Bonjour! Après plusieurs semaines, voici le quatrième chapitre.
Merci à MarlyMcKinnon pour tes reviews qui m'ont motivée à écrire la suite.
J'espère que le chapitre vous plaira, bonne lecture à tous !
Chapitre 4 - L'insouciance crée des soucis
"Désolée de ces semaines sans nouvelle ma chérie, nous pensions avoir trouvé des pistes intéressantes et tout contact aurait été superflu. Entends-tu parler des soulèvements qui ont lieu dans plusieurs capitales européennes ? Fais attention à toi et n'oublie pas de reporter toute information que tu pourrais entendre à ce sujet à Minerva. Je t'aime ma chérie, on se voit à Noël."
Nous pensions avoir trouvé des pistes intéressantes. Ludivine n'arrêtait pas de retourner cette phrase dans sa tête, dans tous les sens possibles. Sa mère parlait généralement en phrases cryptées qui ne voulaient pas toujours dire quelque chose. Dans ce message-ci, elle était assez claire. Elle avait été envoyée pour calmer les tensions en Europe de l'Est et elle en avait profité pour faire ses recherches personnelles. Celles-ci semblaient n'avoir rien donné, et Ludivine grogna en y pensant.
- Excellent miss Hendell, toujours très efficace, je vous félicite !
Ludivine fit un sourire reconnaissant au professeur Xinaon qui s'était penché sur son texte à côté d'elle. Âgé d'une trentaine d'années, les cheveux aux reflets blancs, le regard du professeur était bienveillant, et Ludivine appréciait énormément d'étudier avec lui. Alors elle conserva son sourire jusqu'à ce qu'il s'éloigne d'elle et aille voir un autre élève.
- Il t'adore, chuchota Rose Weasley à côté d'elle.
- Il adore surtout Serpentard, sourit légèrement Ludivine, encore perdue dans ses pensées.
- Non, répondit Rose en suivant le professeur du regard, il t'adore toi.
Ludivine releva finalement la tête vers la sorcière qui venait de se replonger dans son texte,de Runes. Rose Weasley était assez jolie. Ses traits fins pouvaient sembler durs à quiconque ne la connaissait pas. Ses légères boucles rousses laissaient apparaître de nombreux reflets bruns, donnant une profondeur à sa chevelure que Ludivine aurait enviée facilement. Ludivine ne la connaissait que très peu, par le biais d'Albus et les cours de Runes, mais elle appréciait la sorcière.
- J'ai quelque chose dans les cheveux, Ludivine ? demanda Rose avec un sourire sans relever la tête de son parchemin.
- Je me disais que tu avais de plus en plus de reflets bruns, admit Ludivine.
- Au plus grand plaisir de ma mère, rigola Rose, elle est fière de voir que ses gènes reprennent le pas sur ceux des Weasley.
Ludivine eut un petit rire. Elle avait suffisamment entendu parler de l'oncle et la tante d'Albus pour savoir qu'ils avaient tous les deux un très fort caractère et que leur quotidien n'était pas de tout repos. A vrai dire, Rose était le seul membre de la famille d'Albus que Ludivine connaissait vraiment. En dehors de Lily, la petite sœur d'Albus, avec qui elle avait échangé quelques fois.
Ça avait été un choix de Ludivine, et de Scorpius à moindre échelle, de ne pas être plongée dans le monde des Potter-Weasley. Tout le monde dans cette famille se mêlait de ce qui ne le regardait pas, il n'y avait aucun secret et aucune intimité. Ça ne convenait pas à Ludivine qui avait grandi assez seule et entourée de secrets. Alors elle avait décliné les réunions de famille et les vacances chez les Potter, et n'avait jamais fait le pas vers un autre Potter ou Weasley qu'Albus.
- On t'a perdue ? demanda Rose qui relevait finalement la tête de son parchemin.
- Je pensais à ta famille, admit de nouveau Ludivine. Elle n'avait aucune honte devant la sorcière à lui dire ses pensées de but en blanc.
- Tu souhaiterais en faire partie ? rigola Rose.
La blague aurait pu faire rire Ludivine, mais à la place, elle la fit rougir violemment. Ça ne lui avait jamais traversé l'esprit et Rose venait simplement de faire une blague, elle le savait. Mais c'était comme si elle se sentait le besoin de se justifier.
- Il n'y a rien entre Albus et moi ! dit-elle abruptement.
- Je le sais bien, dit Rose en fronçant les sourcils, je ne m'étais même pas posé la question, c'est assez évident en vous voyant.
- Pas pour tout le monde il semblerait, marmonna Ludivine.
Rose se contenta de sourire, connaissant le caractère de la sorcière. Ludivine savait qu'elle ne lui en tiendrait pas rigueur, tout simplement parce que Rose était de la même trempe qu'elle. Tout comme la petite sœur d'Albus, l'aînée des Weasley avait dû s'imposer dans un environnement masculin très protecteur, et elle en avait développé un caractère fort pour ne pas se faire marcher dessus.
- Tu m'as l'air de beaucoup te prendre la tête, Ludivine, rigola Rose.
Ludivine ne répondit pas, fixant la sorcière d'un regard vide. Peut-être bien. C'était même sûr. Mais pas sur les sujets auxquels pouvait penser Rose. Ludivine se prenait la tête sur tellement de choses, sur son utilité dans ce monde, sur son futur et les choix qu'elle ferait pour l'y mener, sur ses parents, sur tous les secrets et non-dits qui existaient dans sa famille. Ludivine se prenait beaucoup la tête, en effet.
Elle savait qu'il y avait une raison pour laquelle sa mère l'avait emmenée avec elle en mission cet été. Elle ne savait pas laquelle mais il y en avait une, elle en était sûre. Non pas que sa mère ne lui faisait pas confiance, mais elle gardait l'essentiel des informations pour elle, pour protéger Ludivine. Pour la protéger de son métier et des dangers qui allaient avec ses missions. Pour la protéger des secrets et des réponses qui parfois valaient mieux être ignorées. Récemment, Ludivine avait le sentiment que les choses changeaient dans l'esprit de sa mère, et elle n'avait qu'une hâte, la retrouver à Noël et mieux comprendre tout ça.
- Je vous laisse terminer votre texte pour la semaine prochaine, dit le professeur Xinaon en tapant dans ses mains, sonnant la fin du cours. Bon déjeuner à tous !
Ludivine rangea ses affaires, souhaitant la bonne journée à Rose avant de sortir de la salle, la tête toujours plongée dans ses pensées. Elle traîna presque du pied, elle n'avait pas envie de se retrouver au milieu du brouhaha de la Grande Salle. Mais son ventre semblait lui dire le contraire en gargouillant avec force, alors elle accéléra le pas.
Lorsque qu'elle s'assit à la table de Serpentard auprès d'Albus et Scorpius, ces derniers avaient la tête plongée dans la Gazette du sorcier, les sourcils froncés et la mine préoccupée. Ils n'étaient d'ailleurs pas les seuls.
- Putain, marmonna Scorpius.
- Que dit la Gazette ? demanda Ludivine en se servant à manger.
- Attaque dans une maternelle sorcière, répondit Albus sans relever la tête du journal, huit morts dont trois aurors, trois enseignants et deux enfants.
