Bonjour à tous, j'espère que tout le monde se porte bien !

Le nom de l'histoire a changé, auparavant Ce que l'on mérite, c'est maintenant Le vent se lève.

Désolée pour ces quelques semaines sans nouvelles. Moi qui pensais que le confinement serait propice à l'écriture, je me suis en fait retrouvée démotivée avec la pression du télétravail et la faible séparation vie pro/vie perso. MAIS l'inspiration est revenue et je reviens avec un LONG chapitre pour compenser ce temps.

J'espère que le chapitre vous plaira, merci à tous ceux qui prennent le temps de lire. Et merci à MarlyMcKinnon pour tes reviews qui sont très motivantes et agréables à lire :)

Bonne lecture !


Chapitre 6 - Partie et répartie

Des cris s'élevaient dans tous les sens autour de Ludivine. Des cris de colère et de honte tandis qu'elle-même fronçait les sourcils. Mais très rapidement, ces cris se transformèrent en hurlements de joie alors qu'autour d'elle, tout le monde applaudissait de ses mains. Au milieu de toute cette foule verte, Ludivine n'était pas en reste. Lorsqu'Albus attrapa le Souafle pour la seconde fois en moins d'une minute, elle mit tout l'air dans ses poumons à disposition d'un cri d'encouragement pour l'équipe de Serpentard qui marqua son premier but.

Alors qu'Albus, Mila Stones et Olivia Flint échangeaient un regard complice en se dispersant de nouveau pour attraper le Souafle, Scorpius surveillait avec attention les échanges de balle, à l'affût de tout lancer vers ses cercles de but. Lucas Zabini et Maximilien Miller donnaient toute leur énergie à éloigner les cognards de leurs coéquipiers et Hannah Zeller avait disparu depuis le début du match à la recherche du Vif d'or. L'assurance et la coordination de l'équipe transpirait aux yeux de tous, c'était une des forces de Serpentard.

Face à eux, Poufsouffle n'était pas en reste. Alors qu'Evelyn criait quelque chose à ses joueurs, les élèves en jaune encourageaient leur équipe avec le même acharnement et la même violence de gagner. Il y avait clairement une animosité entre les gradins, et Ludivine espérait que ça ne dégénérerait pas comme le précédent match où une quinzaine d'élèves s'était mis à se taper dessus avant la fin du match.

Le Quidditch était une affaire sérieuse à Poudlard. C'était admis, les joueurs de Quidditch étaient plus mis en avant que les autres, parfois plus favorisés par les professeurs que les autres, et la maison qui remportait la coupe de Quidditch était acclamée pendant plusieurs semaines. Tout le château assistait aux matchs, amicaux ou de compétition, et chaque maison supportait son équipe de toutes ses forces. D'ailleurs, les équipes avaient implicitement des comptes à rendre à leur maison. Il était accepté que les joueurs soient favorisés par les professeurs, mais seulement s'ils faisaient leur travail sur le terrain.

Alors oui, le Quidditch était une affaire sérieuse à Poudlard. Et ça, Ludivine l'avait appris de la dure manière lorsqu'elle avait quitté l'équipe de Serpentard, au début de sa cinquième année. Elle avait fait ce choix pour se concentrer sur les études, se rendant compte qu'elle passait plus de temps sur le terrain qu'à la bibliothèque et que ses notes se dégradaient. Elle avait fait ce choix pour elle, et sa maison lui en avait fait voir de toutes les couleurs. Mila avait arrêté de lui parler pendant plusieurs semaines. Alexis Miller, batteur, lui avait fait de nombreuses remarques désobligeantes, que personne n'avait contestées.

Albus et Scorpius lui en avaient également voulu. Leurs relations avaient été très tendues pendant plusieurs semaines. Personne n'avait compris. Pour eux, il était possible de coordonner les deux, le terrain et les notes, mais ils n'avaient pas réellement essayé de comprendre. Alors, ils lui en avaient voulu pour son choix, et elle leur en avait voulu pour leur manque de compréhension. Ça avait duré plusieurs semaines, avant que Scorpius ne fasse le premier pas parmi eux trois. Ludivine sourit au souvenir, c'était deux ans plus tôt mais elle avait l'impression que ça remontait une époque plus loin.

Des rugissements de joie s'élevèrent lorsqu'Albus attrapa une nouvelle fois le Souafle avant de foncer vers les buts de Poufsouffle et de marquer avant que le gardien ne puisse l'arrêter. De l'autre côté du terrain, Ludivine vit Evelyn fulminer, ce qui la fit rire. Elle savait que son amie avait l'esprit de compétition, autant qu'Albus. Pour elle, gagner faisait partie du sport.

Evelyn s'était affirmée face à sa famille par deux décisions, celle d'aller à Poufsouffle et celle de continuer sa carrière professionnelle dans le Quidditch. Deux décisions pour lesquelles sa famille lui en avait fait voir de toutes les couleurs, mais pour lesquelles elle s'était battue et n'avait jamais démordu. Dans un sens, Ludivine voyait beaucoup de similitudes entre son amie et Albus.

- Potter est fort ! s'exclama une voix près d'elle.

Ludivine sortit de ses penser et se tourna vers Acca qui semblait être apparue à l'instant, la regardant avec effroi.

- Qu'est-ce que tu fous dans les gradins de Serpentard ?

- Je viens t'accompagner, répondit Acca en passant un bras autour des épaules de Ludivine, tu m'avais l'air seule. Et puis, il y a plus d'ambiance ici.

Ludivine ne répondit pas, cachant à moitié son inconfort. Non pas qu'elle n'avait pas l'habitude d'une telle démonstration de la part d'Acca, mais jamais en public. Non, devant les autres élèves, leurs contacts étaient toujours restés cordiaux, et Ludivine se rendit compte qu'Acca avait pris très au sérieux leur discussion sur le fait qu'il était temps que les quatre sorcières arrêtent de cacher leur amitié.

Ludivine n'avait pas peur du regard des autres. Elle était habituée à ce qu'on la regarde de travers, mais elle n'aimait tout de même pas attirer l'attention. Ce qui était totalement le cas avec une Gryffondor dans les gradins des Serpentards.

- Tu attires les regards, Acca, constata Ludivine.

- C'est parce que je suis une beauté exotique, ma chère, rigola Acca en passant avec exagération une main dans ses cheveux.

Un bruit sourd se fit entendre, et des cris d'indignation surgirent autour de Ludivine qui leva la tête vers les airs. Près des cercles de but de Serpentard, Scorpius se tenait le genou alors qu'une grimace de douleur déformait ses traits et qu'il se replaçait sur son balai. Il n'en fallut pas plus à Ludivine, ajoutant le sourire suffisant des batteurs de Poufsouffle, pour comprendre que Scorpius s'était pris un cognard dans le genou et qu'il avait failli tomber de son balai.

Albus fit un signe à Mila Stones et Olivia Flint de continuer leur ascension vers les cercles de but de Poufsouffle pour marquer avant de voler vers Scorpius, avec un air inquiet qu'il ne cachait pas. Il s'arrêta juste à côté du sorcier et se pencha vers son genou, examinant le membre de Scorpius en lui disant des choses inaudibles depuis les gradins. Ludivine, quant à elle, soupira. Elle ne considérait pas judicieux le fait de quitter son poste pour aller voir l'état de son coéquipier, il était évident pour elle que Scorpius continuerait le match.

C'était ce que Scorpius devait être en train de dire à Albus à cet instant alors qu'il pointait les buts de Poufsouffle de la main et disait quelque chose avec force. Albus dut lui dire de se taire car Scorpius arrêta ce qu'il disait avec un regard d'effroi, mais il fallut quelques secondes de plus aux spectateurs pour comprendre ce qu'il se passait. Un cognard avait fait son chemin jusqu'aux deux sorciers à une vitesse impressionnante.

- Albus, merde ! marmonna Ludivine avec colère.

