Chapitre 2 : Une pizzeria étrange et maléfique. [One Piece x Five Nights At Freddy's 1]
Les jambes croisées, j'observe l'amiral en chef Sengoku assis à son bureau et sa chèvre qui mange à ces pieds. Son air sérieux m'inquiète un peu. Il compte sans doute m'envoyer sur une mission risquée… ou un espionnage. Je suis vice amirale depuis quelques semaines seulement et je ne suis pas encore très connue par les pirates. Ca me laisse encore du repos, car une fois reconnue les pirates savent ce que je vaux, et sont bien plus méfiants. Je souffle ennuyée tandis qu'il tousse en se caressant sa barbe brune.
- Vice-amirale… Vous allez surveiller une pizzeria ce soir.
- Hein ? Vous ne pouvez pas demander à un soldat de faire ça ?
Son fauteuil se tourne dans un crissement sinistre, et Sengoku se penche sur son bureau en me regardant très sérieusement.
- Je le demande à vous, car de nombreux gardiens de nuit ont disparu dans cette pizzeria. Exactement, 13 gardiens, dont 4 femmes.
- …
- Le propriétaire nous demande de l'aide. Si ça venait à s'ébruiter, son magasin va fermer.
- Et cet homme est un ami à vous j'imagine ?
Je me lève tandis que Sengoku sort un dossier et me tend. Je l'attrape et me dirige vers la sortie.
- Faites attention, vice amirale.
- Ouais ouais, comme d'habitude….
J'ouvre la porte et sort rapidement tout en me dirigeant vers mon bureau. Etrange pizzeria. Le nom n'est pas courant : Freddy's Fazbear Pizza.
Je rentre dans mon bureau, me vautre dans le siège en lisant le dossier.
Je frisonne en lisant le passé sombre de ce restaurant. Sengoku est-il au courant de cela ? Des animatroniques… Quel malade mental peut posséder ça ? La pizzeria a vu sa réputation tachée il y a longtemps après la mort de plusieurs enfants. Un homme qui s'était déguisé en l'une des mascottes, un dangereux criminel avait attiré et tué cinq enfants à l'arrière du restaurant. Je retiens un frisson. Qui garderait son restaurant ouvert après ça ? Incroyable.
L'homme est arrêté peu après, mais les corps des enfants ne seront jamais retrouvés. Néanmoins, des clients se plaignent de sentir des odeurs provenant des mascottes et ces derniers avaient remarqué du sang et du mucus coulant hors des robots. Cette fois, c'est trop. Je me lève et court jusqu'à ma salle de bain pour vomir. Des images accompagnent le dossier. Aucun doute, les corps des enfants sont disposés à l'intérieur de ces derniers…. Ce psychopathe savait ce qu'il faisait. Tout avait été prévu. Et dire que je dois aller là-bas.. Je reviens en titubant, et continue ma lecture. Le magasin était en faillite, mais finalement quelqu'un l'a repris et le restaurant est à nouveau ouvert.
Je souffle avant de prendre quelques dossiers et de sortir du bureau. Je regarde l'heure : 22h00 et je dois commencer ce soir. Je baille avant de partir vers le réfectoire me prendre un plateau pour manger sur place. Je rentre tranquillement dans la cantine, commande au cuisiner des plats à emporter et me dirige vers la table des supérieurs où se trouve encore les trois amiraux, l'amiral en chef et quelques vices amiraux en train de discuter de tout et de rien. Je tape doucement l'épaule de Smoker qui tourne la tête vers moi.
- Tu ne manges pas ce soir ?
- J'ai une mission à faire, peut être demain.
- Vice amirale Chesca, j'ai oublié de vous dire que vous deviez le faire pendant cinq jours de minuit à 6 heures du matin, fait Sengoku en levant la tête vers moi.
- …
Cinq jours dans ce trou à rats ? Je vais devenir claustrophobe !
Je souffle et fais demi-tour vers le cuisinier qui pose le sac devant moi. Je le paye et part tranquillement vers l'extérieur du QG. Autant y aller en avance, pour que je fasse connaissance avec les lieux et ces fameux robots et mascottes. Je marche tranquillement dans les couloirs et sors sous le soleil couchant.
J'arrive quelques minutes plus tard devant l'immense bâtisse. Une peur m'envahit, mais je pousse la porte de ma main gauche. Un homme se tourne vers moi, et m'accueille avec un grand sourire.