L'horreur dut se lire sur le visage de Ludivine, comme sur celui de nombreux sorciers dans la Grande Salle. Tout le monde s'était douté que quelque chose était arrivé, car personne n'avait reçu son journal au petit-déjeuner. C'était déjà la troisième fois que cela arrivait depuis leur retour à Poudlard.
- Mon dieu, marmonna Ludivine.
- Ça commence à prendre de sacrées proportions, commenta Albus.
- Une maternelle, continua de marmonner Ludivine, c'est inhumain. Quel est leur but ?
- Semer la terreur, répondit Scorpius alors que Mila et Nina Stones, deux camarades de chambre de Ludivine, se tournaient vers eux.
- Il paraît, ajouta Mila, qu'ils étaient là pour relayer un message.
- "On prend le relais", compléta Nina, c'est ce qu'ils ont dit aux aurors.
- Le relais de qui ? demanda Ludivine. Des Mangemorts ?
- De qui d'autre ? dit Mila en passant une main stressée dans sa chevelure blonde. Tout cela va nous retomber dessus, moi je vous le dis.
Albus releva son visage vers la sorcière qui échangeait un regard avec sa cousine Nina. Il la dévisagea quelques secondes, intrigué.
- Comment ça ?
- Des sorciers attaquent la population en disant reprendre le flambeau des Mangemorts de Voldemort, expliqua nerveusement Mila. Tous les sang-purs vont être soupçonnés de participer à ça, et je ne te parle pas de ceux dont les parents ou grands-parents se sont ralliés à Voldemort en temps de guerre.
- Ce ne sont pas les enfants de moldus qui sont visés, argumenta Ludivine.
- Ça ne change rien, compléta Nina, les gens ne feront pas la différence. J'attends de voir l'inverse, vraiment.
- Enfin bon, conclut Scorpius qui refusait de se laisser porter par des pensées négatives, ce n'est pas le cas pour le moment. On verra en temps voulu.
Un silence s'installa alors qu'ils échangèrent un regard. Bien sûr, ils n'y étaient pas. Tous savaient que ça ne tarderait pas à arriver, mais il ne valait mieux pas y penser.
- L'entrainement de demain tient toujours, Albus ? demanda Mila.
- Bien sûr ! s'exclama le sorcier, et on...
- Potter ? quelqu'un l'interpella.
Albus fut interrompu dans ses propos. Il fit un signe d'excuse à Mila alors qu'il levait la tête vers le nouvel arrivant. Thomas Faber, capitaine de l'équipe de Serdaigle depuis deux ans maintenant, se tenait devant eux. Il salua Scorpius d'un mouvement de tête, que ce dernier lui rendit ainsi que Mila qu'il connaissait car elle faisait partie de l'équipe. Puis il tourna de nouveau son regard vers Albus, posant au passage ses yeux sur Ludivine dont le visage était maintenant fermé, comme c'était le cas à chaque fois qu'une personne extérieure à leur entourage proche approchait.
Le regard du sorcier resta impassible alors qu'il semblait dévisager le visage de la sorcière, mais cela ne dura que quelques secondes car Faber avait reporté son attention sur Albus qui venait de lui répondre.
- Le terrain est à Serpentard vendredi soir, comme tu le voulais, annonça Faber.
- Ah ! Super ! s'exclama Albus alors que son visage s'illuminait et que Scorpius souriait. Merci Faber !
- Remercie ton frère, répondit Thomas Faber en mettant ses mains dans ses poches d'un air nonchalant. C'est lui qui m'a rappelé qu'il serait plus amusant de vous affronter au second tour que Poufsouffle.
Le Serdaigle parlait bien évidemment de la coupe inter-maisons, dont le premier match avait lieu samedi entre Serpentard et Poufsouffle, et Ludivine ne se retint pas de lever les yeux au ciel, prête à dégainer un bouquin si la conversation entre les deux capitaines commençait à être trop sérieuse au sujet du Quidditch. Puis Ludivine eut un rictus que personne ne sembla remarquer en pensant qu'Albus Potter ne parlait jamais de Quidditch à la rigolade. Au début, ça avait été attendrissant, vraiment. Plus maintenant.
Albus remercia le Serdaigle d'un hochement de tête, et ce dernier lui rendit le geste. Il jeta un dernier regard à Scorpius puis à Ludivine. Consciente que le regard du sorcier restait posé sur elle plus longtemps que nécessaire, elle se rendit compte que, bien qu'elle ait joué au Quidditch pendant plusieurs années, elle ne connaissait pas vraiment les joueurs des autres équipes. Elle n'avait jamais pris le temps de faire connaissance avec les autres maisons, et elle ne doutait pas que le Serdaigle essayait de replacer son visage dans sa mémoire.
Finalement, Thomas Faber tourna les talons pour retourner à sa table. Face à elle, Scorpius avait un rictus.
- Il a mis du temps à s'en aller, commenta-t-il d'un air moqueur, il s'est perdu dans tes yeux, Lud.
- Il ne s'intéresse pas à moi, Malefoy, répondit-elle simplement.
- Laisse-moi en juger, répondit-il d'un ton paternel.
Ludivine leva les yeux au ciel. Ça n'arrivait pas très souvent, et heureusement d'ailleurs, mais parfois, le côté protecteur de Scorpius refaisait surface.
- Oh arrête Scorp, rigola Albus, Faber n'est pas problématique.
- Tu dis ça uniquement parce qu'il nous a laissé le terrain, répliqua Scorpius sur un ton moqueur, t'es tellement achetable Albus.
- Et alors, se contenta de dire Albus en souriant, il n'y a rien de mal à être reconnaissant. Et puis c'est vrai, Faber est un mec clean, je le pré-valide s'il s'intéresse à Ludivine.
- Bien sûr que tu le pré-valides, il aime le Quidditch ! s'exclama Scorpius, prêt à éclater de rire.
- Bah bien sûr, répondit Albus comme si c'était une évidence, t'imagines si on ne peut pas lui parler Quidditch ? Qu'est-ce qu'on aura à lui dire ?
- LA FERME, s'exclama Ludivine alors que les deux sorciers se retenaient d'éclater de rire et que des têtes se tournaient vers eux aux alentours. Mais qu'est-ce que vous racontez comme idiotie !
Ludivine était rouge de gêne, ou de colère, elle ne savait pas vraiment. Ce qu'ils pouvaient être stupides quand ils le voulaient. En face et à côté d'elle, Scorpius et Albus continuaient de lâcher des petits rires qui menaçaient de se transformer en fou rire.
Ludivine aurait peut-être également ri, mais ses relations n'étaient pas un sujet qu'il lui plaisait d'aborder. Tout d'abord, parce qu'elles n'avaient été que faiblement existantes ces dernières années. Être accompagnée 90% du temps de Scorpius Malefoy et Albus Potter n'aidait pas à se faire aborder. Et quand cela arrivait, son caractère difficile terminait de faire fuir les quelques sorciers courageux.
A côté d'elle, Albus et Scorpius continuaient de ricaner, et Ludivine leva les yeux au ciel, se disant qu'il fallait définitivement qu'elle change d'amis. Puis les rires se calmèrent soudainement, et un regard vers Albus indiqua à la sorcière que ce dernier venait de perdre toute envie de rire.
Le regard du sorcier s'était perdu dans la Grande salle, et Ludivine tenta d'attraper le lieu où son regard s'était posé mais c'était déjà trop tard. Albus avait déjà baissé la tête vers son assiette, serrant les poings sous la table, ce qui inquiéta Ludivine.
