Helloooo ! Comment allez-vous ? Voilà le chapitre 56 ! J'espère que l'attente ne vous a pas paru trop longue après la fin du chapitre 55 ! Promis celui-là ne se termine pas sur un cliffhanger :P (Enfin je pense...)

Merci à Mag et Esys pour la relecture ! Je vous souhaite une bonne lecture à tous !

Morgane : Héhé oui Lexa va être en mode vénère dans ce chapitre et il y a de quoi puisque Clarke a été touchée directement ! Pour Victor je te laisse découvrir... RIP Romeo :'(


Chapitre 56 : Justice sera faite

Lexa sauta du véhicule alors que les roues de ce dernier s'étaient bloquées dans un crissement assourdissant face au freinage brutal de Raven. La brune monta les marches quatre à quatre et bouscula quelques patients qui étaient sortis pour fumer ou prendre l'air malgré le froid mordant de la nuit. Derrière elle, trois gardes du corps la suivaient, un air grave plaqué sur le visage. La brune se jeta vers le couloir menant aux urgences, faisant claquer ses talons sur le sol carrelé de l'hôpital. Son cœur battait à tout rompre : elle et Raven avaient filé vers l'aéroport à toute vitesse après ce que lui avait dit Victor Strand via le téléphone de Clarke. Un horrible pressentiment la saisissant alors qu'elle craignait à présent le pire pour sa femme. Elle avait reçu un second appel alors qu'elle venait de monter dans un jet privé qui la ramènerait au plus vite en Sicile. Un appel de Lúca, l'un des gardes du corps de sa femme. La nouvelle que lui avait annoncé son employé l'avait transpercée telle une balle à bout portant : Clarke avait été attaquée par Quint Iabrazzi au dispensaire, l'ennemi public numéro un. Il avait retrouvé la médecin baignant dans une mare de sang et l'avait amenée de toute urgence à l'hôpital. La blonde venait d'être prise en charge par le traumatologue de garde.

Lorsqu'elle arriva enfin au bout de cet interminable couloir, un homme se leva immédiatement d'un siège de la salle d'attente. Lúca fit face à la sicilienne qui baissa le regard sur sa chemise blanche, maculée de rouge : le sang de sa femme. Il avait le visage égratigné et tuméfié par endroit, signe qu'il avait été malmené à un moment donné.

-Où est-elle ?! Aboya-t-elle, contrôlant difficilement son inquiétude et sa rage envers son employé.

-En salle d'opération… Souffla-t-il.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ?! Où est votre collègue ?! Vous ne deviez pas la lâcher d'une semelle ! Rappela-t-elle, furieuse et bouleversée.

-Antonio est avec votre nièce Edda… Je… je n'ai aucune exc…

Une claque puissante le fit taire, laissant place à une marque écarlate sur sa joue. Lexa le fusilla du regard, hurlant :

-Hors de ma vue !

L'employé baissa les yeux et partit d'un air piteux sous le regard de ses collègues. La sicilienne s'avança ensuite vers le bureau d'accueil où l'infirmière de garde s'était faite toute petite au vu de la scène se déroulant non loin d'elle.

-Bonsoir ! Se força à dire Lexa malgré son angoisse et sa colère. Je suis la femme de…

-Du Docteur Griffin oui… Je sais qui vous êtes… La coupa d'un air triste la soignante.

-Comment se passe l'opération ?!... Est-ce qu'elle va s'en sortir ?! Qui est en charge et de quoi l'opère-t-on exactement ?! L'asséna de questions la brune, incapable de rester rationnelle face à l'urgence de la situation.

L'infirmière tourna les yeux vers l'écran de son ordinateur avant de faire un signe de tête négatif en guise de réponse :

-C'est impossible à dire pour le moment Madame Griffin… Clarke… Je veux dire votre femme est actuellement au bloc entre les mains d'une excellente chirurgienne… Asseyez-vous je vous en prie, un médecin viendra vers vous dès que possible…

-Dites-moi quelque-chose enfin ! Je veux savoir si ma femme va vivre !

-Je… Je ne peux rien vous dire… Il faut patienter…Se désola la soignante.

- JE VEUX SAVOIR ! Explosa subitement Lexa. C'est MOI qui finance une grande partie de cet hôpital ! Appelez-moi la directrice ou je vous jure que je vais vous couper les fonds ! Et je peux vous assurer que je vous ferai virer vous aussi ! Je veux savoir ce que vous faites exactement à ma femme !

-Madame je vais vous demander de sortir, intervint un vigil en posant une main sur l'épaule de la sicilienne.

Ce dernier avait été attiré par les cris coléreux et les menaces de la brune.

Lexa se défit brusquement de la prise de l'homme, se sentant agressée et le repoussa avec force ce qui fit reculer l'homme de surprise. Ce dernier fronça les sourcils et porta sa main à son taser.

-Lexa ! Appela Raven en arrivant au pas de course. C'est bon ! C'est bon ! Intervint la latina en faisant barrage entre le vigil et son amie. Ok elle n'a pas à s'énerver et agresser tout le monde mais putain sa femme est entre la vie et la mort ! Un peu d'indulgence merde ! S'énerva Raven en se mettant entre l'homme et son amie. Je vais la calmer, laissez-moi deux minutes !

Le vigile eut un regard sévère avant d'acquiescer discrètement et de se reculer, murmurant :

-Vous avez deux minutes. Si elle ne se calme pas je la sors, de force s'il le faut.

-Ouais allez du vent… Le congédia Raven, agacée par le ton de cow-boy de l'homme.

Raven écarta Lexa de ce dernier, la tirant dans un coin isolé.

-Viens !

-Non ! Répondit la brune en tentant de se diriger vers les doubles portes menant sans doute aux blocs opératoires.

-Arrête bon sang ! La retint Raven avec fermeté.

Lexa résista, son corps se tendant comme une corde. Les deux femmes luttèrent l'une contre l'autre.

-Je veux la voir ! Il… Il faut que je la voie ! Cria Lexa, furieuse et désespérée.

-Je sais Bella ! Je sais ! Il faut que tu te calmes bon sang ! Insulter et frapper les employés de l'hôpital n'aidera en rien Clarke… Elle-même te le dirait si elle le pouvait ! Réfléchis ! Lui rappela durement la latina en se plantant face à elle et en lui attrapant fermement les épaules.

Les lèvres de la brune tremblèrent à cette observation et elle ferma les yeux un court instant, ses épaules s'affaissant :

-Je ne peux pas la perdre…Je l'aime tellement… Geignit-elle d'une voix cassée par l'angoisse.

-Je sais… Quoiqu'il se soit passé, Clarke est une battante. Elle va s'en sortir… On va prier pour elle ok ? Allez, viens t'asseoir… Viens je te dis ! Répéta la brune en sentant une résistance.

La sicilienne serra les poings avant d'accepter l'invitation, s'asseyant dans un recoin de la salle d'attente avec Raven qui glissa un bras derrière ses épaules pour la serrer contre elle, frottant son dos en guise de réconfort. La brune se plia en deux, cachant son visage entre ses mains, secouant sa tête imperceptiblement : c'était forcément un cauchemar dont elle allait se réveiller.


