Bonjour à tous ! Voici la suite, je suis assez contente de la publier aussi rapidement, j'espère qu'elle vous plaira ! Je suis impatiente de connaître vos réactions :)

Merci à Cole Stewart, Kirbille et Liliana pour vos reviews très motivante !

Bonne lecture!


Chapitre 9 - Une décision n'est bonne que lorsqu'elle est prise

- Pardon ? avait demandé Ludivine, interloquée.

- Tu m'as compris, avait répondu James en levant les yeux au ciel, faisons équipe !

James se tenait très proche de Ludivine et celle-ci avait eu un mouvement de recul car elle avait commencé à se sentir oppressée sous le regard inquisiteur et ferme de James, et sa proximité physique. Elle ne savait pas pourquoi, mais la proposition du sorcier l'avait énormément irritée. Que savait-il vraiment d'elle pour penser qu'ils feraient une bonne équipe ?

- C'est absurde, avait rétorqué Ludivine en fusillant James du regard, absurde.

- Allons, avait-il argué en souriant avec malice, ce n'est pas si absurde que ça. On vient d'avoir la preuve qu'on pourrait être bons à deux ! Tu as un bon niveau. Moi aussi. Faisons équipe.

- Ce n'est pas un critère suffisant ! avait cinglé Ludivine.

- C'est le plus important, avait objecté James en fronçant les sourcils.

- On ne s'entend pas, Potter.

- Je ne participe pas pour me faire de nouveaux amis, Hendell, avait répliqué James en haussant les épaules. Je participe pour gagner.

Le regard de James s'était durci et Ludivine avait bien senti qu'il s'impatientait. Il avait posé sur elle un regard vindicatif qui avait presque provoqué un nouveau mouvement de recul chez elle, lui rappelant celui qu'il avait arboré quelques jours plus tôt. Pendant un instant, elle avait compris pourquoi son entourage ne souhaitait pas se mettre avec le sorcier. Bien sûr, il ne lui avait pas fallu plus d'un échange pour voir que James Potter était un jeune homme compliqué. Et Ludivine n'avait pas besoin d'un tel niveau de complexité.

- Il faut plus qu'un bon niveau pour gagner, Potter. Les binômes vont devoir travailler ensemble et se faire confiance. Pour ça, il faut bien s'entendre !

- Tu trouves qu'on s'entend mal ? avait répliqué le sorcier.

- Tu trouves qu'on s'entend bien ? avait renvoyé Ludivine en levant les yeux au ciel.

Pour elle, cet échange restait incohérent, mais James s'était contenté de hausser les épaules, portant sur elle un regard observateur et réfléchi. Il ne semblait pas voir les choses du même œil que Ludivine et elle s'était demandée s'il vivait vraiment dans son monde ou bien s'il était tout simplement autiste.

- Ta proposition sonne creux, avait cinglé Ludivine qui sentait une colère sourde monter de se trouver dans cette situation.

- Tu ne…

- Ludivine ?

James s'était tu, observant aigrement la personne qui l'avait interrompu dans son argumentaire. C'était Acca, accompagnée de Michael, qui s'était approchée, les regardant avec un mélange de surprise et de méfiance.

- Qu'est-ce que vous… avait-t-elle commencé avant de poser son regard sur les quatre sorciers au sol. Tout va bien ?

- Tout va bien, avait répondu Ludivine sèchement sans détourner son regard de celui de James, je m'apprêtais à retourner au château.

Ludivine avait défié James du regard de l'en empêcher, mais celui-ci s'était refermé dès l'arrivée des deux sorciers. Il s'était contenté de soutenir le regard de Ludivine, se décalant d'un pas comme pour lui ouvrir le chemin.

Acca, qui avait dû sentir la tension qui régnait, s'était approchée quand elle avait vu que Ludivine ne bougeait ni son regard, ni son corps. Elle avait attrapé la main de son amie, saluant James poliment avant de se mettre en marche avec Ludivine en direction du château et Michael qui les avait suivies. Sur le chemin du retour, Acca n'avait posé aucune question mais elle avait senti la tension chez Ludivine et avait tenté de lui changer les idées. Elles avaient discuté d'Evelyn, décidant qu'aller la voir à une heure tardive n'était pas ce qu'il y avait de mieux sachant qu'elle n'avait pas non plus demandé à les voir.

Assise sous un arbre dans le parc du château, Ludivine n'arrivait pas à détourner ses pensées de l'échange de la veille.

Ce matin, elle s'était réveillée en ressentant une certaine appréhension. La proposition de James Potter n'avait pas quitté son esprit, et elle s'était surprise à trouver cette idée… palpitante. Elle avait senti une poussée d'adrénaline la veille, lorsqu'ils avaient combattu les quatre sorciers, qui avait fait vibrer Ludivine. C'était un sentiment qu'elle adorait et elle devait reconnaître que James et elle avaient fait une bonne équipe.

Elle restait toutefois réticente, d'une part parce qu'elle ne prenait pas au sérieux la proposition du Gryffondor qui reviendrait sur son idée au réveil, elle en était persuadée. Et d'autre part, parce que cela impliquait qu'elle ait une discussion avec Albus, et Ludivine n'avait aucune idée de la réaction de son ami.

Elle avait refusé de se retrouver face à Albus et Scorpius à qui elle n'avait définitivement pas envie de raconter sa fin de soirée, et avait souhaité se réfugier ailleurs. Elle avait prétexté devoir écrire un courrier à sa mère quand elle avait croisé ses amis qui avaient rendez-vous sur le terrain de Quidditch. Elle se savait ridicule mais elle n'avait pas le courage d'affronter leur réaction. Finalement, elle s'était laissé porter jusqu'au parc où elle s'était promenée pendant un très long moment, ressassant tout ce qu'elle avait en tête avant de décider de se diriger vers le terrain de Quidditch.

Lorsqu'elle arriva sur le terrain, elle fut surprise de l'agitation qui régnait dans les airs. L'équipe de Serpentard volait autour du terrain d'un mouvement uni, mais l'expression sur leur visage montrait qu'ils n'avaient aucun plaisir à effectuer l'exercice.

- Ludivine Hendell, entendit-elle depuis les gradins un peu plus haut.

Ludivine se retourna et croisa un regard amical, qui appartenait à un sorcier de Poufsouffle que Ludivine reconnut, pour l'avoir rencontré quelques semaines plus tôt.

- Kilian Finnigan, répondit Ludivine, fière d'avoir retenu le nom du sorcier qui se tenait devant elle.

- Je peux t'accompagner dans ton observation ? suggéra le Poufsouffle en montrant le terrain de sa main.

Ludivine hésita un instant. Elle n'avait parlé qu'une seule fois au sorcier, et même si elle avait eu un très bon premier sentiment, elle ne le connaissait tout de même que très peu. Elle jeta un regard en direction d'Albus, qu'elle trouva pris dans un échange animé avec Mila Stones qui semblait en avoir marre de faire des tours de terrain, et elle se dit qu'un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal. Alors Ludivine reporta son attention sur le sorcier qui attendait sa réponse avec une légère appréhension qu'elle lut sur son visage.

- Pourquoi pas, tenta Ludivine avec un léger sourire.

Kilian lui rendit un sourire éclatant avant de descendre les bancs qui le séparaient d'elle, prenant place dans le siège à côté d'elle.

- Je ne vais pas te mentir, commença Kilian en appuyant ses coudes sur ses genoux, je ne m'attendais pas à ce que tu acceptes.