- Vous êtes Chesca n'est ce pas ? Faîtes comme chez vous !
Je regarde l'homme en question habillé d'un jean et d'une chemise rouge à carreaux. Il m'invite à le suivre et me fait visiter le grand restaurant. On entre dans une pièce sombre, et il allume la lumière. Je cligne des yeux et observe les robots devant moi. Je recule d'un pas, effrayée par leurs aspects. Ils sont fatigués, et j'ai l'impression qu'il m'observe de leurs petits yeux et cruels. Nous faisons rapidement demi tour et il m'accompagne jusqu'à mon bureau où je suis censé surveiller à l'aide de caméra de surveillance. Je le regarde partir et sors ma nourriture et commence à manger en surveillant avec la tablette. Je finis mon dîner, et me penche sur le bureau. Un peu le bazar …
Après quelques heures, il est enfin minuit. Le travail va commencer… Je remarque que le téléphone me signale un message. Je décroche et compose rapidement le numéro pour écouter.
- Bonjour ? Boonnjouuur ? Heuu, j'ai voulu enregistrer un message pour vous, pour vous aider à vous mettre à l'aise durant votre première nuit. Hummmm, j'ai en réalité travaillé dans ce bureau avant vous. Je finis ma dernière semaine de travail en fait... Je sais que cela peut être un peu accablant, mais je suis ici pour vous dire que vous n'avez rien à craindre. Heuuu, tout va bien se passer. Maintenant... concentrons-nous pour vous aider à aller au bout de votre première semaine. Ok ? Heu, regardons ça, premièrement on a une lettre de bienvenue et d'introduction de la compagnie que je suis censé lire. Heuu, c'est une sorte de paperasse légale, vous savez. "Bienvenue chez Freddy Fazbear's Pizza : un endroit magique pour enfant et adultes, là où la fantaisie et le plaisir prennent vie. Fazbear divertissement n'est pas responsable des dommages, propriété ou individus. Dans le cas d'une blessure ou de la mort d'un individu, un rapport de manque à l'appel sera déposé dans les 90 jours au plus tard ou aussitôt que les locaux auront été nettoyés à fond et les tapis remplacés." Bla, bla, bla, sur le coup, ceci peut avoir un mauvais air, mais je vous assure qu'il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Heu, les animatroniques ont un air un peu bizarre mais est-ce que je les blâmes ? Non. Si j'étais forcé de chanter encore et encore ces stupides chansons pendant 20 ans sans jamais avoir de bain? Je serais sûrement irritable durant la nuit aussi.
Hein ? De quoi il parle ? Irritable ? La nuit ? Ce sont des robots, mec.. Tant que personne n'y touche, ça ne bouge pas !
- Donc n'oubliez pas, ces personnages occupent une place particulière dans le cœur des enfants et nous devons leur montrer un peu de respect, d'accord ? Ok. Bien soyez averti: les dits-personnages ont tendance à errer un peu partout dans le restaurant. Heu, ils ont un genre de « mode itinérance-libre » qui s'active durant la nuit. Heuuu... Quelque chose dans leur système se détraque lorsqu'ils sont trop longtemps en inactivité. Heuu, ils avaient la capacité d'errer durant la journée aussi.
Errer ? Ils sont …vivants ?
- Mais là il y a eu La Morsure de 87. Ouais. C-C'est incroyable que le corps humain puisse vivre sans son lobe frontal, n'est-ce pas ? Euh, maintenant concernant votre sécurité : le seul "vrai" risque que vous courez en tant que veilleur de nuit ici, dans le cas échéant, sont les animatroniquess, heuuu, s'ils vous aperçoivent après les heures d'ouverture, ils ne vous reconnaîtront pas en tant que personne. Ils-Ils vous verront surtout comme un endosquelette sans son costume. Comme ceci est contraire aux règles de Freddy Fazbear's Pizza, ils essayeront probablement de... de vous mettre de force dans un costume de Freddy Fazbear. Hummm, ça ne serait pas si problématique si les costumes eux-mêmes n'étaient pas remplis de poutrelles métalliques et de fils électriques et d'autres pièces d'animatronics, plus particulièrement au niveau du visage.
