Bonjour à tous, j'espère que vous vous portez bien !
Je m'excuse pour le retard que j'ai pris pour ce chapitre, ma seule excuse est que le retour à la vie réelle avec le déconfinement a tué tout mon temps et ma motivation. J'ai eu énormément de mal à écrire ce chapitre, que j'ai écrit et repris à zéro plusieurs fois, mais le résultat est là ! La bonne nouvelle, c'est que le chapitre 9 est écrit à 50%.
Merci à capinghemois, MarlyMcKinnon et Liliana pour vos reviews qui m'ont fait très plaisir, ainsi qu'à tous ceux qui prennent le temps de lire.
Rappel du contexte : Le ministère de la Magie annonce un concours pour obtenir un accès direct aux formations du ministère, sans passage par les concours d'entrée. Ludivine est à la recherche d'un binôme, mais rencontre quelques difficultés pour le trouver.
J'espère que la suite vous plaira !
Chapitre 8 - Festive et décisive
- Perdu, Hendell !
Scorpius se leva avec spontanéité, tapant dans ses mains de satisfaction avec un sourire vainqueur et légèrement moqueur. Il venait de gagner la partie une nouvelle fois et n'hésitait pas à exagérer sa joie, sachant pertinemment que ça irritait d'autant plus Ludivine et Albus qui, comme lui, n'aimaient pas perdre.
Face à lui, les deux sorciers avaient d'ailleurs le visage plein de suie et fusillaient le blond du regard. Leur expression renforça bien évidemment celle de Scorpius qui les nargua un peu plus d'un sourire amical.
- Quel enfoiré, soupira Albus.
- Pourquoi tu n'as jamais aucune carte qui t'explose à la tête, Malefoy ! siffla Ludivine d'un ton légèrement menaçant.
- Rien ni personne, pas même un jeu de cartes explosives, ne se permettrait de toucher au visage d'un Malefoy, Hendell, répondit Scorpius avec un sérieux feint avant d'éclater de rire en voyant la mine dépitée de ses deux amis.
Ni Albus, ni Ludivine ne démordait de leur colère. C'était la troisième partie qu'ils terminaient et Scorpius avait gagné à chaque fois. Les deux sorciers avaient été piqués dans leur orgueil et Scorpius savait qu'il faudrait un petit moment avant que leur mauvaise foi ne se dissipe. Il n'y prêtait d'ailleurs aucune attention alors qu'il rangeait le jeu, sachant pertinemment que la prochaine partie pourrait provoquer une dispute, et s'affalait dans le canapé. A côté de lui, Albus se détendit également, s'affalant de la même façon que son ami mais Ludivine restait tendue dans son fauteuil.
Il n'y avait pas grand monde dans la salle commune. Tous les élèves étaient déjà partis à Pré-au-Lard pour la première sortie de l'année, tous voulant y arriver tôt et en repartir tard. De son côté, Ludivine avait rendez-vous avec son directeur de maison qui souhaitait la voir, et Albus et Scorpius avaient choisi d'attendre avec elle au château.
- De toute façon, reprit Albus, je n'aime pas ce jeu.
- Tu n'aimes que le Quidditch, se moqua Scorpius.
- Ce n'est pas un jeu, siffla Albus mais finit par sourire alors que Scorpius balayait les propos du sorcier d'un revers de main.
- Tu peux aller dire ça à Mila qui a failli te jeter un sort quand tu as suggéré de mettre un entraînement un jour de sortie à Pré-au-Lard, rigola Scorpius.
Albus ne retint pas son rire en repensant à la panique qu'il avait vue sur le visage de ses coéquipiers quand il avait fait la dite-suggestion. Il ne l'aurait bien évidemment pas fait, sachant pertinemment qu'un bon capitaine devait avoir le soutien de ses joueurs et donc savoir les écouter, mais il aimait abuser de son pouvoir en se rendant imprévisible.
- Tu ne dis rien, Lud ? demanda Scorpius. On critique pourtant Albus en tant que capitaine.
Ludivine s'était perdue dans ses pensées mais elle fusilla Scorpius du regard quand ses yeux se posèrent sur lui.
- Je suis certaine que tu as triché, Malefoy, grinça Ludivine.
- Toujours là-dessus ? s'étonna Albus en ricanant légèrement.
- Mon dieu, Lud, surenchérit Scorpius avec un sourire narquois en utilisant sa baguette pour faire disparaître la suie qui se trouvait sur le visage de Ludivine, ce n'est pas avec ce comportement que tu trouveras un binôme.
- Je t'emmerde, Malefoy.
Scorpius éclata finalement de rire tandis qu'Albus regardait Ludivine avec amusement. Scorpius et lui n'avaient pas arrêté de la taquiner sur sa recherche de binôme ces trois derniers jours et ils la connaissaient suffisamment pour savoir pertinemment que leurs blagues tapaient de plus en plus sur le système de la sorcière. Le problème était que plus Ludivine montrait de l'agacement, et plus les deux sorciers étaient tentés de continuer.
- Allez, sourit Albus, ne te vexe pas ! Tu sais qu'on rigole.
- Ce n'est pas drôle, se vexait légèrement Ludivine.
- Pourquoi tu te vexes ? demanda Scorpius avec un haussement d'épaules. Ce n'est pas comme si tu n'avais pas le choix.
- J'en aurais d'autant plus si vous ne faisiez pas fuir les sorciers qui essaient de m'approcher ! s'écria Ludivine.
- Tu parles encore du Poufsouffle d'hier ? répliqua Scorpius avec une légère animosité. Il était en train de te draguer !
Ludivine souffla de frustration tout en levant les yeux au ciel. Elle n'allait pas avoir cette discussion une nouvelle fois mais elle ne cacha pas son agacement face à l'entêtement dont Scorpius faisait preuve. A côté, Albus avait conservé son sourire amusé, passant son regard d'un sorcier à l'autre.
- Je me dis parfois, finit-il par exprimer, que tu es plus possessif que moi avec Ludivine, Scorp.
Scorpius regarda Albus avec surprise avant de hausser les épaules avec indifférence.
- C'est que tu n'as pas vu les regards que tu lances, sourit Scorpius avec malice, mais je n'en fais pas tout un plat.
- Vous êtes tous les deux possessifs, dit Ludivine en coupant court au débat.
Scorpius et Albus levèrent la tête d'un même corps vers Ludivine et celle-ci leva les yeux au ciel tandis qu'un sourire se formait sur ses lèvres.
- Vous m'adorez, ne le cachez pas.
- Je crois qu'il faut arrêter le Pur Feu au réveil, Hendell, répondit Albus avec un sourire entendu.
- C'est un mot bien trop fort, « adorer », surenchérit Scorpius, à la rigueur, on t'apprécie.
Ludivine leva les yeux au ciel avant de rire avec douceur. Elle avait appris avec les années à lire les signes d'affection des deux sorciers, qui n'étaient définitivement pas les mêmes que ceux de ses amies.
- Bon ! s'exclama Ludivine en se levant. Je vais voir Slughorn. On se retrouve à Pré-au-Lard ?
- Dès que tu auras décidé qu'on vaut mieux que tes supers copines, sourit Scorpius.
- Revoilà cette possessivité dont on a déjà parlé, Malefoy, il faut contrôler ça.
Scorpius échangea un regard amusé avec Ludivine, reconnaissant par un sourire que sa réplique était bien choisie. Albus et lui se levèrent également, suivant Ludivine du pas pour se diriger vers Pré-au-Lard.
- Évite de te vexer quand Slug te demandera pourquoi tu n'as toujours pas de binôme, Hendell, s'exclama Albus alors qu'ils se séparaient de Ludivine en lui faisant un signe de la main.
- Alors miss Hendell, avez-vous trouvé un binôme pour le concours ?
Ludivine retint un soupir, pensant aux derniers mots d'Albus, alors que le professeur Slughorn prenait place devant elle avec un air bienveillant.
- Toujours en pleine recherche, professeur ! lui dit-elle.