- J'ai l'air hostile, n'est-ce pas ? dit Ludivine dans un sourire.

- Hostile n'est certainement pas le bon terme, répondit-il avec précaution, plutôt imprévisible mais ça fait partie de ton charme.

Ludivine ne cacha pas sa surprise tandis que Kilian lui faisait un sourire amical. Il ne semblait pas se rendre compte du compliment qu'il venait de lui faire et Ludivine en rougit presque.

- J'ai vu ton nom sur le tableau d'inscription, reprit-il, c'est cool !

- Ça le sera d'autant plus quand j'aurai trouvé un binôme, répondit Ludivine. Et toi, tu participes ?

- J'hésite encore, admit Kilian avec un sourire, je fais partie des indécis du château. J'entends que beaucoup de monde s'inscrit, même hors Poudlard, et la plupart a un bon niveau. Je n'ai pas encore choisi si j'allais m'aventurer sur ce terrain ou non. Surtout que, comme tout Poufsouffle qui se respecte, je suis meilleur avec mon relationnel qu'avec ma baguette, et un concours n'aide pas les relations entre élèves.

Ludivine eut un rire, et elle se surprit à essayer de le rendre plus agréable que moqueur. Elle n'était pas dérangée par la longue réponse du sorcier, et ne ressentait aucune gêne près de lui. Elle pouvait même admettre ressentir une aisance qu'elle n'avait qu'avec très peu de monde.

- Tu as encore un peu de temps pour faire ton choix, répondit Ludivine.

- Ça ne me préoccupe pas particulièrement, dit Kilian avec malice.

Le langage corporel du sorcier mettait Ludivine à l'aise. Rien dans son attitude et ses propos n'inspirait la méfiance auprès d'elle, et elle se surprit à trouver ce sentiment agréable. Il n'y avait personne qui avait su inspirer une telle tranquillité à Ludivine depuis ses onze ans, âge auquel ses dernières amitiés existantes s'étaient formées.

- Je t'ai vu à Pré-au-Lard hier, reprit-il, avec Rockwood et Walsh, je ne savais pas que vous étiez amies.

- Comme beaucoup de monde dans le château, répondit Ludivine. On reste discrètes.

- Je ne pensais pas que ton entourage était plus large que Potter et Malefoy, dit Kilian.

Le ton amusé du sorcier n'était pas contagieux pour Ludivine qui resta hermétique à l'humour du sorcier.

- Je pense juste que tu ne me connais pas vraiment, argua Ludivine sur un ton qu'elle tenta être le plus calme possible.

- C'est vrai ! reconnut Kilian.

Il avait toujours ce même sourire et Ludivine se demanda s'il ne testait pas son caractère en la titillant pour voir ses réactions.

- En tout cas, reprit-il sur le ton de la confession, je regrette de ne pas t'avoir croisée avant Pré-au-Lard. Je t'aurais invitée à y boire un verre sinon.

Ludivine rougit devant le sous-entendu explicite qui la mit légèrement mal à l'aise. Elle ne réagissait pas particulièrement bien au flirt et commençait à être gênée.

- Peut-être la prochaine fois, suggéra-t-elle sur un ton bas.

Ludivine se demanda un instant ce qui lui prenait, à flirter avec Kilian Finnigan. Elle n'était pas quelqu'un de particulièrement abordable, car toujours accompagnée d'Albus et Scorpius, et parce qu'elle coupait toujours court aux discussions. Ce n'était pas le cas aujourd'hui et elle ne comprenait pas pourquoi.

- STONES ! QU'EST-CE QUE TU FOUS !

Sur le terrain, Albus hurlait sur ses joueurs depuis plusieurs minutes. Il semblait contrarié et maintenant que Ludivine y regardait de plus près, elle pouvait voir que l'ambiance était tendue sur le terrain.

- Potter est remonté ce matin, expliqua Kilian. Il crie sur tout le monde depuis le début de l'entraînement.

Ludivine haussa les sourcils de surprise. Il n'était pas dans les habitudes d'Albus d'être tyrannique s'ils n'étaient pas à l'approche d'un match, et le prochain affrontait Serdaigle et Gryffondor. Mais il suffit d'un regard sur le sorcier pour que Ludivine voie qu'il était en effet contrarié par quelque chose.

Elle ne répondit pas, mais choisit de reporter son attention sur Albus qui continuait de s'énerver contre Mila. Cette dernière avait volé à toute allure dans sa direction et lui hurlait maintenant dessus mais ses propos n'arrivaient pas jusqu'aux gradins. Ce qui était sûr, c'était que les deux sorciers étaient en train de régler leurs comptes et qu'aucun d'eux ne décolérait.

- Ce que Potter peut être excessif sur un terrain, marmonna Kilian.

Ludivine fronça les sourcils. Elle savait qu'il n'y avait aucune méchanceté dans ce que disait Kilian Finnigan, qui semblait transparent et sincère, mais elle se méfia du sorcier. Tout d'abord, elle était surprise de constater que, pour des sorciers dont les parents se connaissaient depuis Poudlard, ils ne semblaient pas particulièrement s'apprécier. Autant cela ne la surprenait pas quand il s'agissait de familles de sang-pur, mais les parents d'Albus et de Kilian avaient tout de même fait la guerre ensemble. Ou peut-être que cela ne signifiait pas quelque chose pour tout le monde. En tout cas, même si elle devait reconnaître qu'il avait entièrement raison, elle n'appréciait pas qu'on critique Albus.

- JE M'EN CARRE LA BOUSE DE DRAGON, POTTER !

Lorsque Ludivine reporta son regard sur le terrain, Albus et Mila s'étaient posés au sol et se tenaient à quelques centimètres l'un de l'autre, se fusillant du regard. Finalement, Albus recula d'un pas et clama d'un ton froid la fin de l'entraînement, sommant Mila de l'accompagner dans les vestiaires. Devant la scène, Kilian leva les yeux au ciel et Ludivine se sentit obligée de défendre son ami.

- Il est juste très investi, dit Ludivine sèchement avec mauvaise foi.

- Pardon, répondit Kilian avec un sourire qui calma aussitôt l'irritation de Ludivine, j'avais oublié que Potter et toi étiez comme les doigts d'une main.

Kilian porta un regard amusé en direction de Ludivine qui choisit de ne pas répondre. Elle savait qu'elle était de mauvaise foi, étant la première à clamer haut et fort qu'Albus était un obsédé du Quidditch et un capitaine tyrannique. Mais Ludivine mentirait avec adresse et sans cligner des yeux pour défendre Albus.

- Et ça, fit une voix, je ne te le fais pas dire, Finnigan !

Ludivine leva les yeux au ciel alors que Scorpius descendait de son balai pour s'installer à côté d'elle. Il salua le Poufsouffle d'un mouvement de tête narquoisement avant de reporter son attention sur Ludivine.

- Fin de l'entraînement ? demanda-t-elle.

- Tout à fait ! s'exclama Scorpius d'un ton railleur. Un entraînement de qualité, comme tu as pu le constater.

Scorpius avait les traits tirés et Ludivine ne doutait pas que son ami était fatigué. Il lui partagea un sourire amical avant de jeter un regard à la dérobée au Poufsouffle.

- Si ça ne te dérange pas, Finnigan, reprit Scorpius avec toujours ce même sarcasme, l'annulaire aimerait passer du temps avec le majeur avant de retrouver l'index.

Kilian jaugea le sorcier du regard avec réserve avant de reporter son attention sur Ludivine pour lui faire un sourire chaleureux.