QUOI ?! Me fourrer dans quoi ? Et comment ça ?! Costume ? Endosquelette ? Ces quoi ces machins ? Ces robots peuvent agir d'eux-mêmes à ce point ? C'est inhumain ! … Bon, ce ne sont pas des humains, mais quand même ! PUTAIN ! Je démissionne demain… Je vais voir Sengoku, je lui raconte tout et je m'en vais loin, très loin de cette île, de ce restaurant, d'eux…
- Donc, vous pouvez imaginer ce que pourrais être l'expérience de se faire fourrer la tête dans l'un de ses costumes, cela pourrait créer un genre d'inconfort... et la mort. Heuu, les seuls membres qui reverront la lumière du jour serait vos yeux et vos dents qui seraient éjectés du masque, ouais. (pause) O-Ouais, ils ne vous informent pas de ce genre de chose lorsque vous postulez. Mais hey, le premier jour n'est qu'une petite brise, je vais communiquer avec vous demain, heuu, regardez les caméras, et ne fermez les portes qu'en cas de stricte nécessité, pour conserver l'électricité. Bien, c'est tout pour ce soir et bonne nuit !
Je pâlis tandis que le message se termine. Dans quoi je me suis fourrée (sans jeu de mot, plz) ? Je vais mourir comme tous les autres. Je serre les poings et commence alors ma surveillance. Aucun n'a bougé pour l'instant. Tant mieux. Je détourne un instant le regard, puis regarde à nouveau la tablette. Merde !
Bonnie le lapin a disparu et les autres ont un étrange sourire. Je regarde rapidement tous les autres angles de vue, et je l'aperçois dans la salle principale et qui regarde fixement la caméra, la bouche ouverte montrant ces dents presque noires. Je déglutis et regarde les autres. Ils ont désormais TOUS disparus. Des frissons nerveux me parcourent et une goutte de sueur coule sur mon front. Je les repère tous, et je regarde l'heure qui passe avec lenteur. Tout d'un coup, je vois Chica qui se précipite vers moi. Je ferme les deux portes, et j'entends un bruit sourd comme la porte.
Bien fait, tas de ferraille.
5 heures du matin, et la batterie est à moitié pleine. Je reste comme ça.
Ding Dong ! 6 heures !
6 heures apparaît enfin après une attendre infinie, et les cinq robots sont à la place au fond de la réserve.
Je sors rapidement de la pizzeria et pars me réfugier dans mes appartements. Je m'écroule complètement dans mon lit et sombre dans un profond sommeil mais rempli de cauchemar.
Je reviens, le lendemain, des énormes cernes sous les yeux, ayant fait d'horribles cauchemars avec ces fichus robots. Le téléphone a un nouveau message pour moi, j'appuie machinalement sur le bouton du répondeur et écoute.
- Heuu, bonjour ? Bonjour ? Heuu, bon, si vous entendez ceci, c'est que vous en êtes à votre deuxième nuit, heuu, félicitation ! Je-Je ne vous parlerez pas pour longtemps puisque Freddy et ses amis commencent à être plus actifs au fur et à mesure que la semaine avance. Euh, vous devriez peut-être vérifier les caméras pendant que je parle; juste pour être sûr que tout le monde est à sa place...
Bizarrement, j'applique son conseil et jette un rapide coup d'œil à la tablette. Personne n'a bougé, continuons d'écouter.
- Euh... Curieusement, Freddy ne sort pas souvent de la scène. J'ai entendu dire qu'il était beaucoup plus actif dans l'obscurité, donc, hé. Je suppose que c'est une autre raison de ne pas perdre trop d'électricité, pas vrai...? Je-Je tiens également à souligner qu'il est important d'utiliser les lumières des couloirs. Il y a des angles morts sur la vue de vos caméras, et ces angles morts se trouvent directement à l'extérieur des portes. Donc si-si vous ne pouvez pas trouver quelque chose, ou quelqu'un, sur vos caméras, regardez les lumières. Heuu, vous n'aurez que quelques secondes pour réagir... Heu, mais cela ne veut pas dire que vous êtes en danger bien sûr. Bref, pensez à regarder les rideaux de la Baie des Pirates de temps en temps. L'animatronic là-dedans est unique dans le sens qu'il devient plus actif si les caméras ne sont pas braquées sur lui durant de longues périodes de temps. Je suppose qu'il n'aime pas qu'on le regarde. Je ne sais pas.