- Tout va bien, Albus ? demanda-t-elle avec précaution.
Il lui jeta un regard noir qui, elle le savait, ne lui était pas destiné. Albus secoua la tête, comme s'il se parlait à lui-même, et Ludivine échangea un regard interrogateur avec Scorpius qui haussa les épaules, observant également son ami avec précaution.
- Tu as vu quelque chose qui ne t'a pas plu ? insista Ludivine.
A l'entente de la question, Albus grogna avec ce que Ludivine prit pour du mépris. Ça ne lui était toujours pas destiné, elle le savait, mais elle n'était pas du genre à savoir prendre sur elle. Alors elle fronça les sourcils, mais n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit. Albus s'était déjà levé et se dirigeait hors de la Grande Salle.
Ludivine jeta un regard circulaire à la salle. En posant son regard sur chaque personne de l'entourage d'Albus, Ludivine n'arrivait pas à voir ce qui aurait pu énerver le sorcier de cette façon. Ou alors, cela concernait quelqu'un que Ludivine ne connaissait pas.
- Qu'est-ce qui lui arrive ? demanda Ludivine à Scorpius.
- Aucune idée, répondit Scorpius, pensif.
- Il nous cache quelque chose, tu penses ?
- Toujours la même chose, sûrement.
Ludivine ne dit rien durant quelques secondes, réfléchissant à ce qu'elle pouvait bien faire pour savoir ce qu'il se passait.
- On creuse ? demanda Ludivine dans l'espoir que le sorcier ne la recalerait pas.
- Il est temps, je crois bien, répondit Scorpius avec détermination alors qu'il lui lançait un regard complice que Ludivine adorait.
Lorsque Ludivine entra dans la salle de Sortilèges, la première personne qu'elle vit fut Liz, assise à leur table, la tête enfoncée dans un parchemin qu'elle noircissait à la vitesse de l'éclair.
- Quelle matière t'inspire tant, Lizzie ? se moqua Ludivine en posant son sac à côté d'elle.
- Pas une matière, répondit simplement Liz en posant sa plume pour faire un sourire doux à Ludivine.
Le sourire de Ludivine s'agrandit. La Serdaigle se passionnait de romans, et elle savait qu'elle en écrivait à ses heures perdues. Et pour en avoir lu des extraits, elle savait que son amie était très douée.
- Je croyais que tu avais perdu ton inspiration, interrogea Ludivine.
- Comme à chaque fois, ça revient au galop dès que je suis entre ces murs. C'est limite si je ne réfléchis pas à retourner à la rédaction du journal de l'école.
- Tu devrais ! l'encouragea Ludivine, tu étais parfaite pour ce poste.
- Si tu le dis, se contenta de répondre Liz avec un sourire.
Liz avait dirigé la rédaction du journal de l'école durant deux années, ce qui lui avait permis de glisser certains de ses écrits de façon anonyme. Ses textes avaient été appréciés, Liz le savait et en avait été flattée, même si personne à part les filles ne savait qu'il s'agissait d'elle. Elle avait pourtant arrêté et s'était retirée de la direction du journal, de peur que son secret ne soit un jour révélé.
- Alors, commença Ludivine avec un rictus, l'écriture ou le ministère ?
La réaction de Liz fut exactement ce à quoi s'était attendue Ludivine qui éclata de rire. L'effroi qui se lisait sur le visage de son amie était hilarant. Elles connaissaient toutes les deux déjà la réponse. Si Liz n'avait pas eu honte de ses écrits, elle serait devenue écrivaine. Mais elle ne considérait pas avoir le choix, alors ce choix n'existait pas réellement.
- Un jour, il te faudra prendre un peu de courage et assumer tes supers écrits, dit Ludivine.
- Un jour, ce sera le cas, sourit Liz.
Les deux sorcières arrêtèrent de parler alors que la salle se remplissait progressivement d'élèves. Le professeur Flitwick entra à la suite des derniers retardataires, un sourire extatique sur les lèvres.
- Bonjour à tous, les septièmes années ! Et les sixièmes années, s'empressa-t-il d'ajouter. Aujourd'hui, nous allons travailler en groupes de trois sur les sortilèges informulés. L'évolution de l'actualité nous a poussé, tout le corps professoral, à nous interroger sur une meilleure façon de faire converger nos cours afin de renforcer votre maîtrise des sorts d'attaque et de défense en même temps. De ce fait, aujourd'hui, vous allez vous entraîner aux sorts de déviation et de renvoi des sortilèges. Mettez-vous en groupes de trois !
Ludivine sentit ses yeux briller. Cela faisait des années qu'elle s'entraînait aux sorts informulés, et sa maîtrise était bonne, mais pas suffisante. C'était le genre de défi que Ludivine adorait. Elle et Liz échangèrent un regard. Bien sûr, elles comptaient se mettre ensemble. Il ne restait plus qu'à voir qui serait la troisième personne de leur équipe.
- Hé les sixièmes années !
Les deux sorcières se retournèrent, et Ludivine retint un juron en voyant Fred Weasley penché sur son bureau, un sourire sur les lèvres alors qu'il attrapait le regard de Liz.
- Besoin d'une troisième personne, il me semble, commenta Fred.
- Tu n'as personne d'autre avec qui te mettre, Weasley ? demanda Ludivine sans cacher son mécontentement.
- Va savoir, rigola Fred en échangeant un regard avec James Potter qui se dirigeait vers un groupe de deux personnes un peu plus loin. J'ai envie de me mettre avec vous.
Ludivine échangea un regard avec Liz qui fit un sourire encourageant. Ça ne dérangeait pas Liz qui n'aurait jamais rejeté quelqu'un, elle était beaucoup trop gentille pour cela. Ludivine décida de mettre de côté son mauvais caractère et fit un signe au sorcier pour qu'il s'approche d'elles. Ce dernier ne cacha pas son sourire alors qu'ils se mettaient tous les trois dans un coin. Fred avait le sentiment qu'il allait s'amuser durant cette heure.
Ce n'était pas le cas de Ludivine.
Et elle avait raison. Au bout de quinze minutes, elle soufflait pour au moins la sixième fois alors que Fred Weasley éclatait de rire et que Liz rougissait en abaissant sa baguette.
- Allez ma belle, rigolait Fred en s'adressant à Liz, ne te laisse pas perturber par mes beaux traits.
Liz fusilla le sorcier du regard, appuyée par Ludivine qui commençait à trouver les remarques du Gryffondor irritantes.
- Allez Liz, encouragea Ludivine en ignorant le sorcier, réessaie. Tu savais déjà faire ce combo en quatrième année.
C'était vrai, elles le savaient toutes les deux. Liz et Ludivine s'étaient entraînées ensemble pendant des années pour prendre de l'avance sur les autres et en apprendre toujours plus. Alors lorsqu'elles avaient enfin trouvé l'entrée de la Salle sur Demande en deuxième année, elles y avaient passé tous leurs mercredi soir et dimanche après-midi à travailler les Enchantements. Et elles avaient commencé à travailler sur les sortilèges informulés en quatrième année. Liz connaissait déjà ce sort.