Quand Albus se prit le cognard dans l'épaule, ce fut de vrais cris de fureur qui s'élevèrent autour de Ludivine, et elle ne cacha pas son air surpris tandis qu'Acca la narguait d'un sourire moqueur.

- On croirait que tu es surprise de la popularité de Potter, rigola Acca qui ne semblait pas se soucier du sorcier qui se tenait maintenant l'épaule et jurait alors qu'il échangeait un regard avec Scorpius et qu'ils retournaient chacun à leur place dans l'idée de continuer le match, blessés ou non.

- Parfois, je crois que je l'oublie vraiment.

- En même temps, c'est un bon stratège, dit Acca, alors les mecs l'adorent. Et puis, sa belle gueule aide plutôt bien à l'apprécier, mais ça c'est pour les filles !

- Acca !

La susnommée éclata de rire devant l'indignation de Ludivine. Elle savait très bien que parler de la popularité d'Albus Potter n'était pas un sujet que Ludivine appréciait, sans n'avoir jamais réellement compris pourquoi. Pour Acca, il ne faisait aucun doute que son amie n'avait plus de sentiment amoureux pour le sorcier, même si les moments comme celui-ci pouvaient l'interroger.

- Quoi, se moqua Acca, ne me dis pas que tu ne vois pas les regards que les sorcières lui portent.

- Tu rigoles, murmura Ludivine, je ne vois que ça.

Ludivine promena son regard sur les autres gradins. Poufsouffle, comme Serpentard, hurlait de toutes ses forces pour soutenir son équipe. La bonne humeur régnait dans les gradins, autant que la rage de vaincre, faisant sourire Ludivine. Elle pouvait détester le Quidditch, car selon elle la stratégie gâchait le plaisir du vol, et la compétition gâchait celui de voler à plusieurs, mais elle devait reconnaître qu'elle aimait l'unité qui se dégageait au sein des maisons.

Elle savait que leur génération de sorciers n'était pas tendre. Ils n'avaient pas connu la guerre ni la misère. Ils avaient grandi dans un univers bâti dans la paix et la liberté. Les histoires datant de la Grande Guerre leur paraissaient surréalistes et Ludivine savait que sa génération ne se sentait pas concernée par cette guerre. De simples histoires ne suffisaient pas à ce qu'ils se rendent compte de l'horreur qui avait été vécue. Tout ce qu'ils pouvaient se dire était que de toute façon, ça ne pourrait jamais arriver de nouveau.

Non, la génération de Ludivine ne se sentait pas concernée par ces événements. Pour eux, la plus grande guerre se jouait sur le terrain de Quidditch, tous les mois, et les plus grands héros étaient les capitaines d'équipes. Et face à elle, récupérant le Souafle des mains d'Evelyn qui jura, se trouvait l'un des plus grands héros de leur génération.

Albus avait un talent indéniable. Outre son physique, qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à celui de son père à son âge, Albus avait également hérité du talent de Harry Potter. Il avait une telle aisance sur son balai qu'il semblait avoir appris à voler avant de savoir marcher. Cette aisance lui insufflait une vitesse désarçonnante pour ses adversaires comme pour ses coéquipiers. Par-dessus tout cela, il avait une capacité d'analyse qui faisait de lui un excellent stratège, hors du terrain et dessus.

Lorsque Ludivine était arrivée à Poudlard, elle avait très vite compris que le Quidditch était une affaire sérieuse au sein du château. Tout le monde n'avait qu'un nom à la bouche : James Sirius Potter. D'un talent qu'il avait hérité de son père et d'un amour pour le jeu que sa mère lui avait légué, tout le monde était persuadé, alors qu'il n'était âgé que de douze ans, qu'il serait le prochain meilleur joueur du siècle.

Puis Albus avait candidaté au poste de poursuiveur meneur l'année suivante et avait été pris sur le champ. Des paris avaient émergé, quel frère Potter serait le meilleur ? Lequel percerait mieux ? Lequel était effectivement meilleur ? Tant de paris. Ludivine avait longtemps eu peur que des rivalités fraternelles émergent un jour. Mais ça n'avait jamais été le cas, et cela n'avait sûrement tenu qu'à une chose.

Ludivine avait joué plusieurs fois contre James Potter. Meneur comme son frère, il avait une aisance et une rapidité supérieures à la moyenne. La vraie différence avec son frère était les risques qu'il était prêt à prendre pour gagner. Comme son père, James Potter aimait le danger et n'hésitait pas à mettre sa vie en danger pour gagner ses matchs. Albus avait cette tendance au risque également, mais proportion gardée par rapport à son frère aîné.

Mais James Potter, même s'il était passionné par le jeu, n'y avait pas vu son futur et n'avait jamais cherché à défendre son image de meilleur joueur de Poudlard. Tout ce qui l'importait était la gloire de sa maison et son amour pour le jeu. Ça avait surpris Ludivine le jour où Albus lui avait expliqué cela, elle qui avait toujours eu une image très narcissique du sorcier, très centrée sur lui-même. Quoi de plus honorifique dans le château que le Quidditch, mais James Potter avait en partie tourné le dos à tout cela en refusant le badge de capitaine pour la troisième année consécutive, quelques semaines plus tôt. Ludivine n'avait pas demandé à Albus la raison de ce refus, mais il était vrai qu'elle se l'était demandé.

Le regard de Ludivine avait inconsciemment dérivé vers le sorcier en question. Assis dans les gradins de Gryffondor, il était calme. Son regard était concentré sur le match, et il était facile de voir qu'il analysait la stratégie des deux maisons. Autour de lui, tout le monde s'agitait, chacun supportant une équipe différente, mais James Potter restait imperturbable, et cela malgré les nombreux à-coups de Fred Weasley sur son épaule. Ce dernier parlait avec une énergie débordante avec son entourage et sollicita James à multiples reprises sans que ce dernier ne réagisse. Il était concentré, comme s'il était seul dans les gradins. Seul, se suffisant à lui-même. Pas même le regard perçant de Ludivine ne le perturbait.

Lorsque Ludivine reposa son regard sur le sorcier quelques minutes plus tard, James Potter avait accepté de rompre sa concentration pour discuter avec sa petite sœur. Tournant le dos au match, il lui disait quelque chose avec animation, qui semblait plaire à Lily Potter, au sourire qu'elle lui faisait. L'aîné avait ce même sourire, innocent et sincère, illuminant son visage alors qu'il passait son bras autour des épaules de la sorcière. Ludivine les observa quelques secondes avant de reporter son regard sur Albus, se faisant la remarque que les gènes des Potter étaient incroyablement beaux, et elle n'avait pas de mots pour décrire leur sourire.

- Putain de Potter.

Ludivine se tourna vers Acca qui marmonnait dans sa barbe sans quitter le joueur des yeux. Dans le ciel, les joueurs continuaient leur match avec toujours la même vélocité. Pourtant, Ludivine voyait les joueurs commencer à fatiguer, ce qui était normal après une bonne heure de jeu. L'attrapeuse qui avait remplacé Ludivine lorsqu'elle était partie, Hannah Zeller, cinquième année, continuait de voler dans les airs, à la recherche du Vif d'or. Poufsouffle avait repris un peu de terrain, mais Serpentard avait toujours une longueur d'avance, avec 90-70 points.

- Est-ce que tu le maudis ou tu t'extasies devant lui ? demanda Ludivine avec un rire. Parce que c'est difficile à dire entre ton regard noir et ton sourire.

- Je te laisse interpréter à ta guise, dit Acca en accentuant son sourire en coin.

Pas besoin pour Ludivine de chercher bien loin, il n'y avait rien de nouveau au fait qu'Acca et Albus ne s'appréciaient que très peu. Ludivine n'avait jamais compris pourquoi, mais elle n'avait jamais réellement essayé de comprendre. C'était probablement dû à leurs caractères très opposés, Albus étant très calme et réfléchi, et Acca très énergique et expansive.