- Ce n'est pas facile, reconnut son directeur avec un sourire. Si ça peut vous rassurer, vous êtes loin d'être la seule. Le tableau sur lequel vous vous êtes tous inscrits se remplit très lentement.
Ludivine ne répondit pas, se perdant dans ses pensées. Cela faisait trois jours que le ministre de la Magie avait annoncé la mise en place du concours pour obtenir un accès direct aux formations d'apprentissage du ministère, sans passage par les concours d'entrée.
L'annonce avait créé l'émulation dans tout le château, tous les élèves cherchant un binôme, nombre d'entre eux s'interrogeant sur leur participation ou non au concours. Même les plus jeunes, qui ne pouvaient participer, s'étaient laissé gagner par l'effervescence qui régnait dans le château. Il n'y avait, étonnamment, pas tant de sorciers qui avaient trouvé un binôme.
Un grand tableau était apparu devant l'entrée de la Grande Salle, avec le nom de tous les élèves qui s'étaient inscrits auprès de leur directeur de maison. Ludivine, qui s'était inscrite dès qu'elle avait pu, avait vu certains noms apparaître et disparaître du tableau jusqu'à quatre fois en quelques jours. Les noms se déplaçaient et se mettaient côte à côte lorsque deux sorciers avaient scellé un pacte. Jusqu'ici, il n'y en avait eu qu'un très petit nombre. Il restait encore quelques jours à chaque élève pour trouver un binôme, et tout le monde se doutait que Pré-au-Lard serait l'occasion de créer de nombreux pactes.
- Miss Hendell, reprit le professeur Slughorn, avez-vous envisagé de vous présenter seule ?
Bien évidemment, Ludivine y avait pensé. Cette option, qui n'en était pas une au départ et sur laquelle elle avait plusieurs fois ironisé, avait été présentée le lendemain aux élèves. Une explication avait été donnée : ne pas rendre trop contraignante l'inscription aux étudiants qui ne faisaient pas leurs études à Poudlard et ne pas pénaliser ceux qui avaient des difficultés à trouver un binôme.
Ludivine n'y était pas fermée. C'était même devenu sa principale solution qui étrangement, était celle qui lui convenait le mieux. Elle ferait équipe avec une personne qui lui conviendrait mais s'inscrirait seule si ce n'était pas le cas. Elle ne doutait d'ailleurs pas qu'elle avait plus de chance de gagner en se présentant seule, mais Ludivine savait que cette arrogance pouvait lui jouer des tours.
Lorsque le concours avait été annoncé, Ludivine avait rapidement compris que ses options étaient limitées. Albus avait affirmé ne pas participer au concours, ce qui ne se révélait pas être une surprise. Ce concours ne représentait rien d'autre qu'une perte de temps pour lui qui souhaitait intégrer l'équipe de Flaquemare. Il avait seulement deux espoirs : qu'aucun de ses joueurs ne s'inscrive au concours en le mettant prioritaire au Quidditch, et que les autres équipes se concentrent plus sur le concours que sur le tournoi.
Cette option avait également vite été écartée par Scorpius qui avait refusé de se mettre avec elle. Autant Ludivine n'avait pu s'empêcher de ressentir une légère peine à cette idée, autant elle avait rapidement compris que c'était en effet ce qu'il y avait de mieux à faire pour leur amitié. Ce concours était trop important pour Ludivine, et Scorpius le prenait, lui, à la rigolade. Il ne se fermait pas de porte avec ce concours, qu'il relevait comme un défi. Ils savaient tous les deux qu'il ne finirait jamais au ministère.
Une fois ces deux options écartées, il ne restait plus grand monde à qui Ludivine pouvait faire confiance. Evelyn, comme Albus, avait écarté ce sujet comme elle avait écarté l'idée de suivre les pas de sa sœur, à savoir sans une once d'hésitation. Pour Ludivine, il n'était resté que Liz et Acca.
Liz et elle en avaient longuement discuté. Liz avait été très ouverte au départ, mais avait finalement eu quelques réserves concernant son niveau sur le terrain. Elle avait de l'appréhension à l'idée de pénaliser Ludivine qui avait eu des difficultés à la convaincre qu'elles feraient une bonne équipe. Elle connaissait très bien le niveau de Liz, qui était très bon lorsqu'elle restait composée. Ludivine avait eu beau lui marteler qu'elle saurait garder son calme durant les épreuves, son amie était restée trop réticente pour que Ludivine n'insiste. Et Albus et Scorpius avaient confirmé la position de Liz, confirmant que Ludivine prendrait la victoire trop à cœur.
En parallèle, Liz avait eu de nombreuses propositions, toutes très intéressantes et qui pouvaient mieux correspondre à la douceur et la tranquillité qui la caractérisaient. Quant à Acca, Ludivine avait déjà une idée du binôme parfait pour elle.
Bien sûr, Ludivine excluait d'autres propositions qu'elle avait pu avoir, comme celle d'un cinquième année de Poufsouffle, qui l'avait approchée lors du dîner la veille. Mais le pauvre sorcier n'avait pas su tenir tête à Scorpius et Albus lorsque ceux-ci l'avaient fusillé du regard avec un air malveillant.
- Ce n'est pas un bal de Noël, avait cinglé Scorpius avec un regard glacial, si c'est pour draguer, va voir ailleurs !
Il n'en avait pas fallu plus au sorcier pour décamper. Ludivine, qui avait un instant hésité à s'énerver en leur disant de se mêler de ce qui les concernait, avait finalement haussé les épaules d'indifférence avant de se remettre à manger. Le résultat aurait de toute façon été le même, elle n'aurait jamais accepté.
Elle avait également, deux jours plus tôt, tenté de convaincre Albus. Ce dernier avait du gène Potter en lui, il était naturellement très fort, et il n'y avait personne dans ce monde à qui Ludivine faisait plus confiance. Sans exclure que Ludivine imaginait à quel point ils pouvaient s'amuser dans un tel concours. Mais rien n'y avait fait. Pour Albus, c'était le Quidditch et rien d'autre. Et autant Ludivine comprenait parfaitement sa vision, autant elle ne cachait pas son agacement en voyant cette 'occasion manquée'. Elle aurait vraiment aimé aller au bout de ce concours avec Albus à ses côtés.
Ludivine sortit de ses pensées, se rendant compte qu'elle n'avait toujours pas répondu à son directeur qui la regardait d'un œil observateur et attentif.
- En effet, professeur, répondit Ludivine, je l'ai envisagé et ne l'ai toujours pas exclu.
- Je vous conseille d'y réfléchir sérieusement. Votre niveau est bon, je n'ai pas d'inquiétude que vous irez loin.
Ludivine jaugea son professeur du regard, ne cachant pas sa surprise avant de laisser place à la méfiance.
- Vous le pensez vraiment ? demanda-t-elle avec un scepticisme qui arracha un sourire à son professeur.
- Vous savez, répondit le professeur Slughorn avec malice, je mise sur vous et Lucas dans ce concours !
- Lucas Zabini ?
- Tout à fait ! s'exclama le professeur avec entrain. Et je compte bien gagner cet accès aux serres que m'a promis Neville ! Et hors de question que je perde la face devant Jacob Sven ! Alors réfléchissez bien à vos choix, Ludivine !
Son directeur de maison était parti dans un autre univers, murmurant vigoureusement qu'il aurait « accès à ce Mimbletonia par tous les moyens, nom de Merlin », et Ludivine se retint de lever les yeux au ciel avant de décider qu'il était temps pour elle de s'en aller, consciente que plus rien de pertinent ne sortirait de cet échange. Elle se leva, s'excusant auprès du sorcier qui l'arrêta toutefois d'un mouvement de main.
- Lorsque vous aurez un instant, reprit-il avec plus de sérieux, peut-être devriez-vous envisager de vous essayer au Philtre de Paix.
- On ne l'a encore jamais pratiqué, monsieur.
- Justement, pensez à bien le maîtriser pour la semaine prochaine, dit le professeur Slughorn avec un sourire. Un laissez-passer au Ministère en gagnant le concours ne vous dispensera pas d'avoir besoin d'un dossier en béton pour la médicomagie.
