Bonjour à tous !

J'espère que vous allez bien en ce milieu de mois d'août. De mon côté, je suis en vacances depuis quelques jours et j'ai l'impression de revivre après plusieurs mois, mais je n'oublie pas d'écrire peu importe où je suis !

Voici le nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Dans ce chapitre, on officialise le binôme Ludivine-James et nouveaux axes se développent pour d'autres personnages.

Merci à Kirbille, MarlyMcKinnon, Cole Stewart et Liliana pour vos reviews qui valent de l'or. Merci également à toutes les personnes qui lisent, je vous vois ces lecteurs de l'ombre ;)

Bonne lecture, on se retrouve à la fin du chapitre !


Chapitre 10 - Pacte scellé

Tout était allé très vite une fois que Ludivine eut accepté de faire équipe avec James Potter. Fred Weasley, qui avait lu par-dessus l'épaule de James, avait félicité son ami d'une voix forte, apprenant la nouvelle à William Milton. Il n'en avait pas fallu plus pour que toute la table de Gryffondor s'intéresse au binôme du très sollicité James Potter. Et avec ça, le château entier.

Ludivine, qui avait reporté son attention sur Albus quand elle l'avait vu froncer des sourcils réceptionnant une lettre, avait senti des regards se porter vers elle et les murmures s'intensifier. Son cocon s'était aussitôt brisé lorsqu'elle avait relevé la tête, consciente qu'il lui fallait maintenant affronter la réaction des sorciers du château.

Elle avait croisé le regard narquois d'Evelyn et celui surpris de Liz, mais n'avait pas caché son rougissement quand Acca avait levé un pouce dans sa direction, avec un rire bruyant. Albus s'était penché vers elle quand les regards avaient commencé à s'intensifier, lui chuchotant un « bon courage » qui avait beaucoup rire Scorpius. Pas Ludivine. Elle s'était contentée de fusiller ses deux amis du regard avant de décider de se lever et d'aller en cours. Il était hors de question qu'elle reste plus longtemps dans cette pièce, sous les regards de tous.

Toute la matinée, elle avait évité James, et plusieurs fois, elle avait hésité à revenir sur sa décision. Lorsqu'elle en parla à Albus durant la pause déjeuner qu'ils passèrent dans le parc à la demande de Ludivine, celui-ci eut un rire compatissant.

- Ne laisse pas le comportement des autres t'impressionner, lui conseilla-t-il.

- Je n'aime pas les regards qu'on me jette, avoua Ludivine en posant ses avant-bras sur ses genoux, et pourtant j'y suis habituée !

- Dis-toi, sourit Albus, que tout ce que tu vis avec moi sera multiplié par dix avec James. Les sorciers l'envient et les sorcières l'adulent.

- C'est sensé me rassurer ? railla Ludivine.

- C'est bien de le savoir, se contenta de répondre Albus.

- Pourquoi les chuchotements seraient pires qu'avec toi ? demanda Ludivine avec une curiosité non dissimulée.

- Parce que tu les entends, répliqua Albus comme si c'était une évidence.

Ludivine leva les yeux au ciel. Elle avait bien compris ce que sous-entendait le sorcier. Ludivine avait franchi les portes de ce château pour la première fois sans en connaître son passé en dehors des grandes lignes de la Grande Guerre. Sa mère s'était assuré qu'elle ne s'enferme pas trop dans l'univers sorcier étant enfant et Ludivine était donc arrivée plus ignorante que sachante de l'histoire du château et du monde sorcier.

Elle était devenue amie avec un Potter et un Malefoy, et n'y avait jamais vu un problème. Elle s'était mise à passer tout son temps avec les deux sorciers et n'avait jamais vu ce que cela pouvait impliquer dans un monde rempli de préjugés et de traces du passé comme Poudlard. Alors elle n'avait jamais fait attention aux chuchotements sur le passage des deux sorciers, aux regards en biais dans leur direction quand ils discutaient tous les trois. Ils n'étaient que des enfants, et Ludivine n'avait pas vu tout ça.

Elle était dévouée et ambitieuse, alors seulement deux éléments lui avaient toujours importé dans ce château, ses amis et ses notes. Le monde de Poudlard n'existait qu'à travers ces deux critères pour elle, et elle n'avait jamais fait attention aux autres. Elle s'était d'ailleurs habituée au comportement des autres envers elle, et elle n'y avait jamais prêté aucune réelle attention. Pour elle, les sorcières ne l'aimaient pas parce qu'elle était proche d'Albus Potter et Scorpius Malefoy, et les sorciers ne l'approchaient pas parce qu'elle n'était pas d'une nature chaleureuse. Poudlard s'était construit autour d'elle de cette façon, et elle n'avait jamais tenté d'aller à l'encontre de ces pensées.

Aujourd'hui, la situation était différente. Ludivine avait parfaitement conscience du monde qui existait autour d'elle, sa naïveté d'enfant l'avait quittée et sa peur d'être blessée l'avait poussée à porter beaucoup plus d'attention au comportement des autres vis-à-vis d'elle. C'était pour ça qu'elle voyait les regards mauvais qu'on lui lançait, les expressions curieuses qui se tournaient vers elle à son passage, et qu'elle entendait les chuchotements qui s'ébruitaient près d'elle. Et elle se sentait mal à l'aise.

- Je me demande si ce n'était pas une erreur, confessa Ludivine.

- Tu t'es engagée, Lud, répondit Albus avec plus de fermeté que de douceur, tu ne peux pas revenir en arrière pour des choses futiles.

- Ça n'a rien de futile ! s'exclama Ludivine.

- Bien sûr que si ! argua Albus. Ça ne concerne même pas James ! Si tu m'avais dit que tu reconsidérais ton choix à cause de lui -et Merlin sait que tu aurais mille raisons de le faire-, je l'aurais compris mais là, c'est futile.

Ludivine ne répondit pas. Elle fut flattée de voir que son ami avait mis sa réticence de côté pour la soutenir dans son choix. Elle n'en était d'ailleurs pas surprise, Albus l'avait toujours soutenue dans toutes ses décisions, sans jamais y réfléchir à deux fois.

Elle reporta son attention sur Albus, et vit qu'il s'était lui aussi perdu dans ses pensées. Seulement, il arborait un air plus grave que Ludivine, qui fronça les sourcils à cette idée.

- Et toi, tenta Ludivine, quelque chose te préoccupe ?

- A quel sujet ? demanda Albus avec une surprise feinte.

- Tu fais comme si tu ne comprenais pas, constata Ludivine.

Albus eut un sourire narquois. Il savait que Ludivine prenait sur elle en cet instant pour ne pas s'irriter, elle qui partageait avec eux tout ce qui pouvait lui trotter trop longtemps dans la tête. Albus et Scorpius réfléchissaient plutôt en plusieurs temps, et ils ne parlaient à voix haute de leurs préoccupations qu'une fois qu'ils n'avaient pas su les résoudre par eux-mêmes. Ludivine le savait, mais ça ne l'empêchait pas d'insister. Et elle avait bien constaté le silence d'Albus durant la matinée, depuis qu'il avait reçu une lettre tamponnée du sceau des Potter.