Les yeux verts de la brune parcouraient nerveusement chaque recoin de la salle d'attente des urgences. Elle avait fini par se calmer, n'agressant plus qu'aucun employé. Elle avait néanmoins pu relever les nombreux défauts du carrelage ou encore les recoins où des moutons de poussière s'étaient logés à l'abris des regards. Elle cherchait à tout prix à penser à autre chose mais son esprit ne cessait de lui renvoyer les souvenirs de ce fameux jour où elle était dans cette même salle d'attente à attendre désespérément des nouvelles de son petit frère Aden blessé par balle. À la différence que c'était sa compagne qui était en salle d'opération pour tenter de le sauver. Les aiguilles de la pendule installée au-dessus du bureau d'accueil ne cessaient d'avancer ce qui n'était pas pour rassurer l'ancienne Donati. Les portes menant aux blocs s'étaient ouvertes et fermées un nombre incalculable de fois, les différents soignants vaquant à leurs occupations, les gens vidant et remplissant la salle d'attente au fil de la nuit. Personne n'était encore venu les voir pour leur donner des nouvelles de Clarke bien qu'elle sentait sur elle, les regards appuyés de certains collègues de sa femme. Elle avait refusé de boire les cafés apportés par ses gardes du corps, l'estomac trop noué par l'inquiétude et la contrariété.

Les portes s'ouvrirent finalement sur une femme rousse en tenue de chirurgienne, l'infirmière derrière le bureau d'accueil lui désigna du regard la brune, aussi s'approcha-t-elle d'elle doucement.

-Madame Griffin ?

-Oui ! S'exclama Lexa ce qui fit sursauter Raven.

Elle se leva de son siège, son corps se raidissant de peur tandis que son cœur frappait durement sa poitrine.

-Pouvez-vous me suivre ?

-Où ça ? Comment va ma femme ?!

-Je vais tout vous expliquer… Venez, allons dans mon bureau.

Le visage de la chirurgienne était vide de toute expression. Des frissons d'horreur s'emparèrent de la brune qui elle tressaillit : Clarke lui avait de nombreuses fois parlé de la difficulté d'annoncer aux proches le résultat de l'opération. Que ce soit négatif ou positif, tout se faisait à l'abri des regards dans une pièce fermée. Cette étape était aussi le moment où tout pouvait basculer pour de bon.

-Lexa… Souffla Raven, en secouant légèrement son amie qui était toujours paralysée.

La chirurgienne s'était déjà tournée pour les inviter à la suivre. Les jambes de la sicilienne lui parurent plus lourdes que jamais. Elle avait exigé des nouvelles de Clarke et maintenant qu'elle allait pouvoir les avoir, elle avait peur. Elle était tétanisée.

-Allez… Murmura la latina en poussant la politicienne qui se mit à marcher mécaniquement jusqu'au bureau indiqué.

La chirurgienne regarda Raven, cherchant à savoir si elle souhaitait entrer ou non à la suite de Lexa qui s'était lourdement laissée tomber sur la chaise face au bureau. La latina hésita, interrogeant silencieusement son amie qui acquiesça, incapable de faire sortir le moindre son de sa gorge. La porte fut fermée, la chirurgienne s'installa derrière son bureau, prenant une inspiration avant de commencer ses explications. Le visage de Lexa se décomposa et de grosses larmes roulèrent le long de ses joues pâles.


Les sons des appareils reliés au corps de la médecin bipaient de manière régulière tout comme le respirateur insufflant de l'oxygène continuellement. Clarke avait le visage tuméfié et était méconnaissable. Son beau visage ayant été déformé par les nombreux hématomes et os cassés. Sa tête était bandée car une craniectomie avait été pratiquée durant l'intervention afin de lui sauver la vie. Elle avait perdu énormément de sang ce qui n'avait pas facilité sa prise en charge mais elle était toujours en vie. Lexa était assise près d'elle, osant à peine la regarder, se sentant coupable de l'état de la belle blonde. Ses yeux finirent par se lever du sol pour s'arrêter sur l'avant-bras droit qui était lui aussi couvert de bandages ainsi que de divers pansements.

« Même si elle se réveille, elle risque de plus être la même. Une expérience aussi traumatisante laisse de lourdes séquelles chez l'humain. De plus, les nerfs et les tissus de son avant-bras droit sont sévèrement endommagés. Elle ne pourra sans doute plus jamais opérer.» résonnèrent en elle les paroles de la chirurgienne.

Clarke était dans le coma. Son corps ayant cherché à se soustraire à la terrible douleur endurée lors de son agression. Elle était normalement sauvée mais les médecins ignoraient si elle arriverait à se réveiller. Lexa n'arrivait pas à penser, la honte et la culpabilité la dévorant insidieusement.

-Pardonne-moi… Souffla-t-elle. Tout est de ma faute… Nous avions réussi à trouver un équilibre après la fin de mon mandat à la mairie… Je n'aurai jamais dû me présenter à ces maudites élections sénatoriales... Elles n'ont attiré que le malheur sur notre famille et nos proches… J'ai maudit notre famille, détruit notre bonheur… Et maintenant… je dois vivre avec l'idée que tu ne te réveilleras peut-être jamais…

De grosses larmes roulèrent sur les joues de la belle brune qui était exténuée et à bout de nerfs. Cela commençait à faire beaucoup trop de mauvaises nouvelles pour qu'elle continue à encaisser en silence. Clarke était son roc, son âme et la voir dans cet état de léthargie lui était insoutenable. Elle glissa une main tremblante dans la main gauche de la médecin, l'amenant à ses lèvres pour déposer un baiser mouillé. La gorge nouée, la sicilienne souffla :

-Ne me laisse pas tomber Clarke… J'ai besoin de toi… Je t'aime tellement… Bats-toi je t'en prie…

La main de la médecin tressauta légèrement ce qui fit sursauter la brune, son cœur s'emballant d'un espoir orgueilleux. Même si la blonde se réveillait, la chirurgienne avait été claire : Clarke ne pourrait plus exercer le métier qu'elle aimait tant -son poignet étant bien trop endommagé- et elle savait qu'elle en serait déchirée à jamais. Mais elle ne pouvait se résoudre à dire au revoir à la blonde malgré tout. Elle sonna une infirmière qui arriva rapidement.

-Sa… Sa main a bougé ! Expliqua-t-elle, les mains tremblantes.

-Vraiment ? Sourit la soignante, ravie.

Elle s'avança, vérifiant les données et les constantes de la médecin qui n'étaient pas plus encourageantes que lors de son dernier passage. Le sourire de l'infirmière disparut et elle souffla :

-Je suis désolée… Ce devait être un spasme musculaire… Ça arrive chez les patients dans le coma…

Le visage de Lexa se décomposa de nouveau et elle déglutit difficilement.

-Madame Griffin ? Appela avec précaution un homme en uniforme tandis que l'infirmière sortait de la chambre.

La sicilienne tourna la tête et se leva, déposant avec une extrême douceur la main de Clarke le long de son corps. Elle avança vers les agents de police qui vinrent lui transmettre les premiers éléments de l'enquête, cherchant à obtenir de sa part de nouvelles informations.

