Chapitre 3 : Je me souviens comme si c'était hier…
PS : Aucune modification apportée, même si effectivement on comprend trop vite, mais personnellement, cette version me convient donc THUG LIFE x)
D'autres OS sont en cours et des idées en préparation :)
Appuyée contre la rambarde de mon navire, je regarde la grande porte qui s'ouvre sur le chemin de Marineford. Doux lit, j'entends ton appel depuis si longtemps. Les paupières sont lourdes depuis de longues heures, mais mon travail m'y interdit lors de mission.
Ouais, c'est le boulot. C'est un dur labeur d'être marine, et d'avoir la responsabilité d'être vice-amirale. Hey ouais…. Les femmes ont aussi leur place ! Tsuru-sama a beaucoup appuyé sur son vieil ami pour que j'en arrive là. Loin d'être méchant, mais assez méfiant face à une étrangère tout juste arrivée à Marine. Une contre amirale un peu bornée, étrangère avec des manières très …femmes. Ca vous étonne ? Pourtant, j'ai été souvent pendant mon enfance en contact avec des mecs et autant vous dire que je suis désormais plus un mec qu'une femme, au moins mentalement. Je n'ai quasiment pas de pitié pour ces enfoirés de pirate qui tuent sans relâche. J'ai manqué de me faire tuer à cause de ma faiblesse à en éliminer. Je soupire doucement, et pose ma tête sur mes bras, désespérée et fatiguée. Sengoku-Gensui m'avait donné cette mission pour que je me rattrape et que je puisse garder ma place au sein des vice-amiraux. J'ai exécuté au pied de la lettre ses instructions sans le moindre écart comme j'ai l'habitude de le faire quand la mission me soule. Hors de question de perdre ce grade alors que ça me permet de vivre correctement ! J'avais vraiment hâte de retrouver mon mari en tout cas !
Les lourdes portes de la justice s'ouvrent lentement sur Marineford, tandis que mon bateau trace son chemin entre, sans freiner. Enfin de retour à la maison.
Pourtant quelque chose m'hérisse le poil… Je ne sais pas quoi. C'est une fois encore l'inconnu. Mes soldats sont toujours aussi joyeux, mais mon instinct me crie vivement que ces rires, ces sourires, ne sont que des façades.. Comme s'ils me cachaient quelque chose.
Bah, je me fais encore des idées comme d'habitude. C'est la fatigue qui me prend au cou après de longues heures de lutte. Je baille de façon très ….. Pas du tout discrète et longuement tout en me frottant les yeux. Je me redresse finalement, et saute à terre une fois le bateau accosté au port. Je passe à côté des soldats qui surveillent le port, sans faire attention à eux. Eux non plus, ils ne me regardent pas. Etrange encore…
Je marche tranquillement en ville, et m'arrête devant une vitrine derrière laquelle j'observe les parures d'argent dont je rêve. Je souffle doucement…
Ce n'est pas avec le salaire que je gagne aujourd'hui que je pourrais m'acheter ces petits bijoux. Je n'avais pas trop à me plaindre non plus : j'étais logé, nourri et j'avais un grand bureau, et une garde de robe immense. Malgré ça, elle est quasiment vide. Je n'aime pas trop m'habiller de façon voyante, mais plutôt de façon discrète avec des couleurs sombre. Pas de rose bonbon, ou de jaune ou vert fluo pour moi ! Beurk ! Rien qu'à voir les petites tenues des gamines aujourd'hui sur Marineford, ça me donne envie de vomir sur leurs chaussures ! Je tourne la tête et regarde avec une totale indifférence le groupe de groupies avec un badge multicolore jaune, rouge et bleu à l'édifice des trois grands et beaux amiraux de la Marine résidant à seulement quelques mètres derrière ces hauts murs. Ouais, des groupies fan des trois amiraux, ca me laisse très perplexe comme vous. Je les regarde disparaître au coin de la rue, puis reprends mon chemin sur la grande rue principale menant tout droit sur la base. Je trace rapidement jusqu'à mon bureau, et ouvre tranquillement la porte pour entrer. La première chose qui me saute aux yeux c'est ce dernier : vide. J'hausse un sourcil. Depuis quand n'a-t-il pas été aussi vide ?
Il ne l'a jamais été depuis mon arrivée ici, et quand je suis parti il restait encore des dossiers que je n'avais pas fini de traiter ou que partiellement. Pet' qu'on me donne des congés obligatoires. Ce n'est pas de refus après tout ça !