- Mon frère sera un grand soutien, reprit Albus.

- Tu changes de sujet, argua Ludivine en fusillant Albus du regard.

- Je finis seulement le précédent.

- Si tu le dis, soupira Ludivine qui refusa de montrer à Albus que son silence la vexait. Ton frère prend tout à la légère, je me vois mal lui confier quoi que ce soit.

- Il faut juste que tu apprennes à le lire, rigola Albus, il n'en montre qu'une mais il sait ressentir plus d'une émotion.

Ludivine ne répondit rien, marmonnant des phrases dont Albus n'entendit que des bribes. Il éclata de rire quand il comprit maudits Potter, décidant de passer son bras autour des épaules de Ludivine et de la tirer vers lui pour qu'elle pose sa tête contre lui.

- Donc je continue ? demanda Ludivine qui avait besoin d'une confirmation.

- Donc tu continues, affirma Albus avec un sourire confiant, et vous remportez ce concours.


Cette discussion n'avait pas calmé les murmures que Ludivine entendait sur son chemin. Elle l'avait cependant rassurée pour qu'elle confronte les rumeurs, même si Ludivine ne s'y prenait pas de la bonne manière.

C'était ainsi qu'elle avait laissé son indifférence habituelle de côté et s'était retrouvée face à trois sorcières, deux de Gryffondor et l'une de Poufsouffle, lorsqu'elle les avait entendues chuchoter sur son passage en direction de son cours avancé de Sortilèges.

Ludivine s'était retournée avec violence, les défiant d'un regard brûlant qui changeait de son regard hautain habituel.

- Pourquoi ne parlerais-tu pas plus fort ? avait cinglé Ludivine avec froideur, qu'on s'assure que je t'entende bien.

La Gryffondor l'avait regardée avec surprise avant de se reprendre et de fusiller Ludivine du regard, retrouvant sa contenance. Ludivine ne s'était que rarement retrouvée dans une confrontation avec des sorciers de l'école, et à cet instant, elle maudit James Potter pour sa popularité.

- On se demandait simplement si tu avais utilisé une potion ou un sortilège, dit la sorcière d'une voix teintée de moquerie qui fit sortir Ludivine de ses gonds.

- Pardon ? demanda-t-elle, interloquée.

- Pour que James accepte ce partenariat, continua la sorcière avec évidence, tu as bien dû le charmer d'une façon ou d'une autre.

Ludivine comprit enfin ce que la sorcière insinuait, et elle sentit ses origines moldues prendre le pas quand elle dut se retenir de lui mettre son poing dans le visage.

- Le sortilège, dit Ludivine narquoisement.

- Pardon ?

- Le sortilège, répéta-t-elle comme si c'était évident en s'approchant doucement de la sorcière, la main dans son dos, reposant sur sa ceinture. Je lui ai jeté un sortilège, dit-elle en haussant les épaules, j'y suis bien plus douée qu'en potions. Et si tu ne t'éloignes pas de suite, je vais te le montrer sans hésiter.

Ludivine dégainait sa baguette de sa ceinture, le regard féroce, lorsque James intervint, attrapant son avant-bras avec fermeté pour l'éloigner. Celle-ci ne put opposer aucune résistance physique, mais ça ne l'empêcha pas de lâcher le reste de ses nerfs sur le Gryffondor.

- Lâche-moi Potter ! s'insurgea-t-elle.

- Pas tant que tu ne te seras pas calmée, répondit froidement James.

Il l'avait rapidement attirée dans la salle de Sortilèges où aucun élève ne se trouvait encore et l'avait menée à sa table avant de décider de la lâcher. A ce geste, Ludivine fusilla le sorcier du regard qui l'observait d'un air narquois.

- Je fais bien ce que je veux, siffla Ludivine.

- Je pensais que tu avais un minimum de maîtrise de toi, Hendell, commenta James.

Ludivine se ferma aussitôt, réalisant à l'instant qu'elle venait d'éclater de colère en plein couloir contre des sorciers qu'elle ne connaissait pas. Ça ne lui ressemblait pas. Ludivine était d'une colère froide, elle se fichait des sorciers qui l'entouraient et ne prêtait attention à personne. Elle avait toujours vécu comme ça et ne s'en était jamais plainte.

- C'est de ta faute, Potter ! accusa Ludivine en passant une main dans ses cheveux de colère. Personne ne faisait attention à moi avant.

James eut un rire moqueur qui donna des frissons à Ludivine tandis qu'il la jaugeait d'un regard narquois.

- Personne ne faisait attention à toi ? répéta-t-il comme si l'idée était absurde. Mais sur quelle planète vis-tu, Hendell ?

Il parcourut le visage de la sorcière d'un œil désabusé, et Ludivine le fusilla du regard, irritée qu'il s'adresse à elle comme si elle était une enfant.

- Définitivement pas sur la même que la mienne, soupira James en secouant la tête avant de se tourner vers le bureau pour y poser son sac, mettant fin à la discussion.

Ludivine allait répliquer avec une remarque acerbe qui lui brûlait les lèvres, avant de réaliser ce que faisait le sorcier.

- Que crois-tu faire, Potter ? demanda Ludivine avec incrédulité.

- Je m'installe pour le cours, Hendell.

- C'est la place de Liz, hissa Ludivine avec dédain.

James ferma les yeux un instant, inspirant profondément. Ludivine savait qu'elle commençait à lui taper sur le système, mais elle n'en avait rien à faire. Elle avait besoin de s'en prendre à quelqu'un et le Gryffondor était la cible parfaite. Et plus elle voyait le contrôle dont il faisait preuve, plus elle voulait voir jusqu'où il pouvait aller. Il porta un regard inflexible sur Ludivine.

- On est partenaires, Hendell, dit-il comme s'il parlait à un enfant. On doit s'entraîner ensemble, je suis sûr que Walsh comprendra.

- Ça ne veut pas dire qu'on doit passer notre temps ensemble, répliqua Ludivine. Je te vois suffisamment à mon goût !

Ludivine devait reconnaître qu'elle était impressionnée par le calme et la résilience du sorcier, et elle refoula ce sentiment d'immaturité qui la parcourut, décidant qu'agir ainsi lui faisait du bien.

- Retourne avec Weasley, siffla-t-elle doucement.

James la regarda d'un air moqueur, la défiant de l'y forcer.

- Hum, Lud ? intervint une voix hésitante. Je pense qu'il a raison.

Ludivine releva la tête vers Liz, et son visage s'adoucit aussitôt. Cette dernière lui fit un sourire en posant son sac sur le bureau derrière James qu'elle salua poliment, attachant ses cheveux blonds d'un geste rapide.

- Je ne vois en quoi, maugréa Ludivine.

- Arrête d'être une tête de mule, rigola Liz.