Ludivine ne dit rien, échangeant un sourire complice avec son directeur. Elle avait compris le message et savait qu'il serait idiot de sa part de ne pas s'entraîner à ladite potion et gagner des points facilement.
Quelques minutes plus tard, Ludivine sortait du château avec rapidité, se dirigeant mécaniquement vers Pré-au-Lard en empruntant le sentier qui reliait le village au château. Elle en avait pour un quart d'heure de marche, et si elle faisait vite, elle pourrait profiter d'Evelyn avant son rendez-vous avec Nott.
Plongée dans ses pensées, Ludivine ne fit pas attention à ses alentours et à mesure d'éviter des sorciers par réflexe, elle finit par sentir un gros choc quand son corps percuta une masse avec violence. Elle se sentit vaciller mais deux mains vinrent la stabiliser par les bras.
- Regarde où tu vas Hendell, mince !
Ludivine releva la tête vers James Potter qui la surplombait maintenant de sa hauteur. Il la regardait d'un air agacé et Ludivine fut légèrement perturbée par le regard inquisiteur qu'il lui lançait.
- Pardon, Potter, se contenta-t-elle de dire.
- Ah ! s'exclama le sorcier avec un sourire narquois. J'ai failli croire que ta répartie s'était perdue dans ton petit-déjeuner.
A ces mots, Ludivine le fusilla du regard, se dégageant de l'emprise du sorcier en faisant un pas en arrière. Ce dernier mit ses mains dans ses poches, la regardant avec amusement tandis que Ludivine sentait l'agacement monter.
- Tu n'en rates jamais une, Potter, dit Ludivine d'un ton irrité.
- Oh tu sais, je suis un casse-cou.
James Potter la regardait d'un air malicieux tandis qu'un sourire en coin se formait sur ses lèvres et Ludivine ne se retint pas de lever les yeux au ciel sans cacher également un très léger sourire. Il était toujours difficile de savoir sur quel pied danser avec le sorcier, mais les piques qu'il lui lançait n'avaient aucune animosité, Ludivine le sentait.
- Tu allais à Pré-au-Lard, n'est-ce pas ? demanda James. Moi aussi, compléta-t-il quand Ludivine hocha de la tête en signe d'approbation, l'équipe a passé la matinée à s'entraîner.
- Ca ne vous rendra pas meilleurs, se moqua Ludivine.
- On essaie, répondit James avec humour, on essaie.
Ludivine ne retint pas son sourire. Elle n'avait bien évidemment aucun doute sur les compétences de l'équipe de Gryffondor, qui avait toujours été un adversaire redoutable. Tout comme le sorcier qui se tenait à côté d'elle. Ludivine avait joué contre lui pendant plusieurs années et connaissait très bien les capacités développées du Gryffondor. Alors elle apprécia qu'il prenne sa blague avec humour.
Elle ne tenta pas de répondre, et James ne combla pas le silence. Ils marchèrent quelques minutes dans cette ambiance, observant l'environnement autour d'eux et Ludivine trouva étonnamment ce silence agréable.
- Du coup, reprit finalement James, j'ai entendu dire par Albus que tu n'avais toujours pas trouvé de binôme ?
- Albus et toi parlez de moi ? argua Ludivine avec ironie.
- Quand je laisse Albus parler, très souvent.
Ludivine eut un petit rire. Elle ne croyait pas vraiment le sorcier quand il disait cela, mais une part d'elle gardait le bénéfice du doute. Cependant, elle n'avait pas d'intérêt à savoir si c'était vraiment le cas.
- Mais, reprit James avec humeur, n'hésite pas à te dire que je suis initiateur de ces discussions si ça provoque chez toi plus de plaisir.
- Ne te donne pas tant d'importance, Potter, répliqua Ludivine avec humour en balayant les propos du sorcier d'un revers de main.
James ne répondit pas, et Ludivine ne put s'empêcher de lui jeter un regard à la dérobée pour observer sa réaction. Il marchait avec détente, un léger sourire sur les lèvres tandis que ses mains avaient, comme à leur habitude, leur place dans les poches du Gryffondor. Ludivine se rendit compte qu'elle n'avait jamais répondu à la question du sorcier.
- Pour répondre à ta question, dit Ludivine doucement, je n'ai en effet toujours pas de binôme. Je crois que toi non plus.
- Je fais le choix de t'épargner la blague que tu m'as faite, sourit James. Personne également ! Il paraît que j'ai un caractère trop compliqué, aucun membre de ma famille n'a voulu se mettre avec moi.
- Je croyais que tu avais eu de nombreuses demandes, railla Ludivine en se souvenant de ce que lui avait dit Fred Weasley quelques jours plus tôt.
James haussa les épaules, soudain pensif et Ludivine regretta presque sa blague. Il n'avait pas réagi comme elle l'aurait pensé. Elle s'était attendue au même humour qu'un peu plus tôt mais l'air grave qu'arborait le sorcier lui indiqua qu'il avait pris sa réflexion avec sérieux.
- Je ne veux pas me mettre avec n'importe qui, dit James après un court silence. Ce concours est une grande opportunité.
- C'est une grande opportunité pour beaucoup de monde, murmura Ludivine.
- C'est sûr, confirma James.
Ludivine ne répondit rien mais elle n'en pensait pas moins. Elle l'observa une nouvelle fois du coin de l'œil. Il marchait avec une nonchalance qui contrastait avec son air plein d'assurance, et il se dégageait du sorcier un tel aplomb qu'il pouvait en être intimidant. Ludivine se surprenait parfois à être intimidée par le regard qu'il pouvait poser sur elle
- Et toi, Hendell, reprit James avec légèreté, comment ça se fait que tu n'aies trouvé personne ?
- Mes amis ont peur de moi et de mon envie de gagner, dit Ludivine avec un léger rire.
- Je peux comprendre pourquoi, rigola également James.
Ce n'était qu'une blague, Ludivine le savait, et pourtant son rire mourut dans sa gorge. Que sous-entendait le sorcier ? Probablement rien de sérieux mais une petite voix dans la tête de Ludivine se méfia.
- Tu peux parler, répliqua-t-elle avec amertume, ce n'est pas moi qui ai lancé une menace sans avertissement en apprenant que j'allais avoir de la compétition.
Tout comme Ludivine quelques secondes plus tôt, le rire de James se coupa net. Il jeta un regard interrogatif à la sorcière qui fronçait les sourcils, le regard fixé devant elle. Il finit par soupirer.
- Je me suis peut-être laissé emporter, admit James.
- Peut-être ? répéta Ludivine avec moquerie. Tu étais hostile sans raison Pot…
- Ecoute, l'interrompit James avec un léger agacement qui irrita également Ludivine, désolé pour ça. Je peux être parfois sanguin.
Ludivine secoua la tête, décidant que les excuses du sorcier n'avaient aucune valeur vu le ton sur lequel il les avait formulées. Il lui semblait cependant qu'il était habitué à ce qu'on ne lui tienne pas rigueur de grand-chose.
- Tu es trop complexe, Potter, soupira Ludivine.
- Je crois comprendre que toi aussi, Hendell, répondit cyniquement James.
Un léger silence s'installa tandis qu'ils entraient dans le village sorcier. Ils se dirigèrent vers l'allée centrale et y marchèrent quelques minutes sans dire un mot. Ludivine remarqua Acca qui se tenait devant une boutique et qui discutait avec deux camarades de maison. Entraînée dans une discussion animée, son amie ne sembla pas la remarquer.
James et Ludivine s'arrêtèrent au milieu de l'allée centrale, et Ludivine attendit quelques secondes une réaction de James en voyant ce dernier plongé dans ses pensées, lui jetant un regard furtif. Finalement, le Gryffondor eut un sourire, secouant très légèrement la tête comme s'il balayait une pensée de sa tête.
- Quand on voit ce que donnent dix minutes ensemble, reprit James après un court silence, je ne peux m'empêcher de me dire qu'un binôme avec toi serait festif.
- Ravie que ça te traverse au moins l'esprit, répondit Ludivine d'un ton neutre.