Liz inspira fort en levant sa baguette et fit un signe de tête à Ludivine. Cette dernière fit un mouvement de baguette léger, envoyant un léger expelliarmus à Liz qui leva sa baguette au-dessus de sa tête et fit un léger mouvement de gauche à droite et de droite à gauche avec, redirigeant le sort vers Fred. Le Gryffondor fit le même geste, renvoyant le sort à Liz en lui faisant un sourire charmeur et un clin d'œil. Liz se mit soudain à rougir, la perturbant alors que le sort allait la toucher mais Ludivine annula le sort avec un finite.
- Ça suffit, Weasley ! dit Ludivine d'un ton autoritaire qui accentua le rire du sorcier. Tu ne vois pas qu'elle n'arrive pas à se concentrer avec tes moqueries ?
Le sorcier s'arrêta de rire mais ne fit pas disparaître son sourire carnassier.
- Ce n'est pas de la moquerie, dit-il simplement.
- Ça ne change rien ! Arrête de la draguer et de rire comme un idiot ! Elle a failli se prendre le sort en plein visage !
Ludivine avait subitement haussé le ton, s'attirant des regards des autres groupes.
- J'ai vraiment l'impression que tu n'apprécies pas mon humour à sa juste valeur, Hendell, commenta Fred.
- Crois moi que si, pour son aspect irritant.
- Ne m'en veux pas, Hendell, mais ce n'est pas vers toi que je me tournerai le jour où j'aurai besoin d'un boost de confiance.
Liz lâcha un petit rire alors qu'elle envoyait un regard complice à Ludivine. Quant à Fred, son visage sembla s'illuminer à l'idée que sa remarque ait fait rire la sorcière. Ludivine fut légèrement attendrie par la sincérité et la spontanéité du sorcier. Elle aurait été réellement attendrie s'il ne lui avait pas tapé sur les nerfs juste avant, mais c'était un début, se dit-elle.
- Tu ne me parais pas être quelqu'un qui a besoin d'un boost de confiance, Weasley, en revanche tu sapes celle de Liz !
- J'essaie juste de rendre l'atmosphère agréable tout en s'entraînant, Hendell.
Ludivine soupira. En effet, il ne faisait rien de bien méchant. Il ne lui semblait de toute façon pas être méchant, mais plutôt quelqu'un à l'humeur légère et agréable.
- Tu y arrives bien, intervint Liz avec un sourire, personnellement je m'amuse bien.
- Aaaaaaaaaaaaaah ! s'exclama Fred en leur faisant à toutes les deux un grand sourire. Tu vois que Liz n'est pas dérangée par mes actions.
- Ne le prends pas mal, Weasley, répondit Liz avec un sourire, mais ça reste Walsh pour toi pour le moment.
Fred ne cacha pas sa surprise face à la réplique de la sorcière, puis un sourire carnassier réapparut sur ses lèvres. Il s'amusait grandement, c'était sûr, et Ludivine leva les yeux au ciel. C'était un grand enfant, comme Albus et Scorpius, et Ludivine se demanda pourquoi tous les hommes de son entourage étaient à prendre par la main.
- Je t'apprécie beaucoup, Walsh, dit Fred alors qu'il se tournait vers Ludivine. Je ne dirais pas pareil pour toi, Hendell, mais simplement parce que je ne veux pas qu'Albus me casse la gueule.
Fred avait un sourire amusé alors que Liz ne cachait pas non plus le sien. Ludivine, cependant, sentit le sang quitter son visage alors qu'elle fusillait le métis du regard. Sans un mot, elle leva sa baguette et commença à attaquer le sorcier qui éclata de rire alors qu'il se protégeait de chaque sortilège. Leur jeu dura une bonne minute avant d'inclure Liz et ils terminèrent l'heure ainsi.
- Il est amusant, dit Liz en rangeant ses affaires.
- Il est insupportable, répondit Ludivine en sortant de la salle.
- Arrête de faire comme si tu n'aimais personne, Lud.
- Mais c'est la vérité !
Liz rigolait alors que Ludivine se défendait. Son regard croisa celui de Fred Weasley et de James Potter qui discutaient à l'entrée de la salle en la pointant de la main. Elle les fusilla du regard, mais le sourire de Fred lui montra qu'il ne la prenait pas au sérieux. Il lui fit un signe de la main, accompagné d'un sourire ironique, avant de tourner les talons et de s'éloigner avec son ami.
- Tu vas où ? demanda Ludivine à Liz.
- A la bibliothèque, répondit Liz, je vais continuer à écrire un peu. Acca va se joindre à moi d'ici une demi-heure. Et toi ?
- Je vais aller voir les deux fous du Quidditch, dit Ludivine en levant les yeux au ciel, ils doivent être dans la salle commune.
- Ah ! rigola Liz. Tu vas t'occuper de ces grands enfants. On se voit toujours vendredi soir avec les filles ?
- Bien sûr, sourit Ludivine. A plus tard.
Liz lui fit un signe de la main en s'éloignant et Ludivine regarda la silhouette fine de son amie s'éloigner avant de tourner les talons pour aller en direction des sous-sols.
Lorsqu'elle mit les pied dans la salle commune, son sourire disparut aussitôt en voyant Albus assis dans un fauteuil près de la cheminée, raturant avec colère son carnet de stratégie. Impassible à la vie qui s'activait autour de lui, il semblait marmonner des sortilèges impardonnables lorsque Ludivine s'approcha. Elle prit place doucement sur le bras du fauteuil, demandant d'un ton bas ce qu'il se passait.
- Rien Lud, répondit-il sèchement et Ludivine dut prendre sur elle pour ne pas tenir compte du ton du sorcier.
- Arrête de faire l'enfant, Potter ! s'énerva tout de même Ludivine. Dis-moi ce qu'il t'arrive et comment je peux t'aider !
- Tu ne peux pas, d'accord ? On n'aide pas la connerie !
Ludivine souffla. Elle aurait proposé à Albus d'aller voler s'il n'avait pas plu si fort. Ça ne gênerait pas le sorcier, mais Ludivine n'avait plus l'habitude de voler par un tel temps. Puis une idée lui vint, une idée qui la fit sourire jusqu'aux oreilles.
- Où est Scorpius ? demanda-t-elle.
- Juste ici !
Ludivine tourna la tête vers la voix qui s'était adressée à elle, et vit Scorpius se pencher vers eux avant de contourner le fauteuil et s'asseoir sur le canapé face à eux. Ludivine regarda Scorpius analyser l'expression d'Albus avant de tourner la tête vers elle.
- Pourquoi tu me cherchais ?
- Sortons ! dit-elle avec un sourire conspirateur.
- Il pleut des cordes, se contenta de dire Scorpius en balayant son bras sans enthousiasme vers la fenêtre haute des sous-sols.
- Pas uniquement hors du château, Malefoy, commençait à s'irriter Ludivine. Sortons de Poudlard, on a la carte et il est assez tôt.
- On va rater le dîner, dit Albus.
- Et alors ? le provoqua Ludivine. On aura qu'à se prendre un truc à grignoter en même temps que notre verre.
Les deux sorciers restèrent silencieux, et Ludivine commençait à s'irriter. Si même les inciter à enfreindre le règlement pour aller s'amurer dans un bar était un défi, ça commençait à être compliqué.
- Malefoy, Potter, commença Ludivine d'un ton froid et autoritaire, prenez vos affaires et allez chercher la carte. On va à Pré-au-Lard.
