Bonjour à tous, voici le nouveau chapitre de cette histoire.

Comme vous avez pu le voir, le nom de l'histoire a changé et est passé de Ce que l'on mérite à Le vent se lève, nom qui vient d'un film de Hayao Miyazaki que j'ai vu et qui m'a fortement marqué.

Merci à MarlyMcKinnon pour ses reviews toujours adorables :)

Bonne lecture à tous, j'espère que le chapitre vous plaira.


Chapitre 7 Annonce et réactions

« Chaque jour, nous procédons à la mise hors d'état de nuire d'individus désireux de frapper notre société magique. Nous resserrons davantage les mailles du filet en confortant nos services pour mettre un terme à ces massacres. » assure le ministre de la Magie, Kingsley Shacklebolt.

Ludivine soupira sans ralentir tandis qu'elle tournait une nouvelle page du journal qu'elle lisait. Rien de joyeux n'en ressortait malheureusement. Une nouvelle attaque avait eu lieu, cette fois sur le Chemin de Traverse, faisant neuf morts dont deux aurors. A ce rythme, le département des aurors finirait vide avant Noël.

Ludivine était inquiète. Depuis le match de Quidditch entre Serpentard et Poufsouffle, qui remontait à deux semaines plus tôt, trois attaques avaient eu lieu en Grande-Bretagne. Les deux premières avaient pu être parées par les aurors, mais celle d'hier avait été meurtrière.

Sa mère lui avait envoyé l'exemplaire de la Gazette du Sorcier en avant-première, joignant une lettre à celui-ci. Sa mère était inquiète, tout le monde semblait l'être. De ce que Ludivine en savait, il devenait difficile pour le ministère de la Magie de prévenir ces attaques et leurs interventions sur le terrain étaient bien souvent trop tardives. Cela venait du fait qu'il n'existait aucun lien entre toutes les attaques. Qu'il s'agisse du lieu, des victimes, des formes d'attaque, ou bien du profil des attaquants, aucun dénominateur commun n'existait et il devenait ainsi impossible de prévoir les attaques.

Ce n'était pas la première fois en vingt ans que de tels mouvements tentaient de se créer, que ce soit sur le territoire anglais comme Albus l'entendait souvent de son père, ou à l'international comme Ludivine l'entendait souvent de sa mère. Cette fois-ci, cependant, le nombre de morts devenait déjà trop élevé alors que la menace n'avait toujours pas été identifiée.

Lorsque Ludivine arriva dans la Grande Salle, elle fut surprise de voir qu'elle était remplie d'élèves. Il fallait généralement vingt minutes de plus à l'ensemble des élèves pour se montrer le matin. Puis elle se rappela la demande de la directrice McGonagall, que tous les élèves soient présents au petit-déjeuner.

- Mon dieu, Scorp, serais-tu devenu un Serdaigle ?

Ludivine s'approcha de la table de Serpentard, où se trouvait Scorpius, la tête plongée dans un livre épais alors que sa main tournait de façon distraite la cuillère de son bol de céréales. Interpelé, le sorcier leva la tête, croisant un regard amusé qu'il connaissait très bien.

- J'ai bien peur de te décevoir, dit-il d'un ton malicieux en levant son livre pour en montrer la couverture. Quidditch, ajouta-t-il simplement.

- Ah ! s'exclama Ludivine en levant les yeux au ciel alors qu'elle prenait place face au sorcier. Quelle surprise.

- N'aie pas l'air si dépitée, dit Scorpius en rigolant.

Ludivine leva de nouveau les yeux au ciel en se servant une tasse de café. Bien sûr, elle n'était aucunement surprise. Scorpius était peut-être moins mordu qu'Albus, mais il l'était déjà à un degré suffisamment élevé.

- Tu as reçu la Gazette en avance ?

- Par ma mère, répondit Ludivine en posant le journal sur la table pour que Scorpius puisse le lire, nouvelle attaque sur le Chemin de Traverse. Neuf morts.

- Merde, dit Scorpius en parcourant d'un œil rapide les quelques lignes en question, qu'en dit ta mère ?

- Que tout le monde est en alerte. Ton père ?

Scorpius jeta un coup d'œil rapide autour de lui avant de reporter son attention sur Ludivine.

- Que le ministère a raison d'être inquiet, dit-il d'une voix faible, ça ne s'annonce pas bon. Albus doit interroger son père également, mais il dira probablement des choses similaires.

Ludivine fronça les sourcils. Draco Malefoy travaillait au Bureau des Lois Magiques. Quant à Harry Potter, il était chef du Bureau des Aurors. Aussi étonnant que cela avait pu paraître au monde sorcier qui avait connu ces deux anciens élèves de Poudlard, tous deux travaillaient maintenant à faire respecter l'ordre et la loi sorcière. Si leur discours au ministère était le même que celui de sa mère à la Coordination des Mondes, peut-être que la situation échappait en effet réellement au ministère de la Magie.

- Albus doit interroger son père sur quoi ? demanda une voix qui prit place en s'asseyant nonchalamment à côté de Ludivine, posant sa tête sur l'épaule de la sorcière quelques secondes.

- A propos de l'attaque d'hier, répondit Scorpius.

- Est-ce que tu penses que c'est la raison pour laquelle Shacklebolt est ici ? demanda Albus en relevant la tête pour se servir une tranche de bacon et des haricots blancs.

Ludivine leva la tête vers la table des professeurs. Comme le disait Albus, le ministre Kingsley Shacklebolt s'y trouvait assis et se trouvait en pleine discussion avec la directrice McGonagall. Il avait une certaine prestance qui habillait ses traits neutres mais bienveillants. Sa longue robe violette s'assemblait avec la couleur foncée de sa peau et Ludivine ne put s'empêcher de le trouver magnétisant.

Quelques minutes plus tard, l'ensemble des élèves avait terminé son petit-déjeuner et la nourriture disparut des tables. La directrice McGonagall se leva lentement, prenant le temps de plisser sa robe vert émeraude, avant de s'approcher au-devant de l'estrade. L'assemblée d'élèves se tint muette devant sa directrice.

- Mes chers élèves, commença la directrice McGonagall, je vous remercie d'être présents, je vois que certains d'entre vous ont eu du mal mais ont fait l'effort d'être ici. Notre ministre de la Magie s'est déplacé aujourd'hui pour vous annoncer quelque chose. Je vous demande votre plus grande attention.

Tous les élèves s'étaient tus quand la directrice avait pris la parole, s'autorisant un petit rire à sa pique, cherchant rapidement les visages fatigués dont elle parlait. La directrice reprit place derrière la table tandis que le ministre s'avançait.

- Bonjour à tous, commença-t-il d'une voix calme et bienveillante, comme certains d'entre vous ont déjà dû le voir, nous avons fait face à une nouvelle attaque terroriste sur notre territoire. Nous craignons que ce type d'attaque soit amené à se répéter et nous travaillons activement à en trouver la source.

Le ministre Shacklebolt fit une pause dans son discours, balayant son regard sur les visages graves des élèves avant de reprendre et Ludivine se demanda s'il était nerveux.

