Bonjour à tous !
Voici la suite du Temps de quelques retenues.
Merci encore une fois pour tous vos retours si sympas et motivants, je crois que je ne le dirai jamais assez. Vous lire est une source de motivation dont vous n'avez pas idée, merci !
Je ne vais pas vous faire languir plus, et bonne lecture !
6 novembre
Les jours qui suivirent l'attaque furent particulièrement agités. Tout le monde ne parlait que de ça, les élèves étaient plus dissipés que jamais et les mesures de sécurité avaient été considérablement renforcées. Elles n'atteignaient pas le niveau de psychose qui avait eu lieu l'année précédente après les attaques de l'héritier de Serpentard, mais elles poussaient tout le monde à bout.
Les menaces de punition qui étaient habituellement suffisantes pour maintenir le calme étaient dorénavant presqu'inefficaces et toutes les soirées de Severus se résumaient en une succession de surveillance de retenues. Il n'avait pas pu voir Harry depuis presqu'une semaine, hormis pendant ses cours, ce qui le rendait plus irascible que jamais. Fort heureusement pour ses nerfs, un match de Quidditch opposant les Gryffondor aux Poufsouffle allait débuter dans la matinée, permettant à tout ce petit monde de penser à autre chose qu'à Black et son intrusion. Déjà, l'effervescence régnait dans la Grande Salle, comme tous les jours de match et un sain esprit de compétition était perceptible, mais il n'avait rien à voir avec la tension électrique qu'il y avait lorsque c'était Serpentard qui entrait sur le terrain.
Réprimant un soupir, Severus termina sa tasse de café pour quitter ce lieu le plus vite possible. Il n'avait jamais particulièrement apprécié le Quidditch, mais en tant que Directeur de Maison, il était dans l'obligation d'assister à tous les matchs de la saison. C'était en général long et il finissait frigorifié au bout de quelques minutes. L'hiver écossais était si rude que rester assis pendant des heures en tribune relevait presque du masochisme. En jetant un coup d'œil au plafond magique, Severus vit qu'un timide soleil de novembre tentait de percer les nuages. C'était déjà ça, il n'aurait pas à supporter la pluie en plus du froid.
En se rendant jusqu'au stade, Harry était serein. Son balai sur l'épaule, il bavardait avec Ron et Hermione de l'attaque de Sirius Back. Suite à cet évènement, Ron était devenu une véritable célébrité dans l'école et Harry ne pouvait s'empêcher de sourire en entendant le récit évoluer au fil du temps. Alors qu'à l'origine, Ron n'avait fait que hurler en se débattant dans les rideaux de son baldaquin, il semblait maintenant avoir presqu'attrapé Black en le provoquant en duel. Ron prenait tellement de plaisir à raconter cette aventure qu'Harry s'amusait de cette évolution plutôt que de s'en agacer.
Ce n'était malheureusement pas du tout le cas d'Hermione. Elle faisait en sorte de rétablir la vérité, et s'attirait systématiquement un regard furieux de Ron. Elle ne pouvait pas laisser passer des propos qui n'étaient pas la stricte réalité, c'était au-dessus de ses forces. Depuis quelques temps déjà, Harry sentait que quelque chose n'allait pas et qu'Hermione s'éloignait progressivement d'eux, comme si elle prenait ses distances ou que quelque chose la dérangeait. Il avait bien tenté de la faire parler, mais elle avait nié l'existence d'un problème. Elle passait de plus en plus de temps à la bibliothèque, travaillant d'arrachepied alors qu'elle survolait déjà le programme.
Lorsqu'ils durent se séparer, l'un allant dans les vestiaires, tandis que les autres allaient en tribune, Harry aperçut Fred et George qui s'approchaient d'eux. Ils avaient déjà leur casque de protection sur la tête et affichaient un grand sourire. L'équipe de Poufsouffle avait été obligée de renouveler une bonne partie de ses effectifs et pour plusieurs joueurs, il s'agissait de leur premier match. La victoire n'était pas assurée, mais elle était probable. L'attrapeur serait Cédric Diggory, un sixième année expérimenté et capitaine de son équipe, les batteurs seraient les même que l'année précédente, tout comme le gardien. Les trois poursuiveurs étaient nouveaux et même si personne ne connaissait leur niveau, c'était une excellente nouvelle pour les Gryffondor et leur entame de saison.