- Dans ce cas, dit-il à Ludivine, je ne te retiens pas plus longtemps. Peut-être qu'on pourra concrétiser ce que je t'ai dit une prochaine fois.

Il fit un dernier sourire à Ludivine qui le lui rendit avant de saluer cordialement Scorpius et de quitter le gradin sur lequel Ludivine et Scorpius étaient installés. Ce dernier suivit le sorcier du regard avant de reporter son attention sur son amie.

- Il te draguait, maugréa Scorpius quand le sorcier fut suffisamment loin.

Ludivine leva les yeux au ciel avec exagération mais ne répondit pas, ne souhaitant pas aller sur ce terrain-là.

- Qu'est-ce qui arrive à Albus ? demanda Ludivine. Je le vois rarement aussi énervé.

Scorpius jeta un regard en biais à Ludivine, teinté d'une indécision imperceptible pour qui ne le connaissait pas bien.

- Il est comme ça depuis le petit-déjeuner.

- Et que s'est-il donc passé ? insista Ludivine qui avait bien compris que Scorpius ne voulait pas tout lui dire.

- Demande-lui directement, se contenta de répondre Scorpius.

Ludivine plongea son regard dans celui de son ami. Elle y lut une gêne qui n'était pas habituelle pour le sorcier, et s'il n'était pas venu vers elle, elle aurait pensé qu'il ne voulait pas lui parler. Ludivine était une vraie éponge à émotions quand il s'agissait de Scorpius ou Albus, et elle ressentait cette gêne dans tout son corps.

- On t'a perdue de vue, hier soir, reprit Scorpius en jetant un nouveau regard en biais vers Ludivine.

- Je voulais retrouver Evelyn, expliqua Ludivine avec prudence.

- C'est ce que semblait m'expliquer Rockwood ce matin. C'est une pipelette, Rockwood, quand elle le souhaite.

Scorpius portait un regard insistant à Ludivine, et cette dernière comprit le message qu'il essayait de lui faire passer depuis tout à l'heure.

- Qu'est-ce que tu attends de moi, Scorp ? demanda Ludivine en toute transparence, mal à l'aise.

- Que tu m'expliques pourquoi c'est James qui vient annoncer à Al qu'il t'a proposé de faire équipe pour le concours, et non toi ?

Ludivine ne cacha pas sa surprise en apprenant que James était allé voir son frère dès ce matin.

- Parce que ce n'est pas à moi de le faire, répondit Ludivine, irritée. Potter a eu une illumination qui, j'en suis sûre, lui est passée depuis.

- Il l'est suffisamment pour en avoir parlé à Albus, assura Scorpius.

Ludivine ne répondit rien, agacée de la situation. Elle n'aimait pas le ton de reproche de Scorpius, mais elle savait qu'il la dérangeait autant parce qu'elle se sentait coupable. Elle avait en effet évité ses deux amis ce matin, et même s'ils n'en savaient rien, Ludivine s'en voulait. Ils avaient toujours été très transparents les uns avec les autres, et elle ne comprenait toujours pas pourquoi elle n'avait pas pris le temps ce matin d'en parler à Albus et Scorpius. Elle savait pourtant que ses deux amis l'auraient conseillée avec la plus grande objectivité.

- Tu sais qu'Al t'adore, reprit Scorpius sur un ton plus doux, il n'a pas compris pourquoi il apprenait ça de son frère et non de toi. Et je peux te dire que la surprise de James quand il a vu qu'Albus n'était pas au courant n'a pas aidé la situation.

- J'avais besoin d'y réfléchir tranquillement avant de vous en parler, soupira Ludivine.

- Je sais, souffla Scorpius avec douceur, et Al aussi. C'est juste un concours de circonstance et je pense qu'il faut lui en parler pour éluder tout ça.

- Ce n'est rien de sérieux, argua Ludivine, je ne l'envisage même pas.

- Pourquoi ? demanda Scorpius avec surprise.

- Parce que je ne lui fais pas confiance, répondit simplement Ludivine.

Scorpius resta silencieux un moment, réfléchissant à ce qu'il pouvait répondre à son amie. Il arborait un air sérieux qui n'avait rien à voir avec la moquerie qu'il avait affichée quelques minutes plus tôt. Ludivine savait que maintenant qu'il avait partagé ce qu'il avait à dire, le sorcier n'avait plus aucune gêne vis-à-vis d'elle. Il avait juste eu besoin de s'exprimer.

- James est un très bon sorcier, déclara Scorpius, tu devrais au moins considérer sa proposition.

Ludivine ne cacha pas sa surprise, faisant sourire Scorpius qui passa son bras autour des épaules de son amie. Il avait compris ce qu'elle se disait.

- Je te disais simplement qu'il fallait en parler à Albus plutôt que d'éviter la discussion, lui expliqua Scorpius. En dehors de ça, je ne vois pas quel serait le problème.

- J'ai peur que ça ne dérange Albus, confessa Ludivine à voix basse.

- Je ne vais pas te mentir, sourit Scorpius, ça n'a pas l'air de l'enchanter là de suite. Mais ça lui passera, et je suis sûr qu'il soutiendra votre décision, quelle qu'elle soit.

- Tu penses ? douta Ludivine.

- Albus te soutiendrait dans tout, Lud, affirma Scorpius, ce n'est pas ton meilleur ami pour rien.

Il fit un sourire rassurant à Ludivine qui le remercia du regard avant de décider de changer de sujet.

- Acca et toi avez scellé votre pacte ?

- Tout à fait ! s'exclama Scorpius avec un sourire. Je peux te dire que la présence de Rockwood avant qu'on le fasse n'a pas aidé à améliorer l'humeur d'Albus.

- Je ne comprends vraiment pas pourquoi il n'aime pas ma meilleure amie, soupira Ludivine en se retenant de lever les yeux au ciel. En tout cas, félicitations ! Tu verras, tu t'amuseras bien avec Acca.

- J'y compte bien, répondit Scorpius avec malice.

Ludivine n'en doutait pas. Pour elle, son amie était la partenaire idéale pour Scorpius. Ce dernier pouvait avoir un humour très railleur et des remarques très bien placées pour appuyer sur ce qui dérangeait, et elle se doutait que l'espièglerie de Scorpius correspondrait bien à l'expansivité d'Acca et sa capacité à tout prendre à la légère. Le choix de Scorpius, comme celui de Ludivine, avait été restreint. Lui non plus ne s'intéressait pas à grand monde, et surtout il n'accordait pas suffisamment d'importance au concours pour se mettre avec quelqu'un de trop sérieux et trop impliqué. Ludivine était même surprise, avec du recul, que le sorcier choisisse de participer.

Scorpius rejetait les institutions, qu'il trouvait injustes et inégales. Passionné par l'histoire de la Grande Guerre et la façon dont elle avait été gérée par le gouvernement magique, Scorpius avait un avis politique très arrêté, même s'il n'en montrait rien et n'aimait pas en parler. Ils avaient passé suffisamment de soirées à refaire le monde pour que Ludivine sache que Scorpius réformerait tout s'il en avait le pouvoir, et qu'il était hors de question qu'il entre dans cette machine mal huilée qu'était le gouvernement magique anglais. Alors Ludivine était bien placée pour savoir que Scorpius n'avait aucune ambition de gagner ce concours autre qu'un défi à relever.

- Tu penses que je devrais aller voir Al maintenant ? demanda Ludivine.