Je m'étire, puis laisse tomber mes affaires sur mon canapé violet laissant ma cape de côté et mon sac.
- J'irai laver mes affaires plus tard….
Je regarde autour, sors de mon bureau avant de partir dans mes appartements où je m'écroule mollement sur le lit. Je me cache sous ma douce couverture blanche, et ma tête s'enfonce dans mon oreiller. Je soupire doucement avant de commencer à somnoler.
- Pas envie d'aller manger.. Je saute le repas du soir.
Je m'endors alors, laissant les soldats et mes supérieurs se débrouiller avec la paperasse obligatoire à chaque retour de mission.
Brusquement, je me réveille et saute en dehors de mon lit pour courir jusqu'au bureau de Sengoku. Merde merde merde ! J'avais oublié cette foutue réunion hebdomadaire pour faire le point dans nos missions et sur l'état du nouveau monde ! La porte n'est pas encore refermée, et je me glisse rapidement derrière Smoker tandis que le vice amiral Momonga, (Momo pour les intimes) nous fusille du regard tous les deux pour notre retard.
- Désolé Momo-chan !
Je me glisse et m'effondre sur le fauteuil où je croise les jambes tout en regardant Sengoku, qui a le dos tourné, et donc se trouve face à la fenêtre. J'en profite pour regarder les personnes autour de moi. Les fauteuils sont disposés en U autour du bureau du chef : les trois amiraux sont placés à gauche du bureau, et tous les autres fauteuils en face et à droite sont pris par des vice amiraux et autres grades. J'observe les visages autour de moi : Momonga, Stainless, Garp, Tsuru, Komir, Smoker, Vergo, Doberman, Strawberry, Cancer dit le dragueur, Bastille et enfin Dalmatian. Je regarde longuement les visages de mes collègues, puis je m'attarde sur Smoker qui tourne à ce moment précis la tête vers moi, et semble me dévisager. Je lui souris sincèrement,et tourne la tête pour ensuite observer les amiraux, tous présents à cette occasion. Encore une chose étrange… Kuzan est assis normalement dans son fauteuil, et ne fait pas comme à son habitude la sieste sur le sol. Les deux autres sont complètement stoïques, et Borsalino semble trop sérieux pour une simple réunion. Cette fois, je suis inquiète. Oui, il y a trop d'éléments qui changent de l'ordinaire pour que je passe à côté. La réunion commence….
- Bien, nous pouvons commencer, fait Sengoku en se retournant enfin vers nous. Tout le monde est présent, sauf ….
Sa voix s'arrête, comme s'il était ému soudainement. Son émotion semble être transmise vu que je vois des mains qui se lèvent pour essuyer des petites larmes aux coins des yeux. Il me regarde, et je me retourne pour savoir de qui il parle. Derrière moi se tient Smoker, droit comme un « i », deux cigares en bouche. Qu'est ce qu'il raconte ce vieux ? Ces lunettes lui font défaut ou quoi ? J'ouvre la bouche pour parler, mais mes yeux deviennent lourds, et je fais mollement tomber ma tête sur ma main et ferme à nouveau les yeux.
Ces réunions à la con sont toujours après les missions les plus crevantes, et juste quelques heures après mon retour. Résultat, je m'endors, il gueule pour que je me réveille, je gueule à mon tour et tout ça se transforme en pagaille monstre. La dernière fois, je suis passé par la fenêtre et je suis resté 5 semaines à l'infirmerie avec plusieurs côtés cassés. Je suis à moitié allongée depuis un moment, et personne ne hurle. Oula … Il doit bouillir là alors. J'ouvre un œil, et me redresse brusquement. Ou sont-ils passés ?!
Tout le monde a disparu, comme ça ! Je regarde l'heure et hausse un sourcil. La réunion est terminée depuis 40 minutes, et personne ne m'a gueulé dessus et ne m'a réveillé ! Ils vont m'entendre mes égoïstes ! Mais plus tard, veux dormir !
Je retourne rapidement dans ma grande chambre, me change et saute dans mon lit sous les couvertures. Je referme les yeux et je m'endors rapidement emporté par la fatigue. Malgré ça, je bouge beaucoup dans mon sommeil : je le sens. Je vois qu'ils ont tous un comportement un peu bizarre depuis que je suis rentré. Je vois le mal partout depuis quelques semaines. Même que j'en suis arrivé à me méfier de certains de mes collègues comme Vergo : des rumeurs disaient qu'il était un agent secret au sein du secret Joker dont personne, ou quasiment personne ne connaissait la réelle identité. On parle de cette entité comme un homme dangereux, et prêt à tout pour protéger ces intérêts. J'ai essayé de faire des recherches, mais rien n'a aboutit. En plus, même les amiraux m'ont conseillé de rester loin de ce genre d'affaires. Pourtant, je suis sûre que je n'étais pas loin de la solution !