- Je suis parmi vous aujourd'hui pour vous annoncer une décision inédite au ministère. Nous prenons de nombreuses décisions car ces événements nous rappellent une sombre époque et nous devons à tout prix prévenir que cela n'arrive de nouveau. Parmi ces décisions, nous avons choisi de revoir notre politique de formation et de recrutement d'agents opérationnels, notamment les aurors.

Certains élèves s'agitèrent mais le ministre ignora qu'un léger bruit commençait à se former.

- Nous avons donc décidé, cette année, d'établir un concours pour les étudiants de premier et second cycle. Nous avons réfléchi à plusieurs épreuves afin de pouvoir évaluer les compétences qui nous paraissent essentielles à un bon agent. Ces épreuves seront à relever en binôme, et…

Le ministre Shacklebolt s'arrêta de parler en voyant les élèves s'agiter et un brouhaha se former. La directrice McGonagall se leva, prête à intimer le silence à la salle mais le ministre lui fit un signe de la main, lui indiquant qu'il gérait la situation. Ludivine écoutait attentivement ce que disait le ministre. Son cerveau semblait ne pas vouloir comprendre où il voulait en venir.

Il ne dit rien durant une bonne minute, observant les élèves discuter entre eux avec énergie, puis, sans retenir un sourire amusé, il reprit la parole.

- S'il vous plaît, intima-t-il d'un ton impérieux qui fit son effet. Merci. Comme je le disais, les épreuves en binôme. Au terme de ces épreuves, un classement sera établi, garantissant aux meilleurs d'entre vous une place à toute formation qu'ils souhaitent intégrer au sein du ministère sans qu'il ne leur soit demandé de passer un concours.

La directrice McGonagall s'approcha du ministre, posant une main amicale sur l'épaule du sorcier alors qu'ils échangeaient un regard complice d'une amitié vieille de trente ans, puis elle prit la parole.

- Sachez, commença-t-elle, que ce concours est ouvert à tout sorcier âgé de plus de quinze ans en Grande-Bretagne, donc vous ne serez pas les seuls. Au sein du château, nous avons accepté de l'ouvrir aux élèves de sixième et septième année, ainsi qu'aux élèves de cinquième année sous réserve d'acceptation de leur directeur de maison.

- Merci Minerva, dit le ministre avec un sourire. Nous vous laissons une semaine pour vous décider. A l'issue de cette semaine, vous devrez vous inscrire et nous vous détaillerons les épreuves.

Le ministre Shacklebolt s'interrompit alors que son regard parcourait l'ensemble de la salle. Il avait un léger sourire sur les lèvres, comme s'il s'amusait de cette situation.

- D'ici-là, je vous donne trois mots qui vous aideront à choisir de la façon la plus pertinente votre partenaire : connaissances, puissance, confiance.

Il conclut sur ces mots avec un sourire et, de nouveau, les élèves s'agitèrent. Une grande partie se leva de son siège, passant d'une table à l'autre pour retrouver d'autres camarades et discuter de ce qui venait d'être annoncé. Une grande agitation s'était créée dans la Grande Salle.

Ludivine, elle, réfléchissait à toute l'allure, le regard perdu dans son café. L'annonce du ministre repassait dans sa tête, comme si elle n'arrivait pas à réaliser ce qui avait été dit. Bien sûr, c'était une chance inédite pour Ludivine.

Comme le lui avait rappelé son directeur de maison deux semaines plus tôt, pour devenir médicomage en terrain d'intervention, il lui fallait son diplôme en cinq années en médicomagie ainsi qu'une accréditation auror. Cette dernière s'obtenait en suivant, en même temps qu'une des années de médicomagie, la première année de formation d'auror. Il n'existait qu'une ou deux places tous les ans pour cette accréditation et un nombre disproportionné de candidats. Et être accepté dans cette formation était encore une tout autre chose que la réussir.

Son regard parcourut rapidement la Grande Salle, observant la cohue que l'annonce avait provoquée. Des binômes commençaient déjà à se former, et les yeux de Ludivine furent attirés par quelques personnes précises. Acca qui rigolait d'une voix forte avec Rose Weasley. Kilian Finnigan qui avait passé ses mains dans les cheveux et marmonnait quelque chose d'un air alarmé. James Potter qui, comme elle, avait le regard fixé sur le bois de la table, comme s'il réfléchissait à l'impact des mots énoncés par le ministre.

Lorsqu'elle reporta son regard autour d'elle, Albus et Scorpius discutaient calmement et ils la regardèrent avec amusement.

- Alors Lud, commença Albus avec un sourire.

- Comment tu prends cette nouvelle ? compléta Scorpius avec la même expression.

- J'en dis, répondit Ludivine pensivement avant qu'un immense sourire ne s'installe sur ses lèvres, que c'est génial ! C'est même incroyable !

- Tu comptes t'inscrire ? demanda Albus.

- Bien sûr ! s'exclama Ludivine avec grand sourire. Vous aussi, n'est-ce pas ?

Albus fit la moue, tandis que Scorpius ne répondit pas tout de suite. Il semblait réfléchir à la question, comme s'il venait tout juste de se la poser.

- J'hésite, répondit Scorpius dans ses pensées.

- Je ne pense pas me concernant, répondit Albus. Ça impacterait le Quidditch.

- Ah c'est vrai, reconnut Scorpius en se tournant vers Albus, je n'y avais pas pensé ! Il faudrait qu'o…

- Hé ! s'exclama Ludivine d'une voix contrariée en tapant le plat de sa main sur la table, faisant sursauter les deux sorciers. Vous n'allez quand même pas TOUS LES DEUX refuser de participer à l'événement du siècle juste pour le Quidditch !

Scorpius eut un sourire narquois tandis qu'Albus fronçait les sourcils. Il était habitué à entendre Ludivine se plaindre de leurs discussions sur le Quidditch, de leur passion à Scorpius et lui pour ce sport, mais il n'appréciait pas particulièrement qu'elle sous-entende que le Quidditch n'avait pas son importance.

- Lud, commença-t-il sèchement, le Quidditch est aussi important pour mon futur que ce concours peut l'être pour le tien. N'y porte pas de jugement.

- Tu sais bien que ce n'est pas le cas, Al, répondit Ludivine avec douceur tout en levant ses mains en signe d'excuse, excuse-moi.

- En soi, intervint Scorpius d'un air pensif, je pourrais faire les deux. Ce concours peut être intéressant, et ça me laisserait du choix pour trouver ce que je souhaite faire plus tard.

- Top ! s'exclama Ludivine. On pourrait se mettre en binôme.

Scorpius haussa les sourcils en signe de surprise tandis qu'Albus cachait un rire discret. Il savait très bien ce qui passait dans la tête de son meilleur ami.

- Oh ma Lud, commença Scorpius avec un léger rire qu'il échangea avec Albus, ne le prends pas mal mais je ne me mettrai pas avec toi.

- Pardon ? demanda Ludivine avec surprise tandis que Scorpius semblait se rendre compte de ce qu'elle interprétait.

- Oh non, se reprit-il, ne le prends pas comme ça ! Disons, hésita-t-il, qu'on n'est pas au même niveau d'ambition. Toi, tu voudras gagner.