-Nous venons d'obtenir la déposition de votre employé du nom de Lúca Milano. Il assure avoir identifié Quint Iabrazzi lorsqu'il est retourné au dispensaire. Il gisait au sol à quelques mètres de votre femme. Néanmoins…

Lexa fronça les sourcils à l'hésitation, transperçant le regard du policier.

-Continuez, indiqua-t-elle, ne souhaitant nullement être ménagée.

- Quint Iabrazzi n'était pas sur place lorsque notre patrouille est arrivée. Des trainées de sang confirment qu'il aurait pu s'enfuir malgré de graves blessures. Nous avons diffusé son portrait partout, s'il réapparait, nous le retrouverons.

-Avez-vous utilisé les caméras de surveillance ?

-Malheureusement les caméras installées dans le dispensaire ne sont pas en fonction.

-Quoi ? Bien sûr que si ! Elles ont été installées à la demande de Madame le maire après le vandalisme du dispensaire ! S'insurgea la brune.

-Nous avons contacté Madame Salomon qui nous a assuré que ces caméras avaient pour but de dissuader, elles ne filment pas pour des questions de droit d'image.

Lexa resta incrédule à cette information, cela n'avait pas de sens : elle se rappelait justement de Clarke qui avait longuement pesté contre ces caméras qui risquaient de développer la méfiance des usagers du dispensaire. Les policiers demandèrent à la brune l'heure à laquelle Clarke avait tenté de l'appeler. Lexa leur transmit l'information mais omit de préciser qu'elle avait eu Victor plus tard. Le portable de Clarke avait été détruit ce qui empêcherait d'obtenir le moindre élément contre le chef des Negros. D'ailleurs elle se demandait à présent ce que faisait Victor sur place ? Était-il impliqué ? Après tout, il avait menacé la blonde si elle se mettait en travers de son chemin plusieurs mois auparavant…

-Nous vous tiendrons au courant, indiquèrent les policiers ce qui la sortit de ses pensées.

-Oui… Merci… Souffla-t-elle, contrariée.

-Ah… Avant que j'oublie… Souhaitez-vous récupérer le corps du chien ?

-Le chien ? Demanda-t-elle, surprise.

-Oui… Il y avait un chien mort dans le dispensaire. Il a reçu plusieurs coups dans les côtes. Nous avons demandé un enlèvement demain matin par l'équarisseur mais…

« Romeo… » pensa-t-elle.

-Est-ce possible de le faire emmener dans ma propriété ?

-J'imagine que oui. Je vous laisse contacter ce numéro, indiqua l'agent en tendant une carte qu'il sortit de sa veste.

La brune acquiesça, attrapant la carte difficilement avant de l'écraser dans son poing. Les policiers la saluèrent poliment, souhaitant un rétablissement complet à sa compagne avant de disparaître.


Les mains tremblantes, Lexa porta sa tasse de café à ses lèvres. Elle avait les yeux cernés. Il lui avait été impossible de fermer l'œil après être rentrée de l'hôpital. L'odeur de Clarke était partout dans la maison et elle avait l'impression que la blonde allait surgir de chaque recoin avec son joli sourire comme à son habitude. Elle ferma les yeux, les paroles de la chirurgienne rousse n'arrêtaient pas de tourner dans son esprit. Sans compter cette colère sourde qui faisait bouillir son sang alors qu'elle se demandait quel rôle avait bien pu jouer Victor dans cette histoire. Elle avait fini par réussir à écouter Lúca et Antonio et en voulait à Clarke d'avoir ordonné à ses deux gardes du corps de partir alors qu'elle était consciente du danger les menaçant au quotidien depuis l'enlèvement de Madi et l'assassinat de Giula.

-Madame Lexa, je vous ai préparé un cornetto maison, souffla doucement la maîtresse de maison en apportant un petit plateau chic sur lequel était disposé la pâtisserie, un bol de fruits coupés en petits morceaux ainsi qu'un verre de jus d'orange pressée.

-Merci… mais je n'ai pas très faim… Souffla la brune, l'air contrit.

-Je me doute mais il faut que vous preniez un peu de force… Vous allez tomber sinon… S'inquiéta María.

Lexa acquiesça en silence. Le plateau fut déposé devant la brune qui ne le regarda même pas, son estomac se tordant de contrariété. Elle aurait tant aimé le partager avec sa compagne…

-Madi et Edda ? Questionna-t-elle.

-Elles ont été emmenées comme vous l'avez demandé au haras pour une journée complète d'équitation. Elles sont sous bonne garde.

La brune expira, elle n'avait pas le courage d'affronter les questions de Madi, aussi avait-elle demandé à ses employés de réveiller la jeune fille et sa nièce très tôt afin qu'elles partent en randonnée équestre, leur faisant sécher les cours exceptionnellement. Elle avait encore besoin d'un peu de temps avant d'affronter son rôle de mère. Elle regarda sa montre puis son téléphone portable, elle avait appelé plusieurs fois Gaia afin de la rencontrer pour clarifier cette histoire de caméras de surveillance.

Gaia semblait faire la sourde oreille, elle qui d'habitude répondait dans les minutes où elle recevait un message de l'ancienne Donati. Lexa trouva cela étrange voir inquiétant. Elle déposa brusquement sa tasse de café encore à moitié pleine, la renversant en partie sur le plan de travail ce qui lui fit lâcher un juron. Elle n'eut pas à s'en faire car la maîtresse de maison accourut pour nettoyer les dégâts. Lexa s'excusa avant de se lever et de faire signe à ses gardes du corps de la suivre. Elle leur demanda de l'emmener à la mairie de Syracuse.


L'employée frappa doucement à la double porte en bois du bureau de la maire de Syracuse. Bien que Lexa n'ait pas rendez-vous avec Gaia, elle n'avait pas su lui refuser sa demande. Tous les employés avaient déjà appris la terrible nouvelle concernant l'état de sa compagne. Le Dr Griffin tout comme la brune étaient très appréciées par les employés de la mairie. Ils avaient d'ailleurs longuement regretté Lexa lorsqu'elle avait quitté ses fonctions à la fin de son mandat de maire pour se consacrer à sa famille puis à sa carrière politique. La brune avait donc à chaque passage des passe-droits qu'aucun autre n'avait.

Elles n'eurent aucune réponse de la part de la Salomon qui semblait pourtant bien là car malgré l'épaisseur de la porte, on pouvait entendre les bribes d'une conversation téléphonique semblait-il. Lexa s'agaça et frappa brutalement contre la porte avant d'appuyer sur la poignée de celle-ci, faisant tourner le regard de Gaia qui s'apprêtait à envoyer paître le visiteur, courroucée à l'idée d'être dérangée.

Néanmoins, lorsque les yeux de la métisse rencontrèrent ceux furibonds de Lexa, elle referma sa bouche et s'humecta les lèvres, soufflant à travers son téléphone :

-Hm… Je dois vous laisser… Une affaire urgente. Je vous rappelle dès que j'ai terminé.

