FanFiction « A la Vie, à la Mort ».

Chapitre 2 : Pluie

~ Flash Back 2 ~ Pluie ~

{Musique : Le Prince de Sang-Mêlé « In Noctem » (Extended)}

Cela faisait des jours que la pluie ne cessait d'inonder ma vue.

Une semaine après, Harry venait chercher ses affaires et souvenirs à Grimmaurd. Je l'avais aidé à tout rassembler pendant plusieurs jours. Nous étions seuls à arpenter les recoins de la vieille demeure. Ginny était couvée par toute sa famille, ces proches, ces amies, et Harry intenable quant à sa santé. Être père semblait pour lui un bonheur incommensurable mais aussi un immense source d'anxiété. Ginny, Fleur, Luna et moi charions souvent Harry à ce propos, qui semblait subir les troubles hormonaux que sa femme me subissait pas. Sauf en présente de son frère. Après une piètre et fausse réconciliation avec Ron, nous nous étions à nouveau disputés. Une mauvaise langue avait prit soin de dévoiler une partie de ma soirée en compagnie de Théodore Nott. Je réalisais à quel point Ron n'avait pas confiance en moi. Il n'avait pas cherché un seul instant à avoir ma version et m'avait rabaissée sans raison. Harry, d'abord choqué, s'était ensuite interposé et s'était aussi disputé avec Ron. Il se souvenait de la condition de son parrain de substitution, Remus Lupin, et partageait ma compassion pour le jeune Loup-Garou qui lui avait sauvé la vie.
C'est ainsi que nous avions rassemblé, juste nous deux, toutes les choses que Harry voulait récupérer. Quelques cartons peu nombreux. Il faisait surtout ses adieux, pièce par pièce, se remémorant chaque souvenir comme si c'était hier.

- « Tu pourras revenir quand tu veux, Harry... » le rassurais-je.
- « Merci 'Mione. Je viendrais aussi pour toi » il me répondit, les larmes aux yeux.
- « Ho, Harry…». J'étais émue et je le pris dans mes bras, comme le frère qu'il était pour moi.
- « Je suis si content que se soit toi qui ai cette maison… Tu es la meilleure qui soit pour veiller sur notre passé et tu mérite cette demeure. Je suis certain que tu en fera quelque chose de beau, avec les souvenirs que nous y avons partagés » finit par m'encourager Harry, renforçant son étreinte.

Hermione versa une autre larme, qui tacha le parquet à côté de la précédente. S'il savait à quoi ressemblait le Square maintenant… Si seulement il était venu pour la rabrouer et exiger qu'elle la rénove. Si seulement.

Ron était entré avec pertes et fracas à ce moment là, trempé des torrents qu'il pleuvait dehors. Il resta d'abord interdit en nous voyant enlacés. C'était pourtant normal Harry et moi avions toujours de tendres attentions l'un envers l'autre, j'aimais croire à un lien fraternel. Puis Ron devint rouge de colère. Il fulminait, car j'avais décidé de rester habiter dans cette « maudite bâtisse » et qu'il avait « des projets pour nous » après notre mariage. Ron citait toutes les choses auxquelles je renonçais, alors que j'en prenais connaissance à l'instant. Il ne m'avait même pas demandé en mariage correctement, il critiquait sans cesse mon savoir de « Miss-je-sais-tout insupportable » et toutes les excuses devenaient bonnes pour me rendre fautive. Mais c'est quand il m'accusa ouvertement de le tromper avec le premier venu que ma main choqua violemment sur son visage. Harry semblait désespéré et transplana, emmenant de force un Ron Weasley que je ne reconnaissais pas. C'est la dernière fois que je vis Ronald Weasley, avant la Grande Célébration pour les Héros du Monde Sorcier. A toutes les sorties ou repas de famille suivants, ils s'arrangeait pour qu'on ne se croise plus. Beaucoup ne voulait pas prendre de parti, mais aucun ne remettait en doute ma colère et ma déception face à son comportement. Ginny piquait des crises contre lui chaque fois qu'elle le voyait et Harry étant un mari surprotecteur, finit par leur interdire de se voir pendant la grossesse de sa bien-aimée.