A côté de lui, Albus était au bord de l'hilarité. Scorpius utilisait beaucoup de précaution pour expliquer ce qu'il pensait à son amie alors qu'Albus estimait qu'il fallait être franc avec la sorcière. Albus savait que Ludivine comprendrait la position de Scorpius. La sorcière fusilla d'ailleurs Albus du regard en le voyant prêt à éclater de rire, avant de reporter son attention sur Scorpius.

- Tu peux le dire hein, dit Ludivine en soupirant, je sais que j'ai un caractère difficile.

Ludivine tenta un sourire et Scorpius en fut attendri. Il ne souhaitait pas blesser son amie mais ne se voyait pas lui dire autre chose que ce qu'il pensait.

- C'est le cas, dit Scorpius avec un sourire, et je ne t'aurais pas autant aimée autrement. Mais si je m'inscris, c'est sans me prendre la tête. Toi, tu voudras gagner.

Il avait raison. Scorpius ne savait pas ce qu'il comptait faire de son futur. D'ailleurs, il ne cherchait pas particulièrement à avoir cette réponse. Il prenait la vie comme elle venait et ne cherchait pas à se restreindre. Il aimait le Quidditch, alors il se jetait à corps perdu dans le Quidditch. Il aimait les Potions et la Botanique, alors il se donnait à fond dans ces matières. Mais il ne se restreignait pas à des choix.

Au fond, Ludivine était persuadée qu'il rejetait inconsciemment cet univers lisse et construit dans lequel il avait grandi. Chez les sang-purs, chacun devait savoir quelle était sa place et Scorpius, comme Evelyn, avait grandi dans cette mentalité. Autant Evelyn tentait au maximum de tracer son chemin avec le Quidditch, autant Scorpius tentait de tracer le sien en suivant ses envies au jour le jour.

Mais Ludivine, elle, voulait gagner. Elle fallait qu'elle saisisse cette chance.

- Ce n'est pas grave, soupira Ludivine en posant sa tête dans sa main. Et puis, je suppose que ça vaut mieux pour notre amitié.

- Ça, je confirme ! s'exclama Scorpius.

- Et je confirme la confirmation ! s'écria Albus avec un rire.

- C'est juste que, reprit Ludivine en ignorant les deux sorciers, ça aurait été le plus simple. On s'entend bien et j'ai confiance en tes capacité. Maintenant, je dois trouver un binôme.

- Tu as du choix, dit Albus d'un ton dédramatisant.

- Pour trouver quelqu'un avec qui je m'entends bien et en qui j'ai confiance ? Pas tant que ça.

- C'est vrai, admit Albus en exagérant une grimace. Et en plus, il faudrait que cette personne t'apprécie. Autant te présenter en solo !

Ludivine ne retint pas son expression choquée, lâchant un petit bruit d'indignation, tandis que Scorpius éclatait ouvertement de rire. Elle resta impassible au sourire en coin d'Albus durant quelques secondes puis attrapa sa baguette qu'elle lui jeta au visage.

Albus éclata également de rire tout en évitant le projectile qu'il attrapa de sa main avant de le rendre à son amie. Il était fier de sa blague.

- Tu n'es qu'un connard, Albus Severus Potter.

- Oui mais tu m'adores.

- Et moi qui pensais te révéler ce que j'ai appris sur la stratégie de Serdaigle hier soir avec les filles, soupira Ludivine d'un ton faussement blasé.

A ces mots, le rire d'Albus et Scorpius mourut aussitôt et ils lui jetèrent un regard effaré. C'était au tour de Ludivine de jubiler en voyant les deux sorciers mordre à l'hameçon. Oh, elle se vengerait de leurs moqueries.

- Qu'as-tu dit ?

- On a très bien entendu, Scorp ! s'irrita Albus. Dis-nous tout !

- A qui ? demanda Ludivine avec un faux air curieux alors qu'elle se levait pour aller en cours. Mon meilleur ami qui ne veut pas se mettre en équipe avec moi ou l'autre meilleur ami qui se moque de moi ?

- LUDIVINE ELYANA HENDELL ! s'exclama Albus suffisamment fort pour que les élèves autour d'eux se tournent vers lui. Ramène tes fesses ici TOUT DE SUITE !


- Dis-moi Lud, pourquoi Potter te fixe de cette façon ?

Ludivine ne cacha pas son sourire sans prendre le temps de se retourner tandis qu'Acca fixait Albus du coin de l'œil tout en poudrant de l'épine de porc-épic pour la potion.

- Ignore-le, sourit Ludivine, il est en colère parce que je lui ai dit que j'avais des informations sur la stratégie de Serdaigle.

- Comment tu as récupéré ces informations ? demanda Acca avec surprise.

- D'aucune façon, c'était une blague pour me venger.

- Vraiment ? Tu aimes jouer avec le feu, Lud.

Ludivine eut un léger rire en commençant à remuer la potion. Sa blague n'avait pas duré longtemps, parce qu'Albus et Scorpius avaient passé la matinée à l'interroger sur ce qu'elle savait, ce qui leur avait notamment valu de se faire réprimander par le professeur Sven durant le cours de Défenses contre les Forces du Mal, déjà que ce dernier ne les appréciait pas particulièrement. Albus avait cependant mal pris sa blague, marmonnant qu'on ne rigolait pas avec le Quidditch, mais Ludivine ne s'inquiétait pas, son ami allait vite digérer rapidement sa blague.

- Tu t'inscris au concours ? demanda Ludivine bien qu'elle connaisse déjà la réponse.

- Bien sûr ! s'exclama Acca. C'est dans les gènes pour toi comme pour moi, je n'ai même pas besoin de te poser la question ! Je dois juste trouver un binôme encore.

En effet, Acca n'avait pas besoin de poser la question. L'une comme l'autre aimaient relever les défis.

Acca et Ludivine avaient toujours été particulièrement proches. D'aussi loin qu'elles s'en souviennent, leurs mères avaient toujours travaillé ensemble, et Acca et Ludivine se connaissaient bien avant de connaître Liz et Evelyn. Elles avaient toujours partagé un lien que personne d'autre ne pouvait comprendre. Les missions à l'étranger, l'attente des cartes postales, les semaines sans nouvelles, les blessures légères comme graves. Il n'y avait que Acca dans ce monde qui connaissait mais surtout comprenait la peine qu'était l'histoire familiale de Ludivine. Elles avaient toujours vu leurs parents se battre et elles avaient toujours pensé que c'était la marche naturelle à suivre.

- Tu as des idées pour ton binôme ? demanda Ludivine.

- Je n'y ai pas encore réfléchi, dit Acca. Je vais attendre quelques jours que les plus motivés trouvent leur binôme et je verrai ensuite.

- Tu ne te considères pas motivée ? demanda Ludivine avec un sourire taquin.

- Motivée pour relever le défi mais pas particulièrement pour gagner ! Je ne veux pas me prendre la tête alors autant trouver quelqu'un qui est aussi dans cette mentalité.

Ludivine ne répondit pas mais elle ne retint pas son sourire. Les mots de son amie lui rappelaient ceux de Scorpius. En y réfléchissant, elle comprenait d'où venait cette vision des choses. Ni Scorpius, ni Acca ne savaient particulièrement ce qu'ils prévoyaient de faire après leurs études. Le ministère était une possibilité mais n'était pas une fin en soi.