- Mais, reprit Acca après un léger silence alors qu'elle fixait le poursuiveur des yeux, il faut reconnaître qu'il est sexy. Et doué.

Ludivine ne cacha pas son sourire. En effet, elle le reconnaissait sans soucis.

- RENVERSANT ! s'exclama une voix qui sortit Ludivine de ses pensées et qu'elle reconnut comme celle de Owen Jordan qui commentait le match. Lowell vient de jeter le Souafle à la tête de Potter ! Quand je pensais qu'elle ne pouvait pas être plus attirante !

- Monsieur Jordan ! s'exclama le professeur Londubat avec indignation alors qu'il frappait le crâne du Serdaigle.

Acca éclata d'un rire fort alors que Ludivine esquissait un sourire. Face à elles, Albus venait d'éviter de peu le Souafle et fusillait maintenant Evelyn du regard alors qu'il aboyait quelque chose. La sorcière le fusilla du regard tandis que des rires commençaient à s'élever dans les gradins. Ça n'empêcha pas Evelyn de hurler sur Albus, ponctuant sa phrase par un connard que tout le monde entendit.

Albus allait répliquer quelque chose, mais quelque chose sembla s'activer dans les airs. Des bruits s'élevèrent dans les gradins tandis que Hannah Zeller s'élevait comme un pique dans les airs, suivi de son acolyte de Poufsouffle, Andy Corner. Les deux attrapeurs semblaient avoir repéré le Vif d'or et se mettaient en compétition pour l'attraper.

Maximilien Miller lança un Cognard en direction de l'attrapeur de Poufsouffle, un cognard suffisamment bien placé sur la trajectoire de l'attrapeur pour que ce dernier se le prenne quelques secondes plus tard s'il n'avait pas dévié son manche de quelques centimètres. Ces centimètres suffirent à ce que sa trajectoire soit légèrement déviée, suffisamment pour que Hannah prenne une avance et tende le bras pour attraper le Vif d'or.

Cependant, Andy Corner était bon. Il se rattrapa très rapidement et parvint à se trouver de nouveau épaule contre épaule avec Hannah Zeller. Très vite, les deux joueurs étaient côte à côte, le bras tendu à quelques millimètres du Vif d'or. Une main se referma sur la petite balle et des cris s'élevèrent dans tous les gradins.

Le match était terminé, et Ludivine ne pouvait retirer le sourire qu'elle avait sur les lèvres.


- Mais quel enfer ! S'exclama Ludivine en se laissant tomber dans le canapé.

A côté d'elle, Mila Stones ricana en passant une main dans ses cheveux avant de poser ses yeux sur elle.

- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? demanda Mila d'un ton amusé avant de reporter son regard sur la fête.

- Duel entre un Serpentard et un Poufsouffle de troisième année, se contenta de répondre Ludivine, en buvant une gorgée du verre que Mila lui tendait. Il a fallu les emmener chez McGo, mais avant ça il a fallu les séparer.

- Tu étais toute seule ?

- Ma chance, sourit Ludivine.

- Tu n'es quand même pas déjà fatiguée ? la taquina Mila. On a une victoire à fêter !

- Laisse-moi souffler deux minutes, implora Ludivine alors que sa camarade ricanait d'un air moqueur.

Bien sûr, Ludivine exagérait, et sa camarade de chambre le savait très bien. Ce fut pour cela qu'elle leva les yeux au ciel en reportant son attention sur la discussion qu'elle venait de laisser. Ludivine en profita pour l'observer du coin de l'œil. Comme tout sang-pur, Mila se tenait droite alors qu'elle écoutait calmement ses camarades parler. Personne n'aurait pu dire qu'elle venait de jouer un match exténuant quelques heures avant, avec sa robe noire moulante et ses talons mi-hauts. Elle était une toute autre sorcière que quelques heures plus tôt.

- Qu'est-ce que tu fous sur ce canapé, Hendell !

La surplombant de sa hauteur alors qu'il se penchait vers elle, Albus lui souriait. Il ne semblait pas avoir conscience des regards qu'il attirait alors qu'il regardait son amie avec un sourire moqueur sur les lèvres. S'il avait fait plus attention à son entourage, il aurait vu le rougissement de certaines filles qui l'observaient. Non, Albus Potter ne voyait pas tout ça. Il ne voyait que Ludivine.

- J'attends qu'un jeune homme digne de mon intérêt vienne m'inviter à danser, mon cher Al, sourit Ludivine.

- Et si je t'invitais à boire, plutôt ?

Albus Potter n'était pas un fin danseur, c'était connu, mais il savait tenir sa liqueur et cette proposition plut autant à Ludivine que son idée d'origine. Le sourire qu'ils échangèrent était complice. Albus proposa sa main à Ludivine qui la prit sans hésiter, ignorant les murmures qui commençaient à se former autour d'eux.

- Alors Hendell, demanda Albus en posant son avant-bras sur le bar dans l'attente que le barman de la soirée, Hugo Weasley, le serve. Qu'est-ce que tu bois ?

- Surprends-moi, Potter, répondit Ludivine avec un sourire espiègle que lui rendit Albus.

- C'est même ce que je préfère faire !

Albus fit un signe à son petit cousin, chuchotant quelque chose à l'oreille du sorcier que Ludivine n'entendit pas, mais lorsqu'il se tourna vers elle, elle sut à son sourire qu'il avait pris quelque chose de fort. Ça ne dérangeait pas Ludivine, qui avait du mal à se détendre dans ces soirées si bondées. Elle avait beau faire abstraction des élèves qui l'entouraient, l'alcool avait toujours beaucoup aidé au processus.

Alors, lorsqu'Albus lui tendit un verre à moitié plein d'une liqueur verte qui prenait progressivement des teintes rougeâtres, Ludivine trinqua avec un sourire, buvant d'une traite le contenu. En face d'elle, Albus faisait de même alors que sa boisson tirait du bleu au jaune. Le mélange n'avait qu'un mot pour Ludivine : écœurant. Ludivine fusilla Hugo Weasley du regard, ce qu'il ne vit pas, et Albus éclata de rire en voyant l'expression de son amie, retenant lui-même de faire la grimace.

- J'ai bu cette horreur uniquement pour honorer votre victoire, dit Ludivine.

- 140 points d'écart, répondit Albus avec un air suffisant, ça mérite bien une deuxième tournée !

- Attends ! rigola Ludivine en stoppant le sorcier d'une main, laisse-moi diriger cette horreur.

- Mauviette, ricana Albus en la regardant avec moquerie.

Ludivine éclata de rire tandis que le regard d'Albus se fit tendre. Il adorait voir Ludivine se désinhiber. Elle le faisait avec une telle douceur, mettant sa carapace de côté qu'il sentait toujours qu'il s'adoucissait immédiatement.

Ludivine ne voyait pas son regard, portant le sien sur la soirée qui se déroulait sous ses yeux.

La fête battait son plein. Comme à chaque match de Quidditch, les quatre maisons se réunissaient sur la Salle sur Demande pour célébrer la victoire. Les soirées de victoires de Quidditch étaient les plus spectaculaires et les mieux organisées, même si certaines grandes figures parmi les élèves savaient également marquer les esprits lors d'anniversaires ou grands événements.

Quelques années plus tôt, Teddy Lupin, ancien élève de Poudlard, avait conclu un accord avec l'Horcruxe, bar phare de Pré-au-Lard pour les populations jeunes, pour relier magiquement les distributeurs d'alcool de la Salle sur Demande aux réserves du bar avec une comptabilisation des quantités consommées au litre. Le bar facturait ce qui avait été consommé, à des prix que Ludivine savait extrêmement avantageux, et ce coût était réparti entre maisons avec une participation volontaire des élèves. Bien évidemment, certains participaient en mettant de grosses sommes, d'autres ne participaient pas et d'autres faisaient en fonction de leurs moyens, mais il n'y avait jamais eu de problème jusqu'ici à ce sujet.