J'étais à présent seule dans cette grande Demeure sombre et pleins de secrets. Mais ce que je craignais, c'était surtout la réaction de Kreatur. Cet elfe de maison détestait les nés-moldus et ne jurait que par le sang. Je prenais mon courage à deux mains et exigeait une entrevue avec lui afin qu'il m'écoute. Puis je lui parla de façon sincère. Je savais qu'il était déçu que sa nouvelle « Maîtresse », mais je ne le dérangerais pas et avec moi, il sera toujours bien traité. Cette maison était aussi la sienne, il y avait toujours vécu et si c'était son souhait, il pouvait rester ou partir. Je savais qu'on n'avait pas les mêmes valeurs mais je lui fis part de toutes mes pensées à son sujet et de mes projets d'avenir, notamment pour ce lieu.
Le lendemain, le silence me faisait croire à son départ.
Seules les gouttes tapaient contre les vitres. Je descendais à la cuisine… et reçu son petit déjeuner. Il était resté. Il bougonnait et je lui offrais un sourire. Puis je commençais mon entreprise : retaper totalement la maison.

Au bout d'une semaine, les réparations étaient loin d'être achevées. J'avais arpenté cette demeure avec des pensées plus noirs les unes que les autres. Une fuite dans le toit avait fait entrer de l'humidité dans la demeure. Je songeais alors à tout ce qui était stocké dans le box et espérais qu'il n'était pas inondé. Je décidais de me ressaisir et allais chercher le contenu du garage que je louais, puis rendais les clés. Harry m'avait aidé à tout rapetisser et transporter magiquement. Mais je le savais inquiet loin de sa dulcinée et le déchargea de la suite. Je sorti toutes les affaires dans le salon et m'excusais auprès de Kreatur du désordre occasionné. J'allais prendre mes affaires personnelles et me rendait compte que je n'avais même pas choisi de chambre définitive.

Je ne pouvais pas toucher à celle de Sirius ou celle de ses parents, ni à celle de Remus. J'entrais dans la première et arpentais tout ce qui représentait l'héritier Black. Il y avait encore ses vêtements sur le fauteuil et je frôlais le tissus comme l'on frôle une fleur fragile. Son contact m'était chaleureux. Quand nous l'avions sauvé, à dos d'Hyppogriffe, je sentais encore son toucher durant l'envol de Buck. Puis de son regard posé sur moi, plein de reconnaissance et d'une lueur inconnue. Il avait tant souffert et pourtant il faisait tout pour redonner le sourire à son neuveu et aux autres. Nos longues discussions les soirs solitaires m'en avait plus apprit sur lui que des années de présence. Son sourire malicieux m'apportait de la joie et sa voix suave, de l'apaisement.
D'un coup de baguette je fis le ménage dans toute la chambre. D'un autre, je rénovais à l'identique et lança un sort intemporel, afin que les lieux et affaires ne subisse pas les affres du temps. Quelques larmes
échappées et un dernier coup de baguette, je celais la porte afin que seul Harry, Kreatur, Sirius ou moi, puissions l'ouvrir. Bien que son passage à travers le voile valait la mort, un mince espoir de le voir revenir perdurait. Si seulement il pouvait en revenir, Harry serait si heureux… et moi aussi. « Sirius… Si seulement tu pouvais revenir, en souvenirs de nous, revenir vivre avec nous... » pensais-je. Puis je sortais afin de répéter l'opération dans la chambre du professeur Lupin.