- C'est le genre de défi qui pourrait me plaire.
Ludivine porta un regard surpris sur James qui la jaugeait un œil expectatif. Il aurait pu paraître nerveux mais il se dégageait une telle tranquillité du sorcier que la pensée ne traversa pas l'esprit de Ludivine. Par son attitude affirmée, il ne donnait pas l'impression de porter beaucoup d'importance à la réponse de Ludivine qui sentit plusieurs émotions s'entrechoquer en elle. Quelque chose dans le regard du sorcier interrogeait Ludivine. Il la regardait fixement, comme s'il analysait son langage corporel.
- Luuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuud !
Ludivine ferma les yeux un instant, pestant contre sa meilleure amie pour son manque de discrétion alors que plusieurs têtes se tournaient vers James et elle.
-La cavalerie t'appelle, dit James, ne la fais pas attendre. A une prochaine, Hendell.
Sur ces mots, le sorcier lui jeta un dernier regard avant de s'éloigner et Ludivine se dirigea d'un pas mécanique vers Acca qui l'observait avec un sourire malicieux.
- Ludivine Hendell, s'exclama Acca, que faisais-tu avec James Potter ?
- On s'est croisés sur le chemin, répondit platement Ludivine.
- Et donc vous avez fait la route ensemble ? demanda Acca avec scepticisme.
- Et bien oui ! hissa Ludivine, on sait être civilisé.
- Ah bon, dit Acca faiblement, comme si elle ne l'en croyait pas capable. En tout cas, fais attention, reprit-elle avec amusement, les admiratrices de James Potter sont plus féroces que celles de son frère, tu risques de te faire de nouvelles ennemies.
- Qu'elles essaient de s'approcher, marmonna Ludivine.
- AH ! Ça, c'est la Lud que j'aime !
Acca rigola avec légèreté, ignorant la contrariété de Ludivine et cette dernière se sentit gagnée par la bonne humeur de son amie.
- Tu m'as l'air bien joyeuse pour quelqu'un qui n'a pas de binôme, dit Ludivine avec malice.
- Bien placée pour parler ! s'esclaffa Acca. Figure-toi que je ne manque pas de proposition.
- Vraiment ? sourit Ludivine. Et tu as décidé de ne pas faire équipe avec Michael ?
- Non, répondit Acca avec gêne, je n'en avais pas envie.
Ludivine ne répondit rien, peu surprise par la décision d'Acca de ne pas faire équipe avec son petit ami. Voilà plusieurs mois qu'elle semblait freinée dans sa relation, dont elle ne disait plus un mot, gênée ou mal à l'aise lorsqu'elle le faisait. Michael Straton n'était plus un sujet de discussion entre elles, et Ludivine se demandait quand son amie prendrait son courage de Gryffondor pour agir.
- J'ai envie de m'amuser, dit Acca comme si elle tentait de se justifier.
- Je compre…
- J'ai envie de faire équipe avec quelqu'un qui va m'amuser, reprit Acca comme si parler lui permettait d'évacuer la frustration. Je sais que ce n'est pas cool de ma part, mais je ne veux pas m'enfermer.
Acca guetta la réaction de Ludivine du regard, et celle-ci se contenta de lui sourire, attrapant la main de son amie avec douceur.
- Viens, on va retrouver les filles !
Acca répondit par un sourire brillant avant de l'emmener plus loin dans les rues adjacentes. Elle savait très bien où elles allaient, au Gallion Chauffant, peu fréquenté des élèves de Poudlard et où elles s'étaient retrouvées à chaque sortie de Pré-au-Lard depuis qu'elles avaient été en mesure d'y aller.
Contrairement à toutes les autres fois, Ludivine n'avait pas retrouvé ses amies au fond du café, dans un box excentré de la pièce. Non, Evelyn et Liz étaient assises à une table de la terrasse, et profitaient du soleil légèrement chauffant du début du mois d'octobre. Ludivine ressentit beaucoup de fierté à l'idée de voir ses amies ne plus se cacher pour profiter du temps ensemble.
Liz et Evelyn échangeaient avec animation. Liz semblait dire quelque chose avec sérieux et empêchait Evelyn de l'interrompre, cette dernière ouvrant la bouche plusieurs fois pour la refermer aussitôt. Les deux sorcières détonnaient, Liz balayant ses cheveux blonds et fin d'un revers de main tandis qu'Evelyn profitait du soleil, lunettes de soleil sur le nez.
- Vous semblez vivre votre meilleure vie ! s'extasia Acca en s'affalant à côté d'Evelyn.
- Peut-être pas pour Liz qui m'écoute geindre depuis dix minutes, sourit Evelyn en faisant un clin d'œil à Ludivine qui prenait place à côté de Liz.
- Stressée par ton date ? demanda Ludivine avec moquerie.
- Ce n'est pas un date ! se défendit Evelyn avec véhémence.
- Ce n'est pas faute de le vouloir, je crois, sourit Liz avec une moquerie douce qui fit sourire ses amies.
Ludivine porta un regard surpris à Evelyn qui détourna la tête lorsque leurs yeux se croisèrent, triturant ses doigts de nervosité.
- Stressée ou impatiente ? demanda Ludivine.
- Les deux, avoua Evelyn. Je n'ai pas toujours pas réussi à le cerner, c'est l'occasion de savoir réellement ce qu'il pense, comment il envisage ce mariage et comment il est humainement.
- Je suis sûre que tout va bien se passer, lui dit Acca avec douceur.
- C'est ce que je lui répète depuis dix minutes, marmonna Liz avec un sourire.
- Et si ce n'était pas le cas ? se risqua Ludivine.
Les trois sorcières se tournèrent vers elle, chacune arborant une expression différente. Evelyn la scrutait d'un regard curieux tandis que Acca avait une expression horrifiée et que Liz lui jetait un regard irrité. Ludivine s'en voulut presque de détruire son travail de réassurance en une question.
- Ce n'est pas le moment, Ludivine ! dit Liz avec fermeté.
- Il faut se préparer à toutes les possibilités, répondit Ludivine en haussant les épaules.
- Elle a raison, ajouta Evelyn d'un air pensif. Je ne m'enfermerai pas dans un mariage malheureux avant même qu'il n'ait commencé.
- Tu es prête à prendre le risque de rompre l'engagement ? demanda Acca avec scepticisme.
- Tu ne m'en penses pas capable ?
- J'en pense que c'est un pari très risqué à prendre, répondit Acca.
Evelyn ne répondit pas, pensive. Elle perdit son regard sur la table et les trois sorcières savaient que les informations devaient tourner à toute allure dans sa tête. Ce fut Liz qui brisa le silence en s'avançant vers Evelyn, posant sa main sur le poing fermé de son amie.
- Ludivine a raison, finit-elle par dire, il faut envisager toutes les options et rester réaliste. Mais, reprit-elle après une seconde de réflexion, rien ne doit orienter ton jugement avant d'avoir vu Nott suffisamment longtemps pour t'en faire ton avis. Le reste, tu le verras par la suite. En fonction de ce qui se dégage de lui.
Evelyn hocha la tête, et quelque chose dans son regard sembla se calmer tandis qu'elle échangeait un regard complice avec Liz.
- Tout se passera bien, accentua Acca avec douceur.
- Et quoi qu'il en soit, termina Ludivine, on est là pour te soutenir.
Evelyn hocha de nouveau la tête, plus vigoureusement cette fois-ci, et ce fut avec plus d'aplomb qu'elle se leva.
- Bon ! s'exclama-t-elle. Je suppose qu'il ne reste qu'une chose à faire. On se retrouve plus tard ?
Les trois sorcières hochèrent la tête et regardèrent leur amie s'éloigner d'un pas sûr avant de décider elles-mêmes de déjeuner à la terrasse du Gallion Chauffant.
- Au fait Liz, commença Acca avec malice, devine qui est devenu amie avec James Potter ? demanda-t-elle en posant son regard sur Ludivine, ce qui supprima tout potentiel doute pour Liz.