Lorsqu'au coup de sifflet de Mme Bibine, tous les joueurs s'élevèrent et rejoignirent leur poste, Harry jeta un coup d'œil aux poursuiveurs adverses. Ils semblaient à l'aise sur leur balai, volaient vite mais dès la première action, le Survivant comprit qu'ils ne poseraient pas trop de difficultés. Ils avaient du mal à coordonner leurs actions et perdirent plusieurs fois le Souaffle sur des maladresses. L'équipe de Gryffondor, quant à elle, était compacte et chacun connaissait parfaitement ses coéquipiers. Angelina Johnson, Alicia Spinnet et Katie Bell auraient presqu'été capables de se faire des passes les yeux fermés tant elles étaient habituées à jouer ensemble. Les attaques se succédaient par vague régulières, et malgré les ripostes régulières des cognards et la défense héroïque du gardien, les rouges et or prirent rapidement le large au niveau du score. La supériorité des Gryffondor était écrasante et le seul espoir des Poufsouffle reposa rapidement uniquement sur le talent de Diggory et sa capacité à abréger le massacre.
Celui-ci, tout comme son homologue rouge, faisaient régulièrement le tour du terrain, à une altitude suffisamment élevée pour pouvoir balayer toute la surface du regard. A plusieurs reprises, il tenta quelques feintes pour détourner l'attention des poursuiveurs et interrompre une action adverse, mais se fut rapidement peine perdue.
Soudain, il plongea vers le sol et Harry, qui avait aperçu presqu'au même instant l'éclat doré, fonça lui aussi vers le pied du poteau Poufsouffle. Il donna toute la puissance de son Nimbus 2000 pour rattraper le retard que Diggory avait sur lui, mais celui-ci avait une très large avance. Mais celui-ci, presqu'en même temps qu'Harry, dut opérer un virage d'urgence. Le vif d'or avait réussi à s'éloigner et surtout à s'élever dans les airs. Il se trouvait à présent à plusieurs dizaines de mètres du sol, relançant totalement la course car en s'éloignant de Diggory, il s'était approché de Potter. Tout le stade avait les yeux fixés sur les deux attrapeurs, attendant de voir qui allait pouvoir délivrer son équipe.
Malgré son extrême concentration, Harry se mit à avoir froid. Un froid étrange, qui le fit grelotter. Ses doigts s'engourdirent autour du manche de son balai et de la buée se déposa sur ses lunettes. Alors que le ciel était clément depuis le début de la rencontre, de sombres nuages se mirent à obscurcir la lumière du soleil. Et comme au début du mois de septembre, dans le Poudlard Express, il entendit ces étranges chutes d'eau qui assourdissaient tout ce qui l'entourait. Il n'entendait plus le vent qui battait à ses oreilles, ni les hurlements de la foule ou de la pluie qui commençait à s'abattre sur le stade. Non, il n'entendait que ces étranges chutes d'eau et le hurlement d'une femme qui suppliait.
Quittant le vif d'or du regard, Harry aperçut ces sombres silhouettes encapuchonnées qui marchaient sur la pelouse du terrain. Malgré la distance, Harry put deviner les mains pleines de croutes suppurantes avant de sentir ses mains glisser le long du manche de son balai.
Avant même de les voir, Severus reconnut cette sensation insupportable de froid et de malaise. Il avait passé quelques semaines à Azkaban et était certain de ne jamais oublier cette impression de désespoir qui lui étreignait le cœur. A ses côtés, Albus s'était levé et s'apprêtait à quitter la tribune professorale pour aller rejoindre les détraqueurs et les repousser, quand il stoppa net au cri étranglé de Minerva. Severus, comme la Directrice de Gryffondor, n'avait pas quitté Harry des yeux et ils avaient été les premiers à se rendre compte de sa chute. Alors que Severus se saisissait de sa baguette pour amortir la descente, le Directeur le prit de vitesse et s'en chargea lui-même. Severus dut donc assister, impuissant, à la chute de son protégé. Fort heureusement, la pluie battante avait détrempé le sol et rendit le choc moins rude. Il ne pouvait rien faire, rien dire, et pourtant, il n'avait qu'une idée en tête : aller examiner Harry lui-même pour savoir ce qu'il avait.
Pour la première fois depuis longtemps, Severus ne savait pas quoi faire. Il était hagard, choqué par ce qu'il venait de voir et impossible pour lui de trouver quelque chose d'utile à faire qui ne risquerait pas de le compromettre. Finalement, il entendit dans le lointain le coup de sifflet de Mme Bibine annonçant la fin du match et la victoire, sur le fil, de Poufsouffle. Diggory était parvenu à se saisir du vif d'or et personne ne s'en était rendu compte dans la confusion qui régnait. La victoire était régulière, aucune faute n'ayant été commise par l'équipe pour parvenir à ce résultat.
Entretemps, Albus était enfin parvenu jusqu'au terrain et d'un Patronus, avait chassé les intrus. Il métamorphosa une brindille en brancard de fortune et fit léviter le garçon en dehors de l'enceinte. Severus savait que Mrs Pomfresh n'assistait jamais aux matchs pour pouvoir être immédiatement opérationnelle en cas d'accident. Même s'il ne l'appréciait pas beaucoup, il la remercia silencieusement pour cette prudence.