Lexa entra dans le bureau et, une fois que l'employée l'ayant accompagnée eut fermé la porte, lança froidement :

-Je vois que tu sais répondre à un téléphone portable…

Une grimace gênée apparut sur les lèvres de la Salomon qui se leva pour aller à la rencontre de sa mentor. Elle tendit ses mains en avant, cherchant à attraper celles de Lexa mais la brune s'écarta vivement, son regard vert sombre la fusillant du regard.

-Lexa… J'allais justement t'appeler après cet appel… Je suis sincèrement désolée pour ce qui est arrivée à Clarke… Je lui ai justement fait envoyer des fleurs tout à l'heure… Dit-elle d'une voix douce mais trop mielleuse pour l'oreille contrariée de Lexa.

-Je me fous de tes putains de fleurs Gaia ! Ma femme est entre la vie et la mort ! J'avais besoin de toi et tu te permets de m'ignorer ?! Tu es maire grâce à moi je te rappelle ! L'agressa-t-elle, furibonde.

Gaia recula, visiblement impressionnée par l'accès de colère : jamais Lexa ne lui avait parlé ainsi.

-Je comprends… Tu es en colère et triste… Je suis là maintenant… Dis-moi ce que je peux faire pour t'aider… ?

Lexa lâcha un souffle agacé :

-Arrête avec ton empathie mielleuse Gaia ! Je la supporte habituellement mais pas aujourd'hui. Tu sais très bien ce qui m'amène ! Je veux les vidéos des caméras de surveillance du dispensaire !

Les yeux de la métisse partirent l'espace d'une seconde sur le côté ce qui confirma à Lexa qu'il se tramait quelque chose.

-Hm… Comme je l'ai dit à la police, ces caméras sont factices… Elles ont un rôle de dissuasion. C'est Clarke elle-même qui a insisté…Elle disait que filmer les usagers risquaient de poser problème...C'est pourqu…

-Depuis quand écoute-tu Clarke ?! Coupa sèchement Lexa. Tu peux sortir ton laïus à d'autres mais pas à moi ! Tu ne supportes pas ma femme ! J'ai vu ces caméras lors de la réouverture du dispensaire et elles fonctionnaient !

Gaia fronça les sourcils,

-Tes paroles sont blessantes Lexa. Je n'ai jamais souhaité de mal à Clarke… Tout ça devient bien trop personnel… Tu devrais revenir quand tu seras plus calme… Suggéra-t-elle en se dirigeant vers la porte de son bureau.

-Entraves à la saisine de la justice Gaia est-ce que ça te parle ? Demanda froidement la brune ne se laissant toujours par charmer par le numéro de la Salomon.

-Évidemment… Répondit Gaia en en se tournant vers la brune. C'est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende mais je ne vois pas en quoi je suis concernée. Fronça-t-elle les sourcils.

Lexa lut alors dans la gestuelle de la Salomon qu'elle commençait à être moins encline à discuter, visiblement agacée.

-Non tu te trompes. Pour toi ce sera cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende car de par tes fonctions de Maire, tu es appelée à concourir à la manifestation de la vérité, rappela sévèrement Lexa.

Elle vit Gaia tiquer et serrer les lèvres, vexée.

-Tu as menti à la police au sujet des caméras de surveillance. Elles fonctionnent n'est-ce pas ?!

La Salomon resta silencieuse.

-N'EST-CE PAS ?!

Gaia sursauta au hurlement et déglutit difficilement. La mâchoire de Lexa se contracta brusquement et elle sentit cette noirceur en elle qui dormait depuis plusieurs années s'éveiller subitement. Elle parcourut les quelques mètres la séparant de son ancienne associée et l'attrapa brusquement par la gorge, la tirant pour aller la plaquer contre son bureau. Gaia cria de peur et gémit de douleur sous le choc quand son dos se plia et entra en collision avec le bois dur et les diverses affaires dessus. Elle posa ses mains sur les doigts de Lexa, la griffant de ses ongles manucurés.

-Le… Lexa… ! Tu…es… folle !

-Je veux ces putains de vidéo ! Siffla-t-elle, le regard noir.

-Tu… Tu me fais…mal ! Couina Gaia en se débattant.

-Qu'est-ce que tu me caches Gaia ?! Dis-le-moi ou je jure que…

Les mains de la brune se serrèrent durement sur le cou fin de la métisse qui se débattait comme elle pouvait de l'emprise lui coupant petit à petit la respiration. Lexa ne se rendait pas compte de sa force ni de l'état de fureur dans lequel elle se trouvait. Son esprit était focalisé sur Clarke et sur sa soif de vérité. Ce fut l'alarme incendie qui la ramena subitement à elle. Elle lâcha aussitôt Gaia qui se redressa en toussant, avalant de grandes lampées d'air pour reprendre sa respiration. La métisse s'écarta de la brune et lui jeta un regard effrayé avant que la porte de son bureau ne s'ouvre à la volée :

-Madame le Maire ! Le café de Momo est en feu ! Le feu risque de se propager jusqu'à la mairie ! On a ordre d'évacuer ! Il faut partir et vite ! Cria un employé en partant en courant.

Lexa échangea un regard avec Gaia, lui promettant silencieusement qu'elles n'en avaient pas fini.


Les lances à eau aspergeaient avec force l'incendie qui dévorait le commerce de Mohamed. Le patron du café avait été évacué en urgence, brûlé partiellement sur une partie du corps et du visage. Il était allongé et gémissait sur un brancard à roulette.

-Ma fille… Ma fille !

-Je suis là Papa ! Répondit la jeune fille qui portait un panier rempli de courses. Oh mon dieu Papa ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ?!

-C'est lui… ! C'est LUI ! Et elle le protège ! Traitre ! Cria Mohamed en montrant la Salomon qui s'était approchée pour s'enquérir de la situation.

Gaia se paralysa, soufflant qu'elle ne comprenait pas de quoi l'accusait le gérant du café. Lexa resta derrière elle, l'observant en silence. La métisse recula ce qui permit à l'ancienne Donati de l'attraper fermement par le bras.

-Qu'est-ce que tu as fait bon sang ? Interrogea-t-elle, le regard sévère.


Lorsque tout risque fut écarté, tout le monde put reprendre son poste de travail. Gaia invita Lexa à la suivre en silence, visiblement contrite. Les deux femmes s'enfermèrent à nouveau dans le bureau. Gaia s'installa dans sa chaise, cachant ensuite son visage entre ses mains. Des sanglots arrivèrent aux oreilles de Lexa ce qui lui fit froncer les sourcils. La colère toujours présente elle demanda :

-Je peux savoir pourquoi tu pleures ?

-J'ai tout gâché mon Dieu…

-Je n'ai aucune patience aujourd'hui Gaia donc viens-en au fait ! Qu'est-ce que tu as fait ?!

-J'ai tout donné à Victor… Tout ton travail pour le partage des territoires, des ressources pour éviter des guerres de clans et permettre aux habitants de vivre en paix… Je l'ai balayé. Il m'avait promis qu'il gérerait mais depuis plusieurs mois la violence est de plus en plus grande et je ne contrôle plus rien !

Lexa resta sans voix à ces informations. Elle prit une respiration avant de répondre :

-Je t'avais prévenu Gaia que tu ne pouvais pas faire confiance à Victor sur le long terme. Il est bien trop attiré par le pouvoir et l'argent… C'est lui qui a brûlé le café de Mohamed n'est-ce pas ? C'est ce qu'il voulait dire ?