Ludivine n'eut pas le temps de prendre ses affaires pour se déplacer sur le bureau derrière elle avant que Fred Weasley ne s'approche, un grand sourire sur les lèvres en voyant Liz assise à la place de James tout en s'installant à côté d'elle.

- Walsh ! s'exclama-t-il avec un sourire chaleureux, tu m'honores de ta présence !

- Toujours dans l'exagération, marmonna Liz avec moquerie.

- Si je ne le connaissais pas, intervint Ludivine, je penserais qu'il est lié à Acca.

Les deux sorcières échangèrent un regard complice, ce qui n'enleva rien au sourire de Fred qui passait son regard d'une sorcière à l'autre. Quant à James, il jeta un regard à la dérobée à Ludivine que celle-ci vit. Elle remarqua son soupir et dut reconnaître qu'elle ne devait pas lui paraître être une sorcière très facile à vivre.

- Alors Hendell, reprit Fred avec un grand sourire, ravie de ton binôme ?

- Je dois encore me faire mon avis, sourit Ludivine en ignorant le regard agacé du Gryffondor assis à côté d'elle qui resta silencieux.

- Tu verras, lui dit Fred avec un clin d'œil, une fois qu'on s'habitue à son caractère désagréable, on commence à l'apprécier.

Ludivine eut un petit rire, voyant très bien que Fred essayait de faire réagir son cousin. Ce dernier lui jeta un regard irrité qui accentua le rire de Fred. Elle appréciait beaucoup la taquinerie qui existait entre les deux sorciers, qui s'apparentait selon elle à celle qui existait entre Albus, Scorpius et elle.

Sans s'en rendre compte, la douceur de Liz et la légèreté de Fred avaient calmé Ludivine. Et le calme de James, même si Ludivine ne l'aurait jamais admis.

- Moi tu vois, reprit Fred d'un ton plus dramatique cette fois, je suis un être simple à vivre. Mais ça n'a pas suffi à convaincre Walsh qui a préféré ma cousine à moi.

Fred jeta un regard à Liz, lui faisant un grand sourire quand il la vit rougir de gêne. Le sorcier semblait apprécier mettre les gens mal à l'aise, même si son sourire atténuait toute pique qu'il pouvait lancer. Ludivine n'hésita pas à aller au secours de son amie dans un léger rire.

- Il faut beaucoup plus que de la simple gentillesse pour être à la hauteur de Liz, Weasley.

- Je l'ai bien compris, confirma Fred avec malice, aucune de mes techniques habituelles n'a marché ! J'ai pourtant tellement à te montrer, Walsh.

Liz jeta un regard sceptique à Fred qui lui fit un clin d'œil, lui signifiant par ce geste qu'il fallait prendre ce qu'il disait avec humour, et Liz, dans un élan d'audace, répondit au sorcier.

- Dans ce cas, j'attends que tu me le montres.

Le sourire de Fred s'agrandit. Il adorait voir la sorcière répondre à son jeu et il devait sentir que Liz pourrait lui donner du fil à retordre si elle le souhaitait. Ça ne faisait qu'attiser la curiosité de Fred, Ludivine en avait bien conscience.

- Défi relevé, marmonna Fred.

- Tu es incapable d'être à la hauteur d'une sorcière aussi bien, Fred, intervint James qui se tournait vers son cousin avec moquerie.

- Tu peux parler, ricana Fred qui semblait ravi de voir James finalement réagir, si tu crois en attirer d'intelligentes avec ton sourire charmeur et tes blagues toutes faites.

James éclata d'un rire discret tandis que Fred et lui échangeaient un regard complice. Ludivine, de son côté, se contrôla pour ne pas poser un œil curieux sur le sorcier assis à côté d'elle. Elle avait en effet beaucoup de difficultés à imaginer James Potter charmeur et blagueur. Même si, après réflexion, elle réalisa qu'elle l'avait vu de nombreuses fois dans cette posture avec d'autres sorcières. Ludivine ne vit pas James se pencher vers elle.

- Ne te torture pas l'esprit sur des choses qui n'en valent la peine, Hendell, lui dit James avec malice avant de reporter son attention sur le professeur Flitwick qui entrait dans la salle.


James et Ludivine s'étaient donc entraînés ensemble pour la première fois durant ce cours, et Ludivine en avait gardé un goût amer.

La consigne du professeur Flitwick avait été simple. Ils devaient pratiquer le sortilège du bouclier sur des sortilèges offensifs. Le sortilège n'était pas difficile à lancer, mais la force qui lui était attribuée variait selon la puissance du sorcier. Ludivine savait que sa maîtrise serait essentielle pour le tournoi et elle avait été ravie de s'entraîner à l'utiliser. Enfin, c'était ce qu'elle avait pensé jusqu'à qu'ils ne commencent à pratiquer.

Pour une fois, ce n'avait pas été le comportement du sorcier qui l'avait irritée, mais de voir à quel point il était fort. Elle l'avait senti quand il lui avait lancé un sortilège de confusion qu'elle eut beaucoup de mal à contrer et qui avait légèrement traversé sa protection. Elle l'avait compris quand il avait murmuré un protego qui n'avait absolument rien laissé passer du sort de Ludivine, pourtant lancé avec beaucoup de puissance. Elle l'avait vu quand elle l'avait désarmé et qu'il avait rappelé sa baguette au sol simplement en tendant son bras.

Ludivine aurait pu prendre sur elle, si elle n'avait pas en plus senti que le sorcier l'observait, la jaugeait. Il avait gardé un visage fermé durant tout le cours, aucun humour ne traversant ses traits ou sa bouche, et Ludivine s'était demandé un instant s'il ne regrettait pas son choix.

- Tu réussis presque à me faire transpirer, remarqua James durant le cours, esquissant un très léger sourire.

Ludivine savait que la remarque du sorcier était un compliment, quelque chose au fond d'elle le lui disait, mais elle ne réussit pas à en voir le positif. Tout ce qu'elle entendait était que le nombre de sortilèges qu'elle lui lançait ne suffisait pas à fatiguer le sorcier.

A côté d'eux, Ludivine entendit le rire de Liz. Lorsqu'elle tourna la tête, elle vit Fred Weasley assis par terre, s'appuyant sur ses mains, légèrement sonné et le haut du corps trempé tandis que Liz s'approchait, lui tendant sa main pour l'aider à se relever tout en essayant de calmer son rire. Il accepta la main de Liz, lui rendant son sourire avant de se relever et de secouer ses cheveux de sorte à tremper la sorcière dont le rire s'accentua d'autant plus.

Ludivine ne put retenir un sourire, constatant que James faisait de même. Lorsqu'il reporta son regard vers elle, Ludivine ne sut lire ce qu'il pouvait bien penser.

Faisant face à des démons qu'elle ne pensait pas exister, Ludivine était sortie en trombe du cours, refusant de se retrouver face au sorcier qui l'avait mise dans le doute.


Quelques heures plus tard, Ludivine s'était isolée dans un coin du parc de Poudlard. Elle avait observé durant une longue heure le ciel se complexifier, menaçant d'éclater à tout moment. Elle adorait ce temps d'automne où le soleil se faisait plus rare et où il devenait difficile de prévoir le temps. C'était comme s'il était impossible de prévoir l'humeur du ciel.