Je posais mes yeux sur les nombreux livres éparpillés et le peu de ses possessions. Pourquoi un homme si brave et si intelligent était-il forcé de vivre dans la misère ? Je songeais à Nott et cela me donnait envie de travailler au ministère afin de changer les lois sur les Loup-Garou. Leur lycanthropie n'était pas leur choix, c'est comme condamner un malade à l'exclusion. A cette souffrance qu'avait enduré Remus pendant 20 ans, je ne pouvais retenir des larmes. Je m'allongeais sur son lit et en respirant son odeur franche et douce, mes sanglots silencieux se transformaient en hoquets douloureux. « Pourquoi ? Pourquoi mourir le jour même de la fin de la guerre ? Pourquoi ! Quelques heures de plus, et nous pourrions être en train de lire ensembles tous les volumes que Ron trouvait si ennuyeux. » Ces yeux doux et tristes me manquent tellement… J'aimerais le revoir, qu'il m'enseigne à nouveau, nous aide. « Qu'il revienne... ici, maintenant ! J'en appelle à la magie, que Remus Lupin et Sirius Black reviennent vivre ici ! »
Sur ces pensées déprimantes et vaines je m'étais endormie, en serrant les draps entre mes doigts fatigués.

.~*~.

Je me réveillais le lendemain à l'aube, perdue. J'entrepris de me trouver une chambre, à côté d'un ancien bureau que j'investis aussi. Mais avant d'y mettre mes affaires, il y avait du travail.

La chambre choisie possédait très peu de meubles et n'avait pas d'affaires personnelles. Alors à part le grand lit à baldaquin, je déplaçais les meubles dans une autre chambre impersonnelle, future chambre d'ami à l'étage du dessus. Une fois presque vide, je rénovais le plancher à l'identique, les frises et peintures du plafond, les portes et fenêtres. Le papier était d'un marron sombre déplaisant… mais en testant du bout de ma baguette, je me vis que sa couleur d'origine était un rouge sang intense et je lui rendis cette couleur avec enthousiasme. Je troquais les rideaux noirs abîmés et lugubres, du lit et de la fenêtre, pour du velours or brillant. La ressemblance avec la tour des Griffondor me mettait du baume au cœur. J'avais hâte de finir le Square et de le montrer à Harry. J'y posais et agrandissait mes meubles moldu, en bois ancien qui ne dénotait pas autant que je le craignais. Je montais quelques cartons de mes affaires mais devant la tâche, je me résignais à me laver de la poussière de la journée et après un repas frugal, fit un feu magique dans la cheminée et me couchait. Bercée par le crépitement des flammes et la pluie régulière, j'avais dormi profondément, d'un sommeil réparateur sans rêves ni cauchemars.

.~*~.

{Musique : Le Prince de Sang-Mêlé « The Slug Party » (Extended)}

Je me levais en douceur, reposée et motivée. Je descendais à la hâte en nuisette en voile doré sans même prendre le temps de nouer la ceinture de mon peignoir en satin rouge. J'avais particulièrement apprécié cet ensemble de couleurs, me rappelant celles de ma Maison à Poudlard, mais attendait l'occasion de les baptiser. Cette nuit, j'avais enfin pu dormir dans la future chambre de mes rêves, avec un ensemble de rêve. J'étais euphorique et.. seule ! Kreatur m'avait prévenu partir toute la journée pour faire des courses et autres nécessités. Je fermais la porte à clé et trottinait à la cuisine tout en allumant tous les feux de cheminée sur mon passage. Le toit était réparé mais l'humidité ne semblait pas vouloir déguerpir, j'allais donc y remédier définitivement aujourd'hui. J'avalais promptement quelques gorgées de thé chaud et attrapais un croissant au chocolat fondant *, puis me dirigeais vers le salon. Il était déjà presque 9h du matin, mettre cette journée solitaire à profit me rendait joyeuse. C'est ainsi que je triais d'une main les cartons en fonction des pièces où il devaient aller, le chocolat me coulant allègrement sur les doigts de l'autre main.

.~*~.

Puis on toqua à la porte. J'en étais à mon deuxième croissant fondu -avais-je trop lancé la cheminée ? Cette maison était glaciale, il fallait bien changer sa température- et posais le carton sur les escaliers, faute de pouvoir le monter de suite. Je n'attendais personne et la porte étant fermée, Kreatur devait avoir encore oublié quelque chose et être enfermé dehors le rendais mauvais. J'ouvrais en grand en m'écartant, espérant qu'il ne m'en veuille pas comme la dernière fois.