- Laisse le redescendre en pression, conseilla Scorpius, tu sais comment il est quand un entraînement se passe mal. Ça lui tient plus à cœur que toutes ces histoires.


- Diffindo.

- Quelque chose te préoccupe, Lud.

Ludivine ne répondit pas immédiatement, concentrée sur la découpe de la plante à ses pieds. Elle attrapa une branche d'ellébore qu'elle rangea dans son sac à dos, puis releva la tête. Face à elle, Liz et Evelyn s'installaient sur un tronc d'arbre au sol tandis que Acca s'était directement assise sur un tas de feuille sans se préoccuper de l'état de sa jupe.

Suivant les conseils de son directeur de maison, Ludivine avait décidé de s'entraîner à la préparation du philtre de Paix et devait donc récupérer des feuilles d'ellébore pour en faire un sirop à utiliser dans la potion. Heureusement, il n'y avait pas besoin de s'avancer trop loin dans la forêt interdite pour en trouver.

Elle n'avait pas hésité à envoyer un charme aux trois sorcières pour leur proposer de se retrouver dans la forêt. Ludivine n'avait finalement toujours pas pu discuter avec Evelyn de son déjeuner avec Nott et si elles pouvaient faire ça toutes ensemble, ça n'en était que mieux.

- On est là pour parler de ton déjeuner, répondit Ludivine avec un sourire.

- Ne détourne pas le sujet, siffla Evelyn, et dis-nous ce qui te préoccupe suffisamment pour te créer des rides.

Le temps d'une seconde, Ludivine hésita à argumenter de nouveau mais elle savait, en voyant ses trois amies tournées vers elle dans l'attente, qu'elle n'échapperait pas à l'interrogatoire.

- James Potter m'a proposé de faire équipe avec lui pour le concours, dit Ludivine platement.

La surprise qu'elle lut sur le visage de ses trois amies confirma à Ludivine que cette situation était lunaire. Elles échangèrent un regard et Ludivine soupira. Même si sa discussion un peu plus tôt avec Scorpius l'avait détendue, elle sentait un poids en elle qu'elle ne parvenait pas à alléger. C'était d'autant plus frustrant qu'elle n'arrivait pas à expliquer ce qui la dérangeait tant.

- Hier soir, quand je vous ai croisés ? demanda Acca qui rassemblait des pièces de puzzle dans son esprit.

Ludivine hésita un instant à leur relater les événements de la veille, mais la question d'Acca avait déjà suscité suffisamment de curiosité chez Evelyn et Liz. Alors Ludivine leur raconta sa rencontre avec James Potter la veille, ce à quoi elle eut des réactions silencieuses.

Liz et Evelyn avaient toujours ce même air surpris tandis qu'une expression de compréhension s'installait sur les traits d'Acca. Ce fut Liz, rationnelle, qui prit la parole en premier.

- Et qu'est-ce que tu penses faire ? demanda-t-elle. Tu comptes accepter ?

- A l'inverse, dit Ludivine comme si la réponse était une évidence, je prévois de refuser.

Les trois sorcières restèrent interdites et Ludivine sut qu'elles se retenaient de dire quelque chose lorsqu'elle vit le regard qu'elles échangeaient.

- Vous n'êtes pas d'accord, affirma Ludivine.

- L'idée même d'accepter a l'air de te sembler absurde, tenta Liz.

- Bien sûr qu'elle me semble absurde, se justifia Ludivine, tout comme sa proposition ! On ne se connaît même pas ! s'exclama-t-elle.

- Et alors ? argua Acca. Malefoy et moi ne nous connaissons pas plus que vous et pourtant nous faisons équipe.

- Rien ne me dit qu'il est encore de cet avis aujourd'hui, hissa Ludivine qui n'appréciait pas la tournure que prenait cette discussion.

Acca voulut répondre à Ludivine mais Evelyn l'en empêcha d'une main, fixant Ludivine d'un air hésitant. Elle avait bien compris que convaincre Ludivine que l'idée n'était pas absurde n'était pas la bonne méthode à adopter. Le regard qu'elle avait échangé avec Liz avait confirmé à Evelyn qu'il fallait employer une autre stratégie.

- Qu'est-ce qui te fait peur ? demanda Evelyn avec prudence, comme si elle ne souhaitait pas brusquer Ludivine.

- Je ne le connais pas, admit Ludivine avec hésitation. Qu'est-ce qui me dit que je peux lui faire confiance ? En dehors de son lien de parenté à Albus, rien ne me pousse à me fier à lui.

- Dans ce cas, répondit Liz avec douceur, pourquoi n'essaies-tu pas de faire connaissance avec lui ?

Ludivine haussa les épaules en soupirant. Elle n'avait pas besoin de le dire pour qu'elles le sachent. Elle avait peur de s'ouvrir à quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. Ludivine ne l'avait pas fait en six années dans ce château, en dehors d'Albus et Scorpius. Elle s'entendait bien avec Mila Stones car elle la côtoyait au quotidien, ainsi qu'avec Rose Weasley car elles se connaissaient par leur obligation de préfètes. Mais Ludivine n'avait jamais fait l'effort -jamais pris le risque- de s'ouvrir à quelqu'un qu'elle ne connaissait pas ou peu. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle son cercle d'amis était restreint et qu'elle n'avait eu presque aucune relation amoureuse.

Elle n'était ni Acca qui avait une telle aisance avec tout le monde qu'elle pouvait parfois en oublier si elle connaissait ou non la personne avec laquelle elle parlait, ni Evelyn qui avait un cercle de connaissances élargi par le Quidditch et ses obligations familiales, ni Liz dont la douceur attendrissait quiconque s'approchait.

Ludivine se ferma à la discussion en se penchant pour récupérer des fleurs d'aconit, et ses trois amies comprirent le message. Il n'y avait aucun intérêt à insister. Ce fut pour cette raison que Liz se tourna vers Evelyn, lui demandant comment s'était passé son déjeuner avec Ethan Nott.

Evelyn soupira en entendant la question, passant une main dans ses longs cheveux noirs.

- C'était très… plat, hésita Evelyn. On a discuté de façon très cordiale de nos vies respectives, mais rien de particulier n'est ressorti de cette discussion.

- Il était agréable ?

- Est-ce qu'il était aussi réticent que toi ?

- Tu comptes faire quoi ?

Les questions fusèrent dans tous les sens, et Evelyn eut un sourire attendri. Elles prenaient toutes très à cœur la situation d'Evelyn.

- On s'est engagé à faire plus ample connaissance, dit Evelyn. Je pense que d'ici là, rien d'extraordinaire ne sortira de cette relation.

- Nott n'est pas quelqu'un qui s'exprime beaucoup, informa Ludivine, ça ne me surprend pas qu'il se soit montré peu expressif.

- Tout Serpentard est comme ça au premier abord, se moqua Acca.

- Peut-être, répondit Ludivine, mais il faut simplement faire confiance à son interlocuteur.

- Simplement, ironisa Evelyn.

- Tout ce que je veux dire, conclut Ludivine, c'est qu'il lui faudra du temps pour s'ouvrir à toi, mais ce sera également ton cas. Apprenez à vous connaître en tout premier lieu.

Evelyn ne répondit rien, toujours un air sceptique sur le visage. Elle avait beau vouloir tout plaquer et envoyer ses parents se faire voir, elle devait tout de même être honnête avec elle-même. Elle n'avait aujourd'hui aucune force pour tenir tête à ses parents et rejeter ce mariage. Elle ne l'excluait pas, mais ça n'arriverait pas de suite, elle n'avait aucun doute dessus. Et tout ce qu'elle pouvait se dire au quotidien n'y changeait rien.