Assise sur l'herbe, Ludivine était concentrée depuis un quart d'heure sur quelques pierres qu'elle avait réunies devant elle. Elle avait rangé sa baguette et tentait, avec ses doigts, de les faire bouger.

Elle parvint au bout de quelques minutes, à soulever les pierres et les déplacer de sorte à former un serpent de pierres, alignées les unes derrière les autres. Le serpent avança de quelques centimètres, et lorsqu'il s'éleva dans les airs pour faire un saut, Ludivine sentit son souffle se couper dans sa gorge alors que le serpent retombait sur le sol avec violence, les pierres se détachant les unes des autres dans un fracas.

Ludivine soupira. Elle s'était lancée plusieurs mois auparavant dans la magie élémentaire. Jusqu'ici, ses paliers de progression avaient été faibles, même si elle avait déjà vu des évolutions depuis le début. La magie élémentaire requérait beaucoup de concentration et donc d'énergie, autant qu'un gros sortilège de guérison, et Ludivine finissait essoufflée dès un moindre effort.

Elle avait mis de côté ses exercices depuis la rentrée, mais l'entraînement avec James lui avait rappelé qu'il fallait qu'elle continue de s'améliorer. Elle avait senti, à la facilité que le Gryffondor avait eue de rappeler sa baguette, qu'il avait un niveau avancé de magie sans baguette et que lui-même devait s'essayer à la magie élémentaire. Si Ludivine ne voulait pas être un boulet dans ce concours, il lui fallait s'entraîner plus.

Néanmoins, elle était essoufflée. Elle manquait de pratique, c'était flagrant et ça n'améliora pas son humeur tandis qu'elle choisissait de s'épargner une trop grande fatigue, s'allongeant dans l'herbe pour observer le ciel que les nuages commençaient à couvrir totalement. Elle s'était éloignée de la folie du château et se sentait renaître dans le calme qui l'entourait et la tempête qui menaçait d'éclater.

Ludivine savait qu'il était ridicule d'accorder de l'importance au niveau de James. Elle avait elle-même un très bon niveau, elle le savait et n'avait pas besoin qu'on le lui rappelle. Mais la facilité avec laquelle il avait rappelé sa baguette avait dérangé Ludivine. Et puis, le regard inquisiteur de James avait l'oppressée. C'était comme s'il savait des choses qu'elle ne savait pas. Et Ludivine détestait ce sentiment.

- On a choisi la solitude, Hendell ? fit une voix moqueuse que Ludivine aurait reconnue entre mille.

Ludivine tourna la tête pour voir Scorpius s'affaler à côté d'elle dans un grand soupir tandis qu'Albus s'allongeait de l'autre côté de la sorcière, le visage fermé.

- Je préfère tout de même votre compagnie, Malefoy, sourit Ludivine.

Scorpius fit un sourire à Ludivine qui lui rendit. Il avait les cheveux en pagaille et semblait légèrement essoufflé, et Ludivine en déduisit qu'il était allé s'entraîner sans Albus qui n'était pas dans le même état que le blond. Scorpius dut la surprendre dans son observation car il lui apporta une réponse.

- J'étais avec Rockwood, expliqua-t-il en passant une main dans ses cheveux, on a évalué nos niveaux.

- Alors ? demanda Ludivine avec un grand sourire.

- Elle se débrouille bien, jaugea Scorpius, très bien même mais elle ne sait pas doser sa magie.

- C'est son point faible, dit Ludivine, mais elle travaille dessus.

- Je le sens bien, lui confessa Scorpius avec douceur, on peut aller loin. Et puis, on s'amuse bien avec elle !

Ludivine ne retint pas son rire, même si celui-ci fut coupé par une sorte de grognement venant d'Albus qui montrait que le sorcier trouvait leurs propos ridicules. Ludivine porta un regard surpris vers Albus qui ne la voyait pas, les yeux fermés et les mains derrière la tête. Scorpius lui fit un signe discret, lui indiquant de ne pas faire attention à lui et Ludivine se retint de poser des questions.

- Tu sais que ça jacte pas mal dans le château ? lui dit Scorpius d'un froncement de sourcils.

- Je sais, bougonna Ludivine, je ne m'attendais pas à ça.

- Et bien moi si, soupira Scorpius, mais c'est encore pire que ce que je croyais.

- J'ai failli en cogner une ce matin, admit Ludivine.

Scorpius lui jeta un regard surpris avant d'éclater de rire tandis qu'Albus se redressait à leur hauteur, une lueur de malice dans ses iris.

- Qu'est-ce qui t'a retenu ? demanda Albus.

- Ton frère, maugréa Ludivine, il m'a tirée en cours de Sortilèges.

- Par Merlin, s'exclama Scorpius, j'aurais aimé être présent !

- Moi aussi, marmonna Albus, même si je dois reconnaître que James a eu raison.

- Albus pense qu'il vaut mieux ignorer les rumeurs, expliqua Scorpius en levant les yeux au ciel, qu'elles se tasseront d'elles-mêmes. Moi je pense qu'il faut frapper fort pour calmer le château. Rockwood est de mon avis.

Ludivine n'en doutait pas, et elle ne retint pas son rire en voyant l'air vindicatif de Scorpius. Elle était contente de voir que Scorpius et Acca s'entendaient bien. Elle n'avait eu bien évidemment aucun doute là-dessus, mais elle avait pensé pareil pour Acca et Albus quelques années plus tôt, et le résultat avait appris à Ludivine à rester méfiante.

En pensant à Albus, Ludivine tourna la tête vers le concerné. Le visage fermé, la lèvre pincée, Albus avait le regard tourné vers l'horizon et refusait de tourner la tête vers elle malgré l'observation insistante de Ludivine. Cette dernière se rendit compte qu'il n'avait presque rien dit depuis qu'il était arrivé, cette même expression mécontente sur le visage.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? demanda Ludivine de but en blanc.

- Lud, déplora Scorpius avec moquerie, tu ouvres une boîte de pandore, je te préviens.

Albus soupira à côté d'elle et Ludivine ne cacha pas sa surprise en voyant l'agacement du sorcier. Elle ne doutait pas que les deux sorciers s'étaient auparavant pris le chou sur ce sujet, quel qu'il soit.

- La dernière fois que je t'ai vu si secret et agacé, dit Ludivine, c'était quand tu ne voulais rien dire au sujet de Rimens. Ton plan de sauvetage n'a pas fonctionné ?

- C'est autre chose, se contenta-t-il de répondre avant de préciser, de bien plus important.

- Quidditch ? tenta Ludivine qui connaissait inconsciemment déjà la réponse.

Le visage d'Albus se ferma de nouveau et Ludivine se retint de lever les yeux au ciel tandis que Scorpius esquissait un sourire narquois. Pourtant, elle effaça aussitôt cette expression de son visage, sachant pertinemment qu'elle ne devait pas braquer Albus si elle voulait qu'il s'ouvre.