Une grande piste de danse avait été pensée au milieu de la salle, où des centaines d'élèves se déhanchaient, de la première à la septième année. Un peu partout autour de cette piste se trouvaient des canapés et fauteuils. Un grand bar longeait un mur, dont était responsable une maison à tour de rôle. Cette fois-ci, c'était aux Poufsouffles de s'occuper du bar, et Hugo Weasley avait pris cette responsabilité. Il était d'ailleurs en train de se moquer de deux troisièmes années qui venaient de demander une bièraubeurre.

Ludivine eut un sourire. Les professeurs fermaient les yeux sur les soirées de victoire. Tout le monde connaissait les conditions à respecter pour que ce genre de soirées perpétue dans le château. La première était de ne pas laisser les élèves en-dessous de la cinquième année toucher à de l'alcool. Jusqu'à peu, les élèves de cinquième année étaient inclus dans cette restriction, mais la règle avait été allégée. Toutes les maisons savaient que si cette règle était transgressée, les professeurs décideraient de ne plus fermer les yeux. Et personne ne voulait que ça n'arrive. C'était déjà assez exceptionnel que ces soirées soient tolérées.

Ludivine voyait bien que de nombreux regards convergeaient vers elle et elle en connaissait très bien la raison. A côté d'elle, Albus observait également son entourage. Appuyé contre le bar, il avait reposé ses bras en arrière pour poser ses coudes sur le comptoir du bar. Sa chemise bleu marine épousait son torse et ses épaules et faisait ressortir ses yeux verts. Ses cheveux n'avaient pas été coiffés depuis sa sortie de douche, et ce n'était pas faute pour Ludivine d'avoir essayé plusieurs fois de passer sa main dans ses cheveux pour les discipliner. Mais le sorcier lui avait tapé la main avec force à chaque fois pour l'en dissuader.

A cet instant, il attirait les regards et ne s'en rendait même pas compte. Non, il fixait quelque chose avec attention et Ludivine ne cacha pas sa surprise en voyant qui il regardait.

- Mon dieu Potter, oublie-la ! s'énerva Ludivine.

- Elle reste magnifique, marmonna Albus.

- Je croyais que tu la détestais ?

- Tu sais bien que c'était la colère qui parlait, Lud. Et puis, elle n'a pas l'air très affectée par la défaite de sa maison.

Ludivine leva les yeux au ciel avant de les porter vers la concernée. Plus loin dans la salle, Souhad Rimens rigolait avec ses amies sur la piste de danse, et Ludivine devait bien reconnaître que la sorcière était très jolie. Elle ne semblait en effet absolument pas affectée par la défaite de sa maison, se déhanchant avec entrain entre filles tout en éclatant de rire. Rien ne semblait importer à part leur groupe d'amies.

- Pourquoi tu ne la rejoins pas, dans ce cas ? demanda Ludivine avec un sourire doux.

- Pas devant tout le monde, Lud, répondit Albus dans un murmure, pas devant tout le monde. Et puis, je sais que tu as raison, que je ne devrais pas essayer de la voir.

Ludivine ne répondit rien. Elle s'inquiétait du bien-être de son ami, et les histoires comme celles qu'il était en train de vivre étaient à bannir. Ce n'étaient pas des relations saines. Mais elle n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit, qu'on héla Albus.

- Potter !

Evelyn s'approchait d'eux avec un sourire, et Ludivine la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle n'en était pas à son premier verre. Ses cheveux bruns tombaient dans son dos avec élégance alors que de légères boucles faisaient leur place au bout de sa chevelure. Comme Mila un peu plus tôt, il était impossible de dire que la sorcière avait passé plusieurs heures dans un sport violent et essoufflant un peu plus tôt dans la journée. Elle fit un sourire à Ludivine qui illumina son visage, la rendant encore plus attrayante que possible.

- Félicitations ! s'exclama Evelyn en trinquant avec Albus qui n'avait pas bougé de position, son verre toujours à la main sur le comptoir. Il observait la sorcière avec un sourire un coin, la détaillant de haut en bas sans aucune discrétion.

- Je t'ai connue plus revancharde, Lowell, dit Albus avec douceur.

- Oh ne t'inquiète pas, j'ai une année pour te fusiller du regard à chaque petit-déjeuner, dit Evelyn avec un sourire charmeur.

Ludivine eut un sourire en voyant Albus rigoler, buvant son verre sans quitter Evelyn des yeux. Cette dernière s'était tournée vers son amie, trinquant avec elle alors qu'elles échangeaient un regard complice.

- Tu sais, commença Ludivine avec un sourire, que nos attrapeurs ont évité un drame aujourd'hui ?

- Je sais bien, rigola Evelyn, je ne sais pas si j'ai reçu plus de réprimandes ou de félicitations pour avoir jeté ce Souafle. Désolée pour ça, Potter.

- Ce n'est pas la première fois que ça arrive, sourit Albus. J'espère simplement que tu n'as pas un Souafle caché sous ton aile.

- Non, je l'ai bien laissé au vestiaire.

Le sourire d'Evelyn s'agrandit alors qu'elle voulut rajouter quelque chose, mais quelqu'un vint lui attraper le poignet libre, la tirant de force vers la piste de danse sans qu'elle n'oppose aucune résistance. Elle vit au bout de quelques secondes qu'il s'agissait d'Andy Corner, son attrapeur, alors elle fit un léger sourire d'excuse en direction d'Albus et Ludivine avant de se mettre à danser.

Ludivine, elle, ne manqua pas le regard que son meilleur ami lançait à Evelyn.

- Arrête de fixer ma pote comme ça, Potter.

- On ne peut rien faire avec toi, Hendell, marmonna le sorcier.

Ludivine leva les yeux au ciel.

- Je connais ce regard, dit Ludivine. C'est celui que pleins de sorcières vous portent, à Scorpius et toi, tous les jours juste avant de me fusiller du regard.

- Je me disais juste qu'elle était jolie, se défendit Albus.

De nouveau, Ludivine leva les yeux au ciel. Ce n'était pas le genre de discussion qu'ils avaient souvent, et pour une simple raison. C'était un sentiment sourd de jalousie qui se réveillait en elle, ce sentiment de possessivité. Elle ne comprenait pas d'où naissait ce sentiment qui pourtant, survenait assez rarement.

- D'ailleurs, demanda Ludivine, où est Scorp ?

- Aucune idée, dit Albus en commandant deux verres à son cousin, je l'ai perdu en arrivant ici. Avec un peu de chance, il s'est fait agresser par une jolie sorcière dans un coin sombre.

Ludivine balaya la salle du regard en prenant le verre que lui tendait Albus. Elle se fit la remarque qu'ils étaient maintenant au même endroit depuis un bon moment. Ludivine avait envie de danser. Ludivine adorait danser, oubliant ce qui l'entourait autour d'elle. Pendant plusieurs années, le Quidditch avait été son défouloir et le terrain le seul endroit où plus rien n'existait autour d'elle. Ce n'était plus le cas aujourd'hui et Ludivine s'était surprise à retrouver quelques fois ce même sentiment sur une piste de danse bondée où elle passait inaperçue.

- J'ai envie de danser, dit-elle.

- Ma Lud, répondit Albus avec une grimace, ne me demande pas de t'accompagner, s'il te plaît.

Ludivine n'eut pas le temps de défendre son envie.

- Toujours au même endroit, le champion !

- Près du bar, au bras de sa reine !

- Attention Lily, Ludivine mord avec ce genre de blague.

Rose Weasley, la cousine d'Albus, ne cachait pas son sourire alors qu'elle s'approchait de Ludivine et Albus. A ses côtés, Lily Potter passait son regard de Ludivine à son frère avec un sourire espiègle qui rappela à Ludivine celui de Scorpius.

