Bonjour à tous !

Je suis enfin de retour après un (long) hiatus. Pour ceux qui n'ont pas vu la note du dernier chapitre, je vous fait un petit topo. Comme beaucoup d'entre vous, cette année a été un peu perturbée et l'inspiration n'était pas vraiment au rendez-vous. J'avais l'esprit occupé à pas mal d'autres choses (globalement positives, malgré le contexte) et je n'avais pas le temps d'écrire. J'ai donc décidé de faire une pause pour reprendre ma fic là où je l'avais laissée.

Maintenant, j'ai un peu stabilisé ma vie, et je vais essayer de reprendre l'écriture plus régulièrement. Je vais faire en sorte de terminer mes fics commencées et mises en pause depuis bien trop longtemps. Je ne peux rien promettre en terme de rythme de publication, hormis pour celle-ci, qui sera à nouveau publiée "en temps réel".

J'espère que malgré le temps, vous serez à nouveau au rendez-vous pour suivre les histoires d'Harry et Severus. Merci donc à PetitLama, Marie-A, Lydouille, Lutin de Cornouailles, Aniila, Aurore Heart, Jazzy02Girl, Pakalos, PetitLutin22, Stormtrooper2, Brigitte26, Ch0c0frog, Zeugma412, Destrange et Elwenn Snape pour vos reviews laissées pendant cette année. Elles sont toutes hyper gentilles et m'ont fait profondément plaisir. Vous n'imaginez pas l'importance des reviews pour les auteurs.

Et après cette longue dissertation, je vous laisse avec le chapitre !


4 Janvier

"... les conséquences de cette rébellion sont innombrables. De mémoire de sorcier, jamais pareil événement n'avait eu lieu. Le nord de l'Angleterre a mis des décennies à s'en remettre et encore aujourd'hui..."

La voix chuintante du professeur Binns commençait à le faire sérieusement piquer du nez lorsque celle de Ron le tira de sa torpeur :

"Alors Harry, nous n'avons quasiment pas eu de tes nouvelles de toutes les vacances. Je commençais vraiment à m'inquiéter.

- Mais, je t'ai envoyé Hedwige !

- Oui, je sais. Et heureusement. Maman commençait à paniquer. Elle voulait envoyer des aurors à Privet Drive pour t'extirper de leurs griffes.

- Hum, je n'étais pas là-bas, répondit Harry distraitement.

- Ah bon ? Où étais-tu alors ?

- Je... Je suis resté au château. Répondit Harry en se rendant compte de sa bourde. Mais pourquoi t'inquiétais-tu ?

- Ca me parait évident, non ? Après ce qu'il s'est passé à Pré-au-Lard. Tu semblais bouleversé et j'avais l'impression que...

- Que quoi ?

- Que tu avais envie d'en savoir plus. Enfin... Black est ton parrain et personne ne te l'avais jamais dit. C'est normal de vouloir en savoir plus, non ?

- Oui... Mais en même temps, c'est un criminel, je ne pense pas que le fait qu'il soit mon parrain change quelque chose à ça.

- Je suis complètement d'accord avec toi Harry, répondit la voix d'Hermione devant eux. Tu ne dois pas te préoccuper de lui et te concentrer sur tes études.

- Je suis un peu surpris, mais si c'est ce que tu penses... J'avais l'impression que c'était important pour toi, quand tu l'as appris...

- J'ai eu le temps d'y réfléchir et j'ai compris certaines choses.

"Que comptes-tu faire pendant les vacances ?

- Je ne sais pas, monsieur. Je crois que je vais rester au château. J'ai des choses à faire.

- Des choses ?

- Oui. Vous savez... Du travail, des devoirs, ce genre de choses.

- Ne me mentez pas, Potter ! Tonna brutalement la voix de Severus.

- Je... J'ai des recherches à faire. Sur ma famille. Souffla Harry après quelques secondes de silence.

- Vous savez que j'ai horreur des devinettes et que vous finirez par me dire la vérité. Alors gagnons du temps et dites-moi ce que vous voulez faire. Sans faux-semblant ni circonvolutions !

- Vous me promettez de ne pas me punir ?

- Je ne promets rien du tout. Parle, et on verra.

- Je... Lors de la sortie à Pré-au-Lard, j'ai entendu...

- A Pré-au-Lard ? Tu y étais ? Je pensais que tu n'avais pas eu d'autorisation pour cela."

Harry se mordit les lèvres. Si le professeur réagissait déjà à cette information, la discussion risquait d'être compliquée.

"Oui, je suis désolé, j'ai désobéi. Mais j'en avais vraiment envie, et vous voyez, tout s'est bien passé.

- Continue ton histoire, nous en reparlerons. Indiqua Severus en haussant un sourcil.