- Raconte nous tout, Al, dit-elle avec douceur.

Il était sur le point de la rembarrer, Ludivine le lut dans ses yeux, mais il se ravisa lorsqu'il croisa le regard concerné de Ludivine.

- Mon père m'a écrit ce matin, expliqua Albus en passant une main nerveuse dans ses cheveux décoiffés. Flaquemare prévoit de publier une offre de sélection pour remplacer l'un de ses joueurs.

Ludivine était surprise. Ce n'était pas tous les jours qu'une équipe nationale faisait des sélections pour remplacer l'un de ses joueurs, encore moins pour une équipe aussi cotée.

Le club de Flaquemare était l'une des meilleures équipes de la ligue de Quidditch de Grande-Bretagne et d'Irlande, et la plus ancienne. Leurs matchs étaient légendaires, avec leurs vingt-deux victoires en ligue nationale et leurs deux victoires européennes.

Ludivine savait qu'Albus avait été bercé toute son enfance par celles-ci. Il avait toujours admiré Flaquemare, et son chemin de carrière avait toujours été tracé selon lui. Intégrer le Club de Flaquemare, y rester suffisamment longtemps pour devenir un joueur incontournable, puis intégrer l'équipe nationale pour représenter le pays dans les matchs internationaux.

Toutefois, Ludivine n'était pas sûre de comprendre le combat intérieur d'Albus mais choisit de le laisser parler tandis que Scorpius l'observait d'un air impassible.

- Ils recrutent un poursuiveur, continua Albus, pour anticiper le départ en retraite de Wigley Chelton.

- Tu envisages d'y participer ? demanda-t-elle.

- L'offre sera diffusée la semaine prochaine selon mon père, soupira Albus. Tout le Royaume-Uni va se ruer sur ces sélections, je compte bien tenter ma chance.

- Et tu es préoccupé parce que … ?

Albus soupira de nouveau sans répondre à Ludivine, et celle-ci supposa qu'il stressait parce qu'il considérait que l'offre de sa vie se présentait devant ses yeux. Le premier réflexe de Ludivine fut de rassurer Albus.

- Tu sais que tu as toutes tes chances, Al ? lui dit-elle. Et ton jeune âge n'y change rien.

Albus leva les yeux au ciel, ce qui confirma à Ludivine qu'il n'avait pas besoin de sa sensibilité féminine à cet instant. Elle ne parvenait cependant pas à comprendre où se trouvait le problème, en dehors d'un stress de réussir. Mais ça ne semblait pas être cela qui irritait Albus.

- Il n'en doute pas, intervint Scorpius avec un sourire malicieux, demande à Albus ce qui le dérange réellement.

- Quoi donc ? interrogea Ludivine sans comprendre tandis que Scorpius ignorait le regard meurtrier d'Albus.

- Mon père m'a clairement indiqué qu'il refuserait de pousser ma candidature, maugréa Albus d'une voix si faible que Ludivine dut tendre l'oreille pour entendre.

- Pousser ta candidature ? répéta Ludivine, incrédule. Tu veux dire qu'il te positionne auprès de l'équipe ?

Albus frotta son crâne de malaise en hochant la tête, et Ludivine éclata de rire en se laissant tomber dans l'herbe tandis que Scorpius la regardait d'un air narquois. Elle ne doutait pas qu'il attendait qu'elle ait cette exacte réaction.

- Habitué aux privilèges, Potter, se moqua Ludivine avec désinvolture.

- C'est l'offre de ma vie, Lud ! s'irrita Albus.

- Et alors ? demanda Ludivine en se relevant légèrement sur ses coudes pour accrocher le regard d'Albus. Qu'est-ce que ça y change ?

- J'augmenterais mes chances d'avoir le poste, s'indigna Albus pour qui la réponse était évidente.

- Tu n'en as vraiment pas besoin, répondit Ludivine.

- Où est passé ton orgueil de Serpentard ? le provoqua Scorpius avec dédain, et Ludivine fusilla ce dernier du regard.

- N'écoute pas Scorp, rétorqua Ludivine.

- Il sait que j'ai raison.

- Vous ne vous rendez pas compte du pouvoir du nom de mon père, répondit Albus en secouant la tête comme si les propos de ses amis n'avaient pas de sens pour lui. Et vous ne vous rendez pas compte du niveau attendu dans ces sélections.

- Je croyais que tu voulais faire ton petit bonhomme de chemin ? dit Scorpius.

- Scorp a raison, tu…

- Faut savoir, la coupa Scorpius avec malice, faut m'écouter ou pas !

Ludivine ne retint pas un léger rire, qui s'accentua quand elle vit Albus esquisser un sourire. Celui de Scorpius se renforça également en voyant qu'il avait amusé les deux sorciers.

- Tu n'as pas besoin du nom de ton père, reprit Ludivine, tes simples capacités feront le travail.

Ludivine lut le doute dans les yeux d'Albus. Elle se doutait qu'il n'était pas d'accord avec elle. Elle devait bien reconnaître qu'elle n'avait aucune idée du niveau attendu dans ces sélections. Pourtant, elle ne comprenait pas qu'Albus envisage d'utiliser la renommée de son père pour augmenter ses chances de réussite. Ça ne ressemblait tellement pas au Serpentard qui avait toujours tenté de se distinguer de son nom au maximum.

- Vous ne comprenez pas, marmonna Albus pour lui-même.

Ludivine pensa au cours de Sortilèges, au sentiment d'infériorité qu'elle avait ressenti face à James Potter, à la panique que cela avait créé en elle de douter d'elle-même. Alors elle pensait au moins comprendre la peur du sorcier.

Ludivine attrapa la main d'Albus, lui faisant un sourire rassurant. Elle savait que s'il était sûr de lui, il défendrait sa position au maximum. Ils n'avaient pas besoin d'en dire plus, surtout qu'elle se doutait que Scorpius lui avait déjà partagé son avis. Pour elle, ce n'était plus le moment d'aller à contre sens du sorcier.

- Peut-être que non, répondit-elle avec douceur, mais ne mélange pas tout. Avant d'utiliser le nom de ton père, montre d'abord tes compétences.


Ludivine finit par rejoindre James dans une salle de classe, comme convenu. Ce dernier l'attendait patiemment, la tête plongée dans un ouvrage. Quand elle entra dans la salle, James l'observa silencieusement poser son sac et ce ne fut que lorsqu'elle porta son attention sur lui qu'il ferma son livre, posant ses lunettes sur la table.

- Tu es partie telle une bourrasque tout à l'heure, fit remarquer le sorcier.

- Je n'étais pas d'humeur, rétorqua Ludivine en observant le sorcier se lever avec un sourire en coin.

Il ne répondit rien tandis qu'il s'approchait de quelques mètres, posant sur elle un regard réfléchi qui interrogea Ludivine.

- Tu sais sceller un pacte, Hendell ? demanda James avec curiosité.