- On croirait entendre Scorp, dit Ludivine en se retournant pour jeter un œil à ses deux amis qui murmuraient des choses en remuant leur potion. Il refuse de se mettre avec moi parce qu'il ne veut pas se prendre la tête.

- Aucune surprise, sourit Acca.

- Vraiment ? demanda Ludivine sans cacher sa surprise.

- Bien sûr, répondit Acca avec le même sourire, tu es exigeante, Lud. Moi, je n'aurais aucun souci à me mettre avec toi pour ce concours, mais je ne pense pas remplir ton niveau d'exigence.

- Je ne suis pas aussi obsédée par la victoire ! s'exclama Ludivine.

- Moi, j'aimerais bien que tu gagnes, affirma Acca tandis que Ludivine l'interrogeait du regard. Tu es une battante, Ludivine, et tu sais ce que tu veux faire. Ce concours est une belle opportunité pour toi, bien plus que ça ne peut l'être pour Malefoy ou moi. Alors trouve un binôme qui voit également ce concours comme l'opportunité de sa vie.

Ludivine se contenta de soupirer. La seule conclusion à laquelle Ludivine arrivait était qu'elle ne trouverait jamais de binôme.


Ludivine se dirigea vers la salle de Sortilèges avec réticence. Elle se réjouissait de voir Liz, elle voulait savoir ce que son amie prévoyait de faire par rapport au concours. Et puis, elle adorait ce cours. Non, sa réticence venait plutôt de ses voisins de derrière, avec qui Ludivine ne savait plus vraiment comment se comporter.

Depuis la victoire de Serpentard deux semaines plus tôt, Fred Weasley n'avait cessé de l'interpeller aux tournants de couloirs ou durant leur cours commun. Il semblait avoir décidé qu'ils était devenus suffisamment proches pour rigoler régulièrement ensemble, ce à quoi Ludivine avait montré une certaine réticence.

A vrai dire, la familiarité du sorcier ne la dérangeait pas tant que ça. Il se dégageait de lui une telle authenticité que, malgré ses côtés irritants, Ludivine sentait une certaine aise à interagir avec lui.

Elle ne pouvait pas en dire autant de son acolyte. James Potter avait fait un bout de chemin avec elle deux semaines plus tôt, avait discuté avec et lui avait souri, et semblait s'être fait son avis car il n'avait pas interagi avec elle depuis. Elle avait plusieurs fois croisé son regard qui semblait la défier avec toujours ce même sourire en coin, mais ça n'était pas allé plus loin.

Et Ludivine n'avait jamais cherché l'inverse. Elle n'était définitivement pas connue pour aller vers les autres si ceux-ci ne venaient pas vers elle. Dans le fond, cette situation la rassurait. Elle n'aimait pas cette incertitude qui était née de ce soudain intérêt -tout du moins, ce qui avait semblé s'y apparenter- du sorcier à sa personne.

- Pourquoi si concentrée, Ludivine ?

Liz s'installa à côté d'elle avant de lui tendre un paquet, le jeu de Bavboules de Ludivine.

- Tiens, reprit-elle, tu l'as oublié hier.

- Merci, mais tu aurais mieux fait de le donner à Acca. Cette fille est tellement forte, je ne comprends pas qu'elle ne dirige pas le club de Poudlard.

- Je ne crois pas que ce soit l'image qu'elle veut avoir au sein du château, dit Liz avec un rire doux.

Ludivine cacha son sourire. En effet, les Bavboules n'étaient pas populaires et Acca n'aurait définitivement jamais crié sur tous les toits son don pour ce jeu.

- Walsh ! Hendell ! s'exclama une voix enjouée.

Ludivine leva les yeux au ciel, faisant rire Liz alors que Fred Weasley, voyant son regard, eut un sourire amusé.

- Fais toutes les têtes que tu veux, Hendell, mais je sais que tu m'apprécies.

- Je pense aussi, dit Liz d'un ton complice en faisant un clin d'œil au sorcier qui s'asseyait derrière elles.

Liz, contrairement à Ludivine, semblait avoir acquis une certaine aisance avec le sorcier. Elle riait ouvertement aux blagues qu'il faisait et s'autorisait même parfois à être charmeuse avec lui, ce à quoi il mordait sur le champ à chaque fois.

De ce que Acca et Liz lui avaient raconté, le Gryffondor était resté un long moment avec elles lors de la soirée et, après quelques discussions banales, les avait longuement interrogées sur leur vie personnelle. Il s'était intéressé à elles, à ce qu'elles avaient raconté, étayant sur sa vie familiale de la même façon.

De ce que Ludivine voyait, il n'hésitait pas à être avenant avec Liz, mais celle-ci avait assuré à Ludivine qu'elle gérait très bien les remarques du sorcier, qu'elle ne prenait pas au sérieux. A cet instant, Fred Weasley arborait un sourire fier.

- Dis-moi Walsh, as-tu trouvé un binôme pour le concours ?

- Je n'ai pas encore décidé de ce que je comptais faire.

A ces mots, Ludivine se retourna, portant son attention sur les deux sorciers.

- Il faut t'inscrire, Walsh ! s'exclama Fred avec entrain. C'est l'événement de l'année.

- Mes cours me prennent beaucoup de temps, se contenta de répondre Liz.

- Justement, renchérit Fred qui ne perdait pas son dynamisme malgré les réticences de la sorcière, ce concours te permettrait de ne plus te préoccuper de tes notes.

- Mais je ne gagnerai pas, répondit Liz avec douceur.

- Sauf si tu te mets avec moi ! argumenta Fred avec un grand sourire.

Ni Liz, ni Ludivine ne cachèrent leur surprise à la proposition du sorcier. Même James qui n'avait prêté aucune attention à la discussion, concentré sur son livre, avait également relevé la tête avec surprise.

- Tu es sérieux, mec ?

Finalement, Ludivine fronça les sourcils. Elle commençait à réellement se demander si le Gryffondor n'était pas sérieusement intéressé par son amie. Choisir un partenaire dans un tel concours n'était pas à prendre à la légère. Il fallait prendre le temps d'y réfléchir, choisir quelqu'un que l'on connaissait mais avant tout, avec qui on était sûr de bien s'entendre. Fred Weasley n'avait aucune de ces assurances-là. A côté d'elle, Liz semblait se dire la même chose.

- Je ne pense pas, Weasley, se contenta-t-elle de répondre d'un ton neutre en se tournant vers son bureau.

Le jeune métis allait insister, refusant de se laisser démonter aussi facilement, et Ludivine tenta de soulager son amie en détournant la discussion.

- Vous ne vous mettez pas ensemble ? demanda-t-elle en pointant James du menton tandis que ce dernier levait le regard vers elle avec un rictus.

- Tu rigoles, caqueta Fred, hors de question que je me mette avec ce dément de la baguette. D'un, j'ai tout de même prévu de m'amuser durant ce concours, ce qui ne sera pas le cas avec lui vu qu'il voudra gagner. De deux, je tiens trop à notre amitié -et notre lien familial- pour qu'on finisse par s'entretuer avec son caractère de chien.