- J'étais à Pré-au-Lard et j'ai entendu une conversation... dans la rue.

- Il est très impoli d'écouter les conversations. Même dans la rue.

- Et ils parlaient de Sirius Black. Ils disaient que... mon père le connaissait et qu'ils étaient amis.

- Et c'est tout ce que tu as entendu ?

- Non. Au bout d'un moment, ils ont même dit qu'il était... mon parrain.

- Qui étaient-ce ? Siffla la voix de Severus.

- Pardon ?

- Qui étaient ces personnes ?

- Euh... des gens. Je ne les connaissais pas.

- Potter ! Allez-vous cesser de me mentir ? Qui parlait de cela ? Et où était-ce ? Ils n'en parlaient certainement pas dans la rue, à portée d'oreilles comme les vôtres. "

La colère brutale de son professeur fit sursauter Harry. Il s'attendait à une réaction forte, mais pas à ce point.

- C'était... aux Trois Balais. J'étais juste intrigué parce qu'ils semblaient parler de choses...

- Confidentielles, Potter ! Il va falloir que tu perdes cette habitude de mettre ton nez partout. Cela ne t'attireras que des ennuis, croyez moi.

- Mais... Est-ce que c'est vrai ?

- Quoi ? Aboya Severus.

- Que Black est... Mon parrain.

- Il s'agit là d'une des nombreuses erreurs de ton père. Il a toujours eu du mal à savoir s'entourer. Il a fait confiance à Black et il a été trahi. Sans surprise.

- Mais... Vous le saviez ? Vous saviez que Sirius Black était mon parrain et vous ne m'avez rien dit ?

- Oui... Je le savais. Mais je ne voulais pas que tu prennes plus de risques en te mettant encore en danger. Les personnes que tu as entendues ont fait preuve de beaucoup de légèreté en parlant de cela en public. Peu de gens le savent et si cela venait à s'ébruiter..."

Un silence s'installa entre les deux, chacun poursuivant le fil de ses pensées et des conséquences de cette révélation.

"- Professeur ?

- Oui ? Répondit Severus après quelques instants.

- Est-ce que Sirius Black m'en veut ? Je veux dire... Il a peut être envie de... terminer le travail. Il a dénoncé mon père, mais j'ai survécu alors...

- Je ne sais pas, Harry. L'esprit de Black est incompréhensible. Et après treize ans à Azkaban, personne ne peut savoir dans quel état il est.

- Je suis en danger ?

- Oui, sûrement. C'est pour cela que le Directeur a accepté la présence de Détraqueurs autour de l'école.

- J'aimerais quitter le château pour les vacances, mais j'ai peur d'attirer le danger sur la famille de Ron.

- Que comptes-tu faire alors ?

- Est-ce que... Je me demandais si... Peut-être que...asséacanséou ? Acheva Harry en marmonnant.

- Pardon ?

- Peut-être que je pourrais passer les vacances chez vous ?"

Severus le fixa un instant en soulevant un sourcil. D'un air parfaitement impénétrable, il répondit :

"Ce serait avec plaisir."

En s'asseyant dans la Grande Salle en compagnie de Ron, Hermione ayant encore disparu, Harry jeta un coup d'œil discret en direction de la table des professeurs. Celui de potion n'y était pas encore, contrairement au Directeur qui lui adressa un demi-sourire. Après l'avoir salué de la tête, Harry se retourna vers sa propre table. Ron, comme à son habitude, s'était largement servi de pommes de terre et de ragout, et son assiette pouvait difficilement contenir plus de nourriture qu'elle ne le faisait déjà.

En mâchant ses propres pommes de terre, Harry ne put s'empêcher de repenser à d'autres qu'il avait dégustées récemment. Même si la cuisine des elfes était, comme d'habitude irréprochable, celles qu'il avait mangées lors du réveillon étaient incomparables.

Le début des vacances s'était déroulé dans une atmosphère tout à fait studieuse. Harry avait rapidement compris que Severus attendait ces vacances avec autant d'impatience que lui. Il passa donc les premières journées dans le salon, à faire les devoirs que ses différents professeurs avaient donnés, tandis que Severus restait dans son laboratoire à noter les travaux que ses élèves avaient réalisés avant les vacances. De temps en temps, il sortait et jetait un coup d'œil à Harry, qui ne manquait pas une occasion de lui poser des questions. Quand Severus était de bonne humeur, il lui arrivait de se montrer loquace et y répondait avec une précision étonnante, y compris lorsqu'il ne s'agissait pas de ses domaines de prédilection.