La panique qu'elle avait ressentie hier après son déjeuner s'était calmée après avoir volé le soir, et après avoir croisé le regard d'Ethan Nott le lendemain matin au petit-déjeuner, qui l'avait saluée d'un mouvement de tête et un très petit sourire. Evelyn le voyait comme un premier pas. Le rendez-vous ne s'était pas mal passé, elle le reconnaissait avec du recul, mais il n'y avait aucun coup de foudre.

- Au moins, soupira Evelyn, ce n'est pas quelqu'un de mauvais. Et puis, les rares blagues qu'il a initiées étaient drôles.


Lorsque Ludivine arriva à la lisière de la forêt après avoir vagabondé seule une petite heure à la recherche du reste de ses ingrédients, elle fut étonnée de voir que quelqu'un l'attendait. Appuyé patiemment contre un arbre, Albus avait le regard rivé sur son carnet de stratégie de Quidditch et semblait concentré, ce qui ne l'empêcha pas de relever la tête vers Ludivine quand elle approcha.

- Que fais-tu là ? demanda Ludivine avec un sourire qui ne cachait pas sa surprise.

- J'ai vu ton nom sur la carte et je me suis dit qu'un peu d'air frais ne me ferait pas de mal.

Ludivine hocha la tête, arborant un petit sourire qu'Albus ne lui rendit qu'à moitié tandis qu'ils se mettaient à marcher en direction du château.

- James est venu me voir au petit-déjeuner, dit Albus sans tourner autour du pot.

Le ton d'Albus était assez neutre et Ludivine se raidit à l'entente du prénom du Gryffondor. Scorpius lui avait déjà expliqué la situation, et elle préféra ne rien dire et attendre qu'Albus parle, ce qu'il fit au bout de quelques secondes.

- Il m'a raconté votre rencontre hier soir et m'a partagé l'idée intéressante, reprit Albus en insistant sur ce mot avec ironie, qu'il aurait eue de se mettre en équipe avec toi.

- Ton frère a réagi sur le coup de l'adrénaline, argua Ludivine qui n'aimait pas l'expression troublée du sorcier.

- Oh je pense qu'il était très sérieux, répondit Albus en secouant la tête. Il ne serait pas venu m'en parler si ce n'était pas le cas.

L'expression dubitative de Ludivine fit légèrement sourire Albus qui se sentit obligé de lui expliquer ce qu'il insinuait par-là. Il était conscient que Ludivine avait toujours pris soin de ne pas être impliquée dans les histoires du clan Potter-Weasley et, de ce fait, connaissait peu comment Albus fonctionnait avec sa famille.

- James est du genre à préférer mettre les pieds dans le plat plutôt que de laisser planer des doutes, expliqua Albus. Tu es ma meilleure amie alors il voulait s'assurer que ça ne me dérangeait pas.

Ludivine ne cacha pas sa surprise. Il lui semblait en effet qu'elle connaissait très mal le frère d'Albus et leur relation fraternelle, mais elle apprécia la franchise et la transparence du sorcier envers son frère, admettant à elle-même qu'elle n'avait pas eu ce courage d'en parler directement à Albus.

- Tu lui as répondu quoi ? demanda Ludivine

- Quand il m'a dit qu'il envisageait de se mettre avec toi ? demanda Albus en haussant les épaules. Que c'était à toi de décider et que je n'avais pas à rentrer dans l'équation.

- Tu le penses ? demanda Ludivine d'un air sceptique.

- Et toi, tu l'envisages ? demanda Albus avec curiosité.

- Et bien, rougit Ludivine tandis qu'elle commençait à s'agiter, j'en ai discuté avec les filles qui pensent que ce ne serait pas une si mauvaise idée.

- Mais toi ? insista Albus en fronçant les sourcils, tu en penses quoi ?

- J'en pense, répondit Ludivine après un temps de réflexion, qu'il a un bon niveau et qu'on s'est bien débrouillé hier pour deux personnes qui n'avaient jamais combattu ensemble.

- Je croyais que tu ne pouvais pas le supporter, argua Albus.

- C'est le cas.

- Alors comment tu pourrais lui faire même un minimum confiance ? demanda Albus comme si l'idée lui était inconcevable.

- Je ne lui fais pas confiance, répondit Ludivine pour qui c'était une évidence, et je reste encore très sceptique à l'idée de ce binôme. Mais je ne peux pas te cacher que je réfléchis beaucoup à ce qu'il m'a dit.

Albus fixa la sorcière du regard avant de tourner la tête, la lèvre pincée. Il n'était pas content et Ludivine n'avait aucune difficulté à le voir.

- L'idée ne te plait pas, constata Ludivine.

- Pas vraiment, admit Albus.

- Pourquoi ? demanda-t-elle.

- Je connais mon frère, répondit sèchement Albus avant de se mordre la lèvre d'hésitation, mais Ludivine ne fit pas attention au ton de son ami, décidant que la réponse ne lui suffisait pas.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Mon frère aime les défis, Ludivine, reprit Albus. Tout ce qui représente un défi pour lui est intéressant à relever.

Albus scrutait Ludivine d'un œil expectatif, mais Ludivine ne parvenait pas à savoir quelle information il cherchait. Elle pouvait sentir qu'il y avait plus à cette histoire que ce qu'elle savait mais n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.

- C'est comme ça que tous les élèves qui participent voient ce concours, Al, je ne vois pas le problème à ça.

Albus ne cacha pas son agacement en levant le regard au-dessus de la tête de Ludivine tandis que celle-ci l'interrogeait du regard. Elle ne comprenait pas l'agacement du sorcier, et Albus, malgré sa contrariété, finit par s'adoucir devant l'innocence de son amie, choisissant d'aller dans son sens.

- Tu as raison ma Lud, il n'y a aucun mal à ça.

Ludivine ne dit rien, cherchant le regard d'Albus. Quelque chose dérangeait le sorcier et elle ne parvenait pas à déterminer quoi. Elle ne savait pas précisément ce que son frère avait pu lui dire mais elle comprenait bien que l'idée de ce binôme ne plaisait pas à Albus. Elle n'avait pas besoin de savoir s'il était question d'un simple sentiment irrationnel qui n'avait plus lieu d'exister une fois qu'on prenait du recul, elle voulait simplement s'assurer que son ami allait bien.

- Est-ce que tu veux que je refuse ? demanda Ludivine avec un sourire bienveillant.

Albus ne cacha pas sa surprise en jetant un regard à la dérobée à la sorcière qui eut un très léger rire. Elle n'était pas sûre de comprendre tout ce qu'il se passait, mais elle commençait légèrement à en avoir une idée, l'expression pincée d'Albus confirmant ses doutes.

- Tu n'aurais pas d'intérêt à refuser, répondit Albus avec neutralité.

- J'en aurais si l'idée de ce binôme te dérange.

Albus réfléchit d'un air impassible, sans quitter Ludivine du regard, et celle-ci eut un sourire doux. Elle n'hésiterait pas à faire son choix si son ami le lui demandait. Peut-être même, reconnut-elle, que la volonté d'Albus faciliterait son choix.

- Est-ce-que tu préfèrerais, Al ? insista Ludivine avec sérieux.

- Je te soutiens dans tout, Lud, dit finalement Albus d'un ton fataliste mais avec un petit sourire après un moment de silence, si tu penses que faire équipe avec James te permettra de gagner, je ne serai pas un frein.