Ludivine ne cacha pas sa surprise, portant son regard sur James qui la fixait avec sourire amusé, levant les mains en signe d'innocence. Elle allait réagir, mais le professeur Flitwick entra dans la pièce, incitant la sorcière à refaire face à son bureau. A côté d'elle, Liz souriait en ouvrant son livre.

- Concernée par ce qu'il a dit ? demanda-t-elle d'un ton amusé.

- Oh tais-toi, chuchota Ludivine avec un sourire.

Ludivine ignora le sourire de son amie. Elle avait bien compris de quoi elle parlait, et Ludivine dut reconnaître que les propos de Fred Weasley l'avaient perturbée, principalement parce que Scorpius avait dit la même chose à son propos. Mais Ludivine refusait de croire qu'elle pouvait avoir quelconque point commun avec James Potter.

Liz reçut un morceau de papier sur la table et retint un soupir. Elle jeta un regard à Ludivine avant d'ouvrir le papier et de poser le papier à plat sur la table pour qu'elles puissent toutes les deux lire ce qui y était annoté.

« Mets-toi avec moi, Walsh. On s'amurera bien, tu peux me faire confiance. ».

Ludivine arqua un sourcil. Le mot du sorcier était explicite et elle était à deux doigts de se retourner pour lui intimer de ne pas jouer sur les sous-entendus avec son amie, mais à côté d'elle, Liz ne semblait pas faire attention à cela. Elle était en pleine réflexion, et finalement se retourna discrètement vers le Gryffondor.

- Réponds à une question, intima-t-elle d'une voix faible.

- Je t'écoute.

- Proposerais-tu à Ludivine de se mettre avec toi ?

- Oh que non, sourit Fred alors que la concernée se retournait rapidement pour le fusiller du regard, elle est de la même trempe que James.

Liz avait un sourire en se retournant. De la description qu'il avait donnée de James Potter un peu plus tôt, Liz n'avait aucun doute qu'il mettait son amie dans la même catégorie de caractère.

- Je suppose, intervint Ludivine dans un chuchotement, que tu n'envisages pas de te mettre avec moi.

- Qu'est-ce que tu racontes ? dit Liz avec un sourire doux. Si toi tu l'envisages, ce serait avec plaisir. Tu ne te mets pas avec Potter ou Malefoy ?

- Albus ne participe pas, et Scorpius refuse de se mettre avec moi.

Liz ne retint pas un rire discret. A y réfléchir, elle n'était finalement pas surprise. Scorpius Malefoy n'était pas du genre à vouloir se prendre la tête -pour autre chose que du Quidditch apriori. L'ambition et les attentes de Ludivine pouvaient être réceptionnées comme une sorte de pression pour le sorcier. Liz ne le voyait pas comme ça. L'ambition de Ludivine était un moteur. Il la motivait et lui donnait envie de se surpasser avec son amie.

- On en reparle, conclut Ludivine avec un sourire.


« Ma chérie, as-tu vu les nouvelles ? Au ministère, tout le monde est en alerte. La Coordination des Mondes a été mobilisée par le ministère pour enquêter sur ce mouvement qui se crée, et j'ai bien peur qu'il ne faille prendre très au sérieux cette menace. Même si les attaques sont décorrélées les unes des autres, elles nous paraissent être très bien organisées. Fais attention à toi.

Me concernant, Rachel et moi avons choisi de suivre une piste en Amérique du Nord, mais nous reviendrons rapidement pour nous pencher sur les attaques en Grande-Bretagne. N'attends rien de moi durant ces prochaines semaines. Mais reste à l'affût de ce que tu pourrais recevoir. Prends soin de toi, ma fille. Je t'aime. »

Ludivine soupira en relisant la lettre de sa mère. Ecrit en français, le texte était destiné à prendre feu s'il tombait dans des mains autres que celles de Ludivine. De nouveau, sa mère était envoyée à l'étranger, accompagnée de la mère d'Acca, Rachel. Elle était surprise d'apprendre que le ministère de la Magie mobilisait la Coordination des Mondes sur ces attaques.

La Coordination des Mondes était une structure indépendante de l'Etat, elle était composée de sorciers au profil particulier et aucune information n'était divulguée sur ses activités. Tout ce qui était connu du grand public, c'était que la structure travaillait en étroite collaboration avec le Département de la Coopération Magique Internationale, plus précisément avec le bureau britannique de la Confédération internationale des Sorciers, ainsi qu'avec le Bureau des Aurors. Même Ludivine qui en savait beaucoup sur la structure, n'en savait finalement que très peu.

Assise dans le parc de Poudlard depuis une bonne heure, Ludivine observait plusieurs groupes d'élèves profiter des dernières heures de l'après-midi.

- Que tu m'as l'air seule !

Ludivine n'eut pas besoin de lever la tête pour reconnaître la voix de la sorcière. À côté d'elle, Evelyn s'affalait sur l'herbe en soupirant.

- Laisse-moi deviner, sourit Evelyn, tu réfléchissais au concours ?

- Trop facile, répondit Ludivine.

- Liz m'a dit que tu cherchais toujours un binôme ?

- A ce stade, dit Ludivine avec un rire, j'hésite à m'allonger dans l'herbe et attendre qu'il vienne à moi !

Evelyn rigola à la blague de son amie, relevant le haut de son corps pour poser ses avant-bras sur ses genoux.

- Tu as encore du temps pour en trouver un.

- Tu ne t'inscris pas, toi ? demanda Ludivine.

- Et non, répondit Evelyn en secouant la tête de gauche à droite, mes priorités sont autres.

- Vous et votre foutu Quidditch, marmonna Ludivine avec véhémence, provoquant un rire chez Evelyn.

- Je ne comprendrai jamais d'où vient ton aversion pour ce sport.

- Peut-être qu'un jour, je t'expliquerai.

Ludivine fit un sourire mystérieux à Evelyn qui rigola de nouveau. Ludivine était contente de faire rire son amie. Elle se fit également la remarque que la Poufsouffle semblait avoir lâché du lest concernant le regard des autres, elle qui n'avait que très rarement été expansive autre part qu'en privé. C'était finalement bien un soulagement que sa sœur aînée ait quitté le château.

- Du coup, reprit Ludivine en changeant de sujet, tu as confirmé à Nott pour Pré-au-Lard ?

- Il veut m'emmener au Sureau, soupira Evelyn en hochant la tête.

- Et bien ! s'exclama Ludivine, impressionnée. Il ne fait pas les choses à moitié.

Le Sureau était le restaurant le plus prisé de Pré-au-Lard. Chic et aux prix élevés, il n'était pas le lieu de destination des élèves du château, mais de nombreux sorciers de toute la Grande-Bretagne venaient y manger. Que Nott emmène Evelyn au Sureau était un geste assez significatif lui indiquant qu'il prenait cette histoire au sérieux. Enfin, pensa Ludivine, soit ça, soit les familles avaient organisé le rendez-vous.

- Tu sais, reprit Evelyn qui semblait vouloir se confier, je n'ai pas l'impression que cette situation le dérange.

- Comment ça ?

- Il m'a l'air de très bien prendre la nouvelle, expliqua Evelyn. Je suis restée distante les peu de fois où on a échangé mais lui est toujours resté très calme. Il n'a pas l'air mécontent.