Quoi ? Il y a un autre monstre en plus des trois autres horribles dans la réserve ?
- Quoi qu'il en soit, je suis sûr que tout est sous contrôle ! Je vous reparlais bientôt !
Je déglutis et reprend la tablette pour surveiller les drôles de robots. Puis, je regarde l'heure. Une heure du matin seulement.. Que le temps est long ! Bon… Si j'ai bien compris, plus la semaine passe, plus le danger s'approchera de moi et cherchera à me tuer. Je regrette presque hier finalement. Et ce type, a-t-il réussi à s'en sortir ? Ou suis-je la prochaine à laisser des messages pour aider le suivant gardien avant que lui aussi, ne soit tué ? Brrr.. J'imagine que je n'en saurais pas plus avant le dernier soir… Pitié, faîtes que ce type soit sain et sauf, et que j'ai aussi ma chance !
Bref. Je regarde les caméras, et cette fois, c'est le poulet jaune Chica qui a disparu en premier. Je vérifie les couloirs, et elle est déjà dans le couloir qui se situe à ma gauche. Je ferme la porte et observe son comportement. Elle ne bouge pas, et j'en profite pour retourner sur la réserve. Plus que Freddy là-bas. Grrr. Reste loin de moi toi. Donc, maintenant il y a Bonnie qui veut me tuer en plus…
Et je dois surveiller celui dont m'a parlé l'ancien gardien ! Celui derrière les rideaux, le pirate. Je me demande à quoi il ressemble… Euh… Non ! Plus il reste loin de moi, mieux je me porte ! Tu m'entends foutu pirate ?! Hum.. Pardon.
Alors que je suis concentrée sur Chica et Bonnie qui tente de m'avoir en allant à l'autre porte de mon bureau qui est encore ouverte, un bruit strident me fait sursauter. C'était quoi ?! Un vieux grincement ?! Je baisse les yeux.
Putain.
C'était juste mon siège.
Faut rénover le matériel parce qu'à ce rythme, je vais mourir d'une crise cardiaque plutôt que de la main de ces robots.
Je retourne sur la caméra. Rien n'a changé, et seulement le lapin violet et le piaf en jaune s'éclatent en inversant leurs places respectives. Je vais devenir folle à la fin de ces cinq jours..
Bon. Il semblerait que la difficulté soit moins grande que je ne l'avais pensé. Donc, demain, je vais en chier, très clairement. Freddy est toujours et encore à …
…
NON ! Il a disparu de la réserve ce *** !
Je panique et observe toutes les caméras. Dans la cantine.
Encore loin de moi.
Bon. En voyant comment il est obèse, pas étonnant. Quoi ? C'est pas méchant mais voilà !
Ding Dong ! 6 heures !
Je vérifie que tous les robots sont bien à leur place, et retourne dans mes appartements, pleurer une nouvelle fois. J'ai peur pour demain…
Troisième jour.
Je n'ai guère plus dormi, et … oui, j'avoue j'ai une boule énorme au ventre.
J'ai hésité à faire mon testament ce matin, mais je n'avais pas la tête à ça. Clairement pas, et j'avais une tonne de dossiers à faire, donc j'ai fait mon travail et j'ai oublié.
Encore le téléphone.. Je décroche et écoute, comme les précédents jours.
- Bonjour, bonjour ? Hey, vous l'avez fait ! La majorité des gens n'arrivent pas jusqu'ici. Je veux dire, qu-qu'ils essayent de se trouver un autre emploi, je ne prétends pas qu'ils soient morts. Ce-ce n'est- ce n'est pas ce que je voulais dire.
Visiblement, on n'a pas eu les mêmes informations sur ce point. Car si, les autres personnes sont mortes avant toi, et moi maintenant.
- Heuu, de toute façon, je ferais mieux de ne pas prendre trop de votre temps, les choses commencent à devenir sérieuses ce soir. (pause) Heu... Hey, écoutez, j'ai une idée : s'ils vous surprennent et que vous voulez éviter d'être compacté dans un costume de Freddy, heu, essayez de faire le mort ! Ils penseront peut-être que vous êtes un costume vide.
Tiens tiens ! Pas bête comme astuce… Faut que j'essaye.
