancienne Dona.
-Quint ! T'es convoqué dans le bureau du chef !
-Oh y'en a un qui va aller sucer ce pédé de chef des gardiens !
-Haha ouais Quint qui encule l'autre ? Tu lui tripotes les boules pendant que tu le suces hein ?
Un doigt d'honneur servit de réponse à ses camarades qui se mirent à rire entre eux. Le mafieux suivit le gardien de prison jusqu'au bureau du chef des gardiens. Il entra après y avoir été invité.
-Détenu Quint, bonjour.
-Bonjour Monsieur Rossi.
-J'imagine que vous savez pourquoi vous êtes là ?
-Pour ma demande de permission j'espère.
-Exactement... Le Juge de l'application des peines a autorisé votre permission du fait de votre bon comportement et votre repentance dans la religion chrétienne depuis dix ans. Contrairement à votre casier judiciaire, votre dossier ici est totalement vierge d'incidents.
-La foi m'aide énormément.
-C'est ça... Vous pourrez sortir samedi prochain pour une durée de quatre heures. Ne faites pas n'importe quoi détenu. Suis-je bien clair ?
-Tout à fait Monsieur Rossi. Je compte simplement passer un peu de temps avec ma fiancée.
-Votre périmètre sera restreint donc informez la et vous aurez évidemment un bracelet électronique pour vérifier que vous ne faites pas n'importe quoi. Si vous pensez le casser ou contourner le système celui-ci nous informerait immédiatement et vous aurez une meute de flics derrière votre cul en un instant.
-Evidemment... Acquiesça Quint.
-Disposez.
Le mafieux tourna les talons, un petit sourire apparaissant sur le bas de son visage. Un sourire carnassier et envieux d'une vengeance certaine.
Cette fois-ci, la brune ne pouvait ignorer l'appel de sa compagne. Elle décrocha et la première phrase qu'elle entendit fut :
-Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'ex-marine Lexa ?!
-Je t'expliquerai dès que possible Clarke... Fais-moi juste confiance sur ce coup-là.
-D'accord mais c'est très bizarre comme explication...
-Pas tant que ça hm... Ça va toi ? Comment vont Madi et Edda ?
- Ça a l'air d'aller, elles se reposent... Madi a hâte de reprendre l'école.
-Ce n'est pas étonnant, sourit la brune, attendrie.
-Dis-moi je voulais revenir sur le sujet du dispensaire... J'ai vu Gaïa ce matin et...
-Clarke je suis désolée je dois te laisser... Je me fais harceler de tous les côtés. On en discute ce soir ?
-Euh oui... D'accord.
-Je t'aime, merci d'être là pour moi.
-C'est normal... Je t'aime aussi...
Lexa coupa la communication, ne s'attardant pas sur des adieux mielleux. Un message venait d'arriver sur son portable qu'elle lut lentement et silencieusement :
"Ravie d'avoir pu vous servir Sénatrice Griffin. N'hésitez pas à faire de nouveau appel à moi et à mon équipe. Par contre j'attends toujours mon cachet car mon compte en banque est toujours aussi pauvre. L'AISI ne paie pas aussi bien qu'on peut le croire. "
-Sénatrice Griffin ! S'exclama Russel Primo-Lightbourne.
Il guettait la sortie de la brune depuis des heures à présent. Après sa déclaration officielle, Lexa s'était retranchée dans son appartement où la fuite de gaz avait finalement été réelle et réparée. Elle avait réussi à fuir les journalistes en sortant par la cour arrière du bâtiment au moment du dîner. Elle avait partagé avec des amis politiciens, juges et autres grands pontes un dîner dans un restaurant chic. Une invitation qui lui avait été faite et qu'elle n'avait pas refusée. Le sénateur fut vivement écarté par l'un des gardes du corps de la brune qui l'ignora froidement, commençant à monter dans le SUV que conduisait Raven dont la vitre avant été ouverte.
-S'il vous plaît ! Ecoutez-moi !
-Je suis pressée Sénateur Primo désolée.
-S'il vous plaît ! C'est vraiment sérieux, c'est au sujet de Madi !
Lexa arrêta son mouvement et tourna la tête en fronçant les sourcils. Raven baissa un peu plus sa vitre pour mieux écouter ce que le politicien allait dire.
-Laisser-le passer, indiqua la brune à ses gardes du corps.
-Ah ! Merci ! Hm... Je... Je sais qui a commandité l'enlèvement de votre fille et je peux vous dire qu'il prépare autre chose mais cette fois ce sera bien plus grave.
Des traits soucieux apparurent immédiatement sur le visage de l'ancienne mafieuse.
- Vous avez un nom ?
-Oui.
-Qui ?
-Il est plus proche que vous ne le pensez.
-Mr Primo je n'ai guère de temps pour les devinettes ! Claqua-t-elle durement.