-Oui je pense que c'est lui… Ils taxent les commerces depuis un certain temps pour sa protection mais certains ont décidé de se tourner vers d'autres clans.

-Qui ?

-Les Giordano et d'autres...

-Bordel… Souffla Lexa en levant les yeux au plafond.

-Il m'a demandé de bloquer certains bateaux et à chaque fois ces derniers arrivaient avec de la drogue donc la police a tout saisi. Ça a rapidement agacé les Giordano qui se sont fait évincer malgré eux par les Negros. Depuis quelque temps de la drogue entre mais Victor n'est pas au courant et accuse les Giordano de tenter de reprendre la main sur Syracuse. Je me suis dit qu'il valait mieux que je sois proche de lui pour le contrôler mais…

-Victor n'est pas du genre manipulable Gaia.

-Oui je l'ai appris à mes dépends… Souffla-t-elle piteusement.

-Pourquoi caches-tu les vidéos du dispensaire ? Demanda-t-elle durement.

Gaia ouvrit la bouche avant de se taire, hésitante :

-C'est lui qui m'a dit de les faire disparaître…

-Est-ce que tu l'as fait ?

-J'ai supprimé des serveurs tous les enregistrements depuis la réouverture et j'ai déconnecté les caméras oui… C'est ce qui m'a permis de montrer à la police que les caméras n'enregistraient pas.

-Fais chier ! Pesta la brune en faisant les cents pas, cherchant une solution.

-Mais j'ai sauvegardé une copie sur cette clé… Souffla-t-elle avec hésitation en ouvrant un tiroir de son bureau pour en sortir la fameuse clé usb.

Lexa s'arrêta et alla récupérer l'objet d'un geste vif.

-Tout y est ?!

-Normalement oui… Lexa est-ce que tu vas donner ces enregistrements à la police ?... Demanda-t-elle avec crainte.

La brune ne répondit pas, sondant la métisse.

-Je ne veux pas aller en prison pour Victor… Repartit en sanglots Gaia.

-Il fallait y penser avant, répondit durement Lexa. Victor est de ceux qui sacrifie leurs pions pour gagner. Tu étais son pion Gaia tandis que je te considérai comme une amie… Je te faisais assez confiance pour te transmettre la gestion de Syracuse pour laquelle je me suis durement battue… Aujourd'hui tu as tout gâché et pourquoi ? Pour jouer à la mafieuse ? Tu me répugnes.

-Je suis désolée… Sanglota-t-elle. Pardonne-moi je t'en prie…

-Non Gaia je ne te pardonne pas. Tu devras assumer les conséquences de tes actes, ce ne sera que justice, peu m'importe comment.

De nouveaux sanglots lui répondirent et Lexa fit volte-face pour quitter la pièce. Elle allait ouvrir la porte quand elle entendit le son familier d'une arme à feu dont la sécurité venait d'être retirée. Elle pivota légèrement, tournant la tête au-dessus de son épaule gauche. Elle put apercevoir Gaia qui tenait d'une main tremblante un petit revolver contre sa tempe.

-Je préfère mourir que d'aller en prison…Souffla-t-elle, sa voix se brisant.

Lexa resta silencieuse quelques secondes puis un souffle s'échappa de ses lèvres alors qu'elle ouvrait finalement la porte pour sortir :

-Pour tirer il faut avoir du courage, ce que tu n'as pas Gaia.

Sur ces dures paroles, la brune quitta le bureau de son ex associée qui lâcha aussitôt son arme qui cogna sur le bureau.

-Lexa ! Lexa ! Reviens je t'en prie ! J'ai besoin de toi ! Lexa je t'aime ! Lexa ! Pleura Gaia en éclatant de nouveau en sanglots.

L'ancienne Donati déglutit alors que les pleurs et les supplications de Gaia derrière elle résonnaient dans les escaliers de la mairie.


Raven avait rejoint la brune et avait installé le nécessaire afin qu'elles puissent visionner les vidéos de surveillance. La latina chercha dans les différents fichiers celui que Lexa voulait voir. La vidéo se lança et elles durent avancer sur plusieurs heures afin d'arriver au moment où tout le monde semblait s'affoler dans le dispensaire. Clarke sortit de son bureau puis Matteo et Edda entrèrent dans le dispensaire.

Lexa observa chaque détail jusqu'à frissonner en voyant un individu encapuchonné qui se fit rapidement invectiver par la femme devant être Joséphine. Clarke sembla intervenir. Les caméras n'enregistraient pas le son donc elles ne purent pas savoir ce qu'il s'était dit. Quelques minutes plus tard, l'agression de la blonde commença et Lexa put clairement reconnaître Quint. Son visage se crispa face à l'expression effrayé de sa compagne qui tentait de tenir tête au mafieux grâce à un scalpel. Raven, elle lâchait des jurons en espagnol en serrant les dents. Le sang de la brune ne fit qu'un tour et la haine qui la consumait lui fit serrer le verre qu'elle tenait entre ses mains. Ce dernier se brisa, Lexa le lâcha sous la douleur mais ne bougea pas pour autant. Raven sursauta et ferma l'ordinateur, n'en pouvant plus et s'exclama :

-Quelle horreur ! Merde tu saignes ! Tu as dû te couper avec le verre ! Je vais chercher ce qu'il faut !

-Remets-la vidéo, exigea la brune.

-Non. Répondit durement la latina. C'est une mauvaise idée Lexa. Tu devrais aller donner ces vidéos à la police. C'est trop dur de regarder ces images… Déjà une inconnue se serait horrible mais là… C'est Clarke merde… Moi j'arrête… Pourquoi tu t'infliges ça ?…

La sicilienne ignora la question et rouvrit l'ordinateur, relançant la vidéo tandis que Raven pestait en allant dans la cuisine, agacée que la brune ne l'écoute pas. Elle ne connaissait que trop bien Lexa et elle se doutait que la brune avait une idée en tête et ce n'était sûrement pas d'aller voir la police. Lexa ne lâcha pas du regard la vidéo, se forçant à encaisser la violence de la scène, serrant les poings à s'en briser les doigts ce qui fit couler sur le sol le sang qui s'échappait de sa main blessée. Lorsque Quint commença à déshabiller Clarke, sa gorge se noua et son cœur se mit à cogner avec force dans sa poitrine. Ce fut à ce moment que Romeo intervint, écartant Quint de sa compagne. Elle vit le Cane Corso s'acharner avec force sur le visage du mafieux et en ressentit une certaine satisfaction malgré les larmes qui coulaient le long de ses joues. Clarke s'était battue contre le mafieux malgré sa peur mais malheureusement, Quint était bien trop fort. Elle put distinguer le doigt d'honneur de l'ancien homme de main des Barzetti et serra les dents. Elle baissa les yeux, sentant quelque chose gronder en elle. Elle sentait cette part d'obscurité qui semblait vouloir sortir, se ruant à l'intérieur d'elle à lui en faire mal. La vidéo s'était figée sur les corps immobiles de sa compagne et du mafieux, les minutes défilant sans qu'aucun ne bouge. Elle allait fermer l'ordinateur quand elle vit le garde du corps arriver en catastrophe, se jetant près de Clarke et prendre son pouls avant de la soulever pour courir vers la sortie. Une minute plus tard, elle vit Victor entrer dans le dispensaire. Il venait constater les dégâts à première vue. Un frisson la traversa tandis qu'elle entendait la voix grave de son ancien allié lui traverser le crâne.