- Mais là encore, s'ils pensent que vous êtes un costume vide, ils essayeront peut-être de... Fourrer un endosquelette dans votre corps. J'espère que ça pourra marcher. Ouaaais, de toute façon, oubliez ça. C'est mieux de ne juste pas se faire surprendre. Humm... Ok, je-je vais vous laisser, je vous reverrais bientôt.
Un doux chant me sort de mes pensées. Je relève lentement la tête. Oh bordel. Un robot monstrueux s'approche ! J'attrape la tablette et regarde les couloirs. Rien à gauche, ni à droite. Ils sont plus loin alors.. Je regarde la réserve, tout est normal, pas de mouvement, pas de danger. Je zappe alors sur le fameux rideau rouge du pirate. Rien d'anormal non plus.
Un calme qui annonce une grosse tempête.
Je change pour regarder un peu ailleurs, attendant la suite, quand j'entends à nouveau un léger fredonnement. Je m'immobilise. Je ne comprends pas.. Ils sont trop loin.. Alors à moins qu'un nouveau robot soit arrivé et que je ne sois pas mise au courant, je ne sais pas d'où vient ce bruit.. Je retourne sur le pirate, et je remarque que le rideau est légèrement ouvert. Mon cœur rate un battement. Oh non, un nouveau à gérer ! Je vois l'immonde visage d'un renard rouge.. Deux grands yeux ocres m'observent avec une froideur sans réserve. J'avale ma salive et garde le contact visuel une vingtaine de secondes avant de me reprendre. Les autres.. Ils risquent d'en profiter si je reste sur lui.. Quelle bonne stratégie quand on y pense. Je souffle un grand coup et retourne sur la réserve.
Plus personne. Plus d'ours, de lapin et de poussin joyeux. Je regarde toutes les autres caméras et réussis à tous les repérer en seulement une minute. Je regarde l'heure. Quatre heures du matin seulement. Je n'y arriverais jamais. Et j'en suis à 20% de ma batterie. Je sens que je vais le payer cher cette nuit.. Il faut que je la passe.. Je continue à tous les surveiller, en particulier le renard. Il n'aime pas qu'on le regarde, donc je l'emmerde au maximum. C'est lui le plus dangereux de tous à mon avis.
D'un coup, j'entends un frottement contre le sol, un vieux bruit métallique !
Une alarme se déclenche dans ma tête et j'actionne les deux portes qui se ferment d'un coup de chaque côté. Un grognement retentit alors et des coups sont frappés sur la porte de gauche. J'ai bien fait. Mais.. Ce que j'entends, est pire qu'un grognement animal. On dirait… un animal ou un humain qui tente de paraître féroce en adoptant un cri de guerre, comme un grognement surhumain, mais qui est déformé pour devenir un gémissement métallique.
Je frisonne, et attends quelques minutes. Les coups se sont arrêtes, et j'appuie lentement sur les boutons pour relever les portes.
Personne. Je peux encore économiser de l'énergie. Mais ils ne sont pas loin, et sont prêt à me tuer cette nuit, ou la nuit prochaine. J'entends à nouveau quelqu'un qui s'approche et rabaisse les deux portes, mais cette fois, la panique en moi. Je regarde l'heure.
Cinq heures et cinquante-cinq minutes ! Et j'ai 7% de batterie. Rien à faire, je reste les portes fermées. Ca tiendra… Du moins je l'espère.
Ding Dong ! 6 heures !
Je vérifie la réserve et le rideau, tout le monde est à sa place. Je jette la tablette sur le bureau et cours loin du restaurant.
Je n'ai pas réussi. Sengoku m'a ordonné de finir la mission. Je me suis effondrée en larmes dans son bureau, mais il a rejeté ma demande, croyant que je faisais de la comédie.
Pour la quatrième fois et dernière fois, je fais le même mouvement vers le téléphone en m'asseyant sur le maudit fauteuil.
- Bonjour, bonjour ? Hey ! Hey, jour quatre. Je savais que vous pouviez le faire. Hey, écoutez, je ne pourrais peut-être pas vous envoyer de message demain *cognements sur la porte du bureau*. Ce-ce sera une très mauvaise nuit pour moi. Heuu, ça me fait plaisir d'avoir enregistré ce message pour vous *se racle la gorge*, heu, quand je l'ai fait. H-hey, accordez-moi une faveur. *bang bang* Peut-être des fois, heu, vous pourriez regarder dans les costumes de l'arrière-boutique ? *bang bang* J'essayerai de tenir le coup jusqu'à ce que quelqu'un regarde. Peut-être que ça ne sera pas si pénible. *bang bang* J-j-j'ai toujours voulu savoir s'il y avait des têtes vides... dans l'arrière-boutique. *Son d'une boîte à musique* Vous savez... *gémissement* Oh non... *Bruit de l'attaque d'un animatronique avant une brève série d'interférences*
Mon…dieu…
Le type qui a enregistré ça, s'est fait tuer la quatrième nuit et je viens d'entendre ces derniers instants avant que.. Je ne pense pas survivre plus longtemps que lui, ou alors c'est un miracle.