Ludivine rendit son sourire à Albus. Elle n'avait pas besoin d'insister. Ils avaient beau être particulièrement dévoués l'un à l'autre, elle savait également qu'Albus pensait suffisamment à lui pour ne pas hésiter à lui dire si jamais l'idée le dérangeait réellement.

- Je pense que mon envie irrationnelle de dire merde au Quidditch et de m'inscrire pour faire équipe avec toi devrait me passer, Hendell, confessa Albus sur le ton de l'amusement.

Albus avait choisi l'humour pour faire passer un message qui fit sourire Ludivine. Elle se disait parfois qu'il était en effet resté plus de traces qu'elle ne pouvait le penser de ce qu'ils avaient un jour partagé tous les deux et sur quoi ils avaient décidé de tirer un trait. Ces élans de possessivité, rares mais qui avaient le mérite d'exister, en étaient la preuve. Mais Ludivine voyait que le sourire d'Albus était plein d'une tendresse amicale, d'un sentiment de protection qui allait au-delà de toutes ces histoires.

- Et tu oses dire que tu n'es pas possessif, Potter ? dédramatisa Ludivine avec un sourire légèrement moqueur. Il faut te reprendre, ce n'est pas Serpentard de ne pas contrôler ses émotions !

Albus éclata d'un rire léger tandis qu'il passait son bras autour des épaules de Ludivine et qu'ils reprenaient doucement leur marche vers le château.

- Je dois reconnaître, dit Albus avec un sourire, que je ne sais pas auquel des deux je dois souhaiter bonne chance.


Avant le dîner, Albus était allé s'excuser auprès de Mila pour son comportement. Elle avait été très réticente, mais l'instance d'Albus avait eu raison de sa colère et elle avait fini par accepter les excuses du sorcier.

Ludivine avait passé le dîner à écouter Scorpius et Albus lui raconter la fin de la soirée, une fois qu'elle avait quitté l'Horcruxe, et elle avait plusieurs fois ri aux larmes devant les anecdotes de ses amis. Elle avait donc appris que Scorpius n'était jamais allé parler à Michelle Oxlay car celle-ci avait détourné les yeux quand il s'était approché. Mais Scorpius, orgueilleux Serpentard qu'il était, n'avait pas voulu tourner les talons et avait donc feint être venu pour la meilleure amie d'Oxlay et l'avait donc draguée pendant un quart d'heure avant qu'Oxlay ne décide qu'elles s'en aillent.

- Elle avait l'air jalouse, au moins ? demanda Ludivine au bord des larmes.

- J'aime penser que oui, répondit Scorpius en prenant une part de tarte à la citrouille, mais franchement, elle avait l'air bien énervée.

Ludivine en déduisit qu'il s'agissait de jalousie, mais ne dit rien, ne voulant pas mener Scorpius vers une potentielle fausse piste. La scène d'hier semblait l'avoir définitivement découragé de tenter quelque chose avec Michelle Oxlay.

- Franchement, dit Scorpius à Albus, ça ne vaut pas le coup de lutter.

- Elle essaie peut-être d'attirer ton attention de cette façon, suggéra Albus sans grande conviction.

- Peu importe, répliqua Scorpius, c'était trop gênant.

Parlant de gêne, ce fut à Albus de raconter la suite de sa soirée. Il avait discuté un long moment avec Roxanne Weasley avant que Souhad Rimens ne choisisse de se joindre à eux. Albus en avait été ravi car c'était la première fois que la sorcière faisait un pas vers lui en public depuis qu'il avait mis fin au semblant de relation qu'ils avaient partagée, mais Roxanne n'avait pas été de cet avis. Connaissant parfaitement l'historique de son cousin et appréciant particulièrement le petit-ami de Rimens, Roxanne n'avait pas rangé sa langue dans sa poche quand sa camarade de maison avait commencé à parler de façon charmeuse à son cousin. L'échange avait fini avec Roxanne Weasley qui lâchait un aguamenti au visage de Souhad Rimens.

- J'ai tenté de lui expliquer que ce n'était pas contre elle…, racontait Albus.

- Non, absolument pas contre elle, rigolait Scorpius, c'était ce qu'on appelle un malentendu !

- Mais, continua Albus en ignorant Scorpius et le rire de Ludivine, elle n'a rien voulu entendre. Pour elle, Weasley égale Potter.

- Ca lui passera, lui dit Ludivine avec gentillesse.

- Tu ne le penses pas, n'est-ce pas ? demanda Albus, désabusé.

- Et bien, avoua Ludivine en réprimant un rire lorsque Scorpius leva les yeux au ciel, ce n'est peut-être pas plus mal ! Ta cousine n'avait pas tort.

- Tu apprendras qu'on n'énerve pas Roxanne Weasley, dit Scorpius avec un sourire.

- Alors ça, s'exclama Ludivine en rigolant, je n'avais pas besoin qu'on me l'explique !

Albus fusilla ses deux amis quand ils éclatèrent de rire, décidant qu'il n'avait aucun soutien de sa famille qui n'hésitait pas à l'enfoncer dans le trou qu'il commençait à se creuser seul, ni de ses amis qui l'achevaient lorsqu'il était déjà à terre.

- Qu'est-ce qu'il ne vous arrive pas quand je ne suis pas là, plaisanta Ludivine en posant son menton dans sa main.

- Tu peux parler, argua Albus, tu t'es retrouvée dans un duel à six sorciers.

- Et tu en as mis trois à terre sur quatre ! compléta Scorpius

- Hé, s'offusqua Ludivine, je n'avais rien demandé moi !

- Tu es une tueuse quand on n'est pas là, se moqua Albus.

- Et vous des gaffeurs !

Ludivine, Albus et Scorpius échangèrent un regard complice, et Ludivine sentit son cœur se réchauffer. Elle n'était pas habituée à ce qu'il y ait de la tension entre eux, c'était tellement rare, et elle se sentait soulagée de savoir que ça n'avait pas duré. Elle savait que les deux sorciers se disaient la même chose quand ils échangèrent avec elle un sourire de connivence.

Ce moment prit fin quand une personne s'installa à côté d'eux et qu'un brouhaha commença à raisonner autour d'eux. James Potter venait de saluer son frère et Scorpius d'un mouvement de tête avant de poser un regard amusé sur Ludivine qui le fixait avec incrédulité.

- Que fais-tu là, Potter ? hissa Ludivine en jetant un regard autour d'elle pour voir certaines personnes écouter leur discussion.

- Je viens voir mon petit frère, Hendell, répondit narquoisement James en croisant les bras pour se pencher légèrement au-dessus de la table. Tu aurais préféré que ce soit pour toi ?

Ludivine fusilla le sorcier du regard tandis que Scorpius souriait avec humeur et qu'Albus jetait un regard surpris à son frère. Ce dernier se tourna vers Albus, ignorant les réactions qu'il avait provoquées avec sa remarque.

- Papa voudrait que tu lui partages les dates de match cette année, dit James à Albus, qu'il les bloque dès maintenant. Tu sais comment c'est avec lui.

- Pourquoi il ne m'a pas écrit directement ? demanda Albus avec surprise.

- Va savoir, balaya James d'un revers de main, il tenait probablement à tout prix à m'écrire pour me rappeler à quel point ce concours était une chance inouïe pour moi et qu'il fallait que je la saisisse, finit-il en posant son regard sur Ludivine une seconde avant de se tourner de nouveau vers son frère. Et deux lettres, ça relèverait de l'exploit.

