Bonjour !

Comme prévu, voici la suite quasiment immédiate du chapitre d'hier. J'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture !


1er novembre

Cette nuit lui avait semblé interminable. Alors que les nuits précédentes n'avaient pas été de tout repos pour Severus, celle-ci avait été réduite à peau de chagrin après l'irruption de Black dans le dortoir des Gryffondor. Cet homme n'était donc sur Terre que pour lui pourrir la vie ?

Le professeur avait passé des heures à patrouiller dans les cachots glacials, étant l'un des seuls à les connaitre suffisamment, sans parvenir à mettre la main sur le fugitif. Cela aurait été une telle satisfaction pour lui car d'un seul coup, il aurait été vengé de toutes ces années de harcèlement lors de son adolescence, de la trahison de Lily et par-dessus tout, aurait assuré la protection d'Harry. Alors que sur le moment, il y avait pensé mais avait rapidement été soulagé en voyant le garçon sain et sauf dans la Grande Salle, il ressentait maintenant des bouffées d'angoisse à l'idée de ce qu'il aurait pu lui arriver. Il avait appris que c'était Weasley qui avait été attaqué, mais qui savait ce qui pouvait arriver la prochaine fois ?

Une fois de plus, il en avait parlé au directeur mais celui-ci avait fait la sourde oreille, comme d'habitude. Engager Lupin, qui était un loup-garou dangereux et le meilleur ami notoire de Black était une folie de plus à mettre à son actif.

Lorsqu'il était devenu évident que le fugitif avait réussi à s'échapper du château, une réunion de toute l'équipe enseignante avait été organisée. Naturellement, rien d'intéressant n'en était sorti, hormis les recommandations d'usage concernant la sécurité des élèves. Severus avait longuement hésité à parler de son escapade de la veille au directeur, mais avait finalement renoncé. Il n'y avait certainement aucun rapport entre les deux évènements et cela impliquait beaucoup trop d'explications à donner pour exposer la situation. Finalement, il était enfin en train de revenir dans ses cachots bien aimés, dans le calme et la sérénité qu'il affectionnait tant.

Il aurait aimé parler des récents évènements à Harry, mais celui-ci avait passé la nuit dans la Grande Salle et il n'avait pas eu l'occasion de lui parler en particulier. Il trouverait bien l'occasion de lui faire quelques recommandation avant que cet enfant têtu et désespérément Gryffondor ne tente de faire quelque chose de stupide.

"Ah professeur Snape, je suis contente de vous voir, je souhaitais vous parler.

- Professeur McGonagall ? Nous venons à peine de nous voir dans le bureau du Directeur.

- Oui, je sais, mais je souhaitais vous parler seul à seule. Mon bureau est tout près, voulez-vous m'accompagner ?

- Ai-je le choix ?"

Au regard perçant qu'elle lui jeta, il était évident qu'il ne l'avait pas. Bien qu'il soit professeur depuis plusieurs années, il ne parvenait pas à s'empêcher de se sentir vaguement intimidé par son ancienne professeur de Métamorphose, toujours aussi stricte et cassante qu'à l'époque. Naturellement, en présence d'élèves, il faisait en sorte d'éviter de le montrer mais cela ne faisait pas disparaitre cette culpabilité latente qu'il ressentait malgré tout.

"Pouvez-vous m'expliquer ce qu'il se passe avec le jeune Potter ?

- Pardon ? De quoi parlez-vous ?

- Vous le savez très bien, ne faites pas l'innocent ! Toutes ces retenues que vous lui donnez m'ont mis la puce à l'oreille."

Sentant son cœur s'accélérer, Severus dut faire preuve de ses plus grandes qualités de menteur pour ne rien laisser paraitre. Comment cette vieille chouette avait-elle réussi à deviner ?

"Je sais que vos relations avec James Potter étaient tendues, mais ce n'est pas une raison pour punir son fils de façon aussi injuste. Je pensais que vous étiez passé au-dessus de cela. La retenue d'hier était de trop, j'exige des explications !

- La retenue d'hier ? Ah oui, bien sûr. Votre cher Potter est venu se plaindre de mes méthodes, n'est-ce pas ? C'est le Survivant, alors tout doit lui être passé, y compris lorsqu'il commet des infractions au règlement.

- Mais le priver de sortie était très sévère. Qu'avait-il fait pour mériter cela ?

- Il ne vous a rien dit ?

- Il m'a dit que vous l'attendiez et qu'il ne pouvait pas m'expliquer. Je vous écoute, donc.

- Je ne me souviens plus. C'était certainement justifié… il se promenait dans les couloirs au lieu de travailler. Et puis, je ne l'ai pas privé de sortie, puisqu'il n'en avait pas l'autorisation.

- Il vous en a parlé ?

- Oui. Lorsque je lui ai demandé ce qu'il faisait à trainer dans les couloirs au lieu d'être au village. Mais je ne lui ai pas retiré de points, vous devriez en être satisfaite. La course à la Coupe n'est pas compromise.

- Ce… Ce n'est pas la question, Severus, et vous le savez très bien. Je vais devoir en référer au Directeur, ce n'est plus possible de continuer ainsi. Vous êtes partial et l'un de mes élèves en souffre. Vous allez devoir passer outre votre rancune, je peux vous l'assurer !"

En prononçant ces mots, qui sonnaient presque comme une malédiction, Minerva désigna la porte de la main pour mettre fin à l'entretien. Severus ne se le fit pas dire deux fois et quitta la pièce. Il avait deux mots à dire à Harry, et le plus tôt serait le mieux.

Il arpenta quelques couloirs avant de le trouver enfin, accompagné des inévitables Weasley et Granger.