Harry s'amusait même parfois à tenter d'atteindre ses limites et de lui poser la question à laquelle il n'aurait pas la réponse. Lorsque Severus s'en était aperçu, il n'avait rien dit. Après tout, si c'était le moyen de faire entrer des informations dans la tête dure du gamin, alors il en profiterait. A partir de ce jour, ses réponses s'étaient révélées encore plus détaillées.

C'est le jour de Noël que ce rituel changea. Dans l'après-midi, Harry entendit du bruit dans la cuisine. Fitzy était habituellement parfaitement silencieux, et lorsqu'il s'approcha à pas de loup, il vit que l'elfe avait été remplacé par son maitre. Severus avait délaissé ses lourdes robes de travail noires pour un tablier, noir également et des vêtements un peu plus légers.

Il s'affairait devant des casseroles fumantes, et de la même manière que lorsqu'il était devant un chaudron, tout cela semblait appartenir à une chorégraphie soigneusement réglée. Il versait, remuait, ajustait la température, assaisonnait… sans la moindre hésitation ou temps mort. Chaque geste qu'il faisait semblait découler du précédent. Il ne semblait pas pressé, mais ne s'arrêtait jamais. Harry l'observa pendant plusieurs minutes, espérant ne pas s'être fait repérer, lorsque la voix grave résonna :

« Ne reste pas planté là. Si tu veux regarder, prends un couteau et viens m'aider. »

Severus ne semblait pas énervé et agacé, il parlait d'une voix curieusement neutre. Sans même jeter un coup d'œil à Harry, il lui tendit un couteau et lui désigna un tas de pommes de terre :

« Epluche ça… Et un peu plus soigneusement que ce que tu fais avec les ingrédients de tes potions. »

Réprimant un soupir, Harry saisit le couteau et se mit à la tâche. Il ne manqua pas le coup d'œil que lui lança Severus, mais celui-ci ne dit rien. Visiblement, il semblait accomplir son travail correctement, ce qui le fit sourire. Il s'améliorait, même si ce n'était que pour une activité aussi futile.

« Professeur, je peux vous poser une question ?

- Tu ne fais que ça depuis que tu es ici et tu te passes bien de mon autorisation. Mais je t'écoute.

- Pourquoi cuisinez-vous aujourd'hui ? Habituellement, Fitzy le fait, non ?

- C'est vrai. Mais la nourriture que cuisinent les elfes manque un peu… d'originalité, à défaut d'un autre terme. Ils le font très bien, mais sans surprise. Je préfère cuisiner moi-même à l'occasion. C'est aussi pour cela que je n'utilise quasiment pas de magie ici. J'ai une maitrise plus fine de ce qu'il se passe.

- Vous cuisinez souvent ?

- Ca m'arrive, oui. Peu à Poudlard, parfois ici quand j'en ai envie. Bon, ces pommes de terres sont prêtes ?»

Lorsqu'il s'assit devant les plats fumants le soir, Harry en salivait d'avance. Ils n'avaient rien à envier à ceux de Molly en termes de fumet et d'aspect. Lorsqu'il mordit dans le morceau de dinde tendre et juteux, il comprit ce que son professeur voulait dire lorsqu'il parlait d'originalité. C'était un cocktail de saveurs, celle attendue de la viande, mais un assaisonnement si complexe qu'Harry aurait été incapable de dire ce qu'il mangeait. La seule chose dont il était sûr, c'est que c'était délicieux.

Les pommes de terres parfaitement ordinaires, celles qu'il avait épluchées quelques heures auparavant, étaient devenu incroyables : croustillantes à l'extérieur, fondantes au cœur, un léger goût de grillé qui se mariait à merveille aux épices ajoutées. Chaque bouchée était l'occasion de découvrir de nouvelles saveurs et d'apprécier le talent inattendu de son professeur.

Lorsqu'à la fin du repas, repu, il s'exclama que c'était le meilleur repas de sa vie, Severus eut un demi-sourire. Visiblement, il appréciait le compliment.

"Monsieur Potter, voulez-vous rester à la fin du cours, s'il vous plait ?"

Harry reprit brusquement pied dans la réalité lorsque la voix familière de sa directrice de maison résonna dans son dos. Certes, il rêvassait légèrement tandis que le professeur détaillait les différents types de métamorphoses des objets inanimés, mais pas au point de subir une remontrance trop grave. Il s'approcha d'elle quelques minutes plus tard avec une légère appréhension et lorsque tous ses camarades eurent quitté la pièce, elle débuta sans détour.

- Est-ce que Miss Granger m'a dit est vrai ?

- De... De quoi parlez-vous ?

- Du balai que vous avez reçu pour Noël ?

- Oui, c'est vrai. Mais pourquoi...

- Savez-vous qui vous l'a envoyé ?

- A vrai dire... Non. Je pensais peut être que vous...