Son ton était implacable, et après quelques secondes d'assimilation, les deux sorciers échangèrent un sourire complice avant de se diriger rapidement dans leur dortoir. Ludivine fit de même. Elle mit dans un sac des vêtements d'extérieur qu'elle enfilerait dans le passage secret, et prit de l'argent avant de dévaler les escaliers.
Une vingtaine de minutes plus tard, les trois Serpentards sortaient d'un passage secret, tapotant leurs vêtements pour en retirer la poussière, et se jetaient un sort d'imperméabilité pour se protéger de la pluie.
- J'ai faim, dit Scorpius en constatant qu'il était bientôt l'heure du repas.
- On se prendra un truc à l'Horcruxe, répondit Albus, je crève d'une bonne bièraubeurre !
L'Horcruxe était l'un des bars les plus fréquentés de Pré-au-Lard. Il avait ouvert peu de temps après la fin de la guerre, et le nom provoquant avait toujours attiré les jeunes populations sorcières. Le bar était toujours bondé et ils y passeraient inaperçus, même s'ils étaient un mardi, où il y avait moins de monde.
Et en effet, le bar était peuplé de sorciers venant d'écoles supérieures aux alentours. Ils s'installèrent dans un coin du bar, à une table en cercle, et leur commande fut rapidement prise et apportée. Trois bièraubeurres pour commencer.
- Maintenant, dit Ludivine alors que Scorpius posait une chope devant elle, dis-nous ce qu'il t'arrive, Potter !
Albus soupira. Il savait que sortir avec les deux sorciers impliquait de tout leur raconter, et ça ils voyaient bien qu'il n'en avait aucune envie.
- Tu sais qu'on ne va pas te juger, Al ? demanda Ludivine comme si elle se rendait compte soudainement qu'il pouvait y avoir une once d'inquiétude à ce sujet pour lui. Question à laquelle Albus répondit par un léger rire cynique.
- C'est vrai mec, rajouta Scorpius. On a quand même autour de cette table la sorcière, dit-il en pointant Ludivine du menton, qui a fait boire un filtre d'amour à Smith en quatrième année uniquement pour gagner un pari qu'elle pouvait faire craquer n'importe quel mec. On a également le sorcier, dit-il en se pointant du doigt, qui a fait croire qu'il était un Mangemort simplement pour qu'on lui fiche la paix et qui s'est retrouvé avec trois aurors sur le dos à 12 ans, dont ton père.
Les trois sorciers eurent un petit rire. En effet, des histoires humiliantes, ils n'en manquaient pas.
- Vous devriez en avoir honte, sourit Albus, pensif.
- Oh mais c'est le cas, rigola Ludivine, juste pas entre nous.
Un silence s'installa, calme, paisible. Albus semblait se triturer la tête alors qu'il passait d'un rythme régulier son doigt sur le contour de sa chope. Ludivine et Scorpius avaient compris qu'il avait juste besoin d'un peu de temps pour se lancer, alors ils acceptèrent le silence une longue minute avant d'opter pour la discussion distrayante.
- Alors, reprit Ludivine en se tournant vers Scorpius, des nouvelles de ton père au sujet de tout ce qu'il se passe ?
- Nope, répondit Scorpius en buvant sa bièraubeurre. Dans les prochains jours, je pense.
- Il faudrait le c...
- J'ai couché avec Rimens, lâcha Albus de but en blanc.
Ludivine se tut aussitôt, se tournant vers Albus avec des yeux ronds tandis qu'un rictus se dessinait sur les lèvres de Scorpius.
- Rimens ? répéta Ludivine. Comme dans Souhad Rimens de Poufsouffle, petite-amie de Michael Lams depuis genre trois ans ?
- C'est ça, confirma Albus en buvant une grande gorgée de sa chope. On a couché ensemble cet été et on s'est revus quelques fois au château depuis notre retour.
- Dont la fois où tu n'as pas voulu me dire où tu étais ? demanda Ludivine qui commençait à comprendre.
- Tout à fait, hocha Albus. Je ne voulais pas que quiconque l'apprenne, sachant qu'elle était toujours avec Lams. Elle me disait qu'elle comptait le quitter. Elle me l'a dit plusieurs fois.
Ludivine ne dit rien, écoutant le sorcier alors que Scorpius ne cachait pas sa surprise. Ludivine connaissait Rimens qui était une camarade de chambre d'Evelyn, et cette dernière n'était pas tendre lorsqu'elle parlait de la sorcière et de sa relation avec son petit-ami de trois ans. De ce que lui disait son amie, Souhad Rimens était une sorcière compliquée à comprendre et à suivre.
- Ce n'est plus le cas ? demanda précautionneusement Ludivine.
- Il semblerait que non, dit Albus avec amertume. Elle a eu une discussion avec lui hier soir à ce sujet et je pensais qu'ils n'étaient plus ensemble. Mais je les ai vus se bécoter au déjeuner, et ils y mettaient du cœur.
- Oh Al, s'exclama Ludivine en posant sa main sur l'avant-bras du sorcier.
- Ça craint, vieux, dit Scorpius.
- C'est moi qui ai été con, avoua Albus.
- Tu es attaché ? demanda Ludivine.
- Disons que j'avais des attentes.
Un silence s'installa, et Ludivine suivit le regard d'Albus, s'assurant qu'il n'était pas trop peiné. Il attrapa son regard et lui fit un sourire qui se voulait rassurant, mais Ludivine y lut de la peine et ça lui brisa le cœur. Face à eux, Scorpius tapota l'épaule d'Albus, pensif.
- N'empêche, dit Scorpius, elle est sexy.
- Ça c'est clair, approuva Albus, je peux te dire que j'ai pas hésité longtemps, en couple ou non.
- Je n'aurais pas hésité non plus, dit Scorpius en souriant.
- Ça valait au moins le coup pour ça, je te le dis.
Albus eut un petit rire que Ludivine apprécia, même si en temps normal, elle aurait levé les yeux au ciel face aux propos des deux sorciers. Tout ce qui lui importait à cet instant était le sourire d'Albus.
- Tu sais que ça ne vient pas de toi ? lui dit Ludivine dans la volonté de le rassurer. Que son hésitation ne veut pas dire que tu n'en vaux pas la peine ?
- Tu me prends pour une de tes copines filles, Lud ? demanda Albus en levant les yeux au ciel. Bien sûr que je le sais.
Ludivine ne dit rien. Albus pouvait être ironique et moqueur autant qu'il le voulait, Ludivine lisait tout de même la peine dans ses yeux et elle savait que ses mots le touchaient. Mais elle ne voulut pas blesser sa virilité, alors elle ne dit rien pour se défendre, et choisit même de jouer la dérision.
- Pardon, dit Ludivine avec un sourire joueur, j'avais oublié votre grandeur, très cher.
- On ne doute pas d'un Potter, Hendell, répondit Albus avec un sourire.
- Mes excuses, monsieur je porte le nom de deux grands directeurs de Poudlard et du sauveur du monde sorcier.
Les trois sorciers rigolèrent tout en buvant une gorgée de leur bièraubeurre. Autour d'eux, tout le monde s'agitait mais ils n'y faisaient pas attention. Ils étaient dans leur bulle, comme à chaque fois qu'ils étaient tous les trois.
- Vous savez ce qui me ferait le plus grand bien ? demanda Albus.
- Dis-nous, répondit Scorpius.