- Dommage, souffla Lily en plantant ses yeux dans ceux de Ludivine, je trouve que vous détonnez tous les deux.

- Mais c'est qu'elle nous fait un compliment, se moqua Albus en ébouriffant les cheveux de sa sœur qui le fusilla du regard, merci petit singe !

Ludivine ne connaissait pas vraiment Lily Potter, la petite sœur d'Albus. Contrairement à James Potter, Ludivine avait plusieurs fois interagi avec la sorcière durant son temps à Poudlard, mais elle ne la connaissait tout de même que très peu. Elle savait cependant que la petite sœur d'Albus avait un caractère de lionne, comme sa cousine Rose, et beaucoup d'humour et d'ironie. Albus s'entendait très bien avec sa sœur, qu'il protégeait à tout prix et embêtait à tout bout de champ. Ludivine avait toujours apprécié regarder leur relation fraternelle, et sourit en voyant Lily fusiller Albus du regard tout en lui tapant la main avec violence.

- Respecte-moi, Al, s'énerva Lily.

- Quand tu auras atteint une taille acceptable, Lily. Sérieusement, tu ne grandis plus depuis plusieurs années.

- Il a raison, fit une voix nouvelle, j'ai même l'impression que tu rapetissis tous les trois mois.

- Scooooooorp ! s'exclama Albus avec un grand sourire en voyant que le sorcier s'était joint à eux. Tu étais où, vieux ?

- Par-ci, par-là, répondit Scorpius d'un air mystérieux tout en prenant appui avec son coude sur l'épaule de Lily.

- Hé ! protesta cette dernière, tu te crois où ?

- Pardon, dit Scorpius avec un sourire malicieux, je t'ai confondue avec le comptoir du bar.

Scorpius rigola d'un rire franc alors que Lily lui donnait un coup -assez violent- dans les côtes. Il fit un clin d'œil à Ludivine qui lui sourit, puis il posa son regard sur Rose qui avait également un léger sourire en coin à la blague du sorcier.

- Il a fallu que deux jolies filles se joignent à nous pour que tu daignes nous retrouver, dit Ludivine avec un sourire.

- Techniquement, se défendit le sorcier, Lily est comme une petite sœur donc il est difficile de la qualifier de jolie.

- Et bah merci, murmura Lily.

- Personnellement, dit Rose avec un sourire, je prends le compliment.

- Et tu fais bien, Weasley, répondit Scorpius avec un sourire en coin, tu fais bien parce que ce n'est pas tous les jours que Ludivine complimente d'autres personnes qu'elle-même.

Scorpius avait posé son regard sur Rose, détaillant de ses yeux malicieux le visage de la sorcière quelques secondes avant de se tourner vers Ludivine pour voir sa réaction. Celle-ci avait levé les yeux au ciel sans répondre au sorcier, c'était Lily qui se chargea de le faire.

- Et bien, constata Lily, vous n'avez que de l'amour à donner !

- On ne sait juste pas comment le donner ! dit Albus en rigolant alors que Scorpius hochait la tête d'approbation.

Scorpius avait de nouveau porté ses yeux sur Lily et Rose qui échangeaient un regard amusé. Il sembla se dire quelque chose car il secoua la tête, portant son regard sur Ludivine.

- Tu danses, Lud ? demanda Scorpius en tendant sa main vers la sorcière.

- Enfin ! rigola Ludivine en posant sa main dans celle du sorcier. On ne peut vraiment compter que sur toi, Scorp.

Scorpius eut un sourire amusé alors qu'il la menait au milieu de la piste de danse où des dizaines de sorciers dansaient depuis plusieurs heures. Une musique moldue de soul passait et Scorpius et Ludivine se mirent en rythme avec la musique alors qu'ils échangeaient un sourire. Ludivine attendit quelques secondes avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive, Malefoy ? demanda Ludivine en plantant son regard dans celui du sorcier.

- Qui te dit qu'il se passe quelque chose ?

- Je te connais, affirma Ludivine avec fermeté, et je connais toutes tes humeurs.

- C'est pour ça que tu as accepté de danser avec moi ? dit Scorpius avec un sourire.

- Tu sais bien que non, sourit Ludivine, j'avais envie de danser depuis plusieurs heures.

Scorpius semblait nerveux, comme s'il n'osait pas dire quelque chose à Ludivine, fuyant son regard comme si cela allait le sortir d'une position embarrassante dans laquelle il pouvait se trouver.

- Je, commença le sorcier. Je ne…

- Respire Scorp, tout va bien se passer, dit Ludivine avec un sourire apaisant envers son ami.

- Pas ici, Lud, dit finalement le sorcier d'un ton suppliant.

- Pas ici parce qu'il y a du monde ou parce que tu n'as pas envie d'en parler maintenant ?

- Les deux.

Ludivine hocha la tête en signe de compréhension. Elle n'avait aucune envie d'insister dans le mal-être du sorcier et elle avait bien vu quelques semaines plus tôt avec Albus qu'insister contre la volonté du sorcier ne la mènerait nulle part. Et puis, ce n'était vraiment pas l'endroit propice pour tirer les vers du nez au sorcier.

Alors elle fit un sourire à Scorpius, attrapant ses mains alors que la musique changeait pour un rythme plus entraînant, en l'incitant à suivre ce rythme. Scorpius, comme elle, aimait bouger son corps et se défouler de cette façon alors il la suivit sans trop de difficultés lorsque la musique s'accéléra. Ils se laissèrent porter par la musique, dansant en rythme.

Si Ludivine avait tourné la tête, elle aurait vu que Scorpius et elle avaient attiré les regards et que plusieurs personnes dans la salle chuchotaient des choses à leur intention. Pourtant, ils étaient en plein milieu de la foule dansante. Pour la première fois depuis le début de la soirée, Ludivine sentit l'alcool monter alors qu'elle occultait tout ce qu'il pouvait se passer autour d'elle et se laissait porter par la musique, ne lâchant jamais la main droite de Scorpius qui la faisait régulièrement virevolter sur elle-même.

Ils avaient l'habitude de danser ensemble, et elle était habituée à ce que Scorpius mène la danse, lui qui avait suivi tant de cours de danse durant sa jeunesse. Lorsque Scorpius tira sur la main de Ludivine pour la plaquer contre lui avant de l'attraper par les hanches pour la faire tourner, Ludivine se laissa porter, éclatant de rire avec Scorpius qui se laissait porter par l'instant autant qu'elle.

Ils dansèrent comme cela pendant une bonne demi-heure, jusqu'à que Ludivine déclare forfait. Elle n'avait définitivement plus le même cardio qu'à l'époque où elle s'entraînait au Quidditch quotidiennement. Scorpius rigola, passant son bras autour des épaules de Ludivine, s'appuyant à moitié sur elle, alors qu'ils s'éloignaient de la piste de danse et qu'il la complimentait sur ses mouvements.

- Salut Malefoy, est-ce que je peux t'emprunter Hendell ?

Ni Ludivine, ni Scorpius ne cachèrent leur surprise en voyant Fred Weasley s'approcher d'eux avec un grand sourire, un verre dans chaque main.

- Tu lui veux quoi, Weasley ? demanda Scorpius avec une légère méfiance.

- Simplement discuter, répondit Fred en souriant, si elle l'accepte bien évidemment.

Ludivine haussa les épaules, signalant son indifférence à ce que le sorcier veuille lui parler, et Scorpius sembla ranger sa méfiance tandis que le sourire de Fred s'agrandissait.. Fred lui fit un sourire, lui tendant un des deux verres qu'il tenait, mais Ludivine se contenta de regarder sa main avec un sourire amusé.

- Je n'accepte pas de verre d'inconnus, Weasley.

- Oh arrête ! s'offusqua Fred. Tu sais que ce verre est clean.

Ludivine le fixa quelques secondes. Scorpius était retourné sur la piste de danse et dansait maintenant avec deux sorcières qui se tenaient dangereusement proche de lui.