"Potter, venez me voir dans mon bureau. Immédiatement." Ordonna-t-il d'un ton si sec qu'il en fut lui-même surpris.

Du coin de l'œil, il aperçut le regard outré de Weasley et se demanda si celui-ci oserait protester. Il se délectait d'avance de la punition qu'il allait pouvoir lui infliger. Malheureusement, celui-ci resta silencieux et laissa partir son camarade avec le professeur. Piètre ami, songea Severus, mais il ne dit rien à Harry. Il attendit d'être arrivé dans le silence des cachots et de son bureau pour commencer à lui expliquer ce qu'il s'était passé :

"Pouvez-vous m'expliquer pourquoi votre Directrice de maison vient de se plaindre du nombre de retenues que je vous inflige ?

- Je ne sais pas, professeur. Ce n'est pas moi, ni mes amis qui lui en avons parlé.

- Et celle d'hier ? Alors que j'ignorais que vous étiez en retenue.

- Euh… C'est vrai que pour celle-ci, c'est moi. Je l'ai croisée en allant chercher ma cape et il a fallu que je trouve une explication mais j'ai oublié de vous prévenir. Comment s'est-elle rendu compte que j'avais menti ?

- Elle ne l'a pas fait. Quand j'ai compris ce qu'il s'était passé, j'ai joué le jeu. Mais c'est la dernière fois.

- Merci professeur. Je suis désolé, j'aurais dû vous en parler.

- En effet. Maintenant que ce point est éclairci, je voulais vous parler de ce qu'il s'est passé cette nuit.

- Oui, l'attaque de Black. Je ne comprends pas ce qu'il faisait ici.

- Il a fait ses études ici, il connait parfaitement le château. Mais vous devez me promettre une chose.

- Oui ?

- Ne le cherchez pas. Sous aucun prétexte. Il n'en vaut pas la peine et représente un danger que vous n'avez pas à affronter. Est-ce que je suis clair ? Il ne s'agit pas d'une demande, mais bien d'un ordre !

- Oui, bien sûr. Pourquoi est que je le chercherais ? Il est dangereux.

- Vous avez raison, mais donnez-moi votre parole. Je vous connais, vous autres Gryffondor, et…"

Toc toc toc…

Les coups à la porte l'interrompirent brusquement. D'un coup d'œil, il ordonna à Harry de ne pas bouger. Silencieusement, Severus se leva pour aller ouvrir la porte lui-même.

"Ah Severus, je voulais te parler. Et Harry est ici aussi. Comment vas-tu ?" Commença la voix joviale du Directeur.

"Je vais bien professeur.

-Je suis certain que ta présence ici avait une justification, mais j'ai besoin de parler à ton professeur et j'ai peur d'avoir à te demander de partir.

- D'accord, professeur."

Il avait à peine refermé la porte derrière lui que Dumbledore se tournait d'un bloc vers Severus pour lui faire face. Il le regardait droit dans les yeux et son regard habituellement si pétillant était à présent beaucoup plus froid. Presque dur :

"Je viens d'avoir une conversation avec le professeur McGonagall. Elle m'a dit que vous abusiez de votre pouvoir contre le jeune Potter. Pouvez-vous m'expliquer ?

- J'ai parfois l'impression d'être le seul ici à le traiter exactement comme les autres élèves. Lorsqu'il fait une bêtise, je le puni. Voilà tout.

- C'est faux, et vous le savez. Je pensais que votre cohabitation pendant les vacances avait…adouci les tensions. Maintenant, j'ai l'impression que c'est pire qu'avait.

- Potter est sous notre responsabilité, et c'est à nous de l'éduquer. Qu'il ait passé quelques semaines chez moi relevait seulement de sa sécurité. Aujourd'hui, il n'est pas plus un élève particulier à mes yeux qu'il ne l'était avant. D'ailleurs, vous savez déjà ce que je pense de la sécurité qui lui est offerte ici, avec Black qui est toujours en cavale. Ce qui s'est passé cette nuit devrait être pris en considération.

- Il suffit, Severus. Je gère cette école comme je l'entends et je n'ai pas besoin de vos conseils. Je vais donc vous demander de cesser ces abus de pouvoir caractérisés, et peut être qu'ainsi, j'aurais plus de temps à consacrer à la gestion de la sécurité de l'école."

Le ton glacial qu'il avait employé fit frémir Severus. Oui, il avait été trop loin en remettant en cause sa gestion des évènements, mais sur le fond, il était certain d'avoir raison. Sans un mot, Severus inclina légèrement la tête en signe d'assentiment. Il ne pouvait rien faire de plus et avait réussi à détourner l'attention du Directeur. C'était le principal pour le moment.

Quelques minutes plus tard, Dumbledore quitta à son tour la pièce. Il connaissait suffisamment Severus pour savoir qu'il ne reviendrait pas sur ses propos et que son impulsivité lui avait encore joué des tours. Il prendrait néanmoins ses remarques en compte. C'était le principal pour le moment.

Enfin seul, Severus s'assit à son bureau. Il avait l'impression d'avoir passé la journée à batailler alors qu'il était à peine onze heures, réalisa-t-il après avoir jeté un Tempus d'un geste négligent de sa baguette. Il était épuisé, avait peu dormi et était énervé. Il valait mieux pour les élèves qui oseraient frapper à sa porte qu'ils aient une bonne raison pour cela. Il allait être d'une humeur massacrante et il le savait. Il hésita même à corriger les copies qui l'attendaient depuis deux jours car il allait être plus injuste encore que d'habitude.

Finalement, il saisit une plume, la trempa dans de l'encre rouge et commença à se défouler sur ces malheureux parchemins.


Merci beaucoup d'avoir lu jusqu'au bout !

Je vous donne rendez-vous le 6 novembre pour la suite de cette fic !

A bientot