Mais je n'y crois pas. Ou s'il j'y croyais, c'était dans une autre vie, bien lointaine de celle-ci.
Je souffle calmement et essaye tant bien que mal, de reprendre mon sang-froid. Ce qui mentalement impossible pour moi. Je dois le faire.. Sinon ces monstres m'auront plus facilement…
J'active les caméras et commence ma quatrième et sans doute, dernière nuit en tant que gardienne de nuit. Il a parlé de costumes dans l'arrière boutiques.. Il m'a bien aidé jusque-là, je lui dois cette faveur.. Non non !
Très mauvaise idée que j'ai là ! Ce type n'est plus humain désormais, c'est l'un des leurs, et si j'ai l'idée de m'aventurer en terre inconnue avec seule arme, une lampe de torche un peu usée, je signe mon arrêt de mort direct. Et je n'ai pas fait mon testament, donc non !
Tandis que je zappe les différents points de vue, je n'arrête pas de penser à ce gardien… Cette faveur qu'il demande mais.. Oui, je suis égoïste, et je ne bougerais pas d'ici. Je vais mourir aussi de toute manière, alors je n'aurais pas ce problème de cette faveur sur la conscience. J'ai cassé le game ! Oui, je pense à des trucs comme ça, mais il faut bien se détendre !
J'arrive enfin sur le rideau rouge, à moitié ouvert sur le visage de Foxy, le pirate il me semble. J'avale ma salive et change rapidement de vue. S'il y a bien un d'entre eux qui me met la pression, c'est lui. Les premières nuits, monsieur se fait discret mais pour les dernières, il est en première ligne pour me tuer ! BATARD !
Y'a aussi le gros nounours.. Je l'ai vu se promener dans le restaurant les dernières nuits, mais il semble comment dire… perdu ? Est-ce l'ancien gardien serait-il dans ce costume ? On dirait que c'est le seul qui cherche plutôt à m'éviter… Et si j'y allais ? La nuit vient juste de commencer après tout..
Je mène rapidement un combat intérieur entre mon instinct de survie et ma conscience tiraillée avec la faveur demandée par le dernier gardien.. Je lui dois bien ça. Et puis merde ! Je sais que je ne sortirais pas d'ici vivant, donc ! J'attrape ma lampe torche, et vérifie rapidement les piles. Je souffle un coup, et sort lentement de mon bureau, la peur au ventre et comme unique arme : une lampe. Grotesque. Et quand les monstres vont me voir, ils vont carrément rire..
J'avale ma salive, et regarde la tablette pour continuer ma surveillance et pour me repérer dans ce restaurant aussi. Oui, je suis là depuis quatre jours mais je suis pas foutu de trouver le chemin jusqu'à la réserve.. C'est moche, mais tout le monde n'a pas un sens de l'orientation aussi développé que le tien, merci. Bref.
J'avance en silence dans un couloir bien sombre, et regarde le chemin. La réserve se situe à l'autre bout du restaurant, donc si je fais une mauvaise rencontre, c'en est fini. Je continue mon chemin, sans croiser un seul robot et arrive enfin dans la réserve. Il faut que je trouve l'arrière-boutique maintenant et voir si effectivement, il a été tué dans cette pièce.. Je laisse grande ouverte la porte de la réserve, pour pouvoir m'échapper au cas où.
- L'arrière-boutique… Enfin..
Je m'avance et observe les alentours. Tout me semble propre et impeccable. Mais si je sens une forte odeur de produit chimique pour nettoyer le sol. Mon dieu..
J'ai déjà vu des scènes de crime, et le fait que cette pièce en particulier soit aussi propre et rangée, me dérange fortement.
Les robots en ont plus besoin.. Etrange. Personne ne s'inquiète qu'ils soient dans un état aussi … déplorable.