- « Kreatur je suis désolée d'avoir verrouillé ! Vieille habitude de guerre, ne m'en veut pas s'il te p... » m'interrompais-je soudain, en suçant mes doigts pleins de chocolat.

Ce n'était pas Kreatur. Ce n'était pas Harry. Ni Ginny. Ni Luna. Ni Neville. Ni Fleur. Ni Georges. Et encore moins Ron. Là, sur le pas de porte, se tenait les yeux exorbités, deux jeunes hommes choqués. Susnommés : Drago Malfoy et Théodore Nott.
- « Ho…
Navrée, je croyais que mon elfe de maison était revenu de courses » dis-je simplement.

- « Ce n'est rien, hum... » Tenta Nott.

- « Nous avons un courrier à te faire parvenir » m'informa Malfoy. « Les hiboux ne sont pas sûrs en ce moment et... »

- « Ce doit être important pour que vous veniez en personne » m'assurais-je. « Entrez et expliquez-moi, ne restez pas dehors avec ce temps de chien ».
- « Granger, tu... » commença Malfoy.
- « Ah, pardon pour le désordre. Je suis en train de retaper toute la maison et c'est une sacrée charge. Je n'attendais personne, désolée » m'excusais-je en les laissant s'avancer dans l'entrée et poussant la porte derrière eux.
- « Oui, on n'en doute pas » dit Nott. «
Miss Hermione, tu es... »

- « D'une plaisance insoupçonnée. » finit narquoisement Malfoy, me regardant de haut en bas.

A leur visages rouges pivoine, je réalisais subitement. J'étais en nuisette… en nuisette devant les deuxanciens ennemis Serpentards ! Un excès de gêne me fit fermer n'importe comment le peignoir et j'avais envie de passer au travers du parquet. Nott posa sa veste sur mes épaules, me sortant de mon ressentit paralysant.
- «
On s'excuse de ne pas avoir pu prévenir avant et... » balbutia Nott.

- « Moi je me m'excuse pas » déclara Malfoy, sourire en coin.

- « Drago ! » s'énerva Nott. « Pose tes yeux ailleurs bon sang ! Veux-tu que j'en parle à ta femme ? ».

- « On va t'attendre dans le salon » marmonna Malfoy, en escaladant les cartons et les meubles pour accéder au canapé.
- «
Rha, il est vraiment... » dit Nott, se stoppant soudain et ses yeux dérivant sur mes chevilles, puis mes jambes, genoux... cuisses... sur mes courbes devinée sous le tissu, ma gorge et clavicule, ma bouche, mes yeux…

- « Oh par Merlin, pardonne-moi ! » s'affola Nott en se cachant le visage. « Prends… prends ton temps ! On va t'attendre ! » finit-il, tentant d'accéder rapidement au salon avec maladresse.

Je restais interdite quelques secondes puis monta les escaliers en courant. Je me jetais dans mon lit et poussait un cri de gêne, rage, et désespoir mélangés, dans le premier coussin à ma portée. Non seulement on m'avait vu en petite nuisette, les cheveux en bataille, les jambes découvertes et pieds nus, mais en plus, il fallut que se soit deux Serpentards de Poudlard, de la même année, de mon âge. Et moi, je les invitais bêtement à entrer sans même penser que ma tenue si confortable, était si déshabillée et impudique. Même si elle n'était pas transparente, cela restait si peu couvert… Passé ce choc, un autre m'attendait. Les meubles étaient vides. Les cartons de vêtements étaient dans le salon…

- « NAAAAN ! » criais-je, désespérée.

.~*~.

Au salon, les invités étaient plongées dans des pensées peu catholiques, se tortillant chacun au bout opposé du canapé dans une tension palpable. L'un d'entre eux avait d'ailleurs du mal à… faire redescendre la-dite tension. Un cri retentit, les faisant sursauter en même temps et les sortant de leurs idées inconvenantes. Mais le cri, non pas de peur, semblait à un animal enragé. Les deux Ex-Apprentis-Mangemorts se regardèrent, un peu inquiets, puis s'enfoncèrent autant qu'ils le pouvaient dans le canapé. Ils auraient au moins profité d'une vision exceptionnelle avant de mourir…

.~*~.