Liz jeta un regard surpris à Ludivine qui fusilla Acca du regard. Le côté commère de son amie ressortait et Ludivine n'aimait pas en être la cible.
- Ne raconte pas n'importe quoi, siffla Ludivine, on s'est simplement croisés sur le chemin et on a fait la route ensemble.
- Qu'est-ce que vous vous êtes dit ? demanda Liz avec un sourire. Il était encore désagréable ?
- Et bien, hésita Ludivine, entre autres. Il a également sous-entendu qu'être mon binôme pourrait l'amuser.
Liz et Acca levèrent toutes les deux un air surpris et légèrement choqué. Ludivine en aurait presque ri.
- Tu es sérieuse ? demanda Liz avec doute.
- Tu as du te tromper, affirma Acca.
- J'ai entendu qu'il faisait équipe avec Amélie Mancini, argua Liz à Acca.
- Je n'ai pas dit qu'il m'avait proposé quoi que ce soit, objecta Ludivine.
Acca et Liz échangèrent un regard complice et Ludivine leva les yeux au ciel. Elle savait qu'elle n'aurait jamais dû dire quoi que ce soit.
- James Sirius Potter, marmonna Liz.
- Tu rendrais folle toute la population féminine de Poudlard, sourit Acca.
- Oh arrêtez, siffla Ludivine avec irritation, Potter est une plaie ! Il est toujours d'humeur changeante et se croit meilleur que les autres, sa belle gueule n'y change rien. A l'inverse, justement !
- Tu es ex…
- Je ne veux plus parler de lui, affirma Ludivine avec fermeté en interrompant Acca, changeons de sujet.
- Pour rester sur le thème des binômes, reprit Liz, j'ai fini par choisir le mien.
- Aaaaaaah ! s'exclama Acca. Alors, qui as-tu choisi parmi toutes ces propositions que tu as reçues ? Weasley ?
- Exactement, dit Liz avec un sourire malicieux.
- La question est, demanda Ludivine, quel Weasley ?
- Rose, répondit Liz. Je pense que c'est la personne qui me conviendra le mieux.
- J'en connais un qui sera dévasté, marmonna Ludivine narquoisement.
- Fred Weasley ? demanda Liz. Je suis déjà allée lui en parler, et il l'a très bien pris, figure-toi.
- Bien sûr qu'il l'a bien pris, argua Acca, on parle de Fred. Rien ne peut être négatif le concernant.
- Il était déçu, compléta Liz, mais faire équipe avec moi était son petit défi du moment, il va vite se remettre de son échec.
Ludivine n'en doutait également pas. Elle n'était pas surprise par la décision de Liz. Elle savait que son amie avait été flattée par la demande du sorcier -malgré son insistance ces derniers jours- et Liz était trop douce pour refuser sèchement une proposition faite avec autant de cœur. Mais au fil des jours, son choix s'était élargi, dont Rose Weasley, et il n'était pas surprenant que Liz choisisse quelqu'un qui lui corresponde mieux.
- Vous avez scellé votre pacte ? demanda Acca.
- Ce soir, en revenant du village ! répondit Liz avec un clin d'œil. Je dois la retrouver pour fêter ça.
Quelques heures plus tard, les trois sorcières décidèrent de se séparer. Ludivine devait retrouver Albus et Scorpius à l'Horcruxe tandis que Liz s'en allait retrouver Rose Weasley. Acca, qui devait retrouver Michael une demi-heure plus tard, se proposa d'accompagner Ludivine et les deux sorcières se mirent en route.
Quand Ludivine entra dans le café, suivie d'Acca, ses yeux mirent quelques secondes à s'habituer à la faible luminosité du lieu qui contrastait avec le soleil qui rayonnait dehors. Ludivine s'était attendue à ce changement, le lieu était principalement connu pour son cadre reproduisant l'ambiance des années 1990 d'avant-guerre. Et pour l'assiègement qu'il connaissait lors de toutes les sorties à Pré-au-Lard par les étudiants de Poudlard, l'endroit était en effet bondé d'élèves.
- Potter nous a fait signe, dit Acca aux côtés de Ludivine.
Cherchant son ami du regard, Ludivine l'entrevit dans un coin de la salle, installé dans un canapé qui pouvait accueillir trois personnes, avec Scorpius en face de lui qui écoutait ce que son ami lui disait, assis nonchalamment dans un large fauteuil. La place que prenaient les deux Serpentards, perdus dans leur monde, fit sourire Ludivine.
Elle attrapa la main d'Acca et s'avança en direction des deux sorciers.
- Vous n'avez pas le sentiment de prendre de la place ? taquina Acca avec aise en prenant place à côté d'Albus sur le canapé.
- On n'empêche personne de s'asseoir avec nous, répondit Scorpius dans un sourire.
- Mais on n'invite pas non plus les autres à le faire, continua Albus qui fronça les sourcils lorsque Acca s'installa à côté de lui sans lui demander de se décaler.
Ludivine prit une chaise un peu plus loin et s'assit dessus, entre le fauteuil de Scorpius et la part du canapé d'Albus. Ce dernier lui fit un sourire complice avant de lui demander comment s'était passé sa journée depuis qu'ils s'étaient quittés, ce à quoi Ludivine répondit tranquillement.
En face d'elle, Scorpius lui fit un clin d'œil en passant une main dans ses cheveux décoiffés avant de se tourner vers Acca, installée avec beaucoup d'aise, à l'instar d'Albus. Ce dernier ne cachait pas son irritation, lui qui n'appréciait que peu la sorcière, qu'il trouvait bruyante et démesurée.
- Dis-moi Rockwood, dit Scorpius, j'ai appris d'une source sûre que tu n'avais toujours pas de binôme, et que tu étais à la recherche d'un binôme moins prise de tête que ton amie ici présente, avec un sens de l'humour de qualité.
- En effet, Malefoy, répondit Acca qui attendait de voir où le sorcier voulait en venir, ignorant le regard offusqué de Ludivine.
- Comment le prendrais-tu si je te disais que j'ai trouvé ce sorcier, en plus d'une beauté sans nom ?
- Mon dieu, Malefoy ! interrompit Ludivine en le fusillant du regard, serais-tu en train de draguer mon amie ?
- Oh arrête Ludivine, ne gâche pas notre échange humoristique ! geint Scorpius.
Ludivine leva les mains en signe d'abandon, laissant Scorpius reporter son attention sur Acca dans un sourire tandis qu'Albus arborait une expression amusée. Il savait très bien où son ami voulait en venir et regardait la scène se dérouler sous ses yeux, mais il ne retenait pas une expression irritée à chaque fois qu'il entendait Acca parler plus fort que nécessaire.
- Qu'en dis-tu, Rockwood ?
- De me mettre avec toi ? rigola Acca d'une voix forte. Je suppose que c'est mieux que d'être seule !
Ludivine porta un regard neutre à ses deux amis. Elle était au courant des intentions de Scorpius, ils en avaient discuté ensemble la veille. C'était Ludivine qui lui avait suggéré l'idée, pensant que la légèreté et la bonne humeur de Scorpius correspondait bien à la vitalité et l'expansivité d'Acca. Cette dernière se tourna vers Ludivine.
- Bien sûr, dit-elle, seulement si ça te convient.
- Bien sûr, confirma Scorpius avec un sourire narquois en direction de Ludivine, uniquement si tu es d'accord avec ça. Je ne voudrais pas que tu t'imagines des choses. Après tout, rien de pire que l'idée de ses deux meilleurs amis qui se draguent.
Le sourire de Scorpius était carnassier, il se régalait tandis que Ludivine le fusillait du regard, rougissant légèrement sans le vouloir. A côté d'Acca, Albus faillit lâcher son verre et il lança un regard meurtrier au sorcier. Ludivine n'avait jamais dit à ses trois amies ce qu'il s'était passé entre Albus et elle. Il n'y avait que Scorpius qui était au courant et ça avait toujours convenu à Ludivine autant qu'à Albus.
- La ferme, Malefoy ! cingla Ludivine en le fusillant du regard, accentuant le rire de Scorpius. Tu sais très bien que c'était mon idée !