- Dernier verre que je bois, dit Ludivine en prenant le verre alors que Fred continuer de sourire avec la même intensité.

- Tu passes une bonne soirée, Hendell ? demanda Fred en trinquant avec elle.

- Très bien, Weasley. Maintenant, si tu me disais ce que tu veux.

Ludivine ne cacha pas son sourire lorsque le sorcier s'offusqua, se pointant lui-même du doigt avec un regard désabusé. Mais au bout de quelques secondes, il eut un sourire malicieux mais également authentique.

- Pourquoi n'irions-nous pas voir Walsh ? suggéra Fred. Je suis sûr que tu n'as pas vu ton amie depuis un petit moment et que ça te ferait plaisir de lui parler.

Ludivine n'eut pas le temps de répliquer quelque chose d'acerbe au sorcier car quelqu'un se joignit à eux.

- Alors Freddie, tu pactises avec l'ennemi ?

Ludivine identifia le ton moqueur avant de voir à qui il appartenait, ce qu'elle put confirmer en se retournant. Face à elle se tenait James Potter. Une main dans la poche tandis qu'il tenait son verre rempli d'une liqueur sombre de l'autre, il arborait un sourire amusé en la surplombant d'une tête. Ludivine n'avait clairement pas le même amusement, fusillant le Gryffondor des yeux alors qu'elle raidissait son dos pour gagner quelques centimètres de hauteur.

- Oh Jamesie, répliqua Fred avec le même sourire, je viens tout juste de réussir à lui faire ranger les crocs, ne gâche pas mon travail.

- Je ne suis pas un animal, Weasley.

- Personne n'a dit ça, Hendell, mais reconnais qu'il faut t'approcher à tâtons.

- Ou sinon, peut-être que tu es un fragile, Freddie.

- Peut-être Jamesie, dit Fred avec un rire franc, mais j'ai déjà ton caractère de chien à gérer.

Ludivine ne répondit pas, cachant son sourire alors qu'elle buvait son verre tout en soutenant le regard de James alors que Fred éclatait de rire. La complicité qui liait les deux sorciers était semblable à celle qui unissait Albus et Scorpius, et malgré la méfiance qu'elle ressentait vis-à-vis de James Potter, Ludivine put se détendre légèrement. Enfin, c'était bien avant que le Gryffondor ne rouvre la bouche.

- D'ailleurs Hendell, reprit James sans quitter la sorcière du regard, je ne t'aurais pas prise pour le genre cheerleader.

- C'est vrai ! s'exclama Fred comme s'il venait de se rappeler quelque chose. Tu as mis de l'énergie durant le match.

- Comme beaucoup, j'aime bien gagner, répondit Ludivine en haussant les épaules, et j'ai été assez de fois sur le terrain pour savoir que les encouragements sont moteurs.

- Une vraie cheerleader, dit James sur un ton ironique.

A ces mots, Ludivine fusilla James du regard. Ce dernier la regardait avec un sourire malicieux et ne la quittait pas des yeux alors qu'il portait son verre à ses lèvres et en buvait une gorgée. Bien évidemment, il la défiait du regard et semblait se délecter de la voir réagir à ses provocations.

Si Fred ressentait de la tension, il ne semblait pas y prêter attention.

- Tu essaies de provoquer une réaction, Potter ?

- Ce n'est pas très difficile avec toi, Hendell, répondit James, tu montes rapidement dans les tours.

- Oh mes excuses, Potter ! s'exclama Ludivine avec ironie en posant sa main sur son cœur. Je ne sais pas ce qui me prend d'oser me défendre quand tu m'insultes !

Le sourire de James s'agrandit et quelque chose se passa dans ses yeux. Il n'avait toujours pas quitté Ludivine du regard et celle-ci se demandait ce qu'il pouvait bien se dire. Elle, en tout cas, venait de monter légèrement en pression et le fusillait du regard d'avoir réussi à l'énerver.

- Putain James, tu me la tout énervée ! s'exclama Fred en levant les yeux au ciel. Allez Hendell, emmène-moi voir Walsh !

- Et pourquoi je ferais ça ?

- Parce que, même si tu ne le reconnais pas, tu m'apprécies ?

Ludivine étouffa un rire moqueur, mais son regard ne passa pas inaperçu aux yeux des deux sorciers.

- Allez Hendell, aie pitié de moi !

- Liz n'est pas intéressée par toi, Weasley.

- Qu'en sais-tu ?

- Elle me l'a dit ! s'exclama Ludivine. Elle ne te prend pas au sérieux.

- Perspicace, dit James dans sa barbe, ce qui fit très légèrement sourire Ludivine.

- Dans ce cas, s'exclama Fred avec un sourire charmeur, à moi de la convaincre ! Je relève le défi ! Allez, allons la voir, tu seras mon excuse. A toute mec !

Fred attrapa le coude de Ludivine avec une force qui surprit la sorcière alors qu'il l'emmenait vers un coin de la pièce, où Liz se trouvait avec une de ses camarades de chambre et Acca, sur un canapé à angle. Elles semblaient toutes les trois en profonde discussion sur quelque chose que Liz racontait quand Ludivine et Fred arrivèrent.

- Mesdemoiselles, bonsoir ! s'exclama Fred avec un ton fort et un sourire charmeur.

- Weasley, répondit Acca avec un grand sourire, que fais-tu sans ton acolyte de toujours et avec la nôtre ?

- Je découvre son humour sans limite, Rockwood, répondit Fred en passant son bras autour des épaules de Ludivine, bras qu'elle retira aussitôt sous le rire de ses deux amies.

- Et puis, reprit Fred comme si rien ne s'était passé, comme elle insistait pour venir vous voir, je me suis proposé pour l'accompagner.

- Oui, sourit Acca avec un ton ironique, on ne doute pas qu'elle aurait exprimé cette envie auprès de toi sans retenue.

- Est-ce que si je rajoute qu'elle se retenait de me jeter un sort parce que mes blagues l'irritaient, ça te semblerait plus réaliste ?

- Totalement, dit Liz d'une voix douce en rigolant dans son épaule.

Fred eut un sourire de victoire, ce même sourire qu'il avait à chaque fois qu'une jolie fille rigolait à l'une de ses blagues. Ludivine ne put s'empêcher de laisser échapper un léger sourire face à l'authenticité du sorcier, se rendant compte qu'elle commençait à apprécier sa sincérité et son exubérance qui lui rappelaient Acca. Celle-ci fit d'ailleurs un signe en direction du canapé à côté d'elle.

- Asseyez-vous, proposa-t-elle, Liz nous racontait les discussions qu'elle avait entendues chez les professeurs qui semblent préparer quelque chose dans les prochaines semaines.

- Tiens, tu écoutes aux portes, Walsh ? la taquina Fred.

- Disons que ma mère m'a appris à récolter des informations de la façon la plus discrète possible, répondit Liz avec un sourire espiègle.

Quelque chose brilla dans le regard de Fred, qui sembla s'apparenter à de la malice et autre chose que Ludivine ne put qualifier.

- Impressionnant, dit Fred.

- Oh, dit Liz qui se prenait au jeu, attends d'entendre ce que j'ai à dire !

- Qu'attends-tu ? On s'assoit, Hendell ?

- Je vais retourner voir Albus et Scorpius, répondit Ludivine avec un sourire, les filles me raconteront tout ça plus tard, mais reste donc, Weasley.

Fred ne se le fit pas dire deux fois, prenant place à côté de Liz sur le canapé, et Ludivine se demanda un instant si elle faisait bien de laisser le sorcier en compagnie de son amie. Après tout, elles ne le connaissaient que peu et Ludivine se méfiait du comportement du Gryffondor avec les filles. Elle lança un regard à Acca qui comprit sa demande, hochant la tête pour lui assurer qu'elle surveillerait le sorcier.

- On te raconte tout ça durant notre soirée, dit Acca avec un sourire.