J'ouvre les yeux, et regarde le plafond mal à l'aise. Tain, j'ai vraiment une mauvaise impression là. Leurs têtes toutes tristes …. Même Sakazuki avait l'air de pleurer ! J'vous jure ! Pourtant, lui pour le faire chialer y'a du travail ! Il est insensible cruel et très vilain comme supérieur ! Le nombre de fois où j'ai manqué d'être cramée par ce type, autant vous dire que je sais de quoi je parle en vilain monsieur ! Alala… Je me redresse après une longue contemplation du plafond, et regarde autour. Bon, je vais faire mon entraînement quotidien. Je me change rapidement pour mes vêtements gris de sport, mon sweet à capuche et je sors en trottinant de ma chambre. Je traverse le terrain de sport et commence mes exercices dans le froid du petit matin. Le soleil n'est pas levé comme d'habitude et je me réchauffe comme je peux dans la rosée fraîche qui tombe sur Marineford endormi. Je m'arrête et tourne la tête quand je sens un regard vers ma direction. Je me retourne et j'observe Kizaru, à son balcon qui m'observe chaque matin faire mon entraînement seule dans un froid hivernal. Je lui souris en secouant la main, contente de le revoir après quelques semaines en mer. Je l'aime bien ce type. Il soupire sans me voir et retourne dans son appartement, la tête basse.
Cette fois, je pète littéralement un câble.
- IL VOUS ARRIVE QUOI POUR QUE VOUS M'EVITEZ TOUS ?!
Il ne répond pas, et ça m'énerve encore plus. Je serre les poings de rage, et frappe violemment un mannequin avec ma main gauche. Je regarde rapidement ma montre et me dirige furieuse vers le réfectoire. On est en vacances, il devrait avoir peu de soldats, et il ne reste que les supérieurs sur ces périodes. Les trois amiraux, qui ne sont ni mariés, et ne possèdent pas de famille restent au QG avec l'amiral en chef. Je cours presque et rentre brusquement dans la cantine, les poings sur les hanches furieuse et remontée au point d'aller gueuler sur mes propres chefs sans trembler. Je passe rapidement entre les tables et frappe du poing sur la table juste à côté de Smoker.
- Vous m'expliquez vos comportements bizarres depuis que je suis rentré ?! Vous m'ignorez tous ! Vous ne me parlez pas ! Vous faîtes comme si j'étais absente !
Smoker a un mouvement de recul et donne un coup de coude à son voisin, qui n'est que l'amiral Kuzan qui lève la tête.
- Quoi Smo-kun ?
- Arrête d'utiliser ton fruit du démon. Il fait froid là, grogne Smoker en se frottant les bras.
Kuzan hausse un sourcil avant de se redresser pour regarder ces collègues, son chef puis Smoker.
- Je ne l'utilise pas…
- Pourtant, la température vient de chuter brutalement, tremble Smoker.
- VOUS M'ECOUTEZ !?
Je suis carrément hors de moi là. Je les fusille du regard et attrape le plateau de Smoker que je lance contre le mur. Les géants sursautent tous d'un même mouvement synchronisé et Smoker, qui est le plus près de moi tombe au sol et recule les yeux exorbités. Pourquoi il fait cette tête ? J'ai gueulé juste avant de passer à l'acte quand même. Je me calme un peu et je m'assois sur la table, en les regardants droits dans les yeux. Je baisse les yeux, et observant les mains de mon géant préféré qui tremblent.
- C….C….Cheeeeescaaaa ?
Je regarde l'amiral jaune avec étonnement. Pourquoi il se met à chialer lui maintenant ? C'est nouveau ce trait de caractère chez lui. Je penche la tête tandis que Sakazuki se tourne vers son collègue en posant une main sur son épaule.
- Borsalino, je sais que la nouvelle t'a affecté mais je crois que tu commences sérieusement à délirer, murmure Sakazuki.
- Absolument pas ! contre attaque Borsalino, déterminé.
- Borsalino, on a retrouvé son navire et leurs corps ..
De quoi ils parlent là ? Qui est mort ? C'est un copain de Marineford ? Qui qui qui ?!
- De plus, fait doucement Sengoku. Nous sommes tous aller à l'infirmerie pour identifier les corps. Il n'y a aucun doute là-dessus.