- Je préfère me l'approprier, dit Scorpius avec nonchalance, faisant tirer un sourire à Acca.
- Dans ce cas, confirma Acca, c'est confirmé ! On scelle notre pacte plus tard Malefoy, je dois y aller.
- Quand tu veux, Rockwood ! s'exclama Scorpius.
Acca se leva et Ludivine la suivit pour se diriger vers le comptoir. Elle salua son amie avant de commander une bièraubeurre et de retourner auprès d'Albus et Scorpius.
- Tu ne trouves pas le village bondé ? demanda Scorpius quand elle revint.
- Un peu plus que d'habitude, c'est vrai, remarqua Ludivine.
- Les étudiants hors Poudlard ont été sommés de venir s'inscrire au château aujourd'hui, et le village est leur point d'arrivée. Il paraîtrait que Thomas Faber s'est battu avec un ancien élève.
- Toute l'Angleterre est ici, dit Albus sur un ton blasé et irrité qui surprit Ludivine.
- Un sorcier lui a cherché des noises par rapport à son père, confessa Scorpius à Ludivine qui ne jeta un regard concerné à Albus.
- L'année risque d'être mouvementée, marmonna Albus.
- Il ne vous est rien arrivé avec ce sorcier ? demanda Ludivine avec inquiétude, faisant sourire doucement ses deux amis.
- Sven était dans le coin alors ce trouillard s'est calmé dès qu'il a vu un professeur de Poudlard, expliqua Albus avec dédain.
Ludivine était surprise, réalisant qu'ils n'avaient aucune idée du nombre de sorciers qui allaient participer à ce concours. Elle se doutait que de nombreux sorciers mettaient des années à intégrer une formation au ministère et donc qu'il pourrait y avoir des sorciers plus âgés. Il y avait également énormément de sorciers qui étudiaient chez eux, sans intégrer d'école de sorcellerie. Elle n'excluait pas non plus les étudiants étrangers qui prévoyaient de venir travailler au Royaume-Uni.
Ce concours semblait ne jamais quitter Ludivine dont les pensées dérivèrent une nouvelle fois. Elle pensa à Liz qui avait trouvé un binôme, se disant qu'il devenait temps pour elle d'envisager sérieusement de se présenter seule.
Une main se posa sur son genou et Ludivine croisa un regard concerné qui la toucha.
- Tout va bien ? chuchota Albus doucement, comme pour ne pas rompre le fil de ses pensées.
Ludivine hocha la tête, faisant un sourire à son ami. Il fallait qu'elle sorte de cette spirale, et Albus dut le sentir car il lui demanda de lui raconter ses derniers échanges de courrier avec sa mère, ce que Ludivine lui avait déjà raconté plusieurs fois.
Les heures passèrent et les trois sorciers n'avaient pas quitté leur place. Albus et Scorpius venaient de finir leur troisième bièraubeurre et l'ambiance se faisait de plus en plus festive tandis qu'ils décidaient de passer au Whisky Pur Feu. Quant à Ludivine, elle était trop fatiguée pour vouloir rester encore des heures et s'était donc arrêtée à la fin de son deuxième verre.
L'ambiance se mit à changer, de la musique commençait à sortir des murs et des tables au centre disparaissaient. Plusieurs sorciers s'aventurèrent au centre de la salle et commencèrent à danser. Emporté par ce qu'il avait ingurgité, Scorpius eut envie d'aller danser tandis que Roxane Weasley venait de s'installer avec eux pour discuter avec son cousin. Alors il attrapa la main de Ludivine qui fut soulevée de sa chaise sans qu'elle n'ait pu opposer aucune résistance.
- Je n'avais pas envie de danser, Malefoy !
- Allez Hendell, s'exclama Scorpius avec un sourire amusé, tu es mon argument de drague.
- Pardon ?
- Les filles sont toujours jalouses lorsqu'elles voient une autre fille sur leurs plates-bandes, et osent faire des choses qu'elles n'auraient pas fait autrement.
- Qui as-tu à l'œil, Malefoy ?
- Michelle Oxlay, de Serdaigle, admit le sorcier avec un petit sourire.
- Tu ne l'as pas embrassée à la victoire de Serpentard ? se souvint Ludivine.
- Tout à fait ! confirma le blond. Et elle insiste depuis pour ne montrer aucun intérêt envers ma personne MAIS je sais très bien que je lui plais.
- Et donc tu m'utilises pour la rendre jalouse ?
- Allez, Hendell, c'est ton devoir de m'aider en tant que meilleure amie !
Ludivine leva les yeux au ciel devant l'audace du sorcier qui finit par rire à gorge déployée. En regardant son ami rire, Ludivine se demanda comment quelconque sorcière pouvait bien lui résister. Et Ludivine choisit de jouer le jeu du sorcier. Elle attrapa la main de Scorpius et lui indiqua d'un regard qu'elle attendait qu'il mène la danse, ce qu'il se mit à faire aussitôt, la faisant tournoyer sur le rythme de la musique.
Ils dansèrent ainsi une bonne demi-heure, jusqu'à que Ludivine choisisse de retourner voir Albus en convainquant Scorpius d'aller parler à la fille qui l'intéresse plutôt que de jouer de stratagèmes inefficaces. Elle allait quitter la piste de danse lorsqu'un morceau de parchemin en forme de lettre fermée apparut autour d'elle, virevoltant au niveau de son visage avant de se poser avec douceur sur son poignet.
Ludivine fronça les sourcils en attrapant le charme magique, se demandant laquelle de ses amies lui envoyait un mot alors qu'elles s'étaient vues quelques heures plus tôt.
« C'est toi qui avais raison. »
Ludivine réfléchit un instant. Elle savait que Liz passait la soirée avec Rose Weasley, et Acca avec Michael. Le message ne pouvait venir que d'Evelyn et Ludivine s'inquiéta à l'idée que les avertissements qu'elle avait émis un peu plus tôt au sujet de Nott ne se soient concrétisés.
Ludivine se dirigea donc vers la sortie du bar, indiquant à Scorpius qu'elle retournait au château sans plus d'explication. Ludivine n'avait pas envie de parler de la situation d'Evelyn à ses amis pour le moment.
Elle prit la direction du château. Il y avait beaucoup moins de monde dans les rues, peu d'élèves étant autorisés à rester au village après une certaine heure, et les villageois profitaient du soi de week-end dans les bars et restaurants. Elle passa devant plusieurs d'entre eux, croisant peu de monde sur son chemin.
-Pressée, Hendell, constata une voix, attirant l'attention de Ludivine qui ralentit le pas.
James Potter se tenait assis sur la marche d'un immeuble, une cigarette moldue à la main et un regard averti et réfléchi posé sur elle. Il esquissa un sourire quand il vit qu'elle le cherchait du regard, et celle-ci se demanda s'il lui fallait s'arrêter ou bien continuer sur le même rythme.
Le sorcier l'observa dans sa réflexion, et Ludivine choisit de s'arrêter lorsqu'il s'adressa de nouveau à elle.
- Que fais-tu toute seule, Hendell ?
- Quelle surprise à ce que je sois seule, Potter ? demanda Ludivine avec sarcasme.
- Aucune, tu es une sorcière forte et indépendante, railla le sorcier en guettant la réaction de Ludivine.
Elle le fusilla du regard mais ça n'eut pour résultat que de faire sourire narquoisement James qui s'amusait visiblement de sa susceptibilité. Il n'avait pas l'air dans son assiette, et Ludivine vit facilement qu'il avait bu plusieurs coups.
- Ton amie a refusé la proposition de Fred, dit James d'un ton neutre en la guettant de ses yeux noisette.
Il réussit à attirer l'attention de Ludivine quand il évoqua Liz, provoquant un sourire chez lui. Il avait bien compris comment intéresser la sorcière à ce qu'il pouvait dire.
- C'est ce que j'ai appris en effet, répondit Ludivine. Comment l'a-t-il pris ?
- Oh ne t'inquiète pas pour lui, rigola James comme si l'idée que son cousin ait pu mal prendre la réponse de Liz était absurde. C'était probablement le plus judicieux de la part de Walsh.