- D'ici-là, pas de bêtise, compléta Liz d'un sourire doux.

Ludivine leur fit un sourire avant de s'éloigner, laissant Fred s'installer confortablement auprès de Liz et Acca, et elle chercha Albus et Scorpius du regard. Elle en trouva un très facilement grâce à sa chevelure blonde, et Ludivine ne cacha pas sa surprise. Scorpius se trouvait sur la piste de danse, en compagnie d'une sorcière collée à lui. Les deux sorciers dansaient de façon lascive, leurs fronts collés et très rapidement, Scorpius attrapa les lèvres de la sorcière, posant une main sur sa nuque tandis que l'autre s'installait dans le bas de son dos.

Ludivine détourna le regard, laissant son intimité à son ami, et chercha Albus du regard. Elle eut plus de mal à le trouver, mais il n'y avait que deux sorciers dans cette immense salle dont les cheveux étaient si bordéliques.

Albus se trouvait près d'un mur, non loin du bar, avec une sorcière de Gryffondor qui lui parlait avec beaucoup de proximité, jouant avec le pan de col de sa chemise de façon sensuelle. Elle chuchota quelque chose, qui provoqua un sourire en coin à Albus qui se rapprocha, prenant une mèche de cheveux de la sorcière entre ses doigts avant de se pencher vers elle pour lui murmurer quelque chose que Ludivine supposa être très charmeur.

Une nouvelle fois, Ludivine tourna la tête et décida d'aller s'installer près du bar, décidant qu'elle ne se voyait pas retourner auprès de Weasley, Liz et Acca. Elle commanda une bièraubeurre, décidant que la boisson faiblement alcoolisée l'aiderait à redescendre progressivement.

Ludivine reposa une dernière fois son regard sur Albus et la Gryffondor, et Ludivine la reconnut comme une cinquième année lorsqu'Albus passa une main dans les cheveux de la sorcière pour la poser à l'arrière de sa tête pour rapprocher son visage du sien et lui embrasser la tempe.

Albus dut se sentir observé car il releva la tête dans la direction de Ludivine. Elle lui fit un léger sourire, levant sa bouteille en direction du sorcier avant de détourner le regard, voyant Albus froncer des sourcils en la regardant.

Ludivine reporta son attention sur la piste de danse, où la musique s'était faite plus douce. Les danses s'étaient faites plus sensuelles et Ludivine se rendit compte que de nombreux couples s'étaient formés dans la pièce. L'heure commençait à se faire tardive et l'alcool était monté à la tête des sorciers. Mais Ludivine n'eut pas le temps de ressentir la solitude. Très vite, on prit place à côté d'elle et Ludivine ne cacha pas sa surprise en voyant Albus pencher la tête en avant vers elle avec un sourire en coin.

- Que fais-tu là, Potter ?

- Tu ne veux pas de moi ? bouda Albus.

- Je pense plutôt à la jolie compagnie que tu as laissée seule.

Albus haussa les épaules en posant son regard là où la sorcière se trouvait toujours, confuse probablement d'avoir été abandonnée aussi rapidement, avant de reporter son regard sur Ludivine.

- Tu étais toute seule, se contenta de répondre Albus.

Ludivine ne cacha pas sa surprise, ce qui fit rire Albus.

- Tu sembles surprise que je te choisisse à un flirt.

- Disons que tu me vois suffisamment au quotidien, sourit Ludivine.

Albus leva les yeux au ciel, se disant qu'il avait parfois des difficultés à comprendre les femmes, sa meilleure amie incluse.

- Vous savez que des paris ont été lancés sur vous deux ?

Scorpius s'approchait d'eux, s'appuyant sur la chaise haute de Ludivine.

- Je suis venu mettre fin aux rumeurs, dit-il avec un sourire amusé, mais je crains que certains ne se mettent à parier sur un plan à trois.

- Super, marmonna Ludivine.

- On voit que l'idée t'enchante, se moqua Scorpius.

- L'idée de passer pour la pire des chiennes ? répondit Ludivine avec amertume. Oui, j'adore !

- N'écoute pas ce que les gens disent, dit Scorpius. A une époque, les rumeurs disaient qu'Albus et moi étions gays, que nous avions une relation secrète et que tu étais notre alibi pour cacher la vérité.

- Pardon ?

Ludivine ne cacha pas son effroi tandis que Scorpius et Albus souriaient d'un air moqueur.

- Si tu savais ce qui peut être dit sur nous, Lud, sourit Albus, je pense que tu serais capable d'arrêter de nous parler uniquement pour faire arrêter ces rumeurs.

- Je ne préfère pas savoir, soupira Ludivine.

Scorpius passa son bras autour des épaules de Ludivine tandis qu'Albus tapotait légèrement le genou de Ludivine. Elle savait que par ces gestes d'affection, ils lui intimaient de ne pas prêter attention à tout ce qui pouvait être dit ou fait hors de leur cercle à eux trois.

- Allez, conclut Ludivine en posant sa bouteille vide derrière elle, je vais rentrer.

- Tu veux que je te raccompagne à la Salle commune ?

Albus ignora le regard de travers que son amie lui jeta tandis que Scorpius s'était relevé, prêt à partir.

- Vous n'avez pas besoin de venir avec moi, répondit-elle en agitant les cheveux des deux sorciers. Retournez auprès des jolies filles avec qui vous étiez, qu'on ait des choses intéressantes à se raconter demain au petit-déjeuner, sinon le sujet va tourner autour du match et j'ai déjà eu ma dose aujourd'hui.

Scorpius et Albus échangèrent un sourire alors que Ludivine tapait dans la main des deux sorciers avant de leur souhaiter une bonne fin de soirée et de se diriger vers la sortie. Elle se doutait qu'ils la suivaient du regard alors qu'elle passait le portrait mais ne se retourna pas. Elle ne voulait pas priver ses deux amis de leur soirée, consciente que ce soir, ils étaient les rois et qu'ils feraient la fête jusqu'au lever du jour.

- Tiens, Hendell.

Même si le portrait s'était refermé, il était encore possible d'entendre un fond de musique qui n'était pas celle qui se jouait à l'intérieur, mais plutôt un morceau de musique classique et Ludivine se surprit à n'avoir jamais remarqué ce charme posé sur la Salle sur Demande.

- Potter, se contenta-t-elle de répondre avec une légère froideur au sorcier qui se tenait appuyé contre le mur, les mains dans les poches en l'observant avec attention.

- Tu mets déjà fin à la soirée ?

- Toutes les bonnes choses ont une fin, Potter.

- Les soirées n'ont une bonne fin que quand elles se finissent en bonne compagnie, dit James avec un sourire amusé.

- Pourtant, répondit Ludivine en ignorant l'arrogance du sorcier, tu as quitté cette soirée et tu es seul.

- Oh mais, rigola légèrement James en sortant quelque chose de sa poche, je compte bien profiter de cette soirée plusieurs heures encore. J'étais en repérage jusqu'ici et j'avais décidé de faire une pause.

Ludivine reconnut l'objet rectangulaire que le sorcier sortait de sa poche, et ne cacha pas sa surprise en voyant le Gryffondor en sortir un fin objet cylindrique.

- Tu fumes des cigarettes moldues, Potter ? demanda Ludivine avec un air incrédule qui fit sourire le sorcier.

- Très occasionnellement, répondit James en faisant rouler une cigarette dans sa main.

- Je ne savais pas, se contenta de dire Ludivine qui avait voulu faire une blague mais n'avait pas osé.

- C'est normal, dit le sorcier avec un sourire que Ludivine ne parvenait pas à déchiffrer, tu sais ce qu'Albus sait, mais il ne sait pas tout. Je suis sorti avec une moldue cet été qui m'y a donné goût. C'est très récent et ça ne va pas durer

Ludivine se contenta de hocher la tête. Elle ressentait quelque chose qu'elle n'arrivait pas à comprendre. Le Gryffondor avait raison, le peu de choses qu'elle pouvait connaître sur lui était ce qu'Albus savait et partageait avec elle. Et James Potter n'était pas un sujet qu'ils abordaient très souvent ensemble. Mais à cet instant, c'était comme si elle partageait une information inconnue d'Albus. Ce n'était pas un sentiment qu'elle appréciait.

Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas vu le regard que le Gryffondor lui portait. Il avait ce sourire en coin qui semblait ne le quitter que très rarement, et il baladait son regard sur les traits de Ludivine. Cette dernière finit par attraper son regard et rougit. Elle savait ce qu'il faisait. Il l'évaluait du regard. Il essayait de savoir si elle était digne de l'intérêt qu'il pouvait lui porter en discutant avec elle. Ludivine n'avait pas envie de savoir ce qu'il pouvait bien se dire, alors elle fit un pas en arrière et se racla la gorge.

- Et bien Potter, reprit-elle d'une voix forte et maîtrisée, je vais te laisser à tes occupations.

- Je vais faire un bout de chemin avec toi, Hendell, suggéra James avec un sourire, je vais dans le parc.

Ludivine haussa les épaules. Il pouvait bien faire ce qu'il voulait, elle s'en fichait bien. Elle se mit en route vers la salle commune des Serpentards, James Potter sur ses pas, un sourire amusé sur les lèvres. Ils marchèrent quelques minutes dans le silence, et Ludivine leva les yeux au ciel en se demandant l'intérêt de décider de venir avec elle si c'était pour ne pas parler. Finalement, le sorcier eut un rire discret, rigolant dans son épaule, et Ludivine le fusilla du regard.

- Tu es tellement expressive Hendell, c'en est comique, dit le sorcier alors que son rire s'accentuait.

- Et toi, tu n'en rates pas une pour te moquer de moi, grinça Ludivine.

- Qui aime bien châtie bien, Hendell, répondit James avec moquerie.

- Oh, alors je me sens si spéciale, dit Ludivine d'une mièvrerie ironique qui accentua de nouveau le rire de James.

- C'est que tu ressens plus d'émotions que je ne le pensais.

- Me prendrais-tu pour un robot, Potter ? demanda Ludivine en levant les yeux au ciel.

- Oh tu aurais pu me duper, dit James avec un sourire en coin et un regard moqueur.

- Quel est ton but, Potter ?

Ludivine s'était arrêtée et tournée vers le sorcier qui avait imité son pas. Il la regardait toujours de ce regard amusé qui commençait à irriter Ludivine. Aucun des deux sorciers ne s'inquiétait de se faire attraper par un professeur, contrairement à quelques jours plus tôt. Un soir de week-end, couplé à une victoire de Quidditch, étaient des raisons suffisantes pour que le corps professoral ferme les yeux.

- Que veux-tu dire ? demanda James avec un regard qui se voulait innocent.

- Je ne comprends même pas ce que tu fais ici, dit Ludivine en levant les bras en signe d'incompréhension. La dernière fois que l'on s'est parlé, tu m'as pratiquement craché ton dédain au visage. Sans parler de ça, les quelques fois où nos regards se sont croisés, je semble t'exténuer au plus haut point. Tu ne sais rien de moi et t…

- Je sais ce qu'Albus en dit, la coupa James.

Ludivine referma la bouche qu'elle avait commencé à ouvrir. Elle n'avait rien à répondre à cela. Face à elle, James passa une main dans ses cheveux, levant son regard vers les portraits autour d'eux avant de le reporter sur elle. Ludivine avait choisi l'endroit où s'arrêter, c'était ici que leurs chemins se séparaient.

- Mon frère risquait gros ce soir-là, expliqua-t-il après un moment de silence, ce match était important.

- Ce sont des choses qui arrivent, répondit Ludivine.

- Qu'elles arrivent n'est pas le problème, dit James d'un ton moins patient qui ne cachait plus son irritation. Quand on est capitaine d'équipe, qu'on souhaite évoluer dans le Quidditch professionnel et qu'on joue le premier match de l'année sur un terrain où TOUS les recruteurs viennent chercher leur commission, on ne se fait pas attraper alcoolisé à la mort dans les couloirs après le couvre-feu cinq jours avant.

Ludivine se retint de lever les yeux au ciel. Elle savait que le sorcier s'énerverait qu'elle ne le prenne pas au sérieux. Elle savait qu'il avait raison, bien évidemment, ils avaient été imprudents. Bien sûr, l'entendre de cette façon de la bouche du sorcier -et non de manière agressive comme il l'avait fait quelques jours plus tôt- poussait la sorcière à vouloir reconnaître ses torts.

- Je ne t'aurais pas pris pour quelqu'un d'aussi sérieux, Potter, reconnut Ludivine.

- Et pour quoi me prenais-tu ? sourit James.

- Plutôt pour un champion de Quidditch imprudent, admit Ludivine avec un léger sourire.

- Tu vois ce que je veux bien montrer, Hendell. Tout comme toi, tu montres ce que tu veux que les autres voient.

Ludivine haussa un sourcil, montrant son désaccord au sorcier mais ne répondit rien. Quand il vit sa réaction, James eut un sourire, se penchant vers elle alors qu'il enfonçait un peu plus ses mains dans ses poches. Il la surplombait de sa taille, effet qui semblait s'accentuer avec son sourire malicieux, et Ludivine ressentit un certain malaise face à la proximité du sorcier.

James passait ses yeux noisette sur le visage de la sorcière, la détaillant avec attention, et Ludivine ne manqua pas l'éclat d'amusement qui brillait dans les yeux du Gryffondor. Cet éclat adoucissait tellement les traits du sorcier, Ludivine se surprit à apprécier son expression amicale et attrayante. Elle devait reconnaître qu'il était beau, même si elle préférait ignorer l'air de malice qui régnait dans son sourire.

- Quand on creuse, reprit James, on voit qu'il n'y a pas tant d'indifférence que ça chez toi.

- Tu n'en saurais rien, Potter, se contenta de répondre Ludivine, sentant ses joues rougir.

- Tu as probablement raison.

Le sourire de James s'agrandit. Il constatait probablement l'inconfort de la sorcière. Au bout de quelques secondes durant lesquelles il la fixa intensément, il choisit de reculer de quelques pas, sortant les mains de ses poches pour les lever en signe de rétractation.

- Nous verrons bien, dit James avec son sourire amusé. Sur ce, je ne te retiens pas plus longtemps, Hendell. Bonne nuit.

Il lui jeta un dernier regard avant de tourner les talons pour s'éloigner. Ludivine le regarda partir quelques secondes, s'interrogeant un instant sur les intentions du sorcier avant de se diriger elle-même vers sa salle commune. Elle avait donné toute son énergie dans cette journée. L'alcool avait embrumé son cerveau, la danse avait fatigué son corps et les discussions l'avaient éreintée tout entière. Ludivine ne pensait qu'à une chose, aller se coucher.

Elle choisit de ne pas penser aux informations que Liz avait pu récolter, aux secrets que Scorpius ne voulait pas partager, aux regards qu'Albus lançait aux différentes sorcières de son entourage, aux blagues de Fred Weasley ou encore aux remarques ironiques de James Potter.

Elle mit tout cela de côté lorsqu'elle retourna dans le dortoir des filles de sixième année. Elle n'avait qu'une pensée à l'esprit, celle que cette année ne serait pas de tout repos. Mais cette idée fit étrangement sourire Ludivine.


Et voilà! Alors, qu'avez-vous pensé du match de Quidditch ? Et de la soirée ? N'hésitez pas à me laisser un petit message pour me donner votre avis, ça fait toujours plaisir :)

Au prochain chapitre, nous aurons une annonce au sein du château qui surprendra les élèves et qui les poussera à faire des choix. En espérant vous retrouver au rendez-vous! D'ici-là, prenez soin de vous !