- Tu me prends pour qui ? s'insurgea légèrement Ludivine qui fut surprise par sa propre susceptibilité.

- Ce n'est pas une insulte, défendit James.

- J'ai fait partie de l'équipe de Quidditch, Potter, se contenta-t-elle de répondre, bien sûr que je sais sceller un pacte.

James la regarda curieusement en retenant un soupir. Il ne semblait pas comprendre les réactions de Ludivine mais ne dit rien, passant une main dans ses cheveux déjà ébouriffés. Ludivine pouvait cependant deviner ce qu'il pensait. Elle-même se trouvait un peu trop sur la défensive, sans parvenir à comprendre pourquoi elle agissait avec tant d'agressivité envers le Gryffondor. Elle s'en voulait presque de le mettre autant à l'épreuve.

James s'approcha un peu plus de Ludivine, s'arrêtant à quelques centimètres d'elle avant de tendre son bras vers elle. Ludivine dut relever la tête pour regarder James dans les yeux, l'observant un instant avec suspicion avant de tendre son propre bras d'un geste mimétique.

Ludivine enroula ses doigts autour du poignet de James sans jamais réussir à en faire le tour, ce qui fit visiblement sourire James lorsqu'il enserra à son tour le poignet de Ludivine, enveloppant de sa main large la peau de la sorcière.

Ludivine sentit de la chaleur se propager au niveau de son torse lorsque la main de James vint s'agripper fermement à elle, mais elle tenta de cacher son trouble du mieux que possible quand elle leva à nouveau son regard vers James. Il la fixait d'un œil impassible et Ludivine ne sut, comme souvent, interpréter son regard.

- C'est parti ? demanda-t-il à voix basse.

Ludivine hocha la tête, fermant les yeux pour se concentrer. Elle commença à vider son esprit, se concentrant sur les doigts qui enserraient son poignet. Pourtant, la chaleur qu'elle sentait sous le toucher du sorcier l'empêchait de réfléchir.

Des flashs de sa journée se bousculaient dans son esprit. Sa discussion avec Albus et Scorpius résonnait dans son cerveau. La vision de James rappelant sa baguette sans effort lui traversait l'esprit. Le sentiment d'insécurité qui avait surgi au plus profond de ses entrailles refaisait surface. Tous ces sentiments se bousculaient dans l'esprit de Ludivine, et elle sentait que sa concentration n'était pas suffisante.

Une lueur apparut au-dessus de leurs poignets, mais Ludivine ne la vit pas. Ce ne fut qu'à la remarque de James qu'elle réalisa que le charme avait été lancé.

- Va falloir y mettre du tien, Hendell, se moqua James.

Ludivine rouvrit les yeux et vit qu'entre eux était apparu un ruban violet dans une lumière claire, légèrement terne et lacéré à de multiples endroits. Le sortilège se rompit et le ruban tomba sur la main de Ludivine. Cette dernière lâcha le bras de James pour le récupérer.

- Qui te dit que cela vient de moi ? s'indigna Ludivine en fronçant les sourcils.

- Parce que tu es un livre ouvert et qu'il est facile de voir que tu ne te sens pas à ta place, répondit James d'un ton goguenard. Pour créer un ruban parfait, il faut le vouloir.

- Je sais sceller un pacte ! s'irrita Ludivine.

Elle ne l'aurait jamais reconnu, mais le Gyrffondor avait parfaitement réussi à la lire.

- Je le sais bien, répliqua sèchement James qui s'agaçait de la susceptibilité de la sorcière, mais il va falloir faire du tri dans ta tête si tu veux qu'on arrive à sceller quoi que ce soit.

- Evanesco, chuchota Ludivine en regardant le tissu disparaître dans des flammes entre ses doigts.

Elle choisit de ne pas répondre à James, levant vers lui un regard orgueilleux qui sembla amuser James. Il la regarda d'un air railleur et Ludivine sentit l'irritation monter en elle. Il savait parfaitement où appuyer pour énerver la sorcière et ne se gênait pas pour le faire.

Elle se contenta de tendre de nouveau son bras vers James qui l'attrapa avec la même fermeté qu'un peu plus tôt, et ils fermèrent de nouveau les yeux afin de relancer le charme. Ludivine se força à vider son esprit, et parvint à mettre de côté le trouble qu'elle avait ressenti un peu plus tôt.

Ludivine ne réussit cependant pas à balayer ce dernier sentiment d'incertitude, portant sans le vouloir un regard à James qui était concentré. Il émanait une telle assurance du sorcier, une telle quiétude, que Ludivine en fut perturbée. Elle vit avant James la lumière apparaître entre eux, et elle en connut très vite le résultat. Ce qu'elle vit, en effet, renforça sa frustration.

Le ruban qui était apparu était, comme le précédent, lacéré à plusieurs endroits, bien qu'il ait été plus brillant. Ils étaient encore bien loin d'obtenir un ruban parfait pour un pacte solide, et Ludivine sentit la colère monter en elle. Elle lâcha le poignet de James pour attraper le tissu avec une violence qui la surprit elle-même.

- Hendell ? l'interpella James doucement.

Silencieuse, Ludivine refusa de lever la tête vers le sorcier. Elle portait toute son attention sur le tissu, le faisant disparaître rapidement comme le précédent. Elle se sentait honteuse de ne pas parvenir à effectuer un simple rituel de pacte, mais jamais elle ne l'aurait admis.

Ludivine sentit une pression sur son visage, et fut surprise de voir que James avait placé un doigt sous son menton pour lui relever le visage. Lorsqu'elle croisa le regard de James, elle y vit une bienveillance qui la surprit. Elle constata par ailleurs que le sorcier était bien plus proche d'elle qu'un peu plus tôt, et en rougit tout en se retenant de faire un pas en arrière.

- Respire, Hendell, chuchota James d'une voix rassurante, ce n'est pas compliqué.

- J'essaie ! répliqua Ludivine sur un ton irrité.

- Tu es trop crispée, lui dit James, et même si j'apprécie l'idée qu'être proche de moi te perturbe, il faut que tu te détendes.

Ludivine fusilla James du regard en entendant sa blague, mais ne fit aucun commentaire. La raison qu'il donnait n'était peut-être pas la bonne, mais elle savait pertinemment qu'il avait raison et qu'il fallait qu'elle parvienne à se détendre si elle voulait réussir à aller au bout du charme. Quelque chose l'en empêchait et elle ne parvenait pas à savoir quoi.

- On pourrait sceller le pacte avec ces rubans, argua Ludivine dans un souffle.

- Peut-être, répondit James doucement en retirant son doigt du visage de Ludivine et en faisant un pas en arrière, mais je n'ai aucune envie de sceller un pacte si fragile et je pense que toi non plus. Alors arrête de douter.

- Ce n'est pas en toi que je ne crois pas, marmonna Ludivine avec honte, sentiment que le regard surpris de James accentua.

- Tu doutes de toi, Hendell ? demanda-t-il doucement et Ludivine fut étonnée de n'entendre aucune moquerie.