Je m'avance et cherche un quelconque indice qui pourrait m'aider à savoir ce qui est arrivé à l'autre gardien. Après une dizaine de minutes, je me redresse, ennuyée.
- Rien.. Tous les costumes sont indemnes.. Donc, il n'a pas été tué ici, et pas avec ces costumes… Ou le coupable est un maniaque qui a réussi à tout nettoyer en une nuit…
Bam !
Je sursaute littéralement, les deux pieds en même temps et me retourne brusquement, lampe à la main.
- Qui….. est là… ?
Un grincement sinistre retentit dans l'autre pièce, qu'est la réserve. Oh bordel. Ils se sont réveillés ! Je marche rapidement et regarde dans l'autre pièce, désormais vide. J'avale ma salive et resserre ma prise sur ma seule arme à disposition. Quelle grossière erreur de sortir du bureau ! Je le savais, mais j'ai fait ma têtue ! Encore une fois !
Je sors en silence de la réserve, et écoute autour de moi. Tout est silencieux. Je marche sur la pointe des pieds et me dirige lentement mais sûrement. Je passe dans les différents endroits, traversant à nouveau le restaurant dans sa totalité et alors que je suis à quelques mètres du bureau, un hurlement strident brise le silence et une immense ombre sort brusquement du fameux rideau rouge, de la Cave des Pirates.
PUTAAAIN !
J'accélère ma course et cours rapidement jusqu'à mon bureau par la porte de gauche. Je me jette sur la tablette et ferme les deux portes autour de moi, avant de m'immobiliser pour écouter. Foxy arrive rapidement à la porte de gauche, celle par laquelle je suis rentré et commence à frapper violement de ces mains décomposées.
Un, deux, trois et quatre coups. Puis, le silence. Et le robot s'en va, pour retourner derrière son rideau, dans sa Cave des Pirates.
Je m'écroule dans mon siège, et ferme les yeux, en gardant bien soigneusement les portes fermées à ma droite et à ma gauche. Je suis trop effrayée et fatiguée pour y retourner.
De nouveau coups se font entendre, mais à ma droite cette fois. Je rouvre les yeux et regarde de qui il s'agit via les caméras. Il s'agit de Freddy, la vedette du restaurant. Ce dernier lève lentement les yeux vers la caméra, comme s'il sentait que je le regardais. Ses yeux bleus sont étranges.. Et on dirait qu'ils me sondent, m'inspectent à travers la caméra. Bizarre son comportement… D'ailleurs ce que disait l'ancien gardien, Freddy n'aime que l'obscurité… Donc il est censé éviter les caméras, or ce n'est pas le cas ici.. Il relève encore la tête et je vois d'étranges traces sur lui…. Du sang…
Un violent frisson me parcourt entièrement avant que je décide de changer de caméra. Il me met trop mal à l'aise. Un étrange rire résonne dans le couloir. Je relève les yeux pour regarder fixement la porte derrière laquelle est l'étrange ours. Je respire et reprend ma surveillance, cherchant activement les autres membres dans le réfectoire, ou les sombres couloirs. Après avoir vérifié une énième fois, je rouvre les portes et reste aux aguets en ne surveillant que les couloirs. Je n'ai plus de batterie… Il me reste que 4%..
Ding Dong ! 6 heures !
Je pousse un long soupir de soulagement et me lève lentement de mon siège. Oh wait. Un dernier coup d'œil à la tablette.. Plus de danger, tout le monde est à sa place, innocent. C'est ça.. Moi je sais. Je retourne dans mes appartements, et écris avant de dormir, mon testament…
J'en suis désormais à ma cinquième et dernière nuit.
Je souffle doucement, et tente de calmer mes tremblements. J'ouvre les yeux et commence ma surveillance. Hier soir, j'ai fait mon testament. Je sais que je ne m'en sortirais pas. C'est un sentiment profond que j'ai en moi depuis que j'ai quitté Marineford il y a quelques heures. Les minutes passent, pas les heures. Je ferme à plusieurs fois les portes au nez des robots maléfiques. La batterie est à 30% et il me reste 3 heures. Ca peut le faire, ça peut le faire….
J'appuie sur la tablette pour voir les différentes caméras tandis que l'horloge sonne les 4 heures.