Naturellement, il dut attendre que les autres professeurs commencent à rentrer au château pour s'en aller lui-même. Toute l'attention générale était portée sur l'incident qui venait d'avoir lieu sous leurs yeux, alors bien peu se préoccuperait d'un comportement étrange de sa part, mais il n'était jamais assez discret. Severus savait qu'il ne pourrait pas se rendre à l'infirmerie pour avoir des nouvelles et qu'il lui faudrait attendre les rumeurs pour avoir une idée plus précise de ce qu'avait Harry. Il était évident que personne ne prendrait la peine de lui donner la moindre information.
Il lui fallut attendre la nuit pour pouvoir se fondre dans l'ombre et rejoindre l'infirmerie discrètement. Son expérience d'espion lui était pour une fois fort utile et il parvint à y entrer sans déclencher la moindre alarme. Il secoua discrètement l'épaule du garçon, en espérant silencieusement qu'il ne se croirait pas attaqué.
"Que… Quoi ?
- Chut, taisez-vous !
- Professeur Snape ? Que faites-vous ici ?
- Je suis venu vous voir, espèce de cornichon. Je voulais savoir si vous étiez blessé, mais personne ne semble avoir envie de me le dire.
- Mrs Pomfresh dit que je dois rester en observation pour la nuit parce que j'ai eu une fracture du crâne. J'ai encore un peu mal à la tête, mais je pense que ça va aller mieux demain.
- Que s'est-il passé ? Pourquoi avez-vous lâché votre balai ?
- Vous les avez vu aussi, non ? Des détraqueurs sont entrés sur le terrain, et j'ai glissé. Cette femme qui hurle quand ils sont à proximité est tellement effrayante que… j'ai perdu le contrôle.
- Une femme qui hurle ?
- Oui, elle supplie, mais je ne sais pas qui c'est. Je voudrais la sauver, mais je suis paralysé par ce froid.
- Oubliez cela, vous ne pouvez pas la sauver. Vous ne pouvez rien faire pour elle."
Un regard assassin fit taire Harry alors qu'il tentait de protester en élevant la voix par mégarde. Severus aperçut alors quelques brindilles et morceaux de bois posés sur le lit d'à côté.
"Qu'est-ce que c'est ?" demanda-t-il distraitement, mais le gamin se mit à fondre en larmes à peine la question eut elle été posée. Severus releva la tête pour comprendre les raisons d'une telle détresse.
"Ce sont… les restes de mon Nimbus. Quand je… suis tombé, il est parti…vers le Saule cogneur…et…" hoqueta-t-il laborieusement. Severus n'avait pas besoin d'un dessin pour imaginer ce qu'il s'était passé ensuite. La réaction disproportionnée d'Harry, en revanche, le laissait désemparé.
"Allons, ce n'est qu'un balai, il est inutile de se mettre dans des états pareils. Vous pourrez en avoir un autre, et l'école pourra vous en prêter un de remplacement si c'est nécessaire.
- Oui, mais… vous ne pouvez pas comprendre. Je l'avais depuis mon premier match, il…
- Severus ? Par Circé, que faites-vous ici ?"
Poppy Pomfresh venait d'entrer dans l'infirmerie, attirée par le bruit des pleurs d'Harry, et le fixait maintenant d'un regard accusateur.
"Je… suis venu m'assurer que Mr Potter n'avait pas de séquelles suite à l'attaque des Détraqueurs.
- En plein milieu de la nuit ? Et dans ma propre infirmerie ?
- En effet, je patrouillais dans le couloir quand j'ai entendu du bruit. Vous êtes enfin arrivée, je vais donc pouvoir m'éclipser. Heureusement qu'il n'avait rien d'urgent, votre Survivant n'aurait pas supporté de ne pas être le centre de l'attention générale plus de quelques minutes."
Après un regard glacial vers Harry, Il quitta l'infirmerie dans l'une de ses envolées de robes légendaire, laissant Mrs Pomfresh parfaitement scandalisée. Ce qu'il venait de sous-entendre l'avait outrée et c'est en grommelant qu'elle s'assura qu'Harry allait bien. Elle tapota distraitement son oreiller et lui lança un sort de diagnostic sans porter la moindre attention aux résultats. Harry avait beau savoir ce qu'il s'était réellement passé, il ne pouvait s'empêcher de comprendre la réaction de l'infirmière.
Et voilà, ce chapitre est terminé, j'espère qu'il vous a plu.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, et je vous donne rendez-vous dès demain (bande de petits chanceux !), 7 Novembre, pour la suite directe de ce chapitre.
Merci d'avoir lu jusqu'ici :)