« Rentre à Syracuse »

Ce dernier leva le regard vers les caméras après avoir écrasé le téléphone de sa compagne avant de donner un ordre. Le cœur de Lexa sembla s'arrêter de battre un instant car elle vit le corps de Quint se faire trainer sur le sol, disparaissant du champ de vision des appareils.

-STRAND ! Hurla-t-elle de rage en se levant pour foncer vers son bureau.

Elle ouvrit un coffre-fort dans lequel elle récupéra un Beretta ainsi qu'un chargeur. Elle enclencha ce dernier dans l'arme, sortant d'un pas rapide avec le pistolet dans sa main droite.

-Lexa ! De quoi tu parles ?! Lexa ! LEXA ! Cria Raven, inquiète en voyant ensuite la brune courir vers la porte d'entrée.

-C'est Victor qui a tout organisé ! Je jure que je vais tuer ce traître ! Lança la brune, furieuse en ouvrant la porte à la volée.

-Arrêtez-là ! Supplia la mécanicienne aux gardes du corps qui semblèrent surpris en voyant passer leur supérieure avec une arme.

Mais Lexa avait déjà descendu les escaliers du perron à toute vitesse et s'installait au volant d'une des voitures garées dans la cour, la démarrant avant d'accélérer brutalement pour quitter sa propriété.

-Madré de Dios ! S'exclama Raven. Bougez-vous ! On y va ! Beugla-t-elle sur les gardes qui s'activèrent.


Lexa freina avec fracas au plus près des bâtiments sociaux des quartiers sud, elle sortit de sa voiture sans prendre la peine de la fermer, son arme toujours à la main. Elle était décidée : elle allait tuer Victor Strand. Elle entendit des voitures freiner puis Raven l'appeler derrière elle. Elle ne tourna pas le visage, bien trop concentré sur son objectif.

-Lexa ! Qu'est-ce que tu comptes faire bon sang ?! Lui cria la latina, la rattrapant tout en la saisissant par l'épaule pour tenter de l'arrêter. Regarde-moi bon sang !

Lexa se tourna sans prévenir ce qui fit légèrement reculer la latina. Les yeux de la brune semblaient s'être assombris tant la colère qui l'habitait battait son corps de l'intérieur.

-Je vais rendre justice à Clarke !

-Et tu crois que tuer Victor est la solution ?! Tu seras morte bien avant de l'avoir atteint ! Il a des dizaines d'hommes qui surveillent son appartement ! Enfin ! Réfléchis ! Je ne te reconnais plus ! Est-ce que tu penses à Madi ?! Une mère à l'hôpital et une autre dans la tombe ?! Réveille-toi bon sang ! Tu n'es plus la Dona !

Entendre cette cruelle vérité fit serrer le cœur de la brune dont les lèvres se mirent à trembler. De nouvelles larmes se mirent à couler le long de ses joues : elle se sentait si impuissante à ce moment précis. Elle savait que Raven avait raison mais tout en elle réclamait qu'elle se fasse justice elle-même.

-Clarke ne méritait pas ça… Souffla-t-elle durement en serrant les poings, du sang gouttant de nouveau de sa main coupée.

-En effet, dit une voix grave qui fit relever la tête de la brune.

Son sang ne fit qu'un tour. Elle se tourna vers l'origine de la voix et elle pointa son arme sur Victor qui se tenait à quelques mètres d'elle, entouré de plusieurs jeunes. Lexa foudroya du regard le chef des Negros, retirant la sécurité de son pistolet ce qui ne manqua pas de déclencher les gardes de Victor qui braquèrent eux aussi leurs propres armes sur la brune. À cela les gardes du corps venus avec Raven sortirent eux aussi leurs armes. Strand s'humecta les lèvres en haussant un sourcil et fit signe à ses hommes de baisser leurs armes. Ceux-ci s'exécutèrent bien qu'inquiets.

-Si tu es là c'est que tu as réussi à obtenir les enregistrements vidéo de Gaia, déduisit-il.

-Exact, confirma la brune, son doigt prêt à appuyer sur la gâchette.

-Et tu penses que j'ai commandité cette attaque contre Clarke… Continua-t-il.

-Je viens réclamer justice pour ma femme ! Claqua-t-elle, furieuse en avançant pour poser son arme contre le cœur du chef des Negros.

Les hommes de Victor tentèrent de lever leurs armes mais ce dernier claqua des doigts pour les arrêter. Il sourit, visiblement nullement effrayé :

-Et bien si tu es sûre de toi, qu'est-ce que tu attends pour tirer ? La provoqua-t-il.

La mâchoire de la brune se contracta et elle appuya un peu plus son arme contre le torse de son ancien allié.

-Lexa ne fais pas ça ! La supplia Raven.

Victor fixait la brune, cherchant à lire dans son regard jusqu'où elle pourrait bien aller. Il posa finalement une main sur celle tenant le pistolet ce qui fit tressaillir Lexa qui resserra davantage sa prise sur son arme. Il se pencha, cherchant à se rapprocher de l'oreille de la brune pour chuchoter :

-Quint est vivant.

L'information fit l'effet d'un coup de tonnerre à la sicilienne qui se paralysa tandis que sa colère rugissait en elle.

-Suis-moi, indiqua Victor en se reculant, lâchant la main de la brune.

Lexa l'observa en silence. Elle pouvait lui tirer dans le dos : Victor était totalement vulnérable mais elle baissa finalement son arme sur le côté.


Victor était assis confortablement dans un large canapé luxueux. Il fumait une cigarette tout en observant la brune qui était assise en face de lui, crispée. L'appartement dans lequel il vivait à présent était des plus richement décorés, signe que les affaires étaient fructueuses.

-Il n'est pas ici, tu t'en doutes…

-Pourquoi ne pas l'avoir tué quand tu en as eu l'occasion ?! S'insurgea-t-elle.

-Par loyauté.

-Loyauté ?!

-Je pense qu'après tout le mal qu'il a fait, tu es celle qui mérites le plus de lui arracher son dernier souffle. Tu ne penses pas ?

Le Negros souffla une volute de fumée, souriant :

-Du moins si tu en es encore capable ? J'imagine que la sénatrice Griffin n'est pas du genre à tuer…

Lexa ne répondit pas.

-Au diable ta loyauté Victor. Je te connais et tout à un prix avec toi ! Donne-moi le tien ! S'agaça-t-elle.

Strand sourit d'un air amusé et tira une nouvelle fois sur sa cigarette.

-J'imagine que Gaia a du tout te raconter… Cette petite pleureuse… Elle est bien plus malléable que toi tu sais ? Un jeu d'enfant pour obtenir ce que je voulais.

-Viens en au fait !

-Je veux les Giordano.

Les sourcils de Lexa se froncèrent d'incompréhension.

-Je n'ai aucun pouvoir sur les Giordano.