Je baille, et bouge légèrement. Tout d'un coup, toutes les lumières se coupent et je me retrouve dans le noir complet. Je tourne la tête. Les portes sont ouvertes, et j'en conclus rapidement que je n'ai plus d'énergie. Je me jette sous mon bureau et respire de façon irrégulière. J'attends, coincée au fond et observe les pieds des monstres qui raclent le sol dans un bruit métallique. J'entends la respiration métallique de ces monstres qui s'approchent dangereuse de moi. Je mets une main sur ma bouche et étouffe comme je peux mes sanglots. Ils savent que je suis là. Je ferme les yeux, en croisant les doigts. Pitié. J'ai été une fille exemplaire… Personne ne mérite une mort aussi affreuse…
J'ouvre lentement les yeux n'entendant plus aucun bruit et devant moi se trouve les quatre robots qui me regardent avec des sourires sadiques. Bonnie et Freddy m'attrapent chacun par un bras tandis que je hurle.
- NOOOOOOOOOON !
Mais personne ne l'entend, ce hurlement du cœur. Car tout le monde dort, loin et paisible.
Le lendemain,
- Ce sont les agents de maintenance qui l'ont retrouvé comme ça au petit matin dans la réserve, ici même..
L'homme repart à l'extérieur laissant Sengoku seul, devant la scène de crime.. C'était la plus horrible qu'il ait vu jusqu'à ce jour.
Les cinq robots sont abîmés…. Comme si quelqu'un s'était défendu de manière énergétique. Néanmoins, il y a du sang sur chacun d'entre eux. Sengoku hausse les sourcils, puis ces yeux se tournent sur le corps mis à la hâte dans le costume de Golden Freedy. Sa respiration se fait plus saccadée tandis qu'il observe le corps sans vie de la vice-amirale. Il commence à faire demi-tour laissant les médecins faire leur travail. Alors qu'ils s'apprêtent à sortir, des rires métalliques retentissent dans le magasin, le faisant sursauter. Il se retourne et regarde les animatroniques sur la scène qui le regardent avec des sourires malsains. Il les fixe un moment et sort presque en courant, effrayé par l'endroit lugubre.
Je reste ici dans ce costume de fer, figé à jamais dans la mort. Je revois ces monstres qui me traînent dans le couloir en chantonnant.
- Nous voulons des amis…. Veux-tu être notre ami ?
- NON !
J'ai vainement tenté de me débattre et de les faire lâcher. Rien à faire. Ils sont bien trop forts. Néanmoins, j'ai fait une grave erreur. J'ai levé les yeux vers eux, et j'ai murmuré.
- Comment des enfants peuvent-ils devenir de tels criminels ? Je sais ce que vous avez vécu. Vous ne méritiez pas ce sort…
- Tu ne sais rien ! hurle Foxy en brandissant son croquet sous ma gorge.
Quelques secondes après, je perds connaissance à jamais. Les robots m'ont fourré dans le costume du vieux Golden Freddy par la force. Mes os ont éclaté et je n'ai plus de chance de survivre. Je souffle une dernière fois et je ferme les yeux.
La foule se disperse… Smoker ne bouge pas, restant devant la tombe de son amie. Il n'y croyait pas. Smoker ferme les yeux et écoute le vent souffler autour de lui.
Je m'approche de lui et caresse sa joue. Il rouvre brusquement les yeux et regarde autour de lui. Je rigole doucement avant de disparaître à jamais.
Il regarde ensuite la photographie posée sur la tombe où l'on me voit en tenue, lorsque j'avais été nommé vice amirale. Il pose les yeux sur la pierre tombale où il est désormais écrit ma célèbre citation :
« Je ne suis pas puissante. Je possède juste de l'humour, de l'esprit et de l'imagination. Si tu as ça, tu possèdes le monde »
Vous me demanderez ce que j'ai écrit dans mon testament..
La vérité sur ce qui s'est passé toutes ces nuits…
Mais étrangement, personne ne l'a trouvé. Car, une ombre m'a suivi la quatrième nuit pour me surveiller. Et quand je suis partie le lendemain, cette même ombre a brûlé le papier. Ainsi la vérité ne sera jamais connue.
Alors un conseil…
Faîtes attention la prochaine fois que vous allez dans un restaurant, car ils s'y sont peut-être.. A vous épier.. Dans la peau des serveurs, et des gentils restaurateurs.