- Qu'on détruise Poufsouffle samedi au match, sourit Albus, on verra s'ils auront toujours envie de s'embrasser après la raclée qu'on va mettre à leur maison !
Albus ne cachait plus son sourire et Scorpius éclata de rire alors que Ludivine levait de nouveau les yeux au ciel. Elle savait qu'il ne suffisait que d'une phrase pour que ses deux amis se lancent dans une discussion endiablée.
- Il faudra faire attention à leurs batteurs Al, répondit Scorpius, moi aussi j'ai envie de leur faire cracher la poussière alors on ne les laisse pas nous mettre hors d'état de nuire.
- On verra vendredi soir quelle stratégie on supporte le mieux après tous les entraînements qu'on a eus, dit Albus d'un air pensif. Leur gardien est très bon, marquer des points sera difficile.
- Qu'est-ce que tu en penses, Lud ?
Scorpius venait de s'adresser à elle, et Ludivine prit quelques secondes pour le dévisager. Elle était à deux doigts de reprendre les deux sorciers en leur rappelant qu'elle ne s'était pas motivée à sortir et enfreindre le règlement pour les entendre parler de Quidditch, mais un coup d'œil à Albus avait suffi pour voir qu'il avait déjà oublié sa peine de cœur. Il n'avait fallu que le Quidditch. Et eux, se dit tout de même Ludivine.
Scorpius et Albus attendaient calmement, avec la patience qui caractérisait certains Serpentards, qu'elle leur réponde.
- J'en pense, commença-t-elle, que votre obsession pour le Quidditch est l'une des raisons pour lesquelles j'ai quitté l'équipe.
- C'est faux ! s'offusqua légèrement Albus. Tu dis ça comme si on ne pensait qu'à ça !
- Albus, répondit Ludivine calmement, il est temps que quelqu'un te le dise, tu es un capitaine tyrannique et obsédé par le jeu.
Albus se figea, choqué de la remarque de Ludivine. Scorpius, lui, éclata de rire alors qu'un sourire se dessinait sur le visage de la jeune fille.
- J'aurais confirmé si je n'avais pas peur de faire cent tours de terrain vendredi, rigola Scorpius.
Et Ludivine ne tint plus, éclatant de rire alors qu'Albus comprenait que les deux sorciers se moquaient de lui. Il fusilla ses deux amis du regard alors que leur rire se renforçait, conscients que le brun restait un Serpentard, et qu'aucun Serpentard n'aimait être moqué.
- Vous n'êtes qu'une bande d'enfoirés, se contenta-t-il de répondre tout en levant les yeux au ciel et en murmurant quelque chose, et le seul mot que Ludivine entendit fut « foutaises », ce qui la fit rire alors qu'elle finissait sa bièraubeurre.
Au bout de quelques heures, et plus précisément au bout de quatre bièraubeurres chacun -trois pour Ludivine qui avait déclaré forfait-, les trois sorciers décidèrent de retourner au sein du château. Il n'était pas tard, c'tait l'avantage d'avoir quitté le château tôt, mais ils avaient tout de même dépassé le couvre-feu et il leur fallait rentrer discrètement.
Discrètement, cependant, n'était pas le terme approprié pour les trois sorciers. Scorpius eut le réflexe de jeter un sort d'imperméabilité à chacun d'entre eux, mais ce fut la seule chose qu'ils firent correctement. La carte leur permit de retourner assez facilement au passage secret en passant par le sous-sol de Honeydukes bien que la boutique soit fermée. Mais elle n'empêcha pas Albus de buter contre une pierre dans le couloir du passage et de chuter violemment alors que Ludivine et Scorpius éclataient de rire sans se soucier du bruit qu'ils faisaient.
Remettre la robe de sorcier fut également une épreuve alors que Ludivine la mettait à l'envers et que Scorpius se la coinçait au niveau de l'oreille. Quelle maladresse, ils blâmaient tous les trois l'alcool pour cela mais ça ne les empêchait pas de moins rire. Ce fut lorsqu'ils sortirent par la statue de la sorcière borgne pour atterrir dans les couloirs du château que ce fut plus compliqué, d'une part parce qu'ils pouvaient être vus et d'autre part parce qu'ils pouvaient être entendus. Et ça, aucun des trois sorciers n'en avait conscience alors qu'Albus lançait des maléfices du Croche-Pied pour faire trébucher Scorpius et Ludivine qui rigolaient à chaque fois qu'ils esquivaient le sortilège.
Finalement, Ludivine, qui surveillait distraitement la carte du coin de l'œil pour s'assurer qu'ils ne croiseraient personne, vit quelque chose qui ne la rassura pas. A quelques couloirs d'eux semblait arriver le professeur Sven et ils allaient tout droit dans sa direction. Elle n'eut pas le temps d'en informer Albus et Scorpius qu'en quelques secondes, le professeur avait atteint leur localisation.
- S'il-vous-plaît.
Ce fut avec effroi que les trois Serpentards s'arrêtèrent. Ils surent, au ton, qu'il s'agissait d'un professeur. Et ils avaient raison. Derrière eux se tenait bien le professeur Sven, une main sur sa baguette et le regard perçant. Il dévisagea lentement les trois sorciers et un sourire se dessina sur son visage.
- Est-ce que l'un de vous, commença-t-il lentement, peut me dire ce que vous faites hors de vos dortoirs. A une telle heure. En semaine.
Bien sûr, ce n'était pas une question et les trois sorciers savaient que la suite allait être très mauvaise pour eux. Et leur esprit embrumé par l'alcool ne leur serait d'aucune utilité.
- Professeur, commença Ludivine.
- C'est une longue histoire, continua Scorpius.
- Une très longue histoire que l'on peut raconter demain de préférence, termina Albus.
Ce n'était certainement pas la chose à dire, et Ludivine ferma les yeux de désespoir. L'air incrédule de leur professeur n'indiquait rien de bon.
- Demain, Potter ? Est-ce que cela veut dire que vous attendez que je vous renvoie dans votre dortoir sans rien dire ? Est-ce que l'optimisme irréaliste est un trait de la maison Serpentard ? finit-il d'un air condescendant.
-Monsieur, répondit Albus dont l'alcool avait inhibé tout filtre, votre ressentiment envers les Serpentards n'a rien à faire dans la situation.
Ludivine et Scorpius se tournèrent avec effroi vers leur ami. Qu'est-ce qui lui prenait de provoquer le professeur Sven de cette façon ? Ludivine se demandait même si le sorcier n'était pas stupide lorsqu'il ne prenait plus la peine de réfléchir. En face d'eux, le professeur ne semblait pas dérangé par les propos d'Albus. Il avait même un sourire sur les lèvres, ce qui n'indiquait vraiment rien de bon, se dit Ludivine.
- Etes-vous dans votre état normal, Potter ?
- Albus ne se sent en effet pas très bien professeur, intervint Ludivine, veuillez l'excuser.
Ledit Albus allait protester mais le regard noir que lui fit Ludivine l'en dissuada.
- Vraiment, miss Hendell ? demanda le professeur avec un sourire ironique. Et est-ce que cela justifie votre présence si tardive dans les couloirs ?