- Pourquoi ça ? demanda Ludivine avec une curiosité méfiante.
Ludivine savait qu'elle perdait du temps et qu'à ce rythme, elle ne verrait pas Evelyn, mais elle avait besoin de savoir si Fred Weasley avait un quelconque intérêt pour son amie ou si ça n'avait été qu'un amusement pour lui. Et elle se fichait bien de l'humeur excédée qu'elle percevait chez le Gryffondor. James, qui n'était en effet pas de très bonne humeur avant de croiser Ludivine, semblait toutefois avoir compris son intention, et c'était probablement pour cela qu'il arborait un air narquois.
- Disons que Fred a l'attachement léger, répondit James avec un ton mystérieux qui tapa sur le système de Ludivine. Il s'intéresse et se désintéresse très vite aux gens.
- Quel idiot, marmonna Ludivine avec colère.
- Compatissante, Hendell, comme à ton habitude, dit James d'un air railleur en écrasant son mégot qu'il jeta dans une poubelle lorsqu'il se leva, prêt à mettre fin à la discussion.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive, Potter ? demanda Ludivine avec ironie. Quelqu'un a brûlé le fond de ton chaudron ?
- Quelque chose dans le genre, marmonna James pour lui-même avec un sourire ironique.
Sans le savoir, Ludivine avait visé juste. James s'était isolé dans cette allée peu éclairée et vide pour se calmer après une discussion trop animée avec ses camarades. Il constatait amèrement que ça n'avait pas marché.
- Ce concours commence déjà à monter à la tête de beaucoup de monde, dit James sur le même ton.
- La recherche de binôme te stresserait-elle, Potter ? se moqua Ludivine.
- Toi, non, peut-être ? argua James qui darda un regard dur sur Ludivine.
Ludivine ne répondit pas, retenant la remarque acerbe qui lui brûlait la langue. Elle devait reconnaître qu'elle était surprise que le sorcier prenne autant à cœur ce concours. Ne faisait-il pas partie d'une élite ? Pourquoi semblait-il avoir besoin de ce concours. Après quelques secondes d'hésitation, Ludivine osa aller au bout de sa curiosité.
- Tu penses vraiment qu'avec ton nom, tu auras des difficultés à intégrer la formation d'auror ?
Le regard que James lança à Ludivine lui fit aussitôt regretter ses paroles. Il y avait dans ses yeux une lueur de dureté et de malveillance qui fit frissonner Ludivine avant qu'elle ne se reprenne. Mais en face d'elle, James n'avait plus aucune trace d'humour ni de gentillesse. Il était en colère.
- Tu sais, ça ne me semble pas étonnant que tu n'aies toujours pas trouvé de binôme, dit James d'une voix forte, personne n'existe à part ton entourage.
Ludivine le fusilla du regard devant la provocation qu'elle sentait dans sa voix, et son irritation s'accentua lorsqu'elle vit son sourire narquois, bien qu'en colère. En effet, se dit Ludivine, elle n'aurait pas du aller sur ce terrain.
- Et qu'en sais-tu, Potter ?
- Ça se lit sur ton visage, Hendell, que tout le monde t'insupporte et que personne ne mérite ton estime.
Ludivine allait répondre quelque chose mais se restreint. Elle le trouvait culotté de lui faire cette réflexion alors qu'il était sensiblement comme elle. Ludivine n'avait aucun intérêt à débattre à ce sujet, sachant pertinemment que l'attaque du sorcier faisait partie de son mécanisme de défense.
- Je n'ai pas le temps pour tes humeurs, Potter, répondit Ludivine sèchement avant de se remettre en marche.
- Qu'est-ce que je disais, marmonna James.
Cette fois-ci, Ludivine ne résista pas à la colère qu'elle détecta à son égard. Elle se retourna violemment puis fit quelques pas dans la direction de James qui l'observait d'un œil impassible. Elle s'arrêta avant de se retrouver trop près de lui, mais s'assura qu'il l'entende suffisamment bien.
-Et toi alors ? lança-t-elle froidement. Tu ne t'intéresses non plus à personne qui n'est pas de ta famille ! Les filles t'adulent à cause de ta belle gueule et de ton nom mais tu es imbuvable, Potter.
-C'est vrai, dit platement James, et Ludivine cacha sa surprise devant la franchise du Gryffondor. Je ne fais pas d'effort avec les autres et pourtant on m'adore, alors pourquoi j'en ferais ?
Ludivine se sentit désarmée face à la réplique du sorcier. Pourquoi en faire plus que ce que l'on avait envie de donner ? C'était bien l'interrogation principale de Ludivine dans cette vie. Mais elle n'eut jamais le temps d'en débattre avec James Potter.
- Tiens, tiens, tiens, fit une voix que Ludivine ne reconnut pas, regardez qui voilà !
Consciente que c'était à eux qu'on s'adressait, Ludivine tourna sur ses talons pour voir quatre sorciers s'approcher. Ils semblaient être plus âgés de quelques années, marchant d'un air assuré et un sourire méprisant qui inquiéta légèrement Ludivine. Elle n'apprécia pas le regard qu'ils leur jetaient. Ludivine croisa le regard de celui qui, elle le supposa, venait de s'exprimer et vit qu'il la détaillait d'un œil calculateur avant de reporter son regard sur James.
- James Potter, reprit le sorcier, fils de Harry Potter.
- C'est bien moi, répondit James d'un ton neutre, enfonçant les mains dans ses poches. Et toi, tu es… ?
Au ton calme de James, Ludivine eut la curiosité de tourner la tête vers lui. Il se tenait avec nonchalance, un regard vaguement intéressé fixé sur les quatre sorciers. Il ne semblait pas perturbé par l'hostilité de son interlocuteur.
- Justin Selwyn, répondit le sorcier avec un sifflement.
James ne dit rien, mais sa posture changea. Il se raidit et son regard se fit plus averti, mais à aucun moment, il ne jeta un œil à Ludivine. Cette dernière commençait à sentir l'inconfort la gagner. Elle n'avait pas un bon pressentiment, sentant que ces sorciers avaient envie de chercher des noises.
- En quoi je peux t'aider, Selwyn ? demanda James d'un ton neutre qui évaluait la situation.
- Ne fais pas comme si tu ne savais pas ! siffla le sorcier. Ton père a emprisonné ma mère il y a trois semaines.
- Et en quoi suis-je concerné ? dit James avec un ennui exagéré. Si je ne me trompe pas, mon père fait respecter la loi sorcière. Si ta mère a été arrêtée, c'est qu'elle ne la respectait pas.
- Tu ne…
- Je crois même, l'interrompit James cette fois avec moquerie, qu'elle est accusée de conspiration pour l'attaque d'une école. C'est pas du joli ça !
Ludivine fusilla James du regard, lui demandant silencieusement de ne pas aggraver la situation en faisant le fier, mais le sorcier évitait sciemment tout contact avec elle. Depuis qu'il avait changé de posture, James n'avait jamais éloigné son regard du visage de Selwyn.
Ce dernier, d'ailleurs, ne cacha pas sa surprise face aux propos du sorcier, mais se reprit vite, refusant de perdre la face. Ses trois acolytes autour de lui restaient silencieux mais regardaient la scène d'un œil vif.
- Ça doit couler dans le sang de faire le malin, reprit Selwyn avec colère, mais tu ferais bien d'analyser la situation avant de te penser supérieur.
James ne répondit rien mais détacha pour la première fois son regard du sorcier pour le poser sur ses acolytes. Ils avaient chacun la main sur leur baguette et semblaient prêts à la dégainer dès que besoin. Ils écoutaient attentivement et leur regard hostile confirmait à James et Ludivine qu'ils n'hésiteraient pas à intervenir.
Puis James posa son regard sur Ludivine. Elle n'avait pas bougé, mais sa position n'était pas naturelle. Elle avait une main appuyée sur la hanche, tenant le bout de sa baguette qui était accrochée le long de sa ceinture dans son dos. Il la fixa quelques secondes avant d'esquisser un sourire.