En désespoir de cause, j'avais enfilé un de mes vieux shorts et la seule chemise disponible, oubliée dans la salle de bain. Vu sa grande taille et son odeur masculine, celle du professeur Lupin. L'idée de la mettre après lui, rendait le tissu très… frissonnant. « S'il était envie, comment aurait-il réagit ? » pensais-je à voix haute. Et pour aller au bout de la gêne, je n'avais pas de soutient gorge. Celui de la vieille était dans le bac à linge sale de la buanderie, au Rez-de-Chaussée. Les autres, dans le carton près du canapé. Je devais me concentrer sur la raison de leur venue. « John Legend – All Of Me» Cover de Pellek m'aidait à chasser les idées noires et le malaise des dernières minutes. Je savourais ce son jusqu'à ces dernières secondes, un peu plus sereine.

Une fois soquettes et chaussures en tissus mises, dont les lacets avaient disparus -où donc ?- et après un arrangement de mes cheveux indomptables, je descendais les escaliers à la hâte.
La vision de deux Sang Purs parmi les familles les plus puissantes, enfoncés avec si peu de prestances dans le vieux canapé, était sans appel. Eux, d'ordinaire si élégants, impeccables, hautains et
orgueilleux, affichaient un malaise évident, cravatedesserrées et manches remontées. J'avais mis le feu à fond en me levant. Face à cette scène, je ne pouvais me retenir et finis par exploser de rire.

Il me fallut plusieurs minutes pour me calmer et devant les mines déconfites des deux hommes, c'était vraiment difficile. Puis je levais les jambes, en équilibre, pour atteindre la table du salon. C'était la seule place libre de toute la place, hormis l'espace séparant ostensiblement les invités de dernière minute. Mais je me voyais mal entre eux deux je m'assis donc sur la table basse et repris mon sérieux habituel - ou du moins… je l'affichais clairement-.

- « Bon, quel est ce courrier si important qui requiert une remise en mains propres ? » les jaugeais-je.

Ils restaient silencieux un moment, puis Malfoy sortit de sa veste et me passait une enveloppe épaisse. Le sceau du ministère. Je l'ouvrais et devant mon interrogation silencieuse, Malfoy prit les devants.

- « C'est en l'honneur des Héros de notre nation. Ils veulent organiser une Célébrations pour votre victoire et la mort de l'autre fou furieux. Tu fais partie des V.I.P »

Mon esprit s'assombrit soudain, comme si je revivais tous nos sacrifices et nos pertes, à cause de ce monstrueux Voldemort. J'aurais voulu répondre « Bien entendu ! Super, c'est quand ?! », mais ce ne serait rien de sincères. Malgré moi, je dis à voix haute mes pensées profondes, une colère sourde montant doucement.

« Ces incapables du ministère n'ont rien fait pendant des décennies et maintenant que la bande de gamins que nous étions avons vaincu la plus grande menace et crainte du monde sorcier.. ils veulent nous exposer comme des trophées ?! » m'exclamais-je finalement.

D'abord choqués, les mines des Serpentards s'assombrirent tout autant, baissant les yeux.

- « On n'est pas conviés... » dit Nott. « Drago et moi, ainsi que certains autres, ne sommes pas dans la liste des élus tant applaudis. »
- « Quoi ? » m'étonnais-je. « Vous vous êtes pourtant battus autant que nous, pourquoi vous n'en faites pas partie ? »
- « Voyons, Granger, je suis un Malfoy, fils de Mangemort et je porte la Marque. Et lui, c'est officiellement un Monstre » sortit Malfoy, un sourire d'humour noir sur le visage.
- « Je vois. Laissez-moi leur écrire ma réponse, afin qu'ils ne mettent pas en doute votre parole » décidais-je.

Je revins quelques minutes plus tard de la cuisine, seule table disponible dans ce capharnaüm, avec deux papiers scellés et cachetés.