Je tombe contre la vitre, puis je lève la tête vers la seule personne qui reste désormais à table. Borsalino …. Je me relève, puis m'approche pour le voir jouer avec quelque chose de brillant…. Je suis venue à côté de lui, et je me suis assise à sa gauche.
- Borsa…
Je n'entends pas de réponse… Juste un lèger murmure.
- Tu me maanques…
- Tu me manques aussi.
J'ai répondu ça, comme si j'attendais qu'il développe une conversation. Mais rien…
- Pourquoi … Cheeesca ?
Je suis surprise là. J'ai dû louper un épisode là, à moins qu'il ne parle tout seul.
- Quoi ? Qu'est ce que tu veux dire … ?
- Pourquooooooi est-ce que tu m'as laissé ?
Sa voix est faible, pleine à craquer d'une tristesse sans borne.
- Borsa, je ne t'ai pas laissé…
Cette fois, ça m'inquiète. Je lui susurre à l'oreille, la main sur son bras et j'essaye d'apercevoir son visage, tourné vers ces mains qui jouent toujours avec un objet invisible. Il bouge un peu, et soudain j'entends un objet qui tombe sur la table et roule jusqu'à moi. Je penche tête et aperçois …. Une alliance dorée avec une légère inscription que je déchiffre facilement : Unis pour la vie. Je tremble. Je reconnais cette alliance…. C'est ….. la ….mienne. Je tends ma main et regarde ma main droite, où devrait être mon alliance. Elle est vide. Je tremble à nouveau… Mes yeux s'écarquillent de stupeur quand que mon cerveau analyse rapidement les élèments qui se placent devant moi.
Non …. J'ai peur de comprendre maintenant. Je me recule en me tenant les bras en tremblant. Non non non … Je regarde mes mains, désormais blanches, et couvertes de sang. J'ouvre de grands yeux avant de me retourner brusquement vers la grande vitre que possède le réfectoire. Devant mes yeux, une forme pâle dont la tenue est déchirée de partout, avec une cape. Tout est tachée d'une couleur étrange… Rouge…
Le navire tangue dangereusement, tandis que je hurle à mes hommes de rentrer à l'abri. Ils contestent violemment mais, je n'entends pas. Le vent souffle de rage contre la voile, et je tombe brusquement avec d'autres au sol sous les assauts répétés de la mer contre nos pieds. Je tourne la tête, et je vois mes hommes qui passent par-dessus bord. Je hurle leurs noms. Je me précipité au bord et tente d'apercevoir les visages, les bras qui me font signe. Rien. Je dois larguer l'encre ici, dans cette tempête pour les récupérer quoi qu'il en soit ! Je me jette sur la barre et jette l'encre. Le bateau n'apprécie pas d'être arrêter ici, mais tant pis. Alors que je sors sur le pont mouillé, quelque chose me rentre dedans et je baise ls yeux. Du sang coule…Un morceau du bateau vient de se loger dans ma poitrine. Je tombe sur le sol, et tend la main une dernière fois vers le denden.
- D…den…den… Appelle urgence … Sengoku
Maintenant, je regarde le denden qui pleure, l'unique signe de détresse mais mes yeux sont lourds, et mon bras tombe en même temps que ma tête sur le plancher dur du pont de bois.
Je m'en souviens…
Je respire de plus en plus difficilement, debout devant la vitre en train de me contempler. Mes mains sont couvertes de mon propre sang comme ma poitrine. Ce sang que j'ai perdu après la violence tempête … En pleine mer en pleine tempête….
Je me redresse après un moment, et me retourne vers Borsalino, mon tendre et cher amant depuis quelques mois seulement. Il est dévasté mais qui puis-je faire maintenant ? Je ne suis plus rien, sauf un être mort qui déambule seul sans raison dans un lieu qu'il aime : Marinford.
Je le regarde avec un sourire, malgré les larmes qui coulent sur mes joues roses.
- Je peux m'en aller maintenant. Il me restait deux choses importantes à faire : te revoir une dernière fois, et te dire une chose important : rien n'aura plus compté que toi. Jamais. Je t'aime. Dors maintenant. Demain, à ton réveil plus rien ne sera pareil.
- Bonne nuuuit Cheeesca….
- Bonne nuit grand fou…
Un dernier sourire naît sur mon visage tandis que je m'éloigne vers la grande porte où je vois désormais une vive lumière qui m'appelle. Je murmure doucement :
Je m'en souviens comme si c'était hier…