-C'est le Président du Sénat... Anders. Il est corrompu par la Mafia.
-Avez-vous des preuves de ce que vous avancez ?
-Malheureusement rien qui permettrait à la Justice de le mettre sous les barreaux.
-Dans ce cas nous ne pouvons rien faire.
-Au contraire... Vous pourriez tenter de le piéger.
-C'est-à-dire ?
-Pouvons-nous discuter dans votre voiture ?... Je crains d'être en présence d'oreilles indiscrètes.
Lexa prit quelques secondes de réflexion avant de donner son accord. Les deux politiciens montèrent dans le SUV qui démarra dès que les portières furent claquées.
Les pas de Diyoza firent tourner la tête de l'homme brun qui fixait un tableau avec des photos imprimées sur des feuilles A4. Des traits reliaient des ponts entre certaines et des croix barraient sans doute les morts.
-Vous aviez raison Commissaire Blake.
-A quel sujet ?
-Elle est très forte.
Bellamy acquiesça, fixant son regard sur une photo de Lexa Griffin anciennement Donati. Des cercles entouraient la tête de la brune comme pour signaler son importance dans la hiérarchie de photos.
-Depuis que je suis à la tête de la cellule anti-mafia je n'ai jamais réussi à trouver une seule preuve contre elle alors qu'elle jouait les marionnettistes de l'ombre depuis son retour en Sicile. Evidemment qu'elle est forte. Sans les preuves que nous a donné Nathan Miller, jamais je n'aurais réussi à démêler le sac de nœud des familles mafieuses de Sicile. Nous survolions tout juste... Dire que j'étais fier d'avoir résolu une bonne moitié des dossiers laissés de côté par Charles Pike... J'étais encore loin. Les Barzetti n'étaient que des petits joueurs comparés aux Donati...
-Sera-t-elle de taille face à ce nouvel ennemi ? L'avenir nous le dira... Sourit Diyoza en observant une autre photo.
-Vous comptez toujours l'utiliser comme une simple arme de combat ? Demanda honteusement Nathan Miller, la gorge serrée, menottes aux poignets.
-Les mafieux servent à ça. Il faut quelqu'un pour contrôler les rues et quelqu'un pour contrôler les vraies affaires.
-On est pas au Far-West... On parle d'une femme tout de même ! Elle est mère d'une petite fille, a une femme... Elle l'a dit tout à l'heure... Elle n'est pas mauvaise...
-Ne me dites pas que vous avez avalé son mea-culpa Miller ?
Le policier baissa les yeux, honteux. Il avait trahi sa promesse envers la famille Donati. Il devait pourtant tout à la brune depuis l'agression dont il avait été victime. Il ferma les yeux, implorant le Seigneur de bien vouloir le pardonner.
-Comment comptez-vous la convaincre de nous aider ? Demanda Bellamy.
-Aucune idée, répondit avec franchise Diyoza. Je trouverai. Evidemment sa fille va être sous surveillance rapprochée donc on peut oublier cette piste. Elle doit bien avoir une autre faiblesse. Une pour laquelle elle accepterait de se damner une dernière fois...
-Clarke Griffin est sa faiblesse, affirma un autre homme en s'approchant du trio, un café à la main.
Un petit rire échappa à Diyoza qui souffla :
-Capitaine Collins... Serait-ce de la rancœur que j'entends dans votre voix ?
Finn amena son café à ses lèvres, se contentant de répondre :
-Hm...
Et voilà ! Encore un chapitre de terminé :) Normalement pas de mots collés dans ce chapitre, le souci venait des différents words que nous utilisons avec moi, Mag et Esys :) Qu'en avez-vous pensé ? Contents de retrouver rapidement Octavia et Raven ? Est-ce que vous avez eu peur avec l'histoire de la fuite de gaz ? J'espère que vous avez aimé le duel Diyoza/Lexa j'ai beaucoup aimé l'écrire ^^ Notre politicienne est cernée par beaucoup de monde et il va falloir quelle fasse extrêmement attention... L'arrivée de Joséphine vers Clarke n'annonce rien de bon non plus mais je pense que vous vous en doutez ! Et Quint le retour haha ! Alors vous pensez qu'il est devenu un bon croyant repenti ? ;P Avez vous été surpris d'apprendre que Miller a fini par dévoiler le secret qu'il avait appris sur Lexa ? A votre avis pourquoi a t-il fini par parler après quasiment 10 ans de silence ?
J'espère pouvoir poster un chapitre au cours de l'été ! À bientôt !
PS : Désolée pour ceux qui attendaient le rdv Gaïa/Lexa mdr ! Je ne peux pas m'attarder sur chaque scène x) Je trouvais bien plus sympa que vous vous imaginiez ce que Gaïa aurait pu faire durant ce rdv... Je vous ai déjà donné le détail de la tenue haha !