Les deux frères échangèrent un regard et un sourire entendu qui se passait de mots. James se leva, saluant son frère d'une tape dans le dos avant de s'éloigner pour sortir de la Grande Salle. Quand il fut suffisamment loin, James se tourna de nouveau vers le trio.

- Au fait, Hendell, dit-il d'une voix suffisamment forte pour être entendu de tous, j'attends toujours ta réponse !

Et il tourna les talons. Ludivine, de son côté, devint rouge quand elle vit de nombreuses têtes se tourner vers elle. Elle était à deux doigts de se lever et de suivre le sorcier dans le couloir pour lui hurler dessus, mais elle savait que ça n'aurait fait qu'accentuer les rumeurs qui étaient sûrement déjà bien entamées.

- Quel enfoiré, murmura Ludivine en fusillant l'entrée de la Grande Salle du regard bien que celle-ci soit restée vide d'élèves.

- Mon frère a bien compris comment te faire sortir de tes gonds, dit Albus avec amusement.

- Ton frère est un idiot, marmonna Ludivine qui avait le sentiment de chanter une vieille rengaine.


Allongée dans son lit, Ludivine fixait le plafond depuis une bonne heure. Elle remuait en boucle dans sa tête les discussions qu'elle avait eues depuis hier. Elle avait repensé au regard féroce du Gryffondor lorsqu'il lui avait fait sa proposition. Elle avait revu l'expression dubitative de ses amies devant sa réticence. Elle avait ressenti le combat intérieur d'Albus. Ce concours occupait les pensées de Ludivine depuis plusieurs jours, et elle commençait à avoir la tête qui bourdonnait à force d'y penser.

Malgré tous les doutes qui persistaient dans sa tête, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine excitation à l'idée de se lancer dans ce concours. C'était la même excitation qu'avant un match quand elle était dans l'équipe de Serpentard, avant qu'elle ne se découvre une aversion pour le Quidditch. C'était la même excitation qu'à l'idée de revoir Albus et Scorpius après plusieurs semaines d'absence.

C'était un sentiment d'inconnu mais en même temps de sérénité. Elle avait tant de confiance en elle-même, Ludivine ne doutait pas de ses capacités. Elle doutait parfois de son physique, se demandant ce qu'elle avait de plus que d'autres, si elle pouvait d'une façon ou d'une autre avoir plus de charme. Elle doutait parfois de son caractère, se demandant si elle pouvait travailler sur ce qu'elle dégageait pour être moins hostile. Des fois, elle avait encore du mal à s'accepter comme elle était.

Mais une chose dont Ludivine ne doutait pas, c'était de ses capacités. C'était notamment pour cela qu'elle n'était pas inquiète à l'idée de se présenter seule, l'option parfois la soulageait d'ailleurs car elle n'aurait aucun compte à rendre à personne, et elle n'aurait rien à attendre des autres. C'était la raison pour laquelle elle ne s'était pas inquiétée à l'idée de ne pas avoir de binôme

L'esprit de Ludivine dériva vers James Potter. Maintenant, elle avait une proposition très sérieuse du Gryffondor, à laquelle elle devait donner une réponse. Ludivine s'était rendu compte que sa plus grosse réticence à faire équipe avec James Potter venait de l'avis d'Albus. Ça, et la confiance qu'elle avait en le sorcier. L'approbation d'Albus à l'idée que Ludivine et James fassent équipe avait amplement soulagé Ludivine qui s'imaginait pour la première fois prendre au sérieux la proposition du Gryffondor.

« Mon frère aime les défis ».

Quelque chose dérangeait encore Ludivine. Elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus, mais elle restait réticente sans pouvoir expliquer pourquoi. Si Ludivine y réfléchissait vraiment, elle pourrait facilement déterminer de quoi il s'agissait, mais elle savait que les réponses à ses questions ne viendraient pas d'elle.

Finalement, elle ne parvint pas à trouver le sommeil et une idée lui vint. Elle se releva pour se pencher vers sa table de nuit. Ludivine avait gardé la carte du Maraudeur, qu'Albus lui avait confiée deux jours plus tôt. Elle murmura « je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises », qu'aucune de ses camarades n'auraient pu entendre avec le sortilège de silence posé sur son lit, et vit des noms apparaître sur la carte en même temps que Poudlard se dessinait sous ses yeux.

Son œil se balada habilement, constatant que Scorpius et Albus ne dormaient pas, s'agitant dans leur dortoir. Elle chercha directement la personne qu'elle voulait voir, son regard s'attardant sur la salle commune de Gryffondor. La plupart des élèves était dans leur dortoir, mais la personne qui intéressait Ludivine était justement dans la salle commune et elle se sentit chanceuse. Il n'était pas seul dans la salle, mais Ludivine se dit qu'elle n'était plus à ça près.

Elle sortit de son lit pour enfiler un jogging vert sapin qui avait appartenu à Scorpius en troisième année, un sweat noir et des baskets de la même couleur avant de sortir du lit et du dortoir. Ludivine avait l'habitude de se balader discrètement dans le château la nuit. D'un pas léger et d'un œil observateur, Ludivine avançait avec rapidité, atteignant la salle commune de Gryffondor en quelques minutes.

Lorsqu'elle prononça le mot de passe que Acca lui avait partagé en début d'année, et qu'elle entra dans la pièce, elle constata que James Potter restait le seul élève présent. Il entendit du bruit et releva la tête de son ouvrage, repositionnant de fines lunettes sur son nez qui cachèrent un air surpris en la voyant arriver, avant de la dévisager de haut en bas.

- Hendell, constata James avec un sourire, jolie tenue.

Ludivine s'approcha, ignorant la remarque ironique du sorcier alors qu'elle s'installait dans le fauteuil en face du canapé dans lequel il se trouvait. Elle se demandait ce qu'elle faisait là, ses yeux la brûlaient et sa tête bourdonnait, mais elle ne se démonta pas.

- J'ai beaucoup réfléchi à ta proposition, commença Ludivine qui sut qu'elle avait l'attention du sorcier quand il ferma son livre pour le poser à côté de lui.

- Tu ne...

- Pour moi, l'interrompit-elle en évitant son regard, et James comprit qu'il faisait mieux de la laisser s'exprimer, c'était inenvisageable sans l'approbation d'Albus. En fin de compte, j'ai l'impression que l'idée ne le dérange pas particulièrement.

- J'ai cette impression également.

- Mais, reprit Ludivine qui fit comme si James ne l'avait pas interrompue, je reste quand même sceptique à l'idée qu'on fasse équipe.

- Qu'essaies-tu de me dire, Hendell ?

- J'ai besoin de savoir pourquoi tu m'as proposé de faire équipe avec toi.

Lorsque Ludivine leva la tête vers James, elle vit que celui-ci la fixait avec attention, sans jamais détourner son regard de celui de Ludivine. Finalement, il soupira, retirant ses lunettes de ses yeux pour se frotter les paupières avant de reporter son attention sur elle.

- Je pensais que c'était suffisamment clair, répondit James d'un ton calme, tu es une bonne sorcière.

Il était hésitant à l'idée d'en dire plus mais il vit bien à l'expression de Ludivine qu'il allait devoir en partager un peu plus s'il voulait la convaincre.

- Pendant le duel, reprit-il, tu es restée calme et composée. Tes sorts étaient précis et suffisamment dosés pour mettre hors d'état de nuire sans blesser. C'est signe d'une bonne maîtrise de sa magie. Et tu pratiques la magie sans baguette, ce qui renforce mon idée.