« L'un est pour le Ministère, l'autre pour Harry. Donnez-leur en mains propres. » Leur énonçais-je. « A tout à l'heure ! »
« A tout à l'heure ? Comment ça ? » demanda Nott, suspect.
« Attendez-vous à revenir. Probablement d'ici ce soir » dis-je fermement, ne leur laissant pas l'opportunité de traîner.

Et c'est deux hommes de mauvaise humeur que je flanquais à la porte froidement, juste pour la forme. J'avais hâte de recevoir les réactions.

.~*~.

Sans surprise, la première chose que je montais à l'étage une fois cette fichue porte fermée, ce sont mes affaires. En quelques coups de baguette, tous mes vêtements étaient rangés, à mon plus grand soulagement. Je terminais avec mes autres affaires, souvenirs, bibelots, et enfin, cadres photos. J'ajoutais des tapis aux pieds du lits. Ce matin, la sensation du parquet frais et humide en me levant m'avait été assez désagréable. Satisfaite de ma chambre, aussi confortable et chaleureuse que je l'imaginais, je retournais en bas. Une fois les cartons de mon futur bureau rassemblés près de l'escalier, je dégageais la moitié du salon, autour des canapés et de la cheminée. Une partie de la maison semblait enfin s'assécher. Il était déjà 16 heures, je lançais une machine de linge et montais prendre une douche. Cela me laissait le temps de me poser avant qu'on ne toque à nouveau à la porte. Et bien que la curiosité de leur visage me faisait sourire, cette fois je ne leur ouvrirais pas avant d'être parfaitement présentable, même si cela signifiait les faire poireauter 30 minutes devant la porte, sous le petit porche, entouré d'une pluie battante.

« Sirius auraient trouvé cela amusant... » pensais-je avant de rejoindre mon bain, remettant la chemise du professeur Lupin là où elle était, comme si j'avais touché une relique importante. Dois-je préciser avoir mit « Barbie Girl - Aqua, version Pellek » sur mon téléphone et la chantais de tout coeur plusieurs fois d'affilée ? Et Dieu sait que dans cette immense salle de bain, la résonance était jouissive. Oh Wahoo !

[Alez, une petite dernière, juste pour la motivation … watch?v=1cUNsE6qWSU ]

.~*~.

Le Présent, à l'aube du jour suivant

{Musique : Le Prince de Sang-Mêlé «Dumbledore's Speech» (Extended)}


Calme. Hermione ne sentait calme. Elle était à l'horizontale et s'éveillait doucement, froissant les draps. Il ne faisait pas chaud, mais elle n'avait pas froid pour autant. Elle fronça les sourcils, ne sentant pas la force d'ouvrir les paupières de suite. Encore un peu, encore un peu de calme, avant de rassembler ses idées. Que s'était-il passé ? Elle était dans son laboratoire et a raté une des potions. La fumée lui a retourné l'estomac et elle s'est perdue dans ses pensées. Puis le noir complet. Elle n'avait pas rêvé, c'était bien ses souvenirs.

- « Alors, on rêve de moi ? » entendit Hermione, d'une voix lointaine.

Elle ouvrit doucement les yeux et sa vision floue aperçut cette silhouette devenue si familière. En cet instant, elle se disait que si elle avait été seule, elle aurait sûrement perdue la vie ou l'esprit plusieurs fois. On veillait sur elle, elle qui n'avait plus rien à offrir. Elle était encore tombée inconsciente à cause de ses expériences. Pourtant, elle recommencerait dès que possible. Jusqu'à y arriver, elle ne céderait jamais. Il le fallait. Il le fallait, pour eux. Elle sentit la main de la silhouette proche d'elle et l'attrapa doucement, puis la serra fortement. Le regard dans le vague, une larme perla discrètement. Elle était épuisée, si lasse… mais ne renoncerais jamais. Elle espéra que cette présence la supporterait jusqu'à ce que son œuvre soit achevée. Elle lui avait promis. Elle se l'était promis. Elle ferma les yeux et calma ses émotions.

- « … A la Vie, à la Mort ? » demanda-t-elle.