- Peut-être, commença Ludivine en réfléchissant, qu'il s'était préparé depuis longtemps à cet arrangement, là où toi tu pensais secrètement que ça n'arriverait jamais. Et puis, il doit se dire qu'il n'est pas mal tombé, finit-elle avec un sourire qu'Evelyn lui rendit.

- J'espère, soupira Evelyn, j'espère qu'il me laissera mes libertés. J'espère qu'il ne m'enlèvera pas le Quidditch.

- A toi de te battre pour ça, Evy.

Evelyn posa son regard sur Ludivine et les deux sorcières communiquèrent de cette façon, se disant plus de choses que les mots ne pouvaient en exprimer. Les quatre sorcières avaient longuement discuté de la situation hier soir. La date de mariage semblait se fixer après les études de Nott et d'Evelyn, mais les deux familles souhaitaient que les deux promis passent du temps ensemble durant leur temps à Poudlard.

Evelyn, qui ne souhaitait pas montrer que cette situation l'atteignait, ne pouvait rien cacher à ses amies. Elle semblait se résigner, même si Ludivine sentait qu'une part d'elle souhaitait continuer à se battre et qu'il arriverait un moment où Evelyn craquerait face à tout ce que sa situation impliquait. Peut-être, se disait Ludivine, peut-être qu'Evelyn finirait par tout plaquer.

- En tout cas, reprit Ludivine, si tu souhaites participer au concours, je serais ravie de me mettre avec toi !

Evelyn eut un rire doux. Elle n'aurait pas été contre l'idée de participer mais elle n'y voyait pas l'intérêt. Beaucoup d'élèves s'inscrivaient parce qu'ils visaient une place au ministère. D'autres s'inscrivaient pour l'adrénaline du défi. Evelyn, elle, comptait percer dans le Quidditch et se surpassait tous les jours sur le terrain. Elle n'avait pas besoin de ce concours.

- Au risque de me prendre un regard meurtrier, ce concours ne m'intéresse pas.

- Tu es vraiment comme Albus, soupira Ludivine. Je ne trouverai jamais un binôme qui me convient.

- Je suis sûre que si, sourit Evelyn.

- Tout le monde dit que j'ai un caractère difficile, dit Ludivine en promenant son regard sur le reste du parc.

- Ce qui n'est pas faux, comme chacune d'entre nous. Sauf Liz, rajouta Evelyn après réflexion.

- Je me demande si je devrais autant me prendre la tête, soupira Ludivine.

- C'est-à-dire ?

- Et bien, expliqua Ludivine, je me dis que n'importe quel binôme ferait l'affaire. Qu'en penses-tu ? demanda-t-elle.

- J'en pense que mon avis est parfois trop drastique pour qu'il soit écouté.

- C'est cet avis drastique qui m'importe, Evy.

Evelyn eut un sourire en regardant son amie.

- J'en pense que si tu participes, c'est pour gagner. Il faut que tu te mettes avec quelqu'un qui est dans la même optique que toi.

Ludivine soupira en se laissant tomber dans l'herbe, les bras ouverts.

- C'est ce que tout le monde me dit, geint-elle.

- Tous ceux qui te connaissent, dit Evelyn avec un sourire. Tu sais, il n'y a pas tant de sorciers dans ce château qui sachent ce qu'ils veulent faire de leur avenir. C'est ton cas, alors sois exigeante. Personne n'en attend moins de toi.

Evelyn se leva, époussetant sa jupe tout en attrapant son sac.

- Je dois aller en cours de Soins aux Créatures, mais réfléchis à ce que je t'ai dit.

- Oh ne t'inquiète pas, je n'aurai rien d'autre en tête.

Evelyn fit un sourire à son amie avant de s'éloigner. Ludivine resta une bonne heure dans la même position, observant les nuages qui défilaient à une rapidité impressionnante, puis décida qu'il était temps pour elle de retourner au château. A cette heure-ci, Albus et Scorpius devaient avoir fini leur entraînement.

Elle se leva, attrapant son sac, avant de se mettre à marcher d'un pas rapide. Il était presque l'heure du dîner et la nuit tomberait d'ici une petite heure. Au fil des semaines, le soleil se couchait de plus en plus tôt et Ludivine sentait l'automne arriver.

- Hendell !

Durant une demi-seconde, Ludivine hésita à accélérer le pas mais se dit qu'il fallait qu'elle apprenne à être moins réfractaire au contact des autres. Alors elle ralentit pour s'approcher d'un arbre imposant sous lequel Fred Weasley, James Potter et William Milton étaient confortablement installés.

Fred Weasley lui fit un grand sourire tout en ouvrant ses bras en signe d'accueil.

- J'ai failli croire que tu ne t'arrêterais pas, dit Fred.

- J'ai hésité, se contenta de répondre Ludivine avec un léger sourire tandis que William Milton, qui était allongé dans l'herbe, les jambes croisés, la dévisageait d'un regard amusé.

Le sourire de Fred s'élargit à la réplique de la sorcière. A côté de lui, James Potter était appuyé contre le tronc de l'arbre, les jambes repliées et les avant-bras sur ses genoux, et avait ouvert les yeux pour l'observer. Ludivine ressentit une montée d'inconfort sous les regards observateurs des trois Gryffondors.

- Hendell, reprit Fred d'un ton déterminé, il faut que tu convainques Walsh de se mettre avec moi pour le concours.

- Et pourquoi ferais-je ça, Weasley ?

- Parce que tu sais que je serai un bon binôme pour elle.

- A vrai dire, non Weasley, dit Ludivine sur un ton rude, je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est que tu t'es mis mon amie dans le viseur et que tu es étrangement insistant.

Un silence s'installa durant un petit instant, durant lequel les trois sorciers observèrent Ludivine d'un œil amusé pour James, soupçonneux pour William et surpris pour Fred. Quant à Ludivine, elle était sur le point de regretter d'avoir été dure.

- Je retire ce que j'ai dit tout à l'heure, se contenta de répondre Fred alors qu'un léger sourire se formait sur ses lèvres, tu es même pire que James niveau caractère !

Ludivine ne cacha pas sa surprise avant qu'un petit sourire ne s'installe sur ses lèvres. Il ne semblait pas possible de miner le moral du sorcier et Ludivine fut impressionnée par son caractère.

- D'ailleurs Hendell, dit William Milton en s'adressant à elle pour la première fois depuis le début de sa scolarité, tu as un binôme pour le concours ?

Ludivine hocha la tête négativement en réponse à la question du sorcier, ce qui fit rire Fred tandis que James esquissait un sourire discret.

- Est-ce que c'est toi ou les autres qui n'ont pas voulu se mettre avec toi ? demanda Fred avec espièglerie.

- Un peu des deux, se contenta de répondre Ludivine.

- Comme James ! s'exclama Fred, faisant réagir le brun qui fusilla son cousin du regard. Les rares personnes avec qui il voulait se mettre ont refusé.

- J'ai eu des propositions, se défendit James d'un ton neutre.

- Pas beaucoup de propositions sérieuses, argumenta William d'un ton moqueur.

- Je te ferais dire que j'ai refusé la tienne, Milton.

- Tu as simplement peur que je te fasse de l'ombre, Potter.