Ludivine ne sut pas quoi répondre, c'était comme si son cerveau avait décidé d'arrêter de fonctionner. C'était d'ailleurs le cas. À côté d'elle, Scorpius était impassible, conscient que ce qu'il dirait dans son état ne ferait qu'aggraver la situation. Et il avait raison. Ce n'était cependant pas le cas d'Albus qui eut un rire désabusé et qui secoua la tête, marmonnant quelque chose dont ressortit seulement les mots "abus de pouvoir". Des mots que tous entendirent.
- Peut-être, Potter, reprit le professeur, devrais-je vous inviter à passer la journée du samedi dans mon bureau afin de vous montrer qu'on respecte le corps professoral dans ce château.
- Samedi, Serpentard joue contre Poufsouffle, dit Scorpius comme si c'était une évidence.
- Dans ce cas, vous devriez peut-être vous entraîner à jouer sans votre capitaine, monsieur Malefoy.
Ça ne manqua pas, l'effroi qui se lut sur le visage des deux sorciers fit sourire le professeur qui semblait s'amuser. Quant à Ludivine, elle n'arrivait toujours pas à savoir comment ils allaient sortir de cette situation. Être interdit de jouer pouvait être fatal pour Albus, que ce soit pour le score de Serpentard autant que pour son poste de capitaine. C'était un rôle pour lequel on attendait une irréprochabilité. Le professeur McGonagall ne laisserait pas passer cela et Ludivine s'inquiétait. A côté d'elle, Albus et Scorpius commençaient à être nerveux. C'était comme si l'alcool avait quitté leur corps à l'entente de cette menace et malgré la situation, Ludivine leva les yeux au ciel. Il n'y avait vraiment que le Quidditch qu'ils prenaient à cœur.
- Monsieur ! s'indigna Scorpius.
- Bien sûr, c'est à moins que vous ne me donniez une bonne raison pour votre présence dans les couloirs, sourit le professeur Sven, conscient qu'ils n'avaient aucune excuse.
Un silence pesant s'installa. Alors que Scorpius et Albus semblaient réaliser que s'ils ne trouvaient pas une échappatoire, ils risquaient de se retrouver à six sur le terrain face à Poufsouffle, Ludivine se demandait comment elle allait rattraper le coup.
- L'infirmerie ! lâcha Ludivine dans un moment de détresse.
A côté d'elle, elle n'avait aucun soutien alors qu'ils se tournaient vers elle avec incompréhension.
- L'infirmerie ? répéta le professeur Sven avec un léger sourire.
- Oui, se contenta de dire Ludivine, nous sommes allés chercher Albus qui se sentait mal.
- Vraiment très intéressant, miss Hendell, et qui vous a demandé de faire cela ?
- C'est moi, professeur.
Tous tournèrent la tête vers le reste du couloir, où s'approchait celui qui venait de s'exprimer. Malgré la faible lueur qui émanait de la baguette du professeur, Ludivine reconnut James Potter qui s'approchait, les mains dans les poches et le regard dur. Il posa son regard sur chaque Serpentard, et lorsque son regard croisa celui de Ludivine, celle-ci se sentit frissonner sous la dureté de ces yeux marrons. Finalement, le Gryffondor posa son regard sur le professeur Sven.
- Monsieur Potter, reprit Sven qui rangea son air surpris, expliquez-moi donc la situation.
- C'est très simple, professeur, dit l'aîné des Potter avec un sourire assuré, mon petit frère s'est senti mal avant le dîner. Malefoy et Hendell l'ont accompagné à l'infirmerie avant de venir me raconter son état.
James fit une pause, jetant un regard aux sorciers qui n'avaient pas bougé d'un pouce, dans l'attente de voir où mènerait l'histoire du sorcier. Ludivine y décela du mépris qu'elle prit directement pour elle.
Elle prit le temps de le dévisager. Il ne portait pas sa robe de sorcier mais un simple t-shirt gris et un jean foncé. Les mains dans les proches, les épaules reculées vers l'arrière, le Gryffondor avait une carrure assez imposante et son regard dur ne laissait place à aucune objection, tout comme sa mâchoire crispée ne donnait pas envie de le contredire. Même si la coupe de cheveux et les traits du sorcier étaient similaires à ceux d'Albus, son air implacable le distinguait fondamentalement d'Albus qui portait plutôt naturellement un air de nonchalance et d'indifférence. Chez Albus, il n'y avait que ses yeux qui s'exprimaient tandis que chez son frère, c'était son visage entier.
- Je sais qu'Albus est effrayé par l'infirmerie, dit-il d'un ton sarcastique, mais je ne lui ferais pas l'humiliation de vous expliquer pourquoi, et j'ai demandé aux deux préfets d'aller le chercher.
- Vous n'êtes pas responsable des préfets de Serpentard, monsieur Potter, c'est miss Jones qui l'est.
- Mais je suis responsable de mon frère, monsieur, répondit James d'un ton si assuré qu'il ne laissait place à aucune réponse. Je venais justement m'assurer que mon frère allait bien.
James maintint le regard du professeur Sven avec un air impassible. A côté de lui, Albus, Scorpius et Ludivine ne faisaient pas les fiers. L'histoire du Gryffondor pouvait être plausible. En tout cas bien plus que ce qu'ils auraient pu dire. Mais ils n'étaient pas sortis de la situation. Et face à eux, le professeur Sven restait sceptique.
- Pourquoi devrais-je croire votre histoire, monsieur Potter ? demanda le professeur Sven avec suspicion.
- Ils étaient tous les trois absents au dîner, non professeur ? dit James. Et puis, vous pouvez demander à madame Pomfresh, elle vous dira certainement la même chose.
- Vous vous doutez que je compte bien le faire à la première heure demain matin.
- Je n'en doute pas une seconde, professeur.
Le professeur Sven ne dit rien durant quelques secondes. Il maintint le regard du Gryffondor qui restait impassible, puis posa son regard sur les trois Serpentards qui se sentaient pâlir. Jusqu'à que finalement, il sourit d'un air désabusé avant de s'adresser de nouveau à James.
- Je vous laisse raccompagner votre frère et les deux préfets de Serpentard dans leurs cachots, monsieur Potter. Pour cette nuit, vous êtes responsable d'eux, et je ne veux plus personne dans les couloirs dans vingt minutes.
- C'est noté professeur, merci.
Le professeur Sven ne dit rien, tournant les talons sans un mot de plus. En le voyant partir, Ludivine ferma les yeux de soulagement tandis qu'Albus et Scorpius lâchèrent la respiration qu'ils avaient gardée. Ils avaient été à deux doigts d'être dans une situation très embarrassante. Ludivine, également, sentit un poids quitter sa poitrine.
Mais ce n'était pas le cas de James Potter qui, le regard toujours très dur, se tourna violemment vers eux, les surplombant d'un regard colérique.
- Mais qui vous a appris à être aussi imprudent ? Vous avez une idée de ce que vous auriez pris si je n'avais pas été là ?
- Ça va James, répondit Albus sur la défensive, on a fait une erreur, ça n'arrive jamais.
- C'est une erreur de débutant, Albus ! s'exclama son frère.
Il avait raison, les trois sorciers le savaient et pour cette raison, Ludivine n'en menait pas large. Elle se tenait droite, le menton haut mais alors que son regard croisait celui du sorcier, Ludivine se sentit presque reculer. Elle n'avait pas souvent interagi avec James, même assez rarement, et à cet instant, avec l'alcool qui embrumait son cerveau et la pression descendante de s'être fait prendre, elle se sentit impressionnée par ce regard inquisiteur. Cela venait certainement également de la honte qu'elle ressentait de s'être fait attraper en pleine infraction au règlement par un professeur.