Sa phrase, lourde de sens pour eux deux, fit écho dans les veines de la maison et de tous ces habitants. Elle attendit, patiemment, et elle attendrait encore, avec patience, de réussir.

- « Oui. A la Vie, à la Mort. » trancha la voix.

Un léger sourire apparu sur leurs bouches. Ce n'était pas un sourire de bonheur. Ni un sourire ironique. C'était le sourire de la résolution. Hermione bu la potion qu'on lui tendit et profita encore un peu de la présence à ses côtés. Elle savait qu'elle ne pouvait reprendre de suite son travail, mais elle se reposerait suffisamment et sauterait à nouveau dans les méandres du monde obscur qui l'accompagnait désormais. Sur des réflexions techniques, elle se rendormit. Une heure plus tard, la présence quitta ses côtés et prit la relève dans le laboratoire. Le temps, les ingrédients, et les résultats étaient trop précieux pour les perdre. Hermione faisait le plus gros, prenant ainsi tous les dangers sur elle. Il fallait prendre le relais dès que nécessaire car si elle n'y survivait pas, personne ne pourrait jamais la remplacer dans leur projet. Elle était la seule qui pouvait y arriver en un temps record. Quelques mois, là où d'autres y dédierait toute leur vies. Même si cette présence était capable de grandes choses désormais, il lui faudrait tout de même plusieurs années et sans garantie des résultats espérés, si le projet réussit. Et puis, sans elle… ce serait trop difficile à vivre. Trop difficile à supporter. Alors pendant les heures suivants, l'une reprenait vie doucement, pendant que l'autre, travaillait d'arrache-pied.

.~*~.

Hermione se leva péniblement en buvant le contenu d'une fiole qui l'attendait sur la table de chevet. Elle n'était pas dans sa chambre. C'était encore Son lit. Les parfums dans cette pièce se mélangeait, comme un mix interdit entre présent et passé. Elle soupira et partit prendre une douche chaude. Elle enfila une robe blanche à grandes manches longues, large et brodée, comme on en portait au siècle dernier ; un gilet d'homme trop grand, des charentaises usées, et rejoignit le Laboratoire.
En entrant, elle comprit que la potion avait été savamment rattrapée et ainsi, il n'y avait aucun gâchis. Tout avait bien avancé. L'objet de son travail était aussi presque achevé. Elle se souvint de sa troisième année, à quel point cela lui avait tant servit. Si elle pouvait mettre sa capacité à sauver des gens à si grande échelle, se serait la réussite de sa vie. Les anneaux semblaient bien assemblés, les éléments ajoutés ne semblaient pas gêner son fonctionnement. Elle avait ajouté les cycles Lunaires, Célestes, et ceux du Destin. Il était deux fois plus gros et elle se demandait si c'était finalement nécessaire. Elle remarqua que les autres pièces étaient déjà montées ou fixées. Décidément, elle ne cessait d'être étonnée par les connaissances de… cet être. A moins que ce n'était la personne qu'elle croyait… Elle pencha sa tête vers son visage. En effet, elle eut confirmation de ses soupçons. Les yeux blanchâtres et opaques se tournèrent vers elle dans un roulement inhumain. Les premières fois avaient fait bondir Hermione, terrorisée. Elle était habituée désormais et s'en accommodait. Mais elle restait prudente.

- « Il faut manger. Tu dois aussi faire une pause. Nos corps en ont besoin... » commença-t-elle.

- « Ne pas l'oublier, je sais » lui répondit une voix inhumaine, dans un sourire crispé.« Elles seront stables plusieurs heures et celle-ci s'éteindra d'elle-même » désigna de sa main, le dernier petit chaudron. « J'ai aussi trouvé le morceau manquant de ta structure. Tu as bien de l'agrandir, sa taille habituelle n'aurait pas pu supporter tout ce qu'on va y mettre. Nous avons donc le temps de... »

- « De manger et se reposer » coupa Hermione, réprima d'une part sa curiosité, de l'autre, son envie de fuir.