James ne répondit pas, se contentant d'un sourire malicieux tandis qu'il rappuyait sa tête contre le tronc et fermait les yeux. Quant à Ludivine, elle sourit face à l'échange des trois sorciers.

- Et bien, commença-t-elle, j'ai moins de monde au balcon mais j'en suis au même point.

- Rejeté de tes pairs ? sourit Fred.

- Exactement, dit Ludivine avec le même sourire que le sorcier. Mes deux meilleurs potes sont des mauviettes.

Fred et William lâchèrent un rire, accentuant le sourire de Ludivine. Quant à James, il rouvrit les yeux, posant sur elle un regard espiègle tout en la dévisageant. Il avait esquissé un sourire, montrant plus de retenue que ses deux amis, mais Ludivine voyait bien qu'il était amusé.

- Je n'aurais pas mieux dit de mon cousin ! approuva Fred avec un hochement de tête.

- En y pensant, reprit Ludivine avec malice, peut-être que je vais proposer sérieusement à Liz de se mettre avec moi.

Cette fois-ci, Fred ne rigola pas, contrairement à William qui redoubla son rire. Le métis la dévisagea d'un air outré qui fit rire Ludivine.

- Tu n'oserais pas ! s'offusqua-t-il.

- Je rigole, Weasley, le rassura Ludivine, mais je ne compte pas t'aider à la convaincre. Débrouille-toi pour lui montrer que tu en vaux la peine.

Le sourire revint sur les lèvres de Fred tandis qu'il hochait la tête.

- Tu te dirigeais vers la Grande Salle, Hendell ? demanda Fred.

- On va te suivre, dit William en se levant de l'herbe, on a faim.

James regarda les deux sorciers avec surprise, n'ayant clairement pas prévu de changer de position si tôt. Voyant qu'il ne bougeait pas, Fred fit un regard appuyé à son cousin qui soupira, se levant avec une moue sur le visage que Ludivine ignora.

- Fred commence à un peu trop t'apprécier à mon goût, dit James à Ludivine en se levant tandis que Fred et William se mettaient en marche vers le château.

- Te lever était un trop gros effort, Potter ? demanda Ludivine avec ironie.

- Plus que tu ne le crois, répondit James avec un petit sourire.

Ludivine ne retint pas un petit sourire mais choisit de montrer son agacement au sorcier en levant les yeux au ciel. L'ironie était clairement l'arme phare du sorcier, qui semblait la dégainer à chaque échange avec elle.

- C'est toujours un plaisir de te parler, Potter, railla Ludivine.

- Tu prévois de gagner, Hendell ? demanda James qui changea de sujet sur un ton abrupt.

Ludivine posa son regard sur le sorcier qui marchait à côté d'elle et qui avait rivé son regard devant lui. Devant eux, Fred et William semblaient être en désaccord sur un sujet et ne faisaient plus attention à eux.

- Oui, répondit Ludivine dans un souffle, je participe pour gagner.

- Moi aussi, dit le sorcier avec fermeté, je participe pour gagner.

Ils atteignaient la Grande Salle lorsque Ludivine s'arrêta de marcher, regardant le sorcier dans les yeux. Elle ne cacha pas son interrogation tandis qu'il rentrait ses mains dans ses poches en posant son regard sur elle.

- Qu'essaies-tu de me dire ? demanda Ludivine d'un ton calme.

- Que tu ferais bien de choisir ton partenaire avec attention, répondit James dans un sourire énigmatique, parce que tu auras un adversaire redoutable durant le concours.

Ludivine scruta les yeux du sorcier et y lut de la férocité tandis que son sourire était moins rieur qu'habituellement. Elle ne cacha pas sa surprise face au changement radical de comportement du sorcier mais n'eut pas le temps de lui répondre qu'il avait déjà tourné les talons, rejoignant William et Fred qui l'attendaient, ce dernier faisant un signe de la main à la sorcière avant de se diriger vers la table de Gryffondor.

Ludivine resta interdite quelques secondes. Elle ne s'était pas attendue à un tel revirement de comportement et devait reconnaître qu'elle était légèrement abasourdie. Pourquoi le sorcier avait-il montré une telle agressivité aussi soudaine ? Ludivine fronça les sourcils avant de choisir d'oublier ce qui venait de se passer, elle n'avait pas de temps à perdre avec ça. James Potter était un idiot.


Lorsque Ludivine atteignit la table de Serpentard, la vue d'Albus et Scorpius qui discutaient d'un sujet avec véhémence la fit sourire. Elle n'avait aucun doute que les deux sorciers parlaient de Quidditch. Lorsqu'ils la virent arriver, ils eurent tous les deux un sourire en l'accueillant à côté d'eux. Avec ces sourires, Ludivine avait déjà oublié la discussion d'avant.

- Alors, demanda Albus, tu as trouvé un binôme ?

- Nope, dit-elle avec nonchalance, je commence à hésiter à me présenter en solo.

- Ne me dis pas qu'aucune des filles n'a souhaité se mettre avec toi ? Demanda Scorpius avec surprise.

- Et bien Evelyn ne participe pas. Comme toi, Al, elle préfère prioriser le jeu. Acca est plutôt dans le même état d'esprit que toi, Scorp. Pourtant, quand je pense que nos mères travaillent ensemble depuis plus de dix ans, je me dis qu'elle serait ma meilleure partenaire. Sinon, mon autre super choix est Liz mais Weasley semble vraiment vouloir que ce soit lui.

- Weasley ? Répéta Albus avec surprise. Lequel ?

- Fred Weasley.

Albus fronça les sourcils. Il se demandait bien ce que son cousin voulait à Liz Walsh, connue pour sa discrétion et sa rigueur en classe. Elle n'était clairement pas le profil auquel Fred portait habituellement attention.

- Ça ne te dérange pas ? s'enquit Albus d'un ton détaché.

- Devrais-je me méfier de lui, Potter ? demanda Ludivine avec méfiance.

- Pas particulièrement, répondit Albus en haussant les épaules. Fred peut avoir l'attachement léger, mais il ne ferait jamais de mal à quelqu'un volontairement.

- Dans ce cas, répondit Ludivine en s'adoucissant légèrement, je peux te dire que Liz est une grande fille.

Albus hocha la tête sans vraiment défroncer les sourcils. Plongé dans ses pensées, il se tourna vers la table de Gryffondor, observant son cousin et son frère quelques secondes avant de se tourner de nouveau vers Ludivine.

- En tout cas, commença Scorpius, tu ferais bien de te dépêcher de trouver quelqu'un.

- Je sais bien, cingla-t-elle alors que Scorpius esquissait un sourire, j'ai encore une semaine !

- Scorpius a raison, dit Albus en posant sa tête dans sa main d'un air amusé, à ce stade, tu vas finir toute seule pour le tournoi.

- Est-ce que votre but est de me rappeler que peu de gens m'apprécient et que même mes meilleurs amis trouvent que j'ai un caractère trop difficile pour se mettre en équipe avec moi ?

Scorpius ne retint pas son rire face à l'air mi-blasé, mi-énervé de Ludivine tandis qu'Albus se contentait de sourire. Ils adoraient l'embêter, mais ils savaient également qu'ils jouaient sur une pente dangereuse depuis ce matin.