-Bien sûr que si, tu as leur fille en charge, sourit-il.

-Et ?

-Ils te font confiance.

-Tu veux les tuer ? Interrogea-t-elle.

-Il n'y a pas de place pour deux clans à Syracuse, tu l'as toi-même expérimenté avec les Barzetti.

-Les Giordano sont à Gela.

-Ils ont de l'influence à Syracuse malgré tout. Les vieilles familles tss… peu importe le mal qu'ils font et le temps qui passe… Ils pourront toujours refaire surface au moment propice. Il est temps que les nouveaux clans gagnent et restent au pouvoir.

-C'est pour ça que tu as brûlé ce café et a essayé de tuer Mohammed, reprocha-t-elle.

-Il fallait un exemple. Et il me semble que le gérant n'est pas mort…

-Uniquement parce que les secours ont réussi à l'extraire à temps ! Il a de graves brûlures ! S'énerva-t-elle en se levant.

-Du calme. Tu es chez moi, pas dans la rue donc ne te montre pas insultante.

Lexa serra les poings de contrariété.

-Je refuse.

-Dans ce cas tu n'auras pas Quint et je ferai en sorte qu'il survive.

-Espèce de… ! S'enflamma-t-elle, furieuse.

-Tu sais quoi faire pour l'avoir. Je te donne vingt-quatre heures pour y réfléchir Sénatrice, conclut-il, utilisant le titre de la brune avec moquerie et dédain.

Il fit un geste de la main et la brune fut attrapée par les épaules par deux jeunes. Elle se détacha de leur prise, se leva et tout en les fusillant du regard, elle se dirigea seule vers la sortie de l'appartement.


Lexa était assise près de Clarke qui était toujours plongée dans le coma. La chambre de la blonde était remplie de magnifiques bouquets de fleurs, de cadeaux et de mots lui souhaitant un prompt rétablissement. L'ensemble de sa journée ne faisait que tourner dans l'esprit de la brune. Savoir que Quint était en vie et sous la protection de Victor la dégoûtait au plus haut point. Elle était coincée car elle ne pouvait définitivement pas vendre Anya et Gustus à Victor. Malgré les erreurs du passé, ils étaient sa famille et accueillir Edda chez elle avait permis à leurs familles de resserrer leurs liens usés par les choix de chacun. Sans compter que Victor deviendrait rapidement incontrôlable s'il devenait l'unique Don et ne ferait que remplacer les Barzetti qui avaient terrorisé et abusé les habitants de Syracuse par le passé. Gaïa en était le parfait exemple : elle avait pensé être la marionnettiste dans cette histoire mais au final n'était que la marionnette de Strand et en payait le prix à présent.

-Je ne sais pas quoi faire Clarke… Souffla-t-elle en levant les yeux vers la médecin.

Sa confidence resta tristement sans réponse, creusant un peu plus le désespoir qui rongeait petit à petit la brune. Elle rapprocha la chaise sur laquelle elle était assise et saisit délicatement la main non blessée de Clarke, la portant à ses lèvres pour y déposer un baiser. Rapidement elle sentit des larmes s'échapper de ses yeux. Elle ne les refoula pas, les laissant dévaler ses joues pour finalement venir mouiller la peau délicate et marquée de sa compagne. Elle sanglota ainsi durant de longues minutes.

Quelqu'un toqua finalement à la porte ce qui la fit sursauter, la tirant de son chagrin. Elle essuya rapidement ses yeux afin que le visiteur ne la voie pas dans cet état.

-Entrez, dit-elle finalement.

-Madame ? La détective Diyoza est ici. Elle souhaiterait vous parler.

Lexa fronça rapidement les sourcils : que faisait cette flic ici alors que son champ d'action était plutôt l'Italie et non la Sicile. Si elle venait pour lui demander où elle en était vis-à-vis des lois, elle allait se faire une joie de l'envoyer paître froidement.

-Faites-la entrer.

Quelques secondes après, Diyoza passa la porte et ferma derrière elle. Elle observa le corps allongé dans le lit médical et Lexa crut desceller un semblant d'empathie sur les traits froids du visage de la policière.

-Que faites-vous ici et que me voulez-vous ? Demanda sèchement la brune, peu encline à jouer et faire des politesses tout en se levant.

-Vous présentez mes excuses Sénatrice Griffin.

Lexa garda le silence, attendant la suite.

-J'aurai dû aider les services qui étaient en charge d'arrêter l'homme qui a fait ça à votre femme dès l'instant où la juge Conti et sa compagne se sont faites assassiner.

-Il est trop tard pour avoir des regrets, le mal est déjà fait. Reprocha la sicilienne.

-En effet mais il n'est pas trop tard pour que nos efforts paient.

-Nos efforts ? Grinça Lexa.

-Je me suis trompée de stratégie en vous approchant comme je l'ai fait. Je sais qui vous êtes et ce que vous avez pu faire par le passé, Lexa Donati ou du moins devrai-je dire Dona Donati.

La détective sortit de la poche de son manteau des feuilles pliées en deux. Elle les tendit à Lexa qui les saisit et les parcourut : c'était l'écriture d'Ontari Barzetti. Elle lut entre les lignes et devina rapidement que les feuilles étaient les copies du journal de la fille de Nia Barzetti. Copies qu'avait fait Nathan Miller et qui avait fini par fuiter par hasard ou par destin avant d'atterrir entre les mains de la détective. Ces pages donnaient énormément d'informations sur les rôles de chaque famille, les cachettes et les différentes stratégies pour faire fructifier les trafics de l'époque.

-À quoi jouez-vous ? Gronda Lexa.

-Je ne joue pas. Rassurez-vous je ne porte ni micro ni caméra. Cette entrevue restera privée, informa la détective, cherchant à tranquilliser la brune.

-Ces pages ne suffiront pas à me faire condamner et vous le savez. Je ferai en sorte que ces preuves deviennent irrecevables devant une cour de justice, informa Lexa, le regard sombre et plein de menaces.

Diyoza soutint le regard aiguisé de l'ancienne Dona. Elle s'humecta les lèvres.

-Je ne suis pas venue vous arrêter, répondit la détective.

-Alors que faites-vous là si ce n'est m'insulter devant ma femme plongée dans le coma ?! Explosa la brune en jetant le petit paquet de feuilles sur le côté.

- Je suis venue vous proposer une alliance.

-Une alliance ? Et pourquoi faire ? Vous avez eu ce que vous vouliez ! Après tous ces évènements, il ne fait aucun doute que les lois anti-mafia que j'ai proposé vont bientôt être adoptées !

-Vos lois m'importent peu en vérité, elles auront comme toutes les lois au fil du temps des failles, répondit Diyoza ce qui prit au dépourvu Lexa.

-Que voulez-vous alors ?! Venez-en au fait !

-Je veux venger ma fille.

-Votre… Fille ?! Je ne vois pas quel rôle je viens jouer dans cette histoire ! Si c'est encore une de vos manœuvres pour me piéger…

La détective ferma un court instant les yeux, prenant une respiration avant de demander :

-Avez-vous entendu parler de l'affaire Eligius ?

Lexa prit le temps de chercher dans sa mémoire avant d'acquiescer.