Elle lui tendit la main et ne fit pas cas de ces yeux roulant à nouveau de façon effrayante. Main dans la main, on entendait seulement leurs pas et leurs souffle pendant la lente traversée et descente de la maison. Hermione sentait son regard sur elle. Elle se savait épiée, surveillée, dévorée des yeux dans une signification qui lui faisait froid dans le dos. Mais elle n'avait pas le choix et ne comptait pas non plus l'abandonner. Sa souffrance était aussi réelle que la sienne. Elle avait besoin de sa présence physique, de son esprit. Autant que celle des autres, d'ailleurs. Et bien qu'elle n'avait aucune confiance, car le monde qui s'était ouvert à elle était le plus dangereux qui soit, elle savait qu'on avait autant besoin d'elle et que tant que c'était le cas, elle ne mourrait pas. Elle était prête à tout encaisser, pour mener son projet à bien.

Cette fois, elle décida de ne rien se refuser au repas. La nuit était avancée mais cela faisait des jours qu'elle mangeait sur le pouce, n'importe quoi. Quand elle mangeait, en fait… et elle n'était pas la seule. Kreatur semblait avoir prévu son désir, car un festin était déjà préparé. Mais il refusa d'y participer, comme avant. Kreatur n'aimait pas les nouveaux proches de Hermione et surtout, la tournure que cela avait prit. Il avait pourtant vu les choses inquiétantes avec la famille Black et se croyait coutumier de la Magie Noire. Mais il avait dû reconnaître que la jeune femme n'était plus celle qui avait reprit cette maison, lui proposant d'y vivre non pas par obligation, mais de son propre chef. Cette fille douce, bien intentionnée, délicate et instruite. Souriante. Cette jeune femme là avait touché à un monde si obscur que même ses anciens Maîtres semblaient faibles et peureux, à côté d'elle. Et c'est justement ce qu'il y avait à côté d'elle qui terrorisait l'elfe de maison. Il savait qu'il n'était pas en danger, il n'était qu'une elfe, mais si ce n'était pas pour protéger cette sotte de « née-moldue », il aurait déguerpis depuis longtemps et donné l'alerte au Ministère de la Magie. Les choses interdites qu'elle entreprenait et parfois, qu'elle subissait, n'était pas naturelles, c'était intolérable. Mais Kreatur connaissait sa motivation et savait aussi que rien ni personne ne l'arrêterait. Alors il restait, spectateur des horreurs que le Lord dont on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom lui-même aurait certainement désapprouvé. Il s'éclipsa, les laissant manger après des jours de famine et de fatigue.

.~*~.

[Fin du Chapitre 2. Le Chapitre 3 est en cours d'écriture et sera disponible bientôt]

J'avoue être assez contente de ma lancée. Donner vie à ce qu'il y a dans ma tête est bien plus facile que ce que je craignais. Je confirme aussi les problèmes de certains auteurs. Oui, parfois l'histoire ou les personnages n'en font qu'à leur tête. J'étais étonnée de ne pas arriver à écrire une partie, tout se refusait et rien ne passait correctement. J'ai tout effacé et laissait l'histoire décider d'elle-même. Ce n'était pourtant pas du tout ce que j'avais à l'esprit et sur un passage, j'ai découvert la scène presque en même temps que vous. Cela s'est aussi reproduit sur cette fin de chapitre et le début du troisième, à mon plus grand désarrois. Ce n'était pas prévu, j'ignore d'où mon esprit l'a sortit… mais en suis tout de même contente.

Je suis aussi agréablement étonnée du nombre de lecteurs que vous êtes, je n'en attendais pas tant. !Merci de me lire ! Merci, vraiment.

En revanche, le manque de Reviews / commentaires me paralyse un peu, car j'ignore ce que vous pensez de mon début de fiction. Est-ce qu'elle vous plaît ? Est-ce que vous avez des attentes ou au contraire, cela vous déplaît ? Donnez-moi vos avis, que je sache si mon écrit vaut quelque chose….

Je vous souhaite des Nuits pleines d'Intuitions !

*= Non, je ne participerais pas à la guerre du pain au Chocolat / Chocolatine. Ce sera donc un croissant au chocolat. Mouahahahaa !