- On sait, se contenta de dire Albus avec un air coupable.
- On a bu, James, dit Scorpius avec franchise, on n'a pas réfléchi.
James leva les yeux au ciel. Son langage corporel était tellement expressif que Ludivine interpréta son action par un "merci de pointer l'évidence".
- Pas besoin de le dire, Scorpius, ça se voit à des kilomètres. La seule raison pour laquelle Sven a lâché l'affaire, c'est qu'il compte aller voir Pompom demain.
- C'est d'ailleurs un problème, se rendit compte Scorpius.
- Non, dit James en balayant l'inquiétude du sorcier d'un revers de main, j'irai voir Pompom pour lui expliquer la situation, ça ne la dérangera pas de mentir.
Pompom ? Ludivine voulut rire, un rire moqueur, et elle se surprit à ne pas oser le faire. Pour le moment, l'aîné des Potter avait dirigé sa colère vers Albus, ce qui convenait très bien à Ludivine.
- Qu'est-ce que tu aurais fait s'il t'avait interdit de jouer, Al ?
- Même si ça me tue de le dire, James, ce n'est qu'un match amical inter-maisons. Ça aurait été l'enfer, mais pas la fin du monde.
James fit un bruit dédaigneux alors que son regard se posait sur Ludivine. Mais ça ne dura pas plus d'une seconde, considérant probablement que ce n'était pas à elle qu'il devait s'adresser.
- Tu es capitaine, Al, dit James sur un ton que Ludivine trouva condescendant. Tout le monde suit ce que tu fais. Et pas seulement sur le terrain dans les airs mais également hors du terrain sur terre. Je parle des recruteurs, Al.
- Ils ne viendront pas me chercher avant ma dernière année, répondit Albus en fronçant les sourcils.
- Moi, ils sont venus me chercher en sixième année, dit James. Capitaine en sixième année et fils de Harry Potter, les recruteurs n'attendent pas. Tu as de grandes chances d'en voir samedi, même pour un match amical et si on vient pour toi mais qu'on apprend que tu as été interdit de jouer pour ne pas avoir respecté le règlement, ce sera fini pour toi, Al.
Albus marqua un temps. Il semblait réfléchir à ce que lui disait son frère, comme s'il réalisait que cette rencontre avec le professeur Sven aurait pu lui être décisive. Et son visage perdit quelques couleurs. Face à lui, James esquissa un rictus.
- Tu réalises hein ?
- Arrête de te comporter comme si tu ne faisais pas comme nous James, dit Albus qui sentait l'irritation monter, tu enfreins le règlement comme nous ! Tout le temps !
- Mais moi, je ne me fais pas prendre.
- Facile avec une cape d'invisibilité, dit Ludivine dans un silence qui fit raisonner ses propos.
Les trois sorciers se tournèrent vers elle, comme s'ils semblaient se rappeler de sa présence. Albus ne cacha pas son sourire fier à la remarque de Ludivine tandis que Scorpius se divertissait de l'ironie dont elle avait joué. Cependant, James n'était pas amusé. Il lui jeta un regard si froid que Ludivine sentit la colère monter. Elle n'aimait pas le dédain dont faisait preuve le sorcier.
- Est-ce que tu n'aurais pas la carte du Maraudeur dans les mains, Hendell ? Rien qu'avec ça, je ne me ferais pas prendre. A moins que tu manques d'intelligence pour l'utiliser.
Ludivine fusilla le sorcier du regard. Le ton condescendant de l'aîné des Potter commençait à l'irriter, sans parler du fait qu'il venait de l'insulter, et elle ne cacha pas sa colère alors qu'elle échangeait un regard avec Scorpius.
- On aurait pu croire, reprit James, que de vous trois, tu aurais été la plus responsable. Quand on sort en semaine, et qu'en plus on boit, on se fait discret dans les couloirs.
- Je crois que tu as les chevilles qui enflent, Potter, répondit Ludivine avec cynisme, car je constate que tu as une trop haute estime de toi.
- Je m'inquiète juste pour mon frère, Hendell, répondit James avec un air froid qui énerva Ludivine, peut-être que toi tu n'en as rien à faire de son futur mais ce n'est pas mon cas.
- Pardon ? s'exclama Ludivine, dubitative. Pour qui te prends-tu, Potter ?
- Pour ton préfet-en-chef, Hendell.
Ludivine allait répliquer avec férocité. Le Gryffondor la faisait tellement sortir de ses gongs qu'elle sentait son cœur battre à toute vitesse, mais elle sentit une main se poser sur son épaule, et un mouvement des yeux lui permit de voir qu'il s'agissait de Scorpius qui la regardait d'un air autoritaire. Il l'incitait à se calmer. Ce qu'elle fit en un instant. Ludivine sembla se rappeler qu'il était le frère aîné d'Albus, son préfet en chef, et qu'en plus il venait de leur sauver la mise. Alors elle se tut, défiant le sorcier du regard tout en levant son menton haut, avant de se tourner vers Albus et Scorpius.
- Est-ce qu'on peut retourner à la salle commune ? demanda Ludivine à Scorpius et Albus. Cette discussion ne mène nulle part.
James eut un rire dédaigneux alors qu'il se tournait vers Albus. C'était comme s'il la considérait comme insignifiante et Ludivine décida que, définitivement, elle n'aimait pas le sorcier.
- Faites plus attention la prochaine fois, dit James à son frère.
Albus hocha la tête et James tourna les talons, surplombant une dernière fois de son regard Ludivine et enfin Scorpius à qui il fit un très léger mouvement de tête, et il s'en alla.
Ce fut Albus qui souffla en premier, observant Ludivine du regard avant de fermer les yeux et de souffler une nouvelle fois. Il semblait exténué et Ludivine ne put s'empêcher la pensée que c'était en partie sa faute.
- Tu comprends maintenant, Lud, dit Albus en passant une main dans ses cheveux comme il avait l'habitude de le faire quand il était nerveux, pourquoi j'ai refusé le poste de préfet quand on me l'a proposé l'année dernière ? James est attachant mais il peut être très autoritaire quand il le veut. Aucune envie d'être sous ses ordres.
Ludivine ne répondit rien durant une seconde, le fixant du regard avant d'échanger un regard avec Scorpius.
- Ton frère est un connard, Potter.
Elle ne dit rien de plus alors qu'elle se remettait en route en direction des cachots, et Albus et Scorpius échangèrent un regard amusé avant de la suivre rapidement. Leur retour dans la salle commune se fit dans un silence assez inhabituel pour eux, mais chacun semblait perdu dans ses pensées. Lorsqu'ils arrivèrent au pied des escaliers du dortoir, Scorpius embrassa le crâne de Ludivine avant de lui faire un clin d'œil, la remerciant de les avoir forcés à sortir, alors qu'Albus passait un bras autour de ses épaules en lui faisant un grand sourire.
Finalement, ce fut tout ce que Ludivine choisit de retenir de cette fin de soirée, le clin d'œil espiègle de Scorpius et le sourire joyeux d'Albus. Elle n'avait besoin de rien d'autre pour se coucher. Le reste, elle le prendrait en compte demain matin.
J'espère que le chapitre vous a plu, n'hésitez pas à me faire un retour dessus, c'est motivant et instructif !