-Oui. C'est le groupe de journalistes d'investigation qui a tenté d'infiltrer des réseaux mafieux pour prouver que les aides publiques et l'argent du Vatican étaient pour la quasi-totalité détournés de leurs objectifs principaux pour financer des trafics illégaux.

-Tout juste. Ma fille faisait partie de ce groupe.

-Vous m'en voyez désolée, répondit Lexa dont la colère semblait s'être calmée le temps d'un instant.

Car elle connaissait malheureusement la suite de l'histoire : si l'infiltration avait permis de mettre la main sur quelques informations prometteuses, les familles mafieuses à la tête de cet immense trafic avaient fini par identifier les journalistes. Un à un ils avaient été sauvagement assassinés ainsi que chaque membre de leur famille, enfants y compris. La police avait bien tenté de reprendre l'enquête mais elle s'était rapidement confrontée à l'absence de preuves, décidant finalement d'étouffer l'affaire et la classer. La mort de ces journalistes avait donc été balayée très rapidement malgré leur courage.

-Ma fille Hope… est dans le coma tout comme l'est votre compagne.

Lexa fronça les sourcils, cherchant à se remémorer l'année où les tueries avaient fait parler d'elles.

-Depuis sept ans vous voulez dire ?

-Sept ans et cent quatre-vingt-sept jours plus exactement. Elle venait de fêter ses vingt-et-un ans quand sa voiture a été prise pour cible et a fini au fond de la mer.

-J'ai du mal à comprendre comment je pourrai aider quelque part. Cette affaire est enterrée depuis des années et la tête pensante n'a jamais été identifiée.

-Je sais qui est l'homme derrière tout ça.

-Qui ?

-Il se fait appeler Don Cadogan.

-J'ignore de qui il peut s'agir, répondit Lexa en secouant la tête.

-C'est normal car nous n'avons rien sur lui. Il est très prudent et ne laisse aucune ouverture.

-Vous voulez l'arrêter ?

-Non, je veux le tuer, annonça froidement et sans sourcilier la détective.

Lexa laissa échapper un souffle agacé de ses narines, commençant à comprendre où voulait en venir Diyoza.

-Et vous voulez que je fasse le sale boulot ? Allez-vous faire voir ! Vous n'êtes qu'une manipulatrice et une psychopathe qui se nourrit du mal qu'elle fait aux autres. Votre fille ne méritait sûrement pas son sort mais vous, vous méritez de souffrir pour le mépris que vous avez à l'encontre de l'humanité. Vous avez participé à briser ma famille et je refuse de vous aider. Maintenant partez !

La détective serra les poings, se retenant de répondre vivement à l'attaque.

-J'entends votre point de vue même si je dois avouer être déçue que vous vous arrêtiez uniquement sur ce que j'ai pu faire pour arriver à mes fins. Je pensais que votre famille était ce qui comptait le plus pour vous tout comme moi.

-Ma famille n'a rien avoir là-dedans ! S'agaça Lexa, plus qu'irritée.

-C'est là que vous vous trompez Sénatrice. Car la cible de ce Don Cadogan, c'est vous aujourd'hui. C'est lui qui a ordonné l'enlèvement de votre fille Madi, je pensais que vous l'auriez compris depuis le temps.

-Cessez donc de répandre votre venin Diyoza ! Je ne vous crois pas ! Vous essayez encore une fois de me manipuler afin d'atteindre votre objectif !

-Parce que vous ne manipulez personne vous peut-être ?! Nous ne sommes que des pions sur un échiquier à vos yeux. Vous ne valez pas mieux que moi ! L'état de votre femme en est l'exemple le plus probant !

Lexa sentit en elle une colère sourde se libérer brutalement. Elle n'essaya pas une seconde de lutter et franchit les quelques mètres qui la séparait de la policière pour lui sauter dessus afin de tenter de lui administrer une claque mordante. Elle se fichait des conséquences de son geste, elle voulait faire taire cette vipère coûte que coûte. Diyoza para souplement l'attaque et attrapa le poignet de la brune avant de lui faire une clé de bras qui surprit la sicilienne qui en lâcha un cri douloureux. La détective força durement sur sa prise ce qui fit plier Lexa, l'obligeant à poser un genou à terre du fait de la douleur.

-Lâchez-moi ! Gronda Lexa, le visage rougi par la colère.

-Réfléchissez-bien Sénatrice. Soit vous et moi travaillons ensemble et obtenons justice pour tout le mal causé soit nous nous séparons et nous perdons tout espoir pour l'avenir.

-Allez au diable Diyoza ! Je ne vous ferai jamais confiance !

-Moi non plus mais vous connaissez le dicton : « soit proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis », souffla la policière. Vous connaissez la rue et la mafia mieux que personne et moi je peux obtenir ce que je veux vis-à-vis de la loi, je vous protégerai. Ensemble nous pourrions détruire ce réseau mafieux.

Lexa sentit que la détective lâchait son bras, elle se releva aussitôt et la confronta du regard, furieuse mais garda néanmoins une distance raisonnable entre elles.

-Si vous voulez que justice soit faite, vous savez vers qui vous tourner, conclut Diyoza avant de quitter la pièce.

La porte se referma derrière la policière. Lexa ouvrit la porte de la salle de bain de la chambre et se retrouva devant le petit lavabo. Elle frappa des poings dessus jusqu'à s'en faire mal, hurlant de rage. Sa blessure à la main droite s'était rouverte et des égratignures étaient apparues un peu partout du fait des coups que le lavabo avait encaissé. Du sang se répandit sur le blanc immaculé et sur le sol. Lexa secoua la tête, elle avait l'impression que tout échappait à son contrôle et que quoiqu'elle fasse, elle n'y pourrait rien. Elle se laissa finalement glisser au sol pour sangloter de fatigue. Après un moment, elle réussit à trouver la force de se relever et sortit, se retrouvant près de sa compagne à qui elle adressa quelques mots :

-Justice sera faite peu importe le prix à payer.


Alors alors ? Clarke est en vie malgré un coma profond ! J'avais mis un indice dans le précédent chapitre où je décrivais Luca en train de la transporter mais Esys me l'a fait enlever pour que vous ayez peur ! Vous avez vu comme elle est sadique ? :P Si si !

Avez-vous aimé ce chapitre ? La confrontation avec Gaia ? Depuis le temps qu'elle devait se faire ! Lexa est furieuse et désespérée ! Dyioza en profite pour lui parler de son idée d'assassinat de ce fameux Don qui contrôlerait le plus grand réseau mafieux existant donc depuis le départ de la Dona... Pas trop déçu de Victor ? Le pouvoir lui a fait perdre la tête... Il y avait déjà des indices quand il utilisait le dispensaire pour soigner ses gars en cachette dans un précédent chapitre... Et sinon Quint est VIVANT et sous la protection de Victor tant qu'il n'aura pas eu les Giordano ! :O

Que va faire Lexa selon vous ? S'allier à Diyoza ou bien se faire justice elle-même ? Trahir les Giordano malgré tout ? Elles sont toutes les deux stratèges et ne se feront jamais confiance... Allez à bientôt, prenez-soin de vous !