Elle ne répondit pas, fuyant le regard du Gryffondor qui n'avait pas besoin d'en entendre plus. Un silence s'installa et lorsque Ludivine releva la tête, elle constata qu'il la regardait d'un air concentré et réfléchi.

- Dans ce cas, reprit-il doucement comme s'il ne voulait pas la brusquer, faisons le ensemble. Fais-moi confiance, concentre-toi sur moi.

Ludivine ne l'aurait jamais admis à cet instant, mais elle était tout bonnement incapable de faire confiance à James Potter. Elle ne le connaissait pas suffisamment pour cela. Et puis, comment pouvait-elle faire confiance à quelqu'un d'autre lorsqu'elle doutait déjà d'elle-même. Pourtant, quelque chose dans le regard de James, dans sa présence, rassura Ludivine, qui sentit ses doutes s'alléger.

James avait de nouveau tendu son bras. Il n'avait pas quitté Ludivine des yeux, et elle lui rendit son regard tandis qu'elle attrapait une nouvelle fois le bras de James, serrant de ses doigts le poignet du sorcier qui refermait les siens sur son avant-bras.

Contrairement aux deux essais précédents, aucun des deux sorciers ne ferma les yeux. Chacun était concentré sur l'autre. Ludivine avait porté toute son attention sur James et fut presque surprise du sérieux qui habitait ses traits. Comme la veille lorsqu'il s'était ouvert sur les raisons qui le poussaient à participer à ce concours, il lui montrait à cet instant qu'ils s'engageaient à deux et qu'ils pourraient compter l'un sur l'autre.

Une lueur apparut sous leurs yeux au bout de quelques secondes, dans laquelle ils plongèrent le regard. Un ruban se dessina, violet et scintillant, virevoltant en parfait état. Ludivine sentit une légère pression sur son avant-bras, venant de James, et elle devina ce qu'il attendait d'elle. Échangeant un regard ferme, ils se mirent à réciter leur serment.

« Tempora mutantur et nos mutamur in ilis. Sic, nec spe, nec metu, ibi incipit et deficit orbis. » *

Comme s'il avait entendu les paroles prononcées par les deux sorciers, le tissu vint s'enrouler avec élégance autour de leurs deux poignets entremêlés. A cette vue, Ludivine ne put retenir un sourire fier et satisfait de se former sur ses lèvres. Elle sentit sa peau chauffer tandis que le tissu la pénétrait pour finalement disparaître.

Le charme prenait fin et le sourire de Ludivine était maintenant rayonnant. Elle adorait la belle magie, et l'ancienne magie avait quelque chose de transcendant et étourdissant qui la bouleversait. Lorsqu'elle releva la tête vers James, elle vit l'expression indéchiffrable qui s'était installée sur ses traits, cohérente avec le regard pénétrant qu'il posait sur elle. Il resta silencieux un instant avant que son expression ne change radicalement.

- Tu vois, dit-il avec un sourire maintenant narquois, il suffisait de faire un effort.

Ludivine ne répondit rien. Elle lâcha le bras du sorcier, lui faisant toutefois un sourire scintillant. James avait ressorti son ironie, mais Ludivine l'ignora. Elle avait bien compris que le sarcasme était l'essence même de la carapace du sorcier, mais il l'avait suffisamment baissée devant elle pour qu'elle commence à entrevoir le vrai James Potter. Et ce sorcier n'hésitait pas à la soutenir lorsqu'elle en avait besoin.

Alors Ludivine lui partagea un sourire doux et délicat, qui montrait sa reconnaissance pour l'avoir aidée à sceller ce pacte, avant de relever ses remparts à son tour également.

- Tout avec toi est un effort, Potter.


Lorsque Ludivine se dirigea vers la Grande Salle pour aller dîner, son regard s'arrêta sur le tableau d'inscription. Elle constata que son nom avait changé de place pour aller se positionner à côté de celui de James Potter. Un sentiment étrange la parcourut quand elle réalisa dans quoi elle s'était engagée.

Elle sentait encore sa peau la picoter au niveau de son poignet gauche, et elle y porta inconsciemment sa main. La trace du serment resterait plusieurs jours, Ludivine le savait, et elle continuerait à la picoter un long moment.

Elle allait franchir l'entrée de la Grande Salle quand une personne fonça vers elle, lui attrapant la main pour la tirer hors de la pièce. Ludivine se laissa porter par Acca qui l'éloigna de quelques mètres avant de se tourner vers elle, sans s'arrêter de marcher.

- Allons-nous promener, suggéra Acca avec un sourire, c'est la folie dans la Grande Salle.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Ludivine.

- Tu as vu le tableau ? rebondit Acca. Je ne sais pas si tu as une idée du nombre de propositions que Potter a reçues, mais savoir qu'il a trouvé sa partenaire fait des vagues.

Ludivine leva les yeux au ciel. Comment cela pouvait rester un sujet pendant autant de temps, elle ne comprenait pas. Elle pensa qu'elle n'avait pas demandé à James comment il vivait ces réactions. Elle avait lâché ses nerfs sur lui, et il n'avait pas bronché, mais elle ne s'était pas intéressée à son cas. Pourtant, Ludivine avait vu pendant des années ce que cette célébrité non-voulue avait eu comme effet sur Albus. L'habitude n'avait pas rendu la chose plus simple à digérer.

- Tu m'emmènes où ? demanda Ludivine avec un soupçon qu'elle ne cacha pas.

- J'ai eu ordre de Malefoy de t'amener aux cuisines, répondit Acca avec malice.

- Et depuis quand tu passes par mon meilleur ami, dis donc ?

- Depuis que tu l'as poussé à faire équipe avec moi, Hendell.

Ludivine ne cacha pas son sourire. Elle savait que son amie la connaissait suffisamment pour comprendre quand elle avait besoin de se changer les idées. Et à cet instant, un excès de jalousie ne faisait pas de mal à Ludivine.

- Je t'ai à l'œil, hein ! gronda faussement Ludivine.

- Ne t'inquiète pas, sourit Acca en chatouillant la poire du portrait qui marquait l'entrée aux cuisines, mettant un pied à l'intérieur avant de se tourner vers Ludivine, il t'en restera toujours un. Je te laisse ce casse-pieds de Potter de bon cœur.

Ludivine rigola en suivant Acca dans les cuisines où de nombreux elfes s'attelaient à produire des centaines de plats.

Les cuisines étaient méconnues de nombreux élèves. L'architecture était particulière, avec des structures verticales triangulées à la façon d'une cathédrale. Les murs étaient habillés de dorures de siècles précédents et s'élevaient en hauteur, quelques arcs encadrant le plafond avec élégance. Une multitude de tables étaient posées, de toutes tailles et de toutes formes, et des centaines d'elfes s'affairaient dans tous les sens pour produire des plats à destination de la Grande Salle.

Son attention fut attirée par les rares élèves présents à cette heure-ci. Albus écoutait Scorpius assis face à lui, tout en posant sur Acca, qui commençait à se diriger vers eux, un regard meurtrier.