- Il y a pleins de sorciers dans ce château qui ont mon niveau, répliqua Ludivine.

- Pas dans la maîtrise de leur magie, argumenta James en balayant la réflexion de Ludivine d'une main. La moitié ne dose pas suffisamment fort parce que leur magie n'est pas assez puissante, tandis que l'autre moitié des élèves dose trop parce qu'ils ne contrôlent pas suffisamment leur puissance. La puissance, c'est l'une des valeurs de ce concours.

Ludivine jaugea le sorcier d'un œil attentif. Il avait une expression très sérieuse et elle eut le sentiment qu'elle pouvait presque lui faire confiance. Presque. Il y avait quelque chose chez le Gryffondor qui rendait Ludivine réticente, quelque chose qui l'empêchait de lui pleinement confiance, quelque chose qui effrayait Ludivine. Alors elle se risqua à poser la question qui lui brûlait la langue.

- Tu ne joues à aucun jeu, Potter ?

L'attitude de James changea, pinçant ses lèvres, et Ludivine sut que la question ne lui avait pas plu. Il posa sur elle un regard sévère, qui fit presque frissonner Ludivine, mais elle maintint le regard fermement. Elle ne perdrait pas la face devant le sorcier.

- A quel jeu je pourrais jouer, Ludivine ? demanda James avec rudesse, sans remarquer l'expression surprise de Ludivine quand elle l'entendit prononcer son prénom. Ce concours, c'est ma chance de faire ma place et je ne me risquerai pas à la saboter avec des futilités.

James se tut, attendant une réaction de Ludivine qui ne vint pas. Elle se sentait puérile de douter autant du sorcier quand il semblait mettre autant de bonne volonté, mais elle devait en avoir le cœur net. Elle ne pouvait pas revenir en arrière maintenant.

- Nos noms, reprit James d'un ton plus confidentiel en posant ses coudes sur ses genoux pour se pencher vers Ludivine, ont une histoire qui nous précède et qui ne nous appartient pas. Je ne serai pas « le fils aîné du Survivant » toute ma vie, je refuse de l'être, ce concours est l'opportunité pour moi d'être James Sirius Potter, je veux être reconnu pour mes capacités.

Il la fixait d'un regard flamboyant et Ludivine sentit qu'il lui parlait avec son cœur, ce qui la fit rougir.

- Je sais qu'on ne s'entend pas, conclut James, mais je suis sûr qu'on peut apprendre à travailler ensemble. Je ne suis pas là pour m'amuser, et encore moins avec toi. Je n'ai pas ce temps.

Ludivine observait le sorcier, qui ne bougeait pas en attendant une réaction de Ludivine. Celle-ci hésita à poser la question qui lui brûlait les lèvres, jusqu'à se lancer.

- Tu as quelque chose à prouver à ton père, Potter ?

Le visage fermé de James fut une réponse pour Ludivine qui n'insista pas. Elle avait compris que le sorcier considérait s'être suffisamment ouvert à elle, et qu'elle devrait également lui donner un peu d'elle-même avant qu'il ne partage plus avec elle.

- Moi aussi, je veux être connue pour mes capacités, confia-t-elle d'une voix faible.

Ils échangèrent un sourire entendu, qui n'avait rien de complice mais Ludivine sentait que c'était un premier pas. Elle n'avait pas de réponse à donner au sorcier, et elle savait qu'il n'en attendait pas. Il préférait laisser du temps à Ludivine pour réfléchir.

- Et puis, dit James avec un léger rire, Al me casserait la gueule si j'osais te blesser.

Le lendemain, au petit-déjeuner, Ludivine avait les réponses à ses questions. A côté d'elle, Albus expliquait à Scorpius la tactique qu'il comptait mettre en place pour retourner dans les grâces de Souhad Rimens, mais Ludivine n'écoutait pas. Elle était perdue dans ses pensées, et sa décision était prise.

Elle s'autorisa à fixer avec insistance James Potter, assis à la table de Gryffondor. Il discutait avec plusieurs sorciers de sa maison, et semblait diriger la discussion qui animait le groupe entier. Elle en eut la confirmation lorsque James finit de dire quelque chose et que tout le monde éclata de rire tandis que le brun les regardait avec satisfaction. Ludivine l'observa faire, et ne put retenir un sourire en se demandant quelle facette du sorcier était sa vraie nature. Elle savait qu'elle en avait appris plus sur lui la nuit dernière qu'en sept années, mais elle doutait qu'un jour, elle puisse réellement le cerner.

Un petit hibou vint se poser avec douceur sur l'épaule du sorcier. Cavan était encore tout petit et Ludivine eut peur un instant que le sorcier le balaye d'un revers de main. Elle fut agréablement surprise lorsque James pencha sa tête avec un léger sourire sur les lèvres. Il mit sa main devant son épaule, proposant au petit hibou d'y monter tandis qu'il attrapait le morceau de papier que l'oiseau portait. James prit un bout de pain qu'il proposa au hibou, celui-ci faisant un petit bruit de contentement avant de s'installer plus confortablement sur la main du sorcier. L'oiseau ne semblait pas prêt à partir de sitôt et Ludivine ne se retint pas de lever les yeux au ciel.

Finalement, James attrapa le morceau de papier et l'ouvrit, et Ludivine observa sa réaction. Elle savait parfaitement ce qu'il y avait d'écrit dessus, mais elle était curieuse de la réaction du sorcier. Ce dernier finit de lire les quelques lignes avant de relever la tête vers la table de Serpentard. Il trouva Ludivine rapidement, lui jetant un regard espiègle et taquin qui fit sourire Ludivine.

Le sourire qu'il partagea était sincère, et Ludivine fut soulagée en voyant sa réaction. Pour elle, accepter d'être la partenaire de James Potter signifiait confier une énorme part d'elle-même au sorcier, et il pourrait faire n'importe quoi de cette partie d'elle. La respecter ou la détruire.

Elle n'aurait pas pensé que le sorcier réagirait aussi spontanément et elle en fut agréablement surprise. Elle observa James faire apparaître une plume pour écrire quelque chose sur le morceau de parchemin avant que ce dernier n'apparaisse dans la main de Ludivine. Au texte « J'accepte d'être ta partenaire pour le concours, Potter. Maintenant, montre-moi que je peux compter sur toi » avaient été griffonné les mots « J'y compte bien, Hendell ».


Et voilà ! Alors qu'avez-vous pensé des réactions autour de Ludivine ? Pensez-vous que le binôme Ludivine/James marchera ?

Je suis très attachée à cette histoire qui vient d'atteindre 150 pages Word et j'espère qu'elle vous plaît tout autant ! Je suis vraiment touchée par les reviews très positives que je reçois. Je tiens à pousser ceux/celles qui voient des marges de progression à ne pas hésiter à me le dire, même minimes. Je suis ici pour partager mes écrits mais également pour m'améliorer alors je suis ouverte à tout retour constructif !

On va rentrer progressivement dans une nouvelle phase de l'histoire qu'est le concours, et je voudrais avoir votre avis sur plusieurs points : pour qui aimeriez-vous avoir plus/moins d'intrigue personnelle dans l'histoire ou que vous aimeriez voir plus, tout simplement ? Est-ce que vous identifiez des aspects peu solides qu'il faudrait renforcer dans l'histoire ? Et enfin, trouvez-vous les chapitres trop longs ?

Merci pour vos retours et à très vite!