- Non, monsieur Potter. Je ne vous ai rien envoyé de tel. Ni moi, ni le professeur Dumbledore d'ailleurs. Je tiens à ce que Gryffondor remporte la coupe de Quidditch, mais pas à ce point. Avez-vous d'autres hypothèses ?

- Pas vraiment, non. Pourquoi ?

- Harry, un dangereux criminel est en cavale et nous avons la quasi-certitude qu'il est à votre recherche. Vous recevez un balai de course qui vaut une fortune, d'un expéditeur inconnu. Ne pensez-vous pas qu'il peut représenter un risque ? Il est peut être piégé.

- Non, je suis sûr que non. Il est parfaitement normal.

- Comment en êtes vous aussi certain ? Avez-vous développé des connaissances particulières dans le domaine des contresorts ?

- Je... Non, professeur.

- Bien. Vous allez donc me le confier et nous l'analyserons en profondeur. Si nous ne découvrons aucun sort dangereux dessus, nous vous le rendrons.

- Professeur, c'est un objet fragile, il y a des tas de sorts qui le protègent. Si vous lui faites subir des tests, il risque d'être abimé.

- Ne vous inquiétez pas pour cela, nous vous le rendrons intact, vous avez ma parole."

Harry poussa un soupir vaincu.

"Et qui l'analysera ?

- L'équipe enseignante. Mme Bibine sûrement, moi évidemment, le professeur Snape sera aussi d'une aide précieuse.

- Bon, d'accord." L'absence de réaction au nom de Snape fit froncer les sourcils de la directrice de Gryffondor. Harry se mordit la joue face à cette bévue, mais il était trop tard pour rattraper les apparences. Il reprit alors le plus naturellement possible "Et quand pensez-vous que je pourrais le récupérer ?

- Dans quelques semaines. J'espère avant le prochain match, pour que vous ayez un peu de temps pour vous entrainer avec."

Harry hocha la tête, il ne pourrait pas la faire changer d'avis, et après l'avoir saluée, il tourna les talons et alla chercher son balai. Sur le chemin du retour, il pensa au matin de noël, lorsqu'il l'avait reçu.

Harry se réveilla et sentit un poids au-dessus de ses pieds. Il ouvrit les yeux et découvrit, posé sur son lit, un petit tas de paquets de tailles variées et emballés de papiers colorés. Un large sourire s'étendit sur son visage et il repoussa les draps brutalement pour se diriger vers les cadeaux.

Après avoir trouvé le traditionnel pull tricoté par Mrs Weasley ainsi que les délicieuses friandises, il était en train de déballer un livre sûrement offert par Hermione lorsque son regard tomba sur un long paquet étroit, posé debout sur le bord du lit. Intrigué, il le saisit et déchira le papier kraft qui l'entourait.

Sa mâchoire manqua de se décrocher lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il tenait dans ses mains : un Eclair de Feu flambant neuf, vibrant déjà de s'envoler. Le manche chatoyant d'acajou, chaque brin minutieusement disposé pour une pénétration idéale dans l'air, et surtout les lettres d'or délicatement gravées dans le bois. Ce balai était magnifique, le plus beau qu'il n'ait jamais vu !

Encore abasourdi par le somptueux cadeau, il se rendit au rez-de-chaussée, l'Eclair de Feu toujours dans les mains et un sourire gigantesque sur le visage.

Severus entendit ses pas dans les escaliers et se retourna. Il aperçut rapidement la joie d'Harry et mit quelques secondes à comprendre ce qui en était la cause.

"Ce sont là vos cadeaux ?

- Oui, j'ai reçu un Eclair de Feu ! C'est génial !

- Un quoi ?

- Un Eclair de Feu. Vous savez, les balais de courses...

- Et qui vous a envoyé cela ?

- Je ne sais pas, il n'y avait pas de mot avec.

- Et le hibou qui l'a apporté, l'avez-vous vu ?

- Non, les cadeaux étaient au pied de mon..."

Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Le professeur était déjà à ses côtés et lui avait arraché le balai des mains. Il commençait déjà à l'examiner et Harry protesta fortement lorsqu'il commença à sortir sa baguette.

"Quoi ? Ce balai est peut être un piège. Vous ne vous approcherez pas de lui avant que je ne l'ai entièrement testé." Aboya Severus d'un ton sans réplique.

Lorsqu'il le lui avait rendu, la veille de la rentrée, Harry lui en voulait un peu de l'avoir privé de son cadeau pendant plus d'une semaine, mais au regard noir que Severus lui lança, il était inutile d'épiloguer. Severus était sûr d'avoir eu raison, rien ne le ferait changer d'avis !


Ce chapitre est maintenant terminé, j'espère qu'il vous a plu. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

Je vous donne rendez-vous le 3 février pour la suite de cette fic !

A bientôt