- Pourquoi cette tête, Potter ? se moqua Acca en s'asseyant à côté de Scorpius tandis que Ludivine prenait place face à elle.

- Tu sais que quand le portait est à moitié ouvert, on peut entendre ce que tu dis, Rockwood ? cingla Albus.

- Je n'ai rien dit que tu ne savais pas déjà, susurra Acca d'un ton acerbe, et puis je n'essayais pas particulièrement d'être discrète.

- Comme si tu savais l'être, marmonna Albus suffisamment fort pour qu'Acca l'entende.

- Pardon de ne pas avoir un nom qui fasse que tout le monde me remarque sans que je ne dise un mot.

- Par Merlin, intervint Scorpius, je comprends pourquoi Ludivine refuse toujours que vous soyez dans la même pièce.

Ludivine se contenta de sourire à Scorpius en remerciant l'elfe qui lui apportait son plat. Elle adorait qu'en cuisine, il soit possible d'être en contact direct avec des elfes de maison. Elle ne fit aucun commentaire mais accentua son sourire narquois.

- Tu le sauras pour ces prochains mois où tu fais équipe avec Acca, chantonna Ludivine avec amusement, ne jamais les mettre au même endroit.

Elle était consciente que ses deux amis n'avaient jamais pu se supporter et avait arrêté plusieurs années auparavant de tenter de les réconcilier. Il y avait certaines personnes qui n'étaient pas faites pour s'entendre. Albus et Acca ne s'offusquaient d'ailleurs pas, lucides sur leur relation qui n'existait qu'à travers Ludivine. Albus regardait d'ailleurs la Gryffondor avec moquerie tandis que celle-ci lui montra son majeur.

- L'un de vous ne survivra pas ce concours, marmonna Ludivine.

- On te renvoie la remarque, se moqua Albus. J'entends dire que tu passes ton temps à t'insurger contre mon frère.

- Tu devrais revoir tes sources.

- Mes sources sont le château entier, Lud, affirma Albus, tout le château parle sur vous deux.

- On a déjà eu cette discussion, Al, se contenta de répondre Ludivine.

- Ignore-les tous, intervint Acca en empêchant Albus de continuer, c'est bien ce que fait Potter. Et je peux te dire que des remarques et des questions, il en reçoit un paquet.

- Il les ignore ? demanda Ludivine.

- Il n'est pas du genre à donner de quoi alimenter les rumeurs, répondit Acca en haussant les épaules tandis qu'elle se mettait à manger.

Ludivine soupira en s'installant plus profondément dans sa chaise. Elle savait très bien que les rumeurs ne faisaient qu'aller et venir sur elle, et que chaque action de sa part alimenterait de nouveau le débat.

- Je crois que des paris ont été pris entre Gryffondor et Poufsouffle sur un duel entre les frères Potter pour avoir Ludivine, rigola Scorpius en levant les yeux au ciel, les mises sont sur combien de temps.

- Par Merlin, sourit Albus, ce sont des gallions qui vont se perdre.

- Serdaigle parie plutôt sur la durée du binôme, ajouta Acca, ils ne croient pas que vous allez tenir.

- C'est si agréable quand des inconnus parient sur toi, siffla Ludivine avec irritation. Et Serpentard ?

- Oh Serpentard ne parie pas, dit Albus avec malice. La plupart te connaît mieux que le reste du château, ils savent que votre binôme a toutes ses chances de gagner. Il y a beaucoup d'élèves de notre maison qui se sont inscrits, et ils vous prennent pour de la concurrence solide.

- Seule maison intelligente, marmonna Ludivine.

- Ce n'est pas pour rien qu'on y est ! s'exclama Scorpius en tapant le dos d'Acca qui se trouvait à côté de lui avec plus de force que voulu, car elle s'étouffa à moitié avec son plat.

-Putain Malefoy ! s'exclama-t-elle en buvant une gorgée d'eau. Je ne suis pas ton acolyte mec, contrôle-toi.

- Et pourtant si, sourit Scorpius, tu es mon troisième acolyte depuis hier, Rockwood ! On devrait d'ailleurs s'appeler par nos prénoms.

Acca jaugea Scorpius du regard. Ce n'était bien évidemment pas un souci pour Acca, mais Ludivine savait qu'elle réfléchissait à la façon d'embêter au maximum le sorcier.

- Je vais y réfléchir, Scorpius.

Ce dernier ne cacha pas son sourire en rigolant. Il s'amusait beaucoup de l'humour de la sorcière qui dégageait une bonne humeur constamment. Puis son visage s'illumina en se tournant vers Albus.

- On devrait alimenter les paris ! s'exclama-t-il. Tu imagines les gallions qu'on se ferait en faisant croire que tu es jaloux de James ?

- C'est une idée de génie ! s'enthousiasma Albus en tapant dans la main que lui tendait Scorpius.

- Hé ! s'indigna Ludivine. Vous n'allez pas vous faire des gallions sur mon dos.

- Techniquement, c'est sur le mien, argumenta Albus.

- Et le mien !

- Oh mais ne t'inquiète pas Lud, répondit Albus en passant un bras autour des épaules de la sorcière, on partagera les gallions avec toi.

Ludivine lui jeta un regard désabusé en levant les yeux au ciel. Ce qu'ils pouvaient être bêtes, mais c'était si simple de se chamailler avec eux. Après tout, elle n'avait aucun démon en leur présence.

Elle hésita un instant à leur partager ses doutes et inquiétudes. Elle hésita à interroger Albus sur sa décision concernant la sélection. Albus croisa d'ailleurs son regard hésitant, il allait dire quelque chose quand Ludivine décida que le moment ne se prêtait pas à de tels sujets. Elle lui fit donc un clin d'œil joueur avant de prendre la parole.

- Dix gallions sur la table et on s'arrange pour faire croire à tout le château qu'Albus et James se jettent sur la gueule avant Halloween.


Et voici pour le chapitre 10 ! Comment réagissez-vous au pacte que James et Ludivine ont scellé ? J'ai souhaité en faire une scène détaillée parce que je trouve que c'est un engagement fort pour deux personnes qui se connaissent peu, et je me suis un peu créé mon délire. Un avis sur le mécontentement d'Albus et ses scènes avec Ludivine ? J'ai essayé de faire varier les personnages dans ce chapitre.

* J'ai mixé plusieurs locutions latines que j'ai ajustées. Donc la traduction est approximativement « Les temps changent et nous aussi changeons avec eux. C'est ainsi, sans espoir et sans crainte, qu'ici commence et finit le monde. ». Merci de ne pas me taper les doigts s'il y a quelques ajustements à faire :)

Le prochain chapitre devrait arriver courant septembre. Au programme : lancement du concours. Pour info, je participe à deux concours d'écriture sur un forum HP et je vais me concentrer dessus ces prochaines semaines avant de boucler le chapitre 11. Je vous mettrai les liens de mes productions quand elles seront publiées, pour ceux que ça intéresse.

Bon mois d'août !