Ludivine sentait le regard de James sur elle, mais elle refusa de se tourner vers lui. Elle commençait à s'inquiéter de la situation et avait peur de rencontrer un regard inquiet.
- Qu'est-ce que je dois analyser ? demanda James avec une incompréhension feinte et Ludivine se demanda à quel moment le Gryffondor arrêterait de jouer avec les nerfs déjà visiblement fragiles de son interlocuteur.
- Que tu devrais t'inquiéter pour ta copine, siffla Selwyn.
- Vraiment ? Je crois plutôt qu'elle n'a besoin de personne pour se défendre.
Cette fois-ci, Ludivine porta son attention sur James. Elle croisa un regard assuré et déterminé, et Ludivine comprit qu'il s'amusait de la situation. Il semblait ne ressentir aucune inquiétude, ni pour lui, ni pour elle, et un sentiment instinctif surgit chez elle, celui d'un pincement qu'il ne s'inquiète pas pour son sort à elle.
- Bon, s'impatienta James, quel est le but de cet échange ? Tu prévois de me menacer parce que mon père a été plus fort que ta mère ou tu prévois de t'en aller ? A moins que, reprit James avec un sourire narquois après un court silence, tu ne prévoyais de m'attaquer en pensant avoir une chance contre moi ?
Selwyn se raidit en entendant la provocation, son visage se contractant de colère. Derrière lui, ses trois acolytes firent un pas pour s'avancer et Ludivine sentit que la situation pouvait dégénérer à tout moment. Elle maudit le Gryffondor qui semblait à tout prix vouloir montrer qu'il avait le contrôle sur la situation.
- Je vais te détruire, Potter.
- Si tu crois que tu es le premier à me dire ça.
James arborait un air blasé, mais Ludivine sut que ce n'était qu'un acte quand il fit quelques pas en avant. Il s'était également raidi en se rapprochant d'elle, en fit un de plus pour se tenir devant elle, la main sur sa baguette.
Même si ce geste eut pour effet d'adoucir Ludivine, celle-ci refusa de rester en retrait. Elle ne comptait pas laisser James Potter défendre son honneur, alors elle s'avança aux côtés de James qui se tourna vers elle. Ludivine eut un frisson quand elle vit le regard dur qu'il posait sur elle. Il aurait préféré qu'elle reste en retrait, elle le savait, mais il en était tout simplement hors de question.
- Tu fais quoi ? grinça James silencieusement.
- Si tu crois que je vais rester en retrait, répondit Ludivine avec fermeté, c'est mal me connaître.
James ne répondit rien, la jaugeant du regard. Il semblait se contenir et Ludivine palpait la tension qui habitait le sorcier. Il hésitait sur le comportement à adopter avec elle, sachant pertinemment qu'il ne parviendrait pas à la faire changer d'avis. Puis l'expression de James changea, s'adoucissant tandis qu'il passait un bras autour des épaules de Ludivine fermement. Ludivine sentit ses yeux s'écarquiller sous la surprise, mais ne se débattit pas lorsqu'il appuya sur son bras pour qu'elle se rapproche de lui, collant son corps au sien d'un faux air joueur.
- Tiens-toi prête, lui murmura-t-il dans l'oreille.
Ludivine ne dit rien, assimilant les propos du sorcier tandis qu'il détachait son bras des épaules de Ludivine pour attraper la main de Ludivine.
- Et si on abrégeait, Selwyn ? demanda James avec un sourire sardonique en levant la main dans laquelle il avait emprisonné celle de Ludivine, que je puisse profiter de ma soirée, si tu vois ce que je veux dire.
Ludivine retint un regard dur et décida de laisser le Gryffondor mener la danse, consciente qu'il avait quelque chose derrière la tête.
- Va te faire foutre, Potter ! cracha Justin Selwyn.
A ces mots, James serra la main de Ludivine avec force, et cette dernière comprit le message. Les deux sorciers pointèrent aussitôt leur baguette vers leurs opposants, chacun prononçant avec clarté son sortilège.
- Stupefix, murmura James d'un ton calme.
- Bombarda ! s'exclama Ludivine.
Les deux sortilèges touchèrent leur cible de plein fouet, l'un tombant raide sur le sol sans qu'il n'ait pu réagir tandis que l'autre était projeté quelques mètres plus loin sous le coup d'une explosion. Les deux sorciers restants réagirent aussitôt, levant leur baguette vers Ludivine et James.
- Expulso !
- Fulgari !
James cria un « protego » qui bloqua le sortilège d'expulsion lancé dans sa direction. Quant à Ludivine, elle leva sa baguette au-dessus de sa tête et fit un léger mouvement de gauche à droite et de droite à gauche avec, redirigeant le sort vers son envoyeur qui se le prit de plein fouet, finissant plaqué au sol par une force invisible qui lui noua les mains.
- Diffindo.
Le sortilège lancé avec calme par James fut en partie évité par Selwyn qui s'était décalé vers la gauche. La manche de sa veste fut néanmoins découpée, avec une partie de peau en-dessous mais de façon superficielle. Il renvoya un sortilège de stupéfixion, que Ludivine évita parce que James la plaqua au sol avec dextérité avant d'envoyer un sortilège de confringo qui toucha Selwyn de plein fouet.
Un silence s'installa une fois les quatre sorciers mis hors d'état de nuire. Lorsque Ludivine n'entendit plus aucun bruit, elle porta son attention sur James qui l'avait plaquée au sol quelques instants plus tôt pour lui faire éviter un sort. Il avait maintenu sa pression sur son poignet et était à moitié affalé sur elle, s'assurant par son coude de ne pas l'écraser de son poids.
Il posa son regard sur Ludivine, s'assurant d'un œil mobile qu'aucune expression de douleur ou de peur ne se trouvait sur ses traits. Ludivine soutint son regard jusqu'à qu'il décide de se relever, tendant une main à Ludivine.
- Qu'est-ce que je disais ? dit James avec un sourire narquois. Tu es festive, Hendell.
- Et toi, inconscient, Potter, dit Ludivine sèchement en attrapant toutefois la main que lui tendait James. On aurait pu éviter ce duel.
- Pour en avoir eu bon nombre, je peux t'assurer que non.
Ludivine ne sut interpréter l'émotion qui passait sur les traits du sorcier. Elle voulut lui demander ce qu'il voulait dire par là, mais Ludivine le savait déjà. Être le fils du Survivant n'était pas uniquement synonyme de célébrité. Elle savait par Albus que James avait pâti de son rôle de frère aîné et premier enfant de Harry Potter.
Ludivine ne dit rien, choisissant de s'approcher des quatre sorciers allongés sur le sol. Deux d'entre eux étaient tombés raides au sol, pris dans un sort de stupéfixion. Un autre avait atterri un peu plus loin sous la force du sortilège d'explosion de Ludivine. Un dernier était toujours conscient, les mains ligotées au sol. Ludivine eut un instant d'hésitation, mais choisit de lever sa baguette et jeter un sort de stupéfixion. Elle ne prendrait pas le risque de relancer un duel.
Lorsqu'elle se retourna vers James, celui-ci avait remis ses mains dans ses poches et la regardait d'un air indéchiffrable que Ludivine choisit de ne pas interpréter. Il s'approcha, jetant un regard rapide sur les quatre sorciers au sol avant de relever la tête vers Ludivine. Il se tenait très proche et elle se demanda pourquoi il avait autant réduit la distance entre eux. Elle voyait sur son visage qu'il était en pleine lutte intérieure, et Ludivine choisit de parler pour briser la lourdeur du moment.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive, Potter ?
- Tu as un bon niveau, répondit pensivement James.
- Tu en doutais ? demanda Ludivine d'un ton défensif.
- Vraiment pas, répondit James dans un sourire, amusé de la défensive de la sorcière dès qu'on attaquait ses compétences.
- Dans ce cas, tu ne...
- Mets-toi en équipe avec moi pour le concours, dit James avec fermeté, créant un élan de panique chez Ludivine qui sentit ses yeux s'écarquiller sous la surprise.