- Je ne vois pas le mal à ça, répondit Albus.

- Je peux le voir à certains endroits, marmonna Ludivine.

- Ecoute, reprit Albus avec sérieux, Scorpius et moi, on t'embête. Je sais que ce n'est pas un tournoi comme celui auquel mon père a participé. Les épreuves ne seront certainement pas aussi dangereuses pour un recrutement du ministère mais ça ne veut pas dire qu'il faut les sous-estimer.

- Il a raison, continua Scorpius qui savait où son ami voulait en venir. Ce concours sera certainement éprouvant pour les participants et il faut quelqu'un en qui tu auras confiance.

- C'est comme un match de Quidditch, dit Albus qui ne se laissa pas démonter lorsque Ludivine leva les yeux au ciel. Je n'ai jamais eu peur sur un terrain parce que je savais que Scorpius réceptionnerait les lancers de l'adversaire et, quand tu jouais, que tu attraperais le Vif au plus tôt. Et si ce n'est pas le cas, je savais que vous auriez tout donné. J'ai cette confiance absolue. C'est de ça dont tu as besoin dans ce concours.

- Et c'est pour ça que je ne me mets pas avec toi, compléta Scorpius avec un sourire. Parce que c'est ce que tu vas donner et je ne peux pas m'engager à faire de même. Parce que ça ne me prend pas assez à cœur. Pour moi, c'est déjà une confiance bafouée.

Ludivine soupira. Elle ne savait pas si elle appréciait tant que ça lorsque ses deux amis devenaient aussi sérieux. C'était comme une alerte dans son cerveau que le sujet était suffisamment important et qu'il fallait qu'elle en prenne la mesure.

- Liz est un bon choix, reprit Albus pour la rassurer. Je ne sais pas si je peux affirmer la même chose pour Rockwood, mais je ne l'exclurais pas non plus.

- Je pense que tu pourrais également convaincre Lowell, renchérit Scorpius.

- Sinon, dit Albus comme si une idée venait de lui venir, tu peux voir avec ma famille !

Ludivine et Scorpius tournèrent tous les deux un regard surpris vers Albus.

- Tu penses à qui ? demanda Scorpius.

- Je ne sais pas trop, hésita Albus, je pensais à Rose. Lily est une bonne sorcière également, mais je ne sais pas si elles s'inscrivent et si elles ont un binôme. J'aurais bien dit James, ajouta-t-il avec amusement, mais je ne voudrais pas le retrouver mort.

- Plutôt crever, murmura Ludivine.

Ce fut au tour d'Albus de regarder son amie avec surprise, et Ludivine se sentit le besoin de se justifier en lui relatant l'échange qu'elle avait eu un peu plus tôt.

- Et depuis quand tu échanges avec mon frère ? demanda Albus.

- Depuis que ton cousin me harcèle pour que je le rencarde avec ma copine et que ton frère est tout le temps avec lui.

Albus avait froncé les sourcils, ne disant rien durant un petit moment. Puis il porta son regard sur Ludivine qui se sentit rougir sous son regard inquisiteur.

- James peut être irascible quand il le souhaite, expliqua Albus. Il veut à tout prix devenir auror. Tu as dû le voir mais parfois, il prend les choses trop à cœur.

Ludivine haussa les épaules. Elle n'avait pas du tout apprécié le ton sur lequel le sorcier lui avait parlé, ce qui le rendait encore plus difficile à cerner. Ludivine avait un mot d'ordre pour ce genre de personnes : en rester loin.

- Vous feriez une bonne équipe tous les deux, intervint Scorpius d'un air pensif.

- Mais bien sûr, répondit Ludivine avec ironie, on s'entend si bien lui et moi.

- Tu ne penses pas, Al ? demanda Scorpius en se tournant vers Albus, balayant la réponse de Ludivine de la main.

- Étonnamment, répondit le sorcier qui n'avait toujours pas défroncé les sourcils, je crois que tu as raison.

- N'est-ce pas ! s'exclama Scorpius sans se rendre compte de l'expression du brun. Vous détruiriez le château lors de vos disputes mais vous pourriez gagner !

Cette fois, ce fut à Ludivine de balayer leurs réflexions du regard.

- J'irai voir Acca demain, se contenta-t-elle de répondre.

Albus resta pensif quelques secondes puis finit par sourire. Il savait qu'ils n'aidaient pas la sorcière à faire son choix, qui d'ailleurs était très restreint. Mais il espérait que son choix serait aussi intransigeant qu'elle pouvait l'être. Il ne lui aurait jamais dit à cet instant, mais Albus voulait que Ludivine gagne. De toutes les personnes qu'il connaissait, elle le méritait. Elle et son frère, reconnut Albus, parce que James donnait également tout ce qu'il avait pour atteindre ses rêves.

- Allez viens, dit Albus en se levant, on va aller se balader dans le parc.

- J'en reviens, répondit Ludivine.

- Oui mais tu n'étais pas avec nous, renchérit Scorpius en se levant, l'expérience en est bien meilleure.

Ludivine jaugea les deux sorciers du regard quelques secondes. Ils ne semblaient pas accepter quelconque refus et en effet, prendre l'air avec eux pourrait lui faire du bien. Alors elle se leva, suivant les deux sorciers hors du château jusqu'au parc où la nuit commençait à tomber.

Elle les suivait d'un pas mécanique, mais elle était plongée dans ses pensées. Elle réfléchissait à toutes les discussions qu'elle avait eues dans la journée. Elle avait beaucoup de mal à discerner ce qu'elle voulait et ce qu'elle pouvait viser.

Albus et Scorpius lui avaient dit de choisir un binôme en lequel elle avait confiance et qui se donnerait totalement dans les épreuves. C'était également ce que lui avait conseillé Acca, tandis qu'Evelyn lui avait dit d'être exigeante. Et tout ce que Ludivine se disait, c'était qu'elle ne trouverait jamais ce binôme.

Il fallait qu'elle réévalue les possibilités. Elle irait voir Acca dès demain et discuterait également avec Liz. Elle n'excluait pas non plus Rose Weasley, avec qui Ludivine s'entendait bien, mais il fallait qu'elle prenne le temps d'y réfléchir. L'esprit de Ludivine se porta à nouveau sur James Potter le temps d'un instant, mais elle balaya ces pensées. Même si Ludivine avait pu envisager un millième de seconde de se mettre avec le Gryffondor, le ton qu'il avait eu avec elle avait fini de tuer cette possibilité.

Ludivine restait silencieuse et les deux sorciers respectèrent cela en se lançant dans une discussion sur le Quidditch, mais au bout d'un quart d'heure, décidèrent d'inclure Ludivine dans une discussion portant sur l'actualité. Ils marchèrent doucement durant une bonne heure jusqu'à l'approche du couvre-feu, et Ludivine s'ouvrit doucement à la discussion, décidant qu'elle reporterait ces pensées au lendemain. Albus et Scorpius n'eurent aucune difficulté à lui changer les idées. Avec les deux sorciers auprès d'elle, Ludivine se sentait apaisée, rassurée de ce que l'avenir lui offrait.


Voilà! Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Avec qui pensez-vous que Ludivine va se mettre en binôme ?

Merci pour votre lecture et à très vite.